Traité élémentaire de la Science occulte, mettant chacun à même de comprendre et d'expliquer les théories et les symboles employés par les anciens, par les alchimistes, les Francs-Maçons, etc., etc.
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L'Occultisme contemporain, exposé et bibliographie du mouvement de l'occultisme à notre époque 1 fr. »
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Les Disciples de la Science occulte. Fabre d'Olivet et Saint-Yves d'Alveydre
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ÉTUDES SUR LA FRANC MAÇONNERIE
La Légende d Hiram.
Francs-Maçons et Théosophes.
Le Symbolisme dans la Franc-Maçonnerie.
Qu'est-ce qu'un initié?
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K
CLEF ABSOLUE DE LA SCIENCE OCCULTE
LE TAROT
DES BOHÉMIENS
LE PLUS ANCIEN LIVRE DU MONDE
l'usage exclusif des inities
a,r PAPUS
Toute lumière intellectuelle rnmtne toute lumière physique vient d'Orient et c'est aussi d'Orient que je viens avec elle.
Xarau, le Bohémien.
PARIS ERNEST FLAMMARION, ÉDITEUR
Tous droits réservés
I
A tous nos lecteurs.
PRÉFACE
Le jeu de Tarots, transmis pur les Bohémiens de génération en génération, est le livre primitif de l'antique initiation, ainsi que l ont montré Guillaume Postel, Court de Gébelin, Etteila, Eliphas Lévi et .T.- A. Vaillant.
La clef de sa construction et de ses applications n'a pas été, que je sache, découverte jusqu'ici. J'ai voulu combler cette lucane en fournissant uu.r initiés, c'est-à-dire éi ceux //ai connaissent les éléments de la science occulte, un instrument rigoureux grâce auquel ils paissent pousser plus avant leurs études.
Le lecteur prof me y trouvera l'exposé d'une philosophie et d'une science des plus élevées^ celles d'Egypte, et les dames elles-mêmes seront mises eu mesure, par le chapitre XX, de s'exercer au maniement, rendu facile, du Tarot divinatoire.
Le livre est établi de telle sorte que chaque partie forme
un tout complet qui peut , à la rigueur, être étudié séparé- ment. J'ai tenu, de plus, à rendre hommage à tous ceux qui participent à la renaissance de la science occulte, en leur dédiant à chacun un des vingt et un chapitres de ce traité. J'ai fait tous mes efforts pour être aussi clair que possible, le public, qui a bien voulu faire un chaleureux accueil à mes précédents ouvrages, voudra bien pardonner les imperfection inhérentes à un travail de ce genre.
Paris, 2 murs ISSO.
PAPUS.
A Vavtenr du « Seuil du Mystère »,
Le Kabbalisle Stanislas de Guaita
INTRODUCTION A L'ÉTUDE DU TAROT
Mort prochaine du matérialisme. — La synthèse. — La science occulte. — Les sociétés secrètes. -- Les cultes. — Le Peuple, organe de transmission de L'Ésotérisme. — Les Bohémien-. — La parole sacrée de la Franc-Maçonnerie. — Notre travail.
INTRODUCTION A. L'ÉTUDE DU TAROT
l'.HUMTUK PREMIER
C'est pourquoi Fâult ouvrif le livre et soigneusement peser ce qui y est déduit. Lors connaîtrez que la drogue dedans contenue est bien d'autre valeur que ne promettait la boite, c'est-à-dire que les matières ici traitées ne sont tant folâtres comme le titre au-dessus
prétendait.
Raiîelais.
INous sommes à la veille d'une transformation totale de nos méthodes scientifiques. Le matérialisme a donné tout ce qu'on pouvait attendre de lui, et les chercheurs, désabusés pour la plupart, attendent beaucoup de l'avenir, sans vouloir s'attarder plus longtemps sur les errements du pré- sent. L'analyse a été poussée, dans toutes les branches de nos connaissances, aussi loin que possible et n'a fait que creuser davantage les fossés qui séparent les sciences.
La synthèse est nécessaire ; mais comment la réaliser?
Si nous daignons un moment ne plus croire au progrès indéfini et à la supériorité fatale des générations nouvelles sur les anciennes, nous découvrirons sans peine que les civilisations colossales d'autrefois ont possédé une Science, des Universités et des Écoles.
L'Inde et l'Egypte sont encore jonchées de débris pré- cieux qui révèlent aux archéologues l'existence de cette science antique.
Nous sommes en mesure aujourd'hui d'affirmer que le caractère dominant de cet enseignement était la synthèse, réunissant dans quelques lois fort simples la somme des connaissances acquises.
Si nous avons presque totalement perdu cette Synthèse cela tient à plusieurs causes qu'il est important d'énumérer.
La science n'était transmise dans l'antiquité qu'à des hommes éprouvés par une série d'épreuves. Cette transmission se faisait dans les temples, sous le nom de mystères, et le savant prenait le titre de prêtre ou initié'. La science était donc secrète ou occulte; de là le nom de Science occulte donné par les contemporains à la synthèse antique.
Une autre cause du peu de diffusion des hauts enseignements, c'était la longueur et la difficulté des voyages qu'il fallait entreprendre pour se rendre aux centres les plus importants d'initiation .
Cependant, quand les initiés sentirent approcher le moment où toutes ces connaissances pouvaient être perdues pour l'humanité, ils firent tous les efforts imaginahles pour sauver la synthèse de la destruction. Trois grands moyens furent employés à cet effel :
1° Les sociétés secrètes, continuation directe des mystères;
±" Les cultes, traduction symbolique des hauts enseignements, pour le vulgaire;
3° Enfin le peuple lui-même devenu le dépositaire inconscient de la science.
Voyons ce que chacun de ces groupes a fait de sou
dépôt.
!. Voy. Jamblique, Porphyre H Apulée.
LES SOCIÉTÉS SECRETES
L'école d'Alexandrie fut la source principale d'où prirent naissance les sociétés secrètes occidentales.
Les initiés s'étaient pour la plupart réfugiés en Orient et, tout récemment (en 1884), l'Occident apprit l'existence dans l'Inde et surtout au Tbibet d'une fraternité occulte possédant intégralement la synthèse antique. La société Théosopbique fut fondée dans le but de renouer l'initiation occidentale à l'initiation orientale.
Mais l'existence de cette science en Orient nous intéresse moins que l'histoire du développement des sociétés d'initiation en Occident.
Les sectes Gnostiques, les Arabes, les Alchimistes, les Templiers, les Rose-Croix et enfin les Francs-Maçons forment la chaîne occidentale de transmission de la science occulte.
Il suffit de jeter un rapide coup d'oeil sur les enseignements de toutes ces associations pour constater que la Franc-Maçonnerie actuelle a perdu presque totalement le sens des symboles traditionnels, constituant le dépôt qu'elle devait transmettre d'âge en âge.
Toutes les cérémonies du rituel paraissent ridicules au gros bon sens de l'avocat ou de l'épicier, vivant représentant à l'heure actuelle <h>* profonds enseignements de l'antiquité.
Nous devons cependant faire quelques exceptions en faveur de grands penseurs comme Ragon et certains autres.
En somme la Franc-Maçonnerie a laissé perdre le dépôt qui lui était confié et ne peut nous fournir, seule, celle loi synthétique que nous recherchons.
LES CULTES
Les sociétés secrètes devaient transmettre dans leur symbolisme surtout le côté scientifique de l'initiation primitive, les sectes religieuses devaient développer principalement le côté philosophique et métaphysique de renseignement.
Tout prêtre d'un culte ancien était un initie c'est-à-dire qu'il savait parfaitement qu'il n'existait qu'une seule religion et que les cultes ne servaient qu'à traduire cette religion aux différents peuples suivant leur tempérament particulier. De là découlait une importante conséquence, c'était qu'un prêtre de quelque dieu que ce fût était reçu avec honneur dans tous les temples de tous les dieux et admis à leur offrir un sacrifice. Qu'on ne pense pas cependant que cela tenait au polythéisme. Le grand prêtre juif à Jérusalem reçoit dans le temple un initié, Alexandre le Grand, et le conduit dans le saint des saints offrir le sacrifice.
Nos querelles religieuses pour la suprématie d'un culte sur un autre auraient fait beaucoup rire un ancien prêtre initié, incapable de penser que des hommes intelligents puissent ignorer l'unité de tous les cultes dans une même religion.
Ce sectarisme soutenu surtout par deux cultes aveugles dans leurs errements, le chrétien et le musulman, fut la cause de la perle totale de l'enseignement, secret qui donnait la def de l'Unité synthétique.
11 faut un travail encore pins grand pour retrouver la synthèse dans nos religions occidentales; que pour la trouver dans la Franc-Maçonnerie.
Les JuiiS seuls possèdent, non plus l'esprit, mais la lettre de leur tradition orale ou kabbale. La bible écrite en hébreu
est, à ce point de vue, une merveille. Elle contient toutes
les traditions occultes ; mais le véritable sens delà Bible n'a jamais été dévoilé. Seuls les travaux de Fabre d'Olivet ont commencé ce prodigieux travail. Les ignorants descendants de l'Inquisition qui siègent à liomt1' ont mis ces éludes à l'index. L'avenir les jugera.
Chaque culte a cependant sa tradition, son livre, sa bible qui enseigne, à ceux qui savent comprendre, l'unité de ce culte avec tous les autres.
La Speker Bereschit de Moïse est la bible juive., Y Apocalypse et YEvqngile ésotérique forment la bible chrétienne, la Léf/ende d'Hiram est la bible franc-maçonnique, YOdyssée la bible du prétendu polythéisme grec, YEnéide celle de Home, enfin les Védas indous, le Coran musulman, sont trop connus pour en parler autrement.
Toutes ces bibles quand on eu possède la clef révèlent une même doctrine. Cette clef, qui peut ouvrir l'Esotérisme, est perdue par les sectateurs de nos cultes occidentaux. Inutile donc de la chercher davantage parmi eux.
LE PEUPLE
Les Sages ne s'étaient pas fait illusion sur l'avenir possible de cette tradition confiée à l'intelligence et à la vertu des générations futures.
Moïse avait choisi un peuple pour porter à travers les âges le livre qui résumait toute la science de l'Egypte;; mais avant Moïse, les initiés indous a\ aïeul choisi nu peuple pour porter aux générations de l'avenir, le primitif enseignement des grandioses civilisations de l'Atlantide.
Le peuple n'a jamais trompé l'atteute de ceux qui ont eu
I. Voy. Kahro d'QTive, la Langue hébraïque restituée'.
foi en lui. Ne comprenant rien aux vérités qu'il possède, il n'a garde d'y changer quoi que ce soit et considère comme un sacrilège la moindre atteinte portée à son dépôt.
C'est ainsi que les Juifs nous ont transmises intactes toutes les lettres qui forment le Seplierde Moïse. xMais Moïse n'a pas résolu le problème aussi magistralement que les Thibétains.
Donner h un peuple un livre qu'il adorera respectueusement et gardera toujours intact, c'est bien ; mais donner à un peuple un livre qui lui permette de vivre, est en même temps encore mieux.
Le peuple chargé de transmettre dès la plus haute antiquité l'enseignement occulte, c'est le peuple bohémien.
LES BOHÉMIENS
Les Bohémiens possèdent une bible ; celle bible les fait vivre; car elle leur permet de tirer la bonne aventure ; cette bible est une cause perpétuelle de distraction ; car elle leur permet de jouer.
Oui, ce jeu de cartes nommé Tarot que possèdent les Bohémiens est la bible des bibles. C'est le livre de Toi Hermès Trismégisto, c'est le livre d'Adam, c'est le livre de la Révélation primitive des anciennes civilisations.
Alors «pie le franc-maçon, homme intelligent et vertueux a perdu la tradition, alors que le prêtre, homme intelligent et vertueux, a perdu son ésotérisme, le Bohémien, homme ignorant cl. vicieux, nous donne la clef qui nous permettra d'expliquer tous les symbolismes sans difficulté.
Comment ne pas admirer la sagesse «le ces initiés qui oui utilisé le vice et lui ont fait produire plus de résultats, au point de vue d\\ bien, qu'à la vertu.
Ce jeu de cartes des Bohémiens esl un livre merveilleux
ainsi que l'a vu Court de Gébelin1 et surtout Vaillant2. Ce jeu sous les noms de Tarot3 Tiiora4 Rota ' a formé successivement la base de l'enseignement synthétique de tous les peuples anciens °.
Là, où l'homme du peuple ne voit qu'un moyen d'amusement, le penseur retrouve la ciel de cette tradition si obscure ; Raymond Lulle base sur le Tarot son Ars Magna et parvient à remplacer le cerveau humain par le Tarot en marche, Jérôme Cardan écrit sur les clefs du Tarot un traité de la subtilité7, Guillaume Postel retrouve dans ce Tarot la clef des choses cachées, alors que Louis-Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu, y voit décrits les liens mystérieux qui unissent Dieu, l'Univers et l'Homme !
C'est grâce au Tarot que nous allons pouvoir retrouver et développer cette loi synthétique cachée dans tous les symbolismes.
L'heure approche où la parole perdue sera retrouvée : Maîtres, Rose-Croix, et Kadosch, vous qui formez le triangle sacré de l'initiation maçonnique souveuez-vous!
— Chevalier Kadosch —
Maître " Rose-Croix
1. Court de Gébelin. — Le Monde primitif.
2. Vaillant. — Les Rôims, histoire des Bohémiens.
3. Eliphas Levi. — Rituel de Haute Magie.
o. Guillaume Postel. — Clavîs.
6. Vaillant. — Loe. cil.
7. Voy. Eliphas Levi. — Op. cit.
Souviens-toi, Maître, de cel homme illustre, tué parla plus lâche des conjurations, souviens-toi à'Hiram dont tu attends avec foi la résurrection promise par la Branche d'Acacia !
Souviens-toi, Rose-Croix, de cette parole mystérieuse que tu as si longtemps cherchée ; mais dont le sens t'échappe
encore
Souviens-toi, Kadosch, du symbole magnifique qui rayonnait au centre du triangle lumineux alors que la véritable signitication de la lettre G te fut dévoilée !
HÏRAM — INRI — IOD-HÉ-VAU-HÉ ! indiquent le même mystère sous différents aspects.
Celui qui a compris Tune de ces paroles possède la clef qui ouvre le tombeau d'Hiram, symbole de la science synthétique des anciens, il peut ouvrir ce tombeau et s'emparer sans crainte du cœur du Maître vénéré, symbole de l'enseignement ésotérique.
Le Tarot tout entier est construit sur cette parole ainsi disposée en roue, HOTA.
rau.
[NR1! c'est la parole qui vous indique l'Unité de votre origine, ô Francs-Maçons, ô Catholiques!
Igné Natura Renovatur Integra.
Iesus Nazareus Rex Iudeorum sont les pôles opposés, scientifique et religieux, physique et métaphysique d'une même doctrine.
IOD-HÉ-VAU-HÉ ! i.mrVj c'est la parole qui vous indique l'Unité de votre origine, ô Francs-Maçons, ô Kabbalistes. TAROT, THORA, ROTA sont les paroles qui vous indiquent à tous, Orientaux et Occidentaux, l'unité de vos besoins et de vos aspirations en l'éternel Adam-Ève, source de toutes nos connaissances et de toutes nos croyances!
Salut donc au Bohémien nomade à qui nous sommes redevables de la conservation de ce merveilleux instrument, résumé synthétique de renseignement de l'antiquité tout entière.
NOTRE TRAVAIL
Nous débuterons par une étude préliminaire sur les élé- ments de la kabbale et sur les nombres.
Muni de ces données nous exposerons dans tous ses détails la construction du Tarot, étudiant séparément chacune des pièces qui composent notre machine, puis étudiant l'action de ces pièces les unes sur les autres. Sur ce point, nous serons aussi explicite que possible.
Nous aborderons ensuite quelques applications de la machine, mais quelques-unes seulement, laissant au véritable chercheur le soin de découvrir les autres. Nous devons borner notre travail personnel à donner une clef constitué.' par une formule synthétique; nous fournissons seulement
l'outil de travail, que ceux qui veulent savoir en usent à leur gré et nous sommes assuré qu'ils comprendront l'utilité de nos efforts et des leurs.
Enfin nous exposerons de notre mieux les éléments de la divination par le Tarot, que pratiquent les Bohémiens.
Que ceux qui pensent qu'il *ie faut pas révéler la science occulte ne nous en veuillent pas trop. L'expérience nous a montré qu'on peut tout dire sans crainte ; ceux là seuls comprennent qui doivent comprendre, les autres accusenl nos écrits d'être obscurs et incompréhensibles.
Nous avons prévenu ceux-là en mettant en télé de notre travail :
A l'usage exclusif des 'mi tirs.
('/est le propre des études de véritable science occulte de pouvoir être librement exposées devant tous. Semblables aux paraboles, si chères aux anciens, elles paraissent à beaucoup n'être que l'expression des envolées d'une imagination très hardie ; aussi ne faut-il jamais craindre de trop ouvertement parler : le Verbe ne frappera que ceux qui doivent être frappés.
C'est à vous tous, philos» iphes de l'Unité, ennemis du sectarisme scientifique, social et religieux, que je m'adresse c'esl à nous que je dédie le prix de plusieurs années d'etlorls Puissé-je contribuer par là à l'édification du temple que vous allez élever en l'honneur du dieu inconnu d'où tous les autres émanent dans l'Eternité !
.1 l'auteur <ï « Initiation
Y. Ch. Barlet.
PREMIÈRE PARTIE
CLEF GÉNÉRALE DU TAROT
DONNANT LÀ CLEF ABSOLUE DE LA SCIENCE OCCULTE
Au rédacteur de « V Initiation ». L'Économiste Julien Lejay.
CHAPITRE II
LE MOT SACRÉ IOD-HÉ-VAU-HÉ
Synthèse du mot sacré.
LE MOT KABBALISTIQUE niiV (iod-hé-vau-ké).
Si Ton en croit l'antique tradition orale des Hébreux ou Kabbale1, il existe un mot sacré qui donne, au mortel qui en découvre la véritable prononciation, la clef de toutes les sciences divines et humaines. Ce mot que les Israélites ne prononcent jamais et que le grand prêtre disait une fois
1. « 11 paraît, au dire des plus fameux rabbins, que Moyse lui-même, prévoyant le sort que son livre devait subir et les fausses interprétations qu'on devait lui donner par la suite des temps, eut recours à une loi orale, qu'il donna de vive voix à des hommes sûrs dont il avait éprouvé la fidélité, et qu'il chargea de transmettre dans le secret du sanctuaire à d'autres hommes qui, la transmettant à leur tour d âge en âge, la lissent ainsi parvenir à la postérité la plus reculée. Cette loi orale, que les Juifs modernes se flattent encore de posséder, se nomme Kabbale, d'un mot hébreu qui signifie ce qui est reçu, ce qui vient d'ailleurs, ce qui se passe de main en main ».
Fabre d'Olivet, la Langue hébraïque restituée, p. "29.
l'an au milieu des cris du peuple profane, est celui qu'on trouve au sommet de toutes les initiations, celui qui rayonne au centre du triangle flamboyant au 33e degré franc-ma- çonnique de l'PÎcossisme, celui qui s'étale au-dessus du portail de nos vieilles cathédrales, il est formé de quatre lettres hébraïques et se lit iod-hé-vaù-héTV\TX> .
Il sert dans le Sepher Bereschit ou Genèse de Moïse à désigner la divinité, et sa construction grammaticale est (elle qu'il rappelle par sa constitution même * les attributs que les hommes se sont toujours plu à donner à Dieu.
Or, nous allons voir que les pouvoirs attribués à ce mot sont, jusqu'à un certain point, réels, attendu qu'il ouvre facilement la porte symbolique de l'arche qui contient l'exposé de toute la science antique. Aussi nous est-il indispensable d'entrer dans quelques détails à son sujet.
Ce mot est formé de quatre lettres, iod (*) hé (H) vau (1) hé (H). Cette dernière lettre /?<?est répétée deux fois.
À chaque lettre de l'alphabet hébraïque est attribué un nombre. Voyons ceux des lettres qui nous occupent en ce moment.
1. a Ce nom oilVc d'abord le signe indicateur de la vie, doublé, et formant la racine essentiellement vivante EË (ni"!)- Cette racine n'est jamais employée comme nom et c'est la seule qui jouisse de cette prérogative. Elle est, dès sa formation, non seulement un verbe, mais un verbe unique dont tous les autres ne sonl que des dérivés : en un mot le verbe (""lin [ÊVÉ) être-étant. Ici, comme on le voit, et comme j'ai eu soin de l'expliquer dans ma grammaire, le si^ne de la lumière intelligible 1 (Vô) est. au milieu de la racine de vie. Moïse, prenant ce verbe par excellence pour en former le nom propre de l'Être des Êtres, y ajoute le signe de la manifes- •ation potentielle et de l'éternité f (1) et il obtient mrp (IEVE) dans lequel Le facultatif étant se trouve placé entre un passé sans origine et un futur sans terme. Ce nom admirable signifie donc exactement l'Ètre-qui-est-quifut-et-qui-sera. » (Fabre d'Olivet, la Langue hébraïque restituée.)
La valeur numérique totale du mot niïT est clone
Considérons séparément chacune des lettres.
LE loi)
Le iod, figuré par une virgule ou bien par un point, représente le principe des choses.
Toutes les lettres de l'alphabet hébraïque ne sont que des combinaisons résultant de différents assemblages de la lettre iod1. L'étude synthétique de la nature avait conduit les anciens à penser qu'il n'existait quinte seule loi dirigeant les productions naturelles. Cette loi, base de l'analogie, posait l'unité-principe à l'origine des choses et ne considé- rait celles-ci que comme des reflets à degrés divers de cette unité-principe. Aussi le iod, formant à lui seul toutes les. lettres et par suite tous les mots et toutes les phrases de l'alphabet, était-il justement l'image et la représentation de cette Unité-Principe dont la connaissance était voilée aux profanes.
Ainsi la loi qui a présidé à la création de la langue des Hébreux est la même que celle qui a présidé à la création de l'univers, et connaître l'une c'est connaître implicilemeiil l'autre. Voilà ce que tend à démontrer un des plus anciens livres de la Kabbale : le Sepher Jesirah*.
Avant d'aller plus loin, éclairons par un exemple cette définition que nous venons de donner du iod. La première lettre de l'alphabet hébreux l'aleph (tf) est formée de quatre
1. Voy. la Kabbala Benudata.
2. Traduit en français récemment pour la première fois. (Se trouve chez l'éditeur Carré.)
iocl opposés deux à deux (tf). Il eu est de même pour toutes les autres1.
La valeur numérique du iod conduit à d'autres considé- rations. L'Unité-Principe, d'après la doctrine des kabbalistes, est aussi I'Unité-Fin des êtres et dos choses et l'éternité n'est, à ce point de vue, qu'un éternel présent. Aussi les anciens symbolistes ont-ils figuré cette idée par un point au centre d'un cercle, représentation de F Unité- Principe (le point) au centre de l'éternité (le cercle ligne sans commencement ni fin *2j.
D'après ces données, l'Unité est considérée comme la somme dont tous les êtres créés ne sont que les parties constituantes ; de même que l'Unité-homme est formée de la somme de millions de cellules qui constituent cet être.
A l'origine de toutes choses, la Kabbale pose donc l'affirmation absolue de l'être par lui-même, du Moi-Unité dont la représentation est le iod symboliquement, et le nombre 10 numériquement. Ce nombre 10 représentant le Principe-Tout, I, s'alliant au Néant-Rien, <>. répond bien aux conditions demandées3.
1. Voy. la Kabbalu Denudata.
2. Voy. Kircher, GEdipus Mgyptiacus;
Lenain, la S< it nce kabbalislique : .1. Dée, Monas hieroglyphica. :{. Voy. Saint-Martin, Des rapports qui existent entre Dieu, l'Homme et Lacuria, Harmonies de l'Èli - cprimêes parles nombres.
Mais le Moi ne peut se concevoir que par son opposition avec le Non-Moi. A peine l'affirmation du Moi est-elle établie, qu'il faut concevoir à l'instant une réaction du Moi-Absolu sur lui-même, d'où sera tirée la notion de son existence, par une sorte de division de l'Unité. Telle est l'origine de la dualité, de l'opposition, du Binaire, image de la féménéité comme l'unité est l'image de la masculinité. Dix se divisant
pour s opposer a lui-même égale donc — zz 5, cinq, nombre exact de la lettre Hé, seconde lettre du grand nom sacré.
Le Hé représentera donc le passif par rapport au iod qui symbolisera l'actif, le non-moi par rapport au moi, la femme par rapport à l'homme; la substance par rapport à F essence ; la vie par rapport à Fume, etc., etc.
LE VAU"
Mais l'opposition du Moi et du Son-Moi donne iinmédiament naissance a un autre facteur, c'est le Rapport existant entre ce Moi et ce Non-Moi.
Or, le Y au, 0° lettre de l'alphabet hébraïque, produite crochet, rapport. (Test le croche! qui relie les antagonistes
i . Voy. Eliphas Levi, Dogme etRiluel de haute munir; la Clef desgrands
mystères; — Lacuria, op. cit. 2. Voy. Fabre d'Olivet, lu Langue hébraïque restituée.
dans la nature entière, constituant le 3° terme de cette mystérieuse trinitë.
Moi — Non-Moi.
Rapport du Moi avec Non-Moi.
le 2e HÉ
Au delà de la Trinité considérée comme loi, rien n'existe plus.
La Trinité est la formule synthétique et absolue à laquelle aboutissent toutes les sciences et cette formule, oubliée quant à sa valeur scientifique, nous a été intégralement transmise par toutes les religions, dépositaires inconscients de la Science Sagesse des primitives civilisations1.
Aussi trois lettres seulement constituent-elles le grand nom sacré. Le quatrième terme de ce nom est formé par la seconde lettre, le Hé, répétée de nouveau.
Cette répétition indique le passage de la loi Trinitaire dans une nouvelle application, c'est à proprement parler une transition du inonde métaphysique au monde physique ou, en général, d'un monde quelconque au monde immé- diatement suivant2.
La connaissance de cette propriété du second Hé est la
I. Voy. Louis Lucas, />< Ho/mm alchimique.
Prseter hwc tria numera non est alia magnitudo, guod tria su ut omnia, et 1er undecunque, ut pythagorici dicunt; omne et omnia tribus determinata sunt- A.ristote) cité par Ostrowski, page 24 de sa Mathèse.
l. Ostrowski a parfaitement vu cela: « Le passage de :i dans 4 correspond à celui de la Trimurti dans Maïa ël comme cette dernière ouvre le deuxième ternaire de la décade prégénésétique, de même le chiffre 4 ouvre celle du deuxième Lernaire de notre dWinuilr i;é mV-i'iiqiM'. ■<
clef du nom divin tout entier, dans toutes les applications dont il est susceptible. Nous en verrons clairement la praire dans la st/itr.
RESUME SUR LE MOT IOD-HÉ-YAU-HÉ
Connaissant séparément chacun des termes composant le nom sacré, faisons la synthèse et totalisons les résultats obtenus.
Le mot iod-ké-vau-hé est formé de quatre lettres signifiant chacune :
Le lod Le principe actif par excellence
Le Hé Le principe passif par excellence
Le Vau Le terme médian, le crochet reliant l'actif au passif. Le Rapport du Moi au Non-Moi = (!.
Ces trois termes expriment la loi trinitaire de l'absolu.
Le 2° Hé Le second Hé marque le passage d'un inonde dans un autre. La Transition.
Ce second i/t/ réprésente l'Etre complet renfermant dans une Unité absolue les trois termes qui le constituent Moi- Non Moi-Rapport.
Il indique le passage du noumène au phénomène ou la réciproque, il sert à monter d'une gamme dans une autre.
FIGURATION DU MOT SACRÉ
Le mot iod-hê-vau-hé peut se représenter de diverses manières, qui toutes ont leur utilité.
On peut le figurer en cercle de cette façon :
Ie hé
Mais comme le second Hé, terme de transition, devient l'entité active de la gamme suivante, c'est-à-dire comme ce Hé ne représente en somme qu'un iod en germe l, on peut représenter le mot sacré en mettant le second Hé sous le premier iod ainsi :
Enfin une troisième façon de représenter ce mot consiste à envelopper la trinité iod hé vau du terme tonal isateur ou second hé, ainsi :
2U hé
iini
Yilll
2e lié
I. Ce 2e Hé, sur lequel nous insistons volontairement si longtemps, peut être comparé au grain de blé par rapporl à l'épi. L'épi, trinité manifestée
Maintenant laissons-là ces données sur lesquelles nous aurons à revenir plus tard et parlons de la conception occulte ou pythagoricienne des nombres.
ou iod hé vau, résout toute son activité dans la production du grain de blé ou 2e Hé. Mais ce grain de blé n'est que la transition entre l'épi qui lui a donné naissance et l'épi auquel il donnera lui-même naissance dans la génération suivante. C'est la transition entre une génération et une autre qu'il contient en germe, c'est pourquoi le deuxième Hé est un iod en germe.
Alix auteurs de la « Théorie des Tempéraments
Polti et Gary.
CHAPITRE II [
L'ÉSOTÉRISME DES NOMBRES
Les nombreet les opérations tûéosophiques. — Signification des nombres.
LES NOMBRES
L'antiquité avait des nombres une conception presque totalement perdue de nos jours.
L'idée de l'Unité dans toutes ses manifestations faisait considérer les nombres comme l'expression des lois absolues. De là cette vénération, incompréhensible pour nos mathématiciens, du 3 ou du 4 dans l'antiquité.
Il est évident toutefois que si les anciens n'avaient su faire sur les nombres d'autres opérations que celles que nous employons aujourd'hui, rien n'aurait pu les porter à ces idées en cours dans toutes les Universités indoues, égyptiennes ou grecques '.
Quelles sont donc ces opérations, inconnues de nos savants?
I. Vov. Fabre d'OKvel, /« lanyue hébraïque restituée el Saint- Yves d'AI- veydre, Mixnimi île* Juifs.
Elles sont au nombre de deux : la réduction et l'addition théosophiques.
Ces opérations sont théosophiques parce qu'elles font pénétrer dans le monde des lois essentielles de la nature et ne peuvent être comprises de la science des phénomènes qu'elles dominent de toute la hauteur de l'intelleclualité pure.
Aussi leur enseignement formait-il la base de l'instruction secrète et orale donnée à quelques-uns sous le nom cYEsotérisme.
1° Réduction théosophique.
La réduction théosophique consiste à réduire tous les nombres formés de deux ou plusieurs chiffres, en nombre d'un seul chiffre et cela en additionnant les chiffres qui composent le nombre jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un.
exemple :
Cette opération correspond à ce ([n'en appelle aujourd'hui la preuve par 9.
2° Addition théosophique.
L'addition théosophique consiste, pour connaître la valeur théosophique d'un uombre, à additionner arithmétiquenienl tous les chiffres depuis l'unité jusqu'à lui, inclusivement.
Ainsi le chiffre \ égale, en addition théosophique, tous
cu/ta> nuncuxcj
^Oa/o/tJ
les chiffres additionnés de 1 à 4 inclusivement, c'est-à-dire Le chiffre 7 égale :
Réduction et addition théosophiques, telles sont les deux opérations indispensables à connaître pour comprendre l'antiquité \
Appliquons maintenant ces données à tous les nombres pour chercher la loi qui dirige leur progression.
La réduction théosophique nous montre tout d'abord que tous les nombres, quels qu'ils soient, se réduisent aux neuf premiers, puisqu'on les ramène tous en nombres d'un seul chiffre.
Mais cette considération ne suffit pas et l'addition t/iéosoplûque va nous fournir de nouvelles lumières.
Nous voyons en effet par là que 1, 4, 7, 10 sont égaux
De telle sorte que le chiffre 1 revient en série tous les trois nombres ainsi :
1. Voy. pour plus de détails Truite élémentaire de acienee occulte, par Papus, chap. II.
On pourrait écrire
Il résulte de cette considération : l°Que tous les nombres reproduisent dans leur évolution celle des 4 premiers ;
2° Que le dernier de ces 4 premiers, le chiffre 4, repré- sente l'unité à une octave différente.
La série des nombres peut donc s'écrire ainsi :
G
des conceptions différentes de l'unité ainsi que le prouve l'application de l'addition et de la réduction théosophique
On voit que, tous les trois nombres, la série revient brusquement à l'unité, tandis qu'elle y revient progressivement dans les deux nombres intermédiaires.
Répétons que le connaissance des lois et l'étude des nom-
bres faite comme nous l'indiquons ici donnent la clef de toutes les sciences occultes.
Résumons tout ce qui précède en disant que nous sommes arrivés à cette conclusion : que tous les nombres se réduisaient, en dernière analyse, à la série des 4 premiers ainsi disposés.
SIGNIFICATION DES NOMBRES
Mais là ne s'arrêtaient par les données de la science antique sur les nombres. Elle attribuait à chacun d'eux un sens.
Comme nous avons réduit la série de tous les nombres aux 4 premiers, il nous suffira de connaître le sens attribué à ces 4 premiers.
L'Unité représente le principe créateur des nombres puisque G'est d'elle que tout émane, c'est le principe actif par excellence .
Mais l'Unité seule ne peut rien produire qu'en s'opposant
à elle-même ainsi —, de là naît ta dualité, principe de
l'opposition représenté par le deux, principe passif par excellence.
De l'union de l'Unité et de la Dualité, naît le troisième principe qui unit les deux opposés dans une commune neutralité, 1 '-f- 2 — 3. Trois est le principe neutre par excellence ,
Mais ces trois principes se réduisent tous dans le qua-
trième qui ne représente qu'une nouvelle acception de l'unité en principe actif.
La loi de ces principes est donc la suivante :
Unité ou retour à l'unité.
Opposition antagonisme.
Action de l'opposition, sur l'unité.
Passif
P
assif
Passif-
itre
1. Voy. pour éclaircissements complémentaires le Traité élémentaire de science occulte, p. 49 et suiv.
Aux occultistes : George Montière et Paule Agur.
CHAPITRE IV
RAPPORTS DU MOT SACRÉ ET DES NOMBRES
La série kabbalistique et la série des nombres. — Explication de la Tétractya de Pythagore. — Figuration de la loi générale.
LES NOMBRES ET LE MOT KABBALISTIQUE
Cette série des nombres 1 2 3 et 4 représentant l'actif, le passif, le neutre et un nouvel actif répond en tous points à la série des lettres du nom sacré, de telle sorte qu'on peut écrire ce dernier ainsi :
ce qui montre que, analogiquement :
\ représente Iod
3 Vau
Remarquons la vérité de ces rapports par l'identité d'acsecond lié qui représente le iod de la série suivante.
Rapprochant les deux séries identiques nous obtenons les figures suivantes :
Série kabbalistique
Série des nombres
Identité de deux séries
Nous sommes maintenant à même de comprendre pourquoi Pythagore, initié en Egypte aux secrets du mot sacré iod-hê-vau-hê remplaça ce mot, dans son enseignement ésotérique, parla série des 4 premiers nombres ou tv tract y s.
Cette série des nombres est identique en tous points à la série des lettres du nom sacré et la tétractys de Pythagore 1 2, 3, 4, égale et représente absolument iod-hê-vau-hé.
La série des nombres ou la série des lettres se réduit donc définitivement dans les données suivantes :
1 Terme positif et générateur.
Le Iod ou le 1
1 Terme négatif et générant.
1 Terme neutre ou généré résultant des deux précédents. Le Vau ou le 3
i Terme de transition s'i individualisant dans la série suivante.
Munis de ces données préliminaires absolument indispensables, prenons notre jeu de cartes ou Tarot et voyons si nous ne retrouvons pas en lui, la loi universelle :
io d
symbolisée dans l'antiquité par la Croix.
Au Théosophe fondateur de « Vlsis ».
Le Docteur Goyaro.
CHAPITRE V
LA CLEF DES ARCANES MINEURS
Constitution du Tarot. — Étude d'une couleur. — Les quatre figures. — Les dix nombres. — Rapports des figures et des nombres. — Étude des quatre couleurs. — Figuration générale des arcanes mineurs.
LA CLEF DES ARCANES MINEURS
Le Tarot est composé de 78 lames qui se répartissent comme suit :
06 lames appelées arcanes mineurs. 22 lames appelées arcanes majeurs.
Les 56 arcanes mineurs sont formés de 4 séries de chacune 14 lames.
Les 22 arcanes majeurs sont formés de 21 lames numé- rotées et d'une lame ne portant pas de nombre.
Pour étudier convenablement le Tarot il nous faudra donc faire les paquets suivants :
i paquets de 14 lames.
I paquet de l lame 1
Total 78
Nous reviendrons dans la suite sur l'origine de cette merveilleuse conception de l'esprit humain. Nous devons pour l'instant nous borner à disséquer la machine et à en montrer le mystérieux agencement.
Partant d'un principe fixe et immuable : la constitution du tétragramme sacré, iod lié vau hé, le Tarot développe les combinaisons les plus diverses sans jamais s'écarter de sa base. C'est cette étonnante construction, affirmant en application l'universelle loi des analogies, que nous allons dé- voiler.
Les développements qui vont suivre paraîtront peut-être arides à quelques-uns; qu'ils songent que c'est une clef presque infaillible de la science antique ou science occulte que nous donnons là, et alors ils comprendront qu'ils doivent eux-mêmes ouvrir la porte de l'arche sainte.
ETUDE D UNE COULEUR
Prenons un des paquets de 1 4 lames et analysons sa construction.
Ce paquet, pris dans son ensemble, correspond à une des couleurs de notre jeu de cartes. Les 4 paquets représentent respectivement des bâtons correspondant à nos trèfles, des coupes correspondant à nos cœurs, des épêes correspondant à nos piques et des deniers correspondant à nos carreaux.
C'est un de ces paquets, par exemple celui de bâtons, que nous étudions en ce moment.
Ce paquet est formé de 4 figures : le roi, la dame, le cavalier, le valet, plus dix lames portant simplement des nombres.
L'as, le deux, le trois, le quatre, le cinq, le six, le sept, le huit, le neuf et le dix.
LES QUATRE FIGURES
Voyons d'abord les quatre ligures. Le roi représente l'actif, l'homme, le mâle. La clame représente le passif, la femme, la femelle. Le cavalier représente le neutre, l'adolescent. Enfin le valet figure le 4e terme de cette série que nous pouvons écrire ainsi :
Cette série n'est qu'une application de la loi générale iod hé vau hé que nous connaissons bien et les rapports sont faciles à établir :
1er Hé
Le Valet correspond donc au second Hê, c'est-à-dire qu'il n'est qu'un terme de transition; mais transition entre quoi? Entre les quatre figures et les dix nombres suivants.
LES DIX NOMBRES
Occupons-nous donc maintenant de ces nombres. Nous connaissons la Loi des nombres ou loi des séries que nous avons énoncée antérieurement en ces termes :
Les dix lames ne sauraient échapper à cette loi et nous pouvons les ranger de suite en série.
La première série sera formée de l'As ou 1 figurant l'actif, du 2 figurant le passif, du 3 figurant le neutre et enfin du 4 figurant la transition d'une série à l'autre.
1, 2, 3, 4 correspondent donc aussi h iod hé vau hé et se formulent ainsi :
Deux ou Ie hé
2e hé Quatre
11 en est exactement de même pour les autres séries des nombres, le second Hé de la série précédente devenant le iod de la série suivante : ainsi 4, quatrième terme de la première série devient premier terme de la seconde, 7, quatrième terme de la seconde, devienl premier terme de la troisième comme suit :
LES SERIES DES NOMBRES
On voit que la même loi, iod lié vau hé, s'applique à ces séries. Comme cette loi s'applique également aux quatre figures on peut faire un rapprochement basé sur la proposition suivante :
Deux termes (les nombres et les ligures) égaux à un même troisième (la loi iod hé vau hé) sont égaux entre eux.
LA SÉRIE DANS UNE COULEUR
S
Si maintenant nous groupons tous les nombres des séries
d'après la lettre du tétragraûime à laquelle ils se rattachent nous trouverons :
Représentant le 2e Hé 10
Le nombre 1 û est donc pour les nombres ce que le valet est pour les figures, c'est-à-dire qu'il sert de transition. Entre quoi?
Entre une couleur et une autre.
RAPPORT DES FIGURES ET DES NOMBRES
Nous avons considère les figures seules, puis les nombres seuls, voyons maintenant le rapport existant entre les
ligures et les nombres.
Si nous groupons les termes semblables d'après la Loi identique qui les régit, nous trouverons ce qui suit :
La série des ligures est reproduite trois fois dans la série des nombres, c'est-à-dire que chaque série; de nombres re-
présente une conception des figures dans chacun des trois mondes kabbalistiques.
La série 1, 2, 3, 4 [figure l'émanation de la série roi, dame, cavalier, valet, dans le inonde divin.
La série 4, 5, 6, 7 figure cette évolution dans le monde humain.
La série 7, 8, 9, 10 figure l'évolution dans le monde matériel.
Chaque couleur est un tout complet formé à la manière des êtres.
D'un corps matériel :
D'une force vitale :
D'une intellectualité :
D'organes reproducteurs :
Chacune de ces parties se subdivise elle-même en trois autres, comme les nombres l'indiquent '.
Revenons cependant à notre déduction et totalisant les résultats obtenus nous trouverons :
Représentations de Iod :
Le Roi
1. Nous avons voulu faire cette première application du Tarot pour montrer aux initiés quels résultats ils peuvent attendre des lois mises au jour par son étude.
Représentations de Hé :
La Dame Le o
Représentations de Vau :
Le cavalier
Représentations du 2e Hé :
Le valet
•JiqfivzoUi&n. cL'cuic coLi£ecur.
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è)c'\JUu\& „ aiXaJàXa
ÇotyôA. JliiXtizuxKù
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l'M LE t
ÉTUDE DES QUATRE COULEURS
Munis de ces données continuons notre étude et appliquons les mêmes principes aux autres lames.
Les lois que nous venons de déterminer pour la constitution d'une couleur s'appliquent de même aux trois autres couleurs.
Mais si nous considérons les quatre couleurs du Tarot, de nouvelles déductions vont en résulter. Rappelons que ces quatre couleurs sont : le Bâton, la Coupe, l'Epée el le Denier.
Le Bâton représente le Mâle ou l'Actif. La Coupe est l'image du Passif ou de la Féménéité. L'Épée représente l'union des deux dans sa forme cruciale Enfin le Denier représente le second hé.
Tous les auteurs qui ont étudié philosophiquement le Tarot sont unanimes pour affirmer les correspondances entre le tétragramme et les quatre couleurs. Guillaume Postel1 et surtout Eliphas Levi2 ont développé ces études avec fruit et nous montrent les quatre lettres du tétragramme appliquées dans le symbolisme de tous les cultes.
Citons en passant la correspondance de ces lettres et des symboles de la religion chrétienne.
Le In'l ou bâton du Tarot est représenté par la crosse épisco- |ialo.
Le Ier Hé ou coupe est représenté par Je calice.
1j Vau on Épéc par la Croix qui affecte la même forme.
Le 2e Hé ou Denier par l'hostie; transition <lu monde naturel au monde surnaturel.
1. Clavis abscunditarum rerum.
2. Eliphas Levi, Dogme et Rituel de la haute magie.
La série que nous avons étudiée dans une seule couleur, se détermine donc aussi rigoureusement dans les quatre couleurs considérées dans leur ensemble, ainsi :
Bâton
Coupe ou hé
2e hé ou Denier
Epée
coup d'œil d'ensemble sur les arcanes mineurs
Si nous jetons un regard en arrière nous allons pouvoir juger aisément de la route parcourue.
Les quatre couleurs considérées ingtobonous, ont montré l'application de la loi iod hé vau hé.
Mais dans chacune des couleurs prise séparément, la même loi s'est reproduite.
Les quatre figures représentent iod hé vau hé;
Les quatre séries des nombres aussi.
Réunissons donc toutes les lames d'après leurs rapports et nous obtiendrons les résultats suivants :
Les 4 Rois Les 4 As Les 4 Quatre Les 4 Sept.
Les 4 Dames Les 4 Deux Les 4 Cinq Les 4 Huit
= Iod
Lus i Cavaliers Les I Trois Les \ Six Les i Neuf
Les i Valets Les i Dix
Si nous voulons représenter tout cela par une figure synthétique nous placerons le nom sacré au centre d'un cercle divisé en quatre parties correspondant respectivement à chacune des lettres iod hé vau hé. Dans chacune de ces parties s'irradieront les correspondances du tétragramme dans toutes les lames. Voici cette figure :
FIGURATION GÉNÉRALE DES ARCANES MINEURS. — Disposition par séri<
Les figures sont aux couleurs ce que les nombres son! aux ligures.
La série des figures est reproduite dans les trois mondes par les nombres; de même la série des couleurs : Bâton, «loupe, Épée, Denier est reproduite dans les figures.
Le Bâton est le Iod des I Rois La Coupe est le Hé des \ Dames L'Épée est le Vau des ï Cavaliers Le Denier est le Hé des \ Valets.
De même que chaque couleur était' un tout complet formé d'un corps, d'une àme et d'un esprit ou force vitale, de même, les quatre couleurs forment un tout complet ainsi formé :
Corps matériel des arcanes mineurs :
Les 4 Cavaliers Les 4 Sept Les 4 Huit Les 4 Neuf.
Corps vital des arcanes mineurs:
Les 4 Dames Les 4 Quatre Les i Cin [ Les \ Six.
Corps intellectuel :
Les 4 As Les \ Deux
Organes reproducteurs :
Les 4 Valois
Têlc, Spiritualité
Monde Divin
COUPES
Poitrine, Vitalité Dame H 4- H Dame Monde Humain
EPEES
Corps matérialité Cavalier H -|- H Cavalier Monde Matériel
d'unêl re à l'autre
Génération
d'un monde
à l'autre
Nous ne pouvons qu'indiquer ici ces rapports fort instructifs qui peuvent être mènes très loin.
Nous donnons ces indications pour bien montrer le maniement de Y analogie, méthode de la science occulte, dont nous avons beaucoup parlé dans nos précédents
ouvrages.
11 suffît de comparer ce dernier tableau, figuratif des quatre couleurs, avec le premier qui n'en représentait qu'une seule. On verra que la loi sur laquelle ces deux tableaux sont construits est la même, les applications seules varient.
C'est ainsi que les cellules formant l'être humain se groupent pour constituer des organe*, les organes se groupent pour constituer des appareils et le groupement de ces derniers produit l'individu '.
De tout ce qui précède nous avons déduit la conclusion
suivante:
Le denier répondant au deuxième hé indique une transition .
Entre quoi?
Entre les arcanes mineurs et le* arcanes ma /cars.
I. Vov. Traité élémentaire de science occulte, chap. m.
LtkP ae/i&ux£L dnà Jl^ccaicâ JfÙjiciu
.1 V auteur de la. <> lie candie des Bêles » Le poète Emile Goudkau
CHAPITRE VI
LA CLEF DES ARCANES MAJEURS
Arcanes majeurs. 1er ternaire. — 2e ternaire. — 1er septénaire.
2e septénaire. -- Les trois septénaires et le ternaire de transition.
DES ARCANES MAJEURS
La différence fondamentale qui existe entre les arcanes mineurs et les arcanes majeurs c'est que dans ceux-ci les figures et les nombres sont réunis tandis que dans ceux-là ils étaient distincts.
Les arcanes majeurs sont au nombre de 22, mais l'un d'entre eux porte le chiffre 0, ce qui fait qu'il y a en réalité 21 grands arcanes ou arcanes majeurs.
La plupart des auteurs qui se sont occupés du Tarot n'ont considéré que ces 22 lames, sans tenir compte des autres qui cependant donnent la clef générale du système.
Mais laissons là ces digressions et abordons l'application de la loi iod hé y«^ hé à cette partie du Tarot.
La simple réflexion nous suggère l'idée qu'il doil exister des séries dans les arcanes majeurs de même que dans les arcanes mineurs. Mais comment déterminer l'étendue de ces séries ?
Chaque lame de nos arcanes mineurs portait un symbole facile à rattacher à l'ensemble (Bâton, Coupe, Épée ou Denier) ; il n'en est pas de même ici. Chaque lame représente un symbole différent. Ce n'est donc pas le symbolisme qui peut nous guider, pour le moment du moins.
Outre le symbole, chaque lame exprime une idée. L'idée est déjà un guide meilleur, étant plus facile à classer que le symbole ; mais ce guide n'offre pas encore toutes les garanties désirables, pouvant être compris différemment par différentes personnes. De plus l'idée résulte de l'action du symbole sur l'autre terme exprimé par la lame : le nombre.
Le nombre, voilà certes l'élément le plus positif, le plus facile à suivre dans ses évolutions ; c'est donc le nombre qui va nous guider ; c'est grâce à lui que nous découvrirons les deux autres termes .
Reportons-nous à notre exposé des nombres et nous allons facilement déterminer les séries dans les arcanes
Faisons toutefois une grande réserve dès le début. Les séries que nous allons énumérer sont les plus générales ; mais ce ne sont pas les se ni es.
Ceci dit, considérons les quatre premiers arcanes majeurs.
Les nombres 1 . ±, 'A, 4, indiquent de suite la classification à adopter et la nature des termes.
1 correspond à fod el est actif
i au :2e' lie et indique la transition.
Cel arcane 4 correspond au valel el au 10 des arcanes mineurs el deviendra iod dans une série suivante.
Si nous voulons figurer en premier ternaire 1, 2, 3, nous le ferons ainsi :
Le terme actif 1 est au sommet du triangle, les deux
autres termes sont aux autres angles.
Ce ternaire peut aussi se figurer dans ses rapports avec
I
Deuxième terniare. -— Nous avons dit que le 4 devenait le iod ou terme actif de la série suivante. Ceci se réalise dans le rapport ci-dessous :
Le 4 figurant le iod agit donc vis-à-vis de 5 et 6 comme 1 agis: ternaire.
le 1 agissait vis-à-vis de 2 et 3 et nous obtenons un autre
(il)
L<> 7 agit ici comme le 4 agissait tout à l'heure il en sera de même pour toute la série des arcanes.
Premier septénaire. — L'application d'une même loi à des termes fort différents nous a conduits jusqu'ici : n'abandonnons donc pas ce procédé et disons :
Si, dans un ternaire, il existe un terme actif — iod, un terme passif hé et un terme neutre , vau résultant des deux premiers, pourquoi n'en serait-il pas de même des ternaires pris en bloc ?
Le premier ternaire est actif et correspond à iod, le deuxième ternaire est passif et correspond à hé; la réaction d'un ternaire sur l'autre donne naissance au troisième ternaire ou vau.
Représentons cela :
Le 7 forme donc l'élément de transition cuire un septé- naire ei un autre.
Si nous établissons les rapports de ce premier septé- naire au iod hé rua hé nous obtiendrons :
rr/u
Une déduction peut être faite en passant dont on pourra tirer beaucoup si l'on veut bien y prendre garde : le i n'est que le 1 considéré négativement, le .'i n'est que le 1 considéré négativement ainsi que le (i qui est le négatif du 3. C'est toujours un même nombre sous différents aspects.
Nous avons donc déterminé un premier septénaire formé de deux ternaires opposés.
Nous avons vu ce septénaire reproduire aussi iod hé vau
Deuxième septénaire. — Ce qui est vrai pour les premiers ternaires est aussi vrai pour les autres et, suivanl les mêmes procédés, nous obtiendrons mi second septénaire ainsi formé :
Ternaire positif. Ternaire négatif.
Les deux ternaires positifs et négatifs vont s'équilibrer l'un l'autre pour donner naissance au second septénaire et à son terme de transition 13. Ainsi :
XI
Figuration générale :
Mais si deux ternaires agissent respectivement comme
positif et négatif pourquoi n'en serait-il pas de même des
deux septénaires?
Le premier septénaire pris en bloc sera donc positif par rapport au deuxième septénaire qui sera négatif.
Le premier septénaire correspond à iod, Le second a hé.
Troisième septénaire. ainsi formé :
Le troisième septénaire est
Si le premier septénaire est positif et le second négatif, le troisième sera neutre et correspondra au vau. Nous aurons donc en définitive :
Cependant chaque septénaire nous présente un terme commun au septénaire précédent et commun au septénaire suivant.
Ainsi le 7 est le 7e terme du premier septénaire et le 1" ternie du second. 13 est le dernier terme du deuxième septénaire et le Ier du troisième, etc.
De cela résulte qu'il existe trois termes à classer ce sont :
Ces trois termes forment le dernier ternaire, ternaire de
transition entre les arcanes majeurs et les arcanes mineur*, ternaire correspondant au deuxième hé, et qu'on peut limiter ainsi :
<*. 'àiytJCIJ
La dernière lame chiffrée qui devrait exactement porter le numéro 22 (ou sa correspondance hébraïque) clôt le Tarot par une merveilleuse figure représentant sa constitution pour qui sait la comprendre. Nous en reparlerons.
En définitive, daus les arcanes majeurs, la grande loi est ainsi représentée :
D
Le premier septénaire correspond au Monde divin, à
Le second à l'Homme,
Le troisième à la Nature.
Enfin le dernier ternaire indique le passage du monde créateur et providentiel au monde créé et fatal.
Ce ternaire établit le rapport entre les aveanes majeurs et les arcanes mineurs
A Vautour de « Dieu et ta Création
René Caillik.
CHAPITRE VII
RAPPORTS DES ARCANES MAJEURS ET MINEURS RAPPORTS GÉNÉRAUX
CLEF DU TAROT
Domination du lrr septénaire. — Rapport? du 2e septénaire dans le Tarot, lame par lame. — Id° du 3e septénaire. — Rapports généraux. — Rapports
Figure générale donnant la clef du Tarot.
RAPPORTS DES ARCANES MAJEURS ET MINEURS
Les Deniers d'un côté, le Ternaire de transition de l'autre établissent le rapport entre les arcanes majeurs et les arcanes mineurs.
Ce rapport se résume dans les rapports généraux des quatre lettres du tétragramme.
Le lor septénaire, correspondant à iod, gouverne tous les correspondants de iod dans la série mineure, c'est-à- dire :
Les i Rois
Los 4 As
Les 4 Quatre
Les 4 Sept.
Chacun des éléments du septénaire gouverne des termes différents, ainsi :
Ier septénaire .
Les arcanes i et 4 gouvernent Roi-) .4.7 de Bâton
L'arcane 7 de Deniers.
En outre : L'arcane 1 gouverne plus particulièrement les termes positifs de la série, c'est-à-dire :
Le Roi de tod ou de Bâton (-}-)
L'arcane 4 gouverne plus particulièrement les termes négatifs de la série :
En appliquant la même loi aux autres arcanes on Irouve
Tons les termes transitifs,
Arcane (i
l. Les signes -j-, — , yindiquent : le signe --) les termes positifs, le signe - les termes négatifs, le signe ce les ternies neutres.
Second septénaire. — Le second septénaire correspondant à hé gouverne tous les correspondants du prem ier Ht' dans la série mineure, c'est-à-dire :
Les 1 Dames
Les 1 Deux
Les ï Cinq
Les \ Huit.
Chaque élément de ce second septénaire a les dominations suivantes :
Dame de Bâton,
Dame de Coupe,
) Dame de Denier.
Deux de Bâton.
/ Deux de Coupe,
Cinq de bâton,
Cinq de Coupe,
f j j Cinq de Denier
Troisième septénaire. — Le troisième septénaire correspond à Y du et domine :
Les \ Cavaliers, Les 4 Trois, Les 4 Six. Les \ Neuf.
Chaque élémenl de ce septénaire domine ainsi : Cavalier de Bâton,
! Trois de Bâton. Trois d'Epée.
I Six de Bâton,
'avalier de Coupe,
Trois de Coupe,
Six de Coupe.
) Six de Denier.
Ternaire de transition. -
domine :
Les 4 Valets, Les 4 Dix.
Chacun de ses éléments domine ainsi :
Le ternaire de transition
(oo)
Valel de Bâton,
Valel d'Épée.
Arcane i20
V;tlet de Coupe,
Valel de Denier.
Les signes qui suivent chaque laine clans les énoncés cidessus déterminent exactement la valeur de cette lame. Un exemple suffira à bien faire comprendre ceci.
Chaque terme peut être pris dans deux acceptions principales en positif (-{-) ou en négatif ( — ). 11 en est de même des subdivisions de ces termes.
Ainsi les correspondants de iod dans le premier septé- naire sont 1 et 4.
1 est le positif (-J-)
I domine deux arcanes mineurs : Roi de Bâton et Hoi
Roi de Bâton est positif Roi d'Épée est négatif
La valeur définitive de ces termes sera donc : 1° Roi de Bâton.
Positif (-f ) du positif (-f )
Roi de Bâton
2° Boi d'Épée.
Négatif (— ) du Positif (-f)
mi plus simplement
Roi d'Epéi
II en est de même pour les autres termes en combinant le signe qui suit Varcane majeur avec celui qui suit le terme considéré.
On détermine ainsi la valeur de chacune des 78 lames de Tarot.
RAPPORTS GÉNÉRAUX
/ Roi de Bâton
mineurs
Roi de Coupe
Roi de Deniers
RAPPORTS DU 1er Hé.
mineur.
M
Dame de Bâton Dame d'Épée
M
Dame de Coupe Dame de Denier
Rapports de Vau.
le Raton
Cavalier de Coupe
mineurs
i'Épée
Cavalier de Deniers
f Trois
Valet de Bâton
Valet de Coupe — de Deniers.
Dix de Bâton
— de Coupe
— de Deniers.
FIGURE GÉNÉRALE DE LA. CONSTRUCTION DU TAROT RÉSUMANT
TOUS LES RAPPORTS.
La loi absolue.
Iod Hr Vau Ih est au centre de la figure.
Chacune des lettres du tétragramme domine sur un quart de cercle contenant ses rapports.
Les couleurs différentes indiquent les dominations particulières de chaque arcane.
A l'auteur de la Mission des Juifs,
Le marquis de Saint-Yves d'Alvkydre.
DEUXIÈME PARTIE
LE SYMBOLISME DANS LE TAROT
APPLICATION DE LA CLEF GÉNÉRALE AU SYMBOLISME
A l'auteur de la Décadence latine Le Kabbaliste Joséphin Péladan.
CHAPITRE VIII
INTRODUCTION A L'ÉTUDE DU SYMBOLISME
Les symboles. — Les ternies primitifs. — Clef du symbolisme. — Détermination immédiate du sens d'un des symboles. — Loi générale du symbolisme.
INTRODUCTION A L'IÎTUDE DU SYMBOLISME DANS LE TAROT
L'étude que nous avons faite sur le Tarot dans ses dispositions numériques nous a donné la clef générale qui doit s'appliquer à tous les développements ultérieurs dont notre jeu peut être susceptible.
Les symboles doivent donc suivre exactement révolution des nombres et nous verrons qu'il en est ainsi. Cependant comme nous allons étudier successivement chacune des lames de Tarot, il se pourrait que l'attention du lecteur fût quelque peu fatiguée par ces développements; aussi avonsnous pris le parti de faire* une petite introduction à l'étude du symbolisme du Tarot, introduction dans laquelle nous dirons quelques mots du groupement de ces symboles.
Ce point connu, nous pourrons passer au développement que nous terminerons encore par un coup d'œil synthé-
tique. Nous espérons ainsi obtenir la plus grande clarté possible dans des sujets aussi ardus.
L'analyse du mot iod hé vœu hé, nous a donné la loi générale sur laquelle fut construit tout le Tarot. Cette loi
est ainsi figurée.
va a
Nous devons donc déterminer tout d'abord dans nos symboles quatre termes primitifs constituant la loi qui s'appliquera exactement au symbolisme tout entier.
Nous retrouverons, en effet, ces quatre termes dans nos quatre premières lames et le sens général de ces termes sera :
1 — Créateur ou Divin.
2 — Conservateur ou Astral.
3 - Transformateur ou Physique et Ditl'useur.
4 — Générateur ou Transiteur devenant Créateur.
Cette loi répond en tous points à notre mot sacré ainsi :
Divin
Conservateur
Astral
Génération
sique
Nous verrons que cette loi s'applique exactement à chacune des lames qui possède trois sens.
Un sens superlatif ou Divin. ■
Un sens comparatif ou Magique-Astral.
Un sens positif ou Physique et répondant à une transition.
coup-d'œil général sur les quatre premières lames
Clef du symbolisme dans le Ta roi .
Les quatre premières lames des arcanes majeurs forment, aussi bien symboliquement que numériquement, une série complète répondant au mot sacré iod hé van lié.
En effet, la première lame exprime V actif absolu et correspond à iod.
La seconde lame désigne le reflétas la première, le passif absolu et correspond au premier Hé.
La troisième indique le terme médian, le terme convertible et transformateur et correspond à vau.
Enfin la quatrième lame est un terme, de transition entre la série précédente et la série suivante.
La série symbolique du Tarot est donc complètement représentée parles quatre premières lames, comme la série numérique Test par les quatre premiers nombres. De là découle une considération très importante, c'est que tous les symboles du Tarot ne sont que des transformations des trois premiers et que ceux-ci nous fournissent la loi générale du symbolisme, loi qui nous permettra de dé- terminer mathématiquement le sens de chaque lame suivante.
Mais nous pouvons encore aller plus loin.
Comme la seconde lame est le reflet de la première, ei est formée par la première considérée négativement, el comme la troisième lame résulte des deux autres il suffit de connaître parfaitement la première lame du Tarot pour déterminer mathématiquement le sens de toutes les autres.
Quelques détails sont nécessaires à ce sujet.
La loi générale des quatre premières lames est la suivante :
1 — Positif. Créateur.
2 — Négatif. Reflet de la première. Conservateur.
'.) - - Neutre. Enveloppement des deux autres. Transformateur. \ — - Passage d'une série à l'autre.
Nous pouvons figurer ainsi cette série :
Ce qui est vrai pour chacun des termes d'un ternaire, l'est aussi pour ce ternaire pris en bloc ce qui nous conduit à de nouvelles considérations.
En effet le premier ternaire sera positif et correspondra à iod à l'actif, au créateur.
Le deuxième lernaire sera négatif et correspondra au premier ké, c'est-à-dire que tous les termes de ce ternaire seront les reflets des ternies du premier, connue la deuxième lame était le relief de la première.
'lÈËÉp-
j&>*mf
Ce qui nous donnera :
Nous pouvons ainsi déterminer le sens des arcanes 4, 5, 6, 7, dans les trois mondes, connaissant le sens des arcanes
Il suffît de se reporter à l'étude du Tarol par les nombres pour voir les symboles correspondant respectivement à iod, à hé, à vau et au deuxième hé.
Mais si le second ternaire est le reflet du premier il en sera de même pour les septénaires.
Toutes les cartes du second septénaire seront doue le reilel de celles du premier symboliquement.
Toutes les cartes du troisième septénaire sont représentatives de la troisième lame ou de la transformation.
Nous aurons donc comme sens :
Le 1er septénaire,
Représentera la Création active. Le Divin Urisis-Rrahma oi
Le 2e septénaire.
Représentera la Conservation. L'Astral. Isis. Vichnou. Le
Fils.
Le '.V septénaire ,
Représentera la Transformation. Le Physique. Horus. Siva. Le Saint-Espril .
En résumé les trois premiers arcanes donnent le sens de tous les autres d'après le tableau suivant :
TABLEAU
INDIQUANT LES SENS DE CHACUN DES 22 ARCANES MAJEURS
série positive
créatrice
1er hé
série négative
M.
conservatrice
série neutre ou transformatrice
équilibrante
série de transition
série positive
créatrice
série négative
conservatrice
Vil II
série neutre
transformatrice équilibrante
série de tran- I sition
Ce tableau est très important, car il permet de déterminer immédiatement la valeur symbolique d'une lame quelconque de Tarol en opérant ainsi :
DÉTERMINATION A PRIORI DE LA VALEUR SYMBOLIQUE
D UNE LAME DU TAROT
On regarde :
1° Quelle est In lettre hébraïque écrite à gauche dans la colonne horizontale <jni contient la lame considérée ;
2° Quelle est la lettre hébraïque écrite au bas de la colonne verticale qui contient la lame considérée;
3° Quelle est le signe (+ ou — ) que gouverne la colonne secondaire verticale qui contient la lame considérée.
Exemple :
Soit à trouver le sens de l'arcane 5.
Je regarde à gauche et je trouve comme lettre hébraïque hé.
Gela m'indique que l'arcane 5 est le hé, de quoi?
Pour le savoir je regarde la colonne verticale et je trouve
iod.
L'arcane o est le hé de iod, mais cela ne nous suffit pas et je regarde la colonne secondaire qui contient le signe ( — )
J'obtiens ainsi une formule définitive de l'arcane 5.
La cinquième lame de Tarot est :
Le hé de iod considéré négativement.
C'est là une formule synthétique qui n'est compréhensible que pour celui qui est habitué au maniement du sens du mot iod hé van hé.
Aussi est-il nécessaire de développer celte explication.
Hé représente le reflet.
Nous pouvons donc dire pour être plus clair :
L'arcane o est :
Le reflet de iod considéré négativement. Mais qu'est-ce que c'est que iod considéré négativement?
Pour le savoir je cherche dans ma colonne de gauche la lettré iod, je cherche dans la colonne verticale secondaire le signe (_) négatif, et a l'intersection de ces deux lignes je trouve farcane i.
Le iod considéré négativement c'est l'arcane 4.
Ce qui me conduit à dire :
L'arcane o est le reflet de Varcane L
Ainsi s'expliquent tous les arcanes les uns par les autres suivant ce que nous avons dit plus haut.
Ce tableau est la clef de l'Ars Magna de Raymond Lulle.
Correspondance des lames du Tarot entre elles.
Pour obtenir l'origine et la dérivée d'une lame quelconque du Tarot il suffît de prendre la troisième lame avant et la troisième lame après.
Ainsi l'arcane 8 dérive de l'arcane 5 et donne naissance
Vie universelle Existence Vie réfléchie
élémentaire. et passagère.
De là s'ensuit que, quand deux lames additionnées donnent un nombre pair, il suffit de prendre la moitié de ce nombre pour trouver la lame qui sert à relier les lames considérées entre elles.
Ainsi, soit à. trouver le lien qui unit l'arcane 4 à l'arcane 6, c'est-à-dire, le fluide animateur universel à l'amour universel; j'additionne \ 6 zz 10 et je prends la moitié du
L'arcane 5 (vie universelle) réunitd oncles deux opposés i.
I. L'alphabel hébraïque établit rigoureusement celle filiation pour les étires correspondant à ces .'5 nombres. (Voy. l'arcane 8.)
Le passage du fluide animateur (4) dans l'amour (6) s'opère par l'intermédiaire de la vie universelle (5).
Chaque lame du Tarot ayant trois sens, on voit comme il est facile de philosopher sans se donner beaucoup de peine au moyen de notre jeu.
Une autre conséquence de tout cela c'est que chaque carte du Tarot a pour complémentaire celle dont le nombre additionné avec le sien donne comme total 22.
Ainsi quelle est la carte complémentaire de l'arcane 1 ?
transition de 1 h 21?
L'arcane 11 (vie réfléchie et passagère] établit donc la transition entre l'arcane 1 (principe créateur) et l'arcane 21 (la génération universelle).
Pour trouver la carte complémentaire d'une autre il suffit donc de soustraire le nombre de la carte considérée
Ainsi soit à trouver la carte complémentaire de 14.
L'arcane 8 est donc complémentaire de l'arcane 14.
Toutes ces données nous seront fort utiles dans la suite, c'est pourquoi nous avons fait cette digression. Nous pouvons maintenant revenir à l'élude de nos arcanes majeurs.
Rappelons encore la manière dont les quatre premiers arcanes nous ont donné la clef du symbolisme de tous les
autres, d'après leurs rapports avec le mot sacré, ainsi qu'il suit :
LOI GÉNÉRALE DU SYMBOLISME DU TAROT
suivante
Union d'iod et de hé
A l'auteur « des Grands Inities ».
M. SCHURÉ.
CHAPITRE X
HISTOIRE DU SYMBOLISME DU TAROT
RECHERCHE DE SON ORIGINE
Le Tarot est un livre égyptien. — Ses Transformations. — Jeu de Mantegna-
— Tarot vénitien. — Tarot de Florence. — De Bologne. — Tarol indon.
— Tarot chinois. — Tarots actuels. — Etteila. - Marseille. — Besançon. — Watillaux. — Oswald-Wirth. — Tarots italien et allemand. — Constitution du symbolisme du Tarot. — Les 16 signes hiéroglyphiques primilifs. — Les 22 lettres hébraïques.
ORIGINE DU SYMBOLISME DU TAROT
Chaque lame de Tarot représente, nous l'avons dit, un symbole, un nombre et une idée.
Nous avons voulu, dans le cours de cette exposition, éviter autant que possible l'empirisme; c'est pourquoi nous avons d'abord étudié l'élément le plus fixe, le plus invariable dans ses combinaisons, le nombre.
Solidement appuyés sur la base que nous avons ainsi construite, nous pouvons maintenant aborder avec plus de sûreté l'étude du symbole.
Pour cela nous supposons que vous vous êtes procuré un
Tarot ' dans le commerce et surtout le Tarot.de Marseille, qui est le plus exact comme symbolisme, ou bien les vingtdeux clefs dessinées par Oswald Wirth; même, ce qui est presque indispensable, les deux à la fois.
îl suffit alors d'étaler les lames sur une table pour remarquer dès le premier coup d'oeil que les personnages ont des costumes renaissance.
Et quoi, me direz-vous, voilà ce jeu d'origine si ancienne ? il n'y parait guère.
Considérez plus attentivement vos figures et vous ne larderez pas à voir des symboles égyptiens [croix ansée (n°5) ibis (n° 17)| mêlés à ces costumes renaissance.
Cela nous indique du premier coup que le Tarot de Marseille est bien la représentation exacte du Tarot égyptien primitif légèrement transformé à l'époque indiquée par les costumes. Les Bohémiens seuls possèdent intact le jeu
Les études des érudits qui se sont occupés du Tarot prouvent tout cela avec la dernière évidence. Ainsi si nous parcourons les ouvrages de Chatto 2 de Boiteau 3 et surtout, de Merlin *, nous verrons l'histoire répondre à notre assertion.
Merlin conduit ses recherches très scientifiquement et parvient à retrouver l'origine de notre Tarot de Marseille dans un Tarot italien de Venise, père de tous les jeux postérieurs.
Il croit, également retrouver l'origine de ce Tarot de Venise dans le jeu philosophique de Mantegna.
1. Voy. plus loin l'indication des prix de ces tarots et les endroits où l'on peut se 1rs procurer.
2. Ghatto, Valets and spéculation of the origin and history% of paying caris in Europe. Londres, 1848, in-8.
■\. Boiteau, Les cartes à jouer et la cartomancie, Paris, in-4°, 1854.
4. Merlin, Origine '1rs cartes à jouer, recherches nouvelles sur les naïbis, les tarots et sur les autres espèces de cartes. Ouvrage orné de 70 planches.
Mais il ne peut déterminer l'origine de ce jeu lui-même et pour cause. En effet, ce que Merlin croit être le créateur du Tarot en est une production, au contraire, faite par un initié. C'est exactement ce qui s'est produit pour l'A rs magna, de Raymond Lulle, tiré tout entier du Tarot.
Nous donnons à titre de renseignement le jeu de Mantegna connu par les marchands sous le nom de cartes de Baldini, ainsi que les jeux de tarots italiens, d'où sont dérivés la plupart des nôtres.
Le tableau placé le dernier, qui indique les rapports des tarots au jeu de Mantegna, doit être retourné et représente au contraire les cartes de Mantegna dérivées du Tarot ainsi que nous venons de le dire.
Voici tous ces tableaux :
C H
P
O
O
G
Q
M
Q
"^Tico^socor-cocno
O
C
O
O
O
VCJ 3
S-h VU
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S
C
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J
J
J
O
O
O
O
S
H
Mincliiate de Florence
97 cartes
dont 40 Tarots
Le Grand-Duc
L'Empereur d'Occident . L'Empereur d'Orient. .
9 La Roue de Fortune. .
1 1 Le Vieillard (au sablier.
15 L'Enter
17 La Prudence
19 La Charité
22 La Terre
24 La Balance
25 La Vierge
26 Le Scorpion
27 Le Bélier
30 Le Cancer
31 Los Poissons
32 Le Verseau
33 Le Lion
34 Taureau
3-"> Les Jumeaux
36 L'Étoile
ORIGINE DES AUTRES
Tarot Vénitien Tarotchino de Bologne
78 cartes 62 cartes
dont 21 Tarots ■ dont 21 Tarots
1 Le Bateleur 1 Le Bateleur.
2 La Papesse 2 La Papesse.
3 L'Impératrice 3 L'Impératrice.
4 L'Empereur 4 L'Empereur.
6 L'Amoureux 6 L'Amour.
7 Le Chariot 7 Le Chariot.
8 La Justice 8 La Tempérance.
11 La Force 11 La Fortune.
12 Le Pendu 12 Le Vieillard.
15 Le Diable t.", Le Diable.
17 L'Étoile 17 L'Etoile.
19 Le Soleil 19 Le Soleil.
20 Le Jugement 20 Le Monde/
Correspondance des Jeux italiens, primitifs et du Tarot actuel
Tarot actuel Manlegna..
Le Roi Re
Le Cavalier Gavaliero
Le Valet Famero
L'Empereur 1 des T
Le Fou (sans N°) L'Étoile 17
N° 8 de Mantegna
arots est le IX
série E de Mantegna
X
E
A
Misero
N° 1 de Mantegna
Vénus
Mars
Saturne
Jupiter
Prima causa
Si, cependant, l'existence des symboles purement égyptiens dans ces tarols soi-disant italiens ne suffisait pas au lecteur, quelques mots sur les transformations du Tarot en Orient et dans les contrées d'Europe autres que l'Italie lY'diiieronl complètement à ce sujet.
TAROTS INDOUS.
Le Tarot représente bien, quoi qu'en dise Merlin, le résumé des connaissances scientifiques de l'antiquité. C'est ce que nous prouvent sans conteste les recherches faites à ce sujet chez les Orientaux, par Chatto.
En effet les Indiens possèdent un jeu d'échecs le Tchaturanga qui dérive du Tarot, ainsi que le montre la disposition de ses pièces en quatre séries.
Eléphants, chariots, chevaux, fantassins.
Les musulmans de l'Inde possèdenl également un jeu dérivé directement des vieux symboles du Tarot: le Gungeifu ou Ghendgifeh.
Ce jeu se compose de huit séries de douze cartes se divisant ainsi :
Section supérieure ou Bishbur : Couronnes Lunes Sabres Esclaves.
Section inférieure uu Kunbnr : Harpes Soleils
Diplômes royaux Ballots de marchandise.
TAROT CHINOIS.
Mais un œil inexpérimenté pourrait hésiter à reconnaître dans ces jeux le Tarot ; aussi la Chine nous fournit-elle un argument irréfutable dans la disposition de son Tarot, repré- senté par la figure suivante :
ARCANES MINEURS ARCANES MAJEURS
iod hé vau hé
H
Nous avons placé en haut de ce tableau les correspondances des arcanes mineurs et majeurs et des quatre lettres du tétrasramme.
On trouvera la description de, ce monument chinois dans Court de Gébelin (Monde primitif) et dans l'ouvrage de J.-A. Vaillant.
Quant aux tarots étrangers nous les possédons presque tous actuellement et cela nous conduit à nommer les différentes éditions de Tarot que nous sommes à même de consulter aujourd'hui.
TAROTS ACTUELS.
Nous possédons de nos jours une foule de tarots dont voici les principaux :
Le Tarot d'Etteila
Le Tarot italien
Le Tarot de Marseille
Le Tarot de Besançon
Le Tarot de Besançon à deux têtes
Le Tarot de Watillaux
Le Tarot allemand
Le Tarot d'Osvald Wirth.
.JEUX DE TAROTS FRANÇAIS.
Le Tarot d'Etteila ne possède aucune valeur symbolique, c'est une mauvaise mutilation du Tarot véritable.
C'est ee jeu qu'emploieni toutes nos tireuses de cartes. 11 n'a d'intérêt (pw pour l'étrangeté de ses figures. On le trouve au prix de o à S francs chez tous les granits marchands do jeux à Paris.
Le Tarot de Watillaux ou jeu ^W la princesse Tarot reproduit 1res exactement les arcanes mineurs. C'est à ce point de vue qu'il vaut la peine d'être considéré.
Le Tarot italien , celui de Besançon , celui de Marseille ' sont les meilleurs sans contredit que nous possédions aujourd'hui, surtout le dernier, qui reproduit assez bien le Tarot symbolique primitif.
.1EUX DE TAROTS ÉTRANGERS.
Outre l'italien, nous devons citer le Tarot allemand on les symboles des arcanes mineurs sont différents. En effet.
Les Coupes sont représentées par Des Cœurs Les Deniers Des Grelots
Les Épées Des Feuilles
Les Bâtons Des Glands.
Ce Tarot est du reste très mauvais.
TAROT O'OSWALD WTRTII.
Il était important d'avoir un jeu de Tarot où le symbolisme fût définitivement établi. Ce travail demandé par Eliphas Levi, qui en posa les principes, vient d'être réalisé
Cet occultiste de talent a dessiné, en suivant les conseils de Stanislas de Guaita, la série des vingt-deux arcanes majeurs. Les dessins reproduisent le Tarot de Marseille avec les modifications symboliques déterminées par les beaux travaux d'JEliphas Levi sur cette importante question.
Grâce à l'obligeance de M. Poirel, qui a bien voulu prêter son concours à celte œuvre en reproduisant industriellement ces dessins, nous possédons aujourd'hui un merveilleux monument symbolique dans le Tarot d'Oswald Wirth.
\. On trouve ces tarots à Paris, 20, rue de la Banque, chez Pussey, au prix de 4 francs.
Ainsi que nous l'avons dit, il est très utile, pour ceux qui veulent approfondir l'étude Tarot, de se procurer le Tarot de Marseille et celui d'Oswald Wirth.
Ce sont ceux sur lesquels nous allons nous baser plus loin pour développer le sens symbolique de chaque lame.
Mais avant de passer à cette étude du symbole, lame pur lame, il nous faut voir s'il n'existerait pas un moyen d'asseoir définitivement le symbolisme du Tarot.
COMMENT PEUT-ON ESPÉRER CONSTITUER DÉFINITIVEMENT LE
SYMBOLISME DU TAROT ?
Le Tarot représente la science antique ou science occulle dans tous ses développements possibles, c'est ce que nous avons suffisamment affirmé.
Si nous voulons donc trouver une base solide pour l'étude des symboles figurés dans les 22 arcanes majeurs, il nous faut laisser un instant de côté notre Tarot pour nous adresser à cette science antique. C'est elle seule qui peu! nous donner le moyen d'atteindre notre but, non pas en I rentrant l'explication des symboles, mais bien en nous conduisant à les créer un h un en les déduisant de principes fixes et généraux.
Nous allons ainsi faire un travail d'un genre tout nouveau. tout en évitant autant que possible de tomber dans les erreurs qui résultent de l'idée de vouloir expliquer les symboles du Tarot par eux-mêmes, au lieu d'en chercher la raison d'être dans leur source originelle.
La recherche de ces symboles particuliers nous conduit, dés le premier pas, à discuter le grave problème de l'origine ,du symbolisme toul entier.
Nous ne pouvons, par nos seules forces, aborder cette
question, ni surtout la résoudre ; aussi allons-nous exposer successivement l'avis de plusieurs auteurs à ce sujet. La Vérité ayant pour critérium I'Unité, la concordance des diverses conclusions en un point nous sera un précieux indice.
Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu, dit, dans son Livre des Rapports, que l'alphabet primitif se composait de seize signes. Il tient ces données, autant qu'on peut en juger, delà révélation intuitive unie aux enseignements de rilluminisme dont il était un des membres.
Lacour, dans son livre des Eloim ou dieux de Moïse, arrive à déterminer inductivement l'existence d'un alphabet primitif également composé de seize signes. Un autre auteur, poursuivant des recherches absolument diffé- rentes, Barrois, arrive également à cette conclusion de l'existence de seize signes primitifs dans son système de Dactylologie.
Mais les travaux de Court de Gébelin et surtout deFabre d'Olivet sont remarquables à ce sujet. Dans sa Langue hébraïque restituée, ce savant initié établit l'existence de signes hiéroglyphiques primitifs d'où sont dérivées les lettres hébraïques.
Tous ces auteurs, partis de sources fort différentes, concordent dans leurs conclusions, ce qui donne de fortes raisons en faveur de la vérité de leurs recherches.
Que ces seize signes primitifs aient donné plus spécialement naissance aux signes alphabétiques hébreux, sanscrits, chinois ou grecs, peu nous importe. L'identité de source conduira forcément à l'identité de conséquence et l'un quelconque des alphabets dérivés nous suffira.
L'alphabet hébreux composé de 22 lettres nous semble préférable à cause de la concordance du nombre de ses lettres avec celui des arcanes de notre Tarot.
Nous adoptons donc, comme point de départ de notre
étude, l'alphabet hébraïque de 22 lettres, dérivé des î 6 signes hiéroglyphiques primitifs.
Cette conclusion est à peine posée que de nouvelles lumières surgissent de tous côtés.
Guillaume PosteP nous révèle le rapport des lettres hébraïques et du Tarot, Van Helmont fils, - Claude de Saint-Martin3, Fabre d'Olivet1 viennent fortifier notre opinion; enfin EU plias Ler'r apporte aussi le poids de sa merveilleuse érudition dans cet te question.
Mais, ce qui nous surprendra davantage, c'est de constater qu' u n vieux livre de kabbale , le Sepher Jesirah ° , étudiant la constitution de l'alphabet hébraïque, arrive à des divisions de lettres se rapportant exactement aux données de l'astrologie, telles que les montre un vieux manuscrit du Vatican sur lequel Christian' a basé ses travaux horoscopiques.
De tous ces points do vue différents une seule et même conséquence surgit : la valeur de la lettre hébraïque en tant que symbole.
Nous possédons en elle un symbole véritable dont nous pouvons connaître non seulement les conséquences, mais encore les origines.
Nous pourrions donc faire un Tarot composé uniquement de lettres hébraïques et de nombres ; mais là n'est pas notre but ; nous allons chercher comment on peut tirer du symbolisme du caractère hébreux, le symbolisme du Tarot, et nous réaliserons ainsi mitre dessein: déterminer déducti-
ment la valeur des figures du Tarot et leur raison d'être.
1. Clavis.
1. < )rigine du langage (latin .
:\. Tableaux naturels des rapports qui existent entre Lieu, l'homme et VUnivers. 4. La Langue ht braïqut restituée. :;. Rituel de l<> haute magie i). Traduit en français par Papus, Carré éditeur. : . Histoire de la \lagie.
LES LETTRES HÉBRAÏQUES BASE DU TAROT SYMBOLIQUE.
Nous allons étudier les lettres hébraïques une à une en déterminant successivement :
1° La valeur hiéroglyphique de chacune d'elle d'après son origine (Fabre d'Olivel, Barrois) ;
2° Sa valeur symbolique dérivée de cet hiéroglyphe Fabre d'Olivét, Eliphas Levi, Christian);
3° Sa valeur astronomique (Christian et Sepher Jesirah).
Connaissant ces données il nous sera facile d'en déduire l'application aux symboles du Tarot.
Mais, avant d'aborder celte étude, il est indispensable de dire quelques mots de l'alphabet hébraïque en général et de sa constitution.
L'alphabet des Hébreux est composé de 22 lettres; les lettres ne sont pas cependant placées au hasard les unes à la suite des autres. Chacune d'elles correspond à un nombre d'après son rang, à un hiéroglyphe d'après sa forme, à un symbole d'après ses rapports avec les autres lettres.
Toutes les lettres dérivent d'une d'entre elles le iod, ainsi que nous l'avons déjà dit1. Le iod les a générées de la façon suivante (Voy. Sepher Jesirah).
1° Trois mères :
L'A Aleph) tf
2° Sept doubles (doubles parce qu'elles expriment deux sons, l'un positif fort, l'autre négatif doux) :
Le G (Ghimel) Jl
Le D
(Daleth)
Le Ch
(Caph)
D
Le Pli
(Phé)
S
(Resch)
Le T
(Thau)
3° Enfin douze simples formées par les autres lettres. Pour rendre tout cela plus clair donnons l'alphabet hébreux en indiquant la qualité de chaque lettre ainsi que
son rang.
d'ordre
HIÉROGLYPHE
NOMS
VALEURS
EN LETTRES
romaines
VALEURS
DANS L'ALPHABET
aleph
A
mère
beth
B
ghimel
G
daleth
D
E
V
zaïn
Z
heth
H
teth
T
I
simple et principe
caph
S
lamed
L
me m
M
mère
noun
N
D
samech
S
J
haïn
tsadé
P
coph
K
resch
R
shin
mère
thau
Nous avons déterminé un principe fixe pour le symbolisme dans la lettre hébraïque.
Nous n'avons plus à craindre maintenant d'être trompés par la mauvaise interprétation d'un costume ou dune figure inexacte. La lettre hébraïque sera là pour nous éclairer toujours sur les points obscurs ou difficiles à étudier.
Nous pouvons donc revenir en toute sûreté au Tarot que nous avions un instant quitté pour faire cette digression.
.1 l'auteur du « Monde Nouveau ».
L'ahh'' iïoi.A.
CHAPITRE XI
LE TAROT SYMBOLIQUE
PREMIER SEPTENAIRE. - A.RCANE I À 7. - - THÉOGONIE
Pian du travail. — Clef du 1er septénaire. — La lre lame du Tarot origine de toutes les autres. — Les trois principes de l'absolu. — La Trinité. — Tableau résumé de la première lame. — La Papesse et le Beth. — ■ Le Ghimel et l'Impératrice. — Le Daleth et l'Empereur. — Le Hé et le Pape. - - Le Vau, l'Amoureux. — Résumé du 1er septénaire. — Constitution de Dieu.
ÉTUDE DE CHACUN DES 22 ARCANES MAJEURS
Plan dit travail.
Nous allons appliquer celte loi générale du symbolisme du Tarot à chacun des vingt-deux arcanes majeurs.
Nous demandons ici toute l'attention du lecteur vu la longueur du sujet traité. Nous ferons tous nos efforts pour être aussi clair que possible et, pour cela, nous allons d'abord exposer le plan que nous suivons dans l'étude de chacune des lames du Tarot.
1° Nous partons toujours du signe hiéroglyphique qui a donné naissance à la lettre hébraïque. Court de Gébelin esl surtout l'auteur dont nous nous servons à ce sujet.
2° Nous lirons du caractère hiéroglyphique les idées qui s'en déduisent progressivement et qui caractérisent la lettre hébraïque considérée comme signe. Kircher et Fabre d'Olivet sont nos autorités en cette occasion.
3° Une fois que nous avons déterminé les idées signifiées par la lettre hébraïque nous cherchons l'application de ces idées dans la figure symbolique du Tarot.
Eliphas Levi1, Christian2 et Barrois3, nous aident dans nos recherches.
4° Enfin nous déterminons le sens qu'il faut attribuer à la lame du Tarot d'après ses rapports numériques et symboliques avec toutes les autres, en appliquant la loi générale du symbolisme. Cette partie de notre travail nous est personnelle.
5° Nous terminons l'étude de chacune des lames par un tableau résumant ce que nous venons de dire.
Nous prévenons le lecteur que la lecture de ces seuls résumés n'est d'aucune utilité pour comprendre la lame du Tarot et que la meilleure route consiste à suivre progressivement les développements de chaque lame en ayant un Tarot devant soi.
Nous ne voulons pas terminer cette entrée en matière sans dire un mot de la base sur laquelle nous avons établi le rapport astronomique de chaque lame du Tarot.
Un des plus vieux livres de kabbale que nous possédions : le Sepher Jesirah \ dit que les trois lettres mères de l'alphabet hébraïque correspondent aux trois mondes, les sept doubles aux sept planètes et les douze simples aux douze signes du zodiaque".
i. Rituel de Haute Magie, i. Histoire de (a Manie.
3. Dactylologie ou langage primitif.
4. Sepher Jesirah (traduction Papus).
'. Vnv. Franck. La Kabbale, Paris, in-8. ,
Or, en parcourant le manuscrit astrologique publié par Christian, nous avons découvert que les nombres attribués par Fauteur du manuscrit aux planètes, correspondaient exactement aux nombres des lettres hébraïques doubles. Les nombres attribués aux douze signes de zodiaque correspondent aussi exactement aux lettres simples.
Nous avons pensé que cette concordance absolue entre deux documents d'origine si différente méritait d'être prise en sérieuse considération et nous avons indiqué à propos de chaque lettre sa correspondance astronomique.
CLEF DU PREMIER SEPTENAIRE
DISPOSITION DES FIGURES POUR L ETUDE
Bateleur I
Empereur
,e chariot
\ (i Amoureux
Papesse
CARACTÈRES DES FIGURES
Origine du Tarot
Neutralisation .
passage d'un monde
à l'autre
C» Equilibre
Reflet de 1 Reflet de 2
LA PHEMIÈ1Œ LAME 01- TAROT
ORIGINE DE LA SIGNIFICATION DE TOUTES LES AUTRES
D'après ce qui précède on voit qu'il suffit de connaître le sens exact de la première lame du Tarot pour pouvoir rigoureusement déterminer la signification de toutes les
autres.
Aussi n'est-ce pas sans une grande hésitation que nous abordons ce sujet. L'espoir d'atteindre à la vérité est, en effet, ébranlé par la possibilité d'une erreur qui aurait de très funestes conséquences.
Les travaux qui nous ont conduit jusqu'ici nous permettent toutefois d'arriver presque mathématiquement au sens du symbolisme de la première lame du Tarot; mais au sens général seulement, et nous savons que chaque lame doit avoir non pas un, mais trois sens.
Il faut que nous trouvions trois principes assez géné- raux pour s'appliquer à tous les ordres des connaissances humaines; car tel doit être le but du Tarot.
Dans ce cas, comme toujours, nous allons recourir aux auteurs éminents qui ont traité ces questions à des points de vue différents, et la concordance de leurs enseignements va nous fournir des lumières nouvelles, susceptibles d'éclairer
au mieux notre route.
Le Polonais Hœné Wronski \ mort de faim aux environs de Paris, est peut-être un des cerveaux les plus puissants qu'ait produit le xix° siècle. 11 prétendait avoir découvert la formule de l'absolu et ses ouvrages sont incontestablement le résumé d'une des synthèses les plus élevées que nous ayons jamais été à même de connaître. Nous n'avons pas à
i. Voyez YOccultisme contemporain (chez Carré).
discuter les doctrines de Wronski, nous voulons simplement dire un mot des trois éléments primitifs qui entrent dans sa loi de création.
Wronski place à l'origine de toute création trois élé- ments qu'il désigne par les noms :
d'Élément Neutre (E. N.) d'Élément Être (E. E.) d'Élément Savoir (E. S.)
L'élément Neutre représente l'Absolu, la Réalité résultant de la neutralisation totale des deux autres éléments l'un par l'autre.
L'élément Savoir représente la faculté créatrice avec ses caractéristiques spéciales : l'autogénie et la spontanéité.
L'élément Etre représente la faculté permanente avec ses caractéristiques : l'autolhésie et l'inertie.
Principe de la Création ou Élément Savoir Principe de la Conservation ou Élément Etre Principe de la Neutralisation ou Élément Neutre.
Tels sont les trois termes sur lesquels Wronski établit les fondements de la Réalité, et, par suite, de tous les systèmes de création. Retenons bien ces conclusions.
Fabre d'Olivet, dans ses recherches sur les principes premiers qui dirigent tout \ détermine l'existence des trois termes qu'il nomme Providence, Destin et Volonté humaine.
La Providence est le principe de la liberté absolue, de la création des êtres et des choses.
Le Destin est le principe de la nécessité absolue, de la conservation des êtres et des choses.
I. Voy. Les Vers dorés de Pylha^'orp H VHistoire philosophique du genre humain.
Enfin la Volonté humaine est un principe neutre intermédiaire entre les deux : le principe de la mobilité et du changement sous toutes leurs formes. Or il n'est pas nécessaire d'être grand clerc pour apercevoir la concordance absolue qui existe entre ces deux auteurs, l'un, Wronski, arrivé à ses conclusions par les mathématiques, l'autre d'Olivet, parvenu aux siennes par l'étude approfondie de l'antiquité et de ses mystères. En effet, les mots seuls varient, l'idée est la môme au fond.
L'élément Savoir (E S) de Wronski, principe de la création, est-il autre chose que la Providence de d'Olivet, qui la conçoit aussi comme principe de la création ?
L'élément Être (E E) de Wronski, principe de la faculté permanente, ne représente-t-il pas exactement ce que d'Olivet appelle le Destin et ce qu'il conçoit comme principe de la conservation ?
Enfin la Volonté humaine de d'Olivet répond en tous points à l'élément Neutre de Wronski.
Voilà donc deux systèmes bien différents ramenés à une même signification. Mais là ne s'arrêtent pas nos conclusions.
Si nous considérons, en effet, plus attentivement ces trois principes primitifs nous retrouvons dans le premier : la Providence ou l'élément Savoir, ce que l'on représente philosophiquement parle mot Dieu.
Le Destin ou l'Etre nous montre son identité avec les lois fatales qui gouvernent l'Univers.
Enfin la volonté humaine répond à l'Homme et n'a pas besoin d'être longuement étudiée pour arriver à cette conclusion.
Dieu, l'Homme et l'Univers.
Telle est la base de foute la philosophie ésotérique des anciens et maintenant ce ne sont plus seulement Wronski et Fabre d'Olivet qui viennent concorder par leurs conclusions dans ce mystérieux ternaire ; c'est la science occulte tout entière qui nous annonce son identité avec ces principes par la bouche de tous ses disciples. Hermès Trismé- giste, La Kabbale sainte, le Néo-platônicisme et les Alchimistes en passant par Pythagore et toute la philosophie grecque viennent affirmer la division du Grand Tout en
TROIS ENTITÉS OU MONDES.
Dans les temps moins reculés Guillaume Pastel1 donne la clef du Tarot sans vouloir l'expliquer et la base de cette clef est formée par cette mystérieuse entité :
Deus, Homo, Rota.
Trithème et son élève Cornélius Agrippa : énoncent également dans tous leurs tableaux analogiques cette féconde et sublime trinité.
Le jésuite Kircher3 montre cette division dans les trois mondes comme formant la base des mystères de l'Egypte.
Enfin Claude de Saint-Martin fait un livre tout entier d'après les clefs du Tarot et sou livre se nomme :
Tableau naturel des rapports qui unissent Dieu, l'Homme et l'Univers.
Interrogeons l'Inde sur la loi de l'absolu, elle nous répond :
Trimurti: Bbahma, Siva, Wichnod.
1. Clavis.
2. La Philosophie occulte. La Haye.
3. Edipus Mgyptiacus.
Demandons à la Chine vénérable le dernier secret de sa philosophie et les Tri-grammes de Fo-Hi nous seront donnés.
Adressons-nous au vieil initié d'Egypte qui nous répondra :
Osmis, Isis, Horus.
Le fondateur de la Cosmogonie grecque, disciple de la science de l'Egypte : Hésiode nous transmet encore cette loi et tous donnent raison à Louis Lucas qui disait ' : « Je sens que sous cette formule mystique de la Trinité se cache une des lois scientifiques les plus importantes que l'homme soit jamais parvenu à trouver. »
Dieu, l'Homme et l'Univers, tels sont les principes les plus généraux que nous puissions atteindre, tels sont ceux qui vont constituer les trois sens de la première lame de notre Tarot.
11 nous reste à voir d'abord si ces sens répondent bien à l'hiéroglyphe primitif, ensuite à déterminer leur extension dans le Tarot tout entier.
1. Vov. le Roman alchimique
Tt^BÀTELEUR
lre lettre hébraïque Aleph)
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA PREMIÈRE LAME DU TAROT
L'aleph exprime hiéroglyphiquement V Homme lui-même comme unité collective, principe maître et dominateur de
la terre.
De ce sens hiéroglyphique sont dérivées les idées de l'Unité et du principe qui la détermine, idées qui donnent à l'aleph sa valeur comme signe de la Puissance et de la Stabilité.
L'Homme ou le Microcosme, l'Unité et le Principe dans tous les mondes, tel est le sens de l'hiéroglyphe primitif qui, comme on le voit, rend exactement les idées générales que nous avions déterminées.
.Mais une considération attentive de La première lame du Tarot va nous éclairer encore davantage.
Symbolisme de la première lame du Tarot :
Si vous prenez la première lame du Tarot et que vous la regardiez un peu attentivement, vous ne tarderez pas à voir que la forme du Bateleur qui s'y trouve représenté répond en tous points à celle de la lettre aleph. Si maintenant nous appliquons à l'étude de cette lame les principes de la détermination du symbolisme d'après le Traité élémentaire de Science occulte, de nouveaux enseignements nous sont aussitôt fournis.
Le haut de la figure est occupé parle signe divin de la Vie universelle co placé sur la tète du Bateleur.
Le bas de la figure représente la Terre ornée de ses productions, symbole de la Nature.
Enfin le milieu est occupé par l' Homme lui-même placé derrière une table portant divers objets.
La droite et la gauche de la figure sont occupées par les mains du Bateleur dont l'une est abaissée vers la Terre, l'autre élevée vers le ciel.
La position de ces mains figure les deux principes actif et passif du Grand Tout et répond aux deux colonnes Jakinei Bohas du temple de Salon.onetde la Franc-Maçonnerie.
L'Homme va d'une main chercher Dieu dans le ciel, de l'autre il plonge dans les inférieurs pour faire monter le démon jusqu'à lui et réunit, dans l'humain, le divin et le diabolique. Telle est la façon dont le Tarot nous montre le rôle d'universel médiateur accordé à l'Adam-Radmon. Si nous voulions résumer les sens du symbole (pie nous
avons déterminé jusqu'ici nous pourrions le représenter
Haut Divin Tête
Droite Gauche
Nécessité Liberté
Mal Bas Naturel Pieds Bien
Cependant le symbolisme de cette première lame du Tarot ne s'arrête pas là.
Le Bateleur tient en elt'et de la main qu'il lève la baguette du Mage et, devant lui, sonl placés les quatre grands symboles du Tarot.
La Coupe, l'Épée, les Deniers ou Talismans, qui correspondent exactement aux lettres des tétragrammes ainsi que nous l'avons déjà dit :
Bâton ou Iod, symbole du Principe actif par excellence et de
Coupe ou Hé, symbole de Principe passif par excellence ou de
Épée, Croix ou Vau, symbole de Principe équilibrant par excellence ou de l'Homme.
Deniers ou 2e Hé, symbole cyclique de l'Éternité qui unit les trois Principes premiers dans un même Tout.
Au point de vue humain ces symboles correspondent aux quatre grandes castes humaines.
Les hommes île Iod ou les Inventeurs, les Producteurs. La
Noblesse d'intelligence.
Les hommes de Hé ouïes dépositaires des grandes vérités trouvées par les hommes de Iod : les Savants, les Juges, la Noblesse de robe.
Les hommes de Vau ou les gardiens cl défenseurs des précé- dents : les Guerriers. — Noblesse d'épée.
Les hommes du 2e //<•, multitude où viennent se recruter a Ions moments les autres castes : le Peuple.
Les quatre grands symboles sont placés au hasard surin table et l'Homme les domine et doit les ordonner, au vingt et unième arcane nous verrons ces symboles ordonnés en croix.
Nous savons en effet que la première lame du Tarot se complète par la vingt et unième (21 -j- 1 zz22) et nous voyons pourquoi si celte première lame représente le Microcosme , la dernière représentera le Macrocosme, et la onzième lame qui sert de lien universel à toutes les complé- mentaires du Tarot représentera le Courant citai réfléchi qui sert de lien entre les mondes.
.Mais n'anticipons pas et revenons à notre premier
Ce symbole est le premier du Tarot1 tout entier et a comme nombre caractéristique : l'Unité.
L' Unité-principe, dont l'origine est impénétrable aux conceptions humaines, est placée au commencement de toutes choses. Nous ne pouvons saisir l'origine de cette cause première que nous nous contentons d'affirmer d'après la loi absolue des analogies ainsi que le montre si bien Eliphas Levi :
Je crois à l'inconnu que Dieu personnifie. Prouvé par l'être même et par l'immensité, Idéal surhumain de la philosophie, Parfaite Intelligence et Suprême Bonté.
Si nous ne pouvons pas suivre cet Inconnu dans sou principe, du moins nous est-il facile de le suivre dans ses conséquences, aussi notre étude ne sera-t-elle que le déve-
i. Il est curieux de conslater en examinant la position des mains des personnages dans le Tarot de Marseille, que cette position reproduit très souvent les lettres alphabétiques correspondantes d'après Barrois (système de dacLylologie ou langage primitif). Les arcanes 1, 2 et 5 sont particuliè- rement remarquables à ce sujet.
loppement de l' Unité-principe dans la création, racontée d'après la Cosmogonie de l'antique initiation.
Dieu, F Homme et F Univers sont donc les trois sens de notre première lame et nous allons dire quelques mots de l'application de ces données à toutes les autres lames du
Extension des trois grands principes dans le Tu rot .
Les trois sens de la première lame représentent respectivement :
Le Créateur ou Iod
Le Récepteur ou Ha
Le Transformateur ou Vau.
Enfin la transition au deuxième hé que nous ne considé- rons pas.
Mais la première lame du Tarot prise en bloc représente le Créateur ou iod, la deuxième lame prise en bloc repré- tera donc le Récepteur ou hé et la troisième le Transformateur ou vau. Chacune d'entre elles montrera de plus les quatre aspects en iod hé vau hé de l'idée qu'elle exprime.
Mais ce qui est vrai pour le ternaire est aussi vrai pour le septénaire, si bien que le premier septénaire pris en bloc représentera le Créateur.
Le deuxième septénaire représentera le Récepteur.
Le troisième le Transformateur.
Enfin le ternaire de transition représentera le retour des effets dans les causes et d^* conséquences dans le principe.
Résumons tout cela en disant :
1er septénaire représente Dieu
"2e septénaire — L'Homme
:{c septénaire L'Univers.
. De plus, chacun de ces éléments est contenu dans les deux autres à tous les points de leurs manifestations.
RÉSUMÉ GENERAL
Il nous reste à résumer toutes les acceptions de la première lame dans un tableau général. Comme chacune des lames du Tarot aura de même son résumé, nous pensons utile d'indiquer le plan suivi dans cette exposition.
Au haut du tableau se trouvent le nombre et la lettre hébraïque de la lame. Au-dessous le nom vulgaire de cette lame dans le Tarot.
A droite du tableau sont les significations dans les Trois Mondes : Divin, Humain et Naturel.
Au-dessous de ces trois significations se trouve pour chacune des lames sa clef absolue d'après le tableau des révolutions du mot iod hé vau hé. Les lettres hébraïques placées sur la ligne supérieure de cette clef indiquent l'origine de la lame considérée, les lettres hébraïques placées au-dessus indiquent le sens exact de la lame.
Clef delà Lame
Hiéroglyphe primitif L'Homme
Le créateur divin ou
Astronomie (pas de rapports!
OSIRIS
iod de iod
iod-iod
Le conservateur divin
L'HOMME
hé de iod
iod-iod
Le transformateur divin
L'UNIVERS ACTIF
LA NATURE NATURANTE
ran de iod
iod-iod
iod-
LA PAPESSE I i
2e lettre hébraïque (Beth)
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DEUXIÈME LAME DU TAROT
Le Beth exprime hiéroglyphique ment la bouche de l'homme comme organe de la parole. La parole est une production sortie de l'intérieur même de l'être. Aussi le Beth sigiiifïe-t-il tout ce qui est intérieur, central comme une habitation où l'on peut se retirer seul sans être dérangé. De là les idées de Sanctuaire, demeure inviolable de l'homme et de Dieu. Mais le Beth exprime aussi toute production émanée de cette mystérieuse retraite, toute action intérieure et active, de là les idées d'Enseignement, de Science très élevée, de Loi, de Gnose, de Science occulte ou Kabbale.
Le Beth répond au nombre 2 et astronomiquement à la lune. Ce nombre a donné naissance à toute les significations passives émanées du Binaire, d'où les idées de reflet, de Femme appliquées à la Lune par rapport au Soleil et à la Femme par rapport à l'Homme.
LA DEUXIÈME LAME DC TAROT
Dieu lui-même ou Dieu le Père va se refléter et donner naissance à Dieu l'homme ou Dion le fils, négatif par rapport à son créateur. L'homme esl le récepteur divin comme nous l'avons vu, aussi cette seconde lame du tarot exprimerat-elle toutes les idées de la première conçues négativement.
La première lame représentait un homme debout ; celle-ci représente le contraire : une femme assise.
(Première idée de passivité) par la femme et par sa position.
L'homme était doué de tous les attributs du Pouvoir et placé au milieu de la nature.
La femme est ornée des attributs de l'Autorité et de la
persuasion et placée sous le portique du temple d'Isis entre
deux colonnes.
Idée de demeure sacrée, de récepteur divin. Les deux colonnes expriment le Positif et le Négatif comme les bras du Bateleur.
La femme est couronnée d'une tiare surmontée du croissant lunaire et enveloppée d'un voile transparent dont les plis tombent sur sa face. Elle porte sur la poitrine la croix solaire et sur ses genoux un livre ouvert qu'elle couvre à demi de son manteau .
Telle est l'image d'Isis, de la Nature dont il ne faut pas soulever le voile devant les profanes. Les enseignements d'Isis sont cachés comme l'indique le livre; c'est elle qui enseigne au mage les secrets de la véritable kabbale et de la science occulte. Ce symbole profond mérite toute notre admiration.
La première lame exprimait Osiris dans les trois mondes, cette seconde nous donnera la signification d'Isis compagne d'Osiris :
En Dieu, «''est le reflel d'Osiris le reflel de Dieu le Père Isis ou Dieu le Fils.
En l'Homme c'est le reflet d'Adam de l'homme absolu Eve, la femme, la vie (ni PI).
Dans F Univers c'est le reflet de la Nature naturante c'est la nature nalurée.
Hiéroglyphe : l'Homme
Kabbale Chocmah
Astronomie La Lune )
Jour delà semaine Lundi Lettre hébraïque Beth (Double)
Reflet de Dieu le Père ou Osiris
le fils
ISIS
iod de hé
Reflet d'Adam
la femme
hé de lié
Reflet de la Nature naturante LA NATURE NATURÉE
vau dehé
3e lettre hébraïque (Ghimel).
ORIGINE D(< SYMBOLISME DE LA TROISIEME LAME DU TAROT
Le ghimel exprime hiéroglyphiquement la gorge, la main de l'homme à demi fermée et dans Faction de prendre. De là tout ce qui renferme, tout ce qui est creux, un canal, une enceinte. La gorge est l'endroit où se forme, où se corporifie, j'oserai dire, la parole conçue dans le cerveau ; aussi le ghimel esl-il le symbole de l'enveloppement maté- riel des formes spirituelles, de la génération organique sous toutes ses formes, de Imites les idées dérivaul des organes corporels ou de leur action.
La génération est le mystère par lequel l'espril s'unit à la matière, par lequel le Divin devient Humain.
Aussi comprend-on facilement avec ces données ce que représentait Vénus-Uranie à laquelle correspond cette lame.
LA TROISIÈME LAME DU TAROT
L'Impératrice.
Le symbole doit exprimer les idées de génération, de corporification dans tous les mondes.
Une femme vue de face.
C'est dans les flancs de la femme que l'être humain revêt son corps, se corporifie.
Cette femme est représentée ailée ou bien au centre dïin soleil rayonnant.
Idée de la spiritualité du Principe animateur des êtres.
Elle tient un aigle de la main droite.
L'aigle est le symbole de l'àme et de la vie (Saint-Esprit j.
Dans la main gauche elle porte un sceptre formant le signe astrologique de Vénus.
Le sceptre est tenu de la main gauche pour indiquer l'influence passive qu'exerce la Nature, Vénus-Uranie, ou la femme dans la génération des êtres.
Elle est couronnée d'une couronne à douze pointes ou hien de douze étoiles.
Signe de la diffusion du Principe animateur ;ï travers tous les mondes et du soleil à travers le Zodiaque.
La troisième lame de Tarot montre le résultat dé l'action réciproque des deux premiers termes se neutralisant dans un même principe. C'est là l'élément Neutre de Wronski, hase de tout système de réalité.
La force créatrice absolue ou Osiris et la force conservatrice absolue ou Isis se neutralisent dans la force équilibrante qui résume en elle les propriétés si différentes des deux premières formes.
En Dieu ce sera l'équilibre du Père et du Fils uu :
Dieu le Saint-Espril Horus La force animatrice universelle.
En l'Homme ce sera l'équilibre d'Adam-Eve :
OU l'HUMANITÉ.
En l'Univers ce sera l'équilibre de la Nature naturante et de la Nature naturée :
Conçu comme un être.
L'Impératrice
La main
Jour
BlNAH
Vénus -j- Vendredi
Lett. hébraïque Ghimel (double;
ORSERVATIONS
Dieu le Saint-Esprit Horus
LA FORGE ANIMATRICE UNIVERSELLE
iod de vau
L'HUMANITÉ
hé de vau
vau de vau
hé* de vau
Le principe créateur et le principe récepteur, ayant par leur action réciproque donné naissance au principe transformateur, une entité complète se trouve créée.
Le terme qui va maintenant prendre naissance correspondra au deuxième hé du mut sacré et par suite indiquera le passage d'une série à une autre.
4e lettre hébraïque Daleth
ORIGINE DU SYMROLISME DE LA QUATRIÈME LAME DU TAROT
Le daleth exprime hiéroglyphiquement le sein. De là idée d'un objet donnant a\ec abondance nue forte nourri-
ture, source d'un accroissement futur. L'enfant est le lien vivant qui réunit clans sa neutralité l'antagonisme des sexes, aussi le Daleth marque-t-il l'abondance née de la division.
C'est comme le 1, un signe de création active; mais cette création est le résultat d'actions antérieures facilement déterminables, tandis que l'origine de l'Unité est inabordable aux conceptions humaines. Le Daleth exprime une création, faite d'après les lois divines par un être créé1.
Le Daleth, sera .l'image du principe animateur actif de l'univers, Jupiter, reflet de la cause première.
LA QUATRIÈME LAME DU TAKOT
Le symbole doit exprimer en actif tout ce que la carte précédente exprimait en passif. Un homme est assis de profil.
L'homme indique l'actif; sa position indique cependant que cet actif est engendré par un terme supérieur. L'arcane 1 le Bateleur, actif absolu, était représenté debout et de face, l'arcane 4, actif relatif, est représenté assis et de profil.
Cet homme tient de la main droite le sceptre symbolique de la génération ou de Vénus £.
Le sceptre est tenu de lamain droite pour indiquer l'influence • active qu'exerce le principe animateur dans la nature par opposition au principe formateur (arc. 3).
L'homme est barbu et coiffé d'un casque à douze pointes six de chaque côté). Il est assis sur une pierre cubique, qui porte la figure d'un aigle.
I. Voy. le deuxième hé el l'étude sur le nombre 4.
Le casque indique la domination de la Volonté divine dans l'Univers et son action universelle dans la création de la Vie (aigle).
La situation sur la pierre cubique indique la réalisation dans tous les mondes.
•1° Réalisation du Verbe divin par la création. 2° Réalisation des idées de l'Être contingent par le quadruple travail de l'Esprit :
Affirmation, — Négation, Discussion, Solution. :}° Réalisation des actes conçus par la Volonté.
L'homme a les jambes en croix, son corps forme un triangle 4-
Domination de l'Esprit sur la Matière.
Considérée plus attentivement, la figure reproduit le symbole de Jupiter 2-l. que représente la quatrième lame du
La quatrième lame du Tarot correspond au second hé et prend par suite deux ordres d'aspects bien distincts :
Elle exprime d'abord un terme de transition réunissant la première série (force active, force passive, lien des deux forces) à la série suivante ; le passage d'un monde à l'autre.
Ensuite elle représente ce terme de transition devenu luimême premier terme de la série suivante. Comme la série suivante prise en bloc est négative par rapport à la première, le quatrième symbole représente l'influence active
Le 4 exprime donc partout les reflets de la première lame. 11 se conduit vis-à-vis de la première série comme la deuxième lame se conduisait vis-à-vis de la première.
De là ses sens :
En Divin. Reflet de Dieu le Père : La Volonté.
En Humain. Reflet d'Adam : Le Pouvoir.
En Naturel Reflet de la Nature naturante Le Fluide universel créateur. L'a me de l'Univers.
Hiéroglyphe ( Le gein
Reflet de Dieu le père LA VOLONTÉ
Astronomie Jupiter
Lett. hébraïque Daleth (double)
Reflet d'Adam LE POUVOIR
Reflet de la Nature naturante
Le fluide universel créateur L'AME DE L'UNIVERS
5e lettre hébraïque (hé)
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA CINQUIÈME LAME DU TAROT
Le hé exprime hiéroglyphiquement l'aspiration, l'haleine. C'est par l'aspiration que s'entretient et que se crée incessamment la vie. De là l'idée de tout ce qui anime attribué an hé.
.Mais la vie spécialise l'être en le différenciant de tous les autres ; de là l'idée de l'être lui-même attribuée à cette lettre.
Là ne s'arrête pas cependant l'action delà vie. Elle est aussi le principe médian, qui rattache le corps matériel à 'esprit divin de même que l'homme unissait Dieu et J;i Naturej la vie esl pour l'homme (aleph) ce que l'homme esl pour l'univers, le principe médiateur par excellence. De
là toutes les idées de lien, de réunion des principes opposés, de religion, attribuées au hé.
Cette lettre est une lettre simple ; elle correspond astronomiquement au signe igné du Bélier, qu'elle explique.
LA CINQUIEME LAME DU TAROT
Ce symbole doit exprimer les idées suivantes:
1° Idée de Vie, d'animation 2° Idée de l'Être 3° Idée de réunion.
L'Initiateur aux mystères d'Isis est assis; entre les deux colonnes du sanctuaire. Il s'appuie sur une croix à trois traverses et trace avec sa main droite le signe de l'Esotérisme.
La Croix à trois traverses figure le triple Lingham de la théogonie indienne, c'est-à-dire la pénétration de la puissance créatrice à travers le Monde Divin, le Monde Intellectuel et le Monde Physique pour y faire éclore toutes les manifestations de la vie universelle (première idée).
Les deux colonnes symbolisent, celle de droite : la Loi, celle de gauche : la Liberté d'obéir et de désobéir, essence de l'Etre (deuxième idée;.
L'Initiateur est coiffé d'une tiare. A ses pieds sont prosternés deux hommes couronnés, l'un vêtu de rouge, l'autre vêtu de noir.
Ici nous retrouvons en actif 'le symbolisme exprimé en passif par la deuxième lame. En effet la même idée d'Ksotérisme, d'Enseignement secret reparait; mais l'Intuition est maintenant pratique et orale, il n'y ;i plus besoin de livre (troisième idée).
Comme on le voit, cette lame est le complément de la
deuxième : il en est ainsi de toutes les lames dont la somme des chiffres donne 7. Ainsi:
L'Impératrice est complétée par
est complétée par
est complété par
La cinquième lame de Tarot correspond à la lettre hé du mot sacré. C'est le reflet direct de Farcane 4 et le reflet indirect de Farcane 2. De là ses significations :
/:'// Divin. Reflet de la volonté :
L'Intelligence
(caractéristique de Dieu le lils).
En Humain. Reflet du Pouvoir :
1 /Autorité (caractéristique de la Femme). La Religion. La Foi.
En Naturel. Reflet de l'Ame du Monde ou du fluide Universel
La Vie Universelle (caractéristique de la Nature naturée).
Hiéroglyphe primitif L'haleine Kabhale Peciiad
Astronomie Le Bélier
Mois Mars
Lett. hébraïque Hé (simple)
Reflet de la Volonté,
L'INTELLIGKNGE
Reflet du Pouvoir,
L'AUTORITÉ
LA RELIGION— LA FOI
Reflet de l'âme du monde.
LA VIE UNIVERSELLE
La Vie universelle est la partie négative du fluide animateur universel. Leur action réciproque va donner naissance à Y attraction universelle on Amour universel que représente l'arcane 6.
6e lettre hébraïque (le Vau).
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA SIXIÈME LAME DU TAROT
Le Vau représente hiéroglyphiquement l'œil, tout ce qui se rapporte à la lumière et à l'éclat. L'œil établit le lien entre le monde extérieur et nous ; c'est par lui que la lumière et les formes se révèlent à notre conscience. L'idée dominante exprimée par cette lettre sera donc celle d'un rapport, d'un lien entre des antagonistes. Nous avons déjà beaucoup insisté précédemment sur le Va//, mais nous croyons utile de donner in extenso l'étude de Fabre d'O- livet sur cette lettre :
« Ce caractère offre l'image du mystère le plus profond et le plus inconcevable, l'image du nœud qui réunit, ou du
point qui sépare le néant et l'être. C'est le signe convertible universel, le signe qui fait passer d'une nature à l'autre; communiquant d'un côté avec le signe de la lumière et du sens spirituel 1 (Yau pointé), qui n'est que lui-même plus élevé, et se liant de l'autre côté, dans sa dégénérescence, avec le signe des ténèbres et de sens matériel Ain p), qui n'est encore que lui-même plus abaissé. »
Le Yau est la deuxième lettre simple représentant astronomiquement le deuxième signe zodiacal : le Taureau.
Ce symbole doit représenter les idées de réunion, d'antagonisme dans toutes leurs conséquences.
Un jeune homme imberbe (notre Bateleur de l'arcane 1) sans coiffure, est debout, immobile à l'angle où s'unissent deux routes. Ses bras se croisent sur sa poitrine en forme de croix diagonale.
Répétition sous une autre forme de l'arcane 1. L'homme n'est pas un initié ici. Il ne sait pas diriger les courants magnétiques de la lumière astrale; aussi est-il plongé dans V antagonisme des idées différentes qu'il ne peut maîtriser.
Deux femmes, l'une à sa droite, l'autre à sa gauche, lui posent une main sur l'épaule et de l'autre lui montrent une des deux routes. La femme, placée à droite, a le front ceint d'un cercle d'or, celle placée à gauche est échevelée et couronnée de pampres.
Les deux bras du bateleur exprimant le positif et le négatif, les deux colonnes du temple d'Isis exprimant la nécessité et la liberté, sont ici personnifiés par les deux femmes représentant respectivement le Vice et la Vertu.
Suivant la route que le jeune homme va choisir il deviendra le Mage initié de l'arcane 1 (le 1 spirituel) ou l'Imprudent foudroyé de l'arcane 16 (le *J).
Au-dessus de ce groupe le génie de la Justice planant dans une auréole fulgurante, tend son arc et dirige vers la personnification du Vice la flèche du Châtiment.
Symbolisme profond indiquant que si l'homme choisit la route de la Vertu, il ne sera pas abandonné à ses seules forces et que la Providence saura s'allier à sa volonté pour terrasser le Mal.
En somme l'ensemble de cet hiéroglyphe exprime la lutte entre les passions et la conscience, l'antagonisme des idées.
Mais cet antagonisme est aussi le producteur naturel le plus puissant qui soit au monde quand il se résout dans l'Amour qui attire et unit à jamais les opposés.
Cette sixième lame du Tarot doit être considérée sous deux aspects qui conduisent à la même signification.
1° Comme 3 du 4, c'est-à-dire comme représentant l'arcane 4 ou reflet de 1 considéré dans ses rapports d'union.
2° Comme équilibrant 4 et 5 ainsi que le montre le triangle formé par le deuxième ternaire.
Chaque carte équilibre les doux nulles.
Dr là ses sens.
En Divin. Équilibre de la Volonté et de L'Intelligence :
La Beauté (caractéristique du Saint-Esprit).
En Humain. Équilibre du Pouvoir et de l'Autorité :
(caractéristique de l'Humanité).
La charité.
En Naturel. Équilibre de l'Ame universelle et de la Vie universelle :
L'Attraction Universelle
L'Amour universel.
V Amoureux.
Hiéroglyphe j i;œiI_L<oreille
TlPHERETIl
Le Taureau
Avril
Lelt. hébraïque Van (simple)
Equilibre de la volonté et de l'intelligence
LA BEAUTE
Equilibre du pouvoir et de l'autorité
LA CHAR lit:
Équilibre de l'âme universelle
et de la vie universelle
L'ATTRACTION UNIVERSELLE
L'AMOUR UNIVERSEL
Ier SEPTENAIRE
Constitution de DIEU
S -a
D
j rr
Au -président de la Société Thêosophique Kermès,
M. Arthur Arnould.
CHAPITRE XI
2e SEPTENAIRE. - ARCANES 7 A 13.
ANDROf.ONTE
Clef du deuxième septénaire. - Le Zaln et le Chariot. - *^J* * J;«J£- _ Le Teth et l'Ermite. - Le iod et la Roue de Fortune. - Le caph et la borce. — Le Lamed et le Pendu.
Résumé du deuxième septénaire. - Constitution de 1 Homme.
CLEF DU DEUXIÈME SEPTENAIRE
DISPOSITION DES FIGURES POUR L ÉTUDE
Char
Roi e de Fortune
CARACTERE DES FIGURES
Influence du 1er septénaire
dans le 2e Reflet de 7
passage d'un monde
à l'autre.
Le premier septénaire nous a montré le Monde des principes ou de la Création sous tous ses aspects ; nous allons maintenant étudier le Monde des lois ou delà Conservation.
f | LE CHARIOT
7e lettre hébraïque le Zain .
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA SEPTIÈME LAME DU TAROT
Le Zaïn exprime biéroglyphiquemenl une flèche. De là toute idér d'arme, d'instrumeni que l'homme emploie pour dominer et vaincre et pour réaliser son but.
Le Zaïn exprime la victoire dans tous les mondes. Il répond astronomiquement comme lettre simple au signe zodiacal des Gémeaux.
SEPTIÈME LAME DU TAROT
Le symbolisme de cette lame répond en tous points aux idées qu'elle doit exprimer.
Sur un char de forme cubique, surmonté d'un dais d'azur étoile que supportent quatre colonnes, s'avance un triomphateur couronné d'un cercle sur lequel s'élèvent et ravonnent trois Pentagrammes d'or.
Ce symbole reproduit dans un autre ordre d'idées l'arcane 1 et l'arcane 21. Les quatre colonnes représentent les quatre animaux de l'arcane 21 et les quatre symboles de l'arcane 1 . symboles du quaternaire dans toutes ses acceptions.
Le triomphateur qui occupe le centre des quatre éléments, c'est l'homme qui a vaincu et qui dirige les forces élémentaires; cette victoire est encore affirmée par la forme cubique du char, et les Pentagrammes qui couronnent l'initié.
Le triomphateur a sur sa cuirasse trois équerres superposées. Il a sur les épaules l'urim et le tlmmim de la souveraine sacritïcature, figurés par les deux croissants de la lune à droite et à gauche, il tient à la main un sceptre surmonté d'un globe, d'un carré et d'un triangle. Sur la face carrée qui l'orme le devant du char, on voit le lingham indien surmonté delà sphère volante des Égyptiens.
Deux sphinx, l'un blanc, l'autre noir, sont attelés au
char.
Telle est la représentation du septénaire sacré dans toutes ses manifestations. Le mot iodhé vau hé est figuré sur le devant du char par le globe ailé pour indiquer que le septénaire donne la clef du tarot tout entier. Les deux sphinx correspondent aux deux principes actif et passif. Le triomphateur correspond surtout a VEpée et au Vau du nom sacré.
La 7e lame du tarot montre l'influence de la création dans la conservation, du Divin dans l'Humain. Elle repré- sente le iod ou le Dieu du 2e septénaire.
le dieu du 2" septénaire.
L'homme faisant fonction du Dieu créateur.
La Loi du 2e septénaire.
La Réalisation.
(reflet du Pouvoir )
L'Homme du 2° septénaire.
La Nature faisant fonction d'Adam.
La Lumière astrale.
Le Char.
Hiéroglyphe j F]èche
Astronomie Les Gémeaux
L'homme faisant fonction de Dieu créateur
Le Réalisateur
Lett. hébraïque Le Zaïn (simple)
LA RÉALISATION
La Nature faisant fonction d'Adam
LA LUMIÈRE ASTRALE
Le passage d'un monde h l'autre est à peine opéré que nous voyons agir la même loi que dans le premier septé- naire. Le second terme de eette série sera le reflet du premier comme le second terme de la première série reflétait également le premier. Cependant ce deuxième septénaire étant le médian, nous trouverons, au fond de tous ses arcanes constituants, l'idée de médiation ou d'équilibre. C'est ce que nous montre la huitième lame.
8e lettre hébraïque (Heth).
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA HUITIÈME LAME DU TAROT
Le heth exprime hiéroglypliiquement un champ. De là l'idée de tout ce qui exige un travail, une peine, un effort.
L'effort continu a pour résultat d'établir un équilibre entre la destruction des ouvrages de l'homme par la nature livrée à elle-même, et la conservation de ces ouvrages. De là l'idée du pouvoir équilibrant et par suite de Justice donnée à cette lettre \
Le heth répond astronomiquement au signe zodiacal du Cancer .
LA HUITIÈME LAME DU TAROT
Les idées que doit exprimer ce symbole sont celles de r Equilibre sous toutes ses formes.
Une femme vue de face est assise sur un trône, le front ceint d'une couronne de fer. Elle est placée entre les deux colonnes du temple. La croix solaire est tracée sur sa poitrine.
Nous retrouvons là la suite du symbolisme des arcanes 2 et o. La femme assise occupe Je milieu des colonnes, première idée de l'équilibre entre le Bien et le Mal.
Elle tient de la main droite un glaive, la pointe élevée, de la gauche une balance.
La Science occulte (2) d'abord théorique est devenue pratique (5) et a été enseignée oralement. Maintenant elle apparaît dans toute la rigueur de ses conséquences, terrible pour le faux Mage (Glaive); mais juste pour l'initié véritable (Balance). Cet arcane tient le milieu comme signification entre les arcanes S
i. Ce earaclère intermédiaire cuire H (hé) et 3 (caph) qui désignent l'un la vie, l'existence absolue, L'autre la vie relative, l'existence assimilée, est le signe de l'existence élémentaire; il offre l'image d'une sorte d'équilibre el s'attache aux idées d'effort, de travail et d'action normale et législative (Fabre d'Olivet).
Cette lame est complémentaire de la onzième comme la cinquième l'était de la deuxième. Dans le premier septé- naire toutes les lames formant le nombre 7 par addition s'expliquaient réciproquement, dans le second septénaire, ce sont toutes les lames formant le nombre 19 qui agissent
est complété par
est complétée par
La Forci'
est complété par
Le roue de Fortune
La huitième lame du Tarot représente la conception en conservateur de la deuxième lame. Elle synthétise en elle le sens de la deuxième et de la cinquième lame du Tarot et représente le rellet de la septième. Elle signifie :
1° En Divin. Dieu le (ils du deuxième septénaire. La femme faisant fonction de Dieu le fils.
Reflet du Père. Conservateur de Dieu le tils dans l'Humanité j
±" Lui passive du deuxième septénaire
L.\ Justice. Reflet de Ja Réalisation et de L'Autorité.
3° La femme du deuxième septénaire. La Nature faisant fonction d'Eve.
L'Existence élémentaire.
Reflel de la Lumière astrale. Conservation de la .Nature naturée dans le Monde.
Hiéroglyphe l
Un champ
La femme faisant fonction de
NlZAH
Le cancer Juin
Lett. hébraïque
L'Heth (simple)
LÀ JUSTICE
La Mature faisant fonction d'Eve
L'EXISTENCE ÉLÉMENTAIRE
L'existence élémentaire est le moyen par lequel le tluicle animateur astral ou lumière astrale (7) se manifeste à travers l'éther <>u matière astrale ((J). C'est ce que va nous montrer l'arcane suivant.
9e lettre hébraïque (Teth).
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA NEUVIÈME LAME DU TAROT
. Le Teth représente hiéroglyphiquement une toiture. De là l'idée d'un lieu de sûreté, d'une protection. Toutes les idées rendues par cette lettre dérivent de l'alliance de la sûreté et de la protection données par la sagesse.
Le Teth correspond astronomiquement au signe zodiacal du Lion,
NEUVIÈME LAME DU TAROT
U H ermite. Les idées à rendre sont les suivantes :
1° Protection
2° Sagesse, circonspection.
Un vieillard marche appuyé sur nu bâton. 11 porte devant lui une lampe allumée cachée à demi sous un grand manteau dans lequel il est enveloppé.
Ce symbole tient le milieu entre le sixième et le douzième.
La Protection est indiquée par le manteau dont s'enveloppe le vieillard.
La Sagesse par la lampe à demi cachée.
Le Bâton indique que le Sage est toujours armé pour lutter contre l'Injustice ou l'Erreur.
Si l'on compare cette lame aux deux autres, la sixième et la douzième, on verra que le jeune homme imberbe de tout à l'heure (6G lame) a pris la bonne voie. L'expérience conquise dans le travail de la vie a fait 'de lui un vieillard prudent, et la prudence unie à la sagesse le conduisant sûrement au but élevé qu'il veut atteindre (12° lame). La llèche du génie du sixième arcane est devenue son bâton, et l'auréole fulgurante dans laquelle planait ce génie est maintenant enfermée dans la lampe qui guide l'initié. Tel est le résultat de ses longs efforts.
La neuvième lame du Tarot représente la troisième conçue comme conservatrice et réceptrice. Elle équilibre de plus la septième et la huitième.
1° L'Humanité faisant fonction de Dieu le Saint-Esprit. La force créatrice humaine.
L'Amouk m main.
Puissance conservatrice de l'Humanité. Équilibre du Père et
de la Mère.
2" Équilibre de la Réalisation et de la Justice.
La Prudence. Se laire."
3° La Nature faisant fonction d'humanité. Équilibre de la Lumière astrale et de l'Existence élémentaire.
La Force conservatrice naturelle. Le fluide astral.
primitit )
Kabbale Iesod
Le Lion
Juillet
Lett. hébraïque Teth (simple)
L'Humanité faisant fonction de Dieu le St-Esprit
L'AMOUR HUMAIN
LA PRUDENCE
Se taire
La force . conservatrice naturelle
LE FLUIDE ASTRAL
Ainsi le fluide astral représente la conservation universelle des forces en action dans la nature. Là se termine le premier ternaire du septénaire de la Conservation. Nous allons maintenant voir les reflets de tous ces termes dans le ternaire suivant.
10e lettre hébraïque Iod).
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DIXIÈME LAME DU TAROT
Le iod représente hiéroglyphiquement le doigt de l'homme, l'index étendu en signe de commandement. De là cette lettre est devenue l'image delà manifestation potentielle, de la durée spirituelle, enfin de l'éternité des temps el de toutes les idées qui s'y rapportent1.
L'iodest une lettre simple correspondant astronomiqueineiit au signe zodiacal de la Vierge.
1. Voir l'étude sur le mol iod hé vau hé.
DIXIÈME LAME DU TAROT
La Roue de Fortune.
Deux idées principales doivent être exprimées par ce symbole :
1° L'idée de Commandement, de Suprématie.
2° L'idée de la Durée, de l'action éternelle du Temps.
La roue de fortune suspendue sur son axe. A droite Hermanubis, génie du bien ascendant, à gauche Typhon, génie du mal descendant, au-dessus et au milieu le Sphinx en équilibre tenant une épée entre ses griffes de lion.
La première idée est exprimée par le ternaire, Hermanubis ou positif, Typhon ou négatif, le Sphinx équilibré dominateur.
La deuxième idée est exprimée par la roue, ligne sans commencement ni fin, symbole de l'éternité.
L'arcane 10 tient le milieu entre les arcanes 7 et 13,
Il exprime l'équilibre incessant qui tempère les réalisations créatrices du septénaire, par les destructions nécesrespondent exactement à la trinité indoue ou Trimurtù
Siva Destructeur Arcane L'5
Vichnou Conservateur Arcane 10.
C'est la représentation du cours des choses d'après la loi ternaire qui dirige toutes les manifestations divines.
La dixième lame du Tarot commence la portion négative du deuxième septénaire. Elle va donc exprimer la conception du septénaire considéré dans ses reflets.
Elle représentera donc :
1 . Reflet de la volonté (Voy, arc. 4).
La Nécessité. Le Karma des Indous.
2. Reflet du pouvoir et de la réalisation.
La Puissance magique.
La fortune.
(Vouloir)
.'{. Reflet de l'âme universelle.
La Force en puissance de manifestation.
La Roue de la Fortune.
pnmitil f
Malcduï
La Vierge
Août
Lett. hébraïque Iod simpb
LA NECESSITE La Karma des Indous
LA PUISSANCE MAGIQUE La Fortune
Vouloir
Reflet de l'âme universelle
LA FORCE EN PUISSANCE DE MANIFESTATION
La force créatrice absolue s'est successivement différenciée dans le Fluide animateur universel (4), la Lumière astrale (7) maintenant elle est représentée par la force en puissance de manifestation. Nous allons voir cette force se manifester dans l'arcane suivant.
11e lettre hébraïque (le Caphj
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA ONZIEME LAME DU TAROT
Le caph exprime hiéroglyphiquemenl la main de l'homme à demi fermée et dans l'action de prendre ; comme le ghi-
mel.Maisle caph est un renforcement du ghimel ce qui fait qu'on peut dire qu'il désigne la main de l'homme dans l'action de sevrer fortement. De là toutes les idées de force appliquées à cette lettre.
Le nombre 11, premier après la décade, donne une autre valeur au caph qui désigne une vie réfléchie et passagère, une sorte de moule qui reçoit et rend toutes les formes.
11 dérive du caractère heth T\ (8) qui dérive lui-même du signe de la vie absolue hé H (5). Ainsi, tenant d'un côté à la vie élémentaire (Yoy. l'arcane 8) il joint à la signification du caractère heth n celle du signe organique 2 (ghimel) (arc. 3) dont il n'est au reste qu'une espèce de renforcement.
Le caph, lettre double, répond astronomiquement à Mars et au Mardi.
ONZIÈME LAME DU TAROT
Les idées que doit exprimer cet arcanè sont au nombre
de deux :
1° L'idée de force. 2° L'idée de vitalité.
Une jeune fdle fermant avec ses mains, sans effort, la
gueule d'un lion.
(Première idée).
Cette jeune fdle est coiffée du signe vital oo .
(Deuxième idée).
L'arcane 1 I tient le milieu entre les arcanes 8 et 14. On retrouve eu lui le symbolisme de l'arcane 8 transformé sur le plan physique. C'est en effet l'image de la puissance que donne la science sacrée (arc. 2) appliquée avec justice. (8).
La onzième lame du Tarot nous montre toutes les signi-
iications négatives ou réfléchies de la cinquième, c'est-à- dire:
1. Reflet de l'intelligence (5).
La Liberté.
2. Reflet de l'autorité, de la foi.
Le Courage.
(Oser)
3. Reflet de la vie universelle. — Manifestation de la force de l'arcane précédent.
La Vie réfléchie et passagère
Hiéroglyphe j
La main dans l'action de serrer
Reflet de l'intelligence
LÀ LIBERTÉ
Jour
Mardi
Capb (double)
Lctt. hébraïque
Reflet de l'Autorité, de la Foi
LE COURAGE
(Oser)
Reflet de la Vie universelle
La Vie réfléchie et passagère
La force qui était tout à l'heure en puissance de manifestation s'est manifestée dans l'arcane 11 ; elle va s'équilibrer dans l'arcane suivant.
XH 1
12e lettre hébraïque Lamedj
ORIGINE Dl" SYMBOLISME DE LA DOUZIEME LAME DU TAROT
Le Lamed désigne hiéroglyphiquemenl le bras. De là l'idée de toute chose qui s'étend, s'élève, se déploie comme le bras; aussi cette lettre esl-clle devenue le signe du mouvement expansif. Le signe s'applique à toutes les idées d'extension, d'occupation, de possession. Comme signe
final il est l'image de la puissance qui dérive de l'élévation.
L'expansion divine dans l'humanité se fait par les prophètes et la révélation. De là l'idée de loi révéler. Mais la loi révélée entraîne le châtiment pour celui qui la viole ou l'élévation pour celui qui la comprend, de là les idées de châtiment, de mort violente, volontaire ou non.
Le Lamed, lettre simple, correspond astronomique ment au signe zodiacal de la Balance.
DOUZIÈME LAME DU TAROT
Un homme pendu par un pied à une potence qui repose sur deux arbres ayant chacun six branches coupées.
Les mains de cet homme sont liées derrière le dos, et le pli de ses bras forme la base d'un triangle renversé dont sa tête est le sommet. Les yeux du pendu sont ouverts, sa chevelure blonde flotte au vent. Sa jambe droite se croise sur sa jambe gauche pour former une croix.
Ce jeune homme est toujours notre Bateleur dont nous avons suivi les transformations à travers learcanes 1, (5 et 7.
Semblable au soleil placé au milieu des signes du Zodiaque six de chaque coté, les six branches coupées) notre jeune audacieux est encore suspendu entre deux décisions d'où naîtra non plus son avenir physique comme dans l'arcane 6; mais bien son avenir spirituel.
L'arcane 12 occupe en effet le milieu entre les arcanes 9 (la Sagesse) et 15 (la Fatalité). Ces arcanes représentent les deux femmes de l'arcane 6 considérées au plan spirituel.
Ce Pendu sert d'exemple aux audacieux et sa position indique la discipline, la soumission absolue que doit avoir l'humain devant le divin.
Considéré alchimiquement le Pendu montre le signe de la personnalité.
Au grade hermétique de la Rose-Croix (18e degré Franc- Maçonnique de l'Ecossisme) un des signes de reconnaissance consiste à placer ses jambes en croix, comme celle du Pendu hermétique. Inutile dédire que les Francs-Maçons ignorent absolument l'origine et le sens de ce signe.
La douzième lame de Tarot représente la Puissance équilibrante par excellence. Elle neutralise en elle les oppositions de la dixième et de la onzième lame.
1. Equilibre de la Nécessité et de la Liberté :
La Charité. — La Grâce. (Puissance conservatrice de l'Amour).
2. Équilibre de la Puissance et du Courage. ReuVl i ! s
L'Expérience acquise.
i Savoir.
2. Équilibre de la Manifestation potentielle (10), et de la Vio réfléchie (14). Reflet de fluide astral :
La Force équilibrante.
Hiéroglyphe
Le Bras
^e déployant
La Balance
Mois Septembre
Lett. hébraïque Lamed (simple)
LA CHARITE
La Grâce
L'EXPÉRIENCE ACQUISE
(Savoir)
LA FORCE EQUILIBRANTE
La force tempérante est le dernier terme du second septénaire. C'est par elle que l'Astral va se réaliser pour passer dans le physique, pour passer du monde de la conservation et de la réception (2e septénaire) dans le monde de la transformation (3° septénaire).
Constitution de l'Homme
O
X
O
O
A l'auteur de l'histoire du Diable M. Jules Baissac.
CHAPITRE XII
SEPTENAIRE — ARCANES 13 A 19
Clef du troisième septénaire. — Le Mein el la Mort. — Le Noua et la Tempé- rance. — Le Samedi et le Diable. — Le Gnaïn et la.Maisou-Dieu. — Le Tsadé et la Lune.
Résumé du troisième septénaire. — Constitution de l'Univers.
CLEF DU TROISIEME SEPTKNAIRE
DISPOSITION DES F1GUKES POUR L ETUDE
Morl Maison-Dieu
Tempérance Etoile
CARACTÈRE DES FIGURES
Influence du 2e septénaire
dans le 3e Reflet de 13
retour
au monde
des principes
Le premier septénaire nous a montré le Monde des principes ou de la Création.
Le second nous a développé le Monde des lois ou de la Conservation.
Le troisième va nous montrer le Monde des faits ou de la Transformation. Nous allons voir comment la circulation s'établit entre les forces des deux premiers septénaires.
13e lettre hébraïque (le Mem
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA TREIZIÈME LAME DU TAROT
Le mem désigne hiéroglyphiquement la femme, compagne de l'homme. De là l'idée de tout ce qui est fécond et formateur. C'est le signe maternel et femelle par excellence, le signe local et plastique, image de l'action extérieure et passive. Employé à la fin des mots ce caractère devient le signe collectif D (mem final). En cet étal il développe l'être dans l'espace indéfini.
La création nécessitant une destruction égale et de sens contraire le mem a désigné toutes les régénérations nées de destructions antérieures, toutes les transtormations et par
suite la mort conçue comme passage d'un monde à 1 autre. Le mem est une des trois Mères.
TREIZIÈME LAME DL' TAROT
La Mort ou le Squelette faucheur.
Les idées que doit exprimer cet arcane sont celles de la destruction précédant ou suivant la régénération.
Un squelette fauche des tètes dans un champ d'où sortent de tous côtés des mains et des pieds d'hommes à mesure que la faux poursuit son œuvre.
Les œuvres de la tête (conception) deviennent immortelles dès qu'elles sont réalisées ''mains et pieds).
L'arcane 13 s'explique par les arcanes 10 (la Fortune) et 16 (la Destruction) dont il occupe le milieu.
13 est donc le milieu entre le iod (Principe de la création) et le haïn (16) Principe de la destruction.
L'arcane 13 se complète par l'arcane 18 qui est son complémentaire comme le cinquième l'était du deuxième et le douzième du septième. (Voy. l'arc. 8 et l'arc. 5).
La morl est complétée par La Lune
La Tempérance est complétée par Les Lloiles
IS L6
Le Diable est complété par La Destruction
[C»o
La treizième lame <1u Tarol est placée entre le monde invisible et le monde visible. C'est le lien universel de la nature, le moyen par lequel toutes 1rs influences agissent d'un monde à l'autre. Elle signifie :
1 . Dieu le transforma leur :
Le Principe transformateur universel. Destructeur et créateur.
2. Le négatif de la réalisation :
3. La lumière astrale faisant fonction du Créateur :
La Force plastique universelle. équilibrant la mort et la force transformatrice).
Hiéroglyphe j La Femme
primitit i
Lett. hébraïque Mem (une des
LE PRINCIPE
UNIVERSEL
Destructeur et Créateur
LA FORGE PLASTIQUE UNIVERSELLE
LA TEMPERANCE
14e lettre hébraïque (le Noun
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA QUATORZIEME LAME DU TAROT
Le noun exprime hiéroglyphiquejment la production de la femme; un fils, un fruit quelconque, tout être produit. Aussi cette lettre est-elle devenue l'image de l'être produit où réfléchi, le signe de l'existence individuelle et corporelle.
Comme caractère final il esi le signe augmentatif] (noun final) el domïeau mol qui le reçoit toute l'extension individuelle «lotit l;i chose exprimée esl susceptible.
Le noun répond astronomiquemenl au signe zodiacal du Scorpion.
En somme le noun exprime le produit de toute combinaison, le résultat de l'action des forces ascendantes ou créatrices et des forces descendantes ou destructrices figurées par l'étoile de Salomon.
QUATORZIEME LAME DE TAROT
Les idées que ce symbole doit exprimer sont les suivi m tes :
1° Combinaison de fluides différents.
2° Individualisation de l'existence.
Le génie du Soleil verse d'une urne d'or dans une urne d'argent les essences fluidiques de la vie.
(Première idée).
Ces essences passent d'un vase dans l'autre sans que lo moindre parcelle en soit répandue au dehors.
(Deuxième idée).
La quatorzième lame représente cette jeune tille que nous avons vue figurée à l'arcane 1 1 et que nous retrouverons à l'arcane 17.
Le courant vital situé sur sa tête à l'arcane 11 passe ici d'une urne dans l'autre et s'épandra en 17.
La quatorzième lame du Tarot nous montre les fluides naguère conservés, maintenant en pleine circulation dans la nature.
1. Combinaison des fluides actif cl passif. Entrée de l'esprit dans la matière et réaction de la matière sur l'Esprit ;
Involution.
2. Reflet de la Justice dans le monde matériel;
3. Fixation de la Vie réfléchie. Incarnation de la vie;
La Vie individuelle et corporelle.
Astronomie Le Scorpion
Mois Octobre
Lcll. hébraïque Noun (simple'
(L'Esprit descend vers la matière)
LA VIE INDIVIDUELLE ET CORPORELLE
15e lettre hébraïque (Samech).
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA QUINZIEME LAME DL TAROT
Le samedi exprime comme signe hiéroglyphique la même idée que le zaïn (are. 7), c'est-à-dire une flèche, une arme quelconque ; mais à cette idée s'ajoute ici celle de la flèche faisant un mouvement circulaire et par suite celle de tout mouvement circulaire, de tout cercle délimitant une circonscription et en fixant les bornes.
Cette idée d'un cercle infranchissable a donné naissance à celle du Destin, de la Fatalité circonscrivant la circonfé- rence dans l'intérieur de laquelle agit libremenl la volonté humaine ; aussi le Serpent replié sur lui-même en cercle el
se mordant la queue, a-l-il toujours été le symbole de cette Fatalité, de ce Destin enserrant le monde dans son étreinte. C'est l'image de l'année (anneau) et des révolutions fatales et déterminées des temps.
Comme lettre, le samedi est le lien (zaïn) renforcé et replié sur lui-même. Il correspond comme lettre simple au signe zodiacal du Sagittaire.
QUINZIEME LAME DU TAROT
Le Diable représente, dans toute les cosmogonies, cette mystérieuse force astrale dont l'hiéroglyphe de samedi dévoile l'origine.
Mais une considération un peu attentive du symbole permet d'y retrouver les mêmes données que dans plusieurs autres figures du Tarot considérées d'une nouvelle façon.
En effet, placez le Bateleur à côté du Diable et vous ne tarderez pas à voir que les liras de deux personnages font un même geste, mais d'une manière intervertie. Le Bateleur dirige sa main droite vers l'Univers, sa main gauche vers Dieu, le Diable fait le contraire : c'est la main gauche qu'il tend vers la terre, la main droite qu'il élève en l'air. Au lieu de la baguette magique et initiatrice du Bateleur, le Diable tient la torche allumée, symbole de la Magie noire et de la Destruction.
A côté du Diable et équilibrés par lui sont deux personnages reproduisant le même symbolisme que l'on trouve ligure pur les deux femmes de l'Amoureux (au 6) et par les deux montants de la potence du Pendu (au 12).
La force animatrice universelle représentée par l'arcane :?,
est ici devenue la force destructrice universelle. Le sceptre de Vénus-Uranie est devenu la torche du Démon, les ailes de l'Ange sont devenues les ailerons hideux du
Dieu du mal.
L'arcane 3 symbolise le Saint-Esprit ou la Providence
de Fabre d'Olivet.
L'arcane 15 symbolise le Faux Esprit ou le Destin de
Fabre d'Olivet.
L'arcane 9, qui tient le milieu entre ces deux figures, symbolise la Prudence ou la Volonté humaine de Fabre
d'Olivet.
Le Diable a matérialisé sur sa tète le fluide universel qui entourait la tête du Bateleur ainsi que l'indiquent les deux cornes aux douze pointes (6 chacune) qui la décorent.
Il est monté sur un cube placé sur une boule pour indiquer la domination de la Matière (le cube) sur l'Esprit (la
re). La quinzième lame du Tarot tire ses significations de son
symbolisme même :
1. Le Destin (le hasard).
2. La Fatalité résultat de la chute d'Adam- Eve.
3. Le fluide astral qui individualise
Naiiasii le Dragon du seuil
Hiéroglyphe ( g
hE DESTIN
Astronomie Sagittaire
Le Hasard
Lett. hébraïque Samech (simple)
LA FATALITÉ
Résultat de la Chute d'Adam-Ève
Le Dragon du seuil
LEFEll DU CIEL
V
A MAISON» PI EV>
16e lettre hébraïque (le Gnaïn).
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA SEIZIÈME LAME DU TAROT
Le Gnaïn exprime le même hiéroglyphe que le vau (6) ; mais matérialisé. C'est le signe du Sens matériel. Dégénéré encore, ce signe exprime tout ce qui est courbe, faux, pervers et mauvais.
Cette lettre correspond astronomiquement au signe zodiacal du Capricorne.
SEIZIÈME LAME DU TAROT
La Maison Dieu.
Une tour dont les créneaux sont brisés par le l'eu du ciel. Un homme couronné et un autre sans couronne sont pré-
cipités de sa hauteur avec les débris de l'écroulement. Un des deux hommes reproduit en tombant la forme de la lettre Gnaïn.
Dans cette figure nous voyons apparaître pour la première fois l'image d'une construction matérielle. Nous allons retrouver ce symbole dans les arcanes 18 et 19.
C'est qu'il s'agit ici du monde visible et matériel dans lequel s'incarne le monde invisible ou spirituel.
La seizième lame figure la chute d'Adam dans la matière, il va se matérialiser de plus en plus jusqu'à Farcane 18 où il atteindra le maximum de la matérialisation.
Les sens de cette figure dérivent tous de cette idée de chute, de matérialisation de la lettre spirituelle 7 {Van).
1. Matérialisation de Dieu le Saint-Esprit. (Yoy. l'arc. 3.) Entrée du Saint-Esprit dans le Monde visible. Le Saint- Esprit agissant comme Dieu de la matière.
Destruction divine.
2. xMatérialisation d'Adam-Ève jusque-Là spiritualisé. Entrée d'Adam-Ève dans le Monde visible:
La Chute. Reflet de la Mort.
3. Matérialisation de l'Univers-principe :
La Maison Dieu.
Hiéroglyphe \ Lien (vau primitif J matéralisë
Astronomie Le Capricorne
DESTRUCTION DIVINE
hébraïque 1 Gnain (simple
LA CHUTE
A^j LES ETOILES
17e lettre hébraïque Phé .
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DIX-SEI'TIEME LAME DU TAROT
Le plié exprime liiéroglyphiquement les mêmes idées ([ne le beth (2e lame), mais dans un sens plus expansif. Aussi le beth signifiant plus particulièrement la bouche de l'homme comme organe de la parole, le plié représente la production même de l'organe : la Parole.
C'est le signe de la Parole et de tout ce qui s'y rapporte . C'est le Verbe en action dans la nature avec toutes ses conséquences.
Aussi cette lettre se rapporte-l-elle asti'ononiiquenienl à Mercure, bien de la Parole el de la diffusion scientifique
ou commerciale, Dieu des échanges universels entre tous les êtres de tous les mondes. Le plié est une lettre double.
DIX-SEPTIÈME LAME DU TAROT
L'Etoile.
Les idées que doit exprimer ce symbole sont celles :
1° De l'expansion des fluides;
"2° De leur renouvellement éternel.
Une jeune fille nue épanche sur la terre les fluides de la Vie universelle par deux coupes.
Le génie du Soleil (arc. 1 i) est maintenant descendu jusqu'à nous, sous la figure de cette jeune fille, image de la Jeunesse éternelle. Les fluides qu'elle faisait passer tout à l'heure d'un vase à l'autre, elle les répand maintenant à flots sur la terre, (première idée).
Cette jeune fille est couronnée de sept étoiles au milieu desquelles en est une très brillante et très grande. Près de la jeune fille un ibis (ou bien, dans d'autres tarots, un papillon) se pose sur une fleur.
Nous retrouvons ici le symbole de l'immortalité. L'àme (ibis ou papillon) doit survivre au corps qui n'est qu'un lieu d'épreuves (fleur éphémère). Le courage, pour supporter les épreuves, viendra d'en haut (astres).
La chute du Divin et de l'Humain dans le Matériel est à peine opérée qu'une voix mystérieuse vient redonner courage au Pécheur en lui laissant entrevoir le relèvement futur par l'épreuve.
Cette lame vient balancer exactement tous les mauvais effets de la précédente. De là sa signification.
1. Opposition à la destruction. Aucune destruction n'est définitive. Tout est éternel et immortel en Dieu :
Immortalité. Création de l'âme humaine.
2. La chute n'est pas irréparable nous dit ce sentiment intuitif intime que nous nommons :
3. L'Univers visible contient en lui la source de sa Divinisation c'est :
La Forge dispensatrice des fluides qui lui donne le moyen de renouveler éternellement ses créations après la destruction.
L'Étoile.
Hiéroglyphe 1 (la bouche et 1;
langue)
Mercure
Jour Mercredi
Lett. hébraïque Le Phé (double)
L'IMMORTALITE
LA FORCE DISPENSATRICE
DES FLUIDES
18e lettre hébraïque (Tsadé .
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DIX-HUITIÈME LAME DU TAROT
Le tzadé exprime hiéroglyphiquement la même idée que le Teth (9e lame); mais surtout l'idée de terme, cle but, de fin. Aussi est-ce un signe final et terminatif se rapportant à toutes les idées de terme, de scission, de solution, de
Le tzadé, lettre simple, correspond au signe zodiacal du Verseau.
1. Placé au commencehieul des mots, il indique le mouvement qui porte vers le terme, dont il est le signe; placé à la lin il marque le ternie même où il a tendu; alors il reçoit cette forme "J . Il dérive du caractère samedi D (15) et du caractère zaïn * (7) et il marque le scission de l'un ou de l'autre.
ittl!
DIX-HUITIEME LAME DU TAROT
Nous venons de parcourir les échelons que descend l'esprit dans sa chute de plus en plus complète vers la matière. Tout est fini maintenant : l'esprit est totalement matérialisé c'est ce que nous indique la dix-huitième lame.
Un champ faiblement éclairé par la lune.
La lumière, symbole de l'âme, n'arrive plus directement. Ce n'est que par reflet qu'est éclairé ce monde matériel.
De chaque côté est une tour limitant le champ, en guise de borne. De la lune tombent des gouttes de sang.
Le monde matériel est le point Final auquel atteint L'esprit. Au delà rien ne peut descendre, c'est ce que figurent les bornes. Les gouttes de sang représentent la descente de l'Esprit dans la matière.
Un sentier parsemé de gouttes de sang se perd à l'horizon. Au milieu un chien et un loup hurlent à la lune, une écrevisse sort de l'eau et rampe au milieu de ces animaux.
L'entrée de l'Esprit dans la Matière est une chute d'autan 1 plus grande que tout conspire pour l'augmenter encore.
Les esprits serviles (Chien) les larves féroces (Loup)et les élé- mentaux rampants (Écrevisse) sont là qui guettent la chute de l'âme dans la matière pour essayer de l'opprimer davantage.
I. Terme de la Matérialisation divine. Point ultime do
±. Terme de la Matérialisation adamique : Le Corps matériel et ses passions.
3. Terme de la Matérialisation physique
Lu Lune
Hiéroglyphe \ T_-,
Astronomie Le Verseau
Lett. hébraïque Le Tsadé (simple)
LE CORPS MATÉRIEL ET SES PASSIONS
Avec le troisième septénaire finit Vinvolution, c'est-à-dire la descente de l'esprit dans la matière.
Les trois dernières cartes du Tarol vont mais montrer comment toutes les forces (''maures progressivement retournent à leur principe commun par dévolution.
3° SEPTENAIRE
Constitution de l'UNIVERS
O
Uf*f
Au philosophe Louis Weber.
CHAPITRE XIII
TRANSITION GÉNÉRALE
Le Coph et le Soleil. — Le Resch et le Jugement. - Le Sbin et le Fou. — Le
Thau et le Soleil. Le ternaire de transition.
LE SOLEI
XVIII
19e lettre hébraïque (Coph
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DIX-NEUVIEME LAME DU TAROT
Le coph exprime hiéroglyphiquemeut une arme tranchante, tout ce qui sert à l'homme, le défend; fait effort pour lui.
Aussi le coph csl-il le signe éminemmenl compressif, astringent et tranchant, c'esl l'image de la forme agglomé- rante el réprimante, <lr là l'idée <lo l'existence matérielle.
Cette lettre représente le caractère D (caph, lli entière-
ment matérialisé et s'appliquant aux objets purement physiques. Car voici la progression du signe :
H (hé 5). La Vie universelle.
H (heth 8). L'existence élémentaire. L'effort, de la nature 3 (caph 11). La vie assimilée tenant aux formes naturelles. P fcoph 19). L'existence matérielle devenant le moyen des
formes. Cette lettre est simple et répond au signe zodiacal des Poissons.
DIX-NEUVIÈME LAME DU TAROT
Deux enfants nus sont enfermés dans une enceinte de murailles. Au-dessus d'eux le soleil darde ses rayons et des gouttelettes d'or s'échappent de lui et tombent sur la terre.
L'esprit prend le dessus. Ce n'est plus la lumière réfléchie comme dans l'arcane précédent qui éclaire notre figure, c'est la lumière créatrice directe, la lumière du Dieu de notre Univers qui se répand à flots.
L'enceinte de murailles indique que nous sommes toujours dans le monde visible ou matériel. Les deux enfants symbolisent les deux fluides créateurs positif et négatif de l'être naissant.
1. Réveil de l'Esprit. Transition du monde matériel au inonde divin. La matière faisant fonction de Dion,
Les Éléments.
2. Le corps de l'homme se renouvelle.
La Nutrition. La Digestion.
3° La matière du monde commence son ascension vers
Hiéroglyphe ( Hache
primitif ( arme tranchante
Les Poissons
Février
Lett. hébraïque Goph (simple)
LES ELEMENTS
LA NUTRITION
La Digestion
MME,
20 Ile jugement I ^
20e lettre hébraïque (le Resh)
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA VINGTIÈME LAME DU TAROT
Le resch exprime hiéroglyphiquement la tête de l'homme. De là l'idée de tout ce qui possède en soi un mouvemenl propre et déterminant. C'est le signe (\\\ Mouvement propre, bon ou mauvais; il exprime le renouvellement des choses quant à leur mouvement.
Le resch est une lettre double et répond astronomiquemnnt à Saturne.
VINGTIÈME LAME DU TAROT
Un ange aux ailes de l'eu, placé dans une auréole de gloire fulgurante, sonne la trompette du jugement dernier. Une croix le décore.
Un tombeau s'ouvre sur la terre et un homme, une femme et un enfant en sortent, joignant les mains en signe d'adoration.
Comment exprimer plus magnifiquement le réveil de la nature sous l'influence du Verbe? Comment ne pas être rempli d'admiration en voyant la façon dont le symbole répond a l'hiéroglyphe hébraïque correspondant?
1. Retour au monde Divin. — L'Esprit reprend enfin possession de lui-même :
Le Mouvement propre et déterminant.
2. La vie se renouvelle par son propre mouvement :
3. La matière du monde progresse d'un do^v^ ('ans son ascension vers Dieu :
Hiéroglyphe / La Tète
primitif ( de l'Homme
Jour
Saturne
Samedi
Lett. hébraïque Le resch (double)
LE MOUVEMENT PROPRE
et déterminant
LÀ RESPIRATION
VINGTIEME LAME DE TAROT
Un ange aux ailes de feu, placé dans une auréole de gloire fulgurante, sonne la trompette du jugement dernier. Une croix le décore.
Un tombeau s'ouvre sur la terre et un homme, une femme et un enfant en sortent, joignant les mains en signe d'adoration.
Comment exprimer plus magnifiquement le réveil de la nature sous l'influence du Verbe? Comment ne pas être rempli d'admiration en voyant la façon dont le symbole répond à l'hiéroglyphe hébraïque correspondant?
1. Retour au monde Divin. — L'Espril reprend enfin possession de lui-même :
Le Mouvement propre et déterminant.
2. La vie se renouvelle par son propre mouvement :
ii. La matière du monde progresse d'un degré dans son ascension vers Dieu :
Hiéroglyphe / La Tète primitif \ de l'Homme
Astronomie Saturne
LE MOUVEMENT PROPRE et déterminant
Lett. hébraïque Le resch (double)
21e lettre hébraïque (le Schin).
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA LAME DU TAROT NE PORTANT PAS
DE NOMBRE
Le sliin ' exprime hiéroglyphiquement la même chose que Je zaïn (Voy. arc. 7) et le samedi (15) c'est une flèche, un objet allant à un but. Mais le mouvement qui étail direct dans le zaïn (") eL qui était devenu circulaire dans le samedi (D) prend ici la forme du balancement d'un pôle
1. Ce caractère dérive du son vocal, 1 (iod) passé à L'état de consonne : et il joint à son expression originelle les significations respectives des caractères
(Fabre D'Olivkt.)
à l'autre avec un point d'équilibre instable au milieu. Aussi le shin est-il le signe de la Durée relative et du mouvement qui s'y rapporte, tandis que le samedi exprimait le mouvement cyclique et par suite la durée absolue. Le shin est une des trois lettres mères.
VINGT-ET-UNIËME LAME DU TAROT SANS NOMBRE
Le Mat,
Un homme à l'air insouciant et coiffé d'un bonnet de fou, la besace sur l'épaule et les habits déchirés, marche sans paraître s'inquiéter outre mesure d'un chien qui lui mord les jambes. Il se dirige sans regarder vers un précipice où se trouve un crocodile prêt à le dévorer.
C'est l'image de l'état où les passions mènent l'homme qui ne sait pas leur résister. C'est le symbole de la Chair et de ses satisfactions. Au point de vue moral les quatre vers suivants d'Eliphas Levi expliquent à merveille ce symbole :
Souffrir c'est travailler, c'est accomplir sa tâche. Malheur au paresseux qui dort sur le chemin ; La douleur, comme un chien, mord les talons du lâche Qui, d'un seul jour perdu, surcharge un lendemain.
1 . Retour plus actif au Monde divin. La personnalité s'affirme :
Le Mouvement de durée relative.
2. L'intellectualité s'ébauche sous l'influence de l'évolution :
L'Innervation, — L'Instinct.
3. La matière du monde arrive au maximum de sa progression matérielle :
Le Règne animal.
Le Mat.
Hiéroglyphe j plèche
Lett.hebraiqueJ(unedes3mères
LE MOUVEMENT
Durée relative
L'INNERVATION
L'Instinct
LE HÈGNE ANIMAL
22e lettre hébraïque (le Thau).
ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA VINGT ET UNIÈME LAME DU TAROT
Le thau exprime hiéroglyphiquement le sein, de même que ledaleth (quatrième lame); mais c'est surtout le signe de la réciprocité, l'image de tout ce qui est mutuel et réciproque. C'est le signe des signes, car à l'abondance du caractère daleth (1 quatrième lame), et à la force de résistance et de protection du caractère t3 (teth neuvième lame), il joint l'idée de perfection dont il est est lui-même le symbole.
Dans les alphabets hébraïques primitifs, le teth était ligure par une croix (-[-). Cette lettre est double et repré- sente astronomiquement le Soleil.
VINGT-DEUXIÈME LAME DU TAROT
Une jeune fille nue tenant une baguette dans chacune de ses mains et les jambes croisées l'une sur l'autre (comme le Pendu de la douzième lame) est placée au milieu d'une ellipse. Aux quatre coins de celle-ci sont figurés les quatre animaux des Évangélistes et les quatre formes du Sphinx : L'Homme, le Lion, le Taureau et l'Aigle.
Ce symbole représente le Macrocosme et le Microcosme,
c'est-à-dire Dieu et la Création ou la Loi de l'absolu. Les
quatre figures placées aux quatre coins représentent les
quatre lettres du nom sacré ou les quatre grands symboles
du Tarot.
Le Bâton ou iod — Feu
La Coupe ou hé — Eau
Le Glaive ou vau — Terre
Le Cercle ou 2e hé — Air.
On peut figurer ainsi ces rapports :
Bâton Denier
Coupe Epée
Entre le mol sacré figurant Dieu et le centre de la figure se trouve un cercle ou une ellipse représentant la Nature et son cours régulier et fatal, de là le nom de Rota, roue, que lui donne Guillaume Postel.
Enfin, le centre de l;i figure représente l'humanité Adam
Eve, troisième terme de la grande série de l'Absolu qui est ainsi constitué :
L'Absolu impénétrable, En Soph des Kabbalistes, Parabraiim des Indous:
L'Esprit de l'Absolu ou Dieu [** septénaire
L'Ame de l'Absolu ou l'Homme 2e septénaire Le corps de l'Absolu ou l'Univers 3e septénaire.
Cette vingt et unième lame du Tarot nous montre donc en elle le résumé de tout notre travail et nous prouve rigoureusement la vérité de nos déductions.
Une figure simple résume tout cela.
l/CUL
Ce symbole nous donne aussi exactement la ligure de la construction du Tarot lui-même si nous remarquons que la figure du centre reproduit un triangle (tête et deux bras étendus) surmontant une croix (jambe), c'est-à-dire la ligure du septénaire ainsi formé A .
Les quatre coins reproduisent alors les quatre grands symboles du Tarot. Le milieu représente l'action de ces symboles entre eux figurée parles dix nombres des arcanes mineurs et les vingt-deux lettres des arcanes majeurs. Enfin le centre reproduit la loi septénaire des arcanes majeurs eux-mêmes.
Comme ce septénaire est au centre de trois cercles représentant les trois mondes, on voit que le sens des vingt et un arcanes se trouve encore une fois déterminé
La figure suivante indique l'application de la vingt et unième lame au Tarot lui-même.
Nous verrons de même que cette lame du Tarot donne la clef de toutes les applications de notre jeu à l'Année, à la Philosophie, à la Kabbale, etc., etc.
LE TERNAIRE DE TRANSITION
Eps Eléments
Le Mouvemenl
propre et
déterminant
Le Mouvement
Durée relative
Reproduction- Divine
La Nutrition
La Vie
végétative
L'Imiervali L'instinci
Réuni' végétal
Règne animal
Reproduction de l'Homme Reproduction de l'Univers
L'Absolu
renfermant en lui
l'Homme
A l'auteur « des Grands Mystères
Le philosophe Eugène Nus.
CHAPITRE XIV
RÉSUMÉ GÉNÉRAL DU TAROT SYMBOLIQUE
THEOGONIE - \NDRQG0N1E - COSMOGONIE
Iavolution et évolution. - - Théogonie. L'absolu d'après WronjU Lacuria et le Tarot- Théogonies des diverses religions identiques a celle du iarot. — Résumé. Audrogonie. — Cosmogonie. _
Tableau résumant le symbolisme de tous les arcanes majeurs et permettant de déterminer immédiatement la définition du sens de l'un quelconque de ces
RÉSUME GÉNÉRAL DU SYMBOLISME DES ARCANES MAJEURS
THÉOGONIE — ANDROGONIE — COSMOGONIE
Après avoir terminé notre étude de chacun des vingtdeux arcanes majeurs considérés séparément, il nous faut résumer le mieux possible les enseignements qui peuvent découler de cette longue exposition.
Ainsi que nous l'avons déterminé lors de l'étude de la première lame, trois principes premiers sont considérés dans leur évolution, ce sont : l'Univers, l'Homme et Dieu.
Il suffit de se rappeler grosso modo le sens de chacune des lames du Tarot pour constater l'existence d'une progression fort bien établie qui part de Dieu le Saint-Esprit pour aboutir à la Matière en passant par une foule de modalités diverses. De la Matière il existe une autre progression qui évolue vers le point d'origine primitif : Dieu.
Ce double courant de Matérialisation progressive du Divin, ou Involution, et de Divinisation progressive du Maté- riel ou Évolution, a été trop bien étudié par notre éminent ami Ch. Barlet pour que nous voulions y changer quoi que ce soit; aussi donnons-nous plus loin in extenso ce travail si intéressant qui mettra le lecteur à même de voir la concordance absolue qui existe entre nos conclusions amenées par des points de départ différents.
Ce que nous voulons faire ici c'est résumer le plus clairement possible les sens des arcanes majeurs du Tarot considérés sous un point de vue synthétique. D'après ce qui précède, on voit qu'il ne s'agit de rien moins que d'une véritable Cosmogonie ou étude de la création de Y Univers, couronnée par une Androgonie ou étude de la création de Y Homme et même par un essai de Théogonie ou élude de la création propre de Dieu.
THÉOGONIE
A l'origine, le Tarot place F Absolu indéterminé et indé- terminable, I'Un à la fois conscient et inconscient, affirmatif el négatif, force Jet matière, innomable, incompréhensible pour l'homme '.
L'Unité se manifeste à elle-même par trois termes, termes les plus élevés et les plus généraux auxquels puisse atteindre
la compréhension humaine, termes formant la base de toutes les théogonies et désignant sous une foule de noms des principes identiques.
1° Le premier de ces termes symbolise Y Activité absolue dans toutes ses acceptions, l'origine de tout mouvement, de toute force masculine et créatrice.
Dieu le Père — Osiris — Braiima — Jupiter.
2° Le second de ces termes symbolise la Passivité absolue dans toutes ses acceptions, l'origine de tout repos, de toute force féminine et conservatrice. C'est le principe humide de la nature comme le premier en était le principe igné.
Dieu le Fils — Isis — Yichnou — Junon.
3° Le troisième de ces termes est le plus important à considérer. C'est lui qui synthétise dans une Unité les termes précédents; c'est par lui que nous devrions commencer toute étude, car aucun être n'est concevable que considéré synthétiquement et le troisième terme est l'origine de toute synthèse. C'est Y Union absolue dans butes ses acceptions, l'origine de toute réalité, de tout équilibre, de toute force équilibrante et transformatrice. C'est le principe mercuriel de la nature équilibrant les deux premiers.
Dieu le Saint-Esprit — Horus — Siva — Vulcain.
Il est nécessaire d'entrer ici dans quelques détails sous peine de rendre incompréhensibles toutes les déductions postérieures.
Nous avons dit qu'aucun être n'est concevable que considéré synthétiquement, il nous faut expliquer notre pensée. Prenons pour exemple l'homme afin d'être clair, suivant ce
mot de Claude de Saint-Martin : « Il faut, expliquer la nature par l'homme et non pas l'homme par la nature. »
L'homme, considéré synthétiquement, se compose à1 un corps animé et agissant.
Si nous voulons concevoir ce corps sans tenir compte de son animation ou de sa faculté d'agir, immédiatement la réalité disparaît, ce n'est plus un homme que nous avons devant nous, c'est un fantôme créé par notre esprit, fantôme que nous pouvons analyser, étudier dans ses subdivisions; mais qui, n'offrant aucune idée de synthèse, n'existe pas en réalité.
Si, de même, nous voulons concevoir séparément le principe qui anime ce corps, qui le fait vivre, immédiatement la réalité disparait. 11 nous est impossible de séparer la vie de l'idée de corps, de concevoir ce que pourrait bien être cette chose qu'on appelle la Vie humaine si nous voulions y voir une espèce d'être métaphysique. C'est sur ce point que les savants matérialistes ont le plus de prise contre les idéalistes exclusifs.
La difficulté devient encore plus considérable s'il s'agit du principe qui fait agir ce corps, de la Volonté, de l'Ame. - L'analyse, ici comme partout, pourra s'introduire, mais il nous sera presque impossible de concevoir ce que peut bien êtrel'âmenon revêtue d'une forme, c'est-à-dire d'un principe autre qu'elle-même. Nous nous figurons une petite boule, une tête ailée, enfin tout ce qu'on voudra, mais jamais l'âme considérée individuellement .
Au contraire, disons-nous un homme, instantanément ces trois termes ainsi synthétisés prennent une consistance, deviennent l'expression d'une réalité el un être formé d'un corps, d'une vie et d'une volonté se définit très clairement.
Cette action synthétique, source de toute existence et de toute réalité, est le propre du troisième terme de notre
trinité de principes. Voilà pourquoi il faudrait commencer l'étude de quelque réalité que ce fût par ce troisième terme. C'est ce que fait toujours Hœné Wronski qui nomme ce principe Elément neutre et le place à l'origine de toutes ses études.
Il résulte de tout cela que la trinité formée par les trois termes que nous avons spécifiés doit être considérée sous deux aspects :
1° Ou doit tout d'abord voir la synthèse de cette trinité, synthèse qui est la raison d'être de sa réalité. Le troisième terme (Dieu le Saint-Esprit) résume en lui ces conditions ;
2° On doit ensuite analyser cette synthèse en la décomposant en ses trois termes constituants et en déterminant Inexistence des deux termes opposés, actif et passif, positif et négatif. Tl faut ne pas oublier que pendant cette analyse on détruit la réalité de l'être ainsi fractionné.
Trois termes constituent donc toute réalité de quelque ordre que ce soit et ces trois termes se résument dans un seul tout. Cette vérité s'applique aussi bien en physique qu'en métaphysique; les travaux de Louis Lucas sur la physique et la chimie l ceux de Wronski sur les mathématiques 2 sont un argument irrésistible à opposer à ceux qui pensent qu'un principe philosophique est une sornette sans portée pratique.
Le troisième terme de notre série théogonique ou Dieu le Saint-Esprit représente donc le corps total de Dieu qui peut s'analyser ainsi :
1. Louis Lucas, la Chimie nouvelle, Paris, 18J>4, in-18.
2. Wronski, Messianisme 182o, in-fol., et Surtout ApodictiqUe tneSSiCMiQUe
Synthèse
Dieu le Fils Dieu le Père
Antithèse Thèse
Pour résumer tout ce que nous avons étudié jusqu'ici, nous dirons que nous avons découvert tout d'abord :
l°Un principe indéterminable et innomable que nous nous contenions d'affirmer.
2° Ce principe synthétique analysé se présente sous la forme d'une trinité ainsi constituée :
PRINCIPE SYNTHÉTIQUE
Négatif Positif
PRINCIPE PRINCIPE
NÉGATIF POSITIF
Si nous voulions employer une image vulgaire, mais très suggestive nous dirions :
Dieu est ainsi défini par le Tarot quant à sa constitution :
L'Esprit de Dieu ou Dieu le Père.
L'âme de Dieu ou Dieu le Fils.
Le Corps de Dieu ou Dieu le Saint-Esprit 1.
11 nous reste à montrer maintenant que les conclusions du Tarot sont identiques avec celles de tous les auteurs qui
1. Esprit est pris ici dans le sens de principe èupérieur et créateur, Ame dans le sens de principe médian et animateur. Beaucoup d'auteurs prenant ces mots dans un sens différent, il est utile de faire connaître son avis à ce sujet.
ont traité d'une façon élevée la question et avec toutes les théogonies supérieures de l'antiquité.
1° AUTEURS PRINCIPAUX QUI SE SONT OCCUPÉS DE LA QUESTION
Nous allons prendre parmi les auteurs qui ont étudié cette question des principes premiers, deux écrivains partis de points de vue différents et qui viennent appuyer les conclusions du Tarot : Lacuria etWronski.
M.
Dans son livre des Harmonies de l'Être exprimées par les nombres, cet auteur éminentpart, dans ses déductions, de trois mots de saint Jean : Vita, Verbum, Lux. 11 analyse chacun de ces termes, établit leur rapport avec la trinité des chrétiens et détermine chacun des éléments de cette trinité :
« Voilà donc la Trinité : le Père, qui est vie ou immensité; le Fils qui est verbe ou forme et distinction ou variété ; le Saint-Esprit qui est lumière et amour ou unité. Et ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu, et leur unité est non seulement dans le fait éternel de leur existence, mais dans l'essence des choses, car elles sont insépables dans la pensée ; on ne peut les concevoir l'un sans
Au commencement est l'être, l'être n'est pas indéterminé, mais il se distingue du non-ètre; il voit qu'il est l'être, et ces deux points de vue, participant à l'unité de la substance qu'ils affectent, produisent par leur union la Conscience qui est aussi la lumière ou l'harmonie (p. 333,
L'Être
Le Non-Ètre
Le Fils
La Yie
La Conscience Le Saint-Esprit La Lumière.
Le Verbe
Principes premiers de Lacuria.
Hœnê Wrçmshi.
Cet auteur nous intéresse d'autant plus que ses conclusions non seulement concordent avec les données du Tarot, mais encore les éclairent d'un jour magnifique. Ecoutonsle donc (Apodictique, p. 5) :
Ainsi la réalité de l'absolu, la Réalité en elle-même, ou la réalité en général, est incontestablement la première détermination de l'essence même de l'absolu, et par consé- quent le principe premier de la raison, sans lequei comme condition indispensable, ainsi que nous venons de le reconnaître, toutes ses assertions quelconques n'auraient aucune valeur. Et c'est sur ce principe fondamental de la raison, sur celte condition indestructible et indispensable à tous égards, que nous allons établir, avec la même infaillibilité, la philosophie absolue elle-même.
D'abord, cette réalité de l'absolu que nous venons de reconnaître si profondément, se produit ou se crée ellemême; car, comme nous l'avons déjà arrêté irrévocablement, l'absolu, ce terme indispensable de la raison, est ce qui est par soi-même. Ainsi cette génération propre, cetle aulogé- nie de la réalité de L'absolu, celle création par soi-même,
est manifestement une deuxième détermination de ï essence même de l'absolu; et la condition par laquelle seule peut avoir lieu cette détermination constitue, tout aussi manifestement, et dans toute sa pureté primitive, la faculté que l'on désigne du nom de savoir (Xo-yoç, das Wissen.)
Nous découvrons donc, comme deuxième attribut essentiel de l'absolu, le Savoir, cette faculté primordiale qui est la condition de toute création, ou plutôt qui est la faculté créatrice elle-même, et qui, dans sa plus haute puissance, où nous venons de la reconnaître, est, si on peut le dire ainsi, l'instrument de V autogénie c'est-à-dire la faculté de la création par soi-même. Et par conséquent nous dé- couvrons, dans le savoir, porté à cette plus haute puissance créatrice, le deuxième principe de la raison, tout aussi infaillible que l'absolu lui-même dont nous venons de le déduire.
Ensuite, considérant que, dans la réalité de l'absolu, le résultat nécessaire de son savoir ou de sa création propre est une Fixité permanente, parce que, précisément à cause qu'il est par soi-même, l'absolu ne saurait être autrement qu'il est, on concevra que cette fixité permanente dans la réalité de l'absolu, qui est proprement son autothésie, constitue une troisième détermination de l'essence même de l'absolu, et l'on reconnaîtra facilement que cette fixité, cette permanente invariabilité, cette inaltérabilité propre, n'est rien autre que cette condition de la réalité que nous désignons du nom d'être (fi>v, das Seyn).
Ainsi nous découvrons, comme troisième attribut essentiel de l'absolu, l'Etre, cette condition de la fixité dans la réalité, et par conséquent de sa force ou de son inaltérabilité propre, laquelle, dans l'absolu, constitue son autothé- sie elle-même. Et par conséquent, nous découvrons dans l'être, considéré presque dans son origine autothétique le
troisième principe de la raison, tout aussi infaillible que l'absolu lui-même, dont nous l'avons déduit.
Nous possédons ainsi déjà les trois principes premiers de la raison, qui, comme nous venons do le voir, sont les trois premières déterminations de l'essence même de l'absolu. De plus, si l'on remarque, d'une part, que le savoir et Fêtrc, en les prenant dans toute leur généralité, sont opposés, l'un à l'autre, comme sont opposées Tautogénie et l'aulothésie, dont ils constituent les conditions, ou comme le sont la spontanéité et l'inertie, qui forment leurs caractères, et, si l'on remarque d'autre part, que le savoir et l'être, ces conditions opposées, se trouvent neutralisés dans toute Réalité en général, qui, d'après la déduction que nous en avons donnée, est le principe fondamental de la raison, sa base primitive, on concevra que ces trois principes que nous venons de découvrir dans les déterminations de l'essence même de l'absolu, sont proprement les trois principes primitifs du Savoir Suprême ou de la Philosophie.
Le Savoir L'Être
L'Autogénie L'Autothésie
Principe du Mouvement Principe de la fixité
La Réalité
Principe de l'existence. PRINCIPES PREMIERS DE WRONSKI
±" Théogonies des diverses relu /ions
Nous avons voulu montrer les trois principes premiers du Tarot dans leur identité avec les découvertes philosophiques de quelques auteurs modernes. 11 suffit de se
reporter à l'étude du premier arcane pour voir les conclusions de Fabre d'Olivet et de Claude de Saint-Martin sur le même sujet; aussi voulons-nous maintenant dire quelques mots de l'identité des déductions du Tarot avec les données religieuses de plusieurs peuples.
THEOGONIE ÉGYPTIENNE
Osiris est une émanation du Grand Être, il se révèle en trois personnes :
Ammon qui met au jour les modèles non révélés des choses : c'est la Puissance.
Phta le démiurge, éternel ouvrier réalisant les idées primitives : c'est la Sagesse.
Osiris l'auteur du bien, la source de toute la vie : c'est la Bonté.
« Le dieu égyptien, quand il est considéré comme cette force cachée qui amène les choses à la lumière, s'appelle Ammon; quand il est celui qui accomplit toute chose avec art et vérité il s'appelle Phta; enfin quand il est le dieu bon et bienfaisant on le nomme Osiris ».
(Jamblique.)
Principe indéterminable
Trinité divine :
Ammon Phta
Osiris
THÉOGONIE INDOUE Principe indéterminable
Parabrahm
Braiima
VlCHNOU
Si VA
Conservateur
Voici de plus une analyse de cette conception appliquée à la Cosmogonie :
COSMOGONIE INDOUE PRIMITIVE D'APRÈS LE RIG-VEDA
Il n'y avait ni être ni non-être, ni éther ni cette tente du ciel; rien d'enveloppant ni d'enveloppé. Il n'y avait ni mort ni immortalité; rien ne séparait la nuit obscure du jour lumineux.
Mais celui-là, lui, respirait seul avec elle dont il soutient la vie dans son sein. Autre que lui rien n'existait qui depuis ait existé. Les ténèbres le couvraient semblable à un océan que rien n'éclaire. Cet univers était indistinct, comme les fluides mêlés dans les eaux; mais cette masse, qui était couverte d'une croûte, fut à la fin organisée par le pouvoir delà contemplation.
Le premier désir fut formé dans son intelligence ; et il devint la semence productive originaire. Cette semence productive devint Providence ou âmes sensibles; et Matière ou Eléments, elle qui est soutenue par lui dans son sein fut la partie inférieure, et lui qui observe fut la partie supé- rieure. Qui connaît exactement et qui pourra affirmer dans ce monde, d'où et comment cette création a eu lieu? Les dieux sont postérieurs à cette création du monde.
THÉOGONIE KABBALISTIQUE
Principe indéterminable EN. SOPH L'Absolu
Trinité divine :
Ghocmah BlNAII
La Sagesse absolue L'Intelligence absolue
Kether
La Puissance équilibrante absolue.
Nous pourrions pousser plus loin ces comparaisons; mais il est inutile d'allonger notre étude outre mesure. Le lecteurcurieux pourra consulter lui-même les résumés des théogénies antiques1 et voir la concordance universelle des principes primitifs dans toutes les religions.
Il nous suffit d'avoir déterminé l'universalité de nos trois premiers principes que nous nommerons, avec les chrétiens, pour être mieux compris :
Dieu le Père Dieu le Fils
Ces principes une fois déterminés, nous allons les voir en action dans la suite de la création.
Le premier principe s'était manifesté à lui-même son
1. Voyez surtout P. Renaud, Nouvelle symbolique, Paris, 1877, in-8.
existence dans le second principe nommé par les chrétiens : le Fils. Enfin ces deux principes s'étaient réalisés dans le troisième qui leur donne corps. Voilà pourquoi nous avons nommé tout à l'heure le Saint-Esprit, corps de Dieu.
Or, la même loi de création agissant dans les rapports du premier principe avec le second va se manifester dans l'action du premier ternaire sur lui-même pour donner naissance à la Trinité suivante.
Dieu le Père, principe de la Volonté, se réfléchit tout entier dans le rude Adam, principe du Pouvoir; Dieu le Fils principe de Y Intelligence se réfléchit dans la gracieuse Eve, principe de Y Autorité. Enfin Dieu total ou Dieu le Saint- Esprit donne corps à ces deux unités mystiques et en fait une réalité dans la création équilibrée d'Adam-Ève ou de 1 'Humanité.
h' Humanité, image de l'Amour, contient aussi en elle un principe rude et astringent (dirait Jacob Boëhm1) et un principe doux et insinuant (Jacob Boëhm). Le premier de ces principes symbolisé par Adam est l'origine de la Force brutale, du Pouvoir dans toutes ses manifestations. Le second, symbolisé par Eve, est l'origine de la Grâce féminine, de l'Autorité. Nous avons vu que le Pouvoir et l'Autorité s'équilibraient dans l'Amour.
Chaque homme, molécule réfléchie de l'humanité et fait à son image, contient en lui un Adam, source de la Volonté; c'est le Cerveau; une Eve, source de l'intelligence, c'est le Cœur; et il doit équilibrer le cœur par le cerveau, et le cerveau par le cœur pour devenir un centre d'amour divin.
11 en est de même de l'homme et de la femme, repré- sentant également Adam et Eve (nin Eve, la vie).
Mais de même que le Père et le Fils sont devenus réalités
I. Jacoh Boëhm. Les Trois principes.
dans le Saint-Esprit, de même qu'Adam et Eve ont pris corps dans l'Humanité, de même le troisième ternaire va prendre naissance de l'action réciproque des deux autres.
La Nature naturante ou créatrice va prendre naissance sous l'action et la réaction réciproque de Dieu le Père et d'Adam, les deux principes créateurs actif et passif. C'est ainsi que naît le Fluide universel créateur équilibrant et réalisant en lui la volonté et le pouvoir.
De même encore la Nature naturée ou conservatrice va naître, réalisant l'union de Dieu le Fils et d'Eve, en même temps que naîtra le Fluide universel conservateur ou la Vie universelle équilibrant et réalisant l'Intelligence etl'Autorité qui définissent ses qualités propres.
Enfin le Saint-Esprit et l'Humanité, le corps divin et le corps humain vont s'unir et se manifester éternellement dans l'Univers vivant source de l'Attraction universelle.
De même que le Saint-Esprit était le corps de Dieu, le Fils son âme et le Père son Esprit, de même que l'Humanité était le corps d'Adam, Eve sa vie, ou son âme et Adam son Esprit ; de même :
L Univers <>st le corps de Dieu, L'Humanité est l'âme de Dieu, Dieu lui-même est F esprit de Dieu.
Par là nous voyons la vérité de l'opinion des Panthéistes qui conçoivent Dieu comme l'ensemble de l'Univers; mais nous voyons aussi leur erreur quand ils lui refusent toute conscience propre. De même que la conscience de l'homme est indépendante des millions de cellules qui constituent son corps, de même la conscience de Dieu est indépendante des molécules de l'unwers et de l'homme qui forment son corps et son âme. On pourrait détruire l'univers en partie, sans amoindrir en rien la Personnalité Divine, de même
qu'on peut couper les quatre membres à un homme sans qu'il cesse d'avoir conscience de l'intégrité de sa personnalité. Voilà pourquoi les conclusions de Schopenhauer et d'Hartmann sont en partie erronées.
Avant de quitter cette étude admirons une fois encore ce livre merveilleux, ce Tarot symbolique qui définit ainsi
Dieu est l'Absolu, dont l'essence est impénétrable, constitué par l'Univers comme corps, par l'Humanité comme âme et par lui-même comme Esprit.
L'Esprit
L'Ame
Le Corps
THÉOGONIE
DIEU INCONNU
Dieu le Père
La Nature Naturante
Dieu le Si-Esprit
L'humanité
La Nature Naturée
Pouvoir
Fluide universel
Beauté
Intelligence ou Intuition
Auto ri lé
Fluide universel conservateur Attraction ou yje universelle u n iversclle
ANDROGONIE
Chaque homme contient en lui un Adam source de la Volonté, c'est le Cerveau; une Eve source de l'Intelligence l, c'est le Cœur, et il doit équilibrer le cœur par le cerveau et le cerveau par le cœur pour devenir un centre d'amour divin.
Dans l'Humanité, principe Réalisateur passif de Dieu luimême, le Père et le Fils Divin sont représentés par l'Homme.
L'homme faisant fonction de Dieu le créateur, c'est le Père, la femme faisant fonction de Dieu le conservateur c'est la Mère, enfin l'Amour humain réalise la Divinité totale dans l'Humanité.
La famille humaine est donc la représentation sur la terre de la Divinité, c'est ce que le Tarot nous enseigne par ses arcanes mineurs (roi ou père, dame ou mère, cavalier ou jeune homme, valet ou enfant); c'est ce que la science antique avait si bien compris quand elle basait son organisation sociale tout entière sur la famille, au lieu de la baser sur F individu comme nous le faisons à notre époque2. Si nous voyons encore la Chine vénérable maintenir depuis de longs siècles son organisation sociale, c'est encore au principe de tout établir sur la famille qu'il faut rapporter cette durée 3.
Le Ternaire humain a pour caractéristiques : Adam, la nécessité, image et reflet de la Volonté et du Pouvoir ; Eve, la Liberté, image et reflet de l'Intelligence et de l'Autorité et
1. Intelligence est fuis ici dans le sens d'Intuition et imn dans le sens que lui attribue généralement la Philosophie Universitaire.
2. Voy. Saint- Yves d'Alveydre, Mission des Juifs, 1884.
Adam et Eve, la Charité, image et reflet de l'Amour et de la Beauté qui en donnent les termes constituants.
La Réalisation, la Justice équilibrée par la Prudence, indiquent la constitution morale de l'Homme tandis que la Lumière astrale positive (ou OD), la Lumière astrale né- gative (ou OB) et le Fluide astral équilibré (ou AOUR), montrent l'origine de sa constitution physique.
La Puissance magique, le Courage et l'Espérance manifestent les qualités morales de l'homme, tandis que la Force en puissance de manifestation, l« Vie réfléchie et la Force équilibrant les deux précédentes indiquent l'influence de l'Univers en lui.
Ainsi la loi qui gouverne toutes ces manifestations de Dieu dans la série de ses créations c'est [Emanation.
Du centre unique mais insondable émane tout d'abord une Trinité de principes absolus qui va servir de modèle à toutes les émanations postérieures de l'Être principe luimême. Chacun des éléments de cette trinité se manifeste dans deux grandes émanations dont il est la source ; le premier principe ou le Père émane successivement Adam et la Nature créatrice, naturante, suivant Spinoza; le deuxième principe ou le Fils émane de môme Eve et la Nature naturée ou réceptrice ; enfin le troisième principe ou l'Esprit-Saint sert de modèle à la constitution identique d'Adam-Ève ou l'Humanité et de l'Univers.
C'est ainsi que le Ternaire émané de l'Unité mystérieuse se trouve constituer bientôt un Septénaire formé par les émanations diverses de ces trois Principes, comme les Sept couleurs de la gamme lumineuses formées des combinaisons de trois couleurs simples émanées elles-mêmes de l'unique lumière, comme les sept notes de la gamme musicales constituées par la trinité fondamentale des sons.
Le Septénaire « formé de deux Ternaires au milieu desquels se tient l'Unité1 » est donc l'expression d'un être complètement constitué, c'est ce que viennent confirmer les récentes données de la Théosophie indoue sur les sept principes de l'Homme et sur les sept principes de l'Univers'1.
On pourrait appliquer le Tarot à l'explication de ces données; mais nous ne doutons pas que ce ne soit bientôt fait et nous jugeons inutile d'allonger démesurément notre travail trop volumineux.
Nous conclurons donc notre étude sur l'homme en signalant sa constitution donnée par le Tarot qui enseigne que son corps vient de l'Univers, que son âme vient du plan astral et que son Esprit est une émanation directe de
1. Sepher Jesirah (Irad. Papus),chap. VI.
2. Voy. Sinnet, Esoteric Buddhism, H. P. Blavalsky, Secret doctrine; et toutes les publications de la Société théosophique.
3. Voyez pour plus de développement les œuvres de Paracelse et de van Helmont.
ANDROGONIE
L'esprit de l'homme
(intellectuel)
L'Âme
de l'homme
(moral)
Adam créateur
Réalisation
Le Corps Lumière astrale de l'homme nu-
non matérialisé (physique)
Eve conservatrice
Fluide astrale (aour)
Existence élémentaire
(OB)
Nécessité
Puissance magique
(vouloir)
Manifestation potentielle
Charité
Force équilibrante
Liberté
Courage
(oser)
Vie réfléchie et passagère
A mesure que nous descendons l'échelle des émanations de l'Être absolu les principes deviennent plus matériels et, partant, moins métaphysiques. Le Tarot nous enseigne que l'Univers résulte de la participation de l'Humain aux actes créateurs du Divin, profond mystère qui peut jeter de vives lumières sur les théories théologiques de la Chute. Jacob Boëhm, le sublime cordonnier visionnaire, et Claude de Saint-Martin son admirateur et son disciple, donnent sur ce point des éclaircissements faciles à comprendre avec le Tarot et auxquels nous renvoyons les chercheurs curieux.
Dieu se manifeste dans l'Univers par sa troisième émanation irinitaire: la Nature /t(//t//,unte,réîùisée dans le Principe transformateur universel, la Nature naturée réalisée dans l'Involution et enfin dans cette mystérieuse force cyclique que nous avons analysée à propos de l'arcane 15 et que nous nommerons : la Force fatale du Destin. C'est là le Dieu adoré par la science matérialiste et l'on voit, qu'à son insu, elle offre ses hommages à la Divinité elle-même sous sa forme le plus matérielle, tout en se vantant sottement d'Athéisme.
La Mort, La Vie corporelle et la Destinée qui règle leur rapport réciproque vont constituer les principes conservateurs de l'Univers; enfin la Force plastique, la Vie individuelle et la Lumière astrale en circulation vont nous montrer les moyens de Transformation et de Réalisation dont use le Kosmos.
Mais ce sont là des principes abstraits ; si nous voulons les voir en action considérons le ternaire suivant. Le Principe transformateur universel marque son existence par la Instruction des êtres et des choses ; mais aussitôt leprin-
cipe opposé, l'Involution, immortalise la Destruction par l'influx de nouveaux courants divins dans le Chaos.
De même Adam se matérialise par la chute de son esprit dans la matière source de la Mort ; mais la Vie corporelle, source de l'Espérance, prend naissance et donne le moyen du rachat de la faute par la souffrance dans le Corps matériel.
Enfin apparaît la Matière elle-même, terme ultime de l'involution après laquelle va commencer, la grandiose Évolution vers le centre primitif.
Il est inutile de dire que nous n'avons voulu que décrire rapidement les données du Tarot sur la Théogonie, l'Androgonie et la Cosmogonie sans entrer dans aucun détail. Ce sont là en effet questions fort graves qui demandent à elles seules des volumes et nous n'avons jamais eu l'intention de les aborder sérieusement en quelques pages.
L'Esprit Nature naturante de l'Univers en action
Le Principe
en action
La force fatale du Destin
Nature naturée en action
L'Ame de l'Univers
La Vie corporelle
La Destinée
Le Corps de l'Univers
La Force plastique
La Vie individuelle
La Lumière astrale en circulation
La Destruction
L'Immortalité
LaChuteadamique
Le Corps matériel
Les Forces physiques
Résumons donc pour terminer définitivement l'involution des trois grands principes :
de Dieu le Père sont émanés successivement :
La Nature Naturantc puis leur forme.
La Volonté
Le Pouvoir
Le Fluide Universel créateur
Adam réalisé dans le Père a produit la Réalisation et la Lumière astrale, tandis que la Volonté se réalisait dans la Nécessité, le Pouvoir dans la Puissance magique si le Fluide universel créateur dans la Force en puissance de manifestation.
La Nature naturante réalisée dans le Principe transformateur universel a produit la Mort et la Force plastique universelle avec leurs formes : la Destruction, la Chute Adam/que et le Monde visible.
Voilà tous les principes émanés successivement du Père et qui le réprésentent. Résumons-les en un tableau :
DIEU LE PÈRE
Émanations positives
NATURE NATURANTE
liéalisalion Lumière astrale
Mort Force
plastique
Émanations négatives
VOLONTÉ POUVOIR FLUIDE CRÉATEUR
Nécessite\ Puissance magique
manifestible
Destruction Chute Monde
adamique visible
Les deux tableaux suivants, construits sur le même plan que celui-ci, donnent l'émanation des deux autres principes du premier ternaire.
LA NATURE NATURÉE INTELLIGENCE AUTORITÉ VIE UNIVERSELLE Iticolution
Justice Existence Vie
élémentaire corporelle
individuelle
Courage ,
Liberté Immortalité / Vie réfléchie
et passagère
Espérance Forces
physiques
L'humanité
LE COSMOS Destin
BEAUTE
AMOUR ATTRACTION UNIVERSELLE
La Destinée Charité
Prudence Fluide astral Xahash Chaos
(aoub)
équilibrante
Corps matériel
Nous avons donné dans l'Introduction à l'étude du symbolisme un tableau chiffré permettant de déterminer immé- diatement le sens d'une lame quelconque du Tarot.
Appliquons tout ce que nous avons dit du symbolisme de chacune de nos lames à ce sujet et nous construirons le résumé général du symbolisme des arcanes majeurs.
Le nouveau tableau ainsi formé nous donne le sens de tous nos principes quel que soit leur rang et voici comment on obtient ce sens :
USAGE DU TABLEAU
1° Cherchez dans la colonne horizontale à gauche du principe considéré, le sens qui s'y trouve écrit.
2" Le sens connu, revenez à votre principe et cherchez dans la colonne verticale en bas, le grand principe (Dieu, Homme ou Univers), qui s'y trouve inscrit.
V Combinez le sens obtenu tout d'abord avec le nom situé dan. la colonne verticale en ajoutant à la suite le mot (lui-même ou manifeste) écrit dans la colonne verticale qui contient le principe dont vous cherchez le sens.
Un exemple éclairera mieux tout cela.
Soit à déterminer le sens de la Mère :
Premier terme de l'arcane 8.
1° Je cherche dans la colonne horizontale contenant le mot Mère, et je trouve tout au bout à gauche le sens suivant :
Principe conservateur actif.
La Mère est le principe conservateur actif. De quoi?
^ Pour le savoir, je cherche dans la colonne verticale contenant le mot Mère, et tout au bas je trouve Homme ou Humanité.
La Mère est le Principe conservateur actif de V Humanité.
3° J'ajoute au mot humanité le mot situé dans la petite colonne verticale qui contient le mot Mère. Ce mot c'est Lui-même, se rapportant a l'Homme ou elle-même si nous prenons le sens d'Humanité. Nous devons dire :
La Mère est le principe conservateur actif de l'Homme lui-même ou de l'Humanité elle-même.
Cet exemple indique clairement comment on doit faire usage de ce tableau.
résumant le Symbolisme de tous les Arcanes majeurs e
du sens de l'un quelconque de ce
PRINCIPE CREATEUR
PRINCIPE CRÉATEUR Passiï H
PRINCIPE CRÉATEUR Équilibrant
PRINCIPE CONSERVATEUR
PRINCIPE CONSERVATEUR Passif (H
PRINCIPE CONSERVATEUR équilibrant
PRINCIPE RÉALISATEUR
PRINCIPE RÉALISATEUR
PRINCIPE RÉALISATEUR
équilibrai
Dieu le l'ère
La Nature naturante
Pouvoir
La .Nature naturée
Fluide universel
Intelligence
Autorité
La Vie universelle
Réalisation
Lumière astrale
Adam-Ève,l'Humanité Le Cosmos
Beauté
Amolli'
Existence èlémentain
Amoui'
Attraction universelle
Lui-même Manifesté
Prudence (se taire
Fluide astral \"i n
L'HUM
LEAU
permettant de déterminer immédiatement la définition Arcanes. [Voir son emploi ci-contre.
.Nécessité
Principe transformateur
universel
La Destruction
Les Éléments
Puissance magique
La Chute adamique
La Nutrition
La Force on puissance de manifestation
La Force plastique universelle
La liberté
L'Immortalité
Le Mouvement propre
Le Courage (osf.r
La Vie corporelle
La Vie réfléchie
La Vie individuelle
Les Forces physiques.
et passagère
Chante
Le Destin
Le Mouvement de durée relative
Espérance (savoir)
La Destinée
Le Corps matériel
L'Innervation
Force équilibrante
Lumière astrale en circulation
La Matiel !
Le Règne animal
Manifesté
l'Unité
Tableau indiquant en chiffres les révolutions iod hé va i ht Clef du tableau précédent).
en XIII
XIX
VIII
M
III 3
IX
XV
de i
X
I
en XXII
Au président de la Société Théosophique d'Adyar
Le colone Oi.cott.
TROISIÈME PARTIE
APPLICATIONS DU TAROT
Au Thêosophe.
Amarayella.
CHAPITRE XV
CLEF GÉNÉRALE DES APPLICATIONS DU TAROT
Le principe et les formes. - La vingt et unième lame du Tarot est une figureprincipe. - Le Tarot. L'année. - Le Mois. - La Journée. - La \ le humaine.
CLEF GÉNÉRALE DES APPLICATIONS DU TAROT
Nous avons vu que la vingt ei unième lame donnait la clef de la construction du Tarot. L'utilité de cet arcane ne s'arrête pas là ; nous allons voir, en effet, qu'il constitue la clef de toutes les applications du Tarot.
Quelques mots d'explication sont ici nécessaires pour montrer comment une figure symbolique peut s'appliquer, sans subir la moindre transformation, h des conceptions d'ordres très différents.
Prenons un exemple très simple, choisi dans le domaine de la science expérimentale, en appliquant à son étude la méthode analogique. Soit à représenter le phénomène bien connu de la décomposition de la lumière blanche par le
prisme .
Au centre nous dessinons le prisme, indiqué par une figure
triangulaire, d'un côté de ce prisme arrive la lumière blanche figurée par un faisceau parallèle, de l'autre côté sortent les couleurs figurées par des faisceaux réfractés et plus ou moins obliques.
Les mots Prisme, Lumière blanche et Couleurs indiquent toutes les phases du phénomène.
Si cependant nous réfléchissons, qu'après tout, il ne s'agit là que d'une force générale (lumière blanche) qui subit des changements divers suivant la quantité de matière vers laquelle elle se trouve en contact (différentes épaisseurs du prisme)1, il nous sera facile d'arriver à une autre conception de la figure.
En effet les travaux de Louis Lucas, repris inconsciemment par les savants contemporains, démontrent avec évidence l'unité de la force en action dans la Nature. Les différentes forces physiques, chaleur, lumière ou électricité, ne sont que les représentations de celle force unique modifiée différemment suivant la quantité de matière avec laquelle elle se trouve en contact.
Ainsi la lumière blanche, en contact avec beaucoup de matière à la base du prisme, eu sort violette, de même, la force unique, en contact avec beaucoup de matière, en sort chaleur, en contael avec peu de matière elle en sorl lumière ou électricité.
1. Voy. Louis Luca*3, Chimie nouvelle, chap. de Vangulaison ,
Nous pouvons donc représenter ce nouveau phénomène sans changer quoi que ce soit à la forme de notre figure, les mots seuls changeront:
Ainsi les différentes quantités de matière sont représentées par les différentes épaisseurs du prisme, la force unique correspondant à la lumière blanche par le faisceau parallèle, les forces physiques diverses, répondant aux diverses couleurs par les faisceaux réfractés.
Si l'on objecte que ces deux exemples sont du domaine do la physique et que cela ne suffit pas pour généraliser un phénomème à ce point, nous répondrons à cette objection parce dernier point de vue tiré de la physiologie.
La physiologie nous enseigne que tous les organes agissent sur l'influence du sang dans l'homme. Ainsi le sang agissant sur la glande salivaire donnera naissance à de la salive, agissant sur les glandes de l'estomac, il donnera naissance à du suc gastrique, agissant sur le foie il produira dans certains cas la bile, etc., etc.
En somme, ce phénomène physiologique se réduit à un agent unique (le sang) agissant sur des organes différents (glande salivaire, estomac, foie) et donnant naissance à des productions d'ordres également différents (salive, suc gastrique, bile).
Ne pouvons-nous pas représenter exactement les différents organes par les différentes épaisseurs du prisme?
Les différentes transformations de la force unique par les rayons réfractés, et cette force unique elle-même par le faisceau parallèle?
La correspondance est absolue et notre même figure s'applique encore ici exactement :
Ainsi la figure n'a jamais changé ; les mots seuls appliqués aux différentes parties de cette figure ont varié. Telle est la base de la science occulte tout entière et de la méthode analogique : un principe tixe et invariable toujours le même (Ex. : la figure! sur lequel viennent s'appliquer successivement différents ordres de phénomènes.
La vingt et unième lame du Tarot est une figure-principe dans le genre de celle du prisme que nous venons d'étudier et quelques exemples de ses applications vont nous éclairer amplemenl à ce sujet.
Cette vingt et unième lame <\u Tarol représente, nous l'avons vu, les quatre animaux des Évangélistes pinces aux quatre coins de la carte. Au centre esl représentée une femme, image de l'Humanité, et, entre les deux symboles, une couronne de forme elliptique.
Ceci nous indique qu'il y aura toujours dans toutes les applicationde cette lame quatre principes fixes (puisque les symboles placés aux quatre coins du carré ne peuvent
tourner) et un certain nombre de principes mobiles figurés par la roue, rota qui occupe le milieu des symboles.
Cette figure ne doit jamais changer, puisque c'est une figure-principe, les mois appliqués au symbole doivent seuls varier.
Ainsi nous avons vu les quatre symboles suivants :
Devenir
Homme
Aigle
Couronm
Bœuf-
Lion
lia Ion
Epée
Coupe
Comme on le voit aucun symbole n'a changé, les mois seuls ont varié. 11 en est de même dans toutes les applications du Tarot,
Ainsi, si nous prenons l'astronomie, les quatre figures seront les quatre saisons, la couronne sera le zodiaque et la femme nue (Eve) le système animateur du zodiaque: les planètes,
Hiver
Automne
Printemps
Qui nous indiquera la marche du soleil pour donner naissance à l'année. Voulons-nous savoir celle de lu lune pour donner naissance au mois, les quatre saisons deviendront les quatre phases lunaires, le zodiaque sera les vingt-huit maisons de la lune et le centre, le soleil animateur de la lune, ainsi :
Nouvelle Lune
Dernier Quartier
Premier Quartier
Pleine Lune
Voulons-nous voir l'horoscope ou la marche ïïun seul /'ow% la figure suivante \;i nous le donner.
N'uil
Aurore
Soir
Midi
C'est /« te/re qui joue ici le rôle que joiuiil la lune dans le mois et le soleil dans Tannée.
Ces données astronomiques nous fatiguent-elles, étudions le cercle de la Vie humaine et la figure prendra ce nouvel aspect.
Vieillesse
Age mûr
Fatalité
Enfance
Jeunesse
Symbole profond qui nous indique que la Volonté humaine est la créatrice de la fatalité dans laquelle se meut l'homme sous l'influence du cycle providentiel des quatre âges de la vie humaine. Si l'on sait que la Providence (cercle extérieur) agit surY Avenir, la Fatalité (cercle médian), sur le Passé et la Volonté humaine (cercle intérieur) sur le Présent, on verra la base du Tarot divinatoire.
Nous pensons ces exemples assez clairs pour ne pas insister davantage et nous allons étudier quelques-unes des applications du Tarot laissant au chercheur le soin d'en déterminer un plus grand nombre.
.1 V auteur des Mystères de l'Horoscope.
Ely Star.
CHAPITRE XVI
LE TAROT ASTRONOMIQUE
Astronomie égytieuae. -- Les quatre saisons. -- Les douze mois. — Les trentesix Decans. — Les Planètes. — Rapports absolus avec le Tarot. — Figure résumant l'application du Tarot à l'Astronomie. — Clef des travaux astrologiques de Chris' ian. — Le Tarot astronomique d'Oswald Wirth.
LE TAROT ASTRONOMIQUE
Afin de montrer l'exactitude des principes de la construction du Tarot que nous avons donnés jusqu'ici, nous allons prendre comme exemple de la première application la constitution même de l'univers enseignée par l'Astronomie,
On sait que les Égyptiens divisaient l'année en quatre saisons, composée chacune de trois mois. Chaque mois était composé de trois décatis ou périodes de dix jours, ce qui donnait trois cent soixante jours pour l'année. Ils ajoutaient, pour compléter, une période de cinq jours ou Epagomènes placés après le 30e degré du Lion (août).
Nous devons donc retrouver dans notre Tarot :
1° Les quatre saisons;
2° Les douze mois ou mieux les douze signes du zodiaque ;
T Les trente-six décans.
De plus chaque mois ou mieux chaque signe zodiacal est régi par une planète ainsi que chaque décan.
1" Les Quatre Saisons.
Les quatre figures du Tarot répondent absolument aux quatre saisons de l'année.
Ainsi, si nous considérons la vingt et unième lame du Tarot, origine, comme nous l'avons vu, de toutes ses applications, nous verrons que les quatre figures des coins représentent les quatre couleurs du Tarot et ici les quatre saisons de l'année.
La partie elliptique placée entre ces quatre figures et le centre répond au zodiaque et à ses divisions.
Enfin la partie centrale répond aux planètes qui intluent sur tout le système.
doi-vâon
J.OU<>OfL
^ctcôo/u
JcCc^iQIL
2° Les 12 Signes du Zodiaque.
Chaque couleur représente une saison. Chaque saison est composée do trois mois, comment seront donc repré- sentés tes mois dans notre couleur?
Les mois seront représentés par les figures et les correspondances s'établissent ainsi :
r0I- |er Mois ou Mois Actif de la Saison. Mois Créateur,
lod.
Dame. 2= Mois ou Mois Passif de la Saison. Mois Conser-
vateur. Hé.
CAVALIER. 3e Mois ou Mois Réalisateur, Équilibrant de la Saison. Vau.
Valet. Transition d'une saison précédente à la saison sui-
vante. Epagomène1.
(Voyez, pour plus de détails. La première partie de notre étude sur le Tarot j.
.Nous trouvons donc douze ligures répondant aux douze signes du zodiaque ainsi qu il suit :
Roi de Bâton Le Bélier \
Bâton Dame Le Taureau printemps
Cavalier Les Gémeaux
Roi de Coupe Le Cancer ^
Coupe Dame Le Lion ( été
Cavalier La Vierge
Valet Transi/ion Epagomène
Roi d'Épée La Balance
Épée Dame Le Scorpion
Cavalier Le Sagittaire
Roi de Deniers Le Capricorne \
Deniers Dame Le Verseau , hiver
Cavalier Les Poissons )
I. Ainsi le Tarot place un epagomène, ou jour complémentaire, après chaque saison.
(Iliaque saison se divise en trois mois; mais chaque mois se divise en trois décans ou période de dix jours.
Pour déterminer quelles sont les lames du Tarot repré- sentant ces nouvelles divisions, il nous suffit de nous souvenir des rapports existant entre les figures et les nombres dans les arcanes mineurs.
Si nous prenons l'une des figures, le Roi, par exemple, nous savons que ce roi gouverne les lames : As, deux et trois et le premier ternaire .
Nous aurons donc les rapports suivants.
Roi de Raton, signe zodiacal du Rélier.
As. 1er Décan ou Décan actif du Mois Décan créateur,
lod.
Deux. :2e Décan ou Décan passif du Mois. Décan forma-
teur, conservateur. Hé.
Trois. 3e Décan ou Décan équilibrant. Vau.
Quatre. Transition du troisième Décan de la série actuelle
au premier Décan de la série suivante qu'il constitue.
Voilà donc comment les trente-six décans se trouvent représentés dans le Ta roi :
' As de Bâton
À cr
Décan
Roi •
> du Bélier
I er
Décan
[ du Taureau
Décan
des Gémeaux
Valrt lu Transition. Epagomène
As de Coupe
Cavalier ' S
IAs d'Épée
Dame î 5
1 As de Deniers
Cavalier { «S
Ier Déci n
Epagomène
Epagomène
le1 Décan
du Cancer
du Lion
de la Vierge
de la Ralance
' du Scorpion
de Sagittaire
du Capricorne
du Verseau
des Poissons
Chaque décan, gouvernant dix degrés du cercle zodiacal, répond à un certain nombre de jours du mois. Il s'ensuit que chacune des cartes des arcanes mineurs répondant à
un clécan représente une certaine fraction de l'année ainsi
qu'il suit :
As de Bâton lï au .30 mars
pour voir quels sont les jours auxquels répond chaque clécan il suffit de consulter le tableau placé à la fin de cette étude sur le Tarot astronomique.
C'est là la base du Tarai astrologique, qui permet de dresser un horoscope avec les lames du Tarot; mais comme cette application sortirait du cadre purement scientifique que nous nous sommes assignés, nous n'en dirons pas plus long pour le moment à ce sujet.
Eu résumé, nos arcanes mineurs sont intégralement représentés dans le Tarot astronomique et déterminent exactement le champ dans lequel vont se mouvoir les planètes qu'il nous reste maintenant à considérer.
Dp* Planètes.
Les Arcanes majeurs sont représentés clans cette application du Tarot par le septénaire des planètes agissant sur
Chaque signe zodiacal et chaque décan est gouverné par une planète et le rapport des planètes avec ces différents signes est indiqué par le tableau ci-joint.
Ce tableau permet de comprendre tous les travaux de Christian1 et d'Ely Star2 sur l'Astrologie. 11 indique de plus les correspondances astronomiques de toutes les lames du Tarot. Voici sa construction :
Les quatre figures de la vingt et unième lame du Tarot sont ici devenues représentatives des quatre saisons de l'année et des quatre couleurs du Tarot.
Le centre de la vingt et unième lame répond aux sept planètes animatrices du système de l'année.
Enfin entre ces deux termes roule I'Ellipse zodiacale, ellipse qui contient la clef des influences des arcanes majeurs (planètes) sur les arcanes mineurs (signes et décans). Ainsi ce tableau est, en même temps qu'une preuve de la sûreté de notre système d'explication du Tarot, une clef magnifique de ce Tarot lui-même. (Voyez, ce tableau page 258).
1. Christian, Histoire île la Magie, Paris, 1834, in-8.
Afin de montrer la concordance de nos déductions avec les données des Bohémiens eux-mêmes, nous donnons les deux extraits suivants lires de Vaillant (Les Rômes, Histoire des Bohémiens).
QUELQUES DONNÉES DES BOHÉMIENS
SUR LE TAROT ASTRONOMIQUE
La carte 21 intitulée le Monde ou le Temps, est, en effet, le temps du temple et le temple du temps.
Elle représente une couronne de fleurs de forme ovale, divisée en quatre parties par quatre fleurs de lotus, et soutenue par les quatre têtes symboliques que saint Jean a empruntées à Ézéchiel, et celui-ci aux chérubins H aux séraphins d'Assyrie et d'Egypte.
Ces quatre têtes sont celles :
De l'Aigle symbole de l'orient, du matin, de l'équinoxe du printemps.
Du Lion du Midi et du solstice d'été.
Du Bœuf du Soir de l'Occident et de l'équinoxe d'au-
tomne.
De l'Homme — de la Nuit, du Septentrion et du solstice
d'hiver.
Au milieu de cette couronne, symbole de l'œuf du monde, est une femme nue, symbole d'Eve; elle a un pied en 1 air, symbole du temps qui court; et tient dans sa main deux bâtons égaux, symboles de la balance el de l'équilibre du temps, de la justice -'I de l'équité des hommes, de l'égalité des jours et des nuits, de l'homme et de la femme.
Cette Eve esl la grand'mère (Ava ou Ebe) qui verse aux astres, dieux-hommes du ciel, el aux hommes, astres-dieux (je la terre, le nectar el l'ambroisie de l'immortalité, l'ombre el la lumière de l'éternité (Aon) dont la couronne
qui l'entoure est la mer ou l'océan, l'enceinte ou le vase, l'arche ou le vaisseau.
Ce symbole n'est pas nouveau, il est l'expression, dans toute l'antiquité, de la nature du monde, la synthèse des arcs du cercle, l'alliance des arches de la sphère dont les Hébreux ont fait l'arche d'alliance, la modification de cette antique monnaie de la Crète qui avait pris celte arche du monde, alliance des arcs du ciel, pour le principe de la justice qui fait son nom. Et, en effet, le nom de Kudas de cette Ebée de Crète exprime clairement la justice, saduk, qui fait de ce Melchi sedek l'esprit du Seigneur et de ce( esprit (Bon) du soleil la justice du temps des astres et de la vie des hommes; de là suit queiVoé qui lui-même n'est autre que l'esprit (Bon) de l'éternité (Aon) des siècles (Aïon) a été qualifié de prseco-justitiœ, dévélateur de justice.
Le Tarot est une déduction du livre sidéral d'Henoc/i qui est Henochia; il est modelé sur la roue astrale d'Atkor, qui est As-tarotk, semblable à Vot-tara indien, ours polaire ou arc-tura du septentrion ; il estla force majeure (tarie) sur laquelle s'appuient la solidité (ferrale) du monde et le firmament sidéral de la terre; conséquemment, comme l'ours polaire dont on a fait le char du soleil, le chariot de David et d'ARTHUR, il est, l'heur grec (tuché), le destin chinois (tiko), le hasard égyptien (tiki), le sort (tika) des Rômes ; et qu'en tournant sans cesse autour de l'ours du pôle, les a sires déroulent à la (erre le faste et le néfaste, la lumière et l'ombre, le chaud et le froid, d'où découlent le bien et le mal, l'amour et la haine qui font le bonheur (evtuchié) et le malheur (dis-tuchié) des hommes.
En effet, Sephora est une des harmonies de cette triade s. f. r. dont l'unité fait de la Sphère du monde, la lumière (Sapher) le chiffre (Sipher) et la parole {Sephora) des Hé- breux; aussi est-ce de cette sphère
dont ht lumière est la vérité
dont le zodiaque est le livre qui la contient et dont les étoiles sont les chiffres et les lettres qui la nomment, que les Anaks ont puisé leur Tara, les Bohémiens leur Tarot, les Phéniciens leur As-tharot, les Égyptiens leur Athor, et les Hébreux leur Thorah.
Enfin nous ne pouvons terminer cette étude sur le Tarot astronomique sans parler des travaux d'Oswald Wirth sur ce sujet. Les conclusions de cet auteur diffèrent quelque peu des nôtres ; mais nous tenons à donner son travail en entier pour mettre chaque lecteur à même de juger en toute connaissance de cause.
TRAVAUX D'OSWALD WIRTH SI R LE TAROT ASTRONOMIQUE
Selon Christian les vingt-deux arcanes majeurs du Tarot représentent les peintures hiéroglyphiques qui se trouvaient peintes surles entre-colonnements d'une galerie que devait traverser le néophyte dans les initiations égyptiennes. Il y avait de la sorte douze colonnes au Nord et autant au Midi, si»it onze tracés symboliques de chaque côté. Ceuxci étaient expliqués successivement aux aspirants à l'initiation dont ils contenaient les règles et les principes.
Les arcanes correspondant aux vingt-deux lettres de l'alphabet hébreux devaient être disposés sur les parois des cryptes secrètes des temples d'Osiris dans l'ordre qu'indique la figure suivante :
H
K
Bateleur
Papesse
Impér.
Emper,
Amoureux
Chariot
Ermite
Roue de fortune
H
K
U
llonde
Jugement
F
Soleil
Lune
Etoiles
Maison
D
Diable
Tempér"
Mort
Pendu
X
Ce qui confirme celte opinion ce sont les correspondances que l'on constate entre les arcanes ainsi mis en regard les uns des autres.
Il est évident au premier abord que les arcanes 2, 3, 4 et 5 forment un groupe complet par lui-même. Ce groupe correspond à celui que constituent les arcanes 21, 20, 19 et 18. Or. dans l'interprétation des symboles chaque arcane doit être étudié dans ses rapports avec les arcanes voisins et surtout avec ceux qui lui font pendant dans le groupement qui vient d'être indiqué. Ainsi l'arcane 2 "2 la Papesse, ne doit pas être comparée uniquement a l'A. 1 tf, le Bateleur et 3, 41, l'Impératrice; mais encore à l'A. 5 H. Lune. En procédant de la sorte pour chacun des vingt-deux arcanes ou constate entre eux une étroite solidarité de signification et l'on acquiert des lumières absolument inattendues sur le plus ancien des livres sacrés que nous possédions.
Il est à remarquer que les arcanes 7, 8, 9 et 10 repré-
sentent un nouveau quaternaire auquel en correspond un dernier composé des arcanes 16, 15, 14 et 13. Nous avons de la sorte seize pantacles divisés en quatre quaternaires présentant un sens général déterminé. Restent six autres pantacles placés par deux au commencement, au milieu et à la fin de la double série des arcanesdu Tarot. Ces six arcanes paraissent encadrer les autres et tirer de ce fait une importance d'autant plus grande. Leur signification se découvre aisément par leur comparaison mutuelle et l'application judicieuse des lois de l'analogie qui fournissent les clefs du Livre de Thot aussi bien que celles du Livre Eternel tenu entr'ouvert par la Nature symbolisée sous la figure d'Isis sous l'arcane 2 3 la Papesse.
Mais il convient dans ces recherches de procéder avec méthode par le moyen d'une analyse progressive partant de l'ensemble pour arriver à 1'arcane isolé, lequel demande lui-même à être examiné sous les aspects multiples qu'il présente. Ce travail de dissection une fois effectué, il s'unit de revenir sur ses pas en recomposant synthétiquemenl le tout par une opération inverse de la première.
Pour appliquer ici ces principes, répétons d'abord que le Tarot considéré dans son ensemble est le Livre Sacré par excellence de l'initiation. Or, on arrive à celle-ci par deux voies différentes selon que l'on épanouit jusqu'à leur maxi • mum, les puissances qui sont en nous-mêmes, ou que nous nous mettons en étal de subir l'action des forces cosmiques qui nous sont extérieures. D'une façon comme de l'autre, bien que par des moyens opposés, on peut parvenir à l'accomplissement du Grand-OEuvre. (l'est ce que signifie le précepte hermétique disanl que la pierre philosophais peut se préparer par la voie sèche et par la voie humide, par la teinture rouge, comme par la teinture blanche. L'Initiation, androgyne dans sou ensemble, se
subdivise donc en mâle et femelle. Elle est masculine depuis les arcanes 1, tf àll D et devient féminine clans les arcade numéro dans le Tarot, bien qu'il soit éminemment passif en essence, il convient de le laisser en dehors de la série féminine, pour des raisons que l'on découvrira en étudiant la signification propre de chaque arcane, puis séparément.
Contentons-nous donc de constater pour le moment que l'initiation masculine ou dorienne part d'tf pour aboutir à D; tandis que l'initiation féminine ou ionienne part de W pour aboutir à S. Les deux s'unissent et se complètent dans l'initiation androgyne qui peut partir d'tf pour aboutir àttfoù partir de 'W pour y revenir après avoir parcouru toute la série des arcanes clans l'ordre inverse des nombres qu'ils portent.
Mais l'initiation ne se présente pas seulement sous le double aspect d'activité et de passivité représenté par le Nord et le Midi; elle peut encore être envisagée au point de vue de la lumière et de la vie, c'est-à-dire de l'instruction intellectuelle de l'initié et de son éducation morale. Sous ce rapport le Tarot est divisé par les arcanes 6 7, l'Amoureux et 17 S, les Étoiles, en doux parties figurant l'Occident et l'Orient.
Cette double division engendre les quatre quaternaires dont nous avons parlé. Chacun représente une région spé- ciale dont l'orientation nous indique le sens général. Le Norcl-Ouest correspond de la sorte à l'activité intellectuelle; le Nord-Est à l'activité morale; le Sud-Ouest à la passivité intellectuelle, et le Sud-Est à la passivité morale. Ces quatre tendances se résument en outre dans les arcanes 1 tf, le
L'arcane 6 1, l'Amoureux indique le passage de l'intellectualité active h son application morale ; l'arcane 1 7 S. Les
Étoiles, forme la transition outre l'intellectualité passive et sa mise en œuvre par la pratique dos pouvoirs occultes.
Nous croyons en avoir dit assez pour mettre maintenant chacun à même de trouver par lui-même la signification complexe de chacun des arcanes du Tarot. Nous terminerons donc cette esquisse par quelques rapprochements destinés à prouver que l'ordre d'après lequel nous disposons les arcanes du Tarot ne constitue pas un système purement arbitraire.
On reconnaîtra facilement, en effet, qu'une parenté d'opposition relie entre eux les arcanes groupés en quatre quaternaires autrement disposés que les quatre premiers déjà examinés.
Papesse
Impératrice
Empereur
P
Monde
Lune
Jugement
Soleil
Ghariol
Roue de Fortune
Ermite
D
D
Maison de Dieu
Mort
Diable
Tempérance
L'analogie des sens est frappante surtout entre les arcanes 7 et 16, 10, et 13; lesquels présentent un sens antagoniste dès que Fou compare 7 avec 16 et 10 avec 13. — Il en est de même pour les trois autres quaternaires figurés ci-dessus, bien que la chose soit moins visible au premier aspect. Laissons, sous ce rapport, le champ libre à l'investigation individuelle et passons à l'étude du Tarot à un autre point de vue.
Les 22 arcanes majeurs du Tarot comparés aux figures représentant les constellations sur la sphère céleste d'après les planisphères grecs et égyptiens.
Le Tarot que nous possédons représente une série d'images symboliques adaptées à l'idéologie du xive siècle et fixées par l'invention de la xylographie. Il nous est impossible de remonter à travers la nuit du moyen âge jusqu'à l'origine des vingt-deux figures significatives connues sous le nom d' « atouts » dans le jeu de soixante-dix-huit cartes au moyen duquel les Bohémiens prétendent révéler les secrets de la destinée.
On a reconnu néanmoins que ces arcanes majeurs du Tarot sont les reproductions défigurées d'un modèle primitif remontant à la plus haute antiquité. Retrouver ce modèle dans sa pureté originelle n'est pas chose facile, et s'il est possible de parvenir à ce résultat, ce ne peut être que par une étude judicieuse de toutes les manifestations du symbolisme à travers l'histoire des mythologies orientales. Cellesci nous ont légué un monument hiéroglyphique d'une immense importance dans les figures représentatives des signes du zodiaque et des autres constellations delà Sphère céleste. Or, il est intéressant au plus haut point de constater que ces figures allégoriques correspondent absolument
à celles que nous retracent les vingt-deux arcanes majeurs du Tarot. De ce rapprochement peut jaillir une lumière intense sur la genèse des connaissances humaines. Caria parenté d'origine qui relie manifestement les feuillets du livre de Thot aux subdivisions des planisphères grecs et égyptiens, porte à supposer que de part et d'autre on se trouve en présence d'une adaptation spéciale, faite d'après des données dont les documents nous manquent encore jusqu'à présent, mais que nous fourniront peut-être des recherches compétentes sur l'Inde primitive.
Quoi qu'il en soit, les arcanes du Tarot expliquent de nombreuses anomalies de la mythologie grecque. Ne pouvant entrer à ce sujet dans des détails minutieux, ce qui nous entraînerait hors du cadre de la présente notice, nous nous contenterons d'offrir au lecteur un tableau indiquant les constellations qui paraissent correspondre aux vingtdeux arcanes majeurs du Tarot et par suite aux vingt-deux lettres de l'alphabet hébraïque, bien que cette dernière correspondance soit beaucoup moins rigoureusement établie. Nous tracerons ensuite un planisphère en groupant les arcanes du Tarot selon l'ordre des constellations, et nous terminerons enfin par un panlacle eu forme de double hexagramme, (huis lequel les lettres de l'alphabet hébraïque figurent les signes du zodiaque et les constellations circumpolaires auxquelles elles correspondent d'après notre premier tableau.
Tableau d'Oswald Wirth
Z
AIQUE
lNTE
DENOMINATION
DES ARCANES
CONSTELLATIONS
(Mon — Le Taureau
Cassiopée
L'Impératrice
La Vierge
Hercule, Lyre et Couronne boréale
Bélier
Aigle, Antinous et Sagittaire
Grande Ourse
S
Balance
Bouvier
La Roue de fortune
Capricorne (opposé à Sirius)
J
Lion (et Vierge)
Persée
Dragon du Pôle
Verseau
D
Chèvre et Cocher
J
La Maison de Dieu
Scorpion, Ophiucus
Les Etoiles
Andromède, les Poissons
Cancer, Sirius et Procyon
F
Les Gémeaux
Le Cygne
Petite Ourse et Polaire
Céphée
PLANISPHÈRE
SELON LES DONNÉES DU TABLEAU PRÉCÉDENT
par OSWALD W1RTH
Tempérance
Verseau
Houe de Fortune
Capricorne
Sagittaire
Etoiles
Maison de Dieu
Poissons
Cassiopée
Cépliée
Le Cygne
Scorpion
A
Bélier
Persée
Polaire
Dragon
Hercule
lia lance
Bateleur
Diable
[nipératri
Taureau
Le Cocher
(li ande Ourse
Le Bou\ ier
\ iei ge
M
Soleil
Lune
i iéniau \
Lion
Pantacle d'Oswald Wirtii nés du Zodiaque et constellations circumpolaires Rapports avec le Tarot.
Au F.'. Bertrand, vrn. .
CHAHTM-: XVII
LE TAROT INITIATIQUE
Le travail de Cl). Barlet sur ce sujet. — Involhtion ci évolution. — Les heure? d'Apollonius de Thyane. — Les phases de l'initiation figurées par le Tarot.
LE TAROT INITIATIQUE
APPLICATION DU TAROT AUX DOCTRINES THÉORIQUES ET PRATIQUES DE L INITIATION
Notre frère et ami F.-Ch. Barlet a fait, sur ce sujet, un travail fort intéressant que nous donnons in extenso. Nos lecteurs y verront la concordance étroite qui existe entre ses conclusions et les nôtres.
INITIATION
Dans l'antiquité les savants étaient aussi des sages, témoins Pythagore, Platon, Aristote; de nos temps, au contraire, la science et la sagesse se cherchent sans réussir à se rencontrer, ou se heurtent en un conflit mortel : la question religieuse. On peut voir cependant combien une telle séparation est contre nature par l'étude de ces philosophes positivistes à qui leur science étendue et leurs admirables efforts pour édifier une synthèse de sagesse scientifique méritent avec raison le premier rang dans le monde intellectuel moderne. Tandis que leur aphorisme fondamental est que rien n'est abordable à l'homme au delà du monde des phénomènes, leurs ouvrages témoignent de tendances toujours croissantes à franchir en dépit d'eux-mêmes les limites qu'ils voudraient s'imposer; entraînés qu'ils sont par celle Nature qu'ils aiment et qu'ils connaissent mieux que qui que ce soit dans ses manifestations ultimes. On peut les comparer à des insectes enfermés derrière la vitre d'une fenêtre; ils s'y heurtent en désespérés, distinguant clairement Je rayon qui doit les conduire à la source de toute lumière sans pouvoir le suivre au delà de leur prison. Lesspiritualistes, au contraire, libres au dehors et comme perdus dans l'océan lumineux, \ voguenl sansbous-
sole, incapables de trouver ce rayon conducteur, desespoir des positivistes.
Il est cependant une école qui promet de guider les uns, de délivrer les autres, de diriger chacun vers le foyer si désiré de la Vérité; école méconnue, peu fréquentée, comme tout degré transcendant, mais dont les maîtres ont toujours fait preuve d'une science considérable : c'est celle de la Tkéosophie, spiritualisme positif conservé longtemps dans les mystères antiques, transmis avec plus ou moins de pureté parles Cabalistes, les Mystiques, les Templiers, les Rose-Croix et les Francs-Maçons, dégénéré souvent comme toute doctrine qui se divulgue prématurément, mais caché toujours au fond de toute religion et soigneusement entretenu en tous temps dans quelques sanctuaires géné- ralement ignorés dont l'Inde est encore le foyer principal.
Le secret de la Théosophie, pour concilier la science avec la métaphysique, est dans un certain développement pratique des facultés humaines propre à étendre les limites de la certitude. Essayons d'en comprendre d'abord la possibilité.
L'examen attentif de toute méthode scientifique, si positive qu'elle soit, prouve qu'il n'y a d'évidence, de certitude que dans les axiomes, et que l'échafaudage fragile et changeant de nos sciences, édifié sur cette base inébranlable, est dû tout entier à Xintuition dont l'observation et l'expérience ne sont que les instruments.
D'un autre coté, le champ de la perception directe où l'intuition s'exerce est susceptible d'extension ; c'est ce que démontrent particulièrement les phénomènes d'hypnotisme ou de magnétisme, tourment de nos sciences modernes, où les limites de la matière opaque, de l'espace et du temps sont supprimées dans une mesure variable mais incontestable.
Enfin, dans ce champ des f acuités transcendantes, la perception ne se rapproche pas toujours également de cette certitude invincible qui caractérise l'axiome, car, parmi les sujets hypnotisantes ou magnétisables, la lucidité matérielle offre une foule de nuances qui se répètent, dans l'ordre intellectuel, entre les fantaisies d'une imagination déréglée et les révélations sublimes du génie sainement inspiré.
On ne sort donc pas des données positives de l'observation et de l'expérience en affirmant que la perception physique ou intellectuelle de l'être humain est capable de s'étendre au delà des sensations et des jugements ordinaires, et que, dans les régions transcendantes qu'elle peut atteindre, elle est susceptible déplus ou moins de certitude. Cette affirmation offre à la connaissance humaine des horizons nouveaux, une hiérarchie de nouvelles causes immé- diates, et la perspective d'une progression indéfinie dans la science.
Or, la Théosophie enseigne à l'homme l'entraînement qui lui permet d'aborder ces régions transcendantes de la perception, en le préservant de l'illusion à travers les forces et les êtres nouveaux qu'il y rencontrera, c'est cet enseignement qui constitue Y Initiation.
La légère esquisse qui va être donnée et dont le lecteur ne devra attribuer la grossièreté qu'à l'impéritie de l'étudiant qui l'entreprend, pourra du moins donner une idée des principes par lesquels la Religion et la Philosophie, la Sagesse et la Science se trouvent unies dans la Théosophie.
L'Initiation comprend deux parties différentes mais solidaires : la Théorie des ressources et des nécessités d<> son
entreprise, que le néophyte reçoit toujours sous bénéfice d'inventaire, avec la réserve absolue de sa liberté de pensée — et la pratique, où il s'exerce, sous la direction de ses maîtres, à l'entraînement physique, intellectuel et moral qui doit faire de lui un Initié.
La Théorie, enseignement primaire de la Théosophie, en est comme la définition préalable; c'est elle qui fournit à peu près exclusivement la matière des publications théosophiques: il faut donc se garder de se croire initié parce que l'on possède ces ouvrages publics ; leur connaissance estime préparation excellente, mais rien de plus.
Cette théorie se trouve disséminée dans une foule d'ouvrages plus ou moins connus, d'accès plus ou moins facile aussi ; mais il en est bien peu qui l'exposent assez simplement et assez méthodiquement dans son ensemble pour satisfaire tout débutant. Cette première difficulté, due surtout à l'état actuel des esprits qui ne permet pas d'enseignement régulier, correspond aussi à la diversité des intelligences. Les unes, tout ouvertes d'avance aux doctrines théosophiques, en abordent avec un égal profit quelque détail que ce soit; d'autres, au contraire, qui ne pourraient les accepter a priori dans leur ensemble, y pénètrent volontiers par quelque porte secondaire qui leur convient spécialement, mais qui souvent les oblige à d'énormes détours à travers nos sciences et nos philosophies. Ainsi les débuts doivent être fort variables et demandent à être dirigés par quelque confrère déjà plus avancé, capable de discerner l'état intellectuel et moral de l'aspirant.
C'est pourquoi aucun ouvrage ne pourrait être spécialement recommandé ici sans inconvénient. On trouvera une excellente bibliographie des ouvrages théosophiques dans le Traité élémentaire de science occulte, par Papus. Voici
en outre, indiquée dans son ensemble, une suite d'études,
longue mais sûre, pouvant former une transition ménagée du positivisme à la Théosophie :
Les faits : Étudiez : Richet, — d'Assier, — Liebault, — Philipps, — Dupotet, — Reichenbach, — Mesmer, etc... Les hypothèses d'ensemble : Comte,,— Stuart Mill, — Bain, — Ribot, — Spencer, — Taine, etc.
Les philosophes : Du Prel, — Hartmann, — Schopenhauer, — Hegel. — On trouvera alors grand profit dans les plus anciens : Spinosa, — Leibnitz, et jusqu'à l'antiquité, Aristote, — Platon, — les Néoplatoniciens, — les Pythagoriciens, — puis les savants modernes mystiques : Wronsky, — Fabre d'Olivet, — Lucas, etc. On est alors en pleine Théosophie. Cette série demande cependant encore bien des modifications selon le caractère, les aptitudes scientifiques de l'étudiant. Il faut cependant indiquer quelques traits de cette théorie nécessaire à l'intelligence de notre sujet principal; le lecteur voudra bien se souvenir seulement que le procédé de leur exposition est tout personnel à l'auteur de cet article, et n'en imputera pas les erreurs à la Théosophie elle-même.
Nos sciences positives donnent pour dernière formule du inonde sensible :
Pas de matière sans force; pas de force sans matière.
Formule incontestable,, mais incomplète si l'on n'y ajoute le commentaire suivant :
1° La combinaison de ce que nous nommons Force et Matière se présente en toutes proportions depuis ce que l'on pourrait appeler la Force matérialisée (la roche, le minéral, le corps chimique simple) jusqu'à la Matière sub-
tilisée ou Matière Force (le grain de pollen, le spermatozoïde, l'atome électrique); la Matière et la Force bien que nous ne puissions les isoler s'offrent donc comme les limites mathématiques extrêmes et opposées (ou de signes contraires) d'une série dont nous ne voyons que quelques termes moyens; limites abstraites mais indubitables.
2° Les termes de cette série, c'est-à-dire les individus de la nature, ne sont jamais stables; la Force, dont la mobilité infinie est le caractère, entraine comme à travers un* courant continuel d'un pôle à l'autre, la matière essentiellement inerte qui s'accuse par un contre-courant de retour. C'est ainsi, par exemple, qu'un atome de phosphon; emprunté par le végétal aux phosphates minéraux deviendra l'élément d'une cellule cérébrale humaine (matière subtilisée) pour retomber par désintégration dans le règne minéral inerte.
3° Le mouvement, résultat de cet équilibre instable, n'est pas désordonné; il offre une série d'harmonies enchaînées que nous appelons Lois et qui se synthétisent à nos yeux dans la loi suprême de Y Evolution.
La conclusion s'impose : Cette synthèse harmonieuse de phénomènes est la manifestation évidente de ce que nous nommons une volonté.
Donc, d'après la science positive, le monde sensible est l'expression d'une volonté qui se manifeste par l'équilibre instable, mais progressif de la Force et de la .Matière.
11 se traduit par ce quaternaire :
I. Volonté (source simple)
III. Force (Éléments de la Volonté polarisés) - II. Matière
IV. Le Monde Sensible
(Résultat de leur équilibre instable, dynamique)
La méthode positive ne nous permet pas de nous arrêter là : 11 faut analyser la Volonté ;i son tour. Abrégeons ici
cette analyse que le lecteur fera sans peine avec tous les traités de psychologie; elle conduit, à travers les deux termes opposés de Y affirmation et de la négation, h une nouvelle cause supérieure, d'apparence simple, Vidée que l'analyse décomposera encore en conscience et inconscience pour remonter sans pouvoir aller plus loin à ce terme absolu Y Un h la fois conscient et inconscient, affirmatif et négatif, force et matière, innomable, incompréhensible pour l'homme.
Désignons ce terme suprême par A, et l'atome matériel par Q, nous aurons, d'après notre analyse, pour représentation de l'Univers, la série suivante de quaternaires hiérarchisés :
(3) Conscience (2) Inconscience
(6) Affirmation (5) Négation
(9) Force (8) Matière
(10) le Cosmos
Monde Divin (Le Transcendant)
Monde Intelligible (La Logique)
Monde Sensible i La Science positive)
Les termes extrêmes, % et <->, Esprit et Matière, également inaccessibles à l'intelligence humaine dans leur infinie grandeur et leur petitesse infinie1, ne sont pas seulement reliés par des chaînons intermédiaires invariables; il se fait aussi de l'un à l'autre un mouvement incessant de descente dans lequel l'Esprit devient Matière par les désintégrations successives qu'expriment l'Idée, la Volonté et le Cosmos. C'est ce qui constitue la création.
l. Le premier a, Un et infiniment grand; intégration d'il — Le second u. multiple composé «l'un nombre infini d'éléments infiniment petits ; analyse d'à.
Mais, puisque le Cosmos lui-même est eu mouvement évolutif comme nous le prouvent nos sciences et puisque, d'après elles, ce mouvement s'accuse clairement vers une synthèse progressive qui spiritualise l'être vivant en le composant de plus en plus, le schéma précédent n'exprime que la moitié de l'Univers, celle descendante, il y faut joindre une autre moitié qui ramène l'atome, w, à son principe opposé % h travers les synthèses progressives des vies individuelles. C'est le 'Progrès, suite de la Création.
Ainsi l'Univers nous paraît comme un courant circulaire dont le sens est nécessairement inverse dans les deux arcs opposés : du pôle positif a au pôle négatif w, le courant descend : c'est rinvolution, la descente de l'Esprit dans la matière ; du pôle négatif <o au pôle positif a, le courant remonte : c'est /'Zw'o/^/Vv^la spiritualisation de la matière ; nous arriverons tout h l'heure à sa description.
Concluons pour l'homme :
Nos sciences nous le montrent avec évidence sur l'arc ascendant et loin déjà du pôle négatif, puisqu'il est à la tête des trois règnes du monde terrestre. Il appartient ainsi au monde sensible de l'Univers; le monument imposant de la science témoigne de la place qu'il occupe encore dans le monde intellect nef; mais en même temps, ses erreurs, ses incertitudes, les lacunes énormes de son savoir, ses passions aussi, montrent assez qu'ici il n'est plus maître comme dans le monde inférieur. — Quant au monde divin, il le conçoit, il le pressent, mais c'est à peine s'il peut l'atteindre, parla foi plutôt que par la science.
L'homme ost doue un être qui, dans sa, réascension est
parvenu à la région moyenne et vers le centre de cette région : sa place est au milieu de l'arc ascendant entre les êtres supérieurs et ceux inférieurs de la création, dominant les uns, dominé par les autres, entre l'Ange et la Bête. Situation nécessairement pénible à cause de l'égalité des deux forces contraires qui y ralentissent l'ascension, véritable point mort qu'il faut vaincre par un effort spécial.
L'Initiation est renseignement qui facilite à ce moment Féclosion du papillon humain. Nous allons pouvoir comprendre maintenant en quoi elle consiste.
Les Anciens, avec la puissance ordinaire de leur génie synthétique, avaient symbolisé l'ensemble de l'Involution et de l'Évolution par une suite de vingt-deux figures pleines de significations, qui constituent ce que les occultistes nomment les vingt-deux Grands Arcanes.
En prenant les dix premiers comme description de l'Involution, on trouve dans les autres les phases successives de l'Initiation, telles que les décrivent les douze heures (ou sentences) qui constituent le Nuctemeron attribué à Apollonius de Thyane, et que nous allons énumérer.
11 faut d'abord, et pour plus de clarté, revenir un instant encore sur l'évolution :
Lu fait, son analyse n'est pas complète avec les dix termes qui nous ont conduits au Cosmos, équilibre dynamique de la Force et de la Matière. Ce Cosmos peut s'analyser à son tour en deux principes que toutes nos sciences montrent en conflit dans huit mouvement de la matière, savoir: Y Actif et le Passif (mêle et femelle des organismes, acide cl base de la chimie, pôles opposés de l'éleclii-
cité, etc.). C'est seulement dans leur équilibre absolu que réside la matière complètement inerte, le pôle insaisissable exactement opposé à l'a ; l'w de l'Univers.
Les occultistes ont représenté cette 4e tétraktis, dont le Cosmos est le premier terme (la tétraktis du monde inférieur, in fera. Iles enfers), par les onzième, douzième et treizième arcanes. Le dernier, celui qui porterie chiffre 13, si généralement redouté, mérite d'être signalé. Il se nomme la Mort et la Résurrection : c'est là, en effet, qu'est l'Inertie absolue, mais c'est là aussi que l'Involution s'arrête, et que l'Évolution commence, car l'équilibre des deux principes actif et passif ne persiste jamais.
Cela semble en contradiction avec la remarque précé- dente que la description de l'initiation, c'est-à-dire de la réascension, débute par l'arcane 10 et non par le quatorzième. 11 n'en est rien, cependant, et voici pourquoi : dans l'Évolution, l'être doit reprendre en sens inverse, pour en faire la synthèse, tous les étages à travers lesquels l'a s'est désintégré dans le cours de l'Involution. L'homme est le ré- sultat actuel d'un travail de ce genre antérieur à son état présent, mais ce travail, qui Fa élevé depuis l'w jusqu'à l'étage de la Volonté, il n'en a pas conscience ; il l'a subi seulement sous la pression fatale de la Force pure d'abord, puis de l'instinct, des désirs, des passions ; il ne connaît donc pas son évolution antérieure et cependant comment pourrat-il se rendre maître de quelqu'un de ces mondes sans les connaître tous? Sa première opération dans l'Initiation doit donc être de redescendre jusqu'à ses débuts dans l'Evolution, de prendre connaissance de tous ses degrés, de toutes les forces, de tous les êtres qu'il y a traversés, de plonger, pour ainsi dire, jusqu'aux racines de la vie, jusqu'à la Mort, et d'apprendre à la dominer.
Ce n'est point là, comme on va le voir, une tigure ; h;
Néophyte ne peut arriver à l'exercice certain, volontaire, des facultés transcendantes sans se rendre maître des forces qui y produisent l'illusion, qui menaceraient sa vie même ; sans atteindre Y Inertie et la vaincre. 11 faut que, comme le Christ, modèle de l'homme régénéré il expire sur la croix et ressuscite le troisième jour, c'est-à-dire après être descendu à travers les trois derniers degrés repré- sentés par les arcanes H, 12 et 13, jusqu'au fond des enfers, pour y trouver la Mort et la dominer.
Cela compris, décrivons les douze heures un phases de Y Initiation.
L'arcane 10, première heure de la série, correspond à l'étage où l'homme se trouve clans son état actuel. Le symbole de cet arcane est ce Sphinx qui gardait l'entrée du monde égyptien; le Néophyte descendait entre ses pattes dans le souterrain qui devait le conduire au sanctuaire, à travers une série d'épreuves, image et noviciat de la descente dont nous venons de parler.
Cette heure est donc celle des préparations ; elle sépare la vie commune de la vie transcendante ; on y apprend quels travaux doivent être entrepris et l'on s'y dispose. Voyons comment :
La tète humaine du Sphinx, foyer de l'intelligence, dit au Néophyte : « Acquiers d'abord la Science qui montre le but et éclaire le chemin. » — C'est l'enseignement théorique indiqué plus haut.
Ses flancs de taureau, image du labeur rude el persévé- rai de la culture, lui (lisent : « Sois fort et patient dans l<i travail. »
Ses pattes de lion lui disent : « Il faut oser et te défendre contre toute force inférieure. »
Ses ailes d'aigles lui disent : « Et vouloir t'élever vers les régions transcendantes où ton âme touche déjà. »
La question attribuée au Sphinx: grec et la réponse qu'il y fallait faire offrent une image non moins expressive de Ykomme et de son but. — C'est lui l'animal qui le matin (c'est-à-dire à l'enfance de l'humanité) porté sur 4 pieds (4 étant le nombre de la réalisation exprime la matière et et ses instincts, le monde sensible) à midi (c'est-à-dire dans l'âge viril de son humanité) marche sur 2 pieds (2, nombre d'opposition, image de la science, de ses contradictions, de ses doutes, du monde intelligible) — et le soir (quand sa journée s'achève) marche sur 3 pieds (3, nombre du monde divin, où la Trinité donne la solution de toutes les oppositions, de toutes les antinomies par le terme supérieur, synthèse harmonique des deux termes contraires).
Apollonius décrit cette même heure par ces mots : « Ici le Néophyte loue Dieu, ne profère pas d'injures, n'inflige plus de souffrances » — autrement dit, apprend à connaître la Création théoriquement et s'exerce à dominer ses passions. Arrêtons-nous un instant à la concordance de ces prescriptions diverses.
Nous avons vu l'homme arrivé sur l'arc ascendant, disputé entre les forces d'inertie, inférieures, qu'il vient de traverser sous l'impulsion de l'instinct, et celles actives qui l'attirent vers le haut : nous avons remarqué qu'il faut maintenant décider de la lutte par l'intervention de la Volonté, développée suffisamment par l'Évolution, et suffisamment libre pour se ranger d'une ou d'autre part : il peut donc se décider ou pour les forces inférieures, de désintégration, ou pour celles supérieures, de synthèse; c'est ce qu'il nomme le Mal et le Bien : Mal en effet pour lui parce
qu'en redescendant il retrouvera les affres de la décomposition, de la Mort. — ■ Bien, au contraire, s'il remonte, parce qu'il jouira de la réalisation de ses aspirations naturelles, la connaissance et la domination de la Création.
Or, où est dans l'organisation humaine l'indice des forces d'inertie? — Dans l'instinct, les passions. Où est, au contraire, l'indice des forces actives? — Dans l'énergie morale, la Vertu.
Où est dans l'organisation humaine l'indice des forces de désintégration qui ramènent à l'inertie? — Dans la tendance à l'isolement, dans Végoïsme. Où est, au contraire, l'indice des forces intégrantes? — Dans la tendance à la solidarité, à l'altruisme, dans la Fraternité.
Donc, le monde transcendant est ouvert à quiconque aura la Volonté (ou même l'impulsion artificielle) suffisante pour triompher des forces qui le gardent, mais malheur à qui l'abordera avec un cœur passionné et égoïste : celui-là se replongera tête baissée dans le courant de décomposition pour s'y dissoudre : la Nature détruit le Mal; c'est la loi de
sélection!
Celui-là seul dont le cœur sera plein de charité pourra s'élever selon la destination véritable de l'être humain dans la région des Principes.
C'est pourquoi le Sphinx prescrit avec la volonté persé- vérante du Taureau, le courage du Lion contre les forces passionnelles ; c'est pourquoi Apollonius prescrit la réserve et la fraternité, avec l'Évangile qui y met la source de la Loi.
Telle est donc, avec la science, la préparation à l'Initiation : nous verrons bientôt la sanction de ces préceptes.
Le Néophyte suffisamment exercé à ces préliminaires de la première heure descend les trois degrés inférieurs comme voici :
Arcane XI : La Force.
Deuxième heure d'Apollonius : «Les abîmes du feiï,
les vertus des astres se ferment en couronne à travers les dragons et le feu » (la chaîne magnétique).
Le Néophyte apprend à connaître dans son propre organisme la Force universelle et son double courant positif et négatif. Cette connaissance va trouver son application dans les deux heures suivantes :
Arcane XII : Le Grand- Œuvre.
Troisième heure d'Apollonius : « Les serpents, les chiens
Première manipulation de la force appliquée extérieurement à la matière inerte pour y opérer les transmutations : c'est V Alchimie. Arrivé à ce degré pratique, le Néophyte doit, au moral, être prêt au sacrifice complet de sa personnalité ; il doit, en langage alchimique, avoir détruit par le feu sa nature fixe pour la volatiliser.
Arcane XIII : La Mort.
Quatrième heure d'Apollonius : « Le Néophyte erre dans les sépulcres et il lui sera nui ; il éprouvera l'horreur et la crainte des visions; il devra se livrer à la magie et à toute pratique de qéotie.
C'est la Nécromancie, application de la Force à la domi-
nation des êtres vivants inférieurs : Élémentaux, ou organismes prêts à se synthétiser, et Elémentaires, restes des défunts, en voie de désorganisation.
Au moral, le Néophyte doit mourir à la vie ordinaire pour entrer dans la vie spirituelle; l'homme céleste va naî- tre du cadavre de l'homme terrestre.
Les bas-fonds de l'univers sont atteints; le néophyte, touche à l'extrémité de l'aura terrestre, atmosphère sublunaire qui entoure toute planète, comme le réservoir des éléments de sa vie ; le voici au moment terrible où il faut perdre terre pour se lancer dans l'océan des espaces ; crise redoutable à laquelle deux périodes sont consacrées.
La première est transitoire.
Arcaxe XIV : Les deux Urnes (les fluides terrestres et
célestes).
Cinquième heure d'Apollonius : « Les eaux supérieures du ciel. »
On v prend connaissance de l'afflux des courants astraux dans l'aura planétaire, comme dans la deuxième heure, on a pris une connaissance préliminaire de la Force avant de s'y exposer dans l'heure suivante.
Arcane XV : Typhon (l'ouragan électrique).
Sixième heure d'Apollonius : « Ce qu'il faut ici est de se tenir coi, immobile, à cause de la crainte. »
Le Néophyte s'expose à découvert au double et formidable courant fluidique des espaces célestes, qui emporte sans merci l'ignorant ou l'imprudent, mais élève le fort suffisamment purifié. Silence, prudence, courage !
Selon vos mérites, vous serez ravi comme saint Paul, ou vous vous exposerez soit à la folie, soit même à la spiritualisation du mal, à la sorcellerie. C'est le Sabbat ou l'Extase!
L'attention du lecteur ne peut trop s'arrêter sur ce moment solennel de l'occultisme pratique si bien figuré dans le roman de Lytton (Zanoni) sous le nom de Dragon du seuil ; c'est l'écueil redoutable qui nécessite tant de secrets; on y arrive, à ce seuil, par bien des voies artificielles : le hascliich, les narcotiques, les hypnotisants de tous genres, les pratiques de la médiumnité spirite; mais malheur à qui s'y présente sans avoir triomphé dans la longue et laborieuse préparation préliminaire ! Son sort nous est dépeint par l'arcane suivant :
Arcane XVI : La Tour foudroyée.
Septième heure d'Apollonius : « (Le feu) réconforte tous les êtres vivants, et si cjuelque prêtre, homme pur, le dé- robe et le projette, s'il le mêle à l'Huile sainte et qu'il la consacre, et qu'il en enduise quelque partie malade, elle sera délivrée de la maladie. »
Le courant irrésistible a touché celui qui s'expose à son tourbillon sur les sommets terrestres : si l'audacieux est impur, la désorganisation le menace, plus ou moins complète selon son indignité intellectuelle ou morale et son énergie (mysticisme incohérent, folie, mort ou désintégration complète figurée par le génie du mal, le Diable) !
Est-il digne, au contraire, des régions supérieures, ce baptême du feu le fait Mage ; les sources de la vie terrestre sont à sa disposition ; il devient Thérapeute.
Arrivé à ce point, il va apprendre à connaître progressivement les espaces célestes comme il connaît la sphère ter-
restre, et à y dominer : trois heures sont consacrées à cette exploration :
Arcane XVII : L'Étoile des Mages.
Huitième heure d'Apollonius : « Les vertus astrales des éléments, des semences de toute sorte. »
C'est la région des principes du système solaire : la vie y devient claire ; sa distribution du centre solaire à toutes les planètes et leurs influences réciproques sont compris dans tous leurs détails, dans ce que les occultistes nomment les Correspondances. L'Initié possède alors Y Astrologie prise dans toute l'étendue de son acception.
Arcane XYIII : Le Crépuscule. Neuvième heure d'Apollonius. « Ici rien de fini. »
L'Initié étend maintenant sa perception au delà de notre système solaire, « au delà du Zodiaque » ; il arrive en vue de l'Infini ; il touche aux limites du monde intelligible ; la lumière divine commence à se montrer, objet de terreurs et de dangers nouveaux.
Arcane XIX : La Lumière resplendissante.
Dixième heure d'Apollonius : « Les portes du ciel sont ouvertes et l 'homme' renaît docile, dans le sommeil léthargique. »
Vidée apparaît à l'âme régénérée de l'Initié, on, dans le langage de l'occultiste : le soleil spirituel va se lever pour lui ; il va, par une renaissance nouvelle, entrer dans le Momie Divin, où Fonne memi plus.
Deux pas y restent à faire pour accomplir les plus hautes destinées humaines :
Arcane XX : Le Réveil des morts.
Onzième heure d'Apollonius : « Les Anges, les Chérubins, les Séraphins volent avec des bruissements d'ailes; il y a de la joie dans le ciel, et la terre se lève, et le soleil qui sort d'Adam. »
C'est la hiérarchie du monde Divin qui apparaît sur des terres et dans des cieux nouveaux. L'Initié n'aura plus à traverser la mort ; il vivra désormais sans interruption.
Arcane XXII : La Couronne des Mages.
Douzième heure d'Apollonius : « Les cohortes du feu se reposent. »
Nirvana ! Le retour complet à Vx.
Résumons en un tableau ces douze heures de l'initiation.
0._ Études et Épreuves préliminaires. t. — Étude transcendante du Monde Sensible. Manifestations inférieures : 1° Étude préliminaire de la Force. 2° Application au
monde inerte. 3° Application au monde animé élémentaire.
(Magnétisme) {Alchimie)
Nécromancie) (Magie) Phase transitoire :
1° Aperçu des forces supérieures.
2° Entrée dans le monde ultraterrestre. (Extase)
Le Dragon du Seuil!
Régions supérieures
1° Application des forces supérieures à la vie terrestre.
2° Les forces dans le système solaire.
3° Les forces de l'Univers entier
IL — Etude du Monde Intelligible : Au bord de l'Infini.
III. — Étude du Monde Divin : Hiérarchies divines. Nirvana!
[Thérapeutique
(Astrologie)
Arcane X
lre heure
Arcane XI
Arcane XII
Arcane XIII 4e heure
Arcane XIV 5" heure
Arcane XV
(Typhon)
Arcane XVI
Arcane XVII Arcane XVIII
Arcane XIX
Arcane XX Arcane XXII
Est-il nécessaire d'ajouter combien chacune de ces //cures exige d'efforts et de temps (d'années, de vies, de siècles souvent), combien sont rares ceux qui franchissent même les premiers degrés !
Ce que nous pouvons attendre de leur connaissance, c'est, avec l'espoir d'un progrès indéfini vers la réalisation de nos plus radieuses espérances, le désir d'atteindre au moins aux premières réalisations pour y puiser l'assurance des autres; c'est la confiance dans les enseignements de ceux que nous pouvons reconnaître comme des maîtres avancés déjà, c'est, enfin, la certitude que, dans ces enseignements féconds, nous pouvons trouver le salut de nos sociétés en souffrance aussi bien que les joies individuelles les plus désirées. Et ces désirs, cette confiance on les ressent dès les premières études préliminaires.
Pour y réussir, nous n'avons tout d'abord qu'un travail à entreprendre, celui que nous dépeint le Sphinx : les pré- parations intellectuelles et morales. Mais celui-là seul qui les a sérieusement entreprises sait quels efforts considérables et persévérants elles exigent! Puisse ce grossier aperçu inspirer au lecteur le désir et le courage de s'y livrer avec toute l'ardeur de l'Espérance !
F.-Cu. Baulet.
LE NOM DIVIN DANS LE TAROT
Par Cn. Barlkt
L'ensemble des symboles qui constituent le Tarot, au lieu d'être présenté en une seule figure, est distribué en une série de 78 lames ou cartes; la raison en est que la signification de cet ensemble est très multiple ; à la fois théologique, cosmologique, psychologique et divinatoire et que cette variété résulte de celle des combinaisons diverses que l'on peut produire par le rapprochement et la comparaison des 78 lames. Cette disposition n'est pas une des moindres beautés de ce chef-d'œuvre unique, en ce sens qu'elle ajoute le mouvement, la vie par conséquent, à l'immobilité ordinaire de toute représentation graphique ; sans compter la variété de ses moyens qui comprennent le nombre, la parole, la forme et la couleur.
On peut donc faire parler le Tarot quand on a trouvé quelqu'une de ses innombrables combinaisons, c'est-à-dire quand on sait disposer sur la table une partie ou la totalité de ses lames dans tel ou tel ordre qu'il s'agit de trouver.
Nous allons lui demander notamment, ce qu'est la Création au point de vue de l'homme, c'est-à-dire ce qu'est la vie du Grand Tout cl comment l'homme peut ou doit y participer. C'est le Tarot pris dans son ensemble de 22 grands arcanes et de .*><> arcanes mineurs, qui va nous répondre, comme nous niions le montrer en citant quelques-unes seulement des profondes interprétations qu'il fournit.
Pour en tirer cet enseignement, nous nous rappellerons d'abord que ses trois premières lames qui expriment la Trinité, forment en même temps la clef des 22 grands arcanes lesquels, abstraction faite du 0, ne sont que sept répétitions de cette Trinité. Nous remarquerons aussi que la lame IV, quatrième terme de la tetraktis divine, est, à la fois la réalisation de la Trinité ramenée à l'unité et le premier terme de la Trinité suivante. Les quatre premières lames représentent ainsi le nom divin de 4 lettres, IÈVÉ (mrv), de sorte que, si nous répétons sept fois la Trinité pour avoir la série des 21 grands arcanes, les nombres correspondront comme il suit aux quatre lettres :
Nous supposerons ces lettres ainsi attachées aux arcanes correspondants, cette remarque sera la première clef de la distribution que nous cherchons.
Pour en trouver une seconde, nous allons répartir nos lames dans l'espace, d'abord, leur place sur le plan en résultera, ensuite, clairement. Nous savons que le Cosmos se conçoit comme une expansion finie du point mathématique, c'est-à-dire de l'Absolu, qui, avant cette expansion renferme dans son néant toute force ou potentialité. Figurons cette sphère (Voir figure lr"). Le centre en sera représenté par une de nos lames, celle 0, le Fou ou Crocodile, qui est le pivot de tout le reste en même temps qu'il participe de toutes les autres lames, renfermant toutes les propriétés de notre univers. D'un point quelconque de la sphère, point qui deviendra pour nous son pôle Nord, va partir le mouvement par lequel nous allons voir la création apparaître à sa surface.
Autour de ce point, reflet du centre, nous poserons sur la sphère les lames de nos 3 premiers arcanes : ï (le Mage , l'Esprit 1); II (la Science, la Substance, H); III (l'Amour, la Puissance féconde, l'Être ]) ; et pour que cette Trinité se répète dans tout le septénaire de notre distribution nous en ferons la racine de 3 grands fuseaux représentant les 3 termes de la Trinité qui partageront par 3 méridiens la surface de notre sphère.
Nous pourrons ensuite continuer comme voici la distribution de nos lames sur cette surface : tout chef de trinité partielle sera dans le fuseau 1 ; tout second terme sera dans le fuseau 2; tout troisième terme clans le fuseau 3. Par conséquent notre lame IV (l'Empereur, H, viendra sous celle I; la lame V (le Pape 1) viendra sous celle II; la la lame VI (la Liberté H), viendra sous celle III, et cette seconde série constituera sur notre sphère une nouvelle zone. Une troisième plus inférieure sera formée par les lames VII, VIII et IX, les lames XI, X, XII, occuperont l'Equateur, et les 9 lames, de XIII à XXI se distribueront comme les 9 premières en 3 bandes superposées sur l'hé- misphère inférieur, ainsi qu'on le voit sur la figure 1 .
Voilà placés nos 22 grands arcanes; arrêtons-nous un peu à leur signification : Au-dessus de l'équateur nous voyons une expansion toujours croissante du pôle Nord, représentée par les 3 triangles supérieurs puis par les 6 trapèzes suivants de plus en plus grands. Voilà les 3 plans de la création : Le Divin, métaphysique (I, II, III), l'Intelligible, moral (IV. V. VI) et le physique, celui des attributs générateurs ou éléments (VII, VIII et IX).
La création se réalise sur la ligne équatoriale (X, XI, XII) dont le premier terme représente avec les lames précé- dentes, les 10 sephiroth de la Cabbale.
Au-dessous de l'Equateur, monde de la réalisation maté-
rielle qui se quitte par la Mort (XIII), l'expansion se resserre, se synthétise par un mouvement inverse et symé trique du précédent. Les arcanes qui suivent vont repré- senter l'Initiation poussée jusqu'à ses limites extrêmes, la voie par laquelle la créature (X) retourne de sa multiplicité à l'unité de l'esprit, revient au point, au pôle méridional, nouveau reflet de l'Absolu vers lequel elle remontera par l'axe vertical de la sphère l.
Le Néophyte après les préparations (science positive, magnétisme et alchimie, X, Xî, XII) parcourt le monde sublunaire (XIII, XIY, XV), puis le système solaire (XVI, XVII et XVIII) et s'échappe par le soleil dans les abîmes de l'Infini (XIX, XX et XXI).
Nous pouvons conclure de cet exposé rapide à la distribution pratique de nos 21 arcanes sur un plan (le lecteur aura profit à l'effectuer sur sa table au moyen d'un jeu de Tarot). 11 suffit de se représenter notre sphère vue d'une distance considérable, sur la verticale de son axe; par exemple à la distance de la terre au soleil: l'hémisphère supérieur apparaîtra seul ; l'autre n'étant vu qu'en transparence, et il sera vu comme un cercle dont l'équateur est la circonférence. Les limites des 3 zones superposées se montrent comme 3 cercles concentriques; les plans méridiens, vus par leurs tranches ne sont plus que 3 rayons également espacés, faisant des 3 secteurs, autant d'arcs égaux. Cette représentation, que les géomètres nomment projection sur le plan de l'équateur, donne la figure deuxième (les 4 cercles du milieu seuls) ; on y a ajouté pour la clarté des symboles, un triangle équilatéral inscrit dans le cercle intérieur, avec les sommets posés sur les 3 méri-
1. On trouve les détails justificatifs de cette assertion dans la première partie de ce chapitre.
diens. Les chiffres romains inscrits dans les cercles repré- sentent les numéros des lames placées comme il a été dit, et par suite, indiquent aussi leur place sur la table : les arcanes de l'hémisphère inférieur sont indiqués sur la figure en chiffres pointillés, dans les mêmes cercles que les précé- dents puisque les zones inférieures vues par transparence se confondent avec les supérieures, à cause de leur symétrie réciproque.
Voilà déjà dans ses grands traits la réponse à la question posée : l'Esprit descend par trois trinités de l'Absolu dans la matière (hémisphère supérieur). 11 se réalise par la trinité X (Malchut), XI et XII (l'équateur), et il retourne à l'Absolu par une Trinité de synthèses croissautes qui constituent le progrès humain (hémisphère infé- rieur).
Nous dirons plus loin quelques-unes des interprétations philosophiques que fournit cette distribution ; achevons-la d'abord pour nos 55 arcanes mineurs. Ils représentent spé- cialement notre monde solaire.
Comme nous sommes ici dans le monde de la réalisation 4 est son nombre, sa base fondamentale; c'est la Trinité effectuée, le nom divin de 4 lettres IÈVË (niïT). Nos lames s'y partageront en 4 sections; les 4 couleurs du jeu de cartes, pique, cœur, trèfle, carreau, dont les noms hiéroglyphiques bien plus significatifs, sont : le Sceptre, la Coupe YEpée et le Denier.
Tout est dualistique aussi dans ce monde, où l'équilibre est instable, ne devant trouver son repos que dans le retour à la Trinité dont il provient. Aussi ces 4 divisions fondamentales vont-elles se partager en 2 duades ; l'une spirituelle, l'autre matérielle, composées chacune d'un principe masculin et d'un féminin, savoir :
Duade spirituelle, le Sceptre (pique, triangle plein, mas-
culin); la Coupe (cœur, triangle ouvert, féminin); attributs religieux ;
Duade matérielle : YEpée (trèfle, triangle lobé) et le Denier (carreau, triangle double) ; attributs du guerrier et de l'artisan.
A ces 4 divisions des couleurs en correspondent 4 autres, celles des figures, formant aussi 2 cluades; savoir:
Roi et Dame ;
Cavalier ou combattant, et Valet.
Quant aux nombres qui suivent ces figures, ils nous amènent à une autre considération essentielle encore pour la distribution de nos lames :
Si 4 est le chiffre fondamental de ces arcanes mineurs, symboles de notre monde, il ne faut pas oublier qu'il se rattache aussi à la Trinité d'où il émane; qu'il la réalise, et qu'il y retourne. 11 faut donc aussi que nous y retrouvions l'élément ternaire : après les couleurs et les figures, qui ont fourni la base de notre monde, les nombres, qui en sont comme l'essence, vont y refléter les sephiroth et par eux l'acte de la création; ils s'arrêtent, en effet, à 10, comprenant 3 trinités outre la dizaine, Malchut, qui les résume.
11 faut aussi que notre distribution tienne compte de ces 2 nombres, 3 et 4, en les combinant de manière cà utiliser tous les éléments que nous venons d'énumérer. Voici comment nous y pouvons arriver (suivre figure 1" sur le plan de l'Equateur étendu en anneau en dehors de li sphère):
.Nous mettons d'abord à pari deux sortes de lames: le Valet de chacune des 4 couleurs (H), qui, réalisation de la Trinité Roi (*), Dame (il), Cavalier (1), est comme la transition du quaternaire au ternaire; cl d'autre part, le lOde chaque couleur qui est l'unité de réalisation complète, l'unité multiple 1 et <> — Malchut.
Les valets, par leur participation au quaternaire et au ternaire,et leur retour à l'Unité par la Trinité, ont un caractère d'universalité qui les rapproche de la lame 0 des grands arcanes; nous les mettrons donc en croix autour de cette lame, et au centre de notre cercle équatorial. De cette façon, le centre exprimera : par la lame 0 l'unité originaire, source et but de la création; par son triangle la Trinité primitive, par ses 4 couleurs, le quaternaire dans lequel elle se réalise ; par le caractère des 4 valets, le retour de ce quaternaire au ternaire; c'est-à-dire, en somme, toute la création rassemblée en un point, en potentialité ; ce qui est le propre de l'Esprit.
Nos 10, au contraire, auront leur place aux extrémités de la croix formée par les valets, en dehors de tous nos cercles, comme l'expression de l'Unité multiple à son dernier terme de différentiation .
Quant aux autres lames, elles renferment d'abord 3 sortes défigures correspondant aux 3 termes de la Trinité; il est tout simple de les distribuer dans les 3 parties de notre plan équatorial extérieur, correspond aux 3 divisions de la sphère :
Les Rois en face de la division I (*), Les Dames en face de celle E (î~|), Les Cavaliers en face de celle V (1) ;
et, puisqu'il y a 4 couleurs pour chacun d'eux, il se produira naturellement 4 subdivisions dans chacune de nos 3 divisions principales; ces 4 subdivisions correspondant au encore le nom Divin de 4 lettres 1EYE (niîT) et forment le passage du ternaire au quaternaire.
Il reste à placer les nombres; il n'y a qu'à les faire correspondre aux termes de la Trinité :
Les quatre 1, en arrière des Rois ; les quatre 2 en arrière des Dames ; les quatre 3 en arrière des Cavaliers ;
puis, dans un cercle plus extérieur encore :
Les quatre /& derrière les Rois et les 1 ; Les quatre 5 derrière les Dames et les 2 ; Les quatre G derrière les Cavaliers et les 3;
Ëiiiiu un dernier cercle comprendra clans le môme ordre Jes 7, les 8 et les 9 Quant aux 10 ils sont placés en dehors comme on l'a dit tout à l'heure.
On obtient ainsi la distribution représentée par les ligures
Voyons-en la signification :
L'atome vivant descendu sur la sphère est arrivé au point représenté par l'arcane X; la roue (TEzéchiel qui élève F homme et abaisse l'élémental, de là cet atome va s'étaler pour ainsi dire, clans le monde matériel qu'il vient d'aborder : il y descend d'abord à travers la décade spirituelle (Sceptre et Coupe) (Voir la ligure) en parcourant des nombres unité multiple, limite de matérialisation qui rassemble 1rs deux parties de la décade Sceptre-Coupe, il reprend en sens inverse, comme par un arc réascendant le chemin qui la ramènera à la lame X, en remontant les 4, 1, I el Roi de Coupe et d'Épée,duade substantielle.
Ce n'est là que le tiers du voyage que l'atome vivanl doil accomplir dans le inonde réel; eu effet, dans cette première excursion à travers Ja matière, il a conservé sou caractère encore spirituel, qu'il tientdu iod (>), caractéristique de la liiuie X; il faut maintenant qu'il perde ce caractère pour celui de l'È (il) suivant. A cet effet, de la laine X où il vieul de rentrer, il passe à la lame XI (H) Y Ermite, la Lampe
voilée y pour parcourir comme précédemment la série dualistique Sceptre-Coupe, à travers les Dames, les 2, les 5 et les 8, passer par le 10 de Coupe, et remonter de là par la seconde série Épée-Deniers, jusqu'à l'arcane XI point de départ de cette deuxième excursion.
Enfin de ce dernier arcane, il passe à celui XII (1), le Sacrifice, descend la série neutre Cavalier, 3, G, 9 de Sceptre et de Coupe, traverse le 10 d'Épée et le 10 de Denier, et remonte par la dualité Épée et Deniers jusqu'au monde intelligible.
Son voyage à travers le monde matériel est achevé; il a parcouru tout le zodiaque ; il va maintenant mourir; l'arcane XIII l'attend et lui donne accès au inonde spirituel, à la Rédemption.
Pénétrons dans quelques nouveaux détails de cette distribution :
Elle partage le cercle extérieur de l'équateur en .'{ arcs subdivisés en 4 parties; au total 12 divisions de caractères différents. Voilà les 12 signes du Zodiaque; le premier se place naturellement avec la première lame de l'arcane mineur dans le secteur spirituel, c'est-à-dire le Roi de Sceptre (pique); le deuxième coïncide avec le Roi de Coupe, et ainsi de suite jusqu'au douzième.
Une observation va suffire pour justifier cette concordance du zodiaque avec nos lames : annotons les 12 divisions du cercle des 4 lettres du nom Sacré répétées 3 fois ; opération qui se légitime par la remarque déjà faite que tes 4 couleurs correspondent à ces lettres (Voir ligure 2° dans le cercle intermédiaire où sont inscrits les signes du Zodiaque). Aussitôt nous .reconnaissons les i trigones du Zodiaque correspondant aux éléments dont les 4 couleurs sont aussi les représentations, et ces trigones sont caractérisés en même temps que désignés.
Trigone de feu (Y, SI, »+) correspondant au Sceptre et aux lettres (>?) l'élément spirituel y domine.
Trigone de terre (y, irp, W) correspondant à la CW/?e et aux lettres nnn, savoir : deux K, du nom de 3 lettres, et l'É final du nom de i lettres — caractère essentiellement féminin, substantiel, mais d'ordre supérieur.
Trigone d'air (tf , i»*, — ) correspondant à l'idée et aux lettres 1HH, où domine l'élément masculin de second
ordre.
Trigone d'eau (<5, «l, )(), correspondant au Demer et aux lettres T\7\7\ comprenant, cette fois, deux fois l'È final du nom de 4 lettres et l'É du nom de 3 lettres — caractère dominant, le féminin inférieur.
Mais laissons les arcanes mineurs aux investigations du lecteur ; ils nous entraîneraient trop loin ; revenons à quelques remarques encore sur les grands arcanes.
Remarquons d'abord comment les trois secteurs principaux conservent et reproduisent dans toutes leurs parties le caractère qui leur est propre.
Au premier, celui de la lettre iod [») l'Esprit, se trouvent les nombres d'unité : l, IV, VII, X (répétés dans les petits arcanes); — comme figure, les Rois ; — comme couleur, le Sceptre ; — dans le Zodiaque, les lignes d'ascension du soleil au-dessus de l'Equateur, du printemps jusqu'au solstice.
Dans le second secteur (H), le principe substantiel, sont les nombre* féminins II, V, VIII, XI (répétés dans les petits arcanes) — comme figure, les Daines, — comme couleur, la Coupr, — ([saisie Zodiaque, les quatre signes de descente du soleil vers l'équateur; saison des moissons el dos vendanges, fécondité sous toutes ses formes.
Dans le troisième secteur (ï), le Fils, l'Élément, sont les nombres sacrés qui participent des deux ordres précédents III, VI, IX; - comme figure, le Cavalier, —comme COU-
leur le Denier du monde pratique el l'Épée aussi, qui termine le secteur précédent; dans le Zodiaque, ïes signes
Cuintc i
que le soleil parcourt dans l'hémisphère sud ; notre hiver, temps de consommation des produits, de rénovation du cycle suivant : Noël est au milieu; la renaissance dans les
frimas de la morl ; ce temps où le Fils naît dans un monde inférieur pour ranimer ce monde.
Le nom divin niîT ne se trouve pas écrit seulement dans la série des cercles concentriques; il se lit aussi sur les rayons communs à ces cercles, soit en descendant, soit en remontant.
Le premier secteur le donne sans transposition, comme on le voit sur la figure 2.
Dans le second secteur, le INom divin est précédé de la lettre féminine È, la Mère, et s'arrête ensuite à elle: È, IÈVÉ, ÏÈ. (Voir la figure.)
Dans le troisième, il commence parla lettre du Fils et finit par celle du Père à qui celui-ci revient : VF, IEVE, I.
En parlant de celle remarque, nous allons demander aux symboles des lames de nous dire les différentes manières de ■prononcer le Nom divin et aussi les différentes manifestations, dans le Cosmos, de chacune de ces quatre lettres. Interrogeons l'esprit même de ces symboles, au lieu de leur nombre, de leur couleur ou de leur forme qui nous a plutôt occupés jusqu'ici :
Eu suivant d'abord Tordre même de notre distribution nous trouvons :
Dans le monde divin : arcanes I, 11,111, IV, la Tetraktis divine, comprenant : 1° Y Être absolu, 2:' la Conscience de l'absolu; T Y Amour ou puissance de fécondité; 4° et la réalisation des virtualités de V Absolu.
Dans le monde des lois : arcanes V la loi de relation du Créé avec l'Incréé (Y lniti iteur , la Crainte aussi'). VI (la Liberté, la Beauté). Science du bien el du mal; conscience de la Loi. VII (la Gloire); domination de l'Espril sur la ma-
1. Voir sur l'a génération et La signification dos nombres le Traité élé- mentaire de sciences occultes de Papus, savant auteur do qui les bons conseils ont produil la meilleure part dans le présent article,
tière; puissance féconde de la Loi el VIII (Justice absolue. Vie foire) réalisation de la Loi.
Dans le monde physique : arcanes IX (la Lampe voilée), la lumière éteinte dans les ténèbres de la substance, l'esprit emprisonné dans le monde matériel, Jésod. X la (Roue de fortune) qui relève l'esprit déchu pour le ramener, avec la. matière spiritualisée par lui, à sa toute-puissance, par ila Force), arcane XI, et par le Sacrifice (arcane XII).
Viennent ensuite les phases de la spiritualisation. XIII Première phase : (la Mort) au monde physique. XIV (les deux Urnes) combinaison des mouvements de la vie. XV (Typhon), la Magie; — XVI (la Tour foudroyée) ; la force interplanétaire.
Seconde phase : XVII (Étoile flamboyante), la lumière intérieure; XVIII (le Crépuscule), l'aurore du soleil divin. XIX (le Soleil) central. Et XX (le Jugement) après lequel s'obtient la réalisation suprême, la Couronne des Mages.
Le nom divin s'énonce encore, avons-nous dit, en suivant les trois secteurs.
Dans ce premier sont les arcanes I, IV, VII, X. L'absolu, la réalisation de ses virtualités, la domination de l'esprit sur la matière, et le principe vivifiant des êtres. Puis, en retour,. XIII, XVI, XIX et I. La Mort (l'Inertie) la lumière astrale, le soleil central, et l'Indicible lui-même.
C'est le récit, par les principes, de la différentiation et do l'intégration de l'Absolu.
Dans le second secteur, celui qui correspond à la conscience de l'Absolu, ou la foi, nous avons la série : V, VIII, XI, XIV : le Hiérophante, ou la religion : la Justice, la Force el la combinaison dos mouvements de la vie; image des
1. La signification des lames est emprunt à Fabre (l'Olive!, Wronski, E. Levv, Christian, et le Sepher Zezirah (traduction Pnpus).
Saints mystiques de toutes religions qui, par la Foi et la Justice absolue, vertus réceptives, féminines, acquièrent sans les chercher la puissance d'accomplir des prodiges.
Enfin dans le troisième secteur, celui de l'Amour, ou puissance de fécondité, nous avons la série : IX, Sagesse et Prudence. XII, le Sacrifice. XV, l'abandon aux forces astrales et XVIII l'arrivée à l'Infini. C'est l'essence de cette série d'efforts actifs et passifs qui constitue l'Initiation, la Rédemption.
Cherchons-nous encore le nom divin à travers les trois fuseaux à la fois, nous trouvons, par exemple, les arcanes I, II, III, YI qui montrent la Trinité divine se manifestant par la Beauté et la Liberté dans le monde Intellectuel : c'est le passage du Père (>) au Fils (1).
Ou encore, I, VI, IX, X : La descente du Père (>) dans le monde physique (X) par le Fils (VI) et par Jesod (IX) ; le verbe fait chair. — C'est la Rédemption, la série qui, dans le Sepher Zezirah représente la Colonne des Scphiroth (Kether — Tiphereth — Jesod et Malchut);
Mais il faut borner là ces exemples que le lecteur multipliera aisément. Ajoutons seulement deux mots rapides encore sur notre second problème: les différentes manifestations de chacune des trois personnes de la Trinité divine.
LTod se trouve dans les arcanes I, V, IX, XII et XIII ; en Reter, dans l'Hiérophante, chez le Sage vieillard; puis il préside à la Mort qui l'amènera le monde du fond de l'Inertie obscure à la couronne resplendissante des Mages, parla lumière, intérieure.
On remarquera en même temps que l'iod est la seule des quatre lettres dont les diverses situations forment une spirale complète sur la sphère, du pôle nord au pôle sud ; symbole qui peut paraître bien remarquable à qui connaît les mystères de la vie d'une planète.
Le premier È, la Mère céleste (arcane II), se retrouve dans les arcanes VI, X,X1V et XVÏÏÏ, c'est-à-dire la Beauté, la Forme, l'Ange de la Tempérance, qui équilibre les mouvements de la vie, et l'aurore du soleil divin ; Diane la Lune.
Le Y, le Fils, est caractérisé sur les divers plans par les arcanes IIÏ, VII, XI, XV et XIX ; l'Amour, puissance féconde ; le Dominateur de la Matière, La Force, puis Typhon, le Baphomet mystérieux des Templiers, qui rassemble les forces supérieures pour les répandre sur la Terre, et enfin le Soleil central. En un mot le Christ de l'Évangile esprit d'amour, Maître des Éléments, Verbe fait chair pour spiritualiser la chair; Ange du soleil, reflet divin du Soleil Universel.
Enfin le second É, la Mère terrestre, se voit dans les arcanes IV, VIII, XII, XVI et XX. Béalisation des virtualités divines, et aussi Miséricorde ; — Justice absolue — Sacrifice — Esprit foudroyé et souffrant — et enfin Résurrection ; la tête du serpent écrasée sous le talon de la femme par la force de l'abnégation et de la foi résignée.
11 suffit de suivre ces divers arcanes sur la sphère pour voir encore que le iod a 3 arcanes supérieurs (hémisphère nord) et 2 inférieurs ;
Que le V (1) en a 2 supérieurs seulement, outre 1 moyen (sur l'équateur);
Et que le E (H) en a 4 supérieurs, 2 inférieurs et 2 moyens.
Terminons ces observations déjà trop longues par une simple remarque sur l'ensemble de notre assemblage.
Les trois mondes, Divin, Intelligible et Physique ne s'y trouvent pas seulement dans les trois zones de la sphère ; ils se reproduisent encore dans la disposition totale ; le Divin est au centre, par le Fou du Tarot et la croix des quatre couleurs, comme nous l'avons déjà remarqué.
L'Intelligible est fourni dans ses développements par la
sphère (fig. 1) ou la distribution circulaire des 21 grands arcanes (fîg. 2).
Le physique se voit dans le plan extérieur de l'Equateur (fig. 1) avec la distribution des 56 arcanes mineurs, figurant le Zodiaque et les divers degrés de multiplicité de la Force à travers la substance jusqu'au pôle extrême, l'unité néga-
En outre l'ensemble (fig. 1) reproduit la forme de la planète Saturne, avec son anneau, forme qui, elle-même, d'après les théories de nos sciences positives, est la manifestation la plus claire, la démonstration des grandes lois de formation de l'univers. A savoir : la concentration de la substance à l'état radiant, autour d'un point d'attraction, produisant avec une condensation progressive un mouvement de rotation particulièrement accentué à l'équaleur, et donnant naissance aux étoiles, aux planètes, aux satellites, descendant ainsi de la nébuleuse éthérée à l'atome, à l'ullimat solide; du néant vivant au néant inerte, de l'un à l'infinie multiplicité.
C'est ainsi que le Tarot, fruit séculaire du génie de nos aïeux, peut représenter non seulement la création dans son état actuel, mais son histoire même jusque dans les détails, et son avenir avec celui de la créature humaine, jusque dans leurs principes, tout en évitant, parla combinaison do ses symboles analogiques empruntés à la vie naturelle, l'écueil où toute philosophie vient échouer, à savoir la définition des mots, l'expression nette et entière du Verbe dans le monde sublunaire.
A Voccultiste.
C.H. DE SlVRY.
CHAPITRE XVIII
LE TAROT KABBALISTIQUE
Déduction d'Etteila sur le livre de Tlioth. — Exemple d'application du Tarot à la Kabbale, l'Hiérogramnie d'Adam par Stanislas de Guaita.
DÉDUCTIONS D'ETTEILA SUR LE LIVRE DE THOTH
Nous allons résumer quelques-unes des conclusions auxquelles était arrivé Etteila à la suite de ses travaux sur le Livre de Tlioth (le Tarot).
Le Livre de Thoth Hermès indique par son nom même que notre auteur avait découvert son origine égyptienne. Il est composé de 78 feuillets formant 4 volumes.
Le 1er volume comprend 12 feuillets
Ainsi les 22 arcanes majeurs formenl W volumes et les 50 arcanes mineurs forment le dernier.
Les 56 feuillets du dernier volume se divisent de la manière
suivante d'après l'opération indiquée dans Le premier coup du tirage de cartes.
Les 4 divisions de ces 56 feuillets (les 4 couleurs) repré- sentent respectivement :
Agriculture
Sacerdoce
Noblesse
/ Magistrat / Militaire
Peuple
' Commerce.
Le Livre de Thoth a trois parties qui sont :
i'2 Atouts majeurs.
1G Atouts mineurs (les figures).
40 Basses lames.
Il est composé comme un être vivant, car :
78 est son corps. .'} sou esprit ou médiateur. 1 son âme.
Si l'on additionne en effet les 12 premiers feuillets du livre on trouvera le nombre de son lotal :
Si maintenant nous nous reportons à la première opération du tirage des caries d'après notre auteur, de nom elles déductions vont prendre naissance.
Le nombre 7S représente en effet le Sel où l'Esprit incorruptible.
Le nombre 1 un livre) représente l'Unité, la Divinité;
enfin le nombre 26 qui partage le Tarot en trois partie; est justement celui de Jehovah («Tin»).
Total 26
Dans la première opération ' sur les paquets de 26 caries
Dans la seconde opération sur les paquets de 17 cartes il reste 1 qui représente le point du centre du cercle zéro.
Enfin dans la troisième opération sur les paquets de 1 1 cartes il reste 2 qui représente l'Homme.
Pour résumer :
0. Circonférence de l'Univers.
1. Le Point du Centre-Dieu.
ï. Le Mâle et la Femelle. L'Homme.
Dieu, l'Homme et l'Univers obtenus par les procédés mystiques d'Etteila!
Nous n'en finirions pas si nous voulions poursuivre notre auteur dans toutes les déductions qu'il lire de là ; contentonsnous, pour terminer, de montrer le sens qu'il donne aux nombres des paquets qu'on a mis successivement de côté1.
Enfin le reste des cartes 11+11+2=24 c'est la Vie. Ces quelques pages suffiront pour donner un aperçu de la manière de procéder d'Etteila et encore nous avons
1. Voyez pour explication de ces paquets el de la manière de les obtenir le chapitre XX (6e leçon).
considérablement éclairci ses déductions en les présentant aussi méthodiquement que possible. Les curieux pourront consulter à ce sujet ses ouvrages.
Collection sur les Hautes Sciences ou traite théorique et pratique de la sage magie des anciens peuples, absolument complet en douze livres, lesquels contiennent tout ce qu'E tteila a écrit sur la philosophie hermétique, l'art de tirer les cartes et notamment le sublime Livre de Thoth.
EXEMPLE D'APPLICATION DU TAROT A LA KABBALE
L'HIÉROGRAMME D'ADAM
Stanislas de Guaita
En affirmant que l'hiérogramme d'Adam recèle les plus profonds arcanes de l'Univers vivant, nous n'étonnerons pas ceux qui ont fait du Sepher Bereschit une élude sérieuse. En confrontant l'admirable traduction de Fabre d'Olivet et les révélations pantaculaires du Livre deThoth, il n'est pas impossible de faire jaillir les suprêmes étincelles du vrai. Voici quelques données qui aideront à y parvenir.
Adam p"tf s'écrit en hébreux, Aleph, Daleth, Mon.
^ (l1" clef du Tarot. Le Rateleur). Dieu et l'homme; le Principe et la fin; l'Unité équilibrante.
1 (4e clef du Tarot. L'Empereur). La Puissance et le Règne; le Quaternaire verbal; la Multiplication du cube.
12 (13e clef. La Mort). Destruction et Restauration; Nuit et Jour moraux et physiques; l'Éternité ci l'Éphémère ; la Passivité féminine, à la fois gouffre du passé cl matrice de l'Avenir.
Analyse ternaire (\u principe insondable que tod manifeste on son inaccessible «'I synthétique unité, Adam est,
au fond, très analogue àl'hiérogramme A^m si fameux dans les sanctuaires de l'Inde.
En p~tf Aleph correspond au Père, source de la Trinité; Daleth au fils (que la Kabbale nomme aussi le Roi) et Mon au Saint-Esprit dont le corps éthéré, dévorateur et fécondateur à la fois des formes transitoires, fait fleurir la vie, (intarissable et inaltérable dans son essence), sur le fumier changeant du Devenir.
J'ai dit que pi tf est l'analyse cyclique du principe dont * (iod) est la synthèse inaccessible.
Un simple calcul de kabbale numérique va confirmer mon affirmation: Traduisons les lettres en chilfres (Méthode tarotique).
En Kabbale numérique absolue le chiffre analytique d'Adam est donc 9. Or, nous obtenons 10 en ajoutant à 9 l'unité spécifique qui ramène le cycle à son point de départ et clôt l'analyse dans la synthèse, et 10 est le chiffre correspondant à la lettre iod: ce qu'il fallait établir.
Le vocable hiérograuimatiqiie pis (Adam) représente donc révolution nonaire du cycle émanée de * (iod) et qui se clôt en 10, en retournant à son point de départ. Principe et fin de tout, Iod éternel, révélé dans sa forme d'expansion tertriune.
Allons plus loin.
Nous avons donc le droit (en notant d'ailleurs qu'Adam diffère de Iod ou de Wodh comme l'ensemble des sousm ultiplesdiffèrent de l'Unité) nous avons le droit de dire, po ursuivant nos analogies.
Si Adam est égal à J .
Adam-ah zz I-ah: et Adam Eve zz I-êvê. Hé (H) repré- sente la Vie universelle, la Nature naturante; TV représente donc (iod) uni à la Vie et Hpltf (Adamah) Adam uni à la Vie. C'est à deux degrés différents (en tenant toujours compte de la distinction notée plus haut) l'union de Y Esprit et de Y Ame universels.
Enfin en miT (1EVE) comme en mnp"îtf (Adam-Eve) Vau (ï) figure la fécondité de cette union et le dernier hé (H) symbolise la Nature naturée (issue de la Nature naturante engrossie par le principe mixte).
Ces quatre lettres mrv (IEVE) symbolisent le quaternaire de Mercavah, les six lettres d'Adam Eve mn~p"îtf le senaire de Bereschith.
(Fragment du Serpent de la Genèse, publié dans le Lotus de
A T occultiste.
E. POIRKI..
CHAPITRE XIX
NOTICES SUR LES AUTEURS QUI SE SONT OCCUPÉS
DU TAROT
Raymond Lulle. — Cardan. — Postel. — Les Rose-Croix. — Court de Gébeliu.
Éliphas Levi. —Stanislas de Guaita. — Joséphin Péhdan. — Tbe Platouist.
— Theosopkical publications. — F. Ch. Barlet. — Oswald Wirth. — Poirel.
— Ely Star. — H.-P. Blavatsky. — Ch. de Sivry. — Mathers.
NOTICE
SUR LES AUTEURS QUI SC SONT SPÉCIALEMENT OCCUPÉS DU TAROT
'Rang de date.)
Raymond Lulle 1233-1315), savant éminent, fondateur d'un système de philosophie, mais surtout de logique, basé entièrement sur l'application du Tarot ; c'est YArs Magna.
Cardan (Jérôme). Né à Paris en 1501, mort en 1576. Professeur de mathématiques et de médecine à Milan et à Bologne. Voyagea en Ecosse, en Angleterre, en France, opérant des cures merveilleuses.
Son traité de lu Subtilité (1550) est entièrement basé sur les clefs du
Postel (Guillaume;. Né en 1510 à Dolerie (diocèse d'Avranches). Knvovt" par François Ier en Orient, il en rapporta des manuscrits
précieux et fut. nommé professeur de mathématiques et de langues orientales au Collège de France. .Mort au couvent de Saint-Martin des Champs en 1581. Un des plus grands initiés du xvic siècle. A retrouvé la clef du Tarot; mais n'en a pas livré le secret ainsi que le montre son ouvrage. La Clef des choses cachées (1580). Tous ses ouvrages sont à l'index.
La Mystérieuse Fraternité des Rose-Croix (1604). La Fama fra-
ternitatis Rosse Cruels (1613) montre aux Initiés que les Rose-Croix
possédaient le Tarot qui est ainsi décrit : Ils ont un livre dans lequel ils peuvent apprendre tout ce qui est dans
les autres livres faits et à faire. N'oublions pas que ces Rose-Croix sont les initiateurs de Leibnitz et
les fondateurs de la Franc-Maçonnerie actuelle par Asmhole.
Court de Gébelin. Né à Nîmes en 1725, mort à Paris en 1784. Savant illustre. A retrouvé l'origine égyptienne du Tarot. Voyez
Etteïla (1783). Nous avons donné un résumé de ses travaux sur l'Art de tirer les cartes avec le Tarot et sur l'application de ce jeu à la Kabbale.
Claude de Saint-Martin. Le philosophe inconnu. Né en I7i3 à Aniboise, mort en 1803. - Disciple de Martinez Pasqualis et de Jacob Bœhm, fondateur des ordres dits Martinistes. Son livre Tableau naturel des Rapports qui existent entre Dieu, l'Homme et l'Univers est basé strictement sur le Tarot.
J.-A. Vaillant. A vécu de longues années avec les Bohémiens et a reçu oralement une grande partie de leurs traditions qu'il résume dans ses ouvrages :
les Rômes, histoire vraie des vrais Bohémiens (vers is:>:{ .
La Bible des Bohémiens I 1860 .
Clef Magique de la Fiction et du /-'ait 1863].
Christian. Bibliothécaire de l'Arsenal. A publié un manuscrit occulte sur le Tarot en y mêlanl ses rêveries personnelles au sujet de L'astrologie dans :
L'Homme Rouge des Tuileries 1854).
Élipeas Levi. Celui des Maîtres contemporains en Occultisme quia le mieux possédé le Tarot. Son ouvrage Dogme et Rituel de Haute
iphas Levi a eu une vie des plus romanesques; il est mort en 1870 laissant, je crois, un fils.
Stanislas de Gcaita. Savant kabbaliste contemporain. A fait plusieurs applications du Tarot à la Kabbale. Nous en donnons un extrait ci-dessus. Voir, de plus, Au seuil du Mystère (1886 et le Serpent de la Genèse (sous presse).
Joséphin Péladan. Romancier de grand talent et Kabbaliste éminent. Traite souvent du Tarot dans ses ouvrages (1885-1889).
Tue Plaïônist (1888). Revue d'Occultisme américaine. A donne une étude assez mauvaise sur l'application du Tarot à l'horoscopie. Cette étude a été reproduite sans indication de source par la :
Theosophical Publications. Petite plaquette, n° H Londres, 1888). (7, Duke street).
F.-Cn. Barlet. Un des écrivains les plus savants et les plus estimés que possède l'Occultisme français. On trouvera ci-dessus in extenso le résumé d'un de ses travaux sur le Tarot initiati-
Oswali» Wirth a étudié le Tarot astronomique (Voy. ce chapitre et, surtout a redessiné les vingt-deux figures symboliques d'après les plus récentes données du symbolisme f!889).
E. Poirel. Occultiste. Editeur du Tarot d'Oswald Wirth (188!)).
Ély Star. Auteur connu par ses intéressants travaux sur l'Astrologie. Les Mystères fie l'horoscope (Dentu, 188S) contiennent un chapitre sur le Tarot.
H. -P. Bxavatsky. Cet auteur éminent par ses travaux sur la Théosophie parle du Tarot dans ses ouvrages (Isis Unveiled et the Secret Doctrine), maisd'une manière très superficielle et sans aucune base synthétique.
Lu. de Sivry. Occultiste de grand talent, connu surtout par ses travaux sur la musique. Nous devons ù son obligeance la communication île ce résumé d'un Tarot bohémien ainsi intitulé :
Extrait du Livre sacré de la tribu Opâchti, de la famille primitive qui adorait Otchâvâtri représentant le dieu unique Otchawatra. La tribu habitait autour de l'Hymalaya.
Ce livre décrit le symbolisme des vingt-deux arcanes d'après les Bohémiens avec d'intéressantes déductions sur l'ésotérisme.
Mathers, auteur anglais, a publié récemment un petit traité de 00 pages sur le Tarot dans lequel il n'y a rien d'original, c'est un
simple résumé des auteurs principaux qui se sont occupés de Ja question. Ce traité est surtout fait en vue du tirage des cartes.
Tels sont les ailleurs dont les travaux sont venus à noire connaissance et qui ont parlé du Tarot oit se sont servi de ses clefs. Il se peut que nous en omettions quelquesuns. Nous leur en Taisons nos excuses d'avance.
A nos lectrices.
.CHAPITRE XX
LE TAROT DIVINATOIRE
EN SEPT LEÇONS
Introduction. — A nos lectrices. — L'Astronomie et l'Astrologie. — L'intuition.
— Le Tirage des sorts par le Tarot en sept leçons. 1' Leçon. — Simplification des règles des Tarots.
2e Leçon. — Arcanes mineurs. — Significations. — Inutilité de beaucoup de mémoire pour les retenir. — Clef du Tarot divinatoire. — Bâtons. — Coupes.
— Épées. — Deniers.
3e Leçon. — Arcanes majeurs. - Significations au point do vue divinatoire. \r Leçon. — Base de l'application de ces données. - Etablissement du Sort. 'p1 Leron. — Tirage du Tarot. — Procédé rapide. — Procédé développé. 6e Leçon. — Méthode originale et inédite d'Etteila pour le tirage des Tarots, d'après un ses plus rares ouvrages). — 1er coup, 2e coup, 3e coup, 4e coup. 7e Leçon. — Conclusion. — Bibliographie.
LU TAROT DIVINATOIRE
INTRODUCTION
A nos lectrices. — L'Astronomie et V Astrologie. — L'Intuition. — Le Tirage des sorts par le Tarot en sept leçons.
La première partie de notre étude sur le Tarot, pleine de chiffres, de lettres hébraïques et de déductions abstraites n'est certes pas faite pour mériter l'attention de nos lec-
triées. C'est que, si la nature féminine, curieuse de mystère et d'idéal, aime et sait excuser toutes les envolées de l'imagination, les hommes recherchent avant tout la précision et la méthode dans ces sortes d'études. Pour eux j'ai dressé cet arsenal d'arguments techniques, j'ai garrotté la « folle du Logis » dans les liens étroits de la déduction et ce n'est qu'à grand'peine et malgré moi qu'elle a pu s'échapper quelquefois et venir semer ses brillantes graines d'illusion dans le cours de mon travail. 11 est de tradition cependant que le Tarot doit servir à connaître l'avenir et toutes nos lectrices m'en voudraient beaucoup si je ne sacrifiais pas à la tradition.
Voilà pourquoi je me suis décidé à aborder cette délicate question; j'ose espérer que le plaisir des consultantes saura faire équilibre au scepticisme des esprits rigoureux. 11 est vrai que je puis m'appuyer sur l'avis de tous les vieuxauteurs qui prétendent que les Égyptiens employaient le Tarot pour prédire l'avenir et que les Juifs se sont servis de du même moyen pour établir leurs prophéties. 11 faut à ce sujet faire une importante distinction, à mon avis.
Les Égyptiens prédisaient l'avenir au moyen du Tarot, c'est incontestable; mais en utilisant exclusivement ses applications astronomiques. Rien n'était livré au hasard. Ainsi, sachant que la plupart des événements importants qui arrivent sur terre sont déterminés par les courants magnétiques créés par la position des astres au moment où l'événement se produit, ces savants établissaient loul d'abord les relations existant entre cette position d*^ astres dans le ciel et les événements créés par là sur terre. Comme les astres accomplissent des révolutions tixes, c'est-à- dire connue ils reprennent la même position au bout d'un certain nombre d'années mathématiquement délerminahle, les Égyptiens pensaient que les mêmes événements
se reproduisaient aussi à périodes fixes. 11 suffisait donc de connaître la marche des astres pour prédire les événements, voilà pourquoi l'astronomie n'était que le début de l'astrologie.
Comme le Tarot reproduisait sur une table la marche des astres dans le ciel, on voit comment pouvaient s'y prendre les anciens pour prophétiser avec le Tarot. Ils dressaient l'Horoscope de l'année à venir, d'après la position qu'occuperaient alors les astres et pouvaient ainsi prédire à coup sur deux tiers des événements. Les travaux de Fabre d'Olivet montrent en effet qu'un tiers des événements sont Déterminés, un autre tiers dépend de la Volonté humaine, enfin lr dernier tiers est soumis à la Providence. Comme la Fatalité déterminante et la Volonté humaine s'unissent presque toujours inconsciemment, on voit que l'Horoscope astrolo-
gique peut prédire - des événements.
Plus tard les données précises se perdirent et l'on commença à tirer les sorts au hasard sans méthode scientifique. Ainsi les méthodes astrologiques, dites onomantiques, c'est-à- dire qui emploient les nombres formés par les lettres du nom ou du prénom de l'individu sont, pour la plupart du temps, fausses et stériles en résultats pratiques. Voilà pourquoi tout le système astrologique de Christian ne peut être considéré que comme une rêverie trompeuse et mensongère. La vérité des prédictions dépend alors de l'intuition du prophète et ceci nous amène à dire un mot des différences qu'on observe dans les prédictions des tireuses de cartes.
L'intuition joue le plus grand rôle quand la méthode rigoureuse disparait, voilà la raison pour laquelle la nature féminine essentiellement intuitive est très apte à ces divinations.
La discussion du 'pourquoi de tout cela nous entraînerait
beaucoup trop loin el nous ferait sortir du sujet. Nous ne pouvons non plus faire en quelques pages Y astrologie par le Tarot ; un volume est nécessaire à cet effet et le temps nous manque pour traiter ces questions trop spéciales. Peut-être un jour nous déciderons-nous à l'entreprendre.
Quoi qu'il en soit nous voyons que le hasard et l'intuition dirigent la divination parle Tarot, telle qu'elle est ordinairement faite aujourd'hui. 11 nous faut donc mettre nos lec- Irices en mesure de la pratiquer de leur mieux; aussi allons-nous exposer les principes les plus simples de cet art et, pour être aussi clair qu'il le faut, nous les diviserons en une série de leçons.
.Nous ferons en sorte de donner là un tout complet, de telle façon qu'il soit inutile de lire toutes les études abstraites qui précèdent pour se servir du Tarot à ce point de vue. Enfin nous exposerons les principales méthodes des maîtres dans l'art de tirer les cartes de manière à rendre nos lectrices aussi fortes que possible dans la prédiction de l'avenir. Nous rappelons toutefois que la science a peu d'empire sur ce sujet et que l'imagination et l'intuition régnent en maîtresses dans ce charmant domaine.
Respectueusement dédié au littérateur,
Mml' Manoel de Grandfort.
PREMIÈRE LEÇON
SIMPLIFICATION DES RÈGLES DU TIRAGE DES TAROTS
La grande difficulté que rencontre la débutante dans l'élude de la divination par le Tarot c'est le nombre de sens à retenir pour la lecture des cartes.
Ouvrez en effet un traité quelconque sur ce sujet et vous constaterez qu'il faut tout d'abord apprendre les significations différentes des 78 cartes du Tarot debout. Ensuite il faut savoir encore la signification de ces 78 cartes renversées sans compter les rencontres et autres complications, ce qui porte à environ 200 le nombre des sens différents qu'il faut avoir présents à la mémoire, si Ton veut être bonne tireuse de caries. L'habitude seule permet d'arriver à ce résultat et dans ce cas c*est Y intuition qui joue le rôle prépondérant sur la mémoire.
Or cette complication indique toujours une méthode imparfaite. La Nature est synthétique dans ses manifestations et la simplicité se rencontre toujours au fond des phénomènes en apparence les plus compliqués. En admettant que nos travaux sur le Tarot soient erronés on ne peut toujours nier la simplicité absolue des principes constituants. C'est pourquoi nous allons appliquer la même méthode au Tarot divinatoire et nous efforcer d'établir un système qui per-
mette de se passer presque entièrement de mémoire ou au moins de réduire considérablement son utilité. Nous accorderons ainsi une certaine place aux méthodes scientifiques, sans du reste vouloir préjuger de cette influence, vu le sujet traité.
Le premier point à retenir, dès le début de cette étude, est donc la nécessité de règles simples et claires pour manœuvrer le Tarot divinatoire. Ces règles, nous allons les exposer dans les leçons suivantes.
Respectueusement dédié au compositeur
AUGUSTA Holmes.
DEUXIÈME LEÇON
ARCANES MINEURS SIGNIFICATION AU POINT DE VUE DIVINATOIRE
Le jeu de Tarot se compose de 78 caries ou lames. 22 de ces cartes portent des noms symboliques (Bateleur, Soleil, Lune, Pendu, etc.), il faut les séparer des 5G autres divisées en quatre grandes séries: Bâtons, Coupes, Epées,
Ces quatre séries de chacune 14 cartes (Roi, Dame, Cavadent aux quatre séries de nos cartes à jouer ordinaires (trèfle, cœur, pique, carreaux) et prennent le nom de Bâtons, Coupes, Épées, Deniers. Ce sont les arcanes mineurs.
Les 22 cartes symboliques, au contraire, sont les arcanes majeurs ou grands arcanes.
1" Arcanes mixeurs formés de quatre séries de chacune 14 cartes, ce qui fait 50 cartes en tout.
2 Arcanes majeurs formés de 22 cartes.
Telles sont les deux grandes divisions qu'il faut retenir tout d'abord.
Nous avons dit que les arcanes mineurs étaient divisés en quatre séries : Bâtons, Coupes, Épées, Deniers. Chacune
de ces séries représente un des quatre grands principes suivants :
Les Bâtons représentent Les Entreprises et la G loin'
Les Coupes L 'Amour et le Bonheur
Les Epées La Haine et le Malheur
Les Deniers L'Argent et V Intérêt.
Entreprise, Amour, Haine, Fortune, tels sont les quatre grands principes qu'il faut tout d'abord connaître.
Si maintenant vous prenez un des paquets de 14 cartes, vous constaterez qu'il est formé de quatre tigures et de 10 autres cartes portant simplement des nombres et des symboles pareils.
Voyons d'abord ces 4 ligures :
Le Roi représente L'Homme
La Dame La Femme
Le Cavalier Le Jeune homme
L'homme représente le créateur, edui qui l'ait les entreprises ; la femme caractérise l'amour; le jeune homme, les combats, les luttes, les rivalités, la haine; l'enfant symbolise le neutre absolu, le second hé, ce qui prend toutes les valeurs suivant le cas, l'aident qui s'adresse à tous et s'applique à tout, la transition universelle. Homme, Femme, Jeune homme, Enfant sont donc les mêmes symboles appliqués à la famille que les quatre grands principes appliqués à l'humanité et connaître les mis c'est connaître implicitement les autres.
Pour résumer tout cela nous dirons que le premier élé-
ment représente le positif, le second le négatif le troisième l'opposition entre les deux, enfin le dernier le neutre absolu, et ces éléments sont symbolisés par les quatre figures de chacun des arcanes mineurs.
Mais de même que les cartes se divisent eu deux grandes couleurs rouge et noire, de même l'humanité se divise en bruns et blonds.
Les quatre figures de Bâton et d'Épée représenteront donc des bruns, les quatre ligures de Coupe et de Deniers des blonds.
De même les figures de Bâton et de Coupe seront des bons, les figures d'Épées et de Deniers des mauvais.
Nous allons répéter cela à propos de chaque couleur ; pour l'instant résumons définitivement le sens de nos quatre figures de Bâton.
Roi de Bâton. — Homme bran. — Boa. — Ami. Reiae de Bùton. — Femme brune. — Bonne. Cavalier de Bâtoa. — Jeuae homaie braa. — Boa. Valet de Bâtoa. — Eafaat oa messager braa. — Boa.
Outre nos quatre figures nous avons à considérer encore les 10 cartes portant des nombres. Comment trouver le sens de ces 10 cartes et surtout comment nous rappeller facilement le sens de quatre séries de 10 cartes? Bien n'est plus facile.
Nous n'avons rien de nouveau à apprendre, il nous suffit d'appliquer ce que nous savons déjà. Nous divisons nos 10 cartes en quatre paquets, trois paquets de 3 cartes et un paquet formé d'une seule carte, la dixième. Cela fait nous disons :
Le premier paquet de 3 cartes formé des lames as, 1 et 3 aura le même sens que Yhomme il signifiera l'entreprise, le commencement, la création d'une affaire quelconque (entreprise, amour, haine ou argent).
Le second paquet composé de 3 cartes 4,5,6 ligure ta femme et toutes les idées de négatif, de retlet qui en dérivent, c'est-à-dire le contraire de l'homme, l'antagonisme, l'opposition dans une affaire quelconque.
Le troisième paquet signilie l'équilibre qui résulte de l'action des deux opposés l'un sur l'autre, figuré par le Jeune homme.
Enfin l'Enfant, le neutre absolu, sera représenté par la dixième carte.
Chacune des 3 cartes de ces paquets aura le même sens.
La première carte des paquets indiquera commencement ; la deuxième opposition, antagonisme; la troisième équilibre, ce qui nous donne pour nos 10 cartes la série suivante au sens général.
CLEF DU TAROT DIVINATOIRE
2. Opposition
5. Opposition (i. Equilibre
S. Opposition
10. Indéterminé. — La carte suivante seule l'expliquera.
du Commencement
de l'Opposition
de l'Equilibre
\iusi los trois mots. Commencement, Opposition, Équilibre, synonymes delThèse, Antithèse, Synthèse, ou'dë
Brahma, Siva,Vic/mou, etc., suffisent pour connaître le sens de tous les arcanes mineurs du Tarot. Il suffira d'ajouter à chacune de ces séries les mots amour, haine, entreprise ou fortune, pour déterminer le sens de chaque carte sans fatiguer en rien la mémoire. C'est ce que nous allons faire.
SIGNIFICATION DES 4 SÉRIES d' ARCANES MINEURS DANS LE TAROT DIVINATOIRE
BATON
Création. — Entreprise. — Agriculture.
Roi. Le Roi de Bâton symbolise un homme brun, ami. Il repré-
sente généralement un homme marié et surtout un père de famille. Dame. Femme brune, amie. Représente une femme sérieuse, de
très bon conseil, souvent une mère de famille. Cavalier. Jeune homme brun, ami. Valet. Enfant brun, ami. Représente aussi un envoyé d'un 1res
proche parent. As de Bâton. Commencement d'une Entreprise. Deux. Opposition au commencement de V Entreprise.
L'Entreprise est commencée lorsqu'un obstacle imprévu vient s'opposer tout à coup à son exécution. Trois. Réalisation du commencement de V Entreprise.
Les bases sont enfin définitivement établies. On peut sans crainte aborder la suite de cette création. Quatre. Obstacles à V Entreprise.
Rien ne peut s'exécuter sans obstacles. Aussi les voyonsnous apparaître maintenant et devons-nous être prêts à les rendre impuissants. Cinq. Opposition aux obstacles. Victoire après avoir sur-
monté les difficultés.
Six. Réalisation de l'opposition.
Les obstacles triomphent définitivement. Chute de
V Entreprise au milieu de son exécution. Sept. Succès assuré de l'Entreprise.
Huit. Opposition an succès. L'Entreprise ne réussit que par
partie. Neuf. Réalisation du succès. Le succès se maintient.
Dix. Incertitude dans la conduite de l'Entreprise.
COUPES
Conservation . — Amour. — Enseignement.
Connaissant le sens d'une série on connaît a priori le sens de trois autres. Nous les donnons cependant toutes pour faciliter le travail.
Roi de Coupe. Homme blond, ami. Cette carte représente aussi
un homme de robe, Juge ou Ecclésiastique Elle symbolise un célibataire.
Dame de Coupe. Femme blonde, amie. Femme aimée. Maîtresse.
Cavalier de Coupe. Jeune homme blond, ami. Jeune homme aimé.
Amant.
Valet de Coupe. Enfant blond. Envoyé. Naissance.
As de Coupe. Commencement d'un amour.
Deux. Opposition à ce commencement. Obstacles peu
importants venant d'une des parties.
Trois. Réalisât ion de ce commencement. L'amour est
agréé des deux côtés.
Quatre. Obstacles sérieux à l'amour. Ils viennent d'o li-
tres personnes que des amoureux.
Cinq. Opposition aux obstacles. Victoire sur les obsta-
cles après la lutte.
Six. Les obstacles triomphent. Amour détruit au mi-
lieu de son éclosion. Veuvage.
Sept. Succès assuré de l'amour.
Huit. Insuccès partiel de l'Amour. L'amour ne réussit
qu'en partie.
Neuf. Grossesse.
Dix. Incertitude dans la conduite de l'amour.
FRONTISPICE
• Clé absolue des sciences occultes donnûy/frai Guillaume roniei ci complétée pur EJijpiiasLèvi.
ÉPÉES
Transformation. — Haine. — Guerre.
Roi d'Epée. Homme brun, méchant. (Test un homme de guerre, un ennemi puissant dont il faut se défier.
Dame d'Epée. Femme brune, méchante. Elle indique aussi l'action de cette femme insupportable, les caquets, les calomnies.
Cavalier. Jeune homme brun, ennemi. C'est aussi un Espion.
Valet. Enfant ennemi. Mauvaise nouvelle. Retard.
En général ces figures indiquent l'opposition qui vient d'une source extérieure à la maison.
As d'Epée. Commencement d'une inimitié.
Deux. Opposition à ce commencement. L'inimitié ne dure pas.
Trois. Réalisation de l'Inimitié. Haine.
Quatre. Opposition à la haine. Succès contre l'ennemi.
Cinq. Opposition à cette opposition. L'ennemi triomphe au
moment où l'on pensait avoir soi-même le dessus.
Siv. Equilibre de l'opposition. L'ennemi est enfin rendu im-
puissant.
Sept. Succès assuré de l'Ennemi.
Huit. Opposition partielle a ce succès. L'Ennemi ne triomphe
qu'en partie.
Neuf. /Jurée assurée de la Haine.
Dix. Incertitude dans l'inimitié.
Développement. — - Argent. — Commerce.
Roi de Deniers. Homme blond, ennemi ou indifférent.
Dame de Deniers. Dame blonde, indifférente ou ennemie.
Cavalier. Jeune homme blond. Étranger. Arrivée.
Valet. Enfant blond. Envoyé. Lettre.
Les figures des Deniers à l'inverse de celles <le Bâtons et
des Coupes indiquent tout ce qui vient de l'extérieur, de la campagne et de l'étranger.
As de Deniers. Commencement de Fortune. Héritage. Dons. Economie, etc., etc.
Deux. Opposition à ce commencement . Difficulté de bien
établir les premiers jalons de sa fortune.
Tunis. Réalisation de ee commencement de fortune. Petite
somme.
Quatre. Opposition de Fortune. Perte d'argent'.
Cinq. Opposition à cette opposition. Gain venant équili-
brer lu périr.
Six. Réalisation de l'opposition. Ruine.
Sept. Succès assuré. Grosse fortune.
Mm-. Succès partiel, Grande perte d'argent au moment
de faire définitivement fortune.
Neuf. Équilibre de l'Équilibre. Fortune durable.
Dix. Incertitude dans la Fortune. Grands succès et grands
revers.
On voit qu'en somme c'est la même série qui revient toujours. Il suffit donc de peu de temps pour connaître à fond le sens des arcanes mineurs, même sans grande mémoire. Nous conseillons aux lectrices qui auraient peur d'oublier, d'écrire tout simplement le sens sur les cartes. Cependant ' les cartomanciennes de profession se garderitlbien <h le taire, car l'intuition lès conduit souvent à une interprétation nu peu différente du sens fixe de la carte.
Respectueusement dédié, au peintre
Louise Abbéma.
TROISIÈME LEÇON
ARCANES MAJEURS SIGNIFICATION AU POINT DE VUE DIVINATOIRE
Nous connaissons bien maintenant la signification des arcanes mineurs, il nous reste à voir celle des arcanes
Comme nous l'avons dit déjà, les arcanes majeurs sont constitués par 22 lames symboliques. Nous ne les avons pas encore étudiées au point de vue du Tarot divinatoire.
Leur sens est assez facile à retenir si l'on veut bien prendre la peine de les considérer une à une à mesure que leur signification est décrite.
Une règle générale va, du reste, aider encore la mémoire à ce sujet; c'est que les sept premières cartes indiquent surtout le côté intellectuel de l'homme, les sept suivantes son côté moral et enfin les sept dernières les divers événements de sa vie matérielle.
Ceci dit établissons le sens des 22 lames de notre Tarot :
1. Le Bateleur signifie Le Consultant.
2. La Papesse La Consultante.
4. L'Empereur Volonté.
signifie
Triomphe. Protection proytden tielle.
La Houe de Fortune
Fortune. Destinée.
II.
Epreuve. Sacrifice.
Mort.
H.
Tempérance. Economie.
Force majeure. Maladie.
L,a Maison Dieu
Ruine. Déception.
Les Etoiles
Ennemis cachés. Danger.
Bonheur matériel, Mariage fé cond.
L.e Jw/ement
Changement de position.
Le Mat
Coup de tête. Folie.
Réussite assurée.
Respectueusement dédié
A Mmc VEUVE G.VILL.VRD.
QUATRIÈME LEÇON
BASE DE LAPPLIGATION DE CES DONNÉES ÉTABLISSEMENT DU SORT
Nous sommes à même dès maintenant de manier notre Tarot au point de vue divinatoire.
Cependant, avant d'aborder ce sujet, il est de toute nécessité d'établir le plan qu'on suivra dans la disposition des cartes.
Connaître le sens des lames n'est, en effet, que la première partie de l'art de la cartomancie, mais savoir les placer est encore plus important. Ainsi que nous l'avons déjà dit, on ne devrait pas sortir des données astronomiques et le Tarot ne devrait être employé que pour figurer les révolutions des astres, source des événements futurs ; mais c'est là le domaine de l'Astrologie et nous devons nous cantonner dans celui du tirage des Tarots gouverné par le Hasard.
Nous allons toutefois donner le plus grand nombre possible d'éléments positifs dans cette étude. Il suffit de se reporter, au commencement de celte troisième partie (clef des applications du Tarot), pour voir que la vie humaine évolue à travers quatre grandes périodes désignées sous 1rs
noms de :
Enfance. Jeunesse. Age mûr. Vieillesse.
Si Ion ue s'occupe pas de la Vie humaine et qu'on veuille simplement voir l'évolution d'un événement, celui-ci passera également par les quatre grandes phases évolutives de :
Apogée. Déclin. Chute.
Nous aurons donc tout d'ahord à bien déterminer dans les places que vont occuper les cartes quatre points opposés deux à deux, sur lesquels nous placerons plus lard les lames qui vont nous révéler l'inconnu.
Voilà donc notre premier point bien établi : détermination des quatre places qu'occuperont les cartes.
Apogée.
Jeunesse.
Déclin.
Enfance
Chute. Vieillesse.
Age mûr
On remarquera que la disposition des points va de gauche à droite ainsi que l'indique l'ordre des nombres, tandis que les symboles se lisent de dnùle à gauche.
La Yie humaine on 'l'Evénement se meut dans trois pé- riodes bien distinctes:
Le Passé.
Le Présent. L'Avenir.
Ce qui nous donne la nouvelle figure suivante :
\u centre de laquelle se trouve le Consultant. La disposition du triangle suit la marche des chiffres et non celle des
symboles.
Cependant comme quatre points ne suffisent pas pour reproduire exactement la marche du soleil dans le ciel, nous prendrons pour les grands tirages du Tarot ÛÙMé points correspondant au douze mois de l'année. La ligure que nous avons obtenue là nous servira toutefois a consulter le Tarot sur les petits événements. En résumé nous obtiendrons la figure suivante que nous devons bien retenir pour la disposition de nos cartes au sujet des grands évé- nements et de toute une vie.
III
Déclin
Cette ligure, très importante à bien étudier, est composée de trois cercles.
In Un cercle extérieur formé de douze cases qui seront remplies par les arcanes mineurs. Les cases sont disposées, ainsi que l'indiquent les nombres de gauche à droite.
2° Un second cercle intermédiaire composé de quatre cases disposées de droite à gauche.
3° Enfin un cercle central formé par le triangle et contenant une case à chaque pointe du triangle, ce qui donne trois cases comme total.
Ces trois dernières cases et les quatre précédentes seront l'emplies par les arcanes majeurs.
Au centre de la figure sera le Consultant ou la Consultante suivant les cas.
A l'organisatrice du Congrès international des œuvres
et institutions féminines :
Mmc Emilie de Morsier.
CINQUIÈME LEÇON
TIRAGE DU TAROT
Supposons qu'il s'agisse de tirer l'horoscope pour une affaire quelconque. Comment faut-il s'y prendre?
1° Vous prenez les arcanes mineurs et vous sépare/ du tout la couleur qui se rapporte au genre de la consultation demandée.
S'il s'agit d'une affaire qu'on va entreprendre vous prenez les Bâtons.
S'il s'agit d'une affaire d'autour vous prenez les Coupes.
D'une affaire de procès, de lutte quelconque, vous prenez les Épées.
D'une affaire d'argent, les Deniers.
2° Vous baltez les cartes choisies, puis vous faites couper la personne qui consulte.
T Alors vous prenez les quatre premières cartes qui sont sur le jeu et vous les disposez sans les regarder en croix de la manière suivante et de gauche à droite ainsi que l'indiquent les nombres.
4° Vous prenez alors vos arcanes majeurs (qui doivent toujours être séparés des arcanes mineurs) vous les battez et vous faites couper.
5° Cela fait, vous faites choisir au hasard sept cartes de ces arcanes majeurs par le consultant qui vous les donne sans les regarder.
0° Vous battez ces sept cartes, vous les faites couper et vous prenez les trois premières cartes qui sont sur le jeu et vous les disposez sans les regarder en triangle dans l'ordre suivant :
I II
Vous obtenez ainsi la figure suivante :
Arc majeurs
I
7° Alors vous relevez vos cartes de façon à les voir et vous lisez le sens des oracles en remarquant que la carte placée au n° I indique le commencement.
Celle placée au n° 2 indique l'apogée, celle placée au n° ',\ indique les obstacles, enfin celle placée au n" \ indique lu
chute.
L'arcane majeur placé au 1 indique ce qui a influé sur A' Passé de l'affaire.
L'arcane majeur en II indique ce qui influe sur le Pré- sent de cette affaire.
Enfin celui placé en llï indique ce qui influera sur F Avenir et le déterminera.
Toutes ces choses se font très vite quand on en a pris l'habitude. Un point important à noter c'est que, quand on tire le procédé rapide, les figures ne représentent plus exclusivement des personnes d'une couleur de cheveux particulière. Le Roi représente un homme sans autre distinction, la Dame une femme, le Cavalier un jeune homme et le Valet un enfant.
II. PROCÉDÉ DÉVELOPPÉ I
1° Vous mêlez les arcanes mineurs tous ensemble et vous faites couper.
2° Vous prenez les douze premières cartes sur le jeu et vous les placez en cercle ainsi qu'il suit :
3° Vous mêlez les arcanes majeurs et vous faites couper. Puis vous faites choisir sept cartes par la personne qui consulte.
4° Vous prenez les quatre premières de ces cartes sur le jeu et vous les disposez en face des lames placées aux nos 1 ,
II I III
IV
o° Enfin vous placez les trois dernières en triangle au centre de la figure ainsi :
V VI
VII
Vous obtenez ainsi la figure générale suivante déjà donnée plus haut :
II
V VI
VII
IV
Au centre de cette figure vous placez le Consultant s'il n'est pas sorti dans les cartes tirées. Si le Consultant ou la Consultante sont sortis vous les placez au centre et vous les remplacez par une nouvelle carte des arcanes majeurs choisie par la personne qui vient vous consulter.
Les 12 arcanes mineurs indiquent les différentes phases par lesquelles passe la vie de l'individu ou l'évolution de l'événement pendant les quatre grandes périodes : — Commencement indiqué par l'arcane majeur I qui en montre le caractère. Apogée (arc. 11). Déclin ou obstacle (arc. III) Chute (arc. IV .
Enfin les 3 arcanes majeurs placés au centre indiquent le caractère spécial de l'horoscope dans le Passé (V), dans le Présent (VI) et dans V Avenir (VII).
L'avenir est indiqué dans les arcanes mineurs par les laines placées de 7 à 12.
Le passé par celles placées de 1 à 4 el le présent par celles placées de A à 7.
Tous ces chiffres indiquent les numéros des place* occupées parles arcanes el jamais les numéros des arcanes eux-mêmes. Ceci est important à noter pour ne pas croire (pie c'est toujours l'arcane VII qui doit revenir à la place numérotée VII. Nos lectrices sont du reste assez intelligentes pour qu'il me soit inutile d'insister davantage.
L'explication du sens des arcanes ne saurait offrir aucune difficulté après qu'on aura lu les leçons 2 et 3.
La pratique enseignera du reste mieux tous ces détails que toutes les théories du monde.
Respectueusement dédié A la fondatrice de la Bibliothèque des, femmes:
MllB A. DE WOI.SKA.
SIXIEME LEÇON
Méthode originale et inédite (TEtteila pour le tirage des tarots (d'après un de ses plus rares ouvrages).
Nous venons d'exposer une méthode en grande partie personnelle; aussi, comme nous n'avons jamais eu l'intention d'accaparer le monopole de l'art de la Cartomancienne, nous allons dire quelques mots de la méthode du Grandmaître en cette partie de l'occultisme.
Etteila !
Etteila, de son vrai nom Aliette, était un garçon coiffeur qui vécut à l'époque de la Révolution. Etant tombé par hasard sur un jeu de Tarot, il fut intrigué par sa bizarrerie et se mit à l'étudier. Sou étude dura trente ans au boni desquels, il crut avoir retrouvé le secret de ce livre égyptien. Elteiîa ne possédait malheureusement aucune donnée synthétique, ce qui le conduisit à écrire des rêveries pitoyables à côté des résultats d'intuition vraiment merveilleux. On a trop de tendances à calomnier cet ardent travailleur; il faut reconnaître la pari réelle de vérité contenue dans ses œuvres, sans prendre trop garde aux naïvetés qui les déparent
Quoi qu'il en soit, Etteila appliqua toutes ses connais-
sances à dire la bonne aventure et, si l'on en croit ses contemporains, il s'acquitta merveilleusement de sou emploi. Aussi devint-il le Dieu des tireuses de cartes futures qui ne jurent plus que par lui.
Voilà pourquoi nous nous contenterons de donner sa méthode en détail, jugeant inutile de parler de celles de ses successeurs en jupons qui n'ont fait que le travestir sans le comprendre.
Il faut quatre coups pour tirer complètement les Tarots suivant cette méthode ; nous allons les énumérer un à un.
premier coup. — Mêlez toutes les cartes du Tarot sans vous occuper des arcanes majeurs et des mineurs. Cela fait coupez et partagez votre jeu en trois paquets de chacun 26 cartes1 ainsi :
Prenez le paquet du milieu et mettez-le de côté à votre droite. Ainsi:
11 vous reste deux paquets de 26 cartes. Vous les prenez, vous mêlez les cartes, vous coupez et vous partagez en trois paquets de chacun 17 cartes.
1. ELteila a parfaitement vu que le nombre 26 correspondait au nom
11 vous reste une carie dont vous ne vous inquiète/ pas autrement. Vous prenez alors le paquet du milieu et vous le mettez à votre droite à côté de celui de 26 cartes qui y est déjà, ainsi :
I
Vous prenez ensuite les 3o cartes qui ne sont pas mises de côté, vous les mêlez bien, vous faites couper et vous les partagez en trois tas de chacun 1 1 cartes, ainsi :
il il il
Il reste écartes dont vous ne vous inquiétez pas; cela fait, vous prenez comme avant le paquet du milieu et vous le placez à droite à côté des deux autres qui y sont déjà, ainsi :
Cela fait, vous réunissez en un paquet les cartes que vous n'avez pas mises de côté et vous voilà prêt à expliquer les oracles.
Pour cela vous prenez d'abord le paquet de 20 cartes qui csl de côté et vous l'étalez sur la table, carte par carte, en allant de droite à gauche ainsi :
Vous prenez le paquet de 17 caries que vous étalez de même sous le premier, ainsi que I<i paquet de 11 que vous
ftye Jif
/m^ iemeraer.Pari)
La clé du grand ar'cane
étalez sous les deux autres. Vous obtenez en définitive la disposition suivante :
Esprit I" I
Paquet de Rebut
Vous expliquez alors le sens de ces cartes en faisant attention que le tas inférieur de 11 cartes s'adresse au corps, le tas moyen de 17 cartes à l'esprit et enfin le tas supérieur de 20 cartes à l'âme du consultant.
Etteila déduit de cette manière de tirer les caries des considérations subtiles sur la création du Monde, la Kabbale et la Pierre pliilosophale. Il est inutile pour l'instant de nous y attarder. Passons plutôt à l'étude de la suite du tirage du
deuxième cour. — Uemèlez toutes vos lames (les 78) et faites couper. Prenez alors sur le jeu les 17 premières cartes que vous
disposerez ainsi :
Regardez vivement la dix-huitième lame (Elle se trouve sous votre main après que vous avez placé les 17 premières) et la soixante-dix-huitième qui, elle, se trouve sous le jeu.
Ces deux lames vous indiquent par leur sens si la communication tluidique et sympathique est établie entre le consultant et vous.
Vous pouvez ensuite lire les oracles de la ligne ainsi formée en commençant, comme toujours, parla droite.
Une lois que votre ligue est lue, vous passez la dix-septième carte à votre droite et la première à voire gauche,
puis la seizième et la deuxième la même chose jusqu'à la fin où il ne vous reste plus qu'une seule carie au milieu. Cette carte tombe à l'écart1.
troisième coup. — Vous reprenez toutes vos cartes, vous les battez et les faites couper, puis vous les disposez comme le montre la figure suivante, d'après les numéros d'ordre.
C'esl ainsi que vous obtenez la grande figure d'Etteila qui donne la clef du Passé, du Présent, et de l'Avenir de la personne qui consulte. Pour se servir avec fruit de celte méthode, il faut donc avoir toujours celle ligure présente à la mémoire. Le mieux est de la dessiner avec tous les numéros sur une table ou un grand carton et de disposer ensuite les caries suivant l'ordre des nombres.
i. Peut-être avons nous mal c impris Etteila qui est 1res obscur dans ses livres el que nous tâchons de faire comprendre; mais celte dernière opé- ration nous semble parfaitement inutile.
Pour lire les résultais de cette figure il faut relever les cartes deux par deux, la lre avec la 34°, la 2° avec 35e, etc. pour le Passé.
55e pour le Présent.
pour l'Avenir.
Une étude du tableau permettra de comprendre facilement tout cela.
quatrième coup. — Le quatrième coup n'est plus que subsidiaire. Il sert à obtenir des réponses aux questions qu'on peut faire. Pour y arriver on mêle toutes ses cartes, on fait couper et on tire les 7 qui viennent sur le jeu ainsi :
et on lit la réponse.
Telle est la manière de tirer les cartes d'après la méthode originale d'Etteila. Nous avons résumé dans ces quelques pages une brochure obscure par plusieurs points, de cet auteur : le Livre de Thoth. Cette brochure, qui contient un portrait d'Etteila, est fort rare, ainsi que tous les ouvrages de cet auteur. Ajoutons que sa méthode n'a été sérieusement élucidée par aucun de ses nombreux disciples ; nous croyons être l'un des premiers à l'exposer sur des principes aussi simples.
Respectueusement dédié A la directrice de la Revue théosophique
LA COMTESSE GASTON d'ADHÉMAR.
SEPTIÈME LEÇON
CONCLUSION
Nous avons appris la nécessité de l'intuition et de la pratique dans Fart de tirer les cartes, depuis que cet art a perdu ses principes scientifiques (l'Astronomie) pour se lancer dans l'empirisme. Nos réserves faites à ce point de vue, nous avons étudié la meilleure façon dont on peut se servir du Tarot appliqué à ce singulier usage et pour cela nous avons appris successivement le sens des arcanes mineurs, des arcanes majeurs et enfin la disposition des caries pour la lecture. A coté de celte méthode, tirée en parlie de nos études antérieures, nous avons voulu en donner une plus ancienne et nous avons choisi celle du fondateur de la Cartomancie : Etteila.
Nos lectrices sont ainsi mises à même de choisir celle qui leur plaira davantage el qui leur donnera les meilleurs résultats. Nous leur répétons que l'intuition est le grand secret de tous ces arts divinatoires et que lire dans les cartes, dans l'eau, dans la terre on dans le café c'est absolument la même chose.
Nous avons voulu parler du Tarot divinatoire contemporain pour que notre travail fût complet. Les esprits rigou-
reux le comprendront, nos lectrices nous sauront gré de ne pas les avoir oubliées dans ces digressions abstraites.
BIBLIOGRAPHIE
Mademoiselle Lemarchand, Récréation de la Cartomancie.
Julia Orsini, Le Grand Etteila ou l'Art de tirer les cartes.
Madame Clément, Le Corbeau Sanglant ou V Avenir dévoilé. R.
Plus les ouvrages d'Etteila déjà cités.
Au défenseur du magnétisme
ROUXEL.
CHAPITRE XXI
APPLICATION DU TAROT AU JEU
Le Jeu royal de la Vie humaine suivant les Égyptiens. L'Unité des jeux par le Tarots
JEU ROYAL DE LA VIE HUMAINE
SUIVANT LES ÉGYPTIENS
1 . Lorsque les joueurs ont élu entre eux leur mage^ ils choisissent de môme, dans les personnes qui ne jouent pas, un homme et une femme qu'ils nomment Osiris et
Tsis.
2. En se mettant à table pour jouer, le mage avant la place dominante, on convient du prix de la principale amende (qu'on suppose ici être d'un sou), et pour percevoir les amendeson met une corbeille au milieu de la table.
3. Tous les joueurs s'étant assis, le mage prend le livre de Thoth, mélange les feuillets, ayant soin de les mettre à tête bêche sans les regarder, fait couper sur sa gauche et distribue les caries sur sa droite, en telle division qu'il lui plaît, jusqu'au nombre de sept à tous les joueurs et à luimême.
4. Chaque joueur doit remarquer que le haut des cartes es! (lorsque le mage donne) à l'opposite de sa poitrine ; c'est donc dans ce sens-là et suivant l'ordre progressif de la sortie des cartes que les joueurs doivent lire les oracles qui y sont tracés, et qu'ils annoncent à qui bon leur semble de toutes les personnes qui sont dans la maison.
5. Lorsqu'un des joueurs prononce un oracle il prend la qualité d'interprète, et si la personne à qui il rend l'oracle ne lui fait pas un présent, il est obligé de payer la moitié de l'amende.
(i. Lorsqu'une personne a eu trois oracles véridiques sur !c passé, le présent ou, selon les probabilités, l'avenir, et qu'elle refuse de récompenser l'interprète, les joueurs tiennent comité et jugent, à la pluralité des voix, si le refus de la personne est fondé ou non. Dans ce dernier cas le mage prononce ce mot Pamenes, ce qui prévient toute la maison qu'il y a dans l'assemblée une personne qui ne prend pas part au jeu royal de la Vie Humaine, et alors, Osiris et Isis sont obligés de payer pour elle parce qu'ils se sont engagés, par le titre qu'ils ont accepté, de répandre toujours la paix et l'abondance sur les héros qui sont les joueurs.
7. Lorsqu'un des spectateurs demande la main d'un joueur, le mage en fixe le prix, qui est divisé en trois : le premier tiers à la caisse des amendes ; le second au mage, et le troisième au joueur ; le joueur peut se refuser au sacrifice en payant de sa main les deux premiers tiers du prix fixé ci-dessus.
S. Si un des spectacteurs a acquis la main d'un joueur, il court toutes les chances du joueur, les amendes et les présents.
!l. Lorsqu'un joueur ne peut rendre des oracles, il met ses sept cartes sur le talon etpaye un quart de l'amende.
10. Si, pouvant lire un oracle il ne voit pas à qui l'adresser, il pose ses cartes à découvert sur la table, prononce juste le discours qu'il voit et ne paie rien. Si, au contraire, il lit mal, ce que doivent juger les joueurs, le mage le condamne à la moitié de l'amende.
1 1. Lorsque l'interprète a rendu un oracle, haut ou bas, et qu'il en a reçu un présent, il peut faire rebattre ses sept cartes par le mage qui les donne à couper, et enfin, si les mêmes cartes produisent trois présents de la même ou de plusieurs personnes à qui les trois oracles sont rendus, tous les joueurs, excepté le mage, donnent à l'interprète la valeur de trois fois l'amende. C'est la couronne civique.
12. C'est le mage qui ordonne et dirige tout à son gré; il prononce amende suivant la nature des fautes, telles sont: montrer son jeu aux joueurs, le cacher aux spectateurs, être indiscret dans la prononciation des oracles, rendre des oracles qui ne sont pas tracés, etc.
13. Les spectateurs peuvent entrer au jeu jusqu'au moment où le mage indique la fin du jeu en disant; supposé ; dans un quart d'heure, ou demi-heure, nous quittons.
1 4. Si le mage avait oublié d'annoncer la fin du jeu, tout spectateur quelconque aurait droit au partage des amendes, qui se divisent en égales parts entre tous les joueurs, les frais prélevés.
L'UNITE DES JEUX
N'est-il point vrai que l'homme n'a jamais été plus inventif
que lorsqu'il s'est agi de satisfaire ses vices ? Il suffirait,
pour s'en convaincre, de voir les inventions innombrables destinées à faire perdre ce temps si parcimonieusement distribué à chacun de nous.
Le cerveau humain fonctionne toutefois d'après un très petit nombre de lois et l'inventeur n'échappe pas à cette règle. Je n'en veux prendre pour preuve que l'unité de la plupart des jeux en apparence si divers. Est-il possible, me direzvous, qu'on puisse trouver un jeu unique d'où dériveraient une grande partie des autres ? Quel est-il donc ?
Suivez moi, cher lecteur, par la pensée, sur une de ces grandes routes d'Espagne ou d'Italie et demandons à cette vieille bohémienne de se détacher un instant de sa troupe pour nous tirer la bonne aventure. Voyez quelles étranges Cartes elle sort de ce sac crasseux: le Monde, le Soleil, les Astres, la Mort, la Fortune, l'Amour tels sont quelquesuns des noms de ces bizarres figures qui peignent avec tant de simplicité les phases de notre vie quotidienne. Quel est ce jeu? Le Tarot des Bohémiens.
Il se compose de nos cartes plus quatre figures appelées cavaliers qui se placent entre la dame et le valet. Mais toute son originalité réside dans vingt-deux figures supplémentaires toutes symboliques. Chacune d'elles représente une image, un nombre et une idée. Court de Gébelin, savant du xviii0 siècle, nous a démontré que ce jeu, tel que le possèdent les Bohémiens, était d'origine égyptienne ; niiiis il existe aussi en Chine el dans l'Inde dès la plus haute antiquité, et nous allons voir qu'il est le père de la plupart desjeux actuellement connus.
Il se compose, nous l'avons dit, de nombres et de ligures agissant respectivemenl les nus sur les autres pour donner un sens. Mais séparons ees ligures en les fixant en roue sur un papier el faisons rouler sur elles les nombres sous forme de dés, nous donnons naissance au Jeu d'oie, auquel s'exer-
cait à tricher Ulysse sous les murs de Troie, si l'on en croit le vieil Homère.
Fixons-nous ces nombres sur des casiers alternativement noirs et blancs et faisons-nous rouler sur eux les figures inférieures de notre jeu ; le roi, la dame, le cavalier, le fou ou valet, la tour ou as? Le Jeu tf échecs prend naissance. Nous savons en effet que les échiquiers primitifs portaient «les nombres et que c'est grâce à eux que les philosophes pouvaient résoudre des problèmes de logique.
Si, laissant là les figures, nous employons seulement les nombres, le Jeu de dés nous suffira et, si nous voulons éviter l'ennui de rouler les dés, marquons-en les caractères sur de petites lames horizontales et le jeu dp dominos sera
créé.
Ces figures symboliques nous gênent-elles? Remplaçons-; les par des cases ou des pions noirs et blancs et, en faisant agir sur eux les nombres aux moyens des dés, nous inventerons le Jeu de trictrac , autre combinaison du jeu d'oie.
Les échecs dégénérés donnent, de la même manière, naissance au Jeu de dames.
Enfin notre Jeu de cartes est loin d'être né sous Charles VI, comme on le dit vulgairement. Des ordonnances espagnoles bien antérieures à ce règne défendent aux nobles de jouer aux cartes et le Tarot est encore là pour nous indiquer son antique origine.
Les bâtons du Tarot sont devenus nos trèfles, les coupes nos cœurs, les épées nos piques et les deniers nos carreaux. Nous avons en outre perdu les vingt-deux figures symboliques et les quatre cavaliers.
Mais si tous ces jeux dérivent du Tarot quelle est donc son origine à lui-même et quelle était sa destination primitive ?
Ce sont là graves questions dont la solution entraîne l'es-
prit en de périlleuses recherches. Laissez-moi donc vous conter à ce sujet certaine confidence que me fît naguère un vieux manuscrit tout poudreux oublié dans un coin de bibliothèque. Prenez cela comme roman ou comme histoire, qu'importe, pourvu que votre curiosité soit satisfaite.
Or donc, transportons-nous par la pensée à trois mille ans de distance, au milieu de cette étonnante et grandiose civilisation égyptienne révélée chaque jour davantage à notre siècle par les travaux des archéologues.
Entrons dans une de ces villes dont notre Paris formerait un quartier, franchissons l'enceinte de défense gardée par un peuple de soldats bien équipés, et glissons-nous au milieu des habitants aussi nombreux et aussi affairés que ceux de nos plus grandes cités.
Partout s'élèvent à de prodigieuses hauteurs des monuments d'une architecture étrange ; les terrasses des maisons riches indiquent la première marche d'un gigantesque escalier formé par les palais et les temples et dominé par l'habitation silencieuse du chef suprême de l'Empire,
Les grandes villes sont partout fortifiées, le Nil est endigué et d'énormes réservoirs sont prêts à recevoir le surplus des eaux, transformant ainsi de terribles inondations en rosées bienfaisantes.
Tout cela suppose une science et des savants , mais où sont-ils renfermés ?
A cette époque la science et la religion sont confondues en une seule étude, et tous les savants, ingénieurs, médecins, architectes, officiers supérieurs, scribes, etc., se nomment prêtres ou initiés. Gardons-nous bien de confondre le prêtre dans l'antiquité avec ce mot pris dans le sens que leur attribuent les contemporains, sous peine des plus grossières erreurs entre autres celle de croire que l'Egypte
était livrée au despotisme clérical dans sa plus mauvaise acception.
C'est dans le temple qu'est donnée l'instruction à tous les degrés d'après des méthodes parfaitement établies et imitées dans tous les pays du monde à cette époque.
L'instruction la plus élevée que l'homme puisse acquérir est donnée surtout dans le grand temple d'Egypte et c'est là que viennent étudier les futurs grands réformateurs : Orphée, Lycurgue. Pythagore, Moïse, entre autres.
Tue des sciences sur lesquelles se portent les plus constantes investigations ; c'est l'astronomie. Nous savons aujourd'hui par Pythagore, reflet des connaissances des savants égyptiens, qu'on connaissait alors le mouvement de la terre par rapport au soleil, ainsi que la position de celui-ci respectivement à ses planètes satellites. Une grande partie des contes mythologiques se rapportent à ces mystères et les savants de l'époque, c'est-à-dire les prêtres, enseignaient à leurs disciples l'astronomie au moyen de petites lames qui représentaient les mois, les saisons, les signes du zodiaque, les planètes, le soleil, etc., etc. C'est ainsi qu'ils fixaient dans l'imagination des étudiants les données qu'ils allaient plus tard vérifier sur nature.
Il vint un temps où l'Egypte, ne pouvant plus lutter contre ses envahisseurs, dut se préparer à mourir dignement. C'est alors que les savants égyptiens £dit toujours mon mystérieux confident) tinrent une grande assemblée pour savoir comment on sauverait de la destruction la science, réservée jusque-là aux hommes jugés dignes de la posséder.
Ou discuta, paraît-il, d'abord pour savoir si Ton confierait les secrets à des hommes vertueux recrutés secrètement les uns par les autres pour transmettre ces sublimes vérités de génération en génération. Mais un piètre ayant fait observer que la vertu est chose fragile entre toutes et diffi-
cile à trouver, au moins d'une manière continue, proposa de confier la tradition scientifique au vice.
Celui-là, dit-il, ne s'affaiblit jamais complètement et nous sommes assurés d'une longue et durable conservation de nos principes grâce à lui.
Cet avis fut, paraît-il, adopté et le jeu choisi comme vice préféré. C'est alors qu'on grava sur de petites lames les mystérieuses figures qui enseignaient jadis les plus grands secrets de la science et, depuis, les joueurs transmettent de génération en génération ce Tarot, bien mieux que ne l'auraient iait les hommes les plus vertueux de la terre.
Tel est le conte ou l'histoire que m'a narré ce vieux manuscrit sur l'origine du père de nos grands jeux et je suis heureux qu'il m'ait fourni le moyen de me tirer de mon assertion, peut-être paradoxale, de leur originelle unité.
A V auteur de « A Brûler
Jules Lermina.
CHAPITRE XXII
'( INCLUSION
Parvenu au terme .de notre carrière il nous faul jeter un rapide coup d'œil sur le chemin poursuivi afin de nous rendre compte de la portée possible de notre travail.
Voyant la Science matérialiste s'effondrer, malgré les efforts désespérés de ses partisans, sous l'irrésistible impulsion de l'ère nouvelle, nous fumes amené à constater l'impuissance des méthodes purement analytiques et à rechercher les bases possibles d'une synthèse, chaque jour plus indispensable.
C'est alors qui la science antique s'est révélée à notre investigation, comme possédant essentiellement cette mé- thode synthétique, base immuable de toutes ses découvertes scientifiques, religieuses et sociales.
Les sociétés secrètes chargées de transmettre ce dépôt sacré en ont perdu la clef, de même que les cultes; seuls les Bohémiens nomades et les Juifs ont (ravisé les générations, porteurs de leurs bibles, ceux-ci le Sepher de Moïse,
ceux-là le Tarot attribué à Toi Hermès Trismégiste, l'Université triplement hiérarchique de la sage Egypte '.
Le Tarot nous est apparu comme la traduction égytienne du livre de l'initiation et partant, comme cette clef, maintenant perdue, de la Franc-Maçonnerie et de toute la science
occulte.
Comment déchiffrer cette série d'hiéroglyphes? Comment découvrir le groupement mystérieux de ces lames devenues l'apanage des joueurs?
La faculté de concevoir annonce implicitement la faculté d'exécuter, nous enseigne Wronski. Fort de cette vérité, nous avons interrogé l'antiquité vénérable. Ses Sphinx, muets pour le profane, ont parlé, ses vieux temples ont dévoilé leurs mystères, ses Initiés se sont relevés à notre appel : quatre lettres mystérieuses nous ont été révélées.
lod Hé Va ii Hé
Parole sacrée, rayonnant au sommet de toutes les initiations, objet de la vénération et du respect de tous les sages!
Le Tarot n'exprime que les combinaisons de IÉVÉ, c'est ce que nous a montré son étude, cependant comme il faut se garder par-dessus tout, dans ces questions, de laisser trop de champ à l'imagination, nous avons choisi comme point de départ de notre étude un principe lixe, aux combinaisons immuables, seule garantie contre toute erreur possible : le nombre.
Alors nous avons abordé le symbole, et là encore nous avons eu à vaincre de nouvelles difficultés. L'histoire du Tarot nous à montré le symbole changeant suivantles divers
{. Voy. Saint-Yves d'Alveydre, Mission des Juifs.
peuples et les diverses époques, bien que le sens ait toujours et partout été conservé.
11 fallait donc trouver pour le symbole un principe aussi fixe, aussi immuable dans ses combinaisons que le nombre, c'est ce que nous avons recherché. L'étude de l'origine des caractères des langues humaines nous fit remonter jusqu'à la détermination de seize signes hiéroglyphiques primitifs, source des premiers alphabets. Les 22 lettres hébraïques dérivées directement de ces signes nous fournirent enfin cette base indispensable à toute recherche sérieuse, aussi fixe pour le symbole que le nombre l'était pour le Tarot tout entier. Nous avions ainsi un guide sûr qui rendait l'erreur d'autant plus difficile.
Grâce à l'application de ces principes, des données précises, quoique fort générales, nous furent fournies sur la Théogonie, /'Androgonie, et la Cosmogonie, et nous pûmes enfin résumer le symbolisme du Tarot dans un tableau fort intéressant.
C'est alors (pie nous avons voulu montrer que le Tarot était bien la clef générale que nous avions annoncée. Quelques applications en donnèrent la preuve. L'Astronomie est sans contredit la plus importante d'entre elles à cause de ses principes fixes. Alors qu'on veut découvrir comment une évolution pourrait marcher et qu'on erre dans les labyrinthes de l'inexactitude, l'Astronomie vient nous montrer comment l'évolution du soleil marche et par là donner la clef de toutes les évolutions possibles.
C'est pour n'avoir pas compris que le Mythe solaire n'était que la représentation de cette loi générale d'évolution et non celle de l'évolution spéciale du soleil, que les gigantesques travaux de Dupuis sont restés sans résultats pratiques. La méthode de la science occulte ce u'esl ni l'induction ni t;i déduction: c'est l'analogie, méthode aujourd'hui inconnue que le Tarot nous révèle dans toute sa splendeur.
Nous avons ensuite fait d'autres applications ; nous aurions pu en faire davantage, montrer la clef de la Philosophie, de la Kabbale sainte, de la Théosophie, de la Physiologie de l'Homme et de l'Univers dans le Tarot; mais nous avions pris le parti de donner la clef, de montrer la façon de l'employer par quelques exemples et de nous en tenir là.
Nous n'avons pas voulu dépasser les limites strictes de notre engagement.
Tel qu'il est notre travail contient encore des imperfections que nous aurions voulu éviter. Nous ne nous faisons aucune illusion à cet égard. Le temps saura y remédier. De son ensemble se détache pourtant une tendance que nous tenons à faire remarquer : c'est l'application à la science occulte de méthodes aussi précises que possible.
C'est par la science exacte contemporaine que nous sommes arrivé à l'élude de l'occultisme, c'est en partant nous-même du matérialisme dont nous étions un des plus ardents disciples, que nous avons senti la nécessité d'aller plus loin. Toutefois de nos premières amours, quelque chose est resté : le goût de la méthode. Ce qui perd la science occulte, c'est l'absence de méthode. Louis Lucas avait bien vu que toujours il faut faire marcher la physique à côté de la métaphysique pour lui servir de point d'appui ; de même nous avons toujours cherché à faire marcher des principes fixes, comme les nombres ouïes lettres hébraï- ques, parallèlement à des données métaphysiques, comme les symboles ou les concepts abstraits.
Ce qui perdles occultistes en général, c'est celte absence de précision. Nous avons fait nos efforts pour éviter cet écueil s;m< pouvoir affirmer que nous ayons réussi. L'auteur • •si inapte a juger son œuvre.
Quoi qu'il en soit, nous avons été foiré de parler sou-
vent de la Science occulte, sans avoir le loisir d'entrer dans des détails explicatifs ; voilà pourquoi nous adressons ce livre
Aux Initiés
L'initié est celui qui possède les éléments de l'occultisme et qui, par suite, est familiarisé avec toute une terminologie qui n'est pas sans effrayer l'homme du monde. Tel est la raison d'être de ces mots qui paraîtront peut-être prétentieux à certains esprits. Voilà pourquoi nous tenons à bien expliquer notre pensée.
Toutefois, comme il est d'usage que le Tarot serve à tirer les cartes, nous avons voulu aborder ce sujet et le rendre aussi attrayant que possible. Nous avons cherché à simplifier les méthodes employées, de telle sorte qu'une femme, quelque peu intelligente, puisse, très vite et sans grande mémoire, s'exercer à cet art.
Mais, comme nos méthodes pourraient n'être pas goûtées par toutes les amies de la Cartomancie, nous avons résumé les procédés du maître réputé, Etteila. Ainsi, même dans cet ordre purement empirique, nous avons cherché à introduire le plus de rigueur scientifique possible.
Nous espérons que ce résumé des efforts de plusieurs années pourra être de quelque utilité à l'occultisme et à sa renaissance qui s'affirme chaque jour davantage. C'est là le but que nous avons poursuivi. Puissent les bouleversements sociaux qui se préparent, donner naissance à une ère de paix et d'harmonie entre les peuples actuellement si divisés, puisse la connaissance des mystères terrasser
enfin le césarisme européen, sous toutes ses formes, c'est là votre but, Kabbalistes, Théosophes , Martinistes, Rose-Croix et Francs-Maçons, croyez en l'humble disciple cle vos doctrines, trop heureux si son œuvre a pu conserver quelque faible rayon de l'Eternelle et Sainte Vérité.
Le Tarot des bohémiens, le plus ancien livre du monde. Paris, 1889. Hermetic Cloud, https://hermeticcloud.com/library/papus-le-tarot-des-bohemiens/. Public-domain text reproduced in full; markup only.
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