» Destiné par ses parents à la magistrature, il s^altacha dans son cours de droit plutôt aux bases de la justice qu'aux règles de la jurisprudence, dont rétude lui répugnait. Aux fonctions de magistrat, auxquelles il crut devoir donner tout son temps, il préféra la profession des armes, qui, durant la paix, lui laissait des loisirs pour s'occuper de méditations. Il entra comme lieutenant, à vingt-deux ans, au régiment de Poix en (;;amison à Bordeaux. Initié par des formules, par des rites, des pratiques, à des opérations théurgiques^ et que dirigeait HarlinezPasqualis, chef delà secte desMartinistes, il demandait souvent : Maître, eh qum"?... faut-il donc tout cela pour connaître Dieu f Cette voie, qui était celle des manifestations sensibles, n*a\ait point séduit notre philosophe. Ce fut toutefois par là qu'il entra dans la voie du spiritualisme. »
Nous laisserons de côté ses études, ses travaux, ^s voyages et ses relations, pour n'ajouter que ces quelques lignes empruntées à la méroe biographie.
« En 1803, il disait qu'entré dans sa soixantaine, il avançait vers Ut grandet jouittaneet qui lui étaient annoncées depuis longtemps. Il fit, l'été de celle année, des voyages à Amboise, h Orléans, etc., pour revoir quelques amis. A son retour, ' un entretien qu*il avait désiré avoir avec un mathématicien profond sur la science dès nombres, dont le sens caché l'occupait toujours, eut lieu avec M. de Bossel. n dit, en finissant : « Je sent que je m* en vais, la Protidehte
• peut nkOfpékr^ J9 9uiM prit. Les germes que fax tâché de semer fruc* » It/kronl. Je rends grâce au ciel de m'atoir accordé la demijire » faveur que je lui demandais. » Le lendemain, l'un de ses disciples zélés le vit monter dans la voiture qui le transporta chez le sénateur Lenoir La Roche, au village d'Aonay. Après un léger repas, s*étant retiré dans sa cbambre, il eut une attaque d*apopIexie. Quoique sa langue fût embarrassée, il put cependant se faire entendre de ses amis, accourus et réunis auprès de lui; sentant que tout secours humain devenait inutile, il exhorta ceux qui l'entouraient k mettre leur confiance dans la Providence et à vivre entre eux en frères dans les sentiments évangéliques. Ensuite il pria Dieu en silence, et il expira sans agonie, le 13 octobre 4803. »
Les œuvres de Saint-Martin ont excité en nous une douce et vive curiosité. Nous nous sommes souvent demandé comment cet homme, d'un si rare mérite, doué de toutes les qualités du cœur et de l'esprit, et de mœurs si exemplaires, avait pu, dans un si court espace de tempsi être si oublié
L'idée nous est venue alors de rechercher toutes ses productions littéraires, et nos efforts ont été couronnés d'un plein succès. Ces Iravaux, d'un mysticisme épuré par une foi ardente, peuvent, selon nous, occuper d'une manière utile et pieuse la pensée humaine.
Dans ce but^ nous publierons successivement tous les ouvrages de Saint-Bfartin, dont nous possédons les éditions les plus rares, toutes revues et corrigées par le trop modeste Philosophe inconnu.
Ce sera une collection des plus curieuses, car ces livres sont profonds en connaissances de tout genre, et peuvent répandre dans les consciences un baume fortifiant et consolateur. Toutes les idées qui respectent la croyance chrétienne et qui ont Dieu pour objet sont difnes d'être méditées, n'y trouv&t-on que dix lignes capables de nous laire mieux aimer le Créateur de l'univers.
Que si on nous demande quels sont nos droits h publier ces Œuvres, JMM» répondrons par ces lignes de Saint-Martin, véritable ustament kttéraire, que nous extrayons d'une de ses lettres adressée à M. le baron de Kirchberger, puisée dans la correspondance inédite entre
ces deux hommes si remarquables, du 22 mai 179S jusqu*au 7 no^ vembre 1797, et dont nous possédons aussi le manuscrit.
Paris, le s Juin 170S.
a Vous désirez savoir, monsieur, quels sont les ouvrages qui sortent de la mime plume que celui des Erreurs et de la Yériti; ce sont Jusqu'à présent : U TabUaxi naiwrely imprimé en 1783, et VHcmm» de désir, imprimé il y a deux ans; Tédition était en très-petit nombre, et il n'en existe plus; mais j'ai appris qu'un libraire nommé Gratnt, rue Mercière, à Lyon, venait d'en faire une réimpression pour son compte. En outre, il y a actuellement sous presse deux ouvrages de la même plume, l'un intitulé Ecce Homo, et ayant pour but de pré- venir contre les merveilles et les prophéties du jour, un petit volume in-12; l'autre, intitulé le Nouwl Homme, beaucoup plus considérable, et ayant pour objet de peindre ce que nous devrions attendre de noire régénération, un volume in-8*. Ce dernier a précisément de grands rapports avec l'objet qui vous intéresse, et sur lequel je vous ai exposé ci-dessus mes idées en abrégé. Les deux ouvrages s'impriment à Paris, à l'imprimerie du Cercle social, rue du Tbé&tre-Français, n* 4. Je ne suis absolument pour rien dans les frais pécuniaires de cette entreprise, et ne veux itre absolument pour rien dans les profits^ s*il y en a. Je les laisse tous à celui qui, par ses avances, en est légitime propriétaire. »
L'expérience que, depuis quinze ans, nous avons faite de Teffet moral produit par l'étude des œuvres du philosophe inconnu, nous a inspiré le désir de commencer une réimpression des œuvres do cet homme admirable, qui recherchait le bien et non le bruit et la réputation, et dont la renommée est si au-dessous de celle à laquelle il aUcindra un jour parmi les intelligences d'élite.
Ceux qui nous auront suivi dans celle étude, y trouveront, nous croyons pouvoir d'avance l'affirmer, des trésors de consolation et d'apaisement de T&me, choses toujours si désirables^ et particuliè- rement dans nos jours d'agitation et detroubles, pendant lesquels il n'y a quelquefois d'autre refuge que la solitude, ou tout au moins le silence.
Aussi, que de fois Saint-Martin n'at-il pas dit à ses amis, qui, presque toujours, finissaient par devenir ses disciples : « Pendant les jours d'orage, le meilleur conseil à donner à celui qu'on aime, est compris dans ces trois mots qui furent si souvent la règle de ma vie : Fugep LaU, Taee. »
L. ScBincR.
Parii, te 30 octobre ISSl.
PRÉFACE
Invité par uoe flatteuse confiance k dire mon gentiment sur l'intérêt que peut Dflrir cette publication , au milieu de no9 études critiques, de nos tendances négatives, j'ai accepté, ^sanp me dissimuler la difficulté d'une pareille tâche , si petite qu'elle paraisse. Si je n'ai pas hésité, c'est qu'il y avait, à mon avis, un mot de justice à dire sur le plus obscur des écrits connus du plus grand des mystiques français de la fin du dernier siècle.
Le mysticisme est une des formes les plus rares et les moins goûtée^ de notre philosophie. Il est pourtant un élément qui, s*il ne doit pas dominer, pe doit pas non plus manquer absolument dans la pensée religieuse ; et s'il est des époques où il faut le combattre, il en est d'autres où il faut un peu re
— VIII —
venir à ses hardiesses spéculatives et à ses puissances croyan* tes. Il est, en matière de foi, la plus haute poésie.
Au point de vue général, tout penseur mystique est accueilli par la philosophie avec Testime que mérite sa pensée. Mais, à l'égard de Claude de Saint-Martin , il s*élève une critique spéciale : c'est que, dans plusieurs de ses écrits^ et notamment dans les Nombres^ son langage a fait tort à sa propre cause.
On dit qu'en rendant sa pensée plus obscure qu'elle ne Test en elle-même , il a fait sortir le mysticisme français de la voie où Fénelon Tavait introduit avec tant de goût et tant d'éclat; qu'imitateur d'un Portugais et d'un Allemand , il a jeté des voiles épais sur ce qui demandait» au contraire, les rayons les plus lumineux, et qu'ami curieux des nouveautés qui séduisirent tant d'autres enthousiastes de son siècle, il a fait, avec le mysticisme et la théosophie d'une part et les sciences isecrètes ou occultes d'une autre, ce mélange qui altère sa doctrine et la compromet aux yeux d'une saine philosophie.
Il est très-vrai que Saint-Martin a singulièrement élargi les voies du mysticisme en embrassant dans ses études tout ce que lui offrait son temps. Mais c'est là le grand mérite de ses aspirations : elles sont universelles, si imparfaitement que soit rendue sa pensée, comparée à celle de Fénelon. Sans jamais s'attacher à se mettre à la portée de tous, sa pensée est d'ailleurs, dans la plupart de ses écrits, d'une grande lucidité, sinon dès qu'elle aborde les grands mystères — et là même, elle est d'une sufGsante transparence pour des lecteurs un peu au courant de ces sortes d'éludés — du moins partout ailleurs.
Or il ne faut pas lui en demander plus ; cela ne se demande à personne.
Le Traité des Nomàres est, au surplus, une exception sous plusieurs rapports. Cest un essai sur le plus mystérieux des problèmes, un échantillon de science sinon secrète y du moins apocalyptique.
Ceux qui voudront faire des mystères cachés par Saint-Mar^ tin sous le yoile des Nombres^ cette étude spéciale que recommande vivement le nouvel éditeur des Commentaires de Baader sur Saint-Martin, M. le baron d'Osten-Sacken , tout en déclarant qu'il ne prétend pas être juge de la valeur du traité, trouveront quelques indications dans ces commentaires. Les meilleures, les seules bonnes» c'est-à-dire les seules qui donnent la clef des chiiTres du philosophe inconnu, se trouvent dans un traité inédit de son maître, traité qui, par un singulier hasard, me tombe entre les mains au moment où je trace ces lignes. Peut-être ceux qui parviendront un jour à deviner Tén^me, au moyen de ce secours, ferontF-ils bien de pousser l'art de déchiffrer un peu plus loin encore et d'embrasser dans leurs recherches un cahier encore inédit d'hiéroglyphes auquel Saint-Martin parait avoir attaché le plus grand prix.
D'ordinaire tout traité spéculatif sur les nombres effraye un peu, à première vue. Mais c'est à tort, ce me semble. Une étude qui a tant occupé la grande intelligence de Pythagore ne doit pas si facilement alarmer notre raison. Au fond on a moins peur de l'élévation de cette élude que de Topinion, du malheur de passer pour un chercheur de mystères. Chercher des mys-
iàrwl Qudjle aberratîoii mx jenit (la )a multHvâi» ! Et pourtant quelle chose Tulgaire : la raison ne fait que cela. Et elle sarait JtteD ï plaipdre s'il n'y avait plus de mf^tàrest
On n'est pas mystique, au surplus, pour aifl|C|E^ à spfoîr e^ ique vaut le mystieisme, oo n'est que phiki6q>he«
11 ne s'agit, après tout, dans les spéculations sur les nombres, que des rapports des choses de la nature, soit matérielle, soit sqpirituelle.
Au premier aspect les rapports de principes et de consé^ quences ou de causes et d'effets s'expriment mal en nombres. Cependant ne formule-t-en pas en nombres les proportions qui existent entre les unes et les autres ?
Il est vrai que le problème des rapports implique d'autres problèmes, celui des origines, et que le problème des proportions implique celui des fins de toutes choses. Mais ici encore la science du chiffre trouve une place : le temps et l'espace ne sont-ils pas les deux facteurs nécessaires de ces problèmes et ne sont-ils pas tous deux évaluables en nombres ?
Or ces problèmes-là sont précisément les plus grands de toute la philosophie ?
Donc il faut peut«èlre encQura^^r, loin de faire le jeontraîre, la confiaqce de ceux qui s0 laissent encore tenter par ces que^^ tions, m^me soiis leurs formes les plus abstraites. Tout ausai bien, c est l'éterpelle mission de ces problèoiies de tenter Tesprit humain
Ce que SMnl-Marlin, qui avait de b^|e3 copMiswnces en
physique^ a formulé dans son Traài des Nombres «a un atyb qui lui est particulier et que chérissent les myaliquM, même au risque de ne pas toujours le comprendre, d'autres Tout in* diqué à leur point de vue» ka uns au nom de la mythologie in^ lerprétée par le panthéisme, les autres au nom de la cosmos logie exfdiquée à la fois par la science positive et la libre spéculation. La science mystique des nombres a grandi • et sans parler du travail si considérable du pieux Eckartshausen » un savant ti^e de l'école martiniste, M. de Herbert, a laissé à ce sojeti dans des manuscrits que j'ai sous les yeux, des rappro* eb^nents qui frappent, lors même que la pensée s'en défie ou les rqette, eonune fait la mienne
Le traité de Saint-Martin a donc, pour les amis du philo* sophe, sa valeur propre. J'ai cru toutefois devoir au généreux empressement que M. Schauer met à publier les Nombres et à son zèle pour la gloire du premier mystique de notre sièelOt te conseil de joindre à un écrit aussi apocalyptique d'un pmsour si peu lu parmi nous après un laps de soixante ans, une publication qui est, par sa nature, à la portée de tmis, et qui est de*' venue très-rare, j'entends lÉGLAia SUR L'A^SOGIiTION HUMAINE, que les j^us avides bibliomanes n'ont pas toujours pu se procurer.
Cet écrit est propre, d'ailleurs, à donner en même temps les principaux traits de la morale, d«la politique et delà spé* culation philosophique de Saint-Marlin.
Après la Lettre sur la Révolutien française, que son auteur, qui prisait singulièrement tout ce qu'il écrivait , plaçait lui-
même si haut, je ne connais rien de lui qui le fasse mieux con^ naître et soit plus de lui.
En effet, dans ses ouvrages de morale religieuse et de théo* Sophie» ce sont d'ordinaire ses maîtres, Martinez Pasqualis et Jacques Bœhme qu'on croit entendre, tandis que, dans ses pages de morale et de politique, c'est bien lui qui parle. Or, si inférieur qu'il soit au génie de celui de ses deux guides qu'il suit le plus, de Bœhme, il est pourtant plus lucide et plus éloquent quand il est lui-nième qu'en traduisant. Quand il interprète ou imite le philosophe teutonique, il est plus profond, cela est vrai ; mais indépendant, il est plus original. Il est alors libre au point d'aller, partout, jusqu'à rextrème limite du dédain pour les opinions de tout le monde.
C'est par là qu'il lui est arrivé ces deux choses, d'abord de se faire mettre parmi les penseurs qu'on abandonne, puis de se faire condamner comme un esprit rétrograde.
Il s'est surtout fait méconnaître comme écrivain politique par la Lettre et par l'Éclair. On l'a pris en 1793 et en 97 pour un défenseur arriéré et pour un apôtre malavisé d'une théocratie proscrite par l'expérience ou engloutie par le torrent du siècle. Singulière théocratie que la sienne, où il n'y a pas de place sérieuse pour le sacerdoce! Claude de Saint-Martin veut le r^e de Dieu, cela est vrai, mais quelle différence entre sa politique et celle de Bossuet !
Je tiens à développer ce point de vue ailleurs, dans un travail spécial sur Saint-Martin, son maître et ses disciples. • Ce qu'il faut à sa conception toute mystique, c'est le réta-
— XIIl —
blissement du rapport primitif de Dieu et de l'homme; la soumission pure et entière de la pensée humaine à la pensée divine, de la loi humaine à la loi divine. Sans doute, sa politique, qui est tout d'une pièce , c'est la religion ; mais sa religion n'est pas la théocratie, c'est la théosophie la plus abs^ traite à laquelle il soit possible à l'intelligence humaine de se porter. Pour parler son langage, disons plutôt, c'est la spéculation la plus haute à laquelle il soit possible à rintel%ence divine de porter Tintelligence humaine; car c'est là sa théorie. On le voit bien, cette politique-là, toute théosophique, n'a rien de commun avec le système flétri par Thistoire sous le nom de théocratie. Un système où les ministres de Dieu se disent ses délégués naturels dans le gouvernement de ce monde, n'allaitpasdutout au mystique qui trouvait fâcheux que • tant de gens se crussent prêtres, parce que cela l'empêchait de leur apprendre à le devenir. »
Pour mon compte, j'aurais mis peu de prix à des pages de politique essayant l'impossible, réhabilitant une doctrine qui n'a plus de vie. J'ai pensé, au contraire, qu'un élément de haute spéculation sociale pourrait venir se mêler utilement à nos systèmes tout positifs et qu'une politique de pure discus*- sion, partant d'Helvétius el de Rousseau, nous offrirait aujourd'hui comme un attrait de nouveauté. Or, tel est le caractère et le mérite de V Éclair. C'est l'écrit d'un des admirateurs les plus enthousiastes de l'auteur du Contrat social. En effet, malgré leurs dissidences, il n'est pas d'écrivain contemporain que le Philosophe inconnu mette au-dessus du Citoyen de Genève.
Ce n'est donc pas à la seule rareté de la pièce qae se rap» pMtait mon conseil ; j'en considérais Tutiltté» ruUlîté 8pée«- lative, bien entendu. N'ayons pas la préteniton de faire ih fiaint-Martin ce qu il tie fut pas ni ne peut devenir» un meta* physicien critique eu un guide pratique. Soh r6le marqué par lui^môme est un antre. Il dédaigne toute soience humaine. A cet ^ard, il n'hésite jamais. Sa pensée ne connaît pas le dolite; c'est Dieu lui-même qui la règle. Sa vie n'est presque pas de eé monde. 11 n'y est venu que par dispense. Ce qu'il aînie, c'est de s'isoler des hommes, de se détacher du terrestre^ de contempler le di?in. De toutes les choses que nous ainons beaucoup, il se détourne. A toutes celles que nous prisons peu, il s'attache avec une sorte d'énergie de cœur. H s'en expliqu Souvent. Son maître de prédilection, Jacques Boihme^ a fait de hii une sorte d'enthousiaste inspiré. J'allais dire de raétapbjrsicien allemand. C'est peut-être cela qui fait le mieux CMopren^ tfre les sympathies qu'il a conservées en Allemagne, et les Singulières affinités qu'il présente avec Schdling, cet antre admiirateur de Bœhme. C'est aussi ce qui explique le culte que professent pour lui François de Baader et sa nombreuse éede, au sein de laquelle germe l'idée de donner des esuvres ût Saittt^larfin une édition aussi exacte et aussi complète que celle des OËuvres de Schelling par le fîh du grand penseur, et celle des Œuvres de Baader par son éminent disdple Hoffmann de Wutsboufg, publications qui n'ont pas encore obtenu parmi nous l'attention qu'elles méritent.
Rieli ne sertira mieux ces pieux desseins que la puUioalion
de IL Schauer et les généreuses recherches dont il poursuit le cours avec un dévouement si digne de reconnaissance.
Deux faits sont constants : le premier, c'est que les Œuvres de Saint-Martin sont fort mal publiées, et qu'il en est plusieurs d*inédites; le second, c'est que toutes demanderaient à être publiées avec soin, et sinon avec de riches éclaircissements, du moins avec des indications positives.
Pour moi, depuis longtemps en possession du plus beau des portraits que je connaisse de lui, je n'ai pas hésité à le confier aux éditeurs de ce volume, pour en tirer un certain nombre de copies. Tenant ce portrait d'une personne que Saint-Hartin honorait d'une amitié dévouée, je dois en conserver la propriété par une déclaration publique.
Les éditeurs m'ont fait Xtù^ d'honneur en me demandant Tautorisation de réimprimer deux articles sur quelques personnes qui se sont trouvées en rapport avec M . de Saint* Martin, et qui étaient peu connues; surtout M"** de Boecklin, qu'on prenait pour M^ la dnchesse de Bourbon, M. de Saint- Martin ne la désignant, d'ordinaire, que par des initiales qui prêtaient à la confusion .
MATTER.
Parii, os 20 octobre IS6i .
Après avoir lu le savant et précieux travail dont M. Matter, inspecteur général honoraire de l'instruction publique, a bien voulu honorer la publication de ces deux ouvrages de Saint- Martin, on nous saura gré, nous Tespérons, de reproduire ici les deux articles écrits avec ce docte savoir et cette élégance si parfaite , si suave et si simple, publiés par M. Matter dans la Revue d'A/sace, novembre 1860 et
M. DE SAINT-MARTIN MADAME DE BOËCKLIN, LES DEUX SALZMANN
GCëTHE
PREVICR ARTICLE
Cher Direcleur,
Je vieoi recourir à la Revue d* Alsace et à sh publicité pour obtenir, s'il est possible, un renseignement d'un intérêt général que je n'ai pas pu me procurer autrement, et pour reeti&er, à cette occasion , une erreur de biographie qui devient trop commune partout et qui est tnop étrange en Alsace. L'objet de ma lettre est double, mais je serai aussi bref que le permettra la nature des choses.
Un des hommes les plus distingués de la On du dernier siède, et qui se qualifiait dephUosophêineonnu dans ses premiers écrits, maïs qui n'est pas resté longtemps inconnu ni toujours philosophe» M. de Siht-Martin, est allé passer à Strasbourg, vers 1790, les années les plus décisives de sa vie. Appliquant ses belles facultés et ses nobles tendances à l'étude des sciences mystiques, mais peu satisfait des pratiques et des pnétenttons de quelques associations secrètes auxquelles il était aOllié, et moins satisfait encore de l'esprit d'autres sociétés qui le recherchaient, H se mit tout à coup à étudier l'allemand pour aborder la lecture du plus grand des philosophes mystiques du dix-septièipe siècle, Jacques Bcebm. L'ex-ofiicier s'éprit pour ce philosophe, aujourd'hui également préconisé parSchelling, par Baader et par Feuerbach, mais alors peu vanté, d'un tel enthousiasme qu'il entreprit et publia une tradiiclion française.d'nne partie de ses œuvres, laissant là les écrite de Swedenborg et les entretieas duneveu de ce grand visioiMurei M* Silfiwbielm , qu'il avait recentré à Strasbourg.
Deux personnes de Strasbourg, madame deBœcklinet M. Salzmann, forent les initiateurs de M. de Saint-Martin à Tétude du mysticisme, disons mieux, de la théosophie de Bœhm. C'est au sujet de ces deux personnes que j'ai à demander un renseignement et à faire une rectification.
Qui fut madame de Bœckiin ? Voilà le renseignement demandé.
Il y a vingt ans, je n'avais qu'à poser cette question devant M*^ Salzmann pour obtenir tous les renseignements désirables. M"** Salzmann, à qui Saint-Martin aimait à faire lire ses premiers écrits, et de qui je tiens un beau portrait du noble penseur, avait connu ce dernier et ses amis de Strasbourg aussi bien que M. Salzmann lui-même. Elle avait connu mieux que lui ses relations féminines, toutes analogues alors à celles qui l'attachaient à madame la duchesse de Bourbon, ayant toutes pour objet la sanctification de la vie et le progrès des études mystiques. On sait à quel point Saint-Martin était dévoué à la duchesse : c'était quelque chose de plus absolu, et surtout de plus mystique, que le dé- vouement de l'abbé Barthélémy à la duchesse de Choiseul. Et pourtant ses relations avec madame Bœckiin lui étaient plus précieuses encore. Il avait de la peine à élever madame de Bourbon jusqu'à lui. L'esprit un peu crédule de la princesse inclinait aux aberrations du jour; elle écoutait, outre les Mesmer et les Puységur, des oracles et des somnambules assez vulgaires, et ses entretiens avec elle ne dépassaient pas un certain niveau. Madame de Bœckiin, au contraire, comprenait tout Saint-Martin et l'aidait à s'élever plus haut. Elle l'arrachait à ces opé- rations théurgiques dont Martinez Pasqualis et les sociétés secrètes de Bordeaux, de Marseille et de Lyon lui avaient inspiré le goût; elle lui faisait comprendre que la théurgie ne menait pas à la vraie théosophie ; elle lui montrait la source la plus pure de cette étude, qui demeure rarement pure, qui s'égare si facilement et va si loin. Saint-Martin, ses Mémoires en font foi, suivit ces indications, car ce n'était que cela, avec une docile ardeur; il fit de Jacques Bœhm son vrai maître, le juge de toutes ses doctrines, le guide de ses plus hautes aspirations. Il le pré- féra à Swedenborg lui-même. Il déclare bien nettement qu'il n'a eu que deux maîtres, Martinez Pasqualis, dont il écrit le nom aussi fautivement que celui de madame de Bœckiin, et Jacques Bœhm.
M. Salzmann, aussi enthousiaste du philosophe teutonique que madame de Bœckiin, le recommanda comme elle à leur commun ami 11 comprenait les textes du célèbre mystique aussi bien qu'elle, ses écrits
nous le disent, et il est difficile, il est impossible aujourd'hui de dé- mêler la part d'influence de chacun de ces deux initiateurs. Saint-Martin, qui dit qu'il a trouvé beaucoup de gens voulant être des maîtres à peine capables d'être des disciples, parle trop de madame de Bœcklin, et trop peu de Salzmann. L'autorité de madame de Bœcklin fut prépondérante auprès de son esprit, comme l'amitié le fut auprès de son cœur, lequel s'échappe une ou deux fois, soit dans ses souvenirs, soit dans sa correspondance : Saint-Martin la nomme un peu familièrement, si l'on me pardonne le mot, ma ehire Bœcklin, ou ma chérissime B, Mais cette familiarité est bien rachetée par ces lignes : • J'ai par le monde une amie comme il n'y en a point ; je ne connais qu'elle avec qui mon Ame puisse s'épancher à mon aise, et s'entretenir sur les grands objets qui m'occupent, parce que je ne connais qu'elle qui se soit placée à la mesure où je désire que l'on soit pour m'ètre utile. Malgré les fruits que je ferais auprès d'elle, nous sommes séparés par les circonstances. Mon Dieu, qui connaissez les besoins que j'ai d'elle, faites-lui parvenir mes pensées et faites-moi parvenir les siennes; et abrégez, s'il est possible, le temps de notre séparation. •
Maintenant, comment arrive-t-il que, dans une ville aussi littéraire que Strasbourg, une femme aussi distinguée ait pu passer comme inaperçue? Ou bien dois-je poser tout autrement la question, et me demander à moi-même comment il m'est arrivé, et à moi seul peut-être, de n'avoir pas même entendu prononcer son nom dans ma jeunesse? Et comment m'arrive-t-ll aujourd'hui de n'en plus trouver trace? Sans nul doute, si j'avais lu plus tôt le Portrait historique et philosophique de Saint-Hartin fait par lui-même, c'est-à-dire les souvenirs de Saint- Martin, et si j'avais su questionner plus tôt, j'étais facilement renseigné. Les femmes si instruites qui brillaient, il y a trente et quarante ans, dans la société de Strasbourg, madame la baronne de Frank, dont la maison hospitalière recevait et attirait ce qu'il y avait de plus distingué dans le pays et d'entre les étrangers ; madame de Montbrison, la spirituelle fUle de la spirituelle baronne d'Oberkirch, et qui unissait à tous les avantages de la naissance tous ceux d'une rare éducation ; madame la baronne de Faviers, dont l'esprit était si vaste et le cœur si haut; — ces femmes si éminentes de l'ancienne société de Strasbourg et dont les deux dernières unirent leurs jours à Paris, mais dont la jeunesse s'était rencontrée dans les salons avec la noble amie de Saint-Martin, nonseulement l'avaient connue, mais elles l'avaient assurément écoutée et
appréciée. Aujourd'hui il y a bien quelques personnes encore qui ont joui du charme ou de Tinstmction de sa parole, mais en ést-il une qui ait reçu des confidences sur ses études? Voilà le renseignement qu'en désespoir de cause je demande par les voies de la publicité, après avoir frappé inutilement à la porfe du seul homme de ma connaissance qui garde encore le nom devenu cher à Saint-Martin, puis à la porte de la fille aînée de Tilluslre Schweighœuser, et enfin à celle du doyen de5 hommes de lettres dont s'honore l'Alsace, M. Lamey.
J'arrive maintenant au second initiateur de Saint-Martin et à l^recH- fication qui le concerne , M. Salzmann. Ici il s'agit non plus d'un simple oubli, mais d'un effacement complet.
Cet écrivain théosophe, né en 17&9, partage avec une femme instruite le mér te d'avoir arraché les nobles facultés du «philosophe inconnu» à l'élude des sciences occultes, en l'engageant dans les sciences mysti-' ques, mérite secondaire aux yeux des uns, immense à ceux des autres. M. Salzmann en eut d'autres et de plus grands, mais aujourdliu! il a l'infortune de risquer jusqu'à sa personne, menacée non pas seulement de se confondre avec une autre, mais de s'y anéantir. En effet, il s'est trouvé à Strasbourg, dans les trente dernières années du dix-huitîème siècle et au commencement du nôtre, deux hommes de lettres du même nom, de la môme famille, assez proches parents. L'un fat secrétaire d'uue commission municipale [Actuarius) et commensal de Goethe, de Jung-StiliiDg et de Herder pendant le séjour que ces trois personnages, alors jeunes et inconnus, depuis devenus si célèbres, firent à Strasbourg en 1771. L'autre, conseiller de légation de la Saxe ducale, Ibt intimement lié avec Saint-Martin pendant le séjour que ce philosophe fit à Strasbourg en 1190. A celte liaison, peu continuée par lacorrespondancc, il en succéda une autre avec Jung-Stilling, suivie, de 1791 à 1810, et embellie d'une correspondance du plus grand intérêt pour l'histoire du mysticisme pendant cette période, et qui (je l'ai entre mes mains) parait avoir affaibli singulièrement celle de Salzmann et de Saint- Martin, un peu tracassé, comme Salzmann, pendant la Terreur et mort dès 1803.
II ne Fe conçoit pas deux hommes plus divers que les deux cousins Salzmann, morts, l'un, l'ami de Gœthe, en 1812; l'autre, Tarnî de Saint-Martin, en 1821.
Il ne se conçoit pas non plus de vie plus agitée que celle de l'un, du conseiller délégation, qui ftit journaliste sousLt)uis XVI, la République,
la Terreur, le Directoire, le Consulat et TEmpire, ni de vie plus calme que celle de Tautre, de celui qui fut Âctuarius et ami de Goethe.
Et pourtant, c'est précisément le dernier des deux, celui qui ne Ait rien, si ce n'est un homme de goût et un homme de bien, qui est devenu un personnage célèbre, el est assuré, comme ami de Goethe, de vivre à tout jamais dans Thistoire des lettres ; car II figurera à perpétuité dans toutes les biographies de Tincomparable poète, tandis que Tautre, l'auteur de quinze volumes imprimés et d'autant de volumes manu-* scrits, n'est connu que dans le cercle très-restrcint des plus pieux et plus mystiques théosophes.
Ce n'est pas tout, son cousin n'ayant jamais mis son nom dans aucun de ses livres, Theureut Aetuariusy en véritable vache maigre, menace d'avaler la vache grasse, le conseiller de légation, auteur de tant de volumes, au point de ne plus en laisser trace. En effet, ces deox hommes si divers, non-^ieulement on les confond l'un avee l'autre, en fiUsant des deux un seul et même individu, mais on absorbe l'un dans l'autre ; et ce n'est pas la vague tradition, ni l'ignorante insouciance, c'est l'histoire, c'est la biographie qui fait cette erreur. Du moins ce ne sont pas les étrangers, par exemple les Anglais ou lea Amé- ncainst ce sont ies savants, ce sont môme les compatriotes de l'un et de l'autre qui la propagent. Ce sont, en un mot^ des gens qui ont pu coudoyer l'un et l'autre dans les rues si peu larges deTérudite cité du Rhin. Vous même, mon cher Directeur, êtes un peu complice du fait, et vous vous croyez peut-être trop innocent. L'élégant biographe de Dtetricb, un des membres qui brillent le plus dans la docte phalange des historiens de l'Alsace, prend ici même dans la Revm, le conseiller pour VAduariusy quand il dit que le spirituel ami de Gœthe seconda dans son journal le digne maire de Strasbourg.
Il y a plus encore. D'entre les amis eux-mêmes du conseiller, le Irès-savant Schubert, qui vient de terminer si honorablement sa glorieuse carrière, donne l'exemple de l'absorption. Il n'est pas possible de parler de M. Frédéric-Rodolphe Salzmann d'une manière plus touchante et dans un langage plus admirable que ne le fait à deux reprises M. de Schubert, qui était allé lui rendre visite en 1820; et pourtant M. de Schubert, qui connaît si bien les écrits de son ami, l'ami de Saint- Martin^ croit qu'il s'est entretenu avec Y Actuarius, avec l'ami de Gœthe, avec l'homme mort en 4812, homme dont il n'a jamais lu une page ni reçu une lettre, mais dont le nom illuminé d'un reflet tombé
de celui de Goethe, domine sa pensée et égare son imagination au point de lui faire commettre les plus éclatants des non-sens et des anachronismes.
Si cela arrive aux amis, est-il étonnant que cela arrive à d'autres, et puisque la Revue d* Alsace est là tout exprès pour illustrer encore les hommes illustres d^à de l'Alsace, et que d'ailleurs elle est un peu complice de la confusion, n'est-il pas Juste qu'elle soit Torgane principal de la rectification?
Qu'on confonde ensemble, dans la suite des temps et à distance, deux parents du même nom et de la même époque, cela n'a rien d'extraordinaire, mais que cette confusion se fasse au milieu de compatriotes et de contemporains, cela étonne.
Qu*on oublie au bout d'une seule génération la personne qui a guidé un illustre philosophe, cela afQige même profondément ; car cela nous montre trop ce que vaut Thumanité, ce que valent nos facultés, notre attention, notre mémoire, et ce que valent nos traditions, notre bis* toire, même contemporaine et locale.
Voyez plutôt.
Quand je me suis occupé des dernières années de l'école d'Alexandrie, de la chute du polythéisme, de la proscription de ses derniers prêtres, du silence imposé à ses derniers philosophes, de l'alliance suprême des uns avec les autres dans les sanctuaires, conclue aux jours de la persécution, après leurs longues querelles soutenues aux jours de la prospérité, j'ai rencontré dans les familles des uns et des autres quelques femmes d'idolÂtre piété, instruites, éloquentes, qui se sont chargées d'initier aux sciences, à la religion et à la philosophie, plusieurs des penseurs les plus distingués et des personnages les plus constants dans leur culte. J*ai trouvé dans Eunapeet d'autres historiens, sur les Édésie, les deux Asclépfgénie, les Sosipatra et d'autres, des renseignements plus précis que je ne puis m'en procurer aujourd'hui relativement à la personne qui a exercé la plus heureuse influence sur M. de Saint-Martin, l'ami de mon grand-père par alliance. De madame de Bœcklîn, il ne me reste que le nom.
Nous imprimons beaucoup ; écrivons-nous assez? Notons-nous assez ?
Distinguons-nous suffisamnieut entre ce qui ne devrait pas même préoccuper nos propres pensées et ce qui mériterai! d'être noté et transmis iï la posti^rité?
Aimons-nous assez à questionner nos pères sur ce quMIs aimeraient le plus à nous apprendre?
Attachons-nous assez de prix aux grands et beaux souvenirs de famille?
Honorons-nous comme nous le devons les beaux exemples el \e9> grands enseignements qui, de quelque part qu'ils viennent, ne doivent pas être livrés à l'abandon et à Tindifférence ?
Les réponses à ces questions sont trop faciles. Ce n'est pas pour les avoir que je fais les questionsi et ce ne sont pas au fond des questions que je fais, ce sont des leçons que je voudrais otTrir sous cette forme.
Oui« renonçons enfin à une bizarre indifférence pour tout ce qui n'est pas éclat et coup de théâtre; à ce grossier préjugé, qu'il n'y a d'inté- ressant que les choses dramatiques qui se rattachent à de grands noms. Toutes les belles choses créent de beaux noms et fondent de belles traditions, le temps, qui est la poésie, aidant la mémoire. Mais il faut ces deux puissances. Notons les belles choses et t^ansmetton^^•les toutes à la postérité, elles lui seront de grands exemples.
DEUXIÈME ARTICLE
Cher Directeur,
Il y a plaisir vraiment à faire appel au goût de l'investigation litté- raire et aux sentiments de dévouement fraternel dans le champ de l'exploration historique en cet excellent pays d'Alsace : on y est entendu des hommes de tout ftge, comme on le serait de la belliqueuse jeunesse en l'appelant à monter à cheval. Vous avez bien voulu seconder ma voix en demandant aide et assistance sur un personnage alors inconnu pour moi. Le voilà connu à tout le monde. Recevez-en mes plus vifs remerctments. Et surtout permettez-moi d'associer ici le public à l'expression de ma reconnaissance personnelle pour tous ceux qui ont si généreusement répondu & nos désirs.
A leur tète je dois nommer un ami, un ancien maire de Strasbourg, qui a bien voulu me communiquer un volume aujourd'hui un peu oublié, le Voyagea Paris de Storck (de Saint-Pétersbourg), volume où se trouvent, sur celui des Salzmann qui fut l'ami de Goethe, les indications les plus précieuses. Il parait que « cet ami d'un grand homme • était tout simplement un homme charmant, el je suis heureux d'avoir l'occasion de rendre à sa mémoire tous les hommages
qui lui sont dus. Rassuré aujourd'hui sur l'absorption dont son nom menaçait un nom sacré pour moi, je n'ai plus pour l'usurpateur involontaire que les sentiments de la justice la plus empressée.
L'obligeance de mon ami a été plus active et plus heureuse encore. Les relations de sa famille avec feu la baronne de Ilatzenried,ramtede cœur de madame de Bœcklin, lui on! permis de me communiquer des lettres intéressantes de cette initiatrice de Saint-Martin et de précieux extraits tirés par elle des manuscrits qu^elIe admirait le plus.
Gr&ces à ces documents et à la corre^cpondance de Saint-Martin avec le baron Eirchberger de Liebisdorf, que vient de mettre à ma disposition son possesseur actuel, le comte d'O. ; grâces à des fragments de biographie inédits, que je dois à PobHgeance de M. Taschereaû, administrateur en chef de la Bibliothèque Impériale; gr&ces enfin à une notable série de traditions orales, recueillies avec la critique né- cessaire, le rôle que madame de Bœcklin a joué dans la vie studieuse d'un homme fort distingué m'est aujourd'hui parfaitement connu, et je suis à même de donner du mérite de madame de Bœcklin une appréciation qui, pour être moins coatçi^poraine, n'en sera peut-être que plus juste.
La nolice que M. Mûller a publiée dans le Courrier dû Bas-Rhin du 28 février 1861 ajoute, sur sa personne et sur sa famille, des indications d'une richesse et d'une précision dont nous devons remercier l'auteur avec un sincère empressement.
Maintenant que la vérité s'est fait jour de foutes parts, tenons-nousen à l'histoire sans fable ni poésie; ne confondons plus madame Charlotte de Bœcklin avec aucune de ses parentes ; n'en faisons pas un personnage ; ne tombons à son sujet ni dans les exagérations du « philosophe inconnu • ni dans d'autres. Elle n'a joué aucun rôle dans son pays. De concert avec Rodolphe de Salzmann , elle a fait connaître J. Bœhrn , et a donné un guide moins extatique à un admirateur excessif de Swedenborg. Elle a traduit quelques textes du a philosophe teutonique » pour le baron de Liebisdorf. Femme spirituelle, pieuse et simple, elle a terminé dans une situation un peu modeste une carrière dont le début avait promis de Féclat, et «près avoir introduit dans les sanctuaires du mysticisme allemand son ami trop enthousiaste, elle a bientôt cessé de le guider. Voilà tout son rôle, fille eut le bon esprit de ne pas même essayer celui de docteur. Elle nM écnt que des lettres pleines du phis haut Intérêt.
Quant à Saint-Martiu lui-môme, n*cxagéroDS rien non plus. II ne fut jamais un « brillant officier, » el il n'était plus au service du tout en ^ 790, quand il vint en Alsace. Il est le plus grand mystique de France dans les temps modernes ; mais il n'est ni un philosophe éminent ni un penseur original : pÀle disciple de J. Bœhm, il est une tme excessivement croyante, mais pure et sereine^ un peu rêveuse d'ordinaire, souvent plus épigrammatique qu'il ne serait nécessaire.
Son séjour plus prolongé qu'on ne le pensait a-t-îl laissé à Strasbourg des traces un peu sensibles?
Ce n'est pas ici le lieu d'apprécier le rôle que le mysticisme el la théosophie ont joué sur les bords du Rhin, au commencement de ce siècle, et le but que je me suis propqsé en appelant l'attention sur une femme distinguée qui figure dans les mémoires d'un écrivain enthousiaste de Strasbourg, appelant Strasbourg son paradis terrestre, ce but étant parfaitement atteint, je réserve pour d'autres temps et d'autres pages ce que les papiers de M. Salzraann, de Jung-Stilling, de madame de Bœcklin, de Saint-Martin et de Liebisdorf nous apprennent à ce si^et. Quant aux rapports du grand mystique avec madame Charlotte de Bœcklin, je pense qu'il faut nous contenter de savoir qu'ils furent admirables. Tout le monde ne verra peut-être pas avec nous, au premier coup d'œil, qu'il s'agit encore et toujours de théosophie et de mysticisme, si souvent que Saint-Martin parle d'elle dans ses Mé- moires. Et pourtant chacun doit en être bien persuadé, même eu Usant les lignes que je vais en transcrire ici, ne fût-ce que pour l'instruction de ceux qui ne savent pas encore assez combien il faut surveiller sa plume quand elle s'exprime sur nos affections et sur nos amitiés, si saintes soient-elles.
« Un des traits de Celui qui n'a cessé de me combattre est ce qui m'arriva à Strasbourg en 1791.
» Il y avait trois ans que j'y voyais tous les jours mon amie intitne. p
Je signale ces lignes. Elles montrent que M. de Saint-Martin est arrivé à Strasbourg dès 1788. On ne parlait jusqu'ici que d'un séjour d'un an qu'il y aurait fait.
« Nous avions eu depuis longtemps le projet de demeurer ensemble, sans avoir pu l'exécuter. Enfin nous l'exécutons. Mais au bout de deux mois* il fallut quitter mon paradis pour aller soigner mon père.
« La bagarre de la fuite du roi me fit retourner de Lunéville à
Strasbourg^ où je passai encore quinze jours avec mon amie. Maïs il fallut en venir à la séparation. Je me recommandais au ma^îflque Dieu de ma vie pour être dispensé de boire cette coupe ; mais je lus clairement que, quoique ce sacriflce fût horrible, il le fallait faire, et je le fls en versant un torrent de larmes. »
On reconnaît à ce style et à cette exaltation le siècle de Werther.
« L'année suivante, à Pâques, tout était arrangé pour retourner près de mon amie, une nouvelle maladie de mon père vient encore, à point nommé, arrêter tous mes projets §
Qui dirait que c'est un théosophe de cinquante ans qui écrit à une mystique née la même année que son correspondant?
Et quelle gloire pour deux noms que toute cette amitié h la fois si vive, si enthousiaste et si sainte !
Elle ne fut pas exclusive, toutefois, et une autre page de ces Mé- moires, page que je me ferai un devoir de publier un jour, nous rappellera bon nombre de familles du pays et de l'étranger que Saint- Martio voyait à Strasbourg et dont la société était pour lui si pleine d'attraits qu'il fit de cette ville i son paradis terrestre. •
Plusieurs de ces nobles familles me sont inconnues, et j'aimerais bien à risquer encore quelques questions.
Mais aujourd'hui je finirai plutôt ces lignes par l'expression du sentiment qui me les a fait commencer : ma reconnaissance la plus empressée et la plus sincère pour une assistance aussi courtoise et aussi généreuse.
Agréez, mon cher Directeur, l'expression, etc.
Mattkr.
LES NOMBRES
GONSIDéRATIONS GÉNéRALES
Les nombres ne sont que la traduction abrégée ou Ja langue condae des vérités et des lois dont le texte et les idées sont dans Dieu, dans rhomme et dans la nature. On peut aussi les définir le portrait inteU lectuel et oral des opérations naturelles des êtres, ou encore, si Ton veut^ la limite et le terme des propriétés des êtres, et cette mesure qu'Us ne pourraient passer sans s'égarer et se dénaturer ; ce qui a fait dire à quelqu'un que les nombres étaient la sagesse des êtres et ce qui empêchait qu'ils ne devinssent fous.
Il faut donc s'instruire à fond de ce qui est contenu dans ce sublime texte et dans ces idées principes pour pouvoir se garder des fautes que les traducteurs et les peintres ont pu faire et font tous les jours dans leurs versions et dans leurs tableaux.
La principale erreur dont il faille se préserver, c'est de séparer les nombres de l'idée que chacun d'eux représente, et de les montrer détachés de leur base d'activité, car alors on leur fait perdre toute leur vertu, qui doit être de nous avancer dans la ligne vive; ils ne sont plus qu'un objet de curieuse et orgueilleuse spéculation; et s'ils ne font pas toujours devenir l'auditeur plus coupable, ils ne lui rendent pas néanmoins plus de service que si on lui apprenait la syntaxe d'une langue dont il ne saurait pas les mots, ou que si on lut apprenait les mots d'une langue dont il ne saurait ni le sens ni la syntaxe.
Or, pour montrer comment ils sont liés à leur base d'activité, corn-
raençons par observer la marche de Vunité et du nombre deux. Lorsque nous contemplons une vérité importante, telle que l'universelle puissance du Créateur, sami^^sté, son amour, ses profondes lumières, ou tel autre de ses attributs, nous nous portons tout entiers vers ce suprême modèle de toutes choses; toutes nos facultés se suspendeut pour nous remplir de lui, et nous ne faisons réellement qu'un avec lui. Voilà l'image active de l'unité; et le nombre un est, dans nos langues, l'expression de cette unité ou de l'union indivisible qui, existant intimement entre tous les attributs de cette unité, devrait également exister entre elle et toutes ses créatures et productions. Mais si, après avoir porté toutes nos facultés de contemplation vers cette source universelle, nous reportons nos yeux sur nous-mêmes, et que nous nous remplissions de notre propre contemplation, de façon que nous nous regardions comme le principe de quelques-unes des clartés ou des satisfactions intérieures que cette source nous a procurées, dès Tinslant nous établissons deux centres de contemplation, deux principes séparés et rivaux, deux bases qui ne sont plus liées ; eoûn nous établissons deux unités^ avec cette différence que Tune est réelle et l'autre apparente.
Maïs montons à la primitive époque de ce nombre irrégulîer. On ne peut rien faire produire à un^ ni lui rien ôter, comme on le sait et comme on le verra dans plusieurs articles de ce recueil. Par consé- quent, il est impossible de faire naître deux de un* et s'il en sort quelque chose par violence, ce ne peut être que de l'iliégitime et comme une diminution de lui-même. Or, quelle est la première diminution qui doit se montrer ? c'est celle qui porte sur le centre, car celles qui porteraient sur les deux extrêmes ne seraient que des diminutions apparentes, puisqu'elles pourraient toujours être rétablies par la géné- ration du centre sans que ce centre se déplaçât. Or, la diminution qui s'est faite par le centre est comme celle qui se fait par le milieu; et même c'est la seule possible, puisque, si j'approche d'un arbre et que je veuille lui nuire, de ma hauteur je ne puis le frapper ni dans ses branches, qui sont trop élevées, ni dans ses racines, que je ne vois pas, et que je ne puis vraiment le frapper que dans sa tige ou dans son milieu. Mais diviser l'être par le milieu, c'est le diviser en deux parties, c'est faire passer l'eiàtier ii la qualité de moitié ou de demi, et c'est là la vraie origine de l'illégitime binaire dont on peut voir les résultats et les propriétés § 3. Cette diminution jpar le centre n'empêche pas
cependant que l'unité ne demeure complète, puisque raltération ne peut tomber sur elle, mais seulement sur Tôlre qui la veut |iUa,quer, et qui n'en reçoit plus rien que par mesure brisée, a\^ lieu d'en recevoir tout et à mesure pleine. Aussi Je mal cst-iJ étranger à l'uQité. Mais néanmoins, comme il y a quelque chose crcllo dans l'être dinUnué, cette diminution a engagé le ceulre à se mouvoir pour rectifier ,ce deux et ce demi, et cela sans que le centre soit sorti de son rang, puisque l'unité est indivisible, et c'est là le plus sublime des mystères et la source inépuisable des merveilles où Tâme et l'esprit de rbomipe peuvent éternellement s'abreuver.
Cet exemple est suffisant pour nous montrer la naissance du nombre deux, pour nous montrer l'origine du mal, en supposant qu'on se soit bien afifermi sur la question de la liberté (F. 1^ Traité de V Origine et de V Esprit des Formes)^ et pour nous enseigner en même temps que et? nombre deux n'est point une puissance de simple spéculation, puisque nous la virtualisons tous, et cela presque à tous les moments de notre existence.
D'ailleurs, on ne peut douter qu'il n'agisse activement dans le senaire des formes, qui, par elles-mêmes ne sont qu'une addition passive des deux ternaires, tandis que lui-même, non-seulement est la racine de ces deux ternaires, mais qu'il est encore le mobile de leurs mouvements et de leurs sensations par la multiplication de ses propres éléments. Aussi les sens sont-ils conune insensibles quand il cesse de les habiter, et dès qu'ils deviennent sensibles, on peut être sûr que 1/4 ou le carré du nombre altéré s'y trouve aussi. Car c'est une vérité bien certaine, mais bien lamentable, que cinq et six sont et seront jusqu'à la fin du monde dans une mesure d'activité réciproque et proportionnelle. Que .l'homme curieux cherche ici pourquoi ce carré du nombre altéré donne ainsi tant de droits au senaire, et sait cacher la mort active de sa puissance sous le feu de l'ilhision de ce senaire, et s'il la découvre, comme je n'en doute pas, il aura acquis une grande lumière. Et s'il veut observer comment le produit de cette fausse racine donne dans sa somme un être apparent cinq, qui ne peut être que la fausseté même et le mensonge, mais que ce produit montre en nature el selon la simple figure arithmétique, la véritable émanation de r homme et sa irès-certaine destination, qui est de faire disparaître 5 par 5a précstince 4, ii aura par ià une lumière non moins importante. Car l'homme m peut être réellement qu'un quart de l'unité; mais
c*e5t assez pou^ qu'il soit lié par son essence et par son œuvre à l'entier un.
11 n'y a point de nombres dans la décade dont nous ne pui^sions dé- couvrir le caractère en ne les séparant point de l'œuvre particulière à laquelle ils sont unis et de l'objet sur lequel ils reposent, instruc- ^ tion active qui ne peut convenir qu'à ceui qui sont dans la ligne et qui sont entrés dans l'intérieur de l'intelligence. Elle serait perdue pour tous les autres. Mais ce simple exposé suffit pour nous apprendre que la verlu des êtres n'existe pas dans le nombre, mais que c'est le nombre qui existe dans la verlu des êtres et qui en dérive. (Je ne pourrai un jour me dispenser de parcourir tous les nombres de celte décade et de montrer comment deux devient trois par ses miroirs, comment 3 devient 4 par son centre, comment ce 4 est faux par son ceritre double qui fait 5, comment 5 est emprisonné par la mesure i;, 7, 8, 9, 40, qui font le correctif et le rectificatif du mauvais qui" naire.)
Il ne faut pas nier les immenses avantages que l'esprit et rintellifzence de l'homme peuvent retirer de l'usage des nombres, quand on est parvenu à sentir l'œuvre particulière à laquelle chacun d'eux est uni, et l'objet sur lequel ils reposent. Car la marche des propriétés dos êtres étant active, et ces propriétés ayant entre elles mille rapports croissants et décroissants, la combinaison de ces nombres pris dans la régularité du sens qu'ils portent avec eux d'après la saine observation, doit pouvoir nous diriger dans des spéculations incertaines et même nous rectifier dans des spéculations fausses, attendu qu'il en est alors de ce calcul vrai et spirituel ou de cette algèbre des réalités comme du calcul conventionnel ou de Talgèbre de l'apparence, où les valeurs une fois connues nous conduisent, sans nous égarer, à des résultats précis et positifs. La différence essentielle qu'il faut admettre, c'est que dans le calcul conventionnel les valeurs sont arbitraires, et que leurs combinaisons, quoique reposant sur des règles fixes, ne nous font cependant parvenir qu'à des vérités très-secondaires et entièrement étrangères à la vraie lumière dont nous avons tous besoin, et que nous cherchons tous, quand môme ce serait à contre-sens; au lieu que dans le calcul vrai et spirituel, les nombre:* reçoivent leur valeur de la nature des choses et non point de la volonté de notre esprit, et qu'indépendamment de ce qu'ils se combinent aussi par des règles fixes comme les valeurs conventionnelles, ils nous amènent à des vé-
rites du premier rang, des vérités positives et Inviolables, et essentiellement liées à notre être. — La raison en doit paraître bien naturelle ; c'est que les nombres ne font alors que nous accompagner et nous diriger dans ces mêmes régions positives, invariables et éternelles dans lesquelles ils prennent continuellement la naissance, dans lesquelles ils font constamment leur demeure, et desquelles ils ne peuvent jamais sortir. Or, ces vérités étant Tinfini, on peut juger ce que les nombres qui y planent peuvent nous faire découvrir de merveilles et de trésors.
II y a une division du tableau universel reconnue de'tous les observateurs dans l'ordre de la vraie philosophie» c'est celle par laquelle on distingue la région divine, la région spirituelle et la région naturelle. Il est reconnu également qu*il y a une correspondance de la région divine aux deux régions spirituelle et naturelle, et que par conséquent les nombres de Tordre divin doivent avoir leurs représentants et leurs images dans ces deux régions. Hais ceux qui n*ont pas la clef des nombres sont exposés à une bien grande méprise quand ils veulent fixer ou contempler ces correspondances.
La principale cause de leur erreur vient de ce qu'ils se dirigent dans ces spéculations par les lumières de rarithmétique reçue, où les nombres se fout reconnaître par leurs multiples ou par leurs parties analogues ou similaires, et non point par leurs propriétés, puisque l'arithmélique ne reconnaît à ces nombres d'autres propriétés que les propriété."" conventionnelles et dépendantes de la volonté de l'homme.
La seconde erreur est de vouloir renfermer les trois divisions cidessus dans trois décades consécutives, de façon qu'après trente, nous n'aurions plus besoin des autres nombres.
Enfin, la troisième erreur est de vouloir trouver dans la seconde et dans la troisième décade la même série de principes que dans la première, parce qu'on y trouve, en effet, le môme ordre aux nombres, et le môme alignement arithmétique.
Pour combattre la première erreur, il faut rappeler ici les deux lois diiTérentes de la multiplication et de l'addition, qui, quoiqu'elles s'emploient l'une et l'autre dans le calcul vif, sont bien loin d'avoir le même effet. La première engendre. La seconde fait connaître la nature de la production et le vrai esprit des résultats, tant par rapport a eux-mêmes que par rapport à leur principe radical.
Pans l'arithmétique, au contraire, ces deux lois de multiplication et
(faddlilfan n'ayant pbifrt les thiinèk usages^, tiè pèutënt produire les mêmes lumières. En èffet^ rarithmétîque conservant les produits dé ses opérations dans ledr grossière fialure et ne sâchàitlt point en sé- parer Vesprit d'avec le caput mortuum^ elle ne cherche rien au delà dès diuitîples sinltlaiirés. Aussi, pbur elle, les produits, les racines, lès î^uiàsances, tout est de la même nature, c'est-à-dire que rien n'y est (fistinci et que tout y est cbnfondu^ excepté dads la quantité. Néanmoins, cet inconvénient n'en est point un |)our les ohjets qu'elle se propose et pour la classe de choses sur lesquelles elle opère, parce que, ne s'occupant que des choses apparentes et mortes, elle n'a que des portions à y considérer et aucun esprit à en attendre, et que ces portions mortes qu'elle considère, ii'ayant rapport ^u'à nos besoins lÂorts, lès calculs morts que Ton peut jr appliquer se troùvenl juste dans leur mesure inorte ou relative.
Pour èôhiîjatiré là seconde erreur, ou celle déà trois décade^ contlguës, non-seulement cfn peut répéter ce qui eu est déjà dit èi-dèéstis, savoir qu'après trente^ nous n'aurions plus besoin d'autres notnbres ; mais il faut opposer une bien plus grande difficulté, c'est qu'il n'y aurait aucun commerce entre toutes ces décades, et que Dieu n'aurait aucun cotnmerce avec l'esprit, et l'esprit aucun commerce avec la nalui*e. Car ce n'est point un commerce que* celui qui ne serait fondé que sur des dombres similaires, sur des multiples relatifs, et sur des produits qui n'ont dé correspondance avec leurs racines que par la forme, et non point par les lois de leur génération, c'est-à-dire par leurs principes. Or ces inconvénients, et par conséquent ces erreurs sont impossibles à éviter en renfermant les trois divisions, divine, spirituelle et naturelle, chacune dans une des trois décades eontiguës, parce que l'on se réduit par là à la nécessité d'étrangler le nombre au lieu de le laisser s'étendre dans ses développements , et pa^ conséquent de n'avoir que la très-fausse figure de ce même nombre au lieu d'avoir son véritable fruit, qui doit être réellement un autre lui-même, et parcourir activement, quoique sous de^ couleurs variées, les diverses régions qui lui sont ouvertes.
C'est là que l'on peut puiser le moyen do combattre la troisième erreur, ou celle de vouloir admettre la même série et le mênie alignement dans les trois divisions, sur ce que celte même série se trouve semblable dans la forme et l'arrangement des nombres dans les trois décades. Si la loi des racines composées, qui est d'usage dans l'arithmé-
tique, né peut s'admettre daus Tordre de choses que nous observons, la mnltiplicatiou des racines simples nous donne en récompense nne génération de nombres quî, d'un seul trait, va renverser tout PédîBce des trois décades contiguës et changer tout Talignèment similaire de leurs nombres respectifs.
En effet, excepté les trois premiers nombres, dont le carré ne sort point de la décade divine, tous les autres en sortent dès l'instant qu'on les élève à la première puissance ou à leur carré. Et où vont-ils par cette opération? Un seul va dans la décade nommée spirituelle. Cinq autres vont dans les décades suivantes et ultérieures, et encore se trouve-t-il trois décades où n'aboutit aucun de ces cinq nombres, telles que la 6% la 8* et la 10« : observations susceptibles d'^un impoN tant examen, et qui peuvent procurer de vastes lumières. II faut remarquer toutefois que ce n'est que pour nous conformer au langage reçu que nous appelons première puissance ou carré l'opération dont il s'agît ; car parmi les premiers nombres qui restent par cette opération, daus la décade divine, il en est un auquel cette opération ne peut convenir (et ce nombre est deux), et tout ce qu'on eu peut dire Ici, c'est que c'est par cette opération fausse que l'esprit pervers a trompé rhomrae.
Si, par cette élévation à leur première puissance, nous trouvons déjà dans les nombres une marche si différente de celle que nous offrent les trois décades contiguës, cette marche ne va-t-elle pas encore éprouver de bien plus grands changements lorsque nous élèverons ces nombres à leur cube, qui est le terme parfait de tout nombre? Cette différence .se fera aisément sentir; car, par cette opération cubique ou élévation à la seconde puissance, il n'y aura plus que deux nombres qui resteront dans la décade divine (encore l'un d'eux n'y restera-t-îl que par les lois abusives de l'arithmétique), et de môme que c'est par le carré de ce nombre que l'être pervers a trompé l'homme, c'est par le cube de ce môme nombre que le mensonge a peuplé, peuple et peuplera le monde de faux christs. Quant aux autres nombres que l'on doit soumettre à la môme opération, aucun ne se trouve prendre place dans la décade spirituelle contiguë; un autre passe tout de suite de la débadè di\<ne dans la décade naturelle ; un autre passe à la septième décade; le suivant sort môme de la décade dixième ou centenaire, et tous les autres s^éloignent encore plus des trois décades contiguës, et laissent entre eux des espac^<^ si grands, si variés que leur rang ne
conserve plus aucun rapport avec celoi qu'ils ont, par les lois tiques, dans ces mêmes décades contiguës. Et même, quand on a été frappé de la correspondance des rangs des nombres dans les trois décades contiguê?, on n'a pas fait attention que ce rang se rabaisse toujours d'un degré, en raison directe de la quantité des décades que Ton voudra parcourir ; vérité profonde qui nous enseigne visiblement pourquoi tous les mouvements spirituels et temporels sont circulaires, et pourquoi tout ce qui existe n'est composé que d'autant de roues qui tournent sans cesse autour de leur centre, et qui ne tendent qu'à s'en rapprocher.
Ceux qui ont percé dans la carrière des nombres pourront admirer ici avec quelle sagesse lumineuse la Providence étale devant nous ses trésors et nous montre comment elle fait parvenir ses puissances dans les diverses régions. Ils reconnaîtront que les nombres sont fixes euxmêmes et finis dans leurs facultés radicales, quoiqu'ils soient infinis dans le Jeu de leur puissance et dans les émanations innombrables qui peuvent sortir et sortiront éternellement de ces facultés radicales. Us reconnaîtront que l'unité est le seul nombre qui, non-seulement ne sorte point de la décade divine ni par son carré, ni par son cube, mais même qui ne sorte point de son propre secret ou de son propre centre, et qui concentre en soi toutes ces opérations. Ils reconnaîtront que quand cet être un se transporte, soit dans la région divine, soit dans la région spirituelle, soit dans la région naturelle, il s'y transporte par ses propres facultés radicales, et par les émanations qui leur sont correspondantes; mais que les plans et les propriétés qu'il manifeste par là sont au-dessus des notions matérielles de l'arithmétique, et n'en peuvent conserver le sens grossier et monotone. Us reconnaîtront que, par le moyen de ces facultés radicales et des émanations qui leur sont correspondantes, cet être un porte sa vie et son esprit dans les trois régions, et que, dès lors, ils peuvent considérer spirituellement ces trois régions comme un grand arbre dont la racine reste toujours cachée dans la région divine comme dans sa terre maternelle, dont le tronc ou le corps se manifeste dans la région spirituelle par le carré, et dont les branches, les fleurs et les fruits se manifestent dans la région naturelle par l'opération du cube. Ils reconnaîtront par là quel est le commerce et l'union active qui doit régner entre ces trois régions ou entre ces trois mondes, puisqu'ils ont une racine commune, et puisqu'il y a des carrés spirituels qui s'étendent Jusque dans la rë^/qq
J
naturelle^ et des cubes naturels qui s'accomplissent dans la région spirituelle^ tandis que l'unité divine, comme la sève qui produit tout et qui remplit tout, opère en môme temps, et de concert avec les régions spirituelles et naturelles, en ce qu'elle y influe sans cesse invisiblement par sa propre racine, par son propre carré et par son propre cube, pour y vivifier les cubes, les carrés et les racines de tous les autres nombres et les y faire opérer, à leur tour, chacun selon ses propriétés et ses vertus. Ils reconnaîtront que, quoique l'être un ne se transporte pas lui-même dans toutes ces régions, c'est cependant par l'influence de sa racine, de son carré et de son cube, que tous ses ouvrages et toutes ses productions spirituelles et naturelles paraissent complets et revêtus tous de ce caractère si expressif de l'unité, qui nous montre partout notre Dieu, et partout le concours harmonique de toutes ses facultés et de toutes ses puissances.
Parmi ces merveilles que la .carrière des nombres peut offrir à ceux qui y marchent avec précaution et, pour ainsi dire, en silence, nonseulement nous apprenons à admirer les riches magnificences de notre Dieu, mais nous apprenons aussi à discerner ce qu'il nous est permis de connaître d'avec ce qui sera à jamais interdit à notre pénétration et dérobé à nos lumières.
Ce qui sera à jamais interdit à notre pénétration et dérobé à nos lumières, c'est la science du mode de notre émanation ou de notre gé- nération dans l'unité divine. Ce voile est posé sur nos yeux parce que rœuvre de notre émanation étant réservée uniquement à ce suprême principe que nous avons le bonheur de pouvoir appeler notre Père^ la connaissance du mode de cettre œuvre doit lui être réservée aussi, sao.s quoi, si nous avions comme lui cette connaissance, nous n'aurions pas eu besoin de lui pour exister, nous aurions pu opérer la même œuvre, ou la nDême émanation que lui, et nous serions Dieu comme lui. ( L'ordre des générations matérielles ne doit pas être compté ici pour quelque chose, puisqu'il est circulaire comme tout ce qui est créé et sorti du centre universel; car étant circulaire, il est naturel que ses fruits s'élèvent lorsque ses germes descendent, et que, se rencontrant dans leur cours au même point de la roue, toutes les connaissances de leur ordre leur deviennent nécessairement communes. ) En outre, c'est au moyen de ce voile posé sur nos yeux que le souverain principe de notre être devient un éternel objet de nos hommages, et a des droits réels à notre vénération ; car indépendamment de cette faveur insigne qu'il
nous a faîte de pouvoir par notre existence sentir sa propre Vie divine, nous sommes forcés de reconnaître sa supériorité sur nous par cette propre existence qu'il nous a donnée, et par l'évidente impossibilité où nous sommes de pénétrer dans son secret sur ce point important. Joignons à cela Fespérance ou plutôt la certitude d'augmenter éternellement les félicités dont il noua a rendus susceptibles en nous donnant l'être, si iious savons nous tenir devant îin dans l'bumble soumission qui est dtie au saint et universel dominateur de toutes choses. Nous aurons dans le sentiment de notre sublime origine, dans notre profonde ignorance du mode de notre émanation, et dans notre véritable intérêt spirituel tous les motifs qui nous sont nécessaires pour honorer notre divin principe, pour trembler devant sa redoutable puis^sance, et pour aimer ardemment les biens inépuisables qu'il ne demande pas mieux que de verser abondamment dans nos âmes: car ce sont là les conditions fondamentales qui constituent véritablement l'homme relîgieax et le serviteur fidèle à son maître.
Mais si la loi des nombres nous interdit absolument la connaissance du mode de notre émanation, ils doivent pouvoir nous offrir la preuve que cette même émanation est divine , ils doivent nous offrir un té- moignage évident et démonstratif que nous sortons directement de Dieu ; car, sans ce témoignage démonstratif lorsque nous appelons Dieu notre Père, nous prononcerions des paroles qui n'auraient pas un sens complet pour l'intelligence, quoique l'àme pure et pieuse pût éprouver en soi toute la douceur de ce beati nom. Aussi cette preuve existe dans les nombres et ajoute à toutes celles que l'on peut trouver dans la métaphysique. Dieu, aussi inOni dans sa sagesse que dans son amour, n'a pas voulu laisser sortir de lui l'âme humaine sans lui donner pour compagne une clarté salutaire, au nom de laquelle il peut exiger de nous l'hommage respectueux qu'il a droit d'attendre de sa création. 11 est trop juste pour nous forcer à payer ce tribut, s'il ne nous avait pas fourni en môme temps tous les moyens d'en examiner et d'en reconnaître la convaincante légitimité ; et nous, nous cesserions d'être inexcusables devant lui en refusant ce même tribut, s'il nous eût laissé le moindre jour à dissimuler notre dette à son égard.
Cette preuve, toutefois, est entièrement à part de la marche arithmétique que l'on fait suivre vulgairement aux nombres, et c'est parce que cette preuve est vive que les voies arithmétiques ne lui convien-
nent point. Par la même raison que l'élévation des puissances dans ràrithniélique n'est qu'une addition répétée, l'extraction des racines n'y est également qu'une soustraction répétée; et dans cet ordre de calcul on va des racines aux puissances, et on revient des puissances aux racines, sans nombrer les objets, et sans faire autre chose que les compter. Aussi n'y irouve-t-on que des sommes et jamais de nombres. La preuve en question suit une marche opposée. C'est pour cela qu'il y a une plus grande différence entre les deux ordres de produits qui résultent de l'une et de l'autre qu'il n'y en a entre le plus petit des végétaux, enfant de la nature, et le plus superbe des édiflccs élevés par la main des hommes.
Pour donner une petite idée de cette dilTérence, il suffira de dire que dans le calcul vrai, il y a des racines essentielles, et des racines qui ne le sont pas, et qu'il en est de knéme de quelques puissances, tandis que dans le calcul arithmétique toutes les racines sont contingentes, et toutes les puissances mobiles comme leurs racines. Il faut ajouter cependant que dans le calcul vrai^ le nom de puissance essentielle appartient particulièrement à l'homme, mais que le nom de racine essentielle ne lui appartient pas, et que c'est dans la considé- ration de ces deux titres que se trouve à la fois et la preuve que nous sortons de Dieu, et l'impossibilité de savoir comment nous en sortons : vérités plus amplement détaillées ailleurs, et que nous ne rapportons ici qu'en passant, comme un simple aperçu.
Un troisième présent que la justice divine ne pouvait se dispenser de faire aux hommes était la démonstration de la fausseté du nombi^e second considéré comme racine, sans préjudice toutefois, des convictions métaphysiques sur cet objet. Cette démonstration nous était aussi nécessaire que celui qui nous prouve évidemment notre émana* tion divine, car sans cela nous aurions été inévitablement la victime du mal, nous ne pourrions le discerner, nous ne pourrions le combattre, ni le faire reculer, et Adam n'eût jamais dit être puni, puisqu'il n'eût jamais su s'il était coupable. Mais, comme c'est par une fausse application des procédés arithmétiques que les erreurs sur le nombre second se sont introduites dans le monde, c'est par la loi de ces mêmes procédés arithmétiques que se démontre l'inconséquence avec laquelle on a sanctionné ces erreurs ; et tout ce qu'on en rappellera ici, c'est qu'il faut recourir aux fractions pour obtenir cette dé- monstration ; et là le calcul vrai ne marche avec le calcul arithmé-
tique que pour le lier et le contenir dans ses bornes en lui montrant que plus il opère, plus il s'atténue, tandis que plus les nombres vrais opèrent, plus ils s'étendent et se vivifient Car c'est le nombre second qui nous force lui-même à employer les fractions, parce que, comme elles ne sont point dans la mesure vraie des êtres, il s'exclut de fait de cet ordre vrai en se déclarant lui-même, et en ne pouvant se montrer que c-omme une fraction.
Voilà un précis abrégé des trésors que Ton peut trouver dans les nombres, trésors qui nous montrent dans notre Dieu à la fois la puissance, l'amour, la sagesse et ia justice, et nous font voir comment tout est rempli de son esprit.
Quant à Topinion reçue que le nombre second comme tout autre nombre peut avoir un double emploi, et s'appliquer au pour et au contre, les lois des nombres nous montrent également jusqu'à quel point elle doit prévaloir et à quel point elle doit s'arrêter. Les nombres vrais produisent toujours la vie, l'ordre et Tharmonie. Ainsi, ils font toujours pour et jamais contre, lors même qu'ils agissent dans les fléaux de la justice et de la vengeance. Quand ils s'altèrent dans les êtres libres, ils cbangenl tellement de caractère que c'est un autre nombre qui vient prendre leur place, tandis que dans leur essence, leur litre radical est permanent et toujours le même, sans quoi les éternelles conventions de Dieu seraient périssables, et la confusion pourrait prendre la place de toutes choses. Les nombres faux, au contraire, ne produisent point. Ils ont bien le pouvoir de singer le vrai, mais ils n'ont pas celui de l'imiter; ils se montrent comme démem* brement, jamais comme générateurs, puisque c'est en se séparant qu'ils sont devenus faux et qu'ils ont perdu la capacité d'engendrer. L'exemple des cinq vierges folles en est la preuve. Elles se trouvent sans huile parce qu'elles so sont séparées, par leur conduite, de leurs cinq compagnes, et elles restent aussi sans époux. Quant aux cinq vierges sages, elles n'engendreront pas sans l'époux, et quand elles auront l'époux, elles ne seront plus cinq, elles seront dix, puisque chacune d'elles aura Tépouxj ou elles seront six si Ton compte l'époux seulement par un. Ainsi ces cinq vierges sages sont si peu dans leur vrai nombre que, ne pouvant, par elles-mêmes, renouveler leur huile, elles sont obligées de se réduire à la prudence, et de laisser reposer la charité, qui no peut se rencontrer que dans les nombres vivifiants dont toute la force ne découle que du centre de l'amour.
Quelquefois les nombres faux se montrent encore comme instruments de restauration , et c'est ici une des plus profondes magnificences de rimmense sagesse et de Téternel amour. Aussi faut-il un coup d'œil (léiicat pour suivre dans ces circonstances la marche de ces sortes de nombres, par exemple dans les cinquante jours qui se sont écoulés depuis la résurrection du Sauveur jusqu'à la première Pentecôte. Ce qu'il faut saisir sans lâcher prise, c'est la différence de ces nombres faux quand ils sont employés à opérer une restauration et quand ils opèrent leurs propres iniquités. Quand ils opèrent leurs propres iniquités, ils sont livrés entièrement à eux-mêmes et totalement séparés de la ligne vraie^ avec laquelle ils ont perdu toute communication^ Quand ils sont employés à une restauration, c'est l'être vrai qui se revêt de leur forme et de leur caractère, afin de pouvoir descendre dans leur région infecte. Mais en se revêtant de leur forme, il la rectifie, il la rapproche du vrai nombre , 6t par cette union opposant le vrai au faux, il devient la mort de la mort.
Ce mystère, qui ne peut pas trop nous remplir d'admiration, devient simple quand on rémonte aux éléments des nombres vrais et des nombres faux qui se combinent dans cette opération, mais qui ne se confon^ dent pas pour cela. On voit les uns et les autres de ces nombres arriver au même terme, chacun par des voies différentes; et c'est là ce qui doit tenir si fort en garde contre ces additions connues qui vous rendent des nombres semblables en apparence, tandis que leurs éléments constitutifs sont si différents. Je n'en donnerai ici qu'un exemple, qui paraîtra peut-être singulier à ceux qui ne sont pas versés dans cette langue, mais qui n'en sera pas moins une vérité, c'est que, dans cette opération des cinquante jours ci-dessus, 8 et 5 marchent de front et finissent par se rencontrer dans le même point, l'un, à la vérité, pour triompher, et l'autre pour être aboli, mais ayant un rapprochement apparent auquel on pourrait aisément se laisser prendre si Ton s'cu tenait à la somme additionnelle désignée par le nombre 50. Enfin, dans cette grande œuvre, 8 devient 5, et 5 devient 8, et on y trouve écrite en nombres, et de la manière la plus significative, l'explication du 25* verset du 88* psaume : et verit^is mea et mieericordia cum ipso : et in nomine exaltabitur cornu ejus^ verset qui, à lui seul, renferme tant de vérités que l'esprit de l'homme ne pourrait suffire à les contempler, et encore moins sa langue pourrait-elle suffire à les rendre. Je ne crains point d'assurer que, parmi toutes les merveilles que les
sciences sacrées m'out offertes ^depuis que la pure miséricorde de Dieu a bien voulu pcnuctlrc que j'y fusse admis, celle-ci est une des plus coiisiiiérables, comme renfermant à la fois Tadmirable marche de Tarnour divin pour notre misérable humanité, et Tindustrieuse sagesse avec laquelle cet amour a employé ses puissances pour séparer de nous notr^. *^,nnemi, pour le réléguer dans ses abîmes, et pour nous ouvrir la srîulo '>nrty sainte par laquelle nous puissions rentrer dans le royaume divin qui est notre vraie patrie.
Qu'on ne me fasse point un crime de ne me pas développer davantage la^dessus. Il faut auparavant avoir un langage commun; et malgré tout ce que les Siiints Pères peuvent avoir écrit de vérités sur ces objets, je suis très-convaincu que si celles dont il s'agit leur ont été connnfts, ils ne les ont point écrites.
"•:'o,. û" ui'cic Mo^nj î.as non i)(us de contradiction en vovant cine j'a. vr.e la possibilité de connaître le mode de restauration de Thomr.e. tandis que j'ai soutenu l'impossibilité de connaître le mode de ootrc éinfir'Hi'on. Ces deux opérations sont différentes en ce que Témanation lombe sur notre essence, au lieu que notre restauration tombe sur nos facultés. L'une s*est opérée dans le centre divin ; l'antre, quoique op6r«^p
! rv • r. <] : .^p.i(|aer Tesprit et la t>ertu^ qui est le seul moyen <ren faire fructifier en nous l'efficacité par le bon usage de notre liberté, au lieu que le secret de notre émanation peut nous rester caché, puisqu'elle s'est opérée indépendamment de nous, et qu'elle doit demeurer éternellement, quand mAme nous deviendrions aussi crîmi- -lels ^ce ^' ^P'^. p -^'/'-iri. « Idla a'eui.^îrhe pas que cette restauration ne eoli ^n^ (Vîuvre :>i merveilleuse que Tonne peut lui rien comparer, ainsi qu'il est dit dans VHomme de désir, n* 33, attendu que, considérée comme amour, elle est au-dessus de notre émanation même, tandis que, considérée comme puissance, elle est au-dessous, vu qu'elle n'opère que sur nos facultés, et que notre émanation a donné l'être à n otre essence même.
Revenons à celte vérité exposée ci-dessus au sujet du nombre seconà ec des iiornb'^j faux, savoir: qu'ils ne peuvent jamais par cuam^'mes c^éivr u i. Kurs propres iniquités, puisque, quand ils sont eiiipluyés à uac icsîLiaration, la puissance vraie s'y insinue et en prenrf la forme pour les diviser, comme un remède actif pénètre toutes les
sinuosités d'un corps jpialade que le mal a remplies et infeclces. On sent que, quand ils sont employés comme justice, ils sont encore bien plus loin d'engendrer, pulsqu'alors celte justice les rassemble dans sa main puissante comme des verges douloureuses qui sont jetées au feu après qu'elles ont puni et molesté le malfaiteur. Que sera-ce donc quand nous les verrons réduits à eux-mêmes? C'est alors que nous reconnaîtrons ce dont ils sont susceptibles^ et nous ne pourrons plus nier que Tauteur de toute justice, de tout amour et de toute sagesse ne nous ait mis à portée de nous instruire des propriétés de ces faux nombres, et ne nous ait empêchés par là de prendre indifféremment les fruits qui proviennent de leur part, et ceux qui proviennent des nombres .vrais
Pour atteindre ce but, prenons pour exemple ce qui s'est passé daas la plus importante épofue de la mission du Réparateur, je veux dire celle où le moment approcbe.de consommer son sacrifice. Quand estce, en effet, que l'heure desHénèbres arriva? Quand est-ce que le Sauveur fut livré aux archers et au peuple armés de bâtons? Quand est-ce que ses disciples l'abandonnèrent? Quand est-ce que saint Pierre le renia? Ce fut quand le nombre des apôtres fut réduit à onze par l'apostasie de Judas. Ce fut alors que le nombre de 2 qu'il représente se répéta par la séparation qui eut lieu entre le maître et les disciples. Ce fut alors que le prince des ténèbres mit en œuvre toutes ses puissances. Ce fut alors qu'il aveugla le peuple juif, qu'il rengagea à demander la mort du juste et la délivrance du malfaiteur Darabbas, coupable de sédition et de meurtre. Ce fut alors que les bourreaux s'en emparèrent et que le déicide fut consommé. 11 est inutile de chercher plus loin les funestes fruits de ce nombre. Après ceux que nous venons de présenter, nous n'en pouvons trouver aucun qui leur soit comparable, et nous laissons à l'esprit de l'homme intelligent à considérer ce que l'on peut attendre d'un pareil nombre quand il est ainsi livré à ses propres puissances d'iniquités. (Nous voyons aussi pourquoi toutes ces choses arrivèrent, c'est que 7x7 = 1?, somme de 49, par multiplication, et somme de 7 et 6 par voie d'addition. Lorsque 49 monlnit à 50, il laissait -13 revenir à -12 ; mais -12 ne pouvait alors se soutenir seul, parce qu'alors il était trop travaillé par la racine active ~. Aussi descendait-il à 41 ; et ce ne fut qu'alors que Judas, étant assez ri^actionnépar le mauvais^ qui était obligé de décliner et qui cherchait à se venger, put donner l'essor à tous ses mauvais desseins.)
Au contraire, qu'arriva-t-il lorsque le nombre des apôtres M rétabli par l'élection de Mathias? Il arriva que le consolateur leur fût envoyé : il arriva que le don des langues leur ftit accordé : il arriva qu'étant réunis par là à leur maître, qui est la parole, ils abolirent à leur égard le nombre 2 en ne faisant qu'un avec leur divin maître, et ils ouvrirent aux nations le moyen de ne faire qu'un avec eux à leur tour, et par conséquent avec celui qui était venu nous sauver tous.
Cette propriété si vaste et si efficace de ce nombre régulier qui fut rétabli parmi les apôtres est assez marquée pour nous montrer, par ses contrastes avec les propriétés du nombre précédent, comment, en effet, la vérité et la sagesse suprême ont développé devant l'homme tous les moyens de distinguer les germes vifs d'avec les ténèbres, et le poison d'avec les plantes les plus salutaires. Car l'avertissement qui a été donné aux hommes dans cette immense manifestation du Sauveur doit répandre une clarté universelle, puisqu'il est provenu directement du soleil éternel et de l'universel auteur de toutes les lumières. Aussi ce trait de son amour suCBt-il pour nous éclairer sur les vrais nombres que nous avons portés lors de notre origine, et sur ceux que nous porterons lors de notre régénération ; et il justifie pleinement tout ce que nous avons dit sur les vertus harmoniques et génératrices des nombres réguliers, et particulièrement ce que nous avons dit sur l'impossibilité de composer ces nombres réguliers avec des nombres faux, ce qui serait réellement outrager la vérité.
Mais, avouons-le de nouveau, ce qui rend ce discernement difficile, c'est le pouvoir qu'a le nombre faux de représenter en apparence les mêmes résultais que les nombres vrais; ce que j'ai appelé ci-dessus : Singer la vérité. L'exemple que nous venons de voir en offre la preuve. C'était par l'apostasie de Judas que le nombre régulier s'était rompu en un double binaire, et que la mesure de l'iniquité avait dé- bordé ; ce fut par l'élection de Mathias que le nombre régulier se rétablit et que le double binaire disparut. Cependant, si l'on ne se tenait pas sur ses gardes, on serait exposé à une bien grande erreur et à une incertitude très-embarrassante en ne considérant que les fruits et non point les éléments ou les racines. Car si Ton voulait manipuler le nombre faux, on verrait clairement sortir de lui ce même nombre ^3 dont Jésus-Christ seul pouvait être le principe et le complément. Mais en surveillant cette manipulation, on voit à tous les pas le venin corrosif de ses éléments empoisonnés. On les voit, dis-je, à tous les pas,
parce que l'arnoor de ootre principe éternel pour noue ne reut pas que nous nou9 perdions, et il veille sans cesse auprès de l'arche sainte; il la fait promener continuellement dans le camp d'israél pour nous montrer à tout moment la différence et la supériorité de cet unique Dieu 5ur les idoles et sur les dieui des nations.
Il nous donne même une grande instruction sur les bornes de la puissance du mal, relativement à Toeuvre salutaire que la miséricorde divine a voulu opérer en fiiveur de la postérité d'Adam. C'est que si, par les lois du calcul, la réunion des deux binaires rend le même nombre que l'élection de Mathias, c'est une preuve que la division de ce nombre régulier n'avait eu lieu que dans ses fruits et non point dans ses raciues; car si elle avait eu lieu dans ses racines, il aurait été à jamais impossible qu'il en résultât de nouveaux fruits, comme on n'en peut attendre d'un arbre dont les racines sont mortes. C'est une preuve, dis-je, que les pouvoirs de ce mal ne s'étendent que sur l'apparence et que les principes vifs étant hors de sa portée, ils peuvent reprendre toute leur activité dès que son heure désastreuse est passée et qu'il est relégué dans ses abîmes; nouvelle vérité et immense lumière que les nombres nous offrent pour nous remplir de consolation dans nos mi* sères spirituelles et d'espérance dans la vie ineffable et intarissable de notre Dieu.
Enfin, indépendamment de la formation spirituelle divine de ee nombre -13 par l'opération et l'union de Jésus-Christ avec ses apôtres, indéfiendamment de la formation temporelle et fausse de ce même nombre iZ par les deiu binaires, il y en a une simplement spirituelle temporelle qui n'a pour éléments que le monde et l'homme ; et c'est pour cela que dans l'ouvrage des Erreurs et de la Vérité ce nombre a été présenté comme étant le nombre delà nature. C'est à l'intelligence à suivre les caractères de ces diverses formations, et c'est à notre prudence à nous avertir de ne pas marcher dans la science des nombres sans les plus grandes précautions.
Une des clefs que cette prudence pourra nous procurer, c'est de nous faire apercevoir pourquoi il se trouve tant de rapports entre des nombres si différents. Et nous en montrerons ici une des principales causes : c'est que l'éternel, souverain auteur de toute sagesse, dirige ses plans de restauration selon les maux que nous nous sommes faits, et que non-seulement il dirige sur cela ses {ilans de restauration, mais qu'il dirige aussi par là les moyens curatifs qu'il emploie pour notre
gaériioir, de fayon que dantle grand emernUa des choses, Khommeat* tenlif peut recoanatlre notre maladiey notre remède et notre médecin, et qo'avec des yeux soigneux il distingntra parfaitement ces trois choses, quoiqu'il les trouve cosanie se tenant les unes les «itres, el offrant les mêmes mesures et les mêmes nombres. Car dans nos maux et nos blessures physiques, l'appareil ne se règle-t-il pas seion la plate, et n'est-ce pas selon oette méOM plaie que Thabile médecin oombine cet appareil et tout ce qui doit entrer dans le traitement? Cependant, maiffré tous les rapports d'action qui s'étahbsaent dans cette œuvre eu* ratîva, personne ne confondra l'appareH avec la plate, ni le médecin avee l'appareil, parce que tous ont leur caractèrs ou leur nombfe par-
DE LA QUANTlTi NATURBLLB DES NOMBRES.
Les safants ont prétendar qu'ils pourraient fldre tontes leurs opératiens mméfiques avec plus on mmos de nombres que M, qui est fa quantité de ces nombres reçue de tout temps et dans tous les pays.
Pbur se préserver de leur fausse opinion sur ce point, il faut simplement se rappeler le prinoi)pe et observer combien il y a de nombres poar le mal, combien il y en a pour Pesprît vrai depuis la séparation, et combie& il y en a pour ht matière.
Or, comme rien n'existe qui ne tienne à ces trois régions, on verra bientôt qoe pour le mal il n> a que deux nombres; que pour l'esprit vrai, depuis la séparation, il n'y en a que cinq, et que peur la matière il n'y en a que trois. Il sera fadle d'arriver à la derté sur ce point. Car le» deux nombres du mal sont 2 et 5. Les cinq nombres de l'esprit vrai sont 4, 40, 8^ 7 et 4. Et les trois nombres de la matière sont 3, ^ et ».
Idnai, le rassemMement de tous ces nombres no donnant que iO* et ne pouvant tronverrieniqvl existe hors de ces nombres, c'est aasez nous montrtr oembien tes savants s'égarent avec leurs coiôectufes prédpilées.
SDR LA RACINE DE 2.
I SeloQ les règles de rarithmélique, la iVaclioD Ja plus procbaine de 1 est T. 11 n'en faut pas davantage pour voir où Ton pourra aller avec ce T qui est spirituellement la vraie racine de 2, et s'il est possible de la voir jamais remonter à sa source, puisque plus vous multipliez une riraction, plus vous l'approchez de la stérilité et du néant. Au contraire, plus vous multipliez les nombres entiers, plus vous les portez vers la fécondité et l'abondance.
ESPRIT DES NOMBRES 1, 2 ET 3.
Un a le principe en lui et le tient de lui.
Dtwo l'a en lui et ne le tient pas de lui.
Ttùi» ne Ta en lui ni ne le tient de lui.
Ces vérités se découvrent avçc évidence dans Tordre spirituel comme
dans l'ordre matériel; mais elles sont plus sensibles pour nous dans la
classe matérielle, puisque nous y sommes emprisonnés. Aussi se trouvent-elles écrites lisiblement dans l'action et les lois des trois règnet» de la nature, quoique dans son essence celte nature n'ait rien à elle qu'elle n'ait reçu. Prenons-la toute formée.
L'animal a sa force en lui et tire tout de lui.
Le végétal a une force en lui , ,mais il n'en peut user que par le moyen de la terre.
Le minéral n'a point sa force en lui, et à plus forte raison ne tire rien de lui.
Cela nous amène à observer les trois grandes classes de Tordre immatériel. Chacune est quaternaire (4'*) sous le nom de supéritor majeur, inférieur et mineur.
Première («lasse.
Divine.
Dieu.
Ftaeée.
VoIOBté.
Action.
Deuxième Classe.
ipirllaelle-Umporalls,
Pensée
VolODlé
Adioa
Homme
qû ut double.
dWint.
dîTioe.
diviae.
Troisième Classe.
roar les prodoctioB* cor-
Yoloiilé
Action
Coneoirt de
Prodnciione
porelles et aiatérieUae.
diriiM.
dinne.
l'homme.
élemoBtalrw.
La première classe a tout en elle et tient tout d*ellemême ;
La deuxième classe, ou l'homme qu'elle a produit, a tout en lui, mais ne tient rien de lui.
La troisième classe, ou les productions élémentaires n'ont rien en elles et ne tiennent rien d'eFes, parce qu'elles ont reçu leur forme par le concours de l'homme qui a tout en lui, mais qui ne tient rien de lui.
U faut toujours avoir l'œil ouvert sur la différence de l'essence des choses avec leurs lois et leurs actions, pour ne pas se troubler la vue dans ce tableau, parce qu'il y a une chaîne progressive qui lie chaque classe voisine l'une de l'autre par une propriété commune, quoique, dans ces deux classes conîiguës, il y ait toujours une propriété qui manque à la seconde et qui établisse la dliïérence et la supériorité de la première. C'est par cetle progression suivie de similitudes et de différences que l'unité ou la vie divine se lie et s'étend jusqu'aux derniers rameaux des êtres. C'est par cetle loi que Dieu est partout, que Dieu est tout, quoique rien ne soit lui, excepté lui.
ORDRK HISTORIQUE DU COURS ÉLÉMENTAIRE DE LA NATtRE.
2 . Production des essences ou principes immatériels. 3
3. Productions des éléments 6
4. Production des corps 9
4. DéGgui-ation des formes 9
3. Disparition des éléments 6
2. Disparition des essences 3
Il ne doit être question, dans ce tableau, ni de la cause occasionnelle de l'univers, ni des nombres recteurs qui ont dirigé et créé son eiistpnce, parce que lous ces nombres sont spirituels, et qu'il n'est ques Ion ici que di s chose s é'émcntaircs dans leur principe, dans leur cours et dans leur terme. On y voit que les mêmes nombres servent à la réintéi^ration des productions qu'ils ont opérées. C'est là une loi fondamentale et qui se retrouve partout.
Quant au cours des choses de l'ordre spirituel, elles doivent aussi avoir des nombres progre.rsifs pour leurs époques et leur réintégration; mais il faut les considérer sous une autre série, et ce n'est pas ici que nous nous en occuperons.
§ VI
OURS «ES CHOSES ÉLÉMBIIT AIR ES COlfSIDÉRÉES DANS GELOI DE LA VERTU GÉNÉRATRICE DE LA FEMME.
On voit, dans le coure do la vertu génératrice de la femme, la représentation physique et progressive de tout ce qui embrasse le cœur des êtres.
C'est de -4^ à -T- ans qu'elle acquiert la vertu féoératrice , et que sa forme passe de Tétat innocent à celui de la puberté et de l'impureté : image de l'alliance primitive de 4 à 5.
C'est de V- à -V^ ans qu'elle perd cette même vertu génératrice , ou du moins qu'elle commence à en éprouver la dégradation : image de la dissolution neuvaire qui anéantit tout corps et toute vertu des corps.
Elle conserve cette vertu depuis environ 14 ans jusqu'à 44 ou 45 ans , c'est-à-dire pendant l'espace d'environ 30 à 31 ans : image du nombre élémentaire auquel est assujettie l'espèce humaine.
Après cette époque expirée et accomplie, les femmes qui y résistent ont communément une santé plus forte et plus constante : image de ce qui nous attend quand nous serons délivrés de la loi du sang.
Son flux menstruel me parait ôtre une suite de ce que, dans l'origine, elle n'a pas accompli sa destination, et qu'elle n'a pas employé sa vertu génératrice à la vraie reproduction qui lui était ordonnée. Je le présume sur ce que ce flux cesse dans les grossesses, état qui ré- sulte de l'emploi naturel et régulier qu'elle a fait de cette même vertu génératrice.
Ce flux suit assez ordinairement une période lunaire pour la durée, quoiqu'il ne soit pas toujours assujetti aux phases. — Ressouvenonsnous qu'il y a quelque chose qui a pesé jadis sur les eaux et qui y pèse encore aujourd'hui : Je dis peser pour ne pas dire tomber.
L'homme n'est point sujet à ce flux. Serait-ce parce qu'il n'a point fait le même usage que la femme de sa vertu génératrice ?
il aequierl celle vertu à peu près au aiêoie &ge qae la femme ; on en peut aisément eentir }a raison. Il la coneerve beaucoup plus longtemps qu^elle, et même sans avoir d'époque ausnf eoBHBuiiément4éleiiaptaée. On peut aussi aisément tfouvcr pourquoi.
Il y a s<ms toutes les lois de la génération une multitude d'autre rapports cachés et qui s'appliquent avec justesse à l'ordre des ebeses ; mais il vaut mieux être chaste que satvut. Voilà pourquoi je ne les expose pas.
§VII
I
DE LA CRÉATION
Aux ytux da Seigneur un jour est eomne aUle aat , et mille ans eomine un jour.
II. SAimr Pinnn , 3 : t.
Tout acte de la part de l'Étemel constitue un cenftiB avec troift angles. Le centre émané est fimage de l'être produit ; lés tnofs angles l'image de ses facultés ou puissances. Dans tons lefs étfes H n'y e de fixes que les centres. Toutes leurs puissances sont mobile?. L'Être suprême est le seul dont les puissances soient aussi axés que leur propre centre.
La fixité des centres est représentée par 1 , puisque c'est cette unité qui gouverne tout dans chaque être. La mobilité des puissances est représentée par (zéro) , puisque dans les nombres ce xéro n'exprime que les puissances des êtres, et qu'il ne change pohit leur valeur radicale.
Lorsque le Créateur a formé le monde par six actes de pensée , ou dans six jours, chacun de ces jours était la production d'un centre avec ses trois angles, c'est-à-dire d'une unité avec ses trois zéros ^ ou enfin d'un nombre mille. Chaque zéro montre une puissance qui a parcouru son cercle el sa révolution (et c'est ainsi que les produotiois
se préftentent à la pensée de rËternel. — (Elles sont accomplies pour loi dès rinstant de leur existence. Les temps furent résolus pour loi aussitôt qu'ils commencèrem). Ost ce que nous avons appelé année du mot annus , anneau. Ces trois zéros ou eercif s d'années, précédés d*une unité, 1 , offrent donc mille ans à la pensée de l'homme, à plus forte raison à celle de rËternel. Chaque acte nommé jour lui présentait en on point le développement des mille années qui en devaient découler ; et réciproquement, ce développement de mille années n'est pour lui qu'un seul jour, puisqu'il voit tout en acte, et dans son accomplisse» ment.
§viu
Iléments du messie, sans binaire
Le Chnst était ternaire dans ses éléments d'opération comme il Test dans ses éléments essentiels. On ne peut extraire son nombre S** (huitenaire) des quatre racines simples et primitives 1,2, 3, &, qu'en Joignant ensemble 4 , 3, i, dont le développement de 4 a produit 449 par la Jonction de 4 à la multiplication de 7. Or, cette sorte d'extractionp qu'il ne faut pas confondre avec celle que montre 40 dans 8, nous ei^ ceigne que le Christ était, dans Fon œuvre temporelle, à la fois divin, corporel et sensible, au lieu que considéré dans l'ordre éternel, il est divin dans t^es trois éléments. — (Il était la voie, la vérité et la vie. Jean^ 14 : 6.) Il avait été conçu le 14 de la lune de mars : c'était se peindre temporellement, c'était montrer la puissance dénaire Jointe au quaternaire de puissance simple; Joignez-y l'incorporation 3178. Il est ressuscité à pareille époque du 14 de la lune de mars. Les lois inverses sont correspondantes aux lois directes, puisqu'elles. ont pour objet de remettre tout à son rang.
Le remède étant proportionné au mal, il ne faut qu'une règle i^
Éroiê pour se convaincre de Tâge du maître; mais elle doit être rentrante et non pas directe. En effet, comment douter de la venue du Clirist ? Il n*y a qu*à nombrer les années dumonde, et voir si la 4* action n'est pas passée. H^ ttt ^ rh
11 était nécessaire qu'il y eût en lui le divin, une ftme sensible et le corporel pour opérer id-bas sur Tordre sensible et sur toute la création, parce que de même que notre &me pensante ne pourrait se Joindre & notre grossière enveloppe particulière sacs Tintermède d'un lien sensible particulier, de même le Réparateur divin n'eût pu se joindre à sa forme corporelle quoique pure, sans le secours et le médium d'une ftme sensible. Cette ftme sensible porta en lui le nombre 4"*. Son être divin porta un, son corps porta 3. Dans nous l'ftme divine porte ft ; le corps, 9. J'ignore le nombre de notre ftme sensible (quelques-uns pensent qu'elle porte 15; , mais Je présume que dans nous elle ne porte pas le même nombre que dans le Sauveur, puisque Je vois que dans tous les autres éléments qu'il avait en similitude avec nous, il porte toujours des nombres supérieurs.
DANS LB WSSSa, DANS L'BOHIIE
L'ftme divine 1 L'ftme divine 4
L'ftme sensible 4 L*ftme sensible
Le corps 3 Le corps 9
Si dans ceux de nos éléments dont nous connaissons le nombre, nous sommes au^essous des éléments du Réparateur, nous devons être également au-dessous de lui dans l'élément dont nous ignorons le nombre en noup, c'est à-dire dans le nombre de notre ftme sensible. C'est dans ceUe ftme sensible que consit-te toute la clef de Thomme. C'est par là qu'il est joint au sensitif ou au corporel animal. Mais comme il n'est pas placé volontairement comme le Christ dans cette pri.«on, il n'e>t pas naturel qu'il connaisse la clef qui l'y renrerme. Voilà pourquoi nous ne savons pas quel e^t le nombre de notre ftme sensible. (J'ai lieu de croire que cette ftme sensible porte 6.)
PROGRESSION SPIRITUELLE ET CIRCULAIRE DU QUATERNAIRE
DANS LE CERCLE UNIVERSEL
i DWin.
2 État et destination de l'homme dans son élection primitiTe.
3 Ëtat de l'homme préyaricateur, en patiment, en résipiscence et régénéré.
4 Destruction des formes et rédaction de l'apparence matérielle à ses
trois principes constitutifis.
5 Réintégration des êtres dans leurs vertus spirituelles.
6 Réintégration des êtres dans les vertus divines de runité par les op^
rations du quaternaire.
d'oD LES NOMBRES TIRENT LEUR QUALITÉ
Tout est vrai dans Tunité. Tout ce qui est coéternel avec elle est parfait. Tout ce qui s'en sépare est altéré ou faux.
Rien n'est faux dans la décade prise collectivement. Prise abstractivement, rien n'est vrai en.elle que ce qui se trouve avoir une liaison
médiate ou immédiate avec TuDité. Zachariei ki^k. Les deux oUtien ou les deux oints de Vhuile sacrée sont bons parce qu'ils (usistent devant le Dominateur de toute la terre. Voilà pourquoi l'on fit entrer dans l'arche des animaux qu'on appelle immondes et d'autres qu'on appelle mondes ou purs. Voilà pourquoi la béte de l'Apocalypse a un nombre qui n'est pas vrai. Voilà pourquoi Swedenborg (Merveilles du ciel et de Venfer^ t. II, p. 78 et 79) dit, n^ 51S, que ceux qui se pré- cipitent dans l'enfer ne passent pas par le 3">* état de l'homme après la mort et ne subissent que Tes deux états qui suivent notre dissolution corporelle, c'est-à-dire la condamnation et la douleur. Voilà pourquoi les deux lois de la nature physique sont pures, parce qu'elles sont liées à îa3"«loi qui les dirige, et celle-ci à la 4"* qui les engendre toutes. Voilà pourquoi tous nos efforts, toutes nos vertus et toutes nos sciences sont sans mérite si nous les bornons à la conception de pensée dans rintelligence, à la velléité de nos teibles désirs dans la volonté, et que nous ne les réalisions pas par des œuvres dans notre action. Voilà pourquoi enfin le nombre 2 n'a point été compris dans les éléments qui ont servi de base à l'apparition du Maître et à ses opérations temporelles, parce que ce Mattre souverain était venu pour combattre ce nombre devenu inique en s'étant séparé de la décade, et que ce divin Réparateur s^esi rendu visible pour se charger de nos péchés^ lui qui n'a aucun péché. (I Ëp. de Jean, 3 : 5.)
Aussi a-t-il éprouvé toutes nos tentations, hors le péché {Héb. & : 15), parce que ce péché ou ce nombre 2 n'entrait point dans les éléments constitutifs de ses opérations temporelles. Il est annonoé eomme ex Léo natus ante omnia secula (V. le Credo). {Ex utero ante Lucifemm genui te. Ps. 109 : 3). Ce sont là ses éléments divins dans lesquels tous les nombres sont compris, parce qu'aucun de ces nombres pris dans l'ordre divin ne peut se séparer de la décade.
Dieu lui a dit une autre fois : Hodie genui te [Ps. i : 7). Voilà sa mission dans le temps.
FORMULES NOMÉRIQUF.S.
!'• formule.
Qnnrrez un nombre ;
Additionnez théosophiquement ce même nombre; Additionnez Ibéosophiquement le nombre qui précède celui-ci d*ane unité ; Additionnez arithméliquement les deux sommes ; Vous aurez le quarré de votre premier nombre.
Addition théosopliique de 6 (la somme des nombres 1.2.3.4.5.6.)= 21
Addition théosophique de 5 (la somme des nombres 1.2. 3. 4 . 5.) = 15
Total 36
2* formule.
Multi|)]ipz par 8 un produit tbéosophique ;
Joignez 1 au produit ;
Extrayez la racine quarrée;
Prcntzia petite moitié de cotte racine;
Vous aurez le nombre radical du produit théosophique.
Exemple. 21 produit de 6 (V. l'exemple ci-dessus), X 8 = 168 + i
6y petite moitié, = le nombre producteur théosophique.
3« formule.
Additionnez théosophiquement un nombre quarré. Quarrez la somme.
Vous aares uq produit qui conMendra la somme des cubes de tous les nombres éléments du quarré que vous aurez additionné théosophiquement.
Exemple. Quarré de 3 = 9.
Additionnez tliéosophiquement 45 (somme des chilTres 1.2.3.4.5. 6.7.8.9.)
Gubesdei 1
On peut trouver une infinité de ces sortes de formules dans les nombres; mais l'utilité en est médiocre en ce que l'on n'en connaît pas l'application. D'ailleurs, il y a à cette marche un inconvénient, c'est d'astreindre tous les nombres h la même opésation, pendant qu'il en est qui doivent s'y refuser, comme dans le dernier exemple, uù il a faliu regnrder 8 comme le cube de 2, ce qui répugne à l'esprit arithmétique. Enfin cela me parait faire descendre les nombres dans la région du calcul vulgaire, où les géomètres et les mathématiciens trouvent à s'avancer beaucoup dans le calcul des eifets et des mouvements des êtres, mais nullement dans la science des raisons el de l'esprit de ces êtres. Aussi e^^^t-on très-savant dans ce siècle sur les révolutions des astres, sur leurs di'^tances, sur les lois des réfractions de la lumière^ sur les proportions des temps et des vitesses, etc. ; mais on n'a pas fait encore le premier pas pour nous apprendre la raison de la moindre de ces merveilles ; et c'est, je le répèle, parce qu'on ne s'occupe que du calcul des loi^ et non du calcul des rai^^ons. Cependant ayons de l'obligation à ct-lui qui a trouvé les formules ci-dessus. Cela prouve de l'intelligence et un esprit qui s'occupe.
4« et 5* formule.
Je conoais toutefois deux formules qui sont très-instructives : La première, celle des manipulations sur 9, qui, à quelque point qu'on les porte, rendent toujours 9 et ne changent même jamais rien à la valeur des autres nombres auxquels on voudrait joindre ce 9** (neuvaire) ainsi manipulé, et qui théosophiquement demeurent toujours les mêmes.
La deuxième formule, c'est celle par laquelle on extrait l'esprit d'un nombre quelconque et qui vous donne toujours 9 pour le caput mortuum et pour le cadavre.
La première de ces formules annonce que la matière ne se mêle point avec l'esprit.
La deuxième, qui en dérive, c'est qu*on peut tocrjours détacher cette matière de Tesprit qu'elle enveloppe.
Vérités dont l'usage et Tenrploi sont remis à l'hottnne par rapport à lui-même comme étanft libre; et par rapport aux autres êtres quand il est puissant et qu'il a reçu la clef de saint Pierre. {Math. 46 : 9.)
Ce n'est qu'en faisant fermenter, qu'en agitant et en réactionnant les différentes essences que l'on peut en extraire l'esprit.
§xii
MULTIPLICATI01V ET ADDITTt)!!
Une des grandes clefs des nombfes est de ne pas conftHidre ces dont opérations. C*cst par l'attention à les distinguerque l'on peut connaître,
entre detx nombres pris spiritueUenent, lequel est racine et lequel est produit. Celui où vous allez par addition est la racine, celui où vous allez par multiplication est produit ou puissance. Voilà pourquoi 10 est racine de 4» parce que vous allez de 4 à 10 par addition (1) ; mais 16 est puissance de ky parce que vous n'y allez que par multiplication.
On voit ici que les puissances des nombres ne se bornent pas à celles que les savants leur ont prescrites. Car» quoique 10 soit très-certainement racine carrée de 100 et racine cubique de i^OOO, Il est encore racine de A. Or, cette racine peut se nommer racine essentielle ou intégrale. Ces trois racines suffisent pour compléter tout être, parce qoe par la racine essenlieile il a la vie ou l'existence, par la ractee quarrée il a le progrès , et par la racine cubique il a le terme on le complé- ment Les autres puissances que les calculateurs supposent au delà ne sont que des multiples de ces trois racines primitives. Elles ne sont que des répétitions opérées par l'extension de ces racines primitives ; mais eUes ne sont pas données par le germe radical de la nature : oe ne sont que de secondes sèves et des superfétations.
10 est aussi racine essentielle de 7, parce que 7, par son addition , de S8 revient à 10.
Au lieu que 4 n'est que la racine carrée de ce même 7 par 16, et la racine cubique de 6ii.
Pour résumer : .
4 n'est point une racine essentielle, puisqu'il ne produit que des carrés, et que nous ne connaissons aucun nombre qui revienne à lu par addition simple.
10 est doublement racine essentielle , savoir : pour  et pour 7. Ce sont là ses deux rayons , ses deux puissances ; Tune divine , l'autre spirituelle.
4 et 7 ne sont point racines essentielles ; mais ils sont puissances essentielles. Toutefois Je ne parle que de 7 venant de 16 : il y a un 7 primitif qui n'en vient pas et dont il sera parlé plus bas.
Je ne dis rien non plus du 8^' (huitenaire), qui tient à 1 pour les opérations de ses facultés disUnctives , mais qui doit ici se confondre avec l'unité ; car dans l'ordre vrai , radical , divin , il n'y a point de
(t) 6 ou t» 1» 3, 4* ■dimioam^ lMoMpbiq«finMl«-itO.
nombre y 1 est tout, et il n'y a que 1 et 10; 1 pour ressenee , 10 pour les opérations et les produits.
1 est triplement racine essentielle, savoir : de 40, de ( et de 7. Mais 10 ne se .«épare pas de 1. Ainsi c'est lui qui agit dans 10, et en union co^ternelh', lorsque 10 opère 4 et 7. Le 10 et le 1 sont le principe; le 4 et le 7 sont les producteurs. Aussi ces nombres ne sont-ils que des racines carrées, et non des racines essentielles, parce qu'il n'appartient qu'A l'unité principe et à son dénaire, qui est sa propre puissance, de créer des êtres, c'est-à-dire de porter le nom de racine esseoielle.
Mais pourquoi cette racine essentielle ne peut-elle se connaître que par addition, et la racine carrée et cubique se trouve-l-elle par l'extraction des racines, c'est-à-dire par l'inverse de la mul iplicatlon?
La racine essentielle ne se peut connatire que par addition, parce qu'il sufOt aux êtres de savoir qu'ils tiennent tout de cette racine essentielle ou de ce principe universel générateur, et qu'ils ne doivent pas savoir comment ils viennent de lm\ Le faU est tout ce qu'il était nécessaire de prouver aux êtres produits : le moyen^ le principe générateur se Test réservé. Or, ce fait est prouvé par cette loi d'addition : 1, S,
La multiplication, au contraire, est là route tracée pour aller des racines carrées et cubiques à leurs puissances, et vice versd^ parce que cette production seconde ne tenant qu'aux facultés des êtres, il faut qu'ils aient la facilité de les produire et de les replier sur ellesmêmes, ce qui devient un nouvel argument pour la liberté qui, indé- pendamment de notre sentiment naturel, est prouvée ici par les lois des
Si la liaison génératrice de la racine essentielle à ses puissances est méconnaissable, c'est qu'il n'appartient de créer, qu'à ce principe radical et essentiel, et que si ses puissances pouvaient être initiées dans cette secrète liaison, elles voudraient créer comme iui et pourraient se passer de lui.
Mais la liaison des rac'ues carrées et cubiques à leurs puissances nous est connue, aflu que nous ayons la preuve que nous pouvons exercer et dé\elopper nos facultés, et que nous soyons inexcusables si nous ne le faisons pas.
Une autre merveille à remarquer ici, c'est que, dans l'extraction de la racine carrée et cubique» ou, si Tou veut, dans le repliement de nos fticultés, les puissances carrées et cubiques ou nos facultés qu'elles
rqiréflenleiil, a'éfiDduissttit jusqu'à n'en pas laisser la moindre trace; au lieu que dans la M d'addifhin qui fliit remonter les puissances essentielles à la radne essentidie, elles demeurent intades et elles sont toujours permanentes. Cest une assez fbrte preuve que nos ftcuités ne sont pas des êtres, tandis que notre puissance essentidie, notre nous constitutif enfin, est un être immortel et inextinguible.
Jf'ijooterai ici deux formules très-instructives :
4x410+167, puissance essentielle confiée à Thomme primitif et parfliit sur le divin et le temporel, représentés par Tesprlt ou le septénaire. C'est pour cela que le nombre 4 t>st le père et la mère de l'homme qui, en eflét, selon la Genèse, fut créé màle et femelle par cette puissance T'* contenant 4 et 3. Pytbagore et ses disciples se sont trompés quand ils ont dit que 7 était sans père et sans mère, à moins qu'ils n'entendissent parler du 7^* primitif qui est la roue radicale et nniversetle d'où tout provient.
7 X 7=40+9, puissance de l'esprit ou du divin et du temporel sur rhomme emprisonné dans la matière, et sur le temporel. Minuisti eum pauU) minu$ ab angelU, Ps. YIII, 6. En effet, si l'homme n'avait pas prévariqué, le 7** serait resté dans son état d'intégrité et dans son rang naturd, qui était d'être inférieure l'homme, puisque 4 remonte directement à 40 par son addition, au lieu que 7 n'y revient qu'en deux temps et médiatement, étant obligé de passer par 98. Mais par sa pré- varication rhomme s^étant hicorporé matériellement, a porté le nombre 40 au lieu du nombre 4. C'est alors que le 7** s'est trouvé supérieur à lui, parce que 40 ne peut revenir à la racine essentielle ou à 10 que par 160, tandis que 7, mdgré son extension de 49 quil a été obligé de prendre par rapport à nous et par un effet de la miséricorde, ne demeure pas moins intact dans sa puissance essentielle de 7 et se trouve par là plus près d'un degré de la radne essentielle qui nous est commune avec lui.
C'est néanmoins une chose importante à remarquer que les rapports qui existent entre les opérations temporelles de ces deux nombres 4 et 7 pris dans toute leur extension, savoir : 160 et 49. Ils sont tellement liés l'un à l'autre par la consanguinité, leurs droits sont si bien coordonnés ensemble, que 40 passant par 160 peut revenir k 7, à 28 et à 10. Son collègue 49 est obligé de repasser par 13 et 4 pour revenir à la même racine denaire. On voit A deux choses : la première, que nons ne pouvonsriensansresprit;ladeuxième, combien noussommeschersàTesprit.
Lm fipxabPM de matière 8* 6» 9 sont auMl 4fli piiinanMi; anii ee nesQot pa9 dee puigeanoee eseenUelieeeeinme 4 et 7, peree qu'elles ne tirent pa» comioe oep deux Dombrea leur origine de la racîpe easentifiUe 10. Gepeodaat, quoiqiie A'étant pas des putaaaoces essentielles, on ne peut ae dispenser de les regarder cooune des racines, puisque tout nombre Test, chacun selon sa classe. Alors on ne fait sur ces nombres les mêmes opérations que sur 4 et 7;, oa les élève à leurs puissances carrées et cubiques; on ]es réintégra par rextraclieo ; ils répètent même dans leur pnlre une image des trois grandes lois posées précédea»)ent, savoir : qu'il faut trois degrés d'action pour compléter le cercle. Or« ces trois degrés se trouvent dans le nombre 3, qui« dans ce cas, est l'être ou le principe; secondement dans 6, qui est le progrès, et finalement dans 9, qui est le terme. Mais cette répétition n'est qu'ap* parente^ parce que dans Tordre matériel le nombre 3 n'est Jui-œéme qu'apparent et passager, et que n'attendant de lui que ce qu'on luj[ donne, le développement ni la réintégration de ses puissances ou facultés ne sont pas libres comme dajis 4 et 7. Aussi ses cuivres ne lui sont pas comptées comme à nous.
Quant au nombre 8, nous en avions. tellement perdura connaissance que Je temporel seul pouvait nous la rendre, €'està-*dire que nous ne le possédons plus que sous des fermes et des assemblages» ce qui sera exposé plus clairement dans le paragraphe sur les propriétés du 8** (huilenaîre). £n effet, le S'* pur et divin ne peut se montrer dans sa nature simple, vu l'état inférieur où nous sonimes. Huit n'est point un nond»re de mat ière« il est même supérieur 4 7 et à 4 ; il est l'abrégé divin, mais un«brégé complet et où tout csl égelemeot fort fiie dans Dieu même et que dans 40. Toute la différence c'est que dans 10 tout le divin agit avec eitension et expansion, et que dans 8 il agit pur concentration; mais rbarmonie de ces. deux nombres est entière. Voilà pourquoi Jésus-Christ a dit : « Mon père est en moi, je ne suis pas seul, u « Tout ce qui est à mon père est à moi. • Jean, XVI, 33, 45. Voilà pourquoi il est dit encore : Minuisii eum paulo nUnus afr angglU.
On pourrait voir aussi la raison de : hodiè genui te. Ps. )I, 7. Mais il faudrait être bien en garde contre le danger de confondre le rang de 8 et de 4, en les faisant remonter à 10. 4 y remonte par 1, 2, 3, 4. Huit y remonte par 3, 4, comme le prouve la gamme musicale. 4 semble donc n'être que l'extrait de 10, tandis que 8 en est Vopirani^
pHiiqt'il ■• oftioiilf aveetes pnyreB Mtas tmeét dMf te gtoone. àtal il est bien plus impMaiMa«iieofe à M«8d# liaurer la UiiMB mMiaie dfiiO à8<iii6del0è4v puisque dis n'est potet It racine ie 6, fluri» un aoabrc tsswtiel ei coétenul avec kd^ <t seulenent dtetiiigaé par mm mÊf^ oaraolère d'opéraâioo^ h
11 faut bien m garder anisi •d'addHirantt' 8 ; ce serait ie ébMtBM. Il fnène à 36, qui eat bien loin d'être son nombre relatiY. Il n'y a {fm 4 et la puiesanee 7 qne l'on pniase ramener *à 10 par cette voie parce qu'ils en sont dedoendus, au lieu que 8 n'est pas produit par 10, mais il en est la droite et l'Esprit Saint en est la gauclie. Bgo rogabo Ptt* irem^ et (Uium Paracleium dabit vobis^ ut fnaneat wbitcum inatêt*' THêm (Jean, 14 : 16). Cet Esprit Saint est aussi septénaire puisqu'il est l'agent direct du 8^. Ills me elarifioabit^ quia d$ meo aceipiet et onnuniiabit wbis. (Jean, 16 : l&j. Maisee T** n'est point de Tordre de ceux qui étaient soumis à l'homme dans l'origine. Il est racine essan*- tielle aussi bien que 8 et 10, puisqu'il agit' de concert afec eut it eans aucune interruption dans l'ordre divin. Quant à l'ordre temperelspirftuely leur action est allemative* La musiqne nous l'indique : foe^ tnve se tidt quand la 7* parle, et réciproquement quand roctate parte la 7* se tait. Ce que la musique indique, l'Évangile le prouve (iean, 14 ! 17). EwpêdU w>bU ui vadam; H tnim non a^Hêro^ ParaeJsHis non vemei ad wn; si auti&m abiero^ miUam eum ad «os. *— 1, 10, 8, 7, voilà le divin ou l'ensemble des racines essenlieUes. Lliemme ou 4 en est Textrait et la première puissance essentielle.
C'est pour régénérer ce quaternaire que le Réparateur est venu dans le monde et qu'il y a laissé ses vertus et ses dons en le quittant. Ce n'est pas sans raison qu'il n'y avait que quatre soldats à son supplice et qu'ils ûrent quatre parts de ses vêtements. (Jean. 19 : 28.) Ce n'est pas sans raison non plus que sa robe sans couture ne fût point partagée.
Si la divinité est une racine essentiellei on doit entendre cequeJ.-C. dit dans (Mathieu^ 26 : 53). t Croyez-vous que Je ne puisse pas prier
• mon Père, et qu'il ne m'enverrait pas ici en même temps plus de
• douze légions d'anges? § Chaque acte divin est la production d'un être réel. Un poète a dit :
c Dieu ne laorait penser sans créer son inusSi »
Aussi UaHe a dit de Dieu, 57 : 16. « Je ne disputerai pas étemelle-
» meoiel ma eolère ne durim pas tonjoara, parce que U$ aiprtli «oui m$arUêdêmaietifê$tfnoiquiaieréélê$ émet. »
Quant aox nombrea S et 5, quoique dans l'aritbmétique ordinaire on paisse les éleyer à des puissances, û fiut bien se garder de les eonsidérer comme des racines ^ures et vraies dans l'arithmétique spirituelle. En conséquence, on ne doit Jamais les carrer ni les cuber comme Ton fait des autres racines, parce qu'ils conduisent en effet à des résultats séduisants, mais qui ne sont bons qu'en apparence. Tel est le privilège de l'iniquité. L'ange de ténèbres a le pouvoir de se transformer en ange de lumière, mais voyez quels sout les éléments qui composent ses résultats : 2x 2 4x2 8. 5X26 7 X 5 35 8, et vous reconnaîtrez que cet être fourbe et captieux, en ne paraissant cacher que des mains sous son manteau, y cache réellement des griffes. Ainsi ne faisons jamais végéter ses racines corrompues, refusons-leur, au contraire, toute culture afin de les rendre aussi stériles que nous pourrons.
Rien de plus délicat que la manipulation des nombres ; les règles en sont bien peu nombreuses ; toute l'attention doit porter sur l'art de les appliquer. L'addition et la multiplication : voilà tout le mécanisme de cette sublime science. Hais on la défigurerait en entier si l'on employait ces deux moyens également sur tous les nombres. Les nombres de même nature se multiplient, ceux qui sont hétérogènes ne font que s'additionner. Le tout pour prévenir les monstruosités.
§XIII
nOMBRB DES ÉLÉMEIITS, DE LEURS RAPPORTS AVEC LES ÊTRES PERVERS, ET DE CEUX DES PUISSANCES DIVIUES ET SPIRI- TUELLES AVEC LE CERCLE UNIVERSEL
Pariii 177S, a« Luembowjf, vite Vûibé Roner.
iO iO 10
Dans chacun de ces éléments il faut considérer le principe ou commencementy le progrès et le terme.
Le fea est \ dans son principe, parce qu'il est l'image sensible de TEsprit. Aussi remoote-t-il toujours vers sa source. Il est 4 dans son progrès comme occupant le centre des corps qui sont tous représentés par un triangle. Il est 7 dans son terme, parce qu'il finit par se réunir à l'Esprit dont 11 est émané. (Il n'est pas question ici du feu matériel.)
Dans l'ordre élémentaire, le nombre et les actions des agents physiques sont analogues. Eau, 2. Terre, 3. Feu, &. Air, 1.
L'eau est 2 dans son principe comme étant l'opposé du feu. La ligne horizontale qu'elle affecte coupe à angles droits la ligne d'ascenfiion du feu. Elle est S dans son progrès parce qu'elle tend, à limage du quinaire impur, à rompre toutes les barrières et à éteindre l'activité du feu générateur et producteur. Elle est 8 dans son terme parce que« son action étant modérée par la mesure, elle répète l'action du Réparateur qui est de tout tempérer tt de tout conduire à la production.
La terre est assez connue, je n'en dis rien.
La somme des nombres du feu donne 3 ] Nonvelle image où se
Celle des nombres de l'eau 6 > retrouve la loi générale
Celle ties nombres de la terre 9 j des êtres physiques.
Dans l'ordre spirituel, le 5 du milieu se prend pour l'être pervers. Les huit autres nombres qui l'environnent se prennent pour les puissances spirituelles, temporelles, divines, qui le circonvallent et le retiennent dans sa prison, de façon que, formant autour de lui une enceinte eootinue et sans brèche, il lui est impossible d'éviter les tourments et les molestations que ces puissances lui occasionnent.
Il faut remarquer que ces puissances sont au nombre de huit^ pour nous rappeler qu'elles sont les armes de Tagent divin chargé de manifester la justice du Créateur.
Il faut remarquer qu'en additionnant deux à dent celles de ces puissances qui se trouvent en face l'une de l'autre, on a toujours 10 pour résultat. C'est ici que le tableau s'étend et prouve la grande propriété du 8", qui est l'expression du denaire et sa propre substance, comme ce sera exposé ailleurs. Mais en même temps il faut voir qu'on ne peut faire cette addition des deux nombres correspondants sans étendre leur pouvoir et les faire passer sur le quinaire, qui, par ce moyen, se trouve continuellement croisé et froissé par l'action violente de huit denaires. Telle est la situation de tons les prévaricateurs qui se sont rendus ses adhérents; ils iront avec lui dans ce lieuuM nulhu ordo^ed $$mpiUmm harror inhabitat. Job, 10 : 22.
§X1Y
PlOPSiÉTéS DU HOITSIfAïae (9^
Ce n'est qu'après le complément du carré de l'esprit que l'opération du 8~ a pu être consommée. Il fallait que les quarante-neuf portes ouvertes par Salomon eussent reçu J^ur sabbat avant que la cin-
qfontièBe «Nourrit. L'oravre do •» ne poa?ait doue m coasattre ela^ leaMBt qoe itaot rMppit da nombre 80, parée qu'aUira.lo nombre de FfaiqoUé et le noaifaro de la matière sont disaîpés par rinfittcnee yine el Ngénératrieèd» Fnnilé qui vient prendre ieur piaee.
Ohl eembien il teat avoir d*yeiii pour Ure les noariwesl QuijMwrnit janais croire qoe 60 taleat 8? Et eela avee ke signes dirtiactîA de lODtea les aeliom merveîHeuEes et diviaes qui se sont employées à la régénératien de la postérité himiaîne I
B faut aoaei avoir ottentm de ne regarder eette unité qui ee Joinl à 9 que sens un rafqporl huitenaire. (Basile de Césarée, ù$ Spiriiu^ Sanetù^ eb. 97, parle du carré de 7, mais il paraît n'avoir pas la clef du reste.) Rien n'est eépàré dans Tordre et les opérations de cette divioe métaphysique. L'unité s'nnit et se fond pour aiasi dire avee ce septé- naire, c'eal tout ce que nous pouvons connaître ici-bas. Le Fils et FEeprity voilà tout ce qui noua est accordé* Quant à Tunité absolue ou le Pète, personne n'a pu le voir ni ne le verra dans ce monde, si ce n'est dane ce S** qui est, en eflèt, la seuTe voie par où l'on puisse parvenir Jusqu'à lui. Aussi le Sauveur a-l-il dit : « Nul ne connaSt le Père si ce n'est le Fiis, et celui à qui le Fils l'aura voulu révéler. » Mathûu.y 11 : XT. (/SA», 14 : 38. lfo9i Père m plut grand quâ moi. Jean, 10 : 30. Mon Père et mai netês ne eommes qu'un.) Ces contra* dictions disparaissent bien vite devant le flambeau des nombres. 50 est pour le premier passage, 1 ost pour le second.
Quiconque eonnattra après ceia le rapport des noms aux nombres, jugera ce qu'il peut attendre de sa foi dans le nom du Réparateur. Le neiid>re ntiua fait comprendre par l'intelligence que cet être eat dépositaire universel de tous les trésors de l'essence divioe et trine, le nom fera comprendre par le Mt qu'il est le principe actif et opérant do toute autre et de toute action, et le nom par lequel le Père accorde tout à ceux qui lui demandent par cette voie et avec confiance* Jean, 15 : 10. (Vous ne pourrex rien faire sans moi. /eot», IB * &•)
Ce nèmbre 50 nom apprend encore pourquoi le Sauveur dit» dana saint Jean, 46 : 7 : « Il voua eat utile quo je m'en aille, car ai Je ne m'en vais point, te Conartateor ne viendra point à voua; maia si je m'en vais, Je vous J'enverrai. »
Tant qu'il fût occupé à préparer son œuvre, l'unité et le septénaire concentrés ensemble dans les bornes de notre région Inférieure, ne purent déployer toute leur efficacité, et les fruits de leurs vertus crois-
ftaient eeoi^meal jusqu'à ee qu'ils eussent altoiol leur complémeiiU Quand ce terme est arrivé, quand l'unité dévelqipée de ses entraves a pu s'étendre jusqu'à son eentre divin, et . le septénaire embrasser ia circonférence entière du cmsie qu'il était venu régénérer, c'est alors qu'il était utile pour les apôtres et pour le monde que l'unité remontât vers sa source, qu'elle laissât au septénaire le libre pouvoir de mettre en action toutes les vertus qui venaient de prendre leur accroissement en lui, qu'elle le chargeât par conséquent d'apprendre toutes choses et toutes ses vérités à ses élus, tandis qu^étant retournée vers son Père, elle reprend là toute sa splendeur et toute sa ranijesté, pour revoir à la fin des siècles, environnée de gloire et opérer à la fois en face de Tuni* vers des esprits et des hommes^ ce que le septénaire ou l'Esprit Saint aura opéré partiellemeiit et progressivement dans ce bas monde. J9an^ li> : 12, « Celui qui croit en moi fera luhméme les œuvres que je fais et en fera encore de plus grandes, imrceque je m'en vais à mon Père. » — 13 : « Et quoi que vous demandiee à mon Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié par le Fils. » Cette supé^ riorité d'œuvres qui est promise se conçoit en ce que le 9r réuni alors au Père pourra procurer à ceux qui le réclameront les forces et les dons du denaire radical, au lieu que lô Réparateur n'a voulu agir dans ce bas monde que comme représentant de ce même denaire. Ch. 16 : 96, il dit : « Je ne prierai point mon Père pour vous, 97 : car mon Père vous aime lui-même, parce que vous m'avez aimé, et que vous aurez ouï que je suis sorti de lui. » Quelle eoperbe confirmation 1 Le Verbe est uni au Père : en priant l'un on obtient les secours de tous deui : notre prière nous met nécessairement en relation avec le Père I Prosternons-nous, prions et tressaillons de joie.
Le nombre 50 a disparu à rapproche de ce saint 8'* parce qu'ils ne pouvaient pas exister enseniirie. L'iniquité et Tapparence ne pouvaient subsister devant l'unité et sa puissance. C'était là cette divine £gl«H) hors de laquelle personne ne peut être sauvé et contra laquelle les porter de l'enfer ne prévaudront jamais, selon la promesse qui en fut faite à saint Pierre, MaUh.y 16 : 18. C'est là cette def qui ouvre et personne ne ferme, qui ferme et personne n*ottvre. Apoc.^ 3 : 7.
§ XV
VàLBDB IHTaiMStQUB DBS IIB8URB5 OÉOMéTBlQOBB
L'bypotbénuse vaut 5. Les dcax autres côtés du triaogle-r«otangle valent 3 et 4. Le carré de 8 égaie la somme des carrés 3 et 4.
C'est là Timage du crime primitif où le pervers voulut se soumettre les causes troisièmes et quatrièmes inoées et cachées dans le principe suprême. Cette hypoténuse est une altération, une décomposition, un démembrement du cercle. Car, lorsque le cercle est dans son intégrité, il présente îles diamètres dans tous les sens, c'est-àniire des 4 et des 10. Mais en même temps il est clair que cette hypoténuse est spirituelle, paisqu*elle est confondue avec le diamètre et qu'elle tient au centre ; et c'est pour cela que son triangle est fsux, car dans l'ordre vrai, les triangles ne doivent tenir au centre que par un de leurs angles et non par leurs Imses ou leurs côtés.
Les multiples de 8, 4 et 5 donnent les mêmes résultats et avec la même Justesse et la même intelligence. On y peut voir la marche des éléments selon leurs nombres 6, 8, 10, où le feu se montre <^rant tout et remplissant tout, puisque son carré 100 égale la somme de 04 et de SB, carrés de 8 et de6.
A présent, voyons les Utêteê édifkMU^ tome SB» page 146, Pftris, chez Méfigot, 178S.
On y trouve les teites ou fragments du livre chinois nommé : re^Mm-pitf. Ce livre est reconnu pour authentique parmi les CbbHris, et il est antérieur à iineendie des livres qui arriva fan 91S avant J.-C.^ lous Tempereur Tsin*chf4ang.
3* texte : Les fondements des nombres ont leur source dans le yu-en (le rond) et le fang (le carré).
4' texte : Le rond {yi^en) vient du carré (fang) 4 =-10.
5* texte : Le fang (carré) vient du ku.
7* texte : Si OB sépare le ku eodenx on Mt le keûm large de t et un kou long de 4. Une ligne king joint les deux côtés keou. Kou fait des angles. Le king est de 5.
Note du missionnaire : « Ces textes font allusion au triangle-rectangle dont un côté est 4, l'autre 3 et la base 5. Cette flgure s'appelle keou-kou; et ceux qui, en Cbine, passent pour bien savoir le keott~kou^ ont la réputation de posséder une science sublime et profonde. •
10* texte : Les deux ku fout un long fang de S5; c'est le tn-to, total des ku.
11' texte : C'est par les connaissances fondamentales de ces calculs qse Yu (premier empereur de la dynastie des Bia) mit l'empirv en bon état.
H B6 puis nier avoir éprouvé une satisfaction des pin vives en leocootRuit les traces antiques d'une vérité des plus profondes» el qui, grâces à Dieu» m'avaient été rendues palpables dana mes médîtatiooa plus d'un an avant que j'eusse lu le volume clûnois qui noua les trina* met L'autenr de toute certitude sait ce qui en est; eela suffit à mon CQMMT ei i mon esprit, et j'adore respectueusement eelui qui a permia qu'à des époques éloignées de plus de 4,000 ans et à dea distances d» 4,000 lieues il se fasse de pareilles rencontres.
Que la philosophie matérielle ose dire que ces lois et ces calculs sont arbitraires, et rintelligence éclairée lui dira qu'ils sont aussi fixes qua la nature des êtres. Elle lui montrera dans les trois lignes qui composeol le rectangle en question : 4 Me nombre de l'iniquité ; 2* le nombre de b matière; S* le nombre de l'hommeé ]Ule lui montrera la s^pa- FKlion de la lumîàfe et dea ténèbres par le $inu$. Elle lui montrera la règne primitif et glorieux de l'homme sur la matière et sur l'îaiqBité par m jonciioa avee le cenire. SUe lui oMUitranL iivee quelia inépuisable puissance Ja sagesse suprême oppose toujoucs à l'iniqailé une somma de force égale à son nombre pervers» afin de la balancer et de la GOBlenir,
U est de néieessité indispensable que le triangle-r^tangle soit $caUnê pour opérer toutes ces merveilles, car s'il était ùocMé^ les deux côtés
égmn dmnerafeni chacun un carré égal dont la somme ne formerail ploe un carré et a'epposef ait par conaéquent à la balance, à tliartnonto et à la réunion. Mais tout étant lié, cette réunion, cette harmonie m aéraient plus dans le cas d'être déèirées, car alors il n'y aurait plus de désordre* il n'y aurait plus d'hypoténuse, )e hing ne iféodrait plus S, . puisqu'il n'a cette valeur qu'autant que le sinus n'est pas total et qu'A a tme base à côté du centre.
C'est le même point central du cercle qui constUoe la talenr 4 do grand côté du rectangle, sans cela il vaudrait 3 comme le petit cété
n n'est pas de trop de remarquer que cette hypoténuse o<b base du triangle est appelée hing chez les Chinois, et que le même moi signiAa roi dms plotienrs dialectes européens dérivés du celtique. "1 1 3 en hébreu signifie base, disposition et préparations au culte des idoles^ Pourquoi le qttinqne des Latins ne tiendrait-il pas par quelque côtâ à cette source, soit pour le sens, soit pour la lettref
Il y aurait des volumes à écrire sur cette figure, et |e ne suis point étonné qu'on ait eu en Cliine la i^us grande vénération pour Fohé, qui passe pour en avoir développé la connaissance, ainsi que pour les autres savants qui l'ont méditée, comprise et employée avec succès.
Pythagore est aussi pour moi un être très-respectaUe d'avoir dé* couvert quelques-unes des propriétés du triangle rectangle, quoique le complément de cette connaissance existât en Chine de toute antiquité. Les Chinois connaissaient aussi le cicle de 19 ans, qui a rendu Methon si fameux chez les Grecs. La même lumière se communique partout, et à tous ceux qui ne la repoussent pas, tant elle est naturelle i l'homme^ puisqu'il est né dans le sein même de la lumière.
18"** texte. Le fang (carré) est du ressort de la terre. Le ythen (rond) est du ressort du ciel. Le cie) est yu-en. La terre est fang.
Le missionnaire explique tout cela par la trigonométrie ordinaire.
Le 20"^ texte donne au ciel la couleur brune et noire, et à la terre la couleur jaune et incarnat.
24"** texte. Celui qui connaît la terre s'appelle sage et habile. Celui qui connaît le ciel s'appelle ching (fort sage). La connaissance de kmmrkou donne la sagesse. On connaît par là la terre. Par cçlte connaissance de la terre on parvient à la connaissance du ciel, et on est fart sage et sans passions, on est ehing. Les côtés keou-kou ont leurs nombres. La eênnaUmnce de u$ mmbtes procurs celle de UnsUê ehaees* (Ces dernières paroles montrent combien le point en question
était en ténératiOD cbes les Chinoie.) Les Ghicois ont des nombres 06- lestes et des nombres terrestres. Les premiers sont : 1,8, 5,7, 9. Les seconds srat : S, 4, 6, 8, 10. Os désignaient anciennement le ciel par 1 et 8. Le premier nombre terrestre est 8, son carré 4. C'est pour cela que le tehetm'pey a pris pour les côtés dn triangle les nombres 8 et 4, dont la base devient nécessairement 6. Ceci est du missionnaire et montre son ignorance sur la vraie racine de 4, qui n'est pas 2, et siv la source de l'hypoténuse, qui, loin de provenir des côtés 3 et 4, en est au contraire la cause occasionnelle.
Le même missionnaire nous dit que le cercle chinois est divisé en SÔO ^. Celui d'Europe et de presque toutes les nations n'est divisé qu'en 360. Pour trancher la difficulté, il fSaut connaître le rapport de la circonférence au rayon.
L'année chinoise avait 365 ^. Quant à la division des nombres chi« nois en nombres célestes et en nombres terrestres, le tout fondé sur deux progressions arithmétiques, cette division n'a pu se montrer qu'après que la science des nombres était déjjà altérée chez les Chinois. Rien de plus faux^ rien de plus hasardé que cette division. Ce ne sont pas les rangs des nombres qui font leur qualité intrinsèque, c'est, au contraire, leur qualité intrinsèque qui ftdt leur rang, et quand on connaît les valeurs intrinsèques de ces nombres, on est iien éloigné de les classer selon les deux progressions ci-dessus.
§xvi
DU NOMBRE SIX.
Ce nombre parait être le mode de toute opération quelconque. Il n'est pas un agent individuel, mais son caractère paraît avoir une affinité nécessaire avec tout ce qui s'opère, et nul agent ne porte son action à son terme sans passer par le mode de ce nombre.
Ce sénairê est le rapport coéternel de la drconférence divine avec
Oieu.Yoilà pourquoi Dieu, qui engendre tout, embrasBe toulct volt tout.
L'algèbre mémet qui a conservé quelques lois du vrai calcul, mais qui D'en a nullement conservé Tesprit, puisqu'il se donne à lul-méme ses données , Talgèbre, dis-Je, marche par ce nombre dans l'élévation des puissances cubiques. li feut six actes pour produire un cube dont la racine a deux termes :
!• Le cube des dizaines ;
2* Deux fois le produit du carré des dizaines par les unités;
3* Le produit des dizaines par le carré des unités;
4* Le produit du carré des dizaines par les unités ;
5* Deux fois le produit des dizaines par le carré des unités ;
6* Le cube des unités.
Lêtireé MiftanUi^ 9* recueil, ancienne édition. La doctrine tbéosophique des Indiens présente cinq rois frères et ayant la même femme, qui sont condamnas à confesser chacun leur faute, pour obtenir qu'un fhiit abattu par l'un d'eux de dessus un arbre sacré, haut de six coudées, puisse remonter à sa place.
La circonférence est composée de six triangles équilatéraux, elle est le produit de deux triangles qui s'actionnent l'un Pautre; elle est l'expression de six actes de pensée divine qui se sont manifestés aux six jours de la création et qui doiycnt en opérer la rétntégralion. Ainsi ce nombre rix est le mode de la création, quoiqull n'en soit ni le principe ni même l'agent.
C'est dans l'addition théosophique du nombre 3 que se trouve la preuve de l'influence sénaire danslacorporisation.
En portant ce flambeau sur la scène de la nature» il ne fiiut pas oublier les hexagones des matières volcaniques surprises par les eaux. Le Vivarais en offre mille exemples. Le «ix se montre dans les propriétés connues de l'aimant, où l'on distingue Jusqu'à présent l'attraction, la répulsion, la communication, la direction, la déclinaison et l'inclinaison.
Ce sio; se montre d'une manière plus active et plus frappante encore dans la musique. Ce que l'on appelle la quinte ou la dominante vaut HXf selon le calcul de la nature :
!• Parce qu'elle est composée de deux tierces, puisque la médiane est à la fois la tierce de la tonique et la grave de la dominante prise comme tierce ; 2* parce que cette médiane termine le ton majeur ou le ton mineur, et qu'elle est susceptible d'être Tune ou l'autre ; 3* parce que la division de la corde sonore donnant 4 pour la tonique, 2 pour
rocta?e et S pour la quintei radditiOB de ces troia nombraa rend 6.
Or, il est impossible de faire un mouvement de musique sans passer par cette dominante qu'on vient de voir porter le nombre 6. Ainsi toute la marche musicaJe estsénaire.
La musique nous apprend encore que chaque tonique a son analogie, puis deux relatifs qui chacun ont leur analogue, ce qui retrace encore le nombre 6.
L'Écriture nous retrace le sénaire depuis l'origine des choses jusque par delà leur terme, puisque, après nous avoir parlé de Touvrage de six Jours, elle nous montre dans l'Apocalypse» auprès du trône de rÉIemel» quatre animaux, ayant six ailes, et vingt-quatre vieillards qui se prosternent devant lui; ce qui nous laisse entrevoir que le même nombre sénaire n'est le mode universel des choses que parce qu'il a le même caractère dans Tordre universel; aussi nos facultés trines sont-elles obligées de le suivre pour se réaliser et parvenir ^leur complément d'action : Pensée 1, Volonté 2, Action 3, = 6.
Les vingt-quatre vieillards de l'Apecalypse égalent 6, qui sont 1, 3, 4, 1, 8, 10. Les nombres additionnés donnent 33, en y comprenant le 2éro, image et preuve de l'apparence corporelle.
Mais ils donnent 24 sans zéro. Il n'y a donc que ces six nombres-là qui aient agi, qui soient réels et qui agiront éternellement, c'est-à-dire qu'il y a eu éternellement deux puissances^ celle de Dieu et celle de TEsprit.
Le sénaire avait souffert dans les prévarications diverses qui JOui fait descendre ici-bas le Régénérateur. Il fallait qu'il en réparât Ja virtualité. C'est pour cela qu'il changea en vin l'eau des six urnes, aux noces
On doit se rappeler aussi les douze pains de proposition rangés six par six, les quarante-deux campements, les six jours de travail, les six degrés du trône de Salomoo, les six cent soixanle-six talents que sa flotte lui apportait tous les ans, etc.
Il n'en est pas moins vrai que le sénaire n'étant que le mode selon lequel tous les agents opèrent, ne peut pas se considérer précisément comme un nombre réel et actif, mais comme une loi coéternelle tracée à tous les autres nombres. Le nombre 6 est celui sur lequel l'homme devait dominer autrefois, et sur lequel il doit dominer après sa reslauration. Les papillons, qui sont des êtres ressuscites, ont quatre ailes et six pattes. Homme ^ vois ta loi; elle est écrite partout
§îvn
-BirPéRBNCB OB i.'sSPRiT AU CORPS
Indépendaniment des preuves Domériques que nous troimiBS ésMB tes addflîODS théosopfaiqoes de 3 et i, poin* ne<iB assurer que 4 est un nombre eentral , et 3 un nombre de eifconféreiKie, les lois géomé- triques mms en fournissent de Irè^^con^aittoanles poiir nous Mtt dis» tfogner notre origine d'avec celfe de la matière, pour noas iWHitnr notre supériorité aur toute la nature physique ^ ans retations tfâreetea avec notre prineipe et la dnrée Immortelle de notre étfo fui a polaé la vie éanB t'immortalfté même.
Toutes ees vérités se troutent Ih^ites Ains lec^rsto dMsé natorailomenl en sf& parties.
Le sarcle naturel s'^sl ibrmé différemment du cercle artificiel des géomètres. Ve contre a appelé le triangle aupéfietir et le triangle infé- rieur, qui M réactionnaxU muUiçllement ont manifesté la vie. Cast alors que Thomme quaternaire a paru. Il serait de toute impossibilité de trouver ce quaternaire dans le cercle sans employer des lignes perdues et superflucAt ^ ^'oo se bornait & ia méthode des géomètres. La nature ne perd rien : elle coordonne toutes les parties de ses ouvrages, les unes pour les autrw. Aussi, dans le cercle régulièrement tracé par
die, 00 voit que tes deui triangles, en s'unissanf , déterminent IVmancipition de rhomme dans Tuniters et sa plaee en aqieel da centre divin ; on voit que la matière ne reçoit la vie qne par des reflets Jaillissants de l'opposition que le vrai éprouve de la part du iliux, la lomiëre de la part des ténM>res» et que la vie de cette matière dépend toujours de deux actions ; on voit que le quaternaire de Homme embrasse les six régions de l'univers, et que ees régions étant liées deux par deux , la puissance de l'homme exerce un triple quaternaire dans ee séjour de sa gloire.
C'est ici que se manifestent les lois de cette superbe connaissance • dont les Chinois nous ont laissé des trsces, je veux dire la connaissance du kêQfi^hou. L'homme I en prévariquant à l'incitation des premiars coupables, s'est éloigné de ce centre divin, en aspect duquel il avait été placé ; mais quoiqu'il s'en soit éloigné, ee centre est resté à sa place , puisque nulle force ne peut ébranler ce trône redoutable. (Sedes Itca in seeulum teeuli. Ps. 14 : 7.) Lore donc que l'homme a abandonné ce poste glorieux , c*esC la Dlvhiité même qui se trouve prête à le remplacer et qui opère pour lui dans l'univen cette même puissance dont il s'est laissé dépouiller par son crime. Mais dès qu'elle vient prendre la place de l'homme , elle se revêt des mêmes couleurs attachées aux régions matérielles où il était établi primitivement (1)', puisque l'on ne peut se montrer dans le centre de ce cerele sans se placer au milieu de toutes ces régions.
Y(À)k ce que l'étude du cercle national peut apprendre à des yeux intelligents. La figure tracée, quoique imparfaitement, est plus que suffisante pour mettre sur la voie.
Ajoutons deux autres observations sur le nombre 6 :
L'une prise d'un grain de poudre. On prétend que si l'on rangeait d'autres grains de poudre en cercle autour de lui, il les enflammerait Jusqu'à une distance égale à 60 fois sa grosseur ;
L'autre prise de Tàge que l'homme a besoin d'atteindre pour être su8ceptfl)le du crime. On fixe cet âge à 45 ans. A 7 ans fl n'est susceptible que de souillure* Jusqu'à 7 ans il est dans la privation.
(f) La iMiiitettrda corps de llMBiaie «rt égale à boit foista iSts.
§ XVIII
PROGRESSION OBS ÉPOQUES ACTIVES DU RÉPARATEUR
S » i Représentation de l'nnlé divine dans le cercle univeTsel^ céleste et terrestre.
16 7 2 Puissance de Tunité divine cachée dans le 8'* et agissant par le 7'« sur le désordre.
24 6 3 Puissance de l'uaité divine 8'* et 7'% agissant par 6 pour la formation des corps.
32 5 4 Unité divine 8'« et 7'*^ émanant la quadruple puissance et la pla- çant sur le senaire pour y régner.
40 4 5 L'homme incorporé dans l'univers et combattant le prince du désordre. ^
48 3 6 L'homme spirituel s'unissant à la puissance divine 8'* et 7'% pour se délivrer de ses entraves matérielles.
t(8 2 7 L'être pervers aux prises avec les principes de la nature et livré A sa propre justice. L'esprit de Tunivers remontant vers sa source.
64 i 8 Complément du cercle 8'* où le nombre puissant , après avoir parcouru toutes les profondeurs des régions et de l'existence des êtres, rétablit l'unité divine dans son nombre simple^ là où elle était divisée, et l'action où régnaient le néant et la mort.
Dans cette progression : 8
H
Il faut observer de ne pas additionner ensemble les deux nombres placés en face Tun de l'autre, parce que, loin d'avoir un nombre vif et agissant par un principe de vie, on n'aurait qu'un nombre de mort. Il faut regarder ce 8^ comme étant dépositaire de 8 actions qu'il devait
S
répandre dans le cercle corrompu de la création à des époques progressives. De façon qu'à mesure que chacune de ces actions est émanée de lui, on doit la déduire du nombre générateur, au lieu de l'additionner avec lui. Par ce moyen, on aura la preuve positive de l'action universelle du 8~, puisque chaque époque sera marquée par ce nomhre. Àpocalypu 1 : 8. Aussi est-il soutenu par la puissance de sa parole. Hébreux i : 13.
§xix
GOMPLÉIIBNT DU QUATERNAIRE
Les métaux végètent, mais horizontalement, puisqu'ils ne sortent point de la terre, si ce n'est lorsqu'ils sont absorbés par les plantée^ Les plantes végètent verticalement» mais en étant adhérentes à la terre. Les animaux végètent sans être adhérents à la terte, mais sont néanmoins{flxés sur sa surface. Pour que le quaternaire soit complet, il faut qu'il y ait des êtres qui n'aient aucun de ces assujettissements.
Il y a des êtres qui sont Pobjet de ta colère de Dieu et qui vivent dans la réprobation. Il y en a qui vivent sous sa justioe. U y en a qui vivent sous sa miséricorde. Le quaternaire ne serait pas complet s'il n'y en avait pas qui vécussent sous sa miséricorde.
Si une seconde loi n'avait pas été donnée, nous ne connaîtrions pas Dieu dans sa plus belle vertu qui est l'amour gratuit, et se manifestant parmi les hommes sans s'occuper même de savoir s'ils sont coupables.
§ XI
OPf RATION DO NOMBRE 3 DANS LES TROIS MONDES
Il n'opère que comme dirigeant les formes dans le terrestre et le céleste, c'est-à-dire que dans tous les corps le nombre des principes spiritueux étant le ternaire, tout nom, tont signe qui tombera sur oe nombre appartiendra aux formes, ou doit opérer quelque effet sur les formes.
Ce nombre est sensible dans les leviers où l'on distingue la force, l'appui et la résistance, et comme ces trots classes peuvent avoir dia* cune trois dispositions différentes, cela donne 9.
Quelques-uns donnent aussi ce nombre à la pluie.
Il est encore sensible dans la décomposition de la lumière. Regardezen une fixement, portez ensuite votre vue hors de celte lumière, vous verrez un point rouge au centre, puis un cerclé noir, puis un cercle bleu. Cette image peint les trois principes des corps.
Dans le sur-céleste, il n'est que la pensée de la Divinité qui a conçu le dessein de faire produire ce monde, et qui l'a conçu ternaire, parce que telle était la loi des formes qu'elle avait Innées en elle. Or, les pensées de Dieu sont des êtres.
Le ternaire divin agit toujours de concert et unanimement; c'est ce que représentent les trois officiants de la messe lorsqu'ils se meuvent ensemble.
Les trois tours autour des cadavres, dans les cérémonies fooèbres, sont pour éloigner les mauvais élémentaires.
§XXI
UNITÉ DE LA DÉGADB
Tant que les nombres sont unû et liés à la décade, il n'y en a aucun qui présente Timage de la corruption ou de la difformité. Ce n'est que quand on les sépare que ces caractères se manifestent. Parmi ces nombres ainsi particularisés, quelques-uns sont absolument mauvais, tels que 2 et S. Ce sont même les seuls qui divisent le dénaire. D'autres sont seulement en opération active, en p&timent et en opération curar tive, comme 7, 4 et 8. D'autres sont seulement donnés à l'apparence, tels que 3^ 6, 9. On ne voit rien de semblable dans la décade complète, parce que dans cet ordre suprême il n'y a ni difformité, ni illusion, ni souffrance.
§ XXII
PHASES DE LA LUNE
3 X 9=S7, facteurs et produits terrestres. C'est là le terme visible de la lune sur notre surface.
4 X 7 = 28, facteurs et produits célestes. En effet, les quatre phases dépendent de l'aspect du soleil. Mais nous ne voyons plus ici le vingthuitième jour de la lune, parce que le 4" et le dénaire n'appartiennent plus à la terre matérielle. Ils nous ont été rendus spirituellement, et la matière ne s'en aperçoit point. Le soleil a son midi, la lune doit avoir le sien ; mais quelle comparaison de ces deux midis ?
Les Chinois ne comptaient que jusqu'au 25=7; ils laissaient les trois derniers jours pendant lesquels la lune est absente. Ils convenaient aussi que les deux premières phases étaient les plus favorables, et ne se servaient des deux autres que dans les plus pressants besoins.
g XXIII
LE GONTfiNU PLUS GBAlfD QUE LE GONTENANT
Dans Tunivers, le contenu est plus grand que le contenant, puisque le contenu est 4,7, 8, 10, et que le contenant n'est que 3, 6, 9. Aussi, sans cela,^ tous les êtres ne seraient pas en pâtiment comme ils y sont; sans cela les corps ne se détruiraient pas ; sans cela l'homme temporel serait éternel; sans cela enfin l'univers serait Dieu. C'est bien à cette abominable idée que tendent les systèmes des philosophes. Mais avec les notions des nombres peut-on redouter leurs efforts et leurs chimériques entreprises?
g XXIV
PROGRÈS DBS NOMBRES ET PIQURE QUI EN RÉSULTE
§ XXV
SEPTENAIRE
Il n'est connu que par le temporel 4x4 16 7. Mais en même temps il est clairement le nombre de l'esprit puisqu'il vient du divin et qu'il donne 28, à cause de sa double puissance opposée à la puissance lunaire.
Ne manquons pas d'observer non plus ce que ce 28 indique, savoir : que l'opération du Verbe n*a lieu qu'à la seconde prévarioattOD.
N'oublions pas cependant que tout ceci n'est qu'en images, parce que 7 venant de 76 n'est pas rac(ne, et que même il n'est pas puissance essentielle de 4, puisqu'il ne rentre pas par voie d'addition dans sa racine. A plus forte raison en doit«on dire autant de son produit 28, parce que dans toutes les opérations que j'ai détaillées à l'article addition et multiplication {$ 12)| tout doit se passer dans l'enceiate de la décade.
11 y a une grande vérité à déduire de ce passage ; c'est, qu'en fait de forme, tout est double, savoir : le principe et l'opération temporelle. Le nombre 9 surtout peut nous servir de preuve, 3x3 =9, voilà la forme en principe parce qu'elle ne sort pas de la décade (et ceci se lie à merveille avec l'origine des choses selon les R). Tous les neuvaireê qui en sortiront ne seront que des opérations temporelles.
§ XXVI
NOMBRE 9
Pourquoi le neuvafre, quelles que soient les puissances où on l'élève, rend-il toiyours neuf ? C'est qu'il n'est que puissance 3* ainsi que 3 et 6;
I
au lien que &, 7, 8, 10, sont puissances secondes, et Tunité la seule puissance première. Ainsi l'unité rend toiyours 1 malgré toutes les multiplications possibles, parce qu'elle ne peut sortir d'elle-même, ni produire une autre elle-même* Elle ne peut être susceptible d'addition, puisqu'il faudrait pour cela qu*il y eût plusieurs unités et il n'y en a qu'une. Elle est susceptible de se manifester hors d'elle-même par ses puissances secondes et troisièmes, dont nous sentons la liaison coéternelle avec elle, et dont nous voyons les lois écrites quand nous ouvrons les yeux de notre intelligence ; mais nous ne pouvons connaître la voie active et le moyen par lequel elle opère cette manifestation , cette expansion de ses puissances, parce qu'alors nous lui serions égaux. Néanmoins, une chose dont nous sommes sûrs, c'est qu'elle n'opère ces expansions que dans sa décade.
Au contraire, ces expansions opèrent hors de la décade. Mais comme il y a des expansions spirituelles et des expansions de forme, les lois par lesquelles elles opèrent sont différentes^ ainsi que les ré- eultats qui en proviennent.
C'est pour cela que les puissances &, 7, 8, 10, présentent, chacune dans sa multiplication particulière, une variété de résultats subordonnés cependant à un nombre circulaire dans Jequel ces résultats ne font que tourner. Ces puissances, que j'ai nommées puissances secondes, ont un domaine à parcourir parce qu'elles tiennent au centre immé- diatement. Les puissances troisièmes n'y tiennent que médiatement, et n'ont d'autre but à remplir que celui de la production de formes. Elles sont donc plus resserrées que les puissances secondes. Elles n'ont point la loi créatrice qui n'appartient qu'à l'unité. Elles n'ont point la loi administrative qui est conflée aux puissances secondes. Elles n'ont que la puissance exécutrice et opératrice qui, étant toujours la même (puisque l'objet de leur œuvre ne change pas), ne fait que se transmettre d'un être à Tautre par voie de génération nécessaire. Aussi tous leurs faits sont-ils égaux.
§ XXVII
DU NOMBRE UN
L'unité multipliée par elle-même ne rend Jamais qu'un^ parce que, suivant ce qui est dit dans le $ précédent, elle ne peut sortir d'ellemême; mais dans cette idée il y en a une plus profonde, enveloppée, et qui devient plus claire et plus satisfaisante quand on l'examine ;. c'est que, si cette unité pouvait produire ainsi et s'élever elle-même & sa propre puissance, elle se détruirait, comme l'action qui opère dans chaque racine particulière est terminée par son opération même (quoiqu'il n'y ait point d'être, point de portion d'être qui ne soit une unité à quelque point qu'on la divise). Qu'on ne s'effraye pas de cette proposition ; elle peut se vérifier par mille exemples.
Cn germe végétal qui a produit ses fhiits annuels conformément au nombre d'actions qui sont comprises dans ses puissances , n'en produit plus et rentre dans son principe.
Notre faculté pensante est inextinguible, à la vérité, puisqu'elle peut puiser dans l'infini; mais il n'en est pas moins certain que chaque pensée qui sort de nous est le produit d'une action de puissance qui y est relative, et qui en étant comme le germe, se termine a\ec la pensée particulière qu'il a produite comme ayant rempli son cours. Ainsi, quoique nous soyons faits pour penser toujours, nous n'avons jamais deux fois la même pensée, parce que quoique le nombre de nos germes de pensée soit infini, chacun de ces germes est fini et limité à un seul acte, passé lequel il n'est plus pour nous.
Les facultés créatrices, opératrices et pensantes de la Divinité doivent sans doute se gouverner par la même loi, puisque nous sommes son image. Aussi, quoique la Divinité soit la source infinie, unique et éternelle de tout ce qui a reçu l'être, chaque acte de ses facultés opé- ratrices et productrices est employé à une seule œuvre et s'en tient là sans le répéter, puisque cet acte est rempli et comme consommé. C'est pour cela que nous voyons qu'à chaque émanation des classes d'esprits
qu'elle a opérée, elle manifeste une nouvelle faculté, ce qui nous fait ▼oir que chacune de ses opérations a, pour ainsi dire, un mobile, un germe particulier qui, ayant rempli son œuvre, cède la place à un autre germe, d'où doit résulter une autre opération. Nous voyons aussi que nulle de ces opérations ne se répète. Nous ne voyons qu'un cercle de premiers prévaricateurs, qu'un cercle de deuxièmes, qu'un cercle de dénaires, qu'un cercle d'hommes, qu'une Sophie, qu'un Jésus- Christ, qu'un Esprit Saint. Ainsi, chaque opération étant une, et chaque racine de cette opération étant neuve, il est probable que celte racine qui a agi dans son action créatrice, n'agit plus que dans son action conservatrice dès qu'elle a produit son œuvre, quoique les œuvres qui en résultent soient permanentes et immortelles (comme on Ta vu au paragraphe de l'addition et de la multiplication), parce que les racines ne sont que comme les organes et les canaux par où l'unité manifeste et réalise autour d'elle-même l'expression de ses facultés. Or, dans toutes les philosophies possibles, les moyens ne sont que passagers et la fin est stable.
Allons maintenant Jusqu'au centre, et voyons ce qui résulterait si nous lui appliquions la loi que nous venons d'exposer. Pour que l'unité pût produire une vérité essentielle et centrale, il faudrait qu'il y eût une différence entre le germe et le produit, entre la racine et la puissance. Alors, suivant la loi des germes et des racines, lorsqu'ils auraient produit leur puissance ils deviendraient inutiles, puisqu'ils n'en pourraient plus produire de semblable. Dieu ne pourrait donc se reproduire lui-même sans périr et sans se détruire. Il faudrait que de principe il devint moyen et qu'il all&t s'anéantir dans son terme. Mais comme ces trois choses ne sont point distinctes en lui, comme il est à la fois son principe, son moyen et son terme, et qu'il n'y a pas plus de succession dans leur action que de différences dans leurs qualités, cette unité a beau se multiplier par elle-même, elle ne peut Jamais se produire, et j)rouve par là qu'elle n'a jamais été produite. Il y a là-dedans, pour les penseurs, une grande démonstration de rexistence de Dieu.
(La multiplication de l'unité par l'unité ne rendant Jamais que l'unité, et ne s'élevant Jamais à de nouvelles puissances, puisqu'elle est l'éternité, on voit s'il est possible que l'unité de la matière élémentaire soit jamaisadmisecomme génératrice des corps, puisque l'unité ne s'élève pas à des puissances, et s'il n'est pas alors de nécessité rigoureuse de regarder les principes de la matière comme étant des racines déjà pro-
duiteSt sorties de YmAiif et par conséquent portant d^à un nombre composé. C'est cette loi secrète, mal entendue, qui a pris dans l'esprit des docteurs la forme des aggrégats pour expliquer les principes des corps comme des racines; il n'y a plus de difficultés de voir toutes ces racines s'élever à leur puissance et former les corps divers.)
La succession continue des générations physiques forme une unité temporelle, symbole et copie défigurée de l'unité simple éternelle et divine. Néanmoins ces images ne sont point è négliger puisqu'elles peuvent toujours faire voir de loin leur modèle. (Dans les générations spirituelles, le moyen passe dans le terme> et c'est là ce qui en fait la vie. Mais le principe n'y passe pas, voilà pourquoi elles lui sont infé- rieures quoiqu'elles soient immortelles. Voyez ci-après, g ÎLIII, sur U temps.) Les extrêmes se touchent sans se ressembler. Aussi les êtres purs vivent dans la vie simple, les êtres en expiation vivent dans la vie composée de vie et de mort, c'est-à-dire dans la mort mixte; les êtres souverainement criminels et ceux qui leur ressemblent vivent et vivront dans la mort simple ou dans l'unité du mal. — Alors, quel peut être leur espoir et leur retour?
g XXVIII
NOMBRES DOUBLES
Tous les êtres temporels ont deux nombres, l'un pour leur existence et l'autre pour leur action. C'est par le second nombre qu'ils opèrent cette réaction universelle que nous observons partout et qui est infé- rieure à l'existence, ce qui peut se démontrer du particulier à Funiversel. C'est pour cette raison que les êtres ne se touchent que par leurs puissances ou par leurs facultés. C'est par ce point de contact qu'ils peuvent se communiquer. Sans cela l'àme impassive ne pourrait être assujettie à l'àme passive.
g XXIX
ASPECT sous LEQUEL IL FAUT GONSID&RER L^E^PRIT
L'esprit ne se considère que par ses opënitioDS et les couleurs qui lui servent de signe. Le blanc est dénaire, le bleu est 7'^» le vert est i'*, le rouge est ternaire^ le noir est neuvaire» le bronze est 5'* (quinaire). L'unité est sans couleur.
L'esprit dans son nombre radical est 7, parce qu'il opère sur 4 et sur 3« ou sur l'Âme et le corps.
Quand l'âme est unie à son intellect et è son esprit, elle a sa puissance, ce qui la rend quaternaire. Aussi ne doit-elle écouter que la sagesse et que l'esprit si elle veut conserver sa force, sa science et sa wrto ; parce que les esprits viviOants de l'Âme et du corps se joignent à elle et la soutiennent par leur puissance et par leur nombre. C'est là l'objet et l'eCTet des ordinations. Il s'établit, par leur moyen, une activité constante et efficace dans l'être ordonné, qui le rend organe de tous les nombres, c'est-à-dire de la vie même, car les nombres ne sont que les signes de la vie. Mais si nous avions le bonbeur de nous unir à l'esprit de Jésus-Christ, nous aurions toutes les activités et toutes les efficacités que nous pourrions désirer, puisque c'est dans lui que sont tous les nombres.
§ XXX
rOUftQUOI LA GIRCOIIPÉRENGB EST-BLLS SENSIBLEMENT LE TRIPLB DB SON DIAMÈTRE? — DU NOMBRE 13
C'est une preuve matérielle du rapport ternaire de toute productiOB avec son principe. La ligne droite ou le diamètre se regarde comme le principe du cercle. Elle porte le nombre k qui est le nombre de
toute génération et le nombre de l'élévation des puissances, puisque c'est de 4 que sortent toutes les puissances visibles et physiques. Or, on peut élever les puissances ternaires des corps à leur premier terme ou au carré 4, sans avoir 9 pour résultat, parce que 3x3 = 9.
En même temps, si aucun principe ne se manifeste que par trois^ il faut que cette loi s'observe dans les productions les plus sensibles et que le même rapport y soit écrit. Ainsi, de même que 3 est le triple de 1, quoiqu'il soit cependant un carré 4, puisqu'il vient de 1 ou de 1 0, qui est la faculté de 1, de même la circonférence est triple de son diamètre, qui est une unité pour elle. Et en unissant 9 à 4, on a 13, où 4 joue le même rôle envers 9 que 1 envers 3.
Toutefois, on ne connaît pas le rapport positif et actif de 3 à 1, ou de la circonférence à son diamètre, parce qu'il est caché dans le mystère de la génération, et que n'y ayant qu'un seul créateur, et par conséquent qu'un seul générateur, il est le seul qui connaisse les lois de la vie et les liens secrets par lesquels il se propage et crée toutes les productions des êtres.
Mais il nous suffit de connaître que 3 caractérise toutes les productions quelconques; qu'ainsi tel est le nombre de toutes les facultés des êtres et de notre principe , celui d'où dépend l'équilibre de toutes nos vertus. Or, nous ne pouvons douter de la suprême nécessité de ce nombre, puisqu'un être ne peut produire que parles moyens qui sont à lui , et que si ce nombre est imprimé sur ses ouvrages^ c'est sûrement celui par où il a agi pour les produire.
La seule inspection du cercle comparé au diamètre, du triangle à son centre, des dimensions des corps au solide; de la subdivision des principes de ces mêmes corps ; de nos trois facultés sensitives, végétatives et passives, et de nos trois facultés spirituelles, tout cela, dls-je^ indique suffisamment à Thonune la roule qu'il a à prendre pour remplir sa loi. Il lui faut travailler à mettre en action, en force, en valeur efficace les trois facultés qui composent son triangle.
Enfin, 4 joue dans 13 le même rôle envers 9 que 1 envers 3, parce que 1 n'est donné à 3 que pour en rassembler les facultés divisées, et les ramener à l'unité. De même 4 n'est donné à 9 que pour le ramener à l'harmonie de ce nombre quaternaire, et de là à l'harmonie de l'unité.
Or, si spirituellement 9 est le résultat de l'union de 4 à 5, il a fallu que, pour effacer cette imperfection, un autre 4 vint se joindre à 9, qu'il traversais, qu'il le divisAt pour aller chercher l'autre 4 qui y
était lié, qu'il lai rendit par là le 8'* ou la double puL^sance dans laquelle est renfermée radicalement la source de toute Justesse, do tout équilibre et de toute loi d'ordre. Nous voyons ici l'action nécessaire, positive et infinie du grand Réparateur de la nature. Nous voyons en même temps combien les voies de cette régénération sont impéné- trables à l'homme, puisqu'il ne peut connaître ce nombre 4 supérieur que quand U est arrivé sur lui.
§ XXXI
UNIVERSALITÉ DES POINTS QUATERNAIRES.
Si notre Àme spirituelle est quaternaire, tout ce qui procède de noufi doit porter le même nombre. Or, comme tout ce qui procède de nous devait remplir l'univers (erescite et muttipHeamini^ et replète terram)^ nous voyons comment la vérité et l'unité divine pourraient remplir toute l'atmosphère de la terre et des cieux si nous développions tous les quaternaires qui constituent notre essence. C'est nous que la sagesse suprême avait chargés de ce sublime emploi. La prière nous en rappelle des traces; mais quels regrets en sont les suites^ puisqu'elles nous rappellent ce que nous avons perdu I
C'est une vérité à la fois constante et terrible que nous sommes perpétuellement en opération, que tous nos mouvements spirituels se réalisent à l'imitation de notre modèle, dont on a vu précédemment que tous les produits étaient des puissances essentielles. Mais l'effrayante différence qui nous distingue de lui, c'est que la réalisation, chez nous, peut être en mal comme en bien, et que chaque acte de notre existence peut nous environner de poisons réels et vivants, comme de baumes salutaires et indestructibles.
Cette faculté quaternaire se marque par les quatre temps d'opération de chaque jour qui se trouvent de six en six heures. Le moment le plus favorable est à la première et à la dernière heure du jour, parce qu'alors l'action temporelle cesse, et que l'esprit, n'ayant pas de temps,
Il lui fiiQt un intervalle entre un sénaire et Taotre aénatre, lequel li^ ter?alle n*est pas compris dans le temps de Taction temporelle
Ce quaternaire est i-épété par Adam, ses 3 enfants; Noé, ses S enfants; Abraham, Isaac, Israël et Jacob; Moïse, Aaron, Ur et Josué. De même que h a été émané pour contenir S, de même tout être cor> porel s'oppose à nn ternaire mauvais, car tous les corps de là nature sont persécutés comme tout ce qui est émancipé, et doit y avoir des tnauvais de plusieurs classes, d'autant qu'il est assez conforme de croire que les 7'" et les 8'*' ont été classés, dès que nous connaissons deux maux, le physique et le moral.
On m'a dit qu'il y avait cinq parties innées dans toutes les formes. Celle de Thomme porte ce nombre, et surtout celle de la femme dans la division du cercle. La raison de ce fait est connue. La forme des animaux doit se porter aussi comme servant de réceptacle aux persé- cutions des quinaires, persécutions que nous exerçons nous-mêmes contre eux à limitation de ces mêmes quinaires.
Ce nombre 5 est rempli de difficultés : le temps ne peut se diviser en 5 parties égales ; la musique n'a point de mesm«e à 5 temps.
§ XXXII
PUISSANCE T'* DE l'aIIE.
Indépendamment de la racine numérique 16, qui exprime la puissance 7^ de rame, nous la trouvons dans son pouvoir sur le ternaire des éléments, et sur le ternaire des principes de Taxe central. Car l'Ame fait le centre de ces deux triangles. SI, au lieu de ce centre, on veut compter la puissance de l'ême sur le céleste, par laquelle elle en fait descendre un mineur, on trouvera bien mieux encore, et d'une manière plus active, la puissance 7^ de Tftme et sur le physique et sur le spirituel.
§ XXXIII
QUATERNAIRE DE LA PAROLE.
Là parole de Thomme est l'eitrait de ses trois flicultéSi comme fbomme lui-même est l'eitralt des trois vertus étemelles ; ee qui prouve que rbomme est quaternaire dans son essence, comme il l'est dans son action. Ainsi, il peut se faire que par son quaternaire il mesure parfit^ tement le carré, en molestant ses ennemis, en commandant à ses sujets, en frayant avee ses pareils, et en adorant Dieu ; mais en acte géographique, cela se fait en se purifiant dans Touest, en se revivifiant dans le nord, en combattant avec succès dans le midi , et en recevant dans Test le laurier de la victoire. Telle est la marche en ascension droite.
La marche en descension droite est d'être ordonné à l'est, de se faire reconnaître à l'ouest, de prendre l'armée au nord et de la conduire au midi, ou plutôt de s'enrôler dans cette armée du nord et de marcher courageusement sous les étendards du grand Général.
Pour opérer ce quaternaire, nous n'avons cependant que trois paroles, celle du pàtiment ou de suppliant^ celle de justice ou de commandement, et celle de louange ou la récompense. Cette dernière étant au-dessua des deux antres, est aussi celle dont la privation est affreuse. Cependant id*bas nous pouvons nous en rappeler les lueurs, et c'est par tous ces moyens que nous pouvons prouver la loi de Dieu^ et qu'il est esprit, c'est-à-dire qu'il opère tout par des moyens qui ne sont pas matériels et composés ; que par conséquent il ne peut trouver d'égal ni de maître. Dieu, nourris-moi de Tespoir de recouvrer ma ressemblance, tu y trouveras ta gloire et moi mon bonheur I
La parole de justice est donnée pour le temporel, celle de la louange parfaite ne viendra qu'à la fin des temps.
Il y a un symbole de ce quaternaire dans l'exaetitude avec laquelle les révolutions du soleil sont marquées. L'éeUptiqua contient 980 degrés. L'éqnateiir lui sert de diamètre « lea tropiqaee de tangentes parai-
lëles à l'équateur, de façon que récliptigue se trouve divifié en qualre parties égales de 90 degrés chacune.
L'équinoxe passe parmi les sages pour être plus ftivorable. Sans doute, c'est parce qu'alors le soleil occupe le point central du monde élémentaire, et qu'il communique, dans un degré plus égal et plus proportionné, les influences qu'il reçoit d'en haut. On sait qu'il est environ huit jours de plus dans la partie septentrionale que dans la partie mé- ridionale.
Il y a aussi à remarquer une différence dans les deux équinoxes. C'est dans celui de mars ou le printemps que la fermentation opère dans tout le corps. C'est dans l'équinoxe de septembre ou dans l'automne que se fait la production. Il ne faut pas même faire l'objection de l'identité de la marche de la nature dans les deux pôles. Le pôle nord est évidemment le siège de la terre. Le pôle sud est le siège de l'eau, à cause de l'inclinaison qui l'a portée en plus grande abondance dans cette partie.
§ XXXIV
TRAVAIL DB TRIPLE HDITBIIAIRB.
On pourrait consacrer les trois premiers jours à l'Esprit; le 4* au double esprit jusqu'au 7**; et le 7** au divin. Par ce moyen, on aurait
pour le premier jour 1 et 7 == 8
pour le centre 4 et 4 = 8
pour le dernier jour 7 et i ss 8
J'ai toujours eu confiance à ce plan ; je ne sais quand je l'exécuterai.
Souvenez-vous toiiyours qu'il faut un objet quelconque pour faire sa demande. Par là, la chose devient simple, elle n'étonne que les hommes d'intention vague et qui croient que la chose doit aller sans
eux. Mais ordinairement ils soDt déçus. C'est même dans ce privilège qu'on connall lè grandeur de l'iiomine, car il a alors la piQeuve qu'iï a influence, et que. la bonté divine n'a réellement établi la chose que pour lui.
Il faut bien que les corps eux-mêmes conçoivent l'opération pour l'exécuter. Il est donc naturel que l'esprit de l'homme puisse la commander.
§ XXXV
RÉCEPTACLE.
Le réceptacle est une figure -universelle pour le temporel, et cette figure porte deux nombres en ce qu'elle va du centre à la circonférence. Elle nous peint par là l'avantage du signe des chrétiens qui né peut se txacer sans écrire sur nous et sur les objets où on l'applique les marques de la double puissance de notre divin Réparateur.
Quand on pense ensuite à quel nombre infini ce réceptacle est multiplié, on voit quelle est l'immensité des puissances et des miséricordes actives de la Divinité. Chacun de ces réceptacles particuliers est l'image du réceptacle total., comme les éternités partielles sont, par leur intensité, l'image de l'éternité universelle, ce qui se démontre par cette figure.
Le corps général est le réceptacle du supérieur, du majeur de l'inférieur et du mineur. La fyierge est un réceptacle. Son cœur est l'ami de l'homme. ^ . - Son esprit est celui de l'homme.
§ XXXVI
PROGIIR98I0N hESCkNDANTB DBS- PtJIKSANCfcS
H+iQ Ceci explique comment les puissances s^afTaiblisscnt à raetiure qu'elles s'éloignent de leur source primitive, puisque n'y ayant qu'une seule ligne qui est la perpendiculaire, plus vous divisez celte ligne, plus les parties de la division se raccourcissent. Ceci prouve aussi l'impuissance et /e néant du nombre neuvaire on de la circonférence, puisque dans cette circonférence la ligne est tellement subdivisée qu'elle n'est pluç ligne dès qu'elle est cobrbe.
Le n (thau) d'Ezécbfe)« 9 : ^, Of'était qu'une préparation ao rédiep-. tacle +. C'était un sc^u sympathique de réconciliation accordée aux cœurs contrits et* gémissants sur les iniquîlés de Jérqsalem, et c'est à ceux-là que h Christ devait s'adresser, selon Isaîe, 61 : 1. Spiritus' Domini super me... ut mederer contritis corde. Ce qui fut fépélé par lui en pré^nce des docteurs dans le temple. Luc. 4 : 18.
§ xxxvn
LOI ACCROJSSATÏTE DU. R ÉPA R ATF. tî R
Toutes Içs puissances divines/spirituelles et humaines s'élaienl concentrées et réduites en Jésus-f^hrisl lors de son ipcorporisalion dans le sein de la Vierge. Par sa circoncision e! par Poffiande que sa Mère fit de lui au temple où fut chanté le cantique de Siméon» il fut homme choisi. Par sa présentation au temple, à. sa douzième année, ou il enseigna les docteurs, il fut homm^ septenaico. Par l'opératiop dé
aakit ieai»<>fi«^t6^ il fii4 bonaffid^Dieu ou 8^» p^rce 4}ub le nAiabre 10 ou 1 sortit de Jtiî el ee Joignit à eea septeDaire* Cette pregrefimo était iadî6pep8aMe. pukque ie Chr«6t s'étaot aeeujetti au eours temporel/ il a dû ea suivre toiites les lois
Sans «iiette ^ctioa denaire, il n'aurait opéré que spiriltteU^meot et non ^iVuieDMoi*. A ia an des temps H se maaifesierasous Tunité simploi et c*est alors qull paraîtra dans sa gloire et que les ifopies ue p^urcooi plus soutenir sa yge comme ils l'ont soutenue quand il n'a paru à leurs yeux que sous ses nombres et enveloppes temporels.
§ XXXVIII
RAPPOATS hB.k A 1, INVERSES DR CEUX DE 1 A & (1)
L'abité s6 manifeste par 4, et 4 se iûanifBste par T. L'action solRire 4liti ^st ttna en est la preuve.* Elie se manifesté par\4 sur la liioe, et ta limé ee manifeste par 7, va tes ^pt Jours qu'elle met à prendre ses dîffénents 4uartlers.
tl faudra donc qiie 7 rentre dans h et que k rentre dans i*ttnité> paite que tant rentre dans sa source^ et cela par un ordre inverse à dehii de sùn émaièatîon^ €es vérités ne sont plus que des corollaires des principes posés dans les diverses parties de ce recueil: .
Au demeurteit, U f^nt prouver géométriquement que 4 vaut 40, et cOfinaneteK quil a des rapports avec 1.
On le prouve, h'^'en traçant la circonférence; 2* en la divisant en si* pal* le raytm; 3^ en. forniânt le doublé triangle; ce qui présente }ea 'trois actions créatrices. Or ce n'est qu'à la suite de ces trois actions ou du do.uble triangle (six) que le nombre 4 peut paraître, puisqu'il est impossible' de le trouver auparavant sans employer des liâmes superflues d'intersection, expédients étrangers h Ja nature. Joignant
(1) La parole est Bùremeat quaternaire puisque le son Teft.
donc ce nombre k au seoaire qui le précède, on aura la preuve qu'il est denalre, ou qu'il a en lui des rapports d'origine avec 10. Car si l'on regarde le 4** en lui-niémeet simplement comme action, il n'est que 4, parce qu'il ne vient en effet qu'après la troisième action; mais si on le regarde dans les résultats de son action ou dans sa subdivision universelle, on verra clairement qu'il a des rapports intimes avec 10 et par conséquent avec 4 .
§ XXXIX
DU NOMBRE 21
Le nombre 21 est le nombre de destruction ou plutôt de terminaison universeMCy parce que comme 2 s'^t séparé de 1, il faut qu'il ail un moyen dé s'y réunir» b'il le veut. Ce nombre, dis-Jc^ monti^ à la fois l 'ordre de la production des choses et de leur fin, tant dans le spirituel que dans le corporel, ainsi que l'ordre de leur durée dans le nombre 17=8* Car depuis le nombre qui suit 2 jusqu'à celui qui le précède^ il y a 17 pour l'intervalle, comme il suit : 1. 2+i1 + 21; Or, dans cette formule il faut observer que les deux eitrôme» sqnt ternaires chHcuD, ce qui montre d'un coup d'oeil l'ensemble ^e toutes 1^ lois, de tous les nombres et de. toutes les actions des êtres. .
Si Ton considère ce nombre 21 sous le rapport de trois fois sept, il indiquera l'action ternaire des sept êtres spirituels attachés à la direction des choses temporelles; il nous indiquera encore que comme ce nombre où ces agents ont constitué les choses temporelles , c'est à eux à les dissoudre et à les réintégrer. '
XSaMPLÉMElfT DU ORAND NOM
La' loi etrélectiondes Juife ont été dirigées parle ffrand nom divin composé de quatre lettres, et ces lettres sont toutçs des voyelles. Or, les voyelles ne sont que l'expression des sensations. Voilà' pourquoi la loi des Hébreux fut toute sensible, et pourquoi le peuple fut si souvent sans intelligence et d'une tête dure. Cependant ce grand nom étffit * composé de quatre lettrés parce qu'il ^tâit tout, spirituel, divin et qu'il influait sur le sensible métaphysique et moral, et non sur le sensible roatf^riel qui a ses agents particuliers.-
Mais lorifsque le temps de l'intelligience arriva, alors une lettre puissante descendit et vint s'incorporer au grand nom pour en compléter le prix et la .valeur. Cette lettre porte 21 dans les alphabets hébreuk. Elle est triplé par sa forme 4Z^. On pourrait même lui trouver une sorte de ressemblance avec une langue et sentir pourquoi l'Esprit Saint descendit en forme île langue de feu sur les apôtres. Elle est sifflante. Aussi se fit-il alors un grand bruit conmie d'un vent violent et impétueux qui venait du ciel. Voilà bien des caractères qui la rendent importante. * »
Le nombre 24 , divisible par 3, offre les trois actions spirituelles uni* verselles. La.fonne ternaire de la lettre tSf présente les trois unités éternelles. Elle est sifflante comme le Rouach ou l'Esprit. Elle est donc venue joindre l'intelligence supérieure à la loi sensible dont avaient joui les Hébreux, et par là elle a fait le complément de loutes dioses et elle a tout spirUualisé, parce que, soit qu'on la. considère comme 21. soit qu'on la considère comme 3, elle a manifesté pleinement la puissancc 1^ en s'unissant doublement au i'*.
DE LA POISSANCB 7*^ DR L*»Uli)ll
7* X Y^ M y 7=813. L^omme ne fut étabU ^ans èon poste, ou, pour miens dire, émancipé, que quand sa puissanee dot atteint aoB cube S&S. Bt c'est dans les éléments de ce aube que tV>n voit clidrement la destination de Phomme primitif, puisqu'il est ptacé là entre le triangle supérieur dont H tenait tout et.]; triangle inférieur sur lequel il doml- Aail. Pour connaître tes vraies propriétés d'un être, H faut toujours considérer le cube de sa pnissanee. *C*est. là seulement que se développe le tableau de ses facultés. *. ' '
phopor:tions
Comment le nombre 4 contîent-il les proportions doubles, triples cl quadruples?
La proportion double est ,1a surface, la proportion .triple est le corps &o!îJe, la proportion quadruple est te point et ses trois résultats qui, considérés d'abord comme leur ternaire, puis dans leur réunion avec leur source, présentent le 7" dans tous lescorps.
Il n'y a point de proportion. simple, puisqu'une* proportion ou un rapport suppose deux objets de comparaison. Ainsi, Dieu n'est en proportion avec rien, puisqu'il est un et qu'il est seul.
Les mathématiciens remarquent, 1"^ que dans une progression arith-
mitiqae la oomibe éês euMmei fit égal^ à- h lonaie de deux tenues igalenent éloignés des exliémea { 2^ que lorsque le nombre des tereiee de la progression est impair, la soni'mé des extrêmes est ^gak au double du moyen ternie ou de celui qui oc€upe le centre. Ces lois sont belles, mais qutelle est médiocre l'application qu'ils en fonti
§ XI.III
LE TfiMPS
C*est une vérité constante que la perfection tient à Tunlté du temps comme à Tunité de vertus, et jque plus les productions s'engendrent rapidement, plus elles offrent de merveilles* Il faut deë années, ou au moins des mois entiers, pour que les plantes produisent leur propre semence, tandis que les agents du règne, animal la projettent en un instant. -]te temps de la fonnation de l'animal n*est rien en comparaisoti de celle d'un arbre des forêts. Celle-ci est plus rapide que .celle des minéraux. Aussi dans chacune de ces classes *rjemarque-t-on que laper*- feçtion suit une progression inverse du temps.
IVaprès cela, jiîgeons du peu de temps qui a dû accompagner la production ^e Tunivers par la grandeur et Tensemble des merveiHes qui le composent ef le constituent. Mais comme il est formé par le temps, U n'est encore, par rapport à notre êlre^ qu'une production imparfaite, et il ne nous offre pas une image complète des véritables perfections. C'est donc dims les êtres simples que nous poùypns trouver les traces de celte perfection de production, puisqu'ils sont produits sans temps, sans succession Qt par le seul pouvoir de l'unité indivisible des Vertus suprêmes.
Quelle idée ne devons-nous dotic pas nous former de l'existence de cette unité suprême, qui non-seulement n'a point connu de temps pour avoir l'être, mais qui ne le tient que d'elle-même., et par conséquent ne
l*a Jamais reçu eto'a Jamais puxonnaltre d'intervalle entre aucune de sesaSectioDs, entre aucune de ses félicités, entre aucune manifestation de ses vertus» (Voir d-dessus, § 27, du nombre un.)
§ XLIV
DB LA NATURE BtJ NOMBRE
Rien né peut être sans nombre, et Dieu lui-même a lé sien. Mais le nombre de Dieu n'est pas Dieu, distinction qui est applicable à (ous les êtres. Aucun d'eux ne peut subsister sans son nombre, puisque le nombre est leur. guide, leur pivot et le premier caractère de leur existence* Mais jamais le nombre ne peut passer pour un être. Ainsi,* dans quelque être spirituel que ce soit, nous pouvons reconnaître^ !• l'être, 2* son nombre, 3* son action, 4° son opération.
Les nombres cabalistiques ne peuvent évaluer les rapporta et les. propriétés des corps dont les résultats se trouveraient faux selon ce calcul. Ce n'est que par leur principe ou leur nombre d'essence qu'on doit les nnesurer. Les mathématiques opèrent encore plus faussement par leur nombre de convention. Les hommes profanent la science des nombres en ne rappliquant qu'à la matière. Que connaissent-ils en effet? Un carré double d'un autre carré est possible géométriquement^ mais non arithmétiquement. Cependant ce carré double doit existe)* en nombre puisqu'il existe en figure. Et puis, que connaissent- Ils aux incommensurables ?*La fausse mesure et le i^ux* calcul des
hommes prouvent qu'il y a une mesure et un calcul vrais. Et où
va-t-on sans cette boussole ?
On m'a dit autrefois que, pour avoir la racine d'un nombre, il fallait toujours prendrele premier. Cette proposition ne m'ayant pas été éclaircie, j'attends qu'elle le soit. J'ignore de même ce que veulent dire cea propositions : que le tiers d'^in nombre est le principe^ et que trois est le circulaire. Le eautour est circulaire.
§ XLV
TABLEAU SYNOPTIQUE DES NOMBRES
si-nw
TIVK>mBL
DIflOLimOK BBlll-nHnUTiON
9 10 en 42, combien de fois iO, etc.
MlUTAU
Si du 5, 6, 7, g ou du temporel vous àiet, l'unité au quinaire, pour Je remetlrp à sa puissance simple quaternaire et que vous additionniez le reste, vous aurez 25 = 7, temps de Texpialion horrible, et après cette expiation, runîté-«era réunie au 7'* pour lé parfait rétablissement. •
De {, ^, 3^ 4 ou du divin, sortent.
L'addition totale donne faux le nombre de 10, parce que 10 orjginal est un nombre d accumulation. Une somme de nombres ne peut (^tre égale en essence à sa racine. Elle ne peut avoir avec elle qu'une apparence dé similitude dans ses résultats.
§ XLVI
PLAN DBS CI08I8 PAR ht ffOMBKC CT L*0«BtE DE LE0B8
PlilNGIPES
I
Principes matériels.
/ Terrestre. Aquatique
Igné
Aérien.'.
Principes corporels.
Passif . . . Sensitif . . Végétatif . Actif ....
^'Animal L'intellect L'esprit.. Le Divin.
Nourris par les éléments composés.
Nourris par le feu élémentaire extrait des élémeins composés.
! Nourris par'çux-mèmes^ parVesprit^ ou par la Dinnitë. •
I Le divin ne se nourrit point. Il est la yie.
Les 18 emiSées de la eeloiiiie égftlent 9, earré du terrestre 8. Sa circonférence = S X 4, triple puissance dlfiiie. Son épafsseuF, è doigts, puissance temporeUe humaine.
L'homme a 343 os; . 3 portes dans le porche; 4 dans le temple ; * S dans le sanctuaife ; 1 dans le oaint dee saints.
L'homme a en lut et autoor de lui cent mille preuyes de sa trinité, image et ressemhlauice de 1» Trinité incréée.
I)ieu a donné une puissance terrestre qu'il a posée au centre de la terre. Il a mis à chaque angle une puissance également quaternaire et correspondante à la puissance ducentre 4 x 4 46. ** Si Ton Joint 46 à 49, on aura 2S 7^ jonction dû spirituel ou du divin au terrestre.. Si. Ton considère la puissance quaternaire comme Tunité,
C'est d'après cette correspondance du centre aux angles que tous les*êtres corporels ont le même nombre quant à leurs principes constitutifs. La nature est une. La longueur, l'étendue, les variétés des corps ne peuvent embarrasser sa marche, ni contredire sa justesse. Les corps nVn sont que le voile. Elle les multiplie tant qu'elle a charge de le faire. Cest à eux à se former sur le principe qu'ils contiennent, et non aux principes à se former sur la matière, qui ne donnç point de formes. Si fesprit est au-dessus de la matière, y a-t-il rien de ce qui vient de lui qui doive étonner?
li y a 9 sphères qui ont chacune leur lasprit. D'autres n'en comptent que 7 avec leurs produite
Les plamMes changent à toutes les heures/ Saturne répond à la tête deThommê. Mais il n'est pas pour cela supérieur à Mercure, qui est le principe de la vie. Cependant Saturne peut avoir en lui plus que des lois physiques.
Dieu elnploie toujours des puissances moyennes pour réunir.les supérieures avec les inférieure^. Le végétatif pc joint à la matière par le passif, le sensitif par le vég'étatif» Tûme de Thornme par le sensitif, rintellect par l'âme, l'esprit par l'intellect, et Dieu parTesprit. Il y a sans doute entre ces diverges puissances plusieurs nnapces cachées, par le moyen desquelles tout Fe lie, et rien ne paraît étranger l'un à l'autre.
Le corps de l'homme fut pris dans l'élément central qui, n'-éiant point mixte, ne pourrait être sujet a la corruption. Aujourd'huî> vu l'élémentaire, il est composé de solides, de fluides, de signes, poids, nombres, mesures, proportion», angles obtus, rectangle, iriaiigle simple, double, triple, cercles, carrés parfaits et longs, noms, parôles, actions, pensées, intentions, circonférences, jusqu'au nombre valeur = 4, les deux sommes 64. L'explication la plus simple est que l'homme est formé de terre et d'eau : de limo terrœ.
3. L'actif, le passif, le végétatif /\ triangle simple.
5. La corporisation.
/• t .A tA* ^ VI . . f ^ j ( tnangle simple animal.
•^ ° . ( In&ngle simple spirituel.
7. L'esprit.
9. Division ternaire de chaque principe. 40. Ressemblance de la Divinité par 6 et 4. kO. Puissance animale; carré parfait.
64. Les 6 opérations par lesquelles Dieu tira P&me humaine de l'E- gypte et la plaça dans la matière corporisée.
Rien de plus fort que Téquerre dans le corporel comme dans le spirituel.'* • •
Lorsqu'on travaille à l'air, on trace sur la terrf . De là viennent nos retranchements militaires. On travaille aussi dans l'eau, mais autaat *qu'ôn peut il faut que les eaux soient dot mantes. Dans l'un el l'autre cas, on ne peut rien sans feu ^t sans feu nouveau. Dans touà les eas il faut d'abord chasser le bouc émis;>aire, ou fixer le serpent. Le dé- sert est la partie où se passent les résultats de l'opérdtion.
C'est si bien 2 qui a été la voie des choses corruptibles, que c'est 2 qui les ramène à leur pureté. Car c'est la rectification qui ramène les substances à la couleur blanche ; tant il faut que le bien suive l'ordre Jnverse du mal. Deux est clairement un nombre de confusion : ^a source (qu'il ne faut pas confondre avec sa racine carrée puisqu'il n'en a point] est 1 + i, c'est-à-dire deux nombres qui sont chacun leur carré, leur racine et toutes leurs pui^^ances; qui sont enfin les premiers des nombres. Il ne peut y en avoir deux ensemble de cette espèce.
beipntboti
NORD
Limpbe, Bleu, Ùbài?»* / Végétal, Ea«, M
LEYIATHAN
MIDI .
Aousé, Sang, Anidial« Fea, Soulte
BSLZÉHrr
OUEST
Noir, Oi^ Minéral, Terre, Mercoie, Bile bàbau — a^TAa
§ XLVII
PROGBSSSION DES LOIS DIVINES ENVERS LES- DIPFÉRIJ^TS-
PRÉVARICATEURS . '
Datiâ le tnftl (j)tiî é précédé llipihtne (sdcm. leé tabbfùs) , 1a Ditiflitë Â agi par des puis^riciés étnànées. Datiâ la pï*évdficâtfota de rhotfimê, eHe à ëgi par ellè-iïiôîrie et sans fnteï^iilëde. C*eët bH qtië le quaternaire nous ttidùifesté Èk iflerVeiDeti^e paissabce. C'èst'ici ^e tiottë vo;^otis tros htimenseS rapports avec la Dîvraiié, puîsqu'en rai- êirtï de notre nomlfre, èa firôpte vertu est dBfecéhdue jusqu'ôuitt-ès de ûtfusetdoHy tiéfef dér ù la ^flil des temps dans là îérusalem céleste, cotitrtie èlFe y rééidft dàtis la Jérusalem primltite. Par cette ttéme liaison, le cercle des puissances divines étant parcouru, je ne'.cro1S ptë qu'il puisse y avoir de nouvelles grandes prévarications, parce qu'il n'y a plus de nouvelles grandes puissances à sacrifier pour y remédier.
Les premières puissances émanées étaient dans la paix pure et par-
fUto. Elles n'avaiefti ni ripteUigeDee ni rtntivité eombattaoû» ui la grande autorité' qui furent accordées euceeseivenient àeeUesqul vîeanenl après eltes. Mais elles n'en avaient pas besôio^ attendu .qu'il n'y avait point de niai et que toutes ces eb^ses n'ont été données que comme des moyens de restauration. Elles sont une charge plut^ qu'une jouissance. Tous les emplois et toute rindostrie des divers états civils sont au-dessous de l'état paisible et heureux des personnes chéries d'un bon roi, et qui passent leurs jours avec lui, où elles sont à la source de tout ce qui n'est qu'en énjanation dans l'État.
Quand tout sera accompli, ces dons répandus par la miséricorde sur les divers ordres de ces puissances restauratrices disparaitront, et nous jouirons de la présence et du {sentiment de la vie pure sans aucun mélange de privation, desouffrance ou de désordre. -
§ XLVIII
LB GHBE
Le cube est la dernière puissonee où. l'on puisse élever une raoine, puisque e'est la dernière dimension de ia matière. Aossi le oomkre 27, cube de 8, eat-il le terme de la nature universelle. (Le cours lunaire nous l'indique puisqu'il est fermé par ee nombre. La lune subit ensuite un temps de 3 jours où elle nous est cachée^ et (Fendant lequel elle' tend à sa renaisisance ou à son renouvellement). C'est \i^ où la matière assimilée au mal rendra l'esprit 7 h sa. liberté primitive, en le séparant du nombre deux sur lequel il s'élèvera d'abord. (Il y a une face encore plus in^truétive sous laquelle on peut considérer le cube de la matière. C'est 729, cube de' 9. 'La raison en est sensible) car toutes les Ibis y sont peintes en nature]. On peut observer la mÔBM marche dans le cube de l'homme qurest64. Arrivé à ce terme, il redevient assimilé au denaire; et le nombre A se trouve dégagé du senaire temporel auquel il avait été assujetti pendant son cours d'ex-
piation, et qui alors se détache de lui pour le laisser libre et reutrer dans son principe d'action matérielle. .
Lorsque les calculateurs inventent tant de divers degrés de puissances auxquels ils élèvent Ifurs nombres factices^ ils' ne s'aperçoivent pas qu'ils en altèrent toute l'essence et qu'ils produisent des œuvres que la nature désavoue.
§ XLIX
MOYENNF PROPORTlONNE'LLK
Selon le calcul sensible, plus les nombres sont éloignés de la racine primitive ou de l'unité, plus leurs puissances s'affaiblissent ; et i'on sait que cette loi est facile à observer, jpuisqu'il n'y a point de nom^ bre qui ne soit une moyenne proportionnelle entre cette unité et le carré ou le cube de chaque nombre. JVfais le nômfire Je plus près de l'unité selon Tordre intellectuel, en est Je plus éloigné selon l'ordre
Prenons 10 pour exemple. Il -est le premier nombre après l'unité selon l'ordre inteUecliiel. Aussi son carré et 100 son cube 1,000 fontils le complément de toutes choses dans leur action, dans leur subdivision et dans leur durée. Mais si on regarde ce nombre dans l'ordre sensible, il paraîtra, en effet, le plus éloigné déTunité et le plus faible dans ses puissances, -l* parce qu'il est le dernier de là décade '^îii ferme tout selon nos yeux sensibles, et qui comnjence tout selon nos yeux intellectuels; 2* parce que les puissances de ce nombre, considérées sensiblement et dans leur subdivision, nous présentent un affaiblissement considérable relativement aux pm'ssances des autres nombres plus voisins de l'unité sensiblement.
DU NOMBRE ONM SOUS DEUX RAPfORTS
Dans l'état actuel des choses, oaze est formé par 2 et 9, qui, i'ua et l'autre, sont les facultés de 5 et de 6. Dans le temps futur onze existera par 6 et 5, qui sout les agents des deux facultés ci-dessus. Voilà pourquoi les pàtiments seront si rudes, et pourquoi il y aura des grincements de dents.
Peut-être cependant faut-il établir la proportion suivante :
2, agent ou prindpe, est à 9, faculté ou produit, comme 5, faculté ou produit, est à 6, agent ou principe.
Dans cette proportion, les termes sont balancés, et il le faut pour qu'il y ait durée. Or, à la fin, 2 et 5 seront plus violemment pressés qu'à présent parce qu'ils le seront par l'agent 6 ; au lieu qu'ils ne le sont que par la faculté 9, et qu'il leur est plus aisé de la percer, ce qui leur arrive continuellement.
CALCUL DBS PROBABILITÉS'
Il faut n'avoir pas la première notion des principes des choses pour arrêter sa pensée au calcul des probabilités.
1* Il ne peut y en avoir pour l'ordre physique; où tout est fixe.
2* Celles qu'on voudrait établir pour Tordre moral seraient incertaines, puisque, dans cet ordre, les agents sont libreè.
Dans les exemples mixtes et où l'ordre moral et l'ordre physique sont combinés, la difficulté augmente encore parce que les caractères pa>
ticuliers à ces deux ordres s'altèreot ou s'obscurcisseot les uns par les autres.
Le calcul des probabilités se réduit donc à rassembler une suite d'expériences d'après lesquelles on présume que les mêmes données pro* duiront les mêmes résultats. Si Ton veut porter plus haut ses vues, i! arrivera qu'en as^uéraot la connaiasanee de chaqoe principe d'action particulière, on pourra, sans erreur^ en prédire l'effet ; et, dès lors, i! n'y a plus de probabilité. C'est un mot que Tlgnorance a inventé pour désigner ce qu'elle ne connaît pas, comme elle a inventé Vimagination pour peindre le réceptacle de toutes nos idées.
O^icltes erreurs ne sont donc pas résultées des systèmes des hommes, qui ont voulu introduire les nombres dans les probabilités? Ils n'ont pas à beaucoup près la contiaissance du nombre de la cause ; comment auraient-ils celle du nombre de reflet? Dans la géométrie, même ordî* naire, ils ne peuvent introduire sans erreur leurs nombres conventionnels, puisque la preuve de Tapplicatlon du calcul à la géométrie est impossible. Que les mathématiciens se fassent donc maçons, menuisiers, arpenteurs s'ils le veulent, mais qu'ils ne se disent pas géomètres, car les connaissances des vrais géomètres sont sûres, et toutes leurs preuves sont positives.
§ LU
nÉMONSTRATION DB NOTRE IGNORANCK SUR LRS PRINCIPES
• ET l'èSSENCÇ des ÊTIIÉS
Lu vraie racine de 4 edt 1, puisque c'est le centrle qui enfante le triangle. Mais il nous esl à jamais knpossffble de sàVcffr comment ce centre prodait le triafigle, ou comment l'unité produit I. Or toutes les racines subséquentes tiennent à 4 et dérivent de 4. CotUttlient pouvonsnous donc savoir comment elles opèrent, puisque nous ne 8a>rons pas comment ee 4 est opéré par 1 ? Aussi fes multiplicaiiovs dont se setVent lee calcuftftoufs peut* élever tes racines à leurs puissances ne sont^lteb
qu'une figure fausse qui les a induits à regarder tous les corps comme formés.par des aggrégals ; pendant qu'ils pouvaient tirer de cette Image même, quoique fausse, les conclusions les plus lumineuses sur la formalion dès choses autant qu'il est permis à Tesprit borné de l'homme de se former des idées sur ce grand objet.
§ LUI
DIFFÉRCNCK -ENTRE LA quantité ET LA qualHë DANS LES NOMBRES
Ce aont les qualités et non led quantités, dans les nombres, qui font les êtres, parce que les qualités portent un caractère, et que les quantités n'en portent point. 2 fois 2 chevaux font bien 4 chevaux, mais 4 chevaux ne sont pas*un être, tandis que dans Tordre vrai le nombre 4 annonce un être existant et ayant des propriétés qui constituent son existence. Il en est de môme de tous les nombres quelconques. D'ailieurs, le simple calcul ordinaire peut nous éclairer là-dessus. _2 ne peut exister que comme diminution de 1, et ne peut jamais se montrer sous la dénomination d'un entier, parce qu'il n'y a qu'une unité. Au h>u de 2, nous ne devonsréellement compter que la moitié d'un, ouj. Or, selon les lois des calculs î* x 5 ne fait pas 4, mais ^, parce que, dès que vous employez des fractions ou des nombres altérés pour racines, plus vous les multipliez, plus vous atténuez les résultats. On peut voir aussi dans cet exemple ce que le 2 primitif a produit. Rassemblons-en les éléments 5, nous aurons 3. Rassembolns les éléments du-second facteur j, nous aurons encore 3. Voilà les deux ternaires originels. 2 est leur cause occasionnelle, 9 sçra h produit ou résultat matériel; et pour le résultat spirituel nous aurons 5 en rassemblant les éléments du premier produit {.
§L1V .VABIÉTÉS
I. PROGRESSION DBS SCIRNCRS
Ce serait un beau tableau à faire que celui de la progression des sciences, depuis le divin jusqu'au matériel purement mécanique, et d'y montrer numériquement les différentes combinaisons de lumières, de dons, d'intelligences, de forces, ou les afBnités innombrables et progressives du divin, du spirituel, du temporel, de rélémentaire, du matériel et même du démoniaque. C'est là où tout serait plein et en action.
Les R. ont donné tout cela en principes.
II. FÊTE DO \5* JODR DU ?• MOIS (cb. 29 : 12, des Noinbrek).
veaux.
2 béliers,
agneaux
Au V jour. . .
Je laisse à méditer cet ordre progressif jusqu'au V jour,- marchant toujours par 44, et cette difr<^rence du 8* jour, qui marche par 9 et 8
III. SUR LES NOMS DES ÉLÉMENTS
En connaissant les nombres des éléments, on peut se nourrir de Tespoir d'en connaître un jour les vrais noms, qui sûrement doivent avoir des rapports avec Icm nombres qui leur sont déjà attribués et qqi pourront le leur être encore par la suite ; car ils changent de nombres selon les différentes places et les différentes actions auxqueHes leur loi les assujettit.
Il y en a déjà quelques-uns marqués dans la table carrée des
IV. ÉPOQUES DBS SIÈCLES
Le grand fléau parTeau, en 1,656. La renaissance des vertus, 2,/»(i8. De là au Christ, 1,552. Du Cbrist au quinzième siècle, où le nouveau monde a été découvert, où les schismes ont fait explosion, 1,500.
V. THIÂNGLE UNIVERSEL
PairiArchei). / \- Kau.
Prophètes. Ap<ytres. Feu. Terre.
Pourtant il faut uq sujet pour recevoir l'action ; le corps pour recevoir les secondaires, jadis l'intellect; l'&mo pour l'amour; l'esprit pour Tîntelligence; Tesprit général pour l'esprit saint; tout pour Dieu.
VI. OPÉRATION DE RESTAURATION
I
C'est lorsque 2 se fut séparé de 3 que k parut. C*est lorsque 4 se fut délivré de 5 que 8 prit le poste de la miséricorde, p^rce que k ne pouvait s'arracher à 5 sans faire évanouir par le même acte le voile neuvaire.
Vil. LA LIGNE DES DEUX ROUES
Qu'une roue se meuve sur un plan, elle tracera dans une lévolution une ligne droite égale à sa circonférenée. Si, dans cette roue, on en suppose une concentrique comme un moyeu dans une roue da carroisse, ce moyeu, pendant la même révolution, tracera une ligne droite égale, non à sa propre circonférence, mais à 1^ circonférence de la roue entière.
Ce problème a exercé les plus grands géomètres, depuis Aristote jusqu'à M. de Mairan. Celui-ci a d'abord exposé quelques idées assez claires, mais il a flni par ne pas rendre compte de la difficulté proposée.
Voici mon idée sur le problème :
B
Le point D de la roue correspond au point du raoyeu, puisque la
Kgne DE est à Ja fois sinus et tangente. Ce point D précède le point A
de toute la longueur de la ligne AE. Il doit cependant tracer pendant la
révolution une ligne égale à la circonférence, comme le fera le point A.
Seulement, la révolution faite, il se trouvera en avant du point A de la
même distance qu'il Ta précédé afant la révolution.
Le point ^E, qui se trouve correspondre à ce point D, ne peut que suivre Iti même loi , et il doit parcoiirir le même espace , par cod'- séquent tracer une ligne égale à BG.
Il ne faut pas considérer dans ce phénomène la différence des vitesses (quoique celle de la roue soit plus grande que celle du moyeu, puisque la circonférence de la roue est plus grande), tous leurs mouments se font en temps égaux. Mais ce qui doit encof% plus faire né- gliger cette vitesse différente, c'est qu'il ne s'agit point ici de considérer la rotation des deux cercles, qui sûrement produit un résultat inégal, mais seulement les lignes tracées par les points correspondants, pris dans les portions relatives de ces deux roues. Ainsi l'erreur vient de ce que Ton a confondu les lignes de rotation, qui sont diftérentes avec les lignes droites tracées par tous ces points, lesquelles auront toutes la même longueur.
Vlll. ÉPOQUE DE L*0RI6INt DU M0Ï9DE
Je pourrais dire que c'est Tannée ou Saladin prit Jérusalem et où moururent «feux papes, Urbain II et Grégoire VU ï, sous Philippe- Auguste ; mais, comme en cherchant dans l'histoire, on trouverait bientôt l'année 1187, j'aime mieux en abréger la recherche. Dans ce nombre, en laissant à part l'archétype, on verra en princrpe la nature et la faculté du mal expulsés parle pouvoir de la vérité, qql les poursuit dans leur domaine. En y réunissant l'archétype, on trouvera le principe des choses temporelles, parce qu'il n*y a que lui qui soit le principe de tout.
IX. PREMIÈRE IMAGE DE DIEU
On ne peut douter que ce ne soit dix. Car c'est une vérité qui se démontre par les lois primitives de l'extension éternelle, qui se peignent dans l'émanation d'abord, et ensuite dans la production.
X. DOUBLE SIGNE DE CROIX
11 part deTOrient; il va s'incorporer à TOccidenl ; il va prendre au Nord sa puissance temporelle, il va combattre le mal au Midi. L'homme part de même de l'Orient, mais c'est par miséricorde qu'on le laisse aller ; au lieu que le premier Orient est venu par amour. L'homme s'incorpore également à l'Occident, mais il a, en outre,'à s'y purifier. Voilà pourquoi notre région est mixte et double. Il va également prendre sa puissance au Nord, ou plutôt il va l'y recevoir ; il va combattre au Midi avec la puissance de son maître, puis il va rendre gr&ce à l'orient* Et l'on nierait que le huitenaire ne fut pas le nombre du . salut I
XI. SERPENTS VENIMEUX; SERPENTS INNOCENTS
Une queue d'un cinquièrtie de la longueur du corps est, en général, un des caractères venimeux, quoiqu'il souffre des exceptions.
Plusieurs observations de ce genre se trouvent dans un ouvrage de Gray, intitulé : ObservaHons sur V Histoire naturelle des Reptiles. (Voyez la Gazette nationale, n" 32, lundi -!•' février 1790, arliclc de Londres.)
klS.
TABLE DES MATIÈRES
Pagef.
Introduction • 5
Articles de la Revue d^ Alsace 7
§ l^. Considérations générales 17
II. De la quantité naturelle de.s nombres 34
. III. Sur la racine de 2 35
IV. Esprit des nombres 1^ 2 et 3 35
V. Ordre historique du cours élémentaire de la nature.; 37
VI. Cours des choses élémentaires considérées dans celui de la
vertu génératrice de la femme 38
VIL De la création 39
VIII. Éléments du Messie, sans binaire 40
IX. Progression spirituelle et circulaire du quaternaire dans le
cercle universel 42
X, D'où les nombres tirent leur qualité 42
XI. Formules numériques .- 44
XIL Multiplication et addition 46
XIII. Nombres des éléments. De leurs rapports avec les êtres par-
vers, et de ceux'des puissances divines et spirituelles avec
le cercle .universel ; 53
XIV. Propriétés du huitenliire 54
XV. Valeur ÎDlrinsèque des mesures géométriques 57
XVI. Du nombre 6 60
XVII. Différence de Tesprit au corps 63
XVin. Progression des époques actives du Héparateur 65
XIX. Complément du quaternaire 66
XX. Opération du nombre 3 dans les 3 mondes 67
XXI. Unité de la décade 68
XXH. Phases de la lune 68
XXIII. Le contenu plus grand que le contenant 69
XXIV. Progrès des nombres et figure qui en résulte 69
XXV. Septénaire 70
XXVI . Nombre 9 7(i
XXVll. Du nombre un 72
XXVIU. Nombres doubles 74
XXJX. Aspect sous lequel il faut considérer Tesprit 75 '
XXX. Pourquoi la circonférence est-^Ue sensiblement le triple de
son diamètre ? — Da nombre 13 75
XXXI. Universalité des points quaternaires 77
XXXIi. Puissance septénaire de rame. , 78
XXXIU. Quaternaire de la parole 79
XXXIV. TravaU de triple huitenaire 80
XXXV. RécepUcle...- 81
XXXVl. Progression descendante des puissances 82
XXXVII. Loi accroissante du Réparateur 82
XXXVIU. Rapports à% À à i, inverses de ceux 4e I à 4. 83
XXXIX. Du nombre 2i • 84
XL. Complément du grand nom .85
XLI. Cube de la puissance septénaire de Tbomme 86
XLU. Proportions 86
XLIll. Le temps • 87
XUV. De la nature du nombre ! 88
XLV. Tableau synoptique des nombres 89
XLVl. Plan des choses par le nombre et Tordre de leurs principes. 90
Pagei.
XLVII. Progression des lois divines envers les différents prévaricateurs 94
XLVill. Le cube 95
XLXIX. Moyenne proportionnelle 96
L. Nombre onze sous deux rapports 97
Ll. Calcul des probabilités 98
LU. Démonstration de notre ignorance sur les principes et l'essence des êtres 98
un. Différence entre la quantité et la qualité dans les nombres. 99 L1V. Variétés. — 1. Progression des sciences. — 2. Fête du i 5' jour du 7* mois. — 3. Sur les noms des éléments. — é. Époques des siècles. — 5. Triangle universel. — 6. Opération de restauration. — 7. La ligne des deux roues. — 8. Époque de rorigirie du monde. —^9. Première image de Dieu. — iO. Double signe de croix. — il. Serpents venimeux;
serpents innocents 100
FIN DE LA TABLE.
PARIS. — TTP. MORBIl IT COUP., ROB AMBLOT, 6'|.
ECLAIR
L'ASSOCIATION HUMAINE
ECLAIR
UTIOK Hllllll
PAR L'AUTeUR OU LIVRE
DES ERREURS ET DE LA VÉRITÉ
AuMi les voiuoa se retouraer dans tous les sens« \joaT établir les associatigus bumaîues, sans b'étre jamais élevés jusqu'au degré où elles nous montreraient leur formation et leur base originelle.
( Letlr* à un a«i »mr la Révol*àUon /irattpaiMi
PARIS
TYPOGKAPHIK MORRIS ET COMPAGNIE
INTRODUCTION
le viens de nouveau examiner cette question profonde qui, jusqu'à nos jours, avait résisté aux efforts des observateurs, tant le sujet est vaste et réfractaire à nos abusives instructions. Ce sera toujours Tâme humaine qui me servira de flambeau , et, cette lampe à la main , j'oserai marcher devant Thomme dans ces obscurs souterrains où tant de guides, soit trompés, soit trompeurs. Tout égaré en l'éblouissant par dès lueurs fantastiques, et en le berçant jusqu'à ses derniers instants avec des récits mensongers, mille fois pluspemicieux pour lui que l'ignorance de son premier âge. Les publicistes n'ont écrit qu'avec des idées dans une matière où ils auraient dû n'écrire qu'avec des sanglots. Sans s'inquiéter de savoir si l'homme sommeillait ou non dans un abîme, ils ont pris les agitations convulsives de sa situation douloureuse pour les mouvements naturels d'un corps sain et jouissant librement de tous les principes de sa
vie; et c'est avec ces éléments caducs et tarés qu'ils ont voulu
I
former Tassodation humaine et composer Tordre politique. Pouvaient-ils plus grossièrement abuser l'homme ! Si je lui promettais à mon début de ne le point égarer comme eux, je nuirais d^avance à ma cause, et le lecteur, ne voyant d'abord que de la présomption dans ma promesse, s^armerait d'autant contre mes raisons. Si cependant je n'avais à lui offrir que les mêmes solutions que je viens combattre, ce serait joindre la mauvaise foi à l'inconséfuence <pie d'oser prendre la plume. Je me contenterai donc de remettre les pièces du procès sous ses yeux, évitant, autant que je4e pourrai, de réveiller sa prévention, mais ne cherchant point à capter sa bienveillance. Qu'il sache seulement que je suis le premier qui ai porté la charrue dans ce terrain à la fois antique et neuf, dont la culture est si pénible, vu les ronces qui le couvrent et les racines qui se sont entrelacées dans ses profondeurs. QuHl sache enfin qu'en me plongeant dans le précipice, comme un autre Curtios, je mé dé- voue, non point au désir ni à Tespoir de vivre dans la mémoire des hommes, qui est aveugle et précaire, mais au désir et à l'espoir de vivre dans la mémoire de la vérité, à qui rien n*é- chappe , et qui ne glorifie que ce qui doit Pètre.
ÉCLAIÊ SUR ^ASSOCIATION HUMAINE
DU BDT ADQUBL TENDENT TOUTES LES ASSOCIATIONS
BUKAINBS
Malgré les énormes abus des pouvoirs qui gouveruent la terre, touf es les associations humaines^ de quelque genre qu*elles soient, ont inté- gralement un but unique qui frappe les yeux et que personne ne peut cotitester, car on le voit écrit non-seulement dans le désir intime des gouvernés, mais encore dans toutes les hypocrisies des gouvernants, qui sont obliges de colorer de son nom leurs maladresses ou leurs brigandages, et qui, tout en molestant Tespèce humaine dans ses possessions, dans son repos, dans sa vie même, ne se permettent pas cependant de nie^ formellement ce but authentique et de mentir hautement à la pensée de Thomme.
Or, ce but, ce terme auquel tendent en réalité lés gouvernés dans toutes les associations humaines, et où tendent au moins en parole les gouvernants, quel est-il? N'est-ce pas de voir régner et d'établir parmi les hommes assemblés et dans la force souveraine qui se pré- sente pour les riêgir^ une justice, une sagesse, une prévoyance protrctrice, une sorte d'ordre puissant et fécond, inconnu à Tétre purement animal et non intelligent, un ordre qui n'appartienne qu'à la classe distinguée de l'homme, c'est4-dire qu'à la classe pensante et qu'à la source de la pensée, et par conééquent qui soit divin, puisque, selon toutes lés notions humaines, il n'y a qu'une pareille source d'où puissent dériver tous ces caractères?
Nous ne nous égarons donc point en disant que c'est aux fruits purs de la pensée divine et à la base même de cette lumière positive que les
publicistes et les instituteurs des nations Tentent aussi atteindre dans toutes leurs doctrines, puisqu'ils ont tous la prétention d'y être arrivés, et rassurance de vouloir nous le persuader, lors même que, par leurs méprises et leurs ténèbres, ils s'en tiennent à une si grande distance et semblent nous mener au terme opposé.
En effet, si le but auquel ils veulent nous conduire est cet ordre puissant et fécond, inconnu à l'être purement animal et non intelligent, pourquoi vont-ils donc chercher les éléments de l'association humaine dans les simples besoins de notre être matériel et physique?
Parmi les nombreux publicistes qui ont fUt ce fiiux pas, je citerai seulement Helvétius, dans son Essai sur le Droit et les Lois politiques du gouvernement français. Il fait nattre du travail libre l'amas des subsistances, et de Tamas des subsistances il fiiit nattre la propriété, qu'il regarde alors comme étant de droit naturel; et enfin de la pré- voyance naturelle à l'homme il fait naître la réunion des forces pour la conservation des subsistances, et, par conséquent, selon lui, la formation des associations.
Mais, dans tout ceci, je ne vois rien qui s'élève au-dessus de la classe non intelligente et purement soumise à la loi physique, car j'aperçois parmi les animaux plusieurs espèces qui s'adonnent au travail pour l'amas de leurs subsistances, et qui, pour les conserver quand elles sont menacées, vivent aussi en association, sans que cependant il dérive de là un état social politique conforme à ce but sublime dont nous venons de parler, et que les publicistes se proposent; et même le mot librej qu'emploie Helvétius pour peindre le travail de l'homme, ne prouve rien ici, car le travail en question a dû, selon les écrivains, avoir lieu d'abord pour l'individu avant que cet individu fût membre du corps social et que sa possession devint propriété ; ainsi ce travail matériel, libre, individuel, n'explique point le passage de l'état naturel à l'état politique, et ne se montre point évidemment comme l'élément primitif de l'association, puisqu'un homme qui ne posséderait rien ne pourrait jamais devenir membre de la société.
D*un autre côté, cette prévoyance que les publicistes accordent à l'homme civilisé est bien loin de se trouver universellement dans l'homme sauvage qu'ils étudient mal, et duquel cependant ils veulent faire dériver tous les ingrédiens moraux dont ils ont besoin pour composer leur homme politique. En effet, Rousseau, qm', en ce genre, n'a pas remonté plus haut qu'eux, nous dit que certains sauvages vendent
le matin leur hamac, sans songer qu'ils en auront besoin le soir pour dormir.
Les publicistes ne sont guère mieux fondés dans leur opinion sur la propriété considérée comme base de l'association. Le voyageur le Vaillant nous dit que parmi les Hottentots, nul n'a le droit de retenir ce qui appartient à tous, et que la moindre inégalité serait la source des plus grands malheurs ; il dit aussi que tel est le caractère du vrai sauvage, et que telle est la nature.
Si la propriété en commun est celle de la nature, la propriété individuelle ne l'est donc plus, ou elle n'a dû marcher qu'après l'autre, ainsi qu'en a jugé Rousseau' lorsqu'il a dit que celui qui, le premier} enferma un champ et le regarda comme à lui, fût l'ennemi du genre humain.
Par conséquent, cette propriété individuelle ne sera point le premier élément de l'association, ou bien il faudra se contredire et montrer maintenant cette propriété individuelle comme antérieure et plus naturelle que la propriété commune; ensuite il faudra nous montrer par la même inconséquence Tordre sodal civilisé des grands peuples, comme étant d'un degré plus près de la nature que l'ordre sauvage, puisque parmi ces grands peuples civilisés on est bien loin de la propriété commune, et que chacun n'y songe qu'à sa propriété particulière.
Si, d'une part, l'association, que Ton suppose avoir été dans le sauvage le fruit de l'amas des subsistances, se trouve aussi dans les animaux ; si, de l'autre, la prévoyance que les publicistes supposent dans cet homme sauvage ne se trouve pas en lui universellement, ceux de ces publicistes qui sont de bonne foi conviendront ici qu'il était difficile de se former un ensemble plus complet de contradictions et de difOcultés inadmissibles que celui où ils s'exposent en prenant dans des sources aussi mélangées et aussi ténébreuses la première pierre de leur édifice. Ce sera bien pis lorsqu'ils voudront amener cet édifice jusqu'à sa perfection, c'est-à-dire jusqu'à ce contrat social qui doit être comme l'axe de la roue politique et le point d'où elle reçoive et où aboutissent tous ses mouvements.
C'est sans doute une belle conception que celle d'une asiociation qui défende et protège de toute la forée commune la personne et Us biens de chaque associé^ et par laquelle chacun^ i^unissant à tous, n^ obéisse pourtant qu*à lui^mimej et reste aussi libre qu* auparavant. (Contrat socûUj liv. I, cb. VI.) C'est une belle conception que celle
é^Vffi cofj>9 moral et collectif composé d'autant de membres que Tassemblée a de voix^ lequel reçoit de ce mime acte d*fusociation son unités son moi commun^ sa vie et sa volonté. (Ibid.) C'est» dis-Je, une belle . coQception que celle de cette personne pubUque qui se forme ainsi par Vunion de toutes les autres^ et qui prenait autrefois le nom de cité. (Ihid.}
Mais le palais d'Armide est aussi une belle conception; néanmoins la fée qui l'a bâti d'un coup de baguette ne nous Pa donné que comme une fiction et non point comme une réalité j or, si pour concourir à notre agrément elle a usé si ingénieusement du droit de feindre qui lui appartient, si, dans cet ordre de choses» tout ce qui est agréable est légitime^ il n'en est pas de même de l'histoire sociale et politique de la famille humaine. Le droit de fiction est refusé au grave publiciste qui, par les abus de sa pensée, pourrait nous repaître d'imposantes chimèreSf au lieu des soh'des vérités dont nous avons si grand besoin.
SOURCE DE l'bRREDB DES PUBLICISTES
Heureiiseqiq^t <j^'avec unie légère atteptipa on yçut ^ent6i ç'éwr nouir la féerie politique de tQua nps putiliçistea»
l*" Rousse((u lul-piême, en vfiofi expoaaip^t les ct^uae^ de ce contrat p^éte^du, avoue iqgénuxoe^t qu'elles n'oint peut-être jamais été f» mellen^nt éaqqçées. (Ibid.), Ce qui est, dans lie vrai, détruire d'une main ce qu'il b&tit de l'ai^tre» H ne devait pas laisser lutter le^ élans de son génie coptre le poids des faita s'il n'était pas sûr de n'en être pas écrasé; et dansi le vrai, si ce pacte social, qui demande dans les volontés un si grand ensemble et daoç les facultés m(M*ales et intiellectuelles un si gçaQd développement, avait jamais eu lieu tel qu'on voudrait nous le pjrésenter^ comment serait-il possible qu'un si grand monuuienty composé à la fois de tous les dons des hommes, ne nous eût transmis, in^gré ie^ ravages des siècles,, aucunes traces de soa existejçice?
s® Dèci que Tqsage û'wuaaBMir d«9 sutttistances n'est point comman à tous les peupjea et qu'il n'y a point primitivement pour eux de propriété particuUère, quand ils sont en corps, on voit que si l'association d'q pu être enfantée par Iç nécessité de conserver cet amas de subsîstaoceSv il est encore plus impossible que ce motif devienne posiliveo^eat le lien du contrat social et politique^ puisque l'objet même de ce contrat n'est pas toujours présent e% qu'il n'est point universel garmi les sauvages où les publjcistes vont prendre leurs exemples.
3*" Si nous ne trouvons pas non plus universellement dans le sauvage cette prévoyance nécessaire pour former même la plus simple association politique à la manière des publicistes, quoiqu'il en forme si souvent de guerrières pour sa défense, comme plusieurs espèces d'animaux, à plus forte raison ne trouverons-nous en lui ni cette prévoyance si perçante et si mesurée, ni ces profondes et délicates combinaisons d'où seules aurait pu résulter ce superbe contrat politique qiie les plus sages tôtes ont tant de peine à composer, malg^ré toutes leurs lumières et leur sagacité, et qu'elles sont obligées, en dernier résultat^ de réduire comme nous au rang stérile d'une belle conception, car il vaudrait autant nous dire que ce sont les enfants de Roi^e et d'Atbèpes qui ont imaginé et établi le sénat et l'aréopage. Si pour former ce sublime pacte social nous ne trouvons dans notre être inférieur auQua des éléments qu'exige nécessaireqient une semblable entreprise, n'est-il pas pjus que probable que ce n'est point dans l'ordrq humain simple et réduit h lui-même que résident les matériaux de ce vaste édifice T
Nous pouvons donc dès à présent constater la véritable cause qui empêche les publicistes d'atteindre h ce but vaste, fécond et lumineux auquel ils tendent. Leur défaut essentiel est le même que celui de tous les philosophes naturalistes, c'est de vouloir faire dériver l'ordre mor^l quelcQuque de la seule région des sensations animales et de nos besoins purement physiques, tandis que dans notre pensée saine et dans notre réflexion bien ordoqnée, nous sentons que les causes doivent tovfQurs être supériewres ava effets^ au lieu que dans l'hypothèse quAje viens de combattre, ainsi que dans toutes celles de cette classe, les effets seraient de beaucoup supérieurs aux causes.
Si forcément ils laissent filtrer dans leurs tableaux quelques nuances de la nature vive de l'homme, ils les altèrent et les déshonorent en ne les ^pUquant qu'à la subsistance de son être matériel et aux soins de
rhomme animal, tandis que, selon la logique la plus rigooreuse, chaque faculté doit être employée à des choses de sa classe et à produire des fruits de son ordre, quand même ils ne lui seraient point égaux.
Rousseau, qui a quelquefois approché du terme plus que les autres, semble ne l'aborder que pour s'en éloigner ensuite avec le vulgaire des penseurs. Il commence par regarder la ftmaille comme la plus ancienne des sociétés et comme la seule société naturelle; mais après avoir en cette idée, très-louable et qui lui eût tout expliqué s'il l'eût approfondie davantage, il di&sout le lien naturel de cette société dès que le besoin physique des enfants cesse ; et, selon lui, si cette société continue, ce n'est plus naturellement, mais volontairement et par convention, soit ; mais, en admettant cette convention volontaire, elle doit changer d'objet, puisque l'homme change d'&ge à cette époque et que la moralité est censée s'élever alors en lui comme un flambeau qui lui découvre d'autres besoins que ceux de son être physique.
On a regret de voir un aussi beau génie ne pas arriver Jusqu'au but; on a regret qu'il ne sente pus Jusqu'au vif que l'homme-esprit a aussi une nature qui lui est propre, et dont les besoins réciproques peuvent et doivent former une société bien plus solide et plus impé- rieuse encore que celle qui ne repose que sur les liens physiques et les besoins de la matière; on sent que, dans cet écrivain, le spécieux et l'apparent prennent la place de la vérité. On sent même Jusqu'au goût de terroir, et on voit dans son système sodal le citoyen de Genève tout imbibé des belles conventions de son pays, s'infiltrer involontairement et par habitude Jusque dans l'homme de la nature ; on sent enfin que s'il croit par intervalle à l'homme-esprit, il ne considère néanmoins que l'homme rétréci et comme animalisé par toutes nos relations et tous nos besoins politiques; et ainsi il éloigne lui-même la seule clef qui pouvait lui ouvrir la région du véritable homme social. Il rend bien Justice aux idées de liberté et de volonté; mais, à force de ne porter ses regards que sur la chose politique civile, il ne donne à ces deux mots que les droits dont ils devraient se défendre, et ne uous montre point le véritable usage auquel l'homme social devrait les employer. En un mot, il examine, comme tous les autres publicistes, les lois et les conventions que, selon lui, ces deux facultés ont faites ou ont dû faire ; et il ftillait seulement examiner les lois et les conventions qu*elles auraient dû suivre. II fallait dire à ces facultés : ConnaMez les lois et les conventions immuables qui sont avant vous; remplissex-^
les, et alors Vordre social sera dans sa mesure. Car ce serait une nouveauté inouïe dans toutes les classes et dans toutes les séries des êtres, qu'il y en eût un seul qui fût envoyé par sa source dans une région où il eût à faire les lois selon lesquelles il y devrait vivre ; où il ne trouvât pas ces lois-là toutes établies, et où il eût autre chose à faire que de s'y conformer : axiome que nous ne craignons point de soumettre à l'eiamen des plus sévères observateurs, et qui d'avance nous apprend le cas que nous devons faire de toutes ces lois que l'homme politique se fabrique lui-même tous les jours. Puisque les plus savants publicistes s'égarent ainsi, lors même qu'ils paraissent chercher de bonne foi le but de l'association humaine et le point originel d'où elle dérive, portons-nous donc vers d'autres sentiers, si nous ne voulons pas conimettre les mêmes fautes et tomber dans les mêmes erreurs.
LE BUT VÉRITABLE DE L'ASSOCIATION HUMAINE NE PEUT ÊTRE AUTRE CHOSE QUE LE POINT MÊME d'OU ELLE EST DESCENDUE PAR UNE ALTÉRATION QUELCONQUE.
L'homme ténébreux et Inconséquent veut n'être qu'animal et brute lorsqu'il s'agit de ses passions et du règne de toutes les sensualités de sa matière; il veut être esprit et plus qu'esprit lorsqu'il s'agit de sdences, de connaissances et des lumières qui appartiennent au règne de la vérité. C'est de ces deux sources si constantes et si contraires que résultent tant de diverses opinions et tant de disputes infructueuses sur la nature de l'homme. Quoique cette question, si l'homme est un être spirituel, soit décidée négativement par ceux qui se rangent du parti des sens; quoiqu'elle puisse être indécise pour ceux qui sont tantôt le jouet de leurs sens, tantôt entraînés par leur orgueil, on ne s'attend pas ici qu'après tout ce qui a précédé, et tous les témoignages consignés dans nos autres écrits , nous nous déclarions pour un autre avis que celui de l'afdrmative. Oui, nous reconnaissons authentiiiue-
méat Tbomme comme étant tkn être spirituel entièrement distinct de 19^ nature> quoiqu'il soit combiné et comme fondu avec cette snbstaoce hétérogène; et nous ne craignons pas qu'aucune proposition contraire puisse renverser les bases sur lesqnelies nous avons plusieurs fois appuyé cette vérité dans nos ouvrages* Or, c'est de cette idée fondamentale que vont sortir tous nos principes sur l'association bumaine ; c'est pourquoi le lecteur qui n'aurait pas la même croyance que nous sur la nature de l'bomme peut se dispenser d'aller plu^ loin. Entrons en matière. Si l'homme est esprit, ainsi qpe je me £Eds gioife de le recoor naître, tout ce qui sort de lui doit avoir eu primitivement le caractère de l'esprit; car c'est une loi à l'abri de toute contestation, que tout être quelconque doit oflErir des résultats et des productions de sa nature» et par lesquelles on la puisse évidemment discerner. D'après ce principe, non-seulement tout ce qui sort de l'homme-esprit doit avoir eu primitivement le-caractère de l'esprit, mais, en outre, avoir eu encore le caractère d'un esprit régulier et ordonné dans toutes ses mesures, attendu que l'agent suprême, dont il ne peut émaner que des êtres qui soient esprits, n'en peut laisser sortir de lui aucun qui n'ait en soi ces sages et éminentes propriétés.
Lors dont que Ton volt la i^sée de l'btAnme produire désoeuvrés et des cOBceplions puisées tantèl danv on ordre ioMnoir à l'ordre de l'esprit, tantôt dans des irrégularités d6 ce mémo esprit^ on peut assurer que ces œuvres et ces conceptions désordonnées tiennent à une altération quelconque, et qu'elles ne sont point le produit pur de ses facultés primitives qui ne devaient rien manifester de semblable.
On peut assurer cependant aussi que ces résultats irréguliers n'ej^- cluent pas en lui le droit d'en produire de plus parfaits ; qu'ils sont souvent, au contraire, le fruit de ce même désir, puisque tout être a an penchant radical pour sa. vraie nature et pour la manière d'être, à laquelle il est appelé par son origine, vérité que le malade nous prouve jusque dans ses délires, au milieu desquels il ne tend pas moins à la santé^ qui est son état naturel. Eloûn, on pourrait dire que dans les désordres même de sa pensée» l'homme est un être qui cherche à remonter à un point d'où il était descendu. C'est ainsi qu'un homme tombé dans un précipice commence à gravir sur quatre pattes comme les animaux, tandis qu'auparavant il marchait droit sur ses deux pieds, comme les autres hommes; et quoiqu'il se traîne, quoiqu'il retombe même, à chaque tentative qu'il fait pour se relever, le but qu'il
se propose n'en est pas moios ^yideot. Aussi voiVon que les soins et les «gitatiea3 uoiverseUes que lea hommes se domient 3ur la terre, en tous les genres, ne sont que comme autant d'efforts qu'ils font pour retourner h w terme pour lequel ils sont faits^ et dont ils sentent la privation les tourmenter. N'est-ce pas là, en effet, ce mobile secret et antérieur à Torgueil même qui pousse les hommes aux travaux de l'esprit, à la culture des talents, à la poursuite de l'autorité et de la gloire? Us s'attachent à la eonquôte de tous ces objets comme à une sorte de restauration, comme s'ils cherchaient à recouvrer ce dont ils ont été dépouillée; et ce perfectioonemçnt ou cette restauration dont les hommea s'occupent, pour ainsi dire universellement, quoique sous des signées si divers, n'est rien moins, comme nous l'avons vu» que la jouissance de tous les droits de la pensée pure et divine^ et de paraître réellement des êtres divinisés.
Cette ardeur universelle à paraître tels et ce besoin que nous sentons de rencontrer des hommes qui jouissent réellement de ces distincts privilèges, indiquent assen, ce me semble^ que cette perfection ou ce terme régulier vers lequel les hommes tendent ne leur est ni étranger ni impossible à çitteind^e; j'oserais même dire que cette tendance vers ce larme régulier serait une preuve qu'ils y ont été, et qu'ils ne feraient par là que s'efforcer de rentrer dans leurs vraies mesures ; et ce serait la nature physique elle-même qui viendrait ici à mon secours pour justifier ma conjecture.
Ne voyons-nous pas en effet que le degré où l'eau peut monter est toi^ours égal à celui d'où elle est partie; qu'ainsi pour elle le point de tendance et le point de départ ne sont absolument que le même point, quant à l'élévation ? Ne voyons-nous pas que dans la végétation, le grain quelconque que l'on sème en terre arrive par sa loi ascendante jusqu'à la hauteur ou à la région où il avait pris naissance, de façon que le terme de sa fructification ou de sa perfection est le même que le tefme de son origine?
Enfin, ne voyons-nous pas que dans la géométrie l'ançfe de réflexion est toujours égal à l'angle d'incidence? Toutes vérités exactes et profondes qui paraissent comme la traduction, sensible du livre des lois des êtres libres, et comme les modulations relatives et harmoniques de leur ton primitif et fondamental. Ainsi, en appliquant ce grand principe à l'objet qui nous occupe, et en observant la marche que suivent les hommes dans le tourbillon confus de leurs civilisation^ et de leurs
associations, on peut juger, sans crainte de se tromper, que le terme auquel ils paraîtraient avoir envie de porter l'état social de la famille humaine est certainement celui où elle était, ou bien où elle devait être à sa naissance, quoique leur séjour dans le précipice, où on ne peut nier qu'ils ne soient tombés, leur ait fait perdre le souvenir de cet état primitif, comme on voit tous les jours des hommes perdre connaissance à la suite d'une chute.
Oui, si c'est à la source pure de la pensée juste et divine, et à son atmosphère lumineuseï qu'ils veulent ou au moins qu'ils feignent de vouloir élever toutes les parties et tous les ressorts de l'ordre social, on peut en conclure hardiment que l'association des hommes a dû commencer par son union avec cette source suprême de l'ordre et de la puissance, puisqu'if faut nécessairement que les deux points du jet d'eau se correspondent et soient les mêmes.
D'ailleurs, il faut remarquer encore que ce n'est que par des efforts violents et convulsifs que les hommes tendent à ce haut terme, et qu'ils ne grimpent que laborieusement vers ce premier point du niveau, dé- monstration irrésistible qui prouve qu'ils en sont descendus ; car s'ils étaient à leur point naturel, on les verrait procéder régulièrement et doucement, comme fait la lumière du soleil qui se propage en paix et sans secousses, ou comme un fleuve qui suit tranquQIement son cours.
DU PRINCIPE ORIGINEL DE L'ASSOCIATION PRIlilTlVB ET
SECONDAIRE
D'après ce que nous venons de voir, on peut poser ici la pensée supérieure, prise dans sa plus grande régularité et dans sa puissance la plus vive, comme étant le principe originel de toutes les associations des hommes. Ce doit être une pensée sage, profonde, juste, fertile et bienveillante qui ail été le lien primitif de l'association humaine, puisque c^est une pensée de ce même genre que les publicistes et les législateurs semblent se proposer dans leurs doctrines et dans leurs lois, et qu'ils voudraient paraître avoir obtenue. Cette pensée pourrait se re-
garder comme mi centre autour duquel se seraient constamment tenus rassemblés tous ceux des hommes qui se seraient laissé dominer par le charme de son empire doux et bienfaisant : c'eût été comme la racine vivante de l'arbre social ^ et cet arbre n'eût porté sur son tronc que des branches de son espèce, quoique avec des propriétés diverses.
Je n'ai pas besoin de peindre ici le tableau de cet état primitif, je l*ai tracé sufflsamment dans ma Lettre mr la Révolution française^ pages 21 et 22 , et tout chimérique qu*il doive paraître à l'homme imprégné de toutes les substances opaques dont nous laissons journellement envelopper notre intelligence^ il n'en paraîtra pas moins plausible à ceux qui se scruteront avec fï'anchise et avec une entière résolution, de parvenir jusqu'à la racine de leur être; parce qu'ils sentiront que cette racine de leur être n'est autre chose que cette pensée incommutable et divine qui est sans autre principe qu'elle-même, qui ne cesse d'agir dans la plus grande régularité et dans toute la vivacité de ses puissances; parce qu'ils sentiront qu'à l'instar de toutes les productions quelconques, ils ne peuvent trouver le repos qu'en étant assis sur leur propre racine, et que cette racine que j'ai déclarée être la pensée suprême^ n'a pu primitivement se couvrir que de rameaux intacts, en qui elle ftt pénétrer librement et sans obstacles toute Ja pureté desa sève.
Par l'altération évidente que l'espèce humaine a subie, et qui, conmie je n'ai cessé de le répéter à toutes les pages de mes écrits, est mille fois plus démontrée par une seule des journalières inquiétudes de l'àme de l'homme que le contraire ne peut l'être par tous les balbutiements des philosophes, l'homme s*est trouvé dans une situation bien infé- rieure à ce haut rang. La pensée sublime et divine, qui eût dû perpé- tuellement servir de centre et comme de noyau à son association primitive, s*est éloignée de lui, comme ne trouvant plus à se faire jour dans les canaux de son esprit qu'il avait resserrés ; mais, en s'éloignant de lui, elle ne lui a retranché que ses jouissances, et elle ne lui en a pas retranché le souvenir, c'est-à-dire qu'à l'instar des grands de la terre, que l'on exile quand ils sont coupables, le premier ancêtre des humains n'a point été précipité enfant ni ignorant dans la région téné- breuse où nous errons, il y a été précipité honune fait; et dans cette chute, on ne lui a ôté que l'usage de ses forces, mais on lui en a laissé le sentiment; sans quoi sa privation n'eût point été une punition pour lui, et il n'aurait point eu de remords de son égarement, car l'hommeenfant n'en apporte aucun dans ce bas monde.
D'un autre cdté, si f horoine avait été précipité enfatit , nVftt ea aucune prévoyance pour safisiUre on prérenir sea besoins, ear leâ enfants n*ont pas plus de cette prévoyance qu'ils n'ont de remords^ et il serait mort de misère et de faim longtemps avant Page ou cette pré- voyance eût pu naître en lui , nouvelle raison pout que cette pré- voyance, ou nulle ou tardive, ne puisse être prise pour la racine de l'assodatîoo humaioe, comme le prétei^dent les publicistes.
Mais, ainsi que nous l'avons (Ht, U en a été de ce premier homme comme il en est des illustres coupables dans notre ordre social actuel, soit civH, soit politique, lesquels, après )ivoir Joni des avantages de la faveur et de la fortune, se sont attiré, par leurs crimes, la dfsgr&ce de leur souverain ou de leur gouvernement; ils sont précipités dans le dénûment et l'humiliation ; il9 y sont précipités tout pleins encore de leurs jouissances et du souvenir amer de leur spfendeur. C'est alors qu'une nouvelle pensée se développe en eux; et cette pensée a pour objet de chercher à adoucir la honte de leur sort actuel et personnel, et de faire eu sorte que leurs descendants soient lé moins possible les victimes de la triste destinée de leurs parents.
Mais, dans tous ces cas, le soin de leur gloire et de leur honneur les occupera bien davantage que les soins de leur individu matériel, parce qu^ls ont vécu dans le sein de la gloire, etqu*ils n'y vivent plus, tandis que, dans leurs disgrâces, leurs souverains ne leur refusent ni rabondance, ni tous les soins corporels que peut permettre un exil. Or, le sentiment de la gloire tient à celui d'un centre glorieux et à la connaissance de la splendeur qu'il peut répandre sur nous, ou qu'il y a déjà répandue.
C'est dans ces circonstances qu'un père, lorsque ses enfknts seront en âge de le comprendre, leur retracera l'image de sa destinée première, comparée à celle qu'il est obligé de subir aujourd'hui, c'est alors qu'il réveillera progressivement leur intelligence et leur industrie, pour qu'ils essayent , chacun selon ses facultés et les occurrences, de se réintégrer dans les titres, les dignités et les possessions dont il a été dépouillé ; et peut-être par leur persévérance, leur activité et leurs talents, parviendront-ils à fléchir la rigueur du gouvernement, et à attirer sur leur famille quelque adoucissement et quelques faveurs, et à la rapprocher plus ou moins de l'état honorable qui fait l'objet de son ambition.
Je ne craindrai point d^ijouter que le gouvernement lui-même désî-
rera encore plus la recrtaunftlon de ces Illustres coitpdihBS qu'il n'a désiré leur ptiuftion, parce que si sa gloire se tnnrre da&s rexerdee de sa justice, elle se trouve encore plus à rassembter autour de lui et dans son sein des hommes remapqnaUes parieurs étefnentes Agilités, par l^étendne de leurs talecft^ et par la grandeur de leurs vMus, paisque c'est par de pareils hommes que son propre lustre peut tf^étendre.
Je SOTS convaincu que cet exemple eA entièremetit applicable à l^omme primitif. Je suis persuadé que le premier ancStre des hommes en étant précipité dans l^s liens terrestre^, y a apporté le souvenir de ^ gloire; qu'il a pu alors mesurer dans sa pensée non-«eulement tout l'espace qu'il aviut parcouru dans sa chute, mais encore les voies qui pouvaient lui rester pour remonter Jusqu'à son terme; je crois surtout que la main suprême, veillant toujours surluf dans son abtme, ne lui aura pas caché les moyens qu'elle pouvait encore lui accorder pour Yaiâer à se réintégrer dans ses droits; je crois enanqû'U aura transmis il ses descendafnts et les tableaux de soù ancienne gloire et les puis^ sautes espérances de retour qui Jui étaient accordées, et que ce sont ces notions divines et ces principes consolateurs qui, aprts la chute, ont dû servir de noyau ou de centre aux anciennes associations terrestres, comme ils auraîenl dû en servir à toutes celles qui leur ont succédé et qui leur succéderont Jusqu^à la fin des sièdes; caries peuples qui auraient commencé par être enfants n*auraient jamais formé d'associations si quelqu'un ne leur en eût fait connaître le véritable obfet, qui doit tenir & Pordre divin, puisque l'homme est un esprit de la classe divine, et si par conséquent celui qui le leur faisait connaître ne l'a^- vait pas connu lui-même.
Quoique par la chute de Thomme ces associations n'aient pu avoir pour objet que sa réhabilitation et celle de toute son espèce, on ne peut nier qu'avant sa «hute l'objet n'en eût dû dtre bien difKrent, puisque lé premier homme dans ce haut rang n'étant point mixte crt ténébreux, comme nous le sommes, ses Jouissances, ses trésors, ses lumières, son autorité, tout eût dû être dans l'ordre complet divin, ou en rapport avec cet ordre supérieur, ce qui a dû lui en rendre la perte et là privation ai douloureuses que nous ne pourrions nous en faire une idée juste qu'autant que nous rétablirions en nous l'image et le èaraotère de l'homme divinisé, afin d'être dans le cas de comparer ces deust états ; et quoique ici-bas ce titresubKme et prhnflif ne se montre plus, c'est néanmoins et du besoin de le recouvrer et des secours accordés
dans cette vue à rbomme égaré que noos pinrieodiîODS i former les véritables éléments des assodatioiis hamaines, q>rès la première dé- gradation de notre espèce.
J*ai avancé dans ma lettre qu'U n'y avait de vrai gouvernement qae le gouvernement théocratique; je le répète id autbentiquement, et je ne fais aucun doute que œ serait à ce terme final que se réuniraient tous ceux qui chercheraient de bonne foi et de sang-froid à scruter ces vastes profondeurs, car Tégarement du premier homme tenant à Tordre divin, il fallait que la punition, les douleurs qui en résultent, les remèdes et la guérison qu*il en pouvait attendre, tinssent également de cet ordre sublime ; or il n*y a que Dieu qui connaisse et puisse diriger Tesprit de l'homme dans ces sentiers; et Thomme qui de lui-même s'en arrogerait le privUége serait un imposteur et un ignorant.
Ainsi ce ne sont pas seulement les anciennes associations humaines dont nous trouvons ici la source et le noyau, mais nous y trouTons aussi la source et le noyau des religions, qui ne sont réellement dans leur origine que de véritables associations restauratrices dans l'ordre divin, puisque dans Tassociation antérieure à la chute, l'homme eût été uni à Dieu et n'eût pas eu besoin des laborieuses religioos pour s'en rapprocher; et ces esquisses jetées rapidement suffisent pour nous donner une idée de la base de nos associations terrestres et civiles qui, lors de leur institution, n'ont dû être que des associations religieuses, quoique, par suite des temps, ces deux objets se soient séparés et se soient continuellement laissé infecter de tant de falsifications, que l'esprit de l'homme ne sait plus où s'adresser pour s'éclairer sur leur principe comme sur leur destination.
Rousseau, sans doute, ne m'eût pas condamné de poser de sem* blables bases à l'association humaine, puisqu'il dit lui-même que les hommes n'eurent point d'abord d'autres rois que les dieux, ni d'autre gouvernement que le théocratique ; qu'ils firent le raisonnement de Caligula, et qu'alors ils raisonnaient jupte. {Contrat Soc.^ liv. IV, ch« VIII.) Mais moi, je lui reproche, aprè^ avoir aperçu ce coup de jour, de n'avoir fait que civiliser ce théocratisme; tandis que si l'homme est esprit, et si tout dans lui et autour de lui doit porter la teinte de l'esprit, il fallait, au contraire, thcocratiser jusqu'aux derniers rameaux du civil des peuples pour être dans la mesure et pour ne nous point entraîner dans des sentiers si tortueux, si décevants et si contraires au but et aux lois de notre être originel.
ALTÉRATIONS PROGRiSSSIVES DES ASSOCIATIONS HUMAINP.S
Dans ma lettre déjà citée, j'ai montré le développement progressif des facultés aimanles, judiciaires et coercitites de Thomme-esprit, qui ont engendré d*abord la société naturelle-fraternelle, puis la société civile, et enOn la société ; et j*05e dire que cette clef, absolument neuve, est la plus simple et la plus conforme à Tôtre de Thorome, qui ait été présentée depuis que les publicistes se sont occupés des associations humaines. Quoique dans cesdivers mouvements des facultésde Tbomme, la société humaine eût acquis diflérents caractères, l'objet de la société n'eût point changé pour cela; la restauration divine de l'espèce humaine eût toujours été son terme, et la pensée vive et supérieure eût toujours dû être son mobile, à quelque extension que se fût portée la forme de Tassociation, d'après les divers désordres qui auraient pu naître dans son sein.
Mais malheureusement ces désordres se sont introduits dans la sève même de Tarbive social et en ont bientôt défiguré la forme et la destinbtîon. L*homme, en se précipitant dans l'abime du temps, pour lequel il n^était point fait, avait aussi englouti avec lui quelques lueurs de cette pensée première et divine dont il s'était éloigné, mais qui voulait néanmoins servir encore de centre et de noyau & son association, en se proportionnant à ses mesures réduites et rétrécies; et lorsque cette pensée qui est une racine vivante, a voulu pousser sur la terre divers rejetons, elle n'a pu les montrer et les faire végéter qu'au travers des décombres de tout genre qui nous enveloppent et nous asser* viFsent par leur obscurité et leur pesanteur.
Au milieu de tous ces obstacles, Thomme n'a pas été plus docile à ce mobile divin qu'il ne l'avait été dans son état originel, et il a bientôt fini par ne laisser apercevoir que les immondices dont il était environné, et a laissé se voiler d'autant plus cette lumière resplendissante qui aurait pu le diriger encore dans son abtme.
D'ailleurs, dans ces f cories il s'est trouvé d'autres racines qui étaient vives comme la première, mais qui n'en avaient pas les qualités saines
et salutaires, et qui, Doo-seulemeot retardaient sa croissance, mais tendaient même à se mettre exclusivement à sa place et à occuper seules le terrain; c'est-à-dire qu'il s'est trouvé aussi des pensées fausses et désastreuses qui ont contrarié cette seconde pousse de cette première pensée ou de la première racine : il y a eu, d'un autre côté« des pensées avides et dévorantes qui ont détaché quelques branches de ce grand arbre; d'autres qui se sont entées sur ses rameaux et qui ont lâché d'en corrompre la sève, le tout avec de nombreuses variétés et de eontinuelies alternatives qui ont introduit dans l'associatioD bum^ne, je ne dis plus de simples diversités, mais les contrastes et les hétérogénéités sans nombre qu'on y aperçoit.
Et c'est ici où les publlcistes et les docteurs en législation ont laissé voir leur ignorance et la précipitation de leurs jugements; car, au lieu de s'élever jusqu'à la source de ces contrastes qui leur eussent toujours offert un astre ftxe au milieu de toutes les déclinaisons de leurs boussoles, et une tendance à la pensée vive, au lieu du simple instinct animal pour noyau de l'association, ils n'ont porté leurs regards que sur les obstacles matériels et terrestres, au travers desquels la racine pure aurait pu percer exclusivement^à toutes les autres ; c'est-à-dire qu'ils ont pris les scories pour la racine elle-même ; qu'ils ont pris pour principe de l'association ce qui, au contraire, ne tendait qu'à l'étouffer et à la détruire, et ce que l'association elle-même devait chercher à contenir dans de justes mesures; et c'est là ce qui leur a fkit inventer toutes ces explications et toutes ces opinions incomplètes, renversées de fond en comble par le principe qui sert de base à cet écrit , savoir que l'homme étant esprit de l'ordre divin, Il ftiut que la teinte et les caractères de sa classe se soient montrés dans son association secondaire ou restauratrice, pour pouvoir le ramener à son état de gloire, sauf les modifications indispensaUes que sa situation nécessite, et les chocs qu'ont éprouvés les deux espèces de racines spirituelles opposées qui ont végété dans son terrain.
En eflTet, malgré la choquante et déplorable bigarrure que nous oflVent les associations humaines, et surtout, malgré les eflRroyables contrastes que l'homme-esprit nous laLsse apercevoir, il est constant que c'est toujours une pensée vive, soit botine, soit mauvaise, qui est la base de ces révoltantes oppositions ; c'est toujours une faculté spirituelle, soi* juste, soit ftiusse, qui sert de noyau à toute sesociation humaine quelconque, ainsi qu'au plan des conquérants et des législateurs des
nations; et tons les mobiles matériels que les publicistes mettent en place se peuvent bien présenter pour être finalement un des résidus de l'association, maïs non point pour en être le principe; car Tassociation vraie elle-même s'occuperait sans doute aussi de ces objets matériels pour l'utilité générale de ses membres, mais elle ne s'en occuperait qu*avec mesure et que par le mo>en de ce même noyau vif, ou de celte pensée supérieure et génératrice qui lui servirait de centre.
Nos associations fausses et vicieuses s'occupent sans doute bien plus encore de ces objets matériels; avec cependant cette différence que les divers membres de ces associations défigurées songent beaucoup plus souvent à eux-mêmes qu'à leurs concitoyens ; mais c'est toujours un fruit d'esprit, quoique vicié, qui fait la source et le principe de leur impulsion, comme le régulateur de leurs mouvements; et l'on pourrait dire même que ce ne sont pas réellement les besoins matériels qui leur servent de mobile ; car on voit tous les jours que les plus grandes cupidités, la plus grande fureur d'envahissement, d'accumulation de propriétés, enfin de toutes les dévastations des conquérants et des gouvernants se trouvent aussi dans ceux des hommes qui sont déjà plus que repus de l'abondance* et qui jouissent de tous les moyens de suffire et au delà à tous les besoins matériels. Ce n'est donc point» je le répète, l'homme animal, c'est l'homme-esprit, bien ou mal dirigé, qui sert de base radicale à tous ces mouvements secondaires des associations, et à toutes ces convulsions sociales, parce que l'homme cherche toujours à faire équilibre, quand même ce serait à contre-sens.
Cest ainsi qu'au milieu d'une association politique paisible et bien gouvernée, autant que cela nous est possible aujourd'hui, on voit s'é- lever un rebelle qui, entraîné par un mobile d'orgueil et d'ambition, forme un centre opposé au centre général, et fait naître, par un démembrement, une association au milieu d'une association ; tandis qu'une autre fois ce sera au milieu d'une association inique qu'il s'élèvera un homme de bien qui, entraîné par son zèle pour la véiité et la justice, en rétablira les bases et formera un noyau pur autour duquel se rangeront de nombreux associéis, et qui contiendra ou détruira l'association illégitime. Le balancement successif est universel sur la terre parce que les mobiles de ce double mouvement sont des mobiles vifs qui se trouvent tous sous ces ruines désastreuses où l'espèce humaine est engleutie» et
quoique je ne m'attache point ici aux détails et à la variété des couleurs et des résultats politiques qui en doivent provenir, il demeure toujours certain que c'est un acte de l'esprit, et d'un esprit tendant à remonter à son terme qui forme la clef de toute association humaine, parce que l'homme est un esprit transposé, et que, soit dans Fa marche régulière, s oit dans ses écarts, il ne peut manquer de manifester son titre.
Bien plus, les hoounes qui se rendent les mobiles de ces divers balancemputs s'annoncent quelquefois aussi comme autant de Dieci, et quoiqu'ils ne soient souvent que des monstres qui, néanmoins, trouvent parfois des peuples assez imbéciles pour leur donner les honneurs de l'apothéose, ils démontrent même, par leurs entreprises dévastatrices et par les criminelles déiflcations dont ils s'enivrent, que l'homme et toutes les associations dans lesquelles il vit devrait avoir eu le caractère divin et sacré pour terme, comme il est certain qu'elles l'ont eu pour principe et pour origine; et quels que soient les écarts et les extravagances de Thomme, la loi de son niveau se montre partout.
RÉSULTATS DF. l'aLTÊAATION DES ASSOCIATIONS HUMAIIIBS.
On a vu dans ma lettre, déjà citée, que la propriété de l'homme aujourd'hui était son indigence, et que la souveraineté des peuples était leur impuissance; je puis ajouter ici que dans l'éfat d*aUération où Tespèce humaine languit depuis la chute, la première lumière des publicistes et des législateurs humains est leur ignorance.
L'indigence des hommes se prouve par les soins universels qu'ils prennent tous pour y suppléer et qui les trompent de la manière la plus abusive { car ce pourrait être une assertion extraordinaire, mais ce ne serait pas une assertion fausse, que de dire que c'est parce que l'homme autrefois ne possédait rien qu'il avait tout, et que depuis qu'il est sur cette terre, c'est parce qu'il possède tout qu'il n'a rien ).
L'impuissance des peuples se prouve par leurs armes.
L'ignorance des publicistes se prouve par leurs tâtonnements sur le
pacte social ; celle des législateurs par les lois précaires et hasardées qui émanent d'euxjournellenent et qu'ils lancent toujours en aveugles sans pouvoir en mesurer la portée.
Dans le vrai, les maximes des publicistes, ainsi que nous Tavons vu, font marcher l'esprit et l'inlelligence à reculons» en allant chercher dans Tordre inférieur les bases et les sources de Tassociation humaine, qui ne peuvent se trouver que dans l'ordre supérieur. En outre, elles le font mardier dans le vague, en composant le pacte social avec les droits que l'homme n'a plus; en lui faisant transporter aux autres membres, ses concitoyens, une lumière et des pouvoirs qu'il n'a pas, et en lui faisant abjurer ceux qu'il a, s'ils ne sont pas conformes à l'ordre factice qu'il ptatt à ces publicistes de faire résulter de la simple volonté humaine, ou de ce qu'ils appellent la volonté générale, expression dont ils sont bien loin d'avoir le vrai sens, comme on le verra en son lieu.
Une autre espèce d'altération, qui dérive de ces aberrations de l'intellîgence des publicistes, c'est lorsque l'association et ceux qui la dirigent, loin de porter les yeux de l'homme vers ce point du niveau divin spirituel et religieux dont il est descendu, et vers lequel ils devraient tourner sans cesse les regards et les efforts de la famille sociale, ne les portent plus que vers les objets matériels qui ne concernent que son existence animale et que la sûreté physique du corps politique, toutes choses qui devraient bien être un accessoire de l'œuvre sociale, mais ne devraient pas en absorber, comme elles font, le but et l'esprit. Or quelle est l'association politique sur la terre qui ne nous offre pas ce caractère évident de dégradation !
Ainsi toutes ces autorités politiques, qui sur la terre, ne savent plus remuer dans leur administration que des leviers matériels, ou, si Ton veut, que les immondices qui recouvrent entièrement l'objet de l'assodation humaine, sembleraient, si la comparaison était plus présentable, n'être plus que comme cette classe d'hommes dont l'emploi est de ramasser dans les villes et de transvaser les boues et les excréments, e! qui, en travaillant uniquement ces matières d'infection, voudraient cependant se comparer et se confondre avec les administrateurs de l'État et les colonnes du gouvernement.
Que sera-ce donc si nous observons conunent les gouverneurs des nations remplissent même le but matériel auquel ils ont fait descendre l'association homaine ? Nous y verrons que, bien loin d'apporter au peuple le secours de Phomme*esprit, conformément au niveau divin et
religieQx, ^ est son unique terme camme son unique principe; an Hea même de lui procurer le bonheur dans son existence matérielle, qui dé- coulerait naturellement de la même voie, ils ne savent gouverner qu*en extrayant de ce même peuple ces mêmes biens qu'ils auraient dû verser sur lui ; ils ne savent administrer les propriétés de leur pupille qu'en ravageant ces mêmes propriétés et en martyrisant» sous tous les rapports, ceux qu'ils auraient dû soulager.
Quelle distance il y a de cet ordre de choses à celui par où les associations humaines ont commencé et par lequel elles auraient dû se régir, si les autorités eussent continué d'être réelles et effectives dans Tordre de l'esprit comme elles ont dû l'être dans l'origine où la chose divine et religieuse fut le vrai noyau et le vrai centre de l'association des hommes!
Les autorités qui ont succédé à ces autorités antiques et virtuelles, n'étant plus que ie fhiit de la convention humaine, qui est tout le secret des publicistes, n'ont remplacé cette pensée pure, efficace et divine qu'elles n'avaient plus, que par des tâtonnements et des fureurs extravagantes, au lieu des secours réels en tous genres et puisés dans rbomine^esprit bien ordonné qu'elles n'auraient jamais dû cesser de verser sur nous.
Aussi tous les gouvernements politiques quelconques et sous quelque mode qu'ils se présentent, n'étant plus animés de ce noyau central, divin.et religieux qui fut leur principe, n'ayant conservé que le nom de ce noyau vivificateur, ou même l'ayant éloigné tout à fait, ne sont plus aux yeux de l'homme observateur que comme des mains diffé- rentes dans lesquelles passe alternativement le même bistouri avec lequel elles s'industrient à disséquer les nations tout en prétendant les organiser et protéger leur exi^stence.
Et à ce sujet, pour ceux qui ne portent pas leur science politique plus loin que l'écorce de l'arbre social, et ne voient rien au delà des formes du gouvernement, voici tout ce que j'aurais à leur répondre, d'après les tableaux qu'on vient de parcourir : Vous vous disputez, leur dirais-je, pour savoir quelle est la meilleure forme de gouvernement; eh bienl si ces mains dont je viens de vous parler sont maladroites ou mal intentionnées, vous devez désirer d'en resserrer le nombre le plus possible, parce qu'alors le mal ira au rabais ; si elles étaient adroites et bien intentionnées, ce serait le contraire, parce qu'alors l'enchère du bien ou la diminution du mal irait en accrois-
sèment. Mais en trouveres-vous beaucoup de ce genre? Si elles étaieni éclairées et rapprochées de ce noyau central^ divin et religieux, qui est la seule clef de la véritable association humaine, vous n'auriez point à spéculer sur leur nombre et sur leurs mouvements, vous n'auriez autre chose à faire que de vous y abandonner avec conûance.
Résumons ici le tableau des progressions successives de l'association humaine et des altérations qu*eile a subies. En contemplant cet objet, selon qu'une pensée approfondie le montrera à tout être attentif, voici l'échelle que nous trouverons :
État primitifs pur et divin, tel que nous sentons qu*il aurait dû être et vers lequel tendent tous les peuples : Dieu, centre et noyau de toutes les associations de Thomme-esprit, et bien ordonné dtains toute la régularité de ses mesures. Républiques divines où tous les membres n'auraient eu qu'un seul esprit.
État secondaire simple^ fnais au-dessous de la première harmonie^ gouvernement théocratique religieux : L'homme-roi, parmi les siens, pour leur transmettre ce qu'il a pu conserver de son premier état, soit par lui-même, soit par les faveurs bienfaisantes de la main suprême qui ne l'abandonna point et qui seule l'appela à la royauté, dont il posséda éminemment tous les pouvoirs sans exception.
État troisièm^^ laborieux et en délibération^ théocratie simplement spirituelle : Aristocratie supérieure où, par de sages conseils, la famille sociale trouverait de puissants secours pour se soutenir contre ses ennemis, et où les gouvernants auraient aussi quelques pouvoirs de Thomme-roi, mais d'une manière plus compliquée.
Étatqitatriime^ multipkisans lumières^ excepté celles de la nature inférieure : Les diverses familles du genre humain livrées à tous les torrents qui s'écoulent de la source de l'homme-esprit non régulier ; mais cependant, étant alors plus égaré que perverti, et où il lui reste des ombres et des images de la justice et des pouvoirs de l'homme-roi qu'il pourrait exercer encore utilement s'il prenait le soin d'en recueillir attentivement les débris et de les raviver par la droiture de ses intentions.
Il y a un cinquième degré qui est l'iniquité même et dont il n'est pas nécessaire de parler ici, quoiqu'il en filtre des rayons dans la plupart des associations humaines.
Au lieu de remonter tous ces degrés par lesquels l'ordre social était descendu, les hommes ont voulu passer de leur dispersion naturelle è^
la coaronne humaine, puis aux aristocraties humaines, puis aux républiques humaines, le tout sans apporter dans tous ces mouvements aucun des éléments qui les avalent suivis dans les progressions supé- rieures ou spirituelles; et c'est alors qu'à force de marcher dans l'ordre inverse, ils font que les extrêmes se touchent et que l'un de ces extrêmes attire l'autre, surtout lorsque les choses arrivent à un point où ce n'est plus l'homme seul qui fait les révolutions, comme cela se voit dans la nôtre, malgré les horreurs et les extravagances dont elle a été souillée.
DE LA VÉRITABLE VOLONTÉ GÉNÉRALE
La volonté générale ne se composée point aujourd'hui de la volonté de tous, comme l'établlssenl des publicistes et comme les associations humaines voudraient avoir l'air de le justifier. Premièrement, dans l'état des choses, les intérêts sont trop opposés pour que les volontés soient uniformes; secondement, quand elles le seraient, elles ne feraient encore rien pour le véritable bonheur de l'association, puisqu'on ne leur présente à discuter que des objets qui ne tiennent plus au but essentiel de cette association, qui est la restauration de l'homme dans ses mesures divines, et que quand on leur présenterait des objets d'un autre ordre et capables de les ramener à ce but important, elles n'auraient plus les lumières nécessaires pour en décider, attendu que pour les recouvrer il faut commencer par se faire homme-esprit dans le sens supérieur, et que c'est à quoi ceux qui se mêlent des affaires publiques s'occupent le moins ; et cela parce qu'il leur suffit que leurs titres leur donnent l'apparence de tous les mérites requis, et que leur nomination ou le soi-disant contrat social les dispense d'en avoir la réalité, tandis que pour le moindre métier mécanique il faut au moins passer par l'apprentissage et faire ses preuves.
Mais les principes ne sont pas aussi flexibles que les opinions; et il demeure toujours incontestable que ce ne sera jamais la volonté gêné-
raie qui se formera des volontés particulières; ce sont, au contraire, les volontés particulières qui doivent se former de la volonté générale, c'est-à-dire, pour parler de manière à prévenir toute équivOi|ue, les volontés particulières qui doivent se conformer à celte volonté géné- rale qui existe sûrement avant les volontés particulières, puisque, selon les principes qui nous dirigent dans cet écrit, la volonté générale ne peut être autre chose que la source unique de la pensée universelle et divine, et que cette pensée vivifiante elle-même, qui, dans l'origine, devait être l'aliment de Thomme-esprit, qui devrait encore le diriger dans tous les sentiers tortueux de Tordre social où il s'est jeté et eu il se jette tous les jours, et qui paraît si respectable et si nécessaire aux publicistes et aux législateurs, pour se pouvoir faire écouter des hommes, qu'ils ne cessent de vouloir se montrer à eux comme étant ses organes et ses ministres.
Ainsi, plus persuadé que jamais que toutes les associations humaines ne peuvent être régulières et solides qu'autant qu'elles sont théocratiques, nous dirons hautement qu'il n'y a de volonté qui puisse être générale que la volonté universelle de l'éternelle sagesse, qui embrasse tout; que c'est à ce terme exclusif que la voix suprême appelle géné- ralement toutes les nations et tous ceux qui la voudront entendre , et que toutes les autres volontés quelconques qui ne tiennent pas à ce noyau central des associations humaines régulières, ne doivent se regarder que comme des volontés particulières qui peuvent bien former quelques agglomérations partielles, mais qui ne se lient point à la grande harmonie, et prétendraient en vain appartenir à ce qu'on doit appeler la volonté générale.
Écrivains, qui n'avez voulu former le contrat social qu'avec des élé- ments moraux viciés ou nuls, ou qu'avec des éléments aussi débiles et aussi inférieurs que ceux qui ne tiennent qu'à l'ordre physique, voyez ce que vous devez penser de vos doctrines mortes sur la volonté gêné* raie. Ne cesserezvous de vouloir marier des cadavres? Les fruits infects qui résultent de ces alliances ne parviendront-ils jamais à \*ous désabuser? Oui, le véritable contrat social n'est que l'adhésion de tous les membres du corps politique à cette antique volonté générale qui est avant lui, et qu'il ne pourra jamais créer avec toutes ses opinions et toutes ses volontés particulières, quelque uniformité qu'elles pussent avoir, si elles ne sont pas prises dans cette base et dana cette univerbolle lumière ; c'est là ce qui aurait consacré les premières familles du
genre bumain, où les entente, inetruîu par leurs pères, auraient trouvé un intérêt plus vif à rester unis à leurs parents, après môme répoque des besoins physiques de leur bas âge, qu*ils n'en eussent trouvé à s'en séparer ; parce que ces parents auraient eu des dons et des facultés dont leurs enfants n'auraient pu dédaigner les fruits sans se nuire, et dont ils auraient pu se passer, quand môme ils auraient été jouissant de toutes les forces de la jeunesse et au-dessus de tous les besoins du bas &ge ; et ce lien social, puisé dans la nature de Tbomme^ esprit , est plus que suffisant pour assurer la sociabilité humaine et rétablir sur des fondements solides.
C'est cette même lumière qui, se propageant dans les différents ftges, aurait consolidé les différents corps politiques, puisqu'ils n'auraient pu tirer que d'elle seule la force, l'appui et la direction nécessaires à leur existence; c'est enfin là où les différents chefs et les différents administrateurs auraient puisé cette importante sanction dont j'ai peint le sublime caractère dans ma lettre déjà citée ; sanction qui, dans le vrai, est composée de la fidélité de celui qui est employé, et de l'union de la volonté générale et suprême aux vertus de cet individu , pour qu'il puisse les mettre en valeur avee confiance et succès.
C'est alors que les corps politiques et tous ceux qui les gouvernent deviennent respectables et sacrés , et que ceux qui les attaqueraient et les offenseraient tomberaient infailliblement sous le pouvoir de l'irré- fragable justice, puisque la volonté générale, ou la volonté supérieurei ou enfin ce vrai souverain, dont seul toutes les puissances politiques peuvent tirer réellement leur souveraineté, ne pourrait laisser impunies les insultes faites à des corps politiques et à des aulorités qu'il aurait constitués lui-même; et comme il en prendrait lui-même la dé- fense, on verrait alors naître dans l'ordre politique religieux un nouveau rayon d'autorité qui rendrait légitimes tous les actes de sa juslice, soit civile, soit criminelle, et qui répondrait mieux aux besoins et aux inquiétudes de notre esprit que toutes les contorsions que les publicistes et les législateurs donnent à leur pensée pour légitimer tous les massacres juridiques dont ces hommes remis à eux-mômes ne cessent d'ensanglanter la terre. Je n'ai pas besoin d'appuyer plus longtemps sur cette base universelle ou sur cette volonté générale, qui seule est le principe de tout contrat social, puisqu'il ne doit y avoir que des contrats religieux ; qui seule est le sceptre de la souveraineté, puisque l'homme n'en a plus, et qu'il n'en peut recevoir de ses sem-
biableSy dès qu'ils n'en ont pas plus que lui; qui seule enfin devrait être le flambeau de l'administration et de tous les mouvements politiques, puisque sans elle il n'y a que téoèbres dans l'esprit des hommes, et que désordres dans leurs actions.
Que revient-il en effet à la terre de cette multiplicité et de cette successive contrariété des diverses puissances humaines et factices qui se snbstituent journellement à cette base, qui se croisent et se renversent mutuellement, depuis le commencement du monde, sur toutes les parties de notre globe, pour y établir ce règne imaginaire de la volonté de l'homme qui ne s'y établit jamais ! Tous ces fantômes, après avoir répandu la terreur et les ravages, se dissipent dans leur propre impuissance, et laissent forcément le champ libre à l'immortelle et constante vérité. Ils sont comme ces nuages sans forme fixe, enflammés et fulminants qui se disputent l'empire des airs depuis l'origine des choses, et qui, après avoir obscurci, troublé et épouvanté l'atmosphère, finissent toujours par nous laisser voir au«dessus d'eux le tranquille domaine de TEmpyrée. Que faut-il de plus pour nous apprendre où nous devons aller chercher la source du lien social, et s'il y a d'autre volonté générale que la volonté qui n'est point humaine ?
Ceux qui n'ont point tout à fait abjuré leur caractère d'homme-esprit ne me refuseront sûrement pas leur adhésion; et c'est dans leur suffrage aussi bien que dans le fond de mon cœur que je trouverai mon repos et ma récompense. Les autres, trop éloignés de ces principes pour me comprendre, jetteront les regards du dédain sur ces vérités ; et, pour les réfuter, se borneront à s'enfoncer de nouveau dans leur obscur labyrinthe, d'où ils ne me répondront que selon leurs moyens, c'est-à-dire par des moyens absurdes et ensuite par des brigandages, pour prouver la justesse et la bonté de leurs maximes. Oh ! vous, publicisies, si vous n'êtes pas sûrs que le sang des nations ne crie un jour contre vous, et ne s'élève jusqu'au-dessus de vos têtes, méditez davantage vos instructions politiques.
DE CE QUE LES UOIIHES APPELLENT LA VOLONTÉ GÉNÉRALE, OU DE LA VOLONTÉ GÉNÉRALE BOMAINE.
Non-seulcmeût nous ne pouvons reconnaître la volonté générale humaine comme base de l'association et comme lien du contrat social» mais nous ne pouvons pas môme le reconnaître comme base et principe de la forme de gouvernement, ni de tous les modes d*administra* tion que les hommes inventent et varient tous les jours en aveugles pour régir les corps politiques.
Car ce serait se placer au-dessous de l'enfance que de regarder comme volonté générale celle de ce qu'on appelle peuple, ou de cette portion obscure et ignorante des nations, qui n'est mobile qu'à l'appÂt de la cupidité, ou qu'à la férocité des bêtes sauvages. Qui ne sait que ce qu'on appelle peuple doit se considérer partout comme l'instrument ie plus maniable pour tous ceux qui voudront s'en servir, n'importe dans quel sens? Il leur est aussi facile de le mouvoir pour faire le mal que pour faire le bien, et l'on peut le comparer à un aiguillon dans la main du pâtre, qui l'emploie à son gré pour conduire son bétail où il luiplait, et qui, avec ce même instrument, mène à sa volonté le bœuf au pâturage, au labourage ou à la boucherie.
Parmi les témoignages universels que le spectacle de la terre entière pourrait nous offrir de cette vérité, prenons pour eiemple ce qui s'est passé sous nos yeux dans la révolution française. Quoique je persiste à y voir la main de la Providence, quant au fond, je ne persiste pas moins à y voir la main de l'homme, quant à la forme et aux fureurs atroces et révoltantes qui ont déshonoré ce grand événement.
Lors donc qu'on voudrait nous présenter les diverses formes de gouvernement par lesquelles nous avons passé depuis le commencement de cette révolution, comme étant le flruit et l'expression de la volonté générale des Français, il serait bien clair qu'on ne pourrait nous en imposer davantage.
Premièrement, lorsque les ét^ts généraux se sont constitués le souverain, il est sûr que ce n'était alors que leur volonté particulière qu'ils
exprimaient, et non point celle de tous leurs commettants; bien plu^ lorsqu'ils se sont constitués ainsi le souverain, cet acte était bien loin d'être le fruit de l'assentiment universel des états généraux eux-mêmes, puisqu'ils offraient l'assemblage des intérêts les plus disparates et les plus opposés entre eux.
Joignons donc cette diversité d'intérêts qui partageait en effet l'assemblée à cette même diversité d'intérêts qui partageait également toute la France, puisque les états généraux n'étaient que l'extrait des ordres qui la composaient alors, et nous verrons à quoi se réduira ce que cette fameuse assemblée nous a donné comme l'expression de la volonté générale de la nation.
Il faudra ainsi retrancher du nombre des votants pour cette extraordinaire révolution tous ceux qu'elle blessait dans leurs distinctions, dans leurs dignités, dans leurs privilèges, dans leurs intérêts pécuniaires; c'est-à-dire qu'il faudra en retrancher d^abord tous les gens de cour, de quelque étage qu'ils ftissent et quel que fût leur emploi; puis il faudra en retrancher tout le haut clergé; il faudra en retrancher toute la noblesse, grande ou petite ; il faudra en retrancher la haute finance et l'armée innombrable de ses sous-ordres; il faudra en retrancher cette foule de propriptaircs qui devaient se trouver ruinés par les sacrifices que cette assemblée faisait soit disant en leur nom; il faudra en retrancher tous ces hommes paisibles que ce nouvel état de choses entraînait à une vie turbulente et si étrangère a leurs habitudes; il n'y aura donc plus à compter que ceux de cette assemblée qui avaient eu le talent ou l'adresse de subjuguer leurs antagonistes, et il faudra seulement y ajouter le petit nombre de partisans qui, dans le reste de la France, étaient en état d'avoir un avi? semblable au leur.
Joignons à cette liste de réduction tous les enfants et toute la jeunesse au-dessous de l'âge requis par la loi, et en outre toutes les femmes, que leur sexe exclut des affaires publiques, même lorsqu'elles seraient en &ge d'avoir une volonté, et qui forment à elles seules la moitié d'une nation; et Ton verra, d'après tous ces tableaux, à quoi se réduit en France le petit nombre de ceux qui se sont dits et se disent agir et gouverner au nom de la volonté générale. Car, ce que nous venons de dire, par rapport aux états généraux qui ont opéré la révolution fran- çaise, on peut le dire, à peu de chose près, de toutes les formes de gouvernement qui se sont succédé dans celte révolution, ainsi que des autorités administratives, qui ne sont censées être que les bras de ces
gouYeroements, et par coDBéquent que la partie active de cette volonté générale de laquelle tous les mouvements doivent émaner.
Si Ton réfléchit ensuite que dans un corps d'administrants il se trouve toujours plusieurs membres*qui, par leur talent ou leurs intrigues, sont les meneurs des autre;:; que parmi ces meneurs il s'en trouve aussi ordinairement un qui prédomine et qui mène les meneurs; si l'on pense à ce qui peut souvent mener ce meneur lui-même; si Ton pense que non-seulement on ne peut le considérer comme un monarque en qui est censé résider la puissance et la volonté de tous, mais qu'on ne peut pas même le considérer comme un autocrate, puisque ce n'est pas toujours sa puissance personnelle qui le conduit, qu'ainsi on peut le regarder ou comme un exotocrate, puissance externe, ou comme un disménocrate, puissance ennemie, où même comme un anomocratê, puissance scélérate. Enfin, si d'après ce coupd'œil et ce minimum de puissance qui peut même être moins qu'une puissance négative, on entendait affirmer que la France a été révolutionnée, constitulionnée et gouvernée par la volonté générale, on ne pourrait pas se défendre d*un mouvement de surprise, et on ne pourrait s'empêcher de reconnaître dans ceux qui tieancnt ce langage, ou beaucoup de mauvaise Toi, ou beaucoup d'inadvertance; on serait étonné, dis-je, que dans un temps oii les idées de métaphysique font si grande peur, on en avançftt une semblable, et qui sûrement est si métaphysique que jamais l'esprit humain ne pourrait atteindre jusqu'à elle.
Mais c'est dans cet abus de mots que nous voyons reluire les principes qui nous ont mis la plume à la main. Plus les hommes parlent de la volonté générale, au milieu de ces erreurs palpables, plus ils nous annoncent qu'il devrait y en avoir une qui le fût, pour que leur marche fût régulière, et quoiqu'ils tendent à faux et en sens inverse vers ce point du niveau dont ils auraient besoin pour conserver leur équilibre, il n'en est pas moins certain qu'ils y tendent et qu'ils constatent évidemment par là, dans leurs illusions, son existence, et par conséquent la possibilité que la seule volonté générale qui soil réelle, c'est-à-dire la volonté supérieure et divine, fût le régulateur de toutes les associations humaines. Nous ne croyons pas non plus tromper les hommes en leur disant que si, malgré leurs ténèbres et leurs Imprudences, il ne filtrait pas sur la terre quelque rayon de cette universelle volonté supérieure, il serait impossible que les associations politiques subsistassent encore; oui, le plus grand des prodiges que l'homme pût
coneeTorr, ce serait que toat ne fût pas renversé sans retour, n cette éteraetle volonté, générale ne laissait jamais percer, au travers des nuages épais qui nous environnent, quelques lueurs de son inaltéraUé clarté; et la plus grande preuve qu'à notre insu, et sans que noinp puissions souvent démêler ni dans quel homme, ni par quel moyen elfe ne cesse de jeter quelques regards sur l'ordre des choses, c'est que ces choses existent.
Mais, d'un autre côté, ce prodige ne nous surprendra plus lorsque nous réfléchirons que, malgré ses égarements, l'homme, en qualité de miroir de Tétemelle pensée divine, est toujours pour elle un objet chéri dont elle ne peut cesser de s'occuper ; que, d'ailleurs, le moindre des regards de cet œil universel et le moindre trait de sa puissante et bienfaisante vigilance est l'expression vivante de cette volonté supé-- rieure et générale elle-même, et qu'il en apporte avec lui tous les caractères. Voilà pourquoi, tout en jugeant les puissances humaines éta* blies universellement sur fa terre, je suis bien loin de vouloir que l'homme les renverse, parce que nous ignorons toujours la main cachée qui peut agir sous ces mains visibles, et fussent-elles fujustes, ce n'est point à l'homme seul à les redresser, s'il ne veut s'exposer lui^ même au sort funeste de ceux qui ne servent que d'instruments à la punition des nations et qui ne savent que s^abreuver de sang. Nous voulons seulement, par ce tableau, les engager à s'approcher etleamêmes autant qu'elles pourront de la justice, puisque c'est le seul moyen de corriger les défectuosités que nous avons remarquées dans ce qu'on appelle la volonté générale humaine, et d'ouvrir d'autant plus les voies à la seule véritable volonté générale.
DES ÉLECTIONS; DES AUTORITÉS ET DES REPRÉSENTANTS
La marche fausse de la science politique humaine, en ne nous M- sant connaître que Thomme altéré, sans voulofr l'avouer pour tel, en lui supposant les droits qu'il n'a plus et en éloignant toiyours te prîn
dpe, iK>Q8 amène à une absurdité palpable, savoir que, selon le plan naturel des choses, il y ait, dans les mêmes espèces, des souverains do même ordre, des chefs du même genre, et que ce soient les individus qui les choisissent. Cet usage peut avoir lieu, il est vrai, parmi les hommes en sociétés dans des circonstances urgentes, dans des dangers imminents, ou plutôt dans le cas d'une altération évidente du corps social et do mobile régulierVqui devrait lui servir de boussole, telle que de n'avoir plus la moindre notion positive sur l'objet fondamental de l'association humaine ni du principe lumineux qu'elle pourrait avoir pour régulateur, et, par conséquent, telle qu'est la situation universelle des associations terrestres, dont le but ne s'élève pas nudessus de l'ordre inférieur et matériel. Dans ces cas-là, sans doute, les élections sont praticables et ne mériteraient pas même de censure, si les élus se tenaient dans la borne des droits s^i atténués et si rédoits qui restent à l'homme; car, regardant tous ces objets de Tordre infé- rieur comme les affaire^ du ménage, ainsi que je l'ai dit dans ma lettre, les hommes sont bien les maîtres de régler ces sortes d^aiïaires comme il leur platt, et de se choisir parmi eux des bonnei« et des gouvernantes, sur qui ils se décbargpnt de tous ces soins. C'est ainsi que
nous ne trouvons pas mauvais qu'une troupe d'enfants choisissentaussi
entre eux des chefs, des supérieurs et des dignités de toute espèce et qu'ils fassent des règlements pour l'administration de leurs joujoux et de leurs poupées. Mais, de môme que ces enfants seraient répréhen- Bibles et que leurs jeux deviendraient dangereux s'ils portaient les choses au sérieux, de môme, dans l'ordre moral et politique, les élus s'écartent de la ligne et de la mesure qui leur restent aujourd'hui s'ils veulent mettre de l'autorité où on ne leur demande que des conseils; de l'empire où on ne leur demande que de la bienveillance, et des lois sanguinaires où on ne leur demande que des soins.
Tant que l'état social ne s'élève pas au-dessus de ce degré inférieur, je le répète, les élections humaines sont tolérables ; mais, dès qu'il monte, elles ne sont plus qu'Illusoires, parce qu'il aborde des régions dont l'homme n'a plus ni la clef ni la carte ; et c'est en voulant agir comme en les ayant encore l'une et l'autre et en les fabriquant selon son caprice , qu'il ravage l'ordre inférieur social au lieu de le restaurer.
Dans l'ordre des associations plus relevées, et qui, selon que je l'ai exposé, ne sont autre chose que des associations théocratiques et reU-
gieoMSi ce ne peut plue être rbomme, oe ne peut être que l'universelle eagease ou la pensée ?ive et divine, ce premier point de notre niveau, qui choisisse ses ministreu et qui accompagne leur élection de tous les moyens qui sont nécessaires pour la remplir. Or, si Tuniverselle sagesse peut ciioisir ses ministres dans Tordre des choses divines et supé- rieoreSy k plus forte raison le pourrait-elle dans un ordre plus infé- rieur, si les hommes n'étaient pas si avides de se revêtir de l'apparence de l'autorité, au défaut de l'autorité réeltei et d'agir cependant comme si cette autorité réelle était entre leurs mains.
liais, pour montrer combien sont abusives les prétentions de ceux qui puisent leur autorité impérieuse dansce8dmplestiectfonsbumainep,et qui n'étant appelési comme je viens de ledire,qu'aux affaires du mé- nage, veulent dominer souverainement dans toute la maison, je n'ai qu'une chose à demander. N'est*ce pas le père de ftiroillequi choisit les gouvernantes et les Instituteurs de ses enfiints, ainsi que les fermierset les laboureurs de ses terres 7 Et sont-ce jamais les gouvernantes, les institutrices, les fermiers et les laboureurs qui choisissent le pare de famille? Ainsi, lorsqu'un élu, selon les voies humaines et Inférieures, s'annonce pour être le représentant du peuple, il doit, s'il est juste et bon logiden, dire à ses concitoyens : a Je ne suis représentant que s d'une partie de votre volonté; savoir, de celle qui a pour objet l'ad- » ministratioo de vos affaires domestiques, parce que vous avez le pou- » voir de me confier ces soins inférieurs; mais je vous tromperais et s )e me mentirais à moi-même si je me disais le représentant de votre • volonté entière ou de celles qui embrasseront tous les degrés de s votre existence, et toutes les bases, ainm que tous les ressorts de vol re s ordre social; car vous n'avez plus la jouissance de toutes les lumières » et de toutes les pensées qu'il faudrait pour cela; et, par votre élec- » tion, il vous a été impossible de me les donner, et à moi de les rece- » voir. Ce n'est dOnc qu'en vous abaissant que je m'élève; ce n'ct B qu'en vous ôtant l'usage de vos moyens que je parais en avoir plus » que vous; ce n'est qu'en vous rapetissant journellement, que je me » fais passer pour grand à vos yeux. Que seraîl-ce donc si je n'usais » de mon ministère que pour vousH*uiner, pour vous ôter la liberté ou B la vie ? Il est clair que ce ne serait point à ces actes-là que vous 9 m'aurii^z appelé, puisque chaque citoyen peut dissiper ses biens, se » tenir renfermé ou se couper le col quand il lui plaît, et qu'il n'a » pas besoin d'un représentant pour se satisfaire sur tous ces poinis,i)
Rousseau a dit que la souveraineté ue peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée; û dit aussi qu'è l'instant qu'un peuple se donne des représentants, il n'est plus libre, il n'est plus. Il dit enfin que les députés du peuple ne peuyent être ses repré- sentante, qu'ils ne sont que ses commissaires.
On voit ici en quoi je m'accorde avec lui ; savoir dans l'idée d'un représentant , que je regarde en effet comme un être de raison dans le sens où on nous le montre, et qui, selon tous les principes les plus rigoureux, ne peut être qu'un commissaire. Hais on voit aussi en quoi j'en dlfiëre; savoir, particulièrement, dans l'idée de la souveraineté du peuple, que je place bien comme lui dans la volonté générale; mais non point dans la chimérique volonté générale du peuple, puisque Je ne connais d'autre volonté générale que celle de l'étemeUe sagesse, ou de l'universelle pensée divine, et le discours que je fiiis tenir cidessus à un soi-disant représentant, explique clairement mon idée.
Mais veut-on concevoir mieux encore ce que seraient ces députés ou commissaires à l'élection desquels la volonté humaine n'aurait point de part? Portons nos yeux sur la nature. De tous les animaux, je ne vois que les abeilles qui aient un chef, et ce chef, ce ne sont point elles, c'est la nature qui le leur donne. Ce chef n'est point maître. Il est source infiniment féconde, et par là il est une indication sensible de ce que les rois et les chefs des hommes devraient être dans l'ordre de l'esprit, c'est-à-dire qu'ils devraient verser sur leur cercle rimmeosité des dons et des faveurs dont ils seraient les organes privilégiés ; secondement, ils ne seraient jamais choisis par des hommes, et leur élection viendrait de la classe de la pensée supérieure à eux, et d'une source qui ne leur appartient plus en propre.
DBS LOIS ET DES PEINES
Comme les législateurs humains n'ont plus la pensée primitive et vivifiante, ils ne peuvent faire des lois génératrices, expansives et productrices, ils ne peiivent engendrer le bien ; toute leur tache, quand ils
sont bien ioteolionnés, se borne à observer le mal et à l'éloigner du corps social autant que cela |jBur est possible. D'un autre côté, comme rbomme n'est point ici dans la région vivante et fertile, mais dans la région de la mort et de la stérilité, on dirait qu'ils ne le croient susceptible de recevoir que les lois prohibitives, que des lois de frayeur et d'angoisse ; aussi pour s'assurer de la débilité des législations humaines, il suffit de considérer les codes des nations. Us se bornent tous à des. défenses et à des menaces; ces codes humains semblent n'en être jamais qu'au régime de la terreur ; on ne cesse d'y prescrire aux citoyens de ne pas faire telle chose, de ne pas aller dans tel endroit, de ne pas toucher à ceci à cela, et le tout sous des peines rigoureuses, précisément comme oo fait avec les enfants, qu'il faut préserver de toutes sortes d'accidents, et à qui on ne peut pas parler le langage d'une raison vive. On dirait qu'il n'y a qu'un seul sentiment dans l'âme des législateurs, celui de Tétat précaire et fragile de leui édifice politique, et celui de la défiance envers les administrés^ qu'ils regardent moins comme des pupilles que comme des adversaires; enfin l'état politique leur parait moins une terre fertile dont on peut attendre l'abondance, qu'un torrent dévastateur contre lequel il faut sans cesse élever des digues pour se préserver de ses ravages; et les législateurs humains, en fabriquant leurs lois, semblent être autant de cyclopes, qui n'ont pour t&che que de forger des foudres contre des Titans ; ils tremblent sans cesse pour le terrible Jupiter, dont ils se sont rendus les ministres; et ce redoutable maître ne leur souffle que l'inquiétude et la vengeance, qui forment son unique élément, parce que la paix et la douceur lui sont inconnues. Et il y a encore des hommes qui ne veulent pas croire à l'altération de l'espèce humaine!
Sont-ce là cependant les signes et les caractères d'un ordre sodal fondé sur les bases imprescriptibles que nous présentons dans cet ouvrage, comme les seules qui soient vraiment analogues à l'homme-esprlt, vers lesquelles nous le voyons se tourner universellement par les besoins inextinguibles de sa nature? Est-ce ainsi qu'on lui fait atteindre ce niveau sublime pour lequel tout lui crie qu'il a reçu l'existence ?
Dans cet ordre réel, dont l'homme n'a presque pas su conserver d'images, les lois administratives devraient être fécondes ; elles devraient être toutes au profit des administrés, comme à la gloire des administrateurs. On y dirait à Thomme : « Suivez tel sentier, mettez en jeu toua » vos efforts, agissez activement dans tel ou tel sens, écoutez les lois
• vivifiantes dont runivereelle pensée divine a rempli le monde et qu'elle » ne cesse de lui présenter; et alors vous parviendrez & procurer k la
• famille sociale des avantages posltife dont chaque membre retirera de t l'utilitéf et dont la solidité résistera aux efforts des ennemis de la f chose publique, en même temps qu'elle vous remplira d'une paisible » et joyeuse sécurité. Si vous vous écartez de ces sentiers que l'on vous
• trace, vous souffrirez, non pas qu'on ait besoin pour cela de vous In-
• fliger des peines, puisque dans ces lois que Thomme n'a point faites > les peines sont essentiellement liées à la Utinsgressioii, comme la
• peine de se brûler attend infailliblement quiconque se jette dans le i feu. •
Au lieu de ces codes si productifs, et dont la vérité retentirait dans les cœurs de tous les hommes, si on leur en parlait davantage, les lé- gislateurs humains sont venus gouverner la terre avec des lois mortes, qu'ils n'ont su montrer que comme un épou vantail et qu'en les environ* naiit de menacés et d'échafàuds ; et malheureusement les menaces et les peines qu'elles prononcent ne tiennent presque jamais à la nature du dé* lit, quelque soin que le législateur prenne pour les accorder, tandis que si l'on nous ouvrait les yeux sur nos véritables dangers, nous verrions combien la punition serait liée naturellement aux transgressions.
Dans l'établissement d'une loi et de la peine qui doit correspondre à 5a transgression, il ne suffit pas que les législateurs se trouvent du pou* voir, o'est-MIre de la foroe, il faut bien plus néeessairement encore qu'ils se trouvent le droit de Texeroer. Or c'est Ici que les législateurs humains montrent leur inconséquence et leur peu d'attention; tout en se proclamant avec hardiesse comme marchant sous les étendards de la Justice et de l'universelle volonté générale.
Sûrement, une des règles les plus incontestables de la justice serait que dans les peines afflictives que les législateurs humains se permettent d'infliger, ils n'ôtassent Jamais au criminel que ce qu'ils pourraient lui rendre s'il venait à profiter de la punition et à rentrer datas les voies et dans Tobservanee de la loi.
C'est ainsi quDs pourraient lui ôter ses dignités, ses MeuF, sa liberté même, parce qu'ils aurairat en leur pouvoir les moyens de hii rendre toutes ces choses quand ils le trouveraient suffisamment amendé. Mais où ont-ils pris ce droit de mort sur leur semblable t Dès qu'ils n'ont pas le pouvoir de lui rendre la vie, Ils devaient sentir qu'ils n'avalent pas eelui de ta lui 6ter par eux-mêmes^ parce que cette peine n'est pKis ntie
poQitîoD, mais une dastructton qui devient inutile au coupable et qui n'est guère plus profitable aux méchants qui en sont les témoins. Où, dis-^je, ont-île donc pria ce droit de mort sur leur eemblable ? Le voici.
Lorsque l'homme a passé de la région supérieure dans la région ter* restre, il est devenu sujet à la mort naturelle qui était en effet une suite de son égarement. La justice suprême^ en lui infligeant cette peine, était bien éloignée de la rendre inutile; et l'homme^esprit qui subissait fructueusement cette condamnation ne faisait que rentrer dans la mesure dont il était sorti, de façon qu'il pouvait regarder plutôt sa vie matérielle comme la pénitence de sa faute et sa mort comme sa délivrance. Mais cette région terrestre l'exposant à de nouveaux crimes» à mesure que ses rapports s'étendaient sur la terre, la justice suprême fut obligée de resserrer pour le coupable l'intervalle qui lui était donné pour son expiation, et c'est alors que la mort devenait un châtiment pour lui comme étant prématurée et comme le livrant à une situation plus pé- nible, comme homme-esprit, que celle d'où on l'arrachait par le supplice ; néanmoins cette justice ne le pouvait point perdre de vue pour cela ; et comme les lois divines sont vivantes et qu'elles ne peuvent même, en donnant la mort, ee séparer de la vie qui les accompagne» nous ne croirons peint nous égarer en pensant que le coupable, qui payait ses crimes de sa vie animale, et qui entrait dans une situation plus pénible que celle qu'il quittait, ne pût aussi, en y entrant aveo ré- signation, en espérer le terme et jouir enfin des vivifiantes compensations divines.
Bans le premier exemirie, l'bomme-eaprit était puni par la privation; dans le second exemple ou dans l'état qui suivait la mort corporelle du coupable, Tbomme-esprit était puni par la molestation ; mais ces deux punitions étant divines, elles ne pouvaient avoir que l'amendement de rbomme^espilt pour ob}et et non pas sa destruction, qui est impossible; et dans tous ces cas, la main suprême pouvait toujours rendre au cou* pable beaucoup plus qu'elle ne lui avait ôté.
Or, pour exécuter oes terribles jugements, la justice suprême n'employait pas toujours immédiatement les fléaux physiques et les puiftsaoces de la nature ; mais souvent pour voiler sa marche elle confiait son droit à la voix et à la main de l'homme, qui, alors, se trouvait légitimement et efficacement pourvu de tout ce que nous appelons le droit de vie et de mort sur ces semblables, et qui, ne l'exerçant que par ordre
et d'après des lumières qui n'élaient point humaines, se trouvait i l'abri de tout reproche.
Mais les législateurs humains n'ont porté que les ombres de ces hautes vérités dans leur justice composite^ et ils ont passé de toutes ces autorités supérieures à leur seul pouvoir aveugle et à leur autorité capricieuse avec laquelle ils ont décidé, condamné et tué, comme s'ils avaient eu l'autorité divine, et en disant toi]\iours que ce n'était point eux, mais la loi^ qui versait le sang du coupable. Ils ont pris le simple souvenir de ce droit divin pour le droit lui-même, et dès que Thomme avait eu quelquefois le pouvoir de faire périr le criminel par l'ordre supérieur, ils ont cru qu'ils en avaient constamment le droit, sans songer que l'usage de ce droit, pour être à couvert de l'injustice et de l'atrocité, ne doit pas émaner do ia volonté de l'homme, mais de la main puissante et divine qui, seule, a le moyen d'y apporter une exacte compensation.
D'ailleurs les hommes, à moins que ce ne soit à leur insu, ne commettent presque plus leurs crimes que par des voies et des mobiles trèssecondaires, parce que, depuis qu'ils s'ensevelissent de plus en plus dans la brute matière, ils ne se rendent plus activement et avec connaissance de cause les ennemis de la source-esprit , à laquelle ils ne croient pas, et ils s'éloignent d'autant des vastes foyers des crimes qui appelaient la mort ; et cependant les lois humaines, sans chercher à se rallier à des lois antérieures à elles et à s'unir à la source vive d'où doivent dériver tous les pouvoirs, ne prononcent pas moins cette mort journellement. C'est dono à la fois une inconséquence et une injustice dans les législateurs de se conduire comme s'ils étaient sûrs d'avoir des droits supérieurs et comme s'ils voyaient autour d'eux les fhiits de l'arbre des crimes vifs, tandis que nous n'apercevons plus parmi nous ni les uns ni les autres.
Ces idées paraîtront sans doute très-^extraordinaire». En voici une qui le paraîtra sûrement davantage, c'est que les véritables législateurs et les administrateurs qui mériteraient réellement ce nom, selon toutes les bases de cette pensée pure, qui est l'éternel élément de l'hommeesprit, seraient ceux qui, au lieu de verser autour d'eux tous les maux, comme font les gouverneurs humains, et de diriger, au contraire, sur eux-mêmes tous les biens, auraient un assez grand fonds de générosité et de moyens pour se charger seuls de tous les maux, et verser tous les biens sur les autres; qui sauraient aller même jusqu'à se dévouer pour
les eoupables, et qui , en se sacri&ant eux-mêmes , satisferaient à la fois à l'amour et à la justice, parce que, selon tous les principes que nous avons exposés, et que l'homme non altéré trouvera encore dans son cœur, la justice, prise dans son sens intégral, doit être une gué- rison et une cure, et non pas une destruction. Car si c'est une belle chose que de savoir mettre de la mesure entre les délits et les peines, c'en est une plus belle encore d'en savoir mettre entre la justice et l'amour, qui sont liés par une alliance indissoluble ; et, sous ce rapport, l'homme-esprit pourra trouver, sans que je le lui nomme, quel a été à la fois le plus sage légûlateur et le meilleur administrateur de la terre; vérité féconde qui a été dans la pensée des hommes depuis le commencement du monde, mais dont ils ont abusé presque partout par d'absurdes immolations humaines et par des dévouements ridicules.
DB LA LIBERTÉ BT DBS NOMS
La liberté politique, telle que Rousseau nous l'a peinte dans le premier livre de son Contrat social, produirait sans doute, sinon le bonheur, au moins la paix dans les États où cette liberté serait connue. Mais, d'après son propre aveu, et surtout d'après toutes les observations qu'on vient de parcourir, on voit que cette eèpèce de liberté, dont l'idée ftJt honneur au génie de son auteur, n'a jamais eu d'existence dans au* cune des associations régies par la simple volonté corrompue des hommes. Ceux qui, moins avancés encore que cet éloquent écrivain, croient que passer d'une forme de gouvernement sous une autre forme de gouvernement, c'est vraiment conquérir la liberté, ne se servent pas plus de leur discernement que les enfants; quant à ceux qui voudraient confondre la liberté avec la licence, et qui dès lors ne se montrent que comme des fous ou comme des brigands, je n'ai rien à leur dire, puisqu'ils sont hors d'état de rien entendre, je remonte donc tout de suite à la seule source qui puisse nous oflErir cette liberté dont les hommes ont si grand besoin, mais qu'ils s'efforcent en vain d'acquérir.
La liberté prise dans oe sens supérieur consiste en ee que le eorps politique ne soit point entravé par les ineertitudes de lois insignifiantes, en ce que sa route lui soit clairement tracée, en oe que tous les membres qui Je composent n'aient que des mouvements profitables à l'ensemble social, et qu'ils trouvent également dans la loi qui les régit, et le droit et la force d'atteindre à tous les développements dont leur nature les rend au^oeptibles, et la certitude que, loin d'en être empêchés m par cette loi, ni par les autres membres, ils reçoivent d'eux tous^ au oon^ traire, l'appui et ie secours nécessaires pour mettre tous leurs dons en valeur, puisque plus ces dons se développeront, pins la société j gagnera.
Or, d'où peut-on attendre cet ensemble de Jouissance et de perfeotions, si ce n'est du règne complet et effectif de la suprême volonté générale, et non pas de l'abusive volonté générale humaine? Et s'il est constant que ce titre de volonté générale ne peut s'appliquer à la volonté humaine^ qui n'offre jamais ce caractère, il faut donc de toute nécessité le laisser à la seule volonté à qui il convienne, c'est-à-dire à cette volonté générale supérieure qui ne cherche qu'à universaliser sa loi vive et lumineusOf et qui seule peut remplir l'idée que les hommes et les publicistes paraissent s'en être formée dans toutes les parties de la terre; car n'oublions pas que nous avons reconnu la pensée vivifiante et divine comme premier et unique fondement de toutes les associations humaines.
Malheureusement les sources de la pensée mauvaise l'ont tellemeiil emporté sur ce qui restait à l'homme de la source pure, que nous ne connaissons point d'association dont le centre et le noyau ne soit ou débile, ou vicié; et plus malheureusement encore, lorsque les pensées bonnes se sont retirées de la demeure de l'homme, il en a oonsarvé les noms, qu'il a presque toii^urs pris pour les choses mêmes qu'Us au* raient dû représenter.
11 y a une loi fondamentale et sans exception* qui fait que si les pensées, soit bonnes ou mauvaises, sont toujours le noyau de l'asso* dation humaine, cependant elles ne peuvent se manifester que par des noms, et c'est pour cela que tous les peuples ont un nom, parce que chaque peuple est une pensée et aurait dû n'être même qu'une pensée divine*pure, à n'en juger que par cet attrait qu*ont tous les peuples à se forger une origine céleste et à justifier par là la plupart des rédts mythologiques qui se trouvent partout envelopper la naissance des
nUoM. MtiB iodépendaminent éoê nonw propres et eonsittatib des nations, elles sont toutes attachées et dévouées à des noms usuels, moraux et métaphysiques qu'elles ont continuellement à la bouche, anxquds elles rendent joumellemMit un hommage et un culte, et auxquels elles consacrent non-seulement tous leurs mouvements, mais auxquels même elles sacrifient leur existence. Ces noms ostensibleB qu'elles regardent comme les enseignes de la vérité, et sous lesquels il y a tant d'autres noms cachés qu'elles négligent de scruter scrupuleusement, sont laliberté« la gloire, Tbonneur, la justice, l'Intérêt national, la religion, la vengeance, la protection de ses alliés, etc. C'est sous ces noma»là qu'elles font absolument le contraire de ce qu'ils renferment.
Nous blâmons beaucoup les nations sauvages qui immolent des victimes humaines à leurs Idoles; nous bl&mons les Juifs qui en ont ftit autant aux leurs, d'apràs les faux exemples qu'ils avaient pris chez leurs voisins. Or^ chez tous les peuples, indépendamment du nom de leurs idoles matérielles, il y avait aussi des noms de dévotion, de pa« triotisme, de besoins expiatoires mal entendus, de vengeance, etc.; et c'est à ces noms-là ou à l'idée fausse qu'ils renfermalmit que ces nations sacrifiaient des hommes, bien plutôt qu'à leurs idoles matérielles, qui ne pouvaient leur demander de victimes
Bh bien ! nous, qui nous croyons si fort au-dessus des autres peuples en ee genre, voyons combien nous avons offert de victimes humaines dans la Révolution, aux mots de nation, de sûreté de l'&tat, etc. N'oublions pas surtout combien nous en avons offert au mot Hb0riéf et cela devant une idole matérielle qui en porte le nom, mais qui n'est qu'une image muette de cette pensée féroce et li barbarement appliquée, dont les sacrificateurs ou les bourreaux étaient lea ministres. Non, nous ne diflérons pas des autres nations ; nons sommes enveloppés des mêmes ténèbres, et nous avMs fait nos preuves que nous sommes capables des mêmes crimes, nous n'en avons même presque pas varié le mode et les nuances.
C'est donc malheureusement une vérité trop certaine que toutes les nations de la terre couvrent de morts, soit leurs champs de bataille, soit les théâtres de leurs cruautés, et que, sur ces lacs de sang vous entendes planer des voix qui répandent le bruit de leurs actions triomphales, et qui crient : Victoire, gloire, liberté I etc., sans laisser à l'oreille le temps de démêler le sens de toutes ces impostures. Devonsnous avoir une plus grande idée de ce nom de paix qui suoeède à
toutes ces boucheries et que les peuples célèbrent avec tant d'eiaMilion, comme s'ils avaient vaincu leur vrai ennemi, qui est l'ignorance et IMllusion, tandis qu'avec ce beau nom de paix et tontes les fêtes qui raccompagnent, ils ne font tout au plub que mettre des entr'actes à feurs délires?
Mais, au milieu de toutes ces illusions, nos principes ne cessent de flûre aussi entendre leur voix, et de trouver des témoignages en leur faveur; et dans toutes ces sanguinaires iniquités, ainsi que dans toutes ces absurdités commises par l'abus des noms, nous voyons toujours que, comme c'est une pensée religieuse et un acte de Tesprit, soit en^ien, soit en mal, qui est le noyau et le principe des associations humaines, c'est cette même pensée qui se montre à faux et en sens inverse dans tous leurs mouvements et dans toutes leurs révolutions ; c'est-à-dire que, pour des yeux observateurs, toutes les asaociar tlons ont commencé et continuent d'être appuyées sur des pensées restauratrices et religieuses, puisque tous les noms que Je viens de remarquer et de recneillir parmi les faits politiques ne sont que l'expression défigurée et contournée de ces mêmes pensées ; et malgré eux, les peuples nous montrent ici, comme dans tous les autres exemples; les deux points du niveau. Or, si nous voyons tous les jours les nations s'agiter, se dévouer, et rendre comme un culte à ces noms prétendus divins, quoique devenus aussi faux et aussi abusifs que sont fausses et abusives les pensées qu'ils nous présentent aqjourd'hui parmi les peuples, pourquoi ne voudrions-nous pas que ces peuples eussent pu se conduire avec le même zèle pour des noms vrais, et pour les pensées vraies et vivantes que ces noms auraient renfermées? Et pourquoi ne pourraient-ils pas se conduire dans un ordre vrai et Juste, comme nous voyons qu'ils le font dans un ordre faux et mensonger, puisque, d'après toutes nos -observations, on ne peut nier que cet ordre vrai et juste n'ait été primitivement leur principe.
Mais à quoi servira-t-ii d'avoir montré les conditions indispensables pour remonter à ce terme? Qui est-ce qui nous écoutera? qui est-ce qui nous croira? qui est-ce qui les remplira? Néanmoins, je les ai pré- sentées à l'homme, parce que j'ai cru que c'était de mon devoir, quel qu'en dûtêtrele résultat. D'ailleurs, quoiqu'elles soient universellement négligées, on peut dire qu'elles n'en sont pas moins connues. Oui, tout le monde les pressent ; et pour qu'elles apportassent quelques profits aux hommes, il faudrait que les publicîstes et les législateurs s'occu-
passent davantage de déyelopper devant nous les trésors de Thommeesprit, dans lesquels seuls se trouveraient la clef et la peinture fidèle de l'association originelle, et qu'à notre tour nous fissions tous nos efforts pour réintégrer en nous ce caractère d'homme-esprit qui, en nous alliant par un pacte naturel avec la véritable volonté générale, nous apprendrait à connaître et à goûter l'unique liberté qui puisse nous satisfaire, et à laquelle toutes les nations aspirent, sans pouvoir Jamais l'obtenir par les voies fausses où on les fait marcher.
Et vous, hommes, dont on a si étrangement égaré l'inteUlgence, quelque peine que ces principes aient à entrer en vous, convenez que si vous en aviez quelques autres à leur opposer, ce ne serait pas au moins ceux dont vos publidstes ne cessent de vous étourdir, et dont la fausseté vous est si cruellement démontrée par les faits et par l'expérience.
Non, hommes, mes frères et mes amis, ce n'est point moi qui vous parle une langue étrangère, quoique vous ayez tant de difficulté à me comprendre ; c'est votre première langue que je vous parle, c'est votre langue maternelle ; vous avez seulement négligé de la pratiquer; mais si vous preniez sur vous de la fixer avec attention, ne doutez pas que bientôt elle ne vous devint familière et comme naturelle à vos oiganes; ce sont, au contraire, toutes ces langues erronées que vous parlent les publidstes et les philosophes de matières, qui sont pour vous des langues étrangères, et qui vous empêchent d'entendre et de parler votre propre langue.
DBS R8LI0I01I8
J'ai assez montré dans ma lettre et dans le présent écrit combien j'étais persuadé que les premières assodattons humaines avaient été théocratiques,f^t que tous les gouvernements devraient l'être; J'ai assez fisit entendre que c'était Jà le terme du niveau auquel tendaient toutes les nations, et que cette tendance était la preuve que c'était de ce même
nivMUi qn^elles étaient prinuMiTenMDt deBeeDdnas* quoique le draee religiaoee ait autant dégénéré parmi les bomnies que la duMe sociale»
Je ne puia m'empMier de témoiguer id de nouveau nm surprise de ee que parmi toutes les nations dvilisées» et parmi tous les gooYeraemonta que l'on nomme policés, nous sommes le seul peuple chez qui la ch«)se religieuse soit absolument étrangère à la chose publique ; chez qui elle ne soit regardée que comme une influence auq^ecte et dont le souverain ne puisse trop se garantir, et qu'il ne puisse pas tenir trop loin de lui ; tandis que, selon nos prindpes, ai elle était pure« il ne pourrait pas trop se rapprocher d'elle» et il ne pourrait rien faire do mieux que de la rendre le régulateur de sa propre marche, puisqu'il ne peut être réellement régulier, ou, ce qui est la même chose, rentrer dans les lois de son origine primitive qu'autant qu'il deviendra entiè* rement théocratique. Ainsi, le point où il est et le point où il devrait être sont à une telle distance l'un et l'autre, qu'il y a sûrement une raison cachée de ce phénomène unique dans l'histoire des nations.
Je laisse à d'autres à prononœr si c'est réellement la chose publique qui s'est éloignée de la chose religieuse, ou si c'est la chose religieuse qui s'est éloignée de la chose publique, et qui veut la laisser livrée à sa propre fumière pour lui en/htre sentir rinsufflsance, ou qui enfin voudrait ramener les nations à leur degré primitif théocratique, en les fU* .sant revenir sur leurs pas et en leur fiiisant parcourir d'abord les sontierside la pure nature.
Quoi qu'il en soit, lorsque je plaide pour le règne théoeraliqtte pria dans sa perfection originelle, je suis bien loin de me laisser conduire dans cette idée par les maximes vulgaires, qui ne regardent la chose religieuse que comme un simple frein politique, qui prétendent qu'il faut une religion aux hommes, si on veut les contenir, et qui ne voient par conséquent dans la chose religieuse qu'un épouvantai! que les lé- gislateurs font fort bien de montrer au peuple pour resservir plus facilement.
Voici, au contraire, ce que je dirais à ceux qui répandraient ces maximes : « Pourquoi avez-vous avili l'homme? Si vous ne l'aviez pas » rendu peuple, vous ne seriez pas dans le cas de le traiter conune tel, » et de lui tenir un semblable langage. C'est parce que vous avez o fermé en lui toutes les voies de l'intelligence et de la véritable vertu, » que vous ne trouvez plus en lui d'autres armes que celles de la » crainte et de la déception, et que vous voulez les employer n'importe
» à quel prix y car la Aible et le mensonge voua partiBieot propres à n remplir vqb vues tout aussi bien que la vérité, et vous ne vous oocu- » pes pas même d'en faire la différence. Mais, pour vous montrer le j» peu de Justesse de vos calculs, vous voyez soos vos yeux la chose s publique se soutenir sans oet appui que vous ne considérez que polî- » tiquemeot, et qui, comme tel, vous paraissait indispensable. »
« Cessez donc d'être de l'avis de ceux qui, comme Rousseau, veulent » étayer l'édifice social avec une religion civile. Comment ce mot s pourrait-Il entrer dans la pensée, puisqoe an contraire, selon le priu- » cipe, ce serait le civil même des nations qui pourrait et devrait êtro » religieux ? et le plus grand malheur des peuples a été lorsque, par s l'abus qu'ils ont ttài de la chose religieuset ils ont mérité de retom^ » ber dans leur simple naturalisme, qui les égare et les plonge de plus tt en plus dans le précipice. Gardez-vous encore plus de confondre la a ebose religieuse avec ce monstrueux fanatisme qui n'a rempli la » terre que d'extravagances et de crimes, et ne voyez en elle que ce » lien primitif qui devait embrasser toute la famille humaine et la » tenir fixée sur sa base originelle comme un arbre l'est sur sa » racine. »
« Aussi diiai^je encore à ces hommes égarés : Que savez-vous si » lorsque les peuples auront subi leur temps d'épreuve, la main su* a préme ne leur rendra pas la chose religieuse plus développée et » plus imposante par sa miy^io^^ virtualité que lorsqu'elle a été » séparée de la chose publique, et par conséquent plus digne encore » des hommages et de la confiance des hommes qui, par l'usage libre » de leurs ikcultés, auront été préparés à la recevoir? Qui vous a dit » que, si dans sa Justice elle a opéré devant vous un Jugement si ter» 9 rible, relativement à cette chose religieuse, elle ne puisse pas en
• rendre un plus terrible encore envers ceux qui auraient été les or- » ganes de sa vengeance, et qui, dans ces actes imposanu, n'auraient I voulu reconnaître que leur propre main, et la substituer à la sienne? » Croyez-vous avoir réellement retranché la vigne parce que voue » avez retranché des vignerons qui se sont rendus répréhensibles? »
m Croyez- VOUS aussi satishire è tous les besoins derhomme^esprit par n de pompeux établissements pour vos sciences externes, et par des
• institutions doiioralesqni ne s'occupent pas de lui ? Sans doute ces 9 institutions pourraient lui être utiles si eHes savaient lui parler la » vraie langue des sdeoces, mais loin d'employer ces sciences comme
» une préparatioD et une sorte dlnitiatioii de lliomaie-esprit aia » vérités qui seules sont de son ordre, et qoi seules peuvent le noorrir, » comme étant seules sa véritable source, vous le recules, au contraire» » par tous vos efforts dirigés en sens inverse de ce qu'il lui fiiudrait» » puisque ces doctes assemblées, tontes glorieuses qu'eDes soient de 9 leur élévation et de leurs lumières, sont bien loin de croire à » rhonuno-esprit, et sembleraient bien plus avides d'eflEuer en lui cet » imposant caractère que de lui en faire manifester les fkuits? »
9 Croyez, croyez plutôt que la main suprême est trop surveillante » et trop puissante dans ses justes compensations pour ne pas rendre » un jour à lliomme-esprit ce qu'il peut perdre par les imprudentes » précipitations des hommes; croyez que si c^est par ces imprudences » que la chose religieuse qui aurait dû être au sommet et comme le » premier mobile de la chose publique, lui est devenue totalement si>- » bordonnée ou tout à fait étrangère, l'œil de Tétemelle justice, qui » ne se ferme point, ne peut manquer de la replacer un jour à son » rang naturel, et de lui subordonner à son tour cette chose publique 9 dont elle n'eût jamais cessé d'être le flambeau si l'homme eût sa la • conserver dans son intégrité radicale. C'est alors que la clef des » associations sera vraiment connue; c'est alors que la pensée pure 9 formera le centre et le noyau de la société humaine; c'est alors que 9 les nations découvriront ce point primitif du niveau auquel elles 9 tendent toutes, ain^i que les publlcistes même qui veulent les cou* 9 dnlre sans s'être assurés de ce terme fécond et lumineux vers lequel 9 lis devraient tous diriger leurs pas; c'est alors enfin que les hommes 9 pourront prendre l'idée de cette universelle volonté générale dont 9 on leur foit tous les jours des peintures si mensongères, en ne la 9 composant qu'avec des éléments pris de la volonté humaine. »
Nous ne disons pas pour cela que les hommes profiteront tous de ces merveilles, puisque depuis l'origine des choses, nous avons vu qu'ils n'avaient fait qu'abuser de toutes les faveurs qui leur avaient été faites* et de toutes les lumières qui leur avaient été communiquées; oui, sans doute, ils en abuseront encore, mais les droits de la justice ne s'en seront pas moins manifestés et les hommes qui ne les auront pas reconnus et qui n'en auront pas profité n'en seront pas moins inexcusables. Et vous, lecteur, si je ne me suis pas étendu davantage sur le développement des bases sociales que je vous expose dans cet écrit, c'est que je ne vous avais annoncé qu'un éclair et qu'il suffisait à mon plan de vous
démontrer que Thommé étant esprit, et esprit divin, tout, jusqu'au plus petit détail de son association, avait dû avoir primitivement le carao tare théocratique et religieux, et d'après cette grande loi du niveau que tous les faits de la nature nous enseignent et nous attestent. D'ailleurs, les principales ramifications de l'arbre social ainsi que les nuances particulières qui leur sont affectées, ont déjà été développées en grande partie dans la lettre dont j'ai parlé. Si cette lettre renferme, à la vérité, quelques passages, qui, sans être tout à fait étrangers au sujet, auraient pu cependant être réservés pour d'autres écrits où Us tiendraient encore mieux leur place » je dois dire également que les différents principes politiques qui y sont contenus ont paru assez neufs à quelques penseurs pour que je ne me reproche pas de les avoir écrits.
Mais faut-il vous donner la véritable raison pour laquelle je ne me suis livré à ces deux ouvrages qu'avec réserve, et comme à regret? C'est la persuasion où je suis que l'homme, qui retire déjà si peu de fruit des livres en général, en retire encore moins de ceux qui traitent de son association, de ses droits et de sa puissance politique. Si ces livres ne sont pas établis plus solidement que ne le sont ceux des publicistes, ils le trompent^ et ce qu*il y aurait de plus pernicieux pour lui ce serait de les entendre et de les adopter; s'ils 'sont appuyés sur la base réelle et primitive, comme le sont ceux que je vous présente, il ne les entend plus, ils sont comme inutiles pour lui, parce que les doctrines humaines ont fermé en lui les portes de l'intelligence sur ce grand objet.
Ainsi, quelque confiance que )'aie dans les principes que je lui ai exposés, je n'ignore pas cependant qu'il pourrait y avoir pour lui quelque chose de plus profitable, ce serait de mettre en action son être même et de ne rien négliger pour redevenir complètement homme-esprit, dans la véritable étendue que ce mot comporte. Je le lui ai déjà dit, je le lui répète, et je crois qu'un livre qui à toutes les pages et à toutes les lignes ne contiendrait que cette seule et unique vérité, serait le seul livre qui lui serait vraiment nécessaire.
Des nombres. Paris, 1861. Hermetic Cloud, https://hermeticcloud.com/library/saint-martin-des-nombres/. Public-domain text reproduced in full; markup only.
Machine-read text of the Internet Archive scan desnombresparlc00marcgoog; the reading is uncorrected apart from the removal of page numbers, running heads, line-end hyphens and the scan's own marks.