Cette élude sur la Kabbale est surtout intéressante par les divisions trèsclaires des ouvrages dits habbalistiques. De plus une bibliographie très soignée établie sur trois plans différents termine cet ouvrage.
BROCHURES
L’Occultisme contemporain (épuisé).
Le Sepher Jesirah, l rc traduction française, (épuisé).
La Pierre philosophale, preuves de son existence, in-18 avec planches, (épuisé).
Les sept principes de l’Homme
AU POINT DE VUE SCIENTIFIQUE, (épuisé).
Fabre d’Olivet et saint Yves d’Alveydre, in-8° (rare). 1 fr.
Hypothèses, 1 brochure in-18, 1884 (épuisé) (sous le nom de G. Encausse).
La Science des Mages et ses applications théoriques et pratiques, 1 brochure, in-8° de 60 pages, texte serré avec 4 fi g. » 50
Ce petit ouvrage est un complément indispensable du Traité méthodique ae science occulte et constitue un résumé très complet de l’occultisme.
Considérations sur les Phénomènes du Spiritisme. Rapports de l’hypnotisme et du spiritisme, existence des phases chez, les médiums, 1 brochure in-8° avec 4 planches. . . 1 fr.
La Chiromancie, résumé synthétique in-8° avec 23 fi g. I fr.
Del’Expérimentation dans l’étude de l’Hypnotisme, 1 brochure
(Sous le nom de G. Encausse).
PRINCIPAUX
Revue» diverse».
le Diagramme symbolique .Lotus,
La Table d'Emerautle d'Hermès, (Lotus, novembre 1887).
I.a légende d'Iliram (Lotus, août
/... earliri de la S. 7\(Rcruc théosophique, mai 1880). L'Esotérisme (Revue des sciences psychologiques. 1890).
Symbole» et Frmne-maçonnerie (Bulletin de la grande loge, symb. écossaise, 1889).
La P rente ijurilualitle (Bulletin de
la Presse. Février.
(France et Etranger . avril 1802;. L’Orient el la Turqutr. (Lumière
Numéro de la Magie, (Revue : La
l'ne nouvelle psychologie (Light of Paris 18S2).
articles
Deux conférence» êaolirigue a ( Revue
Dans L'INITIATION. — Le symbolisme dans la Franc Maçonnerie, oct. 1888. — Qu’eal-ee qu'un initié T avril 1880 — Le» grand» initié», juillet 1880. — La messe bouddhique, sept. 1880. — Congre» •pinte et apirilualiale de 1*89. itapporl général — Le remord», février 1HB0. — Correapondaneea magique» dan» Thomme, mal IM». — Occultisme et spiritisme, juin 1800. — Lumière astrale et Od. mars 1801. — La Tradition hébraïque, juillet 1801. —
L’Anatomie philoaophigue, décembre 1801. — Le Plan astral. avril 1801. Le Microcosme, juillet
Dm LS VOILE D'ists. Histoire de la Société Théœophiqoe.
Stade» d In er te» .
EN COLLABORATION
La Science secrète, 1 vol. in-18 en collab. avec Barlet, Eugène Nus, le D» Femm, etc.
Du Transfert a distance a l'aide
DES COURONNES AIMANTÉES, ln-8
en collab. avec le I> Luys (sous le nom de G. Encausse).
Petit Glossaire des principaux TEP UE» techniques, couramment employés dans les livres et
revue» traitant d occultisme, de Kabbale, etc., in-** 1802. En collab. avec Augustin Chaboseau.
LTsts Bulletin Tbéoaopbique
Etude sur une plancme de Khunratm, insérée dans la 2■ édit, .de Au seuil do Mystère, de Stanislas de Guaita.
PRÉFACES
Préface à la nouvelle astrale : A Urûler, de JulesLermina. Préface à Y Elixir de Vie, du même auteur.
Préface à l’Ame, Le» Sept» Principe» de Thomme et Dieu, de Vurgey.
Préface à VL'nilé de Hehg ion, par
•*>**“* “I /hcktirkn peycAiaees, de U. de Bodisco,
DIVERS
Direction des revues I'Ikitution (mensuelle), 5* «nuée, et le Vous d'Isis (hebdomadaire), 3* année.
A
F. Ch. BAKLET
Auteur de l’Essai sur 1 Evolution de l’Idée, de la Chimie synthétique, de l’Enseignement intégral,
' Cher ami,
Permetiez-moi de vous dédier ce livre, à vous qui êtes aujourd'hui le représentant le plus éminent de lu tradition initiatique d'Occident.
Depuis plus de dix-huit ans vous poursuivez la solution des plus hauts problèmes qui se puissent présenter à l’esprit de l'homme. En dehors de toutes les luttes comme de toutes les sectes, vous avez su réserver vos efforts pour l’étude sérieuse et approfondie de nos sciences contemporaines, et cette étude vous a conduit à la science occulte, considérée par vous comme la seule voie synthétique de réalisation dans tous le s ordres de ï intelledualité. Mais vous avez voulu montrer que l'occultisme tirait sa plus grande jorce de /'adaptation à nos connaissances actuelles de la méthode qu’il révèle. 1 os travaux sur la loi d’évolution de l’idée à travers les âges, sur la chimie synthétique, sur la sociologie, et enfui votre programme de réjormes raisonnées de notre enseignement à tous les degrés, sont venus révéler à vos lecteurs que l’élude de la
PRÉFACK
science occulte mène à d’autres voies que les redites sur les anciennes initiations et les considérations sur le ternaire auxquelles se livrent les jeunes débutants encore impuissants à rien adapter. Jo.9 ouvrages, qui touchent aux mathématiques autant qu'à la biologie, sont venus nous venger decette injure, prétendant que nous sommes condamnés à rester pétrifiés dans t’élude de l’antiquité.
C'est en alliant la méthode synthétique que nous'a léguée cette antiquité avec la rigueur analytique de ïexpérimentation contemporaine, que vous êtes parvenu (et quêtons ceux qui suivront vos traces parviendront) à Jaire œuvre originale et solide. Près de vingt années d’un travail opiniâtre vous furent nécessaires pour mener à bien la tâche entreprise ; mais grâce à vous, l'occultisme est près de sortir de la voie dangereuse ou l’entraînaient les étourderies de ceux chez qui l'imagination remplace le travail et la science.
Vivant loin de Paris, connaissant depuis longtemps la plupart de ces pratiques ignorées aujourd’hui, vous êtes plus près qu’aucun de nous de la source même des enseignements de nos maîtres de l’invisible, et je vous dois un public témoignage de gratitude pour les avertissements et les conseils que vous nous avez toujours envoyés inopinément et au moment propice. Grâce à ces avertissements, venus de haut lieu, nous avons toujours été prévenu de toutes les attaques, nous avons pu déjouer toutes les embûches et poursuivre sans faiblesse notre œuvre de réalisation.
C’est sans argent et sans demander la moindre cotisation ni la moindre somme aux membres de nos groupes d’études que nous avons créé ce mouvement en javeur des études ésotériques, et que nous sommes parvenu à enrayer le matérialisme, tout aussi dangereux que le cléricalisme, qui menaçait d entraîner les esprits de toute la jeune génération à la banqueroute de lu conscience et de la morale. L’argent est un moyen et non un but; c est en méconnaissant cet ensei-
PRÉFACK
gnement que les sociétés, comme les individus, sc suicident. En nous démontrant le triomphe de l'idée, sa souveraineté et son évolution dans ihistoire de l’humanité, vous ave:, mon cher ami, rendu à notre cause un service pour lequel elle vous doit une éternelle reconnaissance.
Dans l'œuvre commune, fai eu personnellement le grand honneur d'être délégué à la réalisation, et de batailler de la parole et de la plume (parfois aussi de l’épée) pour le succès de nos idées. Vous savez, mon cher ami, comment, dans les moments de désespoir, alors qu’accablé par les calomnies et les sarcasmes, accusé d’agir en dilettante avide de gros sous quand mes pauvres honoraires et mes droits d’auteur alimentaient nos publications, vous savez combien me J ut précieuse votre amitié et celle de notre .camarade Julien Lejay ; comment , après nos réunions là-bas, au contact de voire savoir et de votre exemple, je revenais plus ardent à la lutte et plus opiniâtre au combat quotidien.
Aujourd’hui le succès désiré est venu couronner nos ej- JortSy et ceux qui suivent l'évolution intellectuelle de la jeune génération savent combien la réaction contre le matérialisme est évidente. Mais les esprits timorés craignent les mots d’occultisme, d’ésotérisme et de magie. Après avoir été les initiateurs du mouvement, nous sommes devenus dangereux pour les gens qui seront en place demain, et l'on voudrait bien utiliser les idées en changeant ces vilains mots.
Parmi les nombreuses petites écoles rivales, dont l'existence est aussi nécessaire à l’élaboration d’un mouvement intellectuel que la multiplication des cellules embryonnaires est nécessaire à l’élaboration d’un corps physique, beaucoup sont dignes d’un sérieux intérêt et toutes méritent le respect. Nous ne protesterons personnellement que contre les hommes qui prétendent ramener les intelligences, évoluées par la science contemporaine, dans le giron du cléricalisme agonisant.
PRÉFACE
Ccsl là le grand danger qu'un doit signaler aux jeunes esprits avides d’idéal: pour le reste, suivez vus aspirations et méfiez-vous de Voltaire autant que de Loyola.
Pour nous, mon eher Barlct. nous avons la certitude que la science occulte possède une méthode synthétique applicable à nos connaissances contemporaines, et vos travaux en sont la meilleure preuve. Nous nejeronspas banqueroute à'nos convictions, malgré le dilettantisme dont on se plaît à nous accuser, et ce traité, auquel je travaille depuis longtemps, je suis fier de l'intituler : ThaitÉ de Magie, el plus fier encore de vous le dédier. Là s’arrête mon ambition, l'avenir montrera si nous avons été de simples rêveurs, ou si, au contraire, nos efforts désintéressés furent utiles à nos frères en humanité.
Papls.
INT KODUCTION
« Mort à l’idcal ». telle pourrait èlrc la devise du Y / V
Partout ce qu'on est convenu d’appeler « l : esprit positif » s’est implanté et a manifestement prospéré. En science, les merveilleux travaux des analystes ont eu raison des légendes et des sentimentalités infuses en nos cœurs par nos mères, éducatrices de notre enfance, et le matérialisme a conquis droit de cité dans l’Université. En art, c'est le naturalisme qui règne. encore déjendu du reste par un homme de génie. En amour même « l’esprit positif o a remplacé presque partout la fougue généreuse d’antan. et une génération de pessimistes daigne troquer ses incapacités physiques contre les écus d’une demoiselle que ses parents placent à cinq ou dix pour cent, suivant le contrat de mariage. Parlerons-nous de la religion à ces pharisiens qui constituent notre clergé ou à ces idolâtres mesurant leur bigotisme aux dorures de l’Eglise qui constituent notre clergie ?
Et cependant, combien fut utile à l’émancipation de l’intelleclualilé générale cette époque toute de calcul et de rationalisme ! Quels progrès immenses cette descente de l’idéal
II
dans les bas-fonds de l'être ne permet-elle pas d’espérer, pourvu que cet idéal remonte en son centre intellectuel tout imprégné encore des souffrances entrevues.
Car, s’il est une vérité éternelle, c’est que le matérialisme porte en lui-même le germe de sa chute.
l'oilà pourquoi. à la fin dit XIX siècle, AI. Charcot, retrouvant à la Salpêtrière les phases convulsives 'de l’antique sybille, de la sorcière du moyen âge et de la convulsionnaire moderne, (ait (le la magie. ,1/. le O' Luys transplantant à la Charité les maladies d'un organisme dans un autre organisme fait de lu magie. MM. Liébault et Bernheim créant à Nancy des larves cérébrales par la suggestion font de la magie. De mêmcM. le colonel de Rochas, à l’école polytechnique, faisant éprouver à distance à des sujets tout ce qui déforme une figure de cire fait de la magie au premier chef, tout comme M. le professeur Richet constate des faits de magie, et M. Horace Pelletier, ainsi qu’il résulte d’un rapport d'un ancien élève de l’Ecole polytechnique, M. Louis Lemerlc, retrouvant les procédés des fakirs indiens et faisant évoluer à son Verbe, tout comme jadis Orphée, mais avec moins d’uutorité cependant, les objets inanimés, est un magicien au petit pied.
Et nous ne parlerons pas de ces fantômes des vivants, de ces images des mourants, de ces apparitions de l’invisible qui viennent secouer la torpeur de nos physiologistes engourdis et poser à la face du matérialisme, du sensualisme, du naturalisme et de l’athéisme, le troublant problème de l’au delà, de cet ordre de connaissances qu’on avait classées parmi les amuseltes d un autre âge, de la magie, pour l’appeler par son véritable nom.
Or les Jaits s’amoncellent, souverainement logiques dans leur brutalité. Il faut venir à ces études; mais la lâcheté
III
inhérente à Ionie indolence et à toute routine cherche une échappatoire à la conclusion quon sent imminente.
On institue des enquêtes pour établir des faits, on écrit de qros livres pour résumer les conclusions favorables de l'enquête, on fonde des revues ennuyeuses et scientifiques pour établir la statistique des faits psychiques, et l’on réunit des congrès pour trouver des termes « acceptables » à l’usage des cervelles étroites des néo-philosophes et des conceptions encore plus étroites des jockeys et des poupées qui constituent, dans les cours « chics ». l’auditoire parfumé de nos aimables projesscurs d’inlellectualité.
Il y a deux routes à suivre. On peut se contenter d’assembler cçs faits étranges sans jamais oser aborder de front les enseignements qui se dégagent de ces J ails. C’est là la carrière dite scientifique que nous recommandons particulièrement aux jeunes médecins avides de gros traitements et de Jauteuils académiques. On peut aussi remonter à l’origine de ces sciences occultes, étudier les anciens qui connaissaient ces faits et d’autres analogues, appeler les choses par leur véritable nom, et alors on fait de la magie d’une Jaçon consciente et rationnelle : c’est là lavoie des réprouvés, des pestiférés et des maudits. Nous ne la recommandons à personne, car elle ne conduit ni à Infortune, ni aux honneurs officiels, et celui qui l’aborde doit, avant d’entreprendre la roule, être prêt à supporter les trois grandes expiations initiatiques et savoir souffrir, s’abstenir et mourir.
Mais quel que soit le sort qui l’attend, le dépositaire de la tradition sacrée ne doit pas faillir à sa mission. Jusqu’à présent, les enseignements de l'ésotérisme ont été renfermés au sein des fraternités occultes qui les ont conservés intacts. Le moment est venu de sortir d’une réserve jusqu'ici nécessaire et
IV
de réduire à leur juste valeur les pâles copies et les fausses conceptions que des individualités ridicules on des expérimentateurs ignorants cherchent à répandre dans la foule. Il faut maintenant que l’esprit de liberté soit enfin vainqueur cfe l’obscurantisme clérical pour révéler sans crainte les enseignements de la magic pratique en les adaptant à la science de notre époque. Et que ceux qui savent ne s'effrayent point de cette publication, tout cela semblera songes creux ou rêveries d'aliéné à la masse des hyliques, cl ceux-là seuls comprendront et agiront qui sont dignes de l'adeptal mystique. Les faits de magie sont dangereux, et à l’exemple d’un des plus grands des maîtres contemporcdns, Eliphas Lévi. nous prévenons d'avance les imprudents qu'ils s’exposent à la folie ou à la mort en poursuivant ces éludes dans un simple esprit de curiosité. Quiconque a peur de la souffrance, craint les privations ou recule devant la mort, Jera mieux, certes, d'étudier le sport que la magie, et tes maillots de nos ballerines seront pour lui spectacles plus accommodants que les visions de l'astral.
Il existe cependant une involulion des expériences magiques à l’usage des gens timorés, et nous ne saurions trop conseiller aux personnes qui veulent sc divertir après dîner ta pratique des phénomènes spirites. Ce n'est pas difficile, et c'est très consolant. Puis, c’est si loin de la magie véritable qu’on peut n’avoir aucune crainte d’accidents sérieux, pourvu qu’on s’arrête à temps.
Au moment de la chuie et de la trarisjormation de l’ancien monde, les sanctuaires autorisèrent la divulgation d’une par - lie des mystères ; et l ecole cl Alexandrie, la gnose et le chris -
lianismc naissant appelèrent tout être de raison à la communion sacrée au T erbe divin.
Or noire époque présente de singulières analogies avec les derniers siècles de cet ancien monde. Le catholicisme a pris en Occident la place de l'antique enseignement religieux, et les pharisiens n ont fait que changer de nom à travers les uges.
Toutes les écoles philosophiques s'agitent, et le catholicisme agonise, Jrappé à mort par le pharisaïsme clérical.
En même temps les doctrines les plus diverses et les traditions les plus secrètes voient le jour. La tradition orientale représentée par le Bouddhisme a tenté un vain effort pour s'emparer de /’intellectualilê de l'ancien continent. Aussitôt les écoles dépositaires de la tradition occidentale se sont montrées au grand jour et ont revendiqué la place qu'essayait d'envahir la nuageuse mystique indoue — qui s est trouvée subitement réduite à six défenseurs en France — la kabbale a constitué son enseignement, le Martinisme, d'origine plus récente, a étendu son influence et a vu centupler le nombre de ses initiés, la Gnose réparait à la lumière plus vivante que jamais, et ce mouvement inattendu qui porte les esprits vers la philosophie spiritualiste est si évident que des industriels surgissent qui, sans tradition comme sans savoir, s’apprêtent à fabriquer des ouvrages de magie comme ils fabriquaient hier des traités de « vulgarisation scientifique » et comme ils fabriqueront demain des manuels de sorcellerie. Contre ceuxlà une seule arme est efficace : la lumière aussi complète que possible.
Que de titres excentriques, que de réputations édifiées sur l’audace des affirmations creuses et sur l’orgueil injustifié s’écrouleront comme châteaux de caries quand chacun pourra se rendre compte de l’origine, des transformations et des adap-
VI
lotions des pratiques magiques. C’est pour ceux-là que ces livres sont des « traités dangereux », car ils rapprochent bien trop les bâtons flottants du rivage.
El cependant, si les analogies basées sur la foi <f évolution de l’idée, telle que l’a magistralement exposée F. Ch. Barlel. sont vraies, aucune de ces écoles actuellement en œuvre ne peut prétendre à la victoire. Toutes ces oppositions, toutes ces luttes ménagent une transition, et c’est pour aider dans la mesure de nos forces à doubler ce cap dangereux, que nous nous sommes décide à publier hâtivement le résumé de nos travaux, sûr que nous sommes de ne pas apercevoir la terre promise dont la vue est réservée aux générations jalures.
Ici on nous pardonnera de donner quelques détails sur le plan de cet ouvrage.
Depuis six ans bientôt nous réunissions les documents et nous exécutions les expériences nécessaires à l'édification d'un traité de magie expérimentale qui aurait montré comment toutes les opérations magiques étaient des expériences scientifiques exécutées sur des forces encore peu connues, mais très analogues, dans leurs lois générales, aux forces physiques les plus actives, comme le magnétisme et l’électricité.
La préparation d’un tel ouvrage est longue, et plusieurs années nous sont encore nécessaires pour le mener à bonne fin.
Cependant devant la mulliplication des erreurs débitées au nomdela magie, devant le ridicule dont certain auteur, grand artiste, mais piètre expérimentateur, couvre tout ce qui a trait à ces éludes et surtout sur les instances pressantes de nos amis, nous avons décidé de publier un résumé aussi succinct et aussi scientifique que possible de cette partie pratique de la
VII
Science Occulte. Ce résumé ri a d'autre but que de servir d’introduction à l'excellent « Rituel » d’Eliphas Lévi, auquel on reproche généralement, de ri être pas assez pratique, faute de le comprendre.
La première partie de notre travail, la théorie, montre l'application à la psychologie contemporaine des théories de Pythagore et de Platon reprises par Fabre d’Olivet et déjorméespar tous les traducteurs.
La seconde partie, la réalisation, étudie la manifestation possible des facultés de l’être humain sous l’influence des diverses réactions venues de l’extérieur. Il y a là un essai « d’hygiène de l’intellectuel » qui résume une des parties les plus personnelles de nos recherches. De plus .notre chapitre sur l'astrologie aborde déjà la portion purement technique de la magie.
Avec /'adaptation on entre de plein pied dans l'enseignement purement traditionnel. C’est sur ce point que portent nos expériences, et cest pour bien mettre au jour ces jaits que plusieurs années nous sont encore nécessaires. Faute de temps nous avons été obligé de nous en tenir aux documents émanés des manuscrits et des grimoires et nous ne nous faisons aucune illusion sur l’étrange ejfet que fera la lecture de certains de ces enseignements sur l’esprit d’un contemporain habitué aux théories positivistes. Par contre, les documents fournis dans ce chapitre peuvent être d’un puissant secours au chercheur indépendant et lui éviteront de grandes dépenses de temps et d’argent.
Toutefois, puisque nous traitons un ’sujet tout personnel, nous demandons au lecteur la permission d’aller plus loin et de lui présenter la personnalité de Papus, dont le nom est tiré du médecin, daïmon de la première heure du Nucte -
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mérou d'Apollonius de Thyane. On saura ainsi à qui l'on a affaire cl l’on pourra Jermer dès à présent ce livre ou le jeter au feu suivant le cas.
Ile noire métier nous sommes médecin à Paris où nous avons fait nos éludes, et de notre occupation nous sommes étudiant ès-sciences occultes. La carrière médicale-ne fut (pi’une préparation à l’occupation, car. externe des hôpitaux, nous commençâmes l’élude de l’hypnotisme à Saint-Antoine, puis nous la poursuivîmes à la Charité, où, après avoir obtenu la médaille de bronze de l'Assistance publique, nous devenions chef du laboratoire dliypnotliérapie. Nos soirées étaient consacrées à fréquenter les cercles mystiques où nous Jûmes à même d’assister, pendant quatre ans que dura notre enquête, aux phénomènes psychiques les plus troublants qui puissent se présenter. C'est pendant celte époque que nous avons recueilli les noies les plus importantes concernant I involution des expériences magiques dans les faits du magnétisme et du spiritisme contemporains. En même temps nous entrâmes en relation avec les fraternités occultes d'Europe et c l'Orient. Nous ne parlons pas de la Société théosophique, association sans tradition comme sans enseignement synthétique, dont tous les écrivains français se hâtèrent de sortir par toutes les portes possibles. Nous fûmes même obligé de demander personnellement notre expulsion d’un tel milieu, afin que tous les membres de celle société apprissent notre décision qu’on cherchait à garder secrète, et pour cause. Nous avouons donc hautement que le peu de pratiques sérieuses que nous fûmes, à même d expérimenter et de vérifier nous ont été transmises par une société orientale dont F. Ch. Barlet est le représentant officiel pour la France et dont nous sommes membre du degré le plus inférieur. Mais toutes ces histoires ne sauraient avoir d intérêt pour le lecteur. Qu’il lui suffise de savoir que
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notre profession de médecin lui garantit, un peu nos connaissances physiologiques, et (pie, pour le reste, nous nous en référons à notre carrière et à nos ouvrages, les seuls garants que nous puissions offrir en réponse aux insinuations et aux calomnies dont a toujours été entourée notre œuvre de
Nous ne nous faisons aucune illusion sur les imperfections nombreuses de ce résumé, qui nest, en quelque sorte, que la préface d'un travail bien plus complet et plus volumineux que nous publierons par fascicules sous le nom de Traité méthodique de magie pratique. Ce traité méthodique sera, si nous réalisons notre désir, une encyclopédie de la question et contiendra la reproduction in extenso des livres, des manuscrits et des grimoires les plus rares.
Ajoutons encore que ce traité élémentaire, qui est constitué par une partie des notes que nous réunissons depuis plusieurs années, a été écrit en six mois dans les milieux les plus divers, au jour le jour de notre vie matérielle. C'est ainsi que les premiers chapitres de la théorie ont été exécutés à la campagne. aux environs de Paris. La réalisation a été écrite à Paris, à la Bibliothèque nationale, Jort riche en manuscrits et en livres rares sur ces questions. Enfin, l’adaptation a été commencée à Bruxelles, continuée à Paris et terminée l’hiver, au mois de janvier, à Cannes. Voilà pourquoi nous faisons appel à toute la mansuétude possible de la pari du lecteur, tout en affirmant que tous nos soins ont été apportés dans l’agencement de ces matières, si peu familières à beaucoup de nos contemporains.
Papus.
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE I'
DÉFINITION DE LA M VOIE
Vous connaissez, n est-ce pas, l’histoire (le l'oeuf de Christophe Colomb? Je ne vous la raconterai donc pas.
Cette histoire prouve que généralement il n’y a rien de plus difficile à trouver que les choses simples. Or, si la magie semble si obscure et si difficile à comprendre (pour ceux qui l’étudient sérieusement, s’entend), c estbien évidemment à cause des complications dans lesquelles l'étudiant s'embrouille dès le début. Nous passons auprès de nos lecteurs habituels pour un auteur aimant user et même abuser des images et des comparaisons : défaut ou qualité, c’est là une habitude invétérée que nous n’abandonnerons pas plus dans cet ouvrage que dans nos précédents. Aussi ne pouvons-nous mieux commencer notre étude sur la magie que par une question peut-être saugrenue : Avez-vous quelquefois regardé un fiacre déambulant dans les rues de Paris ? — Pourquoi cette demande bizarre, me direz-vous?— Tout simplement parce que si vous avez sérieusement regardé ce fiacre.
vous êtes à même de connaître très rapidement la mécanique. la philosophie, la physiologie et surtout la magie. Voilà.
Si ma question et surtout ma réponse vous semblent absurdes, c'est que vous ne savez pas regarder. Vous voyez, mais vous ne regardez pas ; vous ressentez passivement des sensations, mais vous n'avez pas l'habitude de les raisonner, de chercher les rapports des choses, même les plus grossières en apparence. Socrate, voyant un jour passer dans les rues d'Athènes un homme chargé de bois, regarda la manière artistique dont le bois était dispose. 11 alla à l’homme, lui parla et en fit Xénophon. C’est que Socrate voyait avec son cerveau plus qu’avec ses yeux.
Or, si vous voulez étudier la magie, commencez par bien comprendre que tout ce qui vous frappe autour de vous, toutes ces choses qui agissent sur vos sens physiques, le monde visible enfin, tout cela n'est intéressant que comme des traductions en un langage grossier de lois et d’idées qui se dégageront de la sensation quand cette sensation aura été non-seulement (iltréc par les organes des sens, mais encore digérée par votre cerveau.
Ce qui vous intéresse dansun homme, si vous êtes sérieux, ce ne sont pas ses habits, c’est le caractère, la laçon d’agir de cet homme. Les habits et surtout la manière de les porter peuvent bien indiquer par à peu près l’éducation de cet homme ; mais ce ne sont que des rellets, des images plus ou moins exactes de sa nature intime.
Or tous les phénomènes physiques qui frappent nos sens ne sont que des reflets, des habits de principes bien plus élevés : des idées. Ce bronze qui est devant moi n est que l’habit dont l’artiste a revêtu son idée ; cette chaise là-bas est aussi la traduction en physique de 1 idée del artisan, et, dans la nature tout entière, un arbre, un insecte, une fleur sont des traductions en matériel d un langage tout idéal, dans le sens vrai du mot.
Ce langage est incompris du savant qui ne s’occupe que des habits des choses, des phénomènes, et qui a déjà fort à faire ; mais les poètes et les femmes com-
prennent mieux cette langue mystérieuse que toute autre, car les poètes et les femmes savent intuitivement ce qu’est l’amour universel. Nous verrons tout à l’heure pourquoi la magic est la science de l’amour. Pour l’instant revenons à notre fiacre.
Une voilure, un cheval, un cocher, voilà toute la philosophie. voilà toute la magic, à condition, bien entendu, de prendre ce grossier phénomène comme type analogique et de savoir regarder.
Avez-vous remarqué que si l'être intelligent, le cocher, voulait faire marcher son fiacre sans cheval, le fiacre ne marcherait pas?
Ne riez pas et ne m’appelez pas Galino, car si je vouâ pose cette question, c’est que beaucoup se figurent que la magie c’est l’art de laire marcher les fiacres sans chevaux ou, pour traduire en langage un peu plus élevé, d’agir sur la matière par la volonté et sans aucun intermédiaire.
Donc retenons ce premier point que, dans un fiacre, le cocher ne peut mettre et la voiture et lui-même en mouvement sans un moteur, qui, dans le cas actuel, est un cheval.
Mais avez-vous remarqué que le cheval est plus Jort que le cocher, et que cependant, au moyen des rênes, le cocher utilise et domine la force brutale de l’animal qu’il conduit ?
Si vous avez remarqué tout cela, vous êtes déjà à moitié magicien et nous pouvons continuer sans crainte notre étude, mais toutefois en traduisant vos remarques en langage « cérébral ».
Le cocher représente l’intelligence et surtout la volonté, ce qui gouverne tout le système, autrement dit le
PRINCIPE DIRECTEUR.
La voiture représente la matière, ce qui est inerte et ce qui supporte, autrement dit le principe mu.
Le cheval représente la force. Obéissant au cocher et agissant sur la voiture, le cheval meut tout le système. C’est le principe moteur, qui est en même temps l*iwtermédiaire entre la voiture et le cocher et le lien qui réunit
co qui supporte à ce qui gouverne, ou la matière a la volonté)
Si vous avez bien saisi tout cela, vous savez regarder un fiacre et vous êtes bien près do savoir ce qu’est la magie.
Vous comprenez, en effet, que le point important à connaître ce sera l'art de conduire le cheval, le moyen d'éviter ses emballements et ses écarts, le moyen de lui faire rendre le maximum d’eiïorts à un moment donné et de les ménager quand la route doit être longue, etc., etc.
Or. dans la pratique, le cocher c’est la volonté humaine. le cheval c’est la vie, identique dans ses causes et dans scs effets pour tous les êtres inanimés, et la vie c’est 1’intermédiaire, le lien, sans lequel la volonté n’agira pas davantage sur la matière que le cocher n’agit sur sa voiture si on lui enlève son cheval.
Demandez à votre médecin ce qui arrive quand votre cerveau n’a plus assez do sang pour assurer ses fonctions. A ce moment-là votre volonté aura beau vouloir mettre votre corps en mouvement, vous aurez un étourdissement, des éblouissements, et, pour peu que cela continue, vous perdrez vite connaissance. Or, l’anémie c’est le manque de dynamisme dans le sang, et ce dynamisme, cette force que le sang apporte à tous les organes, y compris le cerveau, appelez-la oxygène, chaleur ou oxyhémoglabine, vous ne décrivez que son extérieur, ses habits ; appelez-la Jorce vitale et bous dépeindrez son véritable caractère.
Et maintenant voyez comme il est utile de regarder les fiacres déambulant dans la rue, voilà notre cheval devenu 1 image du sang, ou plutôt de la force vitale en action dans notre organisme, et, tout naturellement, vous trouverez que la voiture est l’image de notre corps et le cocher celui de notre volonté.
Or, quand nous nous mettons en colère au point de perdre la tête, le sang monte au cerveau, c’est-à-dire le cheval s emporte, et dame, gare au cocher s’il n’a pas la poigne solide. Dans ce cas le devoir du cocher est
de ne pas lâcher les rênes, de tirer ferme, s il le laut, et peu h peu le cheval, dompté par celte énergie, redevient calme. 11 en estde même pour l’être humain : son cocher, sa volonté, doit agir énergiquement sur la colère, les rênes qui relient la lorcc vitale h la volonté doivent être tendues et l’être reprendra vite son sang-froid.
Qu’a-t-il fallu à ce cocher pour avoir raison d’un animal cinq fois plus fort que lui? Une lanière de cuir assez longue, un mors bien disposé, et voilà tout. Or nous verrons plus tard combien la force nerveuse, qui est le moyen d’action de la volonté sur l’organisme, aura son importance en magic; mais n’anticipons pas.
Quand on connaît la constitution de l’homme en corps, vie et volonté, est-on magicien?
Hélas 1 non, pas plus que quand on voit conduire. Pour être magicien il ne suffit pas de savoir théoriquement, il ne suffit même pas d’avoir appris ce qu’il faut faire dans tel ou tel traité, il faut mettre soi-même la main à la pâte, car c’est en conduisant souvent cl des chevaux de plus en plus difficiles qu’on devient cocher.
Ce qui différencie la magie de la science occulte en général, c’est que la première est une science pratique , tandis que la seconde est surtout théorique. Mais vouloir faire de la magie sans connaître l’occultisme, c’est vouloir conduire une locomotive sans avoir passé par une école théorique spéciale. On prévoit le résultat.
Or, de même que le rêve de l’enfant à qui l’on donne un sabre de bois est d’être général sans passer par la caserne, le rêve de l’ignorant qui entend parler de ces choses est de commander, avec des formules apprises par cœur, des mouvements rétrogrades aux fleuves et de l’obscurité au soleil, le tout pour « poser » devant les amis ou pour séduire une fermière du village voisin.
Et notre homme est tout déconcerté d’échouer piteusement dans son aventure! Mais que diraient les soldats si l’enfant au sabre de bois venait leur donner des ordres? Avant de commander aux forces en action dans un grain de blé, apprenez à commander à celles qui agissent en vous-même, et souvenez-vous qu’avant de monter dans
une chaire en Sorbonne, il faut passer par 1 ecole, par le lycée, par la faculté. Si cela vous semble trop difficile ou trop long, faites-vous palefrenier, l'école vous suffira, ou quelques mois d’apprentissage.
La magie étant une science pratique demande des connaissances théoriques préliminaires, comme toutes les sciences pratiques. Mais on peut être mécanicien après avoir passé par l’école des Arts-ct-Métiers. et alors on est ingénieur mécanicien, ou mécanicien après'avoir été en apprentissage, et alors on est ouvrier mécanicien. Il y a do même dans nos villages des ouvriers en magie qui produisent quelques phénomènes curieux et opèrent des guérisons parce qu'ils ont appris à le faire en le voyant faire par celui qui les a enseignés. On les appelle généralement des « sorciers » et on les craint, bien à tort, ma foi.
A côté de ces ouvriers du magisme, il existe des chercheurs connaissant la Ihéorie des phénomènes produits : ce sont les ingénieurs en magie, et c’est à eux surtout que nous nous adressons dans le présent ouvrage.
La magie étant pratique est une science d’application.
Qu'est -rr que l’opérateur va donc appliquer? Sa volonté. C’est là le principe directeur, le cocher du système.
Mais à quoi va-t-il l’appliquer, cette volonté?
A la matière, jamais. Car il se conduirait comme l’ignorant de tout à l’heure, comme le cocher qui voudrait, en s agitant sur son siège et en hurlant, faire marcher sa voiture pendant que le cheval est encore à l’écurie. Un cocher agit sur un cheval et pas sur une voiture. C’est peut-être la troisième fois que nous répétons celte vérité de La Palisse, et il nous faudra la répéter bien souvent encore dans le cours de notre exposition. Un des grands mérites de la science occulte est justement d’avoir déterminé et fixé ce point, que 1 esprit ne peut agir sur la matière directement; il agit sur un intermédiaire, et c’est cet intermédiaire qui, lui, réagit, sur la matière.
L opérateur devra donc appliquer sa volonté, non pas directement à la matière, mais bien à ce qui modifie incessamment la matière, à ce qu’en science occulte on
appelle le plan de formation du inonde matériel, le plan astral.
Dans l’antiquité on pouvait définir la magie : l’application de la volonté aux forces de la nature, car les sciences physiques actuelles rentraient dans son cadre, et l’étudiant en magie apprenait le maniement de la chaleur, de la lumière, et aussi, comme nous le montre l’histoire du rabbin Jedechiel sous saint Louis, de l’électricité.
Mais aujourd’hui cette définition est trop large et ne répond pas à l’idée qu’un occultiste doit se faire de la
Ce sont bien des forces de la nature sur lesquelles l’opérateur va faire agir sa volonté. Mais quelles sont ces forces ?
Ce ne sont pas les forces physiques, nous venons de le voir, car l’action sur ce genre de forces est le propre de l’ingénieur et non de l’occultiste pratiquait. Mais, en dehors de ces forces physiques, il y a des forces hyperphysiques qui ne diffèrent des premières que parce qu’elles sont produites par des êtres vivants au lieu d’être produites par des machines.
Et nous ne parlons pas des dégagements de chaleur, de lumière et meme d’électricité produits par des êtres vivants. Encore une fois ce sont là des forces toutes physiques.
Reichcmbach aprouvé, dès i85/|, que les êtres animés et certains corps magnétiques dégageaient dans l’obscurité des effluves visibles pour les sensitifs. Ces cllluvcs constituaient pour Reichcmbach la manifestation d’une force inconnue qu’il appelle l’OD. Depuis. M. le D r Luys d’une part et M. le colonel de Rochas d’autre part ont retrouvé des manifestations diverses de cette force. Mais un fait aujourd’hui constaté par des centaines de témoins à diverses époques va nous mettre sur la trace de notre définition.
II y a dans l’Inde des êtres humains dressés pendant de longues années au maniement de ces forces hyperphysiques et qu’on appelle des Jakirs. Une expérience
que font couramment ces fakirs, expérience qui m a etc personnellement rapportée à trois années d’intervalle par plusieurs personnes dignes de foi, et qui, de plus, a été très souvent décrite, est la suivante :
On donne au fakir une graine quelconque qu’on a choisie soi-même. On apporte en même temps un peu de terre qu’on a prise chez soi et 1 on met la graine dans la terre, sur les dalles delà salle à manger par exemple. Le fakir, qui est absolument nu, sauf un léger pagne, se place à un mètre environ du tas de terre, assis à l’orientale. Il fixe son regard sur la terre et peu à peu il pâlit
et devient immobile, les bras étendus vers la graine. Un hypnotiseur moderne dirait qu’il est en catalepsie. On constate de plus que son corps se refroidit légèrement.
Le fakir reste dans cette posture pendant une heure ou deux. Après ce temps la plante a poussé d'un mètre ou d un mètre et demi. Si l’on continue l’expérience, la plante dans l’espace de trois ou quatre heures se charge de fleurs, puis de fruits qu’on peut manger.
Voilà, brièvement décrite, cette expérience que nos lecteurs habituels connaissent bien pour l’avoir lue souvent. Que s’est-il donc passé P
La volonté du fakir a mis en jeu une force qui anime en quelques heures une plante qu’une année de culture
conduirait à peine au même résultat. Or cette force n'a pas dix noms pour l’homme de bon sens, elle s’appelle : la vie.
Que la vie soit une résultante ou une cause du mouvement organique, c’est ce que nous n’avons pas a discuter ici. L’important est de bien retenir le fait, que la volonté du fakir a agi sur la vie en sommeil dans le végétal et a non seulement mis celte force vitale en mouvement, mais encore lui a fourni des éléments d’action plus actils que ceux que lui fournit habituellement la nature. À-t-il laitpourlant là un acte surnaturel? Pas le moins du monde. Il a exagéré, précipité un acte naturel : il a lait une expérience magique, mais n’a rien produit qui aille à l’encontre des lois fixes de la nature.
C’est donc en agissant sur la vie de la plante que le lakir actionne la matière de cette plante. Mais avec quoi a-t-il agi sur celte lorce vitale endormie dans la plante? Les enseignements de la science occulte nous permet lent de répondre sans crainte : avec sa propre Jorce vitale , avec cette force qui. dans lui. produirait les phénomènes attribués par les médecins h la vie végétative, à la vie organique de l’être humain.
Le point qui déroute le chercheur habitué à une force physique, c’est que la vie puisse sortir de l’être humain et agir à distance; mais une étude, même superficielle, des faits de guérison produits par nos modernes magnétiseurs depuis cinquante ans mettra vite le chercheur sur la voie que nous indiquons.
Pour donner cours encore une fois à notre manie, souvent fatigante pour le lecteur, des comparaisons, racontons encore une petite histoire de carosscrie à propos du fakir et de son expérience.
Le lakir peut être comparé, nous le savons , k un équipage dont sa volonté est le cocher, sa force vitale le cheval et son corps la voiture.
La graine est un autre équipage dont la voiture est bien lourde pour un pauvre cheval malingre (la vie de la plante) et dont le cocher, tout jeune et encore inexpérimenté, s’est endormi pour le moment.
THÉOnIB
Or notre premier équipage arrive devant le second. En pensant aux souffrances et à la longueur du temps que va mettre ce pauvre cheval pour gravir la côte, le cocher-fakir est pris de pitié. Il dételle son cheval, l’attelle à l’autre voiture, réveille l’autre cocher qui prend les guides. Quant à lui, il prend les deux chevaux par la bride au niveau du mors et les excite de la voix.
En un rien de temps (quatre heures), la côte (évolution du végétal), qui aurait demandé longtemps (un an) pour être gravie dans les conditions habituelles, est montée.
Cela fait, le cocher-fakir ramène son cheval (sa vie! et le rattelle h sa propre voiture (son corps) qui jusquelà était restée en souffrance (en catalepsie) sur la route.
Avez-vous compris l'action du fakir sur la plante? Si oui. vous avez pu juger du rôle de la vie dans les expériences magiques. De tout cela il ressort que la force sur laquelle agit la volonté, c’est la vie. Et c’est au moyen de la vie dont la volonté humaine dispose qu’elle est à même d’agir sur la vie de quelque autre être, qu’il soit visible ou invisible. Mais n'anticipons pas.
Nous pouvons déjà définir lamagie : l’action consciente de la volonté sur la vie. Mais cette définition n’est pas encore complète à notre avis.
La volonté est une force qu'on trouve dans tous les êtres humains. Mais combien peu savent user convenablement de leur volonté? Il faut donc non seulement posséder de la volonté, mais encore savoir la mettre en usage, et l'éducation, l’entraînement seuls permettent d’obtenir un tel résultat. Au terme volonté nous ajouterons donc l’adjectif entraînée, ou mieux, dynamisée, qui indique 1 effet de l’entraînement.
D autre part, le mot vie, ou vie universelle, prête à beaucoup d interprétations et de discussions et ne rappelle pas assez les rapports qui existent entre toutes les forces de la nature. Nous prendrions bien force vitale, mais ce terme a été pris dans une acception tout humaine. Pour distinguer les forces dont s’occupe la magie des forces physiques, nous allons les appeler d’un nom qui ne manquera pas de nous attirer les foudres des philo-
soplies matérialistes ou autres : forces vivantes. Ce 110 m est absurde, diront nos adversaires. Que nous importe, il est clair et correspond à notre avis à une réalité stricto. Nous chercherons à le prouver par la suite.
Groupant tous les éléments produits, nous obtenons en fin de compte comme définition de la magie : La magie est : I’application de i.a volonté humaine dynamisée a l’évolution rapide des pouces vivantes de la nature.
Celte définition montrera le plan tout entier sur lequel est établi cet ouvrage.
Nous voyons en effet tout d’abord que le générateur des moyens d'action primordiaux, la volonté et la vie, considérée comme véhicule de la volonté, c’est l’homme.
Nous aurons donc à faire une étude de l’être humain considéré surtout au point de vue psychologique.
C’est ainsi que nous serons amené à traiter des diflé- rents procédés d’entraînement quand nous connaîtrons sur quelle base cet entraînement peut s’obtenir dans l’être humain.
Mais une fois l’entraînement obtenu, une fois l’action consciente de la volonté développée, cette action doit s’exercer sur des objets bien déterminés et dans un champ d’opération bien délimité.
Aussi traiterons-nous de la nature telle qu’elle est conçue par les magiciens, des aides et des obstacles que cette force humaine dirigée par la volonté est susceptible d’y rencontrer.
C’est là que nous ferons nos efforts pour justifier notre terme bizarre de force vivante en montrant comment la vie peut agir dans certains cas comme une force toute physique et en suivant les mêmes lois, si on la matérialise, et comment, au contraire, une force physique subitement évoluée sous l’influence du dynamisme vital peut agir en manifestant des traces d’intelligence.
C est de ce double jeu de la vie sur les forces physiques, et des forces physiques sur la vie. que résulte toute 1 action de 1 opérateur sur les plantes, sur les animaux, et en general sur tous les auxiliaires qu’il demandera à la nature pour appuyer sa volonté, ainsi que
l’application des influences des astres dont les émanations sont considérées par la magie comme des forces vivantes dans toute l’acception du terme.
Nous ne nous faisons aucune illusion sur 1 effet que peuvent produire de telles études en l’esprit des chercheurs qui ont leur siège fait et pour lesquels la science a déjà atteint le nec plus ultra de révolution possible.
Ces chercheurs ont rendu à l’humanité, par leurs découvertes analytiques, des services assez éminents pour avoir le droit d être sévères. Une loi fatale veut aussi que tout ce qui semble sortir des bornes étroites de la routine soit d’avance condamné au pilori.
C’est aux jeunes que je m’adresse, à ceux qui ne redoutent aucune affirmation, aucune audace, à ceux qui sentent qu’il y a autre chose que ce qu’on leur enseigne dans les hautes écoles cl dans les l'acuités. A ceux-là je dis : Etudiez soigneusement les explications données par la magic. médilcz-Ies et ne les acceptez que sous fc contrôle très sérieux de l'expérimentation. Vous êtes appelés bientôt à étudier des forces douées d’intelligence, ce qui vous éloignera des éludes de vos maîtres actuels autant que l’élude de la transformation de l’énergie a éloigné vos maîtres de l’ancienne physique du commencement du siècle. Habituez-vous donc à regarder froidement l’inconnu face à face, sous quelque aspect qu’il se présente, fùt-ce celui d’un classique fantôme. Vainqueurs d’hier du bigotisme clérical, ne soyez pas vaincus aujourd’hui par le bigotisme scientifique, aussi dangereux sous ses apparences libérales. Fiers de votre liberté, usez-en, et apprenez à être personnels en tout, même dans la détermination de vos opinions scientifiques.
Et maintenant, si le plan énoncé ci-dessus ne vous effraye pas trop, tournez le feuillet et continuons notre exposé.
CHAPITRE 11
L'HOMME
La base fondamentale de !a magie pratique, c'est l’être humain, avons-nous dit. C’est en effet l'homme qui est le générateur de la volonté, sans laquelle il est impossible d’agir consciemment sur quoi que ce soit.
Mais s’il est facile de prononcer ce mot ronflant : l’homme, il est très difficile de bien savoir à quoi ce mot correspond. Depuis quelques milliers d’années qu’on discute sur ce point, on comprend le nombre d’opinions émises, d’autant plus que c’est la un sujet qui nous intéresse particulièrement tous.
Il nous faut donc faire une étude de l’homme aussi résumée, mais aussi nette que possible. Cette étude n’aura d’autre but que de nous préparer à voir un peu clair dans la suite, car n’oublions pas que c’est un traité très élémentaire de magie pratique que nous avons tenté d écrire et non un traité de physiologie ni de psychologie. Cependant nous serons obligé, de par la constitution même de l’être humain, d’énoncer certains principes élémentaires de physiolôgie et de psychologie sans lesquels tout ce qui suit serait obscur et incompréhensible.
Ce qu’il faut bien comprendre tout d’abord, c’est ce mot : 1 homme, qui est un terme synthétique sous lequel on a réuni plusieurs éléments différant essentiellement, quoique ramenés tous aune certaine unité. Quand nous disons l’homme, c’est comme si nous disions : la nature, car l'homme est aussi complexe que la nature sous son apparente simplicité. Notre premier travail doit consister h séparer le mieux que nous pourrons les éléments qui constituent lêtrc humain, puis nous chercherons à voir les rapports de ces éléments entre eux ; enfin nous terminerons en considérant les liens de ces éléments et des autres principes avec lesquels l’être humain peut se trouver en rapport.
La première difficulté qui se présente a nous est de saisir exactement, non pas ce qu’est l’homme, mais au contraire ce qui n’est pas essentiellement lui. tout en se couvrant de son nom.
Ainsi, à propos du sommeil, nous pourrons faire une remarque des plus importantes. L’homme semble se partager en deux morceaux, car le cœur bat, les poumons aspirent et expirent l’air réparateur. Le sang circule, et pourtant l’être humain n’est plus capable d’amour ou de haine, de colère ou de pitié, car ce qui habituellement ressent ces sentiments ou manifeste ces passions repose, est endormi. — Il y a là une portion de l’organisme humain qui continue ses fonctions, une autre portion dont les fonctions sont arrêtées. — Où est l’homme véritable dans tout cela? Est-ce ce qui dort ou est-ce ce qui veille ?
Or le sens commun vous répond unanimement : pendant le sommeil l’homme dort. Ce n’est donc pas lui qui accomplit les fonctions dites organiques. Pas le moins du monde.
Ce qu’on appelle l’homme est doué de la faculté de sentir, de penser et de vouloir. Or cela dort pendant le sommeil, et ce qui reste éveillé c’est autre chose qui, indépendamment de la conscience, se charge d’entretenir les mouvements organiques. Les médecins appellent cela la vie végétative ou la vie organique, les philosophes
l'appellenl généralement l’inconscient : c’est la partie machinale, mécanique presque, de l’être humain. Appelons-la. si vous voulez, l’homme machine; mais ce n’est pas là l’homme véritable, celui que nous concevons comme doué de conscience et surtout de volonté libre. Nous reviendrons plus lard sur ce point. Mais, pour l’instant, notons bien cette distinction fondamentale entre la partie de l’être humain susceptible de s’éveiller et de s’endormir, et la partie qui ne s’endort jamais, d’une façon continue du moins, qu’à la mort.
Mais ces deux parties de l’homme sont étroitement unies l’une à l’autre pendant la vie, et de cette union résulte un ordre de phénomènes qu’il est indispensable de connaître.
L’homme, une fois éveillé, peut en effet nous faire découvrir un nouvel aspect de son être.
Laissons de côté la partie purement organique, machinale, do l’être humain, et occupons-nous un peu de l’homme dit intelligent.
Vous êtes-vous quelqueiois demandé pourquoi Tentant, qui est un homme en période d’évolution, Irappe le meuble contre lequel il s’est cogné?
Avez-vous remarqué d’autre part que le premier mouvement (retenez cette expression populaire) porte toujours l'homme qui a été frappé à frapper lui-même.
Ainsi, voici un soldat allemand. 11 reçoit un soufflet d’un de ses officiers, son premier mouvement sera certes de rendre l’outrage à son auteur ; la main du soldat subira une impulsion violente tendant à la mettre en mouvement. Ce mouvement est presque involontaire, il se produirait même fatalement si ce qu’on appelle la raison n’était pas là.
En effet, au moment où la main du soldat va suivre 1 impulsion fatale qui s’est produite, l’idée de la discipline, du devoir d obéissance passive, et surtout du conseil de guerre, et de la mort se présente à son esprit, et une impulsion, consciente cette pois, arrête net les efforts du premier mouvement qui n’était pas réfléchi.
On peut faire un acte d’une manière irréfléchie ou
d'une manière réfléchie, par impulsion brutale ou par impulsion consciente. Qu’est-cc que cela peut bien vouloir dire?
Cela semble indiquer qu en dehors de l'être conscient et raisonnable, de l'homme qui pèse ses décisions, il y a en nous autre chose, quelque chose qui agit d’une façon brusque et brutale. Nous serions ainsi amené à admettre, à coté delà conscience et de la volonté, un nouveau principe d’action. Cela correspond-il à une réalité quelconque? Notez bien que nous n’avons pas la prétention d’écrire un traité de psychologie, ce qui nécessiterait des discussions sans nombre et des expositions sans lin. Nous cherchons à mettre à la portée de nos contemporains 1’enseignemcnt de la magie concernant la constitution de l’homme, et cela, en nous servant, autant que possible, des expressions et des découvertes les plus modernes. Là se borne notre ambition.
Or il est clair que ce qui pousse à rendre giffle pour giflle, et ce qui pousse, au contraire, à se rendre compte avant d’agir de la conséquence de l’acte qu’on va entreprendre. ne constituent pas un seul et même principe.
Et cela est si vrai que l’homme du peuple, tout impulsif, commence par « cogner » avant de réfléchir, tandis que l’homme du monde saura se retenir, donner sa carte et constituer des témoins s’il a affaire à un égal en intellectualité.
Nous aurons plus tard à déterminer les relations possibles qui existent entre ces deux manifestations extérieures de l’activité dite psychique. Pour l’instant, évitons les discussions et les détails fatigants.
Résumons. Quand l’homme dort, nous pouvons le diviser en deux parties : i° la partie machinale, qui est en ce moment en action ; 2 ° la partie intelligente, qui est en repos pendant le sommeil.
Mais quand l’homme s’éveille et qu’il agit, nous sommes amené à faire encore une nouvelle subdivision dans la partie intelligente, suivant les effets produits, et nous déterminons deux modes nouveaux de l’être humain :
i° L'homme impulsif qui obéit au premier mouvement ;
2 " L’homme de raison qui réfléchit avant d agir et dont tout acte est la manifestation, non plus d'une idée ou d’une sensation, mais bien d’une pensée ou d'un jugement.
En somme, nous avons jusqu’à présent décomposé notre homme en trois modalités :
i" L’homme machine ;
■i“ L’homme impulsif:
3" L’homme de raison.
Tous les efforts de la magie sont portés sur les différents procédés qui permettront à l’homme de raison de supplanter partout l’homme impulsif. Mais l’idée que nous avons de l’homme est encore très vague et quelque peu métaphysique. Précisons davantage et abordons maintenant l’étude attentive de chacune de ces trois modalités humaines.
LA MACHINE HUMAINE
La première question qui vient à I esprit de 1 observateur en voyant une machine, c est de demander : à quoi cela sert-il?
Après avoir été fixé sur le but de la machine, l’observateur demande à connaître son fonctionnement et les principaux détails de sa construction. Nous tâcherons do suivre, dans la description de la machine humaine, la voie indiquée par les questions de notre observateur.
Nous verrons tout à l’heure que l’homme véritable, l’homme de volonté, agit sur l’organisme, et par suite sur le moude extérieur, au moyen de certaines forces mises à sa disposition par cet organisme.
La machine humaine fabrique donc des forces d’un certain ordre. Mais elle diffère en plus des autres machines que l’homme invente en suivant inconsciemment sa propre constitution, par ce fait qu’étant une machine ou plutôt une série de machines composées d’éléments vivants, elle doit tendre à deux lins : d’une parta fournir
des forces et des moyens d’action k l’homme de volonté, nous l’avons dit ; mais d’autre part k entretenir et k réparer sans cesse ses propres rouages qui s’usent au fur et k mesure de leur action.
Pour se faire une idée de l’organisme humain il faut se figurer trois usines superposées, reliées entre elles par des tuyaux et des fds électriques.
L’usine inférieure s’appelle le ventre, l’usine moyenne la poitrine, l’usine supérieure la tête.
L’entrée des matériaux utilisés dans chacune des usines est placée sur la façade de l’usine supérieure, façade qu’on nomme le visage.
Au bas du visage on voit, l’entrée du ventre, nommée bouche et où les aliments (matière première transformée par le ventre) subissent une première modification, lis sont hachés par une série de couteaux (incisives) après avoir été déchirés par des pointes effdées (canines), et enfin broyés par des meules (molaires) placées au fond de la bouche. Une sécrétion liquide (la salive) aide le travail et produit une première fermentation d’une partie des aliments (fécules). De lk la matière première descend dans l’usine ventre directement par un long tube (œsophage).'
Au milieu du visage on voit l’entrée de la poitrine nommée nez. Deux trous, ouvertures des pompes pulmonaires. aspirent et expirent alternativement l’air qui forme la matière première sur laquelle agit cette usine. Après avoir été échauffe dans une série de chambres spéciales construites en forme de cônes (cornets), l’air gagne la poitrine directement, au moyen d’un long tube (trachée) qui se divise k sa base pour plonger dans les deux pompes pulmonaires.
Au haut du visage on voit l’entrée de la tête nommée yeux. Deux organes, ouvertures des hémisphères cérébraux, reçoivent les impressions lumineuses, qui sont d’abord transformées une première fois en passant par diverses chambres (chambres de l’œil), puis subissent encore l’action d’organes très compliqués cl très délicats analogues aux organes électriques des autres machines
(bâtonnets) avant d’être envoyées à l’usine centrale. Deux autres organes placés sur les côtés de la tète (les oreilles), ainsi qu’une foule d’autres placés sur le contour de l’ensemble des usines (appareils du toucher) aident les yeux et mettent tout en relation avec l'usine centralisatrice (la tête).
Pour bien fixer les idées, on peut se figurer l’usine ventre comme une usine hydraulique dans laquelle les machines sont relativement grossières. L’usine poitrine est une usine à vapeur avec ses pompes, ses réservoirs, ses moteurs et sa grande quantité de tuyaux. Enfin l’usine tête est une usine électrique avec ses dynamos, ses accumulateurs, ses commutateurs et sa prodigieuse quantité de fils conducteurs.
Dans les sous-sols sont les organes d’excrétion, chargés d'expulser les matières premières inutiles et les produits de transformation hors d’usage.
Ces trois usines ainsi comprises donnent une première idée assez nette de la machine humaine, llappelonsnous que nous en sommes toujours là.
Voyons maintenant à quoi sert particulièrement chacune des trois usines.
L’usine d’en-bas, le ventre, fabrique tout simplement la matière de l’organisme. Elle prend au dehors des aliments divers, les triture et en fait du chyle. Si nous voulons rester dans les limites de notre comparaison, nous dirons que l’usine ventre fabrique les roues et les organes matériels qui supporteront les efforts de toutes les machines en action dans les autres usines et de toutes les forces qui y sont fabriquées. Le ventre remplace donc tous les rouages, tous les tuyaux, tous les fils électriques, dès qu ils ont servi quelque temps. Pour économiser du temps, il y a, dans beaucoup de points de 1 organisme, des dépôts, des réserves, des matières organiques prêtes à être utilisées. Ces dépôts prennent le nom de ganglions lymphatiques. Des vaisseaux lymphatiques unissent l’organisme à ces dépôts et ces dépôts au centre général, le ventre.
L usine moyenne, la poitrine, s’empare des éléments
matériels que lui envoie l’usine d en-bas et dynamise ces éléments sous l’action de l’air induré. D’autre part, la poitrine redonne aux éléments qui se répandent dans l’organisme tout entier (les globules) la force que ces éléments avaient perdue. Cette lorce portée par le globule sera l’origine de la force nerveuse. Aussi le magicien doit-il connaître ces principes de physiologie sans lesquels il lui sera impossible plus tard d’appliquer des règles spéciales aux aliments et d'autres à la respiration en vue de modifier et le globule sanguin et la force nerveuse. Pour revenir à la fonction de la poitrine, les. deux poumons aspirent l’air et en dégagent les éléments dynamiques, surtout l’oxygène, pour entretenir la force vitale qui anime tout l’organisme. Des poumons, le liquide sanguin vient condenser une partie de sa force dans le cœur, et de là le sang est diffusé en tous les points de Poire humain. L'usine poitrine ajoute donc un premier clément dynamique à la matière fabriquée par le ventre.
L’usine supérieure, la tète, s’empare de la force apportée parle sang, et un organe spécial, ic cervelet. d’après les théories du D r Luys, donne naissance sous cette influence à une nouvelle force, la force nerveuse.
Cette force nerveuse se répand dans tout le système nerveux ganglionnaire, oîiellesc condense dans les ganglions du grand sympathique agissant comme de véritables accumulateurs électriques, et c’est du grand sympathique que partent tous les mouvements qui se produisent dans la machine humaine. Nous pouvons maintenant nous rendre compte des rapports de ces trois usines entre elles ou des liens qui font un seul tout des trois segments de
Le ventre est bien chargé de transformer les aliments, mais sans la poitrine qui lui envoie l’alllux sanguin nécessaire à animer scs machines, et la te te qui lui envoie l’alïlux nerveux nécessaire à tout mettre en mouvement, rien ne se produirait. La poitrine et la tète ont donc toutes les deux des centres d’action particuliers dans le ventre, qui contient de plus, ainsi que nous l’avons dit, m.yoii: puvtiqui; 3
les or "an es d'excrétion des trois centres alors que les organes d’entrée sont contenus dans la tête.
La poitrine est bien chargée de dynamiser tous les éléments organiques : mais si le ventre ne lui envoyait pas continuellement de nouveau chyle pour réparer les pertes matérielles faites, et si la tête ne mettait pas en mouvement, par l’intermédiaire de ses centres nerveux, les poumons et le cœur, rien ne se produirait.
Enfin la tête (ou mieux la partie postéro-inférieure des centres nerveux avec ses dépendances) serait bien en peine de rien mouvoir si la poitrine ne lui fournissait pas le sang, matière première de la force nerveuse. Et n’oublions pas que c’est la machine humaine, ou pour employer une expression quelque peu triviale, l'homme machine que nous venons de décrire.
C’est cette portion de l’être humain qui fonctionne pendant le sommeil, tandis que tout le reste est en repos. \ oilà pourquoi nous avons pu à juste titre la décrire comme on décrit une machine quelconque, si l’on veut bien remarquer toutefois qu’il s’agit d’une machine vivante plus délicate qu’aucune autre.
La qualité du sang dépend en grande partie de la qualité du chyle, et la qualité de la force nerveuse dépend immédiatement de la qualité du sang.
Voilà pourquoi un bon ou un mauvais régime alimentaire pourra modifier en bien ou en mal la force nerveuse et, par suite, les rapports de l’homme avec l’extérieur, ainsi que nous le verrons par la suite.
L’homme impulsif.
Lors de notre exemple de l’individu qui reçoit une gillc et dont le premier mouvement est de frapper à son tour, mais qui réfléchit aux conséquences de son acte et parvient à maintenir son premier mouvement, nous avons été amené à distinguer l’Homme du premier mouvement, 1 homme impulsif, de l’homme de réflexion, 1 homme de raison.
Gcttc distinction est de la plus liaule importance lant pour la inagio que pour voir un peu clair dans les mouvements psychiques qui naissent en l'ètre humain De plus cette distinction correspond à une réalité sans cesse plus patente et permet de se rendre compte d une fa<;on satisfaisante des phénomènes psychiques produits par l’hypnotisme , par la folie, et quelque peu aussi par l’ivresse.
Le caractère primordial de tout acte impulsil est de suivre presque immédiatement et sans résistance 1 incitation qui a précédé l acté. Cela correspond à ce que les physiologistes modernes appellent un acte réflexe.
Une étude rapide et très résumée de la constitution du système nerveux est indispensable pour bien se rendre compte de ce qu'est un acte réllexe et de ce qui n en est pas un.
Kappelons-nous que la machine humaine est constituée par trois usines superposées et que tous les appareils agissant dans ces usines sont mis en mouvement par un système nerveux spécial qu'on appelle le système nerveux ganglionnaire ou système du grand sympathique. Ce système nerveux représente une série d’accumulateurs ou ganglions, soit isolés, soit groupés par grandes quantités dans l’un des trois centres organiques, tète — poitrine — ou ventre. Ces groupements prennent le nom de plexus.
Mais un accumulateur n’est qu’un réservoir de force qui régularise le courant mais ne produit rien par luimeme, il faut le charger au moyen d’autres appareils qui, eux, produisent la force sans l’emmagasiner. Nous avons dit un mot du rôle du cervelet à cet égard.
Mais k côté du système nerveux du grand sympathique il en existe un autre dont nous avons surtout k nous occuper pour l’instant.
Une longue colonne osseuse, la colonne vertébrale, parcourt dans le corps humain toute la longueur occupée par les trois usines,télé, poitrine et ventre. Cette longue colonne contient en elle tous les fils électriques qui relient,soit les usines entre elles,soit les usines au centre général, la tète. On appelle ces fds des cordons nerveux.
TiJKORIK
Or, suivant que ces cordons apportent les incitations venues de la tète e! allant à la périphérie, ou. au contraire, importent les incitations venues de la périphérie et allant h 1 intérieur, on les appelle,dans le premier cas, cordons moteurs, dans le second cas cordons sensitifs. On peut les comparer à la voie montante et à la voie descendante d un chemin de 1er. La voie motrice ou descendante est en avant (cordon anterieur) la xoic sensitive ou ascendante est en arrière (cordon postérieur). Tous ces cordons sont blancs et disposés symétriquement à droite et à gauche, car tous les organes dépendant de ce système nerveux sont pairs ou symétriques. Mais si vous coupez en travers la moelle epimère. nous ne trouverez pas que la substance blanche, indice des cordons, vous trouverez au centre delà moelle une autre substance, grise celle-là. qui limite un tout petit canal indiquant le centre de tout le système. Quel est donc le rôle de cette substance grise par rapport «à la substance blanche? C’est le rôle d’un centre par rapport a un conduit. d’une gare par rapport aux rails du cheminde 1er, d’un poste télégraphique par rapport aux lils du télégraphe. Comme nous avons dit qui* I usine tète avait plus d’analogie avec l'électricité qu avec aucune autre force, c’est le télégraphe que nous allons prendre comme exemple.
La moelle nous apparaît donc maintenant en son ensemble. Tout autour des lils télégraphiques, en avant ceux qui emportent les dépêches du centre (cordons moteurs). en arrière ceux qui rapportent les dépêches au centre (cordons sensitifs). Au milieu, une longue lile de bureaux télégraphiques auxiliaires. Chaque bureau a deux cabanes : en arrière, l’endroit où I on reçoit les dépêches ; en avant, l’endroit d’où on les envoie. Les deux cabanes sont reliées, non-seulement entre elles, mais avec les autres cabanes.
Quel est le but de tous ces bureaux auxiliaires ? Kemplacer le plus souvent possible le bureau central, la U te.
Ainsi figurons-nous de nouveau Lensemble de l’organisme humain : trois usines superposées, reliées
directement entre elles, ainsi que lions I avons déjà vu. Ces usines contiennent tout ce qu’il leur faut pour marcher. Aussi n ont-elles aucune autre communication centrale avec le système nerveux que celle qui s effectue par le grand sympathique. A oilà pourquoi la tête ne peut pas diriger la marche du co*ur et celle du foie : ce n’est pas là son domaine. Quel est donc le domaine sur lequel s’étend l’action du système nerveux autre que celui du grand sympathique? C’est maintenant que nous allons le voir.
Y chacune des trois usines est annexée une paire d’organes particuliers appelés membres. L’usine ventre a ainsi une paire de jambes, l’usine poitrine une paire de bras, l’usine tète une paire de maxillaires inférieurs reliés à un organe symétrique, le larynx.
Or ces paires de membres ne sont pas mues par le meme système nerveux que les appareils en marche dans les usines. Legrand sympathique préside bien au mouvement intérieur du sang dans ces membres et aux échanges respiratoires qui s’y produisent localement, mais il n'a aucune action sur les mouvements des membres eux-mêmes.
C’est la moelle qui préside à ces mouvements quand ils sont automatiques, le cerveau quand ils sont conscients. Aussi, au niveau de chaque usine, la moelle présente-t-elle un renflement caractéristique, renflement d’où parlent et où arrivent tous les cordons qui vont dans les maxillaires ouïe larynx, dans les bras ou dans les jambes, suivant la situation du renflement. De même, tous les points sensitifs de la peau qui enveloppe l'organisme tout entier correspondent aux nerfs sensitifs qui se rendent dans la moelle. Pour la facilité de la description, ajoutons que les cordons antérieurs ou postérieurs de la moelle prennent le nom de nerjs. moteurs ou sensitifs, quand ils quittent la moelle pour gagner les organes périphériques.
Ainsi chaque usine se divise en deux portions très nettes : i" la portion centrale, la machinerie, sur laquelle le grand sympathique agit seul ; 2° la portion périphé-
THÉOBIE
rique. la peau et les membres, sur lesquels 1 autre système nerveux a son action. Si nous voulions figurer cela, nous représenterions un cercle dont la partie centrale serait blanche pour indiquer l’action nulle de la moelle et du cerveau et dont le périphérie serait teintée pour indiquer le contraire.
Ce qui est vrai pour chaque usine est aussi vrai pour l’ensemble de l’organisme humain.
Mais revenons a notre système nerveux dit conscient.
Son action s’exerce sur la périphérie, nous 1 avons vu ; mais elle peut être do deux nature : réflexe ou consciente.
La figure suivante va nous mettre à même de comprendre tout cela.
Cette figure représente systhématiquement l’usine moyenne, la poitrine. Au milieu on entrevoit le cœur et les poumons act ionnés par le plexus cardiaque du nerf grand sympathique P O. Ce plexus prend sa racine à la partie antérieure de la moelle.
A la périphérie on aperçoit deux ordres de fibres se rendant au bras 13. le membre thoracique. Ces fibres viennent, soit du cerveau directement (CM. — C S), soit de la moelle (NM. — N S).
De plus les fibres C M et N M sont centrifuges et motrices, ainsi que l’indique la flèche. Les fibres C S et N S sont centripètes et sensitives.
C A est le cerveau moteur (antérieur), C P le cerveau sensitif(postérieur), P est la moelle sensitive(postérieure). A est la moelle motrice (antérieure).
Les nerfs moteurs et les nerfs sensitifs se confondent en un seul faisceau en arrivant dans le bras B.
Voyons maintenant le trajet d’une sensation et d’un mouvement.
Je me pique au bout du doigt. La sensation perçue à ce niveau file en même temps (si je suis bien éveillé et si la sensation est assez forte) par le trajet C S et par le trajet N S. Occupons-nous de çe dernier d’abord.
Par N S la sensation traverse d’abord le ganglion G. puis arrive dans la moelle postérieure (centre gris), c’est-
k-dirc dans le bureau du télégraphe auxiliaire. L employé (la cellule nerveuse) envoie immédiatement le courant électrique à son collègue de la moelle antérieure. Celuici agit par le fil électrique N M sur les muscles du bras qui se retire vivement en arrière. Tel est le mécanisme.
aujourd’hui parfaitement connu, d’un premier mouvement. d’un acte dit réflexe.
Mais k l’état normal, deux phénomènes se produisent en même temps et aussi vite. La vibration nerveuse suit aussi la route du cerveau, et par C S arrive k C P où la sensation est perçue comme douleur, c’est-à-dire où. au lieu d’un ébranlement nerveux comme dans la
moelle, c'esl une idée qui prend naissance. Ebranlée par cette idée, la volonté agit immédiatement et l'ordre part de C A en suivant la voie C M pour arriver au bras qui, alors, non seulement s'écarte mécaniquement comme dans le cas du réflexe médullaire, mais encore se lève en l’air, est vivement rejeté bien loin en arrière, à tel point que l’action du premier mouvement se trouve singulièrementamplifiéepar l'action consciente de la volonté.
Dans ce cas. la volonté agit dans le même sens que la moelle. Reprenons notre exemple de la gille pour mieux nous rendre compte encore du mécanisme de ce genre de phénomènes.
Suivons l'exposé sur la ligure ci-jointe. L officier prussien donne une gille à un soldat au point A.
Immédiatement les deux phénomènes que nous avons décrits tout à l’heure se produisent et la sensation arrive au centre gris de la moelle C où elle donne naissance à un entraînement émotif. Le réflexe immédiat serait le mouvement du larynx: mais ce n’est pas le cas de notre exemple. La partie impulsive de l’homme se met en mouvement aussitôt et les deux centres C et E de la moelle vibrent en même temps, car. dès qu’un ébranlement est assez fort, il peut faire vibrer plusieurs centres médullaires à la fois.
Du centre E l'ébranlementse transmet à F partie antérieure du renflement thoracique de la moelle, et par F. F’, F”. le mouvement nerveux gagne le bras, et les centres médullaires entraînent le bras vers le geste pour répondre à l’acte commis vis-à-vis de l’individu.
Mais la sensation a gagné en meme temps le cerveau postérieur I par le cordon sensitif direct Y.
Là l’idée de douleur se manifeste, mais en même temps les centres psychiques les plus élevés X entrent en action, et les idées de discipline, de conseil de guerre, de mort, viennent vite déterminer un juqement qui met les centres volitifs en mouvement dans le sens contraire du mouvement réflexe.
L impulsion volitive V par le cordon direct M gagne le bras et vient agir dans un sens N O, détruisant l’impulsion réflexe F.
IIOMMF.
Le soldai; allemand reste coi. après avoir subi res deux mouvements psychiques si opposés.
Qu’on me pardonne la naïveté de ces comparaisons et la longueur de celle exposition. Je suis persuadé qu il est impossible de rien comprendre à 1 entraînement magique sans loul cela.
En résumé le mouvement conscient, volitif. qu'il soit dans le meme sens ou dans le sens contraire du mouvement réflexe, est toujours plus puissant’rjue lui et peut, soit exagérer considérablement, soit arrêter net Faction de ce mouvement réflexe.
Comparer celte fonction à celle d'un frein puissant serait ne rendre compte <]iic de la moitié du phénomène. Il est préférable de la comparer avec d’Olivet k celle d’une sphère de diamètre considérable en laquelle sont contenues toutes les petites sphères qui représentent les actes réflexes.
Ainsi, k coté de la partie purement mécanique de la machine humaine, il existe une modalité de l’ètre humain douée d’une certaine intelligence et comparable k un être animal par ses appétits et ses effets. Cette modalité que nous avons appelée Y homme impulsif peut toujours être domptée par l’homme véritable, l’homme de volonté, mais k condition que l’homme ait appris kfaire agir sa volonté et ne soit pas devenu une simple brute subissant et suivant toutes les impulsions, ce qui arrive souvent.
Mais les impulsions que peut subir l’homme, quelles sont-elles, quel est leur caractère différentiel?
Ici nous sommes obligés de demander encore toute l’attention du lecteur, car il s’agit de questions généralement peu connues et qui exigent un travail soutenu.
Tout ce ([uc nous avons dit jusqu’ici, tant sur la constitution des trois segments (tète, poitrine et ventre) superposés, que sur celle de la moelle et de ses rendements. nous montre que l’homme est triple, et que tout se manifeste k lui sous une apparence trinitaire. 11 en est de même pour sa constitution psychologique, et c est lk l’écueil qui a lait échouer la plupart des systèmes édifiés par les psychologues modernes.
Interrogez-vous et demandez-vous k quel endroit vous éprouviez une sensation de lourdeur, lorsque, étant étudiant. 1 examen allait être passé? Vous répondrez : au ventre , et vous sourirez en songeant aux conséquences produites sur certains camarades parce genre de troubles psychiques.
Au contraire, au moment de révéler votre amour k 1 être aime, ou ressentiez-vous une oppression particulière. oppression telle qu’il vous semblait que votre cœur allait éclater? A la poitrine, n’est-cc pas?
Mais, dans le cours de la vie. quand des ennuis graves ou la recherche d’un problème difficile vous rendaient songeur, n’est-ce pas dans la tête que vous ressentiez cette oppression particulière que je vous ai montrée d abord dans l’abdomen, et loul à l'heure dans le thorax? Oui, n’est-ce pas?
Eh bien, celle constatation que votre bon sens vous enseigne, c’est la clef de la psychologie de Pylhagore cl de Platon, remise au jour par les travaux considérables d’un de nos maîtres les plus éminents : Fabre d’Olivct.
Mais c’est bien trop naturel, bien trop simple, pour contenter les philosophes modernes, occupés à compter sur leur montre le temps que met une sensa tion pour devenir un mouvement. Revenons a l’homme impulsif.
L’homme est triple et même tri-un quand il est complètement développé, psychologiquement parlant. Mais combien d’hommes n’ont développé qu’un ou deux de leurs centres intellectuels sur les quatre qu’ils possèdent ! Le premier but de la magie sera de demander avant tout à l’étudiant sérieux d’apprendre à se rendre compte de ses impulsions et à savoir les augmenter ou les réfréner, suivant le cas.
Avant d’aborder le fond de la question, rappelons quelques points préliminaires.
Quand l’être humain est endormi, ses portes psychiques. les organes des sens, sont fermées. De même ses organes d’expression sont en repos. Que sont donc ces organes d’expression?
De même que l’homme subit l’influence de l’extérieur sur lui par les organes des sens, il agit sur l’extérieur par le regard (yeux), par le verbe (larynx), par le geste (bras) et par la marche ou l’action (jambes). Ce sont là ses organes d’expression. Mais une considération un peu attentive permet de voir que. si la volonté peut toujours agir sur tous ces organes, certains d’entre eux se rapportent plus spécialement à un des centres de l’homme.
Ainsi les yeux appartiennent en propre U l’homme
lui-même. à l’Iioimnc de volonté, qui ale regard comme moyen d expression. Aussi le regard sera-t-il le premier modifié dans la folie, dans l’ivresse, dans le somnambulisme. elc , elc...
Le larvnx. considéré comme origine du verbe, appartient surtout à l’homme intellectuel, celui que nous appelons létrc psychique, cl le larynx est l’organe d expression de cet homme intellectuel 1 .
Les bras, considérés comme origine de geste qui. se fixant, deviendra l’écriture, appartiennent à la poitrine, de même que les jambes appartiennent au ventre.
Or. tous cos organes d’expression peuvent obéir, soit à l’homme de volonté, soit aux réflexes. Nous avons déjà mis ce point au jour en parlant de la gifle tout à l'heure.
Quand nous marchons droit devant nous ou quand nous faisons une route parcourue depuis longtemps tous les jours, notre volonté n’a rien à faire en cet acte, les réflexes inférieurs agissent seuls.
De même quand nous travaillons manuellement à une occupation habituelle, notre cerveau est libre et nos mains agissent sous l'influence seule des réflexes.
Souvent également nous récitons des paroles apprises par cœur et sucs depuis longtemps, comme des prières ou choses semblables, sans mettre notre cerveau en action.
Dans tous ces cas. c’est Vhomme impulsij qui fonctionne.
On dresse un réflexe comme on dresse un jeune animal, par I’iiabitude. et l’idéal de certains hommes consiste à se faire remplacer par leurs réflexes dans toutes les occupations de la vie. Ils disent alors qu’ils sont heureux.
Les moqueries du peuple à l’égard de l’homme de bureau partent souvent de là. Cet homme n’est plus bon a rien. Il a laissé son cerveau s’endormir peu à peu pour le remplacer dans scs fonctions par la moelle, c’est un honnête et bon citoyen, soit, mais c’est surtout un
M. Vurgpy a très bien caractérisé ta fonction du larynx à cc point de vue
mollusque à tête humaine, un animal, un bon bœuf bien tranquille, mais pas un homme’, car l’homme \enlablc c’est .l'homme de détermination. et jamais, au grand jamais. l’homme d'Iiabihnle : c'est un cerveau qui travaille activement et non une moelle qui travaille passivement.
Or le grand ennemi de la magie. c est l'homme impulsif. C est celui-là qu’il faut savoir dompter malgré ses protestations en chacun de nous, car c’est de lui que viennent tous les compromis et toutes les lâchetés — car il est mortel, comme nous l’enseigne Platon dans la Tintée — et l'homme véritable est seul immortel.— Celui qui soumet l'immortel au mortel se matérialise cl sc crée par l’indolence actuelle un travail énorme pour plus lard. Mais poursui\ons. L’homme impulsif, l’homme réflexe, est triple. Il peut se présenter à nous comme sensuel, comme sentimental ou comme intellectuel. Mais son caractère londamenlai est la passivité. 11 obéit aune suggestion de métier ou d’uno’aulre volonté, mais il n'agit jamais par lui-mème. C est là rhomme-machine deCondillac: c’est un sujet somnambulique qui peut être intelligent, mais ce n’est pas un
La sensation est la seule porte d’entrée qui existe en l’homme physique. Mais, une fois entrée dans l’organisme, la sensation peut être plus ou moins transformée.
Un homme purement mstinclil. une brute du bas peuple, 11 e manifestera, à la suite d’une sensation, cjuc des besoins. 11 sera guidé dans ce cas uniquement par des appétits. L’idéal de la vie sera pour lui de manger, de boire, de dormir. La joie ultime sera pour lui 1 ’tvressc , cl c’est en état d’ivresse seulement que la sphère immédiatement supérieure, la sentimentalité, s’éveillera un peu, et que cet elle aimera, comme un male peut aimer, une femelle. Allez donc appliquer à cet homme les théories psychologiques de nos philosophes. Où est sa raison? 11 n’est cependant pas fou. Sa raison n’est encore que de l’instinct, c’est un homme instinctif, mais ce n’est pas un homme. Poursuivons.
Un homme plus élevé que le précédent, l’ouvrier des
villes,l’artisan des Faubourgs, évoluera d’un cran la sensation. La sensation créera d’abord un besoin , mais cet ébranlement sera de peu de duree, et bientôt c’est une passion qui deviendra le pivot de toute la machine, car c’est la sphère sentimentale qui entre en action. Que veulent donc dire tous ces mots d’ébranlement et de sphère?
L’homme considéré, comme nous le Faisons, au point de vue psychologique, peut être comparé à un jardin planté sur trois terrasses étagées. Ces terrasses s’appellent, la première l’instinct, la seconde le sentiment, la troisième l’intellect. A la naissance, chaque être a des graines pour ensemencer son premier jardin, l’instinct. Ces graines, une Fois semées, produisent des plantes sauvages, sans demander presque aucun soin, car, à côté des jardins, la Fontaine des sensations se charge de tout arroser.
Mais quand les plantes à Facultés ont poussé, elles produisent des lleurs appelées idées et des graines qui contiennent en germe aussi des Facultés.
Ce sont ces graines-là qu’il (aut semer dans le jardin des sentiments, et sous linfluence de la Fontaine des sensations, aidée cette Fois par le travail du jardinier, des plantes poussent, moins sauvages, quoique de la même nature que les précédentes, et de nouvelles Facultés viennent orner le jardin psychologique de l’être humain.
Quand ces plantes produisent à leur tour des fruits, il Faudra en extraire laborieusement la graine et la semer dans le jardin de l’intellect où de nouvelles Facultés prendront naissance, pourvu que le jardinier redouble de soins et d’attention.
11 n y a donc pas d’idées innées dans l’homme, pas plus qu’il n y a de chênes tout poussés quand une Forêt .va prendre naissance en un coin de la nature. Mais il y a dans 1 homme une graine innée qui se développera plus ou moins selon la volonté de l’homme, et celte graine donnera naissance à un arbre que la mythologie chrétienne appelle 1 arbre du bien ou du mal, car il faut savoir cueillir et cultiver les graines mystiques qui proviendront de cet arbre.
Voilà que nous avons encore donné cours à notre manie des comparaisons : mais nous espérons qu’on peut maintenant comprendre les expressions employées par Platon ou par Fabre d Olivct.
Notre image du jardin a le grand défaut de présenter les facultés humaines sous l’aspect de 1 immobilité. Or. comme tout est en mouvement dans 1 être humain, il faut se figurer le jardin également en mouvement, et. dans ce cas. il est préférable d écrire le nom des facultés sur un cercle ou sur une sphère qu’on fait tourner à sa guise. V oilà pourquoi toute sensation arrivant dans l'clrc humain fait tourner, ébranle un. deux ou trois cercles, suivant que cet être humain a évolue en lui un. deux ou trois ordres de facultés, et c’est de celle évolution que dépend la place de l’homme dans la nature.
L’évolution psychologique; ! voilà du travail pour nos jeunes philosophes. En fouillant bien la question, ils arriveront probablement à retrouver Platon, ce qui ne peut manquer d être profitable à leur avancement universitaire. Mais revenons à l’homme impulsif.
Nous venons de décrire rapidement 1 homme passionnel et nous avons montré que l’artisan de nos grandes villes réalise bien ce type d ’êtres humains quand la peur d’être mal compris nous a incité à une comparaison qui éclaircira peut-être un peu la question.
Chez un tel homme le sentiment tient la plus grande place. Qui ne connaît l’amour des peintres en batiments et aussi de beaucoup d’employés du commerce des nouveautés pour la musique animique, le « genre éminemment français », l’opéra comique et la romance? La joie ultime pour ces bons cnlants, c’est l’amour avec beaucoup de campagne, de canot et de musique tout autour. La femme tient la première place dans un tel cerveau et le peuple français, tout animique, est célèbre en Europe à cet égard. Cette variété d’êtres humains tout
THEORIE
passionnels oui de grandes qualités ou de grands défauts, mais est aussi susceptible de grands développements par l’éducation et 1 instruction.
Nous arrivons à la troisième incarnation de l'homme impulsif, l'intellectuel. La première question cju’on nous fera à ce sujet est la suivante : Comment, vous admettez qu'un homme peut manifester de l'intelleolualité en dehors de l’action de lame immortelle? Mais c’est du matérialisme, c’est l’abomination de la désolation. etc., etc. A cela je répondrai en renvoyant mon contradicteur à l'étude de l'hypnotisme ou de la folie, et je poursuivrai ma roule tranquillement, car il s’agit ici du point capital de l’élude de i homme impulsif.
De mémo qu’il existe des machines à sensations comme la brute de tout à l’heure, dos machines à sentiments comme l’artisan, il existe des machines à intelligence comme l’employé de bureau.
L’employé de bureau ne boit pas : c’est une habitude en dehors de sa caste, il court peu les femmes à partir d’un certain âge, car il se marie de bonne heure et rentre chez lui régulièrement. L’employé do bureau est un être raisonnable, équilibré, et sert de modèle aux bourgeois pour les cillants, et cependant ce n est pas un homme, c’est une machine.
Chez lui la sensation, après avoir ému très peu l’instinct, endormi depuis longtemps, ébranlé légèrement la sphère sentimentale, prend tout son développement dans la sphère intellectuelle. Le raisonnement à vide remplace l’amour, le calcul à propos de minuties infimes remplace la musique. Aussi les questions d’argent tiennent-elles la pl ace la plus importante dans une telle existence, et la route de la vie est marquée par des bornes lumineuses d’honneur !
La vie réelle s’écoule entre 1200 francs et la Légion d honneur. Après, c est le bonheur longtemps calculé, longtemps mesuré et pesé : la maison de campagne et les petits lapins. Quand 1 employé de bureau est resté
célibataire, ce qui est rare, la sphère intellectuelle s arrête à la retraite, et alors la sphère sentimentale, et souvent aussi la sphère instinctive prend sa place, et le gâtisme ou la police correctionnelle terminent cette carrière toute de désintéressement, d honneur et de fainéantise cérébrale.
Eh bien, cet employé de bureau, c est une machine à idées, créée par l’Etal pour son usage, très utile à la société, car les facultés qu’on a développées à force de professeurs eide pensums sont les plus élevées qucriiomme impulsif puisse produire : la déduction, l’analyse, la comparaison, la mémoire. Mais ce n’est pas un homme dans le sens psychologique et surtout magique du mot : c’est un organisme dressé au calcul, à tel point que son vice préféré, celui qui distrait ce genre d’êtres, ce n’est pas le vin, ce n’est pas la femme, c’est le jeu. Or le récent exemple d’ïnaudi \icnt de nous montrer qu’un être humain peut être un calculateur exceptionnel sans savoir ni lire ni écrire. Le ressort qui meut la machine intellectuelle de l’homme, c’est le nombre. De là viennent ces obéissances à heure et même à seconde fixes des sujets somnambuliques, de là la faculté que nous possédons presque tous de nous réveiller à heure dite en y pensant fortement a va ut de nous endormir. Il n’y a là rien d’intelligent ni d extraordinaire quand on a bien saisi ces trois modifications de l’homme impulsif que Pythagorc, Platon, les néo-platoniciens, les hermétistes et les occultistes de toute époque ont toujours enseignées.
O11 peut donc laisser s’éteindre pendant la vie l’homme de détermination, qui est l’homme véritable, pour le remplacer par un mouvement passif des sphères instinctive, sentimentale et intellectuelle. C’est là le danger terrible des administrations, des carrières incrustant des habitudes invétérées, et ni l’armée, ni la magistrature n’échappent à ces pernicieuses influences. A côté du métier qui met en mouvement la partie mécanique de notre être intellectuel, il faut donc que tout homme digne de ce nom ait une occupation choisie librement. On se repose du travail mécanique par le
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travail intellectuel, et jamais on ne se repose en restant oisij. On se fatigue, on s'use au contraire de son plein gré ; c’est là tout le secret du bonheur, et Maimoni nous l'a révélé dès le XI 1 siècle.
Maintenant que nous avons parlé de l'homme impulsif, voyons les modifications que peut apporter dans son action l’homme volontaire, et disons quelques mots de la constitution de cet homme volontaire lui-même. Pour terminer, nous reviendrons sur tous ces points en traitant de l'ivresse, de la folie et de l'hypnotisme.
Dominant toutes les impulsions, les percevant et les jugeant, existe une puissance merveilleuse plus ou moins développée en chacun de nous : la volonté humaine, l’homme réel et véritable.
L’homine de volonté peut agir directement sur les incitations réflexes de la sensation, du sentiment ou de 1 intellect, il peut agir par le regard, le verbe, le geste et l'action sur les autres hommes et sur la nature, car il incarne en lui une des trois grandes puissances cosmiques de l'univers.
Semblable au mécanicien qui. sur la locomotive, consultant tantôt le manomètre qui lui indique l’état de la machine, tantôt le regard placé devant lui qui lui indique l’état du monde extérieur et les dangers à éviter, ouvre ou ferme la force motrice, ralentit ou accélère le mouvement du train, l’homme de volonté, l’homme immortel, porté par la machine humaine, laissant tourner les roues de l’homme impulsif, éclairé par les sens sur l’état du monde extérieur, par le sens interne sur l’étal de son organisme, a cependant à sa disposition la force nerveuse qui lui permettra d’accélérer ou d arrêter net les mouvements psychiques qui se produisent en lui.
Cet homme-là lutte d'égal à égal avec la nature : il défriche les forêts dont celle-ci couvre la terre et fonde en leur place des villes superbes où les résultats de 1 action de son imagination sur sa volonté, les inventions innombrables, rendent la vie plus douce, mais aussi plus dangereuse pour les hommes mal trempés. L être de volonté, c est le défricheur du monde de la
[GeiVE R-ATlONj
CONSTITUTION PSYCHOLOGIQUE DE L’HOMME — Schéma.
L'homme impulsif, pouvant tourner indifféremment sous une incitation d’en haut (volonté) ou d'en bas (organisme), est au centre de !a figure, baigné de toutes parts dans la force nerveuse qui relie cet homme impulsif à l'homme de raison en haut et au corps physique en bas. — A gauche dans la ligure est la partie léceplrice et sensitive, à droite la partie volontaire et motrice.
Tiiéonin
matière ou du monde do l'idée, l'inventeur ou le fondateur de cités, l'explorateur hardi ou le révélateur de l'éternelle vérité, et celui-là sait toujours souffrir, s’abstenir et mourir quand il le faut, car il commande à son organisme et n'est pas mené par lui. C'est un maître et non pas un esclave. Comprend-on maintenant la distance qui sépare Pylhagorc ou Newton d un chef de bureau, même décoré? Ce sont des hommes tous pour le vulgaire, et cependant les deux premiers seuls méritent ce nom.
Nous pouvons maintenant chercher à nous faire une idée de l’homme conçu dans son ensemble.
Kl.si mi:.
Trois segments, trois étages, trois modalités, comme on voudra les appeler, chacun triplement divisé.
En bas, c’est anatomiquement le ventre, physiologiquement la fabrique do matière, et psychologiquement le domaine de la sensation et de l'instinct.
Au milieu, c’est anatomiquement la poitrine, physiologiquement la fabrique de vitalité, et psychologiquement le domaine du sentiment et de la passion.
En haut, c’est anatomiquement la tête (partie postéroinférieure) prolongée par la moelle, physiologiquement la fabrique de force nerveuse, et psychologiquement le domaine de l’intellect et de l’inspiration passive.
Au dessus et tout autour de ces trois centres, les enveloppant et les dominant comme un ange enveloppe de ses ailes ceux qu’il garde, dans les légendes mystiques : c est anatomiquement le cerveau avec ses serviteurs les cinq sens, et les organes d’expression, avec les portes d’entrée et de sortie de tout ce qui circule dans l’organisme ; c est physiologiquement le centre sublimateur et tonahsaleur de toutes les forces organiques; c’est psychologiquement le domaine de la volonté et de l’intelligence actives.
RAPPORTS DE L'HOMME DE VOLONTE
ET DE LKTRE IMPULSIF
Maintenant que nous avons une première idée générale de cet homme véritable, de l’homme de volonté, voyons son influence sur l'être impulsif.
Nous avons déjà constaté plusieurs fois l'action d’arrêt exercée par la volonté sur les centres impulsifs. Poursuivons notre analyse à ce sujet.
Chaque fois qu’une sensation ébranle le centre instinctif, l’homme éveillé ef dans les conditions normales de santé psychique perçoit cette sensation en meme temps que le réflexe entre en mouvement. Il peut se produire alors plusieurs cas différents.
Si 1 homme appartient à la classe des instinctifs, ou s’il est dans un état psychique inférieur,* il perçoit la sensation, laisse tourner l'être impulsif qui agit en vue de la satisfaction des appétits, et perçoit passivement les nouvelles sensations des actes accomplis. Dans ce cas, le centre de perception consciente, la sensibilité, a seul été mis en action, mais comme un miroir qui reçoit une image et l enregistre. Il n’y a eu aucune réaction de l’être supérieur.
Mais si l’homme a pris l’habitude d’agir sur ses impressions, il ne se contente pas d’éprouver passivement la sensation, mais, dès que celle-ci se produit, il s’en empare et lui fait subir un travail tout particulier auquel nous donnerons le nom de méditation.
La méditation consiste dans la digestion psychique de l’idée produite par la sensation. C’est alors qu’entrent en jeu des facultés qui peuvent être plus ou moins développées, et dont le travail ultime transforme l’idée première en pensée, d’où dérive le jugement.
Des résultats tout différents seront produits suivant que la sensation sera suivie ou non de méditation. L’usage de la méditation est donc le préliminaire obligé dans
TI1È0ME
| élude de la magie de l'usage de la volonté, et la méditalion est en mode de réceptivité exactement ce que l’en- Iraîncmcnt volontaire est on mode d activitc.
Mais nous n’avons fait c|u'ébaucher à peine notre étude... Nous avons considéré la sensation comme n’agissant que dans son propre domaine, dans le centre instinctif. C’est là ce qui se produit chez une brute à face humaine, mais chez l’homme moyennement développé d'autres éléments d'action entrent en jeu.
Nous pouvons concevoir cet homme, nous l’avons vu. comme trois centres réflexes et passifs couronnés et enveloppés par un centre conscient et actif.
L’clre conscient a trois fonctions primordiales :
Il seul, il péri,-oit les images ou idées résultant de l'ébranlement ou du travail de chacun des centres de l’homme impulsif :
a" Il fait subir à ces idées un travail de digestion particulier, travail plus ou moins compliqué, suivant le développement psychique de l'être humain qui agit. On dit dan s ce cas que 1 homme jicnse ;
3 " Le résultat de ce travail psychique détermine l'action que l'homme conscient va exercer, soit sur l'être impulsif, soit au dehors, soit sur lui-même. C’est là la mise en action de /« volonté. La distinction de l’être conscient onces trois aspects, ce qui sent, ce qui pense et ce qui veut, ou la sensibilité, l’intelligence et la volonté, nous suffit pour donner une idée des aspects principaux sous lesquels se présente à 1 analyse l’unité fondamentale de la conscience.
Revenons maintenant à la sensation.
La sensation, une fois produite, peut ne mettre en action que le centre impulsif de 1 instinct, et nous avons vu ce qui arrivait.
Mais cette sensation peut aussi gagner le centre immédiatement supérieur et aller ébranler la sphère des sentiments. lise produit alors deux nouvelles actions :
i D Une action réflexe, impulsive, d’origine passionnelle, vers les organes d’expression, une émotion ;
a L ue action particulière sur 1 être Conscient, qui per-
çoit. non plus seulement une sensation avec ses caractères de plaisir ou de douleur, mais un sentiment, avec son caractère d’amour ou de haine.
Et là ne s’arrête pas l’action possible de la sensation, qui peut encore, après s’être transtormêe en sentiment, agir comme sentiment sur la sphère de l’intellect, qui so met alors en mouvement et produit encore :
i° Une action réflexe, impulsive, d’origine intellectuelle. vers les organes d’expression, un entrainement :
:î° Une action particulière sur l’être conscient, qui éprouve alors, non plus un sentiment, mais un assentiment avec son caractère de vérité ou d'erreur.
Ainsi, une sensation entrant dans l’organisme d’un homme dont tous les centres sont développés se manifeste à la conscience successivement comme plaisir ou douleur, amour ou haine, vérité ou erreur, et en même temps produit trois incitations réflexes, appétit, émotion ou entrainement, qui peuvent être positives ou négatives, c’est-à-dire passives ou actives.
L’être humain tout entier, d’après la source de la sensation, s’en rapprochera ou s’en éloignera suivant que la sensation est agréable (plaisir, amour, vérité) ou désagréable (douleur, haine, erreur). C’est là, ne l’oublions pas, le premier mouvement, que la volonté peut toujours modifier.
Ainsi, si chacun des centres conçu en lui-même se présente à nous sous son caractère d’impulsivité, l’être conscient, l’homme de volonté conçu en lui-même, se présente au contraire toujours sous son caractère de liberté.
Mais il est une fonction capitale exercée par l’être conscient sur chacun des trois centres impulsifs : c’est la fonction équilibrante, faute de laquelle les accidents psychiques les plus graves se produisent. Nous allons voir en quoi consiste cette fonction.
Vous avez vu dans les cirques les équilibrâtes ou danseurs de corde. Vous vous souvenez que les moins habiles de ces équilibristes sont pourvus d'une longue perche qu’ils tiennent horizontalement et qui facilite
singulièrement leurs exercices. Cette perche est un instrument purement passif qui n’a pour fonction que de faire contre-poids à la poussée qui pourrait entraîner l'équilibrisle hors de sa corde qui est le juste milieu dans lequel il doit se mouvoir.
L’être humain subit aussi dans son esprit une série de poussées qui pourraient le jeter hors du juste milieu sans un principe équilibrant. De quoi résulte tout équilibre ?
Du rapport harmonique entre deux extrêmes, rapport tel que. quand la tension d’un des extrêmes augmente, la tension de l’autre diminue proportionnellement à cette augmentation. Voilà pourquoi notre équilibriste. dès qu’il se sent poussé vers la droite, penche sa barre vers la gauche et rétablit ainsi l’équilibre.
Tout objet en équilibre suppose donc deux extrêmes et un terme moyen qui sert de pivot. Dans notre exemple l équilibriste est le pivot et les deux extrémités de la barre sont les deux autres termes.
Dans l’organisme humain, le corps et l’esprit sont les extrêmes et le principe intermédiaire (la vie. le médiateur plastique, le corps astral) constitue le pivot qui transforme l’ensemble en un organisme équilibré.
Or la santé physique comme la santé psychique dépendent de la persistance de cet équilibre. On a souvent comparé l’organisme humain par sa délicatesse à une montre, cl l’on a eu raison, car la moindre chose peut apporter dans cet organisme des troubles profonds.
Ce que nous appelons santé pour le corps physique est un équilibre, une résultante de plusieurs forces, nichât considérait la vie et la mort comme formant les deux pôle», et la santé résultait de l’équilibre de ces deux contraires. La maladie des cellules organiques et, par suite, celle del être humain tout entier, peuvent résulter, soit de 1 excès, soit du manque de principes nutritifs. Dans le premier cas il y a congestion, dans le second il y a anémie.
Les considérations précédentes nous ont conduit à admettre que tout était étroitement lié dans l’organisme
humain, et que tout centre devait être considère comme étant à la fois un centre de matière, un centre de force vitale, et un centre d’impulsion psychique. A la congestion et à l’anémie n’agissant que sur l’èlrc psychique correspondent des étals analogues agissant, soit sur l’ètre impulsif, soit sur l'être conscient. Autrement dit il y a des maladies du corps astral et de l’esprit tout comme il y a des maladies de l’Ame, et ces maladies sont causées, la plupart du temps, par une perte de 1 équilibre, soit en plus, soit en moins.
Or l’être inconscient agissant sur les trois centres impulsifs au moyen de la torce nerveuse détermine dans ces centres une tension spéciale qui agit comme une véritable force équilibrante.
C’est ainsi que, sous l'influence de cette réaction de la conscience, du moi véritable, le centre impulsif inférieur, l’instinct, devient le sens commun. Dans le centre impulsif moyen ou sentimental (vieanimique), rinlluence de l’être conscient produit ce merveilleux équilibre nommé raison. Enfin, dans le centre intellectuel, le moi manifeste la sagacité.
Encore une fois, ces trois étals, sens commun, raison, sagacité, sont la résultante d’un équilibre entre la sensibilité cl la conscience, et cet équilibre peut être rompu pour plusieurs raisons. De là divers états psychiques très curieux et très importants à connaître.
Pour nous rendre un compte à peu près exact de ces étals, il nous faut maintenant nous occuper des forces physiologiques en contact avec chacun de nos éléments psychiques.
L’action du monde extérieur sur l’esprit et la réaction de l’esprit sur le monde extérieur ne se font pas directement, pas plus que l’action du cocher sur sa voiture.
L’organe du sens ouvert sur le monde extérieur représente la matière fia voiture), l’esprit représente le cocher, mais entre les deux il y a une force physiologique fournie par le travail de la vie : c’est la force nerveuse ! analogue du cheval.
La force nerveuse est le lien qui réunit l’esprit au
corps matériel clans les actions comme dans les îeaclions. Celte force nerveuse n’est en somme, nousl avons vu. qu’une sublimation de la vie par des organes particuliers. L’esprit utilise cette force nerveuse comme le télégraphiste utilise l'électricité : c’est, en augmentant ou en diminuant sur un point la quantité de cette force que l’esprit meut ou arrête les organes qui lui sont soumis.
Or, dans cette action, la cellule nerveuse représente l'appareil télégraphique transmetteur, le nerf représente le fil télégraphique, et la plaque motrice du muscle strié représente l’appareil télégraphique récepteur. Voilà pour les faits de volonté.
Dans les fails de sensibilité, le contraire se produit : l’organe des sons est l'appareil transmetteur, le nerf sensitif le fil télégraphique, et la cellule nerveuse l’appareil récepteur. Mais qui viendra dire que l’appareil électrique fabrique les dépêches de toutes pièces sans télégraphiste? Cette opinion insoutenable, quand elle est aussi nettement présentée, est toutefois considérée comme un dogme par le matérialiste pour qui la cellule nerveuse est tout, absolument tout. Or, savez-vous le grand argument du matérialisme en faveur de ce système ? C’est que toute altération de la cellule nerveuse correspond à une altération psychique localisable.
Mais il nous semble que toute altération de l’appareil télégraphique se reproduit sur la dépêche, et cela ne veut pas toujours dire que le télégraphiste est un mythe.
Une mauvaise transmission de dépêche peut être * due à plusieurs causes :
i° L’absence du télégraphiste qui supprime toute transmission ;
2° Le dérangement des appareils, soit transmetteurs, soit récepteurs ;
3 ° La rupture du fil électrique transmetteur ;
4 ° La mauvaise régularisation dans l’apport de l’clectricite qui sert d’intermédiaire commun à tout.
Or les troubles psychiques peuvent être dus :
i Al absence momentanée de l’action de l’esprit conscient (sommeil par exemple);
(Voy. la figure p. 5i pour les détails).
THÉOBIE
2 * Au dérangement, soit delà cellule nerveuse, soit de l'organe des sens ou de la plaque motrice ;
3 ' A la rupture du nerf:
/i" A la mauvaise circulation ou à la production défectueuse du fluide nerveux.
Tout cela peut causer des pertes d'équilibre, tout cela peut causer des affections dites mentales plus ou moins longues ou plus ou moins graves. Mais de là à dire que cela infirme l’existence de l’âme, il y a une certaine distance.
Il est clair que sans appareil télégraphique (cellule nerveuse) l’esprit est comme un cocher sans cheval; sans électricité (force nerveuse), l'esprit est comme un cocher sans guides, et que dans ces deux cas il sera difficile de faire marcher. Mais qui viendra dire que cela prouve que le cocher n’existe pas i
La Fouce Mam.i sK.
Si jusqu à présent nous nous sommes occupé de l’action psychique des divers principes qui constituent l’être humain, on voit l’importance qu’acquièrent maintenant les forces physiologiques dans cette action.
La force nerveuse est donc l'outil indispensable dont le maniement permettra à l'esprit une action réellement efficace sur l’organisme et par suite sur le monde extérieur.
Nous connaissons, par une étude précédente, les diverses conditions auxquelles est soumise l’élaboration de cette force nerveuse par la machine organique : il nous reste à présent à voir l’usage que fait l’esprit de cet outil que lui fournit le corps.
Rappelons-nous que l’être humain comprend, outre ce corps physique, simple support, un autre principe chargé de tout animer et de tout mouvoir, le corps astral. Ce corps astral agit presque toujours d’après la loi des réflexes, c’est-à-dire que l’irritabilité organique
est la cause de presque tous les mouvements produits, y compris les mouvements dcl’êtro psychique impulsil.
Ainsi, quand l’estomac est excité par la présence des aliments, le ré lie xe nerveux organique entre en jeu et les glandes sécrètent le suc gastrique. Il en est exactement de meme pour les centres impulsifs. Dès qu’une excitation les atteint, ces centres entrent en action et donnent naissance aux idées qui se manifestent à l’esprit.
L’excitation de ces centres impulsifs peut être produite par la sensation. Mais qu’est-cc donc, au point de vue des forces organiques actionnées, qu'une sensation ?
Une sensation est un ébranlement vibratoire spécial, parti de l’organe des sens et transmis au centre psychique par le fluide nerveux. C’est sous l’influence de cette action du fluide nerveux que le centre psychique impulsif entre en action, et que l’idée peut prendre naissance.
Dans le cas qui nous occupe, l’ébranlement dû fluide nerveux est centripète, il vient du dehors pour gagner
Mais le centre psychique impulsif, mis en mouvement, va actionner à son tour le fluide nerveux qui le met en communication avec l’organe moteur, et un nouveau courant vibratoire. centrifuge cette fois, c’est-à-dire moteur, va prendre naissance.
Dans ces deux cas, c’est le meme fluide nerveux qui est utilisé (il n’y en a pas deux espèces dans l’organisme) et le sens du courant dépend uniquement de l’origine de l’impulsion vibratoire.
Or le centre psychique impulsil peut être mis en mouvement, soit par une excitation venue du monde extérieur, ainsi que nous venons de le voir, soit aussi par une excitation venue de l’esprit conscient.
Grâce à la provision de fluide nerveux que l’esprit a toujours à sa disposition dans l’état de veille, il peut exciter directement un centre psychique quelconque dans le sens qu’il juge préférable, et c’estainsi que l’esprit peut arrêter net un mouvement réflexe en agissant directement sur le centre producteur du réflexe.
Tlllionlli
L’être impulsif. dans ses trois modilicalions, est doue placé entre le corps physique et l'esprit, et il subit indifféremment l’impulsion de l'un ou de l’autre : il se contente d’obéir à l’impulsion lu plus forte. Voilà pourquoi l'homme qui perd peu à pou l’habitude d’actionner ses centres impulsifs par su volonté, habitue ces centres à subir uniquement l’action du monde extérieur et devient rapidement l’esclave de son corps physique au lieu d’en être le maître.
Rappelons-nous que la force nerveuse est le milieu vibratoire qui transmet toutes les impulsions, et nous pouvons maintenant nous rendre bien compte du mécanisme de l’action de 1 esprit sur le corps.
A l’étal normal les centres psychiques impulsifs sont maintenus par l’esprit dans un état de tension telle qu’ils ne peuvent agir à contre-sens. Mais, pour peu quel’esprit n’ait plus à sa disposition la quantité de force nerveuse nécessaire, cette tension diminue, et le centre psychique se met en mouvement d une laçon exagérée à la moindre excitation venue du dedans. Alors la sensation produite a sa cause dans l’organisme lui-même, et l’idée qui prend naissance ne correspond à rien d’objectil. C’est ce qu’on appelle une liallitcmaliun. L’origine de cette affection, qui peut avoir de très graves conséquences, n’est pas dans une maladie de l’esprit, car l’esprit étant d’essence divine ne saurait être malade, elle est dans l’insuffisance du moyen d’action mis au service de l’esprit, ce qui n’est pas du tout la même chose. Le danger des hallucinations, c est du conduire l’être humain à de laux jugements par l’absence de sens commun ou de raison. Voilà pourquoi l’anémie nerveuse est si dangereuse.
Mais cela n empêche pas l’esprit de pouvoir se représenter des sensations, des sentiments ou des assentiments qu il produit lui-même en agissant sur les centres impulsils. Dans ce cas l’esprit 11e saurait être trompé sur la cause réelle de ses impressions, car il a non seulement assez de lorce nerveuse pour maintenir partout 1 état de tension normale, mais il en a encore en ré-
serve pour pouvoir la dépenser par le moyen de sou imagination, qui est la faculté qu’a la volonté de se représenter des idées par le mouvement imprimé aux centres impulsifs et de les grouper à sa guise par l’exercice des facultés particulières de 1 esprit conscient. L’imagination est un luxe qui disparait rapidement à la moindre fatigue excessive, c’est-à-dire dès que le fluide nerveux n’est plus en quantité suffisante pour constituer une réserve au service de l’esprit.
Tout ce que nous venons de dire est difficile à comprendre et semblera peu clair à beaucoup de lecteurs. Nous sommes obligé, de par l’étroitesse de notre cadre, de faire des résumés de sciences qui demanderaient chacune au moins un gros volume. Mais l’étudiant sérieux qui voudra méditer les quelques données précédentes en y ajoutant la lecture du traité de psychologie de Fabre d’Olivet [Etat social de l'homme. i c ‘ vol., avantpropos) cl du Timée de Platon, en tirera, nous en sommes convaincu, de précieux enseignements.
Résumons ce que nous avons dit tout à l’heure : la clef de l’élude des phénomènes psychiques, et surtout de leur trouble, réside, non pas tant dans la connaissance des appareils organiques que dans celle du lluide nerveux et de son utilisation. C’est par le fluide nerveux seul que l’esprit humain possède la sensibilité et la volonté et peut les développer.
Essentiellement, l’esprit humain réside tout entier dans la faculté de penser. Sentir et commander à l’organisme sont des modalités nécessitées par sa présence dans le plan matériel.
Or toutes les preuves invoquées pour nier l’existence en l’homme d’un principe immortel tirent leur origine des troubles du lluide nerveux. C’est en confondant le télégraphiste avec les appareils télégraphiques et le lil avec l’électricité, que le matérialisme a énoncé des arguments qui ne peuvent résister à un examen quelque peu sérieux.
Après avoir lu le résumé qui précède, un philosophe ne manquera pas de dire : « Les voilà bien, ces occul-
tistes ! Après asoir invente le médiateur plastique pour unir l’Ame au corps, en voici un qui dote ce médiateur plastique de facultés psychiques et prétend ainsi résoudre facilement la plupart des problèmes posés. » Ce langage a été tenu à toute époque, et c’est un peu pour répondre d’avance à ce genre d'objections que nous avons essayé d’appuyer les enseignements de Fabre d’Olivet sur la physiologie et 1 anatomie. Mais les faits qu il nous faut maintenant décrire suffiront pour montrer avec quelle facilité l’être impulsif, mis en action en dehors de l’être conscient, peut donner naissance à certains phénomènes passablement gênants pour les néo-philosophes qui ne veulent pas se souvenir des enseignements... de Platon, qui défendait cette théorie des trois modalités de l’être impulsif qu'il appelait l’ùmc mortelle et qu’il distinguait avec soin de l’àme immortelle ou esprit conscient.
Le Sommeil .naturel
A l’état do veille, l'esprit dispose d'une certaine quantité de fluide nerveux, et suivant l’usage bon ou mauvais qu’il fait de son dépôt, il se rend homme de bon sens ou brute à lace humaine (centre instinctif), vertueux ou vicieux (centre aniiniquc), savant ou ignorant (cenlre intellectuel). Ce qu’on appelle « faire un travail personnel », « prendre une décision », ne demande en somme qu’un effort initial de la volonté au début de l’action. Après cet effort initial qui met le centre psychique en mouvement, la volonté n’a plus qu’à laisser tourner en guidant le mouvement comme le capitaine guide son navire par le gouvernail, c’est-à-dire par l’émission lente du fluide nerveux.
Quand la quantité de ce fluide nerveux diminue à la fin d une certaine période de travail, les relations de 1 esprit perdent peu à peu de leur intensité, et le fluide nerveux qui donnait la tension aux centres psychiques impulsifs se retire également de plus en plus.
C’est alors que les membres s’engourdissent, l’individu ri a plus la force de se tenir droit, ses yeux se ferment, scs organes des sens ne lonctiounent plus, et le sommeil naturel se produit.
Le sommeil est causé par la diminution progressive de la quantilé du fluide nerveux. De là la perte de la sensibilité extérieure eide la volition, puisqucles relations entre l’esprit conscient et l’organisme sont momentanément interrompues.
C’est pendant ce sommeil que le corps astral, facteur du corps physique, répare les pertes organiques des centres nerveux conscients, et produit une nouvelle quantité de force nerveuse.
Quand celte quantité de force nerveuse est assez grande, la communication entre l’esprit et l’organisme se rétablit, et le réveil a lieu jusqu’au prochain sommeil. Tout ce mécanisme a été fort bien décrit par Chardel dans sa Psychologie physiologique ( 1-825). et nous renvoyons le lecteur sur ce point à cet excellent travail.
Ce que nous disons pour l’esprit s’applique également aux mouvements impulsifs de l’être psychique, ce qui ramène à dire que le sommeil naturel est causé par la diminution du fluide nerveux dans l’organisme.
Nous verrons plus tard comment l’acool et le café permettent de remplacer temporairement le sommeil, mais avec danger d’uneréactionconsidérabledans la suite.
L’Ivresse
A l’état normal et chez l’homme sain, la tension de l’esprit sur les centres impulsifs est toujours égale à la tension de ceux-ci sur l’esprit. De la l’existence d’une sorte d’équilibre, les deux centres étant ainsi équilibrés l’un par l’autre. De là aussi la faculté pour l’être impulsif d’être mis très facilement en mouvement.
L’homme] qui se grise par un procédé quelconque donne à son'sang un dynamisme plus grand qu’à l'ordinaire. _Tous les organes sont excités et les centres
dans lesquels est condensée la réserve de force nerveuse comme les autres organes. — Aussi, au début de laclion, l’esprit semble-t-il plus alerte, l’imagination fonctionne plus que jamais, ayant a sa disposition un luxe considérable de fonde nerveux. C'est là la première phase, la phase excitante, de l’action de l’alcool sur l’économie.
A ce moment le surplus de force nerveuse se déverse dans le centre intellectuel et les idées se produisent plus nombreuses et plus vives que jamais. Mais ces bons effets sont de peu de durée. La tension nerveuse de l’être impulsil dépasse peu à peu celle de l’esprit conscient. Celui-ci essaye en vain d’arrêter les roues psychiques en mouvement, il s’aperçoit avec effroi qu’il n’en est plus capable, n’ayant pas assez de force nerveuse à sa disposition. Le cheval est emporté, et le cocher a beau tirer sur les guides, il ne lait qu’efforts inutiles. Le centre animal de l’homme a vaincu le centre raisonnable : le sens commun, la raison, la sagacité, tous ces résultats de l'action de l’esprit sur l’être impulsif, s’obscurcissent, puis disparaissent. L’être humain perd toute notion d’équilibre, y compris celle de l’équilibre physique, et s’il veut marcher il vacille et est à tout moment sur le point de tomber.
L’équilibre physique est rompu par surcharge de force nerveuse dans les centres impulsifs, et, à ce moment, une idée fixe, généralement absurde, peut devenir le mobile unique des actes de l’ivrogne, sur qui l’esprit n’a plus la moindre prise,
lelle est la seconde phase du phénomène, phase pendant laquelle tous les mauvais instincts, toutes les mauvaises passions réveillés peuvent conduire l’être humain à sa perte, car les réllexes sont tout-puissants et 1 homme impulsif conduit à ce -moment toute la machine humaine.
Si 1 action de 1 ivresse augmente d’intensité, toute
la force nerveuse dont disposait encore l’esprit conscient est absorbée, la faible tension que maintenait à grand’peine l’esprit dans l’organisme disparaît ; l’être s’écroule tout d’une masse, endormi, et si la séparation de l’esprit d’avec les centres organiques a été trop rapide ou trop complète, — mort.
C’est là la troisième phase du phénomène. Il y a déjà beaucoup d’analogie entre ces faits et ceux produits par la folie.
L’Hypnotisme. — La Suggestion
Nous avons vu que chacun des trois centres impulsifs pouvait être mis en action, soit par un ébranlement vibratoire nerveux venu de l’extérieur par les sens, soit par un ébranlement nerveux venu de l’intérieur par l’esprit et les cellules nerveuses cérébrales.
Or les différents procédés d’hypnotisation ' ont pour effet de détruire l’équilibre existant normalement entre l’être impulsif et l’être conscient, et, en agissant sur la force nerveuse, de séparer momantanément l’esprit de
Le but à atteindre consiste à exciter vivement l’être impulsif, de telle sorte que l’action de cet être impulsif prenne le dessus sur celle de l’être conscient.
On obtient ce résultat en produisant une sensation de très grande intensité (miroirs tournants du D r Luys, point brillant, coup de gong) qui imprime au centre impulsif un mouvement considérable. 11 se produit alors des phénomènes analogues à ceux dérivés de l’ivresse, et les relations entre l’esprit et l’organisme se rompent momentanément, ce qui cause un sommeil particulier. Que ce sommeil soit obtenu par un appareil mécanique ou par la suggestion, c’est toujours le même mécanisme, la suggestion auditive n’étant, en somme, qu’un coup de gong plus intelligent. Quand le sommeil est obtenu, l’être endormi est absolument passif et ses centres impulsifs sont tout prêts à recevoir un mouvement quelconque. C’est alors que l’opérateur intervient.
Il commande au sujet de faire telle action. L’être impulsif du sujet obéit à l'hypnotiseur comme il aurait obéi à la sensation du dehors ou h l'excitation de son propre esprit, et, par action reflexc, 1 acte commandé se trouve exécuté. A ce moment il ne reste dans le sujet que la partie impulsive de l’être humain, et nous savons que l'essence même de l’être impulsil c’est la neutralité absolue et l’obcissance machinale à la plus (orte excitation ressentie. Tel est le mécanisme de toutes les suggestions laites au sujet et exécutées pendant son sommeil. Dans ce cas. c’est l’esprit conscient de l'opérateur qui agit et qui peut obtenir toutes les actions possibles, y compris des actions sur les nerfs vaso-moteurs et sur là vie organique, car l'être impulsif a toute la vie organique sous sa dépendance. C’est ainsi que personnellement nous sommes parvenu à obtenir l'amelioration considérable des tumeurs vasculaires ou nœvi taches de vin congénitales) par simple suggestion, à l’hôpital de la Charité, où nous dirigeons le laboratoire d’hypnotisme du D' Luys depuis bientôt quatre ans. C’est ainsi également qu’on a pu obtenir par suggestion des stigmates et d’autres phénomènes analogues. On pourra juger de la simplicité de l’explication que nous présentons eu égard à la complexité de la plupart des explications présentées par les physiologistes qui veulent bien étudier ces faits.
Mais nous n'avons parlé que des suggestions à l’état de sommeil. Disons un mot des suggestions exécutées à I état de veille immédiatement, puis de suggestions à terme, c est-à-dire exécutables dans un temps plus ou moins long (une heure à un an).
Quand on a donné une suggestion et qu’on réveille le sujet, celui-ci prend immédiatement conscience de l’impulsion qu il ressent. L être impulsil agit de toutes ses lorces, mais l’être conscient est là qui veille. C’est alors que 1 éducation antérieure du sujet agit d’une façon capitale.
Si le sujet est un être instinctif, habitué à suivre passivement ses impulsions, une fille du peuple ou de la
campagne, elle obéit à l’impulsioh suggérée, un peu étonnée, mais en cherchant à expliquer son action aux assistants.
Mais si le sujet est un être volontaire, habitué K s’opposer à ses impulsions, la suggestion n’agira que si la volonté y acquiesce. Je me souviens d’avoir fait de vains efforts pendant une heure pour (aire voler, dans le laboratoire. le mouchoir d’un assistant par un sujet issu d'une classe sociale un peu élevée. La suggestion une fois donnée, le sujet se réveillait et sa volonté luttait de toute son action contre l’impulsion delà suggestion.
Dans d’autres cas le sujet s’évanouit, mais n’exécute pas la suggestion, c’est-à-dire qu’il brise le lien nerveux qui réunit l’esprit à l’organisme.
Enfin, le plus souvent, le sujet retombe en somnambulisme. se rendort, au moment précis d’exécuter la suggestion.
Mais on peut non-seulement mettre l'être impulsif en mouvement sur l’heure, on peut aussi lui commander un mouvement qu’il devra exécuter plus tard, à heure fixée, et l’expérience montre que le mouvement s’exécute exactement dans la plupart des cas.
C’est ici qu’apparaît de nouveau la merveilleuse puissance dynamique de l’idée. Quand nous donnons une suggeshon à terme, nous semons dans le centre impulsif la graine d’un être dynamique dont nous marquons la date de naissance par notre suggestion. Cet être dynamique devra agir du dedans au dehors : ce n’est donc pas une sensation, car le caractère primordial de la sensation est au contraire d’agir du dehors au dedans. C’est une idée revêtue de par notre volonté d’une puissance dynamique spéciale que nous enfouissons en germe dans l’être impulsif, et. au jour marqué, cette idée développera sa puissance d’action et mettra le centre psychique en mouvement.
Les occultistes et les magiciens donnent un nom particulier à ce genre d’êtres impulsifs créés pour un temps par la volonté humaine : ils appellent ces idées dynamiques des êtresélémentals. Nous verrons plus tard qu’il
y a plusieurs classes de ces êtres. Mais n’anticipons pas. Ce qu’il importe de bien retenir, c’est qu’un mouvement imprimé ainsi par une suggestion peut attendre un certain temps avant de se développer, et peut, lorsqu’il se développe, laire échec à la volonté si celle-ci n’est pas entraînée à briser les impulsions de l’organisme psychique.
Ces phénomènes de l’hypnotisme, soigneusement étudiés, conduisent donc à donner de nouvelles preuves en faveur de l’action de l’esprit conscient libre (libre arbitre), loin de détruire cette action. Mais il faut bien savoir cjue le libre arbitre n’existe pour l’homme qu’autant qu il prend l’habitude d’en laire usage et qu’un brave employé de bureau ou un excellent ivrogne sont bel et bien des êtres déterminés et très rarement des êtres vraiment libres.
Nous parlerons dans une autre partie des phénomènes du magnétisme et de la double vue, ainsi que des découvertes de M. le colonel de Rochas, qui permettent de rattacher l’ancien magnétisme au moderne hypnotisme qui n’en forme que le début.
Avant de terminer, signalons ce lait curieux que chacune des phases hypnotiques admises par l’école de Paris manifeste l’action d’un centre impulsif particulier. Ainsi la léthargie manifeste le centre tout physique des instincts, la catalepsie manifeste le centre animique des passions, et le somnambulisme manifeste le centre intellectuel. M. Charcot démontrant l’existence de trois âmes de Platon, n’est-ce pas un peu cruel pour M. Charcot?
La Folie
Tous les phénomènes que nous avons vus jusqu’à présent, le sommeil, l’ivresse, les états déterminés par I hypnotisme, ne sont au fond que l’évolution normale d une sérié de faits dérivés d une cause unique : la rupture de 1 équilibre entre l’être impulsif et l’être conscient. Nous allons voir qu’il en est de même de la folie.
Ce qui est dangereux dans les* actes organiques, ce sont les passages brusques d’un état à un autre, les secousses, soit physiques, soit psychiques.
La force nerveuse, étant identique pour tous les centres nerveux,ne peut se porter en un point qu’à condition d’en quitter un autre, et ce passage.pour être sans danger, doit être progressif.
C’est pour cela que l’idée (ixe de l’ivrogne, quoique dangereuse pour lui et pour les autres, sur le moment, 11e persiste plus après le passage de la crise : car h; mouvement excessif imprimé au centre intellectuel a été progressif et non instantané.
Mais si une vision effrayante.une nouvelle inattendue, une joie ou une peur subites viennent tout à coup mettre en mouvement d une manière excessive l’être impulsif, il peut arriver que le mouvement ainsi acquis prenne une telle importance que toute la force nerveuse qui relie l’organisation à l'esprit soit subitement absorbée, et alors l’être humain peut mourir ou devenir fou.
La folie est. une ivresse permanente. Dans la folie l’être impulsif a pris définitivement le dessus sur l’être conscient, et celui-ci, s’il reste vaguement en relation avec l’organisme, n’a plus aucune action sur les centres psychiques inférieurs. La conséquence du retrait de l influence de l’esprit dans les centres impulsifs, c’est la perte de la puissance équilibrante, la destruction du sens commun, de la raison, de la sagacité, le triomphe défifimtif des réflexes sur la conscience. Le genre de folie dépendra du centre impulsif qui l’emportera sur les autres. Si le centre intellectuel domine, la folie des grandeurs, l’idée fixe et persistante prendront naissance. Dans ce cas, le fou sera semblable à un sujet subissant une suggestion permanente telle qu’elle annihile toutes les autres impressions.
Si le centre animique l’emporte, nous verrons la lolie extatique avec tout son cortège prendrp naissance.
Enfin, si c’est le centre instinctif qui est touché de préférence, l’hypochondrie et la mélancolie prendront le dessus sur toutes les autres manifestations.
Notons que la séparation absolue est peu fréquente et que souvent le fou passe d'une période à l'autre, au hasard des mouvements imprimés à l’être impulsif.
Un lou est souvent un être à moitié sinon tout à fait mort. Swedenborg affirme cette conséquence et en tire de sombres conclusions au sujet du vampirisme, conclusions sur lesquelles nous reviendrons dans un autre ouvrage.
Nous pourrions multiplier les exemples à l’appui de cette théorie de l’être impulsif et de son indépendance possible: nous pourrions parler de l’évanouissement, des rêves et des songes, entrer dans de nouveaux détails au sujet des hallucinations, etc., etc., mais nous ne voulons faire ni un traité de psychologie, ni un traité de pathologie mentale. Le lecteur attentif et impartial sentira bien les conséquences très nombreuses qu’on peut tirer de cette théorie toute platonicienne et l’avenir montrera si Platon s’est trompé, si Pythagore a mal conçu l’être humain et si Fabre d’Olivet a mal exposé les opinions du célèbre mathématicien. Quoi qu’il en soit, l’ancienne magie explique tous ces laits par la même cause. Souhaitons aux contemporains de remplacer cette explication par une meilleure.
Essayons maintenant de résumer en quelques lignes la constitution de l’être humain d’après tout ce que nous avons dit jusqu’ici.
Platon concevait l’homme comme une tête à qui les dieux, ministres et serviteurs de Dieu, avaient ajouté des membres et un corps pour pouvoir se transporter. C est également l’idée que nous nous ferons de l’homme véritable si nous considérons le cerveau comme un instrument de réception et d'action.
Mais 1 homme, étranger par son essence au monde physique, ne pourrait entrer en rapport avec le plan
matériel sans une série d’intermédiaires. De là l’existence, au-dessous de l’homme véritable, d un centre psychique triplement différencié : 1 homme impulsif, chargé de transmet Ire au monde matériel les ordres de l’homme et de transmettre à I homme les impressions
du monde matériel, enfin de remplacer au besoin l’action de l’homme sur la nature, quand, dressé par l’habitude. l’homme impulsif agit automatiquement (actes réflexes,. Si l’être humain était constitué par des organes d’acier comme les machines que nous fabriquons, ces deux principes seraient bien suffisants. Mais il n’en est pas ainsi.
La partie materielle de l’être humain est composée de cellules qui se groupent pour former des organes, lesquels sc groupent à leur tour pour former des appareils. Or tout cela constitue la partie machinale de l’organisme humain,qui a trois buts principaux :
i° Comme les appareils organiques en action dans l’homme s’usent à tous moments, il faut réparer et refaire les cellules quant à leur substance : c’est là la fonction des principes albuminoïdes contenus à l’état de dissolution dans la partie liquide du sang qui circule en tous les points de l’organisme.
2 ° Mais il est nécessaire, pour que la machine humaine fonctionne bien, que non seulement scs organes constituants soit renouvelés et que les déchets soient expulsés, il faut encore que ces organes qui sont vivants soient continuellement animés, c’est-à-dire reçoivent une certaine quantité de force, de même qu’ils ont reçu la substance nécessaire à leur entretien. Aussi le sang contient-il des organes spéciaux appelés globules rouges ou hématies qui apportent sans cesse l’oxygène, origine du dynamisme organique.
Ainsi les deux premières fonctions de la machine humaine sont accomplies par le sang et n’ont pour but que d’entretenir cette machine elle-même.
3° Mais certains organes, dits nerveux, tirent du sang une nouvelle (orce : la force nerveuse, qui. répandue à son tour dans lorganisme et condensée dans des gan glions spéciaux, met tous les appareils en mouvement.
D’autre part, cette force relie directement l’esprit à 1 être impulsif et par suite à l organisme lui-même.
Si donc nous laissons de côté les fonctions toutes personnelles de la machine humaine pour ne nous occuper que des fonctions utiles à l’homme véritable, nous verrons qu en somme le but de cette machine humaine est de fabriquer la force^nerveuse qui reliera l’homme conscient a l’organisme par la sensibilité et la volonté.
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(latrodoctloo).
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Poar tri pot a U Je tarare:
Binui Di>u. Phjuoktgm.
U Crrae aa .
Lan. Ut Kmolitat état fHypaolitaie.
CHAPITRE III
LA NATURE
L’étude précédente sur l’homme est encore bien incomplète, mais elle suffit cependant pour montrer comment le magicien doit avoir une idée toute particulière des objets sur lesquels il porte son attention. Avant de revenir à l’être humain, qui constituera toujours le point de départ et le point d’arrivée de toute étude sérieuse de la magie, il nous laut nous occuper de la nature. De même que le mot l'homme renferme, nous l’avons vu, une série de principes divers, le mot la nature synthétise sous un terme général des entités différentes que l’analyse doit mettre au jour.
Ainsi, lorsque je suis assis sous un arbre au bord d’une route, tandis qu’un ruisseau coule à quelques pas, que les insectes allairés circulent dans les herbes, et que là-haut, dans le ciel, le soleil éclaire toute la scène de ses rayons, le mot nature résume pour moi toutes les impressions que je ressens. Ce caillou qui est là devant moi, l’arbre sous lequel je suis et les herbes qui m entourent, les insectes et les oiseaux que je vois, tout cela constitue la manifestation de la nature à travers ses trois règnes, minéral, végétal et animal.
Mais la terre sur laquelle tout s’appuie, l’eau qui rend la terre féconde et l’air que je respire et qui entretient ma
vie, de même que la chaleur, la lumière, l’clectririlé. modifications à divers degrés du fou subtil constituant le soleil, tout cela c’est encore la nature.
Enfin, lorsque la nuit viendra, toutes ces étoiles fixes, tous les astres errants et tous leurs satellites que je pourrai percevoir, si j’en ai le désir, sont encore un aspect de ce que nous appelons la nature.
En somme, la nature, telle que nous venons de la décrire, est constituée par l'ensemble de tout ce qui est visible autour de nous, et qui n’est pas nous hommes. De là le nom de non-moi que lui ont donné certains philosophes.
Mais concevoir la nature comme l'ensemble du monde visible et l’étudier sous ce rapport, c’est encore ne considérer l’homme que sous son aspect visible, extérieur : c’est s’exposer à prendre l’habit pour le moine. La nature est donc aussi autre chose que ce monde visible qui nous entoure, de même que l'homme réel est autre chose que ce corps que nous sommes habitués à confondre avec lui. Approfondissons un peu celle question.
La route au bord de laquelle je suis assis n’existerait certainement pas en cet étal si la volonté de l’homme ne s’était appliquée à modifier l’œuvre primordiale de la nature en cet endroit. Si même la route n’était pas régulièrement entretenue, c’est-à-dire si l’homme n’exerçait pas continuellement sa volonté en ce point, nous savons tous que peu à peu la nature reprendrait ses droits et que les herbes folles, les arbres et les insectes détruiraient bientôt l’œuvre de l’homme.
Les œuvres humaines ne se maintiennent qu’au prix d’une lutte de tous les instants avec celte force qui dirige l’évolution de tout ce qui vit en dehors de nous. Si la nature, considérée dans son aspect extérieur, nous est apparue comme l’ensemble du monde visible, considérée dans sa marche, la nature se présente à nous sous le nouvel aspect d’une force particulière d’un caractère fatidique qui préside à la marche de tous ces êtres et de tous ces mondes que nous avions admirés tout à l’heure.
Par rapport à l’homme, la nature représente la partie
THEORIE
i >1 ”;mi<|uo. machinale do l’être humain, et nous savons qu'un même principe diversement modifié préside aux deux grandes fonctions organiques : la nutrition d’une part, le mouvement de l’autre.
Celte force agit dans l’homme en dehors de la conscience. De là le nom A’inconscient que lui ont donné les philosophes, et de corps astral que lui donnent les magiciens. Nous verrons bientôt pourquoi.
Dans l’homme il existe des cellules de formes et de fonctions très differentes, et cependant c’est un même principe, le dynamisme du sang ou la vie, qui entretient dans toutes l’animation et qui, transformé en force nerveuse, préside à leurs mouvements.
Le médecin qui veut agir sur une cellule déterminée, quelle que soit sa situation, sait bien qu’en agissant sur le sang il arrivera sûrement à ses fins. Le seul danger à craindre en ce cas est que cette action sur la masse du sang ne se fasse sentir en même temps sur plusieurs centres cellulaires.
Or, dans la nature, tous les êtres vivants, quelles que soient leur forme et leur constitution, représentent des ‘ masses cellulaires équivalentes aux organes chez l'homme, et sont animés par un même principe qui circule dans la nature tout entière, comme le sang circule en tous les points de l’organisme humain.
Nous touchons là au point capital de l’étude de la nature dans ses rapports magiques : aussi faut-il redoubler d’attention, et, pour éviter autant que possible l’obscurité en ces matières, il nous faut partir du visible pour nous élever à 1 invisible qui nous intéresse particulièrement.
Si vous demandez à votre médecin qu'il vous fasse voir de la force vitale, il ne pourra pas x'ous satisfaire facilement. Cependant il pourra vous montrer du sang et vous faire remarquer que, si l’on empêche le sang d’arriver à un organe, l’organe ne tarde pas à mourir, ce qui indique que le sang contient la force qui fait vivre cet organe, la force vitale, que vous pouvez apprendre à connaître, mais que vous ne pouvez pas plus voir que vous ne
voyez 1 élasticité dont I utilisation (ail marcher votre monlre. On peut donc si* rendre compte do I existence de ces forces invisibles en étudiant les principes matériels qui servent de supports h ces lorces comme le sang sert de support h la force vitale ou le ressort de montre sert de support à 1 élasticité.
Or une autre remarque des plus importai)tesàpie nous devons faire avant d’aller plus loin, c’est que. tout étant analogue dans la nature, la fonction du globule du sang par rapport à une cellule organique est absolument identique à la fonction de l’air par rapport h l’homme tout entier. Le globule sanguin apporte en effet à la cellule de quoi respirer , et c’est de cette respiration locale que résulte l’entretien de la vie de la cellule, de même que notre planète fournit à l’homme l’air nécessaire à sa respiration, c'est-à-dire à l’entretien de la vie de cet homme tout entier. Par rapport à la cellule du sang, c’est de l’air atmosphérique : par rapport à l’homme tout entier, l’air atmosphérique c’est du sang, mais du sang de la terre, sur laquelle est placé l’être humain.
La différence essentielle est que la cellule est fixée en un point de l organisme et que le courant sanguin vient circuler autour d’elle, tandis que l’homme circule lui-même dans l’atmosphère qui le baigne de toutes parts.
Mais ce que nous avons dit pour l'homme s’applique à tous les êtres vivants sur terre, car un oiseau, un insecte et une plante, mis sous une cloche dans laquelle on enlève l’air en faisant le vide, ne tardent pas à mourir plus ou moins rapidement.
Voilà donc l’air atmosphérique qui représente pour nous le principe matériel qui supporte la vie terrestre. De même qu’on ne peut se rendre compte de l’existence de la force vitale qu’en étudiant l’action du sang, de même on ne peut se rendre compte de l’action delà vie sur les êtres terrestres qu’en étudiant l’action de l’air atmosphérique.
Mais vous allez me poser de suite cette objection et me
ilire : Au point do vue de la cellule de notre organisme, te sang est bien ce que l'air est au point de vue de l’homme tout entier, je veux bien l’admettre, mais ce sang qui vient baigner la cellule organique va lui-même renouveler ses forces en se mettant en contact avec l’air atmosphérique dans les poumons. Posons donc ce premier point :
Cellule
| dans
Sang l’organisme
| humain.
Air atmosphérique
Si je revois ce que vous m'avez dit, pour l’homme je retrouve :
Cellule = homme par rapport
Sang = air atmosphérique à
Air = î la terre.
Il me manque quelque chose: c’est ce qui agit par rapport à la terre sur l’atmosphère, comme l’air agit par rapport à l’homme sur le sang.
A cela je répondrai en vous remerciant, car nous touchons maintenant au but.
En effet, la cellule organique est baignée par le sang, l’homme est baigné par l’atmosphère, et il nous suffit de savoir dans quoi baigne la terre pour trouver le rapport qui nous manque.
Or la terre, comme toutes les planètes de notre système, baigne dans le fluide solaire qui est l’origine réelle de toutes les forces qui se manifestent en elle comme autour d’elle. Le fluide solaire est donc la substance qui supporte la force mystérieuse qui préside à la vie dans la nature tout entière, car, encore une fois, toutes ces choses visibles ne sont que des rapports des principes invisibles, et le fluide solaire n’est pas lui-même et matériellement parlant la vie universelle, pas plus que le sang n’est lui-même la force vitale.
Ainsi, si nous prenons ce terme sang comme base de nos définitions, nous dirons :
Le sang de l’homme, c’est le sang.
Le sang (le la vie terrestre, c’est l’air atmosphérique :
Le sang de la vie planétaire, c’est le fluide solaire, en nous rappelant bien que tous ces éléments : sang. air. fluide solaire, sont les transformations les uns des autres, et qu’en définitive l’origine de la vie universelle, quant à la base matérielle, c’est le fluide solaire.
C’est de la réaction de chacune des planètes de noire système sur ce fluide solaire que résulte l’atmosphère de chacune de ces planètes, et c’est de la réaction de chacun des êtres de la planète sur l’atmosphère locale ([ue résulte la vie propre de chacun de ces êtres.
Laissons là, pour l’instant, les autres planètes de notre système, et considérons seulement la terre, car c’est elle qui intéresse au plus haut degré l’étudiant en magie.
La terre, considérée sous le point de vue le plus extérieur. le plus sensible, se compose d’une carcasse minérale. c’est-à-dire formée par le règne minéral, qui supporte des fluides liquides (mers, fleuves, sources, lacs, etc., etc.) et gazeux (atmosphère). Sur celte hase évoluent les végétaux et les animaux formant les deux autres règnes, et le tout est réaclionné par des forces physicochimiques diverses. La terre ainsi constituée est isolée dans l’espace, où elle se meut suivant une certaine courbe.
Si nous n’allions pas plus loin dans notre élude, nous resterions dans les données élémentaires d’astronomie et nous suivrions les traces de nos contemporains qui ne cherchent partout que le côte vulgaire, le côté visible des choses, sans s’occuper du côté invisible, le seul qui nous soit réellement utile. Les constatations toutes physiques que nous venons de faire ne forment que le début de nos recherches. — Poursuivons.
Chacun des cires minéraux, végétaux ou animaux vivant sur terre, est l’analogue de chacune des cellules de l’homme ; l’air atmosphérique qui baigne tous ces êtres est l’analogue du sang, et les fluides solaires et astraux qui portent partout le mouvement sont analogues au fluide nerveux.
Cela nous permet déjà d’entrevoir une physiologie
T11E0IUE
de la terre, comme nous avons décrit rapidement son anatomie, et de penser que la terre pourrait bien être un organisme vivant tout comme chacun de nous.
Je sais bien que cette idée semble bizarre à un esprit contemporain, mais je répète que celui qui ne saura pas concevoir le jeu de la vie universelle dans cet organisme déjà colossal qui est une planète ne sera jamais un magicien. Ce sera un physicien émérite, un observateur do phénomènes et un analyste de premier ordre ; il aura la perception des forces physiques, mais il ne pourra jamais s’élever à la compréhension de la vie et des forces vivantes. — Continuons.
La terre doit être conçue par le magicien comme un organisme, c'est-à-dire comme une machine animée.
Cet organisme n’est pas fixé et n’attend pas que la force vitale vienne le trouver: c’est lui, au contraire, qui est en mouvement dans le lluide solaire, origine et support de la force vitale qui anime et meut la terre.
Pour éviter, autant que possible, l’obscurité inhérente à de tels objets, reportons-nous à l'organisme humain, qui doit être constitué analogiquement comme tous les autres organismes de la nature. Faisons plus et reportons-nous à l’un des segments de l’organisme humain (tète, poitrine ou ventre), car nous savons que les segments ne diflèrent entre eux que par leurs fonctions physiologiques ou psychiques, mais sont analogues quant à la loi générale qui préside à leur marche et à leur constitution. Prenons la poitrine comme exemple.
La poitrine est constituée par une foule de cellules de formes et de fonctions très différentes, analogues aux êtres animés qui peuplent la terré, La classification de ces cellules (anatomie générale) sera analogue à celle des êtres terrestres. Mais c’est là un point secondaire.
TIIEOHIE
ïoulcs ces cellules sonl baignées par un fluide réparateur, le sang, et tous les mouvements, ainsi que la direction de la nutrition de tout le système, sont réglés par le fluide nerveux. Ce fluide nerveux, ne l’oublions pas. est ( instrument dont sc sert l'inconscient pour agir sur l’organisme en agissant d abord sur la cellule nerveuse. Or, dans l’organisme humain, le lluidc nerveux d’un segment comme la poitrine émane de sources différentes : i" il v en a une certaine quantité en résc/wdans les plexus sympathiques ; a" mais celte réserve mémo est sans cesse modifiée par l’apport du nouveau lluide venu de la moelle antérieure.
l£u somme, si nous admettons qu’un principe intelligent. quoique non perçu par la conscience, dirige les échanges et les mouvements dont la poitrine est le siège, nous localiserons son action principale dans le renflement médullaire, véritable cerveau de la poitrine, et son action secondaire dans les plexus sympathiques.
A la poitrine elle-même se trouverait donc annexé un centre d’action particulier, le centre médullaire, qui sert d’intermédiaire entre le segment organique et le centre cérébral. — Revenons maintenant à la terre.
La terre possède, dans ses sphères particulières d’action, un organe qui lui est adjoint : la lune — son satellite. — Cherchons les rapports de ce satellite avec la planète au point de vue magique.
Les êtres terrestres correspondent aux cellules organiques de l’homme, l’atmosphère terrestre correspond au sang. Qu’est-cc qui correspond donc, pour la terre, au lluide nerveux de l'homme? Les émanations venues des astres qui entourent cette terre.
En première ligne nous placerons le fluide solaire, émanation dynamique du centre du système, strictement analogue à 1 émanation du centre cérébral danslhomme.
Mais, quand l’action du soleil et de son fluide n’est plus prépondérante sur un point de la terre, quand le phénomène de la nuit vient à se produire, l’émanation du centre du système est remplacée par celle du reflet de ce centre et le fluide lunaire entre en action.
La lune agit ainsi vis-à-vis de la terre comme le centre réflexe médullaire et sympathique vis-à-vis de la poitrine, et non plus comme le centre cérébral. Ce satellite est. pour la planète, un organe de condensation chargé de suppléer momentanément à la fonction du centre d’action. Aussi voyons-nous les satellites augmenter à mesure qu’on s’éloigne du soleil.
Ainsi le fluide lumineux que reçoit la terre est analogue au fluide nerveux chez l’homme et manifeste la meme action, c'est-à-dire qu’il préside à la marche et à l’entretien des organismes terrestres.
La marche de la vie sur la terre, comme celle de beaucoup de phénomènes physiques, sera donc étroitement lice à l’influx des astres ou influx astral, et si les phénomènes de la marée nous indiquent une action toute physique de ces astres, une observation plus sérieuse nous indiquera bien vite d'autres influences, non seulement physiques, mais encore physiologiques et psychiques.
Comme la position de la terre par rapport au soleil et celle delà lune par rapport à la terre varient à chaque instant, il existe des phases particulières pendant lesquelles l’influx astral subit des modifications en plus ou en moins. La connaissance de ces phases, qui s’appellent matin, midi, soir, nuit, quand on les rapporte au mouvement propre de la terre : premier quartier, pleine lune, dernier quartier, nouvelle lune, quand on les rapporte à la position de la lune vis-à-vis de la terre, et printemps, été, automne, hiver, quand on les rapporte à la position de la terre vis-à-vis du soleil, est capitale à connaître pour le magicien.
Mais si nous revenons un peu en arrière, et si nous nous rappelons que la terre avec son satellite ne représente en somme qu’un segment de l’être humain, nous remarquerons que nous avons bien parlé de la constitution de ce segment et même de l’action nerveuse du centre cérébral sur ce segment, mais que nous avons complètement laissé de côté les autres segments de cet être humain. Nous avons fait de même pour la nature.
TUÉOItlE
La poitrine et son centre médullaire, physiologiquement et psychologiquement, sont l’objet de certaines réactions de la part des autres segments de l’organisme : c’est là un point que nous avons assez mis au jour dans le chapitre précédent. Ces réactions sont moins fortes que celles dont nous venons de parler, mais elles n’en existent pas moins.
Or, dans la nature, il en est de meme. Le soleil est bien le centre de notre système, mais à ce centre se rattachent plusieurs segments ou planètes qui. non seulement subissent une action de ce soleil, mais encore agissent les unes sur les autres d’une certaine façon.
La terre n’échappe pas à cette règle, et dans l’étude de Y influx aslrul W faut tenir grand compte de l’action exercée sur cet influx par les dixerses planètes de notre système solaire. Aussi a-t-on donné un nom particulier à chacune des révolutions terrestres ou jour qui s’exécute pendant un quartier de la lune, et a-l-on consacré chacun de ces jours à une des sept planètes de l anciennc astrologie. De là les noms des jours de la semaine.
Ici nous sommes obligé d’ouvrir une parenthèse pour parler deces sept planètes et du choix de ce nombre. Les anciens, opérant sur des principes et non sur des phénomènes, s inquiétaient fort peu des localisations exactes de ces principes, il leur sufüsait d’en connaître l’action.
Ainsi les mots terre—eau—air — feu désignaient des principes et non des substances. De là les bourdes merveilleuses de nos contemporains qui ont voulu voir là ces substances elles-mêmes, et qui, par suite, n’ont plus rien compris du tout à la science de ces anciens. Nous divisons aujourd hui notre physique en : étude des solides, etude des liquides, étude des gaz, et étude des forces. Eh bien, cela correspond exactement à la division de l’ancienne physique en terre (solide), eau (liquide),
air (gaz) et feu (forces). Nous n'avons pu faire mieux tlans nos divisions que les Egyptiens n’ont fait, et pour cause. Mais cela n’a pas empêché nos chimistes, quand ils ont décomposé l’eau, de dire que les anciens étaient des naïfs et des enfants d’avoir considéré l’eau comme un élément simple. Il n’y avait qu’un léger défaut à cela, c’est que les anciens appelaient eau tout ce qui était liquide. L'eau régale était chimiquement différente de l’eau ordinaire, tout autantque Veau-Jorte ou Y eau-de-vie ,et pourtant toples ces substances étaient del'Evu puisqu’elles étaient liquides, de même que la magnésie s’appelait {erre absorbante, le phosphate de chaux (erre animale, le phosphate de fer pulvérulent terre bleue ,et l’acétate de mercure terreJoliée mercurielle. Presque toutes ces substances étaient soudes.
Un peu de bonne foi suffira pour comprendre la naïveté, non pas des anciens, mais bien des modernes. Il en est exactement de même pour les sept planètes.
La terre fait sept révolutions sur elle-même pendant ce que nous appelons un quartier de lune. Chacune des nouvelles positions de la terre par rapport à l’ensemble du ciel détermine un état particulier auquel on a donné le nom d'influence, le même que nous avons donné à l’électrisation dans certaines conditions analogues. Il y a donc sept influences particulières agissant successivement sur la terre et qui subissent elles-mêmes une certaine modification suivant les rapports du soleil et de la lune avec la terre, puisque l inlluence de ces astres est prépondérante, le premier étant le principe de la dynamique dans tout le système, et le second étant plus rapproché qu’aucun autre. On peut calculer pour chaque jour et même pour chaque heure ou chaque tiers d’heure de jour les inlluences astrales agissant sur la terre ; de là l’astrologie, aussi décriée des modernes que l’alchimie, et cependant M. Selva nous montre qu’un astronome instruit peut tirer de l’astrologie de très sérieuses connaissances sans sortir du domaine purement scientifique.
Les anciens ont donné à ces sept influences dont nous avons parlé le nom de sept planètes et ont calculé ces influences d’après la position de ces planètes à un
moment donné. Le eiel a clé divise en sept sphères roneentriqnes. el chacune des sept parties du ciel a été considérée présidant à un genre d’influence astrale. Maintenant, qu’une planète ou que 36 planètes semeuvent dans cette sphère, peu importe. L’influence se produira toujours et sera calculée sur l'astre prépondérant sur les autres, voilà tout. Mais y aurait-il 300 planètes se mouvant autour du soleil, que l’influence astrale dérivée du point de l’espace dans lequel se meuvent les planètes ne serait pas changée. Bien plus, si demain on venait à démontrer que le système de Copernic et de Newton est faux, et qu’ainsi que le veut Alcide Morin (treize nuits), ce que nous prenonspour d’autres mondes sous le nom d’étoiles fixes ne soit que la réflexion dans notre atmosphère des émanations lumineuses des pointes de montagnes terrestres ; que le soleil est une émanation électrique de la terre et en soi très rapproché, etc. : si toutes ces choses si absurdes en apparence venaient un jour à être enseignées officiellement, tout cela ne changerait pas un motà l’astrologie, basée sur des principes et non sur des localisations matérielles, toutcomme les quatre éléments dont nous avons parlé au début de celte déjà longue parenthèse.
Or la connaissance des éléments de l’astronomie et plus lard des principes élémentaires d’astrologie est absolument indispensable à connaître pour celui qui veut faire tant soit peu de magie pratique. Aussi devonsnous maintenant aborder celte question.
Mous pensons que le lecteur est assez au courant des enseignements de la science occulte pour savoir que tout ce qui se produit dans le moude visible est le résultat de 1 action du monde invisible sur la matière 1 .
' Voir pour tous les développements qu’on a pu aborder ici le Trailé méthodique de science occulte.
Dans l’organisme humain, quand un accident ou une maladie a détruit un certain nombre de cellules et que les centres sympathiques sont demeurés intacts, l inconscient répare les organes, et cela dans leurs formes primitives. L’étude histologique de la pneumonie an point de vue dos modifications de l'alvéole pulmonaire est typique comme preuve de cette assertion. De même, à l’état normal c’est encore cet inconscient qui préside aux échanges nutritifs et respiratoires dont chaque point de l’organisme est le siège.
L’école de Paracelse a donné à cet insconscicnllcnom de eorps astral. Nous verrons tout à l’heure pourquoi. Retenons simplement ceci, c’est que chez l'homme c’est le corps astral qui dirige toutes les manifestations de la vie organique, sans que la volonté ait rien à y voir.
L’outil employé par ce corps astral, c’est le fluide nerveux.
Or nous avons vu que la correspondance dans la nature du fluide nerveux de l’homme, c’était le fluide astral généralement lumineux, mais ce fluide astral n’est, tout comme le fluide nerveux, que Youtil employé par la nature dans son action.
Toutefois nous pouvons poser dès à présent les conclusions suivantes. Toute évolution des êtres terrestres se fera sous l’influence de 1 influx astral agissant par son fluide spécial, et la lenteur ou la rapidité de cette évolution dépendra de la quantité de fluide mise en action. Aussi, h l’équateur, la vie terrestre sera-t-elle bien plus active qu’aux pôles.
Il y aura donc des moments où une plante subissant une influence astrale particulière sera dans un état spécial. Cueillie à cet instant, elle aura des propriétés difl’é- rentes de celles qu elle avait habituellement ou tout au moins bien plus fortes. Là se borne toute la science des sorciers de village, chercheurs de « simples ».
L’évolution de tous les êtres terrestres est donc dirigée en dernier lieu par cette puissance particulière que nous avons appelée nature ou destin. Mais cette puissance agit sur les organismes par la lumière des astres ou lu-
mière astrale, quiestl interme'diaire universelle cheval) de la création. Chaque organisme individualise une portion de celte lumière astrale qui, condensc'e dans ses centres nerveux, devient le corps astral do cet organisme et évolue les formes matérielles dudit organisme. Or la qualité de cette lumière astrale dépendra de plusieurs causes, entre autres de la position de la terre dans l’espace au moment où l’individualisation de la lumière astrale s’est produite pour former le corps astral.
Le corps physique n’étant que la traduction matérielle pour nos sens de l’action du corps astral, on pourra, en étudiant les formes de cet organisme matériel, déterminer la qualité du corps astral qui a présidé à l’évolution de ces formes, et par là remonter à l’influence de l’astre qui dominait au moment de l’individualisation dudit corps astral. De là toutes les sciences de divination par l’inspection des (ormes. Chaque organisme est considéré par le magicien comme signé par un ou deux astres. Aussi a-t-on donné à ces sciences de divination le nom d 'élude <les signatures astrales.
Il suit de là que le corps astral de n’importe quel organisme. n’étant qu’une modification de la lumière astrale qui circule dans notre monde, reste toujours en relation avec cette lumière astrale qui entretient ses propriétés sous la direction de la nature, de même que le corps astral lui-même entretient les propriétés de l’organisme qu’il dirige.
Le profane, voulant agir sur un organisme, cherchera toujours à modifier le corps physique et sera dans l’obligation de lutter à chaque instant contre le corps astral, qui, suivantune route fatale, cherchera toujours à rétablir 1 équilibre détruit, tandis que le magicien agissant sur le corps astral modifiera le plan d’action et par suite le corps physique sans dépenser presque aucun efi’ort. 1 oute la différence entre 1 allopathie et l’homéopathie est là.
La nature,ou le destin, dirige d'onc la marche de tous les organismes terrestres dans les trois règnes, et, résultat digne dune très grande attention, l’organisme humain n échappé pas à cette loi en tant qu’organisme.
Le corps humain représente en effet le règne minéral par son ossature, le règne végétal par sa vie végétative dont le centre est dans l’abdomen, et le règne animal par sa vie animi(|ue dont le centre est dans la poitrine.
Nous savons qu une même loree. diversement modifiée, préside à toutes ces actions dans l'homme. Or
cette force n’est, en dernière analyse, que de la lumière astrale fixée parles fonctions organiques.
Aussi, si nous axions à représenter la situation de l’homme dans la nature, le ferions-nous ainsi.
La tête seule de l'homme, siège de l'âme immortelle, domine la nature.
L'organisme humain, au contraire, est entièrement soumis aux lois et à l’influence de cette nature, qui est elle-même le fameux « inconscient » de nos modernes phvsiologisles. L’homme ainsi conçu est bien le résumé
de la nature, le petit monde (microcosme), contenant en lui non seulement les trois règnes, mais de plus l'étincelle divine qui lui permettra d’agir d’égal à égal avec la
Que faut-il donc faire pour agir sur cette nature ? Si l'on a bien compris ce qui précède, on voit qu’il suffira d’agir consciemment sur son propre organisme ; car les forces en action dans l’organisme humain étant exactement les mêmes que celles qui agissent dans n’importe quel être terrestre, minéral ou animal, dès que la volonté, au moyen de son fluide nerveux, domine l’organisme et lui commande, elle agit de même sur la lumière astrale et par suite sur les forces de la nature. Là gît le secret de la magie dans toutes ses manifestations, depuis l’alchimie jusqu’à la théurgie.
Mais l’homme qui n’a pas dompté ses passions, qui est encore susceptible d’être mû, d’être ému. ou d’être entraîné sous l’influence réflexe de son organisme, celuilà appartient tout entier à la nature et est esclave de son corps : il n’a pas le droit de songer à lui commander et par suite de songera commander à n’importe quel autre organisme.
Toutes les paroles magiques du monde, tous les talismans, toutes les cérémonies, mis en usage par un tel homme, ne produiront que des effets nuis ou ridicules, car un cheval de sang n’a pas l’habitude de se laisser conduire par un enfant inexpérimenté.
Le fakir indou, qui, consciemment, produit la catalepsie de son organisme pendant un temps plus ou moins long, celui-là peut changer la forme d’un animal ou faire pousser rapidement une plante, car il agit sur le principe même des formes en agissant sur son propre corps astral. 1 elle est la seule voie licite des opérations magiques : Y entrainement.
Nous reviendrons, dans la seconde partie, sur ces questions. Parlons maintenant dés astres et des modifications qu ils font subir aux organismes terrestres.
NATUHE
Si les astres n’étaient doués d’aucun mouvement particulier. rinllucnce astrale serait on ne peut ])lus facile à déterminer. Mais il n’en est pas ainsi. De là certaines données que l’étudiant en magie, même le moins avance, doit posséder intégralement sous peine d’échouer dans la plupart de scs travaux.
Pour commencer, il faut se rendre bien compte de la différence capitale qui sépare l’action de la vie dans l’homme de cette action dans notre monde. Dans 1 homme, les centres générateurs du mouvement, les ganglions sympathiques,comme les autres centres nerveux, sont immobiles et fixés à des places différentes les unes des autres. Le caractère imprimé au lluide nerveux par ces centres dépend donc uniquement de la position de ces centres, et la cellule cérébrale donnera à ce lluide nerveux une action différente de celle que lui donnera la cellule nerveuse d’un ganglion sympathique présidant à la circulation du sang, dans le foie par exemple. Dans riiomine, les centres d’émission sont fixés et des conducteurs matériels unissent ces centres d’émission à l’organe qui va être impressionné. C’est ainsi que le bras est en relation avec le cerveau directement, puis avec la moelle grise (renflement thoracique) qui est ellemême en relation avec les autres centres médullaires. Le fluide nerveux émané de ces divers centres sc rend dans le bras, mais ces centres restent immobiles.
Supposez au contraire qu’à certains moments le renflement médullaire abdominal se mette en mouvement et vienne se placer en rapport avec le bras pour agir sur lui. qu’à d’autres moments ce soit le cerveau qui se meuve ainsi pour agir à son tour, et. vous aurez une idée de la physiologie de notre monde.
Là. en elï’et,ce sont les centres d’action, les astres, qui circulent et qui viennent se placer, à des périodes fixes,
de telle manière qu'ils influencent tout ce qui subit alors leur action. Pour nous, nous considérerons l’action de ces astres, véritables organes du inonde, au point de vue de la terre, et c’est d’après l’action de ces astres sur la terre que nous les étudierons.
Ainsi une cellule de l’organisme subit l’inlluence du sang qui est porté jusqu’à elle par dos canaux particuliers depuis la poitrine, puis l’inlluence du fluide nerveux qui est porté jusqu à elle par des nerls depuis la tête.
Par contre, un être terrestre, une plante par exemple, subit l'influence astrale quand l'astre qui se déplace luimême se trouve en rapport attractif avec cette plante. Dans la nature ce sont les centres qui se déplacent, tandis que dans l'homme c’est seulement leur émanation.
Cela est peut-être obscur ou difficile à saisir ; cependant c’est un point capital à retenir si l’on veut comprendre quelque chose à l’action des astres sur la terre.
Mais il ne suffit pas de savoir que les astres se meuvent, il faut encore savoir la route que ces astres parcourent, en nous plaçant, bien entendu, au point de vue exclusif de l’observation terrestre.
Nous allons décrire les choses telles qu’elles semblent se passer en les voyant de notre planète, supposant que notre lecteur connaît assez son astronomie pour comprendre que, quand nous dirons que le soleil marche, nous imiterons le professeur qui décrit le sensible avant de redresser par le raisonnement la première opinion fournie pas les sens.
Si donc vous prenez un jour la peine de regarder la route que semble suivre le soleil dans le ciel, voici à peu près ce que vous verrez, supposant que vous commenciez le 21 décembre et que vous connaissiez vos quatre points cardinaux.
Le soleil se lèvera à l’Orient, en A, et montera dans le ciel depuis le matin jusqu'à midi, où il atteindra le point M. A partir de cet instant le soleil rédescendra, et le soir il ira se coucher à l’Orient, au point B. Le soleil a ainsi décrit dans le ciel un demi-cercle A M B. et vous savez,
NÀTL’IUî
il est-ce pas. que (juaiul il se couche pour nous il se lève pour les habitants (le l'autre moitié de la terre, ce qui veut dire qu’il achève de décrire le cercle dont nous n avons vu que la moitié.
Mais si vous avez bien noté le point du ciel M où est aussi le soleil à midi le ai décembre, et que, quelques mois après. le 20 mars, vous recommenciez votre ob-
LA MARCHE IjI' SOLEIL
servation, vous constaterez que des changements se sont produits dans la marche de l’astre du jour. 11 se lèvera toujours dans la direction de l’Orient, mais en se rapprochant plus que la première lois du point astronomique exact E. Enfin il atteindra dans le ciel, k midi, un point M’ plus élevé que le point atteint la première fois. Le demi-cercle E M’ 0 est plus grand que le demi-cercle précédent, ce qui veut dire que le soleil restera plus
THEORIE
longtemps visible, et que. par suite, le jour sera plus long à cette époque qu’à l’époque précédente.
En notant ainsi, au moyen de plusieurs observations, la route du soleil dans le ciel, on voit que pendant six mois, du 21 décembreau 21 juin, le soleil s’élève déplus en plus à midi dans le ciel, et qu’à partir du 21 juin il revient au contraire sur sa route primitive en s’abaissant chaque jour à midi, ce qui diminue la longueur du jour jusqu’au 21 décembre, où il recommencera à remonter, et ainsi de suite.
La route apparente du soleil dans le ciel pendant l’espace qui sépare son retour au même point a été divisée en douze parties. Comme le soleil met une année (365 j. 1 /|) à l'aire cette route, chacune de ces divisions correspond à un douzième d’année ou un mois. On a donné à chacune de ces douze divisions dans le ciel un nom particulier, d’après les étoiles (ixesqui s'y trouvaient au moment de cette division. De là les douze signes du zodiaque.
En résume, le soleil semble décrire en une année un cercle autour de la terre, comme l’extrémité de l'aiguille des heures d’une montre décrit autour du milieu de cette montre un cercle en 12 heures. Chacune de ces heures marquées par le soleil dans le ciel a 3o jours, et voici quel est le nom de ces 12 maisons parcourues par le soleil en un an :
Le Bélier
Le Taureau
Avril
Les Gémeaux
Le Cancer
Juin
Le Lion
Juillet
La Vierge
Août
La Balance
Septembre
Le Scorpion
Octobre
Le Sagittaire
Novembre
Le Capricorne
Décembre
Le Verseau
Janvier
Les Poissons
Février
NATunK
Ainsi vous pourriez donner ces noms aux heures inurcjuées sur votre montre et donner le nom de soled a I extrémité do l aiguille des heures, et vous auriez la représentation exacte du zodiaque et de ses signes.
Mais je vous vois sourire malicieusement et me dire : Je possède un chronomètre qui a Iroisaiguilles. une pour Iesneures. une pour les minutes, une pour les secondes. Or il se trouve que mon aiguille des heures met hieu en elle! 12 heures, de midi à minuit, ou réciproquement.
pour faire le tour de mon cadran, c'est-à-dire (h 1 mon zodiaque : mais l’aiguille des minutes ne met qu une seule heure pour passer dans les 12 signes de ma montre. Gomment rapportez-vous cela au ciel J
Je répondrai à cette objection très facilement, car si le soleil, comparable à 1 aiguille des heures, met un an à faire le tour du ciel, il est un autre astre, la lune, qui 11e met qu’un mois à faire ce même tou?*, c’est-à-dire à passer dans tous les signes du zodiaque. Aussi la lune peut-elle être comparée strictement à l’aiguille des minutes. Vous voyez que le soleil et la lune sont les ai-
MAGIF. PRATIQUE
THÉOME
guilles ilo cet immense cadran qui est le ciel, si nous nous en louons aux apparences : voilà pourquoi les hommes onl divisé le temps d’après cette horloge céleste, voilà jiourquoi le magicien doit savoir regarder l’heure qu'il est dans la nature, s’il veut être habile dans son art.
Mais le ciel, arrondi comme un cadran, possède non pas une. ni deux, mais sept aiguilles, qui vont plus ou moins vite. INous en connaissons deux, le soleil et ta lune. Nommons les autres, ou plutôt nommons-lcs toutes en partant do la terre :
Nous avons d’abord la lune, notre satellite.
Puis le rapide Mercure.
La gracieuse Vénus.
Le majestueux Apollon, le soleil.
Le fougueux Mars.
Le placide Jupiter.
Enlin le sombre Saturne, le plus éloigné.
D’après le point de vue auquel nous nous sommes placé, ces astres semblent tourner autour de la terre et passer dans les maisons du zodiaque, chacun en une période déterminée. Ce sont les aiguilles d’une montre, mais dont l’une, la plus rapprochée, la lune, fait le tour du cadran en un mois, taudis que l’autre, la plus éloignée. Saturne, met do ans à accomplir la même course. Nous n’avons pas l’intention de faire un traité d’astronomie, pour cause. Aussi nous allons résumer tout ce que nous avons dit jusqu’ici.
Après avoir constate que le mot nature indiquait, de meme que le mot homme, un groupement particulier d êtres et de choses sous la direction d’un principe unique, nous avons été amené à établir certaines catégories en poursuivant notre analyse.
C’est ainsi que nous avons cônstaté que les trois régnés qui renferment les êtres terrestres doivent leur
entretien presque uniquement à la couche atmosphérique et aux forces physiques qui baignent tous ces êtres terrestres.
Mais une analyse plus profonde nous a conduit à voir, dans ce milieu dynamique qui entoure la terre, un simple effet de la réaction de cette terre sur les influences auxquelles elle est soumise de la part des autres astres faisant partie de notre système solaire d'un côté et de la part de son satellite, la lune, d’un autre côté.
Cela nous a conduit à décrire la constitution de notre monde pris comme type de la constitution de tous les
autres mondes dont l’ensemble compose 1*univers. Nous avons vu que, pour un observateur se liant uniquement à ses sens et négligeant momentanément les enseignements de l’astronomie, les astres de notre monde forment, avec leurs satellites, les organes d’un immense organisme qui est la nature ou le macrocosme. Ces organes sont tous en marche et semblent se mouvoir plus ou moins vite autour de la terre. C’est pendant cette course et suivant les points du ciel ou « maisons célestes » dans lesquelles se trouvent ces astres, suivant le moment où on les considère, que l'influence de ces astres sur la terre et les êtres qui la peuplent peut être déterminée.
L’analogie nous montrant que les autres mondes
T1IÉOBIE
doivent être constitués a très peu de chose près comme le nôtre, nous pouvons ctendre à la nature tout entière ce que nous disons concernant notre monde. Mais pour la magie l'étude des influences que subit la terre est seule indispensable à bien connaître.
Tel est le point où nous en sommes, si nous avons toutefois soin d’ajouter que nous avons été amenés à voir dans la lumière astrale l'analogue du fluide nerveux dans l’homme, en considérant chaque astre comme formant un appareil cosmique. Mous nous en tiendrons là, malgré qu'une analyse plus profonde nous conduirait h voir que les astres, étant cousidéxés comme des organes et non plus comme des appareils du macrocosme, la lumière visible deviendrait l’analogue du sang dans l’homme et que ce serait la force attractivequi agirait dans ce cas comme le lluide nerveux. Mais encore une fois nous pouvons, sans crainte de trop grosse erreur, nous en tenir aux considérations qui précèdent. Cela nous suffira amplement pour la suite de nos éludes.
Nous venons donc de faire ce qu’on pourrait appeler l’anatomie d’un cours de la nature : nous avons aussi parlé un peu de sa physiologie. Existe l-il une physiologie?
Voilà la grosse question, celle qui a valu de tous temps à la magie et aux magiciens les persécutions ou les sarcasmes (suivant l’époque) de tous les esprits dits « bien pensants «.
Quand nous avons décrit les astres et leurs émanations, c’est comme si nous avions parlé des centres nerveux et de leur action. Or nous savons bien que la lorce nerveuse est actionnée par une cellule particulière dans l’être humain, cellule nerveuse volontaire ou cellule spéciale d’un organe du sens, peu importe. 11 y a toujours une cellule à l’origine de tout mouvement du fluide nerveux, et, par suite, à l’origine de tous les mouvements de l’être humain, organique ou psychique. Mais, pour nous, cette cellule, quoique possédant son individualité particulière, n’est ençore qu’un outil, un moyen d’action, au pouvoir, soit de-l’âme quand celle-ci agit sur le monde extérieur, soit du monde extérieur
quand celui-ci agit sur l ame — c’est comme la touche du piano, qui est bien l’origine d’un son et d'un son particulier suivant la touche mise en action, mais qui ne peut se mettre en mouvement toute seule. «Toute cellule du corps humain est représentée dans la nature par un être », nous dit la Magie ; aussi nous faut-il maintenant parler de ces êtres en action dans la nature tout entière et agissant d’après les impulsions fatales du destin.
On peut dire que cette conception particulière de la nature a dès l’origine séparé les chercheurs en deux camps toujours opposés et quelquefois ennemis. Ceux qui s’en tiennent au côté physique, au monde visible, n’admettent pas le plus souvent d’autre réalité que celle perçue par leurs sens. Pour eux, ce sont les forces générées par la matière qui sont la cause de tout, d'après les lois du hasard (?) et de la probabilité (?). Aussi font-ils des gorges chaudes de tous ces rêveurs qui viennent parler de l’existence d’autre chose que de ce monde visible. Nous ne nous faisons aucun doute sur l’accueil réservé à une étude aussi stricte que possible sur la Magic, auprès de ce genre de critiques. Il suffit de relire, dans les dictionnaires laits par des gens bien pensants, la biographie de tous les occultistes à travers les Ages, pour être édifié sur ce point.
Mais ceux qui ont compris comment, dans l’homme comme dans la nature, la forme donnée à la matière est l’effet de l’action d’un principe invisible localisé, soit dans le centre nerveux, soit dans l’astre, et agissant, soit au moyen du fluide nerveux, soit au moyen du fluide astral, ceux-là sauront chercher avec nous l’intelligence qui préside à toutes ces formes et à tous mouvements.
Ne voir dans la nature que le côté physique, c’est s’en tenir au premier degré de l’étude, au degré physique, et n’étudier dans la nature que des forces transformant la matière, c’est déjà aborder le degré physiologique. Beaucoup s’arrêtent là — effrayés déjà — mais il faut avoir le courage d’aller jusqu’au bout dans l’étude et se rappeler que le psychique existe aussi bien clans la nature
qu’il existe clans l'homme; mais, en même temps, il faut prendre garde de séparer l’élude du psychique de celle du physiologique ou du physique, car alors on risque de devenir mystique, ce qui est un excès tout aussi dangereux que le panthéisme pur des chercheurs qui s'arrêtent au second degré ou le matérialisme étroit de ceux qui s’en tiennent au premier degré, — Ouvrez un ouvrage alchimique du XV" siècle ou une étude magique du XVP, vous trouverez toujours enseignée l’existence des trois plans connexes des faits, des lois et des principes désignes sous le nom des trois mondes.
Or s’il est vrai qu’un astre soit un organisme vivant, cet organisme, comme tout organisme possible, possède: i ° un principe directeur, origine de la cohésion générale : 2 ° des émanations do ce principe directeur localisées dans les principaux centres d'action.
On pourra nous objecter qu’un astre n’est pas un organisme et qu’en avançant une telle alfirmation nous commettons une hérésie scientifique. Comme nous n’écrivons pas en ce moment un traité à l’usage des candidats au baccalauréat, on nous permettra de dire ce qui nous semble devoir être enseigné aux étudiants en magie, et ce qui, nous ensommes persuadé, sera presque sûrement demandé aux bacheliers dans une trentaine d’années, ne serait-ce qu’à titre d’histoire des théories du XVI' siècle. Ces réserves établies, continuons notre exposé.
La nature conçue comme vivante doit aussi être conçue comme intelligente ; tel est l’enseignement qui se dégage de tout ce qui précède.
Ainsi 1 évolution d’un être quelconque sur la terre dépend de l’emploi des forces astrales, génératrices de cet être, par une intelligence.
Nos études contemporaines, basées sur le matérialisme, nous ont tellement habitué à ne voir dans l’univers qu un immense cadavre mu par des forces toutes physiques, que cette conception d’un univers peuplé d’intelligences agissant d’après les impulsions du destin nous semble pour le moins bizarre, tant elle démonte nos
préjugés. Les critiques polis sc tirent d’aflaire en disant qu elle est « poétique » : c’est pour eux la suprême injure qu’on puisse adressera un système philosophique.
Eh bien, le chercheur indépendant ne doit pas reculer devant un mot, et si la magic a toujours enseigné la théorie de l’univers — vivant et intelligent au lieu de la théorie de l’univers cadavre, — sachons avoir assez de courage pour conserver les intelligences en entier dans la nature, si la pratique que nous étudierons bientôt nous permet d’entrer en rapport avec ces intelligences.
Une masse matérielle quelconque, une pierre de taille par exemple, ne peut être mue qu’en agissant sur sa périphérie, en appliquant extérieurement à cette masse des forces physiques qui la mettent en mouvement. L’action est dans ce cas une action du dehors au dedans.
Un être vivant, au contraire, dès qu’il est assez évolué pour sc mouvoir, se meut en agissant sur sa périphérie par des forces qu’il possède intérieurement. L’action motivée est dans ce cas une action.xlu dedans au dehors et le travail est d’un tout autre genre.
Or les physiciens nous ont appris il ne voir dans les astres que d’énormes blocs matériels dont le mouvement ne peut être conçu que comme le résultat de l’application des forces physiques à la périphérie de l'astre.
Les magiciens enseignent au contraire que les astres se meuvent sous l’influence des forces agissant de l’intérieur à l’extérieur, et que l’action du noyau de chaque astre n’est en rien différente de l’action du noyau d’une cellule organique quelconque. L’avenir montrera qui est dans le vrai.
Pour l’instant, contentons-nous de constater celte différence capitale et poursuivons.
Ceux qui sont au courant de la science occulte savent que toute réalisation sur le plan physique est le produit de l’action du plan astral sur la matière. Dans l’organisme humain nous pouvons vérifier ces données. En effet, nous savons qu’une légère coupure, qui a détruit un peu de peau et aussi quelques-unes de ces petites
TiiEoniE
li"lies on spirales si linos qu’on trouve au bout des doigts, est réparée en quelques jours et de telle façon, i[ue tout a été refait dans sa (orme primitive, y compris les lignes en spirales. La physiologie nous enseigne que ce sont les cellules nerveuses du ganglion sympathique les plus proches qui ont présidé à cette action. Nous savons aussi que si la blessure est assez profonde pour intéresser les filets nerveux ou le ganglion lui-même, celui-ci 11e peut plus reconstruire les formes primitives et une cicatrice persistante se produit. La mémoire des Iprmes à construire est donc localisée en quelque sorte dans les cellules nerveuses de ce ganglion qui ont pour mission d'entretenir et de conserver ces formes. Chaque point de l'organisme humain possède ainsi de petits centres chargés de veiller à la conservation d’un certain nombre de cellules, et ces centres jouissent d’une sorte d’autonomie dans leur action, puisque, lorsqu’ils sont détruits, le centre général ne peut rien pour remplacer leur action.
Ce que nous voyons dans l'homme nous pouvons le retrouver dans la nature.
La forme des êtres terrestres qui se perpétue par la génération est aussi le résultat de l’action constante du plan actuel et des êtres qui le peuplent sur la matière. Les sujets en état de vision lucide chez lesquels les barrières de la matière sont enlevées voient parfaitement ce monde des intelligences agissant sur la matière, monde qui est aussi fermé il nos sens physiques que la vue d’une cellule mise en action dans l’homme est impossible à celui qui s’en tient uniquement aux renseignements que lui fournissent lesdits sens physiques.
C est en agissant sur ces intelligences qu’on peut faire évoluer rapidement les formes ; mais pour modifier les résultats normalement produits par la nature, d’autres actions sont nécessaires qui sont presque impossibles à produire par un être humain. Un fakir pourra bien taire pousser une plante en deux heures ; mais il lui sera presque impossible de faire produire une poire à une vigne, car cela serait surnaturel, et le surnaturel ne saurait exister plus que les miracles.
On peut donc agir sur la nature de trois façons.
i° Physiquement, en modifiant la constitution d’un être ou d’un coin quelconque de la nature par l’application extérieure des forces physiques utilisées par le travail de l'homme. L’agriculture dans toutes ses divisions, l’industrie dans toutes scs transformations rentrent dans ce cadre d action.
:».° Physiologiquement ou cislralement, en modifiant la constitution d’un être par l’application de certains principes et de certaines forces, non plus à la constitution extérieure, mais bien aux fluides qui circulent dans cet être. La médecine dans toutes ses branches rentre dans ce cadre d’action, en ajoutant toutefois que la magie admet qu’on peut agir sur les fluides astraux en action dans la nature, comme on agit sur ceux qui actionnent l’être humain.
3 * Psychiquement, en agissant directement, non plus sur les lluides. mais sur les principes qui mettent ces fluides en mouvement.
Telle est la théorie magique concernant la nature. Dans la seconde partie nous en verrons l’application.
Tachons maintenant de bien mettre au jour la position de l'homme dans la nature.
L’homme véritable, ayant ses organes d action dans la tête, domine la nature et peut agir d’égal h égal avec elle, dans certaines conditions.
Par son organisme, l’homme est plongé au centre même des forces de la nature, et c’est en agissant d’abord sur son organisme que l’homme pourra avoir une action quelconque sur lés forces naturelles.
La nature est double : physique et astrale; mais l’astral se polarise en deux modalités : physiologique et psychique, ce qui fait qu’on peut considérer la nature comme triple en dernière analyse.
Par la marche et par le geste (jambes et bras) l’homme agit surtout sur la nature physique ; par le verbe et le regard sur la nature astrale. Nous saurons bientôt l’importance de ces considérations en magie.
Retenons bien toutefois que ce sont les forces mêmes
de la nature qui circulent dans l’organisme humain et qu’en définitive cet organisme n’est qu’un être terrestre, un animal, mis par la nature au service de l’esprit immortel. de l'homme véritable. La clef de toute action magique consciente est là.
Je suis assis sous un arbre, au bord d’une route, tandis qu’un ruisseau coule à quelques pas, que les insectes affairés circulent dans les herbes, et que là-haut, dans le ciel, le soleil éclaire toute la scène de ses rayons.
Toutes les impressions que je ressens en ce moment viennent de la nature physique, du monde des formes manifestées. Mais j’ai appris que ces formes n’étaient que le vêtement que revêt chaque parcelle de la force conservatrice de l’univers, et je sais que dans le caillou qui est là devant moi comme dans l’arbre sous lequel je suis et dans les herbes qui m’entourent, comme aussi dans les insectes et les oiseaux que je vois, une même force circule qui entretient partout la vie sous l’impulsion du principe conservateur de l’univers, de la nature. Cette force qui circule en moi et qui préside aussi à l’élaboration de la sève dans cet arbre, c'est la vie; la vie, source des illusions d’ici-bas dont le ressort secret est l’amour et qui unit tous les êtres créés par la chaîne subtile des correspondances. Alors que tous les êtres terrestres semblent étrangers les uns aux autres par leurs formes, celui qui possède la science des correspondances, c’est-à-dire la science de l’amour, saura toujours trouver le lien vital qui unit en un seul tout la création tout entière.
Mais la terre sur laquelle tout s’appuie, l’eau qui rend la terre féconde et 1 air que je respire et qui entretient ma vie, de même que la chaleur, la lumière, l’électricité. modifications à divers degrés du feu subtil constituant le soleil, tout cela vient aider la vie dans ses manifes-
tâtions. Et nous dirons plus encore, tout cela constitue les sources diverses grâce auxquelles la vie qui circule dans les êtres terrestres vient sans cesse s’épurer, se transformer et se renouveler.
Lorsque la nuit viendra, toutes ces étoiles fixes, tous les astres errants et tous leurs satellites que la science me permet de percevoir viendront m’enseigner comment la terre n’est qu’une des cellules de cet organisme géant dénommé l’univers.
Et c’est alors que je pourrai comprendre comment la diffusion de la force animatrice est réglée dans l’univers par le mouvement des astres ; c’est alors que je verrai, de la terre où je me trouve, apparaître dans le ciel le majestueux cadran zodiacal, sur lequel le soleil, la lune et les planètes de notre monde marquent, en traits de feu. 1 heure de la Nature.
C’est alors seulement que j’apprendrai les modifications apportées dans la vie universelle par les différentes heures du ciel, et U ce moment, sublimée par la prière, ma volonté mettra la parcelle vitale qui anime mon organisme en communion d’amour avec la Nature vivante, principe conservateur des formes d’ici-bas.
Je saisirai l’Unité première en action dans 1 infinie diversité, et, tout vibrant d’enthousiasme, mon esprit libéré percevra, comme en un songe, la réintégration future de l’étincelle divine qui le constitue dans l’éclatante majesté de l’éternelle divinité.
Dans l’ordre invisible comme dans le visible, rien ne se perd, et la substance première d’un astre quelconque garde imprimés en elle, dans sa lumière secrète, jusqu’au mouvement d’une volonté, jusqu’à la radiation d’une passion, jusqu’à l’image d'une pensée.
(Saint-Yves u’Alveydre. — Lumière d'Orienl).
Pour la Science occulte :
Parus . Traité méthodique de Science occulte.
(La Doctrine).
La science des Mages (chap. II). Saint-Yves d'Alveydre. Mission des Juifs (chap. IV).
Pour l'Astrologie :
Auger Fervier. . , K .... Jugements astronomiques sur les nativités
Selya . Traité d'astrologie.
Pour les Eléments :
Poisson. . . Théories et symboles des Alchimistes.
Pour l Astronomie :
Camille Flammarion .. Qu'est-ce que le Ciel ?
P on du Bureau des Longit. La connaissance des Temps.
CHAPITRE IV
L'ARCHET* PE
La magie, considérée comme une science d’application, borne presque uniquement son action au développement des rapports qui existent entre l’homme et la
L’étude des relations qui existent entre l'homme et le plan supérieur, le plan divin, dans toutes scs modalités, se rapporte bien plus à la théurgie qu’à la magic.
Comme le présent traité est un ouvrage élémentaire de magic et non une étude de la théurgie, étude qui demanderait des développements considérables, nous ne nous appesantirons pas à décrire les intelligences de diilcrents ordres en action dans le monde divin, intelligences formées en grande partie par la réintégration partielle, en mode d’androgynat, des entités humaines évoluées, suivant la Kabbale. Nous nous contenterons de reproduire ici le résumé que nous avons donné dans « la Science des Mages » sur l’Archétype et l’Unité.
Lorsque nous voulons nous figurer l'homme» c’est toujours l’image de son corps physique qui se présente lapremièrc à notre esprit.
Et cependant, un peu de réllcxion suffit pour nous faire comprendre que ce corps physique ne fait que supporter et manifester l’homme véritable, l’esprit qui le gouverne.
On peul enlever des millions de cellules de ce corps physique en coupant un membre, sans que pour cela l’unité île la conscience subisse la moindre atteinte. L'homme intellectuel qui est en nous est indépendant en lui-même des organes, qui ne sont que des supports et des moyens de communication.
11 n en est pas moins vrai cependant que. pour nous, dans notre état actuel, ces organes physiques sont des plus utiles, sont même indispensables pour nous permettre de remonter à l’action de l’esprit et de la comprendre. Sans celte base toute physique, nos déductions prendront le caractère vague et mystique des données exclusivement métaphysiques.
Mais une analxse toute superlicielle peut seule nous conduire à confondre 1 homme intellectuel avec l’homme organique, ou à rendre la volonté entièrement solidaire de la marche des organes.
Or, quand il s’agit de traiter la question de Dieu, on tombe la plupart du temps dans un des excès que nous venons de signaler à propos de 1 homme.
L’ensemble des êtres et des choses existants supporte et manifeste la divinité comme le corps physique de l’homme supporte et manifeste l’esprit.
Vouloir traiter de Dieu sans s’appuyer sur toutes ces manifestations physiques, c est risquer de se perdre dans les nuages de la métaphysique, c’est demeurer incompréhensible pour la plupart des intelligences. C’est donc en nous appuyant sur la constitution de l’homme, d’une part, et sur celle de linuxers. de l’autre, que nous allons nous ellorcer de nous faire une idée de Dieu.
Dans l’homme, nous axons vu un être physique, ou plutôt organique, fonctionnant d’une façon machinale aussi bien durant la veille que pendant le sommeil. Audessus de cet être organique nous en avons déterminé un autre, 1 être intellectuel, entrant en action dès le réveil et se manilestant presque exclusivement pendant l’état de veille.
La partie organique de l’être humain répond à l’idée que nous nous sommes faite de la nature. C’est la même
DIEU
loi fatale et régulière qui dirige la marche de 1 homme organique comme celle de l'univers, ce dernier étant forme d’organes cosmiques au lieu d’être formé d’organes humains.
L'être intellectuel dans 1 homme répondra, par suite, mais d’une façon très élémentaire, à l’idée que nous pouvons nous faire de Dieu. Les rapports de l’homme physique à l’homme intellectuel nous éclaireront sur les rapports de la nature et de Dieu, comme les rapports entre l’ètre physique et l’esprit, dans l’homme, peuvent nous éclairer analogiquement sur les rapports de l'homme avec Dieu.
Par là nous pouvons dès maintenant poser en principe que, si notre analogie est vraie, Dieu, quoique manifesté par l'Humanité et par la Nature, quoique agissant sur ces deux grands principes cosmiques, a cependant une existence propre et indépendante.
Mais l’unité première ainsi conçue n’a pas plus à intervenir dans la marche des lois naturelles que l’esprit conscient de l’homme n’intervient, à l’état normal, dans la marche du cœur et dans celle du foie.
L’homme est le seul créateur et le seul juge de sa destinée ; il est libre d’agir à sa guise dans le cercle de sa fatalité, autant qu’un voyageur peut, dans un train ou dans un steamer, agir comme il lui plaît dans sa cabine ou dans son compartiment. Dieu ne peut pas plus être rendu complice des fautes humaines que le chef du train ou le capitaine du steamer ne sont responsables des fantaisies des voyageurs qu’ils conduisent en avant.
Il faut donc, afin d’éviter toute erreur dans la suite, bien distinguer que Dieu, tel qu’il apparaît au premier abord, est l’ensemble de tout ce qui existe, de meme que l’homme est l’ensemble do tous les organes et de toutes les facultés qui apparaissent en premier lieu.
Mais l’homme véritable, l’esprit, est distinct du corps physique, du corps astral et de l’ètre psychique, qu’il perçoit et qu’il domine. De même Dieu-Unité est distinct de la nature et de l’humanité qu’il perçoit et qu’il
THÉOIUX
domine. A parler d une laçon grossière, la nalure est le corps de Dieu, et l'humanité est la vie de Dieu, mais autant que le corps matériel est le corps de l’homme et le corps astral et l’être psychique sont les principes vitaux de l'homme ; il s’agit là de l’homme organique et non de l’homme esprit, qui, encore une fois, 11’use de ces principes que comme moyen de manifestation*.
11 n’en est pas moins vrai cependant que l’esprit de l’homme est en relation par le sens interne avec la moindre parcelle de son organisme, parcelle sur laquelle il ne peut agir, mais qui, elle, peut se manifestera l’esprit par la souffrance. De même. Dieu est présent mé- diatement ou immédiatement dans la moindre parcelle de la création, il est en chacun de nous connue la conscience humaine est présente à titre de réceptrice ou de motrice consciente dans chacune de nos cellules corporelles.
La nature et l’homme agissent donc librement, entourés de toutes parts par l'action divine circonférentielle, qui entraîne l’univers vers le progrès, sans intervenir despotiquement dans les lois naturelles ou dans les actions humaines. Ainsi le capitaine du steamer qui agit sur le gouvernail de son navire vogue vers le but du voyage sans intervenir dans le détail de la machinerie motrice (image de la nature) ou dans les occupations des passagers. Le capitaine gouverne circonlérentiellexnent le système général ; il n’a que faire de ce qui se passe à l’intérieur des cabines.
En Kabbale, on appelle Père le principe divin qui agit sur la marche générale de l’univers (action sur la barre),
1 D’abord Dieu n’existe qu’en puissance dans l'unité ineffable : c’est la première personne de la Trinité ou Dieu le Père ; puis il se révèle à lui-même cl se crée tout un monde intelligible ; il s’oppose comme la pensée, comme la raison universelle : c’est la seconde personne de la Trinité, ou Dieu le Fils ; enfin, il agit et il produit, sa volonté s’exerce et sa pensée se réalise hors de lui : c’est la troisième personne de la Trinité ou l’Esprit. Dieu, passant éternellement par ces trois états, nous offre l'image d'un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part.
(Philosoph. mor. seel. I, liv. Il, ch. îv.) '
IV. Flldd (xvi* siècle).
ni k u
Eils le principe en action dans 1 humanité, et Saiut- Esprit le principe en action dans la nature. Ces termes mystiques indiquent les diverses applications de la force créatrice universelle.
L Unitk
L'Univers, conçu comme un tout animé.est composé de trois principes qui sont: la Nature. 1 Homme et Dieu, ou, pour employer le langage des hcrmétistes, le Macrocosme, le Microcosme et l'Archétype 1 * 3 .
L’homme est appelé microcosme,ou petit monde.parce qu’il contient analogiquement en lui les lois qui régissent 1* univers*.
La nature forme le point d’appui et le centre de manifestation générale des autres principes.
L'homme agissant sur la nature par l’action. sur les autres hommes par le verbe, et s’élevant jusqu’à Dieu par la prière et l’extase, constitue le lien qui unit la création au Créateur.
Dieu, enveloppant de son action providentielle les domaines dans lesquels agissent librement les autres principes, domine l’univers, dont il ramène tous les éléments à 1 unité de direction et d’action.
Dieu se manifeste dans l’univers par l’action de la Providence qui vient éclairer l’homme dans sa marche, mais qui ne peut s’opposer dynamiquement à l’ell’et des deux autres forces primordiales 1 .
1 U y a trois mondes, le inonde archétype, le macrocosme et le microcosme. c’est-à-dire Dieu, la nature et 1 homme.
H. I-’lldu( xvi e siècle).
L'homme forme à lui seul tout un monde,appelé le microcosme parce qu’il offre en abrégé toutes les parties de l’univers. Ainsi la tète répond à l’cmpyrée, la poitrine au ciel étheré ou moyen, le ventre à la région élémentaire. H. l’r.too (xvi* siècle).
3 C’est la nature qui préside à notre naissance, qui nous donne un père, une mère, des frères, des sœurs, des relations de parenté, une position sur la terre, un état dans la société ; tout cela ne dépend pas de nous, tout cela pour le vulgaire est l’ouvrage du hasard; mais pour le philosophe phythagoricicn, ce sont les conséquences d’un ordre antérieur, sévère, irrésistible, appelé fortune ou nécessité.
Pythagore opposait à cette nature contrainte une nature libre qui, agissant sur les choses forcées comme sur une matière brute, les modifie
TiiÉoniii
L'homme se manifeste dans l’univers par l’action de la volonté, qui lui permet de lutter contre le Destin et d’en faire le serviteur de ses conceptions. Dans l’applicalion de scs voûtions au monde extérieur, l’homme a toute liberté de (aire appel aux lumières delà Providence ou d’en mépriser l’action.
La nature se manifeste dans l'univers par l’action du Destin, qui perpétue d’une manière immuable et dans un ordre strictement déterminé les types fondamentaux qui constituent sa hase d'action.
Les fuils sont du domaine de la nature, les lois du domaine de l’homme, les principes du domaine de Dieu.
Dieu ne crée jamais qu'en principe. La nature développe les principes créés pour constituer les faits, et l'homme, établissant, par l’emploi que fait sa volonté des facultés qu’il possède, les relations qui unissent les faits aux principes, transforme cl perfectionne ces faits parla création des lois.
Mais un fait, quelque simple qu’il soit, n’est jamais que la traduction par la nature d’un principe émané de Dieu, et l’homme peut toujours rétablir le lien qui relie le lait visible au principe invisible, et cela par l'énonciation d’une loi ( fondement de la méthode analogique).
Un steamer est lancé sur l’immense Océan et vogue vers le but assigné pour le terme du voyage.
Tout ce que contient le steamer est emporté en avant.
Et cependant chacun est libre d'organiser sa cabine comme il lui plaît. Chacun est libre de monter sur le
cl en tire il son gré des résultats bons ou mauvais. Cette seconde nalureélait appelée puissance ou volonté : c'est clic qui règle la vie de l'homme et qui dirige sa conduite d'après les éléments que la première lui fournit.
La nécessité et la puissance, voilà, selon Pythagore, les deux mobiles opposés du monde sublunaire où l'homme est relégué; les deux mobiles tirent leur force d'une cause supérieure que les anciens nommaient A’é- mésis, le décret fondamental, et que nous nommons Providence.
Fabius i/Ouvet (Vers dbrés, 5 e examen, iSaôj.
DIEU
pont contempler l’infini ou de descendre à fond de cale. Le progrès en avant s’effectue chaque jour pour la masse totale, mais chaque individualité est libre d’agir h sa guise dans le cercle d’action qui lui est dévolu en partage.
Toutes les classes sociales sont là, sur ce navire, depuis le pauvre émigrant qui couche tout habillé dans un sac, jusqu’au riche Yankee qui occupe une bonne cabine.
Et la vitesse est la même pour tous, riches, pauvres, grands et petits, tous aboutiront en même temps au terme du voyage.
Une machine inconsciente fonctionnant d’après des lois strictes meut le système tout entier.
Une force aveugle (la vapeur), canalisée dans des tubes et des organes de métal, générée par un facteur spécial (la chaleur), anime la machine tout entière.
Une volonté, dominant et la machine organique et l'ensemble des passagers, gouverne tout : le capitaine.
Indifférent à l’action particulière de chaque passager, le capitaine, les yeux fixés sur le buta atteindre, la main à la barre, conduit l’immense organisme vers le terme du voyage, donnant ses ordres à l’armée des intelligences qui lui obéissent.
Le capitaine ne commande pas directement l’hélice qui meut le steamer, il n’a d’action immédiate que sur le gouvernail.
Ainsi l’univers peut être comparé à un immense steamer dont ce que nous appelons Dieu tient le gouvernail ; la nature est la machinerie synthétisée dans l’hélice qui fait marcher tout le système aveuglément d’après des lois strictes, et les humains sont les passagers.
Le progrès existe, général, pour tout le système, mais chaque être humain est absolument libre dans le cercle de sa fatalité.
Telle est l’image qui peint assez clairement les enseignements de l’Occultisme sur cette question.
DU U XI fi MK PARTI K
CHAPITRE Y
RÉALISATION DE L’HOMME
Préliminaires. — Ce qui sent.
Dans la première partie nous avons résumé la constitution de l'homme et celle de la nature, telles qu elles doivent être comprises du magicien. Nous allons maintenant voir comment on peut réaliser et développer les divers éléments dont nous avons parlé. Enfin, dans la troisième partie, nous montrerons comment on utilise le développement ainsi obtenu pour les divers genres de pratique magique.
Le développement des divers éléments en action dans l'être humain demande une étude toute particulière. Nous savons, en cilet, qu’avant d’agir sur la nature l’homme devra être assez maître de lui-même, pour résister aux émotions de son être impulsif, et nous savons aussi que l’outil matériel utilisé dans ce cas est la force nerveuse. Or la qualité de la force nerveuse dépend de la qualité du sang, et la qualité du sang dépend, d’une part, de la qualité des aliments d’où est sorti le chyle et, d’autre part, de la qualité de l’air inspiré et du rythme respiratoire; nous aurons donc à décrire une série de procédés d’entraînement applicables à ces divers éléments : l’aliment, l’air inspiré, ou la sensation que l’homme reçoit de la nature et sur lesquels sa volonté peut s’exercer tant qu’ils n’ont pas encore pénétré dans
Ce sera la partie la plus grossière des préparations auxquelles devra s’astreindre celui qui veut étudier sérieusement la pratique et obtenir quelques résultats.
Nous avons vu. en traitant de l’homme, combien l’usage de la méditation importait au magicien ; nous dirons aussi quelques mots sur ce point.
Nous devrons ensuite aborder l'éducation des divers organes d'expression grâce auxquels l’être humain agit sur l’extérieur.
L’éducation du regard et l’emploi des miroirs, l’éducation du verbe, prélude de l'étude des formules, l'éducation du geste qui, fixé, deviendra l’origine des pantacles, enfin l’éducation de la marche et la confection du cercle attireront également notre attention.
L'homme, développé d après les moyens que nous aurons à résumer en nous reportant aux manuscrits de Kabbale pratique, deviendra ainsi un générateur conscient de volonté dynamisée et pourra s’exercer d’abord à des pratiques demandant peu d’entrainement, puis, progressivement, à des essais de plus en plus ditliciles. Nous traiterons de ces pratiques dans la troisième partie.
Mais nous avons pu prévoir, grâce à l’exposé précédent sur la nature, qu’il n’est pas indifférent d’opérer à tel ou tel moment. Voilà pourquoi nous devrons reprendre avec de grands détails l’étude des éléments d’astrologie indispensables pour le magicien. En même temps nous publierons les tableaux donnés par la Kabbale sur ces questions, ainsi que les caractères et les pantacles des planètes et des maisons du zodiaque. Ce sera l’étude du dynamisme dans la nature, corollaire de (étude du dynamisme de la volonté humaine.
Nous arriverons ainsi à posséder les deux termes de toute opération magique : i" dynamisme de l’être humain et surtout de sa volonté ; a” utilisation des forces de la nature sur lesquelles devra opérer cette volonté.
Ici s arrêtera notre seconde partie : les préparations ou la réalisation, si nous av ons soin d’ajouter que les concordances magiques entre les herbes, les animaux et les minéraux se rapportant aux astres seront nommées
aussi clairement que possible dans notre étude sur^la
Nous répétons encore que le présent travail traite de la Magie, c’est-à-dire de l’action de l’homme sur la nature, et n’aborde pas plus la théurgie (action de l’homme sur les êtres du plan divin) que la psychurgie (action de l’homme sur le inonde des càmes humaines). Toutefois nous serons obligés de dire quelques mots de cette dernière.
Nous avons tenu à résumer dès le début le plan de notre étude, nous pouvons maintenant aborder sans crainte notre sujet.
ALIMENTS
(Réalisation de l'Ethf, instinctif).
D’après ce qui précède, on peut juger de l’importance qu’acquière la question des aliments pour le magicien.
L’idéal à atteindre par l’entrainement magique, c’est la mise à la disposition de la volonté de la plus grande quantité possible de force nerveuse dans un temps donné. Ce symptôme par lequel nous sentons que la volonté possède la force qui lui est nécessaire est désigné sous le nom de « liberté de l’esprit ».
Ainsi l’esprit libre correspond en effet, comme sensation psychique, à l’état physiologique dans lequel la Volonté est à meme de manier librement une assez grande quantité de fluides nerveux.
Or cet état se manifeste surtout le matin, ou à jeun, c’est-à-dire dans les moments ou l’être humain est le moins occupé par le travail physiologique de l’organisme, surtout par la digestion.
Aussi verrons-nous la plupart des pratiques magiques tendre à cet état de dématérialisation progressive de l’être, de séparation entre l’organisme et l’être psychique.
et cela au moyen du jeune, de la fatigue corporelle, et même de la fatigue spirituelle.
Mais il ne faut pas oublier que l'état psychique de l'homme à jeun, s'il indique le but à atteindre, n'est qu'un état transitoire qui ne saurait persister chez les gens non entraînés, car le fluide nerveux ne se renouvelle pas dans ce cas et les réserves en sont vite épuisées.
Pour bien fixer nos idées, représentons-nous l'être humain d'une façon grossière, comme un ballonqui peut gagner diverses hauteurs suivant le poids plus ou moins grand qu’il doit enlever. Le ballon figurera l’esprit, le poids l’organisme, et les crochets la Jorce nerveuse. Les différentes couches horizontales dans lesquelles peut se tenir le ballon indiquent les différents états d’esprit.
Or la « liberté d’esprit >> no peut s’obtenir que par la diminution du poids do l'organisme qui attire le ballon sur la terre. De là toutes les pratiques mystiques relatives au corps, pratiques insensées si I on perd de vue qu’elles doivent être périodiques, passagères, et jamais, au grand jamais, continues. J’ai vu des dames américaines fort riches, entourées d’un luxe inouï, et mourant littéralement de Jaim sous prétexte de se dématérialiser en suivant un régime enseigné par une des nombreuses sociétés mystiques qui foisonnent en Amérique. Les fondateurs de ces sociétés, dont la célèbre Société théosophique, de charlatanesquc mémoire, est le type, empruntent aux religions orientales ou aux initiations d’Occidcnt des pratiques qui sont éxécutées par les prêtres ou les initiés à certaines époques seulement, et poussent leurs adhérents à poursuivre ces pratiques d’une façon régulière et continue pendant toute leur vie, sans s’inquiéter du changement de climat ou de la constitution physiologique du candidat à l’initiation. Delà des accidents et des maladies dont le pauvre imprudent est la première victime.
On peut s entraîner progressivement pour libérer une quantité de plus en plus grande de force nerveuse et la mettre au service de l’esprit. C’est vrai ; mais à condition de ne pas oublier que le renouvellement de
IIOMMK
la force nerveuse est immédiatement lié à l'absorption des aliments. Cela nous ramène à notre sujet.
L’état de santé psychique est obtenu par un harmonieux équilibre entre l’esprit et l'organisme. Quand, sans transition, l'être intellectuel prend le dessus sur l'organisme, il y a rupture d'équilibre en haut, avec danger d évanouissement et de folie ; quand, au contraire, l'organisme l’emporte sur l’ètrc intellectuel, il y a rupture d’équilibre en bas. avec danger de somnolence et d'abrutissement. Notre volonté, cherchant toujours à ranimer l’équilibre détruit, emploira à cet effet divers moyens que nous devons maintenant apprendre à connaître.
Supposons qu’étant à jeun, dans cet état de « liberté d’esprit » dont nous avons parlé tout à l’heure, nous introduisions dans notre estomac des aliments abondants et lourds. Que scpassc-t’il?Nous savons tous qu’à mesure que la sensation instinctive du bien-être de l’estomac prend de b acuité, les idées s’obscurcissent d’abord, puis se confondent, et enfin diminuent progressivement en nombre et en clarté. Physiologiquement une partie de la force nerveuse tout à l’heure au service de l’esprit a changé de destination, et le centre dynamique de l’èlre humain qui était dans la sphère intellectuelle a passé dans la sphère instinctive : le corps vient, pour un moment, d accaparer à son profit l’outil de l’esprit, la force nerveuse.
L’homme instinctif, pour qui cet état de satisfaction stomacale constitue une des formes du bonheur, se laisse
aller aux joies de l’abrutissement progressif qui le gagne et favorise même l’action du corps par la sieste. Un tel homme est tout entier l’esclave de son organisme et ne saurait accomplir une action magique quelconque.
L’homme chez qui l’intelligence est au contraire bien développée, celuiqu’on appelle « l’intellectuel », est gêné dans son action par cet état d’abrutissement et fait tout son possible pour en sortir aussi rapidement que possible. C’est ici qu’arrive l’emploi des excitants.
Exciter son organisme, c’est diminuer le temps pendant lequel le corps prend le dessus sur le travail intel-
lectucl. Aussi, au lieu de se laisser aller au sommeil qui augmente l’emprise matérielle, l’homme d'action peut emplover divers moyens principaux : 1 " le travail physique : a" une substance tirée de la nature et dynamisée par un moyen physique, un excitant proprement dit (calé — thé — alcool — sucre, etc. etc..'.
La voie normale consiste à se reposer d’un travail psychique par un travail physique, et la méthode d’excitation artificielle par le calé ou l’alcool est cependant plus couramment employée, quoique bien plus dangereuse.
Les excitants demandent une élude spéciale que nous ferons tout à l'heure. Pour l’instant, notons simplement leur existence et le but qu’on poursuit en les employant.
L’étudiant en magie doit donc commencer la pratique par le maniement conscient de ses forces organiques. Or. s’il se souvient qu’il possède, dans les aliments et dans les excitants, les deux pôles d’action sur sa force nerveuse, il aura déjà fait un grand pas. En effet, l’aliment employé seul diminue l’enthousiasme et permet d’éviter quand il le laul les emballements du mysticisme.L’excitant,de son côté, employéseuletàjeun. est dangereux, mais permet à 1 esprit des envolées magnifiques dans le monde des idées. Enfin la combinaison de l’action de l'aliment avec celle de l’excitant permet d’accomplir les œuvres patientes dont l’Allemagne est aujourd’hui considérée comme la patrie presque exclusive.
Le cadre do ce petit traité tout élémentaire ne nous permet pas d’entrer dans de longs développements touchant la classification des aliments. Bornons-nous donc aux données indispensables à la pratique.
On a pu voir comment l’être humain était capable d’agir sur la force nerveuse suivant que l’estomac était eu repos ou en période de travail, et comment l’esprit était plus ou moins indépendant de l’organisme suivant ces différents états de l’estomac, centre anatomique de la sphère instinctive.
Mais un nouveau choix peut encore s’exercer sur les
aliments eux-mêmes, suivant qu’ils proviennent,du règne végétal ou du règne animal, sans compter les appoints tournis, comme le sel. par le règne minéral. De plus, dans nos contrées, 1 emploi presque quotidien d’excitants divers (alcool, thé ou calé enlreautres) vient encore donner à la volonté de nouveaux moyens d'action sur les lorces organiques.
Ainsi l'homme est semblable au rhautlèur de la locomotive qui n’a pas d action immédiate sur les organes d'acier de la machine, mais qui peut, suivant le combustible employé, produire plus ou moins de chaleur dans un temps donné, et, par suite, donner naissance à une quantité plus ou moins grande de vapeur au moment voulu, d'où une pression variable qui permet d'agir ensuite sur les organes d’acier.
Il en est de même pour celui qui veut s’exercer au maniement des aliments.
Résumons les etlets produits dans les cas les plus généraux.
Du végétarisme. — Nous verrons dans la S’ partie que pendant la période d entrainement magique, période qui varie entre 7 et '|0 jours, le régime exclusii des végétaux doit être seul employé. Nous pouvons nous demander dans quel but.
Si nous nous souvenons que l’homme organique n’est qu’une création de la nature prêtée par elle pour une existence terrestre à l’homme-esprit. nous saurons que l'organisme humain plonge dans deux règnes, le règne animal parla poitrine, le règne végétal par l’abdomen.
Les aliments tirés du règne végétal agiront donc presque uniquement au point de vue instinctif et produiront, par un emploi constant, le calme dans l’organisme : la volonté, pour agir sur un organisme ainsi entraîné, 11'aura presque pas de forces à dépenser car les révoltes de l’être impulsif sont, dans ce cas, presque entièrement suspendues. îSi donc vous voulez vous laisser aller a la rêverie, si vous voulez en goûter tous les charmes sans crainte d’ennui, placez-vous comme milieu à la campagne et adoptez comme régime alimen-
taire le végétarisme, mais en ayant soin de ne boire que du lait ou de l'eau, et bientôt la paix profonde naîtra dans votre organisme jadis agité.
Mais si vous désirez aller plus loin encore et faire naître en vous les facultés transcendantes endormies, ajoutez à ce régime végétarien le thé plusieurs fois par jour et pratiquez chaque matin et chaque soir la méditation pendant une heure ou une heure et demie, et vous serez susceptible d’avoir des phénomènes très nets de télépathie ou de vision en astral.
Le régime végétarien, duquel sont exclus le poisson, la viande et l’alcool, peut donc être employé avec fruit à la campagne et son emploi peut être, dans ce cas, poursuivi pendant de longues années sans aucun danger, bien loin de là. Ce régime, qui fait disparaître très vite la résistance de l’organisme à la volonté et rend l’homme passif, est indispensable à pratiquer pour l’étudiant en magie, qui devra s’exercer à des périodes de sept jours d’abord, puis de quinze jours ensuite de ce régime ; mais à condition, nous ne saurions trop le répéter, d’être à la campagne ou dans un milieu analogue et à l’abri de tout souci matériel.
Le lait, les œufs, le fromage sont usités dans le régime végétarien de longue haleine ; les œufs et le fromage sont supprimés lors des périodes d’entrainement magique. Le régime suivi dans ce cas est le pur régime pythagoricien.
Mais une considération qui prime toutes les autres est celle de la saison et du climat quand on a tenu compte du milieu, campagne ou ville.
Dans les régions froides plus ou moins voisines du pôle, l’organisme humain ne saurait se maintenir sans un usage continu de graisses et d’huiles très lourdes ; la choucroute et la bière des Allemands sont une adap 1 tation de l’individu au climat du pays. Mais dans l’Inde, en Egypte et dans les régions équatoriales, la nutrition dynamique exercée par l’inlluence solaire suffit presque, et quelques grains de riz remplacent l’énorme plat de choucroute nécessaire à l’Allemand.
Le régime, végétarien ou non .devra donc varier comme abondance et comme quantité d’huile employée suivant le climat, et il faut être ignorant comme un théosophisle pour imposer à des Anglais le meme régime alimentaire qu’à des Indous. C'est la non-observation par les prêtres de ces préceptes tires du climat et du milieu qui ont mis à jour toutes les superstitions alimentaires qui accompagnent la plupart des religions fondées dans les pays d’Orient. Ce qui est curieux, c’est de voir la façon dont de nouvelles superstitions tendent à s’implanter en Occident sous l'influence du vegetarianisme.
Le Végétahiamsme sentimental.
Partant de ce (ait véritable que le régime végétarien procurait le calme organique, diverses sectes se sont créées enchérissant à l’cnvi sur la rigueur du régime à imposer à leurs adhérents sans se soucier.*plus*de* la physiologie que du milieu ou du climat.
C’est alors que les arguments issus de la sentimentalité ont fait leur apparition. Il ne faut pas tuer pour nourrir l’homme, a-t-on dit; oubliant que dans la nature la vie végétale ne s’entretient que par la dissolution lente des minéraux et la vie animale des herbivores, cités comme un exemple, que par le sacrifice incessant d’êtres végétaux.
Mais un végétal est un être vivant, objecta un autre chef de secte; et aussitôt naquit une nouvelle école, qui ne se nourrit que de graines et de fruits ; et de déductions en déductions les végétariens purs, devenus des réceptacles de sentimentalité étroite, en arriveront à ne plus se nourrir que de terre... et encore.
Un peu de réilexion suffit pourtant à concevoir qu’à tous moments nous tuons des êtres vivants, soit dans nos promenades à la campagne, soit dans ces hécatombes végétales qui s’appellent la moisson ou la fenaison, soit encore, et le cas est plus général cette fois, en respirant et en engloutissant dans les profondeurs de notre orga-
MAG1E PRATIQUE n
nisrae les millions d’êtres microscopiques qui s’agitent dans l’air et qui sont, malheureusement pour nous, bien trop vivants.
Il faut savoir sortir de ce sectarisme étroit et bien se rendre compte que l'organisme humain est un assemblage d’êtres vivants qui empruntent à la nature d’autres êtres vivants pour se développer. Notre être intellectuel, l’homme-esprit, qui ne se nourrit que de sensations et qui ne sent ni n’agit que par la force nerveuse, peut bien jouer au sentimentalisme ; mais l’organisme qui fournit la force nerveuse n’a pas plus le droit d’être sentimental que le drosera, cette douce plante, qui aspire lentement le sang des insectes, ou l'araignée qui se jette sur les mouches, ou même le bœuf, ce calme végétarien, qui broie sans pitié la plus tendre des sensitives.
Et si nous protestons de toutes nos lorces contre de telles pratiques, c’est que nous avons été témoins de faits qui révolteraient le bon sens du dernier des paysans.
A Londres, dans le quartier général d’une société mystique, nous avons vu deux membres : la comtesse de W... et une autre Madame M... mourant littéralement de faim pour éviter de manger des « êtres vivants », tandis que les fondateurs, sous prétexte de maladie, engouffraient à table de grandes tranches de poisson, suivies de monumentaux plats de riz et de légumes divers. Les dames désiraient avoir « des visions ». En attendant, elles s’étaient procuré une jolie dose d’anémie cérébrale.
En France, nous avons suivi avec intérêt le cas de Madame L..., femme d’un petit médecin de campagne, qui en était arrivée à ne prendre qu’une tasse de lait par jour..., toujours pour « se spiritualiser a.Elle fit si bien qu’elle se « spiritualisa » tout à lait en un an de ce régime, et son décès lut dû uniquement à l’inanition. Mais elle put se consoler en songeant qu’à part les microbes du lait et ceux qu’elle respirait, c’est-à-dire quelques centaines de millions par jour, aucun « être vivant » ne franchissait le seuil de son organisme.
Dans ces questions de pratique le grand écueil à éviter,
c'est le mysticisme, nous ne saunons trop le répéter, et le mysticisme, devenu la règle des sectes spiritualistes, conduit les adhérents aux turpitudes sensuelles sous prétexte que l ame n’a rien à voir dans les actions du corps, ou a l'imbécillité quand ce n’est pas la folie, sous prétexte de « spiritualiser » l’immonde organisme.
L’esprit, dirigeant en maître les actions extérieures de 1 être humain, est parfaitement responsable de loulcs les actions accomplies, de même (pi onne se « spiritualise » réellement qu’en agissant patiemment et d’une manière continue sur les (onctions organiques qui donnent naissance à la force nerveuse.
Avant donc de se livrer à une pratique magique entraînant un régime quelconque, il faut se rendre bien compte du but à atteindre et des forces de l’opérateur. C’est en prenant pour base de calcul ces deux fadeurs, et en considérant le milieu et le climat, qu’on déterminera le nombre de jours pendant lesquels le régime préparatoire doit être suivi.
On ne passera du régime ordinaire au régime végétarien que progressivement, en supprimant d’abord les excitants comme le café et l’alcool, qu'on remplacera par de l’eau ; puis en supprimant la viande un repas sur deux, puis des deux repas. C’est alors qu’on pourra tenter la suppression du poisson, en conservant le plus longtemps possible l’usage du beurre et de l’huile.
11 ne faut pas oublier que c’est seulement dans les huit jours qui précèdent la plus dilïicile et la plus longue des expériences magiques, l’évocation consciente des formes astrales, qu’on pourra user du régime rigoureux des légumes sans sel, cueillis par l’opérateur et uniquement bouillis dans l’eau. De toutes façons ces régimes doivent être suivis à la campagne. Dans une ville fiévreuse comme Paris, où tout gravite autour de la sphère passionnelle, et non autour de la sphère instinctive comme à la campagne, les essais de régime végétarien exclusif sont désastreux. Nous avons constate des phénomènes évidents d’anémie cérébrale chez plusieurs personnes qui avaient voulu suivre strictement
ce régime, auquel aucune n’a pu résister plus de six mois.
En résumé, le régime végétarien dans nos climats peut être suivi, mais par séries périodiques, à la campagne,eten évitant lespratiquesissuesdusentimentalisme.
Du Régime animal
Les aliments tirés du règne végétal agissent surtout sur le centre instinctif, ainsi que nous l’avons dit. Par contre les aliments tirés du règne animal agissent sur le centre passionnel et développent d’une manière considérable la résistance de l’organisme aux impulsions venues soit de l’extérieur, soit de la volonté. Le régime animal convient donc surtout aux hommes d'action, dans la vie courante, ou, dans une faible proportion, aux citadins astreints à la vie fiévreuse des grandes villes. Ce régime doit être exclu de l’entraînement magique ; mais il sera bon, pour celui qui désire se rendre Bien compte del'action des aliments sur l'organisme,de faire quelques essais assez instructifs.
Après une période de régime végétarien d’environ quinze jours, faite durant la lune croissante, l’organisme peut être considéré comme ramené à 0, au point de vue de l’impulsivité. Qu’on essaye alors en assez grande quantité (i/a livre à 3,4 de livre) l’ingestion de viande de bœuf, et qu’on note les effets. Qu’on attende deux jours en se remettant au régime végétarien et qu’on essaye le mouton puis, dans les mêmes conditions, le porc, et l’on se rendra compte, surtout si la température est assez élevée, des changements considérables que le régime alimentaire est susceptible de produire dans un organisme humain.
De L EMPLOI DES EXCITANTS MATÉRIELS
Nous savons maintenant comment agir par les aliments tirés du règne végétal sur le centre instinctif.
comment développer au contraire l’impulsivité du centre passionnel par l’emploi des aliments tirés du règne animal. occupons-nous des substances qui agissent sur les réserves nerveuses et, par suite, sur le centre intellectuel ; nous avons donne à ces substances le nom d’excitants.
Physiologiquement, l’excitant agit, ainsi que nous venons de le dire, sur les réserves nerveuses. Par exemple vous êtes fatigué, vous avez une tendance h vous endormir, c’est-à-dire que votre volonté n’a plus à sa disposition assez de force nerveuse. Vous voulez résister pour un moment au sommeil ; alors vous prenez du café, et bientôt le travail devient plus facile jusqu’à la prochaine réaction. Que s’cst-il donc produit dans ce cas ?
On sait qu’à l’état normal une réserve de force nerveuse existe dans les plexus nerveux du grand sympathique. La première action d'un excitant est d’aller agir sur ces réserves et de mettre au service de l’organisme la force nerveuse emmagasinée jusque-là. La première conséquence de cette action est un nouveau dynamisme du centre intellectuel : mais la conséquence médiate est une fatigue profonde de l’organisme qui, si elle se prolonge, peut amener des troubles graves.
Rien ne se paye plus cher, pour l’homme, que la dépense exagérée de ce dépôt précieux qu’est la torce nerveuse, et alors qu’un trouble du système digestif est réparé en quelques heures, les troubles du système nerveux demandent un traitement très délicat, sinon très l°ng.
Balzac a écrit un merveilleux « traité des excitants modernes » que nous avons réédité dans le Voile d'Isis et auquel nous renvoyons le chercheur attentif. Poür nous tenir dans les limites de notre étude nous ne traiterons ici que des excitants suivants : l’alcool — le café — le thé, la morphine, le haschish. Il y a bien d’autres substances employées dont nous reparlerons dans une étude plus étendue que celle-ci.
l/ALCOOL
Produit, comme la plupart des excitants, de l’action delà volonté humaine sur une production de la nature, l’alcool est un des agents les plus précieux et, aussi, lt s plus dangereux que l’homme ait à son service.
L’action de l'alcool employé sous la forme d’eau-devie est très rapide, mais peu profonde et, par suite, de très peu de durée. Sous l'influence de l’alcool, une très grande quantité de force nerveuse est libérée, et l’esprit se trouve comme illuminé par la richesse et le nombre des idées qui naissent et se heurtent dans le centre intellectuel. A ce moment il ne faut pas songer à faire un travail de déduction ou de longue haleine, il faut se contenter de noter les idées qui passent, aussi rapides que des éclairs, pendant les quelques minutes que dure l’action de cet excitant. Aussi un petit verre à liqueur d’eau-de-vie, pris une demi-heure avant un exercice intellectuel violent, permet-il de faire de véritables tours de force, mais combien fugaces ; nous pouvons citer à ce propos un fait personnel. Pendant le congrès de 1889 nous étions parvenu, en prenant un demi-verre à liqueur de fine champagne avant la séance, à traduire exactement et instantanément, avec les intonations des orateurs, les discours faits par les délégués espagnols, et cela à tel point que plusieurs sténographes qui se trouvaient là vinrent demander notre « méthode » et négligèrent de sténographier un de ces discours, étant persuadés que nous avions un procédé nouveau à cet effet. Mais ce petit exercice intellectuel, que nous répétions presque chaque jour, nous demandait chaque fois deux heures de sommeil supplémentaire à la fin de la journée.
L action de l’alcool ne s’exerce que pendant un temps très faible, et il 11c laut jamais revenir deux fois de suite à cet excitant dans un meme effort. Et c’est là le danger de 1 alcool sous toutes scs formes ; charmé du résultat obtenu et ravi de voir la sphère intellectuelle si bien
mise en mouvement, sans presque aucun effort de la volonté, l'homme faible a une pernicieuse tendance à reprendre de l’alcool quand la première excitation est sur le point de prendre fin. N’obtenant pas de résultat satisfaisant, l’individu augmente., la dose, et bientôt il devient ivrogne et paye de longues heures d’abrutissement les quelques minutes d’excitation du début. Pour le mécanisme de cette action, voyez ce que nous avons dit de l’ivresse dans la première partie.
A côté de l’eau-de-vic sous toutes ses formes, l’industrie moderne a créé une foule d’excitants nouveaux par l’alliance de l’alcool avec un autre excitant : le sucre. De là sont nées les liqueurs, dont quelques-unes sont de véritables médicaments composés.
L’action de la liqueur est plus lente que celle de 1 alcool : mais elle développe davantage la volonté, tandis que l’alcool non sucré agit plutôt sur la sensibilité. Aussi doit-on préférer la liqueur à l’alcool, quand il faut plutôt agir que s’abandonner à la méditation.
Le café constitue l’excitant le plus puissant, quant à la durée de son action, qu’on puisse toujours avoir à sa disposition.
Le café, fait comme on le prépare ordinairement, a deux actions assez tranchées :
i° Pendant l’heure qui suit son ingestion, il agit localement sur les plexus nerveux de l'abdomen, et, aidé par la chaleur, il facilite le travail digestif et permet ainsi à l’esprit de disposer d’une plus grande quantité de force nerveuse.
2° Deux heures ou trois après son ingestion, le café commence à agir sur la sphère intellectuelle et cette action dure de une à deux heures pour une tasse de café. Ainsi le café étant prisa i heure, l’action psychique commence à 3 heures et se continue jusqu’à cinq. A partir
de cet instant, l’état de vacuité de l'estomac agissant à son tour comme excitant, le travail intellectuel devient de plus en plus facile à condition toujours de prendre des notes, de faire des esquisses ou des schémas, et non de rédiger ou d'exécuter. L’execution doit se faire, soit le matin, à jeun ou presque h jeun, soit le soir, pourvu qu’on dîne légèrement.
3 ° 11 y a une troisième action produite par le caféchez les gens nerveux, c’est la crise de tristesse qui éclate au moment où cesse l’action excitante du café sur le centre intellectuel, c’est-à-dire cinq heures environ après l’ingestion do ce café. Le mécanisme de ce phénomène est assez curieux à décrire.
En effet le café, comme tous les excitants, agit en mettant à la disposition de l’esprit une partie de la force nerveuse en réserve dans les plexus ganglionaires. La force, la tension que donne le café à l’organisme est donc un leurre, puisque cette action ne se produit qu’au prix d’une usure de réserves organiques. Aussi l’emploi du café comme fortifiant n'est-il possible que chez les sujets vigoureux et pas du tout chez les êtres faibles et anémiques. Mais passons.
Chez un homme à l'état normal, quand le café a produit son action intellectuelle et que cette action a été tant soit peu exagérée par le travail de l’individu, la sensation de vide des centres nerveux condensateurs se manifeste à l’esprit sous forme de cette crise de tristesse et de pessimisme qui dure de dix minutes à une heure, et qui doit toujours être enrayée par l’ingestion d’une substance alimentaire quelconque.
L’action psychique du calé semble en résumé porter surtout sur la sensibilité. Aussi le café constitue-t-il, entre les mains de l’étudiant on magie, le moyen de développer à volonté la réceptivité artistique d’un individu. En effet, on constate que la faculté d'être impressionné par l’art dépend généralement de l’état nerveux de l'individu, et nous savons d’autre, part que le calé permet de développer et même d’exagérer cet état nerveux.
On peut encore prendre le cale à la turque, mode de préparation dans lequel l'infusion est remplacée par la décoction, ce qui augmente d’une façon considérable la puissance de l’excilant. car l’on absorbe une certaine quantité de café en nature.
Enfin l’ingestion a jeun du café légèrement concassé, suivant Je procédé indiqué par Balzac, donne le maximum d’action qu’on puisse attendre de ce précieux excitant.
LE THÉ.
Si le café donne, à la fin de la période d’excitation, une crise violente mais passagère de pessimisme, le thé agit bien plus insidieusement.
L’excitation intellectuelle fournie par le thé est intermédiaire entre celle de l’alcool et celle.du café; mais cette excitation est très douce et ne présente jamais les périodes brusques des autres excitants. Le thé rend mélancolique et anémie peu à peu. mais progressivement, les centres nerveux. Il est rare de voir naître des accès de pessimisme sous l'influence du thé ; mais nous avons vu très souvent, par contre, des anémies nerveuses graves survenues chez des étudiants russes faisant abus du thé.
La qualité de cet excitant est de permettre un travail intellectuel soutenu. Aussi est-il le seul qu’on puisse employer dans les périodes de réalisation.
Mais le défaut capital du thé, c’est d’agir assez profondément sur les centres nerveux pour que la période de réparation soit plus longue qu’avec toute autre substance. L’anémie nerveuse qui prend ainsi naissance se manifeste par l’absence totale d’initiative et de courage.
L’individu qui fait abus du thé laisse mélancoliquement marcher le temps, il se plaint doucement s’il est malheureux, mais ne songe nullement à réagir, et il présente le type le plus net qu’on puisse trouver du fatalisme dans toute l’acception du terme.
HASCHISCH - OPIUM - MORPHINE.
Beaucoup de personnes se figurent que le haschisch, qui rentre dans la classe des drogues les plus dangereuses au point de vue psychique qu’on puisse manier, donne immédiatement des visions sublimes et plonge l’expérimentateur dans l’extase. Or, ainsi présentée, l'action de haschisch ne répond en rien à la réalité. Cette substance, de même que l’opium, mais avec bien plus d’intensitc, agit sur les centres de réserve de la force nerveuse, vide en un instant toute cette réserve, et la jette en masse dans la sphère intellectuelle. Aussi les idées sont-elles exagérées, amplifiées, embellies d une manière prodigieuse ; mais encore faut-il que l’idée primordiale et la sensation physique primordiale existent.
Ainsi une lampe devient, sous l’influence du haschich, un palais magnifique éclairé de ioooo lumières et ruisselant de pierreries ; par contre, quand l’idée incidente est vulgaire, les impressions le sont aussi. Ainsi un débutant ayant pris du haschisch sans idée préconçue et attendant ce qui allait arriver, rêva tout simplement qu’il était pipe et qu'il se fumait.
Le haschich est donc un amplificateur et non un créateur. Mais cette action enivrante est suivie d’une épouvantable réaction. Les centres de réserve, vidés de leur contenu, angoissent le malheureux imprudent, et les cauchemars les plus affreux, les douleurs les plus poignantes sont la suite naturelle des rêves enchantés et des sensations astrales.
L opium, la morphine qui en dérive, ontlamême action, mais avec moins d’intensité, et le malheureux esclave de cette substance, voulant fuir la réaction, qui est imminente, augmente progressivement la dose du poison jusqu’à l’épuisement complet, bientôt suivi de la mort.
Au point de vue magique, le danger de ces drogues est considérable, car elles augmentent l’empire de l’être im-
pulsif sur la volonté, et il faut une volonté bien forte pour ne pas se laisser dominer par ces substances, incarnation de l ame du inonde dans la matière.
Nous ne voulons pas allonger outre mesure cet exposé et nous pensons que ce que nous venons de dire suffira pour faire comprendre la théorie de ces excitants.
RÉALISATION OU INVENTION
Maniement des Excitants.
Ainsi le praticien possède, dans les quelques substances que nous venons de passer en revue, des auxiliaires précieux, non seulement pour la magic proprement dite, mais encore pour lu maniement courant de ses forces organiques dans la vie de chaque, jour.
S’agit-il de produire un effort intellectuel violent, mais de très peu de durée, l'alcool (la fine champagne non sucrée, à la dose d’un petit verre seulement), pris une demi-heure avant l’action, est un auxiliaire précieux. Mais il ne faut pas oublier qu’une attente d’une heure peut tout détruire et surprendre l’individu en pleine période de réaction.
S’agit-il d’exécuter un plan déjà conçu dans ses lignes générales, de développer une idée précédemment trouvée, ou de mener à bien un travail de recherches bibliographiques ou biographiques, en un mot s’agit-il de réaliser, il faudra combiner l’action de l’alcool, qu’on prendra à la fin du déjeuner, après le calé, avec l’action d’un aliment gras et lourd dont la choucroute garnie peut cire considérée comme le type et qui formera la base du déjeuner.
Faut-d au contraire faire un travail d 'invention plutôt qu’un ellorl de réalisation, il laudra user d’aliments très légers et en petit nombre, et faire suivre le déjeuner soit d’un café seul, soit d’une liqueur sucrée, comme la chartreuse jaune. On passera la première partie de
l’après-midi à relire des notes antérieures ou à une promenade dans un musée favori, et on se mettra au travail vers quatre heures, si l’on a déjeuné à midi. Au bout d’une heure les idées se presseront en foule ; mais il faut seulement prendre des notes et se garder de rédiger en état d'excitation intellectuelle. Nous verrons bientôt comment on peut joindre le rythme respiratoire, l’emploi des parlums et de la prière 'a ces divers procédés.
Nous sommes persuadé que l’étudiant sérieux qui voudra bien mettre ces conseils en pratique vérifiera par lui-même les résultats, que nous ne publions qu’après les avoir contrôlés pendant plusieurs années, tant sur nous-même que sur plusieurs autres individus. Il y a là le germe d’une hygiène intellectuelle qui demanderait de longs développements, impossibles à faire dans un petit manuel.
Il suffit, du reste, d’avoir toujours présente à l’esprit la théorie de l’envoi des plexus dans le cerveau ou au contraire de l’appel du cerveau dans l’estomac, de la force nerveuse. Dans le premier cas il y a production d’idées, mais grande difficulté de réalisation ; dans te second cas il y a manque d’invention , mais faculté de condenser la force nerveuse en un seul point, par suite d’agir en profondeur au lieu d’agir en surface sur les centres psychiques. — Dissoudre ou coaguler l’influx nerveux en alternant les excitants et les aliments, telle est la clef de cette première phase de l’entraînement magique de l’être physique.
L’AIR INSPIRÉ
(Réalisation de l’Etre anisiique)
Nous avons passé rapidement en revue les modificateurs du corps physique, les aliments et les excitants. Nous arrivons maintenant aux modificateurs du corps astral : l’air atmosphérique et les parfums, ou en gé-
néral les substances volatiles capables de se mélanger à l’air inspiré et d’agir directement sur les poumons.
Nous rappellerons pour mémoire ce que nous avons été amené à dire, dans la théorie de la nature, louchant les relations de l’air atmosphérique avec le lluidc astral et son rôle d’animateur général des êtres terrestres. L’important à retenir pour l’instant c’est que l’air inspiré constitue le modificateur du sang le plus rapide qu’on puisse avoir h sa disposition et que, par suite, toute action produite sur l’organisme par la voie pulmonaire demande h être très sérieusement étudiée. L’aliment ou l’excitant, avant d arriver dans le lorrenlcirculatoire, doit en effet traverser divers organes, tandis que toute substance volatile aspirée vient agir immédiatement sur le sang et au moment même où le globule subit faction vilalisanle de l’air atmosphérique inspiré.
Nous allons donc avoir à considérer :
i° L’action de l’air sur le sang au point de vue de la force nerveuse;
2° Le rythme respiratoire cl les modifications que peut lui faire subir la volonté humaine;
3 ° L’action des excitants du corps astral, ou parfums, et des substances volatiles, comme l’éther ou le chloroforme .
Après avoir appris à manier les aliments et les excitants, l’étudiant en magie abordera donc cette étude, deuxième phase des exercices préparatoires.
Après une course, ou après avoir monté rapidement quelques étages, vous êtes essoufflé, c’est-à-dire que. pour compenser l’usure de forces organiques que vous venez d’éprouver, votre respiration devient plus rapide, votre cœur bat plus vile, et une quantité de sang plus considérable qu’à l’état ordinaire se rend dans vos centres nerveux ; par suite la force nerveuse est produite en assez grande quantité pour compenser les pertes subies. Dans ce cas la respiration agit comme réparatrice rapide. Mais le rythme respiratoire est assez lié au rythme du cœur pour que toute augmentation dans la fréquence inspiratrice se traduise presque aussitôt par
IIBALISATION
une augmentation dans la fréquence des mouvements cardiaques.
Cette constatation que chacun est à même de faire grâce au phénomène de l'essoufflement nous donne la clef de l’action consciente de la volonté sur le corps astral par l’intermédiaire de la respiration.
En effet, l’inspiration rapide agira comme excitatrice des centres nerveux ; l’inspiration lente ou mieux l’expiration prolongée et espacée calmera au contraire l’excitation des centres nerveux ; voilà donc, dans le rythme respiratoire, l'analogie de l’état de vacuité ou de réplé- tion de l’estomac avec toutes ses conséquences psychiques. Cela nous amène à bien déterminer le rythme respiratoire.
La respiration ou circulation de l’air se fait en deux temps, séparés l’un de l'autre par un intervalle.
Le premier temps ou inspiration est celui pendant lequel l’air atmosphérique est aspire dans le poumon ; ensuite arrive un court intervalle, puis le second temps ou expiration de l’air chargé d’acide carbonique se produit ; enfin un intervalle assez grand sépare l’expiration delà nouvelle inspiration ; puis le cycle recommence.
Un peu d attention suffit polir remarquer que le cœur reproduit analogiquement les mêmes phases, mais dans un rythme plus rapide. Ainsi en une minute on compte environ 20 mouvements respiratoires pour 60 mouvements cardiaques. Mais le schéma des mouvements du cœur est de tous points analogue au schéma de la respiration que nous avons reproduit ci-dessous. Deux silences, un petit et un grand, séparent deux battements égaux.
Le poumon et le cœur peuvent être considérés comme deux roues à engrenage montées l’une avec l’autre, ce qui fait que toute augmentation dans le rythme respiratoire se trouve reproduite et multipliée dans le rythme cardiaque et, par suite, dans la circulation tout entière. La respiration est donc le grand balancier de l’organisme chargé de rétablir 1 équilibre dès que cet équilibre est détruit par une déperdition dynamique quelconque.
Lorsqu'un excitant matériel comme l’alcool aura épuisé une partie de la réserve de force nerveuse, c’est par la respiration que la réparation immédiate se fera, si elle peut se faire : l’inspiration apportera le dynamisme réparateur et l’expiration éliminera une partie de l’alcool absorbé. Mais il faudra bien graduer sa respiration pour
Petit intervalle
Grand Intervalle
POUMON
t* r silence
Grand silence
CQLUU
obtenir le résultat, et la rendre surtout très lente et très profonde ; car une respiration rapide ferait un ellet tout contraire en ajoutant une nouvelle excitation à celle produite déjà par 1 alcool ; elle amènerait une réaction aussi brusque que violente. De là le danger de l’air pour les ivrognes, qui, sortant de table à 1 élatde lièvre, respirent très vite et sont, suivant une de leurs expressions, a as* sommés » par le milieu extérieur.
Les exercices pratiques d’entraînement de la respiration doivent porter sur l’augmentation de l’intervalle qui sépare l’expiration de l’inspiration.
Les traités de Yogisme indous portent presque tous sur ce point, dont le résultat consiste 'a diminuer progressivement la quantité d'acide carbonique expiré.
Mais le magiste doit s'exercera faire souvent de larges inspirations et à constater soigneusement l’effet produit sur son organisme ainsi que la durée de cet effet. Chaque action importante devra toujours être précédée de trois inspirations profondes laites en pensant fortement à l’action qu’on doit entreprendre.
L’effet de la respiration agissant comme excitant intellectuel sera encore augmenté si l’on se déplace tout en faisant de grandes inspirations. Voilà pourquoi une promenade après le repas remplace facilement les excitants matériels.
Nous verrons plus tard comment le rythme respiratoire doit être parfaitement réglé pendant la journée qui précède une expérience de haute magie.
Mais l’air inspiré n’est en somme que l’aliment du corps astral, et nous avons su qu’à côté des aliments il existe des substances capables d’agir non seulement sur le centre instinctif, mais encore sur les autres centres de l’être humain : ce sont les excitants.
A propos de notre étude des excitants matériels, nous avons étudié le temps d’action approximatif de chacun de ces excitants, et nous savons qu’en somme ce temps est assez long.
Il existe aussi des substances capables d’exciter le corps astral, l’être animique, et ces substances entrent dans l’organisme mélangées b l’air inspiré : ce sont les parfums.
Il y aurait b établir une liste générale des parfums en les classant suivant qu’ils agissent davantage, soit sur le centre instinctif, soit sur le centre animique,. soit sur le centre intellectuel. Mais nous réserverons ces détails pour un ouvrage plus complet que celui-ci, ce qui évitera au lecteur des complications trop nombreuses.
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. Le parfum type est le musc issu du règne animal, et agissant très rapidement et avec force sur le centre animique. à tel point que la présence du musc peut quelquefois remplacer un peu la beauté, détails que n’ignore aucune de nos coquettes.
Le musc produit en animique les effets de l’alcool, et, quand les deux excitants se combinent, l'être impulsif subit un tel entraînement que peu de volontés savent résister à cet instant , surtout s'il y a un peu de musique h l’appui. comme nous le verrons bientôt.
L’emploi de l’élbcr et surtout du chloroforme comme succédanés en animique de l’alcool en physique peuvent nous donner la clef de l’action de ce genre d’excitantg. L’individu qui aspire les vapeurs du chloroforme réunit et manifeste presque tous les effets produits par l’absorption de grandes quantités d’alcool. Mais ces effets demandent quelques minutes à peine, alors que les différentes phases de l’ivresse ne se produisent qu’au bout d’un temps bien plus long, une ou deux heures au moins.
Le mécanisme de l’action est du reste le meme pour tous les excitants. L’affaissement que produit le chloroforme et l'anesthésie consécutive sont l’effet d’une hyper-excitation primitive des centres nerveux, comme le montre d’une façon patente la période dite d'excitation qui précède le sommeil réel. Celte période est analogue, mais non semblable, à celle du somnambulisme hypnotique, résultat médiat, nous l’avons vu, de l’excitation exagérée d’un organe, des sens ou, pour mieux dire, d’un des centres psychiques de l’homme.
La distance qui sépare l’action du musc de celle du chloroforme nous indique bien la possibilité d’une classification des parfums. Plusieurs chercheurs contemporains, et en première ligne M. Charles Henry, inventeur de Yolfactomètre, sont lancés sur cette voie. D une façon générale, le magiste retiendra que l’action élective d’un parfum ou d’une substance volatile dépend de son origine minérale, végétale ou animale.
Mais quand un des centres de l’être humain a été
MÀGIB PRATIQUE
excité. il esl rare que Jcs autres centres n'entrent pas en action . de là la difficulté apparente des classifications.
I,c inagisfc doit simplement retenir trois parfums principaux, au point de vue de leur action.
L’encens et scs analogues, qui agit sur l'être psychique cl peut être considéré comme un excitant intellectuel.
Le musc, qui agit sur l’être animique, mais avec des effets très instinctifs.
La J Limée de tabac, dont l’action principale est instinctive, avec une légère excitation intellectuelle au début.
L’encens porte à prier, le musc à aimer, la fumée de tabac à dormir (le dernier par la rapidité de sa réaction).
Voilà donc trois adjuvants au maniement desquels il sera bon de s’exercer. À ceux loutelois qui prétendraient que l’éther est d’un maniement difficile nous conseillerons, comme portant également au calme et agissant sur le centre instinctif. la fumée de tabac, dont faction est bien plus lente, mais aussi plus facile à observer que celle de l’éther.
DE LA. SENSATION (Entraînement de l’Etre psychique).
Le but de l’entraînement magique, c’est la soumission totale de l’être impulsif à l’homme de volonté. Le magiste ne doit tolérer aucun entraînement, aucune émotion réflexe, sans être à même d’y résister immédiatement et avec succès.
Nous venons de dire comment le maniement convenable des aliments, l’élude de la respiration permettaient d aider cet entraînement ; il nous reste à considérer la sensation à ce point de vue spécial.
Vous rencontrez journellement des personnes qui vous disent : « Moi, je ne puis loucher du velours sans que tout mon être se révolte. » Une autre dit : « Moi je ne puis voir un crapaud sans m’évanouir. » Un autre encore : « Moi je ne puis supporter l’odeur du lis », etc., etc.
IIOM MK
Eh bien, toutes ces répulsions instinctives, toutes ces émotions purement réflexes doivent être impitoyablement domptées par l’étudiant en magie, et c’est là un procédé très facile et en même temps très actif de dressage de la volonté.
Les organes des sens, conçus philosophiquement, peuvent être considérés comme des modifications à degrés divers d’un seul organe récepteur. C’est ainsi que les sons divers émanés d’une harpe sont produits par une même matière constituant les cordes et modifiée seulement quant à la longueur et à la tension pour chaque corde.
Toutefois, pour la (acilité de l’exposition, nous conserverons la division généralement établie en rappelant seulement que le loucher et le goût se rapportent davantage au corps physique cl aux instincts, l'odorat au corps astral et au centre animique. l ouïe à l’être psychique et-au centre intellectuel (celui dont nous nous occupons surtout maintenant), enfin la vue à l’homme de volonté.
Nous dirons seulement quelques mots à propos de chacun de ces sens.
Toucher. — Quelle que soit la sensation, visqueuse ou autre, produite par le contact d’un animal ou d’un corps quelconque, il (aut s’entraîner à la percevoir sans la moindre émotion. surtout si cette sensation était jusque-là antipathique. Déplus, une propreté constante et minutieuse est indispensable pour maintenir les organes du toucher et l’organisme tout entier en parlait état.
Aussi conseillons-nous vivement à ceux qui pourront le faire le bain quotidien presque froid pris au lever et suivi d'une friction d’huile, ou mieux d’une (riction faite avec une infusion de verveine.
Quoi qu’il en soit, celte pratique est indispensable dans les huit jours qui précèdent une opération magique de quelque importance.
Goût. — 11 faut s’entraîner à aimer des mets qu’on mange généralement et qui seraient peu appréciés do
l'expérimentateur. 11 en est fie même pour les boissons courantes, comme le lait ou la bière.
Ces pratiquée, en apparence inutiles, sont de la plus haute importance pour dompter l’instinct, qui, s’il n’est pas dominé, entrave plus tard tous les cfl'orts du magiste. 11 ne faut pas oublier en effet que le goût est le seul sens qui soit en relation directe avec le centre instinctif.
Il faut aussi s’entraîner à varier les heures de repas et à diminuer les repas progressivement, quitte à reprendre ensuite le train train habituel; car l’habitude, si merveilleuse pour éduquer l'être impulsif, est aussi très dangereuse quand elle est causée par les réflexes et enraye souvent les efforts les plus violents de la volonté.
Odorat. — L’éducation graduelle de l’odorat par les parfums doit être poursuivie ; car elle permettra de bien se rendre compte de l’action des divers parfums sur le centre animique. 11 faut aussi s’exercer à vaincre l'antipathie qu’on pourrait avoir pour telle ou telle fleur odorante ; car cette antipathie est d’origine réflexe.
Et quand nous parlons de vaincre ces impulsions antipathiques des sens, ce n’est pas à dire que nous espérions que la sympathie remplace l’impulsion contraire, loin de là. Nous désirons simplement que la volonté soit assez développée pour s’opposer à la manifestation impulsive de ces antipathies. Le réflexe se produira toujours, c’est presque certain, mais il laut que la volonté soit à même d’arrêter net l’action extérieure de ce réflexe. C’est là le critérium d’une volonté véritablement puissante.
Ouïe. — L’éducation de l’audition est des plus importantes pour le magiste, car c’est, avec la vue, la clef du sens esthétique. Aussi laut-il s’entraîner à comprendre d’une laçon générale, sinon dans les détails, la beauté des impressions musicales. Pour cela, la fréquentation assidue des concerts symphoniques et, quelque peu aussi, des grandes scènes musicales, comme l’Opéra, est utile. Le travail théorique précédant chaque fois la séance
d’audition et l'emploi du café quelques heures avant cette séance, les conversations et les discussions avec les amateurs vrais ou meme les « snobs » de la musique, aideront puissamment le magisle dans celle tache, capitale entre toutes pour les essais futurs. Ne jamais se décourager de la lenteur des progrès accomplis : avec du travail, de la régularité, et l'habitude imposée par la volonté à l’organisme d’entendre et do comprendre les impulsions que fait naître en nous la musique, on arrivera sûrement à avoir la perception du rythme, si importante pour le développement intellectuel.
Vue. — La fréquentation des musées et la méditation devant les œuvres des maîtres, le matin surtout, faciliteront l’éducation esthétique de la vue. Le thé pourra être employé pour aider, dans certains cas, au développement.
Mais le point sur lequel le magiste doit porter principalement son attention, c’est la domination absolue par la volonté des émotions que fait naître la vue des choses étranges ou inattendues. Ces émotions peuvent bien se produire; mais elles doivent être, à l'instant môme, dominées par l’action énergique delà volonté.
La plupart des épreuves des anciennes initiations portaient sur ce point; nous allons montrer pourquoi cet entraînement de la vue est si utile.
Le plus grand danger que puisse craindre l’expérimentateur dans une séance magique, c’est la perte de son sang-froid.
« Perdre la tête », c’est abandonner le contrôle de la volonté sur l’être impulsif et soumettre l’ôtre immortel aux effrois que cause à l’être mortel toute vision de l’au-delà.
Or les entités astrales ne peuvent employer que la peur contre l’expérimentateur isolé dans son cercle et armé magiquement. Aussi l’individu qui se livre à ce genre d’expérience pour « s’amuser » et par « dilettantisme » doit-il avant tout être très courageux sous peine d accidents célébraux très graves dont le moindre est l’évanouissement prolongé. Le courage en pareille occurrence fera bien plus que la science. '
REALISATION
A ce propos rappelons quelques anecdotes caractéristiques.
Deux jeunes Indous se livrant depuis peu à l’élude de la magie ont l’idée de laire une évocation et. après quelques jours de préparation, font leur expérience, tant bien que mal. à la lisière d’un bois. Ils se placent dans le cercle et commencent les con jurations. Au même instant ils voient arriver d’assez loin un taureau luricux. les cornes abaissées, et qui se dirige droit sur eux. L’un des deux expérimentateurs perd la tête et se jette en dehors du cercle où il tombe aussitôt évanoui. L’autre eut la sagesse de ne pas bouger et constata que celte vision du taureau furieux n’était qu’une hallucination consciente.
L’évanouissement de l’imprudent fut très long à se dissiper.
Le récit de cette expérience a été fait dans un journal de Madras : le Tlicosophist.
Mais voici un fait du même genre, et tout récent, celuilà. Celle année (1892). un de nos membres, connaissant assez les pratiques magiques pour les avoir lues et étudiées. cul l’occasion d’accompagner un expérimentateur dans les environs de Lyon. Le cercle une lois formé au carrefour de trois routes, vers minuit révocation commence, et bientôt notre étudiant aperçoit un équipage arrivant au galop par l’une des routes. 11 distingue très bien les lanternes éclairées de la voilure, les pas des chevaux et les claquements du fouet. Sentant que la voilure arrivait sur eux, notre jeune homme veut se garer et. pris de peur, va se jeter hors du cercle, quand l’expérimentateur.habitué à ces surprises, 1 empoigne vivement et le relient de force. C’était encore une hallucination à laquelle le jeune débutant avait lailli succomber.
On comprend pourquoi l’entraînement de la vue et le contrôle constant de la volonté sur les émotions est si important pour ceux qui veulent laire les expériences dilliciles de 1 évocation consciente. Mais, liàlons-nous de le dire, ces expériences sont rares dan» la pratique magique, et il en existe beaucoup d’autres qui ne demandent ni ces minutieuses préparations ni en rigoureux entraînement.
De toutes façons, il est bon que le magiste se rende compte du parti qu’il peut tirer de la sensation, qui constitue la porte d’entrée directe de la nature dans rétro humain.
DES EXCITANTS INTELLECTUELS La Musique.
Nous avons vu qu’à côté de chaque ordre de substances entrant dans l’organisme, aliments ou air, il existait des excitants qui permettent une action rapide sur les centres organiques. Existe-t-il pour la sensation quelque chose d’analogue aux excitants dont nous venons de parler ?
Certainement : c'est le rythme et la mesure appliqués à la sensation et donnant naissance aux sensations musicales. L’ouïe est directement en relation avec le centre intellectuel et les impressions auditives, qu’elles parviennent de l'être humain ou de toute autre source, viennent frapper directement ce centre intellectuel. L’cducation moderne des sourds-muets, ou la vue, sens supérieur, remplace l’ouïe, nous montre qu’on peut agir médialement sur l’étre psychique ; mais l’oreille est la seule porte immédiate du centre intellectuel, nous ne saurions trop le répéter.
La musique émeut directement l’àme, et les ordres religieux ont toujours tenu compte de celte observation, de même, du reste, que les anciennes sociétés d’initiation. Mais le centre psychique n’est ému qu’autant qu’il est assez développé; aussi y a-t-il une grande différence entre la façon dont un ouvrier, un bourgeois ou un homme du inonde perçoit la musique, ou plutôt entre les différents genres de musique capables d’agir sur ces différentes classes d’êtres humains.
Ainsi, alors que l’instinctif pur aimera par-dessus tout le bal-musette, tout en s’élevant quelquefois jusqu’à
la musique militaire, l'ouvrier des villes et le petit employé trouveront leur idéal au café-concert, où la lumée du tabac, les llons-llons de l'orchestre et le verbe des. dames de l’endroit constituent une excitation physique en mode mi instinctif et mi-animique. Mais placez un artiste véritable dans un tel milieu, il s’ennuiera iortement et tout son être intellectuel se révoltera contre l’abrutissement qui l’envahit. Ainsi, ce qui est un excitant pour l’homme instinctif devient un supplice pour l’artiste, et la réciproque est tellement vraie que la petite bourgeoisie française, si friande de calcs-concerls et d’opéras comiques, est célèbre par l’incompréhension et le sommeil que développent en elle une symphonie ou un bel opéra.
La musique, en sa qualité d’excitant intellectuel, est donc si variée qu elle peut s’adapter aux besoins d’idéal de tous les êtres humains, quelle que soit leur élévation psychique. Aussi comprend-on quel puissant parti le magiste doit tirer de l'emploi de cet excitant direct de I inlellectualité.
Onpeut établir une classification de la musique d’après l’effet magique, de bien des façons, soit qu’on étudie au point de vue de la triple action sur les centres organiques l’orchestre considéré comme un être idéal tripliforme; composé d’instruments corporels caisses et bois), animiques (cuivres) et intellectuels (cordes), dont le chel d’orchestre est l’esprit ; soit au contraire qu’on s’occupe surtout du rythme et de la mesure ; soit enfin qu’on classe l’action musicale d’après les genres d’individus qu’elle impressionne surtout, et alors nous trouvons, comme grandes lignes.la musique instinctive,représentée par la chansonnette, le bal-musette et le café-concert ; la musique ammique, représentée par « le genre éminemment français », depuis la marche militaire et le chant national, modèle du genre, jusqu’à l’opéra comique ; enfin la musique intellectuelle, qui pour le peuple est la romance et pour 1 artiste un opéra de AA agner. Chacun de ces genres sera lui-même susceptible d une triple
Or les marches lentes et graves, accompagnées de l’encens comme parlum, doivent être particulièrement étudiées par le magiste au point de vue de l’auto-révé- lation de l ame dans la prière.
La poésie, qui est la musique du verbe, doit être aussi bien étudiée à ce point de vue du rythme et des correspondances ; mais nous reviendrons bientôt sur ce su jet. Nous en avons dit assez pour ceux qui voudront travailler par eux-mêmes.
RÉSUMÉ GÉNÉRAL
Il est temps maintenant de résumer tout ce que nous avons dit jusqu’ici concernant l’entraînement de l’homme en groupant les éléments considérés isolément.
La volonté, ayant tout pouvoir sur le choix des substances de l’air inspiré ou des sensations qui pénètrent dans l’être humain, peut modifier les tendances de cet être, soit en exagérant la puissance des forces organiques, soit, au contraire, en diminuant ceilc puissance. L’emploi des excitants permet d’atteindre rapidement, mais pour un temps très court, des résultats qui ne sont obtenus d’une façon continue que par le travail et l’habitude. Mais cet emploi doit être passager, car l’habitude du travail progressif est excellente, mais l’habitude des excitants est, au contraire, des plus dangereuses.
Possédant bien sa gamme d’aliments et d’excitants, le magiste est placé devant son organisme comme l’artiste devant son piano : suivant qu’il atteindra tel ou tel centre, c’est-à-dire telle ou telle octave, suivant qu i! appuiera sur telle ou telle note, un son dilièrent prendra naissance. 11 faut donc bien avoir présent à l’esprit le but à atteindre et l’on pourra ensuite partir sans crainte.
Entraînement de l’Être instinctif.
Avez-vous de la difficulté à réaliser vos idées, alors que vous les concevez facilement ; avez-vous de la peine
IDÉALISATION
à vous mettre au travail suivi, alors que le travail d’imaginalion se lait (lu lui-même, cela veut dire que le centre intellectuel l'emporte trop dans votre être sur le centre instinctif, et qu'il laut absolument réagir ; car, si un malheur subit ou des nécessités matérielles puissantes ne vous forcent pas à revenir à la vie réelle, vous ne réaliserez jamais rien do solide et vous deviendrez peu à peu un de ces causeurs d’estaminet ou de brasserie artistique qui ctonncut leur auditoire par l'originalité et la puissance do leurs idées , mais qui, impuissants à rien bâtir, donnent naissance à cotte catégorie de « ratés » envieux qui encombrent les administrations le jour et les brasseries la nuit. Le travail do réalisation est une souffrance qu'il faut s’habituer à supporter progressivement sous peine du mort intellectuelle. Pendant la réalisation, en effet, l'esprit se matérialise, et c’est pour lui une douleur contre laquelle il réagit de toutes ses forces . et pour vaincre cette douleur il n’cxislc, à notre connaissance, que deux moyens : i° l'habitude de toujours réaliser à la même heure ; 2° l’abrutissement conscient, la matérialisation de l’esprit, obtenus par le développement de l'être instinctif.
Aussi est-ce une erreur capitale que de mépriser le corps physique et ses besoins: ccst la source de l’impuissance intellectuelle d’abord, du mysticisme improductif ensuite qu il ne faut pas confondre avec l’extase), et de la folie eulin. La nature a donné à l'homme un triple attelage pour se conduire dans la vie, et ce n’est pas en tuant lu bœufde cet attelage, sous prétexte qu’il est trop lent, qu'on arrive à quelque chose; car alors on perd la possibilité des marches lentes, mais longues et soutenues.
11 faut donc savoir matérialiser son esprit, comme il faut savoir le dynamiser, et l’androgync hermétique porte sur un de ses bras coagula s’il porte sur l’autre solve.
Or la faculté de coaguler la lorcc nerveuse, nous la possédons, et voici comment :
Aliments — Aliments lourds et végétaux (Ex. : la choucroute).
Boissons.... (Excitants) Le lait ou la bière.
Bespiration. Lcnlc et peu prolondc.
Parfums.... La fumée du tabac.
Sensation... Contentement du goût.
Musique _ (Facultative) Lente, monotone et facile.
Temps . L’après-midi ou mieux le soir.
Dans l’état psychique ainsi produit, il est necessaire d’avoir son plan, son schéma ou son esquisse prépares, car. si l’on veut avoir des idées nouvelles, on perdra son temps.
Certains artistes au tempérament naturellement actit remplacent instinctivement cet entrainement matériel par l’habitude de la régularité du travail a un moment détermine.
C’est ainsi qu’Emilc Zola, dit-on, a pour habitude d’écrire (de réaliser définitivement) cinq a six pages de son œuvre prochaine tous les malins dès son réveil.
Ce moment est en effet celui ou l’esprit, sortant du sommeil avec son maximum de force, est .le plus calme possible.
Il y aurait des règles particulières à fixer pour chaque classe d’individus ; mais ces détails ne peuvent trouver place ici et nous les renvoyons à un traité plus volumineux que celui-ci.
Entraînement de l’Être animique.
Il existe certains hommes au teint pâle, au regard prolond, penseurs remarquables, réalisateurs souvent féconds. mais qui. s’ils ne sont pas détendus contre l’adversité matérielle par une amitié solide ou par une fortune suffisante, ne lardent pas à succomber sous les coups du destin implacable, talents merveilleux détruits dès leur naissance. Ceux-là n’ont pas assez de résistance organique, pas assez d’activité matérielle, et l’origine de cette activité c’est le sang. Combien d’artistes ou de littérateurs de génie rentrent dans ce cas, et Villiers de
risle-Adam, pour n’en citer qu'un, fut un exemple malheureux de celle vérité.
Or l uire animique n’est pas assez entraîné chez de tels hommes, ctc’cstavec raison que les Egyptiens, puis plus lard les Grecs, exigeaient de leurs philosophes les épreuves physiques, dont la préparation était la gymnastique.
La mysticité inhérente h ces natures de rêveurs les porte à exagérer ce caractère, elle végétarisme sentimental ne manque pas d’exercer scs ravages dans de tels milieux inlellectuels. L’exercice tout contraire, pour l’individu conscient du maniement de ses forces organiques, est seul le vrai. L’entrainement magique demandant avant tout l’équilibration complète de l’être humain, le premier devoir du magiste est de réaliser en lui l’activité des centres endormis ou affaiblis. Aussi l'entraînement de l’être animique doit-il être l’objet d’un soin tout particulier de la part de l’étudiant sérieux.
La base de cet entraînement est la suivante :
Alimenls .... Boissons.... Respiration. P a rj unis ... Sensation ... Musique ....
Temps favorable.. .
Viandes rôties. Gibier. (Excitant) Le vin.
Lapide et profonde.
Musc.
Contentement de l’odorat. Marches.
Immédiatement après les repas.
Quelques jours de cet entraînement suffiront déjà pour montrer à ceux qui s’y prêteront l’utilité des enseignements du magisme. Plusieurs fois nous avons eu l’occasion d’appliquer ces enseignements, et nous avons pu ainsi obtenir en un ou deux mois lédilication d’un ouvrage qui était poursuivie depuis bien longtemps déjà.
Notons encore que ce sont là des règles générales et quec est du groupement de tous les effets physiologiques précédemment décrits que résulte l’action cherchée. Un ignorant qui, sans se rendre compte de l’action organique des aliments ou des parfums,'Ouvrirait le traité à cette page, ne manquerait pas d’être" étonné que le vin
ou le musc aient une influence quelconque sur les idées. Mais nous écrivons le résultat de nos essais pour les chercheurs sérieux, et nous renvoyons les autres à la lecture du « Dragon rouge » et du « Grand Grimoire », bien plus amusante certes que nos élucubrations, trop physiologiques sans doute pour les gens pressés d’évoquer Charlemagne entre la poire et le fromage.
Entraînement de i/Etre intellectuel
Possédez-vous de grosses mains et de gros doigts accompagnés d’une puissance très grande de travail unie à une grande difficulté d’assimilation rapide et de compréhension artistique? Avez-vous cependant le désir intense d’affiner votre être intellectuel, de mettre votre travail et jusqu’à votre appétit au service de votre cerveau? fiez-vous à la mémoire, que vous avez excellente, quoique lente au début, et je vous promets une carrière élevée, malgré la longueur du chemin à parcourir. Retenez bien cependant qu’il vous faudra apprendre à vaincre à tout propos les besoins cl les appétits qui constituent presque toute votre existence; qu’il vous faudra surtout dompter à tout jamais ces accès de colère qui vous envahissent à la moindre contrariété; qu’il vous faudra enfin suivre exactement la gymnastique intellectuelle que nous avons esquissée à propos de la sensation et de la musique.
Ajoutez U cela le régime suivant, comme base de votre entraînement, et dans les six mois je vous promets, d’après les essais faits actuellement, la première vibration de votre ùmeaux accents de la divine musique.
Aliments . Fruits et laitage. — Œufs. — Peu de
viande. — Sucre.
Boissons . (Excitants) Le café une fois par jour. —
Le thé deux fois en un jour, chaque semaine.
Boisson habituelle. L eau pure ou très peu coupée de vin.
Respiration .. Lento avec expiration retardée.
Parjums . L’encens avec entraînements psychiques
(prière) fréquents.
Sensation _ L’ouïe doit Cire développée ainsi que la
vue. —*Etudc attentive et suivie de la musique.
Musique . Sacrée. — Concerts symphoniques. —
Opéra. — Musique allemande moderne (Wagner).
Heure de truo. Toujours à jeun le matin, de 7 h. à 11 h.
— L’après-midi,de 5 h. à 7 h. — Réalisation le matin, invention l’après-midi.
Balzac . Traité des Excitants modernes, reproduit dans le journal Le Voile dlsis, r* année.
Baudelaire . Les Paradis artificiels.
Elipiias Lévi . Rituel de la Haute Magie.
Stanislas de Guaita... Le Serpent de la Genèse (p. 3Go. Lo Haschisch).
D r Nodin-Cuunder Paul. La Philosophie éyoga.- Louis lucas . La Médecine nouvelle.
^A-puel Fuluium c \)rsinx in numifnxate dcrco
Apollonius du Thyan.
Ce portrait provient des collections particulières d'Eliphas Lévi et devait figurer dans l’histoire de la Magie. (Livre 111, chap. 11.)
CHAPITRE VI
DE LA MÉDITATION
(Ce qui pense)
A-t-on réfléchi aux nombreuses transformations par lesquelles passe une parcelle cl aliments avant de devenir partie intégrante de l’organisme? Or l’analogie nous enseigne que la sensation, qui n’est en somme que l’aliment de l'ètrc psychique, doit subir aussi de sérieuses transformations avant sa complète assimilation.
Le travail physique peut être considéré sous trois points de vue très généraux : i° liltration des sensations par les organes des sens et condensation de ce travail pour produire les idées ; 2 ° fixation des idées ; 3 ° digestion des idées constituant l’origine de la pensée.
Les organes des sens représentent pour la sensation ce que la bouche, 1 estomac, l’intestin représentent pour les aliments, des organes de séparation et de première translormation.
Ces idées une fois produites, analogues au chyle, sont condensées dans la mémoire comme le chyle estcondensé (en grande partie) dans le foie. Chardel définit la mémoire une réaction de l’intelligence sur la sensibilité, et les phénomènes de la double conscience et de l’hypnotisme viennent donner un singulier appui àcette définition.
Mais là s’arrête le travail de l'homme impulsif, de l’homme réflexe, dont le type idéal est l’employé de bureau, méticuleux, routinier et sans initiative. Là, par
MAGIE PRATIQUE I I
RÉMASATION
contre, commence l’action du magiste, qui considère la mémoire, si chère aux pédagogues actuels, comme une faculté purement passive.
Quand le chyle a été condensé dans le foie, il n’a pas terminé son évolution ; car la circulation s’en empare de nouveau et l’entraîne dans le poumon, où, d’après Louis Lucas, corroboré parles modernes histologistes, certains globules blancs se transforment en globules rouges.
Or dans la circulation psychique, à ce premier travail tout rudimentaire de la filtration et de la fixation des sensations succède un autre travail bien plus compliqué : celui de la digestion des idées produites et emmagasinées. A ce qui sent va succéder l’action de ce qui pense, action bien plus élevée et à laquelle n’atteignent que quelques-uns d’entre les êtres humains. « Avoir des idées, dit Fabre d’Olivet, c’est sentir; avoir des pensées c’est créer. »
Or la méditation est l’exercice de la pensée : c'est l’origine du développement des facultés latentes en l’homme, y compris la prophétie et l'extase.
Le développement spécial de la mémoire que donne 1 instruction, telle qu elle est actuellement laite, n est pas nécessaire le moins du monde à l’exercice de la méditation. et la prophétie se développera bien plus rapidement en l’àme d’un berger, contemplatif par nature, qu’en l’esprit d’un pédant surchargé de diplômes et de préjugés ridicules.
L instruction est un outil, un moyen, souvent un danger si elle est incomplète, jamais un but, sauf pour l’Occidental dit « pratique ».
De même que les divers procédés que nous avons décrits jusqu’ici aident à l’entraînement de ce qui sent en nous, l’exercice de la méditation développe rapidement et sûrement ce qui pense, et c’est là un des effets sur lesquels le magistedoitporter particulièrement son attention.
Mais comment doit-on s’y prendre pour exercer la méditation, me direz-vous ?
Goethe voulant pénétrer un secret de la nature, touchant l’anatomie philosophique par exemple, prenait le
crâne d’un animal quelconquceLs'asseyantàl’écart.dansle jardin, contemplait longuement l’objetdc ses recherches. Peu à peu les idées venaient, les rapports, obscurs jusqu’alors. devenaient patents, les analogies se groupaient, et l’existence d'un os intermédiaire entre les maxillaires, l’existence des vertèbres céphaliques devenaient évidentes sous l’intluence de la méditation, Ldgar Poe, démontrant dans son Eurelm que la méditation seule a conduit le fondateur de l’astronomie contemporaine à la découverte de ses lois, nous enseigne aussi la voie à suivre ; car la vérité se dégage toujours de la contemplation directe de la nature par l’homme qui sait assez s’abstraire pour entendre le langage éternel et simple de la puissance créatrice. Le démon de Socrate n’était—il pas un meilleur guide que tous les codes de morale alors connus?
Si donc vous n’avez pas encore bien compris comment on peut se livrer à la méditation , laissez-moi m efforcer de vous faciliter la besogne de mon mieux en établissant quelques règles et quelques divisions, bien arbitraires sans doute, mais qui pourront malgré tout être utiles, à mon avis :
i° Le premier exercice psychique auquel on doit se livrer, c’est de remplacer toujours les réponses et les idées purement réflexes, issues uniquement de la mémoire, par des réponses réfléchies et mesurées. Il n’y a pas de plus terrible ennemi des efforts de la méditation que la masse flottante des idées « qu’on sait par cœur», des réponses toutes prêtes données par les livres d enseignement aux questions élevées qu’on peut journellement être appelé à résoudre. L’individu qui exhibe le nombre d’idées fixées dans sa mémoire pour faire preuve de sa valeur intellectuelle est semblable à celui qui récite de vieux calembourgs pour faire preuve d’esprit.
Aussi la discussion contradictoire et la polémique doivent-elles être évitées soigneusement par l’homme sérieux Ce sont là des exercices purement inutiles ; car on blesse presque toujours ses adversaires, et, l’amourpropre aidant, on transforme les demi-convaincus en
ennemis définitifs des idées exposées. L’assentiment intellectuel est une production toute personnelle ; aussi, croyez-moi. laissez les impulsifs discuter à leur aise et sachez garder le silence chaque fois qu’une discussion violente naîtra devant vous. Au besoin, relisez les « vers dorés » de Pythagore ; enseignez, dites votre pensée aussi clairement que possible, mais respectez-vous assez pour ne jamais discuter; car, encore une fois, c’est là un emploi bien inutile dos facultés intellectuelles.
En résumé, le premier exercice de méditation consiste à se rendre compte des idees qu’on exprime et à toujours donner le pas à l’intelligence active sur la mémoire dans le travail psychique.
2° Outre cela il faut s’habituer à regarder bien plus qu’à voir les laits qui se présentent à nous journellement ; il faut autant que possible chercher toujours à se rendre compte de l’idée invisible déguisée sous la sensation visible et matérielle.
Rappelons-nous les enseignements fournis par cette sensation si grossière d'un fiacre passant dans la rue.
Ainsi, de même qu'on n’émettra pas une idée qui n’ait pas été digérée par le travail intellectuel, on n’admettra pas une sensation qui n’ait été arrachée du travail tout réflexe de l’être impulsil pour être livrée au travail conscient de l’esprit. Cet exercice, fait avec assiduité, développe autant la volonté que les pratiques les plus longues et les plus compliquées.
3 ° Lorsque, par la réflexion apportée dans le travail des sensations, on aura étudié l’invisible qui se dégage du visible, l’idée qui se dégage delà forme, l’ésotérique, comme nous disons, qui se déguise sous l'éxotérique, il faut aller plus loin et chercher les rapports des idées entre elles.
C’est là où le maniement de l'analogie jouera un rôle considérable. Telle plante, telle pierre, qui pour le profane n’ont pas de signification, manifestent au magiste les signatures astrales qui relient cette plante ou cette pierre à tel ou tel animal, à telle ou telle position planétaire. C est la la seule science des « guérisseurs » et des
« sorciers de village », et, aidés par leur foi, ces gens font plus pour les simples quclepcdant docteur qui les bafoue sans réflexion ne peut faire avec ses médicamenls. cadavres d’éléments fabriqués sans volonté et administrés sans foi ! La magie est la science du rapport des choses, a dit Kircher, et cettedélinilion est merveilleuse. quoique restreinte.
Rechercher par soi-même et en dehors des //amies analogies naturelles, tel doit être le troisième exercice psychique du magislc.
4 ° Outre l’application de la méditation aux œuvres de la nature, nous recommanderons aussi vivement les longues stations devant les œuvres d’art. Ces stations doivent être faites autant que possible en dehors des jours ou des heures où la foule est là et dans (es moments les plus silencieux. Il est utile de donner plusieurs séances à la méditation d'un seul chef-d’œuvre, sans jamais consacrer une meme séance à deux œuvres différentes.
Quand il s’agit d’un ouvrage, il faut agir de meme. Consacrer plusieurs séancesà lalectureassidue, etla plume à la main, de l’ouvrage en question, sans jamais lire deux œuvres différentes à la fois. Ce procédé, recommandé jadis par Montaigne, n’a rien perdu de sa valeur. Il vaut mieux ne pas entreprendre une lecture et ne pas fatiguer son intelligence inutilement que de la faire à la hâte et sans méditation. Ajoutons cependant que ce procédé doit être appliqué aux chefs-d’œuvre incontestés et que la lecture du « Petit Journal » par exemple, qui n’émeut que lesrcflexes, ne demande aucune dépense d’intelligence, loin de là.
DEUXIÈME PÉRIODE
PSYCHOMÉTRIE -TÉLÉPATHIE
On comprend sans peine que ce sont là des lignes très generales et qui peuvent beaucoup varier touchant les entraînements psychiques préliminaires ; nous arrivons
maintenant à quelques pratiques plus difficiles, mais bien plus imporlanlespour le magisle. Ceux qui éprouvent une certaine difficulté à prendre résolument unedécision, ou même ceux qui veulent pousser assez loin l'entraînement psychique, (eront bien d’user delà pratique suivante:
Tous les matins au réveil, et autant que possible au lever du jour, ils s’envelopperont dans une couverture de laine dont un coin rwa rabattu sur la tête, cl resteront assis dans leur lit. concentrant leur pensée sur les travaux h entreprendre dans la journée et passant en revue leur organisme d’après les impressions fournies par le sens interne. Ils feront cet exercice de méditation d’abord pendant 10, puis i 5 , puis 20 minutes chaque matin, six fois par semaine Pendant ce temps la respiration sera lente et profonde. Au bout de quelques jours de pratique de ce procédé, indiqué par F.-Ch. Barlet, un grand bien-être se fait sentir et l’être de volonté prend de plus en plus d'autorité sur l’être impulsif On peut alors essayer la psychomctrie. puis la télépathie.
On s’exerce à la psychomélrie autant que possibledans l'obscurité et d'abord avec des lettres de personnes connues. lettres qu’on mélange avant l’opération et qu’on pose une à une sur le front, en accordant cinq minutes de méditation à chacune d’elles.
Au bout de quelques jours d’exercices les images se précisent, deviennent plus nettes, et la vision ou l’impression des personnes qui ont écrit se manifestent avec plus d’intensité.
On remplace ensuite les lettres par des objets anciens, et les visions des antiques civilisations se présentent au voyant et d’une manière consciente, s’il est assez développé.
On trouvera du reste des détails complémentaires sur la psychometrie, soit dans l’ouvrage du créateur de la méthode, soit dans la revue VInitiation.
Lorsqu on est arrivé à obtenir quelques résultats satisfaisants par l’emploi de la psychometrie. on peut essayer la communication de pensée à distance, nommée télépathie par certains observateurs contemporains.
Deux opérateurs s’appliquent à la méditation à une meme heure, à deux points différents. L'un de ces opérateurs pense fortement à une chose, l’autre ressent la pensée du premier. Les Arabes excellent dans ce genre de pratique, grâce à leur habitude de la méditation.
Pour détails complémentaires, voir dans les Annales des sciences psychiques les expériences très curieuses de deux hommes de lettres, M. Léon Desbeaux, actuellement directeur dcl’Odéon, ctM. L. Ilcnriquc, l’auteur de « Amour ». merveilleux drame ésotérique, et aussi nos expériences personnelles entre Paris et Marseille, dans le voile d'Isis et dans VInitiation.
Des résultats également très concluants ont été obtenus dans l’étude de lapsychométrie au Groupe indépendant d'études ésotériques.
DE L’AMOUR
EXCITANT DE i/lIOMME DE VOLONTÉ
Il existe des substances, des parfums, des sensations capables d'influencer chacun de nos trois centres organiques ; mais l’étre total, l’homme de volonté, l’homme immortel, est-il h l’abri d’une action pareille? Non certes.
Mais ce n’est plus une substance, ce n’est plus un parlum. ce n’est plus même une sensation quelque élevée qu elle soit, fùt-ce la musique la plus divine, qui peut ébranler l’esprit immortel en sa retraite profonde, c’est quelque chose de pire ou de plus élevé, suivant l'emploi qu’en fait l’être humain : c’est l'amour.
L’amour, depuis l’affinité mystérieuse qui pousse l’atome vers l’atome, depuis l’impulsion insensée qui porte l’homme vers la femme aimée à travers tous les obstacles, jusqu h l’entraînement mystérieux qui jette l’intelligence, affolée d’inconnu, aux pieds de la beauté ou de la vérité, l’amour est le grand mobile de tout être créé agissant en mode d’immortalité, et l’amour a deux
voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut; carie centre pivotai de l’esprit immortel est le meme que le centre de la sphère animique, le rayon seul est plus étendu.
Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour, amour des astres pour le soleil ou amour de l’atome pour la force ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu elle agisse en mode de Venus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de rimmanilé. et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’HEVE qui illumine toute femme venant en ce monde.
Or celui qui luit l’amour ne saura jamais lui résister, et un merveilleux écrivain doublé d’un vrai connaisseur de l ame humaine, Anatole France, a fort bien exposé cette loi magique dans « Thaïs ». où le moine Paphnuce est definitivement terrassé par celte puissance qu’il avait mal comprise.
Aussi l’imprudent qui fait appel à la magie poursuivre sa passion amoureuse n’est qu’un ignorant ou un sot ; car il demande des armes pour combattre au moment même où il s’avoue vaincu. Le magiste ne doit pas être dompté par l’amour plus qu’il ne doit l’ignorer : la chasteté absolue n’est exigée de l’expérimentateur que dans les [\o jours qui précèdent l’œuvre magique.
Mais si le magiste doit pouvoir résister à la colère comme à la haine qu’il sent naître en lui, il doit encore plus pouvoir diriger cette puissance dynamique formidable qu’est l’amour, quand il est mis à même de le rencontrer sur son chemin.
Quand un bel attelage de merveilleux chevaux se présente à vous, au cours de votre route, et que vous avez la faculté de monter dans le char qu’ils traînent et d’abréger ainsi votre chemin, que ferez-vous?Perdrez-vous votre temps, déjà si précieux, à lutter contre la fougue de ces chevaux en leur barrant la route, ou, vous jetant
IIOMMK
dans le char, saisirez-vous les guides d’une main sûre pour aller de l’avant?
Concluez ; car dans la vie le problème se présentera journellement à vous. Vous avez deux dangers à redouter si vous demeurez sur la roule, d’elro piétiné par les coursiers, ou tout au moins de perdre voire temps sans aucun profit: si vous montez dans le char et que vous n’ayez pas l’énergie nécessaire, de voir les chevaux s’emporter. Souvenez-vous que l’audace est la première des qualités requises du magislc après le savoir, et apprenez à résoudre vous-mème l’énigme du sphinx. Nous vous avons suffisamment montre la routede notre côté, laissez les chevaux agir, mais tenez bien les guides
L’homme ne saurait oublier qu’il ne forme qu’un des pôles psychiques de l'humanité, et que son idée ne deviendra dynamique que lorsqu’elle aura été réactionnée par un cerveau féminin. Montres-moi le réalisateur religieux ayant réussi dans son œuvre sans l’aide des femmes? Platon, dans le Banquet, no ifs donne la clef de la séparation primitive de l'être humain en deux pôles ; loutcla science magique réside dans l’emploi psychique et non physiologique de l’elincellc produite, et c’est là sans contredit la force la plus puissante qu’il soit donné au magicien de connaître et de diriger. Les poêles, ces prophètes de la nature, l ont toujours enseigné à travers tous les âges. Or ne méprisez jamais les enseignements des poètes, si vous voulez connaître et pratiquer la science éternelle des mages.
Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage consacrant ses efforts et ses veilles au culte desintéressé de la vérité sera aidé dans scs travaux par la présence de plus en plus perceptible de l âme sœur, entité astrale sacrifiant son évolution
f iersonnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes es plus profonds des « mystères de l’amour » : ceux qui étudieront la Kabbale en pénétreront seuls tout le secret.
Mais à côté de cette poursuite ardente de la vérité, combien d’appétits bas et vulgaires existent, dépensés
sous cctlo cliquette regrettable. Ceux-là qui ont sacrifié toute leur vie à la recherche des plus hauts problèmes qui aient ému jamais l’humanité sont traités de fous et de rêveurs par les autres. Les autres : ce sonteeux pour qui l'étude n'est qu’une chimère qui mène à la fortune et aux situations grassement rétribuées, ce sont ceux qui, mollement installés dans une chaire que leur ont permis d’atteindre les protections et les rentes de leurs parents, critiquent vertement les rêveries de ces bons alchimistes du moyen âge. M. X.., n'a pas assez d’indignation pour flétrir la conduite de Paracelse, indignement calomnié par un élève renégat.
Et quand on voit la carrière de ce merveilleux génie que fut Paracelse, pauvre toute sa vio et sacrifiant toujours les traitements au culte de la vérité, voyageant à pied toute l'Europe et une partie de l’Asie pour arracher leurs secrets aux quelques centres d'initiation subsistant encore, et, lort du génie qu’il avait enfermé dans le pommeau de son épée, faisant des cures miraculeuses et brûlant devant son auditoire les livres de l'enseignement officiel, enfin mourant aussi misérable que glorieux, et crucifié depuis en chaque exemplaire de chaque dictionnaire « historique » ; quand on voit cela, ce n’est pas devant M. X..., malgré ses 12.000 lr.de traitement, qu’on a envie de s'agenouiller; car M r X...,c’est la courtisane de la vérité vendant ses études, comme la courtisane vend ses caresses... au plus offrant et dernier enchérisseur.
Or s’il se trouve à travers les âges des savants réels comme Bichat ou Claude Bernard, combien cela suppose-t-il de MM. X..., critiques acerbes et ennemis jurés de toute innovation et de tout progrès ?
Or, de même que le grand savoir de l’homme du monde consiste à distinguer les amoureuses des vendeuses d amour, le premier devoir du magiste consiste à reconnaître 1 amour véritable partoutoù il se manifeste, comme à démasquer sans pitié les vendeurs qui deshonorent le parvis de ce temple, le-plus sacré de tous, car il a permis la manifestation de deux grandes figures du christianisme : Madeleine et sainte Thérèse.
DES OBSTACLES
RÉACTION DE LF.TRE IMPULSIF
Il ne faut pas croire cependant que l’action volontaire dans une sphère quelconque soit aussi facile h accomplir qu’on se le figure tout d’abord.
Chaque affirmation de la puissance de la volonté est en effet précédée et surtout suivie d'une réaction en sens contraire de la part de l’être impulsif, réaction si énergique parfois que l’individu tout disposé à agir est envahi par un découragement et une lassitude tels qu’il remet son action au lendemain.au grand détriment de sa puissance volitive.
En effet, le travail intellectuel ne peut s’obtenir qu’au prix de la soumission absolue de l’homme impulsif à l’homme de volonté, pour quelques instants. Mais un entraînement tout particulier est nécessaire à cet effet, sous peine d’impuissance complète dans la réalisation.
Ces choses paraîtront naïves ou paradoxales aux individus peu habitués à l’action personnelle et surtout à la réalisation ; mais il n’est pas un artiste, pas un écrivain qui n’ait senti naître en lui les phénomènes dont nous allons parler'.
Supposons en effet qu’après des atermoiements successifs, après des crises de paresse et de pessimisme, vous soyez enfin attelé à votre travail de réalisation intellectuelle. Vous vous figurez que l’effort de volonté que vous avez dépensé pour en arriver là est le seul nécessaire et que, maintenant, tout va marcher sans encombre.
Mais à peine êtes-vous sur le point d écrire ou de des
' Là, devant ia feuille blanche, quand on arrive avec son idée, indécise, vague, floUanle, et. qu'il faut couvrir cette feuille de papier de pattes de mouches noires donnant une solidification exacte, logique, rigoureuse, au brouillard de votre cervelle, les premières heures sont vraiment dures, sont vraiment douloureuses.
(De Goncourt, Mémoires. Echo de Paris , du 5 décembre 1891 ).
sincr qu’un immense besoin de sortir et de marcher s’empare de voire être. Il vous semble que, dehors, l’idée actuellement quelque peu obscure va se préciser. Ce besoin prend bientôt une telle importance que, si vous n’èles pas instinctivement habitué, vous vous levez, vous laissez la votre travail, et vous sortez. Vous avez succombé au piège tendu par l'être impulsif, que le repos physique accablait, et bien entendu votre idée n’est pas plus claire qu’auparavanl. loin de là. Dans ce cas c’est le centre instinctif, dont la marche est le moyen d’action caractéristique, qui a trompe votre vigilance.
Supposons cependant que vous connaissiez déjà ce piège et qu’au lieu de céder, votre volonté se tende au contraire davantage vers l’ellbrl à accomplir. Alors l’action de l’être impulsif se manifeste d’une autre façon.
Le besoin d’action physique disparait comme par enchantement et une soif assez vive se fait sentir progressivement, à mesure que le travail cérébral s accentue. Encore un piège du centre instinctif ; car chaque gorgée de liquide absorbée entraîne une partie de la force nerveuse en ce moment dans le cerveau et reculera d’un peu la réalisation projetée.
Mais vous dominez encore cette sensation et la plume écrit enfin sur le papier. C’est alors que les autres centres impulsifs entrent en action. Les besoins physiques se taisent ; mais les émotions sentimentales viennent les remplacer. Les images des luttes passées, des alléchons d’autrefois, des ambitions de demain se dessinent peu àpeu, et une force en apparence invincible vouspousse à laisser tomber la plume, à vous renverser en arrière, et à laisser aller votre esprit à la douceur mélancolique ou à I ardeur impétueuse des rêveries qui s’ébauchent. Combien de jeunes réalisateurs peu aguerris se laissent prendre à la tentation, et combien de fois l’œuvre restet-elle encore une fois en suspens ! Et nous ne parlons pas de 1 action combinée du besoin d’activité et des sentiments qui s’ajoute souvent à ces deux impulsions isolées. Ce sont là des réactions que chaque auteur croit personnelles et qui ne sont dominées que par une habitude
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instinctive de régularité très grande dans le travail ou par l’âge ; car ces réactions sont causées par la sphère animique.
Il nous reste maintenant à décrire le plus dangereux des pièges à éviter, celui auquel sc font prendre à coup sûr presque tous ceux qui ont su résister aux précédentes réactions.
Quand le réalisateur a su résister au besoin d’action, d’aliments ou d’excitanls, à la colère, à l'énervement, aux émotions sentimentales et qu’il poursuit sa route opiniâtrement, il s’arrête tout à coup illuminé d’une idée merveilleuse, jusque-là inaperçue, et qui va lui ouvrir de grandioses horizons encore inexplorés. Après cette idée une autre encore, puis une série, et tout cela est tellement inespéré, tellement ravissant, que vite on se jette sur son papier ou sur sa toile et l’on prend fiévreusement des notes... éloigné progressivement de son sujet. Quand on revient à soi, le cerveau, fatigué par l'effort qu’il vient d’accomplir, n’a plus la force d’aller plus loin. On range soigneusement les notes précieuses qu’on vient de prendre, et c’est ainsi qu’on emplit chaque jour ses tiroirs de notes et qu’on ne peut jamais venir à bout d’écrire son œuvre. C’est là en effet le mode de réaction de la sphère intellectuelle, cjui. ne voulant passe plier au despotisme de la volonté qui la contraint pour un moment à l’immobilité, tente l’esprit de l’auteur par la beauté de ses idées et secoue bientôt tout à fait le joug de la puissance qui la tenait en respect tout à l’heure.
La connaissance de ces réactions de l’elrc impulsif est des plus utiles, car c’est là le moyen de les éviter. En effet, la patience et l’opiniâtreté opposées à cet être impulsif permettent d’atteindre vivement et sûrement le but qu’on s’est fixé et le réalisateur ne doit pas perdre un instant de \uc la fin qu’il poursuit : rappelez-vous la légende des sirènes, dans l’antiquité.
REALISAT.ON
Pour la par lie artistique :
Anatole France. ... Thaïs, i vol. in-i8.
Emile Michelet . VÉsotérisme dans l'art, in-i8, 1890.
Conférences ésotériques.
De Concourt . Mémoires.
Pour la science occulte :
Parus . Traité méthodique de science occulte, p. 21.
WiLLiM Dento.n . The soûl of Things.
Louis Deiniiart . Psi/chômé trie, Brunschwig, 1891.
Yvon Le Loup . La Psychomélrie (Initiation n° C, 5 e année,
G urne y et Myers.... Les Hallucinations télépathiques, Alcan,
CHAPITRE Vil
RÉALISATION DE LA VOLONTÉ.
La philosophie classique a le singulier mérite d'avoir choisi, comme base de ses affirmations louchant l ame humaine, un ternaire qui répond en tous points aux enseignements de l'occultisme : ce qui seul, ou sensibilité; ce qui pense, ou intelligence: ce qui veut; ou volonté.
Nous avons vu comment un entraînement spécial permet de développer en l’homme ce qui sent et ce qui pense; il nous reste à considérer la dernière partie de notre étude. Le développement de la volonté commencé par les divers exercices physiologiques ou psychiques dont nous avons déjà parlé se réalise dans l ent ralliement des organes d’expression de l’homme, qui sont au nombre de quatre : le regard, le verbe, le geste, et la marche ou action générale. Or la magie, considérant par dessus tout les marques extérieures des rapports occultes des choses, attribue à chacun de ces organes d’expression divers instruments symboliques dont la connaissance est indispensable pour l’étudiant. Ainsi les miroirs magiques servent surtout à l’éducation du regard, le bâton magnétique et l’épcc à l’éducation du geste, de meme que les ligures pantaculaires, vulgairement appelées talismans. Enfin les cercles et les marches concourent à l’éducation du dernier des organesd’expression de l’homme. Nous allons avoir à nous occuper maintenant de ces divers ordres d’entraînement.
DE L’ÉDUCATION DU REGARD
MIROIRS MAGIQUES. -MAGNÉTISME.
Les miroirs magiques sont essentiellement des organes de condensation de la lumière astrale ; aussi le charbon, le cristal, le verre et les métaux pourront-ils être employés dans leur construction suivant l’usage qu’on en veut faire.
Sans nous occuper ici des diverses opérations qui concourent à la consécration rituelle d’un miroir magique, nous allons traiter surtout de la construction matérielle et des effets produits par ce genre d’objets.
Le plus simple des miroirs magiques est un verre de cristal rempli d’eau pure. On place un verre sur une nappe blanche et on dispose une lumière derrière ce verre.
Avec ce dispositif rudimentaire nous avons pu obtenir des résultats très intéressants. C est ainsi que, voulant convaincre un sceptique, nous avons fait fixer par un de ses enfants, une jeune fille, le centre du verre d’eau, en tenant notre main droite sur la tète de l’enfant. La jeune voyante a immédiatement décrit une scène se passant assez loin de là et, vérification faite, tout se trouva exact.
Nous avons meme expérimenté ce procédé, dévoilé par Gagliostro, sur des femmes absolument réfractaires à l’hypnotisme, et nous avons pu obtenir des résultats immédiats aussi probants que curieux Dans ce cas il faut (aire une consécration rapide du miroir et un appel à Anael d’après le rituel décrit dans la troisième partie. Les résultats gagnent beaucoup en rapidité et en intensité.
Mais il existe une autre categorie de miroirs employés par les magiciens arabes et très faciles à exécuter. 11 suffit en effet de noircir avec du cirage l’ongle du pouce d un enfant assez nerveux, en faisant l’évocation prescrite et en brûlant les parfums convenables à l’heure ou au jour de 1 operation, pour obtenir des résultats satisfaisants.
On peut aussi noircir plus ou moins complètement
avec du charbon, ou mieux avec du fusain, un carre do papier à grains (papier à dessin), pour obtenir un excellent miroir, susceptible d’impressionner des sujets quelque peu nerveux.
Les voyageurs ont décrit plusieurs miroirs magiques employés en Orient 1 .
Nous avons personnellement expérimenté un miroir magique rapporté de l’Inde et qui est formé d’une boule de cristal réfléchissant la lumière. Au-dessous de cette boule de cristal est un petit compartiment destiné à recevoir l’objet au sujet duquel on désire consulter la voyante. Les expériences laites avec des sujets hypnotiques ordinaires ont donné de très curieux résultats.
En résumé, tous ces miroirs ont pour unique effet de concentrer en un point une parcelle de lumière astrale et de mettre la vie individualisée en chacun de nous en rapport direct avec la vie universelle, conservatrice des formes.
Il ne faut pas se figurer qu’il suffit de regarder dans un miroir magique pour se distraire un peu après dîner et qu’on verra aussitôt apparaître les formes évoquées. Les opérations magiques, meme les plus futiles, demandent une grande tension d’esprit, un calme absolu, et surtout un sentiment profond de la difficulté de la tache entreprise. C’est donc par l’entraînement progressif qu’on s’habituera à la vision dans le miroir, et ici quelques conseils sont nécessaires pour l’opérateur.
Supposant donc que l’expérience est laite avec le calme et le recueillement nécessaires, voici les obstacles à vaincre. Quand on a regardé fixement pendant quelques instants le centre du miroir, on sent un picotement caractéristique dans les yeux et l'on est souvent forcé de fermer momentanément les paupières et, par suite, de détruire tous les elïorts faits jusque-là. Le clignement des paupières est dû à Luire impulsif et est purement reflexe ; aussi faut-il le combattre par la volonté et c’est une affaire de quelques jours seulement.cn faisantchaque
1 Voy. Un Badaud Coup d'œil sur la Magie , Denlu, 189a.
jour une séance i!e vingt minutes au maximum. Au moment donc où se sent le picotement caractéristique des veux, il faut tendre sa volonté pour empêcher les paupières do se fermer, et on y arrive assez vite, nous l'avons dit.
Ce premier i-ésultat étant obtenu, on verra d’abord le miroir prendre une teinte différente de celle qu'il présente habituellement, des effluves rouges, puis bleuâtres et semblables aux effluves électriques se montreront, et c’est alors seulement que les formes apparaîtront. On trouvera dans la 3” partie tous les détails complémentaires au point de vue des parfums et de la consécration. Les chercheurs studieux pourront aussi lire avec fruit le chapitre consacré par Cahagnel. dans sa Magie magnétique, aux miroirs magiques et à leur fabrication.
Ce que nous avons dit touchant l’éducation du regard dans le sens de la fixité à obtenir s’applique exactement aux procédés magnétiques de fascination. Dans ce dernier cas l'œil du fasciné agit comme miroir et reçoit les impulsions lluidiques émanées de l'oeil du fascinateur. Le véritable magnétisme exige une autre pratique que celle de l’émission du fluide ; c’est sa condensation , son accumulation autour du magnétiseur. C’est là le seul secret des guérisons obtenues par l'usage de l'amour de l’humanité en se rappelant qu’on peut vouloir de deux façons : soit en émettant une grande quantité de lluide en plissant le front et en prenant un air farouche, c’est le procédé répulsif, ou tout au plus pour se défendre contre une attaque d’êtres psychiques ; soit au contraire en désirant avec intensité le résultat à obtenir. 11 y a alors attraction do fluide vers le magnétiseur, qui n’a plus qu’à le renvoyer après l’avoir dynamisé. En espagnol querer veut dire en même temps aimer et vouloir ; c’est toute la clef du magnétisme dit curatif. On doit magnétiser plus avec le cœur, qu’avec la tête, image peut-être un peu grossière, mais qui répond strictement à la réalité des faits. Nous reparlerons sans doute encore du désir et de sa puissance bien plus grande que celle de l’impulsion volitiye brutale.
IIOMMl
On sait la place que tientdans la science acluellc l’étude des vibrations : mais cette étude a été portée presque exclusivement dans le domaine des faits physiques et c’est à peine si les captivantes conceptions de Camille Flammarion ont attiré l’attention sur les résultats psychiques qu’on peut obtenir de ces études. Or la science occulte enseigne que toute vibration du plan physique détermine des changements d'état particuliers dans le plan astral et dans le plan psychique : c’est en se rendant bien compte de celle alVirmation et de ses résultats (pi on peut concevoir l'influence considérable qu'exerce le verbe humain sur tous les plans de la nature.
L’émission du verbe comprend en ellel trois ell’ets simultanés.
1 " L’émission d’un son mettant en action le plan physique de la nature.
2 ° L’émission d’une certaine quantité de fluide vital mettant en action le plan astral.
3” La libération et la création d’une entité psychique qui est l'idée, à laquelle le son donne un corps et l’articulation donne la vie. Chaque idée ainsi réalisée et manifestée dans le monde matériel agit pendant un certain temps comme un être véritable, puis s’éteint et disparait progressivement, du moins dans le plan physique. La durée d’action de cette idée dépend de la tension cérébrale avec laquelle elle a été émise, c’est-à-dire de la quantité de vitalité dont elle a été revêtue. Dans certains cas. l'homme tout entier sacrilie sa vie particulière au bénéfice de l’idée qu’il détend, et alors se créent en astral et surtout dans le monde divin des courants d’une puissance considérable. C’est là qu’il faut chercher la véritable influence des persécutions et des martyrs sur l’avenir des doctrines philosophiques ou religieuses.
Le verbe est l’instrument de génération de l’esprit, et cette vérité, proclaméeparMalfatti deMontereggio en i 83q,
BÉAfc'SATION
a été remise au jour et éclairée davantage encore grâce aux travaux contemporains de M. Vurgey sur l’anatomie philosophique. Une vieille legende chrétienne enseigne du rc sic que le diable est incapable de saisir les pensees lanl iju’elies n’ont pas été matérialisées par la parole.
Il existe une science du verbe synthétisée en quelques noms et soigneusement conservée par les deux initiations: l’orientale, avec ses montras e n langue sanscrite; l'occidentale, avec scs formules kabbalisliques en langue hébraïque. La seconde, plus conforme à notre esprit, nous intéresse seule pour l'instant.
Les étudiants tant soit peu avancés en science occulte connaissent assez la kabbale que nous avons particulièrement étudiée, pour qu’il soit inutile de revenir sur ce sujet.
Qu’il suffise de se rappeler que les kabbalistes, généralement fort experts en Magie, attribuent une influence particulière aux mots hébraïques dans les operations sur l’astral. C’est de là que viennent tous ces mots, souvent écorchés dans les grimoires, cl qu'on trouve répandus dans les conjurations et les oraisons.
Nous allons simplement résumer les noms les plus importants à bien connaître pour opérer suivant les rites établis. Ces noms, simples vêtements d’idées sublimes, sont le plus souvent des formules synthétiques rappelant aux êtres de l’astral la science de l’homme. De plus, l’opérateur dynamise ses formules de toute la foi que lui donnent la réussite dos expériences précédemment tentées soit par les maîtres, soit par lui-même. De là une projection fluidique considérable surtout chez l’ignorant sorcier du village, qui a une confiance d’autant plus inébranlable dans ses formules qu’il en saisit moins le sens. Aussi ce sorcier, possesseur d’une recette vulgaire ou d’une phrase hébraïque banale, obtiendra-t-il souvent des résultats remarquables, non pas à cause du mot hébraïque, simple corps de son émanation volitive, mais bien à cause de l’intensité vitale dont son imagination revêt le verbe émis par lui.
L’entraînement de la parole est donc du plus haut
IIO K MK
intérêt pour le magislo. et les règles de cet entraînement sont implicitement contenues dans le rituel de la prière, tel que nous le donnerons dans la troisième partie.
Qu’il suffise pour l'instant de se rappeler que la seule difficulté qu’on pourrait rencontrer dans la pratique c’est d’avoir la parole coupée par une violente émotion ; aussi le magiste doit-il être assez maître de son être impulsif pour éviter eet accident qui pourrait avoir de funestes conséquences. L’entraînement personnel portera donc surtout sur ce point.
LE GESTE
Le regard et le verbe, considérés comme organes d’expression, ont le grand défaut de n’être point permanents. Voilà la principale raison d’être de l’importance exceptionnelle du geste, considéré comme l’organe de fixation des idées. C’est en effet par des transformations plus ou moins grandes du geste que naissent le dessin, l’écriture, la peinture, la sculpture, et tous les artsqui laissent aux générations futures une empreinte permanente de leurs réalisations. L’écriture n’est en somme que la matérialisation des idées, ainsi que le dessin. Or ceux qui ont quelque peu étudié la science occulte savent que les formes existent en essence en astral avant d’être réalisées sur le plan physique ; ce qui veut dire que tout ce qui peuple le plan astral n’est impressionne que par les formes des êtres physiques, origine future de ces êtres eux-mêmes. Voilà pourquoi l’image synthétique d’une puissance physique, la schéma de cette puissance, correspondant directement au plan astral, aura une influence très marquée sur les êtres qui peuplent ce plan.
Par exemple, un être humain dont la volonté est assez développée n’impressionne pas une intelligence astrale comme il impressionnerait un homme physique. L’homme, tel qu’il est sur la terre, est perçu par les autres hommes au moyen des yeux, organes tout physiques. On voit ses habits, la couleur de ses cheveux, son main-
tien; mais, à moins d'habitude et d’inductions, on n’a aucune perception de son être moral. Au contraire, à l’état astral on ne perçoit que cet être moral, et l’homme apparaît alors comme un être plus ou moins lumineux, suivant son élévation psychique, formé de lignes fluidiques de diverses couleurs, dont l’ensemble représente assez bien la figure du penlagramme magique.
Quand on présente donc un pentagramme à une puissance de l’astral mise à même, grâce aux fluides vitaux terrestres, de percevoir cette figure, la puissance astrale est impressionnée aussi fortement que si elle avait devant elle un homme de grande volonté, car la perception est identique puisqu’on ne perçoit que des schémas synthétiques dans ce plan.
Telle est l’origine des signes bizarres appelés signatures planétaires ou angéliques et qu’on retrouve figures sur la plupart des talismans, ce sont des résumés synthétiques de lois morales de la plus haute importance. Cela paraîtra sans doute bien paradoxal, bien étrange, h beaucoup de lecteurs peu au courant de l’occultisme, mais les expériences que nous avons faites depuis trois ans sur les sujets hypnotiques et les résultats obtenus d’autre part nous suffisent pour maintenir nos aflirmations. Dans une cinquantaine d’années on connaîtra aussi bien ces forces astrales qu’on connaît aujourd’hui la chaleur, et alors on verra bien si les enseignements secrets de la Kabbale sont des mensonges ridicules ou, au contraire, l’expression de vérités incompréhensibles aux profanes.
Mais un geste, pour agir sur l’astral, n’a pas besoin d’être fixé sur une substance physique, et le signe de la croix, figuré par un simple mouvement de la main comme on l’enseigne aux chrétiens, est un talisman d’une singulière puissance quand il est exécuté avec volonté et avec grande foi ; car c’estle résuméde l’union del’homme et de Dieu pour lutter contre les impulsions de la substan tiali té.
Aussi la magie met-elle à la disposition du disciple une série d instruments destinés à appuyer son geste, instruments dont nous allons dire quelques mots, les
details techniques de fabrication cl de consécration étant contenus dans la troisième partie.
La laquelle magique.
Pour indiquer et pour diriger la projection de sa volonté, le magiste possède un instrument formé de bois et de fer magnétique qu’on appelle le bàlon ou baguelte magique.
Cette baguette n’a d’autre but que de condenser une grande quantité de fluide émané de l’opérateur ou des substances disposées par lui à cet elfet, et de diriger la projection de ce fluide sur un point déterminé. C’est le soutien de la force astrale condensée par l’opérateur autour de lui, et cet instrument facilite beaucoup les expériences.
Mais par lui-mème il n’a aucun pouvoir mystérieux et ne subit que les réactions des forces physiques ; aussi les gens qui se figurent qu’il suffit de posséder une baguette magique pour opérer des phénomènes magiques sont semblables aux ignorants qui croient qu’il suffit de se procurer une belle fiùle pour en jouer... Il faut avant tout savoir se servir de l’instrument de musique et un bon musicien saura vous ravir avec une flûte de deux sous. De même un opérateur expert pourra prendre comme soutien lluidiquc n’importe quelle baguette formée d’une substance isolante; car c’est là tout le secret.
L’épée.
La baguette sert donc à agir sur l’astral, aussi est-elle formée cl’anneaux et de masses métalliques ne présentant aucune pointe. Il n’en est pas de même de l’épée. L’épée magique a pour but de servir à la défense de l’opérateur, et la pointe qui la termine lui donne toute sa qualité. Voilà pourquoi Paracelse avait remplacé l’épée par un trident ; voilà pourquoi un vieux clou emmanché dans un morceau de bois peut à la rigueur tenir lieu de la plus belle et de la plus précieuse des épées magiques, ainsi que nous le montre l’histoire du sorcier de Cideville.
Les conglomérats fluidiques formés par l’union d’une puissance astrale agissant comme âme avec les fluides
BÉAI ISATION
vitaux ambiants agissant comme corps, ont une très grande analogie avec les conglomérats électriques. L’astral ne peut agir sur le physique qu’au moyen des fluides de la vie physique, nous pourrions dire de l’électricité vitale. Aussi quand l’opérateur présume que la puissance astrale qui se présente à lui veut abuser de sa force pour agir à l’encontre du but poursuivi, cet opérateur n’a d’autre détermination à prendre que de présenter la pointe de son épée h l'être fluidique qui se présente. La pointe métallique soutire instantanément les fluides astro-éleclriqucs qui formaient le corps de l’être doué de mauvaises intentions et cet être est soudainement privé de tous ses moyens d’action sur le plan physique. Il va sans dire que des grains de plomb violemment lancés par un fusil ou même une balle de révolver agissent à peu près de la même façon, ainsi que le prouve maints récits entr’aulres celui publié par le comte de Larmandie (Eoruka, p. i35) ou le suivant tiré de VInitiation (avril
Dissolution d’une larve par une pointe d’acier.—Répercussion sur le corps physique de la sorcière.
« Les faits suivants m'ont paru dignes d’attention, parce qu’ils m’ont permis de chercher une explication du phénomène de l’apparition lumineuse cité dans le n° 5 (février).
« Je tiens à dire d’avance qu’en fait de conclusions je ne ferai qu’émettre une hypothèse.
« Comme je l’ai dit précédemment, la population de P. se composait de vingt-six personnes, demeurant dans six maisons. Je n avais pas lait mention d’une septième maison, qui se trouvait au milieu du village et qui, avec la ferme, était devenue propriété de mes parents. Cette maison était inhabitée. A côté d’elle était située une maisonnette, espèce de cabane plutôt, et habitée par une femme vivant seule. Cette femme B. était dans toute la contrée réputée comme sorcière ! Les .paysans lui attri-
huaient toute sorte de pouvoirs occultes, à commencer par savoir la ire disparaître presque instantanément des durillons, jusqu’aux plus noirs des maléfices, tels que jeter le sort, provoquer des maladies des bestiaux, faire avorter les vaches, etc.
« J’ai eu 1*occasion de voir cette femme pour la première (ois quelques mois après que mes parents se furent fixés à P., pendant les vacances.
o La femme B. venait régulièrement lous les samedis à la (orme pour acheter des œufs, du beurre et des fromages. lesquels elle revendait au marché dans les environs.
« C’était une personne âgée de quarante à quarantecinq ans, petite, trapue, un peu grassouillette, avec une figure désagréable, sans être laide. La bouche large, avec des lèvres assez épaisses, était tracée un peu de travers, s’abaissant du côté droit ; le nez court et gros, aux narines largement ouvertes, le front très bas, et les cheveux châtain-foncé qui commençaient à grisonner. Ses yeux étaient d’une particularité remarquable : ils n’étaient pas de couleurs égales. Petits, d’un vif perçant, l’œil droit était de couleur grise : l’œil gauche, en sa partie supérieure, était bleu très clair, verdâtre ; la partie inférieure était brun foncé.
« J’étais au courant des histoires qui circulaient sur cette personne, et, sans y prêter la moindre attention, je l’observais néanmoins avec quelque curiosité.
« Je dois ici intercaler un détail dont l’importance se dégagera par la suite.
« Lorsque mes parents avaient fait acquisition de la ferme, celie-ci. appartenant à un grand seigneur autrichien, était administrée par une sorte de régisseur, paysan sans aucune instruction et qui, de notoriété publique, était sous la domination de la femme B. L’exploitation de la ferme n’apportait aucun bénéfice à son propriétaire ; c’est pourquoi cette ferme avait été vendue. Dans la vente étaient inclus tous les animaux, y compris un chien. C’était un chien berger de grande taille, au poil roux, bon gardien la nuit, mais qui, dans la journée, était absolument inoflensif. Toutefois, le chien n’était
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guère familier avec d’autres personnes en dehors des membres de la famille ; il avait surtout une affection remarquable pour moi.
« Ce chien avait des yeux particuliers : l’œil droit était de couleur grise ; l’œil gauche, en sa partie supérieure, était bleu très clair, verdâtre ; la partie inférieure était brun foncé. En un mot, le chien avait des yeux identiques à ceux de la femme 13. En outre, l’animal, qui ordinairement n’était pas du tout méchant, était d’une animosité extraordinaire envers cette personne. Le jour où B. venait à la ferme, on devait avoir soin de mettre le chien à la chaîne. Il aboyait furieusement, il hurlait, et n’arrêtait pas jusqu’à ce que B. lût sortie. Le chien avait fini par savoir le jour où B. venait faire ses achats, et dès le matin il se montrait do mauvaise humeur et cherchait à se soustraire à ce qu’on l’attachât.
o Les causes de cette animosité étaient inconnues. La (emme B., à qui j’avais demandé un jour si elle aurait peut-être dans le temps fait du mal au chien, niait cela et répondait seulement que c’était une méchante bête, qui un jour fera encore du mal à quelqu’un si on ne s’en débarrassait pas à temps. Il est à remarquer que le chien, en dehors de la maison, avait peur de B. ; il s’enfuyait de loin, s’il la voyait sur la route.
« A la ferme, on s’était habitué 'a ses caprices et on n’y faisait plus autrement attention, quitte à le mettre à la chaîne tous les samedis matin.
« Au mois d’août 1876 , quelques jours après l’apparition de la lanterne, la veille de mon départ pour mon régiment, j’allai faire une promenade en compagnie de M. N. déjà nommé. Le chien nous suivit comme d’habitude. Nous nous dirigeâmes vers la maison inhabitée, où je voulais entrer en passant pour voir quelques bric- à-brac qui s’y trouvaient au grenier.
« Comme je l’ai mentionné, la femme B. demeurait à côté.
« B. avait dû nous voir entrer. Lorsque, une demiheure après, nous sortîmes, B. était à sa porte, appuyée contre le mur. Le chien suivait derrière nous. A peintsorti du couloir, il poussa un cri, absolument comme
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un chien qu’on aurait Ira ppc d’un bon coup à l’improviste, et s’enfuit à toutes jambes clans la direction de la lermc. M. N. et moi, nous regardâmes avec surprise pendant quelques instants le chien courir, lorsque la femme B., qui toujours était restée h sa porte à côté de nous, sans que nous y fassions attention, se mit à rire.
« Je me retournai vers elle ; j’étais très vexé, sans savoir pourquoi. Ne sachant que dire, je lis demi-tour dans l’intention d’aller chercher le chien. Mais celui-ci
s’était arreté h une centaine de mètres peut-être et nous regardait. Nous restions là où nous étions et je l’appelai en sifflant après lui. Le chien obéissait à mes appels réitérés. Il commençait à s approcher lentement, les oreilles basses, la queue entre les jambes, en s'arrêtant pour ainsi dire à chaque pas et en se couchant par terre. Au lur et à mesure qu’il se rapprochait plus près de nous, en entendant ma voix (je lui causais tout le temps), il devenait visiblement plus hardi. Le chien était arrivé à une douzaine de mètres environ. Il se couchait par terre et se mettait à gronder sourdement. Je l’appelai avec insistance. Il ne bougeait pas. mais sa colère semblait augmenter.
« J’avais un sentiment qu’il allait se passer quelque chose M. N. me disait plus tard qu’il se trouvait presque mal). Instinctivement, je jetai un regard sur la femme B. et je fus frappé de l’expression dure et haineuse de son visage, dont l’aspect avait complètement changé. Je n’ai jamais oublié l’expression étrangement méchante de cette figure, ainsi que la colère intense et déraisonnée qui m’envahissait moi-même en ce moment.
« J’appelai le clnen d’un ton bref, sec ; j’avais la certitude qu’il s’approcherait. L’animal se dressa, les oreilles debout, les yeux étincelants ; puis, en poussant un hurlement furieux, il se jeta en quelques bonds contre la porte de la cabane. La femme B., au moment où le chien s’élança, s’était retirée précipitamment et avait jeté derrière elle la porte avec fracas.
« Le chien, debout contre la porte, hurlait et grattait furieusement contre celle-ci. comme s’il eût voulu forcer
l'entrée. J'eus beaucoup de peine à lui faire quitter la place ; il nous fallut tous les deux le prendre par le collier cl. le traîner ainsi jusqu'à la maison.
« M. N. et moi, nous n’étions plus disposés à sortir, et nous discutâmes longuement l’attitude bizarre de la femme et du chien, en nous perdant dans les conjectures.
« Le lendemain, je partis pour ma garnison,
« Fin décembre, j’obtins un nouveau congé à l’occasion du nouvel an et je rentrai chez nous à P.
« Comme la place, à la maison, était limitée et toutes les chambres occupées (des parents étaient venus nous voir), je me fis monter un lit dans la maison vide au village.
« Je m’y rendis vers 11 heures du soir, accompagné de la bonne, qui m’apportait de l’eau, des serviettes, etc. Notre chien berger me suivait. La bonne, après avoir arrangé le lit, partit en emmenant le chien avec elle.
« La chambre où je couchais était au premier. On y arrivait par un couloir sur lequel donnait la porte d’une première chambre. Cette chambre était vide, complètement dépourvue de meubles. Elle était, par une seconde porte en face de la première, en communication avec ma chambre à coucher. Mon lit était dressé dans le coin, à côté de la porte de communication des deux chambres et de sorte que celte porte, qui s’ouvrait en tournant dans ma chambre, touchait, quand elle était ouverte, le pied du lit.
« Après le départ de la bonne, je fermai à clef la porte d’en bas de la maison et je montai. Je fermai derrière moi la porte de la première chambre, mais pas à clef, et j’entrai dans ma chambre à coucher en laissant la porte à demi ouverte : celle-ci était appuyée contre le pied de mon lit
« Je me déshabillai (j’étais en uniforme) en appuyant mon sabre de cavalerie contre une chaise qui me servait de table de nuit. Je me couchai et je soufflai ma bougie.
« Dès que j’eus éteint la lumière, j’entendis un grattement très fort à la porte de la première chambre.
C’était un bruit identique à celui que produit un chien qui gratte à une porte pour entrer ou sortir. Seulement le grattement que j’entendais était un grattement très intense, comme si le chien eût voulu forcer la porte.
Le premier moment de surprise passé, je pensai que notre chien était resté dans la maison ; pourtant le grattement me paraissait être produit contre le côlé intérieur de la porte de la première chambre et non pas venant du côté du couloir. J’appelai à plusieurs reprises le chien par son nom « Sokol. » Pour toute réponse, le bruit augmentait encore.
« Comme je l’ai dit plus haut, j’avais laisse la porte de communication entre les deux chambres ouverte. Cette porte, qui s’appuyait contre le pied du lit, je pouvais l’atteindre avec mes pieds. D’un mouvement brusque, je poussai avec mon pied droit violemment la porte qui se ferma avec Iracas. Au meme instant, le grattement se produisit avec une violence extrême contre celte porte, du côte de la première chambre.
« Je dois avouer que, après avoir appelé inutilement le chien et le bruit étrange s’accentuant encore, je tus effrayé un instant, et c’est cela qui me fit pousser la porte. Mais, au moment où j’entendais le bruit a cette porte, tout près de moi, le sentiment de frayeur avait disparu subitement. Je m’apprêtai à allumer ma bougie. Avant que j’eusse fait de la lumière, le grattement avait cessé.
« Je descendis du lit, je mis mon pantalon, et j’allai visiter la première chambre.
« J’avais toujours le chien dans l’idée, malgré l’impossibilité matérielle de sa présence. Rien dans la chambre.
« Je sortis dans le corridor, je descendis l’escalier, je visitai le rez-de-chaussée, j’appelai le chien : toujours rien.
« Je ne pouvais faire autre chose que de remonter dans ma chambre, et, ne comprenant rien, je me remis au lit en souillant la bougie.
« A peine fus-je couché que le vacarme recommença, avec plus d’intensité si possible, et à nouveau du côté
nÉ'.LISATION
extérieur de la porte de communication, que j’avais fermée cette fois-ci derrière moi.
« ,1'éprouvai alors un sentiment d’agacement, de colère. j 'étais énervé, et, sans prendre le temps de faire de la lumière, je sautai hors du lit, je saisis mon sabre que je tirai de son fourreau et me précipitai dans la première chambre. En ouvrant la porte, je ressentis une résistance, et dans l'obscurité je crus voir une lueur, une ombre lumineuse, si je puis dire ainsi, se dessinant vaguement sur la porte d’entrée de la première chambre.
« Sans réflexion, je ne fis qu’un bond en avant, et je portai un formidable coup de sabre dans la direction de la porte.
a Une gerbe d’étincelles jaillit de la porte comme si j’avais touché un clou enfoncé dans le panneau. La pointe du sabre avait traversé le bois et j’eus de la peine pour retirer l’arme. Je me dépêchai de retourner dans ma chambre pour allumer la bougie, et, sabre en main, j’allai d’abord voir la porte.
« Le panneau était fendu du haut en bas. Je me mis à chercher le clou que je pensais avoir touché, mais je 11 e trouvai rien : le coté tranchant du sabre ne paraissait pas non plus avoir rencontré du fer.
« Je descendisà nouveau au rez de chaussée, je visitai partout, mais je ne trouvai rien d anormal.
« Je remontai dans ma chambre ; il était minuit moins le quart.
« Je songeai aux choses qui venaient de se passer. Aucune idée d’explication ne se présenta à mes réllexions, mais j’éprouvai un sentiment réel de quiétude après avoir été surexcité, et je me souviens très bien que je caressai presque involontairement l’âme de mon sabre en me couchant à nouveau, et je plaçai l’arme à côté de moi dans le lit, sous la couverture.
« Je m’endormis sans autre incident et je ne me réveillai que vers huit heures du matin.
« A la lumière du jour, les incidents de la nuit avec cette porte brisée me parurent plus étranges encore.
« Je quittai enfin le lieu et me rendis à la maison, où
tout le monde était déjà réuni pour déjeuner et où on m’attendait. Je racontai naturellement mon aventure, qui paraissait bien invraisemblable aux jeunes gens venus en visite. Quanta mes parents, ainsi qu’à M. N., ils en étaient très impressionnés.
« Le déjeuner terminé, — il était près de dix heures,— tout le monde voulut voir la porte brisée, et mes parents, nos jeunes gens. M. N. et moi, nous nous dirigeâmes vers la maison du village.
« A mi-chemin, une. femme du village venait à notre rencontre et nous disait qu elle voulait précisément venir chez nous pour prier M. N. de venir voir la femme B. qui était malade. Une autre femme, qui était allée trouver B. pour une allairc quelconque quelques instants auparavant, l’avait trouvée sur son lit sans connaisancc et toul ensanglantée.
« Nous pressions nos pas. Moi. j’étais singulièrement ému des paroles de notre iuterlocutrice.
« Arrivé chez B., un spectacle terrible se présentait.
« La femme, en délire, couchée sur son lit. avait la ligure presque entièrement couverte de sang coagulé, les yeux fermés et collés par le sang, qui sortait encore lentement d’une blessure mortelle au front. La blessure faite par un instrument tranchant, commençait à deux centimètres au-dessus de la lisière des cheveux et se prolongeait en ligne droite jusqu’à la racine du nez, parcourant ainsi sept centimètres et demi. Le crâne était littéralement fendu et la masse cérébrale sortait à travers la fente.
« M. N et moi, nous courûmes à la maison : M. N. pour chercher le nécessaire à faire un pansement, moi pour faire atteler notre voiture à l'ellet d’aller chercher le médecin dans une petite ville voisine
« La voilure partie, je retournai chez B., laquelle entre temps avait été pansée provisoirement par M. N. La cabane s’était, remplie de tous les habitants du village, y compris l’hôtesse de l’auberge. Personne n’avait une idée de ce qui pouvait être arrivé à B. La blessée, qui avait toujours été crainte par la population, n’inspirait
d’aulres sentiments que la curiosité aux personnes présentes. à l'exception de l’hôtesse de l’auberge, qui paraissait non seulement être venue par curiosité, mais qui semblait visiblement satisfaite et no se gênait pas de dire hautement : « Enfin B, a attrapé ce qu’elle mérite. »
« Je dois dire dès maintenaut qu’à l’instant où, en entrant chez elle, j’ai vu B. étendue sur son lit avec le crâne ouvert, j’ai eu le sentiment que quelque chose d’obscur s’éclairait subitement dans ma tête. En ce moment, j’ai comprisque c’était B. la « Sorcière » qui avait été touchée par la pointe démon arme lorsque, la nuit, j’avais frappé le coup de sabre qui avait fendu la porto de la chambre vide.
a La blessée étant pansée et nettoyée, je sortis avec M. N. Nous montàmesau premier de la maison vide, vers la porte brisée. M. N. la regarda sans rien dire : il était visiblement émotionné. Quant à moi, je ne l’étais pas moins. Je rompis enfin le silence et fis part à M. N. de mes idées.
« Il faut dire qu’à l’époque dont je parle je n’avais aucune notion des sciences ou forces occultes ; M. N. non plus. Les rapprochements que je faisais entre ce qui s’était passé la nuit et l’état dans lequel on avait trouvé B. n’était donc que purement intuitifs.
« M. N. ne répondaitsur mes explications, si on peut ainsi les nommer, que par : « Je n’y comprends rien, mais il se passe ici des choses horribles, a Moi, je n’y comprenais pas davantage, et nous tombâmes d’accord tous les deux de ne plus parler à qui que ce soit des événementsde la nuit, quoi qu’il arrivàtavec la femme B. Nous descendîmes et nous rendîmes à nouveau chez B.
« Celle -ci était dans un état comateux ; le délire avait cédé à un abattement profond d’où elle ne devait plus sortir.
« Après avoir recommandé aux femmes s’y trouvant de renouveler toujours, jusqu’à l’arrivée du médecin, les compresses d eau froide, nous rentrâmes tous à la ferme. Les membres de la famille avaient complètement
perdu de vue le premier but de notre sortie, c’est-à-dire la porte brisée; et moi, ainsi que M. N., nous nous gardâmes bien d’y revenir. Toutes les idées et toutes les conversations tournaient autour do l’accident de B. et lorsque l’un des jeunes gens me rappela qu’on avait oublié de visiter la porte, je répondis que la chose ne valait pas la peine de se déranger à nouveau et que je croyais moi-meme m’être laissé impressionner outre mesure par un rêve.
« A une heure de l’après-midi, le médecin arriva. M. N. et moi nous l’accompagnâmes chez B.
« Le médecin ne put que constater la gravité de la blessure et nous prévint que B. n’avait plus que quelques heures à vivre. A ses questions concernant les causes possibles de la blessure, nous nous abstînmes, comme c’était convenu, de toute indication.
« En prévision d’une issue lalalc à brève échéance, le médecin resta chez nous, à P. Il dressa un rapport sur le fait, et je fis immédiatement partir un homme pour porter ce rapport au plus proche poste de gendarmerie, qui devait venir faire une enquête sur la cause de l’accident.
« Un brigadier arriva à 7 heures du soir. Il dressa un procès-verbal dans la chambre même de B., où le médecin était présent, ainsi qucM. N., moi, la femme qui la première avait trouvé B. sans connaissance, et d’autres habitants encore.
« L’enquête du gendarme se continuait encoreà 7 h. 3/4 > lorsque 13. se dressa subitement sur son lit, en s’appuyant sur ses coudes ; elle ouvrit démesurément les yeux, resta quelques instants ainsi, puis s’abattit en arrière avec ses yeux ouverts. Elle était morte. Le médecin lui ferma les paupières.
« Gomme personne ne pouvait donner une indication quelconque sur la manière dont B. avait été blessée, le brigadier termina son procès-verbal et partit. Un magistrat arriva le lendemain matin, i cr janvier, pour procéder aux constatations d usage avec le médecin, qui était resté chez nous, et dans la soirée B. était enterrée au cimetière du village le plus proche.
« Une enquête, ordonnée purement, pour la forme par la justice, resta sans résultat et fut abandonnée après quelques jours : on avait conclu à une chute accidentelle.
« ,1e n’ai rien à ajouter aux faits proprement dits, mais j’ai à mentionner une coïncidence : c'est que depuis la mort de la femme B. on cessa à P. et aux environs de parler de lanterne. Personne ne l’a plus revue, au cours des années qui suivirent.
« Depuis l’époque de cet événement, donc depuis dixsepl ans. il m'a été donné d’observer un grand nombre de faits d'aspect surnaturel, ou du moins inexplicables par les procédés ordinaires. Mais je n ai jamais eu occasion de voir se produire un phénomène spontané ayant une analogie avec la lanterne. J ai toujours trouvé que les phénomènes les plus miraculeux avaient leurs premières causes dans des forces humaines (ce qui ne veut pas dire que je voudrais nier à priori l’existence des forces autres que celles-là) et j’ai cru pouvoir conclure :
« i" Que la femme B. avait été un très fort « médium à effets physiques », mais un medium agissant consciemment ;
« 2 " Que, partant, B. avait été, ou bien douée de facultés extraordinaires pour l’émission de son corps astral, ou bien qu’elle avait été initiée dans certaines pratiques à cet effet ;
« 3” Que le bruit nocturne dans ma chambre avait été produit par B., c’est-à-dire par son corps astral, et cela dans l’intention de me taire peur, pour se venger de ce que j’avais amené notre chien à résister au pouvoir occulte que B. exerçait sur lui en dehors de notre maison. C’est pourquoi elle avait résolu d’imiter le bruit que le chien avait fait à sa propre porte lorsqu’il s’était élancé sur elle :
« 4” Que, en portant le coup de sabre contre la porte, ou contre 1 ombre lumineuse, l’acier avait touché le corps astral, et qu’une disjonction moléculaire de celui-ci, due au contact de la pointe d'acier, le traversant avec une vitesse considérable, avait provoqué la blessure de B. ;
« 5° Enfin, que l’apparition de la lanterne n'était
IIOM MK
qu’une émanation astrale de B. qui se plaisait à impressionner les gens et K leur faire peur.
« A ce dernier sujet, je suis amené à supposer que si, lors de l'apparition de la lanterne, j’avais pu tirer un coup de fusil sur le phénomène, comme c’était mon intention, j’aurais probablement tué B. en ce moment.
« G U ST AV K BoJANOO. ))
La baguette et l’épée sont les deux instruments vraiment indispensables à posséder pour le magiste ; tous les autres, la lampe, la coupe, etc., etc., sont des objets de luxe qui ne servent que dans des occasions excep^ tionnelies. Dans la pratique courante on peut même réunir les deux instruments en un seul, et voici comment. On se procurera une canne à épée terminée à la partie supérieure par une boule en fer magnétique fortement aimantée et sur laquelle on fera graver en or un signe magique et les caractères nécessaires. La partie inférieure de la canne se terminera par un culot de plomb enchâssé dans un étui de cuivre argenté. Un anneau formé d’un alliage d’étain cl de mercure sera ajouté h la partie supérieure de la canne qui sera autant que possible un jonc assez gros. La partie extérieure de l’instrument est ainsi une baguette magique qui passera inaperçue des profanes.
L’épée qui sera contenue à l’intérieur de cette baguette devra être aussi longue qu’une petite épée ordinaire, triangulaire et revêtue des signes nécessaires. De plus la garde de cette épée sera formée par une longueur de jonc assez grande pour que la main qui l’enserre ne touche que du bois verni et soit, par suite, absolument isolée de la lame métallique. Nous possédons un instrument de ce genre qui nous a rendu de grands services dans nos études pratiques ; car on peut toujours 1 avoir avec soi et étudier son action à propos de toutes les manifestations psychiques.
Tels sont donc les précieux auxiliaires de l’action du geste dans les opérations magiques.
I1KAMSAT1UN
Les talismans.
Nous avons précédemment indiqué lathéoriedes talismans. considères comme les ligures exactes des formes créai»ices de l’astral.
La connaissance et le maniement des pantacles sont donc, si l’on nous permet celte comparaison, la preuve des diplômes que l’opérateur peut présenter aux puissances astrales ; c’est en quelque sorte le baccalauréat de la magie. Aussi l’ignorant qui porte sur lui un talisman dont il ignore le sens et l’action, que ce soit un nègre avec son gri-gri ou un chrétien avec l’image de Notre- Dame delà Salette (uneligure d Isis, entre parenthèses), est-il semblable au sauvage à qui l’on donne un exemplaire des œuvres d’Homère... dans le texte. Les figures pantaculaires ont donc une valeur en magie cérémonielle, et l’Urim et le Thummim des Juils, pas plus que l'hostie chrétienne, qui sont des talismans n’échappent à cette règle, le culte n’étant, le plus souvent, qu’une cérémonie magique incomprise des assistants autant que de l’opérateur. Les grimoires et les clavicules contiennent une loulede talismans. Sans entrer dans toutes ces complications, nous allons donner une des ligures les plus estimées et les plus intructives par leur enseignement symbolique, le grand talisman d'Agrippa.
Le talisman constitue donc une seconde application magique du geste. 11 nous reste à parler de la consécration indispensable dans toute opération, quelque petite soit-elle.
En lisant les Mille et une Nuits, ces contes arabes si remplis de rites magiques (et dont le traducteur français Galland a soigneusement émondé les détails érotiques), on rencontre fréquemment l’histoire d’une magicienne qui, voulant agir sur un être quelconque, trempe ses doigts dans un verre d’eau en prononçant quelques paroles mystérieuses, puis projette quelques gouttes de cette eau sur le visage de la personne qui subit son action, et, subitement, le malheureux être se trouve changé en bête,à moins que ce ne soit la réciproque qui ait lieu.
« La fée se lit apporter sous le vestibule de son palais une cassolette d’or pleine de leu et une boîte de même métal qui lui lut présentée. Elle tira de la boite un PARUE ANTERIEURE
De i/V Consécration.
parfum qui y était conservé, et quand elle l’eut jeté dans la cassolette il s’en éleva une fumée épaisse. »
(Histoire de la reine Ahmed et de la fcc Lara Banou). « Alors cette fille prit un vase plein d’eau, prononça
HÉAUSATION
dessus des paroles que je n'enleudis pas et s’adressant au veau : « O veau, dit-elle, si tu as été créé par le Tout- Puissant et souverain Maître du monde tel que tu parais en ce moment, demeure sous cette forme ; mais si tu es homme et que tu sois changé en veau par enchantement, reprends ta figure naturelle par la permission du souverain Créateur. »
En achevant ces mots, elle jeta l'eau sur lui, et à l’instant il reprit sa première forme.
Mille el une Nuits (5* nuit).
« Le cali fc envo va quérir les deuv chiennes chezZobéide, et lorsqu’on les eut amenées on présenta une lasse pleine d’eau à la fée, qui l’avait demandée. Elle prononça dessus des paroles que personne n’entendit et elle en jeta sur Amine et sur les deux chiennes. Elles furent changées en deux dames d’une beauté surprenante et les cicatrices d’Aminc disparurent.
« La magicienne prit une tasse d’eau et prononça dessus des paroles qui la firent bouillir comme si elle eût été sur le feu. Elle alla ensuite à la salle où était le jeune roi son mari ; elle jeta de cette eau sur lui en disant : « Si le Créateur de toutes choses t’a formé tel que tu es présentement ou s’il est eu colère contre toi, ne change pas ; mais si lu n’es dans cet état que par la vertu de mon enchantement, reprends la forme naturelle, et redeviens tel que tu étais auparavant. »
A peine eut-elle achevé ces mots que le prince se leva librement. (26‘ nuit).
Or cela correspond à une réalité magique : la consécration.
Jamais un magiste ne doit se servir d’un instrument, ni brûler un parlum, ni employer du feu et de l’eau qui n’aient, pas été consacrés.
La consécration est une sorte de magnétisation des objets par Faction combinée du '\erbe et du geste. L emploi du goupillon, dans le culte catholique, est intimement lié à cette partie de la magie pratique et rappelle
H DM MK
l’emploi de l’eau dynamisée par les sorciers des Mille et une Nuits. Une expérience 1res curieuse de M. de Rochas, expérience que nous avons souvent vérifiée personnellement. vient nous montrer la théorie de cette action magique (Voy. la 3 e partie.chapitre l’Envoûtement).
Par tout ce qui précède on voit 1 importance considérable du geste dans les études qui nous occupent. Et cela se conçoit, le geste dépendant de la mise en action des membres thoraciques, organes d’expression de letre animique, doit constituer la synthèse des actions dépendant, soit de l’ètre impulsif soit de l’homme de volonté.
Nous pourrions encore parler du geste dans la chorégraphie ou de la symbolique des gestes au théâtre : mais ces données sortiraient tout h fait du cadre actuel de notre travail. Aussi nous en tiendrons-nous là pour l’instant.
I.A MARCIIK
Le regard, le verbe, le geste viennent d’être passés en revue : il nous reste maintenant à parler de la marche, grâce à laquelle l’ètrc humain transporte la totalité de son action en des lieux différents.
Le déplacement du corps physique dans le plan matériel est accompagné du déplacement de couches fluidiques dans l’astral. A chaque pas l’homme attire ou repousse les fluides qui sans cesse se croisent dans le plan de formation de la nature. La plupart des hommes, véritables jouets des puissances fatales, n’ont aucun souci ni aucune conscience de celte action, et les noirs pressentiments, voix mystérieuses de l’infini, n’émeuvent le plus souvent que les poètes et les femmes soumis au despotisme d’Eros. Or celui qui, après avoir tendu sa volonté, décrit une marche particulière, laisse sur la route qu’il a suivie une trace fluidique et dynamique de son passage. Ainsi le magistequi décrit un cercle et qui affirme encore sa volonté en revenant deux fois sur la même trace élève dans l’espace renfermé par sa marche une enceinte visible pour les voyants et infranchissable pour les êtres de l’astral.
IIÉALISATION
Rappelez-vous le triple tour exécuté par les sorcières autour de leur chaudière, dans Macbeth, et vous verrez une fois de plus combien toutes ces traditions étaient familières à Shakespeare.
Avant de cueillir une plante, avant d'aborder un lieu redouté et dans lequel on veut enfermer les puissances malfaisantes, le magiste formulera sa volonté par la triple enceinte fluidique enserrant 1 endroit de 1 opération.
La marche, ainsi comprise dans son action sur l’astral, est l’équivalent du geste, suivi d'un dessin on d’un schéma matériel.
Mais un entraînement recommandé par Eliphas Lévi, et qui a une importance considérable, consiste à vaincre la fatigue résultant d’une marche prolongée pour réaliser sa volonté sur un objet matériel quelconque. Ainsi, s’il vous arrive de rentrer chez vous le soir assez tard, après une marche fatigante : si tout votre être tend au repos bien gagné, faites un effort de volonté, repartez pour un lieu situé à une demi-heure de chez vous et allez ramasser la première pierre que vous y rencontrerez ou quelque autre objet que ce soit, puis rentrez définitivement chez vous. Cet objet, symbole de l’effort volontaire que vous avez accompli, est un talisman personnel plus efficace que toutes les amulettes ou tous les chapelets que vous achèteriez aux environs des églises célèbres Tout le secret de l’action psychique des pèlerinages est dans la pratique de cet entraînement de la marche.
Une petite pierre que nous lûmes chercher une nuit à deux heures du matin au haut de la Butte-Montmartre, alors que nous rentrions, très fatigué par une longue marche, à notre domicile, nous a permis d’accomplir des actions magnétiques du plus grand intérêt.
ENTRAINEMENT TOTAL DE L'ÈTRE HUMAIN
CjII ASTETlî. AmOUH
Parallèlement à l'étude désexcitants des divers centres de l’homme, nous avons établi 1 étude de l entraînement des divers organes d'expression. Mais nous avions déterminé un excitant de l être total : l'amour. A cet excitant correspond un centre d expression également synthétique : la génération.
La génération peut être ou psychique ou physiologique ou physique, et 1 union de deux cerveaux vers un même but crée des idées vivantes, comme l'union de deux cœurs vers un même idéal crée îles sentiments survixant à la mort physique, et comme aussi l'union physique de deux êtres complémentaires crée des enfants. La science du magiste consiste à remplacer progressivement les plaisirs que procure l’amour physique par les jouissances plus délicates des sentiments durables, puis par les enthousiasmes moins trompeurs encore des créations intellectuelles. Aussi le découragement et l’apathie, qui s’emparent d’un viveur pour qui l’amour physique était tout, quand l’Age arrive, sont-ils inconnus, non pas seulement du mage, mais même du sage quelque peu entraîné aux travaux intellectuels.
Mais cet entraînement doit être long et progressif, et il faut toute 1 ignorance d’un théologien ou d’un théosophiste pour imposer, du jour au lendemain, une chasteté absolue à des jeunes gens à peine entraînés et qui ignorent tout de la vie... pratiquement parlant. Les plus grands d’entre les fondateurs d’ordres religieux étaient au contraire d’anciens militaires ou d’anciens viveurs, et ce n’est que dans un Age avancé qu’un être humain peut vraiment prendre une détermination sérieuse àcct égard.
11 est évident que l’être qui vise aux pouvoirs exceptionnels doit se trouver à même de résister aux suggestions féminines. mais les rites les plus rigoureux imposent cinquante jours d : abstinence avant l’opération magique aux praticiens les plus entraînés.
11 n’es! pas détendu au magiste d’aimer ; mais il lui est défendu absolument de so laisser dominer par l’amour à tel point que sa volonté soit anéantie par une volonté féminine. Les impulsions de l’amour doivent être traitées comme des réflexes sur lesquels l’homme de volonté doit garder un contrôle de tous les instants et absolu. Fabre d’Olivct a toutefois merveilleusement élucidé les mobiles qui font agir l’homme et la femme. L’homme voulant jouir de son bien avant de posséder, la femme voulant être sure de la possession entière par elle de l'être aimé avant de se sentir satisfaite, il en résulte une lutte plus ou moins sourde dans laquelle Eve l’emporte presque toujours sur Adam.
Aussi la femme n’admettra-t-elle jamais de partage, et l’amour que l’intellectuel consacre à la vérité ou à la magic sera pour une amante une souffrance de tous les instants, car elle sent dans l’étude une rivale d’autant plus dangereuse que ses charmes augmentent avec le temps, tandis que la beaulé féminine passe comme tout ce qui touche au plan physique. Or l’individu non entraîné cédera peu à peu aux désirs do sa bien-aimée et perdra progressivement l’empire qu’il devait acquérir sur le centre impulsif.
L'entrainement du magiste doit donc porter sur la possibilité de se laisser aller ou de résister à l'amour dès qu’il le veut et comme il le veut. Un homme dont la sphère supérieure est développée doit pouvoir arrêter à l’instant un amour en voie d’éclore, car dans ce cas il s’agit d’une passion, c’est-à-dire d’une tendance de l’être passif à prendre le dessus sur l’être qui doit seul commander en maître. Voilà pourquoi le développement de 1 intellectualité nécessite des périodes plus ou moins longues de continence ; mais un physiologiste ne doit jamaij perdre de vue les inconvénients psychiques très graves qu entraîne une continence absolue imposée à un gros paysan revêtu d’une robe noire et dont tout l’entraînement intellectuel consiste à lire un livre écrit en mauvais latin et à laire marcher son larynx sous l’impulsion réflexe d’une série de paroles incomprises, dé-
IIO y. MK
nommées prières. L individu revêtu d’une fonction sacerdotale doit cire chaste et s’abstenir de viande durant les quinze jours qui précèdent et les quinze jours qui suivent l'accomplissement de son sacerdoce, car cet accomplissement est un acte de haute magic ; mais faire du culte un métier salarie au lieu d’en faire une occupation, faire des prêtres des fonctionnaire voués à l’abstinence au lieu d’en faire des initiés et des hommes libres, cela mérite dix fois la mort d’une religion aussi piteusement organisée.
Aussi ne saurions-nous trop répéter au magiste que les illusions de la génération physique sont purement du domaine matériel, mais qu’il ne faut pas perdre de vue que dans notre état terrestre nous avons un corps matériel qui nous demandera compte du mépris que nous montrerons à son égard.
Toutes les associations plus ou moins prospères en vue de « l’amour pur » et de la « continence forcée » des êtres humains sont le produit ou de l’hypocrisie ou de l’ignorance. Laissons y pulluler les vieilles dames avides de sentimentalité ; mais ayons assez de bon sens pour nous souvenir toujours que, si les intestins sont peu poétiques, du moins nous en avons tous, et que nous ne sommes pas sur la terre pour mépriser ce corps, instrument indispensable de l’évolution des principes purement spirituels.
Dominer les suggestions de l’amour de toute la puissance d’une volonté fortement trempée, mais ne jamais les ignorer; s’entraîner à supporter des périodes plus ou moins longues de continence absolue, périodes remplies par l'étude et le travail et alternées avec d’autres périodes remplies par les occupations ordinaires de la vie journalière, telles doivent être les deux règles dominantes dans la conduite du magiste vis-à-vis des gracieuses représentantes de la vie universelle ; EVE pour les profanes.
La génération cache du reste de très profonds mystères. que nous jugeons inutile d’aborder dans une étude tout élémentaire.
Le cycle de notre étude élémentaire concernant les principales réalisations dont est susceptible l’être humain est maintenant terminé.
Nous avons pu voir comment ce qui sent en nous était susceptible d’être développé sous l'influence des aliments, de l’air inspiré et des sensations, aidés par les excitants matériels, par les parfums et la musique.
Nous avons pressenti comment ce qui pense en nous était également susceptible de grands développements sous l’influence de la méditation, et cela malgré le mépris qu’affecte I nstruction moderne, faite pour la mémoire, vis-à-vis des facultés vraiment supérieures de l’homme.
Enfin nous avons abordé rapidement les prémices de l’éducation de ce qui veut, en parlant du regard, du verbe, du geste, de la marche et de la génération, réalisation des arcanes de l’amour.
On trouvera peut-être ces détails trop diffus ou trop fastidieux : on sera tenté de rejeter sur la magie ellemême les imperfections et les erreurs dues uniquement à notre propre faute. Ces détails sont nécessaires, à notre avis, pour montrer à ceux qui se figurent que la magie est l’art de séduire les femmes rapidement ou de « poser » devant les camarades, qu’il s’agit au contraire d’études longues et difficiles et, en plus, fort dangereuses pour des êtres faibles. Aussi ceux-là feront-ils mieux de consulter des somnambules pour savoir l’avenir, d’aller dans les cercles spirites pour avoir des émotions à prix réduit, et d’étudier le bouddhisme dit ésotérique pour amuser les salons. Tout cela est peu dangereux et vaut certes mieux que la pratique de la méditation et l’entraînement de la volonté.
La réalisation de l’être humain ne suffit pas pour l’opération magique ; il faut encore se rendre compte des réalisations possibles auxquelles se prête la nature, cet auxiliaire précieux de l’homme : c’est là ce qui va faire 1 objet de l’étude suivante.
Ouvrages utiles à consulter pour les développements théoriques :
A. — Modernes.
Papes . Traité méthodique de science occulle(‘S • part.).
La Science des Mages (cliap. i").
Marc Haven . L'ne planche de Khunrath (Initiation de
décembre 1892).
U. N. Badald- La Magie au XIX e siècle, in-8’, Dentu.
B. — Classiques.
Elipiias Lévi . Rituel de la Haute Magic.
Faure d’Olivet.. . Vers dorés de Pythagore.
Louis Lucas . Médecine nouvelle.
Ciiardel . Psychologie physiologique.
Agrippa . Philosophie occulte.
Léon L’Hébreu... Le Livre d'amour.
C. — Adaptateurs.
Shakespeare. ... Macbeth. — llamleth.
Galland . Traduction des Mille et une Nuits.
Platon . Le Banquet.
Pour la philosophie :
Ad. Franck. Dictionnaire philosophique (article Amour).
CHAPITRE VIII
RÉALISATION DE LA NATURE
Supposons l'être humain convenablement entraîné et capable d’une grande tension de volonté quand il le désire. Cela suffit-il ?
Nous savons que non ; car si la magic est l’action de la volonté humaine dynamisée sur l’évolution rapide des forces de la nature, nous ne possédons que la résolution du premier terme du problème. Il nous reste à étudier comment fonctionne le dynamisme de la nature.
L’homme doué d’assez d’initiative pour agir librement est enveloppé dans un tel réseau de forces fatales que tousses efforts demeureront vains s’il ignore le moment propice pour mettre sa volonté en action. Par contre, le dernier des sorciers de village, agissant toujours dans le sens voulu, grâce à la simple connaissance des mouvements lunaires, produira des effets sûrs sans grande dépense de volonté.
Nous avons déjà appris dans la première partie de ce traité à connaître les forces en action dans la nature et leur origine : les astres et leur situation. Aussi ne reviendrons-nous pas sur ce sujet. Nous devons nous Contenter maintenant d’exposer en quelques pages les principes élémentaires, mais pratiques, d’astrologie, nécessaires à 1 exercice de la magie. Nous renvoyons pour la partie technique de l’astrologie au remarquable ouvrage de M. Selva, directeur de ces études au Groupe
indépendant d’études ésotériques. Nous aurons ensuite à parler des intelligences en action dans le monde sublunaire. Quoique cette question soit plus du domaine de la psychurgic que de la magic, nous nous y arrêterons cependant un instant. C’est alors que le magiste se trouvera en pleine possession du savoir nécessaire à toute entreprise, et qu’il pourra aborder avec quelque fruit l'adaptation de ces connaissances qui formera le sujet de notre troisième partie.
Eléments i>*Astrologie astronomique
Le fluide astral qui circule dans les êtres et les choses terrestres passe par des états de condensation ou de dilatation successifs, etccs états dépendent, d’après l’ésotérisme. de la position des corps célestes a cet instant.
Pour plus de clarté, on a divisé la route parcourue en apparence par chacun des astres en 12 sections ou maisons , correspondant chacune à un des 12 signes du zodiaque.
Nous rappelons ici notre comparaison du cadran d’une montre, dont chaque heure représente un signe du zodiaque. De même que sur une montre l’aiguille des secondes. l’aiguille des minutes et l’aiguille des heures lont le tour du cadran avec une vitesse différente, de même les astres font le tour du ciel avec des vitesses plus ou moins grandes. Afin d’éviter des calculs assez compliqués, nous conseillons à l’expérimentateur de se procurer chaque année la Connaissance des temps publiée par le bureau des longitudes, dans laquelle il trouvera tous les renseignements nécessaires, ainsi que nous le verrons ci-après. Pour revenir à notre exemple. rappelons que la lune, qui représente dans le ciel l’aiguille des minutes de notre cadran, fait le tour complet du zodiaque en un mois (lunaire), tandis que le soleil, qui représente l’aiguille des heures, n’avance chaque mois que d’une seule division, de même aussi que l’ai—
guille des heures n’avance chaque heure que d’une division 1 .
La connaissance des signes du zodiaque et de leur action, la connaissance des planètes et de leurs propriétés et correspondances sont absolument indispensables au magiste sous peine d’échec complet dans tous ses travaux. Nous réduirons toutefois l’exposé des principes nécessaires à connaître au strict nécessaire, et nous rejetterons de cet exposé tous les enseignements de convention qui ne correspondent pas à une réalité naturelle .
Nous allons donc nous occuper tout d’abord des signes du zodiaque ou heures du ciel.
Les signes du Zodiaque.
Les signes du zodiaque sont au nombre de 12 . Leur numération commence au Bélier, qui correspond au mois de mars, et chacun d’eux occupe sur la sphère céleste 3o degrés. Comme, dans « la Connaissance des temps », on trouve la position des astres indiqués en degrés, il est important de bien se rappeler les positions des signes du zodiaque par rapport à la sphère céleste. Les positions sont les suivantes :
Mars. — Le Bélier, oà 3o°Hiéroglyphe y
Avril. — Le Taureau, 3o à 60 — yj-
Mai. — Les Gémeaux, 60 à go — H
Juin. — L'Ecrevisse, go à 120 — <5
ou Cancer.
Août. —La Vierge, i5oài8o — ug
Septembre.—La Balance. 180 à 210 — £n
Octobre. — Le Scorpion, 210 a 24 o — nq
1 Inutile, pensons-nous, de rappeler que les 12 mois lunaires ne correspondent pas strictement à l’année solaire. Ce sont des principes élémentaires d'astronomie, négligeables pour l'instant, mais que tous nos lecteurs possèdent sûrement.
Novembre. — Le Sagittaire, 240 ^ 270 ° Hiéroglyphe*—/ Décembre.—Le Capricorne, 270 a 3oo — Z
Janvier. — Le Verseau , 3oo à 33o — a
Février. — Les Poissons. 33oà 36o — X
Prenez votre montre et comparez avec la figure suivante,en vous rappelant que chaque heure représente un mois ou même 3o degrés :
-wtunpiy
Vous avez devant les yeux le champ d’action dans lequel vont opérer les sept astres que la magie considère comme les seuls utiles, ne tenant aucun compte des autres.
Ces astres sont, dans l’ordre adopté parla magie : Saturne b Jupiter 7/f
Le Soleih O
La Lune C
On sait que cette classification est basée sur les apparences et en prenant la terre comme centre. Astronomi-
MAGIE PRATIQUE I \
quement. l’ordre des astres est, nos lecteurs le savent, le suivant (Neptune — Uranus) : Saturne — Jupiter—Mars — Terre et Lune —Vénus — Mercure — le Soleil, en prenant comme point de départ le véritable centre du système : le Soleil.
Les sept astres tournent dans le ciel comme les extrémités des aiguilles d'une montre tournent autour du cadran. Mais l’horloge céleste aurait, dans l’enseignement des hermétistes, sept aiguilles douéesde mouvements plus ou moins rapides.
Gomme les astres sont pour la majorité des centres intelligents d’émission de force astrale, il est de la plus grande importance de se faire une idée aussi nette que possible à leur egard ; aussi n’aborderons-nous que progressivement les détails les plus techniques, de façon à éviter autant que possible l’obscurité inhérente à ces sortes de questions. Voyons d’abord chacun des astres individuellement, sans nous occuper de ses rapports avec les autres ou avec les maisons célestes, en commençant par notre satellite.
La Lune. — La lune domine particulièrement ce que nous appelons le monde physique sur terre, ce qu’on appelle en hermétisme le monde sublunaire. Ce satellite qui n’est qu'une quantité presque négligeable, si l’on considère seulement notre système solaire, acquiert cependant une importance exceptionnelle pour l’habitant de la terre, importance telle qu’en magie pratique la lune marche toujours de pair avec le soleil et qu’à la rigueuç il suffit de se guider uniquement sur ces deux astres pour réussir, presque à coup sûr, toutes les opérations entreprises.
La lune est la matrice astrale de toutes les productions terrestres dont le soleil est le père vivant. Nous avons parlé déjà du reste de l’action des satellites considérés comme les ganglions nerveux de la planète à laquelle ils sont attachés. Tout ce qui vient sur terre, les fluides et les âmes, passe par la lune, et tout ce qui part de la terre y passe également.
La lune reproduit analogiquement dans ses phases la loi universelle d involution et d’évolution en quatre
périodes. Pendant la première moitié de son cours (N. L. h P. L.), la lune croît, d’après les apparences. G est le moment et le seul que doit utiliser le magiste pour ses opérations de lumière ; c’est également le moment ou les influences lunaires sont vraiment dynamiques.
À ce propos permettez-nous d’ouvrir une parenthèse. Un riche industriel, bon vivant et se moquant « des préjugés » comme il convient, avait autrefois l’exploitation d une coupe de bois dans le Jura. S’apercevant que ses concurrents se gardaient soigneusement de faire couper les arbres à la période décroissante de la lune (P. L. k N. L.) t il rit beaucoup de leur superstition et profita du bon marché de la main d’œuvre à ce moment pour exploiter largement son bien. Deuxans après notre industriel était devenu plus superstitieux que les autres ; car toutes les coupes faites à cette période delà lunaison ne tardaient pas à pourrir... on ne sait pourquoi, nous dit-il, car c’est de lui que nous tenons l’histoire.
Ainsi la phase ascendante delà lune a une importance très grande d’après les enseignements de la magie. Nous reviendrons bientôt plus longuement sur cet astre à propos des maisons lunaires.
La couleur correspondant à la lune est le blanc.
Mercure. — La plus rapide des planètes et la plus proche du soleil, Mercure, représente l’enfance avec son débordement de vitalité et de mouvement. Il accomplit son cycle en 88 jours, ce qui permet d’utiliser son influence au point de vue magique au moins 4 lois par an. La couleur correspondant a Mercure est celle du prisme dans son ensemble, c’est-à-dire la juxtaposition de couleurs différentes, ce qui indique bien la tendance au changement qui affecte tout ce qui dépend de Mercure. Dans les anciens grimoires on écrit le nom de cette planète avec une couleur différente pour chacune des lettres qui composent son nom.
Vénus, l’étoile du matin. — La jeunesse féminine avec toutes ses coquetteries, ses séductions et ses dangers, la déesse de l’amour dans toutes ses modalités, règne sur l’amante alors que la chaste Diane, la lune,
règne sur la mère. Le cycle de Vénus s’accomplit en 17.U jours iG heures, ce qui donne uue grande importance aux opérations faites sous 1 influence de celte planète. car une date manquée recule presque d'un an le retour du moment favorable.
Vénus se rapporte à la couleur verte.
Le Soleil, le bouillant Apollon. — La jeunesse avec ses générosités, ses nobles ambitions et son orgueil et aussi sa témérité et son inexpérience des choses pratiques; l'art avec son intuition divine, son horreur et son dédain du vulgaire.
Le soleil est le père, le générateur universel dans notre monde ; aussi son influence en magie est-elle considérable.
Cette influence est calculée d’après la position occupée par l’astre du jour par rapport aux signes zodiacaux.
Les fêtes du christianisme, Noël, Pâques, la Saint- Jean, sont des fêtes solaires, ainsi que nous aurons l'occasion de le voir sous peu.
La couleur correspondant au soleil est le jaune d’or.
Mars, la planète la plus proche de la terre. — Rougeâtre et violente, elle est l’image do l’homme de guerre. Mars en possède le courage, l’énergie, la colère et la violence. Les influences de Mars sont utilisées en magie pour l'action. Mais le cycle de cette planète étant de 687 jours, presque le double de l’année terrestre, 011 n'emploie pas bien souvent les influences directes de Mars pour la confection des pantacles. On utilise soit les jours et les heures consacrés, soit les rapports analogiques de la lune dans les signes.
Le rouge du leu correspond comme couleur à Mars.
Jupiter, l’homme de raison et de volonté en qui les violences et les emportements de la jeunesse se sont apaisés et qui est véritablement maître do lui-même : tel est l’aspect sous lequel Jupiter se montre à nous. -—Calme et méthodique, Jupiter est 12 fois moins rapide que la terre, mettant exactement 11 ans 10 mois et 17 jours à accomplir son cycle. Il est vrai que l’influence
vivifiante du soleil disparaît plus vite que sur notre planète, le jour étant deux fois moins longs que sur terre.
En magic l'influence do Jupiter qui donne les honneurs et la gloire ne peut donc être utilisée que dans des cas exceptionnels. Pendant l’année i 8 q 3 , Jupiter sortira du Bélier le io février et entrera dans le Taureau où il se tiendra jusqu’à la fin de l’année.
La couleur de Jupiter est le bleu métallique.
Saturne , le vieillard, l’homme triste, mais de grande expérience. —Met presque 3 o ans (29 ans et 187 jours) à accomplir son cycle complet et donne longue mais sombre vie à tous ceux qui naissent sous son influence. Saturne est l’astre chéri des magiciens noirs, ainsi que la lune décroissante.
La couleur de Saturne est celle du plomb : le noir, métallique.
Telle est la première idée qu’on peut se faire des astres vivants de notre système. Gomme 011 le voit, Mercure, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne représentent les différents stades de la vie humaine depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse et indiquent aussi le caractère moral et intellectuel de chacune de ces périodes que traverse l’être humain. Il est des saturniens qui sont déjà des vieillards à 16 ans et il est des mercuriens qui ont encore la gaîté et l’enthousiasme de l’enfance à 70 ans. La Lune et Vénus se rapportent au féminin dans ses deux grandes modalités : la maternité et l’amour, et respectivement ont la couleur verte de la mer et la couleur blanche de l’eau pure comme symboles.
Rappelez-vous de plus que chacun des jours de la semaine correspond à une des sept influences planétaires : le dimanche au Soleil, le lundi à la Lune, le mardi à Mars, le mercredi à Mercure, le jeudi à Jupiter, le vendredi Vénus, et le samedi à Saturne, et vous compléterez la première idée que vous devez avoir des astres au point de vue magique.
Amitiés et inimitiés
Lorsque vous êtes reçu dans une société jusque-là peu familière, une des premières règles élémentaires de la politesse exige que vous vous informiez des amitiés et
PLANÈTE
AMIE DE
ENNEMIE DE
Toutes les autres.
Toutes sauves.
Toutes les autres.
JUPITER ET VÉNUS
ï> d
SOLEIL-MARS MERCURE, LA LUNE
Bon avec les bonnes.
Mauvais avec les mauvaises.
NEUTRE
NEUTRE
des inimitiés de vos hôtes, afin de ne pas commettre d’impair.
Aussi, admis à la connaissance des supérieurs de notre monde planétaire, prenez bien garde d’en froisser quelqu'un en faisant appel à lui, alors qu’un de ses ennemis tient les clefs du ciel. Voilà pourquoi le tableau ci-dessus vous sera d’une très grande utilité.
En général méfiez-vous de Saturne et de Mars, les deux planètes les plus méchantes du système.
Au contraire faites-vous aider le plus possible par Jupiter, le Soleil et Vénus.
POSITION RESPECTIVE DES PLANÈTES (Aspects)
Nous arrivons à une autre question importante, également du domaine de l’astrologie. mais qu’il nous semble utile d’élucider pour nos lecteurs : celle des oppositions et des conjonctions des planètes. Puisque ces planètes passent toutes par la meme route et avec des vitesses différentes. et que cette route est circulaire, il doit arriver des moments où elles se croisent avec les autres, d’autres moments au contraire où elles s'éloignent beaucoup les unes des autres.
Pour bien nous rendre compte, une fois pour toutes, de ces états appelés aspects et des noms qu'on leur a donnés, prenez votre montre et rappelez-vous que l’extrémité de chacune des deux aiguilles (heures et minutes) représente une planète différente et les signes de l’heure des points particuliers du ciel.
Conjonction
A trois heures et quart ou quatre heures vingt, les deux aiguilles de votre montre se superposant dans le même plan perpendiculaire, les deux astres ont la même longitude dans le ciel.
Quadrature
A trois heures juste ou neuf heures juste, les deux aiguilles formant un angle droit, les deux astres ont des longitudes qui dilfèrent de 90°.
Opposition
A six heures juste, les deux aiguilles forment une ligne droite.
Ces deux astres présentent des longitudes qui diffèrent de 180 0 .
Nous ne saurions entrer, vu le cadre étroit de ce traité, dans toutes les considérations qui découlent de l’aspect des astres entre eux. Rappelons simplement que la lune a son maximum d’iuilueuce quand elle est en conjonction avec le soleil, et comme ce phénomène se reproduit chaque mois (do même que les aiguilles d'une montre se superposent une lois chaque heure), le magiste doit être au courant de ce fait qui lui suffit pour la plupart des opérations courantes.
DES RELATIONS QUI EXISTENT ENTRE LES PLANÈTES
ET LES SIGNES DU ZODIAQUE Maisons planétaires
Maintenant que nous avons vu le caractère des planètes considérées isolément et les influences de ces planètes les unes par rapport aux autres, occupons-nous de l'influence de la position sur les planètes les plus utiles au magicien pour ses opérations.
11 faut tout d’abord savoir que chacun des signes du zodiaque est considéré comme la demeure préférée, la maison d’une planète. Aussi comprend-on combien la planète est heureuse de revenir chez elle après son voyage, et combien les influences particulières de cette planète, bonnes ou mauvaises, prennent alors d’intensité.
Voici quelles sont ces maisons :
Saturne a pour maisons le Capricorne et le Verseau. Jupiter — le Sagittaire et les Poissons.
Mars — le Bélier et le Scorpion.
Le Soleil — le Lion.
Vénus — le Taureau et la Balance.
Mercure — les Gémeaux et la Vierge.
La Lune — le Cancer.
Voir du reste la figure de tarot astronomique dans mon ouvrage sur le Tarot, et qui indique tous ces rap-
NAT LltE
ports. Il y aurait cependant des rectifications à faire au sujet des domiciles diurnes ou nocturnes des pianotes dont plusieurs sont ici intervertis.
La lune dans les i :>. skunks
Nous arrivons maintenant à l’étude des rapports de la lune avec les signes du zodiaque. Cette étude est capitale pour le magiste.
On sait que chaque signe contient 3 o degrés. Pour la rapidité de la description on a divisé, dans l’étude suivante, quelques-uns des signes en trois portions : tete, milieu et fin, de chacune io°. Nous tirons les traditions suivantes d’une de nos « Clavicules » manuscrites.
Bélier (Tète, i à 3 o°). — La lune répand dans ce temps de très heureuses influences pour la prospérité des voyageurs et du négoce. Les caractères, les talismans qui sont formés sous celte influence garantissent des dangers et périls les voyageurs et négociants.
(. Milieu, 10 à 20 °). — La lune inllue sur les richesses et la découverte des trésors. Le moment est favorable pour faire des talismans et caractères pour être fortuné au jeu. principalement si la lune est en aspect bénin avec Jupiter (conjonction).
Taureau (Tète, 3 o° à Go°). — L’influence sur les caractères et talismans tend à la ruine des édifices, des puits et des fontaines, à la rupture des amitiés, des mariages commencés et autres choses semblables.
(Fin, 6o°). —Vingt-cinq minutes après la sortie du Taureau, la lune influe une heureuse santé, une grande disposition à apprendre les sciences et à concilier la bienveillance des gens de distinction, et si, dans ce temps, elle est en conjonction avec Vénus, les talismans et autres figures que l’on fera sous cette constellation seront infaillibles pour se faire aimer du beau sexe.
Gémeaux (6o° à 90°). — Chasse heureuse, réussite des entreprises militaires. Les influences de la Lune à ce
moment rendent insurmontables ceux qui portent des talismans, figures mystérieuses ou caractères formés sous les auspices de cette constellation.
Cancer (90* à 120°). — Influences malignes, réussite des trahisons, des conspirations et autres attentats. Si pourtant la lune se trouve en aspect fortuné avec Jupiter, Vénus et Mercure, les talismans seront favorables à l’amour, au jeu de hasard et à la découverte des trésors.
Lion (120° à i 5 o"). — En aspect avec Saturne influe sur toutes les entreprises funestes au début de son entrée dans le signe. Mais au moment de sortir de ce signe (10 derniers degrés), cette constellation est libérale en toutes sortes de prospérité.
Vierge (i5o° à 180“). — Bonnes influences, à moins d’aspect avec Saturne. Les talismans et caractères dressés sous cette constellation sont fort avantageux aux joueurs, aux voyageurs, de même qu’à ceux qui aspirent à de grands honneurs.
Balance (180° à 210”). — Favorise les entreprises sur les trésors, la découverte des richesses, mines de métaux et de fécondes sources de fontaines.
Scorpion (210° à 24o°). — Fort nuisible aux voyageurs, à ceux qui se marient ou qui commencent quelque société.
Sagittaire (2/10" 'a 270°). — Bonnes influences pour les honneurs et la longueur de la vie.
Capricorne (270" à 3 oo°). — Favorisée d’un regard bienveillant de Vénus ou de Jupiter, elle influe la santé, ainsi que l’amour du beau sexe, de sorte que les talismans et caractères dressés sous cette constellation dénouent infailliblement l’aiguillette et empêchent les maléfices qui nuisent au mariage, entretiennent l’amitié et la bonne intelligence parmi les gens mariés.
Verseau ( 3 oo“ à 33 o”j. — Mauvaises influences pour la santé et pour les voyages.
Poissons (33o° à 36o°). — 11 n’y a que le seul aspect de Saturne à craindre pour ceux qui veulent dresser des
talismans et caractères sous cette constellation ; car, pourvu qu'elle soit regardée aimablement de Jupiter, Mercure ou Vénus, elle influe infailliblement pour les jeux de hasard.
On voit par ces quelques notes comment la connaissance des influences lunaires peut à la rigueur suffire pour la pratique courante de la magie. Les sorciers de campagne n ont du reste pas d’autre connaissance.
Voici un résumé synthétique, et qu’on peut consulter rapidement, de l’influence lunaire.
Si l’on ne peut observer les heures, on se contentera de s’en rapporter aux signes.
Pour l’art magique,
Que la Lune soit dans les signes de Terre :
Pour l’Amour, les grâces et l’invisibilité,
Qu’elle soit dans les signes d'Air :
Pour faire les choses extraordinaires,
Qu’elle soit dans les signes d’Eau :
Gloire, victoire, empire, entreprises,
Qu’elle soit dans les signes de Feu :
Lune ascendante bonnes opérations. — descendante mauvaises.
Bonnes opérations.
Lune, même nombre que soleil.
Mauvaises opérations.
Lune, nombres impairs au soleil.
Ces divisions ont du reste été beaucoup plus loin, et l'astrologie, même élémentaire, étudie les influences dillérentes de la lune dans chacun des jours de sa révolution, ce qui donne en chiffre rond 28 maisons lunaires, origine véritable des jours heureux ou malheureux du mois. Nous ne pouvons entrer dans tous ces détails et nous nous contenterons de donner pour mémoire le tableau suivant ;
Influence de la Lune sur le sexe des enfants
Certaines traditions très curieuses existent à ce sujet. Voici eu résumé comment elles sont formulées :
i" Pour le premier enfant,
La mère se reportera à la position de la lune lors de sa propre naissance (ce qu’on verra facilement sur un almanach de l’année de cette naissance). Si la lune s’est renouvelée dans les neuf jours qui ont suivi cette date, le futur enfant sera une fille. Dans le cas contraire, s’il n’y a pas N. L. dans les neuf jours en question, ce sera un garçon.
2° Pour les autres enjants.
On consulte le jour de la naissance du dernier né. Si la lune se renouvelle dans les neuf jours suivant cette naissance, il y a changement dans le sexe del’enlant qui viendra. En cas contraire il n’y aura pas de changement de sexe.
Des autres planètes
Nous ne pouvons plus nous étendre sur les details concernant les autres planètes, détails se rapportant plus à l’astrologie proprement dite qu’k la magic. Signalons simplement par rapport au soleil les dates suivantes comme tout particulièrement favorables k la bonne* réussite des grandes opérations. Les dates sont établies par genre d’influence :
Agenda magique
Pour le commencement des opérations. Mars et toul le passage du soleil dans le Bélier. C’est à ce moment qu’on doit cueillir la verveine.
Pour l’amour. Avril . surtout le 26, ainsi que Mai, le i* r (la veille de Pâques est le jour le plus favorable de l’année).
En Juin doit être préparé le parchemin vierge. Les talismans pour les voyages se lont aussi dans ce mois.
Le 20 juin est un jour très propice à toutes les opérations. La veille de la Saint-Jean doit être préparée la baguette magique. On doit aussi cueillir les herbes à cette époque.
Juillet. —Excellentes influences pour les richesses et la recherche des trésors (surtout le dimanche). A partir du 2/1 juillet, préparer la peau de grenouille pour le mois de décembre suivant (voy. ce mois).
On doit cueillir k ce moment les herbes magiques et surtout l’héliotrope, le lis et l’ortie.
Août. — Bonnes influences pour les évocations et les apparitions conscientes d’esprits.
Le i 5 , jour particulièrement favorable aux talismans d’amour.
Le 21 (le mercredi le plus proche*de celle date), talisman dejeu.
Septembre. — Le 12. faire letalisman d’amour suivant :
Pour l’amour
Environ le 12 septembre au jour, heure de Vénus, tu feras faire une médaille de cuivre rouge sur laquelle tu feras graver ces caractères d’un côté, de l’autre côté ces paroles J lova ni: Von a, ensuite tu la pendras à ton col avec un cordon, où il y ait de la laine des bas de la personneque tu désires, tous les matins avant soleil levé. Pendant tout le mois d’octobre tu iras à la porte et diras définitivement ces paroles : Amapoylfac, les répétant douze fois, et le premier jour du mois suivant, cette personne no pourra s’empêcher de venir te trouver pour te demander ce que tu désires et pourra faire ce que tu voudras.
Octobre. — A jour et heure de Mars, faire le talisman de guerre :
Le 22 octobre 011 fera le second de ces talismans ;
NATUHK
Tlii
Novembre. —Favorable pour les évocations des esprits de Jupiter.
Le ü 3 novembre est aussi très favorable pour l’évocation des esprits belliqueux de Mars et de Sagittaire :
Décembre. — Au moment de la nouvelle lune, à jour et heure de Saturne, on peut (aire, dans ce mois, un très curieux panlacle très favorable h 1 élevage et à 1 achat des bestiaux. C’est un des bons secrets de la magie des campagnes :
Janvier. — Très favorable aux évocations des esprits de Saturne.
Voici d’autre part un secret des plus curieux et que nous n’hésitons pas à transcrire intégralement. Il est tiré d’un exemplaire des Clavicules de la Bibliothèque nationale :
Pour se rendre invisible
Il faut faire une petite figure de cire jaune ressemblant à celle d’un homme, dans le mois de janvier, au jour et heure de Saturne, et dans le moment tu graveras avec une aiguille au dessus de la tete et sur le crâne que tu auras adroitement levé le caractère qui suit :
Après quoi, tu remettras proprement ledit crâne a sa place. Ensuite tu écriras, sur une petite bande de peau de grenouille du buisson, qui aura été
tu<$e dans le temps de la canicule, avec du sang de la même grenouille.au même jour qu elle aura été tuée, les mots et caractères suivants, 11 K LS. ÏIEL, IIELS, et tu iras pendre ladite figure parun de les cheveux «à la voûte d une caverne «à l’heure de minuit, et l'encensant avec l’encens convenable, lu diras : Metraton, Melach, Berot, Not, Vembdet, Macii, cl vos onincs. conjuro le figura ccrcaper Deum vimim, ul per virlulcm hornm caraclerum cl verborum me invisibilem reddas, ubique leporlavero mccam. Amen. Et, après l’avoir derechef encensé, lu l’enterreras au même lieu dans une boite de sapin, et toutes les fois que tu voudras passer ou entrer en quelque lieu sans être vu tu diras ces mots en portant ladite figure dans la poche gauche : J'eni ad me cl nunqnam me dcrclinquas ubicumquc ivero.
Ensuite tu auras soin de le reporter i> l’endroit précédent et de le couvrir de terre jusqu'à ce que tu en aies besoin.
Février. — Bonnes inlluenccs pour l’évocation des esprits de Jupiter. On peut faire dans ce mois le talisman suivant contre l’apoplexie. Ce talisman doit être fait sur de l’acier au jour et heure de Mars.
î» A CL I
EGALISATION
2?fi
l'our tout oo qui se rapporte aux autres planètes et qui est, en somme, accessoire clans un traité élémentaire, nous renvoyons aux ouvrages techniques d'astrologie, surtout au travail très scientifique de SI. Selva.
Dns ma ans vttbiuukks aux planètes
Les divisions que nous avons étudiées jusqu'à présent correspondent à peu près à des phénomènes naturels et sont tirées de la position effective des astres dans le ciel. Or nous pensons qu’il faut, autant que possible, s’en tenir à ces simples divisions.
Toutefois la tradition magique attribue une influence considérable aux rapports théoriques établis entre les planètes et les heures.
Pour obtenir exactement les heures magiques on divise par 12 le temps qui sépare le lever du coucher du soleil et I on a ainsi les heures du jour qui, en hiver, ont bien moins et, en été. plus de Go minutes, comme on le voit. Pour les heures de nuit on divise également par 12 le temps qui sépare le coucher du lever du soleil.
Nous avons établi une horloge magique qui donne immédiatement la planète qui domine une heure déterminée d’un des jours delà semaine, ainsi que le nom du génie de l’heure et quelques autres indications complémentaires.
Voici cette horloge 1 :
Pour sc servir de celle horloge magique, il faut la recopier sur fine feuille blanche cl détacher ensuite la partie centrale (séparée par un trait double) du reste. On fixe alors celle pari in ceiilralc. devenue mobile, a sa place, par un clou ou une pointe quelconque. Quand on veut savoir à quelle inlluence correspond une heure quelconque d’un jour de la semaine, on agit de la fa von suivante;
i" On amène lejourdela semaine voulu devant la première heure (Yayn) en faisant tourner la partie centrale.
s" Il ne reste plus qu'à chercher l'heure choisie el à lire le nom de la planète qui sc trouve au-dessus. Les chilTrcs arabes indiquent les heures du jour cl les chiffres romains les heures de nuit.
Pour se servir de cette figure il faut détacher le centre au delà du trait double et amener le nom du jour dans lequel on opère en face de la l rc heure (Yayn). On a alors la correspondance de toutes les heures de ce jour.
HORLOGE MAGIQUE
Les heures de ï>. cf. î et C sont excellentes pour faire les opérations magiques et parler aux esprits. La i rc heure d apparition du soleil les jours de ces planètes est la meilleure.
Les heures de © et de 9 et leurs jours sont très bonnes pour l'amour.
Les heures de ï) et de cf sont excellentes pour les actions d'inimitié.
Les heures de £ pour les choses les plus curieuses et les plus difficiles.
Lnlin les heures de et de 9 pour l’amour et les expériences extraordinaires
Camille Flammarion ... Le Ciel.
R vgon. . Initiation hermétique.
Oger Ferrier . Jugements astronomiques. — Clavicules
de Salomon (mss. delàBibl. nationale).
CHAPITRE IX
DE L'INFLUENCE DES PLANÈTES dans les trois règnes de la nature sublunaire
(Astrologie naturelle)
Nous avons à peu près terminé l'étude de l’action des planètes dans le ciel ; mais cette action n’est pas la seule qui s’exerce, et, pour nous, habitants de la terre, l'influence exercée par le fluide astral sur les trois règnes de la nature sublunaire acquiert une importance toute spéciale.
Etant donnée la théorie magique qui admet que toutes les créations naturelles sont produites par l’action du plan astral, on comprend que chaque être terrestre dépendra d’une influence astrale déterminée. On dit que cet être est signé par l’astre qui domine le plus en lui et les hommes sont soumis comme le reste de la création à des signatures du monde invisible.
Notre but est avant tout d’être aussi clair que possible dans cette étude ; aussi laisserons nous là tous les détails de ces correspondances des planètes avec notre monde pour nous en tenir uniquement aux lignes générales et indispensables à connaître.
Dans toute opération le magiste peut avoir à grouper dans son cercle toutes les influences d’une planète dans les trois règnes ; aussi donnerons-nous à propos de chaque astre une échelle de correspondance aussi simplifiée que possible et réduite le plus souvent à un représentant de chaque règne. On trouvera des détails plus complets dans le petit dictionnaire de magie pra-
tique, qui termine notre traité, au nom de chacune des planètes.
Nous prévenons toutefois nos lecteurs que chaque planète dominant sur un grand nombre de planètes ou de pierres précieuses, nous nous sommes arrêté à la classification la plus pratique. On trouvera d’autres correspondances dans tous les grimoires et les livres spéciaux.
RÈGNE MINÉRAL
Métaux divers
Le règne minéral fournit au magiste les métaux et les pierres magiques.
Métaux. — Les métaux ont une foule d’usages et sont surtout employés comme conducteurs du fluide astral.
Les sept métaux correspondant aux planètes sont les suivants :
Plomb correspondant
il Saturne.
Etain —
Fer —
Or —
Cuivre —
Vif-Argent —
Argent —
Les métaux servent à faire des médailles, des pantacles. des talismans, des bagues, des instruments, etc.
Il y a un très grand nombre de pierres plus ou moins précieuses qui servent à orner les anneaux et les esprits magiques. On trouvera un très curieux traité des pierres, tirées d’un livre sur les nombres d'Evax et d’Aaron (?), dans le Grand Albert ; mais les matières contenues dans ce traité ne sont pas classées d’après les rapports planétaires et nous avons dû faire un travail tout spécial à ce sujet.
Nous avons définitivement adopté les rapports suivants après avoir compulsé les différentes tables présentées. soit par les « Clavicules », soit par les traités spéciaux d’Agrippa et de Kircher.
Pieuses attribuées aux Planètes
Saturne . Pierre d’aimant, calcédoine.
Jupiter . Le saphir, le héril.
Mars . L’améthiste. le diamant, le jaspe.
Le Soleii . L'escarboucle. la chrysolithe, la pierre
héliotrope.
Vénus . Le lapis.-lazuli.
Mercure . L’émeraude, t'urjalhe.
La Lune . Le cristal, les perles, le corail blanc.
Nous avons, autant que possible, éliminé de cette énumération toutes les pierres plus ou moins fantastiques qu’on trouve dans les nids des oiseaux, dans le ventre des animaux ou dans certains arbres inconnus, comme cette fameuse pierre du nid de la huppe (lisez, comme dit Eliphas, de la Dupe), qui rend invisible.
Toutefois, nous exposerons, à titre de simple curiosité, les propriétés merveilleuses attribuées aux pierres qui se rapportent aux sept planètes par les grimoires qui constituent le catéchisme de nos sorciers de campagne.
TRADITIONS CURIEUSES CONCERNANT LA VERTU DE CERTAINES PIERRES
La pierre d aimant. — Très utile pour le magiste, car elle entre dans la confection de la baguette. 11 ne faut pas confondre cette pierre d’aimant qui est un produit naturel avec le fer magnétique obtenu industriellement.
Si un homme veut savoir si sa femme est chaste et sage, qu ii prenne la pierre que l’on appelle aimant et qu’il la mette sous la tête de sa femme ; si clic est chaste et
honnête, elle embrassera son mari, sinon elle se jettera aussitôt hors du lit.
De plus si on met cette pierre, après l’avoir réduite en poudre, sur les charbons aux quatre coins d'une maison, tous ceux qui y seront couchés en sortiront et abandonneront tout, et pour lors les larrons y pourront lairc ce qu’ils voudront sans crainte (sic) Grand Albert).
La calcédoine. — Pour chasser les illusions et toutes sortes de vaines imaginations, qu’on prenne la pierre calcédoine, qui est pâle et obscure : si on la perce par le milieu et qu’on la pende au cou avec une autre pierre appelée serenibus (:*). on ne craindra point les illusions fantastiques. Par sa vertu on vient à bout de tous scs ennemis, et elle conserve le corps en force et vigueur.
.IriMTKU
Le saphir. — Pour mettre la paix entre'quelqu'un on prendra la pierre de saphir ; la jaune qui n’est pas si luisante est la meilleure. Celte pierre, portée sur soi, donne la paix et la concorde, rend dévot et pieux, inspire le bien, modère le feu et l’ardeur des passions intérieures.
Le béril. — Celui qui voudra se moquer de ses ennemis et finir ses procès et ses différends prendra du béryl qui a la couleur pale et transparente comme de l’eau. Si on la porte sur soi, on ne craindra pas ses ennemis ; on gagnera scs procès, si on en a. Elle a aussi une vertu admirable pour les enfants, car elle les rend capables de s’avancer dans les lettres.
L’aniéliste. — Pour avoir un bon esprit et ne s’enivrer jamais on prendra une pierre d’amélisle qui est de couleur de pourpre ; la meilleure se trouve dans les Indes : elle est merveilleuse pour les ivrognes et rend l’esprit propre aux sciences.
Le diamant. — Ceux qui voudront être au dessus de leurs ennemis prendront la pierre qu’on nomme diamant ,
qui est d'une couleur brillante et si dure qu on ne peut la rompre qu avec du sang de bouc. Si on 1 attache au côté gauche, elle est admirable contre les ennemis, conserve la raison, met en fuite les bêtes farouches et venimeuses et empêche les mauvais desseins de ceux qui vous veulent assassiner ou faire quelque autre tour semblable, finit et termine les différends et les procès. De plus, le diamant est fort bon contre les poisons et contre les esprits follets.
L'escarboucle (nous n'avons pu trouver au sujet de cette pierre d'autre tradition que celle qui concerne sa propriété de luire dans les ténèbres).
La chrysolithe. — Si on veut devenir sage et ne point faire de (olie on n’a qu’à prendre une pierre qui se nomme chrysolithe : elle a une couleur verte et brillante ; il faut l’enchâsser dans de l’or et la porter sur soi Chasse les fantômes et délivre de la folie et est admirable pour la peur.
La pierre héliotrope. — Pour faire que le soleil paraisse être de la couleur du sang il faut prendre la pierre qu’on appelle héliotrope, qui a la couleur verte et qui ressemble à l’émeraude et est toute bigarrée comme des gouttes de sang. Tous les nécromanciens l’appellent communément la pierre précieuse de Babylone ; que si on frotte cette pierre avec le suc de l'herbe du même nom, elle fait voir le soleil rouge comme du sang, de la même manière que dans une éclipse.
C’est de cette pierre, comme je l’ai appris, dont se servaient autrefois les prêtres des temples pour deviner et interpréter les oracles et les réponses des idoles.
Cette pierre se trouve dans l'Ethiopie, en Chypre et dans les Indes.
Lapis-Lazuli. — Si l’on veut guérir quelqu’un de mélancolie et de fièvre quarte, il faut prendre la pierre luzulc qui est de la couleur du ciel et. a au dedans de petits
corpuscules dorés. Ce secours est infaillible et éprouvé nouvellement. On porte cette pierre sur soi pour les maux ci-dessus.
L’émeraude. —Celui qui voudra devenir savant, amasser des richesses et savoir l’avenir, prendra la pierre que nous appelons ordinairement émeraude, qui est fort nette et brillante. La jaune est la meilleure.
Si un homme la porte sur soi, elle lui donne de l’esprit et de la mémoire, elle fait amasser des richesses, et si on la met sous sa langue, elle communique le don de prophétie.
L’agalhe. — Si quelqu’un souhaite d’éviter toutes sortes de dangers et ne rien craindre dans le monde, ou Lien veut être généreux, il prendra de l’agathe qui est noire et a des veines blanches. L’agathe est fort bonne contre les adversités.
Le cristal (quartz).—Pour allumer du (eu.il faut prendre du cristal, l’exposer au soleil, et vis-à-vis mettre quelque chose facile à brûler. Aussitôt que le soleil luira, le î’eu y prendra. Si on le boit avec du miel, il donnera du lait aux nourrices.
Le corail. — Si on veut apaiser les tempêtes et les orages et passer des fleuves, on prendra du corail : il y en a du rouge et du blanc. Il est expérimenté et sûr qu'il arrête le sang sur-le-champ ; et celui qui le porte sur soi a toujours la raison bonne et est prudent. Beaucoup de personnes considérables et dignes de foi l’ont éprouvé depuis peu. Le corail est admirable contre les tempêtes et les périls qu’on court sur les eaux.
LES HERBES MAGIQUES
(Règne végétal)
La connaissance, la recherche et la préparation des <( simples » tenant une place très importante dans la
INFLCKNr.2
maj'ie pratique. nous avons consacré clans les pages suivanlcs une élude toute spéciale aux plantes rorrespondniit avec li s planètes.
Pour les autres herbes dites magiques, le lecteur so reportera au mot herbe du dictionnaire magique et ensuite à chacune des plantes indiquées h cet endroit. Nous reparlerons. dans In 3' partie de ce traité, de la façon de cueillir les plantes.
Avant tout, voici In correspondance planétaire générale des différentes parties d'une plante.
COKIŒSI’ONO VNCK l) L\ VÉGÉTAL
l'anr ¥ Jupiter
I'i.kiiis V Wiius
Sim.M.l: »:t i.coiu i. v Mercure
ItvcisK h Saturne
lkns roHr J Mars
Iiiii.lis Z La Lune.
Seriasi:
Les herbes de Salurue sont classées sous cette influence d'après les rap|iort» qu'elles oui avec la planète :
T Tout d'abord les poisons qui engourdissent et étourdisscut comme la plupart des soluuées :
a* Les piaules qui semblent ne point produire de fruits :
3* Celles qui produisent des racines, des feuilles ou branches noires et des fruits noirs (Figuier noir, pin. cyprès) ;
4" Celles qui sont d’un goût amer, d'une odeur violente. d une ombre noire ou qui sont fuuesles comme l âche consacrée ù l’luton (. Ipium tjrtiveulenz, oinbelldère,.
On peut prendre connue herbe caractéristique de
L Elléboiie (llellebnrus niycr), famille de renouculacées, cultivée dans les jardins sous le nom de R ose Je .Xoël.
L’Helleborus jelidus ou Pied de Griffon peut au besoin remplacer la précédente.
La première est de Saturne et s’appelle Offoditius. Son suc est fort bon pour apaiser et guérir les douleurs de reins et les maux de jambes. On la donne aussi à ceux qui sont incommodés de la vessie. Que si l’on lait tant soit peu cuire sa racine, les démoniaques et les mélancoliques qui la porteront dans un linge blanc seront délivrés. Enlin cette meme racine chasse les malins esprits des maisons.
Les herbes de Jupiter sont caractérisées parleur bonne et aromatique odeur et les fruits (presque toujours huileux) par leur douce saveur (noix, ainandes> noisettes, etc.). Les arbres sont ceux qui sont particulièrement majestueux, comme le chêne, ou qui sont considérés comme heureux, par ex. : le coudrier, le peuplier et le figuier blanc, el aussi spécialement l’olivier.
Gomme herbes caractéristiques de Jupiter nous signalerons spécialement, outre la menthe, la buglosse (Anchusa off, borraginacécs) qu’on devra employer toujours de préférence en magie.
La Jusquiame (Ilyosciamus n'njer, solanécs) dont l’action est ainsi caractérisée par le Grand Albert :
La sixième est de Jupiter qui se nomme communément Octharan, et par quelques-uns Jusquiame. Sa racine étant mise sur les ulcères, les enlève et empêche qu’il ne vienne dans l’endroit où étaient ces ulcères, aucune inflammation. Si on la porte sur soi avant qu’on ait eu aucun ulcère ou apostume, il if \ en viendra point. Sa racine est fort bonne pour la goutte, si, après l’avoir pilée, on la met sur l’endroit où l’on sent la douleur, surtout sous la domination des signes qui ont des pieds, ou qui dominent dessus. Que si l’on boit son suc avec du miel ou du mclliorat, il est merveilleux aux douleurs de foie parce que Jupilcr le domine. Elle contribue beau
coup à donner de l'amour et à se servir du coït. Ceux qui se veulent faire aimer des femmes n’ont qu’à porter celte herbe sur eux, car ceux qui en portent sont fort joyeux et fort agréables.
Les herbes de Mars sont classées l'aprèsles propriétés suivantes :
i° Celles qui sont venimeuses par une trop grande abondance de chaleur (Ex. : l’euphorbe, l’ail);
2° Celles qui ont des épines ou qui piquent et font démanger ou enfler la peau par leur attouchement (Ex. : les orties) ;
3 ° Celles qui font pleurer en les épluchant et surtout enlesmangeant(Ex.: oignons, échalottes, moutarde, etc.).
Nous prendrons comme herbe caractéristique de Mars :
L’Euphorbe (réveille-matin, ombletlc, lait de couleuvre, tilhymale, petit cyprès, rhubarbe des pauvres), dont il existe environ yoo espèces.
Sous le nom d’OnxooLOSE (langue d’oiseau), le Grand Albert décrit une herbe dont les vertus semblent se rapporter à celles de l’Euphorbe.
La quatrième est de Mars, et on l’appelle Ornoglose; sa racine est bonne pour la douleur de tète ; car on croit ordinairement que le Bélier qui domine sur la tète de tous les hommes est la raison de Mars. On s’en sert pour les maux des testicules et pour les ulcères pourris, lorsque Mars est dans le Scorpion, qui est un signe qui retient la semence. Son suc est admirable pour la dyssenlcrie et les hémorroïdes et à l’estomac quand on le boit.
Les herbes du soleil sont généralement aromatiques. On classe aussi ces herbes d'après, leurs mouvements vers le soleil comme le tournesol (héliotrope) ou celles qui renversent ou ferment leurs feuilles à l’éloignement
ou au coucher du soleil et qui les ouvrent petit à petit et les étendent quand il se lève, comme le laurier, la pivoine, la chélidoine. etc.
Nous prendrons comme herbe solaire caractéristique :
r L’ïIki jotrope (tournesol, herbe aux verrues, herbe de Saint-Fiacre), de lafamille des borraginecs. à laquelle le Grand Albert attribue les magnifiques propriétés suivantes :
Elle a une vertu admirable si on la cueille dans le mois d’aoùt, pendant qui' le soleil est en signe du Lion. Car si. étant enveloppée dans une feuille de laurier, avec une dent de loup, on la porte sur soi, personne ne pourra mal parler ni nuire par de méchantes paroles h celui qui la portera : au contraire, on n’en dira que du bien. l)e plus, celui qui la mettra sous sa tète pendant la nuit verra et connaîtra ceux qui pourraient venir le dérober. Bien plus, si on met celte herbe dans une église où il y aura des femmes, celles qui auraient violé la fidélité qu elles avaient promise à leurs maris n’en pourront pas sortir, si on ne l’ote de l’église. Ce secret est assuré, il a été souvent expérimenté.
2° La Renouée (traînasse, herbe à cochons) (Polygoruim avicularc) dont le Grand Albert donne encore la description suivante :
La seconde est le soleil et se nomme poligoine, barrigiole ou renouée : elle tire son nom du soleil parce qu’elle est fort fertile ; quelques-uns l’ont aussi appelée la maison du soleil. Cette herbe guérit les douleurs de cœur et de l’estomac. Celui qui touche cette herbe a une vertu qui lui vient des influences de la planète qui a dominé k sa naissance.
Que si quelqu’un en boit, elle excitera beaucoup l’amour, et lui donnera des forces pour user du coït ; ou bien, si on en porte sur soi la racine, elle guérit du mal des yeux. Elle soulage beaucoup les frénétiques qui la portent sur l’estomac. Elle est bonne aux pulmoniques et leur donne une bonne haleine et une libre respiration ; elle sert aussi au flux du sang des mélancoliques.
Les herbes de Vénus sont remarquables par leur parlum. leur arôme, comme la verveine, la valériane, le cheveu de Vénus (Capillum Venerii) et les fruits consacrés à celte planète sont très doux, comme les poires, les figues, les oranges : les roses sont aussi particulièrement consacrées à Vénus, surtout dans les opérations faites le matin.
Comme herbe caractéristique nous prendrons :
La Verveine (herbe sacrée), une des plantes magiques les plus puissantes et les plus mystérieuses qui existent. On trouvera quelques détails h son sujet dans notre dictionnaire magique. Voici ce qu’en dit le Grand Albert :
La septième est de Vénus et on l’appelle Pislérion ; quelques uns la nomment aussi Colombaire ou Verveine. Sa racine étant mise sur le cou guérit les écrouelles, les parotides, les ulcères, et la perle d urine, si on s’en fait un emplâtre qu’on mettra sur l’endroit oii est le mal. Elle est souveraine pour les écorchures qui se font dans le fondement, et pour les hémorroïdes.
Si on boit son suc avec du miel dans l’eau chaude elle donne bonne haleine et libre respiration.
Elle rend amoureux parce que son suc fait beaucoup de sperme. De plus si quelqu’un la porte sur soi il sera fort et vigoureux dans le coït, pourvu qu’il n’estT rien autre que cette herbe.
Si on la met dans une maison, une terre ou une vigne, on tirera de grands revenus.
De plus sa racine est bonne pour ceux qui veulent planter des vignes et des arbres ; et les enfants qui la porteront sur eux seront bien élevés et aimeront la science; ils seront éveillés et de bonne humeur. Elleest encore fort utile dans les purgations et chasse les esprits malins et les démons.
Les herbes de Mercure sont composées de plusieurs natures et de différentes couleurs.
Ouïra la coudriar. K' tussilage, la mercuriale ( I ferenrialis anima, cuphorbiacées) appelée aussi loirole cl. orlie bàlanle. nu peut considérer comme caraclérisliquc :
la OriNTF.FF.i ilue (Patent ilia replans de la famille des rosacée* c! donl les propriétés sont ainsi décrites par le Grand Albert :
La cinquième est de Mercure et se nomme Pcdadilius ou Pcnlajïlnn. en français Quinte feuille. La racine de celle herbe guérit les plaies et les dartres, si on la met en emplâtre, et enlève en peu de temps les écrouelles, si on boit son suc avec de l’eau. De meme son suc guérit aussi des douleurs/le l'estomac et de poitrine. Que l’on en mette dans la bouche, il apaise les maux de dents et tous les autres qu’on pourrait y avoir. Que si quelqu’un la porte sur soi. clic lui sera d’un grand secours. De plus, si on veut demander quelque chose à un roi ou à un prince, on n’a qu’à la porter sur soi. elle rend savant et lait obtenir ce que I on souhaite.
A la lune sont consacrées les plantes d’eau ou celles (pii subissent particulièrement 1 influence des phases lunaires, comme le palmier, qui, dit-on. pousse un rameau à chaque heure de lune : l’herbe Chinoslares qui croit et décroît comme la lune en substance et en nombre de feuilles.
Cette herbe ainsi appelée par Agrippa, appelée au contraire Chrynoslales par le Grand Albert. est très difficilc à déterminer et semble se rapporter surtout au Lis blanc (To Koivov) tant par son nom que par ses propriétés medicales, principalement en ce qui concerne les yeux. Comme herbes lunaires nous prendrons donc :
i° Lk Nénuphar (Nymphéa alba, nénuphar blanc, lis d’eau, etc.) :
a° Le Lis blanc (Lilium candidum) auquel nous rapporterons la description du Grand Albert-:
La troisième est de la Lune et on l’appelle Chrynoslales ; son suc purge les àcreurs de l’estomac. La fleur de cette
herbe nettoie les reins ou les guérit; ellecroîtetdiminue comme la lune. Elle est fort bonne au mal des yeux, rend la vue bonne. Si on met de la racine pilée sur l’œil, elle est merveilleuse pour augmenter et éclairer la vue. car les yeux ont une grande sympathie avec la lune et dépendent beaucoup de ses influences. Elle sert beaucoup à ceux qui en boivent pour faire la digestion des viandes dans l’estomac. ou à ceux qui ont les écrouelles.
RÈGNE ANIMAL
Les animaux sont utilisés en magie comme dégageant le fluide astral nécessaire à quelques opérations. La sorcellerie tout entière est basée sur le principe de l’animation des objets consacrés, animation obtenue grâce au corps astral d’un crapaud qu’on fixe dans les objets en question (le crapaud est saturnien). En cas de nécessité on peut remplacer un des disciples dans l'évocation par un chien dont l’aura magnétique est assez puissant. Les plumes des oiseaux en rapport avec les planètes sont employées comme aspersoir pour l’eau dynamisée par l’influx magnétique. Aussi donnons-nous, à propos de chaque planète, trois correspondances : un oiseau, un quadrupède (sauf quelques-uns) et un poisson. Comme pour les précédentes correspondances nous faisons suivre cette liste des « secrets » attribués par la magie des campagnes à quelques-uns de ces animaux.
REGNE
ANIMAL
Huppe
Taupe
Seiche.
(Crapaud)
Ccrl
Dauphin.
Vautour
Loup
Le Lucium
N A TU II K
Soleil Cigne
Vénus La Colombe
Mercure La Cigogne
La Lune Le Hibou
Lion Le Thiniallus.
Le Bouc Le Veau Marin.
Le Singe Le Trochus.
Le Chat Le Lurus.
(Grenouille)
TRADITIONS DE LA MAGIE DES CAMPAGNES
AU SUJET DES ANIMAUX PLANÉTAIRES
Satlhnjî
lluppe. — Celui qui porte scs yeux devient gros, ou bien si on les porte devant l’estomac on se réconciliera avec tous scs ennemis, et de peur d'cire trompé par quelque marchand on portera sa tête daiis une bourse.
Taupe. — Elle a des vertus et des propriétés admirables : si on enveloppe un de scs pieds dans une feuille de laurier, et qu’on le mette dans la bouche d’un cheval, il prendra aussitôt la fuite et aura peur ; ou si on le met dans le nid de quelque oiseau, les œufs deviendront inutiles et il ne s’y formera rien dedans. Si on veut chasser les taupes d’un endroit il faut en prendre une et la mettre dans ce même endroit avec du soufre vif qu’on fera brûler : aussitôt toutes les autres taupes s'assembleront après. Déplus, si on frotte un cheval noir avec de l’eau où aura cuit une taupe, il deviendra
Une taupe enclose en un pot de terre et avec de la poudre de soufre allumée appelle les autres à son secours par une voix et cri pitoyables.
Si vous voulez prendre les taupes, il faut mettre un porreau ou un oignon devant de leur trou ; car elles sortiront incontinent dehors, comme étourdies.
Aiqlc. — Si on réduit on poudre sa cervelle et qu’ensuite'on la mêle avec du jus do ciguë, ceux qui en auront mangé s’arracheront les cheveux et ne se quitteront point tant qu ils en auront dans le corps. La raison en est que sa cervelle est si chaude et si chaleureuse qu’elle forme des illusions fantastiques.
Loup. — Si on ensevelit la queue d’un loup en un village, elle empêche que les loups n’y entrent.
Si on pend la queue d'un loup sur la crèche des vaches ou menu bétail, le loup ne s’en approchera pas jusqu’à ce qu’elle soit ôtée.
Lion. — Que si de sa peau on lait des courrois, celui qui s’en ceindra ne craindra point ses ennemis ; que si quelqu’un mange de sa chair, ou boit de son urine pendant trois jours, s’il a la lièvre quarte, il en sera guéri; que si l’on porte les yeux de cet animal sous l’aisselle, toutes les bêtes s’enfuiront devant celui qui l’aura, en baissant la tête.
La tourterelle. — Si on porte le cœur de col oiseau dans une peau de loup, il éteindra tous les feux de la concupiscence et les désirs amoureux ; si on brûle son coeur et qu’ensuite on le mette sur les oeufs de quelques autres oiseaux, on aura beau les faire couver, ils ne produiront rien. Si on pend ses pieds à un arbre, il ne portera jamais de fruit ; que si on frotte de son sang, mêlé avec de l'eau dans laquelle on aurait fait cuire une taupe, quelque endroit où il y aura du poil, ou bien un cheval, tous les poils qui seront noirs tomberont.
Bouc. — Si ou met sou sang tiède et clu vinaigre bouillir avec du verre, le verre deviendra tendre connue de la pâte et ne se rompra point, quand on le jetterait contre une muraille.
Que si l’on met cette composition dans un vase et qu f ensuite on s’en trotte le visage, ou verra des choses horribles et épouvantables ; ou bien si on les jette dans le feu et s’il se trouve là présent quelqu’un qui soit sujet au mal caduc, en lui présentant une pierre ti aimant il tombera incontinent mort par terre ; mais si on lui faisait boire de l’eau et du sang d’anguille, il sera guéri en peu de temps.
Le veau marin. — Si on prend de son sang avec un peu de son cœur et que l'on le mette dans l’eau, c’est une chose sure que tous les poissons d’alentour s’y assemblent ; que si on le porte sous l’aisselle on surpassera tout le monde en jugement et en esprit et le criminel qui l’aura rendu sera jugé doux et favorable.
Lune
La grenouille et le hibou rendent l'homme babillard et délient principalement la langue et le cœur. En celte façon la langue d’une grenouille d’eau mise sous la tète fait parler en dormant, et le cœur d’un hibou mis dessus la poitrine gauche d’une femme qui dort a cette efficacité, à ce qu’on dit, de lui faire prononcer et déclarer tous ses secrets. (Agrippa).
ACTION DES PLANÈTES SUR L’HOMME
Les anciens avaient observé et déterminé les différents stades traversés par la force universelle dans son action sur la matière. Ils avaient remarqué que toute génération passe par des phases identiques dans tous les plans de la nature, et pour graver cet enseignement dans l’esprit des disciples, ils avaient donné à ces phases le
nom des 7 planètes, non pas que ces 7 astres aient individuellement une influence naturelle dans cette action, mais bien parce que ces astres étant eux-mêmes l’expression à un haut degré de l’elTet de cette loi universelle de création constituaient une sorte de mesure commune applicable à toute la nature. Telle est la clef de ces applications planétaires qui sembleraient bizarres ou absurdes à ceux qui n'ont pas compris l’enseignement véritable de l’ésotérisme à ce sujet.
C’est ainsi que dans l’étude de l’embryologie le développement d’un oiseau ou d’un lapin sert de type pour l’établissement du développement du lœtus humain, mais sans que pour cela il y ait confusion possible entre les deux plans de génération.
Les Indous, avec leurs sept principes universels, ne font pas autre chose qu’exprimer les mêmes idées bien moins clairement. Mais on préfère lire jim, linga sharira, manas, etc., etc., que la Lune, Mars, Jupiter, car on n’a pas pris l'habitude de prendre les termes sanscrits dans d’autres acceptions.
Nous sommes persuadé que l’étudiant sérieux qui voudra bien approfondir cette question dans le sens où nous l'indiquons en tirera des lumières très vives par la suite. Cela dit, nous allons exposer tous les stades de la force universelle appliquée à l’homme, stades désignés sous les noms génériques des planètes qui servent de base à toutes les correspondances septénaires.
Pour éviter toute obscurité nous donnerons d’abord un tableau des influences planétaires sur les organes et les fonctions de l'homme ; puis nous ferons suivre ce tableau de l'exposé des raisons sur lesquelles ces correspondances ont été établies, exposé très bien fait par Albert le Grand dans un des rares ouvrages authentiques publiés par les grimoires qui portent son nom.
Nous terminerons cet exposé par un tableau général fixant la tradition hermétique des correspondances telle qu’elle était connue au XVI° siècle. Dans ce tableau est contenu tout ce qui a rapport aux « 'signatures astrales».
PLANÈTES
INTELLECTUELLE
ORGANE
CORUESPONDANi
Esprit méditatif.
Rate.
Esprit dominateur.
Foie.
Esprit fort.
Estomac.
Esprit de pureté.
Cœur.
Esprit susceptible.
Reins.
Esprit turbulent.
Poumons.
Esprit de lumière.
Cerveau.
INFLUENCE PHYSIOLOGIQUE
INFLUENCE SOCIALE
A le pouvoir sur la mélancolie et aux parties] qui s’entretiennent de cette humeur.
Départit les trésors et révèle les secrets.
A pour apanage la masse du sang et les vaisseaux qui en renferment et en perfection-l nent les éléments et les convertissent en' sang.
Départit les dignités, les honneurs, le respect et la délectation.
Commande sur la bile.
Donne la victoire.
Préside à la chaleur vitale et au cœur qui est le principe de la vie et du mouvement de l’animal.
Donne l'amitié des Rois, des princes et des grand
Prépare la semence et exerce sa puissance sur les vaisseaux nécessaires à la génération.
Donne l'amour des femmes, la paix et la concorde.
Travaille les esprits animaux. Comme sa mission est de constamment rouler autour du soleil, il vivifie le cerveau en en stimulant les fonctions.
Donne les sciences, le bonheur commercial et au jeu.
Gouverne les puissances naturelles et toutes les parties qui dépendent de cette faculté.
Facilite les voyages et détourne les malheurs.
DK L’INFLUENCE DES PLANÈTES SUR LE MICROCOSME A. — Intellect
Le premier mobile, qui renferme par son mouvement journalier toutes les sphères inférieures, communique par son influence à la matière la vertu d’exister et de se mouvoir : le globe des étoiles fixes donne non seulement la puissance au fœtus de se distinguer suivant ses différentes figures et accidents, mais encore lui communique le pouvoir de se différencier, suivant les différentes influences de ce globe. La sphère de Saturne est immédiatement après le firmament, et l’ùme reçoit de cette planète le discernement et la raison ; ensuite celle de Jupiter qui donne à l’àme la générosité et plusieurs autres passions ; Marslui communique la haine, la colère et beaucoup d’autres ; le Soleil lui influe la science et la mémoire, Vénus les mouvements de la concupiscence, Mercure la joie et le plaisir ; enfin la Lune, qui est l’origine de toutes les vertus naturelles, la fortifie. Quoique toutes choses viennent de l’àmc et qu’elle les ait reçues de plusieurs parties des corps célestes, cependant on les lui attribue, cl aussi à tous les corps parce qu’un simple accident n’est pas suffisant pour les soutenir toutes.
15. — Corps physiques
Maintenant à l’égard du corps qui est créé et formé de Yembryon par les effets et les opérations des étoiles que l’on appelle planètes, il faut remarquer en premier lieu que la matière de laquelle l’homme .doit être engendré, étant prise et serrée par la froideur 'et la sécheresse de Saturne, reçoit de celte planète une vertu fortifiante et végétative, avec un mouvement naturel, car il y a deux
puissances dans Saturne : l’une de préparer la matière en général, et l’autre de lui donner une certaine forme particulière.
Pendant le premier mois Saturne domine dans la conception de l’embryon ; Jupiter prend sa place dans le second, et par une faveur spéciale et une vertu qui est singulière, il dispose la matière à prendre et à recevoir les membres qu’elle doit avoir. De plus il renforce par une chaleur merveilleuse la matière du fœtus, humecte toutes les parties qui avaient été desséchées par Saturne dans le premier mois.
Pendant le troisième, Mars avec sa chaleur fait la tète, ensuite distingue tous les membres les uns des autres : par exemple il sépare le cou du bras, les bras des cotes et ainsi de suite.
Le Soleil dominant au quatrième mois imprime les différentes formes du fœtus, crée le cœur et donne le mouvement à l’âme sensitive, si nous en croyons les médecins et quelques astronomes ; mais Aristote est d’un autre sentiment et soutient que le cœur est engendré avant toutes les autres parties, et que c’est de lui qu’elles sortent. D’autres voulant renchérir là dessus disent que c’est le soleil qui est la source et l’origine de la vie.
Vénus, dans le cinquième mois, perfectionne par son influence quelques membres extérieurs et elle en forme d’autres : comme les oreilles, le nez, les os, la verge et le prépuce dans les mâles, la nature ou la vulve et les mamelles dans les femelles. De plus elle sépare et distingue les mains, les pieds et les doigts.
Pendant le sixième mois, sous la domination et les influences de Mercure, se forment les organes de la voix, les sourcils et les yeux ; dans la meme planète les cheveux croissent, les ongles sortent au fœtus.
La Lune achève, dans le septième mois, ce qui était commencé par les autres planètes, car elle remplit par son humidité tous les vides qui se rencontrent dans la chair. Vénus et Mercure humectent tout le corps, lui donnent la nourriture qui lui est nécessaire.
On attribue le huitième mois à Saturne qui par son
influence refroidit et sèche beaucoup tè fœtus et par conséquent le resserre. Mais Jupiter qui règne au neuvième réjouit le fœtus par sa chaleur et par son humidité.
11 est à propos maintenant de traiter et de venir aux iufluenccs des planètes, que les anciens ont appelées le Dieu delà Nature, qui domino sur l’homme tant à l’égard du corps que de l’àme.
Saturne qui est plus élevé, plus obscur, plus pesant et plus lent que toutes les autres planètes, fait que celui qui naît sous sa domination a le corps de couleur obscure, les cheveux noirs et gras, la tête grosse et barbue, l'estomac petit ; il a aussi des fentes aux talons ; à l’égard do l'aîné, il est méchant, perfide, traître, colère, mélancolique et do mauvaise vie ; il aime l’ordure et se plaît à avoir de méchants habits. 11 n’est point sujet à la luxure ni à la paillardise ; au contraire il la hait. En un mot, l’on peut dire, suivant le sentiment démon maître, qui est fort expérimenté dans celte science, que tout homme qui vient au monde sous la planète de Saturne a toutes les mauvaises qualités du corps et de lame.
Jupiter, qui est une planète douce, brillante, tempérée et heureuse, donne à l’homme qui naît sous lui le visage beau, les yeux clairs et une barbe ronde ; de plus cet homme a les deux dents supérieures grandes et également éloignées l'une de l’autre ; il a aussi la couleur du visage blanche mêlée avec du rouge, et les cheveux longs ; pour ce qui regarde l’àine, il est bon, honnête et modeste clvivralongtemps. 11 aime l’honneur, les beaux habits et les parures ; il se plaît aux goûts agréables et aux odeurs, il est miséricordieux, bienfaisant, magnifique, agréable, vertueux, sincère dans ses paroles et grave dans son marcher, regardant le plus souvent la terre. L’homme qui naît sous la planète Mars, immodéré dans sa chaleur et sa sécheresse, est de couleur rougeâtre semblable à ceux qui sont brûlés du soleil ; il a des cheveux courts, les yeux [petits, le corps courbé et grossier, il est inconstant, trompeur, sans honte, sujet à se fâcher, traître, superbe, capable de semer la discorde et la discussion.
Le Soleil que l’on appelle ordinairement l’œil de la lumière du monde donne à celui qui vient au monde sous sa planète beaucoup de chair, un beau visage, de grands yeux, assez de barbe avec de longs cheveux. Quelques-uns écrivent que l’homme sous la domination du soleil est hypocrite et n’a qu’une belle apparence : d’autres disent qu’il aime les sciences et devient fort savant ; il s’en trouve qui croient qu’il est régulier, pieux, dévot, sage, riche, aimant les bons, fuyant et haïssant les méchants.
Celui qui naît sous T énus, qui est une planète bienfaisante, est beau, cl a les yeux et les sourcils charnus et élevés ; il est d’une moyenne grandeur ; en ce qui regarde l ame, il est franc, plaisant, savant, aime la musique. le plaisir, les divertissements et la danse : il se plaît à avoir de beaux habits, cl son marcher est agréable.
Mercure , que les astronomes disent être toujours auprès du soleil dont il tire sa lumière, fait que l’homme qui naît sous sa domination est bien lait de corps, une taille ni trop haute, ni trop petite et une belle barbe. Quant à l’àinc, il est sage, subtil, aime la philosophie et l’élude, il parle juste, se fait des amis et n’a jamais beaucoup de richesses, et cependant il donne de bons conseils, est sincère, tient sa parole, est incapable d’infidélité. de trahison et ne conseille jamais à mal faire, ni ne se trouve jamais en mauvaise et méchante compagnie.
La Lune qui est beaucoup plus agitée que les autres planètes fait l’homme errant et volage, variable dans ses paroles et qui n’est propre à rien, agréable et d’une médiocre grandeur ; il a les yeux inégaux, dont l’un est toujours plus grand que l’autre. Il faut savoir que toutes les planètes et les autres parties de la sphère céleste influent et se communiquent par une vertu divine et agissent toujours nécessairement, et ainsi l’on peut soutenir, sans crainte de se tromper, suivant ce que l’on dit ci-devant, que toutes les choses terrestres sont gouvernées parles supérieures et les célestes, et que les sacrifices et les holocaustes que l’on fait dans le monde sont inutiles et 11e peuvent pas empêcher les influences des corps célestes qui donnent la vie ou la mort.
Influence les signes du zodiaque et happoiits
Mais il faut encore remarquer que tous les membres du corps dépendent des 12 signes duzodiaque. Le Bélier est le premier de tous les signes célestes, lequel, lorsqu’il renferme le soleil avec modération, communique le chaud et l’humide et excite à la génération. C’est pour cette raison que l’on appelle le mouvement du soleil dans le Bélier la source et le principe de la vie : ainsi on lui attribue la tête do l’homme avec toutes ses parties; car de même que la tête est la plus noble partie du corps, le Bélier dans le ciel est le plus noble de tous les signes, et cela avec raison, puisque le soleil concourant avec lui meut et excite le chaud et l’humide de la nature, de la même manière que la tête dans l’homme est le principe des esprits vitaux.
Le Taureau domine sur le cou ; les Gémeaux sur les épaules ; l’Ecrevisse sur les mains et sur les bras ; le Lion sur la poitrine, le cœur et le diaphragme; la lierre sur l’estomac, les intestins, les côtes et les muscles. Tous ces signes partageant le ciel ne régissent et ne gouvernent quela moitié du corps. La Balance regarde dans la seconde partie les reins et est l'origine et le principe des autres membres ; le Scorpion, les endroits propres à la concupiscence, tant à l’égard de l’homme qu’à l’égard de la femme; le Sagittaire, les cuisses; le Capricorne, les genoux et ce qui est au-dessous ; le Verseau, les jambes ; les Poissons, qui est le dernier de tous, communique ses influences sur les pieds.
Voilà en peu de mots ce qui regarde les douze signes du zodiaque touchant les différentes parties du corps. Cependant il ne faut pas croire que ces choses soient feintes et imaginaires parce qu’on en peut faire des expériences en plusieurs endroits.
Que l’on sache donc qu’il est dangereux d’offenser quelque membre, lorsque la Lune est dans le signe qui le domine.
SIGNES
une, A NES ET ACTES
HERBES
BÉLIER
Tète, vue et cécité.
Sauge
TAUREAU
Avril.
Cou, ouïe et surdité.
Vcncine mâle.
GÉMEAUX
Mai.
Epaules,
odorat et son absence.
Verveine femelle
ECREVISSE
Juin.
Mains et bras, parole et mutisme.
Oreille d’àne.
LION
Juillet.
Poitrine, cœur, déglutition et faim.
l'ain de pourceau.
VIERGE
Août.
Estomac, intestins, cast cl castration.
Calament
BALANCE
Septembre.
Reins, activité et impotence.
Tournesol.
SCORPION
Octobre.
Génitoires, marche et claudication.
Armoise.
SAGITTAIRE
Novembre.
Cuisses, coière et enlèvement du foie.
Macie.
CAPRICORNE
Décembre.
Genoux, rire et enlèvement de la rate.
Pareille.
VERSEAU
Janvier.
Jambes, pensée et enlèvement du cœur.
Serpentaire. |
POISSONS
Février.
Pieds, sommeil et langueur.
Sarrasine.
IIIRES
ANIMAUX
OISEAUX
Olivier.
Le Myrthe.
Le Laurier.
Le Lorillc.
Le Chêne.
Le Pommier.
Le Buis.
Le Cormier.
Chèvre.
Bouc.
Taureau.
Chien.
Cerf.
Truie.
Ane.
Loup.
Le Palmier.
Le Pin.
Le ltaminus.
L’Ulme.
Biche.
Brebis.
Cheval.
Hibou
Colombe.
Coq.
La Cigogne noire.
Passereau.
Oie.
Pivert.
La corneille.
Le héron.
Le paon.
Le cygne.
Sardoine.
Cornaline.
Topase.
Calcédoine
Jaspe.
Emeraude.
Barille.
Améthiste.
Hyacinthe
Crysopase
Saphir.
Tableau général des correspondances planétaires tiré des
^Él.ÉMEXT.
Tempérâmes t. Humeur.
Organes.
Signatures
(Hommes).
Métiers.
Terre et
eau.
Mélancolie, et quelquefois la phlegme crasse.
Oreilles, rate, vessie, estomac, nerfs et os.
Gens pâles, ou noirs, maigres, pensifs, solitaires, craintifs, graves. contemplatifs.
Laboureurs, maçons , acheteurs de rentes, usuriers, messagers, pêcheurs, marchands d’huile, cuirs, poissons, tuiles, pierres, aluns, elc. i
Air.
Sang et esprits vitaux.
Poumons, côtes, foie et artères.
Gens honnêtes, gracieux , bénins, religieux, abbés, évêques, prélats, officiers, pages, magistrats.
Humeurs
colériques.
Reins, foie, narines, (ici, génitoircs
Gens rouges d’usage, poil roux, face ronde, yeux jaunes, horrible regard, gens furieux, cruels, hasardeux, séditieux.
Soudards, capitaines, forgerons, charbonniers, boulangers, alchimistes, armuriers, fourmiers. bouchers, chirurgiens, barbiers, bourreaux.
Feu.
Sang pur et esprits vitaux.
Yeux, cerveau, cœur.
Gens sages, prudents, discrets, cupides do gloire et d’honneurs, médiocre et petite stature, couleur brune, grande barbe, yeux jaunes, face marquée, grosse voix et assez malplaisante.
Gens honorables, officiers, magistrats, seigneurs, princes et rois, gouverneurs de pays et grands chasseurs.
Air et
eau.
Phlegme, sang, esprit
et semence
de génération.
Reins, ventre, nombril, foie,
dos et parties
servant à la
génération.
Gens blancs et bruns
avec rougeur entremêlée, belle face, plaisant regard, nez aquilin, cheveux pleins,
joyeux, riants, libéraux.
Danseurs, entrete
neurs de dames, joueurs, parfumeurs, musiciens, messagers
d’amour.
Eau et
terre.
Esprits, animaux et confusion des humeurs.
Mains, pieds, bras, nerfs, langue, bouche, dents.
Gens ni blancs ni noirs, maigres à petite stature, à longs doigts, la face longue, le Iront élevé, yeux petits et hâtifs, gens subtils, ingénieux, inconstants.
Rimeurs, poètes, avocats, orateurs, philosophes , devineurs. mathématiciens, marchands et négociateurs.
Phlegme
sueurs
menstrues.
Estomac, ventre, cerveau, poumons, mamelles, yeux.
Gens de belle stature, blancs, face ronde et maculée, yeux un peu noirs et assez éminents, barbe longue, sourcils joints, gens aimables, pacifiques, modestes.
Voyageurs, chas Seurs, ambassadeurs assesseurs, gouver neurs de villes (police 1
ivres d’Oger Férier fixant la tradition au XVI* siècle.
Maladies.
Ace.
Saison.
CoULEUK.
Savécu.
Jour.
Régions .
LIEUX
CONSACRÉS.
jfliculté de respii lèpre, chancres, irriturcs, fièvres artes, opilations, tropysics, flux de lire, colique, her- . podagre, sciali- :, folie, mélancoli-
Vieillesse.
Automne.
Noir, livide, plom bin, tanné obscur.
Aigre et astringent, poignant avec austérité.
Samedi.
Bavière, Saxe. Romandiolc, Constance. i ,r climat.
Cavernes, lacs, étangs, cloaques, ruines, cimetières, lieux tristes, obscurs, déserts et puants.
ierres éphémères, urésic, convulsions, •plcxio, phlegmons, autres provenant sang.
Age mûr.
Clair
comme salin, citron verdoyant tirant un peu sur le rouge.
Doux et amiable.
Jeudi.
Babylonc, Perse, Hongrie. Espagne.
a e climat.
Eglises, palais, lieux privilégiés, honnêtes et - religieux.
•’ièvres tierces et conucs, épidémies, pesmigraines, furons, pustules,manies, rnésies, flux du sang, misse, néphrite, ssenterie.
Fleur de jeunesse.
Eté.
Rouge ardent, sanguinolanl et tirant sur le fer
Amer et mordiquanl.
Mardi.
Sarmalc,
Gitulic,
Lombardie.
3® climat.
Maisons de forgerons, boucherie, fournaises, tous lieux dédiés à 1er, à feu ou à sang.
Rhumes, érysipèles, ■rdiaques, palpita - ms de cœur, douirs de tète provent de réplélions de
Jeunesse.
Commencement de l'été.
Jaune, clair rouge, couleur d’or
Poignant avec une douceur agréable entremêlée .
Dimanche.
Italie, Sicile, Bohème. 4 e climat.
Maisons de princes, grands palais, théâtres et autres lieux amples, magnifiques et clairs.
Fistules, imbécillité estomac, des reins, .c., impuissance, mal ïs naplcs (syphilis).
Adolescence.
Commencement du
Blanc, vert, rougo, et un peu jaune.
Doux,
délectable,
savoureux.
Vendredi.
Arabie,
Austrio,
Suisse.
5* climat.
Prés, jardins, fontaines, salons, lits et lieux dédiés à volupté.
Vertige, folles imainations, paralysie de > langue, phtisie, ulires des jambes et des ieds.
Enfance
Automne.
Etrange,
diverse,
mixte.
Etrange et de mauvais goût.
Mercredi.
Egypto,
Grèce,
Angleterre,
Flandre,
Paris.
6® climat.
Boutiques, foires, marchés, écoles, tribunaux.
Podagre, chiragrc, ciatiquo, liydropisic, poplexie, paralysie, atarrhe, trcniblenents des membres, ■omissements, fistu-
Enfance.
Hiver.
blond, jaune, verdoyant.
Salé, insipide ou maussade.
Lundi.
Fontaines | (sources), r . , champs, mon-
Flandre, , „ e ‘ rlviè . Afrique. £ eJi porls ,
7 climat. pi a g es t bois,
! chemins, lieux déserts.
Stanislas de Güaita .... L’Arsenal du sorcier (dans le Serpent de la Genèse).
P. Sédir . Urim et Thumim. Etude sur les gemmes
hiératiques des grands prêtres (Initiation de février 93).
Le Système planétaire d'après la Kabbale (Initiation, juin 93).
Papes . Traité méthodique de science occulte (La
Nature). — Le Tarot des Bohémiens (Tarot astronomique).
Anciens auteurs :
Grand et Petit Albert. — Agrippa. — Kircher, Edipus égt/ptiacus. — Pierre d’Aban. — Clavicules de Salomon.
CHAPITRE \
RÉSUMÉ D ASTROLOUIK K VBliALISTlQLIi
Jusqu’à présent nous n avons étudié les planèlesqu'au point de vue astronomique. Ces éléments ne sauraient suffire au magicien.
Celui-ci devra en effet dans la confection ou dans la lecture des talismans, aussi bien que dans les applications divinatoires, employer la partie kabbalistique de l’astrologie.
La kabbale attribue à chaque planète des caractères particuliers ou signatures, des nombres, des talismans, des anges et des daïmons, etc., etc. On trouve tous ces détails dans les grimoires et les «Clavicules », ainsi que dans les œuvres d’Agrippa, de Pierre d’Aban, de Kircher et d’Eliphas Lévi. Nous allons faire pour nos lecteurs un résumé aussi succinct et aussi clair que possible de tout cela, renvoyant pour la partie théorique à notre ouvrage sur la Kabbale.
Nous établirons d’abord les rapports kabbalistiqucs des sept planètes considérées, soit dans leur ensemble, soit isolément, en insistant sur les talismans de chacune de ces planètes.
Nous traiterons ensuite des rapports kabbalistiqucs des signes du Zodiaque et nous terminerons ce petit résumé en parlant des éléments.
Malgré le peu de volume de cette étude, c’est une des plus utiles et des plus complètes qui aient paru jusqu’à présent. Nos lecteurs en jugeront du reste.
i. — Carré migioue
’/aéle th Saéartu tn commit, ' (n Caracàjft&raujuis.
« L’on dit que celte table gravée sur une lame de plomb représentant Saturne fortuné aideà l’accouchement, rend lhomme sûr et puissant, et fait réussir scs demandes dans la cour des princes et des puissances ; mais si cette table est dédiée à Saturne infortuné, elle est contraire aux édifices, aux plantations et semblables choses ; elle lait déchoir l’homme des honneurs et des dignités, elle fait des querelles et des discordes et fait disperser les armées. »
a. — Verso du talisman
nftsuMft
Aoms mystiques se rappariant aax nombres de Saturne
n — MOI) i.V — I Ml
3. — Leithks et Sc rvi \
JceauX'de Saturne.
Si Qw.e$et TXc/tnrF 0 o-*ni %
' CaraÆres de Saturne. /
Lettre de Saturne -. T
— Fuji iie synthétique
Samedi
Ange : CASSIEL
Ce-Mull
Anges du saine Ange de l'air : Ses ministres : Vent :
Parfum :
di : Cassiel. — Maciiatan. — Uriel. Mai mon, Roi.
Adumalith. — ÀssEim. — Balidet. Le sud-ouest (vent d’Afrique).
Le soufre.
I. — Caiuié magiqit
ïohù dt lupUtr tn compte. en Carcui Sibnu-yeur.
« Si cette table est gravée sur une lame d’argent représentant Jupiter puissant et dominant, elle donne les richesses, îa faveur, l’amour, la paix et la concorde avec
nÉSHMF,
les hommes, elle réconcilie les ennemis, elle assure les honneurs, les dignités et les conseils ; si elle est gravée sur du corail, elle empêche les maléfices. »
a. — Vrnso r>[ talisman
Noms mystiques se rapportant aux nombres de Jupiter :
— ABBA i6. — EMIE i 30 — JOHPHIEL i 3 (i. — HISMAEL
3. — Letihes et Sceaex
Sceaux de Jupiter.
J ^ Jt~L □ X rt-O rfÉÈl
Caraflèrcs de Jupiter.
Lettres divines de Jupiter.
Htai 1W-H £ jyC
Anges du jeudi : Saciiiel. —Gastiel. —Asaciiiel.
Ange de l’air : Guth, Roi.
Ses ministres : Macutii. — Gutrjz.
I eut auquel sont soumis jyj.,.
les anges : '
Pas de noms d’anges de .
l’air (Oraison) : ...
Parfum : Le Safran.
i. — Carré .magique
ïeMt <Ù2>i.arjn* ctrmpU. ni C'orurf. Ue IvaiyM*-
V
T
O
K
T
II
tftomj eu- Canieinee tScl'DtâMiQtfweùJfost. duDemona
« Cette table, gravée sur une lame de 1 er ou sur une épée représentant Mars fortuné, rend l’homme puissant en guerre, sage en scs jugements, heureux en ses demandes, terrible à ses adversaires, et donne la victoire contre ses ennemis; gravée sur une pierre coralline, elle arrête le sang et les ordinaires des femmes. »
a. — Verso du talisman
\ oms mystiques répondu,U aux nombres de Murs :
5. _ |IK (leiu-e lin saint nom).
G5. — VDONAÏ
3 2 5. — lîVUZAISEL
;L — Lettres et Sceaux
J'ceaax dt Matv
Zhr-o 5l\*M
Caraâères de Mars.
Lettres divines de Mars.
/, _ Figure stntiiétiqi e
Mardi
Ange : S AM A EL
Anges du mardi: Samael. — Satael. — Amabiel.
Ange de l'air régnant
le mardi. Sauax. Roi.
Ses ministres : Carmax. — Ismoli. — Paffran.
Vent: Sud-Est.
Angesdu o ciel rognon l Orient : Friagné. — Glael. —
le mardi qu il faut Damael. — Calzas.— Aragon. appeler des 4 par- Occident : Lama. — Astagna. ties du monde : — Lobquin. — Soncas. —
JaXEL. - IsAEL. - IllEL.
Nord: Raiiumel. — Hamel. — Rayel. — Serapiiiel. — Ma -
T 1 IIEI.. -FrACIEL.
Midi: Sacriel.—Janiel. — Gal-
DEL. - OsAEL. - VlANUEL. -
Zaliel.
Parjum : Poivre.
i. — Carré magique
7a6ù e/u Strfui en comjjfe #* tn
I
S
N
M
D
U
T
« (Jette table gravée sur une lame d’or représentant le Soleil fortuné, rend celui qui la porte sur soi glorieux, aimable, gracieux, puissant en toutes scs œuvres et le rend semblable aux rois et aux princes en l’clevant au comble de la fortune et le fait obtenir ce qu’il veut. »
a. — Verso du talisman
-'oms mystiques répondant aux nombres du Soleil :
b. — VAU (lettre du saint nom).
(i. — KLOII
•L — Lettres et sceaux
Sceaux du Soleil.
Cara Acres du Soleil.
CaraAères g, Lettres du Soleil.
[jr?} E S IfVU 9 I ç t/lfy n
Sceaux
4. — Fig i ;ue sïntiiétiqi e
Dimanche Ange : MICHAEL
Anges du dimanche : Miciiaei,. — Dahdiel. — IIlha-
TAPEL.
Ange de l’air régnant
le dimanche : Vaucan, Roi.
Ses ministres : Tnus. — Andys. — Cynahal.
I eut auquel ces anges sont soumis : Bouoée.
Anges du 4‘ ciel ré- A l Orient : Samael. Baciuel.
gnant le dimanche Axel. — Ci abuiei.. — Vioxa-
et qu’il faut appeler xiiaba. des 4 parties du Al Occident: ànael. — P a bel. monde Ustael. — Burciiat. — Suc-
CRATOS. - CaPAHILI.
Ail Septentrion : Aiel.— Aniel.— Vel.— Aquiel.— Magabuiel. — Sapiel. — Matuyel.
Au Midi : IIabudiel. — Masca-
SIEL. - ClIARFIEL. - UlUEL.
— Natomiel.
Parfum du dimanche : Le Santal rouge.
i. — Carré magique
Tairit de Vuuet en cernait..
H
StytiAf PU Grrete&ns de VenuJ.
« Cette table gravée sur une lame d’argent représentant Vénus fortunée procure la concorde, détruit les dissensions, lait avoir la bienveillance des femmes. Elle contribue à la conception, empêche la stérilité et rend puissant dans ET copulation. Elle livre les maléfices, met la paix entre ï’homme et la femme, et fait produire en abondance toutes sortes d’animaux. Placée dans un
colombier elle fait multiplier les pigeons, elle est bonne contre les maladies mélancoliques et donne de la force. Etant portée sur soi, elle rend les voyageurs heureux. »
JaMs de Venus en CareudJJt br ai (fîtes.
de i'InüUeycnet de Venus.
de iTrtttUèaenct de Venus
2. — Verso du talisman
Xums mystiques répondant aux nombres de Vénus : 4tj. — IIVGIIIEL ia52. — BNE, SÉRAPIIIM .
B
D
B
B
B
E
B
du Xttncn çU Venus.
3. — Letthks i:t Sceaux
i Sceaux Je Venus.
Cara fores Jt Venus.
Lettres divines de Venus.
'i. — Figure synthétique
\ ENHKK1H
Ange : ANAEL
Anges du vendredi . Anael. — Kachiei.. — Sachiel. Ange régnant à l'air : Sahabotes, Roi.
Ses ministres : Amaiiikl. — Ara. — ADALinoT. —
Fi.aef
I enl :
Ange du 3’ ciel
Le Zéphyr.
Orient : Serciiiel. — Ciiedusitami:l. — Corat. — Tama.el. —
I ENAC1EL.
Occident . Tliuel. — Coxiel. — Hamel. — Kamel. — Maltiel.
- H L'SATIEL.
I\ord : Pexiel. — Pesael. — Pesât. — Raphaël. — Ramel. — Dorshel.
Midi : Porna. — Saciiiel. — Chermiel. — Samael. — Saxtasael. — Famiel.
Parfum : Le Coq.
« Gravée sur de 1 argent ou de l'étain ou du cuivre jaune, ou si elle est écrite sur du parchemin vierge avec un Mercure fortuné, cette table rend celui qui la porte
ASTBOLOGIK
gracieux et lieureux pour obtenir re qu'il veut. Kilo fait gagner et empêche la pauvreté, elle donne la mémoire, l’entendement et le don de deviner et lait connaître des choses cachées par des songes. »
i — Cauhé magique
TabU cU Mtr (tirt uicorrud*.
B
B
E
H
H
E
B
iZJtLidtl&rcuft en Cc^mcbTTi^ratautt.
K
T
W
U
D
J
T
D
T
3. — Verso nu talisman
Caraïbe res deMeraere.
&lvl QJL
Sceaux de Mercure..
n CD X % CE ^A®(D?vÏÆ
Lettres divines de Mercure..
— Figure synthétique
Xoms mystiques se rapportant aux nombres de Mercure :
8 . — ASBOCA C'i. — DOM 280. — TA PIITIIARTIIA RAT
Mercredi
Ange : RAPHAËL
Anges du mercredi : Raphaël. — Miel. — Serapiiiel.
Anges de l’air : Madiat. —Vel.— Modiat. Roi.
Ses ministres : Suquinos. — Sai.lai i:.s.
Vent : Ouest.
Anges du 2* ciel régnant Orient : Matiilai. — Tarmiel. le mercredi et qu’il — Bakabohat. faut appeler des t \ Occident : Ieukscue —Mitraton. parties du monde : Xord : Tiiiel. — Rael. — I v-
HAIIEL.-VeNAHEL.- VELEL.
— Abuiori. — Lcirnuel. Midi : Milliel. — Nelapa. — Babel. — Callel. — Vel. — Laqlel.
Parjum : Le Mastic.
Elle donne de la sûreté dans les voyages, de l’avancement dans les richesses et la santé du corps : elle chasse les ennemis et toutes les autres choses nuisibles de quelque lieu que vous voudrez. »
■ i . — Verso ne talisman
Yonis mystiques se rapportant aux nombres de la Lune :
36q. — IIASMODAI
332 1 . — 55CIIED, BAllSCIIEMOTIl, SCIIAIT YCIIAM a3:>i. — MALCIIABETAKS1SIM IIED BEUlAH SCllENHAMM
3. — LETTRES ET Ni: Al't Sceaux de la Lime
Caraficres de la Lune ,.
OQDiU
Lettres divines de la Lune..
RÉSUME
!\. — Figure synthétique
liUMIl
Ange : GABRIEL
Anges du lundi : Gabriel. — Michael. — Samael.
Ange de l’air régnant
le lundi. Auciian, Roi.
Ses ministres : Bilet. —Mistabu. —Abuzaha.
Vent auquel ces anges sont soumis :
Le Zéphyr.
ASTROLOflIE
Anges du t ” ciel rognant Orient : Gaiuiiek. — Madiel. le lundi et qu’il faut Deamigl. — Janagi.. appeler des \ par- Occident : Saciiiel. — Zaxigl. — lies du monde : Il vhaikk. — Baciianakl.— Go-
RAHIE1..
HlSMASTUAl.
Midi : GliHAMEL. — Dahiuki.. — Darquiki.. — 1 Ianum. — Axaki..
Parjum du lundi : L'Aloès.
SAISONS DK 1
l.’ANNÉK
Talvi.
Été .
Gasmaran.
Hiver.
Fallas.
j Caracasa — Coré.
/ Amatie) — Commissoros.
Spugliguel.
Aom de la Terre au
| Amadai.
Le O se nomme ....
Abravm.
La J —
Agusila.
Été.
Gargalel — Tariel — Gaviel.
Tubiel.
Nom de la Terre .
Festalivi.
© Athemai
3 Armatas.
Automne.
Tarquam — Guabarel.
Torquaret.
Nom de la Terre .
Rahimara.
© Abragini
3Matasignais.
Hiver.
Amabael — Ctarari.
Allarib.
Nom de la Terre . . ♦..
Geremia.
O Commulaf
'3)'Attàterim.
IlÉSUMÉ
llliSUMÉ
Le magiste possède maintenant les deux éléments nécessaires à la solution des problèmes qui l’intéressent.
La réalisation humaine lui apprend à dynamiser convenablement la volonté, origine de toute action sérieuse ; la réalisation de la nature par la connaissance des astres et de leur cours, ainsi que de leurs correspondances dans les trois règnes, lui permet d’attendre ou de déterminer l’instant où le cycle de l’évolution est le plus propre à recevoir l’inlluence volitive.
Il nous reste maintenant à aborder la technique proprement dite : l’adaptation. C’est là la troisième et dernière partie de notre travail ; c’est aussi la plus difficile et celle qui demandera le plus d attention de la part du lecteur.
Partir J fin mjnJt où U .j prrjifitnt
fi/srLf tjff
dits Anrrj.
O
Dr J PbnrHrs £ Car.trlrrrs drjdits /Injrj.
Midi
Calïiel
Sâcfri ej
Occident..
>5amaël.
Occident, s.
Anaëi
Raphaël
Occident.
Michaël
Septentrion
Samaël
CS7)
Carafons des Anges <ÿ des dignes.
Malchidacl
A/modet
Ambriel
Muriel
Varchiel.
'Luriel .
Hamabiel
ZetacbicJ.
Adrurhiel.
Hamael.
Garni biel.
Barrliiel
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE \l
UMWTKR
L’ADAPTATION
PRÉLIMINAIRES
Toutes les pratiques dont nous avons parlé jusqu’ici sont préparatoires et peuvent cire, par suite, exécutées séparément. 11 nous laut aborder maintenant Y adaptation magique c’est-à-dire la synthélisation en quelques rites des divers entraînements de l'homme et des diverses influences de la nature. Chacune des operations qu’il nous reste à décrire est synthétique et demande la mise en œuvre de la plupart des réalisations que nous avons énumérées et la connaissance sérieuse delà théorie. Aussi les gens pressés qui trouveraient que les études précédentes sont inutiles cl qui voudraient commencer par les pratiques suivantes sont prévenus qu’ils n’aboutiront qu’à de bien piètres résultats, s’ils aboutissent.
Ainsi la volonté humaine dynamisée s’unit aux influences astrales à l’efl’cl de déterminer une évolution rapide de forces généralement empruntées à un être vivant dans chacune des opérations dont la description va être abordée. C’est dire que nous ne pouvons ici conserver notre division en actions purement humaines et en influences purement naturelles puisque tout s’associe en vue du but à atteindre. Voilà pourquoi nous diviserons cette partie de notre travail en quatre chapitres correspondant à l’action dominante : Aimanter —Concentrer — Rayonner et Synthétiser, qui lorment la genèse de tout travail magique.
De plus, nous rechercherons avec soin Y adaptation des
pratiques mentionnées dans les vieux grimoires à notre milieu et à notre époque. Les progrès accomplis dans le monde matériel pennettentau inagiste l’emploi d’outils plus puissants et plus perfectionnés que ceux décrits dans les « Clavicules ». C’est iciquelaconnaissauceapprofondie de la théorie est si nécessaire ; car il nous faudra à chaque moment résoudre de véritables problèmes de magie cérémonielle. 11 ne faut pas oublier le siècle dans lequel nous vivons, sous peine de commettre de grossières erreurs et de tout saçrilier inutilement à un archaïsme sans nécessité. C'est ainsi que les bons visionnaires américains. qui prétendent incarner le Christ. « copient » le personnage décrit dans l'Evangile et ne parviennent par ce moyen qu à faire ressortir leur véritable rôle : celui d'un mauvais acteur. Or le magisle quelque peu instruit adapte, mais ne copie pas. Chaque époque déterminée par le destin a ses nécessités et scs lois. Or on 11 e fait pas davantage remonter à l’humanité le cours des âges qu’on ne lait remonter à l’eau d’un (louve le chemin parcouru. L'initié évolue, libère, mais n’involue jamais et ne perd pas son temps à gémir ou à protester contre les actes du destin. Faire un livre formé de versets prud’hommesqucsetécrit dans un de nos idiomes d'Occident, sous prétexte de continuer la méthode de la Bible, c'est faire une ridicule copie d'une autre mauvaise copie qu’est la fantaisiste traduction adoptée par Sa Sainte Ignorance ; l'Eglise romaine. On peut écrire de cette façon en hébreu hiéroglyphique à condition d'être un voyant de génie, d'avoir longtemps étudié les mystères hermétiques d’Osiris en Egypte, de s’appeler Moïse et de vivre quelques mille ans avant notre ère. Mais, vouloir refaire une Bible dans le même moule en français, c’est être aussi naïf que de vouloir s’habiller de nos jours en « élégant » Phénicien On vous considère comme un charlatan ou tout au moins comme mj acteur que la misère a réduitàuser ses costumes de scène, etlonabien raison. Faire l’acteur, c’est « copier ». Or. encore une fois, l’adaptation diffère autant de la copie qu'une œuvre littéraire diffère d’un dictionnaire. On adapte en effet les termes du dictionnaire d’après la formule de l’ouvrage
qu’on écrit. Orphée, instruit dans le même temps et dans le même lieu que Moïse et possesseur des mêmes principes, adapta son enseignement au peuple de corsaires et de poètes qui constitua plus tard la Grèce, tandis que Moïse adapta le même enseignement au peuple de brigands et d’hommes pratiques qu’il avait choisi comme instrument de réalisation.
Nous espérons qu’on comprendra maintenant ce qu’il faut entendre par ce terme : adaptation.
Des PrATIQL ES PERSONNELLES
Arrière les profanes et les profanateurs 1 Qui que tu sois, toi qui veux pousser tes recherches jusqu’à la pratique, rélléchis bien, et si tu crains le préjugé, le sarcasme ou la folie, jette au feu ces pages noircies.
Sou viens-toi que, maître de les impulsions et savant des mystères des astres, tu ne dois jamais permettre au tourbillon féminin d’avoir l’empire sur ton être. Si tu viens à la magie dans l’espoir d’écraser tes rivaux, lu es un esclave et les maîtres seuls ont le droit de pénétrer dans le temple mystique. Si lu viens à la magie dans l’espoir de satisfaire tes appétits et tes instincts par la possession des richesses, lu es un valet du destin, que dominent les illusions de la matière, et tu n atteindras jamais à la paix qui procède du mépris de ce qui est bas.
Esclave ou valet, retourne à tes amours ou à tes chaînes dorées ; mais n’ouvre pas davantage le résumé de la science d’un autre âge, elle restera éternellement occulte à tes basses cupidités. Hausse les épaules ou ris bien fort, appelle les disciples d'Hermès des charlatans ou des hallucinés ; mais ne cherche plus à pratiquer ces rites bizarres : ils sont mortels pour les esprits des faibles et, tels que des poisons subtils, ne guérissent que ceux qui savent les comprendre et les manier.
La Prière
La prière a pour but ta fusion momentanée du moi et de l’inconscient supérieur, le soi, par l’action du sentiment idéalisé sur la volonté magiquement développée.
La prière est donc une cérémonie magique au premier chef, et c’est parla que l’étudiant doit commencer toute pratique.
Mais la prière est un acte volontaire et cérébral et ne consiste pas uniquement dans le mouvement des lèvres d'après des paroles déterminées et toujours semblables, ce qui, de par l’habitude, devient un simple acte réflexe.
Le verbe ne doit être que le vêtement dont l’initié revêt ses idéalisations; aussi conseillons-nous au magiste de constituer chaque fois de nouvelles paroles ou, tout au moins, de commenter en termes différents les paroles consacrées.
L’élévation de l’être animique à l’intellectualité, effet de la prière, est un acte d une trop grande importance pour devenir habituel, et les supplications ardentes d’une mère qui prie pour son entant malade émeuvent bien plus l’invisible que le mouvement des lèvres d’un prêtre, fonctionnaire salarié de l’Etat et serviteur d’un culte qu’il comprend aussi peu que la science. Les quelques exceptions à ce cas ne font du reste que confirmer la règle. Combien en effet existe-t-il de prêtres qui sentent leur âme libérée après une prière qu’ils vendent... généralement trente deniers.
Parmi tous les rituels de prière magique, voici celui que nous préférons :
Le pratiquant n’aura ingéré aucun aliment depuis trois heures au moins. 11 débutera par une méditation de cinq minutes environ, précédée elle-même de trois inspirations lentes et profondes. 11 se tournera alors successivement vers les quatre points cardinaux en commençant par l’orient et en invoquant chacun des génies ou des anges de ces points,- faisant précéder cette invocation de la prononciation de la lettre du nom sacré correspondante. Il est aussi recommandé de se tenir autant que possible sur une étoile de laine (tapis ou cou-
verture). Le cycle de ces premières invocations termine, le magislc se livrera à une nouvelle méditation de trois minutes puis, tourné derechef vers l’orient, il commencera sa prière, les mains étendues la paumccndchors.
Nous avons dit que les paroles de la prière devaient être personnelles à l’opérateur ; de plus, si l’on ne peut s’accompagner d’un instrument de musique, il est indispensable de chanter ces paroles sur un air grave et lent : on choisira parmi les airs préférés (le Noël d’Adam peut servir d’exemple).
On invoquera d’abord les maîtres de l’invisible qui constituent la chaîne magique, puis les êtres psychiques qui président a 1’évolulion de l’humanité, et l’on s’élèvera progressivement jusqu’au centre supérieur de toute existence et de toute hiérarchie. La prière faite debout et les yeux fixés sur le miroir magique de l’autel est celle qui doit être généralement pratiquée; mais.ni le temps, ni le lieu, ni les instruments 11 e sont indispensables h cet acte essentiellement spirituel. La mise en œuvre des facultés d’expression suffit et le rituel que nous venons de décrire met en jeu la marche, le geste, le verbe et le regard.
Plus tard, lorsque le laboratoire magique sera constitué, on joindra au rituel précédent l’encens comme parfum et l’épée, le bâton et la coupe comme instruments lorsqu'on se tournera vers les quatre points cardinaux.
Telle doit être la prière magique qu’on peut développer davantage en étudiant les enseignements que donne Eliplias Lévi dans son lliluel (p. 88 et suiv.) sur le verset ésotérique du Pater. Nous avons donné toutetois tous les éléments strictement essentiels du rituel ésotérique.
Les ell’ets produits par la prière magique sont considérables. Dans le plan astral, les formes élémentaires sont aimantées par l’action du verbe humain. Pour l’opérateur lui-même les effets sur le centre animique sont assurés. 11 semble que l ame se retrouve en son véritable élément ; une sensation inconnue jusqu’alors de bien-être et de calme envahit le magisle, et souvent les
visions apparaissent dès les premiers essais. Aussi fautil réserver l'usage de la prière magique pour les grandes circonstances et éviter avec le plus grand soin l’habitude trop régulière de cette pratique élevée, à la même heure chaque jour. L’usage de la méditation et de l’évocation mentale suffit dans ce cas. Le rituel complet doit être oxécuté dans les cas ordinaires au maximum tous les sept jours.
La Chaîne magique.
Lorsque le rituel de la prière sera bien connu et aura été suffisamment pratiqué, l'opérateur le complétera par la constitution de la cltaine magique.
L’isolement pour l’opérateur, c’est l’échec assuré ; car les courants fluidiques mis en action produiront de terribles réactions s’ils ne rencontrent pas un centre de condensation et de drainage assez puissant. Présentez un petit aimant en fer à cheval devant le puissant champ magnétique d’un fort électro-aimant et vous savez d’avance ce qui arrivera. Toute l’action du premier se trouvera instantanément détruite et absorbée par la force du second.
Or, en magie, il faut réaliser autour de soi un champ d'attraction fluidique aussi puissant que possible et cela aussi bien dans le monde visible que dans le monde invisible, mais en commençant par ce dernier. Ce champ d’attraction, une fois constitué dans les trois plans, forme la chaîne magique contre laquelle viendront échouer tous les efforts des individualités jalouses ou haineuses. La prière, simple ou collective, a pour but principal de maintenir toujours à la même tension la chaîne magique, autrement dit de réaimanter constamment le centre d’action.
Il faut commencer, avons-nous dit, par le monde invisible. A cet effet on choisira parmi les maîtres décédés, anciens ou modernes, un guide préféré, dont la doctrine ou les œuvres vous soient particulièrement chères. Le nom de ce maître, dynamisé du désir et de l’admiration
du disciple, constituera le noyau primordial de la chaîne magique.
Au début de chaque cérémonie ou de chaque prière, on appellera d’abord le maître aimé, symbole de la volonté du magistc dans l’invisible. Ensuite on invoquera les influences psychiques en action dans l’astral et provenant, soit du monde visible, soit du monde invisible. On s’adressera pour terminer au génie planétaire qui domine particulièrement votre tempérament en prononçant fortement et par trois fois son nom.
Cela fait on dira, après une prière, quelle est l’assistance spirituelle qu’on désire, soit pour l’étude, soit pour la réalisation ou l’apostolat, soit meme pour la défense contre les attaques de l’astral. En cas de péril ou au moment d’accomplir un acte important, il suffira d’appeler à voix basse et par trois lois le'maître de la chaîne pour sentir presque immédiatement l’influence psychique se manifester.
Nous avons pu, soit personnellement, soit autour de nous, nous rendre compte de l'influence efficace do la chaîne magique. Alors que le destin semait chaque jour autour de nous les dangers et les pièges dont la puissance était encore augmentée par notre situation sociale en ce moment (dans l’armée), nous avons été prévenu chaque lois qu’un péril allait éclater et nous avons pu réussir ainsi à les éviter tous. Mais le silence sur les opérations personnelles est la première condition imposée au magiste, ne l’oublions pas. Dans un autre ordre d’idées nous avons vu un jeune chercheur, se livrant avec le plus grand désira l’étude de la Kabbale, trouver subitement et dans des conditions les plus modestes tous les livres précieux dont il avait progressivement besoin et, pour ce faire, il avait constitué simplement sa chaîne magique dans l’invisible. Enfin l’expérimentateur sérieux verra par luimême suffisamment d’eiïets pour qu’il nous soit inutile d’insister davantage.
Lne (ois la constitution de la chaîne opérée dans le monde invisible, il faudra s’efforcer de la réaliser autant que possible dans le monde visible. Pour cela l’associa
tion intellocluelle avec un ami sérieux et discret est très utile, et c’est là la raison d’être originelle de la plupart des sociétés d’initiation. Si l’on peut entrer en rapport avec une société formée de gens présentant les garanties d’instruction et de discrétion nécessaires, on pourra le faire, mais qu'on n’oublie jamais qu’isolé on sera, tôt ou lard, la victime des deux grands périls qui se dressent au début de cesétudes : l’égoïsme et l’orgueil.
Nous verrons plus tard que le cercle magique n’est pas autre chose que la figuration matérielle de la chaîne qui vous protège et qui vous garde dans l’invisible ; mais retenons que, de toute façon, c’est là un des plus grands secrets de la Kabbale pratique.
LE LABOR ATOME MAGIQUE
Préparation et conservation des objets nécessaires.
Toute intention qui ne se manifeste pas par des actes est une intention vaine et la parole qui l’exprime est une parole oiseuse. C’est l’action qui prouve la vie et c’est aussi l’action qui prouve et constate la volonté 1 .
Telle est l’origine théorique de tous les instruments accessoires employés en magie. Nous allons décrire aussi minutieusement que possible les différentes préparations qu’il laut faire subir à chacun des éléments qui constitueront le laboratoire individuel de magie pratique, et le lecteur assidu trouvera dans les autres parties de ce petit traité les détails sur lesquels nous ne jugerons pas utile de revenir ici..
On peut consacrer à ces études', suivant ses moyens, soit une chambre tout entière (ce qui est indispensable pour les grandes expériences), soit seulement une partie
‘ Kliplins Lêvi , Rituel, p. 3i.
AIMANTE»
d’une pièce. Nous allons d’abord considérer rapidement la première hypothèse et nous insisterons spécialement sur la seconde qui cadre mieux avec le caractère tout élémentaire de ce petit traité.
Rappelons tout d’abord que tous les meubles, instruments ou objets employés doivent être neuls et doivent être tous consacrés, chacun séparément, d’après les rites suivants :
i — Achat ou préparation en correspondance planétaire.
a. — Aspersion avec l’eau magique.
3. — Fumigation avec les parfums consacrés.
4. — Onction d'huile sainte.
5. — Figuration d’un 110 m sacré.
G. — Bénédiction par une prière.
7 . — Mise en réserve.
La Chambre
Si l’on dispose d’une chambre tout entière on y fera les installations suivantes :
i° Les murs seront recouverts d’une étoffe blanche qu’on peut appliquer sur des châssis de bois de manière à la remplacer facilement pour qu’elle soit toujours très propre ;
On déterminera soigneusement la position des quatre points cardinaux, à l’aide d’une boussole et l’on fixera au plafond une étoile de carton recouvert de papier doré indiquant en permanence cette direction ;
3° A l’occident on établira le laboralorium, ,laboratoire hermétique), formé d’une table longue et large achetée, consacrée et signée sous les auspices de Mercure, re-
Circa autem ea quæ accedunt ad hune invocandi ritum primum est ut eligatur locus mundus, castus, occlusus, quietus, semotusque ab omni strepitu, nullis alienis aspectibus subjeclus. llic primo exorcizandus est, atque consecrandus. (Agrippa, Magie pratique, liv. IV de la Philos, occulte).
couverte d'une glace assez épaisse ou d’une toile imperméable et blanche. Au-dessus de la table sera établi un tuyau de tirage permettant d’expulser au dehors les gaz délétères. De plus il sera bon d’installer dans ce laboratoire des appareils à gaz. Mais nous n’insisterons
La Chambre magique
pas sur ces détails relatifs à l’alchimie que ne concerne pas notre présent travail.
A l’orient on placera trois meubles constituant l’oralorium :
1 " L’autel (de i” à i”4o environ de hauteur) recouvert en permanence de toile fine et blanche et dont nous reparlerons tout à l’heure ;
2° A gauche de l’autel une petite armoire garnie intérieurement d’étoile blanche, fermée à tout œil indiscret et contenant des objets magiques ;
3 ° A droite de l’autel une autre armoire garnie entièrement dans 1*intérieur de papier d’or et qui contiendra les symboles des principaux cultes pratiques sur la terre. Tous ces meubles doivent être achetés, consacrés et signés sous les auspices du soleil.
/l° Un rideau pouvant être tiré à volonté séparera le laboratorium de l’oratorium, et deux suspensions, l'une placée à l’orient, l’autre placée à l’occident, éclaireront au besoin la pièce ;
5 ° Une place circulaire de a" de diamètre sera réservée au milieu de la pièce pour le cercle.
Telles sont les dispositions principales de la chambre d’expérience du magiste ; mais dans le cas où l’on ne peut se monter un tel laboratoire, il laut savoir adapter ses travaux au strict nécessaire ; ainsi que nous allons maintenant le voir.
Dans les cas urgents et pour les expériences préliminaires on peut se contenter d’un meuble qui servira d’autel et d’armoire pour les objets consacrés. Une petite bibliothèque de i ra /|0 de hauteur est excellente à ce point de vue. La partie supérieure sert d'autel et le corps de meuble de réserve.
On peut encore prendre comme autel une simple table de bois blanc et comme réserve une grande caisse de bois blanc doublée d’étoffe blanche. C’est là le dispositif indiqué dans les clavicules manuscrites.
Quel que soit le dispositif choisi on se procurera les objets suivants et l’on ornera ainsi que nous allons le dire l’autel, base indispensable de toute opération.
L’Aitiîi..
L'autel sera recouvert, ainsi que nous l'avons dit, d'une toile fine et blanche. Il doit constituer un pantacle de l’univers dans ses trois plans, humain, naturel et divin, et, pour ce faire, voici la disposition que nous conseillons et qui nous a donné de très bons résultats.
Au milieu de l'autel on placera un pentagramme,
Dr Pentagramme d’Agrxppa
soit celui d’Eliphas Levi qui est synthétique, soit celui d’Agrippa qui est purement microcosmique. Ce dernier est préférable quand on peut se procurer les métaux nécessaires, le premier vaut mieux dans tous les autres cas.
Ce pentagramme sera dessiné sur la peau d’un animal vierge (veau mort-né par ex. :) ou sur du parchemin vierge ou, mieux encore, sur du papier fabriqué par le magiste lui-même sous les auspices solaires avec la pâte du commerce, primitivement consacrée.
Autour du pentagramme on disposera sept petits cubes métalliques de chacun des métaux planétaires (le cube de Mercure sera renlermé dans un petit cube de cristal). Ces métaux seront disposés dans l’ordre de l’étoile égyptienne à sept pointes.
Aux quatre coins de l’autel on placera les objets suivants : j" au coin supérieur droit ( iod ) la lumière ; 2° au coin supérieur gauche (hé) le brùle-parlums ou le fourneau,suivant le cas : 3 ” au coin intérieur gauche (vau) le sel magique : V au coin inférieur droit l’eau magique(/te).
Miroir magique. — Au dessus de l’autel et adhérent au mur on pourra, dès qu’on sera en mesure de le faire, placer un miroir magique concave appliqué sur fond noir.
Parlons maintenant de la préparation de l’eau, du sel et des parfums, ainsi que de la fabrication de la lampe et du miroir.
m L’EAU
Après une prière préparatoire faite selon le rituel, au jour et sous les influences de la lune on consacrera l’eau (qu’011 prendra aussi pure que possible, mais non distillée) dans un vase de cristal.
On imposera d’abord les mains sur l’eau et on souftlera trois fois sur cette eau en prononçant chaque fois le nom divin tetragrammatique et en disant dans quel but est faite la consécration (quand il s’agit d’un cas particulier). On encensera avec le parfum lunaire et l'on dira l’oraison desOndins.
Oraison des Ondins.
« Roi terrible de la mer, vous qui tenez les clefs des cataractes du ciel, et qui renfermez les eaux souterraines dans les cavernes de la terre ; roi du déluge et des pluies du printemps, vous qui ouvrez les sources des fleuves et des fontaines, vous qui commandez à l’humidité qui est comme le sang de la terre, de devenir la sève des plantes, nous vous adorons et nous vous invoquons.
Nous, vos mobiles cl changeantes créatures, parlez-nous dans les grandes commotions de la iner, et nous tremblerons devant vous ; parlez-nous aussi dans le murmure des eaux limpides, et nous désirerons votre amour. O immensité, dans laquelle vont se perdre
L'ai tei.
tous les lleuves de l'être qui renaissent toujours eu vous! ô océan de perfections infinies ! hauteur qui vous mirez dans la profondeur, profondeur qui vous exhalez dans la hauteur, amenez-nous à la véritable vie par l’intelligence et par l’amour ! Amenez-nous à l’immortalité par le sacrifice, afin que nous soyons trouvés dignes de vous offrir un jour l’eau, le sang et les larmes pour la rémission des erreurs. Amen.
Telle est la consécration habituelle de l’eau dont on fera couramment usage.
Pour les grandes cérémonies et pour laisser l’eau en permanence sur l’autel, il faudra opérer de la façon suivante :
Après l’imposition des mains et le triple souille on mêlera à l’eau une petite quantité de sel consacré et de cendre des parfums également consacrée. Pendant ce mélange on dira :
In sale sapiential ætcrnæ et in aqua regenerationis et in cinerc germinanle terram novam, omnia fiant per ELOIM GABRIEL, RAPHAËL et URIEL in sæcula et æonas. Amen.
Ensuite on récitera l’exorcisme de l’eau et. après trois minutes de méditation, on dira l’oraison des Ondins.
L’eau ainsi consacrée sera placée en permanence sur l’autel dans une coupe de cristal recouverte d’un couvercle de même matière.
Exorcisme de l’Eau.
fiai finnamcntuni in medio aquarum el scparct aquas ab aquis, quæ superius sicut quæ inferius et quæ inferius sicut quæ superius ad perpetranda mirac.ula rci unius. Sol cjus pater est, lima mater et ventus liane geslavit in utero suo, ascendit a terra ad coelum et rursus a cœlo in terram descendit. Exorciso te creatura aquæ.ut sis mihi spéculum Dei vivi in operibus ejus et fons vit;e cl ablulio peccatorum. Amen.
DU SEL ET DE LA GENDRE
Le sel, qui sera du sel marin aussi pur que possible, sera consacré par le souffle en agissant comme pour l’eau et on dira ensuite l’exorcisme suivant :
Exorcisme du Sel.
In islo sale sit sapientia et ab omni corruptionc sicut mentes noslias el corpora nostra, per IIOCHMAELet in virtule ROUACII- IIOGIIMAEL, recedant ab isto fantasmata hylæ ut sit sal cœlestis, sub terræ el terra salis,ut nutrietur bos triturans et addat spei nostræ cornua tauri voluntis. Amen.
Le sel ainsi consacre sera placé dans un vase de cristal sur l’autel et sera tenu à l’abri des impuretés.
La Cendre
Qui reste des parlums sera aussi soigneusement recueillie et consacrée par les paroles suivantes :
Exorcisme de la cendre.
Revertatur cinis adfontem aquarum viventium et fiat terra fruclificans et germinit arborcm vita per tria nomina quæ sunt NETSAH, IïOD et JESODin principio et in fine, per alpha et oméga qui sunt in spiritu AZOTH. Amen.
On conservera ensuite cette cendre dans une fiole à large goulot, soigneusement enfermée dans l’armoire destinée aux objets magiques.
Dans la consécration du sel et de la cendre on dira l’oraison des Gnomes.
Oraison des Gnomes.
I NVisibLE, qui avez pris la terre pour appui, et qui en avez creusé les abîmes pour les remplir de votre toute-puissance, vous dont le nom fait trembler les voûtes du monde, vous qui faites couler les 7 métaux dans les veines de la pierre, monarque des sept lumières, rémunérateur des ouvriers souterrains, ameneznous à l’air désirable et au royaume de la clarté. Nous veillons et nous travaillons sans relâche, nous cherchons et nous espérons par les douze pierres de la cité sainte, par les talismans qui sont enfouis, par le clou d’aimant qui traverse le centre du monde. Seigneur, Seigneur, Seigneur, ayez pitié de ceux qui souffrent, élargissez nos poitrines, dégagez et élevez nos têtes, agrandissez-nous, 6 stabilité
et mouvement, ô jour enveloppé de nuit, o obscurité voilée de lumière, ô maître qui ne retenez jamais par devers vous le salaire de vos travailleurs, ô blancheur argentine, ô splendeur dorée, ô couronne de diamants vivants et mélodieux, vous qui portez le ciel à votre doigt comme une bague de saphir, vous qui cachez sous la terre dans le royaume des pierreries, la semence merveilleuse des étoiles, vivez, régnez et soyez l’éternel dispensateur des richesses dont vous nous avez faits les gardiens. Amen.
DLS PARFUMS J:i 1)1 RÉC 1 I MD
Les parfums employés en magie sont en assez grand nombre et classés d’après les correspondances planétaires. On en trouvera donc une foule de listes diverses et nous donnerons la plus simple et la plus pratique. On en trouvera une autre annexée à notre horloge magique.
Qu’il suffise simplement de se rappeler que ['encens pourra toujours être employé dans toutes les opérations blanches ; car c’est une sorte de synthèse des bonnes influences.
On peut projeter les parfums sur les charbons incandescents du fourneau magique ; on peut les placer dans un brûle-parfums et agir dans ce cas comme à l’ordinaire.
Il faut toutefois bien se souvenir que la fumée produite doit être assez épaisse et que dans les évocations c’est sur elle qu’est dirigé le rayon coloré de la lampe magique.
On achète et on consacre les parfums par l’aspersion et la prière sous les influences planétaires correspondantes. Ils sont ensuite gardés dans des fioles de verre portant le sceau de la planète.
Dans la consécration des parfums on dira l’oraison des Sylphes.
Oraison des Sylphes.
Esprit de lumière, esprit de sagesse dont le souffle donne et reprend la forme de toute chose ; toi devant qui la vie des êtres est une ombre qui change et une vapeur qui passe ; toi qui montes les
Dû RÉCHAUD MAGIQUE.
Ou se procurera un fourneau de terre neuf sous les auspices de Mars et l'on le consacrera selon le rituel ordinaire.
Voici à ce sujet un curieux extrait des Clavicules.
Exorcisme du Réchaud, du Feu et de l’Encens.
Il est pareillement nécessaire d’avoir un réchaud propre pour mettre le feu pour les encensements, il faut qu’il soit d’une terre noire vernissée neuf, et le feu de charbon neuf, à l’occasion de quoi il faut cire muni d’un petit batte feu avec des allumettes et de l’amadoue ou mèche et d’une bougie, lequel charbon étant allumé avec du feu neuf lu exorciseras en disant :
Ce qui étant fait, tu y jetteras l’encens convenable à l’opération que lu exorciseras en disant : Agios, Àthanatos, Beron, Ciel, Dédotois.
Laquelle oraison faisant, tu verseras un peu dudit encens sur le feu et réserveras le reste pour toutes les opérations.
Oraison.
Dieu de Moïse, Dieu d’Aaron, Dieu d’Abraham, bénis et purifie cette créature de feu, afin qu’elle te soit agréable, et purifie tous les lieux où elle sera allumée. Amen.
DE LA LAMPE MAGIQUE
La lampe employée dans les opérations doit être construite de manière b synthétiser les influences planétaires. Eliphas Lévidans son rituel établit cette synthèse sur les correspondances des métaux, ce qui est excellent, mais ce qui a aussi 1 inconvénient de demander un objet d un très grand prix et que seules les puissantes sociétés d initiation peuvent posséder. Aussi préférons-nous
MAGIE PRATIQUE 2Q
aux correspondances des métaux celles des couleurs planétaires, ce qui permet d'obtenir un objet pratique pour l'étudiant magiste.
Il faudra donc se procurer sept lames de verre, colorées d’après les teintes de chaque planète, et en plus un pied de bois verni permettant de fixer verticalement chacune de ces lames qui devra être séparémentachetée au jour correspondant à la planète, puis consacrée,suivant le rite habituel, avant d’être mise en service. On pourra placer sur ce pied, soit un des cubes métalliques de l’autel. soit une bague de métal. La lame de verre consacrée à Mercure devra aussi être formée par la réunion parallèle de fragments de lames des autre planètes. Les lames de verre peuvent être remplacées par des globes coloriés — ce qui est encore plus pratique.
La lumière sera tirée d'un, trois ou sept cierges de cire vierge, suivant l’importance de l’opération. Une forte lentille condensera lalumière émanée de ces cierges vers le miroir magique ou la fumée des parfums. La lame colorée sera placée entre la lentille et le miroir ou la fumée. De toutes façons une enveloppe particulière empêchera les rayons lumineux de suivre une autre voie que celle que nous venons de décrire.
Telle est ce qu'on pourrait appeler la lampe improvisée dont se servira le magiste.
Si l’on veut construire une lampe permanente, le moyen le plus pratique consiste à se procurer une lanterne magique du commerce 1 qui sera éclairée par de l’huile consacrée (même rituel que pour l’eau) et dans lesquelles les lames de verre coloré correspondant aux planètes remplaceront les figures. On ajoutera simple-
La lanterne magique n’est qu’une révélation exotérique faite par un initié de la lampe des opérations.
ment a cet instrument qu’on peut se procurer partout à bas prix un pied permettant les mouvements de bascule. un appareil en carton (on en trouve dans le commerce) est préférable toutefois à l'appareil métallique.
On consacre la lampe dès qu elle est allumée par le rituel ordinaire (aspersion, fumigation à l’encens) suivi de l’oraison des Salamandres.
Ces consécrations se lont d’abord sous les auspices du soleil (ainsi que l’achat de la lampe), puis successivement sous les auspices de chaque planète en plaçant les verres colorés. La consécration complète de la lampe demande donc sept jours.
Oraison des Salamandres.
E tehnei., ineffable et incréé, père de toutes choses, qui es porté sur le chariot roulant sans cesse des mondes qui tournent toujours ; dominateur des immensités éthérées, où est élevé le trône de ta puissance, du haut duquel tes yeux redoutables découvrent tout, exauce tes enfants (pic tu as aimés dès la naissance des siècles ; car ta dorée, et grande et éternelle majesté resplendit au-dessus du monde, du ciel et des étoiles ; tu es élevé sur elles, ô feu étincelant : là, tu t'allumes et t’entretiens toi-même par ta propre splendeur, et il sort de ton essence des ruisseaux intarissables de lumière qui nourisscnl ton esprit infini. Cet esprit infini nourrit toutes choses, et fait ce trésor inépuisable de substance toujours prête pour la génération qui la travaille et qui s’approprie les formes dont tu l’as imprégnée dès le principe. De cet esprit tirent aussi leur origine ces rois très saints qui sont autour de ton trône, et qui composent ta cour, ô père universel ! ô unique ! ô père des bienheureux morlelset immortels.
Tu as créé en particulier des substances qui sont merveilleusement semblables à ton éternelle pensée et à ton essence adorable ; tu les as établies supérieures aux anges qui annoncent au monde tes vérités; enfin tu nous as créés au troisième rang dans notre empire élémentaire. Là, notre continuel exercice est de te louer et d’adorer tes désirs ; là nous brûlons sans cesse en aspirant à te posséder, ô père, ô mère, la plus tendre des mères ! ô archétype admirable de la maternité et du pur amour 1 ô fils, la fleur des fils ! ô forme de toutes les formes, àme, esprit, harmonie et nombre de toutes choses ! Amen !
Le magiste, après avoir fait ces préparations préliminaires. possédera tous les objets nécessaires à l’ornement de l’autel.
Il nous reste, avant dépasser aux autres opérations, à parler de la construction du miroir magique qui doit être placé au dessus de l'autel.
Ce miroir peut être formé, soit d’une glace sans teint et concave, soit d un miroir étaméet également concave, soit enfin d'un miroir métallique.
Quoique nous soyons désireux de restreindre au strict nécessaire les extraits et les citations, nous sommes obligé d’emprunter à la « Clavicule » l’extrait suivant concernant la préparation détaillée du miroir magique.
LE MIROIR MAGIQUE
Prenez une plaque luisante et bien polie d’acier légèrement concave et écrivez dessus avec le sang d’un pigeon blanc mâle aux quatre coins du miroir les noms Jéhovah ( ) Elohim ( )
Mettatron ( ) Adonav ( )
et mettez ledit acier dans un linge neuf, très propre et
Lorsque vous apercevrez la lune nouvelle à la première heure après le soled couché, approchez-vous d’une lenêtre, regardez le ciel avec dévotion et dites :
O Eternel! ô Hoi éternel! Dieu ineffable qui avez créé toutes choses pour l’amour de moi et par un jugement occulte pour la santé de l'homme, regardez-moi... N.... votre serviteur très indigne et considérez mon intention pure. Daignez m’envoyer votre ange ANAEL sur ce miroir, qui mande, commande et ordonne à ses compagnons et à vos sujets que vous avez faits, ô tout puissant
qui avez été, qui êtes et qui serez éternellement ; qu’en votre nom ils jugent et agissent dans la droiture pour m’instruire et me montrer ce que je leur demanderai.
Ensuite jetez sur des charbons ardents le parfum convenable qui est le safran oriental et en le jetant dites :
En ce, pour ce, avec ce que je verse devant votre face, ô mon Dieu, qui clés tri-un, bon, et dans la plus sublime élévation, qui voyez au dessus des chérubins et des séraphins et qui devez juger lessiècles par le feu, exaucez-moi.
Dans cet instant on parfume le miroir en le mettant sur un réchaud neuf de terre cuite ou de fer, afin qu’il se trouve imprégné de la (umée dudit parfum, en le tenant de la main droite et disant trois fois l'oraison précédente.
Après l’avoir dite souillez trois fois sur le miroir et dites :
Venez, ANAEL, venez, et que ce soit votre bon plaisir d’être en moi par votre volonté au nom du Père très puissant f au nom du Fils très sage -J- au nom du Saint-Esprit très aimable ; venez Anaël, au nom du terrible Jéhovah, venez Anaël par la vertu de l’immortel Elohim, venez Anaël par le bras du tout-puissant Metatron, venez à moi.... N (Dites votre nom sur le miroir) et commandez à vos sujets qu’avec amour, joie et paix, ils fassent voir h mes yeux les choses qui me sont cachées. Ainsi soit-il. Amen.
Après avoir lait cela, élevez les yeux vers le ciel et dites :
Seigneur tout-puissant, qui faites mouvoir tout ce qui vous plaît, exaucez ma prière, et que mon désir vous soit agréable ; regardez, s’il vous plaît, Seigneur, ce miroir et bénissez-le, afin qu’Anaël, l’un de vos sujets, s’arrête sur lui avec ses compagnons pour satisfaire... N. .. votre pauvre et misérable serviteur, ô Dieu béni et très exalté de tous les esprits célestes, qui vivez et régnez dans l’éternité des bons. Ainsi soit-il.
Quand vous aurez fait ces choses, faites le signe de la croix sur vous et sur le miroir, le premier jour et les
suivants pendant quarante-cinq jours de suite, à la fin desquels ANAEL apparaîtra sous la figure d’un bel enfant, vous saluera et commandera à ses compagnons de vous obéir.
Remarquez qu'il ne faut pas toujours 45 jours pour parfaire le miroir : souvent l’esprit apparaît le i 4 ’ jour. Cela dépend de l’intention, de la dévotion et de la ferveur de l’opérateur. Lorsqu’il vous apparaîtra, demandez-lui ce que vous souhaitez et priez-le d’apparaître toutes les fois que vous l’appellerez pour vous accorder vos demandes.
Par la suite, lorsque vous souhaiterez voir dans le miroir et obtenir ce que vous voudrez, il n’est pas nécessaire de réciter toutes les oraisons susdites ; mais, aprèsavoir parfumé le miroir, dites : « Venez, Anaël, sous votre bon plaisir, etc., et jusqu’à Amen.
L’opération terminée, vous renverrez l’esprit en disant:
Je vous remercie, Anaël, de ce que vous êtes venu et que vous ayez satisfait à ma demande ; allez-vous-en en paix et venez lorsque je vous appellerai.
Le parfum d’ANAEL est le salran.
Il en est qui font l'opération au moyen d’un globe de cristal rempli des sept eaux des sept mappemondes.
L’écrit suivant a été présenté et déroulé dans le globe par l’ange ANAEL à une voyante. Il a été lu par elle et écrit sous sa dictée le a8 décembre 1797 :
Chargé par le Tout-Puissant de veiller au bonheur et à la tranquillité des humains, je m’acquitte de ma mission, cédant au désir des vrais fidèles qui me font des questions sur ce qui doit arriver d'heureux ou de malheureux ; mais, comme le bonheur que Dieu prépare à ses élus ne consiste point en de vaines richesses, j’écarte toute question qui tend à en obtenir, ou si je consens à les satisfaire, je ne le fais que de manière à leur laisser le choix des moyens, conformément à la liberté que Dieu donne à toutes ses créatures. Rien ne m'est plus agréable que de pouvoir annoncer aux véritables croyants d’heureuses nouvelles, en tant qu’elles ne se trouvent pas dans la catégorie de celles sur lesquelles ilAie m'est pas permis
de m’expliquer aussi clairement qu’on pourrait le désirer. Cependant je puis accorder quelques-unes des questions qui me sont faites, pourvu qu’elles me soient posées d’une manière très précise et qu’elles n’aient point pour sujet principal de connaître toutes les chances exactes de la fortune.
Procédé simplifié de divination par le miroir magique.
Faites une croix dans un crislal avec de l’huile d’olive et sous la croix écrivez sainte Hélène.
Ensuite donnez à un enfant vierge né du légitime mariage la fiole à tenir, puis vous vous mettez à genoux derrière lui et dites trois fois l’oraison suivante :
Deprecor, Domina S. Ilelena, mater regis Conslantini,etc., etc.
Lorsque l’enfant verra l’ange, il lui pourra faire telle demande qu’on voudra.
DES TALISMANS
Nous avons longuement parlé des talismans dans notre seconde partie (réalisation du geste) ; il nous reste à entrer dans quelques détails de pratique à ce sujet.
La confection de chaque talisman est une véritable petite cérémonie magique ; aussi l’étudiant ne saurait-il trop s’exercer à ce sujet.
Les instruments nécessaires sont les suivants : i° La matière sur laquelle est gravé le talisman qui peut être, soit un métal, soit une peau d’animal vierge, soit du parchemin provenant de cette peau, soit encore du papier fabriqué à cet effet par l’expérimentateur luimême sous les influences favorables;
2 V Les objets nécessaires à cette opération : crayons, compas, règle et canif pour la peau, le parchemin et le papier ; burin, cire vierge et acide pour les métaux ;
3 ” Les enveloppes de soie de diverses couleurs dans lesquelles seront conservés les talismans une fois terminés.
DE LA MATIÈRE DES TALISMANS A. — Métaux
On se procurera les métaux planétaires correspondant aux talismans : nous répétons ici la liste de ces correspondances : pour Saturne, le plomb : pour Jupiter, l’étain ; pour Mars, le Jer\ pour le Soleil, l'or-, pour Vénus, te cuivre : pour Mercure, le mercure (ce sera dans ce cas un alliage avec l’argent et l’or), et pour la Lune, l’argent.
On gravera pour les talismans planétaires d’un côté l’image de la planète et de l’autre l’image de son carré magique, telles que nous les avons données précédemment. Cette gravure se fera, soit directement au burin pour les métaux de peu de dureté, soit au moyen de la cire et des acides, comme nous le dirons tout à l'heure.
B. — Peau, parchemin et papier
Peau. — On achètera sous l’influence dominante du soleil (veille de la Saint-Jean) une peau, soit d’agneau, soit de veau mort-né qu’on conservera soigneusement enveloppée dans un linge blanc après l’avoir consacrée suivant le rite habituel 1 .
Parchemin. — Pour les usages courants, le parchemin vierge du commerce suffit amplement, mais la peau, laite comme il est dit ci-dessus, est bien préférable pour les talismans.
1 A la campagne il est facile de préparer une peau d'agneau à jour voulu, et c'est ainsi que faisaient les anciens collèges initiatiques égyptiens. A Paris on remplace la préparation par l’achat à jour fixe et nous avons pu découvrir, après plusieurs heures de recherches, au 65 de la rue des Gravilliers,un mégissier nommé Antony quia la spécialité des peaux de veaux mort-nés. Nos lecteurs éviteront ainsi bien des recherches.
Papier
(Pour les talismans et le livret magique personnel).
On peut, fabriquer soi-mémo le papier necessaire aux opérations en achetant dans le commerce chez les marchands de pale à papier (voy. le Botlin) de la pâle il papier la plus line qu’on élend convenablement d’eau, puis qu’on dispose sur des toiles métalliques et enfin qu’on presse à la presse à copier ordinaire qui, dans ce cas. est bicnsuflisanle. On peut meme (aire, avec un fil de fer, le filigrane de la planète sous l’influence de laquelle est fabriqué le papier.
Pour les menus détails on pourra étudier la fabrication du papier à la cuve, soit dans les manuels H or et (Manuels laits par M. Le Normand, Bibliothèque nationale, V 27,338. 2-.33q et 27,340). soit encore dans Y Encyclopédie, qui donne les planches convenables à cet effet.
Gravure des caractères sur les métaux
Le moyen le plus pratique consiste a recouvrir d’abord la médaille de métal d’une légère couche de cire vierge fondue à une douce température et qui aura été aspergée et encensée sous les auspices de la planète à laquelle se rapporte l’opération. On grax r e ensuite avec le burin les caractères magiques au recto et la figure de la planète au verso de la médaille en enlevant simplement la cire aux endroits voulus.
Il suffit ensuite de plonger celte médaille dans l’acide convenable, suflisammenl étendu d’eau à l’heure et au jour planétaires correspondants.
On fera une consécration particulière du talisman pendant qu’il sera plongé dans l’acide.
Une lois le talisman retiré on le lavera dans l’eau légèrement alcalinisée et on l’enveloppera dans un morceau de soie de couleur convenable.
Burin
Pour la consécration du burin on peut parfaitement suivre les enseignements traditionnels des « Clavicules ».
Exorcisme du burin.
Le burin est un instrument fort utile dans toutes les opérations, et comme on ne peut du tout s’en passer, il laut qu’il soit le premier que tu fasses préparer de la manière qui suit :
Un mardi ou un vendredi tu feras faire une petite pointe d’acier semblable à celle qui est désignée au tableau des instruments, sur laquelle tu graveras ou feras graver les mots et caractères suivants aux mêmes jour et heure de Mars ou de Vénus.
Ensuite tu auras un petit manche de buis à peu près comme celui qui est désigné, et l’ayant lavé et encensé avec un peu de genièvre, tu diras sur icelui l’oraison suivante :
Oraison.
Dieu éternel, mon père, bénis cet instrument préparé en ton honneur, afin qu’il ne serve qu’à quelque chose de bon et de salutaire pour ta gloire. Amen.
Asophiel, Asophiel, Asophiel, Penîagrammaton, Athanatos, Eye, Eye, Eye, Kellon, Kelloi, Kelli.
L’ayant derechef encensé, tu le conserveras pour le besoin.
DESSIN DES TALISMANS SLR LE PARCHEMIN OU LA PEAU
Crayons
On se procurera tout d’abord sept crayons de couleur correspondant aux planètes. Chacun de ces crayons sera consacré séparément au jour convenable. Il sera ensuite préparé pour le dessin en taillant la pointe avec le petit couteau ou le canif spécial.
Voici les oraisons des grimoires qui s'appliquaient alors aux plumes, mais qu’on adoptera pour les crayons :
Exorcisme des plumes.
Selon les operations, l’on se sert de différentes plumes et toutes se purifient de la même manière, savoir est : que, les ayant encensées, tu prendras du sang de brebis, et tu y tremperas les bouts des plumages jusqu’aux environs deux doigts du canon, en disant l’oraison :
Hamiel, IIcl, Miel, Ciel, Joviel, Namia, Magde Tetragrammaton. Dieu grand et puissant, exauce mes prières et daigne accorder à ces plumes le fruit de ta bénédiction. Amen.
Et tu t’en serviras au besoin.
Canif
On achètera sous les influences de Mars un canif neuf à manche blanc et à plusieurs lames, une longue et forte qui servira à couper les herbes ou les branches à jour voulu, et une ou deux petites pour les crayons et pour couper le parchemin ou la peau ou le papier. On remplacera ainsi par un seul instrument plusieurs de ceux indiqués dans les rituels ordinaires. Voici du reste les enseignements traditionnels à ce sujet :
Exorcisme du canif.
11 faut faire laire un canif qui ne serve à autre chose qu’à tailler les plumes dont tu auras besoin dans les opérations et dont la lame soit de très pur et fin acier ; à l'égard du manche, n’importe pas de quoi il soit, pourvu qu'il soit neuf, et l'ayant bien lavé comme tu sais et essuyé, il faudra le mettre sur une table couverte d’une nappe blanche, et après l’avoir aspergé etencensé, tudiras l’oraison suivante avec beaucoup d’attention :
Agiet, Asiel, Sadon, Paliel, Alma, Mammiel, Dilaton, Kaday, Catiiua, Vanzarat, Zalphi, Carsati, Faffua, Uictimi, Ou, Agla, Agios, Agios, Uamamon, Yoth, Luphat, Miel, Ciel, Mieî, Ciel, Miel, Deus Moyses, Deus Israël.
Après quoi tu graveras ou feras graver sur icelui ces caractères, d’un côté les noms saints et de l’autre le
sceau, et les ayant encensés et bénits tu diras derechef 1 oraison : Agiel. Asiel. Sadon etc. Après quoi tu envelopperas ledit canif dans un morceau de taffetas de différentes couleurs et le conservera proprement pour t’en servir au besoin.
Oraison.
Agiel, Asiel, Sadon, Paliel, Alma, Mammiel, Dilaton, Kaday, Catilua, Vanzaral, Zalphi, Carsali, Faffua, Hictimi, On, Agla, Agios, Agios, Hamamon, Yoth, Luphat, Miel, Ciel, Miel, Ciel, Miel, Deus Moyses, Deus Israël.
Dieu de Moïse, Dieu d’Israël, Dieu grand, n’oublie pas (N) ton serviteur, mais daigne bénir cet instrument préparé pour ton honneur par ta grande puissance que tu as révélée à mon Père et par tous les anges dont tu lui a découvert les noms et par ton nom qui est puissant, Tetragrammaton.
Compas et règle
Un compas acheté à jour du soleil et une règle graduée achetée sous les influences lunaires seront de plus fort utiles pour le dessin des talismans. Ces objets seront consacrés et enveloppés l’un dans de la soie jaune, l’autre dans de la soie blanche, et ne serviront qu’à cet usage.
Dessin du talisman. — Sous les influences favorables on coupera d’abord avec le canif la portion de matière nécessaire a la confection du talisman ; puis on tracera avec le compas et le crayon voulu les cercles ; enfin on dessinera les figures avec le crayon.
Cela fait, on consacrera le talisman d’après le rituel de toute consécration en ajoutant le triple souille. De plus il est bon de dire l’oraison du jour de la semaine correspondant à l’opération à la lin de la consécration.
Conservation de talismans. — Quand le talisman sera terminé, soit qu’il ait été gravé sur les métaux, soit qu’il ait été dessiné sur toute autre matière, il sera enveloppé dans un morceau de soie de couleur correspondante à son action et soigneusement gardé dans une petite cassette qui sera renfermée dans l’armoire magique.
Remarques au sujet des talismans et de leur
CONSÉCRATION
Au point de vue théorique, le talisman n’est, en somme, que le signe matérialisé de l’alliance de la volonté du magistc avec une influence astrale et d’après les caractères principiateurs de l’astral. Aussi un talisman acheté et non consacré par l’opérateur n’est-il plus qu’un objet symbolique sans grande influence spéciale. Lorsqu’il arrivera au magisle d’être mis à même de se procurer un talisman plus ou moins ancien, il faudra tout d’abord s’attacher à en découvrir complètement le sens, ce qui sera facile à tout étudiant un peu avancé en oc-
cultisme, grâce aux figures que nous donnons dans la seconde partie. Quand on saura de quelle influence dépend ce talisman, il faudra le consacrer de nouveau, mais en grande cérémonie et en usant du bâton, de la coupe, de l'épée et du pentagramme.
11 laut encore se rappeler qu’on peut consacrer un objet d’après les correspondances de la lune et des planètes, ce qui ne demande qu’une attente de 2 4 heures au plus. Cette consécration établie d’après la situation que la terre occupe vis-à-vis des maisons célestes n’a de puissance que pendant un mois. Si l’on consacre un objet d'après les correspondances des jours de la semaine (quartier de lune), l’influence est un peu plus longue, mais pou. Si au contraire on consacre d’aprèsla situation de la lune dans les signes du zodiaque (considérés comme maisons planétaires), l’influence dure un an et plus. Enfin la consécration faite au moment où le soleil indique la correspondance est la plus elficace et celle qu’on doit préférer à toutes les autres pour le bâton ou l’épée magiques.
ÉTABLISSEMENT DE L 1 IOROSCOPE DE L’OPÉRATION
Dans toute opération de quelque importance il sera de la plus grande utilité d’établir la position des astres dans le ciel au jour choisi pour cette opération.
A cet effetil sera indispensable de se procurerd’avance:
I* La connaissance des temps publiée par le Bureau, des Longitudes pour chaque année (cinq années de cette publication sont généralement publiées d’avance). Prix : 4 fr., chezChamuel, 2q,rue de Trévise.
2° Un planisphère céleste, surtout l'excellente carte de Camille Flammarion éditée à Paris (rue Serpente, 25 , Bertaux, éditeur) et dont le prix est de 8 Fr. Ce sont là les deux outils indispensables à toutmagiste, quel qu’il soit.
Voici maintenant comment on agira en supposant
qu’il s’agisse par exemple d’établir 1 horoscope du dimanche 23 avril 1893 :
O11 tracera d’abord un cercle sur une feuille de papier. Puis on divisera le cercle en 12 parties comme le cadran
d’une montre et l’on écrira tout autour les degrés de 1 à 36o (3o° par3o° quand on veut aller vite). De plus on mettra le nom de chacun des signes du zodiaque à sa place comme l’indique les figures suivantes :
Gela lait 011 prendra « la Connaissance des temps » et l’on cherchera successivement la longitude des divers l’aslres en commençant par notre satellite la Lune.
Pour la Lune on ouvre l’annuaire au tableau des longitudes et latitudes, mois d’avril (23 page 52 1 ).
' Il v a, au point de vue strictement astronomique, une correction à faire pour établir le rapport exact des astres et des signes du zodiaque, puisque nous considérons la longitude des astres. Mais cela ne change rien aux rapports des planètes entre elles ; c’est pourquoi nous conservons notre disposition à cause de sa clarté.
On v trouvera plusieurs heures indiquées. Prenons la 12' par exemple. A ce moment la lune occupe 16g’ 22’ 50 ". Pour l'horoscope magique il sulfit de déterminations très rudimentaires: aussi nous reporterons-nous à notre figure et placerons-nous la lune dans le signe de la Vierge un peu après le milieu. Si notre sphère était divisée en 3 Go“ exactement, nous la placerions au degré exact.
Le Soleil (page 3 o). — Longitude du soleil k midi moyen, le a 3 avril 33 " 3 i ' 56 ”. ce qui nous donne le signe du Taureau ( 3 o à Go”).
Mercure page :i 3 G ; . —Longitude àmidi moyen le 23 avril. 258 ” /| 3 ”. ce qui nous donne Mercure dans le Sagittaire (2/10 à 270") un peu axant le milieu du signe.
Vénus (page 2G0). — Longitude. 27° 50 ”, ce qui le place dans le Bélier presque k la lin du signe.
ce qui le place dans le Cancer un peu avant le milieu.
Jupiter (page 297). — 3 "” 3 o”, ce qui le place dans le Taureau presque k côté du soleil.
Saturne (page 3i2. — 190” i 5 ”), ce qui le place dans la Balance, un peu avant le milieu.
On possède maintenant l’état du ciel k ce jour et I on peut se rendre rapidement compte du rapport des planètes entre elles ; mais il faut encore une indication : c’est le tracé des signes du zodiaque qui sont au dessus de l’horizon k ce moment et de ceux qui sont au dessous, autrement dit la démarcation des deux parties du ciel, visible et invisible.
C’est ici qu’il faut utiliser le Planisphère céleste mobile de Camille Flammarion.
On amène le 23 avril en face XII heures de jour ou midi qui est placé tout en haut du tableau et l’on regarde quels
AIMANTKR
sont les signes du zodiaque qui se hou vent à 1 est et à l’ouest de l’horizon.
A l’ouest on voit le Verseau qui est près de se coucher. On trace donc une première grosse ligne horizontale entre la fin du Verseau et le commencement du Capricorne.
A l’est la ligne passe entre le Cancer qui se lève et le Lion qui est encore invisible.
Les signes au dessus de l’horizon sont le Cancer, les Gémeaux, le Taureau, le Bélier, les Poissons et le Verseau, et les planètes qui dominent à ce moment sont : Vénus, le Soleil, Jupiter et Mars . ainsi qu’on peut s’en rendre compte par l’étude de la ligure page 3 19.
Cet exemple servira pour toutes les opérations. Voilà pourquoi nous sommes entrés dans les détails techniques.
Les indications que nous venons de donner sont sommaires ; mais elles suffiront amplement à réaliser f aimantation de l’astral par la volonté, grâce à la prière d’une part (origine de la chaîne magique), et à la préparation des objets nécessaires au laboratoire magique, d’autre part. Des détails minutieux et qui sembleront puérils à quelques-uns étaient surtout nécessaires, puisque, pour le reste, il nous a suffi de citer au hasard parmi les multitudes d’ouvrages et de grimoires qu’il est très facile de se procurer. Notre intention est de faire un traité pratique et élémentaire : nous ferons tous nos eflorts pour atteindre ce but sans le dépasser.
Pierre d'Adam. . .. Ileplaméron.
AoniPPA . Philosophie occulte
K i rc il eh . . (JEdipus xgyptiacus.
Albert le Gra.id., .. (Grimoires allribués à .
S i i.o mo t . i Manuscrits de Kabbale pratique attribués à
CI [ \ P J T l{ li XII
Adaptation. — 2 Phash
La Semaine du Magisie .— Les Sept Oraisons mystérieuses.
L’aimantation des forces psychiques doit se faire dans le silence. Ce n’est que par la persévérance, le calme, et surtout par la recherche exclusive de la vérité pour ellcr même et non pour un but matériel et vil, qu’on parvient peu à peu à l’intuition de l’astral et h la possession de la pratique. Le « sérieux » du caractère est donc indispensable dans celte période préparatoire, et les malheureux que la vanité pousse à sc vanter d être « des mages » ou de «grands initiés » sont plus à plaindre qu’à blâmer, car l’orgueil et la « pose » sont les écueils les plus perfides que le destin présente à l’imagination des débutants. Pythagore, si Ton en croit la tradition, imposait tout d’abord une longue période de silence à ses disciples, procédé très pratique pour développer la méditation et la concentration chez ces natures ardentes du midi auxquelles le maître avait le plus souvent à enseigner la sagesse. Un éclaireur qui s’avance en terrain ennemi sc garde bien de jouer du clairon s’il tient à ne pas être découvert et massacré. Celui qui veut sc livrer à la pratique doit donc user avant tout de la plus grande
discrétion et déguiser ses véritables occupations sous des prétextes divers, ainsi que l’enseigne excellemment Eliplias Eévi. Ln ami suret porté aux mêmes études peut parfois être le seul confident choisi ; mais, encore une lois, la plus importante des règles à observer pour tous, c'est le quatrième enseignement du sphinx : Se taire.
Et, quels que soient les railleries ou les sarcasmes avec lesquels les sceptiques de parti pris accueilleront ces éludes sur les talismans et la baguette magique faites à la lin du XIX' siècle, quelles que soient les épithètes dont il leur plaira d'affubler nos recherches, nous poursuivrons notre œuvre avec calme et persévérance, sans jamais être découragé par ces procédés toujours semblables à toute époque et toujours aussi impuissants à détruire ce qui doit se manifester. Nous sommes persuadé de la réalité des laits que nous avançons et cela d’une manière certaine, car nous en avons eu la preuve ; mais nous sommes persuadé aussi que ceux-là seuls qui doivent comprendre sauront nous suivre dans nos recherches et que les autres no verront là que le fruit d’un dilettantisme ingénieux ou les divagations d'un aliéné d’un genre nouveau. Quand un professeur écrit au tableau une formule algébrique assez compliquée, certains élèves assez avancés comprennent seuls, cl si quelque rustre ou quelque ignorant vient à regarder tous ces chilli •es, nul cloute qu’il ne les traite de « griffonnage inutile ». N'est-ce pas là la plus ironique des punitions? Aussi soyez persuadés, vous qui comprenez et qui craignez que nous n’en disions trop, que ces questions peuvent être traitées au grand jour sans crainte. La science occulte n’a rien à redouter de la lumière : c’est son élément, et si vous ne me croyez pas encore, regardez le soleil bien en face pendant deux minutes et vous comprendrez alors l'esotérisme. de l’avertissement préliminaire de notre étude sur la condensation psychique.
La pratique de la condensation est intimement liée au développement de la méditation et à l’exercice de la prière et, par suite, se rapporte surtout à la psychurgie. Nous n insisterons donc pas trop longtemps sur ce point
et nous nous contenterons d’indiquer de quelle manière nous comprenons celle pratique dans ses lignes générales. laissant h chacun le soin d’adapter cet enseignement à sa nature, à son milieu et à ses occupations.
Ce que nous allons dire est donc plus un exemple schématique à adopter qu’une ligne de conduite à suivre strictement : c’est ce qu’il faut bien comprendre avant tout. Chaque magistc devra appliquer son intelligence et non sa mémoire à l'étude des conseils suivants :
i° L \ Jm UNKL-:
La journée se divise en quatre parties correspondant aux quatre saisons de l’année et aux quatre semaines du mois lunaire : le matin ou printemps du jour, période d’éclosion intellectuelle ; le midi ou été. période de floraison ; l’après-midi ou automne, période de fructification et de réalisation : enfin la soirée ou hiver, période de repos et de méditation.
La journée du magiste doit être consacrée à la prière sous ses trois formes: la parole, le travail et la méditation.
Au lever on dira, après s être purifié physiquement le plus complètement possible par l’eau, l’oraison du jour devant l’autel (nous donnons à cet effet les sept oraisons mystiques de « l’Enchiridion » ci-après). Ensuite on se livrera au travail qui est la plus utile et la plus efficace des prières (Qui travaille prie, dit l’Evangile). Le travail lié au métier qu’on exerce pour vivre doit être distingué soigneusement du travail lié à Y occupation qu’on a choisie. Tout homme digne de ce nom doit avoir une profession, un métier pour assurer sa vie physique et une occupation pour développer sa vie intellectuelle. C’est de la confusion de ces deux éléments que naissent la plupart des inégalités sociales actuelles. On consacrera donc une partie plus ou moins grande de la journée à la profession, et c’est lorsque les devoirs professionnels seront accomplis qu’on se livrera à la méditation, à la pratique et à la lecture des œuvres magiques ou autres, à l’édu-
cation de la sensation sous l’influence des manifestations esthétiques (théâtre ou musique), enfin à telle occupation qu'on désirera.
Eniin. lesoir. avant le sommeil, on consacreraquelques instants à la méditation touchant les observations et les enseignements qu’on a pu recueillir pendant le jour qui vient de s’écouler. Un examen moral, tel que celui conseillé par les « vers dorés de Pythagore ». terminera convenablement la journée.
Il va sans dire que dans les périodes d’entraînement actil en vue d'une opération magique, l’attention se portera sur les différents procédés de réalisation indiqués dans la seconde partie.
LES SEPT ORAISONS MYSTÉRIEUSES Dimanche
Notre Père qui êtes dans les cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne, etc., mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il. Délivrez-moi, Seigneur, je vous prie, qui suis votre créature N... de tous les maux passés, présents et à venir, tant de l’Ame que du corps ; donnezmoi par votre bonté la paix et la santé et me soyez propice, moi qui suis votre créature, par l’intercession de la bienheureuse A ierge Marie et de vos apôtres saint Pierre, Paul, André, et de tous les saints. Accordez la paix à votre créature et la santé pendant ma vie, afin qu’étant assisté du secours de votre miséricorde, je ne sois jamais esclave du péché ni dans la crainte d’aucun trouble, par le même Jésus-Christ votre fils, Notre- Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne en l’unité du Saint- Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Que la paix du Seigneur soit toujours avec moi. Ainsi soit-il.
Que cette paix céleste, Seigneur, que vous avez laissée à vos disciples demeure toujours ferme dans mon cœur et soit toujours entre moi et mes ennemis tant visibles
qu’invisibles. Ainsi soit-il. Que la paix du Seigneur, son visage, son corps, son sang, m’aide, me console et me protège, moi qui suis votre créature N., aussi bien que mon àme et mon corps. Ainsi soit-il. Agneau de Dieu qui avez daigné naître de la Vierge Marie; qui, étant sur la croix, avez lavé le monde de ses péchés, ayez pitié de mon àme et de mon corps. Christ, agneau de Dieu immolé pour le salut du monde, ayez pitié de mon àme et de mon corps. Agneau de Dieu, par lequel tous les fidèles sont sauvés, donnez-moi votre paix, qui doit toujours durer, tant dans cette vie que dans l’autre. Ainsi soit-il.
Lundi
O grand Dieu par lequel toutes choses ont été délivrées. délivrez-moi aussi de tout mal. O grand Dieu qui avez accordé votre consolation à tous les êtres, accordezla-moi aussi. O grand Dieu qui avez secouru et assisté touteschoses, aidez-moi aussi et me secourez dans toutes mes nécessités, mes misères, mes entreprises, mes dangers : délivrez-moi de toutes les oppositions, embûches de mes ennemis tant visibles qu’invisibles, au nom du Père qui a créé le monde entier f, au nom du Fils qui l’a racheté y, au nom du Saint-Esprit qui a accompli la loi dans toute sa perfection. Je me jette tout entier entre vos bras et me mets entièrement sous votre sainte protection. Ainsi soit-il. Que la bénédiction de Dieu le Père tout-puissant, du Fils et du Saint-Esprit, soit toujours avec moi. Ainsi soit-il y. Que la bénédiction de Dieu le Père, qui de sa seule parole a tait toutes choses, soit toujours avec moi j-. Que la bénédiction de \otre-Seigneur Jésus-Christ, fils du grand Dieu vivant, soit toujours avec moi f. Ainsi soit-il. Que la bénédiction du Saint-Esprit avec ses sept dons soit toujours avec moiy. Ainsi soit-il. Que la bénédiction de la Vierge Marie, avec son fils, soit toujours avec moi. Ainsi soit-il.
Mardi
Que la bénédiction et consécration du pain et du vin que Noire-Seigneur Jésus-Christ a faite quand il les donna à ses disciples leur disant : « Prenez et mangez tous de ceci . ceci est mon corps qui sera livré pour vous, en mémoire de moi et pour la rémission de tous les péchés », soit toujours avec moi y. Que la bénédiction des saints anges, archanges, des vertus, des puissances, des trônes, des dominations, des chérubins, des séraphins, soit toujours avec moi-J-, Ainsi soit-il. Que la bénédiction des patriarches et prophètes, apôtres, martyrs, confesseurs, vierges, et do tous les saints de Dieu, soit toujours avec moi j-. Ainsi soit-il. Que la bénédiction de tous les cieux de Dieu soit toujours avec moi f. Ainsi soit-il. Que la Majesté de Dieu toutpuissant me soutienne et protège ; que sa bonté éternelle me conduise ; que sa charité sans borne m’enflamme ; que sa divinité suprême me conduise ; que la puissance du Père me conserve ; que la sagesse du Fils me vivifie ; que la vertu du Saint-Esprit soit toujours entre moi et mes ennemis tant visibles qu’invisibles. Puissance du Père, fortifiez-moi ; Sagesse du Fils, éclairez-moi : Consolation du Saint-Esprit, consolez-moi. Le Père est la paix. Le Fils est la vie. Le Saint-Esprit est le remède de la consolation et du salut. Ainsi soit-il. Que la divinité de Dieu me bénisse. Ainsi soit-il. Que sa piété m’échaulle ; que sonamour me conserve. O Jésus-Christ.Filsdu grand Dieu vivant, ayez pitié de moi pauvre pécheur.
Mercredi
0 Emmanuel! délendez-moi contre l’ennemi malin et contre tous mes ennemis visibles et invisibles, et me délivrez de tout mal. Jésus-Christ roi est venu en paix, Dieu fait homme qui a soulïert patiemment pour nous. Que Jésus-Christ roi débonnaire soit toujours au milieu de moi et de mes ennemis pour me détendre. Ainsi soitil. Jésus-Christ triomphe. Jésus-Christ règne, Jésus-
Christ commande. Que Jésus-Christ me délivre de tous maux continuellement. Ainsi soit-il. Que Jésus-Christ daigne me faire la grâce de triompher de tous mes adversaires. Ainsi soit-il. Voici la croix de Noire-Seigneur Jésus-Christ. Fuyez donc, mes ennemis, à sa vue. le lion de la tribu de Juda a triomphé. Race de David. Alléluia, alléluia, alléluia.
Sauveur du monde, sauvez-moi et me secourez. Vous qui m’avez racheté par votre croix et votre très précieux sang, sccourez-rnoi. je vous en conjure, mon Dieu, d Agios, d Theos. \gios Ischyros. Agios Athanatos, Eleison ïlimas, Dieu saint. Dieu fort, Dieu miséricordieux et immortel, ayez pitié de moi qui suis votre créature (N) ; mais soyez mon soutien, Seigneur; ne m’abandonnez pas. ne rejetez pas mes prières, Dieu de mon salut: soyez toujours mon aide. Dieu de mon salut.
Jeudi
Eclairez mes yeux d’une véritable lumière, alin qu’ils ne soient point fermes d'un sommeil éternel, de peur que mon ennemi n’aie lieu de dire que j ai eu l’avantage sur lui. Tant que le Seigneur sera avec moi je ne craindrai pas la malignité de mes ennemis. O très doux Jésus, conservez-moi. aidez-moi, sauvez-moi ; qu’à la seule citation du nom de Jésus tout genou fléchisse, tant céleste, terrestre, qu’inlcrnal, et que toute langue public que Noire- Seigneur Jésus-Christ jouit de la gloire de son Père. Ainsi soit-il. Je sais, à n’en point douter, qu’aussitdl que j’invoquerai le Seigneur en quelques jour et heure que ce soit, je serai sauvé. Très doux Seigneur Jésus-Christ, Fils du grand Dieu vivant, qui avez fait de si grands miracles par la seule force de votre très précieux nom et avez enrichi si abondamment les indigents, puisque par sa force les démons fuyaient, les aveugles voyaient, les sourds entendaient, les boiteux marchaient droit, les muets parlaient, les lépreux étaient nettoyés, les infirmes guéris, les morts ressuscités ; car aussitôt seulement qu’on prononçait le très doux nom de Jésus, l’oreille était ravie
et la bouche remplie de ce qu’il y a de plus agréable : à cette seule prononciation, dis-je, les démons prenaient la fuite, tout genou fléchissait, toutes les tentations, même les plus mauvaises, étaient déracinées, toutes les infirmités guéries, toutes les disputes et combats qui sont et étaient entre le monde, la chair et le diable, étaient dissipés. et on était rempli de tous les biens célestes, parce que quiconque invoquait ou invoquera ce saint nom de Dieu était et sera sauvé, ce saint nom prononcé par l’Ange, même avant qu’il fût conçu dans le sein de la sainte Vierge.
Vendredi
O doux nom ! nom fortifiant le cœur de l’homme, nom de vie, de salut, de joie, nom précieux, rayonnant, glorieux et agréable, nom fortifiant le pécheur, nom qui sauve, conduit, conserve et gouverne tout, qu’il vous plaise donc, très précieux Jésus, par la force de ce même Jésus, éloigner de moi le démon ; éclairoz-moi. Seigneur, qui suis aveugle, dissipez ma surdité, redressez-moi qui suis boiteux; rendez-moi la parole, moi qui suis muet ; guérissez ma lèpre, rendez-moi la santé à moi qui suis malade , et me ressuscitez, moi qui suis mort : redonnez-moi la vie. et m’environnez de toutes parts, tant au dedans qu’au dehors, afin qu’étant muni et fortifie de ce saint nom, je vive toujours dans vous en vous louant, honorant, parce que tout vous est dû. parce que vous êtes le plus digne de gloire, le Seigneur et le Fils éternel de Dieu par lequel toutes choses sont dans la joie et sont gouvernées. Louange, honneurct gloire vous soient à jamais rendus dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Que Jésus soit toujours dans mon cœur, dans mes entrailles. Ainsi soit-il.
Que Notre-Seigneur Jésus-Christ soit toujours au dedans de moi. qu’il nie rétablisse, qu’il soit autour de moi, qu’il me conserve, qu'il soit devant moi, qu’il me
conduise, qu’il soit derrière moi, afin qu’il me garde; qu’il soit au dessus de moi, afin qu’il me bénisse ; qu il soit dans moi, afin qu’il me vivifie ; qu’il soit auprès de moi, afin qu’il me gouverne ; qu’il soit au dessus de moi, afin qu’il me fortifie ; qu il soit toujours avec moi, afin qu’il me délivre de toutes les peines de la mort éternelle, lui qui vit et règne dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Samedi
Jésus fils de Marie, salut du monde, que le Seigneur me soit favorable, doux ('I propice, qu’il m’accorde un esprit saint et volontaire pour lui rendre l’honneur et le respect qui lui sont dus, lui qui est le libérateur du monde. Personne ne put mettre la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue, lui qui-est, qui était et sera toujours, a été Dieu et homme, commencement et fin. Que celle prière que je lui fais me garantisse éternellement contre mes ennemis. Ainsi soit-il. Jésus de Nazareth, roi des Juifs, titre honorable, Fils de la \ ierge Marie, ayez pitié de moi, pauvre pécheur, et conduisez-moi selon votre douceur dans la voie du salut éternel. Ainsi soit-il. Or Jésus, sachant les choses qui lui devaient arriver, s’avança et leur dit; Que cherchezvous? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C’est moi. Or Judas qui devait le livrer était avec eux. Aussitôt qu’il leur eut dit que c’était lui, ils tombèrent à la renverse par terre. Or Jésus leur demanda derechef : que cherchez-vous? Ils lui dirent encore : Jésus de Nazareth. Jésus leur répondit : Je vous ai déjà dit que c’est moi. Si c’est moi donc que vous cherchez, laissez aller ceux-ci (parlant de ses disciples). La lance, les clous, la croix y. les épines, la mort que j’ai souffert, prouvent que j’ai effacé et expié les crimes des misérables : préservez-moi. Seigneur J.-C., de toutes plaies de pauvreté et des embûches de mes ennemis, que les cinq plaies de Noire-Seigneur me servent continuellement de remède. Jésus est la voie y, Jésus est la vie y.
■fésus est la Vérité f. Jésus a souffert f. Jésus a été crucifié y- Jésus. Fils de Dieu vivant, ayez pitié de moi f- Or Jésus passant allait au milieu d’eux, et personne ne mit sa main meurtrière sur Jésus parce que son heure n’était point encore venue.
Le Septième Joun
Le jour du soleil doit être, autant que possible, consacré uniquement à l'occupation et non à la profession. Nous rappelons que le seul repos véritable au point de vue intellectuel est l'exercice de cette occupation préférée : car la cessation absolue de tout travail physique ou intellectuel peut constituer l’idéal de la brute, mais non celui d'un homme suffisamment développé.
La prière se fera donc ce jour-là complète et aussi solennelle que possible, soit dans la chambre magique, soit, de préférence, dans l'église, qui est un merveilleux laboratoire de magie, ouvert à tous, riches ou pauvres. L’hiver et pendant le mauvais temps la première partie de la matinée du dimanche sera donc consacrée à cette cérémonie. Dans la belle saison il est utile de remplacer leleinple, œuvre des hommes, par la manifestation directe de la nature, et la prière en pleine forêt ou en pleine campagne est particulièrement indiquée.
L’après-midi du dimanche sera consacrée, soit à la préparation des objets magiques fournis par la nature et par suite à l’adaptation des sciences naturelles, soit à l’éducation esthétique de la sensation dans les musées ou dans les concerts symphoniques, soit encore à la réalisation des petites opérations de magie cérémonielle, suivant le temps, le lieu et les dispositions prises. La soirée sera enfin consacrée à repasser et à classer le résultat acquis pendant la semaine en ce qui concerne les occupations, ou à la lecture, ou à la copie des formules et des ouvrages préférés, ou bien au théâtre, suivant encore les époques et les dispositions.
Rentré dans son laboratoire, le magiste terminera cette journée par une longue méditation suivie d'une
CONCENTRE!
prière devant l'autel ou dans le cercle magique. C est à ce moment que l'emploi des isolants comme le verre ou la laine devra être particulièrement étudié.
Du reste l’adaptation de la méditation au milieu et à l’individu ne peut être indiquée dans tous ses détails en un traite tout élémentaire ; nous espérons que les exemples énoncés ci-dessus serviront à guider l’étudiant et que l’exercice et la pratique activeront facilement l’œuvre commencée par son désir et son application.
C’est par l’exercice progressif de la méditation qu’on arrive peu à peu au développement des facultés psychiques supérieures, d où découlent trois ordres de phénomènes des plus importants, classés par les anciens auteurs sous les noms de ravissement, extase et songe prophétique.
Le ravissement est une conséquence de la méditation des choses Spirituelles, combiné avec un rythme respiratoire spécial dans lequel l’expiration est progressivement retardée. Dans cet état le corps est en catalepsie et le corps astral est illuminé par son élévation subite dans le plan spirituel. Une loi intense, un désir violent et permanent de la vérité ou de la justice sont les mobiles primordiaux du développement décolle stase psychique. Toutes les visions de Jeanne d’Arc se rapportent à cet état. Les différents rituels du mysticisme religieux et les jeûnes, les prières qui y sont indiquées, sont d’excellents guides pour le magiste qui voudra développer ces facultés, sur lesquelles nous n’insisterons pas davantage, car cette pratique est dangereuse et demande des enseignements tout particuliers.
L’extase se manifeste extérieurement par les mêmes phénomènes (catalepsie ou fixité du regard, rythme respiratoire particulier, etc.) ; mais dans cet état il y a extériorisation du corps astral et vision à distance. Certains états profonds de l’hypnose décrits récemment par M. le colonel de Rochas se rapprochent de l’extase, mais en mode passif. Nous aurons l’occasion de reparler de cet état dans notre dernier chapitre. On trouvera également des détails historiques très intéressants dans le chapitre 5 o du II* vol. d’Agrippa (philosophie occulte).
Lr. Son i.i, prophétique
11 ne faut pas confondre le songe avec le rêve. Le rêve est souvent produit par les afflux subits de force nerveuse dans le centre intellectuel et les images qui naissent alors dépendent des dernières idées qui ont ébranlé ce centre. C'est même sur cette observation que se sont base la plupart des philosophies matérialistes pour asseoir leurs théories.
Par contre, le songe prophétique, qui est généralement fort rare, est produit par une illumination subite de Pâme parle plan astral. Les impressions que la vision ainsi perçue laisse dans la mémoire sont profondes et vivaces et ont un caractère tel que ceux qui les éprouvent ne se trompent jamais sur leur valeur. De plus l’esprit, vraiment libéré des entraves de la matière, est susceptible de ressentir consciemment les influences du plan divin.
Personnellement, nous avons pu juger en plusieurs circonstances de la vérité de ces révélations des songes. Mais nous pensons que la méditation et surtout la prière sont les éléments principaux d entraînement, et, pour le reste, nous conseillons de suivre les indications suivantes :
Celui qui veut donc recevoir présentement des songes divins doit être disposé en tout son corps et n’avoir pas le cerveau sujet aux vapeurs ni l’esprit aux passions, et qu’il ne soupe pas ce jour-là et ne boive rien qui le puisse enivrer ; que sa chambre soit bien propre et fort nette de toute ordure, qu’elle soit même exorcisée et consacrée, qu’il y soit brûlé du parfum. S’étant oint les tempes, tenant ses doigts ensemble avec les anneaux des songes, mettant sous sa tète une figure céleste et une carte consacrée, ayant invoqué la divinité par de saintes prières, que l’opérateur s’aille coucher dans son lit, ayant la pensée bandée sur ce qu’il veut savoir ; car c’est ainsi qu’il aura des songes très véritables et très certains avec une vraie illumination d’entendement. (Agrippa\
CHAPITRE VIII
HAYONMÎIt
Adaptavio.n — .'i m0 Piiasi:.
Le Mmiislc cl la Société.
Jusqu’à présent nous avons enseigné les pratiques les plus simples qui permettent au magiste l’éducation progressive de sa volonté et l’action de plus en plus consciente sur les êtres psychiques.Nous supposerons donc que l’expérimentateur est parvenu à constituer autour de lui une atmosphère de sympathie aussi bien dans le monde invisible que dans le monde visible, et nous allons lui demander d’utiliser son travail et sa science au bénéfice des profanes et des ignorants, de ceux qui. loin de le comprendre, répondront à chaque bienfait par des attaques hargneuses, à chaque révélation par des sarcasmes. C’est là le résultat le plus clair de cet apostolat, et ceux qui y ont passé savent seuls combien il faut d’énergie et d’opiniâtreté pour rester « bon enfant » et souriant devant tous ces curieux et ces impuissants d’aujourd’hui qui seront les adversaires et les ennemis de demain, saut de rares et de nobles exceptions. Car c’est à peine si de temps à autre un cœur généreux se révèle prêt à tous les sacrifices intellectuels et à tous les dévouements pour aider à supporter les épreuves communes, et c’est là l’histoire de tous les adeptes de
l'occultisme depuis P) lhagore jusqu'il Raymond Lullc et depuis Paracelse jusqu’à Martinez Pasqualis cl Louis Claude de Saint-Martin.
Mais les obstacles no doivent jamais arrêter le chercheur et c’est maintenant qu’il nous laut décrire quelle doit être la conduite du magiste dans la société, quelle doit être son influence intellectuelle dans les milieux hostiles, et comment, chevalier de l’Idée, il doit se lancer dans la mêlée sans jamais compter le nombre de ses alliés pas plus que le nombre de ses adversaires.
O combien nous conseillons au disciple indépendant de ne jamais dépasser les études d aimantation et de concentration. Entouré de quelques amis sûrs, guidé par les conseils de ses aînés en études dans des groupes où le travail silencieux est la première règle observée, cju’il s’abstienne des luttes et des déboires que lui prépare l’apostolat chez les profanes. Supérieur aux tentations du triomphe après la bataille, qu’il demeure le vivant réceptacle de la Haute Science, inconnu des enne mis comme des curieux. C’est grâce à de tels hommes que jamais la tradition hermétique ne s’est perdue, et le savant alchimiste du XV" siècle, poursuivant sans bruit scs travaux au fond d’une cave tandis que triomphait au grand jour l’ignorance cléricale, a légué à la postérité des trésors plus réels que la pierre philosophale et l’elixir do longue vie.
N’oubliez jamais, vous qui voulez aller de l avant et modeler l’humanité comme vous avez appris à modeler votre propre substance, n’oubliez jamais que, si vous avez un seul instant de défaillance, la matière en fusion se révoltera contre votre action et que vous serez la première victime des forces que vous n’avez pas su maîtriser. Et maintenant, si vous êtes toujours prêt, étudions ensemble les possibilités du rayonnement psychique dans le milieu que vous allez affronter.
Lecture des signatures
Maître (le vos passions et instruit des mystères de la nature, jetez les yeux autour de vous. Vous êtes au XIX” siècle, après la révélation de l’essénicn Jésus; le gnosticisme, vainqueur enfin de l’oppression cléricale, se manifeste dans tous les plans par une incroyable explosion de liberté. L’idée, enfin dégagée des séculaires étreintes des traditions et des dogmes, manifeste sa puissance par des affirmations incroyables et des négations déconcertantes. On nie l’existence d’Ilomère, on nie l’existence littéraire de Shakespeare : Orphée n’est qu’un mythe sublime, Pylhagore un révélateur des académies chinoises, et le Bouddha dispute le sceptre de la royauté spirituelle h notre Jésus : la foi chancelante s’écroule sous les hardies révélations de la science, les cinq mille ans de la Bible amusent beaucoup les orientalistes commentateurs de la chronologie des Brahmes et les géologues font chorus ; enfin Jacobus Burgundus Molav, grand maître du Temple, plante la bannière de son ordre sur la noire citadelle papale, dernier vestige de la louve romaine. Un vieux monde va s’écrouler, un monde nouveau va naître, et tel qu’Alexandrie aux premiers siècles de notre ère, la moderne barque d’Isis. Paris, voit s’élever mille écoles rivales, mille philosophies contradictoires, tandis que là-bas, vers l’est, de sombres grondements se font entendre, indice prochain de l’invasion des barbares germains et tartares. Souvenez-vous que vous êtes appelé à l’action dans un pareil moment, souvenez-vous de la devise inscrite sur la barque d’Isis. symbole de notre science ; Fluctuât nec mergituu ; laissez les lâches et les ignorants se désespérer, laissez les prédire la décadence et la ruine des peuples latins, que vous importe ; la Celtide, la patrie des druides et des fées, restera debout. Vous êtes né en pleine bataille, intellectuelle aujourd’hui, morale demain, et peut-être physique tout à l’heure, apprenez donc à vous battre et sachez mourir à votre rang, ce sera votre suprême hon-
neur. Que les malades et les incapables encombrent l’arrière-garde et décochent des quolibets en guise de balles ; que vous importe! La Société au milieu de laquelle vous venez agir est ainsi faite ; acceptez donc les condi lions que vous impose notre époque, et, magiste réel, c’est à dire maître des impulsions et des contingences extérieures, étudiez froidement cequ’il vousresteà faire pour manifester la puissance de l’apostolat de l’idée dans une telle époque et au sein d’une telle civilisation. Vous êtes entouré d'êtres humains : c’est d'eux qu’il vous faut attendre le salut ou la perte, c’est sur eux qu’il est nécessaire d’agir ; qu’est-ce donc qu'un être humain?
C’est, suivant le cas, un bœul ou un porc guidé par des instincts et de grossiers appétits, un tigre ou un sanglier poussé par des passions et dirigé par l'égoïsme et la haine, un vautour ou un perroquet fasciné par des intérêts, des mesquineries et des préjugés, parfois même un homme fanatisé par des croyances souvent fausses et toujours despotiques et aveuglé par l’orgueil.
Or chacun de ces êtres porte, inscrite sur le visage, la signature des impulsions animales qui le poussent et le dominent. Toi, le possesseur des secrets d’Hermès, tu dois apprendre tout d’abord à arracher le masque à face humaine qui cache toutes ces bestialités latentes au fond des êtres, et, vainqueur de tes impulsions, tu dois savoir vaincre lesmanilestationsde toute impulsivité enl’Adam- Hévé.
Voici donc à quoi tu reconnaîtras la signature de l’Adversaire de la Volonté, tant en ton être qu’en celui des hommes, tes frères.
Le visage, le teint, la marche, l’écriture, le geste origine de l’écriture, la voix, peuvent servir à établir rapidement le diagnostic de l’être moral. Tout être humain étant une synthèse plus ou moins équilibrée des trois centres d'impulsion dominés par la volonté, il est inutile, pour les premiers temps, de chercher autre chose que les deux éléments d’action qui prédominent particulièrement, cela suffit amplement aux besoins courants du magiste. Lés quatre tempéraments des anciens (phlegmatique, — sanguin, — nerveux ou mélancolique et
HAYONNER
bilieux), les quatre formes du sphinx, les quatre lettres dulétragramme. répondent à ces données, — dont l’origine se retrouve dans la constitution de l’homme donnée par Platon ( limée).
Il faut un petit volume pour faire une élude même résumée de tous les caractères humains, et. quoique nous ayons entrepris celle tache dans un traité qui paraîtra en même temps que celui-ci, nous allons nous efforcer de synthétiser en quelques pages les points indispensables à connaître pour savoir diagnostiquer les caractères des individus avec lesquels le magisle se trouvera en contact.
L’être impulsif se manifeste en nous par trois modifications : l’instinctif, l’animique et l’intellectuel, et l’être volontaire synthétise le tout; c’est là un point bien acquis pour celui qui a étudié la théorie(1° partie de ce traite).
Or tout individu chez qui domine l’être instinctif sera un tranquille, ayant la lenteur mais aussi la résistance du bœuf, son hiéroglyphe, et se révélera à l’œil de l’observateur par la blancheur de son teint, la mollesse de ses chairs, et la lenteur de ses gestes et de sa voix ainsi que de sa marche. Nous verrons tout à l’heure les détails.
Celui chez qui l’emportera l’être animique sera un actif, un pressé, un violent, suivant le cas, reflétant l image de son hiéroglyphe, le lion, qui l’emporte dans son être. On le reconnaîtra au premier coup d’œil à son teint rouge, à la fermeté de ses chairs, à la vivacité de sa marche, de ses gestes, et à la rapidité de ses paroles.
Tels sont les premiers caractères saillants des individus chez lesquels la matière l’emporte dans l’être impulsif sur l’idée.
Mais l’être intellectuel a-t-il pris le dessus? nous allons trouver les caractères de l’oiseau, si développés chez la femme, avec leur mélange d’impressionnabilité excessive et de rapide faculté d’assimilation. Le jaune formera ici le fond du teint, et les gestes seront rapides et saccadés comme la voix.
Enfin les êtres chez qui la volonté, et par suite l'ambition, domine se caractérisent par la couleur sombre de leur teint et de leur regard profond ; la largeur de leur marche et de leur geste.
On moyen pratique et rapide d’avoir une idée de ces grandes divisions est le suivant. Prenez un point de repère bien blanc, comme une feuille de papier ou. pour le visage, le col de la chemise, et regardez, par rapport à ce point de repère, quelle est la couleur du teint de l’individu que vous avez à juger. Ainsi en faisant poser le poing fermé de trois personnes différentes sur une feuille de papier blanc, il est rare qu’on n'obtienne pas au moins deux des couleurs caractéristiques dont nous avons parlé, en se rappelant :
i" Que le teint blanc ou jaune très clair (presque blanc), indique un caractère essentiellement phlegmatique et tranquille, un instinctif.
2° Que le teint rouge indique un caractère animique, actif et passioné.
3 ” Que le teint jaune indique un caractère mélancolique ou pessimiste, un intellectuel.
4 “ Que le teint noir, ou au moins très sombre, indique au contraire un volontaire.
Il est utile de (aire ces premières études souvent et sur les mains de préférence, car, sur le visage, nous allons voir qu on trouve deux teintes superposées : au fond la teinte réelle et fondamentale (celle qu'on retrouve sur la main), à la surface la teinte accessoire, qui déterminera le second élément du tempérament individuel. — C’est même grâce à cette teinte accessoire qu’on pourra préciser davantage le diagnostic.
L’homme n'est pas formé par un élément simple instinctif, animique, intellectuel ou volontaire; il n’est pas formé par la juxtaposition de deux ou plusieurs de ces éléments, mais bien par leur union intime. Analogiquement c’est un sel chimique dont il faut tout d'abord trouver par décomposition l’acide et la base, quitte à décomposer encore l'acide pour en retrouver les éléments constituants.
Or la première analyse que permet de faire la pratique
ci-dessus suffit seulement a donner une indication générale sur le problème à résoudre. Un tranquille peut en eflét se manifester comme sensuel, comme méditatif ou comme simplement calme, suivant les éléments qui se joindront le plus intimement à sa base fondamentale, qui est le calme du corps. Ainsi un pblcgmalique qui se laisse aller aux impulsions d’en bas n’a plus comme hiéroglyphe le bœuf, mais bien le porc ; de même, s'il agit en sens contraire et modifie son indolence naturelle, son hiéroglyphe change égalementet devient le cheval au lieu du bœuf. Il en est de même par les autres divisions (actif, intellectuel et volontaire).
Le cadre restreint de ce traité ne nous permet malheureusement pas de nous étendre comme nous l’aurions voulu sur ce point, car un volume est nécessaire, nous le répétons. Toutefois nous allons résumer -en une série de tableaux synthétiques les différents procédés pratiques de diagnostic du caractère.
Ce diagnostic sera établi de la façon suivante :
i° De loin on peut faire une première détermination, d’après la marche rapide ou lente et la longueur du pas longue et courte (voy. les tableaux).
2° Ensuite on examine le teinl d’après les procédés que nous avons indiqués.
3 ° On fera alors une étude particulière du profil et surtout du nez ; les traits concaves indiquant les instinctifs et les animiques, les traits convexes les intellectuels et les volontaires.
4 ° On terminera ce premier examen par la bouche, le menton et les yeux, pour corriger au besoin les erreurs de diagnostic qu’on pourrait avoir commises.
5 ° Si on le peut, il sera alors loisible de s’occuper de la main, qu’on examinera au point de vue de sa consistance. de sa couleur et de ses lignes.
6 ° On contrôlera encore tous ces éléments par l’examen de l’écriture, si on peut se procurer quelques lignes de l’individu qu’on désire bien connaître.
Une éludé quelque peu attentive du tableau suivant permettra de ne pas s’égarer dans celte première classification.
ÉCRITURE MAIN TRAITS
Instinctif
Animiqub
Intellectuel
ÉLÉMENTS SIMPLES
Tranquille
Actif
Pessimiste
Marche
Grands pas rapides
Petits pas rapides
Grands pas lents
(Le curé qui se promène)
(Le soldat).
(Sautillement de 1 oiseau.'i
(Pas de procession).
Teint
ROUGE
JAUNE
SOMBRE OU NOIR
H
(Visage et Main)
Concave à terminaison
Concave à terminaison
Convexe à terminaison
Convexe (aquilin)
ronde.
a terminaison ronde.
Lèvres
Épaisses, blanches et
Épaisses, rouges et fermes.
fines, serrées et dirigées
fines serrées cl droites
en bas.
(Irait de co(itcau).
Menton
Large.
Carré.
Fuyant et pointu.
Avançant.
Contact de la
Molle et humide.
Ferme et chaude.
Osseuse et scchc.
Dure cl froide.
Gros et courts, noueux.
Minces et courts, noueux.
Minces et longs
Gros cl longs
(lisses.)
(Lisses ou légèrement noueux)
Extrémité des
DOIGfS
Spalulces ou carrées.
Carrées.
Pointues.
Carrées ou pointues (Souvent Ihs deux pouces
des doigts diffèrent).
Lignes de la main
Larges, blanches et peu
Rouges profondes i l peu
fines, minces et très
Fines, profondes et nom-
nombreuses.
nombreuses.
nombreuses.
breuses.
Caractère
Ronde et molle
Hésitante en zig-zag,
Pointue et penchée.
Droite, ferme et égale.
GÉNÉRAL
(Calligraphie.)
ÛETA(en majorité)
Ronds et fermes.
ronds et ouverts.
Pointus et ouverts.
Pointus cl fermés.
T
Barre omise ou hésitanlc.
Barre ascendante.
Barre fixe, longue ci sou-
Barre courte, droite, bien
vent descendante.
au milieu et très feime.
O
Ronds et 1res formés
Ronds et mal formés
Pointus et allongés.
Pointus et ramassés.
| Hiéroglyphe
Boeuf.
Lion.
HAYON
Chacune de ce* division* générale* *e divise, dan* la pratique, en trois groupe* correspondant k de* réalité* naturelles et qu’il faut apprendre h bien connaître Pour en arriver lh nous conseillons, comme moyens les plus rapides et les plus pratiques Ji notre avis, l’étude du visage (surtout de la forme du ne/. >u de profil) et l’étude de l'écriture, lorsqu'on peut s'en procurer.
Etant donné donc que le teint fondamental semble être le blaru' par la comparaison de la main et d'un point de repère (dans ce cas une leuille de papier blanc bleuté), regardez bien la figure et voyez si les pommettes sont rosées : si. au contraire, la figure apparaît doucement jaunâtre comme le vieil ivoire sur le fond blanc, ou si enfin une énergie extraordinaire dans le regard unie à une teinte sombre de ce regard ne vous indique l'influence* spéciale de la volonté.
Les quatre tableaux suivants se rapportant aux quatre divisions fondamentales (instinctif, animique. intellectuel et volontaire) sont suffisants, avec quelque travail, au mngiste pour avoir une première connaissance des êtres sur qui doit se porter son action. Ainsi sera accomplie la première partie de l’œuvre sociale le diagnostic
L*I INSTINCTIF OU TRANQUILLE
Tranquille animique Sensubl (goût)
Tranquille pessimiste Contemplatif
Tranquille volontaire Calme
TEINT : BLANC Concave à terminaison ronde.
Ronge sur fond blanc.
Télé large et cou court, nez large, gros et souvent coloré, pa> de bosse sur le nez qui est entièrement concave.
MAIN
Molle et humide. LIGNES
ECRITURE Ronde et molle.
T
0 ET A
Molle et chaude.
Grosse ligne de cœur, ligne de fatalité brisée en plusieurs tronçons, mais assez nclle, Monl de Vénus rayé et développé.
Des pleins partout presque pas de déliés, écriture enfantine ou de paysan.
Barrés en bas, barre Iégèrcmenlasccndante mais tremblante et gauche quand elle existe
Très appuyés et A ouverts.
Jaune sur fond blanc.
Tôle large, mais crâne légèrementprojetéen arrière elenhaul. cou se délachant bien des épaules ; mais pas très long, une pc Lite bosse à la partie supérieure du nez qui est concave el large à la base.
Molle el sèc'ie.
Ligne, de fatalité développée et nette, Monl d'Apollon, pourvu de quelques lignes verticales.
Écriture très claire mais exagérée dans sa rondeur, chaque lel lie est écrite avec soin.
Barre manquant ou très fine| et très mal indiquée.
Fermés et appuyés.
Sombre sur fond blanc.
Tète large et carrée en haut, cou court et dégagé. Regard calme mais impératif, une petite bosse à la partie moyenne du nez également concave et large à la base.
Molle el froide.
Grosse lignes de tôle, longue, large el droite. Très peu de lignes accessoires, Montdc J upiler prédominant ainsi que celui de la lune.
Calligraphique pleine de déliés bien indiqués.
Barre fine assez longue et terminée en massue.
Fermés mais avec tous les déliés.
Hiéroglyphe
Porc
Bœuf
Cheval
L’Intellectuel ou pessimiste
TEINT JAUNE Convexe à terminaison
MAIN
(Osseuse cl sèche). LIGNES
ECRITURE Pointue cl penche.
Pessimiste tranquille Mélancolique
Blanc sur fond jaune.
Tête large et projetée en arrière et en haut. Iront plat, une petite concavité à la partie supérieure du nez qui se termine en convexité souvent ronde.
Osseuse et humide.
Doigts courts et lisses.
Beaucoup de lignes pâles, Monts de la Lune et de Saturne développés, ligne de fatalité bien indiquée quoiqucsouvcntcoupéc.
Claire , relativement ronde , bien formée, pleins et déliés indiques, grands paraphes à la fin des mois, assez haute et penchée.
Longue barre fine et hésitante.
Pessimiste actif Intuitif
Rouge sur fond jaune
Tète pointue et projetée en arrière et en haut, front fuyant,
: une petite concavité à la partie : moyenne du nez, qui se termine en bec de perroquet et dont les narines sont souvent rouges.
Osseuse et chaude.
Doigts longs et lisses.
Beaucoup de lignes fines et ; rouges, Monts d'Apollon et de Vénus développés, belle ligne de cœur, anneau de Vénus, hépatique colorée et assez longue.
Petite, sautillante, pointue; ; souvent très penchée, ni pleins ni déliés bien indiqués, des paraphes nombreux môme au milieu des mots, écriture bien appuyée.
Barre accompagnée ou terminée par un paraphe (manque souvent ou est placée au dessus de la lettre). Pas de massue à la terminaison.
Perroquet.
Pessimiste volontaire Pessimiste (proprement dit)
Sombre et noir sur fond jaune
Tète allongé et projetée en arrière et en haut, front bombé nez entièrement convexe, et à l'arrête fine, terminé en bec d’aigle.
Osseuse et froide.
Doigts longs et noueux.
Lignes nombreuses fines et profondes quoique sombres comme coloration, Monts de Saturne et de Jupiter très développés. Mont de Vénus plat, Apollon rayé hépatique fine et bien indiquée, belle ligne de tctc.
Ecriture fine, très pointue, lettres hautes, grêles et peu appuyées, quelques paraphes à la fin des mots, écriture souvent originale dans ses détails, et aristocratique.
Barre terminée en massue mais longue et fine.
Le Volontaire
Volontaire calme Ambitieux
Volontaire actif Entreprenant
Volontaire
Orgueii
TEINT
Sombre et Noir I Convexe à terminaison ronde.
MAIN
(Dure et froide). LIGNES ET MONTS
ECRITURE
(Droite ferme et égale).
Blanc sur fond sombre.
Tète grosse, large et carrée, front large, blanc et bombé en bas ; car la tète est projetée en haut et en avant, nez aquilin avec une concavité à la partie supérieure rond cl souvent large à sa terminaison Menton large, rond et avançant.
Dure épaisse et humide, doigts courts gros et noueux mais blancs
Ligne de tête large cl pâle prédominante. Mont de Jupiter et de la lune prédominants.
Petites lettres rondes bien formées. A fermés, pas de paraphes, lignes droites et bien espacées. L'ensemble de l’écriture est clair. Ecriture peu penchée et presque droite. i
Rouge sur fond noir
Tète plutôt petite et pointue, front large coloré et bombé en liant et en bas, tète projetée en liant et un peu en avant, nez aquilin avec une concavité à la partie moyenne, à terminaison ronde mais étroite à la base, menlon étroit, pointu cl avançant.
Dure épaisse et chaude. Doigts courts, noueux et colorés
Lignedecœur longucctcoloréc, ligne de tète profonde, Monts de Jupiter cl de Mercure prédominants, plaine de Mars bien remplie de lignes.
Grandes lettres elliptiques formées à la hâte. A ouverts, lignes droites mais inégalement espacées. Ecrilure penchée et appuyée .
T
(Caractéristique des différents groupes).
Barres droites, fermes et uniformément appuyées.
Barres ascendantes, commençant par une boucle cl se terminant souvent en massue.
Hiéroglyphes
Homme mur.
Enfant
Singe
Jaune sur fond noir.
Tête longue et front projeté en haut, haut et bombé sans concavité, nez entièrement convexe à la crête épaisse cl termine en rond.
Menton rond cl avançant.
Dure et froide.
Doigts longs et noueux
Ligne d’Apollon bien indiquée, ligne de tête sombre et fine, mais droite, Monts de Jupiter et d’Apollon prédominants.
Grandes lettres elliptiques et originales, A fermés, lignes droites, mais liés inégalement espacées; l’ensemble de l'écriture indique la vanité et la prétention, écriture allongée mais peu penchée, nombreux paraphes.
Barres droites descendantes ou tout au moins terminées en pointe, souvent des boucles, toujours des originalités.
Vieillard.
Pour être absolument complets ces tableaux devraient comprendre encore l'influence des deux autres éléments qui modifient certains détails par leur présence; car l'être humain renferme toujours en lui non pas deux, mais quatre principes constituants. Ces divisions qui allongeraient par trop notre exposé ne peuvent trouver place ici. et les tableanx tels qu’ils sont suffiront amplement dans la pratique.
Le diagnostic une fois établi, il est facile d'agir; car la volonté possède un point d’appui d’une sûrete remarquable. Parmi toutes les actions qu’on peut-être appelé à réaliser, il en est de deux sortes ; les défensives et les offensives, c’est h dire qu'on peut agir tour à tour comme base et comme acide vis à vis du milieu extérieur. Or le caractère de chacune do ces actions dépendra du diagnostic précédemment établi.
Le maniement de tout homme dépend de cette remarque que dans l'exagération du centre dominant de son être impulsij l’Iiomme est toujourspassij c’est à dire désarmé, puisque le contrôle de sa raison, de son bon sens et de sa sagacité s’efface devant l’impétuosité passionnelle, et que, dans l'atténuation du centre dominant de son être impulsif l’homme est au contraire actif, sur la défensive. et éclairé par le bon sens s’il est instinctif, par la raison s’il est animique. et par la sagacité s’il est intellectuel.
Quel est donc le premier résultat de l’exagération du centre animique dans les quatre types humains généraux que nous avons étudiés ?
L’exagération du centre instinctif produit la paresse, la gourmandise et la force d’inertie.
L’exagération du centre animique produit la colère rouge, la luxure ou le mensonge.
L’exagération du centre intellectuel produit la colère blanche et l’envie.
L’exagération de la volonté produit le despotisme, l’ambition et l’orgueil.
Si donc vous voulez prendre empire sur un instinctil. veillez à la satislaction de sa gourmandise, de sa paresse.
et à la tranquillité du milieu dans lequel il agit. — Vous créerez ainsi autour de cet être une atmosphère d habitudes absorbantes dont il aura grand peine à se défaire, à moins d’un énergique appel de volonté
Pour dominer i’animique, veillez à l’emploi de son activité, ingéniez-vous à trouver toujours de nouvelles entreprises à commencer, de nouveaux obstacles h vaincre, sachez le faire mettre en colère de temps en temps, et n'oubliez pas que la flatterie est l’arme la plus sûre que vous possédiez dans ce cas.
Pour l'intellectuel, usez au contraire d’admiration et ingéniez-vous à remplacer l’activité physique qui lui fait si souvent défaut. Satisfaites scs petites manies, que vous vous ingénierez à connaître, et n’oubliez pas que la jalousie ou l’envie, excitées à temps chez un tel être, en feront quand vous voudrez un esclave. Que .d’erreurs l’intellectuel n’est-il pas prêt à commettre par dépit 1
Mais en ce qui touche le farouche volontaire, celui qui semble si terrible au premier abord, devinez vile son ambition cachée et frappez-le directement dans l’exagération de son colossal orgueil. Acceptez son despotisme et dirigez sa vanité, vous en ferez un enfant qui croira vous dominer, alors qu’il ne sera que l’instrument de vos réalisations.
Voilà pour l’attaque. — C’est là l’ébauche de cette science que la femme possède instinctivement et sans en chercher les règles. La femme profile de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire, rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand celte étude est achevée la femme commit son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volilions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de reflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour
peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une lois encore, accompli son grand œuvre.
La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés.
Pour ne pas allonger outre mesure notre exposé, nous allons résumer symboliquement les règles à suivre dans la politique courante de la vie pour le magiste.
Est-ce le bœul sur qui vous devez agir? Soyez l’herbe, s’il faut le retenir et le désarmer; soyez l'aiguillon, s’il faut le faire évoluer.
S’agit-il de prendre autorité sur le lion? Voyez comme il se fait caressant et doux pour i/ui lui apporte sa pâture dans la cage ; mais s’il faut le dominer complètement, soyez le dompteur.
Mais faut-il fixer l’oiseau léger? Vite faites tourner le miroir aux mille facettes, et l’alouette éblouie se laissera prendre 'a la main. Dans l’autre cas soyez l’oiseleur. et fermez bien la cage dans laquelle vous enfermerez l'imaginative intellectuelle, si vagabonde de sa nature.
L’homme se présente avec son orgueil d’être fort, sa vanité de mâle et son despotisme ; songez que la femme. laible et délicate, fait tomber h scs genoux ce farouche, et sachez aussi que l’idée étincelante entraîne Èi sa suite les amoureux du divin.
Telles sont, symboliquement graphiées. les règles d’opposition qu’il faut observer dans toute lutte intellectuelle. Les disciples de la science occulte sont assez lamiliarisés avec le symbole pour qu’il soit inutile d insister davantage. Les autres ne comprendraient pas mieux de plus longs développements que ces quelques points de synthèse. Aussi en resterons-nous là sur ce sujet.
Le magiste connaît maintenant le milieu individuel ou collectif dans lequel son action va rayonner. Comment faut-il utiliser cette action ?
Semblable à l'intime parcelle de ferment qui agite et travaille la grosse masse de pâte inerte, l'initié doit être prêt à éveiller en toute humanité les forces et les idées jusque-là latentes. Rien n’est méprisable en la Nature, ni un grain de poussière ni un homme, et chaque être de raison possède en lui des trésors cachés que le magisle doit découvrir et utiliser. Pour cela l'adaptation est indispensable.
Intellectuel, si vous méprisez les milieux instinctifs, si vous fuyez le cercle par crainte de l’impureté morale ambiante, la foule par peur des vulgarités et les patriotes de café par peur des niaiseries, vous êtes un lâche au moral comme au physique, et vous ne savez pas mourir un instant à 1 idéal pour renaître plus vivant à la vérité. Voyez dans quels milieux évolue la personnalité divine de l’essénien Jésus et demandez à scs évangiles s’il fuyait le peuple ou l’ignorant? Or ces collectivités impures sont la pale que le levain magique doit faire lever, et la condition première de cette action est de se plonger aussi profondément que possible dans la masse inerte, fort des réalisations entrevues.
Adaptez donc pour un instant votre être au milieu social, votre entraînement vousgaranlit de toute souillure, et, semblable au pur diamant, vous sortirez de la fange sans qu’une parcelle de boue ait pu pénétrer l’épiderme de votre être moral.
Pénétrez au cercle, et jetez sans compter les idées divines en pâture aux ignorants du bien ; matérialisez votre savoir au niveau du bon sens de la loule, et que votre gros rire corrige les mœurs et secoue la torpeur des ignorants ; humiliez votre universalité jusqu'au niveau du sectarisme des faux patriotes, afin que, se détendant subitement, la force divine comprimée évolue les cervaux étroits ; enfin soyez toujours courageux et souvenezvous que l’action sociale du magiste se résume dans ces trois mots :
Guérir.
Semer.
Consoler.
Il faut savoir guérir del'ignorance comme de l’orgueil, de la lotisse science comme de la fausse croyance, et de la maladie morale aulant que de la maladie physique.
Il faut semer et laisser la récolte pour les temps à venir: il (mit semer sans compter ses graines, sans escompter la valeur du terrain, et sans attendre que la pluie du ciel vienne Icconder la terre ingrate.
11 faut enfin que la connaissance des mystères de la mort et de ceux de la naissance fasse du magiste une incarnation passagère de la source de toute bonté quand le destin a ravagé un cœur, une famille ou un peuple.
Alors la voix de celui qui sait doit s’élever, et le calme de l’infini doit être évoqué en même temps que les révélations de l’absolu doivent être rappelées. Rythmique et lente, la prière magique est commencée, et les puissances invisibles de la chaîne viennent enchanter les âmes des vivants et présider à l’évolution des mourants. Telle doit être la triple mission du véritable adepte de la science des Mages.
I.!■: Maoïste et la Religion
Peu de problèmes sont aussi troublants pour le magiste sincère que les problèmes religieux. Devant cette ignorance révoltante d’un clergé fanatisé pour qui la fortune devient le seul représentant de la divinité sur la terre, devant l’incompréhension et la profondeur des mystères livrés en pâture aux quolibets des sceptiques, quelle conduite faut-il tenir?
Le magiste est le vivant gardien d’une synthèse élevée dont les cultes ne sont que les pâles émanations. Mais en notre occident aucun culte ne réalise mieux l’enseignement ésotérique que le cathplicisme, et aucun culte n'est plus livré que celui-là au sectarisme de ses prêtres, contre lesquels le jugement de Jésus vis-à-vis des pharisiens serait aujourd’hui bien faible.
La prière n’est plus comprise ni pratiquée, la messe, cette cérémonie purement magique, est vendue aux
vivants pour les morls cl aux athées pour les naïfs, el. faute de comprendre le (ripie sens des hiéroglyphes hébraïques tracés par Moïse, la superstition et l’orgueil ont envahi les temples où devait se faire l'adaptation du Verbe divin à la nature humaine. Mais la fin du cléricalisme est proche, cl la gnose sera connue, sera révélée sous peu dans toute sa splendeur.
Le sacerdoce doit être exercé gratuitement, pendant des périodes d’entraînement psychique qui ne dépasseront pas un mois lunaire et qui seront alternativement remplies par des hommes instruits, d une foi entière el réfléchie et d’un dévouement absolu. Ce sera là l'occupation sacrée de ceux qui exerceront un métier pendant les onze autres mois de l’année.
Aussi le magistc doit-il rester indépendant au milieu de tous les cultes, également respectables. Chaque continent a généré sa flore, sa faune et sa race humaine. Chaque race, chaque grand peuple a synthétisé ses aspirations psychiques dans un culte. Aussi chaque culte est-il vivant d’une parcelle de l’unique vérité. Le magistc doit savoir prier aussi aisément dans l’église que dans le temple, dans la synagogue que dans la mosquée, car partout le verbe divin se révèle le meme sous un voile différent. Laissons les gardiens du voile se quereller sur les couleurs diverses et communions en unité avec les adeptes du sanctuaire.
Nous avons dit que la messe catholique était une cérémonie magique ; il nous reste pour terminer cette étude à développer notre dire en quelques lignes.
La Messe se divise en trois parties principales ; la Préparation, qui s’étend de l’introït à la consécration du Pain et du Vin : la Consécration : et enfin la Conclusion, qui s’étend de la communion du Prêtre à la fin.
Esotériquement voici le sens de cette division.
Pendant la première partie, le Prêtre, image synthétique du microcosme, après avoir fait l’aveu de ses fautes, s’offre en victime expiatoire au nom de tous les fidèles présents. Il élève ainsi l’àme de ces fidèles en holocauste vers Dieu et il conclut en offrant en signe
visible du sacrifice ce que la Nature produit de plus parlait : le pain et le vin.
C’est là / évolution de l’inférieur humain et naturel vers le Divin, évolution qui pourrait être figurée par un triangle à sommet supérieur, symbole du leu.
C’est alors que le Prêtre consacre magiquement tous ces objets symboliques. Le Grand Mystère est près de s’accomplir.
En effet, une fois la consécration commencée, le courant lluidique change de direction. Ce n’est plus l’inférieur qui monte vers le supérieur, c’est le Verbe divin qui s'élance du plus profond du ciel pour s’unir à la matière offerte en holocauste. Le pain devient la chair symbolique du Fils, et le Vin devient le sang miraculeux involuant du ciel dans la terre. L’incarnation de l’Esprit universel dans la Vierge céleste est encore une lois accomplie.
C’est alors que le Prêtre communie avec la force divine et incarne cette force eu lui-même. L’union do Dieu et de l'Ilomme est accomplie.
Se tournant vers les fidèles, le Prêtre étend les mains, et sa bénédiction vient unir l’assistance au réceptacle symbolique de la Divinité.
L’étoile de Salomon figure parfaitement cette double action évolutive et involutivc dont la Messe n’est qu’une traduction pour les yeux.
Chaque culte possède un ésotérisme analogue, et cependant les prêtres n'ont qu’un point commun dans tous les cultes d’Occident : leur ignorance et leur fanatisme invétérés.
Aussi faut-il laisser à chaque contrée son culte préféré et porter tous ses efforts sur la transformation du clergé en mode d’instruction. C’est encore le meilleur service à lui rendre. En attendant, si vous êtes catholique, allez à l’église, écoutez la messe, etpreiioz des leçons de magie. Quant au reste, méditez les deux premiers versets pythagoriciens :
Rends aux dieux immortels le culte consacré,
Garde ensuite ta Foi.
Le MaGISTE ET LA PaTUIE.
Le destin pèse d’une manière si active sur les Sociétés actuelles, qu’à chaque instant le magiste se trouve saisi dans les crocs impitoyables qui le broieront s’il ignore son devoir. Que ce soit dans la lutte pour subvenir à son existence matérielle par l’exercice du métier, que ce soit dans le contact des milieux et des ambitions de toutes couleurs ou dans les rapports avec l’Etal, partout la puissance aveugle et fatale opprime les volontés.
Celui dont l’initiation est imparfaite, celui qui perd tout courage et toute audace à la moindre attaque de Nahash, celui-là fuit la lutte et paye en lâcheté et en insultes son devoir à la collectivité. Or il n’est pas. à notre époque, de plus dure épreuve à traverser que celle de la caserne pour un intellectuel, et cependant celte image affaiblie de la rigueur des initiations antiques ne doit pas etVraver le magiste digne de ce nom.
Autant l’idée d’universalité et de liberté doit régner dans une société hiérarchiquement et magiquement organisée, autant l’idée de nation et de nécessité règne actuellement dans notre société malade et désorganisée.
Autant donc le devoir du magiste consiste à consacrer toutes ses forces à la transformation de la société vers l'organisation synarchiquc, autant son savoir l’oblige, tant que cette transformation ne sera pas accomplie, à l’obéissance aux lois fatales imposées à sa volonté par la Providence, en compensation de son développement initiatique.
L’armée est l’incarnation vivante du Destin dans notre siècle. Il faut donc s'efforcer de transformer celte collectivité en mode de Providence, en détruisant sa raison d’étre : l’égoïsme et la haine internationaux.
Mais si la collectivité dans laquelle vous êtes né, qui vous a nourri de ses idées, de son esprit, de ses aspirations généreuses et de son génie, vient à subir une de ces crises de lièvre appelées guerre en langage vulgaire : souvenez-vous que votre personnalité doit disparaître
devant la nécessité de défendre la collectivité : famille, province, nation ou race. Devant le Destin vous n’êtes plus rien qu’une cellule comme les autres ; ayez donc la force d’âme de vous sacrifier d’avance et de vous rappeler que les trois premières sciences que vous possédez se résument en ces termes : savoir soull'rir, savoir s’abstenir, et savoir mourir. Si votre orgueil no peut se plier aux brutalités intellectuelles d’un sous-oflicier, vous êtes incapable de comprendre et de supporter une épreuve initiatique d’ordre purement physique, et vous ne méritez que les emplois d’eunuque, de valet ou de bas courtisan dans toutes leurs correspondances analogiques.
Combattez le militarisme pendant les périodes de calme, réformez-en les points défectueux, si vous le pensez : c’est votre devoir, car le militarisme dans son essence est l’ennemi de toute intelleclualité. Mais quand le destin lormule ses lois et que les brutalités internationales se déchaînent, si votre volonté a été incapable d’empêcher ce crime contre l’Humanité qu’on appelle une Guerre , si la Magie n’a pu vous donner le pouvoir d’écarter le triomphe de la Force , alors rejoignez le gros des combattants et augmentez de l’appoint de votre dynamisme la collectivité des forces dites nationales. En ce faisant vous remplissez strictement votre devoir de magiste placé par la Providence dans une telle société et sous de si cruelles lois. Si au contraire vous fuyez, vous diminuez les vôtres de l’appoint de votre force et vous contribuez pour une part, en cas de défaite, à l’anéantissement de votre corps social.
Ces enseignements sont ceux de toute initiation élevée, et si vous en doutez un seul instant, ouvrez un dictionnaire biographique quelconque et lisez la vie de Socrate, le modèle et le maître -du magisme en Grèce. Son démon, traducteur du mystère divin, l’empêcha-t-il de se battre pour sa patrie?
Voilà, je vous l’aflirme, la seule vérité, et la peur de perdre son enveloppe charnelle, l'ùt-ce par la main d’un rustre ou d’un fou, n’a jamais arrêté un véritable initié.
Platon accepta sans révolte, alors qu’il était initié, l’étal d’esclave, dont il ne sortit que par miracle, et quant à Socrate lisez :
« Mais en fuyant les honneurs et les charges, Socrate « accomplissait d’une manière inllexiblc les devoirs du « citoyen et nul ne le surpassait par le courage et la « justice, les deux vertus civiques par excellence.
« Soldat, on le vit souffrir sans se plaindre toutes les « privations : il marchait pieds nus, à peine couvert, « sur la glace ; supportait la faim et la fatigue mieux « qu’Alcibiade lui-même et. les autres soldats; il com- <c battit à Dclium, à Polidéc, h Amphipolis. Il était à la « bataille comme dans les rues d’Athènes : l’allure sure perbe, le regard dédaigneux. Dans deux de ces corner bals, il sauva la vie d’Alcibiade et de Xénophon.
« A Athènes, Socrate ne remplit qu’une seule fois « une fonction publique. Il était prytanc quand on fit le a procès des dix généraux des Arginuscs : il les defen- « dit devant le peuple. Plus tard, sous la domination des « Trente, il refusa, malgré les relations qui l’unissaient a à quelques-uns d’entre eux. de leur amener Leon le « Salaminien, qu’ils voulaient mettre à mort. Socrate « défendit donc la justice contre tous les pouvoirs, « contre le peuple et contre les tyrans.
P\ui. Janet,
Pic/, phil.
A ceux donc qui vous prêcheront fa lâcheté morale ou physique demandez des preuves et des noms, car la magic est traditionnelle, scs enseignements sont anciens comme le monde, immuables comme la vérité, et les exemples qu elle nous fournit sont nombreux et connus. On n'invente pas l’occultisme et on ne le modifie pas au gré de ses caprices, pas plus qu’on ne change le cours des jours, des mois et des années ; on le révèle ou on l’adapte, voilà tout.
Pour le diagnostic des caractères :
Désbarolles . Chiromancie.
Polti et Gary .... La Théorie des Tempéraments.
Pour l'étude du macrocosme :
Stanislas de Gu ait \. Le Serpent de la Genèse.
Jules Lermina . Magie pratique. (Les clémentals.)
G. Vitoux . Les limites de l'Inconnu.
Pour l’étude du microcosme :
Papus . Traité méthodique dr Science occulte.
D' Baraduo . La Force vitale.
CHAPITRE XIV
LE MAOÏSTE ET LE MICROCOSME Le Magnétisme et l’IIypnose
Rayonner. — Partie ésotérique.
Ce sont là les actions exolériques, celles que la foule et les ignorants peuvent connaître. Abordons maintenant les travaux personnels du magiste et la description de ses efforts pour utiliser le rayonnement astral ; ce sont les actions ésotériques qui demandent le silence et le recueillement.
C’est ici qu'il faut résumer les procédés d’action magnétique sur le microcosme et le macrocosme, premier effet du rayonnement de la volonté dynamisée du magiste.
Nous aurons donc à voir :
i° Les actions produites sur l’homme par l’hypnotisme et le magnétisme, et les procédés mis en jeu pour produire ces actions.
2 * Les actions produites sur la nature par l’incantation et la conjuration, et les procédés employés à cet effet.
3 Ü Les actions produites par la combinaison du rayonnement magnétique et de l’incantation, ce qui nous permettra d’indiquer les premiers éléments de médecine occulte.
Hypnotisme et Magnétisme
Nous savons déjà, d’après ce que nous avons dit dans la Théorie, que toute excitation anormale d’un des centres impulsifs produit la rupture des rapports qui unissent l’être impulsif à l’homme de v'olonté.
De là l’existence de certains états psychiques qui se manifestent dans l’être humain et aussi danslesanimaux, états qu’on a classés sous le nom général d’hypnotisme et do magnétisme.
Le magnétisme, qui utilise les lorces fluidiques émanées de l’être humain, est une des branches expérimentales do la magie, ainsi que l’a fort bien vu le baron du Potet ; mais ce n’est pas Ionie la magie, comme une étude trop superficielle a pu le lui taire dire, car on chercherait vainement. danscette« magie dévoilée», une description quelque peu sérieuse des astres et de la détermination pratique de leur influence.
L’hypnotisme forme, ainsique l a fort bien démontré M. do Hochas, une sorte de transition entre l’état de veille et les états magnétiques désignés par l’expérimentateur précité sous le nom « d’états profonds de l’hypnose ».
Laissant donc de côté toutes les discussions théoriques, nous allons voir quels sont les différents moyens pratiques qu’on peut mettre en usage pour déterminer l’hypnose chez un être humain.
Nous classerons ces pratiques de la façon suivante :
1 ” Détermination de l’état de réceptivité hypnotique du sujet.
2 ° Hypnotisation du sujet.
3° Détermination des phases-etdes états profonds de l’hypnose.
4“ Différents procédés de réveil des sujets.
l" Ft\T UF UKCFPT1 YlTlî
Malgré les allirmalions do certaines écoles médicales, on peut dire que tout individu n’est pas susceptible d'être hypnotisé. La proportion obtenue dans le laboratoire bvpnotbérapiquede la Charité est de 4 o o o pour les hommes et de <>« à 70 o o pour les femmes.
Certains procédés rapides permettent d’avoir sur l’heure une première idée des inlluences que pourra exercer rbvpnotisme sur un sujet.
Parmi les nombreux procédés employés à cet elTet nous choisirons les suivants :
1" Attraction en arrière (procédé Moulin).
9. 0 Attraction du petit doigt.
3 ° Suggestion à l'état de veille.
In fl uence du point brillant.
y Influence du miroir rotatif.
(’»" Influence du miroir magique.
Nous allons décrire rapidement chacun de ces procédés.
Attraction en urriorc. — Placez le sujet debout. les deux pieds joints. Posez ensuite vos deux mains à plat sur les omoplates du sujet, vous tenant derrière lui. et retirez doucement les mains au bout de quelques instants. Si vous axez alîairc à une personne très sensible, scs épaules suivront le mouvement de vos mains et elle sera malgré elle attirée en arrière. M. Moutin décrit ce procédé dans son livre sur 0 Le nouvel Hypnotisme ».
Utraction du polit doigt. —Demandez au sujet de vous confier sa main droite après l’avoir dégantée. Placez alors la main la paume en bas et pressez doucement avec votre main gauche les doigts en laissant l’auriculaire libre. Gela (ait, attirez à vous par de petites passes horizontales lentes ce petit doigt et répétez ces passes jusqu’au moment où il suivra le mouvement d’attraction. Vous pouvez alors donner la suggestion verbale au sujet ou au petit doigt de rester éloigné des autres malgré tout
jusqu'au moment où vous voudrez faire cesser le phénomène. Après l’opération il est indispensable de bien dégager le petit doigt, la main et l'avant-bras, au moyen du souille îroid.
Suggestion à l’état de veille. — La suggestion à l'état de veille s’obtient en regardant fixement le sujet dans les yeux et en lui commandant d’une voix forte et d’un air d’autorité de faire telle ou telle chose (fermer les yeux et ne plus pouvoir les ouvrir, ne plus pouvoir ouvrir la bouche, etc., etc.). Les sujets sensibles à ces procédés sont les plus sensitils.
Influence du point brillant et du miroir rotatif. — Si l’on fait fixer au sujet un point brillant, soit fixe, soit en mouvement, et que le sujet ressente au bout de quelques instants des lourdeurs dans les paupières ou éprouve une irrésistible envie de s’endormir, on peut sans crainte aller jusqu'aux phases hypnotiques avec un tel sujet.
Influence du miroir magique. — Les personnes hypnotisables ou non qui, placées devant un miroir magique, voient des couleurs ou des formes sont également susceptibles de faire d’excellents sensitifs.
On laissera donc de côté les sujets rélractaires à ces divers procédés, et l’on se servira au contraire des autres personnes plus sensibles, dans les expériences ultérieures.
:i" Hypnotisation nu sujet.
Le sujet une fois reconnu sensible peut être hypnotisé. Plusieurs moyens peuvent être employés à cet effet parmi lesquels nous décrirons les suivants : i" Suggestion simple.
Point brillant.
3 " Miroir rotatif.
V Regard.
5 " Passes.
Suggestion simple. — On fixe avec douceur le sujet dans les yeux et, sans le brusquer, on lui commande de fermer les yeux; on lui commande ensuite, toujours très doucement.de perdre la sensibilité cutanée, et on lui affirme à ce moment, toujours sans brusquerie, qu’il est endormi, qu’il sent le sommeil le gagner de plus en plus, ce qui se trouve confirmé en quelques instants, avec une nature quelque peu sensible.
Point brillant. — Ce procédé est le plus généralement connu. Il consiste a faire fixer au sujet un point brillant (comme un bouton de nickel, la lame d’un bistouri, une petite glace, etc.), placé au niveau du front et entre les deux yeux. Cette position force le sujet à faire converger, son regard en haut et au milieu : il détermine l’hypnotisation très rapidement.
Miroir rotatif. — L’emploi du miroir rotatif du IV l.uys est, à notre avis, préférable à tous les autres moyens comme sécurité et rapidité. Nous conseillons surtout le miroir à une seule tète et recouvert de cuivre nickelé. Le constructeur est M. Robillard, 25 rue N.-D. de Nazareth. à Paris. On place ce miroir à hauteur des yeux du sujet, à environ o, 5 o centimètres d’éloignement, en s’assurant que le scintillement lumineux passe bien dans les yeux. Le sujet est lui-même placé dans un fauteuil, la tête appuyée. Le sommeil se produit généralement au bout de vingt à trente minutes par ce procédé.
Iteganl. L emploi du regard comme moyen d'hypnotisation est une méthode fatigante mais d’une grande énergie, et permet d’obtenir de bons résultats quand tous les autres moyens ont échoué. Voici comment on opère.
On fait asseoir le sujet en face de soi, le dos tourné h la lumière. On prend ensuite les deux mains du sujet cl l’on saisit à pleines mains les poucesdudil sujet. C’est
alors qu'on regarde fixement, et d’après le rituel indiqué à l'entraînement du regard, la pupille de l’œil droit du sujet. Le sommeil s’obtient encore plus vite si l’on ajoute à ce procédé l’emploi de la suggestion.
Pusses. On débute comme pour le procédé du regard ci-dessus, maisles deux pouces du sujet sontréunis dans la main gauche du magnétiseur, qui, pendant cinq ou six minutes, fait des passes intenses de haut en bas sur la tète du sujet, en descendant jusqu’au niveau del’estomac. On laisse alors aller les mains au sujet le long du corps et l'on continue les passes avec les deux mains. Le sommeil ainsi obtenu est d’un autre ordre que le sommeil déterminé parles procédés hypnotiques. Nous en reparlerons du reste tout à l’heure, à propos des états profonds.
DÉTERMINATION DES PHASES
Dans la première des phases hypnotiques, le sujet a tous les membres flasques ; si on lui tient le bras et qu’on le lâche, le bras retombe sans résistance de la part du sujet, qui est alors endormi profondément et peut être comparé à un être ivre-mort. La respiration, à ce moment, est profonde et régulière. C est la phase de léthargie.
II
Si, dans cet état, vous ouvrez de force les yeux du sujet, ou si vous agissez d'une autre laçon sur lui, la seconde phase prend naissance.
Les membres roidissent et -gardent les attitudes que vous leur donnez, quelles que soient ces attitudes. Le sujet a les yeux fixes (retenez bien ceci) et regarde droit devant lui ou à l’endroit où vous dii-igez ses yeux. II ne vous entend pas, aussi fort que vous parliez. Il est complètement fermé au monde extérieur. Il est en catalepsie.
C’est dans cel état qu’on peut lui mettre la tète sur une chaise et les pieds sur l’autre : le vide existant entre ces deux points. C’est encore dans cet état que se produisent les extases.
III
Si maintenant vous souillez sur les yeux du sujet ou si vous faites des passes, ou si vous lui frottez légèrement le front, l’état change complètement.
Le sujet parle et agit absolument comme une personne éveillée, il vous cause naturellement, mais n’a pas conscience du milieu ambiant et ne se rend pas compte de l’endroit où il est.
Il est alors dans la troisième phase : le somnambulisme lucide.
11 présente dans cet état plusieurs particularités caractéristiques qu’il est de toute importance de bien connaître.
Tout d’aboi d il est suggestible. On peut lui ordonner de voir ou de faire telle ou telle chose, non seulement pendant son sommeil, mais encore une fois qu’il sera bien éveillé, et celte vision persistera, cette action sera exécutée non seulement des jours, mais des mois, et même une année après l’ordre donné.
Au moment où le sujet accomplit sa suggestion, il devient inconsciente t obéit à son impulsion sans discuter, et, fait très important à noter, il perd subitement la sensibilité pour la retrouver après l’accomplissement de la suggestion. Le sujet verra donc tout ce qu’on lui commandera de voir et exécutera ce qu’on lui commandera d’exécuter, sauf des exceptions 1 que nous ne pouvons étudier ici.
A l’état somnambulique, un autre fait prend nais- - sauce, c’est la possibilité du changement de personnalité.
' Je suis convaincu que le libre arbitre du sujet persiste toujours et peut entrer en action à un moment donne pour combattre une suggestion criminelle.
Vous dites au sujet : tu n'es plus loi, tu es député et tu lais un discours à la Chambre. Vous voyez alors le sujet entrer subitement dans la peau du personnage que vous venez de lui imposer et prendre toutes les allures du rôle que vous lui laites jouer. Vous pourrez ainsi changer à votre gré plusieurs lois de personnalité.
C’est encore dans cet état que se produit la vision à distance de certains sujets magnétisés.
Donc, pour résumer tout ce que nous avons dit, voici les caractéristiques des trois états :
1” Léthargie. — Sommeil profond.
2" Catalepsie. — Veux fixes. Membres roides.
3 ° Somnambulisme. — Suggestibilité. Changement de personnalité. Vision à distance.
Nous avons décrit là les phases principales. 11 existe sans doute un grand nombre d’états intermédiaires et de combinaisons de ces phases entre elles, mais il est inutile d’embrouiller la question.
Notons pour terminer que. d’après les hypnotiseurs, ces phases se succèdent toujours dans l’ordre suivant :
1 lléveil. 2 Léthargie. 3 Catalepsie. 4 Somnambulisme. 5 Réveil. G Léthargie. 7 Catalepsie. 8 Somnambulisme. g Réveil, etc., etc.
Si bien qu’on peut les figurer par un cercle.
Ces phases, purement hypnotiques, n’avaient pas été bien rattachées aux anciennes recherches des magnétiseurs avant les récents travaux de M. le lieutenant-colonel de Rochas, administrateur de l’Ecole polytechnique. Ce chercheur, auteur de découvertes expérimentales des plus curieuses dans ce domaine, comme celle toute récente de l'extériorisation de la sensibilité et de ses conséquences au point de vue de l’envoûtement, a résumé ses premiers travaux sur les Etats profonds en un article de
l’Initiation , que malgré notre désir d’éviter les citations, nous sommes obligés de reproduire in extenso , renvoyant pour les détails complémentaires à l’ouvrage de l'auteur 1 .
LES ETATS PROFONDS DE l/IIYPNOSE
Les trois étals de l’hypnose décrits par M. Charcot sont devenus classiques, malgré l'école de Nancy, qui, ou bien n'a point opéré sur des sujets assez sensibles, ou bien n’a point pris toutes les précautions nécessaires pour constater des phénomènes quelle n’avait point découverts la première.
Ces états sont : la léthargie, la catalepsie et le somnambulisme. Je ne reviendrai point sur leurs caractères spécifiques cl je me bornerai à faire remarquer que les médecins de la Salpétrière semblent ne pas être allés plus loin que l’état somnambulique puisqu’ils n’ont jamais signalé d’autres phases que certains étals secondaires reliant les étapes principales que nous venons de nommer.
Cela provient sans doute de ce que ces expérimentateurs, redoutant un rapprochement entre leurs recherches et les pratiques des magnétiseurs, se sont bornés à produire l’hypnose, soit avec des agents très faibles, comme un bruit subit, la pression des globes oculaires ou du vertex, soit par des procédés dont l’effet s’arrête dès qu’un premier résultat s’est produit : telle est, par exemple, la fixation du regard, qui cesse d’agir aussitôt que les sujets ont les yeux fermés.
Suivant que ces sujets sont plus ou moins sensibles, on semble arriver d’emblée à une phase ou à une autre de ce que Ton appelle l’état hypnotique, et cela en quelques secondes.
Les magnétiseurs agissent d une tout autre façon. A l’aide de passes , ils prolongent leur action sur le sujet pendant un quart d’heure, une demi-heure et quelquefois plus; ils ne se préoccupent nullement de ce qui peut se produire au début, et ils ne s’arrêtent que lorsqu'ils ont reconnu, à l’aide de certains signes extérieurs, que le sujet a atteint le degré de lucidité qu’ils cherchent à obtenir’.
' A. de Rochas. — Les Etals profonds de l'Hpypnose. — Paris, in-8°, Chamuel, 1891.
3 En outre ils avaient, pour Tonner leurs sujets, une patience inconnue aux hypnotiseurs habitués à produire d’emblée les phénomènes de suggestion, de
Les uns et les autres s’imaginent n’avoir rien de commun. C’est une erreur. J’ai prié un magnétiseur d'agir sur son sujet suivant sa méthode ordinaire, à l aide de laquelle il mettait une vingtaine de minutes pour obtenir la vue avec les yeux fermés, et je l’ai arrêté à diverses reprises pour essayer de déterminer les caractères du sommeil au moment de la pause.
Je suis parvenu à constater ainsi que le sujet passait par tous les états que j’ai décrits dans mon livre sur les Forces non définies , à savoir :
i° Etat de crédulité;
a 0 Léthargie';
3° Catalepsie;
4° Léthargie ;
catalepsie, olc.; ils n'appciaicnt somnambules que ceux qui étaient déjà parvenus à l’état que j’ai appelé état de rapport et dont on trouvera plus loin les caractères.
» 11 est rare, dit Charpignon (Phys, du magn.), qu’à la première séance on obtienne le somnambulisme, encore moins la lucidité, car il peut y avoir somnambulisme sans que pour cela il y ait clairvoyance.
« La magnétisation répétée plusieurs jours de suite, à la même heure s’il est possible, est nécessaire, parce qu’il est une loi du système nerveux qui le porte à répéter périodiquement les sensations qui l’ont affecté et qu’alors l’organisme a déjà fait seul une partie de l’action exercée la veille par la magnétisation. Cette remarque a soulevé l’objection de l’imagination; mais il suffit, pour l’éloigner, de rappeler que les phénomènes nerveux provoqués par la magnétisation se produisent sur des gens dormant du sommeil ordinaire, sur des enfants à la mamelle, sur des personnes non prévenues, et dans des circonstances tout à fait différentes de celles où on les magnétise.
» La répétition des magnétisations est quelquefois très longue avant d’amener le somnambulisme ; elle peut durer des semaines, des mois, et à lu fin couronner de succès la patience du magnétiseur. D’autres fois où l’on espère beaucoup d’un être cataleptique et d’isolement complet, on attend en vain pendant des mois entiers sans obtenir plus au dernier jour qu’au premier. Pour nous, quand la cinquième magnétisation ne nous a rien donné d’apparent du côté du système nerveux, nous cessons d’espérer aucun phénomène; quand, à la trentième, un sommeil magnétique avec isolement n'est pas devenu somnambulisme, nous ne l'attendons plus. Une fois pourtant nous avons eu une somnambule très lucide à la cinquième séance. »
' J’accepte le terme consacré de léthargie pour designer un état dans lequel le sujet présente une apparence de prostration beaucoup plus accentuée que dans les états voisins. Cet état ou ces états,(ear il y en a toute une série) sont assez difficiles à définir : il est certain que l’ouïe n’est pas abolie : la parole ne l’est pas toujours ; la vue n’existe pas plus que dans beaucoup d’autres phases de l’hypnose. Quand il est en léthargie, le sujet parait insensible, ses membres retombent inertes, sa tctc s’incline sur les épaules ; quand il en sort, il redresse au contraire la tète et respire fortement deux ou trois fois. Les figures i et 6 représentent Benoist dans la léthargie qui précède i’état de rapport et dans celle qui la suit ; la figure a le montre au moment où il entre dans l’état de rapport.
RAVONNKR
Mfi9
.V Somnambulisme :
G 0 Léthargie ;
7 j Etat de rapport :
S 1 Léthargie ;
Après celle dernière phase, la magnétisation a duré encore une di/aine de minutes, mais il me fut impossible de constater de nouveaux changements d’états, parce que j'ignorais alors les phénomènes qu'il fallait provoquer pour les caractériser.
J'ai repris, depuis, celte étude, et je suis arrive à des résultats assez concordants pour qu'on puisse, au moins provisoirement, formuler une loi.
Je vais d’abord décrire ce qui se passe avec celui des sujets sur lequel j’ai expérimenté le plus souvent et qui peut être considéré comme un type parla régularité absolue des manifestations.
J'indiquerai ensuite les variantes rencontrées chez les autres sensitifs.
Benoist à dix-neuf ans ; c’est un garçon fort intelligent, bien portant et très sensible à la polarité 1 . Depuis trois ans il se prête à mes recherches, et je connais assez son organisme pour éviter la plupart des causes d’erreur.
L’agent employé pour doser l’hypnose, dans le cas qui nous occupe, a été l'application de la main sur le sommet de la tète, de manière à agir à la fois par polarité sur les deux hémisphères cérébraux.
En imposant la main droite sur le front, je détermine en premier lieu l’état de crédulité, puis l’état léthargique caractérisé par la contractibilité musculaire, l’état cataleptique avec scs deux phases de rigidité et d'imitation automatique, un deuxième état léthargique sans contractibilité musculaire, et enfin le somnambulisme.
Après cela, nous entrons dans la période non encore étudiée par les écoles modernes avec un troisième état de léthargie. Celle léthargie (fig. i) parait n’ètre autre chose que le sommeil ordinaire * ; car si je surprends le sujet dans ce sommeil et que je diminue l’hypnose par l’application de la main gauche sur la tète, je ramène
' Il y a (les sujets facilement hypnotisables qui ne'Sont point sensibles à la polarité. J’appelle sensible à la polarité une personne sur laquelle je produis des effets déterminés par l’application de certains agents, notamment des agents électriques, suivant des lois exposées par MM. Dècle et Chazarain, ainsi que dans mon livre sur les Forces non définies).
Comme dans le sommeil ordinaire, on trouve le reve avec manifestation parlée. — Je n’ai du reste pu constater l’identification de celte phase léthargique avec le sommeil ordinaire que sur un seul sujet, Benoist.
A D A PTÀTION
l’état somnambulique : si au contraire j’emploie la main droite, je détermine 1 état de rapport. Dans cette phase léthargique, la contractibilité nôuro musculaire existe à peu près au même degré que dans l'état normal.
ETAT DE RAPPORT
Le sujet n’est en rapport qu'avec le magnétiseur, quel qu'il soil : cet état, comme la catalepsie, présente deux phases.
Si l’on a poussé jusqu’à cct étal le sujet en le chargeant d’électricité au moyen soit d'une machine statique, soil d’une pile, soil d’un aimant, il ne perçoit plus que la personne en contact avec l’agent qui a produit l’hypnose.
Pour des sujets très sensibles à la polarité, on peut arriver à pousser jusqu’à l’ctat do rapport une partie positive de leur corps (par exemple) par un simple contact prolongé de cette partie avec un objet d’or ou avec un brillant. Alors la partie hypnotisée ne perçoit plus que l’objet qui a agi sur elle ou un objet de meme nature ; elle ne sentira pas la piqûre faite avec une épingle de cuivre ou le frottement exercé avec un morceau de cristal. On aura ainsi constitué, pour quelques instants, une véritable pierre de touche organique
Cette faculté de porter isolément à l’état de rapport telle ou telle partie du corps du sujet peut produire le phénomène singulier du rapport multiple.
Voici Benoist qui a été mis en état de rapport par M. A .. au moyen du procédé ordinaire (la main droite sur la tète) ; il n’entend plus que lui. — Alors M. B... lui applique, par exemple, la main dans le dos ; au bout de quelques instants le sujet éprouve de la lourdeur, du malaise à la partie touchée, commence par entendre, puis entend tout à fait M. B..., mais seulement quand celui-ci lo touche ou lui parle dans le dos. 11 continue à entendre M. A... sauf quand M. A... lui parle dans le dos, qui est en rapport avec M B .. — Si M. C... lui applique alors la main sur le coté, il se produit une troisième suite en étal de rapport partielle, analogue à la précédente, etc.
Quand le sujet est réveillé par l’opérateur A..., il ressent de la gène dans les parties touchées par B... et C... qui ne vibrent plus comme lo reste du corps ; quelques frictions font tout disparaître.
Le phénomène que nous venons de décrire est analogue à celui de la personnalité multiple , qu’on peut donner dans les premiers étals de l’hypnose, alors que le sujet est très suggestible.
On a étudié déjà le phénomène de la double personnalité l'une à droite, l'autre à gauche. David, un des sujets connus de la Charité, m’en a fourni un exemple piquant ; j’avais donné à sa partie droite la personnalité de M l,e X..., un autre sujet, à sa partie gauche celle de M. Y..., son protecteur. David, qui les connaissait personnellement tous les deux, nous fit assister à une querelle de ménage du plus haut comique où les injures et les coups pleuvajent d’un côté et de l’autre. Avec Benoist j'ai pu obtenir trois personnalités, une A... à droite, l’autre B. . à gauche, et la troisième C. . . au milieu du corps ; le dialogue a pu s’engager entre les trois individus, qui s.’étaient ainsi constitués avec leur caractère propre ; chaque partie répond à l'appel de son nom, M. C . • parle du milieu des lèvres, M. A... du côté droit de la bouche, M. B... du côté gauche ; quand A... veut toucher C..., il touche le milieu du corps, etc.
L’expérience est fatigante, mais elle a de l’importance en ce qu’elle détruit l'explication de la double personnalité par une suggestion s'appliquant l’une au lobe dioil, l’autre au lobe gauche du cerveau.
Dans la première, le sujet perçoil encore les sensations provenant d'autres agents que le magnétiseur, mais ces sensations, de quelque nature qu’elles soient, lui paraissent également désagréables, notamment celles qui proviennent du contact des animaux. Interroge sur la nature de la soutirante qu’il exprime, quand il touche un chien par exemple, Benoist répond que ce qu’il touche n’est pas organisé comme lui, et (pic cela lui cause un bouleversement par tout le corps.
Dans la seconde phase, le sujet ne perçoil plus (pic le magnétiseur. Si celui-ci joue du piano, Benoist l’entend; mais Benoist n’entend plus le son de l'instrument si c’est une autre personne qui en louche; pour qu’il l’entende dans ce cas, il suffit que le magnétiseur place scs doigts contre l’oreille du sujet, de telle manière (pic le son passe par les doigts avant d’arriver à l’oreille.
D’une façon générale, le sujet ne perçoit aucun objet, à moins qu'il ne soit en contact avec le magnétiseur'; le regard de ce dernier peut être suffisant pour établir le contact, et «c'est probablement ce qui explique, dans la plupart des cas, comment les anciens magnétiseurs trouvaient que U nis sujets étaient naturellement en rapport avec certaines personnes cl non avec d’autres.
Toute excitation cutanée (piqûre, pincement, etc.), produite par le magnétiseur ou par un objet en contact avec lui, est agréable au magnétisé, à moins qu'elle ne provoque une douleur trop violente ; celte même excitation, produite par une personne non en rapport, n'est pas perçue, à moins aussi qu'elle ne soit trop forte 3 .
Un caractère commun aux deux phases de l’état de rapport est i:ii sentiment de béatitude (lig. a) extrêmement caractérisé, manifesté par la plupart des sujets, qui résistent presque toujours si ou veut les réveiller ou les endormir davantage.
Dans l’état de rapport, les phénomènes psychiques provoqués par des pressions sur différents points du crâne, et que je décrirai plus loiu, se produisent avec une très grande intensité. La figure 3 montre l'extase avec vision religieuse obtenue par la pression sur le milieu de front. Dans la figure '». Benoist est représenté au moment où il éprouve un accès de contrition sous 1 inlluencc des pa-
Lc sujet voit généralement la personne «lu magnétiseur comme suspendue dans le vide où sur un fond grisâtre.
a Quand le sujet, sensible â la polarité, peut se pousser lui-méme jusqu’à l'étal de rapport par l’imposition sur la tète de sa main droite, il manifeste do l'inquiétude, du malaise, dans la première phase, sous l’iulluencc des regards des spectateur»qu'il perçoit encore un peu. bi on se met en rapport a\cc lui, en le touchant, il manifeste /jour Ini-méhte celle affection exclusive qu'a limjours le sujet pour celui qui l'a magnétisé.
rôles qu'il croit entendre ; ses yeux sont remplis de larmes, cl si on lui demande ce qu’il éprouve, il répond que la sainte Vierge lui fail des reproches. Enfin, dans la figure 5, la vision a complètement changé de nature sous la simple influence de la pression du point n° iS. correspondant aux idées érotiques. Les yeux s’ouvrent généralement par suite du renversement de la tête en arrière ; le sujet objective ses visions à l’extérieur, car il écarte vivement la main du magnétiseur quand celui-ci la lui place devant la figure, comme un écran, entre les yeux et l'apparition.
Quand le sujet n’a pas naturellement les yeux ouverts dans cet état, il suffit de lui ordonner de les ouvrir pour qu’il les ouvre. Il voit alors plus ou moins directement le fluide qui s’échappe des yeux, des doigts, des narines, des oreilles du magnétiseur ou des personnes avec lesquelles on le met en rapport. Ce fluide se présente, d’ordinaire, sous la forme d’eflluves bleus du côté gauche et rouge du coté droit; il parait également, pour le sujet, sortir des aimants, des cristaux, etc. Je ne fais qu’indiquer ici un sujet d'études sur lequel j’ai porté mon attention depuis plusieurs années cl que je traiterai dans un ouvrage spécial.
Benoist qui, dans les états de l’hypnose, est sensible, dans des conditions mal déterminées encore, à l’action des médicaments qu’on se borne à approcher de lui, possède cette faculté d'une façon beaucoup plus constante dans 1 état de rapport pourvu que ce soit la personne qui l’a endormi qui tienne la substance. L’ipéca lui a donné l’envie de vomir ; l’essence de laurier cerise contenue dans un flacon bouché à l’émeri près de sa nuque a provoqué l'extase. Dans les mêmes conditions, l'essence de valériane lui a causé d’abord de l’inquiétude; il se sentait transformé, avec envie défaire quelque chose dont il ne se rappelait pas le nom, puis faisait miue de griffer en soufflant comme un chat.
Quand on pousse 1 hypnose plus loin que l’état de rapport, on amène une nouvelle léthargie (fig. 6), où la contractibilité neuromusculaire est suspendue et où le pouls est sensiblement ralenti ; puis vient l’état de sympathie au contact.
ÉTAT DE SYMPATHIE AU CONTACT
Le sujet continue à n’être en rapport qu’avec le magnétiseur et les personnes que touche celui-ci ; mais ce'qui différencie cet état du précédent, c’est qu'il suffit que le magnétiseur éprouve une douleur pour que le sujet en contact avec lui la perçoive.
Si moi, magnétiseur, je tiens la main de Benoist et qu'une tierce personne me pique, me pince ou me tire les cheveux, Benoist perçoit les memes sensations que moi cl aux mêmes points. Si j’endure une souffrance ou même une simple gêne par suite d’une maladie, Benoist la perçoit également; ce phénomène cesse dès que le contact n'a plus lieu.
Si je me contente de mettre la main de Benoist en contact avec celle d’un autre individu et que j’établisse le rapport en laissant ma propre main en contact avec les deux autres, Benoist ne perçoit point les piqûres ou pincements qu’on fait éprouver à ce tiers, et qui sont trop légères pour modifier 1 état de son organisme, mais il ressent les symptômes des maladies et des infirmités. C’est ainsi qu’il a éprouve la migraine au contact d’une dame qui avait la migraine, qu’il est devenu dur d’oreille au contact d’un officier affligé de celle infirmité, qu'il n’a plus pu parler quand on l’a mis en rapport avec un enfant paralysé de la langue et qu’on avait amené pendant son sommeil, qu’il a éprouvé une cuisson au col de la vessie en touchant un monsieur souffrant d’une eyslitc chronique.
J’ai essayé plusieurs fois de lui faire ressentir la maladie d’une personne absente, en lui faisant toucher un objet ayant appartenu à cette personne ; je n’ai jamais réussi. U a palpé l’objet avec attention, mais constamment il m’a répondu qu’il n’éprouvait rien de particulier.
Il ne voit plus les elïluves qu’il apercevait dans l’état de rapport.
Après l'état de sympathie au contact vient encore une période de léthargie dont le sujet sort en état de lucidité.
ETAT DE LUCIDITE
Le sujet, qui continue à percevoir les sensations des personnes avec lesquelles on le met en rapport, ne voit pas davantage que dans l’état précédent les effluves extérieurs, mais il a acquis une propriété nouvelle. Il voit les organes intérieurs et ceux des personnes avec lesquelles il est en rapport.
Il les décrit avec les termes qui lui sont familiers à l’état de veille, surtout quand ces organes sont malades. Interrogé pourquoi il voit mieux ceux-là que les autres, il répond que c'est parce que la souffrance ou la perturbation qu’il éprouve par sympathie concentre sur eux son attention. Il faut que les organes soient assez enfoncés dans le corps pour qu’il les perçoive ; ainsi il ne voit le tube digestif que jusqu’au cou et il ne voit pas l’intérieur de la bouche. Il voit
vibrer les cellules cérébrales sous l'influence de la pensée, et il les compare à des étoiles qui se dilatent et se contractent successivement.
Quand on lui fait toucher une personne et qu’on la prie de l’examiner, il compare ce qu’il voit chez celte personne avec ce qu'il voit dans son propre corps. Par exemple, pour l’officier souffrant d’une oreille, il a dit : » 11 y a dans l’oreille une petite peau en travers comme chez moi, mais derrière je vois un bouton que je n’ai pas et ce bouton suppure. » Pour la cystite, il a vu, tout autour du col de la vessie, un gonflement un peu moins gros que le petit doigt et plein de sang, comme les veines gonflées qui faisaient saillie sur la main de l’opérateur, etc.
Si on lui demande ce qu’il y a à faire pour amener la guérison, ou bien il répond qu’il ne sait pas, ou bien il indique des remèdes provenant évidemment de ses souvenirs de l’état de veille : ainsi, dans une seconde expérience relative à la cystite, le malade avait volontairement attribué devant lui, avant qu’il fût endormi, cette infirmité à une certaine cause; Benoist a répété l’assertion, qui était fausse, et a recommandé des boissons rafraîchissantes.
Dans cet état, le sujet acquiert encore une autre faculté, c’est de reconnaître la trace laissée par un contact, même remontant à plusieurs jours. Youlaut, un jour, m’assurer si je pouvais le faire voyager dans Y espace et dans le temps comme certains somnambules, je le menai devant une armoire où je ne retrouvais pas certain objet et je lui demandai s’il pouvait voir où était cet objet et désigner celui qui l’avait enlevé. 11 me répondit « non » ; mais, en palpant, il ajouta : « Je sens ici le contact d une autre personne que vous. » Je le conduisis alors vers plusieurs autres meubles qu’il palpa également, tantôt ne ressentant rien, tantôt retrouvant son impression de l’armoire ; enfin je lui présentai divers vêtements appartenant à des gens de ma maison, et il reconnut le contact dans la paire de gants d'un domestique. Je n'ai pu vérifier la réalité du fait; mais j'ai obtenu plusieurs fois la contre-épreuve en faisant toucher plusieurs objets par une personne, puis la personne par le sujet. Le sujet retrouve toujours l’objet touché.
ETAT DE SYMPATHIE A, DISTANCE
Après de nombreuses séances, je suis parvenu à faire franchir à Benoist la léthargie qui suit l’état de lucidité. Pour obtenir ce résultat, il in’a fallu agir non seulement sur la tête, mais encore sur l'estomac; faute de cette précaution, la respiration s’arrête, parce
que, semblc-t il, le sujet n'est plus homogène et que sa poitrine ne vibre plus comme la tête. J’ai clé ainsi conduit à adopter les procédés des anciens magnétiseurs, qui opèrent soit par des passes descendantes sur la tète et le tronc, soit parla pression des pouces.
Dans ce nouvel état, Benoist continue àn’être en rapport qu’avec moi et à ne pas voir le fluide extérieur, mais il voit encore les organes intérieurs et sa sensibilité est tellement accrue que je n’ai plus besoin de le toucher pour qu’il perçoive mes propres sensatios, si elles sont un peu vives; il localise du reste ces sensations, comme cela est arrivé dans l’expérience du Havre, dont il sera question au $ 3.
Cependant j'ai vainement essayé d’obtenir la suggestion mentale: impossible de faire exécuter même le mouvement le plus simple par la concentration de la pensée, aussi bien dans cet état que dans les autres.
Je n’ai pas pu également lui faire dépasser cet état.
Quand le sujet est pour ainsi dire saturé , il ne peut plus rien recevoir et semble se dédoser par rayonnement en revenant peu à peu à l’étal de veille.
Avec l’imposition de la main gauche sur le front et quelques passes transversales pour réveiller complètement, je ramène graduellement et eu sens inverse toutes les phases dont je viens de décrire les phénomènes les plus caractéristiques.
Mais ces phénomènes ne sont pas les seuls.
A mesure qu’on avance dans l’hypnose, les souvenirs de l’état de veille, surtout ceux qui ont trait aux individualités/ s’affaiblissent peu à peu. Le sujet ne conserve avec netteté que ceux des phénomènes qui sc sont produits dans des états semblables à celui où il se trouve au moment où on l’interroge. Quand il est arrivé à la lucidité, il n’y a plus que deux personnes au monde : le magnétiseur et lui ; encore ne sait-il plus ni leurs noms, ni aucun détail sur eux.
L’aptitude à la suggestion commence à l’état de crédulité ; elle parait atteindre son maximum au moment de la phase de la catalepsie automatique, puis décroît légèrement pendant le somnambulisme, pour disparaître presque complètement dans les débuts de l’état de rapport'.
A partir de ce moment, si l'influence du magnétiseur sur le magnétisé ne s'exerce plus par suggestion, elle n’en est pas moins très considérable parce que toute l’affection du magnétise est concentrée sur le magnétiseur, auquel il cherche à être agréable par tous les moyens possibles pourvu qu’ils ne choquent pas trop ni ses instincts ni ses résolutions prises au moment do s'endormir
Le dialogue de la page suivante fera mieux comprendre ces modifications de la mémoire qui laissent intacte la faculté de raisonnement'.
J’ai expérimenté sur plusieurs autres sujets, mais malheureuscm nl il ne m’a pas toujours été possible de le faire avec toute la précision désirable. Il faut en effet essayer à plusieurs reprises son instrument, afin d'en connaître le degré de sensibilité, avant de pouvoir en jouer avec précision, et le temps a manqué aussi bien aux uns qu'aux autres. Voici cependant quelques observations plus ou moins sommaires :
Joseph, g arçon coill'cur, 18 ans, extrêmement sensible à la polarité, passe régulièrement par tous les états décrits plus haut’ et va au delà. J’ai déterminé, à plusieurs reprises, trois ou quatre séries de léthargies et de réveil apparent après l’état de sympathie à distance : mais, ignorant les phénomènes qui les caractérisent, je n’ai point su les mettre en évidence; je me suis borné à chercher la suggestion mentale et je l’ai obtenue une fois à l’un de ces états extrêmes. J'ai pense : a Levez le bras droit », il a arrondi les bras, mais m’a manqué et a embrassé le vite ; — « dressezvous », il s’est dressé progressivement, comme un automate.
Tout cela s’opérait avec un retard d’une ou deux minutes, et le sujet, interrogé sur la matière doul il percevait l’ordre mental, a répondu qu’il n’eu avait pas conscicuce, mais qu’il sentait ses muscles se raidir peu à peu pour accomplir certains mouvements.
Joseph perçoit aussi les maladies des personnes avec lesquelles on le met eu rapport ; il s'imagine à tel point les sentir luimême, qu’il se lamente sur son triste état, lui, si jeune!... 11 indique volontiers les remèdes les plus extraordinaires et les raisonne en amalgamant les fragments de consultation dont il a pu être témoin, l’ourla cystite dont il a été question, il a fait des inductions d’après la position de l'organe malade et a prescrit du
Un jour, un médecin lui a apporté le bonnet d'une personne malade que je ne connaissais nullement, et il a, parait-il. exactement décrit les symptômes de la maladie de cette femme ; il est bon d’a-
Il y a là une élude extrêmement intéressante à faire pour expliquer comment le sujet peut conserver, outre la faculté du raisonnement, une mémoire des mots assez nette pour comprendre les questions et y répondre sans hésitation, tandis qu'il a perdu complètement la mémoire des personnes, des localités, des chiffres, etc.
Dans l’état de rapport, les phénomènes d'extase religieuse et sensuelle se produisent par la pression des points correspondants ; la tète se renverse en arrière mais les yeux ne s’ouvrent pas et le sujet raconte ses visions.
RÉPONSES
QUESTIONS
;tat im sympathie é
r.\T UE I.UClUIT.i
Vous sentez-, i vous bien ?
('.uniment vous (Avec (juelcjuc (Avec beau- Je ne sais pas, |
i appelez-vous? .hésitation ) lie-coup d’hésita-ça m’est bien noist. lion) Benoist, égal.
Quel est le. (Avec beau-. Je ne sais plus. Je ne sais pas.
; nom de bap-.coup d’héaita- ■ tème de vôtres lion) 'l'béopliile
1 Quel est mon' Le conunan- Le comman- Je ne sais pas.
I nom? danl de Hochas, dant... je ne sais! i
Un peu lourd.. Assez bien.
Je ne sais pas.
r Le comman- Le comman-' Je ne sais pas. j
danl de Hochas, dant... je ne sais,
plus le reste. j I
' Trois (j’en ai Je ne sais pas Connais pas. j
quatre;. si vous en avez.
' Il cherche et Connais pas Connais pas. I
donne des noms ayant à peu près la même consonance que ceux de mes enfants qu’il connailparlailemeut.
' A Blois (il ha- (11 cherche). Je Je n’en sais
’■ bilait Bloisavanl ne me souviens rien, de venir à Grcplus, noble où il est.
Combien ai-je d'enfants ?
Comment se nomment-ils ?
Dans quelle ville êtes-vous ?
Connais pas. Connais pas.
Quelle est votre profession - ' (
Comptez : un,
| deux, etc.
Combien font deux et trois ?
Comment sci fait-il que vous' ne vous rappeliez pas ?
Vous sentez! une démangeaison sur le nez' (j’insiste avec force et à plu-! sieurs reprises).
[ Endormezvous davantage.
Au réveil vous ferez telle chose.
actuellement)
Comptable.
Un,deux,trois, quatre ... six...
(Avec beaucoup d’hésitation) Cinq.
Mais non. — 1 Ah ! oui,un pcu.j
Je ne veux pas. Laissez -moi tranquille ; j e suis bien comme cela.
(La suggestion; ne s’exécute qu'en partie), j
Je n’en ai pas. Je ne sais pas.
Un,dcux, qua-i Un, deux... je tre... je ne me né sais plus, rappelle plus.
Deux et trois ..[ .. .. Je ne sais
sept pas.
» i II y a certaines
choses que je ne puis me rappc- I 1er, surtout ce qui a trait aux personnes et aux lieux.
Je ne sens rien, .lenc sens rien , (je inc gratte le ! nez), mais c’est ; vous qui sentez ; une démangeaij , son au nez, ce n’est pas moi.
Je ne veux pas;, Ce que vous i ce que vous me! me dites est inudites ne sert utile, vous ne rien. m’endormirez
pas du tout, je sens du reste que cela me latiguerait.
(La suggestion (La suggestion ne s’exécute pas), ne s’exécute pas).
jouter que la personne en question souffrait de la tête et que le bonnet avait pu lancer son imagination sur celte partie du corps. L’expcricnce n’a point été renouvelée.
R.. ,25 ans, forgeron, ancien chasseur à pied, a passé nettement par tous les états jusqu’à la sympathie, et n’a pas été poussé au delà. On n’a opéré que deux fois sur lui, et l'expérience, faite séparément par deux personnes différentes, a donné les mêmes résultats ; à l’état de sympathie, il ressent les piqûres faites sur le magnétiseur, mais il ne perçoit pas les maladies.
Clotilde, 20 ans, gantière. — M mc veuve D.... a5 ans. Observations identiques jusqu’à l’état de sympathie. Chez ces deux dames le réveil se fait très rapidement, et il est très difficile de suivre les phases du retour, tandis que celles de l'aller ne se franchissent qu’avec une certaine lenteur et sans les profondes inhalations qui marquent nettement chez Benoist les changements d'état.
Louise et Maria, irj tins, lingères. Mêmes observations, avec cette différence que la sensibilité est si grande qu’il a fallu beaucoup d’attention et de légèreté de mains pour - reconnaître les phases, aursi bien de l'aller et du retour.
M mB X..., trente-cinq ans, mère de famille, excellente santé, habituée aux courses à pied et à cheval, d’un esprit supérieur, s’était prêtée sans succès une seule fois à un essai de son médecin qui parlait d'hypnotisme; elle s‘est endormie avec la plus grande facilité dès que je l’ai eu touchée.
A l’état de somnambulisme, elle a les yeux ouverts et sans fixité; il faut recourir à l’exploration de la sensibilité et à la constatation de la suggestibilité, pour reconnaître qu’elle n’est point complètement éveillée.
Elle peut être poussée très loin et, dans tous les états autres que les états léthargiques, elle a les yeux ouverts, mais ne voit que l’opérateur ou les objets avec lesquels celui-ci la met en rapport. Les caractères spécifiques des états n’ont été déterminés avec précision que jusqu’à l’état de sympathie à distance. Dans cet état comme dans les suivants, quand je pense fortement, elle sent une congestion à la tête, mais ne devine pas ce que je pense. J'ai obtenu cependant une fois, une seule, à la distance de plusieurs kilomètres, sur cette dame éveillée, une communication de pensée très caractéristique.
Bien que, comme tous les autres sujets, elle ne connaisse plus depuis l’état de rapport que le magnétiseur, pour lequel elle témoigne la plus vive affection, ayant oublié complètement mari et enfant, elle conserve sa volonté, et il lui est impossible de lui faire exécuter une action déterminée qu’elle avait pris, à l’état de veille
et sur ma prière, la ferme résolution de ne pas accomplir. Je suis parvenu cependant à tromper sa résistance par un subterfuge, parce que la vivacité de l’esprit s’étaîl ralentie.
M me K ... jeune femme de 2 O ans, intelligente, instruite, qui n a jamais été magnétisée que par moi (à l’exception de deux ou trois essais auxquels elle s’est prêtée pendant quelques instants) est d’une sensibilité extrême pour tous les phénomènes qui caractérisent ces premiers étals, sauf pour les suggestions de l’ouïe, qui prennent difficilement. Il 111 'a fallu plusieurs séances pour 1 amener a létal de rapport, où elle continue à entendre tout le inonde', mais où elle ne voit plus (pie moi pour qui elle éprouve alors l'affection exclusive habituelle.
11 m’a fallu ei.corc plusieurs séances pour l’amener à la sympathie au contact, où elle éprouve mes sensations sans les localiser ; en revanche elle éprouva, même à une certaine distance, mes émotions, souriant quand je souris derrière elle, s’attristant quand je m’attriste.
Je n’ai pu, au bout d'une dizaine de séances, dépasser cet étal, et j’attribue celte diflicullé d une part à son extrême vivacité d'esprit, de l'autre aux distractions extérieures provenant de ce que son ouïe ne s’endort pas.
M me K ...comme X..., n'ayant été magnétisées que par moi cl l’ayant été régulièrement, s’endorment simplement par la pression des pouces, et se réveillent au commandement, en passant très rapidement par les phases aussi bien à l’aller qu’au retour'-.
La condition d'isolement 11 ’est pas rigoureusement indispensable, car nous a\ons rencontré de très bons somnambules qui entendaient tout et dont l'ouïo était meme devenue d'une finesse extraordinaire. Ceito anomalie est épineuse et doit mettre le magnétiseur sur scs gardes ; on doit toujours chercher à la détruire, et avec de la patience on y parvient après plusieurs séances.
« 11 en est de même de l’oubli au réveil, circonstance que nous considérons comme très importante ; car, sans ces deux caractères, l'isolement à tout ce qui n'est pas le magnétiseur cl l’oubli au réveil, quelles garanties sérieuses peut-ou uvoirdu somnambulisme? » (Ciiaiumu.nox, Phys, du mayn., p. 70).
Chez quelques-uns de ces sujets, l’aptitude à la suggestibilité comnieiicu dès la veille ; ce sont des gens naturellement crédules et elle se continue avec une certaine intensité, jusque pendant l’étal de rapport. M me X..., U.. et Marianne ne se lèvent plus que très difficilement de leur chaise Jprès le réveil, quand à l’état de rapport ils ont reçu l’ordre de ne pas pouvoir so mettre debout.
Celle variation de la suggestibilité est expressément importante à noter ; il en résulte, en effet, qu’on peut généralement produire ou enlever l’hypnose au simple commandement jusqu’à l’étal de rapport, mais, lorsqu'on veut aller plus loin, il faut employer des agents physiques. L’action de ces agents, dans les étals profonds, montre bien que dans les états inférieurs ils agissent aussi, et que
Anna, ancien sujel de Al R..a clé longtemps travaillée pour obtenir la lucidité ; elle présente les phénomènes ordinaires desuggestilité au début, de sensibilité et d'oubli au réveil, s’endort profondément sous l’influence des passes, mais ne présente aucun des autres caractères des états décrits plus haut; dans son sommeil elle a des visions, qui, paraît-il, se sont quelquefois trouvé des prévisions.
M mo V..., sujet professionnel, bien connue à Paris, très nettement polarisée, passe avec une régularité extrême, comme Benoist, par toutes les phases ci-dessus décrites, par des phases que je n’ai pu déterminer jusqu’à la syncope.
Si, au lieu d’imposer la main droite sur sa tête, on impose la main gauche (imposition en hétéronome), on détermine d'abord, comme chez les autres sujets, une excitation, puis un engourdissement. et enfin une paralysie générale présentant de telles ressemblances avec la mort que je n’ai point osé continuer les expériences.
On peut se demander si en prolongeant cette action on n'obtiendrait pas une série d’états séparés par des léthargies et possédant des propriétés spéciales ; l’état de veille ne serait ainsi qu'une phase particulière et habituelle des diverses modalités dont le cerveau peut être doué; il constituerait la partie médiane du clavier intellectuel.
Qui sait ce que nous réserve l’avenir ?
Albeut de Rochas.
!\" Héveii. Dl! sujet.
Il ne faut jamais s’exercer a endormir un sujet si l’on n’est pas rompu à la pratique des différents procédés de réveil. C’est là en effet le point le plus sujet aux surprises et celui qui déroute surtout les commençants et les opérateurs qui perdent facilement leur sang-froid.
la théorie de l’auto-suggestion pour expliquer leurs effets “n'est pas admissible d’une façon absolue.
On voit aussi, pour les différences présentées par mes sujets, que les caractères que j’ai décrits pour les états de l’hypnose ne sont pas le résultat de l’éducation. C’est à tort que certains observateurs superficiels prétendent qu’on peut façonner les sujets à sa guise; on développe plus ou moins leurs facultés naturelles, mais c’est là tout.
On peut réveiller un sujet par beaucoup (le procédés, entre lesquels nous décrirons surtout les suivants :
i° Réveil par simple suggestion, ou au commandement.
vi 0 Réveil par le souille.
3° Réveil par les passes.
\° Réveil sans suggestion, par le regard.
5° Réveil par la combinaison de quelques-uns de ces divers procédés.
Réveil au commandement. — Le sujet étant en phase somnambulique, on lui ordonne de se réveiller bien dégagé dans une minute. On peut encore lui ordonner de s’éveiller quand on aura frappé trois fois dans les mains, ou au moyen de toute autre variété de suggestion. Ce procédé doit être employé de préférence en phase somnambulique ; mais il réussit aussi très souvent le sujet étant en léthargie, quoique avec moins de rapidité.
Réveil par le soujjlc. — En souillant fortement entre les veux du sujet, on le réveille et on le dégage en même temps.
Réveil par les passes. — Un des meilleurs procédés, surtout dans les étals profonds où il doit toujours être employé. On fait des passes horizontales et répétées avec les deux mains, d’abord au niveau de la poitrine, puis au niveau de la tête du sujet. Le réveil ainsi produit est long à obtenir ; mais on est assuré de n’avoir jamais à craindre aucun accident consécutif, le sujet étant parfaitement dégagé.
Réveil par le regard. — Employé quand le sujet, pour une cause ou une autre, résiste à la suggestion. Dans ce cas, on regarde fixement le sujet entre les deux yeux : à hauteur du milieu du front, et l’on voit le réveil se produire bientôt, absolument complet et sans que l’on ait prononcé une seule parole.
Réveil combiné. — Les meilleurs résultats sont obtenus en réveillant un sujet par le procédé suivant, ré-
HSi>
sullanl do la combinaison de la plupart des autres procédés.
i " En phase somnambulique on donnera la suggestion que quand on soufflex'a entre les deux yeux le réveil complet se produira aussitôt ;
■<° Cela fait, on pratique le souffle à l'endroit indiqué, dégageant en même temps rapidement le Iront au moyen de passes ;
3“ On termine en soufflant une dernière lois quand le sujet est bien réveillé.
Lorsqu’on a affaire à un cas difficile comme celui d’un sujet en léthargie profonde et qui refuse d’obéir à la suggestion, on cherchera d’abord à obtenir une phase quelconque de l’hypnotisme; soit la catalepsie, soit le somnambulisme, et l’on donnera la suggo .lion à terme (une demi-heure ou une heure) précédée de souffles et de passes.
lues S OI1CIK II S HT I.E MaCXÉTISMP .
Nous avons tenu îi décrire assez minutieusement les phénomènes de l’hypnose , car il s’agit là de procédés couramment employés par les sorciers de village et par tous ceux qui passent plus ou moins pour des adeptes de la magie.
La magie ne consiste pas uniquement dans la pratique du magnétisme, non plus que dans les pratiques évocatoires, non plus que dans la cueillette des « simples » ou l’érection de l’horoscope d’une opération, mais bien dans la synthèse de toutes ces applications.
l’oulelois la connaissance du magnétisme de la terre, île cette force intelligente et mystérieuse dénommée « Lumière astrale » par les adeptes, est d’un puissant secours au magiste. C’est en étudiant l’auto-hypnotisme. en développant la méditation et l’extase, qu’on prend conscience de cette force, dont l’usage n’a jamais été complètement ignoré. C’est là le secret de « l’Envoûtement », et nous n’en voulons pour preuve que tes
deux cas suivants : i" Doux guérisons obtenues à l’hôpital de la Charité par railleur: a* Les faits si curieux de Cidcvillc. qui se sont produits bien avant la création du moderne spiritisme cl qui sont d’ordre purement magique. Stanislas de Guaila, dans son remarquable ouvrage, Le Serpent de la Genèse, en donne une minutieuse analyse. Le résume que nous publions d’nprbs un journal du temps, est tiré des Fragments occultes de M. Marcelus Leloir (Bordeaux 1890). Mais auparavant donnons la curieuse note suivante r
Les Annales (les Sciences psychiques (septembre octobre) relatent une série d’expériences que fil en 1888 le D r A. Gibotlcau, et qui ont de très intimes rapports avec des actions magiques ; son sujet, B., était d’une famille de paysans champenois qui passait pour fournir des sorciers ; entre autre choses « elle savait, comme je l'ai éprouvé, faire perdre la roule à une personne en lui faisant prendre sa droite pour sa gauche (hallucination du sens de l'espace). Elle disait que, petite fille, elle allait au bois avec sa mère pour cueillir des fraises. Quand clic s’ennuyait et voulait rentrer, elle jouait à celle-ci le tour de lui faire perdre sa roule. Dans nos campagnes, ce pouvoir est généralement attribué aux sorciers. À Cuba, les sorciers nègres prétendent en taire autant. II y aura des recherches curieuses à faire sur cette pratique dont je crois pouvoir, par expérience, attester la réalité.
« Une autre fois, Berlhc m’apprit comment il fallait s’y prendre pour Jait* tomber une personne. La méthode est remarquablement logique. 11 faut d’abord la connaître, lui parler, l’impressionner autant qu’on peut, et se faire redouter d’elle. Quand elle est dans la rue, on la suit par derrière en imitant bien sa démarche, cl en la chargeant (c’était le mot qu’elle employait d’ordinaire pour dire s emparer mentalement de la pensée de quelqu’un, en l’endormant un peu, procédé qui lui était familier). Alors il faut voir une corde tendue en travers de la route à quelques pas en avant. On suit bien les mouvements de la personne et, au moment où elle arrive sur la corde, on fait soi-même un faux pas volontaire: alors elle est forcée de tomber.
a Voici maintenant une manière d’amener un ennemi à se pendre : suivre ses pas et ses pensées, lui montrer tous les jours un arbre dans un lieu écarté. Lui faire penser qu’il est malheureux que ses affaires sont perdues sans ressources, et tous les jours lui, montrer la même place, etc. >»
LES SORCIERS DE VILLAGE ET LA SUGGESTION i»ah Gérard Excausse
Chef du laboratoire hypnothérapique de la Charité
Parmi les malades Irailés au laboratoire de la Charité, se sont trouvés deux cas assez curieux qui révèlent l’influence que peuvent avoir certains individus de la campagne sur des sujets quelque peu émotifs.
Lorsqu'on parle de ces sorciers de \illagc, de ces rebouteurs, de ces bonnes femmes,.représentants de ces sciences occultes aujourd’hui oubliées, la première tendance est de rire et de ne tenir aucun compte des mille faits colportés de chaumière en chaumière, et grossis par l’imagination des narrateurs.
11 y aurait pourtant une curieuse étude à faire sur les suggestions, accompagnées de paroles bizarres, qui sont la cause véritable de la plupart des actions de ces magiciens au petit pied. Ces suggestions n’ont d’effet que sur les êtres émotifs, et toute personne qui se moque du « sorcier o échappe de ce fait à son influence, quoi qu’en disent les partisans à outrance de la suggestion à l’état de veille et de son action universelle.
Les deux malades dont il s’agit sont des hystériques, chez lesquelles, du reste, aucun accident ne s'était déclaré jusqu'à l'époque où la suggestion fut donnée.
La première de scs malades, Elisa C..., nous fut amenée le n décembre par une parente qui avait consulté à ce sujet de nombreux médecins, qui avaient fait divers traitements, le tout sans ancun résultat.
La malade, âgée de 18 ans, avait une contracture persistante du bras droit, d’origine purement hystérique.
Mise devant le miroir rotatif, elle ne tarda pas à être fascinée, et dès lors on put combiner le traitement parles transferts avec le traitement par la suggestion. Sous celle double influence, la contraction du bras disparait au bout du quatrièmejour de traitement.
Mais, dans la nuit du 4 e au 5 ° jour, la malade devient subitement muette. Nous pensions venir facilement à bout de ce mutisme par l’emploi de la suggestion ; mais ce fut en vain que nous essayâmes deux jours de suite divers procédés de suggestion. Tout échoua.
C’est alors que l’idée nous vint que la malade était dominée par une suggestion antérieure inconnue de nous et qui détruisait notre action au fureta mesure des résultats obtenus. Le mutisme per-
RAYONNEH
sistant empêchait d'interroger la malade. Noos eûmes recours à un subterfuge expérimental.
Nous étant assurés que toutes les suggestions étaient exécutées par la malade, sauf celles qui avaient trait à sa maladie, nous suggérâmes (le sujet étant en période de somnambulisme lucide) que la personne qui avait fait le mal était là devant elle, et nous montrions en même temps un des élèves du laboratoire.
La figure de la malade prit de suite une expression de fureur très accentuée, et c’est avec grand'peine que l’auteur supposé de l’état actuel du sujet put s’approcher et ordonner d’une voix forte à la jeune fille d'être guérie de suite, ce qui fut fait sur l'heure.
Du dialogue qui s’engagea entre les deux interlocuteurs, nous pûmes déduire les faits suivants ;
La jeune malade était fille d’un homme considéré dans le village comme un peu sorcier. Le jour où elle vint à Paris, emmenée par ses maîtres, son père, pris d’une violente colère, la maudit en lui disant :
« A partir d’aujourd'hui, tu seras toujours malade, et nul que moi ne pourra te guérir. »
Jusque-là, jamais elle n’avait été malade, jamais elle n'avait eu de crises hystériques, ni d accidents névropathiques quelconques. Cette scène, comme on pense, la frappa vivement. Elle partit, et quelques jours après la contraction du bras se déclarait.
On comprend facilement pourquoi, dès que celte contraction fut guérie, une autre affection se déclarait. Les paroles du père avaient agi comme une véritable suggestion.
Connaissant cette histoire, il nous fut facile de tout faire cesser. Le père supposé, créé par notre action suggestive, déclara cesser sa malédiction et pardonna à sa fille. Il répéta ce pardon quand le sujet fut éveillé, et dès ce moment tous les accidents cessèrent.
L’histoire de l’autre malade rentre également dans la même catégorie.
AdolphineF., 37 ans, mariée depuis l’âge de 18 ans, nous fut amenée le 7 seplembre 1890.
Elle aurait été subitement atteinte, chez elle, d’accidents névropathiques intenses, crises d’étouffements, douleurs subites, attaques d'hystérie, etc., etc.
Elle avait été traitée au moyen du bromure, même à hautes doses, de la valériane, du chloral, etc , rien n’avait réussi.
Le traitement parles transferts seuls eut raison très facilement de tous ces accidents et, moins de quinze jours après le début de ce traitement, la malade retournait chez elle guérie. Malgré toutes nos demandes, il nous avait été impossible de trouver la cause de la maladie, et nous avions bien affaire à une nerveuse, quelque peu émotive ; mais cela ne suffit pas pour établir l’étiologie d accidents aussi subits.
Le 11 décembre ibjo, la malade revint nous voir, atteinte encore une fois des mômes symptômes. Un interrogatoire minutieux l'amena à avouer qu’elle se faisait quelquefois traiter, dans son pays, par une femme qui passait pour sorcière. Celle femme lui avait un jour dit, dans un moment de colère, qu elle serait toujours malade dès ce moment, et qu’aucun médecin ne pourrait la guérir. La colère de la sorcière était causée par le refus d'une petite somme d'argent de la part de la malade. On a vu quels avaient été les résultats de cette véritable suggestion.
Un nouveau traitement suggestif, approprié à celte singulière étiologie, eut raison de la maladie qui est aujourd'hui complètement guérie — au grand scandale de la « sorcière », parait-il.
En somme, il y a là une questiou sur laquelle on passe souvent avec trop de dédain.
Les récents travaux de notre maître, le D r Luys, éclairent d’un jour tout nouveau les actions de ces empiriques, dont la suggestion peut être portée par des objets divers (talismans, pactes, etc.), comme un état neurologique est porté par une couronne aimaulée. — Il y aurait lieu de différencier les cas où ces hypnotiseurs de village font œuvre utile d avec ceux où ils sont passibles des peines édictées par la loi contre les gens qui extorquent par la menace l’argent de leurs victimes.
Ces deux observations montrent de'plus de quelle utilité est la recherche de l 'étiologie dans ces accidents névropathiques qui se déclarent subitement chez des sujets jusque-là parfaitement bien portants ou à peine émotifs
1 -4mi de Psychiatrie, n" C (juin i{ mj i
Qu’on inc permette de citer un cas extraordinaire d’envoûtement qui s’est déroulé devant les tribunaux, et dont le récit se trouve inséré par \ï. Montct dans le journal la Pairie du a(i mai 1 853.
Voici l’article textuel :
« Nous avons à faire passer aujourd'hui sous les yeux des lec- « leurs de ce Bulletin des faits d'une nature si singulière, si « incroyable, si inadmissible pour des gens nourris comme nous « l'avons été tous, plus ou moins, de la philosophie sceptique « du XVIII 0 siècle, qu’il faut toute l’évidence résultant d'un débat « contradictoire devant les tribunaux, — où plus de vingt témoins « ont été entendus et ont été unanimes dans leurs dépositions, — 4 pour que nous osions prendre sur nous de donner de la publi- « cité à des faits qui se sont passés en plein XIX* siècle, et qui nous
« reportent à quatre siècles en arrière. Ils prouveront une fois
« de plus que la science et la philosophie modernes, qui ont nié « d’une manière absolue les faits de magie et de sorcellerie dont « l’histoire de tous les peuples et de tous les temps est pleine, ont « eu tort ; et que les simples d'esprit, les bonnes gens qui croient « ce qu’ils ont vu, bien que ce qu’ils ont vu soit déclaré absurde, « étaient seuls dans le vrai. »
Voici maintenant le récit des faits qui sc sont passés dans le courant de i85o, en Normandie, dans le village de Cideville, arrondissement d’Yvetot. tels qu’ils résultent d’une instruction volumineuse existant au greffe de la Justice de paix d’Yerville, et dont un résumé, très long lui-même, est en ce moment sous prcsscchcz Vrayet de Stircy.
« Vers les premiers jours du mois de mars i 84 o, M. Tinel, curé « de Cideville, rencontra chez un de ses paroissiens malades un >< individu nommé G..., auquel tout le pays accordait depuis long- « temps une réputation de guérisseur et de sorcier. Le curé ■< adressa au sorcier une verte réprimande et le fit renvoyer. De ■« son cote, la justice mit la main sur G..., qui en eut pour une •« année ou deux de prison.
« G... promit de sc venger du curé, à qui, à tort ou à raison, il « attribuait ses démêlés avec la justice, et il choisit pour exécuteur « de scs vengeances le berger Thorcl, son disciple cl son ami.
« Deux enfants étaient élevés au presbytère de Cideville ; l'un « avait douze ans et se nommait Gustave Lemoniers, 1 autre, « nommé Clément Aunel. avait quatorze ans. L’éducation de ces « enfants était pour le curé à la fois une occupation agréable et un « moyen de bien-être. C'est dans la personne del’un de ces enfants « que, selon l’opinion générale des témoins, le sorcier a frappé le « curé.
« Un jour de vente publique, le jeune Gustave est accosté par le « berger, et peu d heures après les événements commencent. Tout « aussitôt après la rentrée de cet enfant, une espèce de trombe « vient s'abattre sur le presbytère, puis, à la suite de cette bour- « rasque, des coups semblables à des coups de marteau ne cessent « de se faire entendre dans toutes les parties de la maison, qui « paraît vouloir tomber en ruines.
« Ces coups prennent une telle extension que l’on peut les «< entendre à deux kilomètres de distance, et qu’une grande partie « des habitants de Cideville, cent cinquante personnes, dit-on, se « rendent au presbytère, l'entourent pendant de longues heures, et « l’explorent en tous sens sans pouvoir en découvrir la cause.
« Pendant que ces bruits mystérieux poursuivent leur incessant « concert et reproduisent en cadence le rythme exact de tous les « airs qu on leur demande, les carreaux se brisent en tous sens, les « objets s’agitent, les tables se culbutent ou se promènent, les « couteaux, les brosses, les bréviaires s’envolent par une fenêtre et « rentrent par la fenêtre opposée; les pelles, les pincettes quittent « le foyer et s'avancent seules dans le salon ; des marteaux volent « en l’air et retombent avec la légèreté qu'une main d’enfant • pourrait imprimer à une plume, d’énormes pupitres se choquent « et se brisent; bien plus, un d’entre eux, chargé de livres, arrive « violemment et horizontalement jusqu’au front d’un témoin, et « là, sans le toucher et contrairement à toutes les lois connues de « la gravitation, tombe perpendiculairement à ses pieds.
« Un autre témoin, propriétaire à quatorze lieues de distance, « se transporte à l’improviste au presbytère de Cideville et s’ins- « talle dans la chambre des enfants, il interroge le bruit mysté- « lieux, le fait battre à tous les coins, de l’appartement, pose avec « lui les conditions d’un dialogue : un coup, par exemple, viendra « dire oui, deux coups non, puis le nombre signifiera le nombre « de lettres, etc. Cela convenu, le témoin fait battre toutes celles « qui composent ses noms, prénoms et ceux de ses enfants, son « âge et le leur, par an, mois, jour, le nom de sa commune, etc. ;
« tout s’exécute avec une justesse irréprochable.
UAYONNER
« Un prêtre, un vicaire de Saint-Hoch, M. l’abbé L..., se trouvant « par hasard de passage à Yvelot, se transporta à Cidevilic et in- « terrogea le frappeur mystérieux. On lui dit l’àge et les prénoms de « sa mère, de son père ; mais il les a oubliés ou ne les a jamais « connus. .N’importe, il en prend note exacte, et, de retour à Paris, il « court à la mairie, consulte les registres de l’état civil, et trouve « entre eux et les révélations de Cideville une conformité exacte.
« Quant à l’état de l’enfaut objet de cette obsession, il offre des « symptômes extrêmement remarquables : c'est un envahissement « de tout le système nerveux ; un poids insolite pèse sur ses « épaules et comprime sa poitrine. De plus, cet enfant voit « toujours derrière lui l'ombre d'un homme eu blouse qu’il dit ne « pas connaître, jusqu’au jour où, confronté avec Thorel, il s’é- « crie : Voilà l’homme !
« Un jour cet enfant accuse une hallucination bien singulière. « Il voit une main noire descendre de la cheminée, et s’écrie « qu'elle lui donne un soufflet, et on voit la joue devenir et rester « longtemps rouge ; dans sa naïveté, l’enfant s’élance dehors,
croyant voir cette main sortir par le haut de la cheminée.
« Un soir, le curé de Cideville et quelques-uns de ses confrères « conféraient sur le moyen à employer pour débarrasser cet entant. « Un des prêtres dit se rappeler avoir lu dans un vieux bouquin « sur la matière que les esprits redoutaient les pointes de fer. Au « risque de glisser un peu dans la superstition, nos braves ecclé- « siastiques se munissent de pointes en fer et se mettent à s’es- « crimer à qui mieux mieux dans le vide, partout où le bruit se « fait entendre. Au bout de quelque temps de cet exercice, une « botte, qui parait avoir été portée, fait jaillir une llamme suivie « d’une fumée tellement épaisse, qu’il fallut ouvrir les fenêtres « sous peine d asphyxie. On recommence, un gémissement se fait « entendre, puis des cris inarticulés, au milieu desquels on dis- « lingue le mot pardon. « Pardon! répondent les ecclésiastiques, u nous te pardonnerons et nous prierons Dieu qu’il le pardonne « aussi, mais à la condition que tu viendras loi-même demander « pardon à cet enfant. — Nous pardonnes-tu à tous? — Vous êtes « donc plusieurs ? — Nous sommes cinq, y compris le berger. — « Nous pardonnons à tous. » Alors tout rentra dans le silence au « presbytère.
« Le lendemain dans l’après-midi, on frappa à la porte du « presbytère ; elle s’ouvre et Thorel se présente ; son attitude est « humble, son langage est embarrassé, et il cherche à cacher avec « son chapeau des écorchures toutes saignantes qui couvrent son
« visage. L'enfant l'aperçoit cl s’écrie : « Voill l'homme qui me <• poursuit depuis quiuze jours. — Que voulez-vous, Thorel? lui « dit-il M. le curé. — Je viens... je viens de la part de mon maître « chercher le petit orgue que vous avez ici. — Non, Thorel, non, a on n'a pu vous donner cet ordie-li ; encore une fois, ce n’est pas <i pour cela que vous venez ici ; que voulez-vous ? Mais auparavant, « d’ou viennent ces blessures qui vous les a laites ? — Cela ne u vous regarde pas ; je ne peux pas le dire. — Dites donc ce que « vous voulez faire. Soyez franc, dites que vous venez demander « pardon à cet enfant ; failes-lc donc et mettez-vous à genoux, a — Eh bien ! pardon, dit Thorel en tombant à genoux. » Et, tout « en demandant pardon, il se traîne et cherche à saisir l’enfant « par la blouse.
« 11 y parvient, et les témoins constatent qu’à partir de ce moment « les souffrances de l’enfant et les bruits mystérieux redoublent au » presbytère de Cidcville. Toutefois M. le curé engage Thorel à se « rendre à la mairie ; il s’y trouve, et là, devant témoins, sans que « personne lui dise de le faire, il tombe à genoux trois fois et <i demande encore pardon : « De quoi me demandez-vous pardon? « lui dit le curé, expliquez-vous. » Et Thorel de continuer. Mais a tout eu demandant pardon il fait comme au presbytère, il se *< traîne sur les genoux et cherche à toucher le curé comme il avait « fait pour l’enfant. « Ne me touchez pas ! s’écrie le prêtre ; au nom « du ciel ! ne me touchez pas, ou je trappe ! » Vaine menace, « Thorel avance toujours, jusqu’à ce que le curé, acculé dans un « angle de la pièce, se voit forcé, pour sa légitime défense, de lui « asséner trois coups de canne sur le bras.
a Ce sont ces trois coups de canue qui ont été la cause du procès « qui s’est déroulé devant la justice de paix d’Yerville, clou tous u les laits que nous venons d indiquer sommairement ont été « constatés dans leurs moindres circonstances par de nombreux a témoins qui n’ont jamais varié. M. le juge de paix d'Yerville, « après avoir entendu les témoins dans leurs dépositions et les « parties dans leurs moyens respectifs, rendit, le 5 lévrier i85i, u un jugement définitif, par lequel Thorel était débouté de sa « demande de 1,200 francs de dommages-intérêts pour les coups « de canne du curé et condamné à tous les dépens. »
Telle a été la fin juridique de cette affaire singulière. Quanta l’issue matérielle, nous dirons que ces faits et mille autres semblables, qui se sont produits journellement et sans interruption depuis le 26 novembre i85o
n a yonnf. a
jusqu’au i5 février i85f, ne cessèrent que lorsque, par l’ordre de M* r l'archevêque de Rouen, les deux enfants eurent clé éloignés du presbytère de Cidevillc et confiés à un autre ecclésiastique, qui a continue à Rouen leur éducation.
« Lorsque l’air est comprime par une agglomération* électrique •< et qu'on soutire l'électricité au moyen d'une pointe métallique, il se produit une vive étincelle, puis toutes les apparences d'une •< épaisse fumée. Il sullit pour cela que la pointe ait divisé un « nœud de lumière astrale coagulée par une larve. »
C’est le phénomène (pii s’est produit dans le précédent récit.
Comme nous l’avons écrit plus haut, l instrument des envoûtements est le grand agent magique, ou, en termes plus modérés, la puissance magnétique dirigée par une volonté perverse.
« (Je <[ue les sorciers et les nigromans cherchaient surtout dans leurs évocations de l’esprit impur, c’était cette puissance magnétique qui est le partage du véritable adepte, et qu’ils voulaient usurper pour en abuser indignement.
« La lolie des sorciers étant une folie méchante, un de leurs buts surtout c’était le pouvoir des envoûtements ou des influences délétères.
L'Envoûtement.
Toutes ces histoires attirent l’attention du chercheur sur ces anciennes pratiques d’envoûtement qu’on croyait, fabuleuses et disparues à jamais de l’histoire des sciences. Or les expériences opiniâtrement poursuivies depuis 1891 par M. le colonel de Rochas et portant sur Y extériorisation de la sensibilité dans les états profonds del’hyp-
‘ bliphus Lévi, Histoire de la Mof/ie.
nose soûl venues de nouveau rappeler la possibilité de res laits étranges et du domaine de la magie.
Le traité que nous écrivons n'étant pas un livre de sorcellerie mais bien un ouvrage de magie, nous n’avons pas à entrer dans le détail de ces pratiques, dangereuses au service d'une volonté mauvaise. Nous tenons simplement à insister sur la « possibilité scientifique » de ces phénomènes, et nous allons, à cet effet, résumer de notre mieux ces travaux tout récents que nous avons été appelé à vérifier expérimentalement au laboratoire de la Charité.
Pour procéder par ordre, donnons d’abord la première expérience caractéristique, telle qu elle a été publiée dans les journaux quotidiens au mois d août 1892.
L'ENVOUTEMENT
Expéiuenc.is di. M. de Hochas
De la Justice (2 août) :
Ces expériences ont eu lieu hier en présence de deux médecins, membres de l’Académie des Sciences, el d'un mathématicien bien connu.
M. de Rochas a essayé de dissoudre la sensiblité d'u.i sujet dans une plaque photographique.
11 a mis une première de ces plaques en contact avec un sujet non endormi : la photographie du sujet obtenue ensuite 11e présentait aucun rapport avec lui.
Une seconde, mise antérieurement eu contact avec un sujet endormi, légèrement extériorisé, a donné une épreuve à peine sensible par relation.
Une troisième enfin, qui avant d'être placée dans l'appareil photographique avait été fortement chargée de la sensibilité du sujet endormi, a donné une photographie qui a représenté les caractères les plus curieux.
Chaque fois que 1 opérateur touchait à l image, le sujet représenté le ressentait. Enfin il prit une épingle et en égratigna deux fois la pellicule de la plaque où la main du sujet était indiquée.
A ce moment, le sujet s’évanouit complètement en contracture. Quand il fut 1 cveillc, on constata sur la main deux stigmates
RAYONNE!»
rouges, sous l'épiderme correspondant aux (leux égraliguures de la pellicule photographique.
M. de Rochas venait de réaliser là, aussi complètement que possible, « l’envoûtement » des anciens.
Dans le domaine si mystérieux de ces faits, nous voulons nous borner à n ôtre qu'un narrateur sincère. 11 ne s’agit pas ici de croire ou de ne pas croire. Nous disons ce que nous avons vu, c’est tout.
Voyons maintenant les détails donnés par l’auteur de la découverte dans Y Initiation (17* volume, 11" 2. novembre 1892).
La plupart des sujets, quand on hyperesthésie leurs yeux par certaines manoeuvres, voient s’échapper des animaux, des végétaux, des cristaux et des aimants, des lueurs qui pourraient avoir un rapport direct avec ces rayonnements. C'est ce qu’a constaté pour la première fois, il y a une cinquantaine d’années, par de nombreuses expériences, un savant chimiste autrichien, le baron de Reichenbach.
Chez l'homme, ces effluves sortent des yeux', des narines, des oreilles et de l'extrémité des doigts, pendant que le reste du corps est simplement recouvert d’une couche analogue à un duvet lumineux. Quand on extériorise la seusibililé d’un sujet, le sujet voyant voit celte couche lumineuse quitter la peau et se porter précisément dans la couche d'air où l’on peut constater directement la sensibilité du patient par des attouchements ou des pincements.
En continuant les manœuvres propres à produire l’extériorisation, j 'ai reconnu, à l’aide de ces divers procédés, qu’il se produisait successivement une série de couches sensibles très minces, concentriques, séparées par des zones insensibles, et cela jusqu'à plusieurs mètres du sujet. Ces couches sont espacées d’environ 5 à ü centimètres, et la première n'est séparée de la peau insensible que de la moitié de cette distance.
D'après la théorie des ondulations, qui sert aujourd'hui à expliquer la propagation et les propriétés de la lumière, du son et même de l’électricité, ou peut supposer que ces couches sensibles et ces zones insensibles sont dues à des interférences d’ondes produisant des maxima et des minima, et il était naturel de chercher à voir si
' Tout récemment le D r Luys, à la Charilé, a pu diagnostiquer certaines maladies nerveuses, d'après la couleur des eflluvcs oculaires des malades décrits par un sujet voyant.
les ondes de vitesses ou de directions différentes, nécessaires pour produire ces interférences, n'étaient pas dues aux deux grands mouvements rythmique du corps humain, les battements du cœur, et la respiration.
J’ai été ainsi conduit à essayer si ces ondes, auxquelles je donnerai, comme Reichenbach, le nom d’od, jouissaient de la propriété de se réfléchir et de se réfracter comme les autres ondes, étudiées en physique.
A laide d’un prisme eDplàtre de o ,n , 3o de coté, j’ai fait d'assez nombreuses expériences en en variant les conditions, mais le phénomène principal s’est compliqué de phénomènes accessoires, et tout ce que je crois pouvoir conclure de mes observations, c’est que le prisme de plâtre laisse passer les ondes en les déviant suivant une loi que je n’ai pu encore dégager.
Ce que je considère comme nettement établi, c’est que les liquides, en général, non seulement arrêtent l’od, mais le dissolvent ; c’est à-dire qu'en faisant traverser, par exemple, un verre rempli d’eau par une des couches sensibles les plus rapprochées du corps, il se produit une ombre odique, les couches suivantes disparaissant derrière le verre sur une certaine étendue; de plus, l’eau du verre devient entièrement sensible et émet même, au bout d’un certain temps (probablement quand elle est saturée), des vapeurs sensibles qui s’élèvent verticalement de sa surface supérieure. Enfin, si l’on éloigne le verre, l'eau qu’il contient reste sensible jusqu'à une certaine distance au delà de laquelle le lieu qui l’unit au corps du sujet semble se rendre après s’èlre graduellement affaibli. Jusqu'à ce momeat, le sujet perçoit, sur la partie de sou corps la plus rapprochée de l'endroit où était l’eau lorsqu'elle s’est chargée de sa sensibilité, tous les attouchements que le magnétiseur fait subir à cette eau, bien que la région de 1 espace où l’on a transporté le verre ne contienne plus, en dehors de ce verre, de parties sensibles.
L'analogie que présente ce phénomène, avec les histoires de personnes qu’on fait mourir à distance en blessant une ligure de cire modelée à leur image, était évidente. J’essayai si la cire ne jouirait pas, comme l'eau, delà propriété d’emmagasiner la sensibilité, et je reconnus qu’elle la possédait à un haut degré, ainsique d’autres substances grasses, visqueuses ou veloutées, comme le cold-cream
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elle velours de laine. Une petite slaluellc, confeclionnéc avec de la cire à modeler et sensibilisée par un séjour de quelques instants en lace et à une petite distance d’un sujet reproduisit les sensations des piqûres dont je la perçais, vers le haut du corps si je piquais la statuette à la tète, vers le bas, si je la piquais aux pieds. (C’est-à- dire que la piqûre était ressentie d’une manière plus ou moins vague dans les régions qui avaient envoyé le plus directement leurs eflluves.) Cependant, je parvins à localiser exactement la sensation, en implantant, comme les anciens sorciers, dans la tête de ma ligurine, une mèche de cheveux coupée à la nuque du sujet pendant son sommeil. C’est là l'expérience dont notre collaborateur du Cosmos a été le témoin et même l’acteur ; il avait emporté la statuette ainsi préparée derrière les casiers d’un bureau, où nous ne pouvions la voir, ni le sujet, ni moi. Je réveillai M m * L... qui, sans quitter sa place, se mit à causer avec lui jusqu’au moment où. se retournant brusquement et portant la main derrière sa tète, elle demanda en riant qui lui lirait les cheveux ; c’était l’instant précis où M. X... avait, à mon insu, tiré les cheveux de la statuette..
Les eflluves paraissant se réfracter d’une façon analogue à la lumière, qui peut-être les entraine avec elle, je pensai que si I on projetait, à l’aide d’une lentille, sur une couche visqueuse, l’image d’une personne suflisamment extériorisée, on parviendrait à localiser exactement les sensations transmises de l’image à la personne. Une plaque chargée de gélatinobromure et un appareil photographique m’ont permis de réaliser facilement L expérience, qui ne réussit d’une façon complète que lorsque j’eus soin de charger la plaque de la sensibilité du sujet avant de la placer dans l’appareil. Mais en opérant ainsi j’obtins un portrait tel, que si le magnétiseur touchait un point quelconque de la ligure ou des mains sur la couche de gélatino-bromure, le sujet en ressentait l’impression au point exactement correspondant, et cela non seulement immédiatement après l’opération, mais encore trois jours après, lorsque le portrait eut été fixé et rapporté près du sujet. Celui-ci parait n’avoir rien senti pendant l’opération du fixage, faite loin de lui, et il sentait également fort peu quand on touchait, au lieu du gélatino-bromure, la plaque de verre qui lui servait de support. Voulant pousser l’expcriencc aussi loin que possible, et profitant de ce qu’un médecin se trouvait présent, je piquai violemment, sans prévenir et par deux fois, avec une épingle, l’image de la main droite de M“” L., qui poussa un cri de douleur et perdit un instant connaissance. Quand elle revint à elle, nous remarquantes sur le dos de sa main deux raies rouges souscutanées qu'elle n’avait pas auparavant, et qui correspondaient
exactement aux deux écorchures que mon épingle avait faites en glissant sur la couche gélatineuse.
Voilà les faits qui se sont passés le a août, non pas en présence de membres de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine, comme on l'a raconté, mais devant trois fonctionnaires de l’Kcole; ils pourront, il est vrai, être académiciens plus tard, mais ils ne le sont pas encore, et ce jour-là ils se trouvaient réunis par hasard dans mon cabinet, après être allés toucher leurs appointements chez le trésorier. Je partais le soir même pour Grenoble, et je n’ai pu refaire l’expérience, mais je suis convaincu que j’obtiendrai de nouveau la localisation exacte des sensations 1 ; quant
• A mon retour de Grenoble, j’ai retrouvé M'°® L., et j’ai pü recommencer l'expérience de la photographie, qui a réussi sans tâtonnements en suivant le mode d’opération reconnu bon le a août.
L’image ayant été immédiatement fixée, je fis avec une épingle une légère déchirure sur la couche de collodion, à remplacement des mains croisées sur la poitrine : le sujet s’évanouit en pleurant, et. deux ou trois minutes après, le stigmate apparut et se développa graduellement, sous nos yeux, sur le dos d’une de ses mains, à la place exactement correspondante à la déchirure.
Le cliché n’était, du reste, sensible qu’à mes attouchements ; ceux du photographe n’étaient perçus que lorsque j’établissais le rapport en louchant sa personne, soit avec le pied soit autrement.
Le 9 octobre, une épreuve sur papier ayant été tiré, je constatai que cette épreuve n’avait qu'une sensibilité confuse, c’est-à-dire que lo sujet percevait des sensations générales agréables ou désagréables suivant la manière dont je la louchais, mais sans pouvoir les localiser. Deux jours après, toute sensibilité avait disparu, aussi bien dans le cliché que dans 1 épreuve.
LcD r Luys m’a dit que pendant mon absence il avait essayé de reproduire le phénomène dont on lui avait parlé et qu’il avait pu obtenir la transmission de sensibilité à 35 mètres, quelques instants après la pose.
Enfin, on vient de me communiquer l'extrait suivant d’un article qui a paru à Bruxelles, le u octobre, dans le journal Paris-Bruxelles, sous la signature d’Ahsac.
« Nous avons vu répéter l’expérience de la plaque photographique sensibilisée Les phénomènes rapportés se produisaient chaque fois que les coups d'épingle étaient donnés par l’expérimentateur, par la personne qui avait plongé le sujet dans le sommeil ; en l’absence do 1 hypnotiseur, on pouvait, neuf fois sur dix, piquer le portrait sans que l’hypuotisée ressentit aucune douleur. Jamais le sujet n'a témoigné la moindre douleur lorsque le cliché a été piqué par une personne ignorant absolument le but de l’expéricuce.
« Nous sommes donc enclins à conclure que ce qu’on a pris pour lo phénomène de l’envoûtement n’est qu’un phénomèjie de suggestion. L’envoûtement est possible, mais, pour l’instant, on ne peut le reproduire que dans certaines conditions nettement délinies.
« Ce qu’il faut retenir des expériences de M. de Hochas, c’est que l’extériorisation de la sensibilité est désormais un fait acquis. »
L’observation de M. d’Arsac surla nécessité du raoport conlirme les miennes, mais elle ne prouve nullement qu’il n’y ait là un phénomène de suggestion,
HAYONNKR
aux stigmates, je n'ose l'cspcrer, la personne chez qui ils se sont produits possédant à cet égard une aptitude qu’on trouve rarement et qui, chez elle, est très irrégulière'.
L AlpIIABKT SYMIMTIIIQUli.
Ce genre d'opération consiste à tracer quelques lettres sur son bras au moyen d’une aiguille et à introduire du sang d’un ami dans la plaie qu’on vient de se faire.
Cette opération doit être pratiquée également sur l’individu avec lequel on doit entrer en correspondance, et alors, quelque éloigné que l’on soit l’un de l’autre, on peut s’avertir de certains événements au moyen d’une piqûre légère faite sur certaines lettres. Elle est ressentie aussitôt par celui auquel on veut s’adresser.
Malgré notre désir de ne pas faire de citations dans ce traité tout élémentaire, nous avons été amené à résumer assez longuement les expériences exécutées. Les citations étaient indispensables pour montrer au lecteur
ou, pour parler plus exactement, de transmission de pensée. J’ai toujours piqué, sans regarder , à l’emplacement des mains, et le sujet ignorait encore plus que moi où allait se produire la déchirure qui se répercutait sur sou épiderme ; je n’ai, du reste, ainsi que je le dis dans,te corps de l’article, jamais pu produire avec M me L. aucune transmission de pensée. La seule auto-suggestion qui soit admissible, c est celle qui aurait trait à la production du stigmate sous l’influence de l'imagination au point où le patient a ressenti la douleur.
Paris, le i 5 actobrc 186a.
On a pu quelquefois déterminer chez elle le phénomène de la dermographie, c’est-à-dire du gonflement de la peau par le simple passage d’uno pointo mousse.
la réalité de ces laits de magie qu’on met toujours sur le compte.de l'imposture et de ces effets du « mauvais œil » et de l’action magnétique d’un homme sur un autre, de la volonté sur le microcosme, comme nous disons en occultisme. Nous pouvons maintenant poursuivre notre étude et aborder les détails de l’action de la volonté humaine sur les force» intelligentes de la
Rappelons simplement au magiste que lorsqu’il devra employer la force magnétique, la règle primordiale à observer est qu’il faut toujours agir pour le bien, ne jamais attaquer personne, et consacrer toutes ses forces à la défense des faibles et des ignorants. C’est là la seule « voie droite », toutes les autres ne conduisent qu’à la folie et à la douleur sinon à la mort éternelle. A bon entendeur, salut.
Stanislas de Guaita. Le Serpent de la Genèse. Margelles Leloir. .. Fragments occultes.
G. Vitoux . Les Frontières de la Science.
Moetin . Le Nouvel Hypnotisme.
A. de Rochas . L’Envoûtement.
Annales des Sciences psychiques. (Octobre 1892.) Annales de Psychiatrie et d'Hypnologie. (1890.)
CHAPITRK XV
LE MAUISTE EX LE MACliOCOSMIi
(Des K voeu fions)
Le rayonnement de lu volonté du inagiste s’étend sur le monde physique qu’il faut modilicr dans ses formes médiates et sur l’homme dont le magnétisme le rend maître en partie. L’exercice et le sang-froid peuvent encore ouvrir au chercheur un nouveau champ d’action : il s’agit de la Nature invisible, de ce plan que nous appelons « astral », réceptacle des formes futures et des images du passé, ainsi que des forces les plus actives et les plus cachées qu’il soit permis à l’homme d’utiliser. C’est là le jardin des llespérides où seul peut aborder le navigateur tiudacieux et méprisant la mort autant que le danger.
Dans notre monde visible, l’homme a su se rendre maître des forces physiques, il a su aussi dompter et utiliser quelques animaux. Un champ d’action analogue s’ouvre pour la volonté dans le plan astral.
Les forces qu’on peut utiliser nous les connaissons : elles émanent des astres et nous en savons le caractère ; mais les êtres sur lesquels on peut avoir une action nous sont encore inconnus. Les auteurs qui en parlent en
ADA PTATION
font, toujours grand mystère et déroutent l’attention du lecteur par les noms différents qu’ils attribuent h ces èlres. Nous les appellerons, avec la kabbale, élémextai.s, en rappelant soigneusement qu’ils sont aussi nommés esprits élémentaires, princes des éléments, démons mortels (3«(uwv) etc., etc. Nous venons do voir pourquoi tous ces noms.
Leur rôle est analogue à celui des animaux dans le monde visible : ils soulagent l’opérateur d’une grande partie de ses travaux, pourvu qu’ils soient dirigés et sans aucune responsabilité de leur part.
C'est ainsi (pie. pour le commerce des hommes, le ( bien est un auxiliaire précieux, attaché à son maître, mais ne s inquiétant aucunement du caractère plus ou moins moral des œuvres que ce maître lui fait accomplir. C’est ainsi que le chien du contrebandier se jettera sur le douanier parce qu’on l’a dressé à cet exercice dont il est irresponsable, tandis que le chien de garde d’un honnête fermier sautera aux mollets du garnement qui vient voler les pommes. Chien de brigand ou chien de gendarme, l ammal n’est qu’un simple auxiliaire, qu’un outil aux mains de son maître qui est seul responsable dos actions de la bête. Il en est exactement de même pour les élémentals, qui so lancent dans les courants de force psychique projetés par celui qui les a domptés, sans s’inquéter du caractère intime de lactionqu’on leur fait commettre.
L’action du inagiste sur les élémentals du plan astral est strictement analogue à l’action de ( hypnotiseur sur les cellules nerveuses qui président à l’incessante réparation du corps humain : commander la production de stigmates à jour fixe ou la disparition d’une tache de naissance, c’est exactement la même chose que de commander un trouble atmosphérique léger ou la mise à jour d’une source ; les plans d’action et le caractère intime des êtres mis en mouvement dillèrent seuls. Dans le premier cas on agit sur l’homme, c’est-à-dire en plan microcosmique et au moyen des cellules nerveuses et des cellules embryonnaires ; dans le second cas on agit
HAYON N Kit
sur la nature, c esl-à-dirc en plan macrocosmique et au moyen des êtres de l’astral et des élémentals.
Mais ce qu’il (aut bien retenir, c est que les animaux n’obéissent qu’à qui les dompte et que celui qui n a pas assez de science, assez de courage et assez d’expérience et de sang-froid et qui veut agir « pour s amuser » sur ces êtres de l’astral, est semblable à 1 ignoranl qui se lance au milieu d’une meute de chiens furieux dont il est inconnu. Nous préférons cent lois voir rire de ces expériences, que de risquer d’entraîner un étourdi dans des recherches où il laissera pour le moins sa santé, sinon sa raison ou sa vie. Nous conseillons donc charitablement au spirituel mondain de faire tourner des tables ou de faire écrire par leur être impulsif des « communications » sentimentales de Victor Hugo ou de Platon ; c'est peu dangereux, à la portée de tous les courages et de toutes les intelligences, et cela abrège agréablement une longue soirée. Mais de même qu on ne confie pas les microscopes qui révèlent l’action intime des cellules organiques à des cillants ou à des ignorants, on ne met pas les élémentals à la portée du premier venu.
Nous pouvons définir les élémentals : des êtres instinctijs et mortels . intermédiaires entre le monde psychique et le monde matériel. Cette délinition concorde avec les enseignements de la tradition qui nous dit avec Porphyre, Jamblique. d’abord, puis avec Paracelse, Agrippa ensuite, enfin avec Eliphas Lévi et la Kabbale, que les esprits se divisent en : esprits mortels ou esprits des éléments (élémentals) et en esprits immortels ou esprits humains (élémentaires) à différents stades d’évohition.
Le caractère essentiel des élémentals est d’animer instantanément toutes les formes de la substance astrale qui se condense autour d’eux. Aussi apparaîtront-ils tantôt comme une foule d’yeux fixés sur un individu, tantôt comme de petits points lumineux et brillants entourés de substance phosphorescente et obéissant aux ordres du verbe humain, tantôt comme des animaux étranges, inconnus sur la terre, et comme des combinaisons
M V<Hi: l’HATJQUH
hétéroclites de formes animales et humaines, les reproductions ciu’on trouvera plus loin résumeront tout cela. Qu'il suffise pour l’instant de sc souvenir tjuc l'clémental n’a rien de méchant en soi et est aussi inofl’cnsif qu’un pauvre animal quand on le laisse tranquille.
Pour entrer en relation avec les élémentals, il laut entrer dans le plan astral. On peutarriver h ce résultat, soit personnellement par l’entraînement psychique et la méditation. soit médialcment par l'cmploj d'un sujet somnambulique.
Mais il faut savoir que tout être humain entre en relation intime avec ce plan astral immédiatement avant de s'endormir et immédiatement avant de s’éveiller, c’esl-ii-dirc quand les rapports entre l’être impulsil (corps astral) et l’être conscient vont subir un changement quelconque. Celle relation entre les deux plans s'établit encore au moment d’une joie ou d’une peur subite, comme à l’instant d’un grave pressentiment. La déséquilibration progressive de l'être humain, poursuivie sous le nom « d ’entraînement médianimique » en vue de la vision, de l’audition ou de l’incarnation, permet aussi d’entrer en rapport avec le plan astral et par suite avec les élémentals.
^ oilà pourquoi beaucoup de personnes voient, au moment de s’endormir et quand leurs yeux sont clos, des têtes étranges et des formes bizarres qui s’avancent verslelit avec uneincroyable rapidité et qui s’évanouissent tout à coup pour être remplacées par d’autres. De même ces cauchemars étranges, ces visions et ces pollutions qui précèdent le réveil sont l’eflet ou de troubles organiques ou des élémentals, suivant le cas.
Aussi l'existence de ces êtres ne peut-elle être affirmée que par ceux qui les ont perçus et sous leur garantie personnelle. Sans vouloir décrire nos propres travaux, encore inachevés touchant ce point si intéressant de la magie, nous rapporterons divers dessins émanés de deux sujets principaux et faits dans des circonstances absolument spéciales.
Le premier de ces dessins a été obtenu avec un sujet
Il VYONNER
place devant un miroir magique en charbon, sujet (une femme du monde) n’avait jamais etc hypnotisée et ne l’a pas été depuis. Elle ne savait pas dessiner et s est
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à faire reproduire grossièrement cette planche si curieuse. On aperçoit dans cette image les formes les plus disparates emportées dans le tourbillon des forces astrales, Cela répond en tous points, non seulement à nos recherches personnelles, mais encore au récit de tous
ceux qui ont été à même de percevoir ces êtres inconnus de tous, sauf des magiciens.
La seconde série de dessins a été obtenue par un de nos amis, M. C. de P., très sensible aux expériences télépathiques à distance, et dans de curieuses conditions. M. C. [de P. se trouvait assis à une table, une aprèsmidi d'automne vers quatre heures, et avait quelques
RAYONNE! 4OS
feuilles de papier blanc devant les yeux. Tout à coup il est saisi d’une crise violente de tristesse, sans la moindre cause, et cela pendant une conversation qu’il tenait à deux personnes présentes : il lui semble qu’un voile se déchire devant lui et il a la perception subite d’êtres et de formes étranges pendant quatre à cinq minutes. C’est alors qu’il fit ces dessins en calquant, dit-il. exactement
sa vision. Notre ami n’avait jamais vu. si notre mémoire est fidèle, le résultat de nos précédentes expériences, nous étions absent à ce moment, et c’est seulement deux heures après, en rentrant, que nous vîmes les dessins. D’autre part, sa sincérité et son honnêteté sont au-dessus de tout soupçon, et la concordance de ces derniers avec ceux obtenus par notre premier sujet d’une part, avec les figures soi-disant diaboliques des vieux grimoires, frappera tout observateur consciencieux. Voici donc les dessins obtenus dans celte seconde expérience si inopinée.
4 IC
Maintenant que nous avons décrit aussi tlairomcnl que possible tout ce qu'enseigne la Science Occulte touchant les élémenlals, abordons l’étude des divers moyens employés pour agir sur ces êtres et pour les diriger.
Pour se rendre bien compte de ces moyens, il faut savoir que ces êtres sont théoriquement divisés en quatre grandes classes correspondant aux quatre forces élémentaires et aux quatre lettres du tetragramme sacré.
On donne respectivement à ces quatre classes d’élcmentals les noms de Gnomes (Terre), de Salamandres (feu), de Sylphides (air). et d’Ondincs(eau).
— Ces divisions n’ont d’autre raison d’être, sachons-le, que
les modifications que subit la substance astrale d’après les divers milieux dans lesquels elle se manifeste. 11 n’en est pas moins vrai cependant que ces modifications déterminent l’emploi des divers instruments, mots kabbalistiques, oraisons, conjurations , etc., etc. employés. Aussi avonsnous dressé le tableau de concordance suivant, d’après Eliphas, qui résumait lui-même le IV" livre (non traduit encore) d’Agrippa sur la Magie pratique. La lecture attentive de ce tableau fournira les premières indications nécessaires.
Pour les conjurations de l’air, delà terre, de l’eau et du feu, on s’en rapportera à ce que nous avons dit au
TABLEAU DES CORRESPONDANCES DU QUATERNAIRE MAGIQUE
(D’après Eliph.vs LÉ VI i18(>i ■. Rituel, p. SG.
Élément
Tempérament
Hiéroglyphe
Instrument-
Magique
GNOMES
Mélancoliques
(Pessimistes)
TAUREAU
EPÉE
SALAMANDRES
DJ IN
MIDI
Sanguins
(Actifs)
LION
BAGUETTE
SYLPHES
PARALDA
Bilieux
Ambitieux
TALISMANS
(Pantacles;
ONDINES
NICKSA
OCCIDENT
Flegmatiques
Tranquilles
VERSEAU
COUPE
premier chapitre do cette troisième partie ainsi que pour les oraisons, en ajoutant les renseignements suivants qui complètent certains points laissés encore inachevés dans ce chapitre.
Exorcisme de l’air (f) raison)
Spiritus Dei ferebalur superaquas el inspiravitin faciem hominis spiraculum vitœ Sit MICHAEL dux meus et SABTABIEL servus meus in luce et per lucem.
Fiat verbum habitus meus, et imperabo spiritibus aeris hujus et refrenabo equos solis voluntate cordis mei et cogitatione mentis mci et nulu oculi dextri.
Exorciso igitur te, creatura aeris per Bentagrammaton et in nomine IOD-HE-VAU-HE in quibus sunt volunlas firma et fides recta. Amen.
Exorcisme de la terre.
On exorcise la terre par l’aspersion de l’eau, par le souffle el par le feu . avec les parfums propres pour chaque jour, et l’on dit l’oraison des gnomes.
L’action du magiste sur les élémentals doit avoir pour point de départ la royauté entière de la volonté sur le monde physique.
Eliphas Lévi résume le détail de cette action dans son rituel et nous rappellerons seulement pour mémoire que celui qui a le vertige ne commandera jamais aux gnomes, celui qui a peur de la tempête sera toujours vaincu par les ondines, les salamandres se jouent de qui craint le feu, et les sylphides de qui redoute le tonnerre et les ouragans.
C’est par la prière, telle que nous l’avons indiquée, en modifiant le rituel de l’oraison aux quatre points cardi-
naux d'après les correspondances des instruments, qu on s'exercera à l'action sur les élémenlals. II faut toutefois savoir que toute étude pratique dans ce but doit être faite au milieu du cercle magique. On est ainsi complètement isole et à l'abri de toute surprise de la part des puissances de l’Astral.
La méditation dans l’obscurité, aidée de l’isolement par la laine et de l’emploi facultatif de l’épée, permet de voir rapidement les élémentals.
À titre de complément, nous donnons ici les trois grandes conjurations magiques telles que les rapporte Eliphas Lé\i.
Conjuration des quatre
Capul mortuum, imperet tibi Dominas per vivum et devotum Serpenlem. — Cherub, imperet tibi Dominus per Adam- Iotchavah ! — Aquila errans, imperet tibi Dominas per alas Tauri ! — Scrpens, imperet tibi Dominus. — Tetragrammalon per Angelum et Lconcm !
Michael, Gabriel, Raphaël, Anael !
Final wlor per spirilum Eldim.
Maneal-Terra per Adani-Iolchavah.
Fiai Firmamentvm per lahuuehu-Zebaolh.
Fiai Jiulirium per ignem in virtnle Michael.
Ange aux yeux morts, obéis, ou écoule-toi avec celte eau sainte.
Taureau ailé, travaille, ou retourne à la terre, si tu ne veux pas que je t’aiguillonne avec cette épée.
Aigle enchaîné, obéis à ce signe, ou retire-toi devant ce souffle.
Serpent mouvant, rampe à mes pieds, ou sois tourmenté par le feu sacré, et évapore-toi avec les parfums que j’y brûle.
Que l’eau retourne à l’eau ; que le feu brûle ; que l’air circule ; que la terre tombe sur la terre par la vertu du Pentagramme, qui est l’étoile du matin, et au nom du Tétragrammc qui est écrit au contre de la croix de lumière. Amen.
Conjuration des sept
Au nom de Michael, que Iehovah te commande et t’éloigne d’ici, Chavajoth !
Au nom de Gabriel, qu’Adonaï te commande et l’éloigne d’ici, Réliai !
Au nom de Raphaël, disparais devant Elchim, Sachabiel!
Par Samacl Zebaoth et au nom d’Eloïm-Gibor, éloigne-toi Adraméleck !
Par Zacharielet Sachiel-Mélech, obéis à Elvah, Samgabiel!
Au nom divin et humain de Schaddaï, et par le signe du pentagramme que je tiens dans ma main droite, au nom de l’ange Anael, par la puissance d’Adam et d’IIeva, qui sont Iotchavah, retire-toi, Lilith ; laisse-nous en paix, Nahéma I
Parles saints Eioïm et les noms des génies Cashiel, Schaltiel, Aphiel et Zarahiel, au commandement d'Oriliel, détourne-toi de nous, Moloch ! nous ne te donnerons pas nos enfants à dévorer,
Invocation de Salomon
Puissances du royaume, soyez sous mon pied gauche et dans ma main droite; gloire et éternité, touchez mes deux épaules et dirigez - moi dans les voies de la victoire ; miséricorde et justice, soyez l’équilibre et la splendeur de ma vie ; intelligence et sagesse, donnezmoi la couronne ; esprits de Malchu Ui, conduisez-moi entre les deux colonnes sur lesquelles s’appuie tout l’édiûce du Temple ; anges de Nelsah et de llod, alTermissez-moi sur la pierre cubique de Jesod.
O Gedulael ! ô Geburael ! ô Tipheretli ! Binael, sois mon amour, Ruach Hochmael, sois ma lumière ; sois ce que tu es et ce que tu seras, ô Kétheriel !
Ischim, assistez-moi au nom de Saddaï.
Cherubim, soyez ma force au nom d'Adonaï.
Beni-Elohim, soyez mes frères au nom du fds et par les vertus de Zebaolh.
Eioïm, combattez pour moi au nom de Tetrayrammalun.
Malachim, protégez-moi au nom de IEVE
Seraphim, épurez mon amour au nom à’Eloah.
Hasmalim, éclairez-moi avec les splendeurs d'Eloi et de Schechinah.
Aralim, agissez ; Ophanim, tournez et resplendissez.
Hajoth à Kadosh, criez, parlez, rugissez, mugissez: Kadosh, Kadosh, Kadosh, Saddaï , Adonaï, Iotchavah, Eiazerie.
Hallelu-jah, Hallelu-jah, Hallelu jah. À.men.
C'est à la connaissance des élémentals et de leur action que se rattachent les diverses pratiques concernant l'évocation des formes astrales.
1IAY0NNEH
Cette évocation doit cire pratiquée de la façon suivante, quand on aura satisfait à l’entraînement psychique et alimentaire habituel.
i° Tracé du cercle d’après les correspondances planétaires .
2 ° Prière magique dans le cercle d’après le rituel indiqué, pendant que le parfum convenable fume sur l’autel et que la lumière éclaire la fumée du parfum devant le miroir magique.
3° Oraison des gnomes, des sylphes, des ondines et des salamandres, suivant le cas.
4° Conjuration (d’après les correspondances planétaires).
5° Après l’apparition dans le miroir, renvoi.
Tous les détails sur les instruments, le cercle, etc., se trouvent dans le dernier chapitre de cette partie de l’ouvrage.
Voici, de plus, quelques pratiques curieuses tirées des vieux grimoires, et dont le lecteur avisé rétablira facilement l’origine et la raison d’être.
Nous donnons les deux premières évocations à litre de curiosité et la dernière,tirée d’Eliphas Lévi,comme développement préalable du rituel d’évocation que nous analyserons dans un prochain chapitre.
EVOCATIONS D’APRÈS LES GRIMOIRES
POUH FAIRE VEN1K UN FILLE VOUS TROUVER, SI SAGE QU’ELLE SOIT; EXPÉRIENCE D’UNE FORCE MERVEILLEUSE DES INTELLIGENCES SUPÉRIEURES.
11 faut remarquer, au croissant ou au décours de la Lune, une étoile entre onze heures et minuit ; mais avant de commencer, faites ce qui suit.
Prenez du parchemin vierge, écrivez dessus le nom de celle que vous voulez faire venir. De l’autre côté vous éciirez ces mois : Melchiael, Barcchas, puis vous mettrez voire parchemin par terre, le nom de la personne contre terre, le pied droit dessus et le
genou gauche à terre ; alors, regardant la plus brillante étoile, il faut tenir en main droite une chandelle de cire blanche qui puisse durer une heure, vous direz la salutation suivante.
Conjuration.
Je te salue et conjure, ô belle lune et belle étoile, brillante lumière que je tiens à ma main, par l’air que je respire, par l’air qui est en moi, par la terre que je touch**, je vous conjure, par tous les noms des esprits princes qui président en vous, par le nom ineffable ON, qui a tout créé, par toi bel ange Gabriel, avec le prince Mercure, Michael et Melchidael. Je vous conjure derechef par tous les divins noms de Dieu, que vous envoyez obséder, tourmenter, travailler le corps, l’esprit, l’àme et les cinq sens de nature de N., dont le nom écrit ci-dessous, de sorte qu’elle vienne vers moi et qu’elle accomplisse ma volonté, et qu’elle n’ait d’amitié pour personne du monde, spécialement pour N., tant qu’elle aura d'indifférence pour moi, qu’elle ne puisse durer, quelle soit obsédée souffre et tourmentée. Allez donc promptement Melchidael, Bereches, Zazel, Firiel Malcha, et tous ceux qui sont sans vous ; je vous conjure, par le grand Dieu vivant, de l’envoyerpromptement pour accomplir ma volonté, et moi N. je promets de vous satisfaire.
Après avoir prononcé tiois fois celte conjuration, mettez la bougie sur le parchemin et la laissez brûler ; le lendemain prenez ledit parchemin et le mettez dans votre soulier gauche, et, l’y laissez jusqu’à ce que la personne pour laquelle vous avez opéré soit venue vous trouver. 11 faut spécifier dans la conjuration le jour que vous souhaitez qu elle vienne, et elle n’y manquera pas.
POUR FAIRE VENIR TROIS DEMOISELLES OU TROIS MESSIEURS DANS SA CHAMBRE APRÈS SOUPER
Préparation.
11 faut être trois jours sans tirer de Mercure; le quatrième, vous nettoyerez et préparerez votre chambre dès le matin, sitôt que vous serez habillé, le tout à jeun, et vous ferez en sorte qu’on ne la gâte point dans le reste de la journée, et vous remarquerez qu’il faut qu'il n’y n’ait rien de pendu ou de croché comme tapisserie, habits, chapeaux, cages à oiseaux, rideaux du lit, etc., et surtout mettez des draps blancs à votre lit.
IlAYUNNEH
Cérémonie.
A la fin du souper, va sûrement à la chambre préparée comme dessus ; fais bon feu, mets une nappe blanche sur la table, trois chaises autour, cl vis-à-vis des sièges trois pains de froment cl trois verres pleins d’eau claire cl lïaichc, puis mets une chaise ou un fauteuil à côté de ton lit, ensuite couche-toi et dis les paroles suivantes :
Conjuration.
Beslicirum, consolatio veni ad me vertu Creon, Creon, Creon, canlor laudem omnipolenlis el non commentur. Star superior caria bient laudem omviestra priucipicm de montem cti nimicos meos ô prostanlis vobis et inilii dantes quo passium fi cri sui cisibilisV
Les trois personnes étant venues s’asseoiront auprès du feu, buvant, mangeant, et puis remercieront celui ou celle qui les aura reçus ; car si c’est une demoiselle qui fait celte cérémonie, il viendra trois messieurs, et si c’est un homme, il viendra trois demoiselles ; les trois personnes tireront au sort entre elles pour savoir celle qui demeurera avec toi ; elle se mettra dans le fauteuil ou la chaise que tu leur auras destiné auprès de ton lit, et elle restera à causer avec toi jusqu’à minuit, el à celle heure elle s’en ira avec ses compagnes, sans qu’il soit besoin de les renvoyer. A l’égard des deux autres, elles se tiendront auprès du feu pendant que l’autre t’entretiendra ; el pendant qu’elle sera avec toi tu peux l'interroger sur tel art, ou sur telle science el telle chose que tu voudras, elle te rendra sur le champ réponse positive. Tu peux aussi lui demander si elle sait quelque trésor caché et elle t’enseignera le lieu, la place et l’heure commode pour le lever, même s’y trouvera avec ses compagnes, pour te défendre contre les atteintes des esprits infernaux qui pourraient en avoir la possession ; et en partant d’auprès de toi, elle te donnera un anneau qui te rendra fortuné au jeu en le portant à ton doigt ; et si lu le mets au doigt d’une femme ou fille, tu en jouiras sur le champ.
Nota. Que tu dois laisser ta fenêtre ouverte afin qu’elle puisse entrer. Tu pourras répéter cette même cérémonie tant de fois que lu voudras,
1 Nous avons scrupuleusement conservé cet inénarrable latin.
EVOCATION D AMOUK d’aphès Empiias Lévi
(Rituel p. 1 85 el suiv.)
On doit d'abord recueillir avec soin tous les souvenirs de celui ou celle qu’on désire revoir, les objets qui lui ont servi et qui ont gardé son empreinte, et meubler soit une chambre où la personne ait demeuré de son vivant, soit un local semblable où l’on mettra son portrait, voilé de blanc, au milieu des fleurs que la personne aimait et que l’on renouvellera tous les jours.
Puis il faut observer une date précise, un jour de l’année qui ait été soit sa fête, soit le jour le plus heureux pour votre affection et pour la sienne, un jour dont nous supposons que, quelque heureuse qu’elle soit d’ailleurs, la personne n’a pu perdre le souvenir ; c’est ce jour-là même qu’il faut choisir pour l’évocation à laquelle on se préparera pendant quatorze jours.
Pendant ce temps, il faudra observer de ne donner à personne les memes preuves d’affection quelc défunt ou la défunte avait droit d'attendre de vous ; il faudra observer une chasteté rigoureuse, vivre dans la retraite, et ne faire qu’un modeste repas et une légère collation par jour.
Tous les soirs, à la même heure, il faudra s’enfermer avec une seule lumière peu éclatante, telle qu’une petite lampe funéraire ou un cierge, dans la chambre consacrée au souvenir de la personne regrettée. On placera celte lumière derrière soi et l’on découvrira le portrait, en présence duquel on restera en silence ; puis on parfumera la chambre avec un peu de bon encens et l’on en sortira à reculons. Le jour fixé pour l’évocation, il faudra séparer dès le matin comme pour une lête, n’adresser le premier la parole à personne de la journée, ne faire qu’un repas composé de pain, devin et de racines ou de fruits; la nappe devra être blanche, on mettra deux couverts, el l’on rompra une part du pain, qui devra être servi entier, on mettra aussi quelques gouttes de vin dans le verre de la personne qu’on veut évoquer.
Ce repas doit être fait en silence, dans la chambre des évocations, en présence du portrait voilé; puis on emportera tout ce qui aura servi pour cela, excepté le verre du défunt et sa part de pain, qui seront laissés devant son portrait.
Le soir, à l’heure de la visite habituelle, on se rendra dans la
HAYONNE»
chambre en silence, on y allumera un feu clair avec du bois de Cyprès, cl l’on y jettera sept fois de l'encens, en prononçant le nom de la personne qu'on veut revoir. On éteindra ensuite la lampe et on laissera le feu mourir Ce jour-là on ne dévoilera pas le portrait. Quand la flamme sera éteinte, on remet ira «le l'encens sur les charbons cl l’on in\o«|ucra Dieu suixanl les formules de la religion à laquelle appartenait la personne décédée et suivant les idées qu'elle avait elle-même de Dieu.
Il faudra, en faisant celte prière, s'identifier à la personne évoquée, parler comme elle parlerait, se croire en quelque sorte elle meme ; puis, après un quart d’heure de silence, lui parler comme si elle était présente, avec affection et avec foi, en la priant de se montre; à nous ; renouveler celte prière mentalement et en couvrant son visage de ses deux mains, puis appeler trois fois cl à haute voix la personne ; attendre à genoux et les yeux fermés ou couverts pendant quelques minutes en lui parlant mentalement ; puis l’appeler trois fois encore d'une voix douce et affectueuse et ouvrir lentement les yeux. — Si l'on ne voyait rien, il fa ml rail renouveler cette expérience l’année suivante et ainsi jusqu’à trois fois. — Il est certain qu’au moins la troisième fois on obtiendra l’apparition désirée, et plus elle aura tardé, plus elle sera visible et saisissante de réalité.
Comme on le voit, dans ces variations de formes astrales, toute la force utilisée est exclusivement tirée de l’opérateur.— Dans les modernes séances spirites où les données de la magie ont été complètement corrompues, c’est un être humain en état d’hypnose, appelé médium, qui fournit la force nécessaire et dont la force psychique est aspirée avec volupté parles élémcntals présents. — C'est en effet grâce à la force vitale que les entités peuvent se manifester, et les anciens employaient à cet effet le sang des victimes, ainsi qu’on peut le voir dans Homère.
Dans les expériences difficiles, on ajoute à la fumée des parfums l’action du corps astral d’un animal quelconque, généralement un batracien (une grenouille le
Elipiias Levi. Rituel de la Haute Magie.
Stanislas de Guaita. Le Serpent de la Genèse.
Jules Lermina . Magie pratique.
Durville . Traité pratique de Magnétisme.
Grimoires attribués à Albert le Grand. — Clavicules de Salomon. — Grimoires d’Ilonorius.
CH A PI TH I*’ \VI
LA MKDKCINK IIIÎRMICTIQI L
AlXOPATHIU. 110)101-10 P ATT 11I£. I I KHMKTISMI'
Caractère et yuérison des obsessions
Guérir est l’un des buis principaux proposés par l'initiation au magiste. — La science du I liera peu le est triple et peut s’adresser soit au corps, soit au corps astral. soit à l'être psychique. À chacune de ces divisions correspond une médecine spéciale.
On moditie le corps physique par l’action des substances matérielles données à haute dose. De là la médecine matérialiste, l’allopathie, la médecine des contraires, la seule que connaissent et qu’admettent la plupart des contemporains imbus de positivisme étroit.
Ou modilic le corps astral par l’action de substances lluidiques supportées par d’inlimes doses de matière. De là la médecine homœopathiquc et l’action des semblables, première application de la magie au microcosme.
On modilie l’être psychique par l’action des idées vitalisées par la volonté du magiste. — De là la médecine magnétique et l’action des forces psychiques.
Enfin le maniement des fluides psychiques, allié à la connaissance des dynamismes astraux, synthétise toutes ces actions et constitue la médecine hermétique, connue seulement de quelques adeptes.
C’est faute de comprendre ces divisions primordiales qu’on porte de si téméraires jugcmcnls sur celle question de l’art du thérapeute, si utile pourtant à tout étu-
MAUIK rUATIQlllî
«liant qui désire pratiquer les enseignements de l’ésoté- risme.
Aussi, quoique les développements que nous allons aborder se rapportent d’une part à l’action de l’homme sur le microcosme et d’autre part à l'action de la Nature sur ce microcosme, nous avons préféré en faire un exposé spécial s’adressant particulièrement à ceux que la médecine intéresse et qui tiennent à connaître les rapports de la Magic avec les diverses écoles médicales.
Avant tout, il est indispensable de rappeler encore les théories de la Magie au sujet de l'élaboration incessante de l'organisme humain.
Le corps physique est fabriqué par le corps astral, qui lui-même ne fait que réaliser les principes généraux ou les idées premières de toute lorme matérielle. Cette conception est résumée dans la loi : le 1 isible n’est que la manijeslalion de l’invisible.
Or toute affection étant le résultat d’un trouble quelconque dans l’action des éléments générateurs, physiques, astraux ou psychiques, il y a trois moyens généraux, trois points de départ différents, pour ramener l'équilibre détruit.
1 ° On peut agir sur le corps physique par des moyens purement physiques, en considérant surtout l’organe malade et en calmant les symptômes par déplacement. C’est là la médecine des contraires, ou médecine physique, la plus employée dans les écoles officielles et la base fondamentale de l’allopathie.
2 ° On peut agir sur le corps astral par des moyens plus subtils, en faisant supporter un dynamisme considérable à une infime parcelle de matière. Dans ce cas on renforce l’organe astral qui a charge de rétablir l’équilibre détruit. C’est là la médecine des semblables, ou médecine astro-magnétique, la plus.ignorée des écoles officielles et la base fondamentale de l’homœopathie.
3° Enfin on peut agir sur l’être psychique par des moyens purement magiques, en incitant les idées créatrices qui modifient toute forme matérielle. C’est là la médecine des correspondants, ou médecine hermétique, que les écoles officielles pressentent sous le nom d’hyp-
nothérapic, mais dont les développements complets forment la thérapeutique sacrée.
Telles sont les trois divisions fondamentales des Lcolcs de médecine à travers les Ages. Nous allons maintenant aborder les détails les plus nécessaires à connaître.
Les affect ions dont peut être atteint l’clre humain se classent également d’après le centre particulièrement attaqué. Ces affections peuvent porter soit sur le corps physique, soit sur le corps astral, soit sur letre psychique : mais jamais sur l’esprit, qui ne peut être que troublé dans ses relations avec l’organisme, et non dans son essence.
L’allopathie trouvera donc son application dans les maladies provenant du corps physique.
L’homœopathieaucontraire donnerad’cxcellenlsrésultats dans les all’ections provenant du corps astral, comme les maladies de poitrine, le cancer, et certaines formes de maladies nerveuses (chorée, paralysie agitante, etc.).
La médecine hermétique sera utilisée dans les alléchons ps\chiques. les cas d obsession ou de \ampirisme si peu connus des médecins actuels, qui les contondant avec la folie.
Comme nous ne pouvons faire un traité de médecine en quelques pages, nous allons indiquer les principaux moyens mis à la disposition du magislc pour son action thérapeutique.
Lorsqu’on se trouve en présence d’un malade, la première règle à observer est de déterminer l'influence planétaire qui domine cet être humain.
Si l’on ne possède pas suffisamment la science des signatures astrales, il suffira de savoir le mois et le jour de la naissance. Le tableau que nous donnons ci-après indiquera l’influence planétaire qu’on peut théoriquement considérer comme la principale.
On se reportera alors à notre chapitre sur la réalisation dans la nature (m* partie}, où l’on trouvera le tableau des correspondances nécessaires pour déterminer l’inclination du malade vers telle ou telle maladie, d’après les correspondances planétaires.
On vérifiera enfin les rapports des signes zodiacaux
qui président à la naissance avec les organes correspondants et il sera bon de dresser un horoscope rapide dans le genre de l'horoscope de l’opération magique, pour voir la position relative du ciel au jour de la naissance du malade en question.
Mais, dans la pratique courante, les indications tirées du tableau suivant suffiront seules à donner une première idée des influences planétaires qui sont en jeu. Ce premier résultat obtenu, comment obtenir la guérison
TO1.EAV SES
ISFlYENcrs PUNÏTAlljES
feCoiç D* L'JM0 fr.TOJJ?
Si la maladie dépend du corps physique, l’emploi de l’alcool et des plantes qui fortifient les bonnes influences planétaires du malade suffira. On trouvera une liste de ces piaules, avec leurs rapports:,dans notre chapitre sur l’astrologie naturelle. On trouvera aussi de sérieuses indications à ce sujet dans le petit dictionnaire magique de l’appendice, soit au nom des plantes, soit plutôt au nom des maladies.
Si l’affection est d’origine astrale, l’emploi bien entendu dos parfums alliés au magnétisme sera d'un
grand secours. On peut aussi, dans ce cas. faire les talismans sous les influences favorables a la guérison de la maladie. L’homœopathic, éclairée par l'étude des correspondances astronomiques, est aussi fort utile pour ce genre d affection.
Enfin, dans les maladies qui dérangent les rapports de la force nerveuse unissant l’étrc psychique à l’esprit, ou qui atteignent cet être psychique lui-même dans son intimité, le magislc aura à sa disposition la musique, maniée d’après les principes énoncés dans la réalisation de l’homme (2 0 partie) ; puis le charme du verbe agissant par persuasion, procédé qui donne des résultats merveilleux en Amérique, aux initiés de la « Christian Science », le magnétisme uni aux formules magiques permettant d’obtenir un grand nombre de succès.
Toutefois il est nécessaire de donner quelques détails sur la guérison des obsessions.
De 1/Obsession
L’être humain dans certaines conditions d’irritabilité nerveuse, sous l'influence d’une grande peur, d’un remords, d’une haine violente, etc., etc., génère dans son atmosphère astrale des entités particulières dénommées larves en occultisme et qui se nourrissent de la substance astrale de l’imprudent qui leur a donné le jour. C’est là le grand danger des expériences psychiques et nous avons assez prévenu les lecteurs à ce sujet.
Or une personne qui a peur d’être haïe par une autre, et qui se croit persécutée, crée une larve qui est constituée par cette idée comme àmeet par sa propre force xitalc comme corps astral. Cette larve pénètre peu à peu la substance de l’obsédé et bientôt la folie éclate et nécessite l’internement de l'être assez faible pour 11’avoir pas su dominer l’impulsion de terreur issue de son centre psychique.
Il en est de même dans la création du remords, qui hante l’astral des criminels au point de les amener à faire l’aveu de leur forfait ou à chercher dans la mort un allègement à cette horrible souffrance. La larve de ce
dernier goure est d’aulanl plus terrible iju'elle est constituée en partie par le corps astral de la victime. La pratique delà médiumnité spirite conduit aussi à ces obsessions. et nous pouvons personnellement citerplusieurs médiums atteints de celte dangereuse affection et qui sont venus demander des conseils à cet égard.
11 est donc très important de laisser les médecins oi'tieiels traiter d’aliénés et les malades et ceux qui s’occupent de les guérir pat la magie : mais il faut bien savoir comment on peut enlever une obsession.
Deux procédés principaux peuvent être mis en usage à cet effet.
i“ L’action indirecte, basée sur la correspondance du physique et de l’astral et qui nécessite un sujet en état d’hypnose profonde.
2" L’action directe, basée sur la magic cérémonielle et qui 11c demande que l’emploi de l’épée servant ordinairement dans les opérations.
Le premier procédé sera suffisamment décrit par le récit suivant.
Nous trouvant à Londres, nous eûmes l’occasion d’entrer en relation avec une mystique célèbre qui se croyait persécutée par une ennemie considérée, à tort ou à “ raison, comme assez experte eu magie pratique. L’obsession avait été assez violente pour déterminer deux tentatives de suicide, arrêtées ù temps par des témoins arrivés inopinément. Cette idée de suicide s’accentuait principalement quand la malade (je ne la considérais pas autrement) allait vers un certain coin de sa chambre. Mis au courant de la situation, nous essayâmes l'expérience suivante : Parmi les personnes qui venaient rendre visite dans la maison, nous remarquâmes une lennue assez nerveuse et n ayanl jamais été hypnotisée. Sur notre demande, celte femme, ignorant ce qui se passait, voulut bien se prêter à un essai hypnotique et lut endormie en quelques minutes. Des passes lentes déterminèrent bientôt un étal d hypnose assez profond pour que le sujet pût nous décrire une sorte de lacet iluidique situé dans le coin en question de la chambre. Nous dessinâmes le lacet, guidé par le récit du sujet, sur une
HAYONNKR
feuille do papier blanc consacrée et parfumée sur l’heure. Une lois le dessin achevé, une formule et une prière mirent l’image physique en communication avec l’image astrale. G’estalors qu avec une longue lame d’acier nous divisâmes le dessin en plusieurs tronçons qui, d’après les dires du sujet, se reportèrent immédiatement sur l’objet lluidique. qui fut aussi mis en pièces.
Soit suggestion, soit tout autre effet, les envies de suicide par strangulation quittèrent immédiatement la malade, qui se porte fort bien depuis ce temps (il y a actuellement deux années).
En somme, ce procédé consiste à répéter en physique les images astrales, à établir un lien magique entre le dessin et l’image, puis a exécuter sur le dessin physique les changements qu’on désire apporter dans l’image astrale. Un sujet, isolé électriquement, est nécessaire pour cette expérience.
Le second procédé est plus actif et s’emploie dans les cas où l’obsession a pris un caractère particulièrement grave.
U est basé sur ce lait que les élémentals et les larves se nourrissent de substance astrale et que le sang contient le plus de cette substance.
Supposant donc une personne violemment obsédée, on opère de la façon suivante :
On prendra une mèche de cheveux de lapavouue en question, et on encensera cette miche en !a c. ma - crant d’après le procédé habituel.
Cela (a.!, ou fera venir le malade, et dovuvl Lu un trompera la mèche de cheveux ih.ms le sang d’un pig. mi ou d nu c..I.j\e. également cm.sacre sous l.s mil«ici,cvs de Jj t /.Ur ou d Apollon, en pronon;.uil la giande conjuration de Salomon. Pour celle opération I edhc.ant pindlc sera \è!u do blanc.
Ensuite on placera la mèche le;:.te do sang sur une planchette et on tracera tout autour de la mèche un cercle avec un mélange de charbon cl d’aimant pulvérisé 1 .
1 Ou obtient culte poudre en pulvérisant une pierre dVimaiil. A Paris il c iis le. eu face de .Notre-Dame, unnéyo.ianl, marchand d’iuslrt.- munis de physique, qui vend de la pierre d'aimant naturelle.
Cela fait. on écrira aux quatre points cardinaux dans l’intérieur du cercle les quatre lettres du létragramme sacré.
C’est alors qu’avec l’épée magique (où à défaut avec une pointe d'acier ordinaire terminée par un manche isolant en bois verni) on piquera fortement la mèche de cheveux teinte de sang, en ordonnant à la larve de se dissoudre.
11 est rare que cette expérience, répétée trois lois à sept jours d’intervalle, 11e donne pas un résultat pleinement satisfaisant. Le rituel en a été établi par F. Ch. liarlet dans ses grandes lignes, et nous n’avons fait qu’en modifier les détails.
Cette cérémonie nous a plusieurs lois donné de merveilleux résultats dans des cas qui auraient nécessité l’internement immédiat du malade. En relisant les laits arrivés à Cideville, on reconstituera facilement la théorie complète de cette action des pointes d’acier, qui se conduisent là comme vis-à-vis des agglomérats électriques.
Celte question des obsessions demandant une atten- Upn particulière de la part du magiste, nous y avons consacré une étude spéciale, ce qui nous a permis de dire quelques mots de la médecine et de ses divisions au point de vue de la science occulte.
Nous pouvons maintenant revenir à la synthèse de toutes les opérations dont nous avons parlé jusqu’à présent. Mais nous terminerons ce chapitre par les curieuses traditions suivantes de la Magie des campagnes.
Traditions de médecine hermétique conservées
DANS UES CAMPAGNES
Pour connaître si un malade vivra ou mourra.
Divers sont les jugements qui se font d’aucuns si un malade doit vivre ou mourir; mais je publierai le présent sigue infaillible duquel se pourra servir un chacun et en taire un ferme jugement.
Prenez une ortie et la mettez dans l'urine du malade, incontinent après que le malade l’aura laite et qu’elle ne soit point corrompue, et laissez l’ortie dans ladite urine 1 espace de vingt-quatre heures, cl après, si l’ortie se trouve sèche, c’est signe de mort, et si elle se trouve verte, c’est signe de vie.
Pour [{réserver de lu ffoutle.
Ce mal est causé par Saturne 1 ; prenez à l’heure de Mars ou de Vénus l’herbe nommée Marica, que vous pilerez et mêlerez avec le jaune d’œuf en façon d’une allumette, et mangez-en à jeun : cela nous préservera de la goutte.
Pour les fistules.
Ce mal est causé par Mars ; prenez, à l’heure de Saturne ou de Jupiter, ses ennemis, la racine de lirios en poudre que vous mêlerez avec la cendre des huîtres brûlées, pain de pourceau, et vous appliquerez sur la lislule.
Pour laver les lâches de lu petite vérole.
Ce mal est causé par Mars ; prenez à l'heure de la Lune, Mercure, Saturne ou Jupiter, ses ennemis, litharge, racine de cannes sèches, farine de maïs, farine de riz ; pilez et mêlez avec l’huile d’amande douce et graisse de mouton liqueliée, et il faut oindre visage et le laisser ainsi toute la nuit et la matinée et le laverez avec l’eau chaude.
Pour la pierre de la vessie
Ce mal est causé de la Lune ; prenez, à l’heure de Mars ou Mercure, des scorpions ; mettez-les dans un
Au lieu de ces herbes, la plupart inconnues, on peut nommer celles que nous avons énumérées dans notre chapitre d'Astrologie naturelle, d'après leurs correspondances planétaires.
pot de terre iieut qui ait la bouche étroite, et le placez dans un Tour qui ne soit pas trop chaud l’espace de six heures, puis sortez et en pilez subitement.
1 uæ douleurs de colique
Ce mal est cause de la Lune ; prenez à l’heure de Mars ou Mercure, ses ennemis, les Iruilsde laurier, et en laites une poudre, et en donnez a boire le poids de deux grammes avec vin aromalique ; cela ôtera la douleur.
Pour lu difficulté d'uriner
Ce mal est causé de la Lune ; prenez, k l’heure de Mars ou Mercure, ses ennemis, la semence du triolet et la semence d’Alsabanus, el les laites bouillir dans l’eau ; k laquelle décoction vous ajouterez une cantharide sans tête, pieds et ailes, mise en poudre, et en boirez une cuillerée ; cela fera uriner.
Pour l’hydnqnsie
""Ce mal est causé de Saturne; prenez, k l’heure de Mars ou Vénus, ses ennemis, un faisan ; tuez-le et prenez le sang ; donnez-en deux verres à boire, et le malade guérira infailliblement.
Pour les douleurs d’estomac
Ce mal est causé du Soleil : prenez a l’heure do M„rs. Mercure ou la Lune, scs ennemis, une poule et la tuez : et levez dehors celte pluchéo qui,se trouve dans le petit ventre et en laites une poudre: la donnant k boire avec du vin. c’est un bon remède.
THÉORIE dp: l’évocation magique
C1IAP1THK XVII
SÏNTIlfcSK DK L'ADAPTATION
La (iHAM)K Ol’Kll ATION
Nous avons suivi le magiste dans son entraînement qui lui permet de dynamiserconvenablement la volonté. Nous l’avons vu aimanter, concentrer puis rayonner hors de lui la force psychique en diverses opérations. 11 nous faut maintenant aborder l’élude de l’cllorl le plus grand qui puisse être demandé à la nature humaine : la grande évocation et le dédoublement.
La grande évocation qui synthétise eu une cérémonie tous les enseignements magiques, est décrite dans quelques manuscrits qui sont publiés sous le nom de o Clavicules de Salomon ». Elle constitue la partie vraiment ésotérique de la Kabbale pratique, et nous allons en exposer les cléments aussi clairement que possible en condensant en quelques pages les pratiques les plus sérieuses et les plus authentiques de tous ces anciens grimoires. Toutefois nous respecterons autant que possible le style et même les fautes de latin de ces anciens manuscrits, pour bien préciser le caractère purement archéologique de notre reconstitution.
Nous avons dit que celle pratique constituait la synthèse de toutrenssignement magique ; aussi trouve-t-on dans les clavicules une foule de renseignements touchant les planètes et les correspondances qui seraient superflus pour un lecteur en possession de ce traité
Nous allons cependant transcrire le résumé de la théorie du monde invisible intitulé : « Discours de Salomon a Roboam. son fils », ctqui sera certainement goûté comme il le mérite. Nous transcrivons ce passage de l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale.
DISCOURS DE SALOMON A ROBOAM SON FILS.
Mon fils Roboam : comme de toutes les sciences il n’y en a point de plus naturelles et de plus utiles que la connaissance des mouvemens célestes, j’ai cru en mourant devoir te laisser un héritage plus précieux que toutes les richesses dont je jouis, et pour te faire comprendre de quelle manière je suis parvenu a ce degré, il faut te dire qu’un jour, contemplant la puissance de l’Être suprême, l’ange du grand Dieu apparut devant moi dans le temps que je disais : O quam mirabilia opéra Dei, que les ouvrages de Dieu sont grands et admirables. Tout d’un coup j'aperçus au fond d’une allée épaisse d’arbres une lumière en forme d’étoile ardente qui me dit d’une voix tonnante : « Salomon, Salomon, ne t’étonne point, le Seigneur veut bien satisfaire ta curiosité en te donnant la connaissance de la chose qui te sera la plus agréable, je l’ordonne de lui demander ce que tu désires. » Sur quoi étant revenu de la surprise où j’étais, je répondis à l’ange, qu’après la volonté du Seigneur je ne désirais que le don de Sapience, cl par la-bonté du grand Dieu, j’obtins par surcroît la jouissance de tous les trésors célestes et la connaissance de toutes choses naturelles. C’est, mon fils, par ce moyen que je possède toutes les vertus et richesses dont tu me vois jouir à présent, et pour peu que tu veuilles être attentif à tout ce que je te vais raconter, et que tu retiennes avec soin ce que je vais te dire, je t’assure que les grâces du grand Dieu te seront familières et que les créatures célestes et terrestres te seront obéissantes, science qui n’opère que par la force et puissance des choses naturelles et des anges purs qui les régissent dont je le donnerai les noms par ordre, leurs exercices et emploi particuliers auxquels ils président particulièrement, pour que tu puisses venir à bout de tout ce que lu trouveras dans ce mien testament dont je promets la réussite, pourvu que tous les ouvrages ne tendent qu’à l’honneur de Dieu qui m’a donné la force de dominer, non seulement sur les choses terrestres, mais aussi sur les célestes, c’est-à dire sur les anges, dont je puis disposer à ma volonté et obtenir d’eux des services très considérables.
RAYONNE»
Il laut premièrement que lu saches que Dieu ayant fait toutes choses pour lui être soumises, il a bien voulu porter ses œuvres jusqu’au degrc le plus parfait en faisant un ouvrage qui participe du divin et du terrestre, c’est-à-dire l’homme, dont le corps est grossier et terrestre et l'âme spirituelle et céleste, auquel il a soumis toute la terre et ses habitants, et lui a donné des moyens par lesquels il peut se rendre les anges familiers, que j’appelle créatures célestes, qui sont destinés les uns à habiter les éléments, les autres à conduire et aider les hommes, et les autres à chanter continuellement les louanges du Seigneur. Tu peux donc par le moyen de leurs sceaux el caractères te les rendre familiers pourvu que lu n’en abuses pas en exigeant d'eux des choses qui leur sont contraires, car maudit celui qui prendra le nom de Dieu en vain el qui mal emploiera les sciences et les biens dont il nous a enrichis; je te commande, mon fils, de bien graver en ta mémoire tout ce que je te dis pour qu’il n’en sorte jamais, ou du moins je t’ordonne que si lu n’avais dessein de bien user des secrets que l’enseigne, de jeter plutôt ce testament au feu que d'abuser du pouvoir que tu auras de contraindre les esprits, car je t’avertis que ces anges bienfaiteurs, fatigués et lassés par tes illicites demandes, pourraient à ton malheur exécuter les ordres de Dieu aussi bien qu’à celui de tous ceux qui mal intentionnés abuseraient des secrets qu’il lui a plu me donner cl révéler. Ne crois pourtant pas, mon fils, qu’il ne te soit permis de profiter des biens et plaisirs que les esprits divins peuvent te rendre; au contraire, c’est pour eux un très grand plaisir de rendre service à l’homme avec qui plusieurs de ces esprits ont beaucoup de penchant et d’affinité. Dieu les ayant destinés à la conservation et conduite des choses terrestres qui sont soumises au pouvoir de l’homme.
Il y a de différentes sortes d’esprits, selon les choses auxquelles ils président : il y en a qui régissent le ciel empiré, d’autres le premier et second cristallin, d’autres le ciel étoilé; il y a aussi des esprits au ciel de Saturne que je nomme saturnites ; il y a des esprits jovials, martials, solaires, vénériens, et lunaires, et mercuriels; il y en a aussi dans les éléments aussi bien qu’aux cieux, il yen a dans la région ignée, d’autres dans l’air, d’autres dans l’eau et d’autres sur la terre, qui tous peuvent rendre service à l’homme qui aura le bonheur de les connaître et de savoir les attirer. Je veux encore te faire connaître que Dieu a destiné à chacun un esprit qui veille et prend soin à notre conservation, iceux sont appelés génies qui sont élémentaires comme nous et qui sont plus faciles à rendre service à ceux dont les tempéraments sont conformes à l’élément que les génies habitent, de même par
exemple si lu étais d'un tempérament igné, c’est-à-dire saturnin, ton génie serait igné et soumis à l'empire de liuéi II y a outre cela temps réservés pour l’invocation de ces esprits, des jours et heures auxquels iis ont des forces ci un empire absolu, c'est pour cela que tu verras ci-après, dans la Table qui suit, à quelle planète et à quel ange sont soumis chaque jour et heure, ensemble les couleurs qui leur conviennent, les métaux, les herbes, plantes, animaux aquatiques, aériens et terrestres, et les encens qui leur conviennent, comme aussi en quelle partie du monde ils demandent d’être invoqués sans omettre les conjurations, sceaux, caractères et lettres divines qui leur conviennent, par lesquels on reçoit la puissance de sympatiser avec ces esprits.
Tel est le rcsupié mis eu langue vulgaire par VP'Barault, archevêque d’ Arles, cl concernant la théorie magique des esprits et des correspondances.
Abordons maintenant la pratique.
La première condition à remplir consiste à préparer soigneusement tous les objets nécessaires à la grande évocation. Ces objets, achetés ou préparés sous les nus-- pices planétaires convenables, seront renfermés dans le mauble spécial placé à gauche de l’autel magique, comme nous l’avons dit à propos du laboratoire.
Voici la liste complète de ces objels :
Objets nécessaiues polr les opérations de l’art.
Une cassette de bois d’olivier ou de coudrier.
Ou une autre d’un bois quelconque doublé de toile blanche neuve.
Un bonnet ,
Inculs pourles operations importantes.
Souliers légers 1 Bas blancs [
Un écritoire
Plumes de corbeau propres
Un canif à manche blanc Un poinçon d’acier en forme de burin Une paire de bons ciseaux
Un encrier de faïence blanche (encre et coton neufs).
Dans la boite :
Une pefile boilc avec l’attirail necessaire pour faire du feu au briquet (le soufre étant consacré à Saturne),
Tablk/W nns Instwjmenj.
Bougie de cire vierge — fiole de verre pleine d'eau lustrale (faite la veille de Pâques).
Troiscouteaux. — Un pointu à manche blanc.
Un coutelas à manche noir,
U ne forme de faucille à manche noir, Un compas assez grand,
MAGIK PBATIQCE 28
Dans la cassette on mettra :
Un bâton de coudrier de la longueur de la cassette (grosseur et rondeur du pouce).
Une petite baguette à peu près de la même longueur.
Un aspersoir de crin d'un jeune cheval ou poulain
Petits paquets de parfums.
Réchaud de terre, charbon neuf.
Une petite pelotte de corde neuve (pour tracer le grand cercle).
La différence du sorcier au magicien est que le premier suit aveuglément les enseignements des grimoires et que le dernier adapte ces enseignements à son époque.
Le lecteur assidu trouvera dans notre étude sur la réalisation du geste l’adaptation du bâton et de l’épée magiques à notre époque. De même, à propos des talismans, nous décrivons l’adaptation de l’encre et des plumes d’oie et leur transformation en crayons de couleurs. Nous pensons donc qu’il est inutile d’insister sur le vêtement et son adaptation à nos coutumes, sur le briquet et sur d’autres détails que la sagacité du lecteur saura comprendre sans difficulté.
Tous ces objets doivent être consacrés d'après le rituel ordinaire. Voici les conjurations et les oraisons employéas par les « clavicules » à ce sujet.
'Bénédiction de la boite à encre,
11 n’importe pas de quoi elle soit pourvue, qu elle soit neuve et propre, il suffira seulement de la bénir et encenser comme de coutume en disant :
Hamiel, Ilamiel, Hel, Miel, Ciel,
Joviel, Nas, Nia, Magde, Tctragrammaton.
RAYONNEn
L’ayant réservée pour le besoin, tu y mettras quelle encre que tu voudras, pourvu qu’elle soit encensée et de la couleur planétaire.
Exorcisme pour la lasse ou on met le sang.
Il faut avoir une tasse pour y mettre un peu de sang des victimes pour servir à imprimer ou écrire, laquelle doit être de terre non vernissée et neuve comme tous les autres instruments, que, étant bien lavée et encensée, tu exorciseras comme la boite à l’encre en disant ;
Hamiel, Ilel, Miel, Ciel, JovicI, Nas, Via, Magde. Tetragrammaton.
Après quoi tu la réserveras pour le besoin.
Exorcisme du bâton pour les opérations à Vénus.
Il faut couper un bâton de branche de sureau de la longueur de deux pieds, à jour et heure de Vénus, et l’ayant raclé, tu feras une petite ouverture dans tous les intervalles des nœuds, dans laquelle tu feras entrer un petit morceau de cuivre, sur lequel tu graveras ou feras graver le caractère qui suit ci-après à pareil jour et heure de Vénus, et ayant reclos les ouvertures avec de la cire jaune et neuve, tu l’encenseras. (Voy. p. 438.)
Et ayant mis une virole de laiton à chaque bout, tu le conserveras pour le besoin.
Manière de couper l’autre bâton pour servir à toutes les opérations.
Il faut couper un bâton de sureau de même longueur que le premier, qui aura la peau bien unie, et, la nuit du renouveau de quelle lune que ce soit, tu prendras en ta
main ledit bâton après minuit en te tournant vers l’orient, tu le jetteras en l’air, et le recevant sans qu’il tombe à
Tu réciteras trois fois la même cérémonie et les mêmes paroles et garderas le bâton pour t’en servir au besoin.
Exorcisme du lieu destiné à Juire les opérations.
Comme il faut nécessairement se destiner un lieu propre et convenable aux opérations, tous lieux sont bons pourvu qu’ils aient été purifiés, et pour cet effet celui que tu choisiras ne doit avoir été habité d’aucune personne,principalement de femme.au moins sept jours, après quoi tu le tapisseras de linge blanc et mondé, ensuite tu exorciseras en disant : (voy. p. 438.)
Après l’avoir encensé pendant ladite oraison, tu le fermeras et prendras soin que nul n’y entre que toi et ceux dont tu auras besoin pour les opérations et y laissantjour et nuit une lampe ardente pendant quarante jours.
Exorcisme du vêtement.
Il faut faire un vêtement de toile de lin blanc en lorme d’une grande chemise, qui n’ait aucune ouverture que celle pour y pouvoir passer la tète et longue jusques aux pieds,un peu vaste par en bas, ayant deux manches de même toile se rétrécissant vers les poignets, et qui soit juste. Il faut qu’elle soit extrêmement blanche. 11 faut aussi avoir une petite culotte de la même toile, lequel vêtement tu exorciseras en disant : (voy. p. 43 9 .)
Et l'ayant encensé comme de coutume, tu le réserveras pour le besoin.
Exorcisme de la victime.
Comme dans toutes les opérations, il doit y avoir une victime. Il faut qu’elle soit pure et sans pollution ; l’ayant lavée et encensée avec l’encens planétaire, tu lui
couperas sur la tète une petite place de poil ou déplumé. sur laquelle tu exorciseras avec du sel de mer en disant :
Après quoi tu égorgeras la victime et d’une partie de son sang tu arroseras la chambre, ou le lieu destiné à faire l’opération en disant :
Consécration du livre.
Il faut faire un petit livret contenant les oraisons de toutes les opérations, les noms des anges en forme de litanies, leurs sceaux et leurs caractères, ce qui doit, être écrit avec du sang de colombe sur un parchemin vierge. Ce qui étant lait, iu les consacreras aux divinités suprêmes, c’est-à-dire au grand Dieu et aux esprits, de la manière suivante :
Tu mettras au lieu destiné une petite table couverte d’une nappe blanche, sur laquelle tu poseras le livret ouvert dans i’endroit où est le grand pentacule, qui doit être au premier feuillet dudit livret, et après avoir allumé une lampe qui sera suspendue au milieu de la table, tu entoureras ladite table avec un rideau blanc, ensuite tu vêtiras les habillements, et. prenant le livret ouvert, tu diras l’oraison suivante avec beaucoup d’attention et de
Ensuite tu encenseras avec l’encens convenable à la planète du jour, et mettras ledit livret sur ladite table, prenant garde que le feu de la lampe soit perpétuel pendant l’opération, et ayant fermé les rideaux, tu feras la même cérémonie pendant sept jours à commencer le samedi, et l’encensement chaque jour avec l’encens propre à la planète dominatrice du jour, à l’heure du soleil, étant soigneux que jour et nuit la lampe soit ardente, après quoi tu enfermeras le livret dans une petite armoire faite exprès au dessous de la table, jusqu’à ce que tu en aies besoin, et toutes les fois que ta voudras le prendre il faudra auparavant prendre l’habit, t’en vêtir, allumer la lampe, et à genoux ouvrir ladite armoire en disant l’oraison Adonaï Elohim . etc., comme ci-
devant. ]i faut aussi, en consacrant le livret, appeler tous les anges qui sont écrits sur le livre en forme de litanies, ce que tu feras avec dévotion, et quand même les anges et esprits n'apparaîtraient pas en consacrant le livret, il ne faut pas s’en étonner parce qu'ils sont d’une nature pure et par conséquent ils ont de la peine à se familiariser avec les hommes qui sont inconstants et immondes ; mais, par la persévérance, les cérémonies et caractères faits dévotement, ils sont contraints de venir à nous, et il arrive de là qu'à la première évocation lu pourras les voir et communiquer avec eux, mais je te recommande de n'entreprendre rien d’inutile ni d’immonde parce que l'importunité que lu leur ferais par les opérations, loin de les attirer, ne manquerait pas de les chasser, et il serait ensuite très difficile de les rappeler dans des occasions utiles, saintes et nécessaires.
Exorcisme du stilel.
Comme on no peut se passer du stilet dans les opérations, tu en feras préparer un d’acier très fin, dont la poignée sera de Ja même nature, lequel tu laveras commetuauras laitde l’épée, et l’ayant essuyé, tu le planteras par la pointe sur un petit piédestal de buis et tu diras sur lui l’oraison Agio on Pentagrammaton etc., comme sur l’épée, après quoi tu graveras ou feras graver les caractères suivants :
Lesdits caractères étant gravés, tu les encenseras et diras l’oraison : 11cl, 4 a, Yac, Va, Adonay, Cados, Cados, Aborel, Elhoim, Agla, Agiel, Asel, Sadon, Esul, Eloha Elhoim, Yeny, Del, Agios, Agios, Agios,'] Rarael, Rafaël, Raracl.
nAYONNER
Après quoi lu feras graver et lu graveras, à pareille heure que dessus avant clilc. les noms et caractères ci-après :
Ao£ * 'i-oêcm
Les susdits caractères étant gravés, tu les encenseras disant la même oraison : Ilel, Ja, Jac etc., ensuite tu les envelopperas d’un morceau de taffetas rouge et neut pour t’en servir au besoin.
Oraisons (Sfilet).
Ilel. Ja, Jac. Va. Adonay, Gados, Cados, Abord, Elhoim, Agla, Agiel. Asel, Sadon, Esul, Eloha Elhoim, \eny, Del, Agios, Agios, Couteau n. Agios, Rarael, Rarael, Rarael.
Seigneur, Dieu lout-puissant, qui as tout créé de rien, ne méprise pas ton serviteur qui t'adresse ses humbles prières afin qu’il te plaise bénir, purifier et sanctifier ce couteau pour qu’il soit digne et propre à exécuter mes opérations ; ordonne aussi à tes saints anges de venir être présents à cette mienne opération ; ô Seigneur tout puissant, souviens-toi de mon père à qui tu as accordé la connaissance de toutes choses, lais que par la vertu de ses enseignements ces couteaux deviennent purs et te soient agréables, par ton nom qui est saint Tetragrammaton.
Bâton.
Fondateur de l’univers,Créateur descieux, Etre puissant, Pentagrammaton, Eye, Eye, Eye, Irkiros, viens, sanctificateur tout puissant. Dieu éternel, et purifie ce bâton, par ton nom qui est saint et par tes anges. Amen.
L’autre bâton.
Lors même que je marcherais dans la vallée ténébreuse de la mort, je ne craindrais aucun mal, parce que tu es avec moi : ta verge, ton bâton me rempliront de consolation.
Dans le lieu des opérations
Dieu éternel, sage, fort, puissant Etre des êtres, viens dans ce lieu et le sanctifie par ta présence et ta majesté, afin que la pureté, la chasteté et la plénitude de la loi y résident, et de même que la fumée de cet encens monte jusqu’à toi, ta vertu et ta bénédiction descendent dans ce lieu. O vous,anges, et vous, esprits, soyez présents à cette consécration par le vrai Dieu vivant et éternel qui vous a créés de rien, ainsi que moi, qui dans un moment peut me replonger avec vous dans le néant et par sa sagesse. Amen.
Oraisons.
Vêtement.
O Père aimable, créateur des astres, sagesse infinie, daigne sanctifier par toutes forces et par toutes vertus ce vêtement préparé à Ven honneur. Je t’exorcise par le vrai Dieu vivant et éternel qui a fait toutes choses de rien, et qu’il n’y ait rien d’impur dans cette mienne opération, mais qu’elle soit pleine de vertus. Amen.
Victime.
Dieu tout-puissant, éternel, qui tiens toute la terre en ta puissance, sanctifie et purifie par ta vertu cette victime, afin que l’effusion de son sang te soit agréable, et comme par ta grâce tu m’as donné le pouvoir de la tuer, si je le veux ou non, de même envoie sur elle ta bénédiction. Amen.
a® Conjuration
Dieu de Moïse, tout-puissant et miséricordieux, Dieu d’Abraham, Dieu de Jacob, sanctifie ce lieu, et par l’effusion du sang de cette victime pure, purifie-lc, et vous tous anges et esprits venez et ramassez ce sang pour l’offrir au Dieu souverain de toutes choses. Amen.
Oraison Lare)
Adonaï, Elohim, Ilel, Yc, Eye, Yc, Prince des Princes, Être des Êtres, aie pitié de moi, et jette les yeux sur ton serviteur qui t'invoque très dévotement et te supplie, par ton nom très saint et redoutable, Télragrammaton, de m’èlre propice dans mes opérations, d'ordonner à tes anges et esprits de venir établir leur séjour en ce lieu O vous, anges et esprits des étoiles, ô vous tous, anges et esprits élémentaires, ô vous tous, esprits présents devant la face de Dieu, le ministre et serviteur fidèle du Très-Haut, vous conjure, Dieu même, Etre des Etres, Teragrammalon, vousconjure de venir être présents à celle opération, le serviteur de Dieu vous en supplie très humblement. Amen.
Boite à l'encre.
Dieu puissant, exauce les prières de ceux qui t'invoquent et bénis ce petit vase préparé en ton honneur pour tous tes ouvrages. Amen.
La lasse.
Dieu puissant, exauce les prières de ceuxqui t’invoquent et bénis ce vase préparé en ton honneur pour tous tes ouvrages. Amen.
Du Livre
Appelons l'attention de l'opérateur sur le livre que chaque praticien doit faire lui-même en y condensant toute la volonté possible.
L’idéal serait de fabriquer soi-même chacun des feuillets avec de la pâte à papier du commerce. On aurait ainsi du papier à la cuve dont chaque feuille aurait été magnétisée de l’influence voulue.
Sans cela il est bon de faire le livre sur beau papier ou sur parchemin.
Ceux qui voudraient savoir comment on consacre le livre de telle sorte que les esprits paraissent dès qu’on l’ouvre pourront étudier dans les éditions latines le livre iv delà «philosophie occulte d'Agrippa », qu'on dit apocryphe mais qui contient tout le rituel nécessaire à cet effet.
Mais rappelez-vous ce détail que le livre des conjurations n’a aucune valeur s’il n’est pas écrit en entier de la main de l'opérateur.
P. IJ.
CR AND PENTACLE i DE SALOMON.
par Eliphas sc met en tête du livre tout entier et le double triangle en tête des pages consacrées aux talismans.
Les préparations des objets sont maintenant terminées, parlons des cercles et de la préparation personnelle.
Du Cercle magique
Toute operation magique doit être exécutée dans l’aire d’un cercle qui symbolise la volonté de l’opérateur et qui isole celui-ci de toute mauvaise influence extérieure. C’est là la base meme de la magie cérémonielle.
Ce cercle peut être tracé, soit avec l’épée magique seule dans les cas urgents, soit avec un mélange de charbon pulvérisé et de poudre d’aimant, soit avec du charbon, isolant magnétique par excellence.
Afin d’éviter de longues études à nos lecteurs, nous allons donner la description minutieuse de l’établissement du cercle magique et nous ferons suivre celte description de sept ligures représentant chacun des cercles correspondant à une influence planétaire spéciale. — La lecture attentive de notre chapitre sur l’Astrologie kabbalisliquc fournira tous les autres éclaircissements nécessaires.
Cercle
Trois cercles de la largeur de 9 pieds distants l’un de l’autre d’une paume de main.
A. Ecrire dans le cercle du milieu :
1 * Nom de l’heure de l’opération.
2 ° Nom de l’ange de l’heure.
3* Sceau de l’ange de l’heure.
/f Nom de l’ange et des ministres du jour.
5 U Nom du temps actuel.
fr Nom des esprits qui président.
Nom du signe régnant.
8" Nom delà terre selon la saison.
9° Nom du G et de 3 à cette époque.
II. Cercle supérieur. Dans les quatre angles noms des anges de l’air ce jour-là.
C. Cercle intérieur. Quatre noms de Dieu séparés par des
croix.
D. En dehors du cercle, à chaque angle, un pentagramme.
E. Dans l’aire du cercle à l’orient « à l’occident w .
Préparation personnelle.
L’opérateur peut agir seul. Pour le cercle commun il peut n’utiliser qu’un seul aide, mais pour la grande évocation. il faut être trois : soit l’opérateur et deux assistants entraînés et initiés, soit trois êtres vivants dont deux êtres humains et un chien bien dressé à ne pas sortir du cercle, quoi qu’il arrive. On peut même l’attacher au besoin.
Ces assistants doivent être tous consacrés et exorcisés cPaprès le rituel ordinaire, par la terre, l’eau, l’air et le feu, Us doivent être chacun muni d’un talisman qui sera dans ce cas le grand pantacle de Salomon.
En consacrant les disciples par l’eau, on dira :
Renovati loti mundali silis. in nomine sanclæ et individuœ Trinitalis Patris et Fili et Spiritu sancti ; ab omnibuspeccatis vestris, verbumque Allissimi descendat super vos et maneai semper. Amen.
Si l’on prend un chien on le plonge d’abord dans l’eau consacrée et l'on dira :
Conjuro te creatura canis, per eum qui te creavit in nomine sanctissimæ Trinitalis, ut sismihi in hac operatione et in quacumque alia quam Jacere intendo,fidelis socius et amicus.
C’est seulement après ces opérations et les fumigations aux parfums consacrés que les disciples sont admis
à entrer dans le lieu de l’opération qui. dans le cas présent, sera le laboratoire magique.
Régime
Neuf jours avant l’opération, tous ceux qui doivent y prendre part suivent le régime végétarien strict.
Déplus, la prière magique sera faite en commun une fois le matin et deux fois le soir, d’après le rituel indiqué précédemment.
Les trois derniers jours, le régime sera uniquement composé de pain, d’eau et de légumes cuits a l’eau.
Enfin, la veille et faYant-vcillc de l’opération, chacun dira la confession dont la naïve citation suivante indique le caractère, qui doit être modifié par chaque opérateur :
Confession.
Confiteor omuipolenli Deo cœli et terra visibilium et invisibilium sanctisque omnibus angelis suis cuQctisquc creaturis cœlis et terra, coram sacro altari tuo et majestate tua quod o.\ peccatis conceptus sum, et in peccatis ic usque ab uro, conversatus sum, Confiteor tibi sanctissime pater omnia peccata mca quia peccavi in superbia, tam cordis quam oculorum, invanagloria, in excellencia mentis mcæ , invidia, in odia, in avaricia tam honorum quam pecunia, in insilia, in commestionibus, ebrietatibus, in fabulis et yerbis, iniosis, osculi in amplexibus in taclu immondo in femoribus, in genitalibus meis , et in omni geueicre fornicationis et adulteris, in sacrilegiis et parjuriis, infurtis et rapinis in homicidis ; peccavi contrafidcm, spem, et charilatem in exhorationibus moliigis, in blandimentis, in ignorantia, in negligentia, in suspectione, in recipiendis muneribus injuste in comtenedo pauperem et hospitalitem denegando in non visitaudo infirmos in non potando sitientes, in locutione maligna, in non elargiendo pauperibus elemosinam, non reficiendo esurientes Dec sitientes, sobrie et pie non vivendo, confectiendo suadendoque malum nocendo potius quam adjuvando, opem nonferendo potentibus pauperem cJamares non libenter audiendo, mata amicis et propinquis meis interendo et desiderando benefac-
toribus meis, paccm non referendo, necfidem eis servando, débita obsequia majoribus meis non praestando animalium occulo immundo vivendo, templum Dei rarissime intrando, colloquia immundaet vanain eo proferendo, res sacras manibus immundis tangendo Pcccavi pariter in cogitationibus malignis, in meditationibus perversis, inparjuriis in judicis temerariis, in maligno ingressu impiorum, in concupiscentia carnis, in delectationibus immundis, in verbisluxuriosis et in contumeliis in mandaciis et falcitatibus in detractionibus, in rixis et discordiis seminando in malignitate ac malevolentia, in blasphemis ac insultationibus in transgretione preceptorum Dei in negligentia boni præpositi, peccavi in omnibus meis sensibus in visu, auditu, gustu, odoratu, factu, et tandem in omni modo corde ac valuntate et opéré in his igitur et omnibus aliis vitiis quibuscumque humana fragilitas, vel malitia, contra deum creatorem suum aut cogitando, aut lçquendo aut operando aut suadendo, aut delectando, aut concupiscendo peccare.
Potest in omnibus me pateor peccasse et reum in conspectu Dei et super omnes homines peccatorem me esse confiteor. Ideo suplex exoro vos omnes angelos et sanctos Dei in quorum conspectu hæc omnia confessus sum, ut mihi testes sitis in die judicii contra diabolum hostem et inimicum humani generis me hæc omnia puro et sincero corde confessum fuisse ita ut non gaudeat inimicus meus, et non glorietur adversum me in die turbidinis et caliginis delicta mea vacuisse neque ad Deum creatorem meum confessum non fuisse.
Ayant dit cela trois fois d’un cœur pur et contrit, prosterné en lieu pur et loin de tout le monde, que le maître asperge son visage d’eau et d’hysope en disant :
Asperges me, Domine, hysopo etmundabor, lavabis me et super nivem dealbabor.
Puis il se lavera d’eau exorcisée et mettra son habit, qu’il aura ôté, et fumigera tout autour de lui ; puis, qu’il aille au lieu préparé avec les compagnons avec les choses nécessaires et y fasse un cercle, et en y entrant, qu’il invoque les esprits en signe de. pénitence, que chacun baise la terre et que chacun fasse exactement ce que j’ai dit.
Des Bains.
Pendant toute la période des préparations, il est indispensable de prendre un bain chaque matin.
L’eau du bain sera consacrée avant de s’y plonger et certains rituels indiquent les psaumes qu il faut prononcer dans le bain. Ces psaumes sont les suivants :
i° En se plongeant dans l’eau :
2 ° En s’aspergeant d’eau, dire lesPs. 5o et 23.
3° En sortant du bain, on dira les Ps. î ' 12 , — l\, —
Chaque bain doit contenir une poignée de sel consacre qu’on jettera dans l’eau en disant :
Ismael, — Imamon, — Àmason. —Iniérobimeum, — Danayon.—Zaton.—Satimon,—Vagran,—Corislon, — Zagueron. — Momeston. —Sanilcon, — Mamon, — Zarinazon, — Eelicion, — Sermion, — Melron.
Il est inutile de dire qu’un magiste quelque peu instruit peut remplacer les prières par la prière magique et les formules par l’énonciation des dix grands noms divins.
L’Opération
Une fois dans le cercle, devant l’autel magique, l’opérateur lera d’abord une prière aussi fervente qu’il pourra au principe de toute création.
Il prononcera ensuite la conjuration des quatre, puis la conjuration des sept, et enfin la grande invocation de Salomon.
C’est là le procédé le plus élevé. Il y a une foule de variantes, entre lesquelles nous choisissons la suivante (d’après Pierre d’Aban) qui servira à guider le magiste dans le choix de scs adaptations. Nous donnons, comme 1 original, les prières en latin et en français :
De la façon (le faire l'opération.
Que la lune soit dans son croissant égal, si faire se peut, qu'elle ne soit point enflammée, que celui qui opère soit exempt de toutes taches pendant neuf jours ; qu’avant d’entreprendre l’ouvrage, il soit confessé et communié. Il faut de plus avoir les parfums propres au jour que l’on fait l’opération ; il faut aussi avoir de l’eau bénite par un prêtre, un vase de terre neuf plein de feu ,1’habit et le Pentacle, comme nous l’avons dit; et enfin, que tout soit consacré comme il faut : que l’un des Disciples porte le vase de terre plein de feu et les parfums : que le second porte le Livre, et le troisième l’habit et le Pentacle ; et que le Prêtre ou le Maître porte un Glaive sur lequel on aura dit une messe du Saint-Esprit, et sur lequel il sera écrit d’un côté A g la, J- et de l’autre f On f, et que pendant le chemin qu’ils feront pour arriver au lieu où se doit faire l’opération, on dise les litanies, et que les Disciples répondent; quand on sera arrivé à l’endroit où l’on veut faire le cercle, que le Maître le fasse de la manière que nous avons dit ci-devant, et après l’avoir fait, il doit l’asperger d'eau bénite, disant : Asperges me. Domine, etc. Le Maître qui sera disposé à la cérémonie par trois jours de jeûne et d’abstinence, et de toutes souillures, revêtu de ses habits blancs, avec le Pentacle, les Parfums et autres choses nécessaires, entrera dans le Cercle, alors il invoquera, des quatre parties du monde, les Anges qui président au sept Planètes, aux sept jours de la semaine, _aux métaux, aux couleurs, se mettant à genoux pour invoquer les anges, il dira, en les appelant chacun par leur nom :
O Angeli supra dicti, estote adjutores meæ petitioni, et in adjutorium mihi in meis rebus et petilionibus.
O vous, Anges très grands, venez à mon secours, secondez mes désirs, et m'en accordez l’effet.
Ensuite il invoquera des quatre parties du monde les Anges qui dominent à l'air le jour qu'il fera son opération ; et après les avoir implorés spécialement, et avoir écrit leurs noms dans le Cercle, il dira :
O vos omnes, adjuro atque contestor per sedem Adonay, per Agios, Otheos, Ischyros, Athanatos, Paracletus> Alpha et Oméga, et per hœc tria nomina sécréta, Agla, On, Tetragrammaton, quod hodie teneatis adimplere quod cupio.
Je vous adjure, o vous tous, et vous appelle par le Trône d'Adonay, par Agios, Othcos, Ischyros, Alhanatos, Paracletus, Alpha et Oméga, et par ces trois noms secrets Agla, On, Tetragrammaton, que vous ayez à paraître sans délai pour accomplir ma volonté.
Après avoir achevé cette Oraison, il lira la conjuration particulière au jour qu'il fait l'opération (on la retrouvera ci-après). Si les Démons sont réfractaires et opiniâtres, et qu’ils ne se rendent pas à la conjuration du jour, alors vous vous servirez des exorcismes et îles conjurations suivantes :
Exorcisme des Esprits aériens.
Nos facti ad imaginem Dei, dotati polcntia Dei,'et «'jus facti voluntate, per potentissimum et corroboratum nomen Dei El, forte, admirabile, vos exorcisamus (ici on nommera les Esprits qu'on voudra, de quelque ordre qu'ils soient), et imperamus per eum qui dixit et factum est et per omnia nomina Dei, et per nomen Adonav, El, Elohim, Elohe, Zabaolh, Elion, Escerchic, (ali, Tetragrammaton, Saday : Dominus Deus, excelsus, exorcizamus vos atque potenter imperamus, ut appareatis statim nobis hic, juxta circulum in pulchra forma, videlicet humana et sine deformitate et tortuositate aliqua. Venitc vos omnes taies, quia vobis imperamus, per nomen Y et V, quod Adam audivit, et loculus est, et per nomen Dei Agla quod Loth audivit, et factus salvus cum sua familia, et per nomen lod, quod Jacob audivit ab Angelo secum luctante, et liberatus est de manu fratris sui Esaü, et per nomen Anephexeton, quod Aaron audivit, et loquens, et sapiens factus est, et per nomen Zabaoth, quod Moyses nominavit, et omnia llumina et paludes de terra Egypli versæ fuerunt in sanguinem, et per nomen Escerchie, Oriston quod Moyses nominavit, et omnes fluvii ebulierunt ranas, et ascenderunt in domos Ægyptiorum, omnia destruqntes, et per nomen Elion, quod Moyses nominavit, et fuit grando talis, qualis non fuit ab initio mundi, et per nomen Adonay, quod Moyses nominavit, et fuerunt locustæ et apparuerunt super terram Ægyptiorum, et comederunt quæ residua erant grandini, et per nomen Schemes Amathia, quod Josua vocavit, et remoratus est sol cursum, et per nomen Alpha et Oméga, quod Daniel nominavit, et destruxit ïîeel, et draconem interfecit, et in nomine Emma-
nuel, quod 1res pueri Sidrac, Misach et Abdenago, in canimo ignis ardentis cantaverunt, et liberati fuerunt : et per Agios, et scdem Adonay, et per Otheos, Ischiros, Athanatos, Paracletus, et per hæc tria sécréta nomina, Agla, On, Tetragrammaton, adjuro, contestor, et per hæc nomina et per alia nomina Domini nostri Dci omnipotentis, vivi et veri, vos qui vestrà culpâ de cœlis ejecti fuistis usque ad infernum locum, exorcizamus et viriliter imperamus per eum qui dixit, et factum est, cui oinnes obediunt creaturæ, et per illud tremendum Dei judicium ; et per mare omnibus incertum, vitreum, quod est ante conspectum divinæ Majestatis, gradiens et potentiale, et per quatuor divina animalia T. ante sedem divinæ Majestatis gradienlia, et oculos ante et rétro habentia ; et per ignem ante ejus thronum circumstantem, et per sanctos Angelos Cœlorum T. et per eam, quæ Ecclesia Dei nominatur, et per summam sapientiam omnipotentis Dei viriliter exorcizamus, ut nobis hic ante circulum appareatis, ad faciendam nostram voluntatem, in omnibus prout placuerit nobisque per sedem Baldachiæ, et per hoc nomen Primeumalon, quod Moyses nominavit, et in cavernis abyssi fuerunt profundati et absorpti Datan, Coram et Abiron : et in virtute istius nominis Primeumaton, totâ cœli militiâ compellentc, maledicimus vos, privamus vos omni officio, loco et gaudio vestro usque in profundum abyssi, et usque ad ultimum diem judicii vos ponimus et relegamus in ignem æternum', et in stagnum ignis et sulfuris nisi statim appareatis hic coram nobis ante circulum, ad faciendam voluntatem nostram in omnibus, vcnileper hæc nomina Adonay, Zabaoth, Adonay, Amoriam. Venite, venite, imperat vobis Adonay, Sadey, Rex Regum potentissimus et trementissimus, cujus vires nulla subtédugere potest creatura, vobis pertinacissimis futuris nisi obedieritis, et appareatis ante hune circulum, aflabiles subito, tandem ruina flebilis miserabi* lisque, et ignis perpetuùm inextinguibilis vos manet. Venite ergo in nomine Adonay, Zabaoth, Adonay, Amoriam, venite, venite, quid tardatis? Festinate, imperat vobis Adonay, Rex Regum, El, Aty, Titeip, Azia, Ilyn, Ien, Minosel, Achadan, Uay, Vaa, Ey, Haa, Eye, Exe, à El, El, El, à Hy, Ilau, Hau, Ilau, Va, Va, Va, Va.
Traduction de l'Exorcisme des Esprits aériens.
Nous faits à l’image et ressemblance de Dieu, doués de sa puissance, et créés par sa volonté, par le très-puissant, redoutable et très admirable nom de Dieu El, nous vous exorcisons (ici on nommera les esprits qu’on voudra, de quelque ordre qu’ils soient) et
vous commandons par celui qui a dit, et tout a été lait, par tous les noms de Dieu, Adonay, El, Elohym, Elohe, Zabaoth, Elion, Escerchie, Iah, Tetragrammaton, Sadey, le Seigneur Dieu très haut ; nous vous exorcisons et commandons fortement NN. de nous apparaître sur-le-champ ici visiblement, devant ce cercle, en belle forme humaine, sans aucun trouble, sans aucune laideur ni difformité : venez tels, ô vous tous NN., parce que nous vous le commandons par le nom Y et V, qu’Adam entendit et parla ; par le nom de Dieu Agla, que Loth entendit, par la vertu duquel il fut sauvé avec toute sa famille ; de Iod, que Jacob entendit, de l’Ange qui luttait avec lui, qui le délivra des mains de son frère Esaïi ; d Ancphexeton, qu’Aaron entendit, qui le rendit disert et sage ; de Zabaoth, que Moyse prononça, aussitôt tous les fleuves et marais de la terre d'Egypte furent changés en sang : d’Escerchie, Oriston, qui firent tellement agiter tous les fleuves, que les grenouilles en sortirent, et montèrent dans les maisons des Egyptiens, portant partout le ravage ; d’Elion, que Moyse prononça, qui fit tomber une grêle telle qu’on n’en vit jamais depuis la création du monde : d'Adonay. que Moïse prononça, qui fit naître aussitôt les sauterelles en Egypte, qui mangèrent tout ce qui était échappé à la fureur de cette même grêle : de Schcmcs Amathia, que Josué prononça, et le soleil fut arrêté dans sa course ; par Alpha et Oméga, que Daniel prononça, qui détruisit Bécl et tua le Dragon ; au nom d’Emmanuel, qui étant entendu des trois enfants Sidrac, Misac et Abdenago, chantèrent dans la fournaise ardente, et en furent délivrés ; par Agios, par le trône d’Adonay, par Otheos, Ischiros, Athanatos, Paracletus, et par ces trois noms secrets, Agla, On, Tetragrammaton, je vous conjure par ces noms et par tous les autres noms de Notre-Seigneur Dieu tout-puissant, vivant et véritable, vous qui par votre faute fûtes du haut des deux précipités au plus profond de l’abîme infernal, nous vous exorcisons puissamment par celui qui a dit, et tout a été fait, à qui toutes les créatures obéissent par le terrible et redoutable jugement de Dieu ; par la mer flottante et transparente, qui est en la présence de la divine Majesté, étant en continuelle et forte agitation ; par les quatre divins Animaux T. qui vont et viennent devant le Trône de la divine Majesté, ayant des yeux devant et derrière ; par le feu sacré qui environne toujours son Trône, par les saints Anges T, qui sont toujours en la présence de Dieu, par cette même Majesté qui est reconnue de son Eglise, nous vous exorcisons NN. par la suprême sagesse de Dieu trèspuissant, afin de nous apparaître ici devant ce cercle pour accomplir notre volonté en toutes choses, et selon qu’il nous plaira ; par le Trône de Baldachiæ, par ce nom Primeumaton, à la pronon-
dation et à la vertu duquel Moyse fil précipiter et engloutir Dathan, Coré et Abiron, dans le gouffre affreux de l’abime, et à la vertu duquel toute la Milice céleste, terrestre et les enfers tremblent, se troublent et s'abattent : ainsi si vous ne nous apparaissez aussitôt ici devant ce cercle pour accomplir en toutes choses notre volonté, nous vous maudissons, nous vous privons de tout office, lieu et joie ; nous vous condamnons d'aller brûler éternellement dans vos retraites, dans l'étang de feu et de soufre : venez donc au nom d’Adonay, Zabaoth, Adonay, Amoriam : venez, venez, Adonay, Sadey, le Roi des Rois, très puissant et terrible, vous le commande, à la puissance duquel aucunes créatures ne peuvent se soustraire ni résister ; c'est pourquoi, si vous n’obéissez et ne nous apparaissez à l’instant devant ce cercle, doux et affables, prêts à exécuter notre volonté, il vous sera à jamais inflexible, et vous punira par les flammes éternelles : venez, venez au nom d’Adonay, Zabaoth, Adonay, Amoriam, venez, venez : pourquoi tardez-vous? Qui vous arrête? Ilàtez-vous, Adonay, le Roi des Rois vous l’ordonne. El, Aty, Titeip, Azia, Hyn, Ien, Minosel, Achadan, Uay, Vaa, Ey, Haa, Eve, Exe, à El, El, El, à Hy, Hau, Ilau. Hau, Va, Va, Va, Va.
ORAISON A DIEU
Que l'on dira dans le Cercle, vers les quatre parties du Monde.
Amorule, Taneha, Latisten, Rabur, Taneha, Latisten, Escha, ^Aladia, Alpha et Oméga, Leyste, Oriston, Adonay, clementissime, pater mi cœlestis, miserere mei, licet peccatoris, clarifica in me hodierno die, licet indigno filio t.uo, tuæ potenliæ brachium, contra hos spiritus pertinacissimos, ut ego, te volente, factus tuorum divinorum operum contemplator, possim illustrari omni sapientia, et semper glorificare et adorare noinen tuum. Suppliciter exoro te et invoco, ut tuojudicio hi spiritus, quos invoco, convicti et constricli, veniant vocati et dent vera responsa, de quibus eos interrogavero : denique et deserant nobis ea quæ per me vel nos præcipientur eis, non nocentes alicui creaturæ, non lædentes, non frementes, nec me, sociosque meos, vel aliam creaturam lædentes, et neminem terrentes : sed petitionibus meis, in omnibus, quæ præcipiam eis, sint obedientes.
Traduction de l'Oraison que l’on doit dire, dans le cercle, à Dieu, vers les quatre parties du Monde.
Amorule, Taneha, Latisten, Rabur, Taneha, Latisten, Escha, Aladia, Alpha et Oméga, Levste, Oriston, Adonay, ayez pitié de moi,
6 Père céleste, très clément et miséricordieux, purificz-inoi : daignez aujourd’hui répandre sur votre serviteur indigne votre sainte bénédiction, et étendez votre bras tout-puissant sur ces esprits obstinés et rebelles, afin que par vos ordres je puisse contempler vos divins ouvrages, être doué de toute sagesse, glorifier et adorer toujours votre saint nom : je vous invoque, 6 mon Dieu, et vous supplie du plus profond de mon cœur, que ces esprits que j’appelle par votre puissance, viennent aussitôt qu'ils y seront obligés et forcés ; qu'ils nous donnent sans nulle ambiguité des réponses certaines, précises et vraies sur toutes les choses que je les interrogerai, et qu’cnliu ils nous apportent aussi les choses qui leur seront par moi, ou par nous ordonnées, sans nuire à aucunes créatures, sans blesser par aucun bruit et murmure, ni moi ni mes associés, sans qu’ils puissent nuire aussi à quelqu’autre créature, et sans causer l'épouvante et la terreur à qui que ce soit ; mais qu’ils soient obéissants, résignés et entièrement soumis à ma volonté dans toutes les choses que je leur commanderai.
A lors étant au milieu du cercle, il dira, en portant sa main sur le
Pentacle :
Per PentaculumSaloiuonisadvocali.dent mihi responsum veruin.
Je vous appelle par la vertu du Pentacle de Salomon^ afin que vous inc répondiez avec vérité. Ensuite dites :
Baralanensis, Baldachiensis, Paumachiæ et Apoiogiæ sedes, per reges potestatesque magnanimas, ac principes, præpotentes, Genio, Liachidæ, Minislri Tartareæ sedis : Primac, hic princeps sedis Apoiogiæ, noua cohorte : ego vos invoco, et iuvocando vos conjuro, atque supernæ majeslalis munitus virtute, polenter impero per eum qui dixit et factum est, et cui obediunt omnes crealuræ, et per hoc nomen ineffabile, Tetragrammalon cum Jehova, in quo est psalmatum oinneseculum, quo audito elementa corruent, aer concutitur, mare relrograditur, ignis extinguitur, terra tremit, omuesque exercitus cœlestium, terrestriuin et infernorum tremunt, turbantur, et corruuut : qualenus cito, et sine mora et omni occasione remota, ab universis mundi partibus venialis, et rationabiliter de omnibus quæcumque interrogavero, respondeatis vos, etveniatis pacifice visibiles, et afiabiles, nunc et sine mora, manifestantes, quod cupimus : conjurati per nomen æterni, vivi et veri Dei Helioren, et mandata nostra perficientes, persistentes semper usque ad finem et intentionem meam visibiles nobis et affabiles, clarà voce, nobis intelligibili, et sine omni^ambiguilate.
Baralanensis, Baldachiensis, Paumachiæ, et le trône d’Apologiæ, par les RoisctlesPuissances maganimes, les Princes très puissants, Gcnio, Liachidœ, Ministres de l’Empire infernal : Primac, le Prince du trône Apologiæ, la neuvième cohorte : je vous invoque, et en vous invoquant par la vertu de la suprême Majesté, dont je suis muni, je vous conjure et vous commande très fortement, par celui qui a dit, et tout a été fait, à qui toutes créatures obéissent : par (£ nom ineffable Telragrammaton, Jéhovah, dans lequel le siècle est renfermé, à la prononciation duquel les éléments se dissolvent, l’air s’agite, la mer se retire, le feu s'éteint, la terre tremble, et toutes les armées célestes, terrestres et des enfers tremblent, se troublent et s’abattent, de vous rendre tous ici sans différer et sans aucun prétexte de toutes les parties du monde, pour me répondre raisonnablement sur toutes les choses que je vous interrogerai : venez en paix, visibles et affables, vous manifestant de bonne volonté, ainsi que nous le désirons, conjurés que vous êtes par le nom du Dieu vivant, vrai et éternel Ilelioren, pour accomplir notre exprès commandement, persistant toujours dans notre intention jusqu’à la fin, et que vous apparaissiez devant nous visibles et afTables, nous répondant avec une voix claire et intelligible, et sans aucune ambiguité.
Visions et apparitions
Cela dit, on verra plusieurs fantômes remplissant l'air de clameurs, afin d'épouvanter et faire fuir les assistants du Cercle ; on en verra armés de flèches, et une infinité de bêtes horribles, mais que l’on n’ait aucune frayeur parce que le Maître, contre lequel ils ne peuvent rien, les contiendra en disant, la main sur le Penlacîe : « Fugiat hinc iniquitas veslra, virtute vexilli Dei. Que vos prestiges cessent par la vertu duDieu crucifié. Alors ils seront forcés d’obéir. » Ensuite, tenant toujours la main vers le Pentacle, il prononcera :
Ecce Pentaculum Salomonis, quod ante vestram adduxi præsentiam, ecce personam exorcisatoris, in m-edio exorcismi, qui est optimè à Deo munitus, intrepidus, providus, qui viribus potens vos exorcizando invocavit, et vocat. Yenite ergo cum festinatione in virtute nominum, Aye, Saraye, Aye, Saraye, Aye. Saraye, ne difleratis venire per nomina æterna Dei vivi et veri Elov, Archima, Rabur, et per hoc presens Pentaculum, quod super vos potenter
impcrat, et per virtulem cœlestium Spirituum, dominorum vestrorum, et perpersonam exorcisatoris conjurati, feslinate, venite et obedite præceptori vestro, qui vocatur Octinomos.
Traduction des visions et apparitions.
Ensuite l'Exorciste ayant la main sur le Pentacle, prononce : Voici le Pentacle de Salomon que j’ai apporté en votre présence ; voici aussi la personne de l’exorciste dans le milieu de l'exorcisme, qui. muni très fortement du secours de Dieu, est intrépide et prévoyant, et qui est puissant en force, vous a invoqués et vous invoque en vous exorcisant ; venez donc en diligence à la force de ces noms Aye, Saraye, Ayc, Sarayc, Ayc, Sarayc, et ne différez pas d’apparaître ici par les noms tout-puissants et éternels du Dieu vivant et véritable Elov, Archima, Rabur, et par le présent Pentacle qui vous l'ordonne et vous y force : par la puissance des Esprits célestes, vos supérieurs, par la personne de l’exorciste qui vous a conjuré : hâtez-vous, venez et obéissez à votre Maître, dont le nom est Octinomos.
Souffle; après cela vers les quatre parties du monde, aussitôt vous verre; de grands mouvements, et vous dire; :
Quid tardatis ? Quid moramini ? Quid facitis ? Præparate vos, et obedite præceptori vestro. in nomine Domini Bathath vel Vachat, super Abrac ruens, superveniens Abeor super Aberer.
Pourquoi tardez-vous? Qui vous arrête? A quoi vous occupezvous? Soyez soumis à votre Maître, au nom du Seigneur Bathat ou Vachat, tombant sur Abrac, Abeor se jetant sur Aberer.
Alors ils viendront dans leurs formes ordinaires et naturelles, et quand vous les verrez ainsi autour du Cercle, montrez-leur le Pentacle couvert d’un saint Suaire, découvrez-le, disant : Ecce conclusionem vestram, nolite fieri inobedientes.
Voici votre condamnation, soyez obéissants.
Après cela vous les verrez pacifiques dans leurs formes naturelles, et ils diront : ordonnez et demandez ce que vous voulez, parce que nous voilà prêts à Jaire tout, parce que Dieu tout-puissant nous l’ordonne.
Et quand ils auront ainsi paru, dites-lcur :
Bcnè vencritis, Spiritus, vel Regcs uobilissimi, quia vos vocavi per ilium cui omne gcnu flectitur, cœlestium, terrestrium et infcrnorum, cujus in manu oinuia régna Regum sunt, nec est qui suæ conlrarius esse possit majeslali. Qualenus conslringo vos ut hic ante circulum visibilis, airabiles permaueatis, tain diu tamque constantes, nec sine licentia inea recedalis, donec meam sine fallacia aliqua et veridicè perficialis voluntalem, per potentiæ illius virtutem, qui mari posuit termiuum suum, quem præterirc non potest, et lege illius potentiæ non pertransit fines suos, De scilicet Altissimi, Regis, Domini, qui cuncla creavit. Amen.
Vous ctes bien venus, Esprits, ou Rois très illustres, parce je vous ai appelés au nom de celui devant qui tout genou, soit dans les deux, sur la terre et aux enfers, lléchit, qui tient en sa main tous les Royaumes des Rois, et à la Majesté duquel on ne peut résister. Puisque je vous force de rester devant ce Cercle visibles et affables, soyez-y constants, et ne vous en éloignez pas sans permission, et que vous n’ayez véritablement et sans aucune illusion accompli ma volonté. Je vous l’ordonne par la vertu de celui qui a mis des bornes à la mer, qui ne peuvent jamais être détruites, et qu’elle n’a pu et ne pourra surmonter que par son vouloir suprême, étant asservie aux ordres de Dieu, le Rois des Rois, qui a créé ^..toutes choses. Ainsi soit-il.
Ici nous leur demanderez ce que voua voudrez, et ils vous salisjeronl; et après que vous aurez obtenu ce que vous souhaiterez, vous les renverrez ainsi.
In nomine Palris -J-, et Filii J-, et Spiritùs Sancli 7 , ile in pace ad loca veslra, et pax sit inter nos et vos parali silis venire vocali.
Au nom du Pèrej-, du Fils -J-, et du Saint-Esprit 7 : allez en paix en vos retraites, et que la paix règne entre nous et vous ; soyez toujours prêts à venir dès que je vous appellerai.
Les Conjurations pour les sept jours de la semaine Conjuration pour le Dimanche.
Conjuro et confirmo super vos, Angeli fortes Dei et sancti, in nomine Adonay, Eye, Eve, Eye, qui est ille, qui fuit, est, erit, Eye,
Abiave, et in nomine Saday, Cados, Cados, Cados, aile sedcntis super Cherubim, et per nomen magnum ipsius, Dei forlis et polentis exaltatique super omnes Cœlos, Eye, Saraye, plasmaloris seculorum, qui creavit mundum, Cœlum, terram, mare et omnia quœ in eis sunt, in primo die, et sigillavit ea sancto nomine suo Phaa : et per nomina sanctorum angelorum, qui dominanttir in quarto exercitu, etserviunt coram potentissimo Salamia, angclo magno et lionorato, et per nomen stellæ, quæ est sol, et per signum, et per immensum nomen Dei vivi, et per nomina omnia prædicla, conjuro te, Michael angele magne, qui es præpositus diei dominicæ, et per nomen Adonay, Dei Israël, qui creavit mundum et quidquid in eo est, quod pro melabores, et adimpleas omnem meam petitionein, juxta meum velle et votum meum, in negotio et causa mca.
On doit, en cet endroit, demander ce que l'on veut :
Traduction de la conjuration du dimanche.
Je vous conjure, Anges de Dieu, puissants et saints, au nom d’Adonay, Eye, Eye, Eye, qui est celui qui est, qui a été et qui sera, Eye, Abiaye, et au nom de Saday, Cados, Cados, Cados, qui est assis sur les Chérubins, et par le grand nom de ce même Dieu puissant et fort, exalté au dessus de tous les Cieux, Eye, Saraye, le Maître des siècles, qui a créé le ciel et la terre, la mer, l’univers, et toutes les choses qui furent au premier jour, qui les scella de son sacré nom Phaa. Je vous conjure aussi, par les noms des saints Auges, qui commandent à la quatrième légion, et qui servent en présence du très puissant et illustre Salamia : par le nom de l'astre qui est le Soleil, par son signe, par l’adorable et terrible nom du Dieu vivant, et par tous les noms qui ont été ci-dessus proférés, je vous conjure, saint Ange Michael, vous qui présidez au jour du dimanche par le nom adorable Adonay, Dieu d’Israël, qui a créé l’univers entier et tout ce qu’il renferme, afin que vous me portiez secours, et que vous m’accordiez l’efiet de toutes mes demandes, selon mon vœu et mon désir, soit dans mes allaires, soit dans ma fortune, et généralement dans toutes choses qui me seront utiles et nécessaires.
Ici on spécifiera le motif de son affaire, et celui pour lequel on fait cette conjuration.
Leur pouvoir est de donner de l'or, des perles, des escarboucles, des richesses, de concilier la faveur des qrands, de faire cesser les inimitiés, de procurer les honneurs , de causer ou quérir les maladies.
Formes sous lesquelles les esprits du soleil ou du dimanche, ont coutume de paraître.
Ils ont coutume de prendre un corps gros et grand, couleur de sang, leurs cheveux sont dorés, ils annoncent leur arrivée par une inflammation du ciel, leur signal est de faire suer celui qui les invoque.
Un roi porté sur un lion, portant en main un sceptre d'or, un coq couronné, un habit couleur de safran ; une reine le sceptre en main, un oiseau, un sceptre, un lion, un homme avec une queue.
Conjuration du Lundi.
Conjuro et confirmo super vos, Angeli fortes et boni, in nomine Adonay, Adonay, Adonay, Eye, Eye, Eye, Cados, Cados, Cados, Achim, Achim, Achim, la, la, fortis la, qui apparuit in monte Sinaï, cum glorificatione Regis Adonay, Saday, Zabaoth, Amathay, Ya, Ya, Ya, Marina ta, Abim, Icia, qui maria creavit, stagna et omnes aquas in secundo die, quasdam super cœlos, et quasdam in terra. Sigillavit mare in alto nomine suo, et terminum, quem sibi posuit,non præteribit : et per nomina angelorum qui dominantur in primo exercitu, qui serviunt Orphaniel, angelo magno, pretioso -et honoralo : et per nomen stellæ quæ est in luna, et per nomina prædicta super, te conjuro scilicet, Gabriel, qui es præpositus diei Lunæ secundo, quod pro mclabores et adimpleas, etc.
Je/, comme 'au Dimanche, on spécifie ce que l'on veut.
Conjuration du Lundi en français.
Je vous conjure. Anges très bons et puissants, par la force et vertu de ces noms Adonay, Adonay, Adonay, Eye, Eye, Eye, Cados, Cados, Cados, Achim, Achim, Achim, la, la, fort la, qui apparut sur la montagne de Sinaï avec toute sa gloire souveraine, Adonay, Saday, Zabaoth, Amathay, Ya, Ya, Ya, Marinata, Abim, Icia, qui a créé au second jour les mers, les fleuves et toutes les eaux, même celles qui sont au-dessous des Cieux et sur la terre, scellé la mer de son très haut Nom, lui a posé des bornes qu’elle ne peut surmonter. Je vous conjure, Anges forts et bons, par les noms de ceux qui commandent à la première Légion, qui servent le grand et honoré Orphaniel : par le nom de l’astre qui est la
Lune, et par tous les noms ci-dessus prononcés. Je vous conjure, Gabriel, vous qui présidez au second jour consacré à la Lune, aün que vous veniez à mon secours et que vous accomplissiez toutes mes volontés.
Leur pouvoir est de donner de l'argent, de transporter les choses d’un endroit à un autre, de donner des chevaux très légers, de dévoiler certains secrets, présents ou passés.
Forme ordinaire aux Esprits de la lune du lundi.
Leurs corps sont pour l'ordinaire gros, grands, flegmatiques ; leur couleur est celle d’une nuée obscure et ténébreuse : ils ont le visage enflé, les yeux rouges et pleins d’eau, la tête chauve, des dents de sanglier, leur mouvement est semblable à celui d une tempête violente, leur signal est une pluie abondante qu’ils fout tomber autour du Cercle.
Un roi, un arc à la main, porté sur un daim, un jeune enfant, une chasseuse armée d’arc et de flèches, une vache, une oie, un petit daim, un habit vert ou couleur d’argent, une flèche et un homme avec plusieurs pieds.
Conjuration du Mardi.
Conjuro etconfirmo super vos, Angeli fortes et sancti, pernomen Ya, Ya, Ya, He, Ile, Ile, Va, Hy, Ha, Ha, Va, Va, Va, An, An, An, Aie, Aie, Aie, El, Ay, Elibra, Eloim, Eloim; et per nomina ipsius alti Dci, qui fecit aquam aridam apparere, et vocavit terram, et produxit arbores et herbas de ea, et sigillavit super eam cum prelioso, honorato, metuendo et sancto nomine suo : et per nomen angelorum dominantium in quinto exercitu, qui serviunt Acimoy, angelo magno, forti, potenti et honorato, et pernomen stellac, quæ est Mars ; et per nomina prædicta conjuro super te, Samael, angele magne, qui præposilus es dici martis : et per nomina Adonay Dei vivi et veri, quod pro me labores et adimpleas, etc.
Conjuration du Mardi en français.
Je vous conjure, Anges forts et saints, par les sacrés noms, Ya, Ya, Ya, He, lie He, Va, Hy, 11a, lia, Ha, Va, Va, Va, An, An, An, Aie, Aie, Aie, El, Ay, Elibra, Eloim, Eloim, et par les autres noms
de ce Dieu très haut, qui a fait paraître l'eau aride et l’a appelée terre, qui produisit sur la superficie d’icelle les arbres et les herbes, et qui l’a scellée de son saint, précieux, adorable et redoutable Nom, parles noms des Anges qui commandent à la cinquième Lésion, qui servent le puissant Acimoy, par le nom de l’astre qui est Mars, et je vous conjure, ô Sarnael, vous qui présidez au Mardi, par tous les noms ci-dessus prononcés, par celui d’Adonay, Dieu vivant et véritable, de venir à mon secours, et d’accomplir toutes mes volontés.
Leur pouvoir regarde les combats, le feu, la mort, de fournir dans l’occasion dix mille soldats, de rendre sain ou malade.
l'ormes ordinaires aux Esprits de Mars le Mardi.
Leur corps est long, d’une couleur noirâtre, tire sur le rouge, leur aspect est hideux ; ils ont des cornes à la tête, à peu près égales à celles que porte le cerf, leurs ongles en forme de griffes, ils annoncent leur approche par un bruit à peu près semblable à celui que fait le feu lorsqu’il brûle, leur signal est accompagné d’éclairs qui se font voir autour du Cercle.
Un Roi armé, porté sur un loup, un habit rouge, un homme __ armé, une femme portant un bouclier à la cuisse, un bouc, de la laine, un cheval, un homme à plusieurs têtes.
Conjuration du Mercredi.
Conjuroet confirme) vos, angeli fortes, sancti et potentes, in nomine fortis, metuendissimi et benedicti Adonay, Elohim, Saday, Saday, Saday, Eye, Eye, Eye, Asanie, Asarie ; et in nomine Adonay, Dei Israël, qui creavit luminaria magna, ad distinguendum diem à nocle : et per nomen omnium angelorum, deservientium in exercilu secundo coram terra angelo majori, atque forti et potenti : et per nomen stellæ, quæ est Mercurius, et per nomen sigilli, quo sigillatur à Deo fortissimo et honoratp, per omnia prædicta super, te, Raphaël, angele magne, conjuro, qui es præpositus diei quartæ : et per nomen sanctum, quod est scriptum in fronte Aaron, sacerdotis altissimi Crcatoris : et per nomina angelorum, qui in gratiam Salvatoris confirmati sunt, et per nomen sedis animalium habentium senas alas, quodpro me labores, etc.
Conjuration du mercredi en français.
Je vous conjure, Anges forts, saints et puissants, par les noms très redoutables et adorables Adonay, Elohiin, Saday, Saday, Saday, Eye, Eyc, Eye, Asanic, Asaraie : au nom d’Adonav, Dieu d'Israël, qui a créé le grand luminaire pour distinguer le jour de la nuit : par le nom de tous les Anges qui servent dans la seconde Légion devant l’Ange, trois fois grand, fort et puissant, par le nom de l'astre de Mercure, par son sceau sacré et révéré, par tous ceux cidessus prononcés, je vous conjure, o grand ange Raphaël, vous qui présidez au quatrième jour, par le nom saint, écrit sur le front d’Aaron, prêtre du très haut Créateur, et par ceux des Anges qui sont confirmés en la grâce du Sauveur, cl enfin par celui du tronc des Animaux qui ont six ailes, de venir à mon secours pour accomplir ma volonté.
Leur pouvoir est de donner toutes sortes de métaux, de révéler les trésors cachés, d’apaiser les Juges, de donner la victoire dans un combat, de procurer la science, de changer les éléments des choses, de donner ou ôter la santé, d’elever les pauvres, d’abaisser les riches.
Formes ordinaires aux Esprits de Mercure le mercredi.
Leurs corps est pour l’ordinaire de moyenne taille, froid et humide, cependant assez beau, leur entretien est affable, leur forme est humaine et delà figure d’un soldat armé,ils sont d’une couleur transparente, leur mouvement est une nuée d’argent, leur signal est d'inspirer la terreur h celui qui les invoque.
Leurs Jormes particulières sont :
Un roi porté sur un ours, un homme de bonne figure, une femme qui tient un couloir, un chien, une pic, une ourse, un habit de différentes couleurs, une baguette, un bâton.
Conjuration du Jeudi.
Conjuro elconfirmo super vos, Angeli sancli, per nomen Cados, Cados, Cados, Eschercie, Eschercie, Eschereie. Ifatim, Hatim, Va, fortis firmator sæculorum, Cantine, Jaym, Janic, Anic. Calbar, Sabbac, Berifay, Alnaym, et per nomen Adonay, qui créa vil pisces, replilia in aquis, et oves super faciem terra*, volantes versus cœlos
die quinto, et per nomina Angelorum servanlium in sexto exercitu coram pastore Angelo sancto et magno et potenti principe : et per nomen stellæ quæ est Jupiter : et per nomen sigilli sui ; et per nomen Adonay, summi Dei omnium creatoris : et per vim et virtutem carum, et per nomina prædicta, conjuro te, Sachiel, Angele magne, qui es præpositus diei Jovis, et pro me labores, etc.
Conjuration du Jeudi en français.
Je vous conjure, Anges saints, par les noms Cados, Cados, Cados, Eschercie, Eschercie, Eschereie, Hatim, Hatim, Ya, le souverain des siècles, Cantine, Jaym, Janic, Anie, Calbar, Sabbac, Betifay, Alnaym, je vous conjure par Adonay qui a créé au cinquième jour les poissons, les reptiles qui sont dans les eaux et les oiseaux à la surface de la terre : par les Anges qui servent dans la sixième Légion, en présence du saint Ange, leur chef, très puissant et excellent Prince, par le nom de l'astre de Jupiter et de son sceau ; par Adonay, le suprême Créateur de toutes choses ; par le nom de tous les astres, par leurs forces et puissances, et par tous ceux enfin prononcés ci-dessus, je vous conjure, 6 grand Sachiel, vous qui présidez au jour de Jupiter, etc.
Leur pouvoir est de concilier l’amour des femmes, de rendre les hommes joyeux, de terminer les procès, d'adoucir les ennemis, de guérir les malades, en un mot, faire le bien et le mal.
Formes ordinaires des Esprits de Jupiter le Jeudi.
Leur corps est de couleur de sang, ils ont l'air bilieux et mélancolique, leurs mouvements sol effrayants, leur naturel est très doux, leur aspect agréable, leur couleur est celle du feu, leur mouvement est une inflammation suivie d’un tonnerre, leur signal est des hommes qui paraissent dévorés par des lions.
Un Roi, l’épée à la main, porté sur un cerf, un homme mitré et revêtu d’habits longs, une fille avec une couronne de laurier et ornée de fleurs, un cerf, un paon, un habit azur, une épée, une flûte.
Conjuration du \endredi.
Conjuro et confirmo super vos, Angeli fortes, sancti atque potentes, in nomme On, Hcy, Heya, la, le, Adonay, Saday, et in nomine Saday qui creavit quadrupedia et animalia repli!ia,ethomines in sexto die, et Adamæ dédit poleslalem super omnia animalia : un de benedictum sit nomen creatoris in loco suo : et per nomina Angelorum servientium in tertio exercitu, coram Agiel, Angclo magno, principe forti atque potenti : et per nomen stellæ, quœ est Venus, et per sigiüum ejus quod quidem est sanctum, et per nomina prædicta super, conjuro te, Anacl, qui es præpositus diei sextæ, ut pro me labores, etc.
(Ici comme uu Dimanche).
Conjuration du Vendredi en français.
Je vous conjure, Anges saints, forts et puissants, par les noms On, Hey, Heya, la, le, Adonay, Saday qui au sixième jour créa les quadrupèdes, les animaux reptiles et les hommes, et qui donna tout pouvoir à Adam sur tous ces animaux, qui bénit les noms du Seigneur, par les Anges qui servent dans la troisième Légion, en présence du grand Ange Agiel, Prince fort et puissant, par l’astre de Vénus, par son saint sceau et par les noms susdits, je vous conjure, Anael, Ange très grand, vous qui présidez au sixième jour, etc.
Leur pouvoir est de donner de l’argent, de rendre les hommes plus luxurieux, de rapprocher les ennemis par la luxure, de faire des mariages, d’exciter dans le cœur des hommes l’amour des femmes, de guérir les maladies.
Forme ordinaire aux Esprits de l'énus le Vendredi.
Leurs corps sont beaux, de taille médiocre, leur aspect est gracieux, affable, leur couleur est blanche ou verte, leur arrivée est annoncée par une étoile brillante, leur signal est quelques jeunes filles qui jouent entre elles, et qui engagent ceux qui sont dans le cercle à prendre parta leurs jeux.
Un Roi tenant un sceptre, porté sur un chameau, une fille superbement habillée, une fille nue, une colombe, une chèvre, un habit blanc ou vert, un chameau, des fleurs, de la sabine.
lia été dit au Jeudi qu'au dessus du cinquième Ciel, on ne connaît plus d'Anges dominants à l'air, il faudra dire les Oraisous qui sont citées au Jeudi.
Conjuration du Samedi.
Conjuro et confirmo super vos, Caphriel vel Cassiel, Machatori et Seraquiel, Angeli fortes et polentes, et per nomen Adonay, Adonay, Eye, Eye, Eye. Acim, Acim, Acim, Cados, Cados, Ina vel Ima, Ima, Saday, la, Sar, Domini formatons sæculorum, qui in septimo die quievit, et per ilium qui in beneplacito suo filiis Israël in hæreditalem observandum dédit, ut eum firmiler custodirent et sanclificarent, ad habendam inde bonam in alio sæculo remunerationem : et per nomina Angelorum servientium in exercitu septimo Booel Angelo, magno et potenti principi, et per nomen slellæ, quæ est Saturnus; et per sanctum sigillum ejus, et per nomina prædicla super, conjuro te, Caphriel, qui præpositus es diei septimo, quæ est dies Sabbati, quod pro me labores, etc.
Conjuration du Samedi en français.
Je vous conjure, Caphriel ou Cassiel, Machatori et Seraquiel, Anges puissants et forts, au nom Adonay, Adonay, Adonay, Eye, Eye, Eye, Acim, Acim, Acim, Cados, Cados, Cados, Ina vel Ima, Ima, Saday, la, Sar, Seigneur qui a formé les siècles, qui au septième jour se reposa, qui voulut que son peuple d’Israël le gardât inviolablement et le sanctifiât, afin de mériter par là au siècle à venir, la récompense qu’il lui promit par les noms des Anges qui servent dans la septième Légion, en la présence de Booel, Ange grand et puissant ; par l’astre de Saturne; par son saint sceau et par les noms ci-dessus, je vous conjure, Caphriel, vous qui présidez en ce jour.
Leur pouvoir est de semer la discorde, de faire naître la haine, d'exciter de mauvaises pensées, de donner du plomb, de tuer, de mutiler.
Forme ordinaire aux Esprits de Saturne le Samedi.
Leur corps est ordinairement long et maigre ; ils ont l’air furieux et colère ; ils portent quatre visages, dont un est devant la tête, l’autre derrière, le troisième au genou droit, le quatrième au genou gauche, chaque visage a un long bec, leur couleur est noire et b rilla ntc comme celle des jais ; leur mouvement est l'agitation des
vents qui semble être accompagnée d'un tremblement de terre ; eur signal est de rendre la terre plus blanclu* que la neige.
Leurs formes ordinaires sont :
Un Iloi avec une longue barbe, porté sur un dragon, un vieillard avec une longue barbe, une vieille femme appuyée sur un bâton, un porc, un dragon, un hibou, un babil noir, une faux, du genièvre.
Serments et soumissions des Esprits.
Nous Esprits dominant, savoir : llois, Empereurs, Princes, Ducs, Comtes, Marquis, Barons, Gouverneurs Généraux, Capitaines, Ministres, Seigneurs et autres nos sujets les Esprits, reconnaissons, soussignons, attestons, nous obligeons et jurons sur les hauts et très sacrés noms de Dieu, des Conjurations et Exorcismes contenus en ce Livre, comme aussi nos caractères à nous appartenants, pour valoir et sertir généralement à tous ceux qui se serviront du présent Livre en tous leurs besoins et nécessités généralement quelconques, et sans exemption, suivant le pouvoir que nous avons reçu de Dieu, et nous ratifions toutes les choses suivantes :
PllLMlÈliMMKM'.
Nous nous engageons et soumettons de servir lidellement tous ceux qui nous rcquerreiont par ces présentes, suivant notre serment, et de faire ou faire faire par nos sujets tous les désirs et volontés, et que jamais aucun mortel n’aura connaissance de ce qui sera opéréet exécuté par notre ministère, et qu'aucuns Esprits ne pourront en donner connaissance à qui que ce soit, qu’ils soient invoqués pour cela. Nous promettons aussi de leur apporter ou faire apporter et transporter tout ce qu’on exgira de nous, sans tromperie ni fraude, et que le tout sera bon et loyal à leur volonté, sans que nous puissions le reprendre ni pendant leur vie, ni après leur mort, et que nous ne pourrons espérer aucunes récompenses des services que nous leur rendrons.
Item. Nous nous soumettons d’apparailre à tous ceux qui nous appelleront par nos noms renfermés dans ce présent Livre, en belle forme humaine, sans aucune laideur ni difformité, toutes fois et quanles que nous serons appelés, sans faire aucun tort à ce qu’ils ont reçu de Dieu, ni à leurs cinq sens de nature, ni à ceux ou celles qui seront de leur compagnie, ni aux lieu ou maisons où ils
nous appelleront, et cela sans faire de bruit, ni foudre, ni tonnerre, ni éclairs, ni fracas, ni rupture, ni fracture, ni tapage, en quelque manière que ce soit, et nulle créature vivante ne s’apercevra de notre venue, que ceux qui nous appelleront et leurs compagnons s'ils nous l’ordonnent ; nous nous obligeons aussi de leur répondre sur toutes les questions et demandes qui nous seront laites, et nos réponses seront véritables, sans amphibologie, ni double sens ; au contraire, nous parlerons bon français, précisément et intelligiblement; et après avoir satisfait à ce qu’on exigera de nous, nous nous retirerons en paix et sans tumulte, observant les mêmes conditions en allant comme en venant, lorsqu'ils prononceront le renvoi.
Item. Pour l’exécution de toutes les susdites conditions nous nous obligeons et engagons, sous les peines de l’augmentation au centuple de nos tourments, de moment en moment, et delà privation de nos charges, honneurs et dignités : en loi de quoi avons apposé nos sceaux, cachets et caractères, et signé le présent Livre, pour servir à tous ceux qui nous invoqueront, et sur-le-champ nous ferons ce qui nous sera ordonne sans aucun retard.
Nous n’avons pas eu rinlenlion dans ce chapitre de faire une œuvre entièrement nouvelle. Nous avons simplement cherché à éclaircir et h synthétiser une foule de détails qui sont ou confus ou contradictoires dans la plupart des grimoires. Il sufiira de se reporter aux manuscrits des bibliothèques pour voir si nous avons réussi.
Mais ces détails n’ont de valeur que par la possibilité de T obtention d'un résultat pratique.
Or nous n’avons commencé à établir des expériences suivies sur ces phénomènes qu’en 1891 . et dès les premiers essais nous avons obtenu de tels résultats que nous pouvons affirmer la possibilité de la réussite.
Ici quelques détails complémentaires sont nécessaires.
RAYONNKU
Les Expériences magiques m; Groupe indépendant d’études ésotériques.
En 1889, nous avons fondé à Paris le Croupe indépendant d’études ésotériques, destiné à contrôler les expériences concernant les forces encore inconnues en action dans l'homme et dans la nature.
Les premiers mois lurent consacrés à la propagande et les travaux purent être fructueusement poursuivis dès le début de l’année 1891. A ce moment le groupe était divisé en sections techniques dont l’une s’occupait de Magic pratique. Personnellement nous avions fait quelques expériences suivies de succès, ainsi que notre ami F. Ch. Barlet ; mais ces expériences avaient besoin d’un contrôle que la suite des éludes pouvait seule fournir. L’année 1891 lut consacrée aux éludes préliminaires, et au commencement de 1892 plusieurs essais, accompagnés d’entraînement végétarien et concernant la vision des élémcntals, furent entrepris et couronnés de succès, principalement en ce qui touche les expériences de M. Delfossc. Au milieu de l’année, des faits rapportés dans les grimoires furent soumis a un contrôle expérimental et M. Michelet, un des commissaires, put meme certifier le fait que le diamant pur empêchait le passage de l’action magnétique de l’aimant. Ce fait rapporté par Agrippa et inconnu des physiciens modernes est familier aux marchands de diamants, ainsi qu’il fut constaté. En même temps, une expérience d’évocation consciente fut tentée par M. M. II. et, malgré des oublis et des fautes nombreuses, cette expérience donna des résultats très curieux et très instructifs. Nous en rapporterons les principaux détails d’après les opérateurs eux-mêmes.
Au mois de mars 1892. en période de lune croissante, MM. II . et K., membres d’une commission d’enquête des phénomènes magiques, tentèrent l’expérience suivante qui fut conduite dans le secret le plus absolu :
Après 12 jours d’entrainement triple : végétarien
au point do vuo physique, purificateur au point de vue moral, et rituel au point de vue psychique, une cérémonie préparatoire de consécration du local magique fut exécutée la veille du jour de l’opération proprement dite, « A la suite de cette consécration préparatoire ». dit le rapport que j’ai sous les yeux, « nous avons éprouvé « une tristesse et un accablement tels, que nous hésitions « à recommencer le lendemain, pris d’une sorte de « frayeur devant notre faiblesse. L’astral n’aime pas « à ce qu’on regarde par les fentes de sa porto. » Malgré cela l’expérience fut tentée le lendemain, un jeudi à minuit. Il s’agissait dans l’idée des opérateurs de voir l’efTet d’un pentagramme dessiné avec leur sang et projeté en astral par le feu.
C’était, ainsi qu’ils s’en aperçurent plus tard, une base d’expérience déplorable et en dehors de toutes les conditions régulières. Le sang projeté en astral ne peut qu attirer une foule de larves, et ce n’est pas ce but que poursuivaient les expérimentateurs.
Quoiqu’il en soit revenons au fait. « Le lendemain », dit le rapport, « les conditions requises dans les ouvrages « magiques réalisées, le cercle tracé, le miroir, le réchaud « et les lumières disposés, deux opérateurs ayant l’un « 1 épée, 1 autre le trident de Paracelse (en étain, parce que « le lourde l’opération était lejeudi), revêtus des costumes « et des ornements de couleur planétaire correspondante « et des signes magiques gravés suivant le rituel.se placent « dans le cercle et l'évocation commence à II h. i/a. » Cette évocation fut dite, ou plutôt psalmodiée lentement et d une façon sonore, pendant que l’encens brûlait. A la fin de cette évocation, les onérateurs dirent :
sation spirites. Ces souffles étaient objectifs puisque les feuillages de chênes et do. peupliers bougeaient. En meme temps des vapeurs prises tout à fait spéciales décrivaient des contours d apparition en passant et en tournoyant devant le miroir magique que tous deux nous regardions. »
« Nous avons senti des soujfles froids comme ceux que 1 on ressent dans la plupart des séances de matériali-
Or suivant les expérimentateurs, « le but do l'œu- « vre était de rendre à son état lluide primitif le « sang qui avait servi à tracer le pentagramme et qui « appartenait aux deux opérateurs. C’était là la grande « faute, ajoutent-ils. » Nous avons dit tout à l’heure pourquoi.
En somme, après cette esquisse assez nette d’apparition, après cette sensation de souille froid et des mouvements d’objets accompagnés de craquements caractéristiques dans toute la pièce, les opérateurs pensent que tout est termine et rangent soigneusement tous les objets qui avaient servi à l’opération.
L'expérience avait été faite dans un grand appartement à Paris, et cette chambre était située tout au fond de l’aile droite dudit appartement. L’aile gauche était occupée par le frère d’un des opérateurs, homme d’àge mûr et professeur de mathématiques dans un grand établissement d’instruction publique. Ce monsieur s'était, ce jour-là, couché de bonne heure, ne se doutant nullement des études auxquelles se livrait son frère et n’ayant du reste jamais cru à la Magie ni à tous les enseignements analogues.
Au moment où les expérimentateurs, isolés et à l'abri de toute surprise dans leur cercle, attiraient dans l’appartement une pluie de larves sans s'en douter, le professeur dormait à poings fermés assez loin de là.
Or, à l’heure exacte de révocation, il est réveillé par un violent coup de poing sur l’épaule et ressent un état d’angoisse spécial, dû sans doute à ce réveil brusque. Croyant à une attaque de malfaiteur, il se dresse sur son lit et prend son revolver qui était à portée de sa main, puis allume sa bougie et constate avec stupéfaction que rien d’anormal ne se passe dans la chambre, ni dans la partie de l’appartement qu’il occupe. 11 se recouche, et cependant l’etat d’angoisse dure longtemps après.
(En rapprochant cette expérience des faits de Cideville, on pourra déjà voir en petit la reproduction d’une même loi).
Cette sensation de coup de poing avait assez frappé le professeur pour que le lendemain il l’ait décrite à son jeune frère qui enregistra soigneusement les faits et l'heure des phénomènes, tout en se gardant bien de parler de son expérience.
Mais les manifestations ne s'arrêtent pas là. Tout était rangé dans la chambre qui avait servi à l’opération et l’on ne remarquait dans cette chambre absolument rien d’anormal. A neuf heures du matin, l’expérimentateur étant sorti pour vaquer à ses occupations médicales. la femme de ménage vint comme d'habitude faire son ouvrage. Mais en ouvrant la porte de la chambre, celte femme est prise tout à coup d’une sorte de panique, d’une très grande frayeur, et se sauve à travers l’appartement.
Interrogée par le frère de l’expérimentateur qui se trouvait là sur la cause de cette frayeur, elle ne peut en rien la spécifier et dit : « Cela m'a pris comme cela, « sans savoir pourquoi. »
Enfin une des nuits suivantes, un superbe encrier en cristal fut, pendant le sommeil de l’opérateur et dans sa chambre, coupé en deux comme avec une scie, fait presque impossible à réaliser expérimentalement.
Ainsi voilà un essai fait par de jeunes opérateurs inexpérimentés qui est plus éloquent au point de vue théorique que si l’expérience d’évocation avait complètement réussi. Depuis, d’autres expériences très curieuses ont été tentées et ont réussi, mais nous avons choisi celle-là comme typique, ne voulant pas décrire dans un de nos ouvrages nos propres essais qui ne seraient pas si probants pour le lecteur que des faits racontés par d’autres.
Mais nous transcrirons cependant ce récit, émané du même expérimentateur, et qu'il nous adresse dans une lettre du 5 janvier :
« Seul, même rituel qu’à l’ordinaire, sans entraîne- « ment par une consécration et la fixation d’une volonté « en astral.
« J'ai joint au dispositif précédent l’impression dans
« la cire d’un cachet pentagrammatique, pendant que, « suivant le mode que vous m’avez enseigné, je brûlais « la leuille où était inscrite ma volonté réalisée. Le résul- « tat a été satisfaisant. Malgré toutes les probabilités, ce « que je demandais m’a été accordé. »
oi nous ajoutons que des essais de psychométrie poursuivis dans le même groupe eurent un plein succès, nous aurons montré ce qu’on peut faire en un an par des travaux méthodiquement poursuivis au point de vue de ce genre d’études.
Mais nous étions à ce moment très mal organisés, et depuis 1893 nos moyens d’action ont considérablement augmenté, le groupe possède à Paris un laboratoire de Magie pratique qu’il a mis à la disposition des membres spécialement chargés de cette étude, et nul doute que d’ici peu de mois des résultats plus importants encore ne soient obtenus. Nous avons aussi en province un autre laboratoire où existent une fonderie et des machines outils, ce qui nous permet de faire fabriquer en correspondance planétaire tous les objets métalliques dont nous pourrions avoir besoin.
De l’extériorisation du corps astral
En ces dernières années le monde scientifique fut quelque peu étonné en apprenant le nombre d’observations authentiques faites par MM. Gurney et Myers et srr important au dédoublement de l'être humain, soit pendant la vie, soit immédiatement après la mort. En France, le professeur Richet de l’Ecole de médecine de Paris, a bravement pris la tête des études de ce genre et inspire une Revue s’occupant de ces questions. Or ces faits se rapportent à l’enseignement de la science occulte touchant le corps astral et son extériorisation possible hors du corps physique. Une certaine école, dite théosophique.
et remarquable par l’aplomb imperturbable avec lequel ses membres tranchent ex professa les questions qu’ils ignorent le plus, fait consister toute la magie dans le dédoublement de l’être humain qu'on atteint par le régime végétarien poursuivi pendant un certain temps. A propos de la réalisation magique, nous avons déjà parlé des erreurs physiologiques commises par ce genre do sectaires ; il nous semble donc inutile d'insister sur ce sujet.
L’action de la volonté sur le corps astral est intimement liée à l’étude delà respiration et de ses mystères; mais ce qu’il est important desavoir, c’est que la manifestation consciente de l’action à distance de ce corps astral est précédée par certains phénomènes inconscients, qui ont été peu étudiés jusqu’ici, quoique souvent décrits. Ainsi un individu peut parfaitement agir à distance sur un autre :
1“ L’autre ayant conscience de cette action, sans que l’opérateur en ait conscience lui-même ;
2° L'autre n’ayant pas conscience de l’action qu'il subit, mais l’opérateur étant conscient de l’action qu’il produit ;
3 ° Ces deux individus ayant conscience des phénomènes produits.
A chacune de ces classifications correspond une série d’observations qui vont éclairer tout à fait le sens de notre division et qui permettront au magiste de déduire facilement la théorie et la pratique de ce genre de phénomènes.
l" Cas
Conscience du récepteur, inconscience de ïopérateur au moment de la production du phénomène.
M'"* de T. qui depuis longtemps se livrait à l’étude et à la pratique des phénomènes spiritualistes, ayant entendu parler de la possibilité d’extérioriser la force psy-
ItAYONNJiH
chique et de se dédoubler, voulut tenter une expérience décisive à ce sujet.
Elle se trouvait à ce moment à Paris et elle avait laissé de bons amis dans une grande ville de l’Amérique du Sud. — Elle résolut d’apparaître là-bas à un de ses amis et concentra fortement sa volonté sur ce sujet pendant plusieurs jours. — Le jour meme de l’expérience, elle se livra à des travaux très fatigants, allant meme jusqu’à passer plusieurs heures à cueillir des pommes de terre dans un champ, le tout afin de briser par la lassitude toute résistance possible de la part du corps physique.
Le soir, vers 9 heures, elle se coucha après avoir encore concentré toute sa volonté sur l’apparition qu elle voulait manifester là-bas. Elle 11e tarda pas à s’endormir profondément.
Le lendemain à son réveil clic n’avait gardé aucune conscience de ce qui pouvait bien s’èlre produit et ignorait absolument si l’expérience avait oui ou non réussi.
Un mois après seulement clic reçut par le courrier ordinaire une lettre de la personne sur qui elle avait voulu agir. Cette personne racontait que, se trouvant tel soir (date de l’expérience), vers 10 h. et 10 1 2, à un bal très animé, elle s’était un moment retiré à l’écart vers une croisée. C’est à ce moment, qu à son grand étonnement, elle aperçut dans l’embrasure de la fenêtre M^’dcT. habillée de blanc et souriante. L’apparition dura trois à quatre minutes. La lettre contenait tous les détails complémentaires à ce sujet. Voici du reste le récit des faits par des espérimentateurs eux mêmes :
do janvier 1893,
Je vous envoie la copie d’une partie de la lettre dont je vous avais parlé. L’ami qui l’a écrite, 11e se doutait pas que j’avais voulu lui apparaître et croit avoir eu une hallucination. J’ai sa lettre originale entre les mains et à votre disposition.
Quant à l’autre missive du même genre, je ne l’ai plus retrouvée. Elle provenait de ma mère qui, étant à
Pétersbourg, tandis que j’étais moi à Buenos-Ayres . m’a vue dans sa chambre une nuit, et en a été si effrayée, qu’elle me priait en grâce de ne plus recommencer de telles expériences avec elle.
J’ai lait en tout dix essais de dédoublement : ces deux seuls ont réussi.
Febrero 1887, Puerlo-Cabello.
Suenô o alucinacion ? No puedo explicar lo que me sucedio, pero se lo voy à contar pidiendo no se burlc de su pobre amigo ! A. las diez del dia de ayer me dirégi al baile del senor E..., saludc à la novia que me parecio muy triste, y, de repente, hubo un instante en que, cncontrandome rodeado de senoras en una pequena sala, oï su voz de V e muy conocida y agradable, que me decia, « Yo tambien estoy aqui, Senor B. » — Me volvi con presteza, latiendo mi corazon, y la vi, amiga mia, recostada en el alfcisar de una vcntana y souriendome con dulzura y pi-
cardia. Vestia V. un traje blanco. — Oh ! la vi, crealo V. no es una
historia, se lo ascguro, y, mi sorpresa fué tan grande que una senora me pregunto : « que le pasa à V. ? Le ha succdido algo ?» — La vision fué rapida, huyo con presteza de mis ojos pero no de mi aima y durante toda aquella noche fué V. la companera de mi silencio. — Si para creer en esa vision, necesita V. mi palabra de honor, se la doy.
D’après la publication des recherches de MM. Gurney et Myers sur les hallucinations télépathiques, les faits de ce genre sont connus. Mais celui-ci méritait une mention toute spéciale, car il montre comment une personne inconsciente de l’acte qu’elle produit peut agir à distance vers un but fixé d’avance.
Deuxième Cas.
Conscience de ïopérateur. —, Inconscience du sujet de l’opération :
Un de nos amis de Lyon les plus avancés dans l’étude de la méditation et de la pratique, M. Y., eut, à un moment donné . une lutte considérable à soutenir dans la con-
HAVONNKH
chiite d allaires de la plus haute importance. — Toutes les probabilités indiquaient un échec complet dans Faction qu'essayait d’évoquer notre ami et cependant il ne perdit pas courage.
Profitant de cette 1 circonstance que la personne dont il fallait changer complètement et malgré elle la manière de voir se couchait d'assez bonne heure. M. V. concentra toutes ses forces psychiques pendant les deux premières heures du sommeil de celui sur qui il fallait agir. — Il se transportait mentalement auprès de l’ètre endormi, et là. peu à peu. et avec une douceur extrême, plaidait sa cause et défendait sa manière de voir.
Or. plus les expériences étaient suivies, plus les idées de celui sur lequel on agissait malgré lui se modifiaient, et. au bout de quelque temps, c'est de son propre mouvement qu’il demanda l’exécution d’un acte'qui était en opposition flagrante avec sa première manière de voir.
En rapprochant ce cas de celui de MM. Desbeaux et Ilennique, on en saisira toute l'importance.
11 s’agit ici d une action suggérée consciemment et à distance à un individu qui subit inconsciemment l’ordre donné mentalement. Le récit de ce fait n’a d’autre but que de développer l’exposé de celle action.
Du reste M. \ . dont nous parlons a manifesté souvent des preuves surprenantes de pouvoirs psychiques élevés. C’est ainsi qu’il a plusieurs fois annoncé devant témoins et d’une façon précise des événements politiques devant arriver six mois après, avec la date précise de l’accomplissement de ces événements. 11 a aussi souvent pu vérifier des scènes prophétiques et manifester un grand nombre d’autres faits, étranges pour qui n’en possède pas la clef. Et cependant M. V. se livre à ces études depuis quatre ans à peine, après avoir été longtemps un fervent positiviste.
Troisième Cas
Les deux individus oui conscience des phénomènes produits.
XI. — Expériences de M. Émile Desbeaux avecM. G...'
Le 23 mai 1891, je fais asseoir dans un coin obscur du salon, M, G..., agrégé ès-scicnces physiques, pour qui ces sorles d’expériences étaient absolument inconnues. Il est neuf heures du soir. M. G... a les yeux bandés et la face tournée vers le mur.
Je me place à quatre mètres de lui, devant une petite table où reposent deux lampes.
PREMIERE EXPÉRIENCE
Sans bruit et à l’insu de M. G... je prends un objet et je le tiens en pleine lumière. J’y concentre mes regards et je veux que M. G... voie cet objet.
Au bout de 4 minutes 3 o” M. 6. m’annonce qu’il voit un rond métallique.
Or l’objet était une cuillère d'argent (petite cuillère à café) dont le manche disparaissait dans ma main et dont je ne fixais que la palette d’un ovale peu allongé.
DEUXIÈME EXPÉRIENCE
M. G... voit un rectangle brillant.
Je tenais une tabatière en argent.
TROISIÈME EXPÉRIENCE
M. G... voit un triangle.
J’avais dessiné à gros traits, sur un carton, un triangle.
• Nous extrayons cette série d'expériences des Annales des Sciences psychiques, publication paraissant tous-les deux mois par fascicules de a fr. 5 o, chez Alcan, éditeur, 108, boulevard Saint-Germain, Taris,
QUATRIEME EXPÉRIENCE
\l. G... voit un carre avec arêtes lumineuses et avec des perles brillantes : tantôt il voit deux perles seulement, tantôt il en voit plusieurs.
Je tenais un objet dont il n’était guère possible de soupçonner chez moi la présence : c’était un gros dé en carton blanc, la lumière éclairait vivement ses arêtes et donnait aux points gravés dessus des reflets brillants de perles noires.
CINQUIÈME EXPÉRIENCE
M. G .. voit un objel transparent avec filet lumineux for - niant ovale au fond.
Je tenais une chope à bière en cristal taillé à fond ovale.
Voilà, je pense, cinq expériences, faites dans des conditions excellentes de contrôle et de sincérité, qui peuvent être considérées comme ayant réussi.
A mon tour je deviens récepteur en prenant la place de M. G... qui devient transmetteur.
PREMIÈRE EXPÉRIENCE
Je vois un petit ovale très brillant.
M. G... tenait une alliance d’or.
DEUXIÈME EXPÉRIENCE
Je vois deux arcs de cercle éloignés l’un de l’autre et se faisant verticalement vis-à-vis.
M. G... tenait un vase japonais dont les contours rappelaient ce que j’avais vu. Néanmoins je considère comme nulle résultatde cette expérience, et je n’attribue à la précédente que la valeur d’une demi-réussite.
Emile Desreai \.
XLI. — Expériences de MM. Emile Desheaux et Léon Hennique
Avec mon ami Léon Hennique. j'ai essayé de faire de la télépathie à grande distance : Hennique se trouvant en villégiature à Ribemont (Aisne), moi restant à Paris, séparés tous deux par 171 kilomètres. Il a été convenu qu’Hennique serait, ou mieux, tâcherait d’être le transmetteur, et que notre premier essai aurait lieu dans la nuit du 11 au 13 juin dernier, à minuit et demi.
Je ne saurais mieux faire que de transcrire ici les lettres que nous avons échangées au sujet de ces expériences :
PREMIÈRE EXPÉRIENCE
Paris, nuil du n au ia juin 1891.
Mon cher Hennique.
11 est minuit et cinquante-cinq minutes, et je vous apprends ce que je viens de voir. A minuit trente, je m’installe dans un fauteuil tourné autant que possible dans la direction de Ribemont. J’ai les yeux bandés ; la lampe est derrière moi sur la table.
Au bout d'un certain temps je vois un V brillant, puis de légers nuages, semblables à une phosphorescence scintillante, paraissent, disparaissent, reparaissent sans forme appréciable ; une interruption : et soudain, très brillant, très visible, mais restant à peine deux secondes, je vois un bouquet, une gerbe de fleurs .
J’attends dans la même position assez longtemps, mais plus rien ne se montre. Je me décide à retirer mon bandeau : il est douze heures cinquante-cinq. Je suis bien curieux de savoir ce que vous avez voulu me transmettre.
Emile Desueacx
HAYON N K II
lUbcinont, i 3 juin 1891.
Mon cher Desbeaux,
J*ai pris un livre et j’attcncls 1 heure de la communication. Le livre est assommant, et je m’assoupis. A minuit quarante, réveil brusque, sans raison aucune. J ai décidé que vous verriez ma lampe, et, tourné vers Pans, je veux qu elle vous apparaisse chez vous où va ma pensée. Ma lampe a un abat-jour japonais où se trouvent peints, d’un côté un martin-pêcheur sur un piquet, de l’autre une gerbe de fleurs. La lampe est éteinte, mais presque sous elle une veilleuse fait transparaître les fleurs. J’ai voulu environ six minutes, puis ma volonté s’est épuisée,
Je reçois votre lettre. D’après ce qui précède, il y aurait donc eu commencement du phénomène, une réussite partielle. J’y ajoute que dans la cage ovale du verre de la lampe, je le vérifierai, la veilleuse devait se refléter en V.
Léon He.vmoue.
DEUXIÈME EXPÉRIENCE
Paris, ,8 juin 1891, ri h. i/a du soir.
Mon cher Henmque,
J’ignore si vous avez eu ma lettre à temps, et si vous avez pu tout à l’heure « faire de la télépathie » avec moi?
Pour ma part, à onze heures, assis dans mon fauteuil, tourné dans votre direction, les yeux bandés, tenant votre dernière lettre dans mes mains, j’ai bientôt vu une petite ampoule de verre d’un dessin très net ; puis de légers nuages se sont succédé, cherchant a prendre forme ; enfin un dernier nuage phosphorescent s’est condensé en boule, en sphère , pleine et lumineuse.
Après un temps que, les yeux bandés, j’évalue à six minutes, peut-être à dix. je n’ai plus rien vu. J’ai attendu
MAUIE rn.inçuii ;>I
néanmoins, et quand j’ai retiré mon bandeau, la pendule marquait onze heures vingt. Je suis donc resté dix ou quatorze minutes sans plus rien voir.
Il est intéressant pour moi de savoir : i° Si vous avez fait l’expérience ; si vous l’avez faite dans ce laps de temps : de onze heures à onze heures six ou dix minutes. — J’attends votre réponse.
Ribemont, 19 juin 1891.
Mon cher Desbeaux.
Ce soir, 18 juin, onze heures sonnent. C’est l’heure convenue. Je prends un globe de lampe et je le dépose en pleine lumière, sur ma table, sous mon abat-jour. Aussitôt, je me mets à penser à vous : Tourné vers Paris, je suis les principales stations qui nous séparent. Saint-Quentin, Tergnier, Chauny, Compiègne. Creil, Chantilly, Paris. J’arrive dans votre rue et ma pensée monte chez vous, dans votre salon. Là, je commence de vouloir que mon globe soit vu par vous. Dix minutes, au moins, j’ai persisté en ce vouloir.
19 juin, je reçois votre lettre. L’expérience a parfaitement réussi, puisque vous m’apprenez que vous avez vu une boule, une sphère pleine et lumineuse. C’est extraordinaire !
Léon IÏennique.
TROISIÈME EXPÉRIENCE
Paris, le (i juillet 1891, 11 h. 1 a du soir.
Mon cher Hewique,
C’est uneflet vraiment spécial. Cela vous arrive par « poussées », par ondes successives. Il me semble voir le résultat de chacun de vos elTorts. avec un maximum
d’intensité aux saccades finales. Ce sont des nuages phosphorescents qui se succèdent tout h coup très rapidement, paraissant chercher à prendre une forme de plus en plus nette : puis soudainement plus rien, on dirait que votre effort est épuisé.
Enfin voici ce que j'ai vu : dans les premiers nuages, une forme à peine esquissée d'un cercle de cuivre d’où s’échappent des rayons métalliques ; puis cela devient plus brillant tout en conservant la lorme étoilée ; on dirait que l’espace entre les rayons s’est garni de diamants ; j’ai alors l’impression confuse d’un bijou, d'une broche de femme ornée de pierreries, mais je n’avais pas encore eu la sensation aussi vive, aussi appréciable d’une idée (èSioiW semblant chercher à me parvenir.
R ibemont, 7 juillet 1891.
Mox cher Desbeai \.
Nous avons complètement raté notre petite opération. Ci-joint le mot que j ai essayé de vous faire voir 1 . Donc, h recommencer un de ces jours. Vous paraissez avoir senti mon effort, mais nous devons considérer cette troisième tentative comme nulle. Les conditions atmosphériques étaient peut-être mauvaises", et il doit être très difficile d expédier ainsi quatre lettres. Je choisirai plus simple la prochaine fois.
Liiox Henmque.
E11 attendant la reprise de nos expériences, je vous livre ces résultats des trois premières tentatives et je n’y ajoute aucun commentaire.
‘ Ce mot était Dieu trace en gros traits noirs. Le 6 juillet, nouvelle lune, orage.
EXPÉRIENCE OU 2 SEPTEMBRE 1 89 1 .
Paris, a septembre iSiji.
Mon cher ÏIennique,
Ï 1 est onze heures et demie du soir. Je retire le bandeau — chambre noire où depuis onze heures mes yeux attendaient une image télépathique — et rien n’est venu ! Je n’ai vu que du noir !
Ne suis-je plus assez entraîné?
Avez-vous oublié ?
Renseignez-moi.
Ribemont (Aisne), \ septembre 1891. Mon cher Desbeaux'.
Ce que je voulais a parfaitement réussi.
Il s’agissait de savoir si des images télépathiques ne se présenteraient pas à vous contre ma volonté. J’ai tâché de vous isoler, c’est-à-dire de vous débarrasser des préoccupations ambiantes, j’ai voulu que vous soyez seul, bien seul, mentalement. Vous n’avez rien vu. Donc, la preuve de ma volonté vous suggérant des dessins dans les expériences précédentes me semble près dVlre laite.
Léon ÏIennique.
Nous avons défini la magie :
L’action de la volonté humaine dynamisée sur l'évolution rapide des forces vivantes de la nature , et notre volume n’a eu pour but que de justifier et de développer cette définition.
Nous espérons avoir réussi à exposer d’après les données de la physiologie contemporaine et à adapter à ces données, la théorie de la constitution psychologique de l’homme donnée jadis par Platon et reprise par Fabre d’Olivet. Ce travail était indispensable pour tous ceuxqui veulent s’occuper sérieusement de cesquestions.
D’autre part, plusieurs chapitres de ce traité ont été consacrés à l’étude des forces vivantes de la nature, de leur origine astrale, et de leurs correspondances dans le monde sublunaire.
Ce sont là des points presque toujours négligés par ceux qui veulent étudier la magie sans avoir recours aux principes immuables fixés par la tradition pour les divisions générales de l’ésotérisme.
Enfin beaucoup de chercheurs voulaient posséder un résumé assez complet de tous ces grimoires, de toutes ces clavicules, de tous ces rituels manuscrits qui, malgré les naïvetés qu'ils contiennent et les erreurs grossières qui y pullulent, permettent cependant de retrouver des points de kabbale pratique bien peu connus à notre époque.
Pour satisfaire cette légitime curiosité et pour éviter à ces chercheurs des dépenses assez considérables nous
avons réuni en une dernière partie tout ce qu’il y a de plus curieux dans ces divers recueils pratiques.
Nous aurions pu nous en tenir à la portion véritablement personnelle de noire travail, à celle qui répond davantage aux aspirations de tout esprit sérieux et ami des principes plus que des vulgaires réalisations; mais notre opinion formelle est que l’écrivain qui veut exposer une question sous toutes ses (aces n’a pas à tenir compte des préjugés ou des calomnies dont il suscitera l’éclosion. Aussi ce livre se termine l-il par une évocation strictement exacte de la magie traditionnelle.
Quand vous aurez compris la théorie de la magie, vous pourrez bien vous passer des paroles de ces prières, et votre esprit immortel, se révélant à votre conscience, saura vous (aire trouver des termes adéquats à votre valeur intellectuelle.
Mais c’est là votre œuvre personnelle ; pour nous, notre devoir consiste à vous montrer la route et à chasser les incapables et les profanes par des moyens sûrs.
Des prières 1 des conjurations ! des oraisons mystérieuses ! tout cela présenté au XIX e siècle par un auteur qui prétend être sérieux, qui invite ses lecteurs à se métier du cléricalisme autant que du matérialisme, n’est-ce pas ridicule et indigne d’occuper l’attention de ces « Fils du progrès », des « illustres entants du siècle des chemins de fer et des téléphones » ?
Ne voilà-t—il pas plus qu'il n’en faut pour (aire jeter au feu ce livre par les mondains sceptiques, vaniteux et incapables, impatients de faire une évocation en cinq minutes?
De nos jours, où la mode s est emparée de ces études, où la magie, les grands initiés, les professeurs d’occultisme et d’envoûtement, sortent de tous les pavés et assaillent déjà les éditeurs et les journaux de leurs indigestes élucubrations, un bain de lumière était indispensable. 11 fallait mettre tout lecteur intelligent à même de juger ces grands hommes hâtifs à leur juste valeur* et si notre travail remplit ce but, nous serons complètement récompensé de nos efforts, quitte à dédaigner par la
4 sa
suite les venimeuses perfidies de ces mécontents. envieux par essence, et impuissants intellectuels par tempérament.
Quant aux hommes sincèrement convaincus de la grandeur de la science contemporaine, quant à ceux qui pensent que les études de magie sont songes creux ou dilettantisme d’imaginatifs blessés dans leur ardeur sentimentale, nous leur demanderons si la loi d’évolution ne doit pas s’appliquer aux forces physiques comme elle s'applique à toute la nature, et si nous avons le droit de fixer des limites à l’énergie, sous quelque aspect qu’elle se manifeste?
La folie d’aujourd’hui n’est-elle pas la sagesse de demain, et l’analogie ne nous permet-elle pas de constater que ce qui est illogique en apparence n’est cependant que la logique manifestation de causes encore inconnues ?
On trouve logique l’action de la machine électrique isolée sur ses pieds de verre, transformant en énergie électrique le travail mécanique dépensé pour mettre le verre en mouvement et condensant la force produite en ses houles de cuivre.
Mais on trouve absurde et folle a priori l’action du magicien isolé en son cercle de charbon, transformant en énergie astrale le travail d’entraînement qu’il a fait subir à son organisme et condensant la force produite en la boule métallique qui termine sa baguette de bois revêtue de vernis isolant.
On trouve logique et rationnelle l’action d’un paratonnerre qui soutire et atténue l’énergie électrique d’un nuage, ou l’action d’une pointe métallique qui laisse fuser l’électricité de la machine de Ramsden.
Mais qu’un magicien, armé d’une pointe métallique dénommée épée magique, soutire l’énergie condensée en un agglomérat de force astrale, aussitôt tous les prétendus hommes de science de s’écrier : folie, hallucination ou charlatanisme.
Encore une fois les forces sur lesquelles agit le magiste sont du même ordre que toutes les forces possibles de
roNCt.rsiON
4SI)
la nature el obéissent aux mêmes lois. Seulement elles sont générées, grâce à la transformation des forces dites
È siques. par un milieu vivant cl participent un peu à ? origine en manilestanl des preuves a intelligence. Le clérical, ignorant et sectaire par essence, y voit le diable; le savant contemporain, dérangé dans scs méticuleuses additions de microbes, ne peut y voir que l’aliénation de ceux qui osent s'occuper de ces problèmes qui n’entrent dans le programme d’aucun examen universitaire. Le chercheur indépendant doit se rendre un compte exacide la question et ne pas avoir peur des mots.
Croire que quelque chose arrive « par hasard » ou « par une curieuse coïncidence ». c’est faire preuve de paresse intellectuelle et de lâcheté scientifique.
Croire qu’il existe en l’uni vers quelque chose de « surnaturel », c’est faire injure aux forces créatrices dont les lois sont partout immuables et analogiquement correspondantes.
Aussi ne pouvons-nous mieux terminer ce traité de magie que par la double affirmation qui doit guider tout magisle digne de ce nom :
Le iiasahd I Le surnaturel
n’existe pas. I n’existe pas
LA CÉRÉMONIE MAGIQUE I. — Cour d'oeil historique.
Lu cérémonie magique, ainsi qu’on a pu le voir par ce qui précède, est le résultat d’une série de principes théoriques formant la base même de la science occulte tout entière.
Les principales dispositions à observer dans toute expérience sont de deux ordres : i° 11 faut pouvoir agir consciemment sur les forces astrales et les diriger vers le but poursuivi ; 2 # il faut d’autre part s’isoler assez pour éviter les réactions dangereuses, et même être prêt à détourner ces réactions si elles se produisent.
Voyons comment l’opérateur réalise ces deux premières conditions de toute expérience magique.
Après avoir subi l’entraînement personnel nécessaire, l’opérateur commence par établir son champ d’isolement en traçant le cercle.
Le cercle est la signature personnelle de la volonté de l’opérateur alliée aux influences astrales ; aussi les sujets voyants décrivent-ils un cercle de flammes et des colonnes de lumières étincelantes, là où nos sens physiques ne perçoivent qu’un trait de charbon et des noms hébraïques.
Le cercle est ainsi, pour le magiste, ce que la forteresse est pour l’homme de guerre. C’est à l’abri de ce rempart protecteur que les expériences vont suivre leur cours.
Quand cette première ligne de défense est constituée, l’opérateur dispose les substances qui doivent aimanter les
APPES MCE
forces astrales. — Ces substances sont, soit des végétaux, soit des animaux dont le corps astral va être utilisé dans l'expérience et va servir de moyen de fixation et de manifestation matérielle des réalités psychiques qui ont été évoquées.
Enfin à ce premier moyen d'aimantation, le magiste ajoute le dynamisme personnel de sa volonté en condensant la force nerveuse sur la baguette magnétique des opérations qui sert à diriger la force émiso vers le but à atteindre et qui permet de créer ainsi un courant de lumière astrale plus ou moins considérable.
Mais l'épée magique est aussi à la portée de l'expérimentateur, et si, une fois les conjurations prononcées, des réactions trop violentes viennent à se produire, la pointe métallique de l’épée, soutirant la quantité de force astrale superflue, saura enlever aux entités psychiques leur instrument matériel de réalisation.
Aussi l'opération magique est-elle vraiment une synthèse d'efforts et do science, et l’opérateur possède les deux pôles de toute action : le pôle d'attaque ou de projection par la baguette magnétique à terminaison ronde — et le pôle de défense et de dissolution par l’épée magique à terminaison
Nous pouvons résumer ce que aous venons de dire à propos de la cérémonie magique en trois règles :
1° Constitution d'une ligne do défense (entraînement personnel cercle et noms mystiques).
2” Aimantation d9s forces astrales (végétal, animal, sang, etc., etc.)
3* Actions consciente sur les forces astrales évoquées (baguette et épée).
Or nous allons voir comment ces règles traditionnelles ont été profanées parles ignorants et les incapables, et comment cette opération est descenduo;. du rang d'une expérience scientifique basée sur des principes immuables, aux pratiques aveugles et superstitieuses en usage dans la plupart des cercles mystiques de nos jours. Nous constaterons toutefois que la cérémonie intégrale a été conservée intacte à travers les siècles par les fraternités occultes et nous la
coup d’oeil historique
suivrons ainsi depuis Homère jusqu'au XIX* siècle. G'cst après avoir revu ces points d’histoire que nous étudierons l'involution de l’évocation magique.
Homère
Là, pendant qu’Euriloque etPérimède retiennent les victimes, je tire mon glaive acéré ; je creuse une fosse d’une coudée en tout sens et j’y fais pour tous les morts des libations, l’une de lait et de miel, la seconde d'un vin délectable, la troisième d'eau limpide ; enfin j’y répands de la pure fleur de farine.
Cependant j’évoque les têtes sans force des morts, je promets de leur sacrifier dans mon palais, à mon retour à Ithaque, la meilleure de mes génisses stériles, de brûler pour eux tous un bûcher couvert de dons précieux et d’immoler à part, pour Tirésias seul, un bélier noir sans tache, le plus noble du troupeau.
Lorsque,par mes prières et mes vœux,j’ai imploré l’essaim des morls, je saisis les victimes, je les égorge au-dessus de la fosse ou ruisselle un sang noir v Alors accourent en foule et sortent des flots de l’Erèbe les âmes de ceux qui ne sont plus. Jeunes femmes, vifs adolescents, vieillards éprouvés par les souffrances, tendres vierges, le cœur gros de peines récentes, guerriers blessés par des javelots d airain, revêtus d'armures étincelantes, tous s’empressent en grand nombre tout autour de la fosse avec un frémissement horrible.
La pâle terreur me saisit; j'anime le zèle de mes compagnons, je leur ordonne d’enlever la dépouille des victimes dont l’airain a tranché la vie, de les brûler, et d'adresser des prières aux dieux, surtout au puissant Pluton et à l’inexorable Proserpine. Cependant, assis devant la fosse, le glaive ù la main, je ne permets pas aux têtes sans force des morts de s’approcher du sang avant que j’aie interrogé Tirésias.
Homère : Od. chant XI (T #n Giquet).
On peut voir dans cette évocation les points essentiels que nous avons mentionnés, à savoir :
!• Préparation. — Conjuration. — Fosse.
Al’l'ENDlCK
2 ’ Aimantation. — Sang.
g" Rayonnement. — Maniement de l’épée. — Eloignement des âme», sauf de celles qu’il faut interroger.
Les Mille et une Nuits
Les historiens qui se sont particulièrement occupés de la date qu’il faut attribuer aux contes arabes traduits par Galland sous le titre des Mille et une Nuits s’accordent généralement à diviser ces contes en deux parties, l'une très ancienne et d’origine probablement indoue, l'autre écrite au XIII* siècle et d'origine bien arabe. En adoptant, pour éviter toute discussion, cette dernière époquo on pourra suivre dans ce recueil certains détails de magie cérémonielle parmi lesquels nous insisterons plus particulièrement sur le récit suivant : « La princesse Dame de beauté alla dans son appartement, d’où elle apporta un couteau qui avait des mots hébreux gravés sur la lame. Elle nous fit descendre ensuite,le sultan, le chef des eunuques, le petit esclave et moi, dans une cour secrète du palais ; et là, nous laissant sous une galerie qui régnait autour, elle s'avança au milieu de la cour, où elle décrivit un grand cercle et y traça plusieurs mots en caractères arabes, anciens et autres, qu’on appelle caractères do Cléopâtre.
Lorsqu'elle eut achevé et préparé le cercle de la manière qu’elle le souhaitait, elle s’arrêta et se plaça au milieu, où elle fit des abjurations et récita des versets de l’Alcoran. Insensiblement l’air s’obscurcit, de sorte qu’il semblait qu’il fût nuit et que la machine du monde allait se dissoudre. Nous nous sentîmes saisir d’une frayeur extrême ; et cette frayeur augmenta encore, quand nous vîmes tout à coup paraître le génie, fils de la fille d’Eblis, sous la forme d’un lion d’une grandeur épouvantable.
Martines de Pasquallis
Louis-Claude de Saint-Martin fut « illumine » par son maître en pratique: Martines do Pasquallis...
COUP I) OKIL HISTORIQUE
D’après les récits de Saint-Martin lui-même, le maître réunissait ses disciples dans une chambre quelconque sans doute purifiée par quelque opération préalable. Martines traçait ensuite un cercle au milieu de la pièce et écrivait en langue hébraïque dans ce cercle les noms des anges elles noms divins nécessaires. Ces préparatifs étonnèrent même à tel point le jeune disciple qu’il s’écria : « Eh quoi! faut-il tant de choses pour communiquer avec le Ciel ! » Toutefois il n’eut pas lieu de se repentir de ces préparatifs, car dès que les conjurations eurent été faites, les « Êtres psychiques >) se manifestèrent et donnèrent d’éclatantes preuves de la réalité de leur existence dans le monde invisible.
Ceux qui avaient assisté à de telles expériences devenaient « illuminés », c’est-à-dire que pour eux l’existence du monde invisible et l’immortalité de l’âme devenaient des réalités plus certaines encore que l’existence de la-matièrc dans le monde physique. Aussi ces « illuminés », méprisant la mort, étaient-ils prêts à tout pour propager eldôfendrc les doctrines qui leur étaient chères'.
Nous arrivons maintenant aux expériences modernes et nous allons citer l’évocation pratiquéeen 1854 par EliphasLévi ; on y retrouvera le rituel complet de la magie cérémonielle.
L’évocation d’Apollonius de Tiiyane (Par Eliphas Lévi)
Tout était terminé le 24 juillet, il s’agissait d’évoquer le fantôme du divin Apollonius et de l’interroger sur deux
1 Pendant l'impression de ce traité nous avons été mis à même par nos amis de Lyon MM. Vitte et Elie Steel de prendre connaissance de nombreux manuscrits de Martines de Pasquallis et de Louis-Claude de Saint-Martin •t dont nous devons la conservation à M. Cavarnier. Ces manuscrits jettent un jour tout nouveau sur le rituel magique des martinistes. Nous préparons du reste un ouvrage spécial sur cette question.
MAGIE PRATIQUE 3a
secrets, l’un qui me concernait moi-même, l'autre qui intéressait cette dame. Elle avait d’abord compté assister à l'évocation avec une personne de confiance ; mais, au dernier moment, cette personne eut peur, et comme le ternaire ou l’unité est rigoureusement requise pour les rites magiques, je fus laissé seul. Le cabinet préparé pour l’évocation était pratiqué dans une tourelle, on y avait disposé quatre miroirs concaves, une sorte d’autel dont le dessus de marbre blanc était entouré d’une chaîne de fer aimanté. Sur le marbre blanc était gravé et doré le signe du pentagramme tel qu’il est représenté à la page 105 de cet ouvrage ; et le même était tracé en diverses couleurs sur une peau d’agneau blanche et neuve qui était tendue sur l’autel. Au centre de la table de marbre il y avait un petit réchaud de cuivre avec du charbon de bois d’aulne et de laurier ; un autre réchaud était placé devant moi sur un trépied. — J’étais vêtu d’une robe blanche assez semblable aux robes de nos prêtres catholiques, mais plus ample et plus longue, et je portais sur la tête une couronne de feuilles de verveine entrelacées dans une chaîne d’or. D’une main je tenais une épée neuve et de l’autre le rituel. J’allumai les deux feux avec les substances requises et préparées, et je commençai à voix basse d’abord, puis en élevant la voix par degrés, les invocations du rituel.
La fumée s'étendit, la flamme fit vaciller tous les objets qu’elle éclairait, puis elle s’éteignit.
La fumée s'élevait blanche et droite sur l’autel de marbre, il me sembla sentir une secousse de tremblement de terre ; les oreilles me tintaient et le cœur me battait avec force. Je remis quelques branches et des parfums sur les réchauds et lorsque la flamme s’éleva, je vis distinctement devant l’autel une figure d’homme plus grande que nature qui se décomposait et s’effaçait. — Je recommençai les évocations et je vins me placer dans un cercle, que j’avais tracé d’avance entre l’autel et le trépied : je vis alors s’éclaircir peu à peu le fond du miroir qui était en face de moi, derrière l’autel, et une forme bleuâtre s’y dessina, grandissant et semblant s’approcher peu à peu. J’appelai trois fois Apollonius en fermant les yeux ; et lorsque je les rouvris, un homme était
coup i/oeil historique 409
devant moi, enveloppé tout entier d’une sorte de linceul qui me sembla être gris plutôt que blanc ; sa figure était maigre, triste et sans barbe, ce qui ne se rapportait pas précisément à l’idée que je mo faisais d’abord d’Apollonius.
.l’éprouvai une sensation de froid extraordinaire, et lorsque j’ouvris la bouche pour inlerpeller le fantôme, il me fut impossible d’articuler un son, je mis alors la main sur le signe du pentagramme, et je dirigeai vers lui la pointe de l'épée, en lui commandant mentalement par ce signe de ne point m’épouvanter et de m’obéir. Alors la forme devint plus confuse et il disparut tout à coup.
Je lui commandai de revenir ; alors je sentis passer près de moi comme un souffle, et quelque chose m’ayant touché la main qui tenait l’épée, j’eus immédiatement le bras engourdi jusqu’à l’épaule. Je crus comprendre que cette épée offensait l’esprit, et je la plantai par la pointe dans le cercle auprès de moi. La figure humaine reparut aussitôt ; mais je sentis un si grand affaiblissement dans mes membres et une si prompte défaillance s’emparer de moi, que je fis deux pas pour m’asseoir.
Dès que je fus assis, je tombai dans un assoupissement profond et accompagné de rêves, dont il ne me resta, quand je revins à moi, qu'un souvenir confus.et vague.
J’eus pendant plusieurs jours le bras engourdi et douloureux. La figure ne m’avait point parlé, mais il me sembla que les questions que j’avais à lui faire s’étaient résolues d’ellesmêmes dans mon esprit.
A celle de la dame une voix intérieure répondait en moi : « Mort (il s’agissait d’un homme dont elle voulait savoir des nouvelles). Quant à moi, je voulais savoir si le rapprochement et le pardon seraient possibles entre deux personnes auxquelles je pensais, et le même écho intérieur répondait impitoyablement : « Mortes. »
Je raconte ici les faits tels qu’ils se sont passés, je ne les impose à personne. L’effet de cette expérience sur moi fut quelque chose d’inexplicable. Je n’étais plus le même homme, quelque chose d’un autre monde avait passé en moi : je n’étais plus ni gai ni triste, mais j’éprouvais un singulier attrait pour la mort sans être cependant aucunement tenté
de recourir au suicide. — J’analysai soigneusement ce que j’avais éprouvé; et malgré une répugnance nerveuse très vivement sentie, je réitérai deux fois, à quelques jours seulement de distance, la même épreuve. Le récit des phénomènes qui se produisirent diffère trop peu de celui ci pour que je doive l'ajouter à cette narration, déjà un peu longue peut-être. Mais le résultat de ces deux autres évocations fut pour moi la révélation de deux secrets cabalistiques qui pourraient, s'ils étaient connus de tout le monde, changer en peu de temps les bases et les lois de la société tout entière.
(Elipiias Lévi, Dogme , p. 26 etsuiv.)
C'est pour continuer ces expériences que nous avons fondé le Groupe indépendant d’études ésotériques, qui a son quartier général 29 rue de Trévise, à Paris, et dont quelques membres ont déjà pu obtenir d’importants résultats.
Telle est la cérémonie magique opérée consciemment et en prenant toutes les précautions nécessaires à l’effet d’éviter les dangers inhérents à de telles expériences ; voyons les transformations subies par cette cérémonie à travers les âges.
Sans parler des expériences des sorciers remplaçant, au muyen âge, l'entrainement par des pommades à base d'opium, mais conservant le cercle tout en faisant un usage épouvantable du sang, nuus dirons quelques mots des expériences modernes du spiritisme, dont certains adeptes prétendent faire une synthèse expérimentale.
Involution de l’Evocation magique
On retrouve dans l'évocation spirite une partie des éléments de l’évocation magique, mais déformés d’étrange façon. D'autre part tout ce qui permet à l’expérimentateur de se défendre contre les influences pernicieuses a été impitoyablement supprimé, sous prétexte de « superstitions ! Aussi un expérimentateur spirite n’est-il jamais sûr de ce qui va se produire, le. hasard guide tout et une expérience
coup d’okii, historique
excellente de la veille peut être transformée le lendemain en une communication niaise ou pornographique. C’est le triomphe de l’inconscient et de l’inattendu ; c’est aussi le triomphe de la vanité ignorante des médiums et des sectaires et l’on comprend à la rigueur la hautaine indifférence avec laquelle un véritable adepte de la science des mages est tenté d’éloigner des oratoires et des laboratoires sacrés cette démagogie du phénomène psychique. La doctrine spirite peut être conseillée à tout commençant; car elle résume quelques points de la tradition ésotérique sur la réincarnation et l’évolution astrale; mais la pratique spirite conduit les médiums à la neurasthénie en passant par l’hystérie et les expérimentateurs au scepticisme ou au sectarisme. Mais laissons là ces discussions inutiles et revenons au fait, c’est-à-dire à l’involution de l’expérience magique en expérience spirite.
Le magiste condense sa volonté d’abord autour de son centre d’action en faisant le cercle; ensuite sur la baguette magnétique des opérations.
Le cercle, quand il existe, s’est transformé en un ensemble de mains appartenant à des êtres aucunement entraînés et dont les fluides disparates ne peuvent opposer qu’une barrière infime aux manifestations pernicieuses. De plus, les êtres invisibles qui se manifestent et qui dirigent tout, au lieu d’être dirigés, ont soin de pousser peu à peu leurs « chers protégés »> à supprimer ce dernier rempart qui n’est cependant pas bien gênant. Aussi beaucoup de séances se fontelles sans la chaîne dont l’origine est le cercle magique.
Quant à l’instrument de condensation du fluide astral, à la baguette des anciens opérateurs, il s’est transformé en une simple table de bois sur laquelle les forces psychiques émanées des médiums se livrent à des acrobaties plus ou moins réjouissantes.
Le magiste emprunte à la nature les plantes ou les animaux dont les fluides astraux sont utilisés comme point de départ de la condensation nécessaire à la manifestation de l’être évoqué. C’est donc en faisant évoluer les forces naturelles jusqu'à l'humanité que le magiste accomplit son expérience. La fumée de l’encens complète les éléments d’action nécessaires à l’être qui va se manifester.
C'est à un être Immain, involué en mode d'animalité sous l'influence de l'hypnose, c'est à un médium inconscient des actions produites (quand il ne triche pas), râlant sous l'emprise de sa force vitale par les êtres de l’astral, que le cercle spirite emprunte la force nécessaire à la production des phénomènes dits de matérialisation.
Enfin les conjurations sont remplacées par des refrains de chansons populaires quand elles ne sont pas supprimées et tous les instruments de défense ont disparu ; plus de métaux, plus de pointes, plus d'épées, plus rien qui empêche les obsessions, les anémies nerveuses et les accidents plus graves encore.
Personnellement nous possédons une série de lettres très instructives, émanées des malheureux médiums qui se sont livrés de tout leur pouvoir à l'expérimentation et qui sont aujourd'hui obsédés dangereusement par les êtres qui se sont présentés à eux sous de faux noms et en accaparant les personnalités des parents décédés.
Nos lecteurs connaissent aussi, nous en sommes convaincu, les enseignements du D r Paul Gibier à ce sujet. Nous détachons de son dernier ouvrage le fait suivant qui suffira à éclairer les imprudents.
Trois gentlemen, dans le but de s’assurer si certaines allégations spirites étaient exactes, s'enfermèrent un soir sans lumière dans la chambre d'une maison inhabitée, non s'en s'être engagés par un serment solennel à être absolument sérieux et de bonne foi.
La pièce était complètement nue et avec intention ils n’y avaient introduit que trois chaises et une table autour de laquelle ils prirent place en s'asseyant.
Il fut convenu qu'aussitôt que quelque chose d'insolite se passerait, le premier prêterait de la lumière avec des allumettes-bougie dont chacun s’était muni. Ils étaient immobiles et silencieux depuis un certaih temps, attentifs aux moindres bruits, aux plus légers frémissements de la table sur laquelle ils avaient posé leurs mains entrelacées. Aucun son ne se faisait entendre ; l’obscurité était profonde et peut- être les trois évocateurs improvisés allaient-ils se lasser et perdre patience, lorsque soudain un cri strident de détresse
COUP d’oeil historique
éclate au milieu du silence de la nuit. Aussitôt un fracas épouvantable se produisit et une grôle de projectiles se mit à pleuvoir sur la table, le plancher et les opérateurs.
Rempli de terreur, l'un des assistants, alluma une bougie ainsi qu’il était convenu, et quand la lumière eut dissipé les ténèbres, deux d’entre eux se trouvèrent seuls en présence et s’aperçurent avec effroi que leur compagnon manquait; sa chaise était renversée à une extrémité do la pièce.
Le premier moment de trouble passé, ils le retrouvèrent sous la table, inanimé et la tête ainsi que la face couvertes de sang.
Que s’était-il donc passé?
On constata que le manteau de marbre de la cheminée avait été descellé d’abord et qu’il avait été projeté ensuite sur la tête du malheureux homme et brisé en mille pièces.
La victime de cet accident resta près de dix jours sans connaissance, entre la vie et la mort, et ne se remit que lentement de la terrible commotion cérébrable qu'elle avait reçue.
D r Paul Gibier.
(Analyse des choses, p. 185 à 187).
Toutes les expériences concernant l’astral sont donc des plus dangereuses et elles sont d’autant plus dangereuses qu’on est plus inconscient et plus désarmé.
Or les expériences d’évocation magique ont lieu en lumière (colorée pour éviter la dissolution du fluide astral), tandis que les 9/10 des expériences de matérialisation spirite ont lieu en pleine obscurité. Dans l’expérience magique l’opérateur est conscient et armé contre les décharges d’électricité odique ; dans l’expérience spirite l’opérateur est inconscient de ce qui va se produire et désarmé. Nous laissons au lecteur le soin de conclure et de juger entre a les prétendues superstitions » des anciens magiciens, et les recherches dites scientifiques des cercles modernes de spiritisme démocratique.
Et qu’on ne vienne pas chercher à comparer les réussites qui so produisent dans les deux genres d’évocations ; car les faits de matérialisation sont rarissimes en spiritisme, et l’on
réédite toujours depuis dix ans les mêmes phénomènes étudiés par trois ou quatre expérimentateurs sérieux. A Paris sur dix leaders du spiritisme il y en a plus de la moitié qui n’ont jamais été à même d’assister à un phénomène sérieusement constatable de matérialisation.
La question est donc en suspens et l’avenir seul montrera comment elle doit être résolue. Jusqu'à présent on avait jugé bon de ne pas appeler tous les chercheurs à la connaissance de l’expérimentation magique. Nous avons fait nos efforts pour réparer les conséquences de cet exclusivisme et nous osons espérer que bientôt de nouveaux faits viendront grossir notre dossier et proclamer les garanties qu’offre notre manière de voir.
Pour l’instant restons-en là de cet exposé et abordons maintenant la bibliographie du phénomène magique.
2. — Bibliographie résumée.
Notre intention n’est pas de faire une bibliographie complète de la question, loin de là. On trouvera dans notre travail sur la Kabbale (Paris, in-8°, 1892) et dans notre ouvrage sur la Science occulte (Paris, gr. in-8° de J.200 p., 1891) une bibliographie générale qui permettra aux chercheurs sérieux d’approfondir complètement ces études.
Nous voulons simplement passer en revue rapidement quelques-uns des ouvrages qui intéressent spécialement le magiste, soit comme grimoires dont il faut se défier, soit à titre de livres utiles qu’il faudra consulter.
Dans la tradition kabbalistique la magie prend place après les traités théoriques comme le Sohar ou le Sepher letzirah et est représentée surtout par des manuscrits hébraïques dont quelques mauvaises traductions existent dans nos bibliothèques. Ces manuscrits sont connus sous le nom de « Clavicules de Salomon » ou de * Shemamphoras » et se rapportent à l’exercice de la prophétie en Israël.
De cette source sont dérivés une foule de traités de sorcellerie, des livres de colportage, des synthèses d’élucubra-
tions fausses et bizarres constituant, pour le vulgaire, la « crème des sciences occultes ».
Nous allons nous occuper successivement :
i® Des traités de pratique les plus connus et qu’on peut lire ou étudier :
« Grand Albert. — Petit Albert. — Enchiridion. — Grimoire d'Honorius. — Clavicules véritables. »
2® Des livres de colportage constitués par un ramassis de recettes ridicules et formant la base des pratiques naïves ou pieuses des sorciers de campagne.
3° Des traités didactiques anciens et modernes concernant le phénomène magique :
(Agrippa — ElipiiasLévi — Du Potet — De Guaita, etc.;
A. — Traités de pratique courants.
Clavicules.
Les admirables secrets d’Albert lf. Grand. — Lyon, chez les héritiers de Beringos frères, à l'enseigne d’Agrippa — 1791 , in- 12 .
Ce petit traité, tel qu’il se trouve dans les éditions de Beringos frères de Lyon, contient certains renseignements qu’on pourra utiliser mêlés à des recettes bizarres et à des traditions de magie des campagnes.
Le « Grand Albert » comprend :
i* Un traité d’embryologie d’après les idées courantes au XVI e siècle. — On y remarque une curieuse étude sur les influences astrales que nous avons reproduite dans notre chapitre sur l’astrologie.
ü° Un traité des correspondances magiques consacré à l'élude des vertus des herbes, des pierres et des animaux — avec une table des influences planétaires.
5° Un livre de « secrets » se rapportant plus aux pratiques de la sorcellerie qu’à celles de la magie.
6 ° Enfin un appendice contenant des notions élémentaires de physionomonie.
Comme on le voit la seconde partie seule est curieuse à étudier pour le magiste.
SeCBETS MEBVEILLECX DE LA MAGIE SATUBELLE El BABBABALISTIQUE Dl
Petit Albebt. — Lyon , héritiers de Béringos frères — 1758 , in -1 a.
Le « Petit Albert » est principalement consacré aux traditions populaires concernant la Magie. Ony trouve des pages entières inspirées par la « Philosophie occulte » d'Agrippa ; mais l’on y rencontre surtout des recettes naïves ou curieuses sur les procédés employés dans les campagnes pour inspirer ou pour augmenter l'amour.
Une première série do recettes à ce sujet sont décrites des pages 10 à 21 (Nous en avons reproduit quelques-unes dans notre étude sur les « Philtres d'amour » non sans oublier le moyen de nouer et de dénouer « l'aiguillette » et un procédé pour « se garantir du cocuage » (p. 35).
Les questions d'amour une fois terminées, nous abordons la satisfaction des intérêts et la résolution des questions d'argent. De là des procédés plus ou moins enfantins pour le jeu ou pour la recherche des trésors (124). Ce dernier chapitre n'est intéressant que par l'élude théorique qu'il expose au sujet des « esprits des défunts » d(une part et des gnomes d'autre part qui gardent lesdits trésors.
Signalons les « Secrets domestiques » (p. 52 à 71) et une étude sur les « Talismans » p. (72 à 108), suivie d'un travail sur les parfums magiques (p. 108 à 140) — avant d'aborder cette question des trésors. — C'est dans celte partie de l'ouvrage que se trouve une planche rare reproduisant le verso des talismans planétaires. Cette planche signalée par Eliphas a été reproduite dans notre volume.
Enfin remarquons tout particulièrement l'indignation, qui saisit l’auteur à la pensée qu’il existe des « charlatans » exploitant la crédulité populaire à propos de magie et trompant indignement le public sur la question de la Mandragore. Un grimoire du XV1‘ siècle signalant la fraude en matière de phénomène, n’est-ce pas piquant?
Ce petit volume se termine, comme presque tous ses pareils, par une foule de « secrets » plus ou moins précieux et qui remplissent les pages 140 à 300 avec un tout petit chapitre consacré aux rapports des heures et des planètes.
Telle est l’analyse de ce traité considéré comme le summum des révélations magiques par nos sorcières de campagne.
UIBLIOGRAPHIE
Enchiridiox Leonis Pap.e serenissimo Imperatori Carolo Migxo in
munus pretiosum datum mipcrrime mendes omnibus perogatum.
Cette édition est suffisante et permet de se rendre bien compte du caractère de cet ouvrage. On y trouve une série de prières et de psaumes avec leurs caractères magiques ainsi qu’une série d'oraisons (p. 19 et suiv.), qui ont fait la fortune de ce petit livre à travers les âges. On trouvera dans notre ouvrage la reproduction des sept oraisons mystérieuses pour les sept jours de la semaine (voy. notre étude sur la méditation). — II y a du reste des oraisons pour tout, pour rendre une femme fidèle (p. 05). pour la fragilité humaine (p. 51), pour les voyages (p. 55). — On trouve aussi dans l’Enchiridion quelques figures intéressantes, entre autres le Labarum de Constantin avec sa consécration. Dans certains cas on fait appel à l’expérience comme le montre le titre suivant
Oraison contre les flèches, de sorte qu’on le peut expérimenter contre un chien ou autres bêtes qu'on ne pourra frapper s’il a au col cette oraison ou l’autre qui suit.
De la page 121 à 123 nous trouvons plusieurs « secrets » intéressant les bergers, puis subitement, à partir de la page 123, commence un traité de magie pratique, contenant les exorcismes, conjurations et prières à prononcer sur les instruments et sur le parchemin. — C’est la clef des oraisons ci-dessus. On donne aussi, p. 130, le moyen de se servir des sept oraisons mystérieuses :
« Il faut, pour se servir de ces oraisons, faire le premier mardi de la lune, avant soleil levé, l'aumône au premier pauvre que l’on trouvera dans l’église, où Ton entendra une messe. Puis, quand on sera de retour, on écrira lesdites oraisons sur du parchemin vierge; les croix qu’on y trouvera doivent être marquées du sang tiré du doigt du milieu de la main gauche, et à chaque croix que l’on trouvera il en faut faire une sur soi, après cela, faut bénir et encenser lesdites oraisons, et les portant sur soi on sera préservé de toutes sortes d’embûches de ses ennemis. »
Enfin à partir de la page 131 on trouve la clef de toutes les oraisons et la véritable manière de les utiliser.
de recourir au suicide. — J’analysai soigneusement ce que j'avais éprouvé; et malgré une répugnance nerveuse très vivement sentie, je réitérai deux fois, à quelques jours seulement de distance, la même épreuve. Le récit des phénomènes qui se produisirent diffère trop peu de celui ci pour que je doive l'ajouter à cette narration, déjà un peu longue peut-être. Mais le résultat de ces deux autres évocations fut pour moi la révélation de deux secrets cabalistiques qui pourraient, s’ils étaient connus de tout le monde, changer en peu de temps les bases et les lois de la société tout entière.
(Elipiias Lévi, Dogme , p. 26 etsuiv.)
C'est pour continuer ces expériences que nous avons fondé le Groupe indépendant d’études ésotériques, qui a son quartier général 29 rue de Trévise, à Paris, et dont quelques membres ont déjà pu obtenir d’importants résultats.
Telle est la cérémonie magique opérée consciemment et en prenant toutes les précautions nécessaires à l’effet d'éviter les dangers inhérents à de telles expériences ; voyons les transformations subies par cette cérémonie à travers les âges.
Sans parler des expériences des sorciers remplaçant, au moyen âge, l'entrainement par des pommades à base d’opium, mais conservant le cercle tout en faisant un usage épouvantable du sang, nous dirons quelques mots des expériences modernes du spiritisme, dont certains adeptes prétendent faire une synthèse expérimentale.
Involution de l'Evocation magique
On retrouve dans l'évocation spirite une partie des éléments de révocation magique,- mais déformés d’étrange façon. D'autre part tout ce qui permet à l’expérimentateur de se défendre contre les influences pernicieuses a été impitoyablement supprimé, sous prétexte de « superstition» ! Aussi un expérimentateur spirite n’est-il jamais sûr de ce qui va se produire, le hasard guide tout et une expérience
COUP n’oKIL HISTORIQUE 501
excellente de la veille peut êlre transformée le lendemain en une communication niaise ou pornographique. C'est le triomphe de l’inconscient et de l’inattendu ; c’est aussi le triomphe de la vanité ignorante des médiums et des sectaires et l’on comprend à la rigueur la hautaine indifférence avec laquelle un véritable adepte de la science des mages est tenté d’éloigner des oratoires et des laboratoires sacrés cette démagogie du phénomèno psychique. La doctrine spirite peut être conseillée à tout commençant; car elle résume quelques points de la tradition ésotérique sur la réincarnation et l’évolution astrale ; mais la pratique spirite conduit les médiums à la neurasthénie en passant par l’hystérie et les expérimentateurs au scepticisme ou au sectarisme. Mais laissons là ces discussions inutiles et revenons au fait, c’est-à-dire à Pinvolution de l’expérience magique en expérience spirite.
Le magiste condense sa volonté d’abord autour de son centre d’action en faisant le cercle; ensuite sur la baguette magnétique des opérations.
Le cercle, quand il existe, s’est transformé en un ensemble de mains appartenant à des êtres aucunement entraînés et dont les fluides disparates ne peuvent opposer qu’une barrière infime aux manifestations pernicieuses. De plus, les êtres invisibles qui se manifestent et qui dirigent tout, au lieu d’être dirigés, ont soin de pousser peu à peu leurs « chers protégés » à supprimer ce dernier rempart qui n’est cependant pas bien gênant. Aussi beaucoup de séances se fontelles sans la chaîne dont l’origine est le cercle magique.
Quant à l’instrument de condensation du fluide astral, à la baguette des anciens opérateurs, il s’est transformé en une simple table de bois sur laquelle les forces psychiques émanées des médiums se livrent à des acrobaties plus ou moins réjouissantes.
Le magiste emprunte à la nature les plantes ou les animaux dont les fluides astraux sont utilisés comme point de départ de la condensation nécessaire à la manifestation de l’être évoqué. C’est donc en faisant évoluer les forces naturelles jusqu’à l'humanité que le magiste accomplit son expérience. La fumée de l’encens complète les éléments d’action nécessaires à l'être qui va se manifester.
C'est à un être humain, involué en mode d’animalité sous l'influence de l'hypnose, c'est à un médium inconscient des actions produites (quand il ne triche pas), râlant sous l'emprise de sa force vitale par les êtres de l’astral, que le cercle spirite emprunte la force nécessaire à la production des phénomènes dits de matérialisation.
Enfin les conjurations sont remplacées par des refrains de chansons populaires quand elles ne sont pas supprimées et tous los instruments de défense ont disparu ; plus de métaux, plus de pointes, plus d'épées, plus rien qui empêche les obsessions, les anémies nerveuses et les accidents plus graves encore.
Personnellement nous possédons une série de lettres très inslructives, émanées des malheureux médiums qui se sont livrés de tout leur pouvoir à l'expérimentation et qui sont aujourd’hui obsédés dangereusement par les êtres qui se sont présentés à eux sous de faux noms et en accaparant les personnalités des parents décédés.
Nos lecteurs connaissent aussi , nous en sommes convaincu, les enseignements du D' Paul Gibier à ce sujet. Nous détachons de son dernier ouvrage le fait suivant qui suffira à éclairer les imprudents.
Trois gentlemen, dans le but de s'assurer si certaines allégations spirites étaient exactes, s'enfermèrent un soir sans lumière dans la chambre d’une maison inhabitée, non s’en s'être engagés par un serment solennel à être absolument sérieux et de bonne foi.
La pièce était complètement nue et avec intention ils n'y avaient introduit que trois chaises et une table autour de laquelle ils prirent place en s'asseyant.
Il fut convenu qu'aussitôt que quelque chose d'insolite se passerait, le premier prêterait de la lumière avec des allumettes-bougie dont chacun s'était muni. Ils étaient immobiles et silencieux depuis un certain temps, attentifs aux moindres bruits, aux plus légers'frémissements de la table sur laquelle ils avaient posé leurs mains entrelacées. Aucun son ne se faisait entendre ; l’obscurité était profonde et peut- être les trois évocateurs improvisés allaient-ils se lasser et perdre patience, lorsque soudain un cri strident de détresse
COUP d’oeil historique
éclate au milieu du silence de la nuit. Aussitôt un fracas épouvantable se produisit et une grêle de projectiles se mit à pleuvoir sur la table, le plancher et les opérateurs.
Rempli de terreur, l’un des assistants, alluma une bougie ainsi qu’il était convenu, et quand la lumière eut dissipé les ténèbres, deux d’entre eux se trouvèrent seuls en présence et s’aperçurent avec effroi que leur compagnon manquait ; sa chaise était renversée à une extrémité do la pièce.
Le premier moment de trouble passé, ils le retrouvèrent sous la table, inanimé et la tête ainsi que la face couvertes de sang.
Que s’était-il donc passé?
On constata que le manteau de marbre de la cheminée avait été descellé d’abord et qu’il avait été projeté ensuite sur la tête du malheureux homme et brisé en mille pièces.
La victime de cet accident resta près de dix jours sans connaissance, entre la vie et la mort, et ne se remit que lentement de la terrible commotion cérébrable qu’elle avait reçue.
D r Paul Gibier.
[.Analyse des choses, p. 185 à 187).
Toutes les expériences concernant l’astral sont donc des plus dangereuses et elles sont d’autant plus dangereuses qu’on est plus inconscient et plus désarmé.
Or les expériences d’évocation magique ont lieu en lumière (colorée pour éviter la dissolution du fluide astral), tandis que les 9/10 des expériences de matérialisation spirite ont lieu en pleine obscurité. Dans l’expérience magique l’opérateur est conscient et armé contre les décharges d’électricité odique ; dans l’expérience spirite l’opérateur est inconscient de ce qui va se produire et désarmé. Nous laissons au lecteur le soin de conclure et de juger entre « les prétendues superstitions » des anciens magiciens, et les recherches dites scientifiques des cercles modernes de spiritisme démocratique.
Et qu’on ne vienne pas chercher à comparer les réussites qui so produisent dans les deux genres d’évocations ; car les faits de matérialisation sont rarissimes en spiritisme, et l’on
réédite toujours depuis dix ans les mêmes phénomènes étudiés par trois ou quatre expérimentateurs sérieux. A Paris sur dix leaders du spiritisme il y en a plus de la moitié qui n’ont jamais été à même d’assister à un phénomène sérieusement constatable de matérialisation.
La question est donc en suspens et l’avenir seul montrera comment elle doit être résolue. Jusqu’à présenton avait jugé bon de ne pas appeler tous les chercheurs à la connaissance de l'expérimentation magique. Nous avons fait nos efforts pour réparer les conséquences de cet exclusivisme et nous osons espérer que bientôt de nouveaux faits viendront grossir notre dossier et proclamer les garanties qu’offre notre manière de voir.
Pour l’instant restons-en là de cet exposé et abordons maintenant la bibliographie du phénomène magique.
2. — Bibliographie résumée.
Notre intention n’est pas de faire une bibliographie complète de la question, loin de là. On trouvera dans noire travail sur la Kabbale {Paris, in-8°, 1892) et dans notre ouvrage sur la Science occulte (Paris, gr. in-8° de J .200 p., 1891) une bibliographie générale qui permettra aux chercheurs sérieux d’approfondir complètement ces études.
Nous voulons simplement passer en revue rapidement quelques-uns des ouvrages qui intéressent spécialement le magiste, soit comme grimoires dont il faut se défier, soit à titre de livres utiles qu’il faudra consulter.
Dans la tradition kabbalistique la magie prend place après les traités théoriques comme le Sohar ou le Sepher letsirah et est représentée surtout par des manuscrits hébraïques dont quelques mauvaises traductions existent dans nos bibliothèques. Ces manuscrits sont connus sous le nom de « Clavicules de Salomon » ou de « Shemamphoras » et se rapportent à l'exercice de la prophétie en Israël.
De cette source sont dérivés une foule de traités de sorcellerie, des livres de colportage, des synthèses d’élucubra-
tions fausses et bizarres constituant, pour le vulgaire, la « crème des sciences occultes ».
Nous allons nous occuper successivement :
1° Des traités de pratique les plus connus et qu’on peut lire ou étudier :
« Grand Albert. — Petit Albert. — Enchiridion. — Grimoire d’Honorius. — Clavicules véritables. »
2° Des livres de colportage constitués par un ramassis de recettes ridicules et formant la base des pratiques naïves ou pieuses des sorciers de campagne.
3° Des traités didactiques anciens et modernes concernant le phénomène magique :
(Agrippa — ElipiiasLévi — Du Potet — De Guaita, etc.;
A. — Traités de pratique courants.
Clavicules.
Les admirables secrets d’Albert le Grand. — Lyon, chez les héritiers de Beringos frères, a l’enseigne d’Agrippa — 1791, in-12.
Ce petit traité, tel qu’il se trouve dans les éditions de Beringos frères de Lyon, contient certains renseignements qu’on pourra utiliser mêlés à des recettes bizarres et à des traditions de magie des campagnes.
Le« Grand Albert » comprend :
1* Un traité d'embryologie d’après les idées courantes au XVI e siècle. — On y remarque une curieuse étude sur les influences astrales que nous avons reproduite dans notre chapitre sur l’astrologie.
2 ° Un traité des correspondances magiques consacré à l'élude des vertus des herbes, des pierres et des animaux — avec une table des influences planétaires.
5° Un livre de « secrets » se rapportant plus aux pratiques de la sorcellerie qu’à celles de la magie.
6 ° Enfin un appendice contenant des notions élémentaires de physionomonie.
Comme on le voit la seconde partie seule est curieuse à étudier pour le magiste.
Secrets merveilleux de la magie naturelle et kabbabalistique du
Petit Albert.— Lyon , héritiers de Béringos frères — 1758, in-13.
Le « Petit Albert » est principalement consacré aux traditions populaires concernantla Magie. Ony trouve des pages entières inspirées par la • Philosophie occulte » d’Agrippa ; mais l'on y rencontre surtout des recettes naïves ou curieuses sur les procédés employés dans les campagnes pour inspirer ou pour augmenter l’amour.
Une première série do recettes à ce sujet sont décrites des pages 10 à 24 (Nous en avons reproduit quelques-unes dans notre étude sur les « Philtres d'amour » non sans oublier le moyen de nouer et de dénouer « l'aiguillette » et un procédé pour « se garantir du cocuage » (p. 35).
Les questions d'amour une fois terminées, nous abordons la satisfaction des intérêts et la résolution des questions d’argent. De là des procédés plus ou moins enfantins pour le jeu ou pour la recherche des trésors (124). Ce dernier chapitre n'est intéressant que par l'étude théorique qu'il expose au sujet des « esprits des défunts » d'une part et des gnomes d'autre part qui gardent lesdits trésors.
Signalons les « Secrets domestiques » (p. 52 à 71) et une étude sur les « Talismans » p. (72 à 108), suivie d'un travail sur les parfums magiques (p. 108 à 140) — avant d'aborder cette question des trésors. — C’est dans cette partie de l'ouvrage que se trouve une planche rare reproduisant le verso des talismans planétaires. Cette planche signalée par Eliphas a été reproduite dans notre volume.
Enfin remarquons tout particulièrement l'indignation, qui saisit l'auteur à la pensée qu’il existe des « charlatans » exploitant la crédulité populaire à propos de magie et trompant indignement le public sur la question de la Mandragore. Un grimoire du XVI' siècle signalant la fraude en matière de phénomène, n’est-ce pas piquant?
Ce petit volume se termine, comme presque tous ses pareils, par une foule de « secrets » plus ou moins précieux et qui remplissent les pages 140 à 300 avec un tout petit chapitre consacré aux rapports des heures et des planètes.
Telle est l'analyse de ce traité considéré comme le summum des révélations magiques par nos sorcières de campagne.
Enchiridion Leonis Pap.e serenissimo Impcratori Carolo Migxo in
munuspretiosum dalum nuperrime mendes omnibus perogalum.
Cette édilion est suffisante et permet de se rendre bien compte du caractère de cet ouvrage. On y trouve une série de prières et de psaumes avec leurs caractères magiques ainsi qu’une série d’oraisons (p. 19 et suiv.), qui ont fait la fortune de ce petit livre à travers les âges. On trouvera dans notre ouvrage la reproduction des sept oraisons mystérieuses pour les sept jours de la semaine (voy. notre étude sur la méditation). — Il y a du reste des oraisons pour tout, pour rendre une femme fidèle (p. 65). pour la fragilité humaine (p. 51), pour les voyages (p. 55). — On trouve aussi dans l’Enchiridion quelques figures intéressantes, entre autres le Labarum de Constantin avec sa consécration. Dans certains cas on fait appel à l’expérience comme le montre le titre suivant
Oraison contre les flèches , de sorte qu’on le peut expérimenter contre un chien ou autres bêtes qu'on ne pourra frapper s’il a au col cette oraison ou l'autre qui suit.
De la page 121 à 123 nous trouvons plusieurs « secrets » intéressant les bergers, puis subitement, à partir de la page 123, commence un traité de magie pratique, contenant les exorcismes, conjurations et prières à prononcer sur les instruments et sur le parchemin. — C’est la clef des oraisons ci-dessus. On donne aussi, p. 130, le moyen de se servir des sept oraisons mystérieuses :
« Il faut, pour se servir de ces oraisons, faire le premier mardi de la lune, avant soleil levé, l’aumône au premier pauvre que l’on trouvera dans l’église, où l’on entendra une messe. Puis, quand on sera de retour, on écrira lesdites oraisons sur du parchemin vierge ; les croix qu’on y trouvera doivent être marquées du sang tiré du doigt du milieu de la main gauche, et à chaque croix que l’on trouvera il en faut faire une sur soi, après cela, faut bénir et encenser lesdites oraisons, et les portant sur soi on sera préservé de toutes sortes d'embûches de ses ennemis. »
Enfin à partir de la page 131 on trouve la clef de toutes les oraisons et la véritable manière de les utiliser.
Tout cela s’étend jusqu'à la page 152 où commencent les inévitables Secrets mystiques qui terminent le volume,
En somme, « l'Enchiridion » est un excellent petit traité de la magie du verbe humain et mérite à ce titre toute l’attention du connaisseur.
Les Œuvres magiques de Henri Corneille Agrippa, par Pierre d’Aban, latin et français avec des secrets occultes — Liège, 1798 — in-ia. (A l’extérieur le volume porte Heptamêron ou les éléments magiques de Pierre d’Aban, philosophe, disciple de Henri Corneille Agrippa.)
Ce petit volume est un des plus utiles que puisse prendre le magiste à condition de faire quelques corrections aux noms hébraïques cités. On y trouve une liste de correspondances magiques et kabbalisliques très complète par rapport au septénaire, ainsi que des conjurations et des détails techniques que nous avons reproduits en grande partie dans notre chapitre sur la grande opération.
A partir de la page 104 jusqu’à la page 138 on trouve une foule de « secrets » comme dans la plupart des traités du même genre. Nous n’insisterons pas sur cette seconde partie.
Les Clavicules de Salomon. Un exemplaire porte : traduit de l’hébreu en langue latine par !.e Rabin Abognazar et mis en langue vulgaire par M tr Barault, archevêque d'Arles.
On a vu dans le dernier chapitre de l’adaptation que chaque expérimentateur doit composer lui-même le .livre manuscrit qu’il utilisera dans ses évocations.
De cette pratique sont issus les nombreux exemplaires manuscrits des Clavicules de Salomon qu’on rencontre dans le commerce de temps en temps et dont les prix varient de 100 fr. à 10 fr. suivant le cas.
La Bibliothèque Nationale possède quelques-uns de ces manuscrits classés respectivement sous les numéros 14.785,
Le manuscrit intitulé les Clavicules de Salomon a été pho-
tographié el les 143 épreuves ainsi obtenues ont été reliées en un volume dont les quelques rares exemplaires ont été vendus chacun au prix de 100 fr.
Nous possédons deux exemplaires manuscrits, l’un in-8 # relié en vélin est le plus complet des manuscrits que nous ayons jamais vus, l’autre in-4* est analogue à l'exemplaire photographié, mais contient cependant une 2* partie fort intéressante.
En général chacun de ces manuscrits se divise en trois parties :
1° Une partie consacrée aux correspondances astrologiques et aux instruments de l’opération, ainsi qu’aux prières et conjurations ;
2° Une partie consacrée aux « secrets occultes » ;
3* Une partie consacrée aux talismans et aux anneaux et contenant une foule de figures.
On trouvera du reste dans notre ouvrage tout ce qu’il y a d’intéressant dans les Clavicules clc Salomon.
B. — Grimoires. — Colportage.
Les véritables Clavicules de Salomon. — Trésor des sciences occultes suivies d'un grand nombre de secrets, et notamment de la magie du Papillon Vert. — /I Memphis , chez Alibeck FEgyptien , approuvé par Agalcarept. —Sur le frontispice, une gravure représentant le sujet suivant : « Salomon explique comment et quand on doit faire usage de ses Clavicules ».
Salomon est assis dans un fauteuil renaissance. 11 est vêtu d’un manteau couvert de <* fleurs de lis » et explique ses secrets à deux personnages, l’un vêtu d’un costume renaissance, l’autre habillé en chevalier croisé. Si les archéologues éclectiques ne sont pas contents!
Mauvais bouquin de sorcellerie en somme. Signatures de démons nombreuses. Quelquesjpages tirées des «Clavicules » entre autres celles qui concernent le miroir magique et la divination par la parole d’Uriel.
Cela se termine par des « Secrets » plus ou moins fantastiques et sans grande portée.
Giumoiuum yerem, vel probatissimè « Salomonis Claviculæ ». — Traduit de l’hébreu par Plainpière, jésuite dominicain (sic), avec un recueil de secrets curieux. — A Memphis, chez Albecik l’E-
Encore un vulgaire grimoire de sorcellerie contenant 18 signatures authentiques de démons et destiné à rendre aliéné le malheureux lecteur qui suivrait les rites indiqués pour appeler Lucifer ou Lucifuge. Les indications concernant les consécrations du sel, de l’eau etc., sont tirées des « Véritables Clavicules».—Mais il y a là un certain chevreau qui me semble terriblement teinté de magie noire. —Eliphas Lévi donnera du reste la clef de cette énigme Les « Secrets » sontanalogues à ceux de la véritable clavicule du grimoire précédent, issu de la même usine.
Le Dragon Rouge ou l’Art de commander les esprits célestes, aériens et infernaux. — A Milan , chez Gaspardo Buffanelli.
Le chef d’œuvre des grimoires. — Un des rares traités que détaille le moyen de faire les pactes. — C’est là où Eliphas Lévi a puisé l’origine de sa protestation indignée contre l’évocation des morts par le procédé indiqué p. 94. — Ce procédé ne peut être exécuté que par un fou dangereux ou par un criminel. — Il est du reste suivi de la recette d’un horrible mélange vénéneux dénommé Composition du mort — ou la pierre philosophale , p. 102 et suiv.
L’exemplaire que nous a communiqué M. V. de Lyn est authentique et d'une grande rareté bibliographique.
Les Œuvres magiques de Henri Corneille Agrippa , mises en français par Pierre d'Aban, avec des secrets occultes, notamment celui de la Reine des mouches velues. — Approuvé par moi Sargatas (avec la signature de cet honorable démon). — Rome, 1744 . Cette date et cette ville nous indiquent l'origine de tous les grimoires précédents, car la « Reine des mouches velues » doit être bien proche parente du « Papillon vert » et le Démon «Sargatas» très lié avec « Agalcarept ».En somme l’usine d’où sortent ces falsifications, c'est Rome, leur date de fabrication
est le XVIII® siècle, et les auteurs sont ces bons Révérends Pères qu’on retrouve toujours dans ce genre de contrefaçon. Et notre opinion est confirmée par une petite liste placée à la fin du volume. Cette liste est exquise et révèle l’existence d’autres grimoires dont les titres devaient singulièrement frapper l’esprit des naïfs sorciers de village.
Dans cette liste on cueille surtout :
La véritable Magie noire ou le secret des secrets, manuscrit trouve à Jérusalem dans le sépulcre de Salomon, contenant 45 talismans avec leurs gravures, ainsi que la manière de s’en servir et leurs merveilleuses propriétés et tous les caractères magiques connus jusqu’à ce jour, édition de 1760.
La Magie rouge, crème des sciences occultes, naturelles ou divinatoires.
Le Trésor du vieillard des Pyramides, véritable science des talismans, suivi de la Chouette noire. .
Secrets du vieux druide de la forêt Menapienne, précédés des préceptes de Jean de Milan.
A ces premières il faut ajouter des réimpressions.
1° De l'Enchiridion du Pape Léon (1740) du Grimoire du Pape üonorius (1760) pour avoir le catalogue complet des livres que nous conseillons vivement à nos lecteurs de laisser de côté, à moins que leur rate n’ait besoin d’une dilatation rapide.
Le véritable Dragon rouge, plus La Poule noire , édition augmentée des secrets de la reine Cléopâtre, secrets pour sc rendre invisible, secrets d’/Yrléphius, etc., etc.
Ce traité est une réédition de l’original de 1521 imprimée tout récemment à Paris (lmp. Victor Goupy, rue Garancière, 5).
Du reste c’est un mauvais grimoire qui n’a aucune espèce d’intérêt et qui ne vaut pas mieux que les livres de sorcellerie vulgaires malgré ses prétentions d’édition de bibliophile. On y trouve la réimpression de vieilles figures de magie noire.
Greimotre du pape IIonorius, avec un recueil des plus rares secrets.
« Ce grimoire n’est pas sans importance pour les curieux de la science. Au premier abord, il semble 11’ètre qu’un tissu de
révoltantes absurdités, mais pour les initiés aux signes et aux secrets de la kabbale, il devient un véritable monument de la perversité humaine. »
ElipiiasLévi {Histoire de la Magie, p. 307).
Ce jugement nous dispense de tout commentaire sur ce livre de sorcellerie plus dangereux pour le cerveau des faibles expérimentateurs que pour les ennemis du sorcier.
C. — Traités didactiques.
La Philosofuie occulte de Henri Corneille Agrippa , conseiller et
historiographe de l’empereur Charles V. — La Haye, 1727 (traduction), 2 vol. in- 8 °.
L’œuvre d’Agrippa constitue la première encyclopédie réelle de l’occultisme.
La Philosophie Occulte est divisée en trois livres comprenant, le premier, 74 chapitres, le second, 60 chapitres et le troisième, 65 chapitres.
Le premier livre prend son point de départ dans l’étude des éléments, et s’élève ainsi jusqu’à l’étude des trois mondes et des correspondances analogiques, base théorique de toutes les études de science occulte. La théorie des sympathies et des antipathies est longuement développée pour aborder ensuite les premiers principes d’astrologie. Les influences astrales sont décrites dans plusieurs chapitres (ch. 30 à 38) ; puis un chap. (chap. 39) est consacré à la théorie de l’auteur sur le monde divin ou théurgie et nous abordons avec les chap. 40 et suivants les considérations sur le monde physique et l’usage magique des subtances qu’il fournit. L’étude des sciences de divination (étude théorique) et des procédés d’entraînement individuel est renfermée dans dix chapitres (50 à 60). Enfin le livre se termine par la description des vertus patentes ou occultes de l'âme humaine, des moyens d’exalter ces vertus et de l’influence de l’âme de l’homme sur le monde physique d’une part; puis, de l’influence du monde astral sur l’âme d’autre part.
Voilà donc un traité complet de science occulte en 74 chapitres ; nous allons aborder maintenant les détails techniques avec les livres suivants.
1SIDLI0UHA PIIIE
Le second livre est spécialement consacré à la kabbale numérique et astrologique. Après avoir traité de la nature des nombres collectivement et individuellement, ainsi que de leurs rapports analogiques (chap. 1 à 21), l’auteur aborde l’astrologie proprement dite, après avoir parlé des correspondances de la musique avec l’astral (chap. 21 à 29). Le litre du chapitre 28 : « De Vobservation des choses célestes nécessaire dans toute pratique de magie , » indique l’utilité de cet enseignement si négligé par les prétendus « mages » modernes. Les chap. 30 à 54 entrent dans les détails des figures talismaniques et de leur caractère par rapport aux planètes et le livre se termine par une étude sur l’âme du monde et sur les rapports de cette âme du mon'de avec l’âme humaine. Citons in-extenso le titre du chapitre 60, le dernier du livre II :
Contenant que les imprécations des hommes impriment na - turellement leurs forces sur les choses extérieures , et qui enseigne comment l'esprit de l'homme parvient par chaque degré de dépendance au monde intelligible et devient semblable aux esprits et aux intelligences plus sublimes.
Le troisième livre est presque entièrement consacré à la pratique et à l’entraînement magiques.
Les préliminaires de l’entraînement comprennent 9 chapitres (1 à 9). A partir des chapitres 10 nous abordons l'ésotérisme de la kabbale, l’étude des sephiroths et du monde divin. Cette étude s’étend du chapitre 10 au chapitre 34 où l’on dit quelques mots des intelligences'intermédiaires entre le divin et l’humain d’une part (ordre anismatique) et entre l’humain et la nature d’autre part « des dieux sujets à la mort », ce que nous appelons les élémenials. Tout cela nous mène jusqu’au chapitre 37. A partir de là nous revenons à
l'étude de l'âme humaine considérée comme susceptible de servir de base aux réalisations magiques. Notons le chapitre 62 consacré à l’obtention des pouvoirs psychiques (prophétie, fureur, extase, oracles), etc., etc. L'entralnementde la volonté est décrit du chapitre 54 à la fin, théoriquement et pratiquement (netteté, — chasteté, —jeûne, — solitude, — pénitence, — adoration, —sacrifices, — consécrations, etc., etc.). Chapitre 54 à 65. Là se termine la traduction française de la Philosophie occulte.
11 nous reste à parler d’un quatrième livre considéré généralement comme apocryphe et qui traite de la pratique dans tous ses détails. Ce livre a cependant été d’un grand secours à Eliphas Levi qui l'a presque entièrement reproduit dans son rituel.
C'est dans les éditions latines d’Agrippa qu’on trouve ce quatrième livre dans lequel il est traité des correspondances magiques, de la préparation du local de l’expérience, de la consécration et en particulier de celle du livret magique, des conjonctions et des invocations, etc., etc.
Ce livre est suivi, dans l’édition in-8° que nous a communiquée notre ami Philophotes, d’une série de traités très intéressants de pratique comme ceux de Pierre d’Aban, d’Arbatel, des lettres sur la Magie, etc., etc. L’édition latine ost donc, au point de vue de la pratique, préférable à l’édition française. — Il existe cependant une édition latine in-4" qui ne contient que trois livres.
Voilà l’analyse rapide de ce merveilleux travail qui restera comme un des monuments les plus solides qui aient été élevés à ta gloire des traditions ésotériques au XVI" siècle.
Rituel de la halte magie, par Eliphas Lévi. — a' éd. Paris, 1861,
Nous avons dit dans notre introduction que notre travail n’avait d’autre but que de se servir d’introduction au rituel magique d’Eliphas Lévi. C’estassez indiquer l’importance que nous attachons à cet ouvrage.
Ce n'est pas ici le lieu de parler de l’œuvre d’Eliphas dans son ensemble. — Nous traitons seulementdu phénomène magique, aussi concenlrerons-uous uniquement noire attention sur le rituel de la haute magie.
L’auteur est parvenu ù résoudre une série do problèmes des plus compliqués. — Arrivant seul, sans aide, à une époque où ces questions élaieul inconnues du public lettré, Eliphas Lévi a su écrire pour les véritables adeptes de l’occultisme un traité à double sens et si artistement fait, qu'il demeure vain ou incompréhensible pour tout profane, spirite, voltairien ou autre. — L’inlluencc de cet ouvrage a été considérable et la plupart des écrits actuels concernant la magie, romans ou traités, sont des paraphrases de ce dogme et riluel classique le plus profond que possède actuellement l'occultisme. — Et il est d’autant plus nécessaire d'appeler l'attention du lecteur sur ce mallre que certains disciples contemporains, et non des moins bruyants, font tous leurs clTorls pour dénigrer ou pour éloult'er l’œuvre d’Eliphas Lévi.
Le livre dont nous nous occupons est divisé en 22 chapitres, d’après les clefs du Tarot, et suivi d’un supplément. Il comprend, à proprement parler, trois traités de chacun sept chapitres.
Le premier septénaire aborde surtout les enseiguemenls didactiques sans entrer dans tous les détails de la pratique. Les titres de chaque étude sont : Les Préparations. — L'Equilibre magique . — Le Triangle des panlacles. — La Conjuration des quatre. — Le P enlag ranime flamboyant. — Le Médium et le Médiateur. — Le Septénaire des talismans.
Avec le second septénaire nous entrons dans les diverses divisions de la pratique :
Avis aux imprudents. — Le Cérémonial des initiés. — La Clef de l'occultisme. — La triple chaîne. — Le grand œuvre. — La Nécromancie.
Le septénaire suivant aborde la magie négative ou magie noire, que nous avons soigneusement évité d’aborder dans notre traité. Ce sont les chapitres 15,10,18. Voici du resle les titres de toutes les divisions de ce septénaire : 11. Les Transmutations.— 15. Le Sabbat des sorciers. - 16. Les Envoûtements et les Sorts. - 17. L'Ecriture des étoiles. — 18. Philtres
et Magnétisme. — 10. Le Magistère du Soleil. — 20. La Thaumaturgie. — 21. La Science des Prophètes.
Enfin vint la conclusion de toute pratique, le chap. 22 : Le Livre d'Hermès, consacré au Tarot dont Eliphas ne donne du reste pas la clef complète (voy. notre ouvrage sur le Tarot îles Bohémiens).
La pratique de la magie, étant basée sur la loi des analogies universelles, peut s’exercer sur plusieurs plans. Eliphas Lévi, pour dérouter les curieux, a décrit la magie céré- moniale la plus fastueuse, telle qu’on la pratiquait dans les mystères antiques. Mais nous avons voulu montrer que ces enseignements étant véri tables pouvaientjs'at/ap/erauxmoyens restreints dont dispose un expérimentateur contemporain : telle est la seule raison d’être de notre travail. Voilà pourquoi l’œuvre d’Eliphas Lévi marquera toujours le plus haut point auquel on puisse atteindre dans l’exposition de la théorie et de la pratique de la haute magie.
La Magie et l'Astrologie, par Alfred Maury.
Ce volume couronné par l’Académie est fort bien fait au point de vue critique et surtout historique. Quant à la partie dogmatique, l’auteur ayant négligé de connaître tous les détails de la question qu’il traite et confondant la magie avec une foule d’arts connexes, nous nous abstiendrons d’analyser cet ouvrage plus curieux qu’utile par un véritable adepte de l’occultisme.
Histoire de la Magie, par Christian.
Ce gros volume est très intéressant à deux points de vue : comme résumé des légendes magiques d’une part et comme analyse des grimoires de l’autre. L’histoire de l’initiation dans l’antiquité est bien faite ; mais inférieure à celle do Delage (Science du vrai).
BI Dl.IOGHA PIIIE
Quant à la partie astrologique qui n’est en réalité qu’un système particulier d'onomanlie et de kabbale numérique, le fils de l'auteur nous a personnellement donné la clef des obscurités nombreuses qu’elle contient.
Christian s’est en effet brouillé avec les éditeurs de son volume avant la publication et a spontanément laissé inachevée toute la partie astrologique qu’il est impossible d’utiliser telle qu'elle se trouve dans ce volume.
M. Christian fils a terminé depuis peu un livre complet d’astrologieonomantiquecontenanttous lesdocumentsinédits laissés dans les manuscrits de son père.
Mais, au point de vue strictement magiquo, le livre de Christian n’est utile que par son analyse très bien faite de la magie des campagnes et des grimoires.
Magie mvgnétiqüe, par Cahagnef. — Paris, iS58, in-ia.
Ce traité historique et pratiquo traite de fascinations, de miroirs kabbalistiques, d’apports, de suspensions, de pactes, de charmes des vents, d’évocations, de possessions, d'envoûtements, do sortilèges, de la magic de la parole, des correspondances sympathiques et de la nécromancie.
L’auteur se plaçant au point de vue du magnétismo spiritualiste a fait des recherches expérimentales très curieuses, surtout en ce qui concerne les miroirs magiques. Ce volume, faible quant à la partie doctrinale, est des plus intéressants par sa partie historique et pratique. La lecture en sera très fructueuse au magiste connaissant bien la théorie des phénomènes qu’il est appelé à étudier.
Stanislas de Guaita. — Essais des sciences maudites. — II. Le
Serpent de laGenèse, première septaine : Le Temple de Satan, i vol.
Stanislas de Guaita est un des plus savants et des plus érudits parmi les contemporains défenseurs de l’occultisme.
Chaque volume de cet auteur est une œuvre sérieuse, longuement approfondie, écrite d’un style superbe et élevé. Nul, mieux que de Guaita ne peut aspirer à la succession directe d’Eliphas Lévi.
Le Serpent de la Genèse intéresse le magisle d'abord par sa partie théorique, ensuite et tout particulièrement par Ylnvcntairc de l'Arsenal du Sorcier, qui s'étend de la p. 333 à la p. 382 et est composé en petit texte, ce qui indique son importance.
De plus, plusieurs expériences des plus intéressantes pour le magiste sont décrites et analysées au point de vue de l’ésolérisme (voy. snrlout les faits de CideviUe, p. 383 et suiv. et les éludes sur l'hypnose, p. 417 et suiv.). Enfin le spiritisme et ses pratiques sont réduits à leur juste valeur vis-à-vis de la tradition hermétique (p. 897 et suiv.).
Tout cela, allié aux développements et aux théories concernant la magie noire, fait do cet ouvrage un monument de science et d'érudition fort utile à connaître pour tout chercheur consciencieux.
Comment on devient Mu.r, par M. Josèphin Pèladan.
Sous ce titre M. Josèphin Pelndan a publié il y a quelques mois le premier volume d'une série appelée, d'après son auteur, à révolutionner le monde sous le litre général « d’Amphilhéâtre des Sciences mortes ».
M. Peladan est un grand artiste et sa définition ou plutôt ses définitions de la magie se ressentent de cet exclusivisme cérébral. — Habitué à tout créer sous la merveilleuse inspition d'une riche imagination, l’auteur s’efforce d’inventer la magie,dédaignant d’abaisser son orgueil à l’étude des maîtres. — Delà une magie spéciale, uniquement cantonnée dans la réalisation de l'homme, et constituée par des commentaires d'Eliphas Lévi et de Fabre d'Olivet (Vers dorés). — M. Peladan, qui a inventé la Tradition chaldéo-grecque et l’axiome scientifique que les métaux sont précieux en raison directe de leur densité, ce qui rend le mercure (13,6) plus précieux que l’argent(10,5), est un grand littérateur, mais un êlre trop surhumain pour s’occuper de science et surtout de magie. — Ses livres ne seront jamais dangereux que parles erreurs qu'ils contiennent, et ce chaldéen égaré parmi les positivistes du XtX* siècle a omis l’étude de l’astronomie et de l'astrologie sans doute par haine de sa patrie.
Aussi sommes-nous persuadé qii’à la prochaine édition de ses œuvres, cedescendant des anciens astrologues chaldécns émigrés à Lyon fera bien de changer son titre et de remplacer Comment on devient Mage par Le Roman d’un Sar.
Nous regrettons d’avoir à faire une critique aussi sévère d’un ouvrage qui contient d’excollentos pages; mais la tradition magique ne s’invente pas, et l’orgueil, fut-il poussé jusqu’à l’auto-déification, ne peut remplacer le travail.
La Magie dévoilée, ou Principes des Sciences occultes, par Du Potef,ivol.in- 8 °(Réédité en 1893^1 lofr.) après avoirétévendu 100 fr. par le maîtreàses disciples exclusivement. — Paul Vigot, éditeur.
Dans cet ouvrage le célèbre magnétiseur confond le plus souvent la psychurgie avec la magie. De simples expériencés de magnétisme sont données comme des faits de magie et à peine pouvons-nous citer les recherches historiques (p. 167 à 201) intéressantes à consulter et les corollaires (p. 265 à 302) dans lesquels l’auteur cite des extraits d’Agrippa (Philosophie occulte) (p. 297, p. 300 et 301) sans nom d’auteur, ce qui est un bien vilain procédé pour un si grand magnétiseur.
Par contre l’opérateur qui voudra s’exercer pratiquement au maniement des sujets à l'état de veille devra lire cet ouvrage, dont le titre seul laisse à désirer.
Jules Lermixa. — Magie pratique, 1 vol. in* 18, 3 fr. 5o,
Kolb, éditeur.
Nous avons cité plusieurs fois cet excellent petit ouvrage dans notre bibliographie, surtout à propos de la question des « élémentals ». Les théories des différentes écoles occultistes sur la constitution de l’homme et sur l’évolution des facultés psychiques sont très bien représentées dans ce travail. La clarté et la solidité du style, l'esprit de synthèse qui sont caractéristiques du talent de Jules Lermina se retrouvent à chaque page dans ce petit manuel dont nous conseillons vivement la lecture à tout chercheur consciencieux.
CHAPITRE 11 Des Philtres d'amour Magie des campagnes).
Peu de questions passionnèrent autant les curieux que les « Philtres d’amour ». Nous avons assez indiqué dans le corps de notre ouvrage que l’amoureux, esclave déjà d’une autre volonté que la sienne, ne pouvait commander magiquement aux forces astrales. Mais on peut émouvoir l’être impulsif par les procédés magiques et comme bien peu d’individus savent résister aux impulsions de leur àme mortelle, les philtres basés sur les correspondances sympathiques ont souvent de grandes chances de réussir.
La théorie du philtre d’amour peut être comparée à celle du « lasso » des Mexicains. Il faut d’abord jeter le « lasso » vers le point à atteindre, c'est-à-dire frapper par un moyen quelconque l’imagination de celui ou de celle sur qui l'on veut agir. C’est là le premier point.
Il faut ensuite que le «lasso» s'enroule autour de l'êlre qu'on veut capturer, c'est-à-dire qu’il faut fixer le fluide magnétique de la personne Sur qui on agit en se servant de substances qui condensent ce fluide comme les ongles, les dents, les cheveux et surtout le sang.
Enfin il faut attirer vers soi l'être enroulé dans le « lasso » en aspirant le fluide magnétique extériorisé. C'est là où les paroles et les cérémonies prennent leur importance.
Quant aux philtres d’amour constitués par des mélanges de substances vénéneuses, ce sont des procédés dont des malfaiteurs peuvent seuls faire usage. On trouvera dans le dictionnaire magique des détails complémentaires au sujet de l 'amour.
Les philtres peuvent être divisés de la façon suivante :
1’ Philtres purement astrologiques-;
2" Philtres agissant par suggestion ;
3“ Philtres agissant par magnétisme et magie (correspondance);
4° Procédés synthétiques réunissant plusieurs des procédés précédents.
On trouvera toutes ces divisions dans les procédés décrits ci-après.
En conversant avec la jeune fille dont vous désirez obtenir l’affection, feignez de vouloir faire son horoscope afin de deviner, par exemple, si elle sera bientôt mariée. Tâchez dans cet entretien qui doit avoir lieu sans témoin, qu’elle vous regarde en face, et, quand vos regards seront unis, dites résolûment : « Kaphe, Kasita , non Kapheta et publica filii omnibus suis. » Ne vous étonnez point de ce langage énigmatique dont vous ignorez le sens occulte ; et si vous l’avez prononcé avec foi. vous serez prochainement aimé.
Tirez de votre sang un vendredi du printemps, mottcz-le sécher dans un petit pot, comme est dit ci-dessus avec les deux coudions d'un lièvre et le foie d'une colombe ; réduisezle tout en poudre fine, et faites-en avaler à la personne sur qui vous aurez quelque dessein, environ la quantité d’une demi drachme; et si l'effet ne se fait pas à la première fois, réitérez jusqu’à trois fois, et vous serez aimé.
Si vous pouvez coller au dossier du lit d’une femme ou d’une fille, le plus près possible de l’endroit où repose sa tête, un morceau de parchemin vierge sur lequel vous aurez écrit : « Michaël, Gabriel , Raphaël, faites que (mettre ici le nom de la personne) conçoive pour moi un amour égal au mien », cette personne ne pourra s’endormir sans penser à vous, et bientôt l’amour naîtra dans son cœur.
Pour que la personne dont vous possédez l’amour vous soit fidèle, prenez une mèche de ses cheveux, brulez-la et
répandez-en la cendre sur le bois de son lit après l’avoir frotté de miel. Elle ne rêvera que de vous. Il est facile de renouveler de temps en temps cette opération pour entretenir la constance en amour.
Voulez-vous que vos billets ou vos lettres d’affaires obtiennent le succès qui comblerait vos vœux? Prenez une feuille de parchemin, vierge et couvrez-la, sur deux côtés, de l’invocation ci-après : « Adama , Evah, comme le Créateur tout puissant vous unit, dans le paradis terrestre, d’un lien saint, mutuel et indissoluble, ainsi le cœur de ceux à qui j’écrirai me soit favorable et ne me puisse rien refuser : Ely + Ely -f Ely. » Il faut brûler cette feuille de parchemin et recueillir avec soin toute !a cendre. Puis ayez de l’encre qui n’ait jamais servi ; versez-la dans un petit pot de terre neuf ; mêlez-y cette cendre avec sept gouttes de lait d’une femme qui allaite son premier-né et ajoutez-y une pincée d’aimant réduit en poudre. Servez-vous ensuite d'une plume neuve que vous taillerez avec un canif neuf. Toute personne à laquelle vous écrirez avec l’encre ainsi préparée sera disposée, en lisant votre lettre, à vous accorder tout ce qui sera en son pouvoir.
Prenez cinq de vos cheveux, unissez-les à trois de la personne que vous aimez et jetez-les dans le feu en disant : Ure, igné Sancti Spiritas, renes nostros et cor nostrum , Domine. Amen, vous réussirez dans votre amour.
La veille de la Saint-Jean, avant le lever du soleil, allez cueillir la plante nommée OEnula compana. Portez-la dans un linge fin, sur votre cœur, pendant neuf jours ; ensuite mettez cette plante en poudre et répandez-en sur un bouquet ou sur les aliments de la personne dont vous souhaitez l’amour, et bientôt vos vœux seront comblés.
Le psaume 137 e qui commence ainsi : Confitebor tibi,Domine, quoniam audisti, etc., a, selon la tradition, le pouvoir d’exciter l’amour dans le cœur de la personne qui est l’objet de vos désirs. Voici la manière d’opérer :
PHILTRES D’AMOUR
Versez de l'huile de lis blanc dons une coupc de cristal, récitez sur cette coupe le psaume 137*, que vous terminerez en prononçant le nom de l ange Anaël et celui de la personne que vous aimez. Ecrivez ensuile le nom de l'ange sur un fragment de cyprès que vous plongerez dans l’huile ; puis de cette huile vous oindrez légèrement vos sourcils, et vous lierez à votre bras droit le morceau de cyprès. Cherchez ensuite un moment favorable pour toucher la main droite de la personne dont vous désirez l’amour, et cet amour naîtra dans son cœur. L’opération sera plus puissante, si vous la faites au lever du soleil, le vendredi qui suit la nouvelle lune.
Nos anciens assurent que l’oiseau que l’on appelle pivert est un souverain remède contre le sortilège de l’aiguillette nouée, si on le mange rôti à jeun avec du sel *béni... Si on respire la fumée de la dent brûlée, d’un homme mort depuis peu, on sera pareillemenl délivré du charme.
Le môme effet arrive si on met du vif-argent dans un chalumeau de paille d’avoine ou de paille de froment, et que l’on mette ce chalumeau de paille de froment ou d’avoine sous le chevet du lit où couche celui qui est atteint de ce maléfice... Si l’homme et la femme sont affligés de ce charme, il faut, pour en être guéris, que l’homme pisse à travers l’anneau nuptial que la femme tiendra pendant qu'il pissera.
Ayez une bague d'or garnie d’un petit diamant qui n’ait point été portée depuis qu’elle est sortie des mains de l’ouvrier, enveloppez-la d’un petit morceau d’étoffe de soie, et la portez durant neuf jours et neuf nuits, entre chemise et chair, à l’apposition de votre cœur. Le neuvième jour avant soleil levé, vous graverez avec un poinçon neuf en dedans de la bague ce mot : Scheva, puis lâcherez par quelque moyen d’avoir trois cheveux de la personne dont vous voulez être aimé et vous les accouplerez avec trois des vôtres en disant : O corps, puisses-tu m’aimer, et que ton dessein réussisse aussi ardemment que le mien par la vertu efficace de Scheva. » Il faudra nouer ces cheveux en lacs d’amour, en sorte que la bague soit à peu près enlacée dans le milieu du lac, et l’avant
enveloppée dans l’étoffe de soie, vous la porterez derechef sur votre cœur encore six jours, et le septième jour vous dégagerez la bague du lac d’amour et ferez en sorte de la faire recevoir à la personne aimée. Toute cette opération doit se faire avant le soleil levé et à jeûn.
Pour l'amour.
l* r vendredi de la lune.
Achetez sans marchander ruban rouge de 1/2 aune au nom de la personne aimée.
Faites un nœud en lacs d’amour et ne le serrez pas, mais dites Pater jusqu’à in tentationem, remplacez seb libéra nos a malo par ludea-ludei-ludeo, et serrez en même temps le nœud.
Augmenter d’un Pater chaque jour jusqu’à 9, faisant chaque fois un nœud.
Mettre le ruban au bras gauche contre la chair. Toucher la personne.
Un homme veut-il voir en songe l’image de la femme qu’il doit épouser? Il faut avoir du corail pulvérisé, de la poudre d’aimant, du sang de pigeon blanc et en faire un petit morceau de pâte qu’on enfermera dans une large figue, après l’avoir enveloppé dans un carré de soie bleue. Se le mettre au cou et placer sous son chevet une branche de myrte, puis dire cette oraison : « Kyrie clementissime, qui Abraham servo tuo dedistis uxoremet fi.Uo ejus obedientissimo per admirabile signum indiedsti Rebcccam uxorem , indica mihi servo tuo quam nupturus sim uxorem , per mysterium tuorum Spiritnum Baalibcth , Assaibi, Abumostith. Amen. »
Il faut le matin se remettre en l’esprit l’image que l’on aura vue en songe. Si l’on n’a rien vu, il faut répéter l’expérience magique trois vendredis de'suite ; et si, après cette troisième opération, nulle vision ne se produit, on peut augurer qu’il n’y aura point mariage.
Si c’est une fille qui désire voir en songe l’homme qu’elle épousera,elle doit prendre une petite branche de peuplier, la
UN GRIMOIRE
lier avec ses bras d'un ruban de (il blanc et serrer le tout sous son chevet. Puis elle se iïoUera les tempes avec du sang de huppe avanL de se mettre au lit, récitera l'oraisott précédente en remplaçant la formule : « Servo tuo quant nupturus sim uxorem », par celle-ci. « AncilLr n,;r quem sim nuptura virum, » etc.
l'N GRIMOIRE DE SORCIER
RECUEIL DES SECRETS
Tirés des cinq livres de Moyse et de plusieurs livres de l’Ecriture Sainte
Contre le mal de tète.
Ecrire sur une feuille d’olivier i Athéna.
Lier cette feuille ci la tète.
Pour arrêter le saut/.
Au sangd’Adam est née la mort,
Au sang du Christ est née la vie. ü sang, arrôle-toi.
Contre l'arme à feu.
Avalez ceci écrit sur un billet :
Armisi farisi restingo.
Dites ces paroles dans le danger.
Contre la disette et la famine.
C’est un très grand secret que j’ai éprouvé dans la dernière famine et j’ai eu le bonheur de conserver la vie à beaucoup de personnes. C’est le même dont les prophètes Elie et Elisé ont fait usage ; on le trouve également en l’Evangile que les chrétiens attribuent à Jésus-Christ quand il a nourri tant de monde avec si peu de pains, car ils sortent tous du même fondement et sont tirés des 3 principaux points de la kabbale.
Priez le Seigneur des Seigneurs matin et soir pendant 7 jours de suite. Le7 e jour, après vos prières du matin, prenez une feuille d'une herbe que l’on mange naturellement, telle que laitue, salade, etc. Prenez une feuille d’arbre, écrivez dessus avec du miel, de la rosée ou de l’eau de pluie les mots suivants avant le lever du soleil : « Je vous ferai pleuvoir le pain du haut du ciel » et de l’autre côté « Manctur ». Parfumez-la et mangez-la. Celui qui l’aura mangée passera 7 jours sans avoir faim. L’on peut continuer 7 fois de suite l’expérience, ce qui forme 49 jours, mais vous ne pouvez aller au-delà. C’est ici le pain que l’ange apportait au prophète dans le désert.
Pour rompre les chaînes et les barres de fer.
Prenez du mercure sublimé, de l’arsenic parties égales, du sel ammoniac une demi-once, mettez le tout et de l’urine, frottez-en le fer ou bien enveloppez-le dans un linge qui en est imbu.
Moyen de faire venir le grain en abondance d'une terre qui na pas été fumée.
Prenez la semence que vous voulez mettre en terre, mettezla à tremper six heures durant dans l'eau croupissante d’un bon fumier, retirez-la de suite sans la laisser plus longtemps, laissez-la bien sécher au soleil. Au bout de trois jours trempez-la derechef pendant trois heures. Cela suffira.
Ensuite semez-la.
Pour arrêter un serpent.
Prononcez en le voyant : Osi, Osoa, Osia, il se laissera prendre.
Pour arrêter un meurtrier.
Prenez du sang de la personne pendant qu’il est encore chaud, jetez-le dans le feu et laissez-Ie brûler. Vous verrez que le meurtrier ne pourra pas s’éloigner quand bien môme il serait à quatre lieues, il sera forcé de revenir sur les lieux.
Pour arrêter court une ou plusieurs personnes
Dites :
Veide, Rongan, Rada, Bagabin.
UN ÜH1M01RK
Mettez le genou et le poignet droit à terre, se renversant le corps.
Se relever sans que le gauche ne louche à rien.
Pour cire heureux eu voyage.
Portez sur vous de l’artémise et de la verveine.
Pour dompter un cheval fougueux.
Mettez-lui un petit cailloux rond dans les oreilles et il ne bougera plus.
Contre les blessures envenimées.
Mettez du jus de coing sur la blessure, il ôtera le venin.
Pour guérir les plaies profondes et mortelles.
Prenez de la Vineapuroinea avec les racines, laissez cela dans du vin, donnez-en à boire quelques jours de suite au blessé ; s’il se trouve dubois, du fer ou autre chose sur la plaie tout cela sortira et le malade guérira sans autre médecine.
Pour savoir si un malade guérira ou mourra.
Prenez un peu de lard, frottez-en la plante des pieds du malade, ensuite donnez-le à manger à un chien : s’il le mange, c'est signe de guérison; sinon, c’est signe de mort.
Quand une femme est en travail d'enfant.
Pour faire sortir l’arrière faix et l’enfant mort hors du corps,
Faites manger à la femme deux morceaux de la racine de fleurs de lis blanc ou faites boire de l’eau dans laquelle on aura fait cuire 2 œufs. Le remède est infaillible.
Pour arrêter le sang.
Tenir sur sa main l’herbe appelée bursa pastoris ou onagollis pour les femmes, la pendre au col sur la peau.
La vraie turquoise orientale fait le même effet.
Pour quérir le mal d'oreille.
Prenez uu petit oignon, faites-le bien cuire dans la cendre ; prenez un linge bien fin avec un peu de beurre sans sel, vous mettrez le beurre et l’oignon dans le linge, vous le mettrez dans l’oreille malade le plus chaud possible. Il faut le laisser 1 minute. Sûr et éprouvé.
Pour les cors aux pieds.
Prenez l’intérieur d’une figue dont vous mettrez un peu de la grosseur du cor dessus pendant plusieurs jours et vous guérirez.
Pour le mal de dents.
Vous mettrez un peu d’eau-de-vie dans le creux de votre main, vous la respirerez dans la narine du côté où vous avez mal.
Pour faire passer la colique.
11 faut prendre de la gomme arabique avec du lait.
Remède pour les brûlures.
1 cuillerée de bon vinaigre.
12 cuillerées d’eau.
Battre ensemble en ajoutant du blanc <f espagne en poudre pour former un amalgame qui ait la consistance d’une crème un peu épaisse, l’étendre sur un linge et l’appliquer de suite.
Contre la mortalité des bestiaux.
Prenez des éponges ou excroissances jaunâtres qui croissent auprès des tilleuls, mettez-les dans l’eau dont vous abreuvez votre bétail et si les animaux sont attaqués de quelque maladie contagieuse, pulvérisez-en un peu et mettezle dans leur breuvage.
Pour connaître quels sont les animaux qui mourront ou vivront.
Remarquez que tous les animaux qui naissent quand la lune n’éclaire plus, c’est-à-dire 3 ou 4 jours avant ou après son renouvellement, meurent dans l’année. Ceuxqui naissent
UN GRIMOIRE
hors ce temps sont bons à élover, les autres doivent être vendus.
Pour que les abeilles ne piquent pas.
Prenez trois feuilles de la plante appelée plantago amita, tenez-Ies à la bouche en les approchant.
Pour faire porter bientôt du fruit aux arbres.
Il faut les greffer 3 ou 4 jours avant la nouvelle lune.
Pour faire décharger une fille.
3 petites fèves noires.
Placez une entre chaque doigt de la main droite, posez sur votre chair à l’endroit du cœur, attirez les regards de la personne et dites :
Ego ago et superago et consummatu^i est.
Autre.
3 haricots blancs. Dire :
Ebe, Mebe, Matristope.
Pour n'ètre pas blessé à la guerre.
Ecrivez sur une plaque de zinc les mots ci-après : « Voyez l’épée d’Adonaï et de Gédéon. » Cette plaque doit être taillée en forme d’une étoile à sept pans. Vous la parfumerez et vous la mettrez dans le pommeau de votre épée. Vous blesserez tous vos adversaires quand bien même ils seraient cuirassés.
Graisse pour empêcher les armes de se rouiller.
100 gr. saindoux.
100 gr. graisse de mouton ou bœuf.
5 gr. cire du pays.
5 gr. camphre.
15 gr. oxyde de zinc.
Il faut faire fondre les graisses et les mélanger avec la cire et le camphre, puis remuer doucement avec une spatule et ne mettre le blanc de zinc que quand cela commence à rc- MAG1E PRATIQUE 3'»
froidir et à prendre un peu de consistance. Si on mélangeait ce blanc trop vite, il se précipiterait volontiers et resterait au fond, le mélange serait incomplet. Quand les armes sont nettes, on les frotte avec une brosse dure et très fort de cette graisse, il faut qu'elle s’introduise dans le métal par le frottement à la brosse dure. Il n’est pas nécessaire qu’elle soit visible.
Eau lustrale.
Faire boire à jeûn 1 verre d’eau dans lequel on a éteint un fer rouge.
Sur l’eau (l’haleine pénétrant l’eau) : Par Adonaï, que la passion s'éteigne en toi comme la chaleur de ce fer s’est éteinte en cette eau (5 fois).
Evocation.
Pendant U jours entiers, alors que la lune est à son croissant, après son 5” jour, brûler de l’encens en l’honneur des puissances protectrices des âmes souffrantes, réciter chaque fois un Pater seulement pour le repos de ces mêmes âmes et brûler à cette même intention une chandelle en l’honneur des esprils protecteurs des âmes souffrantes pour leur propre repos dans l’intention qu’on a.
De temps à autre lorsque vous brûlez l’encens en l’honneur des génies dans ce but.
Trois soirs de suite, la nuit (éviter vendredi), allumer du feu, faire trois tours afin de décrire mentalement un cercle. Prendre encens en main, le jeter dans le feu en pensant ou implorant Hécate (déesse des enchantements), puis, revenant dans ce cercle et se plaçant au milieu et implorant l’appui des astres du regard et do la pensée, on dit : « O Hécate, déesse dans les deux, déesse sur la terre, et Proserpine aux enfers, ô mère des ombres, reine suprême de l’armée des morts, ne lance pas contre moi tes légions, ô Hécate, fais plutôt qu’elles me servent. O triple Hécate, grande déesse qui présides aux enchantements, dans ce feu qui t'est offert, l’encens vabrû- ler en ton honneur, ô Hécate, que ta divinité vienne à moi, que ta puissance m’environne, mon père (le ciel) n’en sera point offensé I
« Par Hécate, ô génie maître des airs, par lléeale, âmes souffrantes des morts, par Hécate, 6 âmes agitées do la région basse, par Hécate devenez mus aides, mes leviers, mon armée ! »
Puis, quittant le cercle, vous prenez l'encens dans votre main pour l’offrir aux génies, et vous formulez votre demande.
Après, vous brûlez du pain et du vin à l’intention des âmes soutirantes en général, et quand c'est fait, vous dites : « Pur Hécate, j’ai dans te silence des nuits appelé les légions des airs, l'armée faste des Obs : aux uns j’ai offert l’encens qui les flatte, aux autres le pain dont ils sont affamés. Aussi pendant que, puissants les astres brillent, que les Forces appelées agissent, comme un souverain en son manteau du pourpre, ton serviteur, ô Hécate, va s’endormir dans la confiance. •>
Le 1er repousse les influences occultes. Quand on craint un maléfice, prendre du fer dans sa main.
Se laver la tête avec eau sur laquelle on a dit : O Adonai, délivre et guéris ton serviteur (trois fois) et trois fois finissant, que l'eau sèche sur la tête.
Lectisternes, repas offert aux morts. On invite des morts à dîner (par leur nom), mettre couvert pour le nombre, faire grand feu dans la cheminée, les appeler par leur nom, mais les servir et pour verser vin à eux aussi, puis jeter du feu pour eux, faire gâteau miel pour leur offrir le souper, couper leurs parts et les jeter sur le feu, leur parler, puis leur demander ce qu’on désire.
Manière de tirer la force des animaux pour la transplanter aux hommes.
Prenez la semence d'un cheval entier quand il couvre une jument, il fpLat que ce soit le 27* ou le 28* jour de la lune. Mettez-la dans la bonne terre, plantez-y le caméléon noir,
laissez-le croître, et donnez-le à manger à la personne en faiblesse, le premier vendredi de la lune ; pendez aussi de cette planle au col, faites habiter celte personne parmi les chevaux robustes et sains: ils deviendront faibles et la personne deviendra forte et robuste. Ensuite vous transplanterez celte racine le même jour dans une autre terre.
Ce secret est un grand mystère caché.
PETIT
U
PETIT
RÉSUMANT PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE LES SECRETS ET LES PRINCIPALES FORMULES DE PRATIQUE CONCERNANT LA MAGIE DES CAMPAGNES
Amour (Voy. Pervenche), (Jusquiame), (Verveine).
(voy. Bouc), (voy. Femmes) (voy. Divorce).
Abeilles. Les assembler (Voy. Nepte), les préserver (Voy. Guimauve).
Arbre. Rendre stérile (Voy. Rose), écrire un nom (Voy. Nom).
Alun. Si l’on frotte du drap avec la glaire d'un œuf mêlée avec de l'alun et après l’avoir lavé avec de l’eau salée on fasse sécher, il empêche le feu de brûler (Bélinus).
Si l’on prend de l'arsenic rouge avec de l'alun , qu'on les broie ensemble et les mêle avec du suc de joubarbe et de la gomme qui sort du laurier, l’homme qui s’en sera frotté les mains pourra manier et prendre un fer chaud sans être
Avenir. Prenez du sang caillé d 'un âne avec de la graisse et la poitrine d’un loup cervier t autant de l’un que de l’autre, faites-en des grains avec lesquels vous parfumerez la maison, ensuite on verra quelqu’un pendant le sommeil qui dira tout ce qui doit arriver (G. 103).
Armoise. Quand on veut entreprendre un voyage facilement et sans se fatiguer, on portera à la main l’herbe qu’on
Chaque tradition curieuse tirée d’un grimoire ayant été citée à part, l’ordre strictement alphabétique n’a pu être suivi et un même mot est quelquefois cité plusieurs fois dans la même lettre. — Les lettres qui suivent chaque citation indiquent les grimoires originaux d’où chaque citation est tirée. — Inutile de prévenir le lecteur du nombre de superstitions contenues dans ces traditions de la magie des campagnes.
nomme armoise et oo s en fero une ceinture en marchant; ensuite qu'on fasse cuire cette herbe et qu'on s'en lave les pieds, on ne se lassera jamais (G ).
Les fumigations d'armoise bouillie, prises en bain de siège, délivrent les femmes en couche du fruit mort de leur sein.
La même plante, cuite dans du vin et bue à petites doses, mais fréquemment, préserve la femme du péril d 'avortement
Avortement (Voy. Ahmoise).
Anls. Infusé dans du vin, avec du safran, guérit les /luxions des yeux.
Des fragments de la même plante, introduits dans les narines après avoir été macérés dans l’eau, guérissent les ulcères du nez.
Asthme (Voy. Pourpier).
Angélique. L'infusion d'angélique dans du vin guérit 1rs ulcérations intérieures.
Aloès. Le suc daloès mêlé avec du vinaigre empêche la c hute des cheveux.
Anémie, t Voy. Rèolesi.
Arête. Si une arête de poisson s'engage dans votre gosier mettez un pied dans l'eau froide (Chr. 405).
Bufle (Voy. Pervbncue).
Boeuf (le faire suivre) Voy, Mélisse. Un bœuf dont on a frotté la langue avec de l'ail se laisse mourir plutôt que de manger si on ne lui nettoie point la gueule avec du sel et du vinaigre (G. 92).
Bouc. Prenez de la Rente de bouc avec de la farine de froment, faites sécher le tout ensemble, ensuite pilez-le et mettez-le chauffer avec de l’huile seulement; après cela frottez-vous-en tout autour du prépuce au moment du coït, il est sûr que votre femme n'aimera que vous.
La même chose arrive en se servant seulement de suif de bouc.
Boutons (sur la peauj. La joubarbe broyée avec de la farine d’orge et de l'huile fait disparaître les dartres et autres éruptions de la peau.
La décoction de feuilles de tabac, bouillie et appliquée en lotions, fait disparaître les boutons et rougeurs du visage.
Chélidoine. Portée sur soi avec cœur de taupe contre ennemis et ensuite dans les affaires et procès. Mise sur la tête d'un malade, chante s'il doit mourir : pleure, s’il doit revenir
Chiens. Divers effets sur eux (Voy. Langue de chien).
Centaurée. Mêlée avec du sang de huppe femelle mise dans une lampe avec de l’huile produit hall usinât ion sur les assistants.
Jetée dans le feu quand les étoiles brillent, elles semblent courir les unes après les autres.
Mise sous le nez de quelqu’un lui donne peur.
Chou (Voy. Rose).
Cœur (maladies de). Rrnouée.
Chrynostates (inf. de la lune). Sa fleur guérit maux de reins.
Coq. L’empêcher de chanter : oindre d’huile la tête et la crête.
L’empêcher de s’accoupler : oindre son cul d’huile (G. 92).
Conception (Voy. stérilité).
Colique. Prendre sur soi la racine de jusquiame blanche (Arist.).
Cerf (corne de). (Voy. Grossesse).
Cheveux (chute des). Voy. Aloès iVoy. plus loin).
Convives. Si on veut donner de la joie et du divertissement à une compagnie dans un repas on prendra quatre feuilles de verveine que l’on fera tremper dans du vin, dont
on arrosera ensuite l'endroit où le repas se fera; tous ceux qui y seront conviés paraîtront contents et joyeux.
G d »Consoude (Voy. Punaises).
Concombre (Voy. Punaises).
Champignons (empoisonnement par les). Guérison (Voy. Ortie). Avaler un peu de nitre mêlé avec de l'huile.
Chardons. L’infusion de chardon bénit guérit les ulcères des poumons (Chr. 403).
Cheveux. Pour faire croître les cheveux, brûlez des abeilles, mêlez leur cendre avec de la fiente de souris et faites infuser ce mélange dans l'huile rosat ; ajoutez-y de la cendre de châtaignes ou de fèves brûlées et le poil naîtra sur toute partie du corps que vous oindrez de cette huile.
Convulsions. Appliquez aux poignets des enfants des bracelets desoie écrue et ils n'éprouveront jamais de convulsions (Chr. 406).
Dyssenterie (suc d’Ornoglosse).
Dents (maux de). Suc de Quintefeuille.
Demandes (réussite des). Voy. Quintefeuille.
Dompter les animaux. Frotter le frorft delà bête qu'on veut faire venir d'elle-même dans son étable avec un ail de squille (G. 91).
Si l’on broie de la cire sur les cornes d’un veau on le mènera partout où l’on voudra sans peine (Aristote).
Dyssenterie. Cailloux de rivière. — Les faire chauffer sur un feu ardent, jeter dans un vase plein d’urine dans lequel on aura mis de la fiente de chien en poudre. — Donner à boire deux fois par jour pendant trois jours (éprouvé) (G. 118).
Dents. La dent d’une bête ou d’un'poulain d’un an pendue au cou d’un enfant fait que les dents lui sortent sans douleur.
Frotter les gencives avec la cervelle de lièvre cuite.
Diable. Pour faire voir le diable à une personne en dormant, prenez du sang d’une huppe et qu'on lui en frotte le
visage. Elle s’imaginera que Ions les diables sont autour d’elle.
Dégraissage. Cendre gravelée.. 5 livre [
Savon blanc. ;.... 2 onces l Réduire en poudre, Gomme arabique. 2 — J mêler — dé-
Ecume d’alun.2 — j tremper dans
Glu ;. 1 — f de l’eau claire.
Campanes. i — [
Divorces (les empêcher). Deux cœurs de cailles, un de mâle, l'autre de femelle. Faire porter celui de la femelle à la femme, celui du mâle à l’homme.
Dartres (Voy. Boutons).
Dyssenterie (Voy. Plantain), (Voy. Raisins).
Dents. Les dents ne se gâteront jamais, si chaque malin l’on fait fondre dans sa bouche trois grains de sel marin et si l’on étend avec la langue cette dissolution sur les dents et les gencives (Chr. 404).
Ennemis (Voy. Ciielidoine).
Estomac (mal d’). Renouée.
Ecrouelles (Quintefeuille\ ('Verveine). Pendre au cou la racine de vinette (Gallien).
Eau ardente. Prenez du vin non épais, fort et vieux. Mêlezy le quart de chaux vive, autant de soufre, en poudre ; du tartre, du sel gris, mettez le tout dans une bouteille bien bouchée où il y aura au dessus un alambic dans lequel distillera cette eau que vous ne pourrez conserver que dans une fiole de verre. v
Epilepsie. La décoction de feuilles de viorne dans du vin guérit l’épilepsie (Chr. 402).
Femmes infidèles (Voy. Héliotrope). (Voy. Femme).
Fantômes (n’en avoir pas peur). (Voy. Ortie).
Foie (douleur de). Jusquiame.
Fourmis, (les chasser). Piler et réduire en poudre de la marjolaine bâtarde sur l'endroit où elles sont.
Feu (Voy. Alun).
Femme, llestéeritdanslelivre de Cléopâtre qu’une femme qui n'est pas contente de son mari comme elle le souhaiterait n’a qu’à prendre la moelle du pied gauche d’un loup et la porter sur elle, il est certain qu'elle sera satisfaite et qu’elle sera la seule qu’il aimera.
Pour faire avouera une femme ce qu’elle a fait, on prendra une grenouille d’eau en vie, on lui arrachera la langue et ensuite on la remettra dans l’eau, et on appliquera cetto langue sur le cœur de la femme lorsqu'elle dormira; elle répondra à. toutes les demandes qu’on lui fera.
Feu grec. Soufre vif, tartre, sarcocolte, pieolle, sel cuit, huile commune, pétrole, faire bouillir le tout.
Fraisier. Pour empêcher que les serpents ne fassent aucun mal quand on marche par les campagnes, on prendra des feuilles de fraisier que l’on mettra autour du corps.
Fiente de chien (Voy. Dyssenterie).
Foie. Le foie de loup, desséché, broyé et mis en poudre dans du vin de madère, guérit les maladies de foie (Chu. 406'.
Gui de chêne. Joint au slypium auvrc les serrures. Pendu à un arbre avec aile d'hirondelle fait assembler tous les oiseaux (G. 53).
Goutte. Racine de jusquiame.
Glandes. La tête d’une chèvre pendue au cou d’une personne qui a des glandes scrofuleuses la guérit parfaitement
Grossesse (Voy. Stérilité). Afin qu’une femme conçoive, on réduira en poudre la corne d’un cerf que l’on mêlera avec de la fiente de vache, ensuite la femme la portera sur soi pendant qu’elle aura affaire avec un homme, et immanquablement elle deviendra grosse (Voy. Vigne).
Que si une femme ne peut pas concevoir, qu’on lui fasse
boire, sans qu’elle le sache, du lait d’une jument et qu’ensuite un homme la connaisse.
Guimauve (Voy. Matrice, urines). La graine de guimauve pulvérisée et pétrie en forme d’onguent, dont on se frotte légèrement le visage et les mains, préserve de la piqûre des guêpes, des abeilles, etc.
Héliotrope. Cueillir au mois d'août, le soleil étant dans le signe du Lion.
Envelopper dans une feuille de laurier avec une dent do loup et porter sur soi contre médisances. Mise sous la tête pendant la nuit fait voir ceux qui peuvent venir voler le possesseur de l’herbe.
Mise dans une église empêche femmes infidèles à leur mari de sortir tant qu’on ne l’a pas ôtée (G. 49).
Hallucination.(Voy. Centaurée, (voy. Lampe), (voy. Diable).
Hémorrhoïdes (Voy. Verveine). — Pour les guérir s’asseoir sur une peau de lion (Aristote G. 92).
Hydropysie. (Voy. Plantain).
Vous guérirez sûrement un hydropique si vous lui faites avaler pendant neuf jours dans un breuvage quelconque la tiente, séchée et mise en poudre, d’un petit chien non sevré, mais il faut que le malade ignore la nature de ce remède
Herbes magiques. Ne les cueillir que du 23 au 29* jour de la lune.
Nommer l’usage qu’on en veut faire en arrachant l’herbe de terre. Ensuite la mettre sous du froment ou de l’orge jusqu’au moment de s’en servir. Les principales :
Héliotrope. — Jusquiame. — Nepte. — Orties. — Verge de Pasteur. — Chélidoine. — Pervenche. — Langue de chien.
— Lis. — Gui de chêne. — Centaurée. — Sauge. — Verveine.
— Mélisse. — Serpentine.
Incombustible (rendre). Voy. alun.
Ivrognerie. Si on met plusieurs anguilles dans un pot de vin et qu’on les y laisse mourir, celui qui en boira haïra le vin pendant un an et ri’en boira peut-être pas pendant sa vie.
A l'I’ENDICE
Invisible (se rendre). On trouve dans le nid des huppes une certaine pierre qui a diverses couleurs, celui qui la portera sur soi deviendra invisible.
Impuissant (rendre). Pour rendre un homme impuissant il n’y a qua lui faire avaler un de ces vers qui luisent en été.
Infidélité (Voy. femme).
Insomnie. Tiges d'anel cuites dans l'huile et appliquées sur la fête.
Jusquiame. Son suc fait rompre une tasse d’argent dans laquelle on le mot.
Mêlée avec le sang d’un jeune lièvre et mise dans sa peau fait assembler tous les lièvres à l'endroit où on l'a mise (Voy. plus loin).
Jambe (maux de). Uffoditius.
Jusquiame (inf. de Jupiter). Sa racinu empêche ulcères et les enlève. Pilée empêche douleurs de rjoutte. Son suc bu avec du miel contre douleurs de foie donne de l’amour. Portée sur soi fait aimer des femmes (Voy. plus loin).
Jaunisse. Faire boire tous les matins pendant huit jours à jeun cinq petites crottes de chèvre dans du vin blanc.
Jusquiame (guérison de l’empoisonnement par la). Suc du pourpier mêlé avec du vin cuit.
Langue de chien. Mise en un endroit avec le cœur et la matrice d’une grenouille fait assembler les chiens.
Portée au gros doigt de pied empêche chien d'aboyer. Mise au cou d’un chien le fait tourner jusqu’à la mort (G. 51).
Lièvres (les assembler) Voy. Jusquiame.
Lis. Cueillie en août. Mêlée au suc de laurier, mise ensuite quelque temps sous le fumier, cette plante engendre des vers. Leur poudre empêche de dormir ou 'donne la fièvre.
Mise dans un vase où il y aura du lait de vache et ce vase couvert d’une peau de vache de même couleur, toutes celles des environs perdront leur lait (G. 52).
Lune (sa plante) Ornoulose.
Loups (leur faire peur). S'enduire le corps de fiente de lièvre.
Léthargie. Une forte décoction d ’agnus castus, d 'ache et de sauge dans de l'eau salée, employée en frictions sur le derrière de la tête, rappelle à la vie les malades tombés en léthargie.
Lampe. Si on veut que tout ce qui est dans un palais paraisse noir, on aura soin de tremper la mèche de la lampe ou de la chandelle qu’on doit allumer dans de l’écume de mer bien battue.
Pour faire que tous ceux qui sont dans une chambre paraissent n’avoir point de tête, on versera dans une lampe du soufre jaune mêlé avec l’huile, ensuite, après l’avoir éclairée, on la mettra au milieu de l’assemblée.
Si on frit une mèche avec le drap d’un mort ou du drap noir et qu’on l’allume dans le milieu d’une.chambre, on verra des choses merveilleuses.
Prenez une grenouille verte et coupez-lui la tête sur un drap mortuaire, trempez-le dans Thuile de sureau, faites-en une mèche que vous allumerez dans une lampe verte, et on verra un homme noir qui tiendra une lampe à la main avec plusieurs autres choses curieuses (G. 105;.
Si on veut faire paraître une chambre pleine de serpents, prenez de la graisse d’un serpent et mêlez-la avec un peu de sel, ensuite prenez un morceau de drap mortuaire que vous couperez en quatre, dans chacun desquels vous mettrez de cette graisse, dont vous ferez quatre mèches que l’on allumera aux quatre coins de la chambre, avec de Vhuile de sureau dans une lampe neuve, et on verra l'effet qu’on a dit.
Médisances (Voyez Héliotrope).
Mille-feuille (Voy. Ortie)
Mandpagore (Voy. Verge de Pasteur).
Malade (savoir s’il va mourir). Chélidoine. Voy. aussi Maladie).
Mal caduc (Voy. Verveine).
Mélisse. Portée sur soi rend agréable.
Attachée au cou d'un bœuf lui fait suivre l'opérateur.
Mélancolie (trait 1 ). Offoditius.
Mercure (son herbe). Quintbfeuille.
Mer (écume de). Voy. Lampe.
Mémoire. La langue d’une huppe, pendue au cou, fait revenir 1 àmémoireel le jugement à ceux qui l’ontperdu (G. 95).
Mari (Voy. Femme).
Mèche (Voy. Lampe).
Maladie. Pour connaître si une personne mourra d'une maladie ou si elle en reviendra, allant la voir, prenez delaeerveine à la main, et quand vous serez proche le lit du malade, vous lui demanderez comment il se porte; s'il dit qu’il se porte mieux, il en échappera ; s'il répond le contraire, il n'en reviendra pas.
Myrte (Voy. Vomissement, Sommeil).
Migraines. Aspirer par la bouche les vapeurs chaudes d'infusion de myrte.
Matrice. La llour de guimauve, pétrie avec de la graisse de porc et de la thérébentine, puis appliquée sur le ventre, dissout les inflammations de matrice.
Métrorrhagie. Pour guérir l’hémorrhagie de l’utérus, prenez sept oranges , faites-en cuire l 'écorce dans trois chopines d’eau jusqu'à réduction d’un tiers.
Jetez-y du sucre et faites-en prendre douze cuillerées trois ou quatre fois par jour.
Nepte. Etourdit les animaux dans le nez desquels on le met.
Assemble les abeilles et les empêche de sortir. Fait revenir les abeilles noyées ou presque mortes (G. 51).
Nuit. Si on se frotte la face avec du sang de chauve-souris on verra et on lira aussi bien la nuit que le jour.
Nom. Si.on veut voir son nom imprimé ou écrit sur les noyaux de pèches, ou les amandes d'un pêcher ou d’un amandier, prenez un noyau d’une belle pêche, mettez-le en terre dans un temps propre à planter, et le laissez pendant six ou sept jours jusqu’à ce qu’il soit à demi ouvert, ensuite tirez-le bien doucement sans rien gâter et avec du cinabre , écrivez sur le noyau ce qui vous plaira, et quand il sera sec vous le remettrez en terre, après l’avoir bien fermé et rejoint avec un filet fort fin et délié, sans y faire autre chose pour le faire venir en arbre, on verra que le fruit qu’il portera aura le même nom que l’on aura écrit sur le noyau. On peut faire la même expérience sur le noyau d’une amande ; on en a fait l’épreuve tout nouvellement (G. 115).
Nez (ulcères du). Voy. Anis.
Ortie tenue dans la main avec mille-feuille empêche la peur des fantômes (la cueillir du 19 juillet au 23 août).
Son suc mêlé au jus de serpentine, on s’en frotte les mains et on jette le reste dans l’eau. On prend alors avec la main les poissons qui s’y trouvent (G. 50) (voy. plus loin).
Oiseaux (les faire assembler) voy. Gui de chêne (voyet
Traité élémentaire de magie pratique. Paris, 1893. Hermetic Cloud, https://hermeticcloud.com/library/papus-traite-elementaire-de-magie-pratique/. Public-domain text reproduced in full; markup only.
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