Mission des Juifs

Saint-Yves d'Alveydre · 1884

Paris, 1884 · Public domain

Mission des Juifs
Mission des Juifs. Par Saint-Yves d'Alveydre. Paris: Calmann Lévy, 1884.

Dams la Mission actuelle des Souverains^ j'ai voulu démontrer que l’État Social chrèlicn tend vers une conslitution unitaire, ayant trois Pouvoirs Arbitraux comme organisnfe typique, et j’ai donne à cct organisme le nom dç Sijnarchie qui signifie : avec principes.

Ce nom est exactement le contraire de celui A' Anarchie^ sans principes ^(.pn (‘.aractérisc l’élat du Gonverncmeul Général de rEuroj)C, principalement depuis l’an I6i8.

Ne voulant pas penser en révolutionnaire, ni. faire œuvre de destruction, mais indiquer aux hommes de bonne volonté vers quelle création sociale tend notre liistoirc européenne depuis dix-huit siècles, il m’a fallu prêter aux vérités quejiixposais un verbe digne d’elles.

C’est pourquoi j’ai dû parler aux Souverainetés monarchiques ou populaires en souverain, aux Sacerdoces de toutes les Communions en théocrate laï([ue,à tous les Européens comme le dernier des serviteurs de l’Oialrc Social.

Dans des circonstances semblables, Confucius, rappelant les rois cl les peuples de Clûne à leurs vérilables Principes sociaux, dut adopter un verbe analogue avec le litre de Sou- Wang, souverain sans sceptre.

Sou éloignement des fonctions publiques, aussi bien que son œuvre, prouve son absence de toute ambition personnelle; et Vavenir a irréfutablement démontré qu’il avait fait un grand honneur aux rois et non à lui-mémc.

Ma méthode a consisté à appliquer à l’Histoire les procédés rigoureux de la Science éclairée par la Tradition.

Je crois avôir méthodiquement démontré l’urgence de la Synarchie Arbitrale, pourquoi, comment, dans quel esprit, cette synthèse sociale de tout ce qui existe actuellement parmi nous devait et pouvait être accomplie.

Dans laMtsaton actuelle des Ouvriers^ j’ai appliqué la même méthode à la réorganisation possible de ma patrie, en prenant son Droit public, là où il est, dans la Volonté nationale,, armée du Suffrage universel.

Je me suis adressé à mes concitoyens en compatriote, non pour leur demander leur vote, ni une fonction publique quelconque, mais, ce qui est bien différent, pour leur enseigner des choses utiles et urgentes.

Dans ce guide intellectuel des électeurs, je crois avoir logiquement démontré comment, pourquoi, aucun parti poli- (ique ne pouvait, sans adopter cette réforme, les sortir d’embarras.

J’ai indiqué aussi, le plus clairement possible, pourquoi, comment, seule, la Synarchie nationale, la réforme sociale, accomplie sous l’égide du gouvernement existant et par le Suffrage universel, pouvait remettre la France au premier rang dans l’Assemblée des Puissances européennes, et lui faire prendre la tête de la nouvelle Europe, celle de la Synarchie Arbitrale.

, Dans, la Mission actuelle des Juifs, bien que n’ayant pas de sang juif dans les veines, je prends rang parmi les Juifs, je m'adresse à leurs savants talmudistes, à leur kabbalistes, à ce qui reste des ESséniens, aux nasis, aux princes des kahals.

C’est ainsi que je veux prouver aux plus informés parmi les Juifs, au nom de leur propre Tradition, que, dans chacune de leurs patries d’adoption, dans la Chi'ètienté, dans l’Islam, aux Indes, en Chine, enfin sur toute l’étendue du Globe, ils ont tout

intérêt religieux et social, collectif et individuel, au triomphe de la Synarchie. ■ ’ ,

Or, si l’on se demande pourquoi, n’étant ni roi, ni prêtre, ni rabbin juif, je me place néanmoins dans Pesprit mcnje de ces fonctions, pour leur parler en dedans, je Répondrai. d’avance par ce qui suit.

Dans la Mtssion des Souverains, parmi les rois,.parmi les prêtres chrétiens, à travers toutes nos 'patries, j’ai dû faire ainsi parler, par moi, la Souveraineté royale ou populaire, la Religion dans ses rapports avec la Sociologie, parce qu’il est urgent de rendre efficaces, pour l’accomplissement social du Christianisme, les fonctions souveraines et sacerdotales; parce qu’il fallait prouver urbi et orbi que ces fonctions peuvent et doivent accomplir plus promptement et pjlus sûrement que la Révolution, le progrès iqui entraîne la Civilisation chrétienne vers son Unité harmonique, vers sa Constitution définitive.

Dans la Mission des Ouvriers, j’ai parlé à tous les électeurs de mon pays, en libre citoyen d’une république nominale, parce qu’en France, la Souveraineté n’appartenant légalement qu’à la Nation, c’est au Peuple, s’il ne veut pas se la voir affiacher en détail par les partis, en bloc par l’Étranger, à faire lui-même la Synarchie nationale, et à rendre ainsi, non seulement sa république organique et durable, mais sa situation parmi les autres nations inexpugnable à tous les points de vue : Religion, Droit international. Ordre social.

Enfin, dans la Mission des Juifs, je m’adresse aux savants talmudistes, aux kabbalistes, aux Esséniens, aux nasis, non comme un étranger, mais aussi comme Vun d’entre eux, possédant la science orale laissée par Moïse même.

Et j’agis ainsi, parce que je leur démontre, appuyé sur THistoire du Monde et sur la leur, que la Synarchie, le Gouvernement Arbitral, trinitaire, tiré des profondeurs de Fini-

tiation de Moïse et de Jésus, est la Promesse même des Israélites, .comme la nôtre, et le triomphe même d’Israël par la Chrétienté. '

A. tous enfin, dépuis les plus orgueilleux jusqu’aux plus hupqblcs, depuis les plus grands jusqu’aux plus petits, depuis les, plus redoutés et les plus adulés jusqu’aux plus dédaignés, j’ai non seulement le droit, mais surtout, comme les initiés antiques, le devoir de témoigner ainsi de la Vérité, qui a été confiée à la garde de ma constance et de ma fidélité depuis ma dix-neuvième année. ^

Cette Vérité, que je ne dois à aucun centre d’initiation açtuellement existant, mais seulement à un mort possédant la Tradition, et auquel je rendrai hommage en temps et lieu, c’est Elle qui a voulu parler par ma bouche, en souveraine chez les rois, en initiatrice chez les prêtres, en sœur de Charité chez les humbles, en amie parmi tous les hommes, à travers toutes les Nations et du fond de tous les Cultes.

Et si, en me voyant planter aussi énergiquement en terre l’épée du Verbe Eternel, on taxe d’orgueil ce qui n’est eu moi que conviction et certitude motivées, je répondrai d’avance que ce que j’exalte ainsi, ce n’est certes pas moi, mais l’efficacité sociale de la Science et de la Religion, qui ne sont, au fond, dans leur Synthèse réelle, qu’une seule et même Voie, qu’une seule et môme Vérité, qu’une seule et môme Vie.

11 faut être humble et doux de cœur, et se sentir pauvre d’esprit comme le dernier des petits enfants, pour recevoir avec amour la Tradition et la Vérité; et c’est ainsi que je les ai reçues, il y a plus de vingt ans.

Mais elles se sont si profondément enracinées dans ma vie, que je ne croirai jamais en témoigner publiquement avec assez de force parmi les grands, avec assez de douceur parmi les petits, avec assez de conscience intellectuelle et morale chez tous. „

Je viens de parler de la Tradition et de la Vérité, dont je témoigne, et l’on se dira encore, sans doute : Qu’est-ce que la

Tradition, qu’est-ce que la Vérité, quelles preuves en peut-on donner?

A cela, je répondrai encore : De telles choses ne s’inventent pas; elles se trouvent, là où elles sont, cl op les prouve, quand et comme il le faut.

J'en témoigne déjà dans les deux œuvres précédentes ct>lans celle-ci.

Le reste, en mains sûres, dans plusk'prs pays, est .à l’abri des coups qui peuvent partir de différents centres de pouvoir qui, pourtant, n’empéchcront lien dc.ee qui doit s’accomplir.

Ce que je réserve comme ésotérisme dans me's œuvres; ne seia livré qn’à la première Chambre indiquée dans mes doux livres précédents.

Parmi les Qliréliens comme parmi les Isr£|^lilcs,,chez les Musulmans, comme chez les Indbus bralimanisles, chez les Thibétains, chez les Parsis, chez les Chinois, quelques Sages connaissent encore des fragments de la totale Yérilé, dont je parle, sons vouloir en soulever le voile plus qu’il ne convient.

Jamais la chaîne de la Tradition n’a été rompue que par le vulgaire et pour lui; jamais la seientitique Vérité n’a été tellement obscurcie qu’KIle n’ait, à liavcrs les ténè- bres, d’une époque quelconque, attiré paises rayons»*épars quelques intelligences derrière le voile des erreurs et des préjugés.

Erreurs et préjugés souvent et longtemps nécessaires, et qu’il ne faut dissiper d’en haut que lorsqu’il en est temps; mais lorsque ce temps est arrivé, il faut oser, au jmix de tous les sacrifices et avec un invincible courage.

Je tiens à dire ici, une fois pour tonies, que je n’écris nullement pour ceux auxquels suffit la forme d’Enseignement Primaire qu’a revêtue le Judéo-Christianisme, grâce aux talmudistes et aux théologiens chrétiens.

Je respecte celle catégorie nombreuse, comme étant la* moins responsable dans la direction des destinées d’Israël et de la Chrétienté.

Mais le dégagement des vérités naturelles ayant créé dans l’Enseignement 'Public judéo-chrétien de nouvelles catégories mentales, des Classes Secondaires d’intelligences, des castes secondaires de Facultés enseignantes, c’est à cet ordre d’esprits que mes œuvres s’adressent.

C’fisl, en effet, dans cette région d’âmes que l’anarchie des doctrines reste une semence perpétuelle d’anarchie politique et sociale, et c’est là que» mettant à nu les réserves cachées du Judéo-Christianisme, je dois en démontrer les conséquences, dont la forme sociale se résume dans la Svnarchic.

Dans la tenre hivernale, le froment caché semble sous les frimas comme s’il n’était pas; et il faut qu’il germe ‘ainsi mystérieusement, à l’abri du regard des oiseaux et du souffle des vents.

L’échafaudage obscur, informe, souillé de plâtre, est pris longtemps par les passants j)bur l’édifice qui s’élève.

« N’y touchez pas, » disent les conservateurs.

El ils ont raison, selon l’heure à laquelle ils pensent et parlent ainsi.

Si on livrait aux mains des maçons et des badauds le plan architectural et son exécution, jamais le monument ne s’achè- verait.

Mais il vient une heure révolutionnaire, où l’esprit destructeur souffle et parle de la manière suivante :

« Quoi! c’est là l’Arche sainte de votre Société, le plan du trône et de l’autel ? Voilà donc l’expression de toute la Vérité qvi les autorise?

« Quelle dérision dans un siècle de lumière!

« Allons! arrière à ces fantômes du passé!

« Abattons, brûlons ces planches pourries!

« Qu’il ne reste plus rien de ces bastilles de la pensée humaine!

« Qu’est-ce que nous veut cette baraque vermoulue dans l’èrc de la raison et de la science positive? »

Cette bataille entre la con®ervation et la destruction continue

ainsi, jusqu'au jour marqué,’ où l’échafaudage protecteur, n’ayant plus de raison d’être, tombe comme un 'vêtement, lais? sant apparaître en plein soleil la* pensée réalisée du divin architecte.

11 a ôlé utile que le plan général de la Société humaine fût longtempd* caché sous les hiéroglyphes de Moïse, sous Ics^paraboles de Jésus, et que les générations isra*élilés et chrétiennes, comme le tisserand dont parle Lamartine, Iravailla'ssent en arrière à la trame des temps.

Moïse a eu ses raisons temporaires de recouvrir d’un triple voila son visage, c’est-à-dire l’expression de sa pensée dans scs livres ; Jésus a eu sa raison temporaire de voiler ses Mystères sous la parabole.

Mais Moïse comme Jésus nous a légué une Promesse d’Ordre social et de Vérité universels, doni l’accomplTssement prophé- ' tique vise nos temps; et ni l’un ni l’autre n’eussent agi ainsi, s’ils ne nous eussent pas en môme temps laissé, dans et par leurs révélations mêmes, la possibilité de comprendre celte Promesse et de savoir comment l’accomplir.

Aujourd’hui, éclairées d’en bas par les sciences naturelles, les Intelligences informées par l’Instruction Secondaire veulent voir au delà de l’inéroglyphc moïsiaque, au delà de la garabolc chrétienne, sous peine de rejeter leur foi, àme vivante de leur Société, et d’entraîner tout l’État Social judéo-chrétien dans les convulsions de l’anarchie rationnelle et politique.

C’est à celle situation décisive des esprits que répondent mes œuvres, au nom de la Tradition, au nom de l’Enseignement Supérieur, ésotérique, en qui toutes les vôrüés trouvent leur Synthèse dans la Vérité.

Chrétien, j’ai voulu donner tout d’abord à l’Europe entière et à ma patrie une preuve certaine que leur histoire tend à réaliser d’une manière positive la Promesse de Jésps Chris^ et de Moïse, par les seuls moyens qui y puissent conduire : Distinction de l’Autorité et du Pouvoir, rétablissement des

trois grands Ordres Sociaux alliés, Enseignement, Justice, Ëco> oomie. * .

J’ai pris la 'plumc à une heure de grand désarroi des esprits, heure terrible, où les meilleurs eux-mêmes n’attendaient’ plus de l’aVènir que des fléaux, et ne demandaient plus au présent que leur propre sauve-qui-peut dans ce dé- luge ào ruines et de sang, auquel nous conduisent, non seulement l’anarcliic d’èn bas, mais surtout celle des pouvoirs arbitraires d’en haut.

L’Europe, j’en ai le ferme espoir, sera la tête lumineuse, le cœur puissant, le bras doux ct*‘fort de la reconstitution du Règne llominal dans son Unité relative, du redressement de celle-ci dans ses trois Pouvoirs arbitraux et sociaux ; et notre Continent ne trouvera que là son propre salut.

Mais il ne s'abat pas seulement de l’Europe, et il suffit de regarder une Mappemonde, pour voir le peu de place auquel nous avons droit sur celte Terre, en comparaison dos enfanis déshérités de l’Afrique et de l’Asie.

Beaucoup plus petite que la Chine, un peu plus grande que le Sahara, dépassant à peine en étendue l’Australie, l’Europe représente environ le quart de l’Afrique, moins du cinquième de l’Amérique et beaucoup moins que la cinquième partie de l’Asie, qui nous dépasse d’un excèdent de près de doux millions de lieues carrées.

Quant au chiffre des populations réparties sur ces Continents en Etats Sociaux différents, il mérite également toutes nos réflexions.

El si l’on songe que, depuis douze cents ans, grâce à toutes les causes que j’ai signalées dans la Mission des Souverains, nous nous sommes comportés en féi’oces barbares vis-à-vis de toutes les autres races ‘et de toutes les autres civilisations, il est impossible de ne pas envisager l'avenir comme un sanglant coucher de soleil.

Chrétiens nominaux, nous avons mis sur le compte du diable ou du néant, c’est tout un, les religions, les traditions,

les sciences des autres Sociétés humaines, donnant du même coup carrière à une politique arbitraire et brutale.’

Nous avons assassiné les restes de la Race rouger échappés aü dernier déluge, tué les Guanches, asservi la Race noire, opprimé les Sangs-mêlés que nous appelons fa'ussernent sémitiques, traité Israël et l’Islam en suppôts de l’enfer, l’Inde bralimanique et bouddhiste en sorcière bonne à brûler, après l’atoir spoliée, bousculé, soit diplomatiquement, soit militairement, la Perse et toute l’Asie centrale, leurs culfes, leurs lois,’leurs moburs, avec le dédain, le sectarisme, l’àprc avidilé et l’immoralité que l’on sait.

En parvenus d’une civilisation d’hier, nous avons été violenter dans son sommeil la Chine vénérable, pour les plus mé- prisables motifs.

Enfin, en ce qui regarde l’arrangement de notre propre Chré- tienté, c’est la môme ruse diplomatique, c’est la même violence militaire qui régissent encore son Gouvernement Général, opposé ainsi à lui-même systématiquement, malgré le témoignage social de Henri IV de France, et depuis l’an 1648.

Ah! lorsqu’on évoque l’Esprit de l’ilisloire, quand il nous cric à travers les tonnerres des faits accomplis que nous avons commis tous ces crimes, tous ces forfaits, en crucificateui’s de la Terre entière et non en adorateurs du Crucifié, on repule épouvanté, en voyant animer de notre esprit, armer de nos moyens destructeurs plus de deux cent millions de Musulmans, quatre cent millions de Bouddhistes, plus de cent millions de Brahmanistes, plus de cinq cent millions de Chinois et de Tatares, sans compter les groupes moindres. ^

Sachons-le bien, et remédions-y à temps ; tous ces déluges humains, tous ces océans d’âmes, que l’Ame Universelle regarde et écoute aussi bien que nous, tous ces mondes d’esprits vivants ont en eux, pour le Chrétien, pour la Chrétienté, pour tout l’ensemble politique de notre histoire et de notre civilisation, une haine, une exécration bien autrement motivée, liélas ! qû'autrefois les peui)les polythéistes pour le Juif et pour Israël tout entier.

Le poids de, THistoire européenne écrase la tête et le cceur de tout le reste -de l’Humanité sur cette Planète, et son âme s’en plaint jusque dans le fond des deux ; mais, ici-bas, cette tête se redresse, ce-cœur bat plus fort; et nos misérables jalousies nationales galvanisent et arment ces membres formidables, aux mains desquels, si nous ne nous repentons pas. Dieu jetterâ d’en haut les trompettes d’airain et les glaiVcs d’acier du Jugement dernier.

.C’est pour essayer de montrer ces fléaux, ce Destin, ce choc

retour de nos actes passés, c’est pour les conjurer, à un siècle d’échéance à peine, que j’ai médité pendant vingt ans les livres que je publie, et qui sont, eux aussi, dea actes d’une autre essence, que je confie à Dieu, et que l’avenir justifiera.

Puisse cet avenir être la Synarchie et non l’Anarchie intergouvernementale qui nous régit depuis des siècles.

■ Car, lorsque les abîmes seront ouverts, les fléaux déchaînés, quand le Destin lèvera sa tête de Méduse, quand l’ouragan dos chocs en retour retombera sur nos villes, quand l’Asie et l’Afrique armées par nous, suscitées par nous, et alliées à l’Amérique, viendront réclamer le sanglant payement qu’exige le total des faits accomplis, alors il ne sera plus temps d’échapper à l’épouvantable étreinte.

En vain, tes Églises latine, grecque, protestantes, s’anathématisant toujours, se réclameront encore de Jésus- Christ ; l’Esprit de leur Opposition mutuelle qui est l’Anté- christ même, empêchera d’advenir celui de la Promesse et du Règne de Dieu; et ce sera alors le Jugement dernier qui tonnera, non seulement sur la Terre, mais dans les Cieux indignés.

Les autres collectivités humaines, aidées par les Chrétiens eux-mêmes, entrerdut en armes dans la Chrétienté, après l’avoir chassée de ses colonies.

En jain, quand les Pouvoirs arbitraires de l’Anarchie gouvernementale d’Europe seront une fois écroulés sur leurs conservateurs massacrés, les destructeurs révolutionnaires diront

à l’invasion, crieront au déluge : « Nous ne sommes pas Chré> tiens; nous n’avons pas de Dieu; nous n’avons plus de .Maître : que nous voulez-vous? » • • ■

Les autres États Sociaux n’en auront que plus de mépris dans leur colère, au nom de leur propre foi, plus outragée encore par ce blasphème universel que par le fanatisme .ignorant de nos Cultes et par la politique féroce de *nos Etats.

El, à travers notre civilisation dévasf^e, les fruits sanglants de ce fanatisme et de cette politique internationale et coloniale seront foulés aux pieds comme une vendange abomiifable.

La possibilité d’un tel avenir est entrevue très nettement par beaucoup d’Israélites.

Leur situation précaire parmi les autres peuples lés force, depuis bien des milliers d’années, à observer attentivement l’état des milieux humains qu’ils traversent.

Ils connaissent à sa juste valeur la constitution actuelle de l’Europe, fruit du traité diplomatico-miiilaire de 1648; ils marquent exactement chacun des attentats que la ruse des Cabinets ourdit contre le laborieux édifice des Nationalités, chacun des coups de violence qui ébranlent par le canon les jnalé- riaiix épars de l’État Social chrétien.

Mais que les Sages d’Israël prennent bien garde : la banqueroute hnale de l’Europe commencerait la leur, et voiei pourquoi. ^

L’Europe est une colonie essentiellement raoïsiaque, comme je l’ai dit dans la Mission des Souverains, et elle diffère en eela de l’Islam, qui est plutôt une colonie talmudiste.

Dans toutes ses églises, l’Europe chante Abraham, Isaac et Jacob; elle se réjouit aux Vêpres de la sortie d’Égypte; elle vénère Moïse, sans le coniprendre ; elle enseigne ses oiuvres, ou du moins leurs traductions à ses petits comme à ses grands enfants, et cela, à l’exclusion de tout autre Livre sacré, d’où

qu’il vienne : Kings des Chinois, Avestas des Perses, Védas des Aryas, Pouratlas des Indous, etc., eic.

Dans le second Testament, l’Europe a reçu par Jésus-Christ, et vénère, à phis juste titre qu’elle ne le croit elle-même, la morale la plus pure d’Israël et une partie de son intellcctualit4, de sa loi orale la plus lumineuse, quoique voilée sous la parabole.

De plus, elle a une, Promesse religieuse qui vient également d'Israël, et qui est, au fond, la môme que la sienne; et enfin, elle fait à Israël une propagande universelle, en distribuant sous toutes les latitudes des monceaux de Bibles, jusque dans les derniers coins du Globe, où un comptoir anglô-saxon s’établit.

II importe peu, pour le moment, que nos sacerdoces chré- tiens, divisés, entre eux, n’aient pas soulevé le voile étendu à dessein par Moïse sur sa Cosmogonie, par Jésus sur sa Promesse dé l’Avèncmcnt du Régne de Dieu.

Ce qui importe ici, c’est que dans l’État Social européen, dans celte universelle Église laïque, non constituée encore, mais en avance de moralité et d’intellectualité sur scs directions politiques et sacerdotales, Israël, couvert par Jésus-Christ, son Souverain Pontife et le nôtre, protégé par le soufle de cette Ame vSociale épars dans l’Opinion publique, est encore plus chez lui que chez nous, en Europe même, cl cela de par les droits les plus sacrés.

11 lui importe donc, au premier chef, que le Christianisme s’accomplisse socialement, de haut en bas, par la distinction dpfinilivc de l’Autorité cl du Pouvoir, par la rcconslilulion des trois grands Ordres Sociaux institués par Moïse, par la Synarchie enfin, de peur que les Églises et les États opposés entre eux ne s’écroulent dans les tempêtes militaires et révolutionnaires, non seulement sur la tête des Chrétiens, mais aussi sur celle des Israélites.

Il importe enfin à Israël de reprendre sa grande mission, de préparer son propre triomphe, d’aider la Chrétienté tout entière à exécuter, en Europe d’abord, sur toute la Terre ensuite

cl dans toute leur immense portée sociale, le Testament de Moïse et celui de Jésus-Christ, majeure el mineure d’une même conclusion organique, divin legs de la plus vieille Tradition, de la plus auguste Sagesse, de la plus divine Science de notre nnliquc Humanité.

C’est pourquoi, moi, Chrétien laïque, j’écris pour les Israé- lites ce livre, dans l’Esprit d’une nouvelle et* toute scientifique alliance en Jésus-Christ et en Moïse. • n

AVANT- PROPOS

Comme, dans ce livre, je ne parle pas de moi-môme, et que ma parole a pour substratum à peu près tout ce qui a été pensé et écrit dans le monde entier, je remercie ici tous les auteurs vivants que j’ai’ consultés, et je tiens à rendre •h’ommtige aux morts.

Quant à la Tradition ésotérique judéo-chrétienne, je ne la laisserai entrevoir dans celle œuvre qu’autanl que cela sera nécessaire pour le but que je poursuis :

Réconciliation de la Science et de la Religion judéo-cliré- tienne, rapprochement des Corps enseignants religieux et civils, distinction de l’Autorité et du Pouvoir, limitation de la Politique par trois Pouvoirs Sociaux et spéciaux.

MISSION DES JUIFS

TRIOMPHE D’ISRAËJ.

CHAPITRE PREMIER

LA SCIENCE MODERNE ET L’ANCIEN TESTAMENT.

11 ne faut pas se le dissimuler: un antagonisme profond, irrémédiable, existe entre la science moderne et les idées fondamentales, ainsi que la chronologie prêtée à Moï se [lar ses traductions :

Vulgate, Septante, Targums, Version sajiiari laine.-'

La Création et l’antiquité de TUnivers, ou simplement de la Terre, ne peuvent jdus être impunément défigurées, et il y a là, pour renseignement religieux, un effort à faire, effort intellectuel aussi grand qu’indispensable.

La science moderne, et j’entends par ce mot, l’ensemble des sciences physiques et nâturelles, a, sans poursuivre ce but, rendu à la Terre et au Monde, à l’Homme et à Dieu, leur véritable grandeur, en ‘brisant le lit de Procustc, où la prudence d’une part, et, de l’autre, l’ignorance dogmatique des interprètes de

Moïse, avaient rapetissé là notion du Kosmos et de son Créateur.

Parmi les sciences naturelles, l’Astronomie, la Géologie assignent à la Terre seule une durée presque incalculable dans le passé.

Çarmi les sciences humaines, l’Archéologie, la Philologie, l’Anthropologie, en étendant le domaine propre à rHistoite, reculent la naissance de l’Humanité terrestre pliis de dix fois au delà des six mille ans assignés à l’agc de rUnivers entier par les interprètes de Moïse.

De plus, toutes ces sciences, ou du moins toutes ces nomenclatures de faits spéciaux, improuvent positivement le point de départ paradisiaque de l’Humanité physique de cette Terre, l’origine unique et parfaite prêtée par ces mômes interprètes à l’apparition de l’homme corporel sur notre Planète.

Elles représentent, au contraire, la naissance maté- rielle des hommes sur les divers Continents comme extrêmement lugubre et noyée, pour ainsi dire, dans ce que le Destin qui enveloppe l’origine des êtres, peut avoir de plus rigoureux.

Elles nous montrent ces hommes à l’état le plus rudimentaire d’un Principe latent, étouffé dans un germe patent, et ne pouvant se développer, sous la réaction des milieux physiques, que conformément aux lois du Temps et de l’Espace.

Elles affirment que ces hommes radicaux, émergeant à peine de l’Animalité antérieure, en portaient la marque, comme aujourd’hui encore les anthropophages dans l’ordre physique, et, dans l’ordre moral, nos gouvernements actuels, auxquels la Bête continue à imprimer ce carafttère de se dévorer entre eux comme les pires espèces animales.

De sorte que ces données rappellent plutôt Sankonia-

thon et l’ouyerture des Mystèïes ioniens de Sidou, de Tyr et d’Éphèse, que la Cosmogonie de Moïse,’ qui en est . l’opposé dorien.

Ces sciences ajoutent que la marche entière de la Nature élémentaire, naturce, évolue sçs productions phé- noméniques suivant une progression ascendante, ce gui est le contraire de la Chute, et suivapt une méthode spéciale qui, ne créant que des indivjdus corporels et sporadiques, va de la Diversité physique à l’ünité intelligible, et non de l’ünité à la Jliversité.

De tout ce qui précède, il résulte que, au point de vue purement rationnel, l’homme de chair et d’os,, non certes, dans son Principe inlelligibhî, universel, cosmogonique, mais,’ ce qui est diamétralement ‘oppose, dans scs Origines sensibles, individuelles, génésiques, est apparu sur plusieurs Continents successifs, non parlai!, mais aussi imparfait que possible, sauvage, nu, presque muet, anthropophage, presque animal dans le cycle dé- vorant de l’Animalité, et n’ayant, sur celte terrible Terre, d’autres alliés visibles que lui-même, les chiens géants et les éléphants colossaux.

Et pourtant, même sauvage, même émergeant ainsi (les flancs douloureux de la Nature naturée, l’Homme était, en principe, ce qu’il est aujourd’hui en plein développement, perfectible jusqu’à la Perfection même, mais au point de départ le plus rudimentaire de la Perfectibilité.

Pourtant il sortait déjà de l’Animalité, rien que par ses formes naturelles, signes et symboles de son Principe cosmogonique et de ses facultés ontologiques.

Telles sont les données indestructibles, que les sciences naturelles et une partie des sciences humaines

oui dégagées depuis l’impulsioti rationaliste de Bacon et la régulation méthodique de Descartes.

Telles étaient les notions enseignées jadis sur nos origines naturelles par les savants religieux de l’antiquité, par Orphée et les Eumolpides, dans les mystères de Delphes et d’Éleusis, par Sânkoniatlion dans les mystères de Tyr, enfin par toute l’école des sanctuaires marqués du signe féminin, et provenant des Yonijas de riiide.

O

Mais ces notions sont en antagonisme complet avec le sens génésique, que les traductions prêtent aux dix chapitres cosmogoniques de Moïse.

Je uè soulève nullement la formidable question de cëtte contradiction, qui est un des principaux empê- chements à l’Unité actuelle de l’Esprit humain et à la Science elle-même, ou, si l’on veut, à la Synthèse des sciences.

J’ai trouvé devant moi cet antagonisme capital absolument dressé, mettant aux prises notre Tradition religieuse avec l’observation et l’expérience sensibles, déchirant l’Autorité de l’Enseignement, frappant dans les intelligences toutes les sciences divines possibles, mais impuissantes à se dégager et à se défendre convenablement, grâce à leurs interprétations insuffisantes.

Les terribles armes de précision que la série des sciences physiques et naturelles emploie, nécessitent dans l’autre camp une môme exactitude, disons le mot, une même conscience intellectuelle et morale, pour équilibrer et réaccorder à lui-même l’Enseignement général, c’est-à-dire l’Autorité même sur cette Terre.

Au fond, contre l’Église, contre la Synagogue, contre la Mosquée, l’espritscientifique, universitaire, est dressé

tout entier avec des canons rayés, auxquels les théolo-* giens continuent à opposer des tubes de verre et des projectiles de papier mâché.

« N’approfondissez pas, disent les -directeurs de consciences, dfvpeur de perdre votre foi par l’examen! y

Pas solide, alors, cette foi!

Quelle foi? et qu’est-ce que la Foi?* • * •

A cela, les penseurs les plus orthodoxes répondent avec saint Thomas d’Aquin : * .

« La,Foi est le Courage de l’Esprit, qui s’élance résolument devant lui, certain de trouver la Vérité. »

Élançons-nous donc courageusement dans, la grande bataille des idées, certains que notre foi nous mènera à la Certitude, si nous savons interroger, comme il convient, les Fondateurs divins de notre Religion et de notre Société.

Or, c’est aux laïques à avoir ce courage, aussi longtemps que les sacerdoces frappés de sommeil et d’impuissance, pour diverses raisons, ne savent pas soulever le voile qui leur dérobe les tabernacles de Sem, c’5st-à- dire la Spience universelle, colossale, renfermée dans les cinqdl^te chapitres du Sépher de Moïse et dans leur portée Sociale, que Jésus a restituée au Genre Humain tout entier.

La conscience troublée des multitudes regarde attentivement la lutte des deux fractions de l’Enseignement, ou du moins ses conséquences apparentes, qui sont l’antagonisme politique des sectaires naturalistes et des sacerdoces, les uns poussant à la République nominale, Ips autres à la Monarchie personnelle, tous, sans le savoir, au Césarisme.

Comme la force des faits et des gros bataillons semble

croître indéfiiiiment dans l’un des camps, à mesure que ■ les-’ découvertes nouvèlles eneonibrent les arsenaux de la science appliquée, le troupeau se porte conftisé- ment vers ceux qu’il croit être les plus forts, et le philosophisme naturaliste tend de plus en plus à prédominer dans utie politique antisociale en haut comifie en has, dans un instinctivisme au jour le jour, et dans l’expé- dientperpétuel décoré du nom d’opportunisme.

C’est là le plus grave prohlème de notre temps, et c’est du fond de cette Dyarchic de l’Esprit humain que toutes les anarchies découlent.

Mais que l’on ne croie pas qu’une telle antinomie puisse être résolue d’une manière arbitraire.

11 y faut toute l’Autorité intellectuelle de la totale et intégrale Vérité, en qui, seule, toutes les vérités peuvent |e cobeilier, en se hiérarchisant et en se synthétisant, soit dans l’Ordre sensible, soit dans l’Ordre intelligible.

Il n’entre donc nullement dans mes intentions de diminuer, en quoi que ce soit, tout ce que les sciences dites modernes ont accumulé d’irréfragables vérités, ni de confondre ces dernières avec les inductions sectaires que le philosophisme a cru pouvoir en tirer, et qui ne sont nullement des déductions logiques, comme il le croit.

, Si jamais un monument d’investigation patiente, méthodique, loyale, exempte de toute arrière-pettsée de domination politique, a été élevé à cette face de la Vérité qui correspond à la Nature naturée, c’est bien par les savants modernes.

Mais les scribes philosophiques qui ont prétendu, et prétendent tirer des conclusions de ces investigatéurs une doctrine antagonique aux religions, font une oeuvre

plus malsaine, plus arbitraire, que jamais .aucun talmudiste ni aucun théologien sectaires. ■ ’

C’est ce faux esprit d’insuffisante critique, qui dissocie tout le Ciel de l’Entendement humain, toute la série des Principes universels, des Idc.es générales et des Sentinjents généreux; c’est ce souffle malsain qui, encore une fois, inspire de haut en bas^la Politique â’expédients, et laisse l’Instinct de la Bêtp présidera, toutes les anarchies qui nous entraînent à la ruine finale.

Oh! si les sophistes et les politiciens, hommes d’fitat ou Iputefeux populaires, avaient aussi sérieusement étudié et respecté l’État Social que les bénédictins de nos Instituts étudient et respectent la poussière que

nous foulons aux pieds, l’air que nous respirons, la

goutte d’eau et son petit monde d’infusoiVes, le* volvoce et le microbe, tout irait bien, • '

Alors, Moïse et Jésus apparaîtraient dans le^ ^raie lumière, et leur Promesse réalisée rayonnerait è travers tout le Corps spirituel de l’Humanité délivrée de la fausse politique et reconstituée dans ses trois pouvoirs sociaux, dans son Unité relative.

D’un autre côté, si, depuis le seizième siècle, les théologiens n’avaient pas fait, on sens contraire, la même œuvre que les sophistes naturalistes, si fidèles à la belle définition que saint Thomas d’Aquin fait de la Foi, ils avaient autant cherché, poursuivi, aimé, dans le secoiîd et dans le premier Testament interroges en leurs textes mêmes, l’autre côté des réalités, la Nature naturante, la Science des choses intelligible.Sj la Vérité religieuse enfin, ou, si l’on veut, synthétique, alors, avec l’Unité , de l’Enseignement universel, l’Autorité se serait* recon- . stituée, la tiare au front, unique pasteur d’un unique troupeau.

Mais, en cela comme eh bien des choses, il y a eu . dans les fohctions enseignantes de singuliers déplacements, à mesure que les sacerdoces sommeillaient sur la lettre traduite des textes sacrés, et laissaient, sans le suivre par la pensée, sans l’arbitrer intellectuellement, l’Entendement public s’ouvrir tout grand, d’un bout de la dhrétienté à l’autre, à cette lumière d’en bas qui monte. des vérités jje la Nature naturée.

Or, ces clartés aveuglei'ont l’État Social tout entier d’une lueur rouge, infernale, dévorante, tant que la Tradition sacrée ne viendra pas faire d’en haut la Synthèse lumineuse.

Cette synthèse est loin d’être facile, et elle nécessite, de la part des 'sacerdoces judéo-chrétiens, une singulière ouverture, non seulement d’intelligence et d’intégralité, mais surtout de cœur et de tolérance.

Il est bien difficile de maintenir aujourd’hui la vieille distinêtion du moyen âge entre les clercs, les éclairés, le clergé, l’organe éclairant, le corps savant par excellence, et les laïques, les plébéiens de l’esprit, la laïcité, la plèbe de la Connaissance.

Galilée, Newton, Pascal, Lavoisier, Cuvier, tous les Pères de la science moderne proprement dite, toutes les légions de leurs disciples vivants ou morts, ne peuvent guère être envisagés désormais comme de simples Ifft'ques dans le vieux sens du mot; car Religion signifie Synthèse, et toute vérité scientifique a sa place de droit dans la Vérité intégrale, et doit l’avoir de fait dans toute religion à efficacité’soçiale, positive.

, Do deux choses l’une : ou Moïse, puis Jésus, ont suffisamment armé pour la grande bataille idéologique, menant à la grande paix du Saint-Esprit et de la Yéritéj

les sacerdoces qu’ils ont constitués, ou ils *110 l’ont pas

Dans le premier cas, il faut soulever les niorceaux. de ce voile qui, dans le Temple, se déchirp à la mort «du Christ, et, résolument, il faut entrer dans-l’autopsie d'es Mystères, et c’est ce que je fais. »

' Dans le second cas, il faudrait lever ies bras au Ciel, et aller chercher dans l’invisible uhe révélationqui complète celles de Moïse et de Jésus.

Dans les deux cas, il faut respecter assez, en eux comme* en nous, l’intégrale Vérité, pour oser savoir à quoi s’en tenir, et mettre les bonnes volontés du Genre lluitlain en rapport intellectuel et moral avec le plan réel de TUnive/s, tel qu’il est, cl de l’Éta^l .Social, tel qu’il doit advenir.

Or, si, en écrivant mes Musions, j’accomplis mon devoir de missionnaire de la pensée religieuse et sociale, ce n’est nullement comme novateur, mais comme le dernier des disciples de Jésus et de Moïse à la fois.

Il faut bien que la Vérité transmise au Genre Humain par ces suprêmes autorités de l’État Social judéo-chrétien ait en elle-même cette force intrinsèque, ésotérique, qui, étant le Vrai, est aussi l’Esprit Vivant, car, .sans cela, notre Société aurait déjà cessé d’exister, pour se transfigurer totalement, en se réorganisant autour d’un autre culte.

C’est là que gît l’erreur profonde de ceux qui, au nom du douté philosophique, n’ont vu que le côté rationnel, mécanique, des questions sociales, aux dépens de leur aspect biologique, et, à la suite de Montesquieu,* ont regardé le Judéo-Christianisme comme impuissant à définir intellectuellement et à organiser pratiquement

sa Promesse d'un Ëtat Social relativement parfait.

De cette source d’idées superficielles l’École encyclrfpédique a fuit un torrent et la Révolution française un déluge, en essayant de s’affranchir de l’exécution des »déux Testaments dans la Science et dans la Vie sociales.

^\près une guerre peu sérieuse à des interprétations primaires, enfantines, de la Parole sacrée, et aux surfaces les plus exotériques du Judéo-Christianisme, on a cru en avoir fini avec son plan architectural du Règne de Dieu, cl on a tout démoli, espérant pouvoir miéux rebâtir sur table rase, par voie d’expérimentalisne sensoriel et de naturalisme instinctif.

Utile comjne déblayage et comme liquidation d’encombrements, la Révolution française n’a cependant abouti dans l’ordre intellectuel qu’à un sectarisme nouveau, bien autrement grossier, despotique et déprimant que l’ancien pour les intelligences et pour les caractères.

Cette machine administrative, officielle, à fabriquer la médiocrité, et qui s’appelle TUniversité, est la nouvcllé Bastille de ce nouveau sectarisme dominant, qui, lui-même, a besoin d’un nouvel esprit synthétique.

Or, on cherchera en vain ce dernier en dehors de la .Tradition ésotérique des deux Testaments.

Examinons pourquoi la Révolution française a erré au sujet de certains^^ principes, et nous verrons ensuite, dans le cours de ce livre, comment le Christianisme seul, appuyé sur le Mosaïsme, a autorité et qualité suffisantes pour accoucher intellectuellement cette Révolution, et pour la terminer, mais en l’accomplissant socialement d’un bout du monde à l’autre.

Voici en quoi l’Encyclopédie, la Révolufioji française èt toutes les doctrines naturalistes qui en résultent, se sont fondamentalement et radicalement trompées, non en ce qui regarde l’Ordre civil et son .droit commun, mais en ce qui touche à l’Ordre social, phssible, et à* sa constitution en pouvoirs différentiels, concordants.

Du moins les sophistes et les politiéiens auraient-ils dû chercher leur principe synthétiqfte, leur lien religieux, leur spécification sociale, dans le naturalisme même, s’il leur avait été possible, au fond*, de lutter avec quelque chance sérieuse contre l’Esprit Social de Moïse et de Jésus.

Au point de vue où ils se plaçaient et qui est ‘celui d’un Catholicisme renversé, ils ne pouvaient pas voir que leur Révolution ne devait être, au fond, qu’un instrument transitoire du Judéo-Christianisme s’évoluant sur lui-même.

Certes, celte Révolution a sa gravité, son utilité à bien des points de vue; elle a sa suite nécessaire dans une fin organique en France, et dans une continuation mi generix dans les collectivités européennes qui n’ont point passé, comme la France, par cette dissolution, par cette lessive plus ou moins efficace des pouvoirs politiques basés sur l’arbitraire.

Mais, dans la logique particulière du philosophismc naturaliste, du rationalisme sensoriel, du sectarisnxe voltairien, il en va, et il en allait tout autrement, et on devait se donner au moins l’équilibre d’un principe d’en bas, puisque, renversant la pyramide sociale, on condamnait la Nation à marcher sur sa tête et sur ses mains.

La seule face terrestre dé la Vérité, la seule Nature naturée^ éclairant désormais et d’en bas les esprits, ce n’était pas l’Être Suprême de Robespierre , c’est-à-dire

l’EsSence céleste, occulte, intelligible, cosmogonique, ontologique des hommes,, qu’il fallait attirer sur l’autel de l’instinct physique, décoré du nom de Déesse Raison.

Car, au fond,. c’était invoquer, mais avec ses foudres vengeresses, le Jéhovah moïsiaque, travesti, qui a voulu et yput, non seulement les droits, mais les* devoirs de l’Homme, qui a voulu et veut l’exécution de la Promesse de son Règne par dès deux Testaments, par Israël et par la Chrétienté réunis dans ce même but.

C’était donc, non vers l’Ëssence intelligible, mais vers la Substance sensible des êtres qu’il fallait chercher une sauvegarde aux droits de l'Homme, en plaçant ce décalogue d’un certain genre sous l’autorité d’une genèse naturaliste et ionienne.

Il fallait, quitte à se tromper, pousser jusqu’au bout de sa logique la conscience intellectuelle et morale de de ce sectarisme, et ce n’était pas au Père, c’était à la Mère, ce n’était pas à Dieu, mais à la Nature naturée, à Cybèle, à la Terre, qu’il fallait dresser l’autel et le temple nouveaux.

Mafs alors, du haut en bas de l’État national. Sacerdoce, Souveraineté, Autorité, Pouvoir, glaive et main de Justice, suprématie familiale et sociale, il, fallait tout changer radicalement, en mettant partout l’homme. au spcondplan, la femme au premier, comme à l’origine de la Ilace Celtique et du culte druidique.

. Or, si cela n’a pa,s été, si, à un moment aussi solennel, aussi tragique de l’Histoire, dans une tempête révolutionnaire, tellenient grande, qu’elle ressemble par. ses convulsions à une nouvelle genèse civile, si, dis-je, une, femme h'a pas reçu alors l’inspiration nécessaire pour .courir à Notre-Dame, monter à l’autel, et opérer cç

changement radical de culte, de principe et d’axe social, c’est que le Fils de Marie, c’est que le Galiléen est votre Maître à tous, messieurs les Gaülois, votre vér.itabie ihéocrate, vous menant d’en haut à la réalisation de sa iVomesse, comme je vous l’ai assez prouvé ‘dans la Mmim des Souverains et dans la Mission des Ouvriers.

Mais, du même coup. Moïse ne pepl être ni un ignorant, ni un imposteur, car la Mort n’engendre pas la Vie; et c’est ce que ce livre prouvera surabondamment, jé l’espère.

Pour nous résumer, il y a donc tout un autre aspect de la Vérité, de la Science, de la Vie, de la Voie des hommes individuels ou tollectifs, aspect inversement f)ropfirtionnel, mais absolument concordant à la face purement naturelle, physique, rationnelle, sensorielle, de cette même Vérité, de cette même Science, de cette même Vie, de cette même Voie universelle.

La tradition judéo-chrétienne, interrogée dans son Esprit scientifique, ésotérique, répond précisément et cnlièreuient à cet immense desideratum.

Avant de le faire sentir à la conscience, avant de le faire assentir à l’intelligence du lecteur, je prendrai en bloc, à vol d’oiseau, une vue synoptique des connaissances actuelles.

De cette hauteur, on pourra entrevoir d’en bas l’incroyable altitude de Science et de Sagesse, que l’inspiration de Moïse avait atteinte dans les temples d’Egj'pte et d’Ethiopie, et dont son livre des Principes et ses quarante autres chapitres, que l’on prend pour une genèse.physîque, sont la pyramide intellectuelle, dont le véritable hiérophante a été Jésus-Christ.

CHAPITRE II

ESSENCE ET SUBSTANCE DE L’UNITERS.

Ces deux mois, Essence et Substance, équivalant à ceux-ci : Mondé intelligible et Monde sensible; résument tout le parallélisme des deux aspects de la Science. . .

Üaas l’état actuel des connaissances, tout le côté essentiel et vivant de i’Univers et des Êtres est absolument ignoré, tandis qu’une grande partie de ce qui regarde leur substance est étudiée avec une précision qui met à nu, dans ses moindres détails, les leviers maté- riels duKosmos, mais non l’Ame, ni l’Esprit qui, du haut en bas, l’animent, le conservent et le transforment sans cesse en lui-même, dans une perpétuelle action, multiple quant aux formes, une quant au Principe.

Quoi qu’on ait dit à ce sujet, l’analyse précède tou* jours la synthèse dans l’éléraentisation intellectuelle des Sociétés ; et ce n’est que plus tard que la synthèse se fait, quand le voile des textes sacrés se déchire, et montre à nu vers quel but universel la Providence voilée, aussi longtemps que cela était nécessaire, conduisait le§ peuples, en attendant, comme suprême résultat de leur liberté, l’assentiment conscient de toute leur intelligence.

Dans sa Qiarche intégrale, le postlivisme de l'esprit humain n’a .pas qu’un seul degré, comme le croient certaines écoles; il en a trois principaux.

Le plus inférieur juxtapose, sans les rassembler, les faits observés, lés expériences acquises, les lois approximées,qui ne sont qu’un rapport souvent assez arbitraire entre l’observateur et l’expérimentateur et la réalité ob-. servée eu expérimentée.

Nous sommes, à l’heure actuelle, à ce degré primaire de l’enseignement secondaire des sciences.

Physique, Chimie, Physiologie, Anatomie, Astronomie Géologie, etc., etc., toutes nos nomenclatures de faits scientifiques, spéciaux, sont encore à coordonner entre elles, de telle manière que, de l’élude de leurs rapports mutuels, dé leur convertibilité réciproque, la Science réelle puisse naître.

Cette dernière Science constitue véritablement un degré secondaire, qui mérite le nom de comparaison.

Mais ce degré, une fois atteint, conduit lui-même à un Irôisième, qui mérite à son tour le nom de superlatif ou de supérieur, et, appuyé sur tout l’Ordre sensible définitivement classé et jugé, détermine l’autre lace des choses et des êtres, de la Terre et de l’üniveis, l’intelligible.

ïutcUectualisme $cie;jDti(}quû Synthétisme scientifique, étèmentarisme scientifique.

La vie physique, dans laquelle la seule faculté rationnelle ne peut que nous enfermer, sans nous permettre

de la juger définititemenl à sa valeur, est up rêve autant qu’une idéalité relative, ne portant pas en elle-même son autorisation ni son explication! •

Pour tous les mysticismes de l’esprit, ‘matérialismi^ ou spiritualisme, c’est un rêve; et l’on. ne peut s’tüi réveiller que dans l’Intelligence pure.

. Mais rintelligence ne peut avoir sa ‘totale et précise énergie que si, maîtresse de l’ordro 4)hysique,‘ armée des sciences et des méthodes qui lui sont propres, elle rentre consciemment en possession de la Vérité universelle, (jut lui est entièrement accessible.

Arrivée à ce degré de Science, l’Intelligence est en pleine Religion, parce qu’elle est en pleine Synthèse scientifique, et, par le Culte, elle peut autoriser, éclairer, vivifier jusqu’au fond tpute l’organisation sociale.

Les perceptions sensorielles de l’homme, la raison qui les accompagne, ne sont pas directes dans leur marche; elles sont toutes réflexes, renversées.

La seule réflexion mentale, acte intérieur de l’énergie psychologique et de la lumière intellectuelle, a perpé- tuellement besoin, non seulement de redresser ét de dominer cés perceptions et leur raison exotérique, mais de s’en créer sans cesse de nouvelles, pour dépasser continuellement les bornes posées par nos organes physiques à la radiation illimitée de notre vouloir.

Par exemple : nous ne sentons pas la gravitation' diurnç de la Terre, ni, encore moing, ses deux autre» mouvements, l’un annuel, l’autre cyclique,

" Nos sens réflexes, matériels, ne sentent pas plus la tnàrchç du Globe, qui dépasse cent mille kilomètres à rheùre, que ses cahots, ou, si l’on veut, ses oscillations irrégulières^

Dans 'notee état physique, ordinaire, nous ne sentons

pas si l’acrei: est aimanté ou non, ni le rapport intime qui fait du • magnétisme terrestre, de la chaleur, de l’électriciléf les agents atmosphériques de cette force vivante que les anciens appelaient Éther, Âme du monde, Jésus Ésprit de Dieu, Moïse Kouah Ælohim, les Brahmes actuellement encore Akasa.

Nul ne peut discerner par ses organes sensoriels, à moins d’être en .rapport avec cette force première, le fil qiie parcourt le courant galvanique le plus intense, d’un fil indifférent, ni l’aetioii magnétique d’un appareil thermo-électrique, ni encore moins Vaura spéciale de chaque minéral, de chaque métal, de chaque plante, de chaque animal.

Le caractère propre de la Vie et des forces, soit ph'ysiques, soit biologiques, est en effet# pour l’homme de chair et d’os, pour ses organes sensoriels du moins, l’occultisme, ou, si l’on veut, l’occlusion.

Pour connaître ces choses dans leur essœce, la faculté supérieure de l’Ame, si bien nommée l’Intelligence, a su, à certaines époques, assistée de la Volonté divine, se créer des moyens d’observation et d’expé- rience, des méthodes d’investigation et qnntrôle, des sens plus précis enfin que ses propres 'organes sensoriels, et dont nos appareils de chimie et de physique sont loin de représenter l’alphabet complet.

C

Mais ce chapitre a surtout pour but le rapport et la proportion qui peuvent exister dans l’Univers entre la Vie intelligible et' ses supports sensibles, entre l'Essence et les formes substantialisées des êtres et des choses.

Il “n’est pas impossible de s’en faire une idée précise,, du moins en ce qui regarde notre Système sofâire, le même, à son degré, que tous les aulnes au leur.

On peut, pour s’en rendre compte, s’jamuser à ce qui suit.

En calculant la distance moyenne du Soleil aux Étojles fixes les plus rapprochées, on aura ie. rayon et le diamètre de tojite l’action biologique de la Lumière solaire . et de ce qui s’ensuit.

Une lois ce diamètre connu, la oojitenance de cette Sphère organ^ique dans le Kosmos sera facile à déterminer.

Voilà pour l’Espace de notre Système solaire.

Il nous reste à voir la place qu’y tient la substance condensée, qu’on nomme improprement Matière.

Entre la Substance et la Matière, il y a cette énorme différence : la matière n’est à propremeht parler qu’ün caput mortuwM momentané, intercyclique, inter-organique, mais résultant d’un travail biologique antérieur.

Dès que la Vie, dès que l’Essence des choses reprend celte matière dans ses opérations cycliques, elle l’organise, elle en fait de la substance.

C’est donc à juste titre que tous les anciens savants de la Tradition sacerdotale disaient que la Matière n’existe pas, qu’elle est une pure illusion des sens, une maya destinée à n’être jamais elle -même, et à se transformer sans cesse, en subissant perpétuellement les nouvelles formes intelligibles, dans lesquelles l’éraporte cette, Essence universelle, que nous nommons la Vie.

4» ; Mais retournom^ à nos calculs.

L’attraction des Dlanètes entre elles et du Soleil vis- à-vis d’elles donne le moyen de vérifier leur poids’total.

•On peut donc déterminer avec une assez rigoureuse précision le rapport qui existe entre la sphère de liberté

el de vie de luutrc Système solaire et la substance qui eu constitue la nécessité, la mutabilité, le support apparent.

D.e ce calcul, que chacun peut contrôler, il. résulte qu’’un mètre cube d’Espace solaire, vivant, correspond à la millionième partie d’un milligramme dç substance vivifiée ou non.

Cela^ devient à dÂee que la Substance condensée, pondérable, équivaut dans le Monde à un sous-multiple de poids tellement inappréciable à nosplus sensibles balances que, non seulement l’air atmosphérique, mais ;nênie l’hydrogène absolument sec et pur, sont des corps extrê- mement pesants en comparaison.

Ce qui est vrai pour notre Tourbillon, l’est également pour l’Universalité des Systèmes solaires qui essaiment l’Espace infini, véritables molécules qui décrivent leur orbite total autour d’un centre commun, que les anciens Sages plaçaient dans la Constellation du Bélier.

La Substance proprement dite, en y comprenant la Matière, n’est donc pas même une Unité physique dans rUnivers, mais à peine un sous-multiple infinitésimal ; et la Vie invisible aux yeux de chair, avqc tout Son Divin Mystère qui n’est accessible qu’à l’Intelligence pure, remplit donc seule l’Espace illimité, qu’enveloppe encore, en le vivifiant, un impénétrable et inelïable Absolu.

Les données qui précèdent résultent popr moi d’une étude longue et attentive de nos connais^nces actuelles, à la lumière de l’Esprit absolument religieux, c’est-à-dire transcendentalement scientifique, éternellement vivant et véritable, dans lequel Moïse a écrit ses cinquante, premiers chapitres, en égyptien hermétique, en hiérogrammes idéographiques.

Or si, depuis le magnétisme terrestre jusqu’à la Lumière solaire, si la hiérarchie des forces sensorielles, que nous appelôns peut-être à tort physiques, a pour support ce peu de substance divisible, qui nous dit que cet envers admirable ne cache pas un plus magriifique endroit ? ’

Qui nous^ prouve qu’au-dessus, au-dessous, au delà, au dedans, il n’y a pas une autre hiérarchie consciente formée de Puissances animatrices, dôrWiant à tout/êtres et choses, l’Essence, la Forme, la Substance, les Facultés de se manifester ? * • .

Qui nous prouve qu’au-dessus de cette hiérarchie il n’y en a pas encore une troisième, celle des Principes, des Formes, des Facultés, non des êtres, mais de l’Être des êtres, de l’IInivers intelligible, du Règne des rpgncs, enfin de ce que les Anciens appelaient la Nature uaturante, l’isis Uranie, la Sagèsse éternelle, le Verbe, etc. ?

Qui nous prouve que cette troisième hiérarchie, tout intellectuelle, qui nous dit que cette Nature Supérieure n’est pas la Providence, confidente vivante du Dieu Vivant, avec laquelle toute religion établit plus ou moins exactement, plus ou moins saintement, plus ou moins réellement, la concordance des Sociétés, la communion des Intelligences et des Ames humaines?

Qui nous prouve enfin que, rayonnant du centre de cette triple sphère, contenant l’Univers sans être limités par lui, l’Être et la Forme ineffables n’habitent pas, l’Éternité et jrin|ni, dans une inaccessible Union créatrice, plus absolu encore que l'Unité ?

Ce quaternaire hiérarchique de réalités, avec la série de ses principes exacts, se trouve dans la profondeur même du texte hermétique des cinquante chapitres du Sépher de Moïse.

Cet homme divi]||, outre son inspiration directe, avait

reçu l’initiation suprême dans les temples d’É^pte et d’Éthiopie, où il avait, eu communication des plus anciennes traditions scientifiques que, de cyéle en cycle, desacerdoce en sacerdoce, s’étaient léguées les plus vieilles civilisations de ce globe.

Cette quadruple hiérarchie de vérités, de réalités, et par conséquent' de sciences, est positivement signifiée dans le nom de “quatre lettres que Moïse donne à la Divinité statique, à la Constitution divine de l’ünivers entier, mystérieux tétra^ramme dont les clefs n’ont jamais été totalement livrées à l’écriture.

Voici comment, dans les sanctuaires de Thèbes, on répondait, une fois les portes fermées, à cet X algébrique, éternel :

Qu’est-ce que la Vérité ?

X

L’on répondait : 1, Ê, V, Ê, et l’on commentait géorntî- triquement cette réponse de la manière suivante :

Sciences théogoniqncs.

Sciences cosmogoniques.

Sciences androgoniques.

Sciences physîogoniques

C’est de ce Mystère que Jésus parle, dans Sa profonde prière, lorsqu’il dit, pour l’État Social, pour l’Homme

collectif aussi bien que pour l’individu : que Votre Nom soit sanctifié !

Sur ce Nom, sur ce Schéma hiérogramiîiaUque,.il y aurait encore bien des choses à dire, mais je dois me borner à ce qui regarde ici l’antique Synthèse des sciences, t

En résumé, partant des sciences* physiques de notre temps, nous avons indiqué que, dans l’ünivers, la Terre, la Substance plastique, divisible, accessible, à nos perceplifuis sensorielles, était infinitésimale, presque nulle, par rapport à l’Espace vivant qui la renferme.

Nous avons laissé entrevoir qu’au-dessus des forces actuellement étudiées dans nos universités, jl peut y en avoir d’autres, aussi réelles, quoique inaccessibles aux sens seuls, mais que la Science aurait exactement discernées, cultivées, hiérarchisées selon leur ordre, dans une antiquité très reculée.

Nous avons affirmé et nous affirmons que Jésus-Christ possédait cette Science ineffable, intégrale, telle que Moïse l’avait reçue d’un sacerdoce savant et de sa divine inspiration.

De plus, nous avons dit que Moïse avait consigné hermétiquement les Principes de cette Science complète dans le texte de sa Cosmogonie écrite à la manière égyptienne.

Ces données suffisent, pour le moment, à rappeler à leur Synthèse possible deux mysticismes souvent aussi peu scientifiques l’un que l’autre, lé matérialisme et le spiritualisme vagues, qui ne s’arbitrent exactement dans l’Intelligence humaine comme dans l’Essence des choses gue par la Vie universelle, qui est en même teifips la Voie complète de l’Esprit.

Les notions précédentes n’enlèvent rien à la force de

notie état scientitique, actuel; au contraire, elles le confirment, elles l’autorisent dans tous ses développements présents et â venir.

A llais revenons un moment sur ce fait que, dans toute civilisation renaissante, comme dans la nôtre depuis Bacon, l’intelligeftce humaine procède de l’analyse à la synthèse, du degi'é positif ou élémentaire, au comparatif.

L’enfant apprend des mots avant d’exprimer des idées ; il classe en lui les formes sensibles qui l’entourent, avant de dominer ces symboles par l’intelligence, et de les rapporter à leur place exacte dans l’ensemble des choses.

En lin mot, dans nos temps, comme dans tous les âgés de l’Humanité, la Connaissance des choses visibles est le piédestal de celle des invisibles, la Science des particuliers sensibles est l’aire précise sur laquelle s’é- lève celle des Universaux intelligibles.

C’est pourquoi les savants modernes élèvent, sans le savoir, à la Religion de Moïse et de Jésus le seul piédestal qui lui convienne pour apparaître dans sa vraie hauteur, dans sa véritable lumière.

Sans les sciences physiques, chimiques, naturelles, mathématiques, sans les exigences que leurs méthodes et leurs notions exactes donnent à la conscience intellectuelle et morale du monde laïque d’un bout de la terre à l’autre, jamais le talmud, jamais la théologie chré- tienne ne pourraient laisser tomber les voiles sacrés, les bandelettes qui enveloppent encore l’éblouissante Vérité, le Divin de la Vie universelle et sociale.

C'est donc du cœur même de la sck&ce moderne qu’il faut venir au secours de la Science antique, véritable

Osiris endormi dans l’Âmenti; et c’est à Vlntelligencê laïque de libérer le véritable Esprit des textes' sacrés, en disant pieusement, mais fortement, à l’Entendement sacerdotal : Lazare! Lazare! lève-toi! •

Car, jamais, à leur tour, sans le secours que peuveriti un jour, leuç prêter les sacerdoces rappelés par la science .moderne à l’Esprit vivant de l’antique Synthèse et à son signe social trinitaire, jamais, dis-je^ jios corps savants n’arriveraient au noble but qu’ils doivent ambitionné!', à cette triple hiérarchie de connaissances, à cette triple concorjlance de réalités, qui est la Vérité entière, image de Dieu dans l’État Social de l’Homme.

Celte mutuelle pénétration, sans confusion, cette .réciproque animation des enseignements laïques et religieux est indispensable à toute la Société judéo-chrétienne.

Elle a pour base la Cosmogonie moïsiaque et la Promesse sociale du Christ, et, une fois faite, grâce au premier Conseil, que j’ai nommé Conseil de l’Enseignement, le rétablissement de l’Autorité sociale sera fait à jamais, par sa séparation définitive d’avec le Pouvoir politique proprement dit.

Je prie le lecteur de se reporter au chapitre des définitions, que j’ai mises en tête du livre de la Mission des souverains.

La différence capitale entre l’Autorité et le Pouvoir y est pour la première fois nettement posée.

A l’heure actuelle, l’Autorité, quoique diffuse, quoique non constituée, réside dans quiconque enseigne à qui que ce soit quelque chose d’utile , dans le premier des savants et dans la dernière des mères de famille, dans le premier des docteurs religieux ou laïques et dans le dernier des paui^-os curés, pasteurs, popes, rabbins ou pédagogues de village.

C’est ce vague sentiment qui, mal formulé dans la consciencè du révolutionnaire sincère, le fait se dresser, à l’honneur du Genre Humain tout entier, contre" les Pouvoirs arbitraires qui foulent aux pieds l’Autorité.

.J’ai assez prouvé que je n’étais pas révolutionnaire, pour avoir le droit de m’élever contre l’âcbitraire qui perd l’Autorité,. en la confondant sous forme administrative et officieUe avec les Pouvoirs gouvernementaux.

Rapprocher tous les enseignements dans un seul et même Conseil de l’inslruetion et de l’éducation publiques, c’est redresser l’Autorité sur ses bases éternelles, c’est par conséquent rendre au Pouvoir politique le contrôle arbitral et l’autorisation qui lui manquent.

Les Musulmans, par Mohammed, ont plutôt reçu la tradition légendaire du talmud que la chaîne serrée d’initiations qui va des temples de Kaldée et d’Égypte jusqu’à nous, par les Abramides, par Moïse et par Jésus-

Pour nos deux communions, pour Israël et pour la Chrétienté, la paix des Facultés enseignantes, leur reconstitution dans un même Conseil, dans un même Pouvoir social, est la pierre angulaire de l’édilication grandiose, renfermée en principe dans les deux Testaments et dans leur même Promesse d’un Règne aussi parfait que pos- •sible.

C’est pourquoi j’ai, dans les deux missions précé- dentes, indiqué la nécessité de se conformer à la Tradition religieuse^ en reconstituant les trois grands Ordres sociaux, dont je viens de rappeler le premier, et dont la concordance organique constitue ceUe forme de gouvernement libre et synthétique, que j’ai appelée

J’espère avoir montré dans’ ce chapitre., en mettant dans la main du lecteur le poids infiniment petit de rUnivers matériel, que ce n’est pas dans cesous-multiple infinitésimal qu’il faut chercher les Principes de la Vie des êtres individuels ou collectifs.

J’espère fivoir prouvé que les anciens savants ont eu des raisons très sérieuses d’envisager.la Science d^une manière plus complète qu’on ne «Iç fait encore aujourd’hui.

Les livres sacrés qui nous restent de ce passé sont, quan(J on sait les lire, un irrécusable témoignage ' de cette antique Science.

Chez nous, Judéo-Chrétiens, la Cosmogonie kaldéo- égyptienne de Moïse est la clef de voûte de lâ réédification totale du Vrai ; et sur cette pierre angulaire s’appuient le Décalogue, les Prophètes, l’Évangile, la Promesse, comme le Talmud et l’Alcoran.

Et, sur cette même pierre angulaire, s’appuient en arrière toutes les vérités et toute la Vérité des cycles sociaux et des civilisations antérieurs à Moïse et aux Abramides.

Soulever d’en haut les premiers voiles qui recouvrent la Cosmogonie moïsiaque, ce sera illuminer à la fois fout l’Entendement de tout l’État Social terrestre, et, par l’antique Unité, le ramener à la grande Paix:

La lumière calme le feu, l’intelligence apaise les passions et les instincts dévorants.

Au contraire, laisser régner au nom de Moïse, au nom de Dieu, la nuit intellectuelle sur l’Univers, sur la Judéo- Chrétienté, et, par elle, sur la Terre entière*, c’est, autoriser partout la dissociation illimitée des volontés collectives, la manducation réciproque de tous les fana-

tismes politiques ; c’est laisser régner Içs bêtes nocturnes, gouvernements personnels ou tyrannies populaires, puis les pires instincts, les pires passions, toutes les guerres internationales, toutes les guerres civiles.

Donc, surmm cordai au nom de Moïse, »au nom de Jésus, au nom de’ l’Esprit Vivant qui remplit seul l’Univers, et, sûrs dcrla victoire, élançons-nous dans cette mêlée, le rameau d’olivier à la main.

CHAPITRE 111 ■

ES^NCE ET SUBSTANCE DES ÊTRES ET DES CHOSES TERRESTRES.

Après avoir nlontré dans l’Univers la prop’ortirfu inliniment petite de la substance pondérable par rapport a la Vie qui remplit l’Espace, je veux faire sentir, sur noire Terre même, le peu de fixité des corps en apparence les plus denses, et, là encore, je veux faire entrevoir le double aspect de la Science et de la Vérité.

Le feu physique, chimique, électrique transforme l’état solide et cohésif des métaux les plus durs.

De l’or en fusion émet des vapeurs qui dorent une pièce d’argent; et pourtant, après vingt-quatre heures de fusion dans un creuset de graphite, l’or n’aura rien perdu de son poids.

Mais portez à quelques milliers de degrés la chaleur physique ou ses équivalents : il n’y a pas de constitution moléculaire, soumise à la pesanteur, que vous ne réduisiez en atomes impondérables, non seulement l’or, mais le platine, le chrome, le rhodium, l’iridium, etc.

Toutes les roches plutoniennes ont été jadis impondé- rables, puis gazeuses, puis liquides, avant de servir

d’assises solides aux minéraux et aux terrains neptuniens, depuis le cambrien jusqu’à l’alluvien.

Les corps les plus résistants, les plus statiques, pour aiqsi dire, sont aussi les moins dynamiques : un peu de poudre, de fulminate, de fulini-colon, de dynamite, fait sauter un bloc de basalte.

I

Le Soleil qui, .par le souffle radiant de sa lumière, par la propulsion da son énergie biologique, chasse, fait tourner et attire toutes les Planètes, vivifie et évertue tout ce qu’elle^ renferment, pèse relativement moins que le phosphore. ,

Les Êtres Supérieurs qui habitent l’Astre central de notre Tourbillon sont certainement presque sans poids, mais à perceptions intellectuelles, animiques, instinctives, d’autant plus directes, et autrement puissantes que délies que nous avons dans nos organes actuels,

Uans les anciens temples, les études sur la Substance divisible que nous nommons improprement Matière, avaient été poussées à un point à peine imaginable aujourd’hui.

Bran avant la républiqire romaine, Moskoush que nous nommons Moscus, enseignait, à Tyr, la doctrine de l’atomicité comme 4^ns les autres sanctuaires, longtoihi^s avant lui.

De plus, les anciens corps savants, qui étaient alpi’S les sacerdoces et les initiés laïques, avaient fait une étude si approfondie des Forces, des Puissances, des Essences, des Principes cosmogoniques, qu’elle demanderait, non un chapitre ni un livre, mais une bibliothèque entière. , ‘

Dâns le chapitre suivant, je ne ferai d’indiquer ^ps points les plus ordinaires, les plus exotériques de ce sujet : la Science dans l’Antiquité.

Ce sont toutes ces sciences qui, de degcé en degré, avaient conduit les sacerdoces à la notion decette Substance indivisible et de cet Esprit pur, que nous appelons Nature naturante et Dieu.

Si des corps dits simples et inorganiques nous passons aux êtres organisés que voient nos yeux, 'il nous sera plus facile encore d’y faire sentir le double objet de la Science.

Chacun sait aujourd’hui que les végétaux pt les animaux qnt pour substance divisible, terrestre, dix parties restant fixes à l’incinération, sur quatre-vingt-dix vaporisables.

Le tout se résume eu un nombre très restreint de corps occupant une très petite place dans la hiérarchie molé-

culah’e.

Comme substances gazeuses, c’est l’oxygène, l’hydrogène, le carbone, l’azote.

Comme substances solides, c’est le phosphore, le soufre, le silicium, le sodium, le potassium, le calcium combiné avec un peu de fluor.

Telles sont toutes les molécules typiques, bien* constatées jusqu’ici, que la Terre livre et reprend aux indides deuxRègnes dits organiques, op plutôt organisés d’en haut.

Au point de vue chimique, si l’on fait abstraction de l’Ordre intelligible, c’est-à-dire des Puissances spécifiques, invisibles et universelles de la Vie et des combinaisons qu’elle suscite, selon l’état Ses milieux, il est impossible, non seulement de distinguer l’individu ..vé- gétal de l’iné^vidu animal, mais même d’y voir ‘autre chose que des métalloïdes ou des métaux. >

Pourtant, ces individus sont autre chose; ils mani-

fcsleat des i^éeaees, des îpnnës, des' facilités, d0s éon- C/Ordanees 'c&smogoniques, aussi distinctes que ^éciâde» par des Puissances biologiques, «gissatit d’en haut, à travers la génération et les ger;pes visibles, mais insaisissables aux sens .dans leurs Principes universels. ”

D’où vient donc la force de spécification en acte dans les êtres vivant (Je la vie physique?

Les sciences naturelles répondent dans leur domaine propre ; mais elles ne peuvent atteindre et révéler que les fsomraencements sensibles, et non les Principes intelligibles, en un mot, l’origine patente de l’individu existant, le germe, le milieu d’incubation.

Mbis ces germes et ces milieux ne livreront jamais à la (^irnie, que ce qu’ils ont emprunté de la Terre physique, "c’est-à-dire les mêmes corps simples, animés, combinés par des Puissances universelles qui ne sont nullement dans les hommes de chair et d’os, ni dans la substance physique des êtres, et que les sens seuls ne peuvent saisir.

L’origine réelle des germes primordiaux reste donc une vérité latente^ et, pour l’étude^ une question qui ne relève que de l’Intelligence pure.

Ces germes primordiaux, dont les Principes sont ailleurs que sur la Terre seule, représentent ici-bas, à l’état de divisions et de sous-multiples, une Unité intelligible, une Puissance animatrice, invisible, appartenant, non à •’lâ |erre seule, mais à notre Système solaire et, par lui, fin Koln^s tout entier.

Mais^lfes\ge!hnes, les mêmes chimic^ement, repro- |l]^i|lïat,%*traver8 la faculté plastique des milieux materb^le^’èént'mille types de végétaux, deux cent mille types d’ampiai^*. dié^ncts.

Où donc est la forcp qui, d^ins les cycles

de dé, -ce Glolie, a «pacifié, et spécjfie ainsi eés semencéa, réceptacles transitoires d’une 'Puissance permanente, transmissions divisionnaires de l’Espèce une, indivisible, invisild^, dans ses effigies individuelles, multiples, divisées, visibles? . ' .

. On chercjierait en vain cette force spécifiante dans .les Sexes des seuls individus copporel^ ou dans toute l’Ascendance jusqu’aux premiers individus, ou .dans toute la Substance plastique jusqu’au premier Plasma qui s’est manifesté dans les Oades 6t sur la Terre, aussitôt que la température et toutes les autres conditioûs vitales de la Planète s’y sont prêtées.

Dans tout ce qui précède, on ne trouvera encore que la division virtuelle de Vie, que la transmission leraporelle de la Puissance et des Puissances cosmogoniques qui ont constitué, et constituent l’échelle corpoi'elle dés êtres, l’étiage biologique de notre Planète.

Oui, les types essentiels de ces êtres sont ailleurs que dans les individus mortels, qui les réfractent ici-bas, à l’état multiple, ou, ce qui revient au même, divisionnel.

Ce seul problème ontologique et cosmogonique demanderait la reconstitution entière de plusieurs sciences pour éclairer intellectuellement, de haut en bas, et ramènera leur véritable signification, à leur réelle idéographie, la botanique, la zoologie, l’anthropologie, et tout* ce qui s’y rattache. » -y •

Nous aurons beau demander aux seules scientjes pby-* sique§, chimiques, naturelles,’ la Vérité Sÿnlhêl^tlue de ces questions, leur réalité intrinsèque. . ■ .

L’anatomie nous dira les forihes apparentes rfê cCT êîres, la physiologie leurs fpiictions fjiatenflB, leurs Unités oi^aniquos les plus grossièrement évidentes, la

chilliie ce içue la Terre leiif apprêté, et coittinent ils l’ont transformé, eu se l’assimilant sous l’inâuence de forces inœnauesr'c’ est beaucoup pour des bariîares, je le reconnais, mais peu pour de réels civilisés.

•Aucune de jeés sciences ne nouÿ révélera ce qui est vraiment digne de l’Intelligence, de l’Esspnce divine qui est en nous» ni l’idée vivante, ni l’essence, ni les. facultés occultes, pi l’utilité possible, ni les rapports réels qu’expriment ces apparitions corporelles en fonction représentative de quelque chose, ces signatures qui signifient pourtant quelqu’un. ,

. Nous aurons beau demandera la mort ce que les corps vivants ne peuvent laisser voir à nos seuls yeux de chair; nous aurons beau interroger le Globe matériel, et en feuilleter les terrains, lourdes pages du grand Livre de 'Hle, dont chacune a mis des millions d’années à s’ouvrir au Soleil, à la Lune, aux Étoiles, au Kosmos tout entier, puis à se refermer suç les hiéroglyphes des anciens êtres.

Les mammouths, les mastodontes de dix mètres de haut, le liorf du Brésil de cinq mètres fie long, le félis smilodon de vingt-huit mètres, le diornis, oiseau grand comme un éléphant, rornilichnithès,.eiseau plus colost^l encore, à en juger par ses enjambées de trois mètres, tous ces êtres rentrés dans l’invisible ne sont que les signatures de leur Espèce céleste, indestructible, ne sont que les symboles des Puissances biologiques et purement intelligibles du Kosmos.

< Le cheval est là, sur ce feqillet terrestre, couché près du chiefli gigantes'que ; l’homme y vivaU |iussi, témoin ces ^acfis de feux de braise dans ces collines, et ces osse^

nients colossaux dans des cavernes connues encore aujourd’d|iui de certains Asiatiques.

Tuta’uoUs ce sombre feuillet du grand Livre des morts.

Voici des tortues de six i»èt|‘ês de long, des crocodiles de vingt-cinq mètres, des iguanodons au cou ’de cygne, des lézards de quarante mètres,’ des plésiosaures et des dragons ptérodactyles, dont Apollonius de Thyane vit encore au Caucase les derniers représentants dégénérés.

Chose à npter : le singe est là, témoin ce squelette trouvé dans le London-CIay du Suffolk, % 52® de latitude nord; rhomme n’était donc pas loin.* ,

Voici des baleines, à trente pieds au-dessous du sol d’Anvers; en voici encore en Norvège, à trois cçnts pieds au-des^is du niveau de la mer.

Descendons jusqu’au fond du problème, traversons la houille, allons jusqu’aux pages primitives, jusqu’aux

plus anciennes roches sédimentaires, écartons les palmiers, les bambous géants, les roseaux gigantesques', les fougères colossales, atteignons les êtres les plus simples, ceux qu’a fait éclore le premier souffle, le premier baiser rendu par la Terre au Ciel, après chaque déluge.

Voilà, dans 16, creux de ma main, un peu de chaux carbonatée, un peu de terre siliceuse.

•^ela représente le travail, l’effort de mille millions de pauvres petits êtres, leur dépouille mortelle, le résultat de leur énergie, leur mot d’ordre céleste, signé dans leur tâche accomplie rci-bas.

Aussi , nombreux que les Étoiles du Ciel, 'ils. ont été* les maçons de la Terre; eux, les infimes, ils ont travaillé aux montagnes; paisibles atomes de la mer, ils ont été les i^ciés du terrible feu souterrain*, dans l’édification des Alpes, des Cordillères, de l’Atlas, de l’Himalaya, du Caucase. ^

Ils ont entouré la nudité de la Terre plutonienne d’une ceinture de rochers et de terrains énormes; ils ont fait

une robe à la Géante, eu lui feutrant, pendant des millions d’années, les entassements dé leurs cuirasses microscopiques i

ils ont bâti les sous-sols qui nous portent, les pierres des villes qui nous abritent, le plâtre qui les lie, la chaux qui les cimente.

Hjumbles symboles de la Paix et du Travail, ils ont fait, plus pour fonder Ja Terre des vivants que Ions les hauts barons carnivores de la mer, du fleuve ou de la forêt, plus que, les requins, les gavials et les grands rugissants.

Morts, ils éblouissent les yeux à travers le microscope par la beauté et l’infinie variété de leurs formes géomé- triques, ils confondent le calcul par leur innombrable multitude.

' "Vivants, leur puissance et leur résistance vitales sont encore un prodige plus magique.

Comment sont-ils nés? Comment naissent-ils? Nulle histoire naturelle ne peut le dire.

Pour le naturaliste, qu’il examine l’infusoire ou qu’il recompose le léopard du plâtre de Montmartre ou le squelette humain des grottes de Vintiraille, le problème de la Vie est insondable, insoluble.

L’origine de l’éphémère est aussi mystérieuse que celle de l’aigle; et la mouche n’a pas plus livré l'Occulte dont elle témoigne que le condor, ni le ciron plus que le lion de quinze pieds, qui bondissait sur le Brésil, ü y a trente ou quarante mille ans.

La vie des myriades d’êtres, indomptabfes énergies, qui se poursuivent dans un millimètre cu^ d’espace, danÿ un grain de protoplasma océanique, ou dans une goutte de pluie d’orage, n’est pas un miracle plus explicable à l’observation sensorielle que les incalculables

amas de mammouths dans les régions glaciales de notre Pôle ou de la Sibérie.

Elle ne se comprend pas plus, avec nos nièthodes actuelles, que les amoncellements des carnassiers énormes, accourus, confondus en une même foire de-terreur, pêlè- mêle avec lés herbivores, bondissants, trombes d’âmes èt de chairs horripilées, sous les hallalis universels des ondes chasseresses, se ruant sous le ‘fouet des éclairs, des vents, des pluies, des écumes rampantes, loin des forêts, loin des plaines, à l’asshut des montagnes, parmi les échôs mille fois répercutés des foudres et des abîmes, et s'engouffrant vainement dans les cavernes, où la masse des mers entra tonnante sur eux.

La génération a beau s’effectuer par des sexes, ou par des bourgeons, ou par scission, l’ascendance être doublé,” mâle et femelle, on l’individu se partager en deux, ou un côté droit s’ajoutér à un côté gauche, un côté gauche se souder à un côté droit, encore une fois, la force vitale transmise reste occulte, aussi bien que les Puissances qu’elle traduit ainsi.

Seule, l’Intelligence pure, groupant avec méthode les phénomènes sensibles, entrevoit sous l’aspect d’idées universelles, de formes immatérielles ces Puissances biologiques, et leur donne les noms de Règnes, Genres, Espècès, etc.

•^ant au transformisme, bon à sa place comme horloge, commq ^calendrier des corporéités végétales cl animales, c^ime chronomètre géo-anatomique, il ne prouve qu’une chose, mais il la prouve certainement, c’pst que la répercussfôn visible de la' Vie sur notre Planète s’est faite d’une manière ascendante jusqu’à l’homme.

Mais il n*mfirme en rien, au contraire, que la percussion de la Terre plastique par les Puissances célestes se soit fôiite invisiblement pour tout œil de chair, suivant une méthode descendante, allant de l’Univers à la Terre, de l’üniversel au particulier.

.Ces deux mouvements si différents ne 'peuvent être que concordants.

On a beau dire que la cellule primitive, la monade, la luonère, la matière organique a eu, au commencement, la faculté de produire spontanément l’Organisme, sans autre concours : c’est une enfantine argumentation.

Chimiquement, il n’y a pas de substance organique, il n’y, a que des substances organisées,, sous l’influence d’un travail, qui n’appartient en propre qu’à des forces internes comme transmises, externes comme premiers mobiles créateurs et conservateurs.

Car, d’où est venue la force qui a vivifié la première cellule, la première monade, et, par elle, tout le sarcode primitif?

Qu’elle soit en dedans ou en dehors du plasma, la Puissance génésique est, et cela suffit.

Mais sans recourir à d’autres preuves, il est absurde d’admettre que la Terre, partie intégrante d’un Système •solaire, puisse engendrer quoi que ce soit, sans le con- , cours de la Vie de ce dernier.

Donc il y a une Vérité cosmogonique et nécessairement une Science correspondant à cette Vérité.

En un mot, qu'elle s’applique à la chaîne hiérarchique des existences. Faune et Flore, chaîne ascendante depuis ses Origines terrestres jusqu’à l’homme, descendante, depuis ses Principes célestes, ses Puissances solaires, ses Règnes intelligibles, jusqu’à l’apparition de ces mêmes

Origines sensibles, la Science, là encore, a deux faces, deux aspects inversement proportionnels et nécessairement concordants.

C’est à rOntologie, branche de la Cosmogonie, qu’il faut demander la connaissance de toute vie transmise.

C’est la Cosmogonie qu’il faut interroger s\ir la transmission céleste de Vie, que l’Univfeps opère dans un Monde ou dans une Planète donnés.

Jamais la cosmographie métanique ne suffira à réassocier l’Esprit humain à sa source vivante qui est la Vie, l’Intelligence, l’Esprit universels.

Jamais la chimie et l’anatomie physiques, seules, dé- corées du noni de physiologie, ne feront maîtriser à la réflexion du Sage et du Savant son empire possible sur l’essence perfectible des Êtres et des choses, ni la püissance opératoire, psychurgique et théurgique, que possédaient les anciens sacerdoces et les anciens initiés, associés aux Hiérarchies supérieures de l’Univers.

Il me reste à faire sentir, ici, que la Mort n’est qu’apparente, soit qu’elle dévore la substance terrestre,* divisible, des individus, successivement, soit qu’elle les attaque collectivement, comme pendant les cataclysmes de l’Eau, de l’Atmosphère, du Feu central ou du Globe

Si, à l’heure actuelle, et cela est plus que probable, une Planète semblable à la nôtre, au même rang dans n’importe quel Tourbillon, traverse les âges que nous avons parcourus avant les six derniers déluges, elle est nécessairement le théâtre des mêmes actions célestes, ^es mêmes phénomènes terrestres, qui, à époque 'égale, se sont manifestés sur notre Globe.

Donc les Règnes sont immortels, et, par conséquent.

leurGonstilutton intellectuelle tout entière, jusqu’à l’Es* sence de l’Individu inclusivement.

' C’est ce qu’enseignaient, il y a plus de dix mille ans, les sacerdoces* du Monde civilisé.

Çythagore, qui puisa sa doctrine dans lessanctuaires d’Afrique et d’Asie, dépositaires de ces traditions, s’exprime ainsi, d’api'ès l’antique Science appelée Thaoth : « tu sauras, si la Providence le veut, que la Nature est partout semblable. »

Avant Pythagore, Moïse et Orphée avaient eu les mêmes informations dans les mêmes centres.

Il me res,te à dire encore un mot sur l’antiquité que la science moderne assigne à la Terre, afin de poser, en face de la Bible vulgaire, la chronologie des géologues, aussi loyalement que j’espère démontrer aux savants la vérité de la Cosmogonie ésotérique, le bien-fondé de la Tradition religieuse et la nécessité d’une alliance avec elle.

Selon les géologues, la solidification des premières couches plutoniennes du Globe aurait commencé, il y a trois cents millions d’années, parles Pôles, là où les mers se prennent encore aujourd’hui en montagnes de glace.

Ce refroidissement aurait duré des milliers de siè- cles, les couches solides, polaires, s’écroulant en voguant sur l’Océan de feu jusque vers l’Équateur, et les courants profonds roulant au contraire leurs flammes vers les Pôles.

La masse future des substances solides et liquides, des terrains neptuniens et des mers, était tout entière dans l’atmosphère dilatée à l’excès. ,

Chacun peut faire, si cela l’intéresse, le calcul de celte dilatation.

On n’a qu’à prendre une table d’équivalents, calculer le rapport du volume d’une mol,écule d’eau à celui d’une molécule de vapeur, et poursuivre l’analogié. mathématique jusqu’au rhodium et à l’iridium..

Ces principes connus de toute antiquité, n’ont nulle part été mieux décrits que par Moïse, mais dans son texte idéographique, hermétiquement écrit par lui, à la manière kaldéo-égyptienne.

L'édification des couches neptuniennes a demandé plusieurs dizaines de millions d’années, une centaine peut-être, terrain cambrien, silurien, dévonien,- calcaire charbonneux, houiller, système permien, groupe triasique, groupe liasique, groupe jurassique, etc., jusqu’au groupe du molasse et aux terrains diluvien et alluvien.

Rien que pour la formation houillère, les calculs donnent des chiffres énormes.

Depuis la belle série de travaux inaugurés par Chevandier, Cotta, Dechen, etc., on peut conclure à une moyenne de vingt mille ans par chaque mètre de houille, et porter à plus de dix millions d’années le temps écoulé depuis la seule formation houillère.

Cette antiquité réelle de la Terre était parfaitement^ connue des corps savants longtemps avant Moïse, depuis l’Étrurie et l’Égypte jusqu’aux Indes et aux anciens Continents en partiè disparus.

Le sacerdoce étrusque mesurait les grandes Révolutions cosmiques et terrestres en six Périodes immenses, d’après les données égyptiennes. .

C est pour calculer exactement ces Périodes dans le

passé et dans l’avenir, que les savants de l’Inde, héritiers de la sôience des Ru tas (Atlantes des Égyptiens et des Rouges d’Amérique), avaient astronomiquement réglé la Kalpa à quatre niillia^ trois cent vingt millions d’années tdrrestres, et la Maha-ïoeg à quatre millions trois cent vingt mille ans de notre Planète.

Les Chinois basent également la science gcnéthliaque sur les Cycles qi^üs ont reçus des sanctuaires indiens, thibétains, kaldéens, égyptiens; mais ils les réduisent, comme seus-multiple dééimal, au Cycle dit kaldéen : quatre cent trente-deux mille ans. «>

Les Égyptiens partaient des mêmes bases, dont l’unité était une Révolution des Étoiles fixes, qu’ils chiffraient par trentcrsix mille ans terrestres.

Si l’on veut bien remarquer ces chiffres,

on verra facilement qu’ils ne peuvent provenir que des mêmes calculs et des mêmes sources.

En effet, la Révolution des Égyptiens est exactement la douzième partie de celle des Kaldéens et des Chinois,

et la cent, vingtième partie de la Maha-Youg des Indiens.

Or, cette Révolution des Étoiles fixes représentait une heure ou un mois, soit de TUnivers, soit d’un seul Tourbillon solaire.

Cette heure de trente-six mille ans, multipliée ppr douze, donnait son premier Cycle de quatre cent trentedeux mille ans terrestres.

teMaha-Youg était la décade de ce jour.ou de cet an cosmogonique, soit :

La Kalpa représentait mille décadesdivines, ou quatre milliards trois céli^t vingt millions d’années , soit .dix • mille heures, dix mille jours ou dix mille ans de l’Ëtre Universel, selon l’objet cosmogoniqiîe* de l’observation.

En ce qui regarde la Terre, la même mesure proportionnelle était appliquée danï la Maha-Youg.aux diffé- rents Menous, aux différents Cycles interdiluviens et aux Règnes cosmiques qui les président.

C’est pour n’.avoir pas connu ces données, qu’on a tellement caricaturé, en les traduisant, les Yougs des Brahmes, les Sares des Kaldéens, les Séthiqms des Égyptiens, les Shanhas et les Iméïs de Moïse, etc.

Images de l’Univers, les temples antiques avaient d’autres doctrines scientifiques, d’autres informations que les billevesées qu’on leur a prêtées.

Quant à la Science dont je parle en ce moment, sans la dévoiler, elle était un secret d’État, en Europe, en Afrique, en Asie, dans l’ancien Continent austral, dont l’Amérique est un débris, comme aujourd’hui encore en certains pays de l’extrême Orient.

C’est pour cette Science que la tour d’observatoire était élevée non loin de l’autel, des cryptes et des souterrains; c’est sur elle que se réglait le Culte, depuis les fêtes publiques des villes et des campagnes, jusqu’aux rites des foyers domestiques.

. Cette science comme toutes les autres d’un certain ordre n’était communiquée qu’à bon escient. .

Hermès, Porphyre, Origène, Jamblique, Diodore, Plu-

tarqué, Titè-Live, Aulu Celle, Damis, Philostrate, et bien d’autres, sont unanimes sur ce sujet.

Quant aux auteurs modernes qui se sont moqués de cette antique Généthliaque, Ou ils ne l’ont pas connue, ou ils l’ont jugée d’après les sornettes du moyen âge, comme si l’on voulait se prononcer sur la chimie et sur l’astrologie des anciens, en lisant la Cassette du petit paysan et le pathos du faux occultisme depuis le Petit Albert jusqu’à V Homme rouge des Tuileries.

V

Au sujet des quatre Temps ou Saisons qui se succèdent sur la Terre, d’un déluge à l’autre, dans ce Cycle organique que la Science indienne appelait Menou, voici, dans sa pureté, la Tradition antique, différente de l’idée actuelle des Brahmes qui en rétrogresse l’ordre.

lia pire saison est la première, celle qui succède immédiatement à chaque déluge.

C’est le Satya-Youg, l’âge de Seth des Égyptiens, de Saturne des Étrusques et des Grecs, l’âge de pierre, de plomb, de fer, l’âge de Siva.

Puis vient le Tetra-Youg, l’âge de Brahma, d’Horus, de lao, de lÊVÊ, de Jupiter, de la Vie Sociale renaissante : initiation religieuse, subjugation des espèces animales, appropriation des .terres habitables, réinvention des sciences et des arts ; c’est l’âge d’airain.

Ensuite le DÔuapar-Youg amène une régularisation , une extension systématique de la période précédente ; c’estle temps des grands travaux planétaires, endiguement des fleuves, percement des isthmes, construction des grandes routes, des aqueducs, etc. ; c’est l’âge de l’initiation féminine, des sciences naturelles, des arts pouss*és à l’extrême, de Saravasti, d’Isis, de Gérés, l’âge d’argent.

Enfin le dernier âge, l’âge d’or, ouvert devant nos

temp&, est le Kali-Youg, saison des grandes moissons spirituelles, des grandes récoltes de tous les' biens sociaux, de Vichnou, d’Osiris, le temps de baccomplissement de toutes les Promesses sacrées, de la Science totale, de la Constitution d’une Alliance Universelle

entre tous lefi Cultes et toutes les Sociétés de la Terre.

• Les savants indiens appelaient MenOu la Puissance intelligente, céleste, qui, d’un déluge'àj’autre, présidait à l’évolution des quatre Ages de ce Cycle.

Ils disaient que la durée totale de l’Humanitç terrestre devait être de quatorze menous, soit cent soixante-huit mille ans, c’est-à-dire une Période correspondant à quatre Révolutions des Étoiles fixes, plus deux menous, selon leurs calculs et ceux des Égyptiens.

D’après eux, nous serions arrivés au septième tiïenou et à son quatrième Age, l’Age d’or, ce qui donnerait' à riluraanilé terrestre .une antiquité de quatre-vingt et quelques mille ans, à travers six déluges passés.

La Cause que les anciens sacerdoces assignaient aux déluges, était à la fois astronomique et géologique, et liée à des Causes morales universelles. •

C’est dans le changement d’axe magnétique de la Terre, c’est dans l’élévation et l’abaissement successif de chaque Pôle, entraînant une brusque rupture d’équilibre, tant du feu souterrain que des mère et de l’atmosphère, qu’on cherchait dans les temples la loi physique des déluges.

A ce propos, il y aurait à faire les découvertes les plus

inattendues en creusant certains terrains du Sahara, de

la grande Tatarie, et, surtout, ce qui reste du Continent

austral.

Il y aurait une extrême attention à faire à certaines îles de l’Océanie, qui doivent sûrement, quoique peuplées

d’homin^ régressés vers i'état sauvage, renfermer des édifices àiitédiiuviens, des monuments d’une grandie^ archâteeture, antérieurs au dernier renvereement po-

■Du reste, on ne peut guère s’expliquer autrement que par cette alternance de domination des Pôles, les fossiles européens eux-mêmes, dont les uns dénotent un climat très chaud, tandis que d’autres, plus méridionaux cependant, accusent un climat extrêmement froid.

Ai-je besoin de dire que Moïse connaissait toutes ces traditions, aussi bien que les prêtres d’Égypte les plus élevés en Science, en Sagesse et en grade ?

Le lecteur l’a déjà pensé.

L’immense bienfait que les sciences physiques et naturelles de nos temps lèguent à la renaissance possible des sciences divines, et, par conséquent, à la glorification de Moïse comme de Jésus-Christ, c’est de rendre impossible que l’oii continue à offenser, non seulement ces divins Fondateurs d’États Sociaux, mais, en eux. Dieu, la Nature, l’Univers, en prêtant au savant colossal du Sinaï, au penseur surhumain du Golgotha, une genèse, une chronologie, une idéologie primaire, dont rougiraient les préparateurs de nos laboratoires, les étudiants de nos facultés, les gardiens de nos musées.

A ces formidables questions : Des principes et des origines de la Vie dans l’Univers et sur la Terre, des origines, des principes, des fins du Règne Hominal, de l’État Social, établis sur les trois autres Règnes plané- taires ; à ces comment, à ces pourquoi^ qui sont le vrai et noble but de la recherche de la Vérité, répondre avec la voix gravé et consciencieuse des Pères modernes de la Connaissance, ce n’est que porter plus haut etipltis

pl'ofonéêmeBt encore, dans la totalité de la Science, ellemême, cette immense interrogation.

Mais, continuer à répondre, avec les traductions primaires des cinquante chapitres de Moïse, avec la routipe théoiogique,que l’effrayant Insondable, qu’on ne devrait nommer qu’en tremblant jusque dans la moelle des os, de peur de l’offenser par une erreur, répondre que le Dieu des dieux, sortant soudain d’une.éternelle inactivité, s’est mis, il y a six mille ans, à travailler à la hâté, et à faire, en six jours, cet Univers, pour s’eq repentir ensuite* certes , si les divins Fondateurs des Sociétés n’avaient pas adhéré plus fortement au Vrai éternel que leurs ignorants traducteurs, ce serait sceller sous la môme pierre tumulaire toutes les religions à la fois dans le tombeau de l’absurdité, dans le sépulcre blanchi du pharisaïsme, du quiétisme qui indignait Pascal, et surtout du néant.

Sans J’aide de la Tradition, sans le secours de la Science ésotérique, renfermée dans l’ancien Testament, sans la Théologie et la Théodoxie comparées, dont les sectaires ont si peur, ils ne sortiront pourtant jamais de cette mort, de cette impuissance intellectuelle, et,* par suite, morale et sociale.

Nous ne sommes plus au moyen âge, et aux ténèbres de l’hiver succède, aujourd’hui, le Renouveau du Printemps, après la débâcle des glaces.

Continuer plus longtemps à présenter ainsi la Création du Monde sous ses voiles hiéroglyphiques les plus grossiers, c’est éloigner de Moïse, et, par conséquent de Jésus, l’Intelligence du Savant, la Conscience du Sage; c’est commander l’athéisme aux demi-savants et aux démilettrés; c’est ôrdonner aux passions droites et aux instincts logiques des foules ignorantes, enfantines.

mais implacablement attentives, la haine du prêtre et du sacerdoce, la désuétude de tout Principe religieux et, par conséquent, de toute Synthèse sociale.

J/hoinme du peuple, l’ouvrier, le soldat, le paysan même, à travers. le peu de connaissances naturelles qq’il possède, à travers les journaux ou les livres, qu’il lit ou écoute lire, cherche, où, et comme il peut, un aliment à sa vie. morale et intellectuelle.

Les meilleurs en savent trop déjà, pour ne pas se dire : il, y a un Dieu, mais II n’est pas, Il n’agit pas comme on le dit.

Les autres, conduits par la troupe des demi-lettrés et et des demi-savants, qui cherchent le Pouvoir à travers l’anarchie, sociale, persiflent, avant de les fusiller, les membres du Corps sacerdotal, et les poursuivent, jusque dans la mort même, en se faisant enterrer civilement.

Tout a sa raison suffisante, comme le disait Leibnitz ; mais il est temps que toutes ces raisons de dissociation soient connues et conjurées, au nom de cette Suprême Raison qui s’appelle la Science et la Vie sociales.

Dans les deux Missiom précédentes, j’ai glorifié, l’Histoire en main, la Mission divine de Jésus-Christ; je l’ai démontrée scientifiquement, par son action même sur notre État Social, dont H est le Fondateur et le Pontife Roi ; et j’ai prouvé que c’est pour ne s’être pas conformé à son Esprit, que le Gouvernement Général de l’Europe est tombé dans l’anarchie armée.

J’ai tenu à indiquer, d’une manière presque géomé- trique, que, malgré ses gouvernants, la Chrétienté est animée par Son Fondateur d’une telle énergie vitale et spcfale qu’elle tend irrésistiblement vers une Constitution saine, libre, pacifique, par le rétablissement de tes Pouvoirs trinitaires et sociaux.

Ce témoignage, de la part d’un laïque, -est d’autant plus religieux, qu’il est spontané, étranger à tout sectarisme, indépendant de tout intérêt personnel.

Qu’il me soit donc permis de continuer ma rude tâche, dans ce livre* avec le même courage, avec la même coftr science, aveo le même amour de la Vérité. ,

La source de l’Intellectiialité voilée» du mouvement moral de Jésus-Christ et de toute sa portée sociale est dans le Sépher de Moïse, *et, principalement, dans les dix, premiers chapitres, qui constituent sa Cosmogonie.

Or, après les dix-huit siècles de préparation, de purification individuelles, qui viennent de s’écouler, il faut que le voile tombe devant les Corps enseignants ; il est indispensable que la totale Vérité judéo-chrétienne apparaisse scientifiquement aux yeux des savants comme aux regards des théologiens.

Car, dans son Livre, Moïse n’a couvert lui-même sa pensée d’un triple voile hermétique, que pour qu’il fût levé par l’Initiation.

Car, dans ses paraboles testamentaires, Jésus-Clfrist a promis le Règne du Saint-Esprit, où toute vérité sera démontrée et connue.

C’est pourquoi l’école philosophique, qui spécule sur les vérités naturelles, sans les pousser à fond, a rendu, et rend encore, mais sans le savoir, un grand service à la Science profonde, renfermée dans l’Esprit des deux l'estaments.

^Depuis Voltaire jusqu’à Ôyron, depuis Shelley jusqu’à Mgr Colenso, évêque anglican du Cap, la critique superficielle s’est donné carrière.

Elle n’a pourtant pas' serré aussi fortement son argumentation que les grands exégètes de l’Église ellemême, depuis saint Jérôme, saint Augustin, Origènc,. Marcion et les autres, jusqu’au Père de l’Oratoire, Richard Simon.

Moins profonde que l’ancienne, la critique moderne est devenue plus populaire, et le dernier des écoliers la résume souvent dans des boutades d’un goût douteux.

« Non, Dieu n’est pas venu ici-bas avec des mains pour y pétrir une maquette d’argile, avec une bouche pour y souffler dans le nez d’un bonhomme de terre glaise, avec un ébauchoir pour tirer de la septième côte de ce bonhomme une bonne femme de môme farine, avec un ôordeau pour les parquer dans un jardin anglais sous deux arbres inconnus de tous les botanistes, enfin avec . un serpent à sornettes, un reptile parlant, pour empoisonner l’existence de cet honnête et primitif mé- nage. »

Les plaisanteries de ce genre abondent dans les œuvres humoristiques de Byron.

Le même sentiment poussé jusqu’à une désolation grandiose se trouve dans la Reine Mob, que Shelley écrivit à l’université.

Mais tout cela est sincère, et mérite une autre réponse qu’un anathème théologique.

Or, on ne peut répondre qu’au nom de la Tradition, au nom du sens ésotérique, et, en démontrant que, sous ces fables génésiques, sous ces hiéroglyphes à triple sens, la Vérité scientifique est cachée, effrayante de hauteur et de pi^fondeur, appelant et défiant le regard le plus ambitieux d’Ëlle.

Ce que vous prenez pour Ta pensée totale de Moïse n’en est que la plus grossière interprétation.

Vous vous battez contre des fantômes, contre le voile d’isis; mais la déesse est derrière, souriante, et vous aimant ainsi.

Votre lutte contre ce que vous croyez l’erreur est gé- néreuse; mais, sous la lettre, l’Esprit Vivant peut vous rassurer et vous garantir l'entrée ert acte possible des formidables et consolantes réserves de l’Ésotérisme judéo-

Avant l’ouverture des Mystères d’isis, on donnait au récipiendaire une petite boîte en pierre dure figurant, au dehors, un pauvre animal symbolique, un pejlt insecte, un scarabée.

Pouah! aurait dit un sceptique moderne.

Mais en ouvrant ce modeste hiéroglyphe, on trouvait en dedans un œuf d’or pur, renfermant, sculptés dans des pierres précieuses, les Cabires, les Dieux révélateurs et leurs douze Maisons sacrées. i-

Telle était l’exquise méthode, suivant laquelle l’antique Sagesse renfermait pieusement dans la Parole et ddns le Cœur la Connaissance de la Vérité; et cette symbolique voilée, cet hermétisme à triple sceau devenait de plus en plus profond, de plus en plus savant, à mesure que le degré de la Science se rapprochait davantage du divin Mystère de la Vie universelle.

Or, nul n’a mieux manié cet hermétisme idéographique que Moïse dans ses cinquante chapitres.

Faute de savoir ces choses. Voltaire et toute son école ont l’air de grands enfants mal élevés et plus mal informés encore, "quand ils parlent de l’origine stupide qup leur libéralité prête aux religions.

Écoutons une seconde le roi des hommës d’eéprit, qui eàt inventé le vaudeville^ mais qui a préfélré en appliquer les procédés à l’exégèse.

« Il tonne : qui fait tonner? C’est sans doute quelque serpent du voisinage.

« Gourons et adorons ce serpent : de là le Culte. »

Le serpent lui-même n’eût pas mieux sifflé Zaïre; mais qu’atteint au fond ce sifflement? L’Autorité hiérographique de Moïse? L’Autorité sacerdotale de JésusChrist? Pas le moins du monde.

Les pouvoirs politiques qui, depuis Constantin jusqu’à Frédéric le Grand, ont voulu faire du clergé et de l’Église l’instrument du Gouvernement personnel?

' Voltaire était le très humble courtisan de ces Pouvoirs de l’Anarchie d’en haut.

Ce persiflage n’atteint réellement que l’ignorance des interprètes de Moïse et de Jésus et le derni-savoir de ceux qui croient toucher ces deux colosses intellectuels et moraux, en marchant sur les pieds de leurs traducteurs.

Mais, paix à tous, paix à tous les morts surtout, paix à l’ombre de Voltaire !

11 a eu ici-bas son utilité relative.

Qu’il dorme donc tranquillement dans sa récompense, dans cette apothéose que lui a faite l’universelle mé- diocrité, aujourd’hui aux prises avec elle-même dans l’anarchie d’en haut et d’en bas.

La* Religion, le Culte lui-même, tout l’édifice judéochrétien restent, avec leurs immenses résèrves orgàniques, le seul recours qui puisse permettre à Israël comme

à la Chrétienté dé se constituer définitivement dans un Ëtat Social aussi parfait que possible.

Non, la Religion n’est pas plus née de l’ignorance que le Culte n’est issu de la peur.

Le supposêr, c’est faire injure à l’Humanité, bien plus èncore qu’à l’inaccessible Divinité.

L’homme naît brave, et, vu sa faiblesse, bien autrement vaillant que le lion et l’éléphant.

Or, sMe rugissement du lion salue les Astres, si l’élé- phant se tourne à l’aurore vers le Soleil, et le glorifie en relevant et en abaigsant sa trompe, on peut et on ‘doit attendre de l’Homme un Hosanna digne de lui comme du Dieu Vivant.

Encore une fois, ce n’est pas plus la force que la peur qui mettent l’homme à genoux pour adorer, c’est la Beauté, c’est la Bonté, c’est la Vérité, c’est l’enthousiaste et amoureuse admiration.

Aux désordres apparents de la Nature physique, l’homme enfant montre ses deux poings crispés.

Pari* voix des Celtes, nos pères, les Sociétés naissantes crient aux pluies d’aérolithes tonnant dans les airs :

Ciel, tu peux écraser nos tèles.

Tu n’écraseras pas nos cœurs I

L’homme s’indigne , l’homme discute avec véhé- mence, par les lèvres ulcérées de lob, contre Dieu luimême qui lui montre le Destin au lieu de la Providence, la^tête de Méduse au lieu de la divine face de PallaS; et il dit à l’Éternel :

Seigneur, je vois mes maux : montre-moi ta justice !

I/homme,* dans sa plus divine expression, dit par la bouche céleste du Christ, comme par celle du Prpmélhée orphique :

•La Vérité est aux âmes sans peur; le Ciel est aux esprits violents!

•Oui, si la Religion n’était pas néé du librè assentiment de ces deux forces colôssales, la Pensée et la Consciencé humaines, aux ' forces morales et intellectuelles de l’Univers, si l’Homme enfin n’était pas de la Race des Dieux et de Dieu, jamais une prière ne fût montée dans l’invisible, en ébranlant, en émouvant, à Irâvers la hiérarchie de tous les Êtres supérieurs, cette grande Ame de l’Univers qui nous anime tous, et qu’illumine du haut des Gieux une ineffable Intelligence.

Oui, si dans le fond des choses, l’Essence des êtres n’était pas une, leur substance homogène, aucune communion du visible avec l’invisible n’eût été admise, et jamais un autel ne se fût dressé sur la face de la Terre.

En résumé, dans ce chapitre, j’espère avoir fait sentir que, si les sciences naturelles ont pour champ légitime l’étude de la substance sensible des êtres et des choses terrestres, leur complément indispensable se trouve dans les sciences divines qui, seules, ont pour objet l’autre côté de la même Vérité :

L’Essence intelligible de ces mêmes êtres et de ces mêmes choses, dont la source est l’Univers Vivant, manifestation totale du Dieu Vivant et de sa Faculté Créatrice, la Nature Naturante, Vivante.

Dans le chapitre suivant, je prendrai le lecteur par la main, et il touchera comme saint Thomas, dans*la profondeur même de l’Antiquité, la Vérité scientifique.

Pour ne pas briser trop vite ses catégories mentales, je

ne ferai palper à sa pensée que la partie la plus exotè- rique de l’anciénne Science sypthétisée sous le nom de Religion ; mais on verra à n’en pas douter iïue, même au point de vue physique et naturel, cette incontestable Science avait été poussée aussi loin et plus loin que chez nous depuii^ deux eents ans.

■ Alors, doucement attiré vers les tabernacles de Sem, tout esprit attentif et sincère pourra nous suivre ensuite dans le fond des sanctuaires et des civilisations antiques, dont les deux Testaments nous ont faits héritiers par l’Ordre des Abramides, de Moïse et de Jésus-Christ.

CHAPITRE IV

LA SCIENCE DANS L’ANTIQUITÉ.

J’ai indiqué dans les chapitres précédents que la scientifique Vérité avec tous ses degrés de Science avait été gravie par l’esprit humain dans une antiquité préhistorique pour la plupart des modernes, mais connue en partie de quelques Sages asiatiques et européens.

J’ai affirmé que la notion scientifique de l’Unité du Dieu Vivant avait été la récompense suprême de cette série d’efforts intellectuels et psychurgiques.

11 reste à prouver ici par des textes que, malgré la décadence de l’État Social prémoïsiaque, décadence qui commença plus de trois mille ans avant notre ère, les forces que nous connaissons tant bien que mal depuis cent ans à peine, étaient encore maniées avec assez de précision, au commencement du Christianisme, par les sacerdoces ou corps savants gréco-italiens.

Pourtant ces Collèges polythéistes ne représentaiènt plus, depuis près de trente-deux siècles, que des démembsènients universitaires, que des sectes déchues de l’ancienne Unité intellectuelle et sociale qui s’était appelée lÊVÊ, et que nous prouverons ailleurs.

Les auteurs que je citerai, ne trahissent 'en rien ll^s formules dont se servaient les prêtiiçs étrusques ou égyptiens, celles ou grecs, car aucune ne*sortait entière des sanctuaires, et nul écrivain ^tique ja’eût divulgué lès anciens équivalents mathématiques, li^srannaissant, et, à plus forte raison, ne les connaissant |k»s. . •

Commençons à remonter les temps à partir de'^’origi ne de notre ère. ' "

Affilié aux anciens corps savants ou .sacerdot|iu»popame tous ses collègues de l’antiquité, l’architecte de Sain te»* Sophie de Constantinople, Anthème de Tralle, se servait de l’électricité avec une puissance que nous ne connaissons pas encore.

Dans Agathias, de rebm Juftin., liv. V, ch. 4, on peut lé voir projeter sur la maison de Zénon les éclairs et la foudre, et faire usage de la vapeur comme force motrice* pour déplacer un toit tout entier.

Dans ï Histoire ecclésiastique de Sozomène, liv. IX, ch. 6, on peut voir encore la corporation sacerdotale des Étrusques défendant à coups de tonnerre contre Alarîc la ville de Narnia, qui ne fut pas prise.

De plus, ces mêmes prêtres offrent aux Chrétiens de Rome de venir sauver leur métropole; mais les prêtres de ces derniers, fort ignorants, mettant déjà la Science sur le compte du diable, refusent, et Rome est prise.

Dans Tite Live, liv. 1, ch. 55, dans Pline, BisA, mt., liv. II, ch. 55, liv. XXVIII, ch. 4, on peut suivre bien plus haut, à travers d’anciens annalistes, la trace de la science étrusque, en ce qui regarde l’électricité seule.

Porsenna opère, sur le territoire de Volsinium, la fulmination d’un animal appartenant à une des espèces éteintes aujourd’hui.

Le barbare romain Tullus Hostilius, ignare, fouillant

up manuscrit* saceixiote royal Numa, y trouve quelques l'ragments'ïjia formules éleçtro-dynamiquês.

Il veut les appliquer'; mais, faute de science', il s’écarte du rite sacrale Ifenerre éclate dans* îes Cieux,.et Tullus Hos^li^s meurt foudroyé dans son palais en flammes. * ‘

■ Dans Ovidq; dans Denys d’Halicarnasse, c’est Sylvius Allacfes, onzième roi d'Âlbe depuis 'Bnée, qui lance, lui aussi» la foudre et les éclairs, mais manque un rite, assole pas, ne prévient pas le choc en retour, 'et périft'* ,

Dans tous les temples dédiés à Jupiter, à lÊVÊ, à lou- Évohé, on cultivait scientifiquement la force électrique, les Facultés morales et le Principe intellectuel qui s’y rattachent dans la Vie du Cosmos.

De là ce dire de Stobée, en parlant des prêtres de Zeus : « Eliciunt te, Jovem, electuraque vocant. Ils t’attirent, ô love, et ils t’appellent l’Attiré. »

Tels étaient la science et l'art qui s’abritaient aussi derrière les autels du Keraunos des Grecs, l’antique Kerôn des Celles et des Phéniciens, des Touraniens et des Aryas protomèdes, en breton et en gaélique actuels, Kéranioii.

C’est pourquoi Servius, liv. II, nous dit : « Les anciens n’allumaient pas de feu sur les autels, leurs formules sacrées y faisaient apparaître le feu du Ciel. »

Et si je voulais mentionner les poètes qui, pourtant, restèrent jusqu’à Jésus-Christ les interprètes de la Tradition orale, il me faudrait un volume pour citer les aèdes grecs, les vates latins, les bardes celtiques, les soaldes celto-scandinaves ou varaighes, etc., etc.

Dans le pays de Galles, toute lueur fulgurante s’appelle encore aujourd’hui flamme des Drudes, feu des Druides.

Tout un système perdu de paratonnerres armait les temples dé Junon, en Italie, dg Hêrê, en Grèce et en Ionie : Toir les médailles romaines ou grecques.

An point de vue physique, sans parler des autres, c’était dans ces temples qu’on éludait la météorologie, et .dans ceux de Gybéle la cystologie. '

Le temple de Jérusalem, bâti sur un plan égyptien et kaldéen, par des architectes sacerdotaux ’de Tyr et de Memphis, avait aussi une armature métallique à pointés d’or : vingt-quatre paratonnerres communiquant des puits.

Jos^he, Guerre dex Juifs, liv. V, ch. 14, enregistre le fait, et rien n’indique que le temple ait jamais été atteint pai; la foudre, pendant mille ans.

Khondemir, Dion Ghrysostome, saint Glément d’Alexandrie, Suidas, Ammien Marcellin, attribuent aux diffé- rents Zoroastres, aux Mages, aux Raldéens, les mêmes connaissances.

Zend avesta : « Évoque et comprends le feu céleste. » On peut suivre les mêmes traces dans les commentaires de Phléton sur les rituels des Mages, de Psellus sur la liturgie des Kaldéens.

On retrouve ce fil de la Science antique dans l’Yadjour- Veda, bien que les livres des Aryas donnent plutôt les lointains souvenirs des bardes locaux que ceux des sacerdoces métropolitains.

Dans les Indes, les preuves seraient innombrables, et j’y reviendrai, quand je parlerai des sciences ésotériques que cette vieille terre sacrée a conservées à l’heure actuelle.

Oupnek Hat : « Gonnaître la nature réelle du feu, de la lumière solaire , du magnétisme lunaire, de l’éleetricité atmosphérique et terrestre, est le troisième quart de la Science sacrée. »

Noter: ce troisième quart qui prouve une fois de plus que la Science intégral^ était divisée en quatre hié- rarchies. •

Âu temps de Ktésias, les Brahmes connaissaient encore les paratonnerres. ' •

Voici un passage extrêmement significatif de Phléton : « Si tu multiplies tes appels, tu me verras t’envelopper, tu verras la foudre, le feu mobile qui*i*emplit et inonde l’Ëspace'éthéré des Cieux. »

Ce fragment du rituel des Mhges est à rapprocher des termes dont Pline se sert, d’après les anciennes annales étrusques :

iiupetrare fulmen, cogéré fulmen.

La première locution indique l’action d’obtenir par un appel, nous dirions aujourd’hui , au point de vüé physique seul, l’action de soutirer l’électricité.

La seconde locution exprime l’acte par lequel on projetait cette force en fulminant.

Selon Suidas, l’un des Zoroastres, pour mettre le sceau à sa mission et renaître parmi les Dieux supérieurs, se fil volontairement dévorer par la foudre.

Dans Eusthatius, nous pouvons voir Salmonée élevant à Zeus Kataïbatès un autel dans la Ville d’Olympie, et y faisant descendre le feu céleste.

Ce fait confirme Servius, cité plus haut.

Pour toute TEurope méridionale jusqu’à la Tauride, l’Égypte fut, pendant les quatre mille ans qui précèdent notre ère, la Métropole sacrée, la grande Université, le siège de la Science complète.

.Tous les grades du sacerdoce, depuis le dernier jusqu’au Pontificat, représentaient un degré de la Science et de la Sagesse totales, ouvertes à l’élite du monde

laïque pat* l’Initiation, qui constituait un second Pou* voir magistral, dont le troisième “était partout l’Assemblée fécale des pères et des mères de famille.

.C’est à cette grande École égyptienne, dépendante eilemême d’autres centres thibétain# et indiens, dont je parlerai, que s’étaient formés tous les corps sacerdotaux du littoral méditerranéen.

Avant le dernier déluge, d’autres centres métropolitains avaient existé dans d’autres Continents disparus.

Dans S9 pureté primitive, dans sa période d’utilité, le Polythéisme, qui dura environ trente-quatre siècles avant Jéstts-Christ, n’était pas le vain anthropomorphisme, la vaine théologie qu’il est devenu pour le vulgaire.

Derrière lui, dans les temples, se trouvait une synthèse souvent parfaite de toutes les sciences, couronnée ellemême par une Cosmogonie positive, à travers les pratiques de laquelle le sacerdote et l’initié révéraient, en pleine connaissance comme en pleine conscience, la grande Union et la grande Unité,

Plus tard, quand les temples polythéistes se multiplièrent, ils ne représentèrent pour le Sage et pour le Savant que les diverses facultés de l’Enseignement universel, le culte des divers Principes cosmogoniques, ramenés en secret à l’antique Unité.

C’est ainsi que la Théocratie qui avait, bien des milliers d’années avant Moïse, régné sur toute la Terre, continuait encore, du fond de ses princinaux sanctuaires restés debout, à protéger les sciences et les arts contrd^ l’anarchie politique, contre la décadence sociale, dent nous dirons ailleurs les causes.

C’est de ces temples, de ces refuges de l’antique intellectüalité civilisatrice que provenaient toute la lumière traditionnelle, dont les intelligences se pénétraient librement, selon leur bon vouloir, toutes les leçons

que la pensée et la conscience pouvaient, désirer çt demander, selon les “ garanties de force mentale et morale qu’elles offraient. ‘ * . ' ‘

L’Éducation et l’Instruction élémentaires étaient, après la Callipédie, données par la Famille.

Celle-ci était religieusement constituée selon les rites de l’ancien culte des Ancêtres et des Sexes au foyer, et bien d’antres sciences qu’il est inutile ,de nommer, ici.

L’Éducation et l’Instruction profassionnelles étaient données par ce que les anciens Italiens appelaient la gens et les Chinois la jin, en un .mot par la tribu, dans le sens antique et très peu connu de celte expression.

Des études plus complètes, analogues à notre Instruction secondaire, étaient le partage de l’adulte, l’œuvre

des temples, et se nommaient Petits Mystères.

Ceux qui avaient acquis, au bout d’années quelquefois longues, les connaissances naturelles et humaines des Petits Mystères prenaient le titre de Fils de la Femme, de Héros, de Fils de l’Homme, et possédaient certains Pouvoirs sociaux, tels que la Thérapeutique dans toutes ses branches, la Médiation auprès des gouvernants, la Magistrature arbitrale, etc., etc.

Les Grands Mystères complétaient ces enseignements par toute une autre hiérarchie de sciences et d’arts, dont la possession donnait à l’initié le titre de Fils des Dieux, de Fils de Dieu, selon que le temple n’était pas ou était métropolitain, et, en outre, certains Pouvoirs ^ciaux appelés sacerdotaux et royaux.

Il n’y a pas d’exemple qu’aucun initié aux Grands Mystères en ait jamais trahi les secrets, en dehors de ce que la Providence a permis pour l’atténuation des maux publics, amenés par les schismes et par la politique arbitraire et personneUe qui, depuis l’empire dit de Mmnrnd, se saisit du Gouvernement Général des Sociétés,

; Les mythes de Pi'omëthée et de Tantale son t un symbole des dangers et des cbâUments qui attendaient l’imprudenl, s’il parlait ou agissait avant l’heure voulue par

la Divinité. •

J’ai indiqué dans le chapitre précédent que l’âstronmnie avait été poussée à un degré incroyable de culture, ainsi que toutes les sciences et tous les arts qui s’y rattachaient dans la pensée des anciens Sages.

J’ai laissé à entendre aussi que les temples possédaient un système merveilleux de chimie. <,

Il me sera facile d’établir, rien que par les applications industrielles qui en témoignent, que cette science était arrivée, comme art, à un singulier perfectionnement pratique, même dans la main de l’ouvrier.

Le manuscrit d’un moine de l’Athos, Pansélénus, révèle, d’après d’anciens auteurs ioniens, l’application de la chimie à la photographie.

Ce fait a été mis en lumière à propos du procès de Niepce et de Daguerre.

Seulement, comme dans toute langue vivante, les termes savants viennent d’une langue morte, si l’on a pu retrouver facilement dans le manuscrit de Pansélénus la description de la chambre noire, les appareils d’optique, la sensibilisation des plaques métalliques, il a été plus difficile de déterminer la signification des agents chimiques employés, les mots venant sans doute d’unfe langue savante analogue à l’égyptien.

’ La minéralogie, l’exploration et l’exploitation des carrières et des mines, le traitement des minerais,, la réduction des oxydes, la métallurgie réduite à son maximum de simplicité; la céramique, la reproduction artî-

ficielle des pierres précieuses, fa verrerie ayec tous hos verres connus et le verre souple, malléable, i|ue noos n’avons pas encore retrouvé, la fabrication des couleurs, la teinture des étoffes, tous ces arts industriels, dont les notions étaient données par les temples aux chefs des corps de métiers, supposent une chimie inorganique et organique, complète, tant au point de vue théorique qu’au point de vue pratique. • .

Quelques dates sont ici nécessaires.

Dans leurs collections les numismates de la Çhine ont des mogaaies qui remontent jusqu’au temps de Yao ; ils eu ont même d’antérieures à la fondation de l’empire chinois.

Parmi ces dernières ils en ont d’indiennes frappées au coin du Bélier.

C’est sur l’ordre de l’empereur Kang-Hi que les collections ont été centralisées.

Or, les premiers relevés astronomiques faits dans le Céleste Empire, nous reportant à près de trois mille ans avant notre ère, les pièces indiennes révéleraient seules toute une civilisation antérieure.

En Égypte, l’usage du fer a été enfin constaté, grâce à une barre de métal trouvée dans la maçonnerie de la grande pyramide de Giseh ; mais cette constatation n’était guère nécessaire.

Ni le granit des carrières d’Hamma-mât ni le basalte de la Haute-Égypte ne pouvaient se tailler, non seulement sans fer, mais sans excellent acier renfermant une quaja» tité déterminée de métal inoxydable.

11 y aurait beaucoup à dire sur la question de l’acié- ration chez les anciens, et le mot adamantims en révèle bien long à ce sujet.

Dr, c’est quatre mille cent trenle-oinq ans avant notre ère que Khou-Wou, le Chéops d’Hérodote, qui ordonna

cette pyramide ainsi quô la reconstruction du temple de Denderah, fonda la,quatrièç)e djmastie meraphite.

Les mines du Sinaï, d’Éthiopie, de %rie, du Caucase, de Grèce, de Tauride, d’Italie, d’Espagne, etc., étaient depuis des milliers d’années en pleine activité.

La civilisation égyptienne, d’après Diodore, remontait

C

à cent quatre-vingts siècles avant Ménès.

Or, Ménès régpa vers l'an 5000 avant notre ère

Quoique moderne par rapport à une telle antiquité, qui avàit passé par une série de renaissances et de décadences bien constatées aujourd’hui par les archéologues, le poème hermétique de Job donne de cette ancienne métallurgie une idée poétique et par conséquent dilfuse. Cependant la voici telle quelle, vers pour vers :

« L’argent s’extrait de la raine; L’or s’affine; le rocher Se fond, et livre, liquide,

Le cuivre ; du minerai Le fer s’écoule.

Aux ténèbres

L’homrae prend les profondeurs Où la mort gît dans les pierres. Il creuse, loin des vivants.

Des routes qu’aucun ne foule. Loin du séjour des humains 11 s’y suspend dans le vide.

La terre d’où croît le blé Dans ses os rongés des flammes A beau céler ses saphirs Et^ ses veines aurifères :

Nui oiseau n’y peut glisser,

Nul épervier n’y regarde,

Nul pied fauve n’y bruit,

Nul lion n’y met sa griffe,

L’homme seul étend la hiatn £t le granit se déchire^

Et la montagne, sautant,

Se Occupe en galeries Et laisse voir ses trésors.

^ L’homme étandie Teau qui filtre Et traîne tout au grand jour. »

Ce document curieux, emprunté aux -anciens Ethiopiens, montre quel était, de tpraps immémorial, le travail des mines, l’emploi de la poudre pour faire sauter les roch’ers, le creusement des galeries autour d’un puits central, l’étanchement des eaux d’infiltration, le traitement des minerais.

Or tout se tient dans le travail humain ; et les œuvres architecturales sans nombre antérieures à Ménès, le Sphinx, le temple d’Aarmachis en Égypte, les cavernes d’Ellora et de Maha-Bali-Pourara en Asie, attestent, huit milleans avant le siècle actuel, l’activité de tous les corps de métiers, l’application de tous les arts et de toutes les sciences dans une civilisation colossale, ,et dans une société toute faite, depuis bien des siècles déjà.

Cependant, pour accoutumer le lecteur au véritable .esprit de ce passé, continuons à en relever quelques ^stiges analogues à nos découvertes modernes.

Il est aise de voir que la pyrotechnie était parfaiié^ ment connue dans les temples les plus antiques.

Nous la retrouvons encore a Byzance.

Porphyre, ' dans son livre sur VÀdminittration de l'Empire, décrit l’artillerie de Constantin Porphyrogâièté.

Celle de Léon le Philosophe se laisse aisément entre-

voir, ainsi 4 que sa moiisqueterie, dans les InMihJiiiçru w»/ttojî^‘ de ce prince, iiv. II, p. 137#

Aminien Marcellin, liv. XXIII, ch. 6, Pline, liv. II, ch. 104, indiquent assez clairement que les Perses se servaient d'armes à feu.

^ Valerianus, dans sa Vie d'Atexandre, nous montre les canons de bronze des Indiens.

Dans Ctésias,. on retrouve le fameux feu grégeois, mélange de salpêtre, de soufre et d’un hydrocarbure, employé Jbien avant Ninus en Chaldée, dans l’Iran, dans ïes Indes, sous le nom de feu de Bharawa.

Ce nom qui fait allusion au sacerdoce de la race rouge, premier législateur des noirs de l’Inde, dénote i lui seul une immense antiquité.

On trouve dans le code des Gentous une loi prohibant l’usage des armes , soit à foudre , soit à feu, tuant plus de cent hommes à la fois.

Environ quatre mille ans avant Jésus-Christ, à la suite de grands troubles universitaires, puis civils, la Science étant devenue fermée, d’ouverte qu’elle était, la pyrotechnie ne sortit plus guère de la défense des temples et de leur territoire consacré par l’antique ^Àlliance Universelle.

Quand l’étranger attaque les villes de Perse, dit Philostrate, les Mages, du haut des murs, frappent les assaM- lants de flammes et de coups de tonnerre.

, « C’est par des moyens analogues que les prêtres de Delphes défendaient leur territoire contre les Ôaulois et les Perses eux-mêmœ.

Dans Hérodote, dans Justin, dans Pausanias^ on peut voir éclater de véritables mines engloutissant Perses pu Gaulois sous des pluies de pierres et de projectiles sillonnées dé flammes. 1 1 r

D’auti’é part Plütàrque, qui était grand prêtre, et savait à quoi s’en tenir, nous dît que, de Delphes aux TheriiiopyleS, tous les Grecs étaient Doriens, afliliés aux ttiystères de leur temple. •

Servius, Valerius Flaccus, Jules Africain , Marcus Graacus, décrivent la poudre d’après les anciennes traditions, et le dernier, n’ayant plus de secret à garder, donne nos proportions d’aujourd’hui.' •

Clatidien décrit les feux d’artifice , les soleils’ tournants, antiques amusements dé l’Égypte, de la. Chine et du resta de l’Asie.

De nos jours, les armes à feu sont aux mains de tous les gouvernements devenus personnels, pour, leur mutuelle destruction.

Autrefois, initiés au temple, les souverains auraient été déposés sans merci par le sacerdoce et tout le collège des initiés, s’ils s’étaient arrogé le droit de disposer de pareils engins de mort, dont la Théocratie d’accord avec les mœurs publiques empêchait la divulgation et limitait l’emploi. ^

Et quand un misérable Caligula put, comme le mentionne Dion Cassius, acheter d’un kaldéen le secret de manier la poudre et la foudre , l’art de provoquer les éclairs et le tonnerre, l’esprit scientifique de l’ancienne fieligion s’était retiré des cultes asservis à la Politique

Après l'électricité, la vapeur et la pyrotechnie, il est aisé de voir que les anciens avaient sur le magnétisme terrestre des données pratiques quisupposent nécessairçment une théorie scientifique.

Suidas nous montre la statue de Sérapis suspendue d’elle-même à la voûte d’un temple, à Ale.Kanârie; Cas-

siodore cèlle de Cupidon en l’air dans un temple de Diane.,

Odÿside,' tiv. VIII, liv. VJI, liv. XIII, Homère, indique clairement la boussole, intelligence secrète qui, sans le secours des Étoiles, guide les navires phéaciens.

, Ces Phéaciens étaient afliliés au cercle savant des Cyclopes qui, eux-mêmes, se rattachaient aux sanctuaires de Lycie, aux Olëns, aux Zamolxis cl aux Âbaris des temples de l’Hœmus, du Balkan et du Kaukayôn.

Nous verrons plus tard 'dans Isaïe que les pilotes phé- niciens de Sidon et de Tyr étaient des Sages affiliés aux Mystères.

Comme Abaris, Pythagore, élève des prêtres égyptiens, (jonnaissait la boussole : Jamblique, Vie de Pythagore, ch. 27 ; Hérodote, liv. XV, § 36 ; Diodore de Sicile, liv. 111, èh. 2; Suidas, etc.

Chez les Finnois, comme chez les Chinois et les Indiens, la boussole était connue.

L’aimant naturel s’appelait la pierre indienne, lapis mdicm.

Dans Plutarque, Vie d'Alexandre, chap. 29, dans Hé- rodote, liv. VU, chap. 74, dans Sénèque, Questions nainrelles, liv. Ul, chap. 25, dans Quinte Curce, liv. X, chapitre dernier ; dans Pline, Hist.nal., liv. XXX, chap. 16; dans Pausanias, Arcad., chap. 25, on peut retrouver nos acides, nos bases, nos sels, l’alcool, l’éther, en un mot les traces certaines d’une chimie organique et inorganique, dont ces auteurs n’avaient plus ou ne voulaient pas livrer la clef.

, Pline parle ainsi de la teinture sur étoffes, pratiquée par l’industrie égyptienne :

; .< Une fois le sujet dessiné sur la toile blamdtie, chaque partie du tracé est enduite de compositions gommeusesv

Variées de manière à absorber des couleurs.différentes. Après passage à la chaudière, les teintes qu’ils ont voulu donner apparaissent indestructibles. Car ils ‘les fixent d’une manière si parfaite que le temps ne les altère pas, et que la lessive, même concentrée, ne peut les attaquer. »

■ Leur peinture à la fresque était également inaltérable.

L’Industrie et l’Art tiraient en Égypte leurs données de la Science que possédait le Sacerdoce; et ce seul exemple de Pline est déjà tout un problème de chimie comidiqué et parfaitement bien résolu.

Déiiiocrilc, le premier expérimentaliste exotérique, laïque, résida pendant de longues années en Égypte; il en rapportasses connaissances étendues sur les règnes minéral et végétal, ses puissantes expériences physiques et chimiques, ses beaux travaux au four à réverbère sUr la recomposition artificielle des pierres précieuses et bien d’autres secrets qu’il serait trop long d’énumérer.

L’optique, l’acoustique, l’étude des lois de la lumière et du son, avaient été tellement approfondies que nos sciences actuelles en sont distancées de bien loin. •

Théoriquement, les couleurs et les sons avaient été ramenés à leurs vraies lois musicales, à leurs véritables progressions arithmétiques et géométriques.

En ce qui regarde l’optique, les corps savants avaient tous nos instruments, miroirs et lentilles concaves, convexes, coniques, prismes, chambre noire, appareils de catoptrique, microscopes, télescopes.

On peut l’entrevoir dans Cicéron, dans Sénèque, dans Aulu-Gelle, dans Jamblique, aussi bien que dans les decouvertes archéologiques.

L’acoustique était géométriquement appliquée sur teiTe et soqs terre* dans les temples, les théâtres, les

hypogéeSf a^ec une pr^ision et une puissance tenant du prodige; '

^Quant à là Musique; il me serait impossible, sans un volume spécial, de faire comprendre à quel point elle avait été portée, non seulement comme art, mais comme science absolue de méthode, d’analogie, de clef univer-

L’astronomie et l’architecture suffisent à démontrer Içs connaissances mathématiques et mécaniques des sacerdotes qui furent les maîtres des Pythagore, Mes Archimède, des Ktésibius, des Héron, des Àrchitas, etc.

Mais les merveilles exotériques de ces génies ne peuvent même pas donner une faible idée des miracles dé science et d’art que renfermaient les sanctuaires,

11 n’est pas jusqu’aux chemins de fer qui n’aicnl été employés quand cela était nécessaire.

Des rails ont été retrouvés, non seulement à Ëleusis et en Égypte , mais tout un système de locomotion analogue au nôtre se laisse également voir dans les livres chinois, qui traitent de cér||ines sciences, et cela jusqu’à l’époque de la construction de la grande muraille.

J’aurais également bien des choses à dire sur la télé- graphie antique, qui tenait du prodige, quoique aussi naturelle que notre téléphonie, mais je ne puis outrepasser les limites que m’impose ce chapitre.

L’anthropologie, c^ui existe chez nous depuis vingt ans I peine, était parfaitement connue dans les templps d’Europe,, et surtout dans jçoux d’Asie et d’Afrique.

JLès ésaotuai^^ d’Asie comptent cinq superp<^itimis

<lé terrains neptuniens de plus que nous,* et ont des sqûelettes d’hommes géants.

Il n’est pas jusqu’à Lucrèce, écho des templés ioniens, qui ne mentionne, en quatre vers, l’aiithrbpologie. De

Maillai ongles, dents ; tel fut le premier arsenal.

Puis vint la pierre, et Tarbre aussi fournit ses branches.

Ensuite, on se saisit des métaux : fer, airain, fér ne fut pourtant connu qu’aprés le bronae.

Que serait-ce, si Je pouvais parler ici des autres sciences humaines, depuis l’anatomie et la physiologie jusqu’à la psychurgie, et des sciences divines, depuis l’ontologie jusqu’à la cosmogonie et à la théogpnie !

Mais je dois prendre la moyenne des lecteurs européens dans l’atmosphère mentale où elle se trouve, et, si je la conduisais trop vite dans d’autres orbes intellectuels, elle s’y sentirait tout d’abord si étrangère, qu’elle refuserait d’admettre que la Science puisse se confondre à ce point avec la Vérité divine et avec la Vie univer-

Je fais donc toutes mes réserves sur le côté ésotérique de l’ancienne Synthèse, sur celui du moins qui correspond au plein exercice de facultés intellectuelles, morales et biologiques, atrophiées ou en sommeil chez mes contemporains.

Maintenant, à quelle antiquité réelle pouvons-nous remonter historiquement, pour y surprendre une civilisation complète, armée de l’ensemble de sciences et d’arts que j’ai laissé entrevoir, i Ce n’est évidemment pas aux théologiens que nous pouvons le demander, car, faute de comprendre la signi- ücation qualitative de la science d^ Nombres, telle

que l’appliquait Moïse, il n’est pas d’elitàrts qu’ils n’àient faits, pour attaquer sa pqnsée, en défendant là piètre idée qu’ils s’en* faisaient.

.Bien plus,îignorante démagogie des premiers Conciles jointe à l’arbitraire impérial, ayant imposé aux Pères de l’Église, même les plus instruits, la médiocrité du vulgaire, imprima à toute la dogmatique un cachet absolument primaire, qui rend la Vérité judéo-chrétienne bien difficile à dégager et à concilier avec l’üniversalité des choses humaines et divines.

Le sacerdoce juif, depuis Babylone notamment, et, avant la captivité, depuis l’institution de la royauté, était tombé dans les mêmes errements; mais, au moins, le corps des initiés laïques et des nazaréens, d’où sortirent les prophètes, conserva quand même, plus ou moins nettement, la Tradition orale.

Pourtant, loin d’avoir recours à cette Autorité, l’orgueil sacerdotal, chez les Chrétiens comme chez les Juifs, en poursuivit presque toujours l’anéantissement; de sorte que l’apparent indifférentisme des sciences actuelles à lli scolastique théologique est le point d’appui le plus sain et le plus .sérieux qui puisse permettre de rétablir le véritable esprit ésotérique des Testaments.

D'ans cejtte position intellectuelle et morale, si singulière, si difficile à observer sans sortir du Vrai absolu, je prie le lecteur d’avoir bien présent à la pensée que, plus je professe de respect pour Moïse, de vénération pour Jésus-Christ, plus je regarde la. mission de leurs héritiers sacerdotaux comme valable, si son esprit leur est rendu, plus aussi je me sens le devoir d’éliminer à la ffiee de l’opinion et de la conscience publiques tout ce qui empêche la vraie pensée des deux Testateurs d’appa-

raUre danë sa réelle lumière^ et de porter tons ses divi&$ fruits intellectuels et sociaux. .

Les ai’guties, les mesquineries, les préjugés, les erreurs, l’exclusivisme, l'orgueilleux sectarisme des talmudistes ou des théologiens chrétiens, ne prouvent rien contre l’absolue Vérité de la Mission de Moïse et de Jésus -Christ, ni contre les écrits ou les paroles authentiques de ces divins Missionnaires, ni contre leur Religion, ni contre leurs cultes, ni contre leurs sacerdoces eux-mêmes. * •

Toutes ces fautes sont choses humaines, et que l’ignol ance rend excusables et pardonnables.

Mais, comme toutes les sciences, dont le monde laïque est aujourd’hui armé, permettent de rétablir Je c^jamp total des vérités, les théologiens officiels, comme les talmudistes, ne peuvent plus désormais pécher par ignorance, mais par paresse, par orgueil et par mauvaise

Mais qu’ils n’oublient pas que le prêtre à l’autel n’est que ,1e représentant symbolique du consentement de l’Ëtat Social à ses Principes de fondation, et que si, se retournant vers la foule, il lui appartient de dire f Que le Seigneur soit avec vous I il appartient également à la société laïque d’être la gardienne du Saint Esprit, et de répondre au prêtre : Que le Seigneur soit avec ton esprit 1

Tout est vrai dans l’organisme des religions, si l’on sait le comprendre, et s’en souvenir à temps.

L’heure actuelle du monde judéo-chrétien est extrêmement grave, et peut conduire les saceixloces soit, s’ils pqfsévèrent dans leurs errements, ju blasphème contre le Saint Esprit qui est la Vérité même et la Sagesse de la Science, soit, s’ils forit l’effort yitelleotUel et moral

que ia Ï*n»yi4enëe réclame d’eux, à rentrer dans toute là' saiàteté de lèür râle auguate, dans toute la puissance d’Autorité' sociale que Moïse et Jésus -Christ, appuyés sur la pensée et la conscience dé leurs Sociétés laïques, peuvent rendre à leurs prêtres avec le Saint Esprit, qui est aussi l’Esprit Social.

Je me verrai dénc forcé de parler fortement aux théo^ lojglens, de frapper, pour les briser, leurs fausses caté- gories mentales.

Mais qu’on ne s’y trompe pas dans le camp -sectaire de la critique irréligieuse : ce n’est pas en ennemi, mais e» thérapeute de rintelligence, ce n’est pas pour tuer, n^is.pour vivifier, que j’emploierai les armes du Verbe Eternel.

Je ferai mon devoir entièrement et sans autre crainte que celle de Dieu ; mais une fois qu’il sera fait, le mondé ecclésiastique de toute la Chrétienté aura à faire le sien, sous peine d’encourir les plus graves rf|ponsabilités vis-S'-vis du Christ et de la Constitution divine de 1‘Univers, dont Moïse nous a transmis l’Histoire sacrée.

Le fameux non posmmitt a sa raison d’être, tant que la Chrétienté laïque tout entière, faute de refaire sa Synthèse intellectuelle et sociale dans la lumière réelle de Moïse et de Jésus-Christ, ne répond pas à toutes ses cléricatures à la fois : Scimus, summ, pouutnus, volûmus.

Mais, line fois cette réponse faite religieusement et scientifiquement, alors, c’est à ceux qui tiennent lèé clefs de l’Église à ouvrir leurs armoires sacrées, et à y énférraer, pour réli|ver officiellement jusqu’à Dieu, ^e vin delà grande veiidàngè, le pain de la grande moisson. ,

J’ai a^z analysé, dans les deux müsion» précédentes^

toutes les caus<^ du non possumm, non seulement de l’ancienue papauté, mais de tous les sacerdoces chré^ tiens, nUn seulement d’une église politique, mais de toute$ les é^li|es politiques, non seulement de l’Ordre sacerdotal régulièrement et apostoliquement constitué, mais aussi de tout le désordre laïque, dissocié intelleç- tuellemefit et pratiquement i et c’est dans le mal môme, et par ses causes, que j’ai signalé la possibilité du bien et ses prrneipes.

Dans ,1e présent livre, on verra que je n’ai pas parlé de moi-même, que je n’ai rien inventé, et que le Règne de Dieu, la Synarchie trinitaire et son Alliance Universelle ne sont pas seulement la Promesse du Judéo- Christianisme, mais qu’ils ont existé à l’état de fait sbcial, dans une civilisation antérieure à la fondation de l’Em? pire arbitraire, caractérisé sous le nom de Nemrod.

Revenons à l'antiquité de cette Civilisation.

Il est partout d’honorables exceptions; mais, en masse, lu enduite des théologiens chrétiens ù l’égard de toutes les sociétés religieuses, de tous les monuments jheocratiques, en apparence étrangers à Moïse et à Jésus, a été aussi sectaire, aussi païenne, aussi barbare que possible.

S’ils l’avaient pu, ils eussent anéanti tous ces témoignages.

Cette fureur de destruction n’est nullement religieuse, comme. on l’a dit, mais exactement le contraire; elle est l’esprit même de l’ignorance et de son fruit, la Politique arbitraire.

Cet esprit de domination sectaire inspira presque toSs les pcnples nouveaux, depuis le nouvel empire baby- ^mqn symbolisé sens le nom de Nemrod.

Rome, derniér rejeton de cet empire arbitraire', passa son temp^ à démarquer l’Histoire religieuse et soeialé des natioqs antérieures'.

£n bl avant Jésus-Christ, nous voyons ^ncore flambm'. Iç* Bruckion, qui renfermait sept cent mille volumes, la plupart égyptiens.

' C’est ce même esprit, et nullement le Christianisme, qui inspira la destruction des encyclopédies gnostiques.

• C’est cette même manie de domination ignare et brutale qui arma de la torche les moines en Irlande, et leur fit brûler dix mille manuscrits en caractères runiques sur écorce de bouleau, renfermant les traditions et les annales de la race celtique, autochtone de notre Continent.

En* Espagne, en France, en Allemagne, en Italie, c’est par charretées qu’on conduisait au bûcher les manuscrits arabes ou hébraïques.

Un évêque prétendit môme, dans un des conciles de Tolède, que la Vulgate de saint Jérôme devait être considérée comme Jésus-Christ en personne entre les deux larrons : la version des Septante et le texte hébreu de Moïsç.

A la fin du siècle dernier, la même furqur de tout brûler atteignit encore toute une bibliothèque hiéroglyphique, renfermant peut-être d’augustes monuments de l’antique Science égyptienne et de l’ancienne Alliance Universelle.

Dans le petit port égyptien d’Ouardan, le Révérend Père Sicard fit un autodafé avec des tas d’anciens papyrus, sous prétexte que, du moment qu’il ne les comprenait pas, c’étaient, évidemment, des livres de magie inspirés par le Diable.

Savary rapporte le fait dans ses Ze^m sur VÉgyfMh mais laissons parler le Révérend Père Sicard lui-même :

r donna avis qu’il y avait dans ce village un

(^leiubier rempli de papyrus couverts de oaraetèrès •magiques, achetés à quelques religieux cophtqs et schis- HKitiquea. sans résistance l’usage qup j'en devais

ilaire, et je plantai à leur place une croix de Jérusalem que les Cophtes révèrent avec beaucoup de dévotion. »

Cette confession du Révérend Ji^r lui-même se trouve dans les Lettres édifiantes, p. 55^.

Je pourrais multiplier à l’inÇini les exemples de celte

nature; mais j’en suis écœuré, et d’autres que moi

se sont chargés, et se chargeront encore de cette triste besogne.

S’agit-il des Livres sacrés des Indiens?

Nos païens chrétiens se croient pieusement' obligés à défigur,er l’antiquité vénérable de ces documents, à les. barbouiller de subterfuges enfantins, pour se dérober à ce passé, qui pourrait, seul, rendre à la pensée de Moïse sa scientifique grandeur, à sa Mission et à celle de Jésus leurs motifs universels.

S’agit-il de l’Égypte ?

Platon initié à ses mystères a beau nous dire .que, dix mille ans avant Ménès, a existé une Civilisation complète, dont il a eu les preuves sous les yeux.

Hérodote a beau nous affirmer le même fait, tout en ajoutant, lorsqu’il s’agit d’Osiris, le Dieu de l’ancienne Synthèse et de Pancienne Alliance Universelle, que des serments scellent ses lèvres, , et qu’il tremble de dire roqt.

Diodorl a beau nous certifier qu’il tient des prêtres d’Égypte que, bien avant Ménès, ils ont les preuves d’un État 'Social complet, ayant duré jusqu’à Horus dix-huit

; Mmiéthpn, prêtre égyptien, a beau noUs tracer, rien

qu’à partir du seul Ménès, une chronologie © 0 |iscîoiiiciéuse, p^^oûs reportant à six mille huit cent quatre* ving^hmis ans en arrière de la présente année.

Il a beau nous prévenir qu’avant ce souverain, ;|îcé^ i^i indien, plusieurs cycles immenses de civilisation s’étaient succédé sur la Terre et en Égypte même. ;

'Tous ces augustes témoignages , auxquels oh peut ajouter ceux de ,Bérose et toutes les bibliothèques de i;jnâe, du Thibet et de la Chine, sont nuis et non avenus pour le déplorable esprit de sectarisme et d'obscurantisme, qui prend le masque de la théologie.

Il n’est pas de flots d’encre, de bile, de sang, que ce pédagogisme ténébreux n’ait dépensés, pour que l’erreur prévalût, pas de tyrannie violente dont il n’ait usé, pour que "les ténèbres anéantissent toute lumière dans le passé, et, par conséquent, dans le présent et dans l’avenir.

Or, l’Université laïque a démarqué ces méthodes, sans les modifier; et c’est encore, d’un bout de l’Europe à l’autre, la chronologie des Septante, de saint Jérôme et d’üssérius, qui sert de base aux Enseignements primaire et secondaire.

Que faire ‘1 brûler tous les livres de l’Enseignement , sûpérieur? Les Védas, les Pouranas, les Rings, les Papyrus, les Stèles, les livres grecs? anéantir tous les travaux de philologie, d’archéologie, d’anthropologie?

A cette idée la moyenne très éclairée des hommes d’église et des civilisés laïques protestera Ivec une juste indignation.

Mais alors, il faut conclure à quelque chose ; et ce livre pas d’autre but que de prouver qu’en peut et qu'bn ddit le faire.

On ne peut plus enseigner que TUnivers n six mille ansif on ne peut plus porter cet enfantillage primaire à l’ac^f de Moïse, quand on trouvé dans les livres sacrés del’Ipde que le septième Menou , le septième Cycle interdilùvien, au dernier millénaire duquel nous arrivons; nous reporte à quarante siècles avant cette date.

. Vingt siècles avant ces six mille ans, le dernier souverain noir des Indes, le Rawhon Daçaratha, l’empereur indien dont les Pha-Rawhons d’Égypte, de Perse, dé Phénicie, de Tauride, n’étaient que les vice-rois, Daçaratha, dis-je, détrôné par Rama, le chef de l’immigration celtique, venue de l’Europe occidentale, était le cinquante-cinquième monarque solaire depuis Iksliaukou, premier colonisateur rouge des Indes.

A cette époque, on trouve ce souverain à la tête d'une immense civilisation remontant à près de six cents’ siècles avant la date prétendue biblique de la Création ; et l’on voit les chefs couronnés des deux Ordres sociaux, installés, huit mille cinq cents ans en arrière du moment où j’écris ces lignes, dans des villes colossales ; Ayodhia, métropole de la dynastie solaire, et dont le diamètre était de soixante kilomètres, Pratishtana, siège de la dynastie lunaire, et bâtie à l’avenant.

Un fait certain, c’est que, dans ce Cycle de civilisation, rUnité du Genre Humain dans l’Univers, l’Unité de l’ün^- vers en Dieu, l’Unité de Dieu en Lui-Même, étaient enseignées non comme une superstition primaire, obscure et obscurantiste, mais comme le couronnement lumineux, éblouissait, d’une quadruple hiérarchie de sciences, animant un culte biologique, dont le Sabéisme était la forme.

Le nom du Dieu suprême de ce Cycle, Iswara, Époux, de la Sagesse*vivante, de la Nature naturante, Pracriti, est le même que Moïse tirera, près de cinquante siècles

ensuite, de la Tradition kaldéenne des Àbramides et des sanctuaites de Thèbes, pour en faire le symbole cyclique de son mouvement : Iswara-El, ou, par contraction, Israël, Intelligence ou Esprit royal de Dieu.

. Gomme du feu sous la cendre, les étincelles du grand foyer de l’ancienne Alliance Universitaire, de l’ancienne civilisation anté^abramide et prémoïsiaque, subsistent encore, plus ou moins oblitérées dans la pensée des prêtres J)rahraanistes, thibélains, bouddhistes, comme dans celle des Guèbres, des lettrés chinois, dps sacerdotes japonais, des shamans tartares, etc.

Or, par l’Enseignement supérieur, toute cette intellectualité, avec ses monuments sacrés, est entrée dans •l’entendement de la Chrétienté, et doit forcément s’y classer.

Ce classement n’intéresse pas seulement la nécrographie chronologique, décorée du nom d’Histoire, mais aussi la théologie comparée, et, par elle, la Théodoxie universelle et la Sociologie générale.

De deux choses l’une, ou le Christianisme est capable de supporter et de synthétiser scientifiquement ce déluge de l’ancienne intellectualité, ou il doit forcément s’y noyer.

Tout ée livre n’a pas d’autre but que de prouver que Tésotérisme intellectuel et social du Judéo-Christianisme est, tout justement, le prolongement, l’accomplissement de toute la Tradition théosophique antérieure, dont les deux Testaments nous ont faits légataires.

Il viendra un temps où de nouveaux missionnaires judéo-chrétiens rétabliront une parfaite communion de science et d’amour avec tous les autres centres religieux de la Terre.

Mais, jusqu’à présent, notre civilisation, loin d’être en rapport avec l’intelligence et avec l’âme de ses sœurs aînées, les a perpétuellement assombries et désolées, sans comprendre leur piété profonde pour l’ancien Cycle humain, pour l’ancien Règne de Dieu, dont elles attendent pourtant la reconstitution.

Mieux informés que les Européens sirr la Science d.es choses divines et humaines, moins ignorants qu’eux de l’Histoire réelle du Monde, leS Sages asiatiques, qui se rattachant, d’une manière plus ou moins consciente, à l’ancien Cycle, n’admettront jamais notre exotérisme judéo-chrétien , tel que nos missionnaires le leur pré- sentent, ni , entre autres choses, sa chronologie, que Jésus eût détruite d’un sourire. Moïse d’un froncement de sourcils, les Abramides d’un haussement d’épaules.

Les initiateurs et les initiés asiatiques admettront-ils plus facilement notre esprit scientifique, qu’ils croient en opposition diamétrale avec notre ignorantisme religieux?

Pas davantage, si, à la phase de l’analyse, nous ne faisons pas succéder celle d’une synthèse loyale, et scientifiquen^ent valable , c’est-à-dire rigoureusemeliit religieuse. ,

Pour les hommes de grande valeur, dont je parle, «t qui inspirent et inspireront de plus en plus des Sociétés différentes de la nôtre, et dont les peuples se chiffrent par près d’un milliard d’âmes, savoir signifie prier, s’associer avec amour et avec sagesse à la Yie univer-

Or, notre esprit scientifique actuel leur apparaît marqué d’un caractère bestial» et non humain, ni encore moins divint

Oui, c’est 4a Bêle, qu’ils y voient, blasphémant, dissociant avec haine et avec folie les membres de l’Humanité, usant et détruisant, comme à plaisir, toutes les énergies des 'peuples, toutes lesf forces de la Planète.

'C’est le Destin le plus farouche, et non la Providence, qui leur apparaît sur le trône de nos souverainetés, sous la palme de nos savants officiels, sous le frac de notre diplomatie, derrière l’épée de nos hommes de guerre, derrière le comptoir de nos financiers, dans le papier de nos emprunts d’État, 'dans le Moloch industriel que desservent nos ingénieurs. <

Non séulement l’Europe leur crie, par sa Constitution diplomatico-militaire, qu’elle est armée pour sa propre destrpction et pour la leur, mais toute son organisation hurle à la Planète tout entière les symboles de son universel anéantissement.

Les respectables Sages, les hommes religieux, profondément instruits, non seulement dans leurs anciennes sciences, mais dans celles de nos propres Universités, les initiateurs et les initiés dont je parle, ne se bornent pa^ à voir ces choses, ni à les dire entre eux; mais ils les écrivent, sous une forme aussi modérée que motivée, aux Européens, qui savent mériter leur confiance.

Pour ma part, ne leur ayant demandé et ne leur devant aucune initiation, je me réserve de leur parler un jour dans l’esprit fraternel, qui m’anime à leur égard.

Je sais tout ce qu’on peut dire des formes et des apparences de notre Judéo-Christianisme et de son té- moignage social, qui est la Judéo-Chrétienté.

Mais qu’on n’oublie pas dans les sanctuaires de l’Asie que notre monde européen est en travail pour tout le reste de la Terre, et que la conclusion de ce travail

sera, malgré les apparences, et est en Principe, dans rÉsotérisme de notre Tradition religieuse, la transfiguration de l’ancien Cycle et de l’ancienne Alliance univer-

Qu’on n’oublie pas que toutes les prophéties du monde annoncent à tous les peuples que leur résurrection nationale, leur salut social, la reconstitution de l’ancienne Alliance et de l’ancienne Paix universelles, viendra de l’Occident européen, de la Varaha, l’ancienne terre des Celtes Varaighes, la* vieille Mère de la Race blanche^ encore en travail douloureux, et cela, par le triomphe de la Tradition judéo-chrétienne, débarrassée de ses voiles, et accomplissant pour le Genre Humain tout entier sa Promesse divine, en reconstituant les, trois Pouvoirs sociaux, auxquels j’ai donné le nom de Synarchie.

Tel est le but providentiel, auquel tend, d’une manière rigoureusement positive, notre Judéo-Chrétienté, malgré les contradictions apparentes et l’impuissance momentanée de ses seules et véritables Autorités, qui sont les Corps Enseignants, religieux et civils.

La pesée politique , ou , si l’on veut, la balance de ces contradictions mentales, se fait, en effet, en Occident, tant dans l’ordre civil que dans l’ordre économique.

Le résultat, je le sais, semble devoir être de plus en plus marqué du caractère de l’Anarchie et de toutes les ruines qui en sont l’explication.

Mais, si l’apparence est telle, tant que l’exotérisme des deux Testaments étouffe leurs réserves organiques, la.réalité changera singulièrement d’aspect, du jour, où, dans la pleine lumière de la Science et de la Conscience modernes, l’Intellectualité de Moïse et de Jésus, ainsi

que le but social, très positif, qu’ils se sont proposé, seront enfui définis, en les interrogeant directement.

Ce livre, je l’espère, sera Vültimum Orgamm, l’or- -gane définitif, grâce auquel tout penseur et tout croyant dignes de ce nom arriveront aux mêmes conclusions syntHéfiques, synarchiques, universelles que moi.

Pour le moment, Je dois indiquer que l’antique Sagesse, l’antique Science des choses divines et humaines a, non seulement existé dans les anciens Cycles de Civilisation, dont Moïse et Jésus nous ont restitué ^es plus purs rayons intellectuels et sociaux, mais, qu’à l’heure actuelle, de vénérables Communions humaines, anté- rieures aux nôtres, gardent encore de ce passé lumineux une somme assez respectable de traditions ésotériques, positives.

C’est en Asie, et particulièrement dans les Indes, dans le Thibet et en Chine, que se mesurent et s’observent l’Esprit de la Science antique et le rationalisme scientiforme, ignorantin et dédaigneux des Européens, tatoué d’un Judéo-Christianisme plus que superficiel.

Quoique libre d’aller au fond de certaines choses, je veux rester dans la moyenne des informations, que tout homme d’étude peut acquérir, s’il le veut.

C’est ainsi que je laisserai la parole aux personnages de l’Himalaya, qui, sous un nom d’initiation, KootHoomi Lal Sing, nom moitié thibétain, moitié indien, ont autorisé certains de leurs correspondants anglais, M. Sinnett, entre autres, à publier de leurs lettres ce qu’il leur semblerait opportun de faire connaître.

Sinnett, Occult World, p. 85-95. London, Trubner et

« Je , profite, cher Monsieur, de mes premiers moments

« de loisir pour répondre formellement à votre lettre du « 17 dernier, en vous rendant compte des résultats de « ma conférence avec nos chefs, au sujet de la proposi- « tion que vous me faites dans cette lettre,- et en don- « nant en même temps satisfaction à. toutes vos ques- « tions. J’ai d’abord à vous remercier de la part « toute la section de notre affiliation qui, tout particu- « lièrement intéressée à la prospérité .de l’Inde, vous A exprime sa gratitude pour votre offre de secours, « dont l’importance et la sincérité ne peuvent êjre mises « en doute.

« Poursuivant notre filiation ésotérique à travers les « vicissitudes de la civilisation indienne depuis, un « passé bien éloigné, nous avons pour notre patrie un « amour si profond, si passionné, qu’il a survécu même « à l’influence généralisatrice, cosmopolisante (pardon-! « nez-moi, si ce mot n’est pas anglais) de nos études des « lois secrètes de la Nature.

a Je ressens donc, comme tout autre Indien patriote, « la plus profonde gratitude de chaque parole, de « chaque action bienveillante pour l’Inde. Aussi, soyez « sûr que, convaincus comme nous le sommes tous*, que « la décadence de l’Inde est due en grande partie à « l’étouffement de son ancien esprit, et que le seul re- « cours en grâce qui puisse la redresser dans son ante cienne altitude intellectuelle et morale doit être cher- « ché dans cette âme, dans cette force de régénération « nationale, soyez sûr, dis-je, que chacun de nous se- « rait disposé, tout naturellement et sans se faire prier, a à développer une société comme celle dont nous dis- « cutons maintenant le programme.

, « Cette bonne disposition serait absolue, si cette so- « ciété projetée ne devait être entachée d’aucun mobile « égoïste, si son objet réel était de ressusciter la Science

« antique, .et de tendre à réhabiliter notre pays aux yeux « du Mofade entier.

« Croyez cela, cher Monsieur, ^ans plus amples pro- « testations.

• « Mais vous savez, comme tout homme qui a lu l’flistoire, que les patriotes ont beau sentir leur cœur «■ éclater d’émotion, si les circonstances sont contre eux. « Il est arrivé rbien souvent qu’aucune puissance hu- « maine, pas même la furie et la force du patriotisme te « plus passionné, n’a été capable de détourner une des- « tinée de fer de sa course marquée; et comme des « torches plongées dans l’eau, les nations se sont en- « gouffrées dans les ténèbres de la ruine.

« C’est pourquoi, nous, qui avons le sentiment de la « chute de notre pays, bien que nous n’ayons pas le pouce voir de le relever d’un coup de bride, nous ne pouvons « pas agir comme nous le voudrions, soit dans les af- « faires générales de ce Monde, soit dans l’affaire parce ticulière, qui est le sujet de cette lettre.

ce Nous sommes prêts, mais nous ne sommes pas aucc torisés à répondre à vos avances autrement qu’en faicc saut la moitié du chemin, et force nous est de dire ce que l’idée caressée par M. Sinnett et par vous-même cc est en partie impraticable.

cc En un mot, pour moi comme pour n’importe quel cc frère de notre association, et même pour un néophyte cc avancé, il est impossible d’être désigné et délégué, cc comme intelligence dirigeante, comme chef de la cc branche anglo-indienne de ce genre d’études.

cc Nous savons que ce serait une bonne chose que, vous cc et un nombre choisi de vos collègues, reçussiez régucc lièrement une instruction et une démonstration expé- cc rimentales des phénomènes de cet ordre et de leurs cc lois.

« Car, dût la conviction ne se faire qu’en vous et « en quelques personnes, ce serait pourtant un profit cc assuré que d’enrôler, comme étudiants, dans nos face cultés de psychologie asiatique, quelques Anglais peu cc nombreux, mais représentant une élite.

cc Nous savons tout cela’ et bien d’autres choses e^vc<r core. Aussi ne refusons-nous pas de correspondre avéc cc vous, et de vous aider autrement de .différentes mait nières.

cc Mais ce que nous refusons, c’est de prendre sur cc nous «ucune autre responsabilité que cette correscc pondance périodique, que cette assistance de nos cc conseils, et, quand l’occasion s’en présentera, que de cc vous donner à distance des preuves assez tangibles, cc assez visibles parfois, pour que vous soyez convaincus cc de notre présence et de notre intérêt.

cc Quant à vous guider, nous ne voulons pas y concc sentir, quelque capables que nous puissions être de cc vous diriger.

cc Nous ne pouvons vous promettre qu’une chose, c’est cc de vous donner la pleine mesure de vos lacunes.

cc Méritez beaucoup, et nous saurons nous montrer cc d’honnêtes débiteurs, peu, et vous n’aUrez à attendre ce qu’un retour proportionnel.

cc Ce que je vous dis n’est pas un simple texte cc pris du cahier d’un écolier, quoiqu’il en puisse cc sembler ainsi, mais l’arrêté même de la loi de noce tre Ordre, et nous ne pouvons transgresser celte cc loi.

cc Entièrement dégagés des modes de pensée et d’accc lion des Occidentaux, et spécialement des Anglais, si cc ^ous nous fusionnions dans une organisation de ce cc genre, vous sentiriez toutes vos habitudes, toutes vos cc traditions s’écrouler à chaque instant, si ce n’est sous

« vos aspications nouvelles, du moins sous les condi- « lions de leur réalisation, telles que nous vous les « aurions suggérées.

, « Vous n'obtiendriez pas parmi les vôtres de consen-

tement unanime à aller aussi loin que vous pourriez

le faire personnellement. •

« J’ai demandé à M. Sinnett de tracer un plan donnant « un corps à vos idées, et qui pût être soumis à nos « chefs : cette voie m’a semblé la plus courte pour arrivéb a à un agrément mutuel.

« Sous notre direction, votre branche ne pourrait pas « vivre, car vous n’êtes pas des hommes susceptibles a d’être, en quoi que ce soit, guidés dans ce sens.

a Aussi une telle société serait -elle une naissance « prématurée, vouée à la mort, et paraîtrait-elle aussi ■« incongrue qu’un attelage à la Daumont traîné à Paris « par des yacks indiens.

« Vous nous demandez de vous enseigner la vraie « science, l’endroit inconnu de l’envers connu de la « nature, et vous croyez la réponse aussi facile que la « demande.

« Vous ne semblez pas vous faire une idée exacte des « effrayantes difficultés qu’il y aurait à communiquer, « même les plus simples éléments de notre science, à « ceux qui ont été pétris cérébralemenl dans le moule « des méthodes familières à vos sciences à vous, Occi- « dentaux.

« Vous ne voyez pas que, plus vous vous croyez instruits « dans les unes, moins vous êtes capables de comprendre

« £n effet, un homme ne peut penser que selon la « réceptivité de ses catégories et, à moins qu’il n'ait le « courage de les remplir et de s’en ouvrir de nouvelles,

«( U doit forcément suivre ses vieux errements.

« Permettez-m’en quelques exemples.

« En conformité avec vos sciences, vous né recon- « naîtriez qu’une seule énergie cosmique.

a Vous ne verriez aucune différence entre la forcp « vitale, dépensée par un voyageur, qui bat les buissons a sur son chemin, et le même équivalent dynamique/

« ■ employé par un savant à mettre un pendule en mou- « vement.

« Nous savons faire cette différence ; nous savons qu’il « y a un abîme entre ces deux hommes.

« L’uiP dissipe et gaspille sa force, sans aucun profit,

« l’autre la concentre et l’emmagasine ; et ici, veuillez a bien comprendre que je ne considère nullement l’uti- « lité relative de nos deux hommes, comme pu ppur- « rait le supposer.

« Je tiens seulement compte de ce fait que, dans le' « premier cas, il y a simplement émission de force irré- « fléchie, sans que cette dernière soit volontairement « transformée en une forme plus haute d’énergie men- « taie; et, dans l’autre cas, c’est justement le contraire « qui a lieu.

« N’allez pas me prendre cependant pour un riëbu- « leux métaphysicien , car voici l’idée que je désire « formuler.

« Quand un cerveau travaille d’une manière vérita- <c blement scientifique, la conséquence de sa plus haute « activité intellectuelle est le développement, l’évocation a d’une forme sublimée de l’énergie mentale, et cette « dernière peut produire dans l’activité cosmique des cc résultats illimités.

« D’autre part, le cerveau qui, sous l’influence d’une « science purement mnémotechnique, ne sait pas créer,

« et n’agit que d’une manière automatique, ne détient « ou n’accumule en lui-même qu’un certain équivalent

« d’énergie brute, qui est improductive, soit pour l’indi- « vidu, "soit pour l’Humanité.

« La cervelle humaine est un générateur inépuisable « d’une force cosmique de la qualité la plus délicate, et « supérieure à toutes les énergies brutales de la nature % physique.

« L’adepte complet est un centre de rayonnement, d’où « s’irradient des puissances, des potentialités qui, de « corrélations en corrélations, plongent jusque dans les « cycles des temps à venir.

« Voilà la clef du mystère de la propriété q\ï'a le cer- « veau humain de projeter et de rendre sensibles, dans « le monde visible, les formes que sa puissance créatrice « a généj’ées, et fait surgir des éléments du monde invi- « sible.

« L’adepte ne crée rien de nouveau, mais il utilise, « il met en œuvre les matériaux que la nature a amassés « autour de lui, et qui, pendant des éternités, ont revêtu « toutes les formes possibles.

« Il ’n’a qu’à choisir ce qu’il lui faut, et à donner à « sa pensée l’existence objective.

« Vos savants occidentaux prendraient certainement « tout ce qui précède pour un rêve d’halluciné.

« Vous dites qu’il y a peu de branches de la science « qui ne vous soient plus ou moins familières, et que « vous croyez faire un certain bien, grâce aux capacités « qu’ont pu vous faire acquérir de longues années a d’études.

a Sans doute ; mais voulez-vous me permettre de vous « esquisser encore plus clairement la différence entre « les procédés de vos sciences appelées exactes, quoique « bien souvent par pure politesse, et les méthodes (ües « nôtres?

« Ces dernières, comme vous le savez, repoussent le

« Tulgaire et toute vérification devant des assemblées a mixtes : aussi, M. Tyndall les range-t-il parmi les fic- « tions de la poésie* ce qui indiquerait que la science « des choses physiques est condamnée sans appel à une « prose absolue.

« Parmi nous, pauvres philanthropes inconnus, au- «.cun phénomène d’aucune de ces sciences n’est inté- « ressant que par rapport à sa capacité de produire « des effets moraux, qu’en raison directe de son utilité « humaine. .

« Or, qji’y a-t-il de plus entièrement indifférent à tous' « et à tout, de moins nécessaire à qui et à quoi que « ce soit, si ce n’est à d’égoïstes recherches pour son « propre avancement, que cette science matérialiste des « faits, dans son isolement dédaigneux de tout ée qu’elle «ignore?

« Je vous demande ce que les lois de Faraday, de « Tyndall et de bien d’autres ont à faire avec la phi- M lanthropie, dans leur abstraction de toute relativité « avec le genre humain considéré comme un tout intel- « ligent?

« Quel, souci ont-elles de l’homnie, de l’atome isolé du « grand tout et de la grande harmonie?

« Quand, parfois, elles sont pour lui d’une utilité plus « ou moins pratique, n’est-ce point par hasard ?

« Dans votre credo occidental, l’énergie cosmique est « chose éternelle et incessante; la matière est indestruc- « tible ; et vos faits scientifiques sont cloués sur cette « borne.

« En douter, c’est être traité d’ignorant; le nier, c’est « passer pour un bigot, pour un dangereux lunatique; « prétendre perfectionner un pareil credo, c’est s’expo- « ser à l’épithète d’impertinent, d’outrecuidant, si ce « n’est de charlatan.

« Pourtant, toute cette nomenclature de faits scienti- « fîquea n’a jamais pu fournir aux expérimentateurs « une seule preuve que, dans sa mystérieuse conscience, « la nature préfère que la matière soit plus destruc- « tible sous la forme organique que sous la forme in- « organique.

« Aucun fait matériel et matériellement observé n’a (c jamais pu infirmer que cette même nature travaille « lentement, mais incessamment, vers l’apparition de « la vie consciente, dont la matière inerte n’est que le

« De là, la profonde ignorance de vos hommes de « science, au sujet de la dispersion et de la concentraet tion de l’énergie cosmique sous des aspects hyperphy- « sîques; de là, leurs divisions au sujet des théories de . « Darwin; de là, leur incertitude relativement au deg?é « de vie consciente, renfermée dans les éléments, dans « les états distincts de la substance; de là, nécessaire- « ment, le dédain suffisant de toute insuffisance pour « tout phénomène qui se permet de ne pas appartenir à « leur classification, et pour la seule idée que des « mondes de forces semi-intellectuelles et, a fortiori, « intelligentes, sont à l’œuvre dans les hauteurs et dans « les profondeurs cachées de la nature.

« Passons à un autre exemple.

« Nous, Orientaux, nous voyons une grande différence « entre les deux qualités de deux quantités égales d’é- « quivalents vitaux dépensés par deux hommes, dont « l’un, supposons, s’en va tranquillement à son travail « quotidien, et dont l’autre se dirige vers une station « de police, pour y dénoncer son semblable.

« Pour vos hommes de science, il n’y aura pas de (c différence.

« Nous en voyons encore une très grande, très spéci-

« fique, dans l’énergie du vent et dans celle d’une tur-

« Pourquoi? Parce que, dans Son évolution invisible, « toute pensée humaine passe dans l’endroit, dont « l’ordre physique est l’envers, et devient une entité « active, en s’associant, en s’unifiant avec un élément « particulier, c’est-à-dire avec une des forces semi-in- « tellectuelles des royaumes de la vie.

« Cette pensée survit comme une intelligence active, « comme une créature engendrée de l’ésprit, pendant a une période plus ou moins longue, et proportionnelle « à l’intensité de l’action cérébrale qui l’a générée.

« Ainsi, une bonne pensée se perpétue comme une « puissance active et bienfaisante, et une mauvaise « comme un pouvoir démoniaque et maléfique*.

^ « De sorte que l’homme peuple continuellement sa. « course dans l’espace, d’un monde à son image, rem- « pli des émanations de ses fantaisies, de ses désirs, de « ses impulsions et de ses passions.

« Mais, à son tour, ce milieu invisible de l’homme « réagit, par son seul contact, sur toute organisation « sensitive ou nerveuse, proportionnellement à sou in- « tensité dynamique.

« C’est ce que les bouddhistes appellent Shandba, les « Indous Karma.

« L’adepte crée sciemment ces formes ; les autres les « génèrent au hasard.

« L’adepte, pour réussir, et conserver son pouvoir, doit « demeurer dans la solitude et, plus ou moins, dans l’in- « térieur de sa propre âme.

« Il y a des choses que la science sensorielle perçoit « encore moins.

« L’industrieuse fourmi, l’active abeille, l’oiseau qui « bâtit son nid, accumulent, chacun dans son humble

degré, autant d’énergie cosmique dans ’une forme « spécifique, que Hayden, Platon ou un laboureur pous- « sant sa charrue, dans leurs actions spéciales.

« Mais le chasseur qui tue le gibier pour son plaisir ou son profit, ou le positiviste qui dépense sa menta- « lité à prouver que -tx + = — , gaspille et per(P • « l’énergie cosmique ni plus ni moins que le tigre des *« jungles bondissant sur sa prçie.

« Ce sont tous des voleurs qui frustrent la nature, âu c< lieu de l’enrichir, et .tous auront à lui rendre des « comptes, proportionnellement au degré de lejir intel- » lectualité.

« Vos sciences expérimentales n’opt rien à faire avec cc la moralité, la vertu, l’humanité ; c’est pourquoi elles « né peuvent pas compter sur notre secours, jusqu’à ce .« qu’elles rétablissent leur lien et leur alliance avec « l’ordre hyperphysique.

« Sèche classification de faits extérieurs à l’homme,

« de ténèbres extra humaines, existant avant, et devant « exister après lui, le domaine de leur utilité cesse pour « nous, à la frontière même de ces faits.

« X!ette science occidentale se soucie fort peu des sug- « gestions et des résultats, que peuvent entraîner pour cc l’humanité les accumulations méthodiques, ou non, cc des matériaux qu’elle remue. »

cc C’est pourquoi, comme notre sphère scientifique cc échappe entièrement à son domaine, et l’enveloppe cc d’aussi loin que l’orbe d’üranus entoure celui de la cc Terre, nous nous refusons à sortir de nos Ijgnes discc tinctives, et à nous laisser broyer, sous aucune des cc roues de l’engrenage occidental.

cc Pour ce genre de mentalité, la chaleur n’est qu’un « mode du mouvement, et le mouvement génère la cha- . cc leur; mais, pourquoi le mouvement mécanique d’une

«, KDttè %uMô«rne, a-Ul, dans l’ordre hypejrpbyslqüe, a une valeur plus haute que la chaleur, dans laquelle <c il se trausidj^e et s’absorbe graduellement?

« Vos sciences ont encore à le découvrir.

« La notion philosophique et transcendante, donc absurde, n’est-ce pas? des théosophes du moyen âge,.

« .que le progrès final du travail de l’humanité, aidé par « les incessantes découvertes de l’homn^e, aboutirait à « imiter l’énergie solaire et sa faculté comme premier « mobile, et qu’il en résulteraifinri procédé tirqnt de la « matièijp inorganique une transformation en aliments ; a nutritifs,' une telle idée est inadmissible pour la cer- «► velle de vos hompies de science. “ .

« Mais sf Je soleil, si le père et le grand nourricier de « notre système planétaire s’avisait de changer en gra- * « nit les poulets d’une basse-cour, d’une mànfère accès- • << sible à l’observation et à l’expérience, ces mêmes hommes de science l’accepteraient sabs doute comme « un fait scientifique, sans exprimer uft regret que ces « poulets, n’étant plus vivants, ne puissent plus nourrir « l’homme qui a faim.

« Mais qu’un shabéron, qu’un de nos frères traverse « les monts Himhlaya en temps de famine, qu’il multi- « plie des sacs de riz pour empêcher de périr des mul- « titudes humaines, comme il pourrait positivement le « faire, que diront vos magistrats et vos collecteurs « d’impôts? Ils le jetteront probablement en prison « pour fui faire avouer dans quel grenier il aura volé

< « Voilà votre science occidentale, voilà votre société « positive, pratiqué.

« Vous avez beau dire que vous êtes frappés de l’immense étendue de l’ignorance générale sur toutes « choses; vous avez beau définir si pertinemment cette

« ignoranpe érigée en science, et dire qu’eile ne repré- « sente'qu’une nomenclature grossièrement généralisée « de quelques faits palpables, qu’un jargon technique, « inventé par les hommes pour déguiser leur incapacité •« de connaître la réalité cachée derrière ces faits ; vous .« avez beau parler de votre foi dans les puissances « nies de la nature : vous vous contentez cependant de « dépenser votre vie dans un travail qui ne fait qu’aider « cette même science occidentale à engendrer les mêmes « résultats sociaux.

« De toutes vos nombreuses questions nons discu- « terons tout d’abord, s’il vous plaît, celle qui est rela- « tive à l’impuissance supposée, qu’aurait montrée la « fraternité des initiés, en ne laissant aucune trace dans « rhistoirp du monde.

« Avec leur réserve d’arts extraordinaires, ils auraient « dû, selon vous, réunir dans leurs écoles une partie « considérable îles esprits éclairés de toutes les races « humaines.

« Sur quelle base vous appuieriez-vous, pour croire « qu’ils ne l’ont pas fait? ^

«‘ Que savez-vous de leurs efforts, de leurs succès,

« ou de leurs insuccès? "

« Avez-vous des docks spéciaux pour emmagasiner des « données positives sur de telles choses?

c< Gomment votre société occidentale serait-elle ca- « pable de rassembler des preuves, relativement aux « faits et gestes d’hommes, qui ont mis tous leurs soins « à fermer hermétiquement toute porte possible, par « laquelle la curiosité pût les espionner?

« La première condition du succès de ces hommes a a a été de demeurer l’inconnu et l’imprévu.

(( Ce qu’ils ont fait, ils le savent, et ce que ceux du K monde extérieur à leur cercle ont pu apercevoir, n’a

« jamais été 'qü’iiti tésultàt^dmit la cause est demeurée « voilée aux yeux. ^

J, « Nous n’avons jamais prétendu pouvoir conduire « les nations prises en masse à tel ou tel apogée^ en « dépit du courant général des relations cosmiques du

•« Les cycles doivent aller jusqu’au bout de leurs

« Les périodes de lumière et de ténèbres se succèdent « dans l’ordre intellectuel et d&ns l’ordre moral, aussi. « bien que dans l’ordre physique.

« Les Yougs mineurs et majeurs doivent s’accomplir,

« conformément à l’ordre de choses établi; et nous, sur « les bords de la puissante marée du temps, ne.pouvons , « modifier et diriger quê quelques-uns de sesinoîndres/ « courants.

« Si nous avions les pouvoirs imaginaires du Dieu « personnel, tel que le vulgaire l'entend, si les lois « universelles, immuables, n’étaient que des hochets > nwc lesquels on pût jouer, alors, vraiment, nous « prions pu créer des conditions d’existence , qui a eussent fait de cette terre une Arcadie d’âmes 'suce mimes.

c< Mais nous avons affaire à une loi immuable, nous <c sommes nous-mêmes ses créatures, et nous devons « nous contenter de ce qui nous est accessible, et en c< être encore reconnaissants.

« Il y a eu des temps, où une partie considérable des « esprits éclairés, comme vous dites, a reçu l’enseignecc ment, l’initiation de nos écoles.

c< Ces temps ont existé dans l’Inde, en Perse, en « Egypte, etc.

« Mais, comme je l’ai indiqué dans une lettre à « M. Sinnett, l’adepte est l’oisèau rare, l’efflorescence

« suprême de son époqi|g, et ri y en a relativement peu « dans iin seul siècle.

« La terre est un champ de bataille, non seulement « pour les forces physiques, mais aussi pour les forces K morales; et les brutalités des passions animales, 4c aiguillonnées par les rudes énergies du dernier groupe « des agents éthérés, tendent toujours à écraser les puis- « sauces intelligibles, les forces intelligentes.

« Ne doit-on pas s’y attendre de la part d’hommes si « étroitement liés encore à l’ordre physique d’où ils ont « été évolués?

« Il est également vrai que nos rangs se sont éclaircis ; « mais, comme je l’ai dit, la cause en est que nous « appartenons à la race humaine, et que, soumis au « mouvement général de ses cycles, nous ne pouvons « pas les faire rétrogresser.

« Pouvez-vous dire au Gange ou au Bramapoutre de « remonter vers leurs sources ; pouvez-vous même les « maîtriser, de telle sorte que leurs ondes comprimées a ne débordent pas et n’inondent pas leurs rives?

« Non, mais vous pouvez soutirer de leur courant une « partie de ces ondes, en remplir des canaux, et utiliser « cette force hydraulique pour le bien de l’humanité.

« 11 en est de même de nous qui, impuissants à « arrêter le monde dans sa course et dans sa direction, « pouvons cependant utiliser quelques parties de son « énergie, en l’attirant dans des canaux bienfaisants.

« Regardez-nous comme des demi-dieux, et mon « explication ne vous satisfera pas; considérez-nous « comme de simples hommes, un peu plus sages peutcf être que les autres, grâce à des connaissances et â des « études .spéciales, et votre objection aijira trouvq; sa «c^fféponse.

<c Quel bien^ dites^Vous, mes compatriotes et moi pou-

« vons-nous atteindre par cej^ ordre de connaissanees « cachéesf? ’

« Quand les Indiens verront que les Anglais prennent « intérêt, jusque dans la personne de leurs hauts fonc- « tionnaîres, à la science et à la 'philosophiede leurs « ancêtres, ils s’en occuperont au grand Jour.

■« Quand il leur sera prouvé que les anciennes mani- « festations de l’ordre divin n’étaient pae des miracles, « dans le sens vulgaire de ce mot, mais des résultats « scientifiques d’un ordre transcendant, la superstition « tombera d’elle-même.

« Akisi, le plus grand mal qui, actuellement, opprime « et retarde la résurrection possible de la civilisation « indienne, disparaîtra avec le temps.

« La tendance actuelle de rinstruction publique est « de faire des matérialistes et de déraciner tout spiri- « tualisme, et cela, dans les Indes, comme partout.

« Mais, si l’on arrkait à comprendre ce que nos unes cètres ont vraiment voulu dire dans leurs écrits et « dans leurs enseignements, l’instruction deviendrait « une bénédiction, tandis qu’aujourd’hui, elle est sou- « vent une malédiction. •

« A l’heure actuelle, les Indiens, instruits ou non, <e considèrent les Anglais comme trop remplis de pré- « jugés par leur Christianisme d’une part, et, d’un autre « côté, par la science moderne, pour se donner la peine « de les comprendre, eux Indiens, ou leur tradition.

« Ils se haïssent mutuellement, ils se défient les uns « des autres.

« Que cette attitude vis-à-vis de notre ancienne intel- « leclualité vienne à changer, les princes de l’Inde et « Ips hommes "riches ne manqueront pas de fonder des « écoles normales pour l’éducation des Pundits ; les « vieux manuscrits jusqu’ici inaccessibles à là recherche

« des Européens, apparaîtront de nouveau à la lumière, « et on 'y trouvera la clef de beaucoup de choses qui, « pendant des siècles, ont été cachées à l’entendement

populaire, choses dont vos philologues sceptiques ne « se soucient pas, et dont vos missionnaires religieux .« n’ont pas l’audace d’aborder la compréhension.

« La science y gagnerait beaucoup, l’humanité tout.

« Les mêmes, causes qui tendent aujourd’hui à abaisser « les Indous dans le matérialisme, travaillent également « loute.la pensée occidentale.

« L’instruction actuelle met le scepticisme sur le a trône, mais elle condamne au cachot l’intelligence « pure.

« Vous pouvez faire un bien immense, en aidant les « nations occidentales à construire sur une base solide « leur foi qui s’écroule.

« Ce dont elles ont besoin, c’est de l’évidence que la « psychologie asiatique peut seule donner.

« Apportez-leur cela , et des milliers d’esprits vous a devront le bonheur.

« L’ère de la foi aveugle est passée, et celle de l’exa- « men est arrivée.

« L’examen qui se contente de démasquer l’erreur, a sans découvrir aucun principe réel, sur lequel l’âme « puisse bâtir, n’engendrera jamais que des icono- « clasles.

« L’iconoclastisme qui n’a pour principe que la des- « truction, n’engendrera jamais rien, il ne pourra « jamais que faire table rase.

« Mais l’homme ne trouvera jamais de repos dans la « négation.

« L’agnosticisme n’est qu’un relai temporaire, et le « ;moment est venu de guider l’impulsion récurrente « qui ne peut pas manquer d’advenir bientôt , et qui

« poussera le siècle vers l’extrême athéisme, ou le rejette tera dans un cléricalisme extrême, si on ne le ramène « pas à l’intellectualité primitive et consolante des « Âryas.

« L’observateur qui suit attentivement le cours des « choses actuelles, voit, d’un côté, les Catholiques proj « -duiredes miracles, en moins de temps que les fourmis a blanches ne pondent leurs œufs, et, ,de l’autre, les « libres penseurs se convertir en masse à l’agnosticisme,

« c’est-à-dire à l’absence de tout souci intellectuel et tt vraiment scientifique, à la liberté de ne plus penser « du tout.

« La moyenne de ces deux extrêmes donne le cours « moyen des choses.

« Le siècle marche à une saturnale de phénomènes.

« Les mêmes merveilles, que les spirites opposent au ■ c< dogme de la perdition éternelle, sont appelées en « témoignage par les Catholiques, comme une preuve « actuelle du bien fondé de leur foi dans les miracles.

« En dehors de ces deux camps, le scepticisme fait « des gorges chaudes de tous deux à la fois.

« Tous sont aveugles, et il n’y a personne pour les a guider.

« Vous et vos collègues pouvez nourrir l’espoir de « fournir de solides matériaux à un besoin général de « philosophie religieuse, inexpugnable à tout assaut « scientifique, parce qu’elle est elle-même la finalité de « la science absolue, la religion dans le sens, le plus « élevé de ce nom, puisqu’elle renferme les rapports de « l’homme physique et de l’homme psychique, et des « deux avec tout ce qui est au-dessus et au-dessous d’eux.

« Cela ne vaut-il pas un. léger sacrifice?

« Et si, après réflexion, vous vous décidez à fournir « cette nouvelle carrière, que l’on sache bien que votre

« société a’est pas une boutique à miracles, ni nu club « gastronomique, ni un simple laboratoire de pbéno- « mènes.

« Son principal but doit êlre d’extirper, d’un côté « la superstition, de l’autre le scepticisme, et, du fond

des anciennes sources longtemps cachées, de tirer la « preuveque l’homme peut former lui-même sa destinée a future, et savoir d’une manière certaine qu’il peut « revivre après la mort, s’il sait le vouloir, et que tout « phénomène n’est que la manifestation de la loi natu- « relie, dont l’étude et la compréhension sont le devoir « de tout être intelligent. »

Voici comment cette lettre si remarquable m’est tombée entre les mains.

■ Aujourd’hui, 3 janvier 1884, j’achève de dicter, d’après mes notes, ce chapitre : la Science dans l’Antiquité.

Or, il y a quelques semaines, je fus prié d’entrer comme correspondant dans la Société théosophique de Madras.

Je déclinai cet honneur, le drapeau intellectuel que je porte depuis plus de vingt ans, et que je lève depuis deux ans, m’interdisant d’engager son universalité et sa signification sociale dans aucun particularisme que ce soit.

Néanmoins, on me donna plusieurs numéros d’un journal angioindien, ou plutôt indoaméricain, The Theosophist, imprimé à Madras, et qui, bien qu’intéressant à beaucoup de points de vue, ne m’apprit rien de nouveau.

On joignit en outre à ces journaux une brochure anglaisée Occult World by SirmQlt, 1883, oiXje trouiiai la lettre que je viens de traduire, la pure perle d’Ôriènl que jè viéns d’enchâsser dans ce chapitre.

il ÿ a plusieurt milliers d’années, un initié des Mystères ioniens n’aurait pas mieux, ni plus clairement parlé, si, par la pensée, il avait assisté au spectacle actuel des choses de ce monde.

Le lecteur verra, je l’espère, dans cette profession de for d’un des affiliés de la grande Fraternité ,de THimalaya', une puissante et vivante confirmation de l’exactitude, rigoureuse de mes informations et de mes conclusions.

Pour le moment, c’est à ce frère inconnu, luniineux représentant de la science ésotérique de son ordre; c’est à cet Oriental si remarquable que je veux répondre, du fond de notre Occident, de notre Judéo-Christianisme et de notre science moderne, du sein de cette vieille terre celtique, en sanscrit, Yaraha, la mère des Celtes Varaighes, d’où sont partis, il y a huit mille six cents ans,’ ces mêmes Aryas, dont mon livre actuel dévoilera l’histoire et la tradition sociales.

Il n’y a pas eu qu’un seul ordre, l’ordre naturel, d’étudié dans la science antique ; il y en a eu quatre, comme je l’ai indiqué dans les chapitres précédents.

Trois d’entre eux embrassaient la Nature naturante, la Nature naturée et enfin la Nature humaine qui leur sert de lien; et leur hiérogramme était ÊVÊ, la Vie.

Le quatrième, représenté dans la tradition moïsiaque par la première lettre du nom de lÊVÊ, correspondait à une tout antre hiérarchie de connaissances, marquée du nombre dix. •

Celte dernière décade a été surtout le partage des ii^tiations doriénnes de l’Inde, de l’Égypte, de la Kaldée, de la Perse, de la Palestine, de la Grèce, de l’Étrurie, etc., etc.

C'est par .cette filière dorienne que s’est traasmis le courant intellectuel de science ésotérique et de témoignages exotériques, tendant à la reconstitution intégrale de l’ancien Cycle de l’Agneau et du Bélier, de l’ancienne Alliance universelle, de l’ancienne Paix publique terrestre, du Règne de Dieu enfin, réalisé en ce monde comme dans l’Univers.

Telle est la portée véritable du mouvement des Abraraides, prêtres doriens de la Kaldée, de Moïse, prêtre dorien de l’Isis et de l’Osiris égyptiens, de Jésus enfin qui, réservant l’ésotérisme à des époques futures, imprima à la tradition de l’Agneau une irrésistible imfMilsipn psyehurgique, vers son accomplissement social, universel.

Mais c’est peu d’exprimer ces choses, il faut les prouver, et ce livre en sera, je l’espère, l’irréfragable démonstration.

Puisset-il tomber entre les mains de tous les nobles esprits de l’Orient, de tous les patriotes, dont la pensée religieuse vit encore des débris grandioses de l’ancienne Universalité intellectuelle, de l’ancien Cycle social !

Puisse-t-il être pour eux une consolation, une espé- rance, une certitude du prochain accomplissement de tous leurs vœux, par les moyens que la Providence ne manque jamais de mettre au service des bonnes volontés humaines !

Un dernier mot à ces nobles esprits.

Qu’ils ne se hâtent pas trop de porter sur la science moderne ni sur la religion judéo-chrétienne un jugement définitif, que les apparences, je le sais, ne motivent que trop. .

Brahma n’a pas créé le Monde en ün jour; et pour les sociétés humaines comme pour les individüs, l’aulogenèse, la naissance à la plénitude de la vie morale, intellectuelle, et, par suite, sociale, demande le temps qui lui est nécessaire.

Mes œuvres n’ont qu’un but, c’est de prouver que çe temps est arrivé, et de formuler, du sein du Christianisme, de la Science moderne, de l’Europe actuelle, ce que les meilleurs esprits de tous les cultes, de toutes les écoles, de toutes les races, ont toujours. pensé et pensent^ encore actuellement, quant aux Principes du Gouvernement général et particulier des Sociétés.

Mais revenons à la charrue, qu’il faut enfoncer dans l’entendement européen, pour que le Judéo-Christianisme y puisse porter ses fruits défini tifsde Sagesse et d’ Amour; d’intelligence et de Bonheur social.

Il est impossible d’admettre que Moïse n’ait pas été au fait de l’intellectualité de son temps, ni de la tradition scientifique des temps antérieurs.

On connaît le nom de ses maîtres sacerdotauie, lah- Men-Iah, Mera-Bra, Jethro, etc.

Mais pour prendre la pensée du lecteur dans sa moyenne d’information,, restons dans l’exotérisme.

De deux choses l’une, ou Moïse a été instruit dans les sciences égyptiennes, ou il les a ignorées.

Or, Philon, saint Clément d’Alexandrie, les Actes des Apôtres nous disent qu’il a été profondément versé dans ces connaissances.

.Strabon tient des prêtres d’Égypte qu’il appartint à leur sacerdoce.

Manéthon, prêtre égyptien, nous dit que Moïse fut

prêtre d'Osifis ou d’Ammon-Rav les dieux, les symboles universitâi res de la Tradition du Bélier.

Donc Moïse n’a pas pu dire ce que ses traducteurs lui font dire.

' Donc toutes les erreurs scientifiques et chronologiques dç la Genèse sont le fait des traducteurs et des théologiens, et non le sien. Dieu merci !

Le second livre du Sépher, le Veellé-Schemolh, ch. XII, verset 40, nous dit que les Hébreux étaient en Égypte depuis quatre cent trente ans. «

H est donc clair qu’ils parlaient l’égyptien, et que Mofee écrivit ses livres dans cette langue et, surtout, daflts^ la langue idéographique des prêtres d’Égypte.

Pourquoi dans cette langue et non en hébreu? parce que le mot hébreu qui signifié émigrant, s’applique plus à une foule qui s’expatrie qu’à sa langue, qu’elle doit forcément perdre en s’expatriant.

Le peuple hébreu, groupe d’hommes de différentes provenances, institué en corps de nation par Moïse, perdit, à Babylone, sa langue égypto-phénicienne, en soixantedix ans de captivité, et fut obligé de la changer pour le syriaque araméen, dialecte kaldaïque.

Il n’est donc pas admissible qu’il n’ait pas, à plus forte raison, perdu en Égypte, pendant un séjour de près de quatre siècles et demi, alors qu’aucune institution ne l’avait réuni en corps de nation, il n’est pas admissible, dis-je, que ce peuple, ou plutôt cet ensemble 4e tribus, n’ait pas perdu son dialecte originel, mélange de la langue celtique primitive avec les anciens idiomes des peuples noirs et rouges.

Mais, si livres de Moïse ont été écrits dans la langue dés piètres d’Égypte, comment ceux-ci écrivaientils la leur^d^ quelle manière surtout rédigeaient-ils

ceux de leurs livres hiératiques t{ui correspondaieal aux grands Mystères et à leurs sciences spéciales*: CosmO" genie, Théogonie, etc.

En dehors de la Tradition ésotérique, il faut lé de* mander aux écrivains anciens, qui peuvent nous éclairer, à ceux d’entre eux surtout que nous savons avoir éjé initiés aux Mystères.

Apulée, liv. XI, et Ghéréraon, par Porphyre et Eusèbe, répondront ce qui suit :

Le sacerdoce avait en Égypte plusieurs sortes d’écritures correspondant aux divers degrés des Mystères, et toutes hiérographiques , c’est-à-dire scientifiquement composées d’après des principes positifs, et ne pouvant être comprises totalement du vulgaire, mais seulement du savant.

Les hiéroglyphes, sorte d’algèbre scripturaire, semiidéographique, correspondaient à la première partie des Mystères, et leur sens phonétique était seul complètement accessible à la foule.

A la seconde partie des Mystères se rapportaient des écritures plus secrètes.

A la troisième partie enfin appartenaient des caractères idéographiques, correspondant à une langue phonétique très ancienne, et ces derniers avec des accents aurdessus et au-dessous.

Cette dernière langue, la plus secrète de toutes, était consacrée aux sciences dont j’ai parlé, et absolument incompréhensible sans clef.

C’est ainsi que le premier mot de la Cosmogonie de Moïse, Be-Rœsh-Ith, signifie Principe pourle sage, Origine ou Commencement pour l’ignorant.

Comme les prêtres égyptiens avaient pénétré plus profondément le génie et l’essence de la Parole que nos

philologues.ne le supposent, nous devons trouver dans cet hi^dgramine même sa raison et son explication.

C’est dans sa racine qu’il faut chercher sa signification radicale.

• Cette racine est Rœsh, qui signifie la tête, le chef, le Pfince, le Principe.

On retrouve celte racine dans presque toutes les langues : Rex, Richt, Right, etc., etc.

J’ai défini dans la Mission des Souverains, page 249, ce que les anciens entendaient par Principe : « Un Principe est un radical, une racine, un point de départ premier d’une série déterminée de conséquences spécifiques n’appartenant qu’à lui. »

L’ancienne morphologie ou géométrie qualitative des temples, base de l’hiéroglyptique, rendait cette idée par un point au centre d’un cercle.

Or, il s’agit du Principe spécifique de l’ünivers entier.

Au lieu de Principe, lisez origine ou commencement, et les cinquante chapitres dont ce mot est le point de dé- part, prendront un aspect purement naturel, matériel, anthropomorphique, fabuleux, au lieu d’un aspect intellectuel et rigoureusement scientifique.

Je pourrais pousser plus loin l’analyse, jusqu’à la signification hiérographiqu^et géométriquement précise que les prêtres égyptiens attàcbaient à chaque lettre de leurs alphabets sacrés ; mais cela est inutile ici.

La Cosmogonie moïsiaque est un livre de science formidable, et je ne veux que le faire sentir çà et là, réservant à la première Chambre de la Synarchie tous les moyens de posséder entièrement cette science.

Quand notre Gèoffroy Saint-Hilaire, qui était plus qu’un naturaliste ordinaire, cherchait la raison pre»

mière de la vie physique, il la caractérisa d’une manière bien remarquable par ces mots : L’Attraction de Soi pour Soi.

Ce Principe est exactement le contraire de celui que nous avons analysé plus haut, et qui exprime l’Attraction universelle, cyclique. ^

• Or, le fameux serpent du prétendu jardin de délices ne signifie pas autre chose, dans le tejte égyptien de Moïse, que ce que Geoffroy Saint-Hilaire vient d’exprimer : Nahash, l’Attraction originelle, dont Thioroglyphe était un4eerpent dessiné d’une certaine manière.

Le mot Haroum, dont le législateur des Hébreux fait suivre l’hiérogramme précédent, est le fameux Hariman du premier Zoroastre, et exprime l’entraînement universel de la Nature naturée, causé par le Principe précé- dent.

Quant au fameux Satan, soi-disant principe du Mal, il n’en est nulle part question dans le texte de notre Cosmogonie.

Faute de savoir la lire, on l'a aussi accusée de n’avoir pas fait mention de l’Ame, de l’Essence éthérée de l’Être humain ou autre.

Or voici le nom que Moïse donne à cette Essence, Nephesch, contraction de trois racines.

Cet hiérograihme n’exprime nullement l’Ame abstraite, inane, des théologiens, mais l’Ame vivante, l’Essence psychurgique et physiologique à la fois, triple et une, à l’image de l’ünivers lui-même, telle enfin que Platon et Pythagore l’ont vue, observée, expérimentée, connue, dans les mêmes sanctuaires que Moïsç.

Or ce mot, comme tous ceux que ce prêtre égyptien emploie, a trois sens, quand on le lit phonétiquement, l’un positif ou propre, l’autre comparatif ou figuré, le troisième enfin superlatif ou purement scientifique,

Et si l’on se demande pourquoi Moïse écrivait ainsi, toute l’antiquité répondra que, non seulement le sacerdoce égyptien, mais tous les corps savants du Monde, n’écrivaient pas autrement sur des sujets scientifiques de cette importance.

Passons à Thiérogramme d’Adam.

Il suffît de lire le mot par lequel les traducteurs samaritains l’ont rendu, pour voir qu’il ne s’agit nullement d’un individu, ni du bonhomme de limon des Septante et de la Vulgate : l’üniversel, l’Infini.

C’est donc de l’Homme Universel qu’il s’agit, ou de rUnivers lui-même considéré comme un Être animé.

On a dit également que le mot Nature ou l’idée qui s’y attache, n’apparaissait nulle part dans notre Cosmo- .gonie.

C’est encore une erreur, car le voici : Shadeh; et voici son masculin : Shadaï, Principe fécondateur, dont la Nature est la vivante Faculté réceptive.

Il est vrai que les Septante et la Vulgate ont mis un champ à la place de la Nature.

C’est ainsi que Içs traducteurs ont transformé en autant de bonshommes les Principes contenus, dont Adam est le Principe contenant.

C’est ainsi qu’ils ont travesti en fleuves tous les Fluides.

C’est ainsi qu’ils ont fait un bateau de la Thébah, du Système Solaire dont la Thèbes d’Egypte portait le nom.

C’est ainsi qu’ils ont fait une colombe de l’Ionah des Yonijas de l’Inde, des Ioniens de Syrie, d’Assyrie et de Grèce» tandis qu’en réalité ce mot signifie la Faculté

féminine, plastique, universelle, dont la coloipbe Ji*est qu’un des mille symboles.

C’est ainsi qu’ils ont fait un simple corbeau de l’Amenti, de l’Érèbe, qu’Orphée prit aux mêmes sanctuaires.

Or, rionah avait et a pour siège tout le Cône de Lumière qui s’applique sur chaque Planète pendant le Jour, et a le Soleil pour sommet. •

Or l’Érèbe avait et a pour siège le Cône de Ténèbres qui s’applique sur toute Planète pendant la Nuit, et a,, ou non, tinc Lune, ou plusieurs Lunes, pour sommet, ou pour sommets.

Nos traducteurs ont encore travesti en bonhommé la rotation annuelle de la Terre autour du Soleilen trois cent soixante-cinq jours :

« Wa-îhîou kbol îmei Hanôch bamesh w - shishîra slianah w-shelosh mœôth shanah.

La totalité des jours de Henoch fut de cinq et six décuples et de trois centaines de révolutions temporelles. »

Mais résumons ce chapitre en reprenant le fil des pré- cédents.

Toutes les religions antiques, jusqu’au Christianisme inclusivement, sont sorties des anciens centres d’initiation, et ces centres étaient des corps savants, dont les plus instruits possédaient les quatre hiérarchies de sciences dont j’ai parlé.

La multiplicité des religions date de l’an 5300 avant Jésus-Christ, et elle, fut partout, soit le résultat d’un grand schisme qui eut lieu à cette époque, soit l’effort loç^l que firent partout les initiés pour en réparer, autant que cela était possible, les résultats politiquesi, qui furent la rupture de l’ancien Gouvernement Général, arbitral,

et la multiplication des gouvernements arbitfaires sans contrôle.

En dernier résumé, trois mille ans avant Jésus-Christ existait un État Social universel, relié à lui-même par toute une série hiérarchique d’institutions arbitrales.

La Religion de cet État Social, d’où procèdent tous les différents cultes actuels, se confondait avec la Science par quatre hiérarchies de connaissances : hiérarchies physique, humaine, cosiùogonique, théogonique.

Les sacerdoces étaient les corps savants p&r excellence; les initiés laïques possédaient toute leur lumière, selon leur degré, et constituaient un second Pouvoir social, correspondant à notre magistrature; les chefs de famille, hommes et femmes, formaient partout dans leurs assemblées locales, le troisième Pouvoir.

Je démontrerai par la suite l’existence positive de celle antique Synarchie aryenne, les causes qui l’inclinèrent à la ruine, et comment à cet Ordre social trinitaire succéda la politique arbitraire avec ses deux formes de gouvernement. Monarchie et République, définies dans le premier chapitre de la Mission des souverains.

Cet État Social synarchique fut connu de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique et même de l’Amérique, sous les noms de Théocratie universelle de l’Agneau , Empire arbitral universel du Bélier.

Quand les schismes et la politique pure qui en résulta eurent démembré cette ancienne Alliance universelle, multiplié et opposé entre elles les dominations et les religions fragmentaires, asservies désormais aux politiciens royaux ou républicains, les initiés firent ce qui était, en leur pouvoir.

Ils essayèrent localement de redresser les Universités

religieuses, sectarisécs et entéuébrées par leur asservissement officiel à des Pouvoirs, anarchiques.

Quand ils ne le purent pas, ils s’appuyèrent sur les mœurs publiques pour y opérer une culture morale, grâce à un culte approprié aux circonstances ; et partout ils combattirent l’arbitraire.

La plus pure partie de l’ancienne encyclopédie des connaissances fut sauvée des temples de Kaldée par l’Ordre des Abramides, d’Égypte par Mdïse, qui sélecta im peuple pour en «faire le gardien de la lettre fermée de ses cinq livres géniques.

Mais il fallait que ce mouvement vers le rétablissement de l’ancien Ordre de choses fût imprimé à l’Qumajiité entière, et c’est ce que fit Jésus-Christ.

Telle est la valeur capitale des livres sacrés qui sont la base du Judéo-Christianisme.

Tel est leur rapport avec la Science antique, avec la Science moderne, avec l’Ancien et le Nouveau Cycle à venir de l’Agneau et du Bélier.

Dans le chapitre suivant, nous allons rechercher d’où viennent les Hébreux, qui furent jugés dignes par la Providence de porter à travers les siècles son mot d’ordre scellé ; et nous montrerons que ce noble peuple, qui n’a jamais reconnu d’autre Gouvernement légitime que celui de Dieu, a dans ses veines le même sang celtique que nous. Européens aryens ou touraniens, peuples du Bélier ou du Taureau zodiacal, Ariès et Taurus.

CHAPITRE V

ORIGINE RÉELLE DES HÉBREUX.

Chaque Continent a vu se générer ses règnes orga-? • niques, couronnés par une race humaine spéciale.

Ces créations n’ont pas été simultanées ; ces Continents ont émergé des mers à des intervalles de temps considérables et correspondant aux Cycles interdiluviens des anciens prêtres indiens.

En ce qui regarde les variétés de l’Espèce humaine physique, c’est en Europe qu’il faut chercher l’origine de la Race blanche, en Asie celle de la Race jaune, en Afrique celle de la Race noire, dans le Continent austral englouti par le dernier Grand déluge, le lieu originel de la Race rouge primitive, dont les Indiens d’Amérique ne sont que des débris issus de troglodytes réfugiés sur le sommet des montagnes.

Quant aux Hébreux, comme toutes les Variétés humaines où le sang de la Race blanche prédomine, ce sont d’antiques Européens devenus des créoles et des sangmêlés, tour à tour asiatiques ou africains.

Je sais que telles ne sont pas les données de beau^ coup d’écoles actuelles qui , sans le savoir, subissent encore le joug des traductions erronées de la genèse de

Il est clair que si l’on ne veut pas partir de ce fait que l’homme terrestre primitif était sauvage , anthropophage, rudimentaire et élémentaire, on n’arrivera jamais à la vérité sur cette question si simple des origines humaines.

Il est évident que si,' au lieu de voir dans nos premiers pères terrestres des cannibales voisins 'du singe, on fait surgir l’Humanité corporelle d’un seul couple doué par miracle de toutes les perfections, installé, il y a six mille ans, dans un eldorado situé à l’orient, du côté du Tigre et de l’Euphrate, tous les rameaux de chair de ce singulier arbre humain devront venir de cette unique racine asiatique.

Mais Moïse avait d’autres visées qu’une pareille confusion des sciences de l’Ordre sensible avec celles de l’Ordre intelligible, d’autres données que de pareils enfantillages scolastiques, d’autres informations qu’une telle fabulation, bonne au plus pour l’enseignement primaire des individus ou des peuples enfants.

Différentes écoles repoussent l’Éden, le couple unique, la chute, comme contraires au mouvement ascendant des lois de la Nature physique ; néanmoins elles persé- vèrent dans l’ornière théologique, en faisant descendre toutes les Races des plateaux de l’Asie.

Je crois avoir suffisamment démontre que anciens sacerdotes en général et les prêtres d’Égypte particulièrement n’étaient rien moins qu’ignorants, et que l’Humanité, il y a dix mille ans, n’était pas, à niveau égal, moins scientifiquement informée qu’aujourd’hui.

Pourtant, je répéterai ici qu’Adam n’a janiais signifié un homme de chair et d’os, mais un Principe cosmogonique.

Pour délivrer le législateur des Hébreux des calomnies théologiques dont il a été l’objet au sujet du Pèje du Genre Humain, je prie le lecteur de soulever, avec moi le triple voile dont j’ai parlé. ,

Similitude de lÊVÊ, masculin et féminin comme lui, Adam a une signification bien plus vaste eiicore que ce quelles naturalistes formulent malgré eux, quand, voulant exprimer la Puissance cosmogonique qui spécifie l’homme, en tant qii’individu physique , ils appellent cette Puissance le Règne Hominal.

Adam est l’hiérogramine de ce Principe universel ; il représente l’Ame intelligente de l’iluivers lui-même-, le Verbe universel animant la totalité des Systèmes solaires, non seulement dans l’Ordre visible, mais aussi et surtout dans l’Ordre invisible.

Car, lorsque Moïse parle du principe animateur de notre Système solaire, ce n’est plus Adam qu’il mentionne, mais Noah.

Ombre de lÊVÊ, pensée vivante et Loi organique des Ælohim, Adam est l’Essence céleste d’où émanent toutes les Humanités passées, présentes, futures, non. seulement ici-bas, mais à travers l’immensité des Cieux. •

C’est l’Ame universelle de Vie, Nephesh Haiah, de cette Substance homogène, que Moïse appelle Adaniah, et que Platon nomme la Terre supérieure.

Or, je n’interprète nullement, j’exprime littéralement la pensée cosmogojiique de Moïse ; car, tel est l|Adam des sanctuaires de Thèbes et du Bæreshith, le grand Homme céleste de tous les anciens temples, depuis la Gaule jusqu’au fond des Indes.

Quant au prétendu Éden, voici ce qu’il signifie dans le texte hermétique de Moïse, prêtre d’Osiris.

Gan-Bi-IIéden, séjour d’Adain-Ève, représente l’Organisme de la Sphère universelle du Temps, l’Organisation de la Totalité de ce qui est temporel.

^ Les fameux fleuves qui sont au nombre de quatre en un, c’est-à-dire qui forment un quaternaire organique, n’expriment pas, plus le Tigre et l’Euphrate, que le Tibre, la Seine ou la Tamise, car, encore une fois, les dix premiers chapitres de Moïse sont une Cosmogonie et non Une géographie.

Aussi ces prétendus fleuves sont en réalité des fluides universels qui, partant de Gan, la Puissance organique par excellence, inondent la Sphère temporelle, lléden, le Temps sans borne de Zoroastre, placée elle -même entre deux Éternités, l’une antérieure, Kædem, l’autre postérieure, Ghôlîm.

Moïse nomme ces fluides Phishon, Gihon, Hiddekel, Phrath.

Il est inutile de les exprimer ici en français ; mais je ferai remarquer au lecteur qu’Orphée, contemporain de Moïse, initié aux mêmes sanctuaires que lui , appelle Physis ce que le législateur des Hébreux caractérise sous le nom de Phishon, et que Gihon , Hiddekel et Phrath n’ont pas moins d’importance.

A ce fluide , Phishon , celui qui permet à Adam-Ève de rendre physiques ses créations, Moïse rattache trois forces homogènes sous trois états différents, et qui sont Hawilla, Beddolah, Shoham.

Ces trois hiérogrammes ont singulièrement exercé, pendant le moyen âge, ceux des disciples d’IIermès qui voulaient soulever certains voiles.

Mais, après avoir justifié Moïse au sujet d’Adam et de J’Éden, revenons aux Hébreux.

Leurs ancêtres comme les nôtres sont nommés par ce Ihéocrate Ghiborim.

Cet hiérogramme se retrouve exactement, quoique contracté, dans le nom de Ghèbres.

Il a pour racine Bor, et désigne les hommes origi-' naires de notre hémisphère boréal. «

Tels sont, en effet, les Ghiborim, les Ghiboréens, les llyperboréens , auxquels tous les membres de la Race blanche doivent la vie:

Il n’est pas indifférent de remarquer que le* même nom se retrouve dans Gibraltar, Ghibor-al-thar ou thor.

Or, les peuples qui tiennent le plus comme antériorité à cette origine primitive de la Race blanche, sont très certainement les Celtes, ou plutôt les Keltes. .

Leur nom a pour racine Eld, Aid ou Old, que nous letrouverons plus tard en Orient dans Kaldée, dans Aidée, la commune indienne, comme en Portugal dans Aldea, la commune rurale portugaise, etc., etc.

Le mot Celte, Ka-Eld, signifiait donc l’Assemblée des Anciens par excellence.

Le nom de Scythes, que les Noirs leur donnaient par mépris, signifiait ce que l’on sépare avec violence,* ce que l’on crache, le crachat lui-même, à cause de la couleur blanche de notre peau.

En revanche, nos rudes aïeux appelaient les peuples noirs d’un nom aussi peu flatteur : Pelasks, peaux des bois, peaux tannées.

Il résulte de ce qui précède qu’on ne se trompera nullement, en voyant avec Moïse dans les Hébreux, comme dans les Arabes, dans les Bédouins et les Berbères, les Celtes bodhones, les Scythes errants des anciens auteurs.

Tous ces peuples ont, du reste, emporté du Sud et

de rOccident européen des signes originels nombreux, irrécusables, dont témoignent la linguistique, l’anthropologie et l’archéologie.

En ce qui concerne les idiomes si improprement ’ nommés sémitiques, ils sont aujourd’hui, pour tous les savants, le résultat d’un des premiers mélanges opérés entre les dialectes de la Race blanche et ceux de la Race noire, avec prédominance de cés derniers.

Emigrants, non eu éonquérants, mais en fidèles du Principe mâle, persécutés, chassés après de 'sanglantes batailles par le collège des Druidesses, les Celtes bodhones ont suivi deux routes différentes, qui, toutes deux, les ont conduits dans les royaumes, les empires ou les colonies de la Race noire, alors maîtresse du Monde et en pleine civilisation.

Les. uns franchissant Gibraltar, limite des Ghiboréens de Thor, comme le Borysthène était leur limite à l’Orient, sont entrés en Afrique, et ont été ralliés par l’État Social égyptien et éthiopien.

Les autres, suivant, depuis l’ibérie et l’Osk-Tan, ou l’Occitanie, les côtes du Sud de l’Europe, se sont enfoncés, soit dans les colonies noires d’Italie et de Grèce, soit dans les royaumes noirs du Caucase, de la Crimée, de l’antique Perse, où ils fondèrent l’IIebyreh, petit royaume blanc, qui précéda la conquête de l’Iran par la Race blanche, dit le Scha-Nameh.

Par l’Éthiopie et par l’ancienne Perse, une partie considérable des peuples qui nous occupent gagna aussi l’Arabie, les royaumes du Tigre et de l’Euphrate, et enfin le grand Empire des Noirs, appelé pour cette raison l’Inde.

A l’époque extrêmement ancienne de ces exodes.

trois Races se superposaient en Afrique, en .Asie; dans le Caucase et enfin sur toutes les côtes de la Méditerranée, dans une civilisation et dans des villes colossales.

L’une, la Jaune, presque limitée à l’Asie, était dominée, l’autre, la Noire était dominante sous le noni religieux de Gian-ben-Gian , l’üniverselle , fille de rUnivers. •

La troisième, la plus ancienne de toutes, la Rouge, qui avait légué son immense "civilisation aux .peuples noirs, n’existait plus qu’en minorité.

On la voit encore errer aujourd’hui, non seulement en Amérique, où elle est abâtardie, mais sur les rives du Nil, chez les Bisharis presque pure, chez les Foulbs mélangée à la Jaune, dans l’Afrique centrale et occidentale, chez les Peuhls, les Pouls, les Fellahs, les- Fellatahs, au sud de Tombouctou, dans le Soudan, dans la Nigritie , vers le* Foutah et jusque dans le Sénégal.

Quand les Celtes bodhones se répandirent dans l’État Social des Noirs, ils trouvèrent ces peuples dans une incroyable prospérité, avec des milliers de villes fortifiées, le plus souvent taillées en pleines montagnes, dont l’étendue, l’architecture, l’esthétique formidables dépassent tout ce que l’imagination peut concevoir.

L’absorption des émigrants en Égypte, en Libye, en Ethiopie, en Perse, dans les Indes, en Arabie, en Syrie, en Crimée, se fit lentement, sans brutalité, èt imprimn profondément sur les ancêtres des Hébreux et des Arabes le cachet de la civilisation noire, alors souveraine.

.Mais, grâce au caractère social des institutions, les tribus blanches, tout en se mêlant par le mariage aux familles noires, gardèrent leur indépendance, leur com-

mune ceitiquë, leur tribunal des Anciens, et bien d’autres m<£urs, bien d’autres souvenirs qui ne s’éteignirent jamais entièrement.

Tout ce qui tenait aux sciences, aux arts et aux métiers fut emprunté aux Gian-ben-Gian, et si les dialectes, en se mélangeant, gardèrent beaucoup de mots et de racines celtiques, l’écriture et sa direction furent entièrement dues aux universités locales.

Ce fait prouve qu’à part le culte de l’Ancêtre au foyer, les émigrants n’avaient point de sacerdoce à eux, en dehors des chefs de famille ou de tribus ; voici pourquoi :

A cette époque. Science, Art, Religion étaient une seule et même chose, dont les Principes d’Unité avaient

été nettement déterminés.

Aussi le Langage, soit écrit, soit sculpté, soit parlé,

• constituait-il une science et un art religieux.

Tenant ses connaissances de la Race rouge engloutie en pleine civilisation avec son Continent d’origine, le sacerdote ou le simple lettré de la Race noire suivait en écrivant certaines règles, certains rites.

Quand le Nahash guidait sa plume ou son stylet, il s’orientait en faisant face au Pôle austral, et conduisait comme un hommage la parole écrite vers l’Orient, source de la Lumière, et de toutes les idées cosmogoniques, psychurgiques et intellectuelles qu’il y rattachait.

L’écriture procédait donc de droite à gauche.

Telle fut aussi la direction adoptée par tous les anciens Celtes qui eurent les anciens sacerdoces rouges ou noirs pour maîtres.

Cette direction persista longtemps en Europe même, dans les colonies des Gian-ben-Gian, qui donnèrent à nos barbares aïeux leur écriture cursive, selon la signifîcation du mot runes.

Avant ces exodes, la Méditerranée tout eptière fut longtemps appelée la Mer Noire , la mer des peaux tannées, Pelasks, et, par suite. Pelages.

Ce ne fut que bien des siècles après qu’elle reçut le nom de Grande Verte, que lui donnèrent les Celtes euro-- péens, une fois maîtres de l’Égypte. ,

Au Nord, au contraire, la mer prenait le nom général de Mer des Blancs ou Mer Blanche. ,

Plus de mille ans avant ces exodes, tout le littoral du Sud et de l’Ouest de l’Europe avait été couvert de forts énormes, «de gigantesques murs dits cyclopéens, par les colons de la Race noire.

Ces derniers, attirés par les richesses minérales, avaient traité la Race blanche comme celle-ci, à partir de Christophe Colomb, traita les Rouges d’Amérique.

Cette conquête et son but s’imprimèrent dans la tête des barbares Européens comme l’idée du mal par excellence, qui reste attachée dans notre Race à l’idée même du Pôle Sud.

C’est Sat, Set, Seth, Sothis, Saturne, Sathan, South.

L’enfer des théologiens prit naissance dans les entrailles de notre Continent, là où, sous l’œil de l’ingé- nieur ou du contremaître noirs, l’homme blanc brisait les roches, creusait les galeries , fouillait la terre, extrayait le minerai, et le portait dans les fourneaux du vainqueur.

Mais l’Européen avait pour lui l’abri de ses forêts, le bouclier de son climat.

Pouvant toujours se replier, il pouvait toujours attaquer.

Une fois le joug secoué, après des siècles de luttes colossales, incessantes, les Druides, les prêtres des Ghiborim, changèrent peu à peu la direction des Runes, en Grèce, en Étrurie, en Gaule, en Ibérie, et, à plus forte raison dans le Nord de l’Europe.

Maîtres .de leur propre intellectualité éveillée par les corps savants de la Race ennemie, les Druides tracèrent la Parole écrite, en s’orientant sur le Pôle boréal et en dirigeant la main de l’Occident à l’Orient, de gauche à •droite.

Aussi toutes les écritures qui , dans le reste du Monde, suivront cette dernière marche, décèleront une origine européenne, affirmeront une conquête armée de la Race blanche, une victoire des Celtes de notre Continent, quel que soit d’ailleurs le caractère démotique ou sacerdotal, phonétique ou idéographique des signes, quel que soit le mélange que la Race conquérante pourra opérer entre son propre langage et celui de la Civilisation envahie.

Quant aux migrations des Bodhones, d’où les Hébreux tirent leur origine, elles resteront marquées du sceau intellectuel de la Race noire, tant dans la direction de l’écriture que dans la prédominance des dialectes pélasgiques, tant dans le génie idéographique que dans l’esprit scientifique des monuments sacrés.

La cause en est, encore une fois, que ces expatriations conduisirent volontairement ces émigrés à adopter les coutumes de l’État Social où ils cherchèrent un refuge, non en maîtres, ni en conquérants, mais en hôtes et en disciples.

A son tour, cette infusion de sang celtique influera aussi dans une certaine mesure jusque dans les dialectes pélasgiques eux-mêmes : basque, étrusque, égyptien, éthiopien, syriaque, kaldaïque, zend, protomède, accadien, etc.

Toutes ces langues, sous réserve du basque qui se rattache plus intimement aux dialectes de l’ancienne Race rouge, laisseront assez facilement entrevoir au linguiste attentif leur parenté avec le Celte primitif, tel

qu’on peut encore le deviner à travers ce qui nous reste des chants de l’Edda, des livres gaéliques, des dialectes kymriques et celtiques, et enfin sous toutes les langues indo-européennes, où lès racines plongent d’une manière plus ou moins nette dans l’ancien celte.

Les caractères anthropologiques des Bodhones n’ont ^ pris leurs signes différentiels que grâce au changement des milieux ; ils restent marqués du cacjiet des Européens qui, sur les rives de l’Atlantique ou sur celles de la Méditerranée, avaient reçu avant ces .exodes l’infusion.du sang de la Race noire.

Les peuples qui, longtemps après cette infusion, formèrent les groupes latins et grecs, en y joignant les Arméniens, les Phrygiens du Caucase, les Tauridiens, les Afghans,’ les Ghèbres, les Araméens, les Phéniciens, les Égyptiens, etc., etc., offriront entre eux d’indéniables analogies anatomiques, cranioscopiques, physiognomoniques, ainsi qu’avec les Hébreux et les Arabes.

Le type de nos Boui'bons à nez busqué est la caracté- ristique affaiblie de ce profil, de cette médaille, où les larges pommettes du Noir ont recourbé le nez du Blanc.

Les peuples du premier exode dont je parle furent toujours reconnaissants à la Race noire de leur avoir ouvert les bras.

Moïse lui-même épousera Séphora, noire fille d’un grand prêtre d’Osiris dans la vallée de Jéthro.

Le législateur des Hébreux ne fera sa femme de cette sombre vierge d’Éthiopie qu’après avoir été longtemps le disciple du père, noir gardien des plus lumineuses traditions de l’antique civilisation de la Race rouge.

a Je suis noire, mais je suis belle, dira dans ses chants plus passionnés que religieux le Louis XIV de Juda, Salomon i faisant parler la Sulamite.

Il y a près de neuf mille ans, aujourd’hui, que la Race

noire ouvrit ses antiques trésors de Sagesse, de Science, d’amour, aux pauvres CeiteSf. bodhones, fidèles au Principe mâle, bannis d’Europe par les blanches Druidesses.

Ce mot de Bodhone sonne comme une lugubre mé- •lopèe; il signifie sans lit, sans gîte, et on le retrouve dans celui de Bédouin.

C’est le nom patronymique de ceux qui seront sans patrie.

Job, dont rhiéi'oglyphc était le chien de Sirius, et qui signifié l’exaltation de Pâme dans la joie ou dans la douleur extrêmes. Job, d’où vient notre mot JubiAé et Jubilation, que nous n’appliquons plus qu’aux sensations heureuses de l’Esprit, sera le symbole collectif de cette Race errante, en proie sur toute la Terre à une incurable nostalgie.

Ce poème cabalistique sera véritablement le chant des Bodhones repoussés partout des sanctuaires féminins, criant partout vers le Dieu mâle, pour lui demander la Sagesse et la Science suprêmes, que les sanctuaires masculins de la Perse, de l’Inde et de l’Égypte ne lui accorderont qu’au prix de mille épreuves.

îtpble Race qui, déracinée ainsi, il y a près de neuf mille ans, de son pays d’origine, fut vouée depuis ce temps à n’avoir plus pour patrie que la Terre entière!

On ne peut la voir sans émotion, au fond de ce passé douloureux, fuir la Cel.lide aux forêts sonnantes, les dolmens et les couteaux sanglants des Druidesses.

A travers les rivages, les mers, les îles, les montagnes, les déserts, de civilisations en civilisations, les voilà à jamais errants, dans l’Europe du Sud, en Afrique, en Asie, traversant dans le Temps et dans l’Espace tous les milieux humains, toutes les Sociétés, et en conservant les échos intellectuels, comme la coquille où l’oreille entend les voix infinies de l’Océan.

C’est par ces irréductibles que nous viendront les courants les plus divins de la Science et de la Sagesse antiques; c’est par ces hommes de col raide qu’aucun Pouvoir politique ne pourra jamais soumettre, que nous seront transmis les mots d’ordre scientiflques et sociaux de la grande initiation dorienne des Abramides et de* Moïse, dont Jésus-Christ, le Galiléen, criera l’appel à toute

Ainsi le fil d’acier nous transmet le message de la foudre.

Depuis ces temps reculés, au fond des sanctuaires de la Gaule, les prophétesses avaient prédit que le Sauveur du Monde naîtrait d’une vierge, et le dernier effort ontologique des Celtes bodhones élèvera en effet, du fond de la Galilée, sur l’Europe à genoux, Marie tenant dans ses bras Jésus, cœur rayonnant de l’Humanité.

Qu’eussent été ces Bodhones heureux dans la Celtide?

Des Provençaux, des Gascons, rien de moins, mais aussi rien de plus dans le grand travail organique du Genre Humain.

D’autres destins les attendaient, et les réclament encore dans l’avenir, pour leur propre bonheur comme pour celui de tous les hommes.

Si le linguiste et l’anthropologiste peuvent aisément reconnaître les traces de la langue et de la Racé celtique primitive dans l’Hébreu comme dans l’Arabe, à plus forte raison l’archéologue peut-il retrouver en eux les vieiUés habitudes des Ghiborim.

Près deGomor, l’on voit encore des monuments druidiques comme ceux de Karnac.

Dans le Kahnat de Han (Chanaan), les monceaux ap-

pelés par Jacob Djal-Aad, amas-témoin, par Laban Idger- Si-Hédoüla, monuments du témoignage, disent l’un en égyptien, l’autre en kaldaïque, la même tradition celtique, européenne.

■ Or, la Race noire qui, des milliers d’années avant l’exode des Bodhoues, avait couvert la Terre de villes grandioses, taillées en plein roc, n’avait nullement oes habitudes celtiques de la pierre brute.

Elle employait Blancs et Jaunes par centaines de mille, soit à sculpter le Caucase ou l’Himalaya, les rocs de la vallée du Nil ou ceux de THindoustan et de Coylau, soit à couvrir les collines de villes carrées, gigantesques, entourées elles-mêmes de formidables murailles assez larges pour s’y hérisser d’édifices.

Les ruines cyclopéennes d’El-Khan ne donnent encore qu’une faible idée de cette puissance des Pelasks, des ressources mécaniques des Gian-beii-Gian, et on peut suivre ces vestiges jusque dans leurs antiques stations navales au Nord-Ouest de l’Europe.

Mais c’est pourquoi aussi les Celtes avaient voué à la pierre architecturale une haine, que la tradition changea en superstition religieuse.

Leurs seuls abris étaient les forêts, où la tactique militaire des Noirs devenait impuissante comme leur cavalerie et leurs machines de guerre.

Pour les Ghiborim, toute muraille, toute cité systématiquement bâtie était l’affirmation de l’Esprit du Sud, l’œuvre de la Puissance ennemie.

C’était de là que sortaient tambours en tête, musique sonnante, les armées noires couvertes d’écailles métalliques, de casques de cuivre, d’argent ou d’or, infanterie, cavalerie, génie, artillerie même, faisant flotter au vent les étendards de soie blanche avec le Rawhon jaune, le Dragon d’or.

C’étaii par ces portes de bronze et par ces. ponts-levis que venait l’ingénieur sacerdotal avec ses ‘sombres escouades, ses plans couverts de caractères étranges, ses divers instruments aujourd’hui perdus, pour reconnaître sources, minéraux et métaux souterrains.

Et son bâton de commandement envoyait aux cai»- rières et aux mines les hommes blancs aux yeux bleüs, les géants tatoués, grommelant sous la discipline, comme les lions , qui , jusqu’au temps d’Aristote et même des Niebelungen, habitaient encore nos montagnes baisées.

C’était dans ces villes maudites que les belles Blanches aux longues chevelures lumineuses disparaissaient, tantôt enlevées au galop par les ténébreux cavaliers, tantôt courant comme Atalante, de leur plein gré.

Aussi la malédiction des Druides et des Druidesses,' l’imprécation des Ovales et des Eubages, la fureur des Ilerolls et des Khans tonnaient contre la Civilisation, contre la Cité noire, contre la pierre taillée.

Sept mille ans après, la voix du dernier Odin, Frighe, fils de Fridulf, natif d’Asgard, ancien lieutenaiît de Mithridate vaincu, rassemblera du Caucase à l’Atlantique toute l’ancienne Celtide, et, à travers des millions de poitrines blanches, rugira les mêmes imprécations contre Rome, fille de Babel, Cité du sang mêlé, contre son empire arbitraire, contre l’Empire des créoles.

Mais cette pierre prostituée par les démons du Midi, ces granits, ce sont les ossements vénérables de la vieille Terre vivante, de la vieille Mère, formidable Éçouse du Ciel vivant.

Il faut venger ces os de l’outrage du Dragon du Sud : ils seront les témoins sacrés des serments et du Pou-

voir des BUtncs; ils se lèveront et se mouvront d’euxmêmes a leurs prières magiques ; ils ruisselleront du sang des sacrifices aux Ancêtres assemblés dans les nuées aux rayons de la Lune.

■ Ce n’est pas parce qu’ils ne le peuvent pas que les Celtes laisseront non taillés ces os, ces fragments du squelette de Ilerta, c’est parce qu’ils ne le veulent plus, l’ayant trop fait, comme prisonniers militaires au service de la Race noire.

Ils joueront avec ces blocs comme des enfants avec les dés, ils les dresseront comme des quilles en mémoire de leurs chefs, ils les entasseront comme des osselets en l’honneur des Génies et des Dieux, ils sauront les dis{)pser .dans unsi merveilleux équilibre, qu’avec le petit doigt un enfant fera frémir, palpiter, murmurer des masses de granit pesant des milliers de kilogrammes.

Les prêtres, les bardes des deux sexes évoqueront du sein de l’atmosphère tourmentée le peuple diaphane des Ames; devant elles, les héros renouvelleront les serments terribles, et chaque tribu dressera sa pierre en témoignage d’une bataille gagnée, d’une victoire à remporter, d’un souvenir à perpétuer.

C’est sous cette atavique impulsion que nous verrons encore dans Josué, liv. III, 16, 17, liv. IV, 9, 20, les Hébreux arrivant dans le Khanat de Ilan, ficher, amonceler, juxtaposer d’énormes pierres brutes, comme leurs frères les Arabes, comme leurs aïeux les Ghèbres, comme leurs ancêtres les Celtes, fils de l’antique Ghibor (Ælohim-Ghibor, Lui, les Puissances du Pôle boréal).

De nos jours encore, les Celtes d’Irlande, comme rfu temps d’Ossian jurent par les Puissances, by the Pmen,

qu’on invoquait autrefois sur la fameuse, pierre du Pouvoir.

Josué mourant rassemblera à Sichem ses Celtes bodhones mélangés de Noirs, de Rouges, et devenus les Israélites.

11 leur rappellera que c’est pour organiser lÊVÊ dans lés Sociétés humaines, que Moïse les a constitués en corps de nation, que c’est pour faire lÊVÊ sur Ja Terre comme au Ciel qu’ils ont été tirés de Mitzraïm, et il leur fera jurer fidélité à lÊVÊ.

Alors, ‘en commémoration de ce serment solennel, il agira comme un vieux druide, il choisira une énorme pierre, et la fera se dresser sous le chêne qui est près du sanctuaire de l’Êternel.

Instruit par Moïse, prêtre d’Osiris, sur l’origine réelle des Celtes bodhones, Josué, initié égyptien, agira, comme le faisait au même moment le sacerdote des forêts européennes.

Israël se comportera comme Juda.

Sur le mont Garizim, l’El-IIara-Kah, lieu de l’autel, devenu l’El-IIaker-Belathat, n’offrira plus un jour que dix pierres au lieu de douze, dix masses rocheuse? non taillées.

Samarie désolée aura vu deux tribus renoncer à la Synarchie trinitaire, instituée par Moïse, en faveur d’une monarchie politique ; et des douze pierres zodiacales, des douze témoignages portant le nom d’Israël, il n’en restera plus que dix.

La llara-Kah du Garizim et l’autel bâti par Josué seront tous deux des monuments druidiques.

Les mêmes traces celtiques se retrouveront dans le. Deutéronome , dans le Lévitique comme dans l’Exode.

« Ne vous* faites pas d’idoles, ne souffrez point

d’images sculptées , ne tolérez pas dans votre pays de pierres figurées. »

« Si tu m’élèves un autel de pierres, ne les taille pas. Lever le ciseau sur elles, c’est les profaner. »

■ Bien des milliers d’années avant Moïse, les Celtes bodhones, en Espagne, en Italie, en Grèce, dans le Caucase, dans l’Hebyreh, restaient fidèles à ce vieux protestantisme .de la Race blanche contre les anciennes Civilisations.

La figuration des Puissances cosmogoniques, leur attraction suivie de Ponction d’huile, se faisaient dans des pierres, soit célestes, soit terrestres, mais non taillées.

Les Ghèbres de l’Iran primitif ne taillaient pas les pierres des autels, ils les dressaient et les superposaient • à l’état brut, disent les commentateurs de PAvesta.

Le travail de la pierre et du fer sur lequel repose la Cité rendait impur PAthorneh, le blanc fidèle à Thor, à Bor, à Oghas, depuis l’Atlantique jusqu’au fond de la Ta tara.

Aujourd’hui encore, il est bon d’observer qu’un paysan irlandais et un Tatare oïghour peuvent se comprendre, presque aussi facilement qu’un Breton de Roscoff et un Celte du pays de Galles.

L’antique malédiction des Druides contre toute civilisation politique retentira partout où erreront les Bodhones, et s’affirmera dans la pierre non taillée, non seulement dans nos trois Continents, mais même en Amérique, par les migrations des Bodhones de la Mer, les Celtes Scandinaves, c’est-à-dire errants sur les navires.

Dans leurs profonds et tout scientifiques symboles, les Celtes devenus Égyptiens diront que c’est avec une arme de fer que Set, Smou, Bubon, Typhon, le’ Génie du Sud,'

a frappé de mort Osiris, la vivante Unité, le Dieu social de tout le Genre Humain,

Ils ne feront ainsi que répéter ce que la Race noire, sauvage, vingt-quatre mille ans auparavant, avait dit de la Race rouge et ressassé jusqu’à ce qu’elle lui succédât, et produisît, elle aussi, d’admirables architectes et de merveilleux sculpteurs.

Cette horreur du fer entrera même avpc les Ghiborim dans les temples de l’Asie.

Il est vrai que l’aciération de ces derniers s’étendait jusqu’au»cuivre.

Alors, comme de nos jours, mais dans un tout autre esprit, les archéologues sacrés rassembleront dans les

musées des temples les outils dos Ancêtres, leurs instru-

ments de silex et d’obsidiane.

Certaines opérations chirurgicales, legs de l’hygiène sacrée de l’antique Race rouge australe, ne se pratiqueront longtemps qu’avec des couteaux de pierre, comme aujourd’hui encore dans les tribus redevenues sauvages de l’Océanie.

On peut le voir dans Josué (ch, V, 2, 5), à propos de la circoncision en masse des Israélites au camp du.Djel- Djel, après le passage du Jourdain.

En Algérie, en creusant le sol, on retrouvera de nos jours, bien antérieurs aux premiers exils des Rodhones, des tombeaux sphériques de Celtes, prisonniers de guerre des Noirs, enterrés avec leurs outils primitifs apportés d’Europe, ou taillés dans les rocs de la captivité ; mais sur un de ces crânes, nos chirurgiens militaires verront les traces certaines d’une opération du trépan que leurs collègues de l’armée noire n’auront pu pratiquer qu’avec des instruments d’acier.

Même fait à observer dans des tombeaux de l’ancienne Europe.

La imlMiction du fer sera portée par nos aïeux jusqu’au spd de l’Afrique, ou, chez des peuplades redevenues barbares, la corporation des forgerons passera pour un Génie malfaisant.

• L’ignorance aura ainsi interprété à la lettre l’allégorie phimique des savants disciples de Thaoth : le fer est l’os de Set, son oxyde rouge est le sang desséché d’Osiris.

L’oxygène é^ait rattaché dans l’ancienne chimie à la hiérarchie des substances mâles, de là la phrase précé- dente. (L’hiérogramme par lequel Moïse caractérise l’eau, est presque toujours employé, non au singuker, mais au duel, ce qui prouve qu’il en connaissait la composition chimique : Maîîm, les doubles eaux.)

Je pourrais étendre beaucoup ce chapitre ; mais je ne veux, sur ce fleuve des siècles écoulés, qu’entasser assez de documents solides pour que le lecteur y puisse, comme sur un gué, assurer sa marche et me suivre avec sécurité.

J’espère avoir rqmpli ce but, et que dans les Juifs, l'Européen qui m’aura lu ne verra désormais que la plus. vivace de nos antiques tribus, la mieux conservée, après neuf mille ans, la mieux organisée sous les coups terribles du Temps, des peuples hostiles et de la Destinée, comme un métal bien forgé par le marteau dans le feu de l’épreuve

Certes quand ces Bodhones quittèrent l’Europe, ils n’avaient pas conscience de la mission à laquelle, d’en haut, la Providence les réservait.

Sociaux avant tout, comme les Celtes, irréductibles à toute mécanique politique, à tout gouvernement personnel, ils emportaient avec eux le culte des Ancêtres', la commune celtique, le jugement arbitral.

Et ces institutions, si élémentaires qu’elles soient, leur ont conservé pendant quatre-vingt-dix siècles leur physionomie propre, et font même leur force aujourd’hui.

C’est grâce à elles et au caractère social qu’elles ont imprimé à ces nomades, que les Juifs ont survécu à’ tous les empires politiques de l’Asie, et c’est à cause* d’elles et de ce caractère que les Orthodoxes de Kaldée et d’Égypte sélecteront en corps de nation ces vieilles tribus, |H)ur leur faire porter à travers les siècles, comme à des chevaux de sang, le mot d’ôrdre fermé de la'Science et de la Religion antiques, de leurs souvenirs et de leurs espérances sociales.

Il n’est pas indifférent de remarquer que le mot hébreu est un mot celtique, qu’on retrouve non seulement dans Ibérie, dans Abaris, dans Aborigène, dans Avare, dans Hébyreh, etc., etc., mais aussi dans Hébrides et dans le nom que portait encore au siècle dernier l’officier maritime qui, en Bretagne, délivrait aux capitaines de navires leurs lettres de départ.

Cet officier s’appelait bébruyn, expéditeur, ou plutôt expatriateur, si l’on me permet ce mot.

Nous allons quitter ces expatriés, pour les retrouver plus tard en Asie et en Afrique.

Franchissant quatre siècles après ces premiers exodes, nous allons assister à la conquête religieuse et militaire de tout l’État Social des Noirs par une grande division de la Race blanche, sous la conduite d’un homme d’un génie extraordinaire.

Ce théocrate et ce conquérant, que toute l’Asie, à travers ses souvenirs écrits, sculptés ou gravés directement dans la mémoire, révère encore sous des noms diffé- rents, vit à peine dans la pensée des Européens.

Le petit-nombre des rares érudits qui approfondissent les débris littéraires et autres de la Grèce et de Tltalie, soupçonnent cet homme divin, plutôt qu’ils ne le voient nettement.

Pourtant, depuis qu’Anquetil-Duperron, d’Olivet et les 'indianistes de l’école de Calcutta, depuis que Champollion et tous les archéologues consécutifs ont ouvèrt devant l’Entendement européen THistoire sacrée de tous les peuples de l’Orient, il est permis à tout esprit, pour qui le passé est autre chose que de la poussière, de voir nettement, sous cette cendre, l’Ame qui l’orgaiVisa, et qui fut révérée. Elle et Sa Constitution intellectuelle et sociale, dans tous les temples du Monde civilisé.

L’homme dont je parle fut un Celle occidental; il entraîna une partie de la Race blanche en Asie, en Afrique, et réunit tous les royaumes, toutes les colonies européennes des Noirs sous une même Théocratie intellectuelle, sous un même Empire Irinitaire et arbitral, qui durèrent plus de trente-cinq siècles, avant la révolution qui, sous le nom de Nemrod, intronisa dans le Monde le Gouvernement Personnel, la Politique et l’Arbitraire.

Dans le chapitre suivant, nous allons voir s’élever cette Théocratie de l’Agneau, cet Empire du Bélier, qui donna son nom aux Aryas qui en portaient l’étèndard, et dont nous retrouverons plus tard la Tradition scientifique et sociale dans l’Ordre dorien des Abramides, dans les œuvres doriennes de Moïse, dans les enseignements de Jésus-Christ et enfin dans ce que le second Testament et principalement saint Jean nous laisseront entrevoir de leur doctrine ésotérique.

CHAPITRE VI

CYCLE DE R*AM.— EMPIRE UNIVERSEL DU EËLIER. — THÉOCRATIE UNIVERSELLE DE L’AGNEAU. — STNARCHIE TRINITAIRE.

Voici quelle était, il y a huit mille six cents ans, la situation respective de la Race noire et de la Race blanche.

Repoussés de presque toutes les côtes d’Europe, où ils laissèrent des colonies de mulâtres, les Gian-ben- Gian restaient entièrement maîtres de l’Asie et de l’Afrique.

Leurs principales colonies étaient l’Égypte, l’Asie* Mineure, l’ancienne Tauride, la Chine d’avant Fo-Hi, le Japon, la Perse d’avant l’Iran, le Thibet, etc.

Leur métropole avait été l’Éthiopie, tant que la Race rouge avait vécu et dominé la Terre de tout l’éclat de sa civilisation.

Mais depuis que ces Austréens avaient disparu avec leur terre d’origine, grâce au cataclysme auquel l’Hémisphère boréal doit ses Continents actuels, la Race noire avait pris pour centre métropolitain la principale colonie de.la Race rouge, et lui avait donné son nom de couleur : les Indes, pays des Noirs bleus.

L’Inde alors portait encore d’autres noms exprimant

(lés idés religieuses ou sociales : Bharat-Versh, taber-

nacle de Bharat, Bharat-Rhant , gouvernement de Bharat.

Bharat, qui signifie Créateur, ou Loi du Créateur, était l’antique hiérogramuie du sacerdoce de ]a Race rouge, • qui avait donné à la noire ses premiers enseignements et ses premières lois. . • ' •

Le Bharat-¥ersh avait alors deux capitales : Ayodhya, A-Yod-Hy-Â, Principe -Mâle-Être-Principe, Pratishtana, Prat-Ishtan-A, Nature-divinc-Principe.

On ne saurait trop faire attention aux noms propres de l’Antiquité, car ils sont loin d’être le fruit du hasard ou de .la banalité, comme depuis l’écroulement des temples.

Les villes étaient bâties, les nations étaient organisées par les corps savants ou sacerdotaux, et les noms qui leur étaient donnés étaient composés d’après les règles d’un art absolument précis.

Ces noms indiquaient, en le résumant, le caractère spécifique de la ville ou du pays.

Nous venons d'en avoir une preuve dans la signification religieuse du Bharat-Versh, comme dans le sens social du Bharat-Khant.

Les noms des deux antiques capitales de l’Inde expriment également leurs rôles.

Ayodhya, la ville de Dieu, était le siège de l’Université et de la Dynastie solaires.

Pratishtana, la ville de la Nature, était le centre de l’Université et de la Dynastie lunaires.

Le nom de Juif, loud, que prendront un jour certains Bodhones, sera composé de la même racine que Ayodhya.

Cette racine tenant à“la lettre iorf, la première du nom de lÊVÊ, signifiera, en arithmétique qualitative, la décade, en morpljologie ou géométrie qualitative, le rayon perpendiculaire à l’équateur, comme hiérogramme le signe mâle, l’Êternel Masculin, d’où Yod, loud, lehoudim, les masculins, les masculinistes, les théistes Unitaires, et enfin Yodi, qui, en égyptien comme en hébreu, s’appliquait à l’Inde, la terre orthodoxe par excellence.

En Pers^, les deux villes métropolitaines des Noirs s’appelaient : Ishdankaïr, Centre de Dieu, et Bamiyan, Temple de la Colombe.

Le même mot Ishdan, que nous venons de voir dans Pratishtana, se retrouve encore dans le Hongrois, où il signifie Dieu ou Génie.

L’Asie Mineure au pouvoir des Noirs s’appelait la Plaksha, la juridiction de la Paix.

Sa capitale était Salem, la sphère de l’ünion.

L’Égypte s’appelait Chemi et Mitzra.

Chemi faisait allusion à la situation resserrée de ce pays, Mitzra à son soleil.

La capitale de l’Égypte, alors creusée dans le roc vif, s’appelait Thebah, l’Arche solaire, la Cité Principe.

C’est le nom que Moïse donnera au Tourbillon biologique de notre Système solaire.

Les Noirs appelaient l’Afrique tout entière Libye, cœur.

Ce mot prouve que la forme de ce Continent avait été géodésiquement déterminée, soit par eux, soit par les Rouges,, et il se retrouve dans toutes nos langues, pour

eiprinfter toutë^ tles idées; physiques on moi;ales qui se ralfachent au mot cœur ; lobe en français, /o»e en anglais, Jtéte en allemand, liovbof en russe, Icmha en slawon , Ivhk en polonais ,« loubitsa en serbe , et • jusqpie dans notre vieux mot français lubie, caprice du cœur.

Le nom de l’Europe occidentale était Varaha, celui de l’Europe orientale Kourou.

Varqha signifiait la Terre sortant de l’Océan, le Continent de l’Ouest.

Ce mot se retrouve dans varech, comme dans Yaraighes, ainsi que dans l’arabe qui exprime encore l’idée de Continent.

Nous retrouverons bientôt ce nom porté en Asie par les conquérants blancs, jusque dans l’Inde, témoin les Varvaras successeurs des Dravidiens, et attestant une migration de l’Europe occidentale.

Il persistera, en Europe, dans une multitude de dé- signations de fleuves ou de rivières, de villes ou de contrées, de peuples émigrés de l’Occident au Nord et à l’Est de notre Continent : Var, Yaraighes, Warszawa, Varsovie, Varna, etc.

Les prêtres celtes feront de la racine de ce mot le signe de ce qui est pur sang, ou sens pur, enfin du Vrai et de la Vérité.

Cette racine exprimera aussi la guerre, War, le soulè- vement de la Varaha.

Kourou, traité par l’hébreu ou plutôt par l’égyptien moïsiaque, signifie la règle de l’eau, ce qui arrête le niveau ou le cours de l’eau ; et les mines de sel de Pologne expliquent suffisamment l’exactitude de cette expression, qui répond à l’époque où notre Continent résorbait lentement les eaux d’où il était émergé.

Ces deux mots)»*Yaraha elXeuroU^t^^lrouvent danalles plus antiques traditions de l’Inde. >

Je les interprète par l’égyptien raoïsiaque et non par le sanscrit, parce qu’alors ce dernier, postérieur à la conquête des Aryas, n’existait pas, tandis que l’égyptienque Moïse adoptera un jour comme langue morte, exis- , fait alors dans toute sa perfection hiérographique.

Yaraha et Kourou exprimaient donc Iq nouveauté de notre Continent se soudant à lui-même, son récent dégagement des eaux remontant à vingt et quelques, siècles alors, c’ast-à-dire, aujourd’hui, à cent sept siècles environ.

Il n’est pas inutile de remarquer que la Mer d,es Yarechs ou des Sargasses correspond à peu près aujourd’hui à la situation qu’occupait une partie de notre Hémisphère avant le dernier renversement polaire.

Si, comme j’en ai la certitude, la Science antique a approfondi tous les Mystères de l’ünivers et, à fortiori, de notre Système solaire et de notre Globe, l’Europe aurait, à l’heure où j’écris ces lignes, treize siècles devant elle, avant de mourir comme Continent, avant de disparaître sous les Mers, sauf ses montagnes redevenues îles, grâce aux mômes causes morales et physiques qui l’ont fait émerger de l’Océan.

Les grands travaux des ingénieurs sacrés, connus sous les noms de travaux brahmaniques, d’expéditions d’Osiris, de Bacchus, d’Hercule, etc., étaient à peine ébauchés.

Le Nil lui-même n’était pas encore endigué, dit Hérodote, et la plus grande partie de ses eaux roulant à l’Ouest, à partir de la première cataracte, longeaient les oasis actuels d’El-Kharcen et d’El-Bahrié.

L’ar^it^cture 'détachant les pierres, H )u les taillant en pleine^Oittaghé, s’exei^ait avec une puissance incroyable ^ns -lés Indes, 4n Perse, dans le Caucase, en Ëgypte, où, pendant,de longs siècles, on ne fera que réparer les anciens travaux.

Antique symbole de la Race rouge, l’énorme sphinx de Giseh existait, ainsi que le temple primi|if d’ipsamboul.

Teint en rou^e sombre, le sphinx regardait comme aujourd’hui l’Orient avec une bouche de deux mètres trente trois centimètres de diamètre et le reste à l’avenant.

La Flore et la Faune étaient alors aussi puissantes eu Ëgypte qu’aux Indes.

;En Perse, Bamiyan était fouillée dans le roc.

peux statues gigantesques restées debout portent encore témoignage de ces temps.

L’une sert de cariatide Janitoriale à l’entrée d’un temple, où une armée entière a pu séjourner avec tout son matériel et ses bagages.

• Ayodhya, sur la rive sud du Sardjou, affluent du Gange, avait, comme nous l’avons dit, soixante kilomètres de long.

G.’était alors, diront les Pouranas, la Métropole de la Terre.

Si je voulais faire ici un vain étalage d’érudition, il me serait facile de montrer les principales places de guerre des Gian-ben-Gian, leur organisation daite ses' détails, leurs sanctuaires, leurs mœurs publiques. J ^

Mâis nous devons nous borner à ce qui est indispep-*. sable pour qüe le lecteur voie nettement revivre*' cé‘ passé, laissant à son intelligence le soin de nous compléter.

^ L’Empereur de la Race noire, le suprême Souverain de la Bynastie solaire, portait le titre des anciens rois dé la

Biice rouge, Rawhan ou Rawhon, Dragon, Sumillant général.

Ses vice-rois de la Mitzra, de la Plaksha, de l’antique Perse, avaient le titre de Pha-Rawhon, reflet du Dragon, Rawk-Shasas, ce dernier mot signifiant alors fidèles dans l’ancienne Perse des Noirs, comme son équivalent égyp-, tien Shésus. ^

Il y a aujourd’hui quatre-vingt-six siècjes, le Rawhan régnant à Ayodhya était Daçaralha, cinquante-cinquième monarque solaire depuis Ikshaukou, disent les Brahmes.

Son blason brodé sur les étendards, frappé sur le*s monnaies, était le Dragon, qu’on retrouve encore beaucoup plus tard dans les noms Darick, Darack, Dragme, Drack-Mon, Dragon de Lune, Dragon d’argent, première monnaie que les Européens méridionaux reçurent des Noirs, et remplaceront par des pièces au coin du Bélier et de l’Agneau, que nous verrons encore entre les mains des Abramides.

Je n’ai pas besoin de rappeler ici quel souvenir le ' blason du Dragon a laissé dans les légendes de nos trois, Continents, depuis les Indes jusqu’à la Chine, depuis le fond de l’Europe jusqu’aux confins de l’Afrique. •

L’État Social des Giaa-ben-Gian était sans castes, comme l’ont souvent rappelé les bouddhistes d’avant Salcya^Iouni f il était parfaitement organisé, avec égalité des Sexes au foyer et dans le temple, avec des Communes où le droit électoral appartenait aux pères et aux m|rçs de famille, avec ses corporations de métiers et d’arts affilié^ au Sacerdoce, Assemblée souveraine des Corps enseignants.

Les sciences divines proprement dites étaient à la garde de l’üniversité sacerdotale et de la Dynastie solaires

L’ordre triple des sciences de la triple Nature figurée dans 1$ nom d’Ève était le partage du Sacerdoce, de rUniversiti^ et de la Dynastie lunaires.

La constitution intellectuelle et sociale avait été l’œuvre de l’Ordre religieux figuré chez les Rouges sous le jiom de Bharat, vingt-trois siècles en arrière.

Le Système religieux, ou plutôt la Synthèse scientifique remontait à l’Unité de Dieu, symbolisée dans l’hiérogramme de Wodlia.

Nous, retrouverons ce "nom partout, jusqu’en Scandinavie. ,

C’est ce même symbole verbal, altéré en celui de Boudh, que prendront par la suite tant de réformateurs indiens,

Cette grande Unité se manifestait par une Dyade androgynique, Iswara, l’Esprit mâle, Pracriti, l’Intelligence féminine.

Comme je l’ai dit, la. Biologie de l’Univers, la Cosmogonie, et, à plus forte raison, la Théogonie, étaient réservées à l’enseignement oral, et formaient avec la double hiérarchie des sciences naturelles et des sciences humaines, le Quaternaire figuré dans le Nom sacré.

Les signes visibles de l’Univers n’étaient considérés par le culte qu*en raison de leur signification intelligible et vivante.

Le peuple confondait, comme partout, ces signes avec les intelligences universelles qu’ils signifient.

Aussi, plus on s’éloignait des métropoles, plus on voyait le vulgaire tomber volontiers dans l’adoration des Astres, de la Terre, des animaux, des végétaux, des élé- ments, tandis que les lettrés et les sages n’y révéraient que les Règnes intellectuels, ‘la hiérarchie des Puis-

sances cosmogoniques, intelligibles, dont témoignent toutes ces choses, chacune à son rang.

Toutes les manifestations possibles de la Vie dans tous ses ordres étaient l’objet, non seulement de l’étude^ mais du culte qui en était la conséquence; et, dans l’esprit du Monde antique dont Je parle, tous les symboles des lois divines et Universelles gravés dans l’organisipe humain, étaient pieusement compris et révérés.

Tout l’Orient garde encore la mémoire de ce^ symbolisme et de ce culte biologique, et l’Européen qui ricane aux IndeS, au Japon ou ailleurs, en voyant passer certaines processions d’indigènes recueillis derrière certains symboles, ne prouve que son ignorance, la séparation de son entendement d’avec la Vie elle-même et ‘son Esprit.

Les fêtes publiques étaient alors grandioses.

Les représentations théâtrales ne portaient point encore les noms sanscrits de Drames et de Tragédies qui signifieront fêtes du Bélier, mais celui de Natales.

Dans ces nataks, ou mettait en scène les grandes allégories de l’IInivers et de l’Humanité.

Le chant des chœurs, Gana, l’harmonie instrumentale, Vadhia, la marche astronomique des masses chorales, étaient réglés par les sacerdotes sur six modes musicaux parfaitement distincts, tant au point de vue arithmologique qu’au point de vue géométrique, et ne constituant nullement nos deux modes européens en plusieurs tons différents, comme on le croit à tort.,.

Ces six modes, symboles mathématiques de la grande Année céleste et de la petite année terrestre, étaient : Malava, Sriraga, Hindola, Dipaca, Mégha, Bhaïrava.

On retrouve ce système musical de Bbarat sous toutes les anciennes mélodies populaires de la Terre.

Je regrette ici de n’être pas de l’avis de l’éminent Rajah, Sourindro Mohun Tagore, lorsqu’il croit pouvoir affirmer que l’Iiide antique ne connaissait pas la Science de l’Harmonie.

J’ai entre les mains des preuves irrécusables du contraire ; et cette science, à cause de ses analogies universelles, faisait partie, dans les Indes comme partout, des connaissances ésotériques les plus secrètes, quoique, en tant qu’art, elle fût dans les mains de tout le monde.

Aujourd’hui, la vieille barbarie européenne dit, avec le conservatoire de Paris et son organe, M. 'Fétis : la Musique est l’art de former des sons agréables à ' IVreille; et Descartes l’avait dit avant lui.

" ’ fc'antiquité y voyait autre chose de plus important ; ^ mais passons.

Dans ce. qui précède, je n’ai voulu que faire sentir le haut degré de culture qu’avait atteint l’État Social, où les Celtes bodhones s’étaient réfugiés, quatre siècles avant le temps qui va nous occuper.

Accueillis avec bienveillance, les exilés s’étaient installés dans les terres qu’on leur avait concédées jusque dans l’Arabie.

Les plus intelligents s’étaient assimilé les sciences et les arts des Gian-ben-Gian, les autres se livraient à l’agriculture ou au cormnerce; tous se gouvernaient suivant leurs coutumes celtiques, dont la forte institution du kahal (rassemblement de tous) était le principal organe.

Le kahal est, à proprement parler, la commune de nos pères, le pouvoir juridique arbitral nommé par les chefs de. famille, hommes et femmes.

. Les délégués des communes formaient ensuite l’assemblée des Haqs.

. Voioi quel était alors l’État Social de la Race blanche' en Europe. - , ;

Entièrement fondée sur la nécessité de la guerre,- la Société celtique était forcément turbulente.

De nombreuses révolutions avaient déjà secoué depuis des siècles les tribus de la Varaha et du Kourou. ,

• A l’origine de toutes les Races, les femmes s’éveillent les premières à la connaissance et à la sensation biologique des choses et des êtres invisibles.

Aussi, chez les Celtes, comme partout ailleurs, elles avaient été les premiers interprètes de la Divinité, et les hommes les avaient adorées comme telles.

La Religion, la Vie, la Science et l’Amour avaient longtemps pour organe médiateur le Collège des {Ifut, desses, avec ses divisions en différentes classes de magk’ ciennes, de sacrificatrices, de voyantes et de thérapeutes.

Mais, après avoir été des initiatrices bienfaisantes et véritablement éclairées d’en haut, après avoir été les maîtresses lumineuses de l’intelligence, de l’ânie et du cœur de leur Race, après avoir fondé le Culte des Ancê- tres et institué les trois Ordres sociaux du Sacerdoce, de la juridiction militaire et de l’Administration communale par les Anciens, les Druidesses, sous l’incitation de, quelques politiciens ambitieux, voulurent maintenir par la superstition et par le Pouvoir une Autorité que l’inspiration et la persuasion leur avaient seules donnée.

Au lieu de la Providence, elles devinrent bientôt les interprètes du plus farouche Destin, et les hommes se révoltèrent contre elles.

Le même phénomène social s’est reproduit partout, jusque chez les naturels de la Terre de Feu - régressés vers 1 état primitit , et offrant encore aujourd’hui à 1 observation du voyageur certaines fêtes étrangesen

commémoration de la rébellion de la Faculté mâle contre la- Faculté féminine.

Nous trouverons aussi sur notre route, chez les Amazones particulièrement, le renversement du m^e fait, amené par une cause identique ; la Domination politique de l’Homme.

Au nom de Tjior, au nom de Friga, du fond des antiques sanctuaires où les Druidesses évoquaient les Ames des Héros, les Esprits des "Ancêtres, des arrêts sanglants grondaient sur les têtes mâles de la Ccllide ; <2t c’était aux plus hautes, à celles qui prétendaient à la direction dea affaires, que s’attaquait la tempête des passions dorqinatrices.

Une épouvantable superstition, née de la vaillance même de la Race et du courage militaire qui avait été sa sauvegarde, décimait l’élite des mâles.

Tout le monde a présents à la pensée les horribles sacrifices humains dont les Druides ont ensanglanté, non seulement l’Europe , mais l’Afrique et l’Asie jusqu’aux Indes.

A .chaque instant; les plus fiers étaient désignés pour partir de l’autre côté de la Vie, comme messagers envoyés aux Ancêtres, à Bor, à Thor, à Oghas, à Teutad, à Iléroll, à Friga.

L’arrêt partait des sanctuaires, et ces vaillants couraient aux roches du sacrifice, pleins de foi, pleins d’espérance, souriants, tendant la gorge au couteau.

C’était pour eux la fête suprême du courage, le sanglant coucher de soleil de la vie terrestre.

Depuis l’Espagne jusqu’à la Grande-Bretagne, depuis la Scandinavie jusqu’au fond du Kourou, le sang viril le plus pur ruisselait aux grandes époques astronomiques.

Tout chef militaire tendant à secouer le joug du Pou-

voir sacerdotal était appelé par la voix lugubre, et tenait à honneur d’être immolé le premier.

Les hçjipimes d’armes voyaient à chaque instant partir leurs gêhéraux, leurs hérolls, leurs hermen, dès que leur influence commençait à grandir.

Ces nobles victimes étaient, ici frappées du glaive, là» bfoyées sous des rochers, plus loin noyées dans des abîmes , ailleurs dévorées par les flammes , parfois enterrées vives.

Jusqu’en Sicile, jusqu’en Aftique, jusqu’en Oréce, le sang funïfe, le cri de la mort violente déchire l’air.

D’Islande même, ces atroces coutumes franchiront les flots, et iront s’implanter jusque dans le cœur dela nouvelle Race rouge. . .

Et, plus tard, cette féroce habitude, se renversant, précipitera les femmes elles-mêines sous le couteau du sacrificateur, dans les ondes, dans la Terre et dans les bûchers.

C’est alors qu’un réformateur parut en Occident.

Après avoir longtemps médité sur les maux publics, après s’être profondément instruit dans les sciences et dans les arts, non seulement des Druides et des Druidesses, mais aussi des Prêtres noirs du Sud, il revint dans sou pays, et tenta, par la sagesse et par la douceur, d’apaiser ces passions déchaînées.

Voyant les Celtes, entraînés à la guerre depuis leur origine, en proie à la plus terrible des guerres civiles, celle de la compétition des Sexes à l’Autorité sacerdotale, il essaya de toute la puissance de son génie d’instituer l’égalité de l’Homme et de la Femme à l’autel, au foyer et dans tout l’Ordre social.

Pour reconstituer l’histoirç de cet homme extraordinàire, il faut avoir recours aux liyres sacrés des peuples

blancs, qu-’i! entraîna à sa suite en Asie et en Afrique.

Grâce' au fanatisme et à l’esprit de domination, tous deui fruits de l’ignorance et des passions ténébreuses, il ne nous reste plus rien de nos antiques annales runiques.

L’Edda est une œuvre récente, si on la compare à l’antiquité dont il s’agit ici; et, sans Moïse, sans les Pouranas, sans l’Avesta, sans les Kings et ce que les auteurs grecs nous ont laissé transpirer des traditions des sanctuaires, nous n’aurions aucun moyen historique de reconstituer le fond réel de ce Cycle si important.

Les auteurs indiens, aryas, iraniens, le poème de Job, donnent au réformateur celte le nom du symbole de son blason i Bam, en celle primitif. Bélier.

Elihou, l’un des sages amis de Job, emblème de la douleur des Bodhones, s’intitulera descehdant de Ram.

Les Persans, à cause de sa réforme du calendrier zodiacal, nommeront également ce personnage. Ram, le Chef de la marche des Astres.

L’Iran portera son nom : I Ram; et les anciens Iraniens l’appelleront aussi Gian-Shyd, le vainqueur des Unitersels, le Cid victorieux des Noirs.

Ce nom se retrouvera plus tard altéré dans Djem- Schid.

Les Brahmes porteront son nom dans le leur qui signifiera la Puissance paternelle ou l’Autorité de Ram ; ils appelleront aussi ce héros religieux Deva Nahousha, le divin Esprit rénovateur; et les Grecs en feront, d’après les Indiens, leur Dionysos.

Son nom se retrouvera dans Ilammon, «n égyptien, Bélier-Loi ; et le temple d’Hammon sera en effet le gardien de la Science ou de la Loi du Bélier.

Le même nom signifiera dans toutes les langues de rdrîent ce qui est élevé et l’Élévation par excellence.

Le mot Py-Ramide signifiera puissance paternelle de Ram, et ces gnomons seront l’indéniable symbole de l’incroyable Synthèse des connaissances ramenées à l’ü- nité par ce réformateur.

Dans l’égyptien moïsiaque, le même nom se retrouve' dans celui du tonnerre Rammamah, dont le maniement . direct était, comme je l’ai dit, familier aux anciens Sacerdoces. .

Après l’expulsion des schismatiques, que nous connaissons sous le nom d’Hicksos'ou de Pasteurs, les pharaons orthodoxes reprendront ce nom comme un symbole religieux : Ramsès.

Les Orthodoxes de Kaldée agiront de même, et le même nom servira d’hiérogramme à l’ordre des. Ab-Ramides, ou d’Abram.

A Tyr, les souverains se glorifieront également du nom d’Hi-Ram.

Nous verrons s’autoriser du même souvenir les Quintes, qui substitueront au nom de Valentia celui de Rome.

En Palestine, plusieurs villes très anciennes s’appelleront Rama.

A plusieurs milliers d’années d’intervalle, diverses épopées sortiront des sanctuaires pour célébrer le même héros.

En Géorgie, le Héros à la peau de panthère, à l’étendard du Bélier, sera célébré dans le Kartlistz’ hovreba werphoviz tkaho sani, brûlé en partie par le fanatisme.

En Grèce, Nonnus le chantera d’après les traditions d’Éleusis; mais le poème le plus gigantesque du monde lui aura été consacré par l’Inde, dans le Ramayan^ bien dea siècles avant. -

Enfin le même nom glorieux, survivant après Mohammed dans les souvenirs des Arabes, se perpétuera dans

celui de .Ramadau, le jugement ou la grande fête de Ram. '

C’est d’après ces traces, à travers ces poèmes histo- ' riques et ces souvenirs, et surtout grâce aux livres sa- • crés de l’Orient, qu’on peut reconstituer d’une manière positive l’histoire de ce théocrate.

Les brahmes lui donnent pour patrie l’Europe occidentale, la Varaha, pour femme symbolique Sila, la Race blanch'e que les Noirs appelaient scylhe.

Son frère emblématique, c’est-à-dire le peuple dont il fit en Europe son allié, est Lack-man, nom celtique qu’on retrouve encore aujourd’hui dans Po-lach, Polonais.

Son principal lieutenant, généralissime de tous les forestiers, est Ilan-ou-man, nom également celtique, qu’on peut transcrire en anglais : Han of men-, thef des hommes.

Après avoir fait dans l’Europe occidentale des prodiges de science et de bienfaisance pour y accomplir une pacifique réforme, après avoir institué l’égalité des collèges sacerdotaux masculins et féminins et la fête de Noël, New-Heyl, le nouveau salut, la nouvelle rénovation, pour perpétuer le souvenir de son Alliance, Ram se vit forcé par la recrudescence des passions dominatrices, soit à la guerre civile, soit à l’exil.

11 avait rallié à son blason une multitude d’hommes appartenant pour la plupart à la caste des travailleurs; mais, du même coup, il avait contre lui le parti militaire et ses chefs.

Les clans les plus jaloux de leur pouvoir et du poids de leur épée, ceux du Taureau, de la Grue, des Saliens, etc., poussaient à la guerre civile, et il y eut une

immense clameur de haro, quand il leva au milieu de ses fidèles l’étendard du Bélier.

Ram avait pris rang parmi les Prêtres; mais il suffisait qu’il voulût les réformer, pour avoir contre lui ceux qui avaient intérêt à maintenir l’état des choses.

Aussi une grande partie du Sacerdoce attisait la colère des hommes d’armes.

« Quoi ! ce prêcheur que l’effusion du saqgeffarouche, ce bénisseur qui veut arrêter l’envoi sanglant des messagers aux Ancêtres, ce poltron, «lève l’étendard du Bé- lier! Lui Bélier! Lui Ram! Allons donc! Le chef du troupeau est un animal de combat! C’est Agneau qu’il faut nommer ce prêtre de la paix! Ram, jamais; Lam ou lamb, à la bonne heure !» , ,

Nous verrons plus tard dans quelle gloire éblouissante, dans quelle lumière divine Ram lavera ces injures.

Lam deviendra son titre théocratique, qu’il transmettra à ses successeurs. Souverains Pontifes de son Empire universel.

Et après quatre-vingt-six siècles, les Lamas du Thibet compteront encore leurs fidèles par près d’un demi-milliard d’âmes.

Cependant la haine s’armait dans la Varaba, et le parti le plus fort voulait noyer le parti novateur dans une mer de sang.

Appuyée sur les castes laborieuses, grossie' de ce que toutes les autres classes, hommes et femmes, renfermaient de meilleur, la minorité réclamait Ram pour Souverain Pontife.

Un arrêt de mort partit de l’île deSeyn, et retentit dans toute la Celtide.

Il fallait de trois choses l’une, ou livrer bataille à sa

propre R^ce, ou accepter une mort inutile, en laissant égorger après lui ses fidèles, ou enfin s’exiler, comme quatre cents ans auparavant, l’avaient fait les Bodhones.

Ram s’arrêta à ce dernier parti, et entraîna avec lui tous ses partisans.

Les feux télégraphiques furent allumés sur les montagnes, les messages portés à travers les mers, et, du fond de la Vgraha jusqu’au Kourou, une émigration de plusieurs millions d’hommes et de femmes s’ébranla.

Le premier disciple de Ram fut proclamé llanouraan. Chef de l’armée, et le réformateur traveroa l’Europe entière, plutôt en conquérant qu’en exilé.

. 11 entraînait sur son passage des multitudes entières qpe st^ science guérissait, que son enthousiasme et sa douceur exaltaient d’une ardeur irrésistible.

C'est de lui que date l’emploi du gui sacré, extrêmement difficilement à discerner, et dont l’efficacité contre certaines épidémies épouvantables, dépend de l’heure astronomique précise où on le cueille et le pré- pare.

C’est lui qui enseigna aux Celtes la préparation des boissons fermentées, le discernen)ent et la culture des plantes qui peuvent produire le vin, la bière ou l’alcool.

Le Ramayan primitif relate la puissance de ce grand homrne, comme théurge, comme thaumaturge, comme thérapeute, comme génie organisateur, non seulement dans la guerre, mais dans la paix qu’il assurait partout après ses victoires; et son immense bonté se révèle dans toutes les paroles que Valmiki place dans Sa bouche.

< Vaincre, c’est pardonner. — Attendez toujours; que l’ennemi blessé se relève. Donnez à tous, ne recevèz de f etsODoe^ » ;

Ce souffle divin qui ne se dément pas une seconde, rappelle le plus pur esprit de la chevalerie chrétienne.

Mais nous verrons que le Christianisme lui-même sera la résurrection de cette Tradition sacrée.

Instruit dans toutes les sciences possibles, Ram avait d’avance tracé sa marche vers ce que certains auteurs appelleraient aujourd’hui l’équateur de contraction, en un mot vers les régions de l’Asie analogues à l’Europe.

Après avoir pris d’assaut les forteresses du Caucase, il atteignit laTatarah, et y trouva de solides alliés.

C’étaient des tribus se rattachant à l’ancêtre Oghas; et, comme je l’ai dit plus haut, la similitude de l’oïghouri et de l’irlandais témoigne aujourd’hui encore de ceUe antique parenté.

Alliés aux peuples jaunes, ces tribus suivaient la Loi européenne de ïhor, depuis l’astronomie jusqu’aux derniers détails de ce que les anciens appelaient la Loi.

Toujours en lutte contre les Noirs, ces Celtes, anciens prisonniers de guerre affranchis, comme la Sibérie le sera tôt ou tard de la Russie, possédaient la région qui, depuis l’alliance de leur étendard, celui du Taureau, avec le drapeau de Ram, celui du Bélier, s’appellera dé- sormais Thor-Ram, et deviendra le Touran.

On peut se faire sur une carte une idée de cet empire, en suivant des yeux les principautés ou royaumes de Khiva, de Bokhara, de Khokand, de Tashkende, d’Hasrat-Sultan, de Maïnome, d’Ankhoy et d’Hérat.

Ces tribus reconnurent Ram pour leur Chef suprême, et celui-ci réforma dé fond en comble leur état intellectuel et social.

Il demeura dans le Touran jusqu’à ce que ses troupes fussent entiérenient armées, organisées, disciplinées',

approvisiiDiiiiées pour la terrible conquête qui s’àppréteit.

L’alliance des Celtes d’Europe, qui vont devenir les Aryas ou gens du Bélier» avec les Scythes d’Asie qui vont devenir les Touraniens, ou gens de Thor associés à Ram, ne sera rompue définitivement que vers l’an trois mille deux cent avant Jésus-Christ.

Aujourd’hui encore, ces souvenirs lointains persistent dans des habitudes que certaines hordes de Ta-tsi ne s’expliquent plus, grâcd à leur dégénérescence et à leur chute, d’une haute Civilisation, dans un ét^t voisin de la barbarie.

. Elles ont encore pour blason l’Agneau noir ou blanc, et certaines fêtes analogues à celles de nos anciens Bretons : l’enlèvement triomphal du Bélier; mais toutes presque sans exception tournent encore leurs regards avec piété vers la contrée des Lamas, Souverains Pontifes de l’ancien Empire universel.

Les vallées étagées dans le Caucase, les temples antiques suspendus sur les montagnes de la Géorgie, sont pleins de Béliers de pierre, symboles de la Loi de Ram.

Le culte des Ancêtres, que Ram institua à la base de sa Théocratie, est resté chez ces peuples vivace comme sentiment, quoique absolument obscurci comme science.

Quand Ram fut prêt, il marcha sur le royaume noir auquel il va donner le nom d’Iran ; il défît l’armée du Dragon en bataille rangée, mit le siège devant la capitale Isdban-Kaïr, et après avoir brisé ses murailles carrées sous ses machines de guerre,, il l’emporta d’assaut..

Les Bodhones de l’Hebyreh se rallièrent à lui comme les Touraniens , et il chassa les Noirs de toutes leurs

forteresses réputées imprenables , BjOlk , Merw , Mesched, etc.

Les débris des vaincus se replièrent vers leurs autres colonies : Arménie , Plaksha , Arabie ; et le gros de l’armée alla couvrir les Indes.

C’est alors que Ram reçut de ses troupes le titre * de Cid, vainqueur des Noirs, Gian-Shyd, vainqueur des Universels, d’où la modification des* langues fera Djemschyd.

De cette époque date ce sage gouvernement, cette Loi pure, cette savante organisation synarchique de l’Iran, modèle et prototype sur lequel se réglera plus ou moins l’Ordre des initiés laïques symbolisé sous le nom patronymique des Zoroastres.

Zend Avesta, IX. Hâ ; Zoroastre consulta Ormuzd, et lui dit : « O Ormuzd, infinie Perfection, divine Justice, Arbitre du Monde, quel est l’homme qui, dans le passé, vous a consulté en ces lieux comme je le fais aujour-

Alors Ormuzd répondit : « Le pur Gian-Shyd, Chef des peuples. Je lui mis aux mains un glaive de lumière, une épée d’or, et il conquit l’Orient, puis il marcha vers le pays du Midi, qu’il trouva beau. »

Je ne parlerai point ici du sens caché de Y Avesta ni des merveilles qui s’y révèlent au sujet de Ram, car le lecteur ne me suivrait plus.

Bien que ce livre antique ne nous soit arrivé qu’à l’état d’extrait, de bréviaire très altéré par l’ignorance, après de longs siècles de décadence, fruit des gouvernements arbitraires, si on savait le lire dans l’esprit où il fut tout d’abord écrit, il laisserait entrevoir des choses extraordinaires ; mais passons.

Bornons-nous ici à relever quelques traits de l’État

religieux et social que liaiin donna aux Celtes dans cette partie du Monde.

Si l’on veut bien se rappeler ce que j’ai dit au sujet .de l’orientation polaire et héliaque dos écritures, on saura désormais pourquoi la runique, la géorgienne, l’arménienne, la thibétaine, la sanscrite, etc., s’écrivent de gauche à droite.

Sur les ruines actuelles d’Istakar, plusieurs monuments ^portent des inscriptions de gauche à droite, et particulièrement celui que les Persans appellent le trône de Gian-Shyd.

Au point de vue religieux. Ram laissa telle quelle la quadruple hiérarchie scientifique des Gian-ben-Gian ou Jaïnas, couronnée par la révélation positive de l’Unité divine, Whod.

11 consacra de nouveau, en y introduisant scs propres prêtres, l’ancien corps sacerdotal ; et les sciences cosmogoniques et théogoniquès demeurèrent le partage de l’Enseignement supérieur.

Quant à la masse, pour en relier les âmes par un lien qui lui fût universellement accessible. Ram institua le culte des Ancêtres, mais épuré des atrocités que la Politique y mêlait en %irope.

‘ Tous les Sages noirs, tbus ceux de la Race jaune se joignirent à lui, et acceptèrent avec enthousiasme cette innovation qui asseyait l’État Social sur sa véritable base : la Vie des Morts.

C’est à dater de ce Cycle que les Ames et leurs diffé- rentes hiérarchies d’outre-torabe furent scientifiquement connues et arlistement révérées en Asie, puis* en ^Afrique, au foyèr par un culte -constant, dans l’Ètat

Social par de splendides fêtes publiques de Jour et de nuit, qui correspondaient aux rapports vivants de ces âmes avec la position astronomique de la Terre.

Au foyer comme dans l’État Social, Ram institua la femme, non seulement l’égale de l’homme, mais sa ’ supérieure dans le grand mystère intellectuel, moral . et physique de la génération et de l’incarnation.

C’est de lui que date cette belle maixime que les

Zoroastres répéteront après lui :

• « Le champ vaut plus que la semence, la fille plus que le garçon* la vierge excelle l’adolescent, la femme l’homme; la^mère égale dix mille pères. >

Il institua l’initiation différentielle des Sexes, et, ’à l’autel du foyer, la femme fut prêtresse comme niomme était prêtre.

Ayant ainsi assuré la Religion de la Vie organique sur l’Autorité de la Vie cosmique des Ames, Ram organisa l’Iran comme il suit.

En souvenir de la Varaha, sa patrie, il éleva la ville de Var, cité immense, carrée, enveloppée de colossales murailles, pouvant en cas de danger abriter les populations rurales et les troupeaux contre un retour offensif des Gians.

« Géants noirs, aux dents blanches, aux oreilles d’éléphant », dit le Vendidad au sujet de ces derniers, et en faisant allusion à leur coiffure, celle des anciens Rouges, que nous montrent les monuments égyptiens.

La contrée dont Var était la métropole fut divisée en seize gouvernements, et reçut aussi le nom de Vara, en souvenir de l’Europe occidentale.

L’unité sociale radicale fut la Famille, Na-Mam.

Les groupes familiaux, pères et mères, constituèrent

la première unité moléculaire, le Clan, Vif, que nous retrouverons en Italie dans viens, vicims.

La délégation des viçs forma le Zantou, que nous retrouverons chez nous dans le Centon ou Canton.

' La délégation des zantous constitua la Daghm, et la O fédération de tous les daghous se résuma dans le Daghou-Çaçli.

Le gouverneur de clan ou de viç avait le nom de Paiti, père du lieu, et n’exerçait le pouvoir que conjointement avec les chefs des na-manas, hommes et femmes.

Le même titre était maintenu aux dignitaires investis de la présidence des autres circonscriptions : zantous, daghous, daghous-çaçtis.

Ce dernier portait en outre le titre de Kan de la Vara U Varkana.

En sens inverse, le pouvoir arbitral rayonnait du Varkana au dernier des Païtis, à travers toutes les assemblées, jusqu’au fond de toutes les na-manas.

Les prêtres institués par Ram ne prêchaient pas, et né parlaient jamais en dehors de l’enseignement universitaire.

Choisis de préférence parmi les Ghiborira ou Celtes de l’ilebyreh, ils se divisaient en savants et en ritualistes officiels.

Ces derniers consacraient les foyers, les assemblées, les travaux des champs et des villes, les fêtes des élé- ments, des êtres végétaux et animaux au service de l’homme ; enfin, ils rendaient à la Terre et à l’Homme, à l’Atmosphère et au Ciel, à la Naissance , à la Vie, à la Mort, à la physiologie de ce Globe et de son Système solaire, un culte intellectuel savant et pur.

Cet accomplissement silencieux des rites de la Science et de la Vie intégrales témoigne de l’exceptionnelle

sagesse du fondateur; et là, comme en %ypte, ce silence a pu faire croire à quelques archéologues modernes qu’il n’y avait pas de culte à cette époque.

Les bardes seuls parlaient et chantaient, mais selon la Loi, et sans ouvrir les symboles de leurs enseigne-- ments et de leurs poèmes.

Les hommes et les femmes qui voulaient s’instruire dans les Mystères de la Loi pure le faisaient par voie de retraite dans les villes saintes et dans les lieux consacrés, comme aujourd’hui* encore au Thibet, dans les Indes,, au Japon, etc., etc.

Sous ce gouvernement de Principes, sous cette Synarchie, dit la Tradition, il n’y eut dans la Vara, ni sectaires, ni despotes, ni mendiants, ni intolérance, ni arbitraire, ni révolte.

Les grands travaux d’utilité publique furent partout exécutés sous la direction des corps savants par des corvées locales librement consenties : grandes 'routes, canaux, assèchement des marais, mers intérieures comblées et ensemencées.

Comme la physiologie de la Terre était parfaitement connue, les forêts, les eaux, les semences végétales, les étalons, utiles à l’homme, furent dans la Loi religieuse l’objet d’un soin particulier.

L’agriculture, la viticulture, l’élevage, la sélection animale et végétale , furent admirablement enseignés et pratiqués, d’après les anciens principes, qu’on retrouve plus tard dans l’agronomie nabathéenne.

Non seulement la vigne, mais l’asclépias acida et d’autres plantes furent cultivées dans le but d’en extraire le vin et l’alcool : kea-soum;

En résumé, dépositaire de la Science, le Sacerdoce,

ou Corps enseignant, constituait l’Autorité absolument désarmée ; les initiés laïques formaient dans le Daghou- Çaçti un Pouvoir royal de Justice ; l’assemblée des Na- Manas, des Zanlous et des Daghous, formait un troi- "sième pouvoir social, de justice et d’économie locales.

Mais les Gians avaient de nouveau menacé les frontières, et, sous peine d’être écrasés sous l’effort réuni des armées du Rawlian du Bharut-Vcrsli et des pharaons de la Plaksa, de l’Arménie, de l’Égypte, de l’Éthiopie, de l’Arabie, de l’Accadie, il fallait agir, coirquérir ou périr.

Aussi les travaux militaires avaient été poussés avec l’enthousiasle vigueur d’une race adolescente, enlevée par un génie tout-puissant.

La belle organisation de l’Iran et du ïouran s’était dressée tout entière, donnant à son chef, armes, armures, cavalerie, infanterie, génie, corps de pontonniers, chars à faux et à feu, machines colossales de siège, vivres, munitions, sans compter toute une Hotte pour la Caspienne, beaucoup plus grande alors qu’aujourd’hui, car non seulement elle était jointe à la mer d’Aral, mais elle couvrait une partie de l’Asie centrale et des déserts, près de l’Oxus et du daxartès, du Syr et de l’Amu-Daria.

Cette flotte avait pour but d’empêcher tout débarquement des Noirs de l’ancienne Tauride, et, après avoir ruiné l’escadre ennemie, elle assura le transport des troupes entre le Caucase et les monts Gaspiens, prenant ainsi la Plaksha par le Nord, pour redescendre ensuite jusque vers l’Égypte.

Pendant ce temps, une autre armée, longeant le désert de Kbaver, traversait le Zeuderoud, refoulant les Gians, et remontait le Tigre pour aller faire sa jonction avec les troupes précédentes.

Travaillés par les Bodhones de l’Hébyreh, ceux d’Arabie embrassaient la doctrine et la cause de Ram, et faisaient leur jonction avec cette seconde armée, qu’il commandait en personne.

La Tradition sacrée s’accorde chez tous les peuples de ce nouveau Cycle à mettre en lumière l’héroïsme acharné avec lequel les Gians se défendirent.

Mais l’enthousiasme religieu-x que Ram inspirait à ses troupes était irrésistible, et successivement toutes les places fortes du Sud et du Nord se rendirent.

Celle qui résista de la manière la plus terrible appartenait à un peuple de femmes celtiques militairement installé depuis quelque temps dans un royaume ayant pour capitale Salem, qui deviendra un jour Jérusalem.

Le nom de Ila-mas-ohne, signifie les mâles-non, les sans-mâles, et non les sans-mam elles.

On retrouve ce nom dans une multitude de tangues; mas, en latin, mâsle en français, maschio en italien, moth en celte irlandais, maz en polonais.

Les livres sanscrits qui ont gardé le souvenir de. ces femmes appellent leur royaume Stri-Radjya.

Dans le Boun-Dehesh, les écrivains de l’Ordre des Zoroastres lui donnent Salem comme métropole.

Ces infortunées, expatriées à la suite des guerres civiles dans lesquelles les deux sexes de la Race blanche s’étaient disputé l’autorité religieuse, avaient fait un culte de la haine des mâles.

Gouvernées par une reine, comme les abeilles, elles n’acceptaient ces derniers que comme prisonniers de guerre ou esclaves dans le harem.

les Bodhones, que nous avons vus s’exiler plus de quatre siècles auparavant, étaient tombés dans l’excès

contraire .par un renversement des causes de la persé- cution qui les avait atteints en Europe.

Nous verrons ceux des déserts, isolés des centres civilisés, retomber dans un état voisin de la barbarie •jusqu’à l’époque de Mohammed, et conserver dans l’Yémen ces lointains souvenirs à l’état d’abominable superstition.

Ils considéreront stupidement la femme comme impure, et le Koran devra leur défendre de pleurer à la naissance des filles et surtout de les enterrer vives.

O

Salem prise. Ram sacra un de ses lieutenants roi de justice du Dieu suprême, Wodh-Iswara-Elioun, avec le titre dç Milich-Shadaï-Ka, que nous retrouverons plus tard dans le fameux Ordre de Melchisédec, roi de Salem.

La conquête de la Plaksha étant achevée et organisée. Ram redescendit vers le golfe persique, et fonda la première Ninive, Nin-Weh l’enfant, le fils colonial, cl Han, sœur. de la Cité arménienne.

Il fit de cette capitale le centre religieux et social du pays auquel il donna le nom de Néo-Reltide, ou Kaldéc : Ka^ld, Ka-Âld, le rassemblement des Anciens.

Il fit alors la conquête de l’Ég^'pte, à laquelle il donna la constitution religieuse et sociale connue sous son nom Hammon, Loi de Ram, et le fameux Rélier zodiacal enrichi de pierres précieuses, grand hiéroglyphe du temple d’Hammon, date de cette époque.

Sa Synthèse des sciences, sous le nom d’O-Sir-Is, le Seigneur intellectuel, resta intacte jusqu’à l’an 3200 avant Jésus-Christ.

Je reviendrai par la suite sur l’organisation synarchique de l’Égypte en trois Conseils ou Pouvoirs sociaux.

Depuis Osiris Hammon, c’est-à-dire depuis Ram, dont

la fête se célébrait à Noël, jusqu’à Menés, Envoyé du Conseil des Dieux de l’Inde, il n’y eut pas de roi en Égypte, mais seulement un président de ce même Conseil des Dieux.

C’est pourquoi Manéthon, grand prêtre égyptien, caractérise cette époque sous le nom de Règne des Dieux.

Pendant ce temps, Hanouinan s’était enfoncé dans l’Inde et la capitale du Bharat-Kant luî opposait une formidable résistance.

Le Rawban noir, Daçaratha, après une bataille désespé- rée, s’était enfermé avec ses troupes innomÊrables dans Ayodhya, la ville de soixante kilomètres de diamètre, où le lieutenant de Ram l’avait investi et l’affamait.

Il faut lire dans le Ramayan le récit de ces guerre? colossales, qui se sont confondues depuis, dans l’imagition des Grecs, avec la lutte des dieux et des géants.

Averti par son lieutenant. Ram retourna dans l’Iran pour y faire de nouvelles levées, et s’enfonça dans l’Inde par la route que tous les conquérants ont suivie depuis.

A son arrivée, l’assaut fut donné en son honneur, et l’immense métropole fut enlevée au cri de Gian-Shyd- Kama.

Daçaratha parvint à s’échapper, et recommença la guerre, qui dura encore sept ans, dit Valmiki.

Villes, plaines, forêts, montagnes, partout on se livra des combats de géants, dont l’enjeu solennel était pour les deux Races la tiare et le sceptre du Globe entier, le Sacerdoce et l’Empire universels.

Dans tous ces immenses travaux, les écrivains sacrés montrent Ram enveloppé de l’auréole d’une puissance plus qu’humaine.

Grandissant suivant le besoin des circonstances, son

génie trouvait dans l’antique science magique et dans l’inspiration des ressources sans cesse nouvelles, forçait les lois de la Nature naturée par celles de la Nature naturante, multipliait ce que le vulgaire appelle des miracles, emportait dans son tourbillon irrésistible, amis, ennemis et jusqu’aux animaux eux-mêmes.

Sa douceur ne s’altéra jamais, pas plus que son indomptable énergie.

Hors du combat, il organisait partout la mansuétude, la merci, la paiX) le fameux aman de l’Orient.

Sa force ^tout intellectuelle était directement puisée par son cerveau dans la Providence, dans la vivante Intelligence de l’Univers.

A travers l’admiration encore vivace des Orientaux, rien dans ce génie ne rappelle la sinistre ligure du héros politique, du conquérant brutal, de l’homme du Destin que, depuis Nemrod jusqu’à nos jours, l’Histoire reverra reparaître à son heure, comme une Comète sanglante, promenant derrière elle la mort et la ruine.

Ram n’était pas de cette race de destructeurs, c’était un fondateur religieux d’État Social.

Nemrod, Alexandre, César, Attila, Charlemagne, Gengis, Timour, Charles-Quint, Bonaparte semblent être dans les démembrements de son Cycle les fantômes sans lien, sans but, de ses lieutenants divisionnaires.

Fléaux et non bienfaits de Dieu, ils n’ont pas laissé d’œuvre qui leur survécût, taudis que l’Asie et l’Europe vivent encore de tout ce que le Cycle de Ram a créé dans l’Ordre religieux et social.

Ram a sur la tête une tiare de lumière, et toute tiare est venue de son Souverain Pontificat, toute mitre a été taillée dans sa coiffure imitant les cornes du bélier.

Ram tient le glaive pour préparer son œuvre sociale, mais c’est un glaive d’or, disent les Zoroastres, il ne frappe

que pour guérir et réorganiser le Corps entier de l’Humanité.

Sous le souffle de ce pur esprit, dont la décadence et l’ignorance ressuscitées feront plus tard le dieu du vin, l’amour universel de l’Humanité va sortir de cette conquête, embrasant la philosophie et la poésie les plus puissantes qui aient jamais été ressenties et formulées.

Or, si l’homme s’agite sur celle Terre, si, son Ame collective sert, sans qu’il le sache, de champ de bataille aux Puissances de l’Ordre invisible, quelle ne dut pas être, dans le cœur de l’Adam-Ève des Cieux, la fête sainte que lui donna le spectacle grandiose de cette création conduite par ce lumineux coryphée, par ce fils glorieux de la Varaha.

Son adversaire, le Rawhan noir, que Valmiki nomme Daçaratha et Nonnus Dcriadès, n’était pas, lui non plus, un homme ordinaire, ni disposé à céder sans combat la tiare et la couronne vingt-deux fois séculaire de sa Race.

On peut voir dans ces deux auteurs, si éloignés quant au temps et à l’espace, comment ce chef des peuples noirs disputa pied à pied sa retraite vers le Sud de son empire conquis, comment enfin, mettant la mer entre la défaite suprême et lui, il passa sur un immense pont de bateaux dans l’île de Lanka, et s’y retrancha dans des villes antédiluviennes.

Mais quand la Providence combat par Pâme d’un homme pour créer l’avenir, que peut le Destin dans une volonté adverse pour conserver intact un passé, dont la transformation est devenue nécessaire?

Rien, quand même l’homme de la Providence ou de l’Inlelligence pure serait, en apparence, vaincu par ceux du Destin ou de l’instinct dominateur, comme un jour sur le Gol gotha.

Mais ici, le génie de lumière devait vaincre immédiatement pour bâtir son œuvre de pied en cap et d’un seul coup.

Un pont de bateaux fut jeté sur la mer, et les Indous ■ révèrent encore aujourd’hui, sous le nom de pont de I Ram, les rochers qui lui servirent d’assises.

La Race blanche, la Race celtique du Bélier, Hanouman en tête, était, dans Ceylan.

De Jaffnapatnam, la grande armée marcha sur Lankapour, derrière les murailles de laquelle Daçaratha s’était retranché avec ses troupes, ses sacerdotes, ses princes et sa famille.

Les autres forteresses furent aisément enlevées, ainsi que la grande et magnifique cité antédiluvienne Anouradhapourala.

Le grand Khan, le généralissime de Ram, concentra bientôt toutes ses forces sur Lankapour, et quand les travaux de siège furent terminés, une pluie de feu tomba sur le palais du Rawhan, et l’assaut fut donné.

Ram joignit dans la mêlée le Rawhan noir, qui ne voulut point se rendre, et qui fut tué en combat singulier par le chef des Celtes du Bélier.

Alors commença dans l’Inde entière le travail de la nouvelle organisation religieuse et sociale, et cette vieille métropole demeura le centre de l’Empire universel, mais sous un nom nouveau, celui de Koush, ou de Kansh qui se substitua à ceux de Bharat-Versh et de Bharat-Rhant.

Telle est l’origine de ce fameux pays de Koush, qu’on a prétendu retrouver dans tant de lieux différents, voici

Ce nom exprimait l’Empire arbitral mâle, l’Empire du Feu-Sacré, dont le Bélier était l’hiéroglyphe.

Or, tous les pays éloignés, pour échapper à des suze-

rainetés voisines, se déclareront plus tard pays d’Empire, ou pays de Koush, lorsque, comme le dira Moïse, à l’Empire arbitral de Koush aura succédé l’empire arbitraire de Nemrod.

Voilà pourquoi, depuis l’Arabie jusqu’à l’Éthiopie, la' Syrie, la Crimée, la Tauridc du Caucase, on trouvera tant > de pays de Koush.

Ram sacra et instaura comme empereur le premier Koushade l’Inde, dans la métropole du monde, Ayodhya.

C’est à partir de ce moment que toute trace de la ITynastie lunaire diSparaît dans la chronologie des Brahmes, et est remplacée par le nom mystérieux de Youd, Yod, ou Wodh-Ester ou Istir, lieutenance du Principe masculin.

Ce Kousha régna comme Roi des rois de Justice, comme Empereur arbitral de tous les souverains de l’Arabie, de la Kaldée, de Siam, du Japon, de la Chine primitive, de l’Iran, du Touran, du Caucase, de la Plaksha, puis de l’Égypte, de l’Éthiopie, de la Libye, et enfin de toutes les colonies de l’empire du Bélier, dans les îles et sur les côtes de la Méditerranée.

Le nom de Bacchus, qui signifie retour de Koush, Back-Koush, n’exprime pas autre chose que le mouvement récurrent de l’Ordre impérial du Bélier, du fond de l’Inde jusqu’en Italie, en Gaule, en Espagne et eu Portugal.

Nous avons vu en Perse comment ce théocrate avait organisé l’union des Sexes et la Famille sur la Communion des Ames cosmiques, des Ancêtres ou Assours, comment il avait constitué la Commune locale avec une science et un art que peu de législateurs ont atteints et que nul n’a dépassés.

be Livre des Morts de l’ancienne Égypte est un des mille débris de son Culte.

Comme son but n’était point la Domination ni le Pou-

voir, mais l’Autorité du Vrai dans la Vie des Sociétés, son œuvre fut tellement durable qu’après quatre-vingtsix siècles, les bases communales en sont encore vivantes, plus solides que celles de nos éphémères machines ' politiques.

Quiconque a observé l’Inde avec quelque attention a été frappé du. caractère indissoluble de l’Aldée.

J’ai déjà donné l’anlique étymologie de ce radical dans les mots Celte ou Kelte et Kaldée, Ka-Eld, Ka-Ald, rassemblement des Anciens. ‘

L’Aidée, l’Ancienneté par excellence, est encore aujourd’hui la commune indienne, telle que Ram l’a fondée; et tojjt Brahme instruit, tout Pundit s’accorde à dire que cette molécule sociale n’a presque pas varié depuis son institution, sauf à partir de la conquête anglaise qui l’a plus altérée que les Musulmans et les Mongols.

Quoique déprimée momentanément, l’Aldée a survécu à tout avec ses délimitations foncières, son cadastre, son Système administratif propre, sa juridiction locale, petite société autonome, quoique soumise au gouvernement central.

Le type gouvernemental sur lequel était organisée l’Aldée était précisément celui que nous retrouverons dans Moïse, et auquel j’ai donné le nom de Synarchie.

L’assemblée des pères et des mères de famille (kaald-ry) nommait trois conseils spéciaux sous la présidence également élue d’un thas-ild-ar, père des anciens du Bélier.

Ces trois conseils correspondaient à la vie intellectuelle, morale et économique de l’Aldée.

Le premier était le garant et le gardien de tous les engagements, de tous les pactes intervenus entre les individus considérés comme membres de famille et

l’Aldée, d’une part, entre l'Aldée et la constitution religieuse, juridique et sociale de l’Empire, d’autre part.

Ce conseil avait pour délégué le ra-ias-som, regard — conformité — gouvernement.

Le second conseil avait la garde de la paix publique matérielle, justice de paix et police, et son délégué était le ta-le-ari, juridiction — directe — gens du Bélier.

Le troisième conseil correspondait à l’administration des intérêts économiques de l’Aldée, de son trésor, de ses recettes, de ses impôts, du contrôle et du change des valeurs mobilières, des monnaies d’or et d’argent ; et son délégué administratif était le schar-raff, chair — prospérité.

Ces trois administi'ations spéciales étaient nomméfs en assemblée générale ou Kaaldry, sur la proposition du Thasildar.

Nous retrouverons cette assemblée des Anciens dans Israël, presque sous le même nom, Kahal, union locale de tous.

Sur la demande du Thasildar, le Sacerdoce central attachait au premier conseil un Pundit, prêtre, mathé- maticien, naturaliste et astronome, un médecin, jun maître d’école, un corps de musiciens et de devadassys, ou bayadères.

Ces dernières, analogues aux Vestales, faisaient vœu de chasteté.

Ainsi les organes sociaux représentés par le Raiassom, par leTaleari, par le Scharaff, correspondaient, le premier à la vie intellectuelle et morale, le second à la vie civile et juridique, le troisième à la vie matérielle et économique de l’Aldée.

Entrons dans un des villages de ce Cycle, et voyons comment fonctionne cette organisation.

Pas un agent du Pouvoir central ne tourmente l’Aldée, ne feusse dans ses libertés locales cette petite société complète en soi, aussi éclairée, aussi bien organisée, aussi heureuse que possible.

S’agit-il de la vie intellectuelle et morale de l’Aldée?

La Religion synthèse des arts et des sciences, est là, consacrant les institutions, les mœurs, la solennité du mariage, de lia naissance et de la mort, l’autel des foyers domestiques, les engagements mutuels de foyer à foyer, les travaux agricoles éclairés par les grandes fêtes astronomiques. ,

Non seulement l’IIomme, mais la Terre et le Ciel, les éléments, les animaux et les végétaux sont religieusenjent qt scientifiquement cultivés.

Le temple est ouvert à l’adulte, l’école à l’enfant ; à tous la Sagesse est offerte, graduée selon l’Age, selon le Sexe, selon le Rang que détermine l’aptitude.

Mais la Sagesse n’est pas assez pour le bonheur de ces paysans, de ces humbles : la Vérité se fera pour eux belle d’une esthétique et précise Beauté ; la Science de la Vie apparaîtra charmante à ces petits, et elle cultivera leur pensée, leur cœur, leurs mœurs avec un art merveilleux qui fera jaillir le Divin de l’Humain dans une harmonie et dans une félicité sociales qui enchantent, en lisant les livres sacrés des Aryas.

L’Art vivant sera partout, au foyer, dans tous les rapports de l’Homme avec lui-même et avec la Nature, dans les fêtes publiques que la Grèce prendra plus tard pour modèles.

La langue que le Pundit et le maître d’école parleront deviendra par la suite la plus belle et la plus poétique du monde, et tout ce qu’elle enseignera sera rythmé par le lyrisme le plus éblouissant qui soit jamais sorti de l’enthousiasme du Vrai, de l’assentiment viril

(le l’intelligence et de l’âme à la Science de la Vie.

Le maître d’école de l’Aldée n’était rien moins que le pauvre pédagogue de nos villages.

Frappé dans un autre moule que la mécanique officielle et administrative de nos Universités, il était avant tout charmeur d’âmes, et y suscitait moins la mémoire automatique que la Vie.

11 était le Rapsoada des veillées, et nujle loi n’avait besoin de faire délester l’instruction en la rendant obligatoire, car on la donnait de telle manière que la recevoir était un pkisir, non seulement pour le marmot, mais même pour les parents et les grands parents.

Écouler les merveilles de la Pantcha-Tandra admirablement dites entre des chants et des danses supcrbejs, sous la clarté féerique de Mâ, sous la lune des Indes, soleil de nuits sans pareilles, c’était la récompense de l’écolier, aiguillon plus efficace que les pensums et les gifles.

Et c’est ainsi qu’au lieu de nos méthodes mortes les âmes des enfants recevaient dans une surhumaine poé- sie, comme à travers un lait approprié, la vivante communion du Vrai et du Juste dans des symboles, des lé- gendes, des allégories magistrales, fruits bienfaisants de l’arbre de la Connaissance greffé sur l’arbre de la Vie.

Guidé par le Pundit, ce maître d’école, cet humble rapsoada, souvent fakir et magicien merveilleux, était l’interprète bien stylé de la grande culture sacerdotale, le coryphée rural de l’esthétique sociale la plus savante.

C’est lui qui organisera les fêtes héliaques ou lunaires, les jeux, le théâtre et les mystères de psychologie expérimentale de l’Aldée, suivant les canons et les rites des temples.

C’est lui qui montrera le drame, Da-Ramat la repré- sentation de la Loi du Bélier, la tragédie ou la comédie

héroïque jque Vyasa aura composée, écho divin de ce que les initiés entendront dans les cryptes des temples souterrains, dans les sanctuaires de l’Inde, du Thibet, de la Perse, de l’Égypte et enfin de tout l’ancien monde.

Aujourd’hui encore, bien que déprimée par les conquêtes successives, bien qu’exploitée jusqu’à la ruine, l’Aldée rustique entend parfois encore Avany, Sarangua, Sacountala, de l’IIymalaya jusqu’aux bouches du Gange, de Ramisserara jusqu’au pic de Woddha noçamé depuis Sakya-Mouni le pic de Bouddha, et depuis l’invasion musulmane le pic d’Adam.

L’exécution de ces chefs-d’œuvre sera presque toujours si parfaite, d’un art si vivant, si naturel, si rempli encore du souffle religieux qui l’a créé, que l’enseignement mé- canique de nos Conservatoires, que les entrechats de nos danseuses, que nos absurdes opéras sans portée intellectuelle ni morale, en seront singulièrement dépassés.

Et pourtant, fruit de la conquête et des gouvernements politiques, la ruine mord au cœur, à la tôle et aux membres cette vieille société du Bélier.

Pendant de longs siècles, les acteurs, hommes et femmes, restèrent religieux, appartenant à des Ordres spéciaux.

Les chefs-d’œuvre de la sculpture indienne, prototypes de ceux de l’art grec, furent dus à ces merveilleux acteurs, qui servirent de modèles à l’artiste sacré.

Dans les cryptes immenses des temples, à la clarté des lampes et des feux de Bengale, endormis d’un sommeil extatique, puis réveillés dans la grande Lumière intérieure par les prêtres, ils allaient saisir dans l’Absolu la scène idéale, et la fixaient dans leur attitude et dans leur expression.

C’est ainsi que l’Art comme la Science est sorti tout entier des sanctuaires, et que, bien des siècles avant

Phidias et Praxitèle, les types divins de l’Humanité ont posé vivants devant les regards éblouis des Daouthia, des Ramana, des Aryavosta.

C’est ainsi enfin que, projetée jusque dans la dernière des Aidées, la vision céleste du Beau était donnée au ‘ dernier des Padiahs, par le dernier des mimes sacres, par ' la dernière des bayadères sacerdotales.

On retrouvera cet enthousiaste entraînement partout où l’Empire du Bélier portera 'sa Constitution tKéocra-

Jusqu’en Tauride, jusqu’en Thrace, jusqu’en Grèce, jusqu’en Étrurie, sous mille noms différents, la civilisation du Bélier et de l’Agneau brandira le flambeau de la Vie divine, de V Âdveniat Regmm Tuum, du Fiai Volontas Tua, sicut in Cœlo et in Terra.

Telle était l’impulsion organique que le génie de Ram, éclairé par une Tradition de plus de soixante-quinze siècles, imprimait aux générations humaines; tel était le moule intellectuel dans lequel elles allaient être frappées.

Redescendons maintenant le cours des âges, examinons n’importe quel village de l’Eui'ope actuelle qui porte dans ses institutions sociales la marque de l’ordre politique de Nemrod, bien que l’ésotérisme de son esprit religieux la conduise, sans qu’elle le sache, à la transfiguration de l’Ordre synarchique de Ram.

Voilà le clocher, le temple de l’Agneau, et voici la maison d’école, et c’est tout.

Un pauvre prêtre de la Mort, désarmé de toute science de la Vie et de la Mort elle-même, un malheureux maître d’école, dont la mémoire seule a été exercée et cultivée : voilà, en fait d’Éducalion et d’instruction, tout ce que l’État accorde à l’Aldée européenne.

Ce serait à peu près suffisant, si le prêtre et le pédagogue savaient ou pouvaient apprendre ce qu’ils ne savent pas; s’ils n’étaient point à la geôle d’un double État, dé- primés et marqués tous deux du sceau d’un inepte fonctionnarisme; si, libres dans la Corporation de leurs pairs vrespectifs, ils y trouvaient l’atmosphère intellectuelle et morale, la maîtrise, l’Autorité soucieuse de leur valeur qui, seules, peuvent garantir l’individu dans son activité professionnelle.

Or-, ce qui frappe tout d’abord dans nos villages, c’est l’absence de toute esthétique sociale, de tout Art de la ¥ie, de toute callipédie au foyer comme dans les fêtes publiques.

A. l’église, un affreux serpent accompagne des voix sans culture, et le citoyen pédagogue stylé par l’informe ' athéisme universitaire n’honore même plus le lutrin de sa présence.

C’est à peine si le malheureux curé pourra trouver bientôt quelques garnements pour lui répondre : Et cum spiritu tuo.

Voilà pourtant les deux représentants de la Civilisation éducatrice; car je ne suppose pas qu’on veuille admettre à ce titre les pompiers ni le conseil municipal qui, le plus souvent, parlent un patois du moyen âge, et' signent leur nom comme les anciens preux.

Il y a bien le monsieur qui vient passer un trimestre dans le château là-bas; mais quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, il ne représente que le sauve-qui-peut de sa classe dissociée de tout lien vivant avec le reste du Corps

Revenons donc au curé et au maître d’école, tous deux instruments conscients ou non d’une double politique antagoniste, tous deux agents de deux bastilles, l’Église cléricale et l’Université anticléricale, tous deux en conflit

dogmaticobudgétaire, tous deux sentinelles perdues d’un double esprit de domination se fusillant au fond de ce village.

Car raccourcissez la -soutane, et vous avez l’universitaire jacobin, toujours un salarié de l’État, mais plus intolérant que le premier. ’

Dans la classification des fonctionnaires, la pire espèce est celle qui s’attaque à l’Éducation.

Comme je l’ai dit dans la Mission des ouvriers, le professeur comme le prêtre ne doivent relever que’ d’associations absolument libres, et c’est abaisser en eux la seule Autorité sociale qui mérite le respect, c’est abaisser sous eux le niveau des caractères moraux et intellectuels, dont ils sont les initiateurs, que de les faire dépendre d’un Pouvoir politique quelconque.

C’est à l’Assemblée de tous les Corps enseignants qu’appartient, encoreunefois, l’Autorité sociale, etc’ estàelleque revient le droit d’autoriser le Pouvoir et de le contrôler.

Hors de cette autorisation et de ce contrôle, il n’est plus de biologie sociale possible, et toute Société doit passer forcément de l’état vivant à l’état mécanique et mortuaire.

Partout où la Politique pure domine, leTouvoir est sans Autorité possible, et il ne représente qu’un pacte ti'ansitoire avec l’iniquité, avec l’anarchie, avec le stupide esprit de la domination brutale.

Si les hommes se laissent faire, c’est qu’ils méritent ces fléaux; mais sauvegardez au moins la source des gé- nérations humaines, l’enfance, de cet empoisonnement intellectuel et moral.

Et pour cela, commencez par ne pas imprimer la flétrissure de la Politique à l’Éducateur, en lui faisant subir l’esprit et porter la livrée d’un Pouvoir corrupteur autant que corrompu. '

Qu’il sorte du séminaire ou dè l’école normale, l’homme qui a l’honneur d’enseigner les petits enfants, d’instruire l’adolescence, ne doit pas être l’employé d’une bastillé de l’État, l’agent d’une chiourme électorale, la créature des partis politiques.

= Voilà donc, animés d’un esprit adverse, la soutane et le paletot aux prises dans ce village : le champ de bataille est l’enfance, le juge des coups la blouse.

Au foyer, l’homme et la femme sans culture ont laissé l’enfanf venu au hasard se développer de même.

En vingt ans, la rénovation physique, morale et intellectuelle de toutes nos populations rurales pourrait être effectuée ; mais dans l’état actuel des choses, leur existence rappelle plutôt la caverne des Troglodytes que le peu de lumière et de chaleur que renferment nos cités.

Est-ce de l’église, est-ce de l’école que part ce rayon vivant, pour aller évertuer la tête et le cœur de ces pauvres enfants?

J’affirme hautementque c’est de l’église seule que leur vient encore la faible étincelle de la Vie sociale.

Oui, ce malheureux prêtre, que la discipline cléricale coiidamne à perdre son temps à lire ce bréviaire, est Une âme vivante, à<côté de ce pauvre universitaire automatiquement formé, et ne pouvant exercer que mécaniquement ces jeunes cerveaux.

Dans cet enfant, dans cet atome social, issu d’une molécule familiale mal instituée, d’une molécule communale faussée par la centralisation politique des Pouvoirs, le prêtre, grâce à son Évangile, à son Décalogue, à ses rites plus forts que sa théologie et qùe sa dogmatique, fera germer une conscience, éclore une pensée orientée en haut, surgir un être social, là où le fonctionnaire de l'Université anticléricale ne donnera au monde qu’un anarchiste de plus.

Or, quiconque m’aura lu ne dira point qjie je suis cléricali lorsqu’au contraire, par cela seul que Je suis théocrate, je me voue à combattre l’erreur là où elle est la plus dangereuse pour les Sociétés, c’est-à-dire dans le Sacerdoce même.

J’ai assez reproché au dogmatique ecclésial d’avoir» méconnu Moïse, ignoré l’Esprit Vivant de Jésus-Christ et sa portée sociale, pour qu’il soit bien éjabli qu’aucun pacte n’existe, ni n’existera jamais entre ma conscience et la domination d’une secte ‘politique, quelle qu’elle

Ceci dit, je soutiens que, malgré tout, malgré la camisole de force que les conciles politiques et les gouverne^ ments ont mise à sa mission, malgré les menottes dont l’État le lie comme fonctionnaire, malgré la notion primaire qu’il a de l’Ünivers, de la Terre et de l’Humanité, ce prêtre, par cela seul qu’il est voué à un Principe supérieur, bien que non défini, ébauchera tant bien que mal l’Ame d’un homme, là où le pédagogue, l’universitaire transformé en instrument gouvernemental n’éveillera que l’égoïsme radical d’un anthropomorphe.

Les positivistes ont très bien vu que le niveau de l’esprit humain est encore moins surbaissé dans les couvents et dans les séminaires que dans les écoles officielles de l’État.

Il est moins déprimé et moins déprimant dans les méthodes psychologiques du Prêtre que dans les programmes mnémotechniques du maître d’école laïque, et cela parce que le Prêtre a dans son esprit la hauteur d’un Principe d’Universalité, et, par conséquent, un inexpugnable refuge ouvert à sa liberté intellectuelle, qq’il en profite ou non.

Otez donc des villages l’enseignement du curé, du pope ou du pasteur, supprimez le peu d’art antique que

renferme .la pauvre chapelle avec ses mystères et ses sacrements inexpliqués, laissez les chaumières devenir veuves dé ce rayon théurgique, pourtant bien faible, éteignez la lampe sainte de l’humble église, ne laissez brûler que le quinquet de l’école laïque, et revenez -tbientôt voir les résultats.

Le fléau, la faux, la fourche à la main, le paysan tombera sur tout çe qui lui vient de la Ville, sur tout ce qui porte une livrée administrative, et il broiera sous son sabot toute contrainte du Pouvoir politique central. •’

Il commencera par le percepteur, continuera par le conseil de révision, et finira par le sous-préfet, après avoir renvoyé le maître d’école et assomme le député qui, pour se faire élire, aura tout promis, et n’aura rien tenu, une fois nanti.

Il ne faut jamais craindre de montrer le mal, quand sa tendance est l’indication de la nécessité du bien ; et je ne crains pas d’affirmer ici que, d’un bout à l’autre de l’Europe, telle qu’elle est instituée depuis 1648, couve, latente, mais éclatera, effroyable, une guerre civile de ruraux, près de laquelle toutes les Jacqueries de France, toutes les levées des paysans d’Allemagne, toutes les tueries des fénians d’Irlande n’auront été qu’un prélude.

Les fautes des politiciens gouvernementaux ou démagogiques, le poids de leurs ambitions étrangères ou nationales, leurs méconnaissances sociales, leurs gaspillages économiques retombent sur le paysan sous forme d’impôt d’or et de sang.

Et n’ayant pas comme l’ouvrier l’agitation de la Ville pour s’y étourdir, il deviendra implacable, le jour où les produits agricoles, du Nouveau Monde viendront défier, en Europe, sa concurrence, et lui retirer son pain.

L’ouvrier des villes en absorbe tant bien que mal la civilisation diffuse ; mais le paysan ne parle presque pas la langue de nos capitales, et en respire peu l’esprit.

Il touche à peine aux livres du colporteur, tandis que la dernière légende de ses veillées, ignorée du lettré et contée en patois, va droit à son cœur. ,

La Cité lui demande son argent et sa vie, sans rien lui donner en échange, et le fonctionnaire, qui lui vient du centre, est pour lui comme le représentant d’une sorte de domination étrangère.

Nulle échappée heureuse ne lui apparaît au delà de son hameau ; il hait d’instinct la machine administrative, la loi qui lui mange son maigre héritage, le fisc et la conscription qui lui enlèvent ce qu’il aime, et il distingue difficilement le verbe Aimer du verbe Avoir.

Ses enfants sont ses ouvriers par droit de naissance; il les envoie tout petits paître ses volailles et son bétail ; et si la loi de la ville lui arrache sa petite main-d’œuvre pour l’école, sans le dédommager, il trouve cette loi inique, et il a raison.

Son gars, une fois grand, lui est arraché pour l’armée, quand il commence à le remplacer au hoyau ou à la charrue, et quand il lui revient sain, c’est pour rêver d’autres horizons : la boîte du facteur rural, le baudrier du garde-champêtre ou du gendarme, la ceinture de cuir et la casquette de l’employé de chemin de fer.

L’inique Gouvernement Général de l’Europe pèse sous forme d’armée permanente et d’impôt permanent sur la dernière des chaumières.

Mais, faute de rattacher les effets aux causes, c’est sur leur propre gouvernement que frappent les politiciens de village ou de faubourg.

Or, il n’y a que ces derniers qui se donnent la peine de parler au paysan.

II a écouté en quatre-vingt-treize, et U écoutera encore bien mieux, quand le blé et le bétail d’Amérique et d’Australie lui feront laisser ses champs en jachères.

Il n’y a dans le village ni gymnase, ni théâtre, ni jeux •publics, où les autres classes de la Société viennent se J mêler au campagnard , le réconforter et l’encourager dans son isolement de toute vie sociale.

Mais il y a le cabaret tenu par le politicien du lieu, bouge informe, où la haine des partis rivaux souflle l’esprit, de la guerre civile des bulletins de vote, en attendant celle des fusils.

On peut encore, pendant quelque temps, inciter le paysan à nommer un député plutôt qu’un autre, tant qu,’il croira que cet homme est à lui, et peut lui servir à empêcher la guerre, à diminuer les impôts, à multifdicr les l*çutes, à améliorer la vie locale de la Commune ou du Canton.

Le jour où l’homme du labour reviendra de cette illusion sera un terrible réveil , et il s’en vengera d’une manière autrement sévère que tous les ouvriers des villes, plus civilisés qu’on ne le croit.

Quels autres bienfaits le paysan doit-il encore à la cité?

Le déshonneur de sa fille, si elle est belle, le passage des camelots, la visite d’informes saltimbanques hurlant dans les foires, assourdissant l’air d’une musique de Polynésiens, et c’est tout.

C’est peu, et ce n’est pas assez ; et cette incurie dénote une civilisation sans foi ni loi dignes de ce nom, une politique gouvernementale sans aucune espèce d’Autorité sociale, sans science, sans art, sans intelligence et sans coeur.

Cela dit, remontons dans le Cycle de Ram, quatre-

TÎngt-six siècles en arrière, et voyons comment ce pur génie théocratique avait organisé l’Âldée, tant au point de vue juridique que sous le rapport économique.

Par son Taleari et son conseil spécial, l’Aldée jugeait ses procès en première instance, faisait sa propre police’ et celle de ses routes, arrêtait les malfaiteurs, armait d’un fortin sa principale position stratégique, exerçait ses hommes au gymnase et à la guerre, .protégeait ses habitants contre tout arbitraire du Pouvoir central, contrôlait et guidait les voyageurs étrangers.

Mais comme, grâce à ses fonctions, le- Taleari eût pu se laisser aller lui-même à l’arbitraire, ou devenir l’homme du Pouvoir central, il était choisi parmi les plus pauvres et cassé aux gages par le Kaaldry, à -la moindre usurpation sur les libertés de l’Aldée.

Passons maintenant au pouvoir économique.

Par le Scharaff et son conseil , TAldée s’imposait librement pour ses propres dépenses, administrait souverainement ses propres affaires, levait l’impôt de l’État au prorata des biens et des propriétés de chacun, et déterminait cette quotité en assemblée plénière des trois conseils, ou Kaaldry.

Toute l’Aldée était solidairement responsable de l’impôt de l’État qui, en retour, par les ingénieurs sacerdotaux, exécutait les grands travaux provinciaux, dont, les débris font encore l’admiration des voyageurs : aménagement des eaux en canaux et en lacs pour l’agriculture, les rizières et les transports, grandes routes .dallées jusque sur les plus hautes montagnes, abris hospitaliers contre les fauves, fourniture des essences végétales et des étalons consacrés, direction technique de^ travaux agricoles, etc., etc.

Ainsi l’Aldée était une petite société libre, complète en elle-même, une véritable Synarchie trinitaire, nom-

mant ses propres magistrats, ayant sa juridiction locale à elle, son économie autonome, rétribuant elle-même ses offices sociaux : Pundit, Rapsoada, Médecin, Musiciens et Devadassys, aussi bien que le Thasildar, le ‘Raiassom, le Taleari et le Scharaff.

I La Religion n’avait aucun pouvoir politique, par cela seul qu’elle était l’Autorité de l’Enseignement.

Elle ne s’asseyait au foyer communal que. pour y porter la vie intellectuelle et morale : Science, Art, législation ramenée à l’ünité religieuse dans un Gode de lois saines, dont la Sagesse publique faisait elle-même l’application.

Personne ne gouvernait l’Aldée; tous y consentaient au règne des meilleurs principes sociaux possibles, c’est- à-dire à un gouvernement organique, impersonnel, autrement dit, intellectuel.

Telle est l’antique commune rurale des Aryas, depuis le Thibet jusqu’à l’Hindoustan et à Ceylan, depuis l’Iran jusqu’à l’Égyptei

Ram l’institua en amalgamant avec génie les traditions de sa Race avec celles des races pt des civilisations successives de l’ancien Continent austral et des Gians ou Jaïnas du Bharat-Versh.

Nous avons vu, à propos de l’organisation sociale de l’Iran, comment Ram relia hiérarchiquement les circonscriptions des Royaumes qu’embrassa son Empire théocratique.

J’ai tenu à commencer cette analyse par la Commune, première molécule organique du Corps social ; car c’est sur cette constitution des libertés régionales que la Synarchie universelle va pouvoir s’établir; car, pour que l’organisation d’un Gouvernement Général, impersonnel, intellectuel, fût possible dans la totalité du Genre

Humain, il fallait qu’il fût en correspondance directe avec des moeurs locales similairement régies.

Pour être tout à son œuvre sociale, Ram abandonna sa couronne comme Empereur justicier de tous les Rois ’ de Justice, et il la posa sur la tête du premier Kousha de rinde qu’il sacra , en lui remettant l’étendard du Bélier.

Il prit dès lors l’oriflamme et le nom de l’Agneau, Lam, et se retira dans son rôle de 'Souverain Pontife universel. •

Le territoire qu’il se choisit, s’étendait entre Balk et Bamyian.

Il neutralisa ce territoire , le consacra et le n>it sous la sauvegarde de la Divinité, à la garde de son Empereur justicier, de tous ses Rois de Justice et de tous les Conseils locaux.

Ce pays neutre reçut le nom de Para-Desa, Terre divinisée, et c’est de là que nous vient la notion du Paradis, et non du Gan-bi-Heden, qui signifie, comme je l’ai dit, l’organisation de tout l’Ordre Temporel, non seulement sur la Terre, mais dans tous les Cieux.

C’est alors que, dans tous ses Royaumes et dans toutes ses Colonies, Lam organisa similairement l’indépendance de ses Pontifes, dans des territoires semblablement consacrés.

Outre le nom de son blason théocratique, il prit aussi celui de Pa-zi-Pa, ou de Pa-Pa, Père des pères, les autres pontifes portant celui de Pa, et l’Ordre pontifical tout entier celui de Pa-han-sha, Pansha, Pan, etc.

Les sanctuaires les plus célèbres de cet ancien culte lanjique furent, aux Indes, ceux de Lanka , d’Ayodhya, de Guyah, de Mélhra, de Devarkash ; — dans l’Iran, ceux de Vahr, de Balk, de Bamiyan; — dans le Thibet, ceux

du montJBoutala et de Lassa; — dans la Tatarah, ceux d’Âstrakhan, dte Gangawaz, de Baharein -, — dans la Kaldée, ceux de Ninweh, de Han, de lloun ; — dans la . Syrie et l’Arabie, ceux d’Askala, de Balbeck, de Mambyce, de Salem, de Rama, de Mekka, de Sanah, — en Égypte, ceux de Thèbes, de Memphis, d’Hani-Môn; —en Éthiopie, ceux de Rapta, de Meroë ; — dans la Thrace , ceux de l’Hœmus, de Balkan et du Caueayon ou Gog-hayoun ; — en Grèce, ceux du Parnasse et de Delphes; — en Étrurie, celui de Bolsène; — enOsk-tan, ancienne Occitanie, celui de Nîmes; — chez les Ibériens d’Espagne; frères des Hébreux et des Ibériens du Caucase, ceux de Huesca et deGadès; — chez les Go-laks, Gaulois, ceux de Bibracte, âe Périgueux, de Chartres, etc., etc.

Pour ne pas charger trop ce livre, je dois borner mes citations.

Entrons maintenant dans quelques détails de l’ancien Culte lamique.

Ses formes et ses rites se retrouvent encore aujourd’hui au Thibet.

11 m’est doux de pouvoir rendre ici justice à la parfaite loyauté avec laquelle le Père Hue, de la Compagnie de Jésus, a osé dire dans ses livres de voyageur la pure et simple vérité.

Ce consciencieux Abbé n’a pas craint d’indiquer l’étroite similitude des rites bouddhistes et de ceux des églises catholiques et grecques.

La crosse épiscopale, la mitre, la dalmatique, le chapeau rond que les Lamas portent en voyage, la messe, le double chœur, la psalmodie, les exercices, l’encensoir avec ses cinq chaînettes, la manière de bénir, la nqain droite levée sur la tête des fidèles, le rosaire, la discipline et les retraites, le culte des saints, le Jeûne, les

litanies, la tonsure, les reliques, le confessionnal : tels sont les points de ressemblance qui ont pu frapper l’éminent et eiœellent $Lbbé.

Mais son livre relatant ses voyages au Thibet a eu les honneurs de l’Index, et le pauvre homme a été récompensé de ses peines et de sa grande valeur, en se voyant rayé, à Rome, de la liste des missionnaires.

Mon livre prouvera jusqu’à satiété que le Catholicisme et le Christianisme tout entier auraient cependant tout à perdre et rien à gagner, si toutes les anciennes religions de l’Égypte et de l’Asie n’avaient pas eu pour porteflambeaux de leur antique ésotérisme, de leur ancien Ordre social, les Âbramides, Moïse et Jésus-Christ.

Nous verrons tout à l’heure d’autres analogies entre nos cultes et l’ancienne Religion de l’Agneau, à laquelle revinrent toujours, non seulement les réformateurs de l’Inde, mais ceux de la Kaldée, dans la personne des Orthodoxes Abramides, ceux de l’Égypte qui, tels que Moïse, étaient prêtres d’Osiris, 0-sir-is, le Seigneur intellectuel, la Synthèse, la Loi de Ram.

Nous verrons enfin Jésus restituer au Genre Humain tout entier la partie morale et sociale, c’est-à-dire exoté- tique, de l’ancienne initiation à cette primitive Religion de l’Agneau, à cette primitive Synarchie arbitrale du Bélier.

D’un bout à l’autre de la Terre où le Culte de l’Agneau < et l’Empire du Bélier régnèrent, cette Synarchie s’établit de la manière suivante.

Le Corps sacerdotal, gardien de la Synthèse ésotérique des sciences, fut le Corps enseignant par excellence, la totalité même des Enseignements, et constitua le Conseil

Le Corps des initiés laïques avec pouvoir de contrôle

universel sur toutes les institutio»s secondaires, forma un second Conseil, ou le Conseil des Dieux, recevant en appel suprême comme juges arbitraux. y

Endn, le troisième Pouvoir appartenait aux mœurs publiques èlles-mêmes et à la hiérarchie de toutes les délégations des pères et des mères de famille.

Les Souverains, vice-rois, Dois ou Empereur, faisaient partie du deuxième Conseil, et à ce titre, ils représentaient la Justice arbitrale, hiérarchisée de manière à juger les procès non seulement des individus, mais ceux des royaumes entre eux. ,

Le dernier représentant de cet ancien Ordre arbitral du Bélier et de l’Agneau, de cette ancienne Souveraineté tecerdotale de Justice, sera, à Salem, Melchisédec.

C’est pourquoi l’Ordre orthodoxe des Abramides ou des néo-raraides de Kaldée s’inclinera devant cette' royauté, après avoir fui l’Empire arbitraire, Pouvoir universel d’iniquité que Moïse stigmatisera sous le nom hiéroglyphique de Nemrod, la voie du tigre, la voie de la Bête.

Partout où le culte lamique régna, on retrouve les mêmes habitudes, jusque dans le détail des rites.

L’autel de l’Ancêtre au foyer, la tuerie du bétail selon certains usages hygiéniques, réglés par le culte dans la tribu, et enfin la Communion sous les espèces du vin et du pain, réservée aux sacerdotes et aux initiés : tels sont les traits distinctifs que nous retrouverons dans toutes les divisions de l’ancien empire du Bélier.

Même après le schisme de l’an 3200 avant J. C., nous verrons encore dans la Grèce historique, proprement dite, les Saints Mystères de Delphes et d’Éleusis s’ouvrir et se fermer comme aux Indes par les mots : Kansha, Aoum, Pansha, que les Brahmes prononcent

aujourd’hui Sanska Chn Pakscha, et que les hiérophantes grecs altécaient ainsi : Kanx-Ona-Panx.

. C’était Je Domine Salvum de l’Empire du Bélier, ou son Ite Mma est.

Nous verrons encore Moïse communier avec son maître • JétK'ro, comme Abraham à Salem avec le sien, sous les espèces réservées au sacerdote et à l’initié.

Je ne saurais trop répéter ici que, malgré le schisme dont je parle, et grâce auquel l’ancien Ordre du Bélier et de l’Agneau fit place en Kaldée à l’ordre du Tajureau, l’ancien Arbitrage universel à la multiplication des dominations arbitraires, malgré cette cause et ces consé-* quences de décadence générale, la fraternité des initiés appartenant à l’ancien Ordre de choses subsista quand* môme d’un bout de la Terre à l’autre jusqu’à Jésus-Christ.

C’est ce second Conseil de l’ancienne Synarebie aryenne qui, en Asie encore, conserve de l’ancienne Science ésotérique les vénérables débris que révèle ou plutôt que laisse soupçonner la lettre que j’ai publiée dans un des chapitres précédents.

Dans les Évangiles et dans l’Apocalypse, l’esprit des initiations ])erce à chaque instant sous la lettre, etja tradition de l’Agneau et du Bélier y est tout aussi évidente que dans Moïse même.

J’entrerai dans certains détails, après ce chapitre; mais, avant de clore celui-ci, je tiens à rendre un hommage religieux au fondateur du Cycle dont nous venons de voir la formation dans un passé de quatre-vingt-six siècles, et dont Israël comme la Chrétienté, grâce aux Abramides, à Moïse et à Jésus, attendent et préparent la reconstitution et la transfiguration universelles.

Telle fut la Synarchie primordiale, tel fut le Gouvernement Général Irinitaire, impersonnel, que, dans la vi-

gueur de son adolescence, le Génie céleste de la Race Blanche incarné dans un homme réalisa sur teüte l’Asie, sur toute l’Afrique et dans une grande partie de l’Europe.

■ C’est par ce sage et savant organisme que les peuples ^ de la Théocratie universelle de l’Agneau, de l’Empire universel du Bélier, connurent pendant trois mille cinq cents ans l’Unité divine réalisée, la paix du Dieu Social vivant à travers tous les membres du Corps spirituel que forme ici-bas rilumanité.

Sans doute, tous les hommes n’étaient pas parfaits; mais les Institutions étaient aussi parfaites que possible, et c’est là l’important.

Ces institutions étaient aussi parfaites que possible, parce qu’elles correspondaient à la triple nature de l’Homme, soit individuel, soit collectif, soit universel.

Cette triple nature est intellectuelle, morale, physique; et cette triple vie a pour organes nécessaires la Religion ou Synthèse des Corps enseignants, la Justice et l’Économie.

Le Règne Hominal avec toutes ses subdivisions, dont les individus de chair et d’os ne sont que les sous-multiples visibles, est un immense Esprit, vivant dans un Corps invisible aux yeux, mâle et femelle, et dont les institutions de nos Sociétés sont l’ombre organique.

La gloire éternelle de Ram sera d’avoir connu dans sa réelle essence ce Règne, cet Adain-Ève, d’en avoir su les principaux organes, leurs lois cosmiques, et d’y avoir conformé ses institutions hiérarchiques.

Je ne veux pas être plüs clair ici qu’il ne éonvient; mais je prie le lecteur de remarquer que Moïse, prêtre d’Osiris, c’est-à-dire de la Loi intellectuelle de l’Agn^u et^u Bélier, sera obligé après les schismes de constituer

«n peuple spécial, un Israël ou Université royale de Dieu, pour sauffer dû naufrage des anciennes institutions la Science de la physiologie de TUnivers, ou Cosmogonie, et sa conséquence, la Science de l’État Social.

Or la forme de gouvernement qu’il donnera au désert’ à son peuple, et que ce dernier conservera pendant plus de quatre cents ans, sera la Synarchie arl)itrale, triuitaire, avec ses trois Conseils.

Et enfin, dans sa mystérieuse prière, Jésus appelant l’Univers entier à la Loi du Règne de Dieu, laissera clairement enfcrevoir son Lut, le rétablissement de la Synarchie Universelle.

Car, comme nous le ditsaintMathieu, cli. IV, verset 25 : a Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les Synagogues, prêchant l’Évangile du Royaume. »

Cet Évangile du Royaume est à noter, et nous verrons Abraham et tout son ordre d’initiés orthodoxes s’incliner devant le roi de Salem, et recevoir de lui la Communion du pain et du vin, parce que ce l oi était un des derniers représentants du Règne et du Royaume dont il s’agit.

Le fondateur divin de l’Éinpire du Bélier, de la Théocratie de l’Agneau, de la Synarchie trinitaire, parvint, dit la Tradition, aux limites extrêmes de la vie.

Avant de mourir, il vit sa pensée synthétique presque complètement réalisée; et dans les sanctuaires de la Paradesa, il régla la succession à la tiare par voie de concours sgeret.

Tout initié étant suivi, même à distance, à travers toute sa vie, remplissait, sans s’en douter, les conditions de ce concours.

De plus, Lam annonça qu’il reviendrait, quand cela sérait nécessaire, subir ici-bas la réincarnation, et reprendre au besoin la tiare.

Cette tradition existe ’^core aujeurd’hui chez les ^amas; mais il me convient de*respecter leurs Myltères^-. sn ré^yérant pieusement et en glorifiant la mémoire lainte du Génie qui fut le premier Lama.

Nous retrouverons ce nom sur les lèvres de Jésus expirant.

CHAPITRE VU

SUITE DU CYCLE DE RAH.

• ' Il y a trois moyens pour fixer la date du Cycle de Ram : la chronologie des Brahmcs, celle d’Ârrien et enfin un document écrit par Ram dans le Ciel même.

Daçaratha, le Rawhan détrôné par Ram, était le cinquante-cinquième monarque solaire depuis Ikshaukou, fils du septième Menou, fils de Vaivasouata, qui fut sauvé du dernier déluge.

Or, les Brahmes comptent douze mille ans par Menou ou Loi organique interdiluvienne ; et ils reportent le règne de Daçaratha à vingt et un siècles après le dernier cataclysme.

Ces calculs donnent un peu plus de quatre-vingt-six siècles avant la présente année 1884.

D’après les données des sanctuaires grecs, tyriens et égyptiens, Arrien dit que, depuis Ram jusqu’à Sandrocottus, on comptait soixante-quatre siècles.

Or, Alexandre vainquit Sandrocottus trois siècles et vingt-six ans avant notre ère, ce qui donne à la fondation

du Cycle de Ram, de Mbnysos, d’Osifis, quatre-vingtsix sièqles et quelqj^es années.

Pline concorde avec Àrrien.

Enfirt Ram ayant écrit lui-même l’un de ses livres en ‘langue hermétique, en hiéroglyphes primitifs, dans la Splière étoilée que nous lui devons, a pris soin d’en indiquer la date astronomiquement, en mettant son Bélier zijdiacal en avant, face en arrière, fuyant l’Ouest.

Or, J’année celtique était lunaire, et bien que Ram connût l’année solaire, et réservât le total Système du* Monde à l’enseignement ésotérique, il laissa à scs peuples* î’usage de l’année lunaire à laquelle ils étaient açcoutqmés.

:EUe commençait à la Modra-Necht, à celte nuit-mère du Solstice d’hiver où se célébrait, autour des dolmens et des Cromlechs, la fête du Nouveau Salut, de la Nouvelle Santé, New-Uevl, notre Noël.

Celte nuit, point de départ de l’Ordre zodiacal du Bélier, correspond aujourd’hui au Sagittaire.

Cet écart de prés de quatre signes nous donne plus de (pi?itre-vingt-six siècles à l’heure actuelle.

Cette quadruple concordance chronologique des Brahmes, d’i\rrien, de Pline et de Ram lui-même fixe exactement l’ouverture du Cycle de l’Agneau et du Bélier.

Or il n’est pas indifférent de remarquer que les fêtes d’Hammon et d’Osiris se célébraient à Noël, comme celle de Bacchus, de Devanahousha, de Gian-Shyd, etc.

Quant au lieu où notre Ancêtre, ou l’Ancien des jours des Aryas, écrivit son livre céleste, c’est très certainement la Terre diyine, la Paradesa, où il se relira comme Souverain Pontife.

En effet, le cercle tracé vefs le Pôle austral par les constellations du Navire, de la Baleine, de l’Autel et du Gentauré, ainsi que le vide laissé ap-dessous dans les Sphère9»les plus antiques , dessinent précisément rÜn» rizon du trente-septième degré de latitude, c’est-à-dire la région comprise entre Balle et Bamiyan, où ce livre céleste et on ne peut plus mystérieux fut écrit. >-

La date de l’ouverture du Cycle de Ram est donc aussi indubitable que possible. ^ '

La confwmité des institutions de ce Cycle d’un bout du Monde à l’autre est également indubitable, et la diversité des noms ne fait que confirmer en différentes langues l’Unité religieuse, la Synthèse de ccl ancien Étpt

C’est ce Gouvernement Général de Principes dont il est parlé par Moïse, quand il relate certains patriarches, symboles collectifs et non individuels, et c’est la durée totale de cet Empire arbitral qu’il caractérise sous le nom de Koush.

Ici, je prie le lecteur de relire attentivement dans la Missim des souverains le chapitre des définitions des différentes formes de gouvernement, depuis la page 15 jtisqu’à la page 29.

Mais comme il peut n’avoir pas ce livre sous la main, je rappellerai, en les résumant, les passages qui ont trait à la Théocratie.

« Le principe de la Théocratie pure est l’Unité de la Science et de la- Vie.

La fin qu’elle se propose est la Culture universelle des consciences et des intelligences, leur union et leur paix sociale.

Le moyen par lequel ce Principe tend vers sa fin est la

tolérance de tous les Cultes et leur rappel à leur Principe commun.

La condition nécessaire à l’emploi de ce moyen est l'assentiment libre des législateurs et des peuples à l’effi- • cacité pratique de la Science et de la Vertu du Sacerdoce et de son fondateur.

La garantie de cette forme de gouvernement est la réalisation incessante de la Perfection divine par le 4Wtinuel développement de la perfectibilité humaine: Education, Instruction, Initiation, Sélection des meilleurs. ♦

Avant le schisme d’Irshou, l’Asie, l’Afrique, l’Europe, furent gouvernés par une Théocratie, dont toutes les religions d’Égypte , d’Assyrie , de Syrie , de Perse, de Çrè«e, d’Étrurie, de Gaule, d’Espagne, de Grande-Bretagne, ne furent que le démembrement et la dissolution.

Cette Théocratie nettement indiquée dans les annales sacrées des Hindous, des Perses, des Chinois, des Égyp- '".tiens, des Hébreux, des Phéniciens, des Grecs, des Étrusques, des Druides et des Bardes celtiques, et jusque dans les chants de l’ancienne Scandinavie et de l’Islande, cette Théocratie, dis-je, fut fondée par le conquérant celte que célèbrent le Ramayan de Valmiki et les Dionysiaques de Nonnus.

C’est grâce à cette Unité première, dont on retrouve partout des traces positives, et dont les anciens temples conservaient la Tradition, que nous voyons encore dans Philostrate, Apollonius de Thyane, contemporain de Jésus-Christ, aller converser successivement dans tous les centres religieux du Monde et avec tous les prêtres de tous les cultes, depuis la Gaule jusqu’au fond des Indes et de l’Éthiopie. »

Or, ce même Apollonius, dernier représentant volon-

taire de l’Initiation près des Pouvoirs dirigeants, contrôla et essaya de rectifier tous les empereurs romains qui, pendant sa longue carrière, se succédèrent au Gouvernement Général du Monde.

On peut voir dans sa vie par les auteurs que j’ai cités, qu’il accomplit cette mission au péril de sa liberté et de ses Jours, comme nous verrons le faire le Conseil des Dieux, le Conseil des initiés laïques, dans Israël et dans Juda.

Jésus-Christ lui-même accomplira ce devoir d’une manière encore plus éclatante, vis-à-vis des institutions dirigeantes de son peuple.

Daniel agira de même à Babylone j et plus on s’enfoncera dans le passé, plus le contrôle des Pouvoirs j)ublics par les initiés sera général et efficace. ;

Or, ce contrôle est impossible en dehors de la Théocratie, tant dans une nation particulière que dans les rapports mutuels ou intergouvemementaux de ces nations.

Là où règne une forme de gouvernement purement politique. Pouvoir oligarchique ou Pouvoir d’un seul, là où règne l’Anarchie représentative d’une assemblée ou l’Anarchie couronnée dans la personne d’un souverain, nulle perfectibilité sociale n’est possible, et le renversement d’une forme de gouvernement politique par une autre est seul loisible, sans pouvoir rien changer au fond des choses.

Il en est tout autrement quand la Synarchie trinilaire règne, et l’arbitraire y est aussi impossible dans le gouvernement intérieur d'un peuple que dans le Gouvernement Général des ensembles de peuples ainsi organisés par la Théocratie.

Voilà plus d’un siècle que l’on confond les noms des

choses, prenant les effets pour les causes, les Cultes déprimés par la Politique pour la Religion elle-même, leur ignorance, fruit de celte dépression, pour l’esprit ultra-scientifique qui les a créés.

La critique rationnelle, superficielle, ressasse perpé- tuellement les memes demi-vérités dont elle fait des ‘ erreurs, en les posant en dogmes.

J’ai fait justice déjà des plus importantes de ces erreurs, dans'les premiers chapitres de ce livre.

J’y aj montré que, loin d’être le fruit de l’ignorance, la Religion a été la Synthèse même des sciences, et que le double aspect de la Science et de la Vérité ne peut être réuni à lui-même et connu que par elle.

Dans la Mission des Souverains, dans la Mission des

Ouvriers, j’ai prouvé que le désordre social de l’Europe, non seulement en bas, mais surtout en haut dans les rapports mutuels des gouvernements, est insoluble par la Politique pure, soit monarchique, soit républicaine, puisque ce désordre est le fruit de cette double politique et d’elle seule.

J’ai prouvé au contraire que celte anarchie armée et révolutionnaire des Pouvoirs souverains est un manquement perpétuel à la Religion du Christ, et que cette dernière indique invinciblement la nécessité d’un Gouvernement social Irinitaire, d’un triple Arbitrage impersonnel.

Près de trois mille volumes de ces œuvres ont été répandus dans le public depuis deux ans.

Elles correspondent tellement à l’assentiment secret des intelligences et des consciences, que pas une réfutation sérieuse n’en a été faite, et que dans certains pays où Parbitraire règne, on a défendu à la presse d’abord, er .la discussion de ces idées, et même aux libraires de vendre ces livres.

Mais dans des lettres particulières, dans des messages envoyés parfois de bien loin, dans des conversations, l’adhésion des esprits les plus éminents s’est fait jour.

Depuis le haut jusqu’au bas do l’échelle des responsabilités sociales, j’ai reçu de précieux témoignages, dont je suis profondément ému et reconnaissant, et auxquels j’essaie de répondre de mon mieux par l’œuvre que je jtublie aujourd’hui.

Nous verrons en Israël comnlent le Conseil de Dieu et le Conseil des Dieux, dans la Synarchie inoïsiaque, jugeaient le Pouvoir politique, dès que celui-ci, sortant de son rang, attentait à l’Autorité pour se soustraire à tout Principe et à tout contrôle, et substituer son arbitraire à l’Arbitrage théocratiqiie.

Toutes ces données intellectuelles et morales, en fait de Gouvernement Général ou particulier, viennent du pur Génie qui ouvrit et organisa l’Étal Social du Cycle qui nous occupe, et dont nous ne sommes que les démembrements.

Nous verrons plus tard que ce démembrement de l’antique Osiris, de l’antique Gouvernement intellectuel 4u Bélier et de l’Agneau, fut le fruit de la Politique.

Pour le moment, nous avons à examiner comment, grâce à Ram, la Théocratie donna au Monde entier la paix publique , le bonheur général, la prospérité, le Règne de Dieu enfin sur la Terre comme au Ciel, pendant plus de trente-cinq siècles.

Ram voulut que les trois Conseils représentant la Science, la Justice et l’Économie sociale de son Empire, fussent absolument libres, indépendants de tout Pouvoir

Le Conseil économique était partout l’Assemblée des

Anciens, pères et mères de famille, avec toutes leurs délégations hiérarchiques, depuis la commune rurale jusqu’aux circonscriptions centrales.

Nous avons vu avec quelle sagesse cet Ordre social fut organisé, avec son tribunal arbitral et ses sanctions exé- cutives.

Le second Conseil ou Conseil des Dieux formait une véritable Cour d’appel.

Les initiés laïques appartenaient de droit à ce second Ordre .social, qui contrôlait tous les Pouvoirs publics dé- légués.

Les souverains appartenaient eux-mêmes à ce Conseil, à cette Cour arbitrale, et ils tenaient d’elle leurs Pouvnirs comme Rois de Justice.

Après sa consécration par le Sacerdoce, le Souverain ainsi autorisé par une puissance plus haute que la sienne était officiellement et publiquement traité par les initiés avec les égards dus à sa Fonction impersonnelle et non à sa personne seule.

Cependant, les initiés demeuraient ses pairs, et pouvaient toujours le citer à la barre de leur triliunaî secret, lorsqu’il manquait aux lois de l’Ordre, lorsqu’il tendait à rendre personnel son Pouvoir, lorsqu’il inclinait vers l’arbitraire sa balance de Roi de Justice.

Le Conseil de Dieu était formé, non seulement du sacerdoce officiel, dont tous les grades s’obtenaient à l’examen, mais aussi de ceux des initiés qui avaient été le plus haut dans la double et quadruple Connaissance des choses visibles et invisibles.

Même à une époque aussi récente que celle de la Judée depuis Esdras, nous voyons encore dans la Gemara que les secrets les plus importants des Mystères n’appartenaient pas de droit à tous les prêtres, et qu’ils ne

pouvaient être révélés qu’aux plus sages et aux plus instruits.

Dans la Mishm Hagiga , 2* partie , on va plus loin encore, et l’on dit que même la table des matières de la Mercaba ne peut être communiquée qu’aux Sages les plus avancés.

Je pourrais montrer que ces règles ésotériques de l’accession aux degrés supérieurs de la Science, se sont conservées presque intactes, là où Ram les établit.

, Elles existent en effet dans le Bouddhisme et ailleurs, et l’exposé "des têtes de chapitre de ces différentes sciences et des arts qui en sont la conséquence, semblerait aux Européens un rêve des Mille et une nuits.

Parmi les Européens qui se croient religieux* parce qu’ils sont cultuels le Dimanche, les trois quarts se figurent la Divinité, non sous la forme d’une quadruple hiérarchie de Vérités et do Sciences consécutives, mais Dieu le Père, sous la figure d’un vieillard à barbe blanche, Dieu le Fils sous les traits d’un beau Rabbin, le Saint-Esprit sous le plumage d’une colombe.

Rares sont les fidèles hardis, qui s’aventurent au delà de cet anthropomorphisme et de ce zoomorphisme.

Accoutumés, en ce qui regarde les choses religieu.ses, à prononcer des noms dont la valeur scientifique n’est pas déterminée pour eux, ils ne croiraient pas possible que l’Ame, par exemple, fût expérimentalement dé- montrable, et que sa puissance pût, par la Sagesse, la Science et l’Art, aller jusqu’à maîtriser l’Espace de notre Tourbillon solaire , jusqu’à vivre de toute l’intensité de sa vie spirituelle à travers tous ses cercles planétaires.

Et pourtant, la Science ésotérique dont je parle ne s’arrêtait pas, et ne s’arrête pas là chez les Brahmanistes et chez les Bouddhistes.

De semblables centres d’initiation, représentant des degrés plus ou moins élevés de l’ancienne Science, existent encore dans d’autres communions de l’Orient.

Aussi l’Oriental instruit comprend-il et sent-il la Vie tout autrement que l’Européen.

Sa pensée, son âme, ses sensations mêmes habitent l’endroit de la Nature, d’où ce dernier s’est exilé; et l’envers de cot endroit, que nous taxons du nom de réalité, n’en a qu’une très relative aux yeux du savant de rOrieùt.

Toutes les sources actuelles où sont conservés les débris de l’ancienne Synthèse, viennent du Cycle qui nous occupe.

• Cet ésotérisme et ces initiations sont le prolongement brisé de l’ancien Conseil des Dieux et de l’ancien Conseil

La Politique, les Pouvoirs devenus personnels, les conquêtes, l’arbitraire ont pu déprimer en Orient l’ancien Corps Social organisé par Dam ; mais l’âme est toujours là.

La Corporation des Prêti'es était aussi autonome que l’organisation de la Commune primitive.

Elle formait une juridiction spéciale, et son temporel lui appartenait absolument, comme administration et comme propriété.

Nous retrouverons la même organisation en Égypte et dans toutes les colonies du Kousha.

Avant les schismes, la classe des guerriers n’avait aucune prérogative comme telle.

Les états-majors recevaient leurs enseignements des temples, et jouissaient des droits que conférait l’Initiation.

A ce titre, ils formaient une cour de Justice de première instance relativement aux choses militaires; mais

la Cour d’appel était le Conseil des Dieux, et la Cour de cassation le Conseil de Dieu.

Les cadres de l’armée étaient fournis par les gymnastes des communes, et chaque année, autour de certains temples, on se réunissait pour les grandes manœuvres, coïncidant avec les Jeux publics de certaines Fêtes astronomiques.

Nous verrons en Égypte subsister cette organisation , au service, non de l’esprit de conquête, mais du Gouvernement Général du Monde.

Dans l’Esprit du Cycle de Ram, l’armée n’était qu'une gendarmerie nationale, destinée à rappeler à l’Ordre toute royauté ou vice-royauté internationale qui tentait d’échapper aux lois religieuses de l’Empire universel, (4t de remplacer par l’arbitraire, l’Arbitrage général et ses trois Conseils.

Toutes les guerres de l’Inde, à partir du Schisme d’Irshou jusqu’à la constitution du Gouvernement personnel et de l’Empire arbitraire de Neinrod, eurent ce caractère magistral.

Et quand l’Inde fut vaincue par ce pouvoir d’iniquité, quand Ninus et Séiniramis éci’ascrent la métropole, quand le nouvel empire, arbitraire, assassina aussi l’ancien gouvernement arbitral de l’Iran, quand il saccagea la Paradesa, et alla jusqu’à tuer le Souverain Pontife pour fermer la bouche de l’ancienne Autorité, alors, nous verrons l’Égypte orthodoxe relever le gant, et, fidèle à l’ancien Ordre de choses, rappeler, tant qu’elle en aura la force, le Schisme assyrien, l’Empire arbitraire, l’Anarchie couronnée à l’antique Constitution.

Nulle trace de communisme n’apparaît dans l’organisation savante de Ram, si ce n’est parmi certains ordres religieux, prototypes des nôtres.

Dans toutes les autres classes, les livres sacrés mon-

trent la famille et la propriété garanties par des institutions que nous retrouverons partout, en Égypte, en Perse, en Kaldée, au Japon, en Chine, dans le Touran, en Syrie, en Judée, en Étrurie, dans les lois de Solon comme dans celles des Douze tables.

Le célibat était frappé d’une sorte de mort civile.

A propos de mort. Ram marqua sa législation d’un caractère, où l’inviolabilité de la vie humaine se retrouve à chaque pas.

Jusqu’en Grèce, le crime entraînant la peine capitale pouvait être de droit converti en exil, à la demande du condamné.

C’est de ces out-laws qu’est issue, des milliers d’années après,. la caste des pariahs avec toutes ses subdivisions.

Le même esprit inspirera tous les réformateurs qui viendront, comme Sakya-Mouni, ramener les institutions de Ram à leur pureté primitive.

Aujourd’hui encore, les Bouddhistes arrachent, quand ils le peuvent, les condamnés des mains du bourreau.

Les prêtres, dans leurs Communions, n’immolaient pas de victimes ; et les Sacrifices sanglants n’étaient que la boucherie des tribus, ramenée à ses principes d’anatomie et d’hygiène, avec un holocauste à la Puissance cosmique, dont l’animal était l’hiéroglyphe vivant.

Le haut sacerdoce n’offrait à la Divinité que des victimes symboliques, des gâteaux portant l’empreinte du Bélier ou de l’Agneau.

Le saint sacrifice de la messe s’appelait Avahna-Poudja ou Fête de la Présence réelle, et se décomposait comme il suit :

Hassanah, d'où iïosannah, invocation ;

Souagatta, élévation ;

Arkia, consécration ;

. Madou*Parka, communion dans le calice d'or;

Atchamavid, ablution des mains dans Taiguière d’argent ;

Doupa> encensement de l’autel et du tabernacle ;

Niveddia, communion des fidèles ;

Asservadam, bénédiction des fidèles et aspersion avec l’eau bjstrale.

Ces rites furent à peu de chose près les mêmes dans tout l’Empire théocra tique de Ram.

Les peuples lés plus attachés aux antiques symboles de la Race noire, l’Éthiopie et l’Égypte par exemple , gardèrent la forme ronde de l’hostie avec l’image du Soleil, en y inscrivant le Bélier ou l’Agneau.

Ce sont ces mômes rites qu’observaient la prêtresse d’Éleusis, les prêtres de Delphes, ceux de l’Étrurie, et qu’Âmmonius Sacchas donnera aux prêtres chrétiens.

Les prêtres portèrent, par la suite des temps, .divers noms; mais ils gardèrent longtemps celui de Druide, adouci dans Dwidja : Manou, liv. IV, sloca 2 cl suivants.

Les connaissances exigées du plus simple Dwidja furent nombreuses : Tarca-Sastram, Routa, Mimousa, Dütkioa-Sastraiu, Veiddia, Dharma, Logique, Psychologie, Ontologie, Astronomie et Cosmogonie, Médecine, Jurisprudence.

En dehors de ces connaissances sacerdotales ou Vcda3, vinrent les livres d’Histoire, au nombre de dix-huit, ceux de l’encyclopédie des autres sciences, au nombre de soixante -quatre.

Ainsi se formèrent les Pouranas et le Kalaïs, ou plutôt Ka-al-aïsh, réunion de toute l’Inlcllectualité.

Ceux de ces livres que possèdent les Européens ne représentent que le sens moyen ou allégorique de l’école des Bardes.

Tous les livres ésotériques sont soigneusement tenus à l’abri de la profanation de nos missionnaires et de nos savants.

Cependant, même avec ce que possèdent les Européens,

on peut, en faisant attention aux noms propres, aux hié- rogrammes, aux menlraras, pénétrer jusqu’à un certain point le sens scientifique, pourvu qu’on sache suivant quelles règles idéographiques'ces noms propres ont été composés.

Je ne rappelle ici que pour mémoire la chanson sanscrite si populaire aux Indes, à propos de l’importance des mentrams.

Nous retrouverons, pendant les huit mille cinq cents ans qui vont suivre, la Vérité scientifique, gardée avec la meme fidélité, le sens caché distingué avec«oin du sens apparent et de la lettre.

Et même quand la Politique et les ambitions locales auront morcelé avec l’Université théocralique, l’üniversalilé intellectuelle et sociale, donnée par Ram à tout le Genre Humain, les membres divisés de l’ancien Conseil des Dieux qui témoigneront publiquement en enseignant certaines branches de la Science auront bien soin, jusqu’à Platon, à Aristote, à Hippocrate, de distinguer ce qui peut cire dit en public et ce qui ne doit être enseigné qu'en secret.

,La Révélation n’était donc pas un vain mot, puisque \a Science totale était la Religion même des temples, puisque la Connaissance de la Vie à tous scs degrés était accessible par l’Initiation, puisque la Tradition se transmettait depuis plus de quatre-vingt mille ans, de déluge en déluge, de temple métropolitain à temple métropolitain.

J’ai assez dit pourquoi les sciences de l’ordre intelligible n’étaient enseignées que sous le sceau du secret.

J’ajoute ici que, môme dans l’Ordre physique, quelques sciences arrivées à un certain degré devront être l’objet des mêmes mesures de la part des Européens, en pré- sence des dangers publics et privés que la possession de

ces connaissances entraînera sûrement, si ellepeut être acquise par des hommes sans sagesse, sans vertu, mus par des passions et des ambitions politiques ou autres.

A. fortiori, les sciences ontologiques, cosmogoniques, théogoniques ne devaient et ne doivent être révélées qu’à des âmes et à des intelligences absolument inaccessibles ' au mal sous toutes ses formes individuelles et sociales.

C’est pourquoi nous verrons se conformer à cette Loi des Mystères, non seulement les théocrates comme Moïse et Jésus, mais même les fondateurs d’Ordres ou d’Écoles publics, leîs que Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Théophraste, Archimède, Euclide, Apollonius de Perge, Hipparque, Ptolémée, Apollonius de Thyane.

Tous réservant la doctrine ésotérique, ne la confieront jamais à l’écriture vulgaire.

Voilà pourquoi il ne faut pas se prononcer à la légère sur les Sciences de l’Antiquité, ni sur les Religions qui étaient l’Art social, dérivant de ces Sciences.

En juger, soit d’après des symboles dont on a rarement la clef, soit d’après ce que le vulgaire en disait, enpensait ou en écrivait, c’est faire œuvre vaine.

Or, cette prudence ne doit pas s’arrêter là, et elle doit redoubler, lorsqu’on étudie ce que les chefs d’École euxmêmes ont confié à l’écriture phonétique.

Car leurs livres ne nous sont parvenus qu’à travers des copistes, sur lesquels le collège des Dieux avait l’œil, et à travers des traducteurs, soit ignorants, soit assermentés de manière à ne livrer que l’exotérisme de ces écrits.

Tous ces chefs d’Écoles publiques, d’Ordres laïques ou sacerdotaux, même dans la période de décadence qui engendra la Judée, la Grèce et Rome, c’est-à-dire le passé religieux et universitaire de l’Europe actuelle, tous ces maîtres appartenaient encore, soit à la petite,

soit à la grande Initiation des Centres asiatiques et afri-

cains; et* comme ledit Eschyle, ils avaient le sceau du Taureau sur la langue.

Le même fait est observable dans le soi-disant père de l’Histoire, dans Hérodote, lorsqu’il touche à certains noms rappelant l’ancien Ordre de choses, l’ancienne ■ Synarchie inlellectuelle et sociale, que les nouveaux gouvernements devenus personnels, arbitraires, anarchiques entre eux depuis Nemrod, voulaient à tout prix faire'oublier.

Faute de connaître la Constitution de l’Empire universel de Ram et ses divisions consécutives, il* est impossible d’en saisir le véritable Esprit, sauvegardé partout par les débris de l’antique Université et de ses deux prenîiers Conseils.

Aussi, n’y a-t-il pas de sottises qui n’aient été gratuitement attribuées à l’Antiquité par la critique européenne, depuis la décadence de l’empire romain jusqu’à nous.

S’agit-il de Moïse?

Les uns vous disent qu’il avait reçu ses livres directement de Jéhovah en personne; et ils vous montrent les Targums, la Version des Septante, celle de saint Jérôme et enfin les Bibles traduites sur ces traductions.

Alors, le camp des critiques naturalistes, des exégètes ioniens, a beau jeu contre la Tradition et la Science doriennes ainsi travesties.

La sarabande se rue comme au sabbat du moyen âge sur CCS textes vénérables, en épluche les grossières erreurs, conspue la Révélation, et crève, sans le savoir, l’œil droit du Grand Visage des Kabbalistes, ou plutôt le leur, c’est-à-dire mutilent tout le côté de l’Entendement humain qui correspond à la Science de l’Ordre intelligible.

S’agit-il de Jésus?

Les uns disent qu’il était fils de Dieu dans le sens anthropomorphique et moderne de ce mot.

Alors la tourbe des exégètes a encore beau jeu ; et s’acharnant sur les Évangiles, elle en montre aisément la conformité avec les livres sacrés de tous les autres peuples, tels qu’ils sont entre nos mains.

Mais les uns comme les autres tuent, sous la lettre du second comme du premier Testament, l'antique Esprit du Cycle de Ram et toutes ses conséquences intellectuelles et sociales, qui leur demeurent'inaccessibles.

Les volumes s’empilent sur les volumes, et pendant ce temps, le mal politique et la désorganisation sociale vont leur train, sans que le mot d’ordre et la formule du bien puissent sortir victorieux de l’anarchie des Enseignements et des Pouvoirs.

Éplucher Matthieu, épiler Luc, déchiqueter Paul, dissé- quer Jean, proclamer que Jésus était un doux visionnaire sont choses faciles.

Pourtant la Chrétienté existe, epur si muove, et elle a derrière elle Israël, Moïse en tête.

Or, ces grands Corps spirituels qu’on appelle États Sociaux, ne se créent pas tout seuls, ni sans Puissance créatrice, ni sans Esprit animateur, ni sans Ame organique de Vie spécifique.

Et je défie bien trois exégètes de se réunir ensemble pour fonder un État Social qui dure huit jours.

Cette manière profane et barbare de juger l’Esprit renfermé dans les Testaments de Moïse et de Jésus, d’après la lettre exotérique, et, par suite, de ne rien comprendre à la Création ni à la biologie des Sociétés, est appliquée par la même érudition ignorantine à toute l’Antiquité contemporaine du judaïsme ou antérieure à lui.

S’agit-il de Virgile, d’Homère, d’Hésiode, des débris de la littérature grecque, des rituels d’Orphée, de la table

d'émeraude, des œuvres bardiques de FAvesta, des Kiogs, des Védas, des Pouranas, des stèles, des papyrus, des inscriptions hiéroglyphiques, cunéifornies ou autres, on n’en aura pas plus la clef, en compilant leur poussière, en dégageant leur sens phonétique, en analysant • ces formes graphiques, que l’anatomiste qui charcute un cadavre pour devenir physiologiste, ou que le barbare vivisecteur qui torture de malheureux animaux pour étudier la biologie.

Et comme on ne trouve rien, ou tout au plus des lambeaux d’idée dont les pensées et les catégories mentales échappent, on prête libéralement à l’Antiquité une ignorance contre laquelle protestent avec succès les Sages de l’Asie qui en ont conservé la Science.

Le simple bon sens devrait crier à toute intelligence saine que si, en cent ans à peine, nous avons pu sortir de la barbarie et entrevoir une somme considérable de vérités de l’Ordre physique et naturel, à plus forte raison les sept cent quarante et quelques siècles des Cycles humains qui ont précédé Ram, ont dû lui léguer une somme non moins respectable de certitudes scientifiques de tout genre.

Car ce grand homme, pas plus qu’aucun autre sur la Terre ni dans les Cieux, ne créa de rien ; il ti’ansforma, en la ravivant, la quadruple hiérarchie de Connaissances dont j’ai parlé, et il en appliqua les Principes à l’édification d’un État Social aussi parfait que possible.

La conformité des doctrines et des institutions des différents fondateurs religieux de Sociétés humaines ne prouve aucunement qu’ils se sont plagiés les uns les autres, pas plus que la construction d’un pont par un ingénieur ne démontre qu’il a voulu voler Euclide.

Aussi l’exégète et l’archéologue ne font-ils que confirmer Moïse, quand ils montrent la corrélation qui existe

entre leur exotérisme et celui des Égyptiens, des Kaldéens, des Persans, des Indiens et des Chinois.

Sans doute, le Judéo-Christianisme est venu de quelque part et dans un but déterminé ; mais c’est justement pour cela qu’il cache une vérité plus profonde et d’uneportée plus réelle qu’on ne le suppose.

Oui, leur Révélation exotérique en est une, et en cache encore une autre plus positive, parce que dans les sanctuaires du Cycle de Ram, tout l’Enseignement ésotérique s’appelait la Révélation.

Mais, dans un pareil Ordre de connaissances et de té- moignages sociaux consécutifs, l’étude marche de front avec l’exercice de tous les pouvoirs psychurgiques, intellectuels, spirituels de l’homme.

Aussi, sortir de cette étude pour entrer en action, et jeter dans l’Océan de la Vie des Peuples de pareils témoignages organiques, c’est véritablement créer, quels que soient les modèles antérieurs, c’est prêter force de Vie à ce qui n’était plus et à ce qui doit être encore.

C’est coopérer biologiquement avec les Puissances intelligentes du Cosmos pour alléger l’Humanité physique tout entière de tous les maux qui la retiennent captive devant les portes fermées du Règne qui lui appartient.

Le premier vers de l’Iliade est emprunté à la Démé- tréide d’Orphée; sa donnée fondamentale, entièrement psychurgique et cosmique, est prise dans la guerre des Eôns de la bibliothèque sacerdotale de Tyr.

L’Odyssée est l’histoire d’IIanouman, le lieutenant de Ram, habillée à la grecque.

Cela n’empêche pas l’œuvre d’Homère d’être marquée au coin personnel du Génie, c’est-à-dire d’un engendrem’ent de Vie dont, seul, l’individu uni directement à une Puissance céleste, est capable.

Et quant aux sophistes qui, trouvant de tels hommes embarrassants pour leur médiocrité, en ont nié l’existence, et ont attribué leurs œuvres à un concours d’individualités anonymes, on peut les réfuter par l’absurde, • en les réunissant et en leur mettant une plume en main . pour écrire, ne fùt-ce qu’un sonnet portant la marque du génie.

Ce que je dis ici d’Homère peut s’appliquer à plus forte raison à Jésus-Christ et à Moïse.

Tant' mieux, si dans le symbolisme astronomique des fêtes, dans les rites du Culte où je suis né, je retrouve les cérémonies, les sacrements, l’ombre des Mystères de Delphes et d’Élensis, de Bolsène et de Thèbcs, de la Kaldée et de la Paradesa!

Car, pourvu qu’en chaire le théologien ne vienne pas faire détonner l’Esprit sacerdotal de Jésus, pourvu qu’à l'orgue et aux chœurs préside un artiste religieux, un Sébastien Bach, un maître de chapelle qui ne vienne pas m’agacer avec la musique d’un faiseur d’opéras, je chéris d’autant plus mon culte, que j’y puis communier dans une esthétique plus universelle avec les Âmes de tous ceux qui ont adoré sous toutes les formes et dans tous les Temples que ce soit.

Tant mieux, si je retrouve dans le Talmud, dans le Prasada, dans le Bagavéda ou ailleurs, les paraboles que les Évangélistes mettent sur les divines lèvres du Christ!

La Tradition ésotérique m’enseigne ce que cette pré- cieuse conformité signifie ; et je deviens attentif avec une piété plus grande encore; et dans le fondateur de ma Religion, je révère et j’adore la présence réelle du Saint- Esprit cosmique et de tout son souffle à travers l’Humanité antérieure.

Tant mieux encore, même au point de vue exotériqüe, car alors la Chrétienté, œuvre de ce Christ, s’appuie

sur une base d’autant plus large dans le passé et dans l’avenir.

La même chose en ce qui regarde Moïse, son œuvre écrite et son œuvre sociale.

La même chose, en ce qui regarde l’Ordre des Abra- . mides où des néo-Ramides s’expatriant de l’empire arbitraire de Babylone.

Oui, les fondateurs de ces trois mouvements sociaux ont eu dans la tête et dans le cœur la lumière intellectuelle du Cycle de Ram, la volonté de sa résurj^ection, heureusement!

C’est pourquoi il importe que ce Cycle revive dans la mémoire des Européens, comme il vit dans celle de tous

les Asiatiques qui en conservent secrètement les rayons.

11 n’y a pas deux manières de constituer un Gouvernement Général cyclique.

Voilà près de cinquante siècles que, depuis le crime caractérisé sous le nom de Nemrod, les gouvernements dissociés essayent d’atteindre à l’Empire universel par la Politique pure, quand un homme de génie instinctif prête à leur mécanique administrative la force passagère de son énergie vitale.

Aucun n’a pu réussir et aucun ne réussira, parce que jamais la ruse et la force n’attenteront à l’Universalité, sans être châtiées de leur folie.

Pour atteindre un pareil but cyclique, il faut être embrasé tout entier d’un invincible amour pour le Vrai, le Bien, le Juste-, et seul, un homme de génie religieux pouvait fonder ainsi un Empire Universel, et lui prêter force de Vie, en s’unissant lui-môme à toute la Vie intellectuelle et morale dont l’Humanité est susceptible.

Tel fut Ram, l’immense prototype de tous les réformateurs religieux et sociaux qui, trente-cinq siècles après

lui, se levèrent partout du sein du Conseil des Dieux pour réparer les désastres de toute nature que la Politique arbitraire , vint déchaîner dans le Monde.

. Après le mystère d’iniquité dont l’Assyrie fut le théâtre, les rois et les vice-rois secouèrent partout le joug des deux premiers Conseils, asservirent le troisième, transformèrent le Sacerdoce en instrument politique, forcèrent la Science à se taire, lièrent les mains de la Religion, renversèrent le Kousha, persécutèrent les pontifes régionaux et jusqu’aux Lamas de la Pari^desa, firent régner l’arbitraire en se dérobant à tout arbitrage.

Alors les peuples écrasés d’exactions, entre-choqués dans la guerre, réduits en esclavage militaire, connurent l’Enfer des gouvernements politiques et personnels, et oublièrent peu à peu que le Ciel avait régné sur la Terre.

Ils ne s’en souvinrent que dans les temples, ils n’échangèrent plus ces divins souvenirs et ces divines espérances que sous le sceau des serments; et du haut de trente-cinq siècles de bonheur, la Bête triomphante les précipita de nouveau jusqu’à nos jours dans cinquante siècles d’oppression, dans ce Gouvernement Général, occupé désormais par l’Anarchie armée, où Peuples, Races, États Sociaux, Religions, Souverainetés sont encore aujourd’hui stupidement enferrés.

Pour remédier localement aux fléaux déchaînés par cette rupture de l’ancienne Alliance Universelle, par cette criminelle folie du Pouvoir affranchi de toute Autorité, se substituant à l’ancienne Synaichie trinitaire, les débris du second Conseil susciteront dans les Indes Christna, en Perse le premier Zoroastre, en Chine Fo-Hi, en Égypte et sur tout le littoral de la Méditerranée la remise en vigueur de la Loi des Mystères.

Partout le mot d’ordre des initiés sera de faire la

chasse aux symptômes locaux de riJniverselle maladie de l’ancien Corps Social, en attendant que, par' la suite des temps, l’antique santé puisse se rétablir avec la hiérarchie des fonctions organiques.

La diversité apparente des cultes, ces grands moyens de culture sociale, viendra de la diversité des milieux, de l’altération plus ou moins profonde que l’anarchie armée des vice-rois et des rois auront fait subir au Sacerdoce officiel, aux anciens Pouvoirs publics, aux mœurs intellectuelles et sociales des colonies et des royaumes.

Voilà pourquoi les œuvres de Christna, de Zoroastre, de Fo-IIi, puis des Néo-Ramides ou Âbramides , de Moïse, de Sakya-Mouni et enfin de Jésus différeront quant aux formes, quoique identiques quant auforid.dan.s leui's Principes et dans leurs Fins scientifiques etsociales au premier chef

On trouverait absurdes des médecins qui traiteraient de la même manière des maladies variant suivant les caractères physiologiques des individus, suivant les conditions hygiéniques des milieux ou des climats.

Mais leur thérapeutique différente ne prouve nullement que la science médicale elle-même ne soit pas une dans ses Principes et dans ses Fins qui sont la Vie et la Santé.

Mais, avant d’aborder l’histoire de ces rénovations partielles, avant de montrer leur concordance, leur commune tendance vers une rénovation univei'selle par le rétablissement de la Loi harmonique des Sociétés, ne quittons pas le Cycle de Ram sans en imprimer profondé- ment dans la pensée du lecteur la réalité et l’importance.

La grandeur incomparable, la santé générale de ce régime de l’Agneau et du Bélier fût dans le caractère intellectuel de sa Constitution.

Cette dernière ne pouvait être que trinitaire, car l’homme individuel ou collectif est marqué de ce signe irréfragable d’une triple Vie.

L’Âutorité n’appartient jamais à la Force et, comme je l’ai dit dans la Mission des souverains, il faut en chercher les symboles premiers au foyer dans la mère et dans les grands parents, sans parler ici des morts.

Cette Autorité réelle a pour caractère d’être désarmée des sanctions exécutives dont le père tient le bâton de commandement, et qui constituent le Pouvoir.

Celte Autorité faite uniquement de force intellectuelle et morale, de Sagesse et d’Amour, instruit, éduque et vivifie ; elle ne juge que pour perfectionner , elle ne çhâtie.que pour guérir, elle ne condamne jamais.

Dans l’État Social, telle est aussi la véritable Autorité, la seule devant laquelle, depuis le souverain jusqu’au dernier des artisans, tout le monde , puisse et doive, d’un bout de la Terre à l’autre, s’incliner, fléchir le genou, et se relever, instruit, éduqué, vivifié, pour obéir, en accomplissant son devoir et en vivant ainsi heureux, chacun à son rang.

Or, la totalité des Corps enseignants porte seule ce caractère divin de l’Autorité, car la Science s’étend depuis le centre de la Terre jusqu’au sommet des Cieuxj depuis la Nature physique jusqu’à cette Nature intellectuelle qui est la Confidente de l’Esprit de Dieu et la Mère de l’Intelligence humaine.

C’est ainsi que Ram a compris l’Autorité, et il n’y a pas une autre manière de la comprendre sans sortir de la Science et de la Vie intégrales.

C’est ainsi qu’après Ram, tous les membres de l’ancien <k)nseil des Dieux qui ont fait œuvre de thérapeutique sociale n’importe où, ont également compris l’Autorité.

Quant au Pouvoir, son caractère normal est d’être

absolument soumis et obéissant à cette Autorité, sous peine de perdre toute autorisation intellectuelle ou morale vis-à-vis des Mœurs publiques, comme de la part des Forces intellectuelles ou morales de l’ünivers repré- sentées et présentes dans la Vie organique des Sociétés, quand l’Autorité dont je viens de parler, y siège au rang €t y exerce le rôle qui lui sont dus.

Tout Pouvoir souverain, en dehors de ces conditions biologiques, passe à l’état maladif et fait régner la maladie dans tout le Corps Social.

Qu’il soita’eprésenté par une oligarchie républicaine ou par la tétc d’un monarque, il n’offre plus le moindre caractère intellectuel ni moral, et il s’appelle l’Anarchie, sans couronne dans la République, couronnée dpns Iq Monarchie.

C’est ainsi que Ram avait compris le Pouvoir souverain.

Depuis le dernier des vice-rois, depuis tous les rois nationaux jusqu’à l’empereur, c’est ainsi qu’il avait organisé la hiérarchie de ces Pouvoirs, comme une série ascendante de circonscriptions judiciaires et d’arbitrages, soit nationaux, soit supi*a-nationaux.

Mais des rois et des empereurs de justice portant ce caractère ne s’improvisent pas; ils sesélectent.

Or ils ne peuvent pas se sélecter tout seuls, ni encore moins s’élever par la ruse et par la violence, portés en haut par des conspirations militaires, des coalitions d’intérêts ou des coups d’État.

Ce n’est pas dans de pareilles ténèbres que peuvent «’engendrer de véritables souverains; c’est au plein soleil de l’Intelligence, de la Conscience et des Mœurs publiques qu’ils peuvent naître de la Vie et pour la Vie organique des Sociétés.

C’est pourquoi Ram a voulu que les trois Conseils

assemblés nommassent ces Pouvoirs royaux et impé- riaux, sur la présentation de l’Autorité, et que l’individu qui les représentât fût leur agent impersonnel, l’exécuteur arbitral d’un code de Justice nationale et internationale auquel il ne pût pas attenter impunément, si la fantaisie lui en venait.

Or, la seule manière d’empêcher cet attentat n’est pas celle que croient les révolutionnaires, les iconoclastes politiques, les destructeurs sociaux; et elle consiste à créer et non à détruire.

Pour créer de tels rois et de tels empereurs, il n’y a qu’un moyen, c’est de les instruire, de les éduquer, de les vivifier, de contenir leur fonction impersonnelle à ,sa place dans un organisme social tellement vrai, tellement juste, tellement sain, que les Mœurs publiques connivent avec lui pour conserver leur liberté, c’est- à-dire leur accord physiologique.

C’est pourquoi le roi devait, avant de ceindre la couronne, passer par tous les examens du Conseil des Dieux et du Conseil de Dieu.

Alors seulement, étant roi en dedans, il pouvait l’être en dehors; alors seulement, ayant acquis la Sagesse et la Science, qu’on appelait l’Art royal, et qui donnait le titre de roi et même de dieu, il pouvait, après avoir prêté serment de fidélité aux deux premiers Conseils, celui de l’Enseignement et celui de la Justice, recevoir sur sa tête la couronne fiduciaire ou représentative, genou en terre, sous la main levée d’un Pontife, devant les trois Conseils assemblés.

Enfin, les mœurs publiques elles-mêmes ne peuvent pas vivre non plus sans organisation, et cette dernière a ses lois et ses Principes dans la Vie et dans là Science, comme toute chose dans l’Univers.

C’est pourquoi Ram attacha si profondément son

attention sur la Commune, première molécule de toute l’Économie sociale.

C’est pourquoi il mit autant de génie intellectuel, de science et d’art à l’organiser qu’à constituer tout l’ensemble, tout le Corps Spirituel de son Empire.

Nous avons vu dans l’Iran et dans l’Inde comment il fit de la famille la condition de l’électorat, du suffrage, qui ne peut pas en avoir d’autre, à sa base.

Avec un tel point de départ, avec la place normale assignée dans ce point de départ à la femme à côté de l’homme, l’élu de la commune dut forcément répondre aux conditions de sa vie morale, et offrir ainsi à sa vie économique des garanties qu’on chercherait vainement ailleurs.

Partant de cette origine, toute la série des délégations successives, ayant pour votants ces premiers élus, fut une source pure et vivante, allant puiser dans toutes les branches spéciales de la vie economique des viceroyaumes, des royaumes et de l’Empire ses derniers représentants pour les grandes assemblées du troisième Conseil.

Il est à remarquer qu’une attention très grande avait été accordée à la circonscription cantonale.

Le troisième Conseil recevait à son tour du Conseil des Dieux son code de Justice arbitrale, du Conseil de Dieu les Principes et les canons de toutes les sciences et de tous les arts intéressant la vie économique.

C’est ainsi que, grâce à ces trois Pouvoirs sociaux, l’organisme civil et administratif avait, comme la circulation du sang et du système nerveux, son double mouvement, sa systole et sa diastole.

la centralisation et la décentralisation étaient géomé- triquement parallèles, naissaient l’une de l’autre, et se prêtaient un mutuel secours.

Quant aux formes, il est à remarquer que le génie de Ram les avait déterminées et appliquées selon leur nature.

Il avait donné la forme républicaine à la commune et au canton, la forme monarchique royale à la centralisation impersonnelle des pouvoirs de Justice, la forme monarchique impériale au Gouvernement Général du Kousha, la forme théocra tique au Contrôle suprême de tout l’ensemble. Contrôle appuyé directement sur les Mœurs publiques en bas, sur la Synthèse religieuse des vérités en haut. «

Le régime des castes , tel qu’il fut établi par la suite, la prédominance du Pouvoir monarchique personnel; l’abaissement consécutif du Sacerdoce officiel, furent le résultat de la série de crimes publics qu’engendra l’entrée en scène des gouvernements purement politiques.

Les castes existent et existeront éternellement.

Les hommes instinctifs, à intelligence et à facultés morales peu développées, les hommes passionnés, mais capables de s’élever jusqu’à la raison extérieure des choses, les hommes intellectuels atteignant jusqu’aux principes de ces mêmes choses, constitueront éternellement trois castes, que ces dernières soient ou non socialement et officiellement constituées.

Et ces trois races ontologiques d’hommes tendront toujours à appliquer leur énergie vitale à trois ordres de faits distincts dans la hiérarchie des métiers, des arts et des sciences.

Dans un État Social sans forme comme le nôtre, ces trois races ontologiques sont partout mêlées et en confusion de destinées et d’attributions, pour le mal ou' le malaise de chacun et de tous.

Mais leurs lignes isothermes pour ainsi dire n’en existent pas moins, de là le proverbe : Qui s’assemble se ressemble.

Or, la Synarchie trinitaire a tout justement pour but les trois Assemblées correspondant à ces trois degrés de similitudes.

Mais il est évident qu’un homme de première caste ontologique peut tout aussi bien naître en bas de l’échelle sociale qu’en haut, surtout dans nos Sociétés confuses, sans formes organiques, sans harmonie physiologique, où la rentrée»en scène des Ames par la porte des Générations n’est pas plus religieusement ni scientifiquement éclairée que leur retour à l’Ordre cosmique, invisible, par la porte du tombeau.

Ram n’a jamais institué de castes imperméables à l’accession des valeurs individuelles, d’où qu’elles vinssent.

N’importe qui pouvait faire partie du Conseil économique, pourvu qu’il y fût porté par l’estime des milieux dans lesquels il vivait.

N’importe qui pouvait faire partie du Conseil des Dieux, pourvu qu’il eût traversé la série des examens qui y conduisaient.

N’importe qui enfin pouvait faire partie du Conseil de Dieu, pourvu qu’appartenant au précédent, il voulût passer dans le Sacerdoce officiel ou dans les Corps savants des temples.

Quant à l’hérédité des fonctions monarchiques dans l’Ordre du Bélier et de l’Agneau, elle est extrêmement problématique : l’Égypte jusqu’à Ménès n’eut pas de roi et fut gouvernée par un Conseil des Dieux avec un président faisant fonction de Grand Juge.

Au-dessus de ce Pouvoir, Conseil de Dieu, au-dessous Conseil des anciens.

Moïse qui, comme les Abramides, eut pour but. la résurrection de cet Ordre de choses, n’institua pas de rois, et laissa régner seuls les trois Conseils.

De plus, quand il relate l’Ordre des Abramides et ses trois cents initiés s’inclinant devant Melchisédec, dernier représentant de l’antique Tradition en Palestine, il nous le montre sans aïeux.

Il ne l’eût certes pas fait, si cette Royauté sacerdotale de Justice avait été héréditaire, et non la couronne du mérite personnel.

Quant au sacerdoce officiel, il n’était qu’une partie du Conseil de Dieu et non la plus importante.

, Les. Corps savants sacerdotaux avaient le pas sur cette administration sacramentaire.

De plus tout le Conseil des Dieux, c’est-à-dire tout le collège des initiés laïques, était là, pour faire contrepoids à l’esprit de routine, et combattre par la Vie les maladies spéciales à tout Corps constitué, et au Sacerdoce officiel entre autres.

Une irréfutable preuve de celte ancienne organisation, en dehors des Indes, de la Perse, du Thibet, des royaumes de Siara, du Kambodge et du Japon, est le Céleste Empire de la Chine.

Fondé, comme nous le ^ .t plutôt réformé

près de quarante siècles aj i et à la suite du

grand schisme indien, il po a marque indéniable de l’ancien Ordre de choses sur lequel Fo-Hi avait les yeux kvés, comme le premier Zoroastre, comme les prêtres d’Osiris, comme les Abramides, comme Cadraus, comme Moïse, comme Orphée, commeSakya-Mouni, comme Jésus.

J’entrerai plus tard dans certains détails au sujet de l’État Social chinois.

, Pour le momeat, je ne veux en relever que les similitudes organiques avec l’Empire du Bélier.

La Commune chinoise porte la marque certaine de Ram, dans son organisation fondée sur le Culte de l’Ancêtre au foyer, dans son esprit de justice et d’association arbitrales, dans la constitution de ses pouvoirs et de ses libertés locales.

Fo-Hi, membre du deuxième conseil de l’Empire indien, faisant partie de l’école d’état-major attachée aux temples, vint opérer la réforme du Céleste Empire avec cent familles du même grade.

Aussi retrouvons-nous le collège des Dieux dans celui des Lettrés, c’est-à-dire, en chinois, des Savants.

C’est en effet à cette assemblée qu’appartient, en principe, l’Autorité.

Or, dans ce collège, tous les degrés donnant droit au contrôle ou à l’exercice des fonctions publiques, sont encore à l’examen.

Les emplois aux capacités, l’avancement au mérite, chû /w’en jin neng : telle est la vieille maxime que les anciens Sages placent dans la bouche de Fo-Ili ; et en 2200 avant J. C., on voit encore l’empereur Shun présider les examens de ses fonctionnaires, tous lès trois ans, et abaisser ou élever leur rang suivant leur mérite.

La Constitution sociale de la Chine est avant tout intellectuelle, et l’on y sent partout le soin avec lequel le fondateur s’est attaché à rendre oiseuse l’immixtion inepte de la Politique, c’est-à-dire du Pouvoir sans Autorité, des passions sans autorisation légitime de l’intelT ligence, sans but spécifié dans et pour l’ordre public.

Les Principes ésotériques, extrêmement scientifiques, renfermés dans les Kings, peuvent n’être pas compris

depuis trois mille ans; ils n'en agissent pas moins dans

les Institütioûs fondamentales qu’ils ont déterminéiïs.

Le caractère de ces dernières est avant tout intellec-« luel, moral ,et social.

Leur principal but a été et est encore de cultiver et d’évertuer l’intelligence publique, d’en constater solennellement les divers degrés, et d’en récompenser officiellement les efforts, en leur ouvrant toute la hiérarchie des fonctions jusqu’à la dignité de vice-roi ou de premier ministre.

Dans la dernière des écoles de village, parmi les dictons que l’on fait répéter ou que l’on dicte ^aux enfants, se trouve cet adage significatif : Tsiang siang pun wu chung, le général et le premier ministre ne sont pas nés

C’est ainsi que la disposition générale des offices a été soustraite dès l’origine au Pouvoir proprement dit, pour être à la seule merci de l’Autorité, c’est-à-dire des Corpsenseignants.

L’Assemblée générale des Lettrés conserve encore aujourd’hui les quatre divisions des anciens Mystères, bien que l’ésotérisme des anciens livres sacrés ne soit guère plus entendu en Chine que chez nous, et cela depuis bien longtemps.

Aux quatre hiérarchies des sciences perdues dans leur presque totalité correspondent les quatre degrés du Siuts’ai, du Chu-jin, du Tseu-chi et enfin du Kouatszekien.

Aujourd’hui encore, une autre conformité à relever, c’est que le Suprême Conseil de l’üniversité se compose de soixante-dix membres.

Nous retrouverons ce nombre appliqué au même objet dans l’Ordre des Abraraides, dans l’Ordre synabolifié sous le nom de Jacob, dans le Collège suprême d’initiés laïques dont Jethro conseillera à Moïse la création, dans le collège des soixante-dix traducteurs qui donnèrent

lévr nom à la Version exotérique des septante, et enfin, des soixante-dix envoyé de Jésus. (Voir saint Luc, ch. X, V. 1, et saint Matthieu.)

Le nom même de collège des Dieux se retrouve jusque dans les feuilles d’examen des candidats, où l’on voit des questions comme les suivantes : « L’emploi public des < armes à feu recommence sous la dynastie Chau (onze « cents ans av. J. C.); dans quel livre trouve-t-on dés « lors le mot exprimant l’idée de canon?

« Quelle est la différence entre les deux classes d’cn- « gins de qiort auxquelles ce mot est appliqué?

« La défense de K’aifungfu est-elle le premier fait « d’armes où l’on trouve ce souvenir remémoré?

« Koublai Khan eut des canons d’un nouveau .genre,: « d’où les eut-il?

« Les Sungs avaient de nombreuses variétés de canons « de petit calibre : quel était leur avantage?

« Les Mings sous le règne de Yungloh envahirent la « Cochinchine, ils y employèrent une espèce de canons « appelés les armes des Dieux : pouvez-vous donner la « raison de leur origine? »

Si l’on se rappelle ce que j’ai dit dans le chapitre traitant de la Science dans l’Antiquité, on trouvera dans ce qui précède une confirmation nouvelle ; mais ici je ne veux relever qu’une chose, celle qui est relative à la similitude du corps des Lettrés avec l’ancien Conseil des Dieux : armes des Dieux.

' Ce corps, véintable sélection de toutes les valeurs hiérarchiques de l’Empire, non seulement n’était pas et n’est pas dans la main de l’empereur, puisque la disposition des offices publics ne doit se donner, d’après la vieille Constitution sociale, qu’à l’examen, mais l’empereur lui-même n’en est que le représentant, la tète, le chef rituel, sans pouvoir légal contre cette Autorité.

£n effet, dès la plus haute antiquité, et plus on ré' monte lè cours des siècles, plus on voit ce corps se dresser contre tout empereur tendant à devenir arbitraire, et cela avec le même courage, avec le même sacrifice de la vie que tout le Conseil des Dieux de l’ancien Monde, jusqu’à celui d’Israël , des débris assassinés duquel ressuscitèrent encore les Prophètes.

Mille ans avant notre ère, l’Autorité dont je parle était encore en pleine vigueur dans l’accomplissement de ses dévoilé vis-à-vis du Pouvoir impérial représenté par la Maison de Chow.

Dans le treizième livre desChowle,on trouve encore la même maîtrise intellectuelle et ses règles relatées dans les moindres détails.

Le Conseil suprême du Kouatszekien devait admonester l’empereur au sujet des rites de ce qui est bien et de ce qui est juste.

Ce dernier devait assister à l’enseignement des présidents du Conseil, à ses leçons d’esthétique morale.

Les vice-présidents devaient remplir leur devoir de censeurs intellectuels, en réprouvant devant la personne de l’empereur les fautes publiques qu’il pouvait commettre, et en rappelant à la discipline de l’Autorité souveraine, de la Sagesse et de la Science, les fils de l’État, les membres de la famille impériale.

Quant au Conseil de Dieu, Fo-IIi, membre du Conseil des Dieux, fuyant l’Inde bouleversée par le schisme d’Irshou, eut évidemment l’esprit de son Ordre, en relé- guant les rites du Sacerdoce dans la Science ésotérique, et en n’instituant pas de sacerdoce officiel séparé du reste de l’Assemblée des Corps enseignants.

C’est à ce titre qu’initié à ce qui reste de l’antique ésotérisme, l’empereur pratique dans son palais et dans certaines cérémonies publiques un Culte, un Souverain

Pontificat laïque, dont l’art relève évidemment de l’ancienne Science sacerdotale.

En dedans des portes du sud de la capitale, entouré d’un bois sacré si épais que le silence de son ombre arrête les bruits lointains du monde en travail, se dresse le temple du Ciel.

C’est une simple tour dont l’azur resplendissant symbolise la couleur de l’Espace éthéré.

Nulle image ne s’y trouve, et peu d’hommes savent les rites qui s’y accomplissent; mais en face, est un autel de marbre pour un certain sacrifice annuel, où le feu joue son rôle, pendant que le maître de l’Empire, prosterné, pieds nus, adore l’Esprit de l’Univers.

La tablette sur laquelle est inscrite le nom deShangté*, le régulateur suprême, représente seule la Divinité.

Cette analogie avec l’antique roi de Salem n’a pas manqué de frapper les voyageurs attentifs.

Quant au troisième Conseil, on le retrouve en Chine partout : de là l’indestructibilité de la Commune chinoise, l’organisation biologique de la Famille assise sur le Culte de l’Ancêtre, de là aussi l’absolue liberté d’association qui fait la force économique de cet empire, dé- bris du Cycle de Ram, qui, malgré ce colossal passé, est plus jeune encore que la Chrétienté et tout le reste du

Aussi, comparée à la constitution anarchique de la Chrétienté, l’organisation synarchique de la Chine offret-elle ce caractère singulier, de correspondre parfaitement, non seulement à l’état intellectuel dont nos sciences physiques et naturelles sont la rénovation première,, mais encore à notre absence d’organisation sociale, conforme à cet état.

Ce fait s’explique, et ne peut s’expliquer que d'une manière : c’est que l’organisme savant des institutions

fondamentales dé la Chine vient d’une époque eorres* pondant elle-même à un état scientifique complet.

La Chine est un Empire arbitral dans une Théocratie laïque.

Les bases communales, républicaines, les provinces royales, le centre impérial sur lequel une tiare est posée par l’Autorité de l’Enseignement, tout cet ensemble est la reproduction affaiblie d’un prototype : l’Empire du Bélier, 'la Théocratie de l’Agneau.

L’excellence des Principes qui ont présidé aux institutions sociales de l’Empire n’a pas pu ne pas sauter a'dx yeux des observateurs impartiaux.

11 n’est pas jusqu’aux vopgeurs américains les plus instruits qui, sentant la défectuosité de leur propre constitution, son peu de viabilité sociale, grâce à son mode de représentation du Suffrage Universel par des politiciens de hasard, ne tournent avec attention leurs regards vers cet antique reflet d’un modèle primordial, plus antique et plus savant encore.

•Après avoir insisté sur ce fait que l’instruction publique et l’éducation populaire sont absolument libres en Chine, M. Martin, des États-Unis, président du collège Tüngwen, à Pékin, ajoute ce qui suit :

« Tel est le système de la compétition intellectuelle en Chine.

Plus conforme qu’aucun autre à l’esprit de notre libre gouvernement des États-Unis, il pourrait y porter des fruits encore meilleurs que dans le Céleste Empire.

Dans les Indes anglaises ce système a des résultats excellents.

En Angleterre, les services diplomatiques et consulaires ont été enfin mis sur ce pied ; et un effort dans

ce sens doi t être fait, si nous voulons que notre influence au dehors soit en rapport avec notre grandeur et notre prospérité au dedans.

Quand notre gouvernement comprendra- 1- il qu’un bon consul vaut plus qu’un navire de guerre ?

Or, pour avoir de bons agents, il faut les demander à des corps où ils se recrutent et soient entraînés par une instruction spéciale. »

Plus loin, le même auteur ajoute que ce système chinois, qu’on pourrait définir tovi à /'examen, est appliqué suivant un’e échelle de proportions tellement grandiose, qu’aucune nation de la Terre ne peut rivaliser sur ce point avec le Céleste Empire.

« Lord Mahon, dans son Histoire d'Angleterre, parlant « du patronage accordé au monde savant pendant la « période qui précéda Walpole, observe que le Sou- « verain avait beau ne pas être un Auguste, le ministre « était toujours un Mécène. Newton devint directeur de « la monnaie ; Locke fut maître des requêtes ; Steele fut « garde des sceaux ; Slepney, Prior et Gray reçurent des « ambassades importantes et lucratives ; Addison fut « secrétaire d’État; Tickell, secrétaire d’État en Irlande; « Congrève, Rowe, Hughes, Ambrose Philips reçurent « de riches sinécures. Et cet historien continue en « montrant combien la diminution de ces libéralités « entraîna celle de la faveur populaire sous les règnes « suivants, »

Cette méthode, ajoute judicieusement M. Martin, n’est pas celle du Céleste Empire.

« Moins arbitraire que les monarques occidentaux, l’empereur n’a nullement la liberté de récompenser un Lettré ou un Savant par une charge officielle; et son premier ministre ne le peut pas plus que lui. Pas davan-

tage, la faveur populaire ne peut élever aux fonctions publiques qui que ce soit. »

La seule Puissance qui ait ce Pouvoir est, encore une fois, l’Autorité, c’est-à-dire, comme je l’ai maintes fois répété, la Science elle-même et l’Enseignement armés de l’examen.

C’est pourquoi dans la Mission des ouvriers, après avoir prouvé qu’il n’y avait pas d’autre mandat impératif possible que la valeur professionnelle du mandataire, j’ai démontré qu’il n’y a pas d’autre représentation nationale, capable d’en finir avec nos anarchies et nos dissociations, fruits de nos incapacités, que trois Chambres de spécialistes élus correspondant à cètte triple vie sociale, éternelle à travers toutes les Sociétés : Instruction et Éducation publiques , civiles , religieuses , militaires, Justice, Économie.

M. Martin ayant observé sur place le système du taul à l'examen, insiste sur l’erreur profonde des Occidentaux, lorsqu’ils prétendent que sa valeur a été surfaite, et qu’il faut le rendre responsable des défectuosités de la culture mentale des Chinois.

« C’est justement le contraire qui est vrai, et c’est à d’autres causes qu’il faut rapporter ces défectuosités.

Depuis plus de deux mille ans, la rénovation de ce système a été à la fois le stimulant et l’agent de conservation, auxquels sont dus, non seulement les mérites de l’éducation nationale, telle qu’elle est, mais l’existence même de la Nation.

Les fruits politiques n’ont pas été moins bienfaisants que ceux de l’ordre social ; et cette rénovation a encore fait plus de bien à ce point de vue, que le Corps des Lettrés ne pouvait s’y attendre.

En rendant' au peuple ses antiques libertés, elle a ren* forcé l’État.

En ouvrant toutes les charges publiques aux énergies et aux ambitions nationales, elle a démontré qu’elle était le meilleur moyen d’assurer la tranquillité générale.

Ce système est la soupape de sûreté de l’ordre social, et sans lui les ambitions et les volontés individuelles, au lieu de se repartir dans la hiérarchie des capacités et des spécialités, éclateraient en conflits de classes, de partis, de politiciens de hasard; et par toutes les fissures de l’anarchie, lês révolutions sanglantes se seraient fait jour perpétuellement. »

Or, si la remise en vigueur des antiques institutions synarchiques depuis Confucius peut frapper à ce point, aujourd’hui même, les observateurs attentifs, tous les écrits du Sou-Wang, du roi sans sceptre, sont là pour affirmer l’incomparable grandeur et l’excellence des Principes et du modèle, qu’il avait étudiés dans les Kings de Fo-Hi. :

Et Fo-Hi lui-même, sorte de protestant de génie, ne fit que laïciser, en le diminuant, le prototype primordial que le schisme de l’Inde avait altéré, la Synarchie de l’Agneau et du Bélier, que la Politique avait déprimée.

Car l’œuvre de Ram, autrement savante et difficile, ne répondait pas seulement à l’organisation d’un empire et d’un peuple isolés, mais de tout un ensemble de souverainetés et de nationalités qu’il fallait unir par des institutions communes.

Fo-Hi put bien laïciser la Science sacrée, l’Enseignement et le Culte lui-même; mais il en eût été tout autrement, s’il avait eu affaire au Gouvernement Général du

Alors, il eût dû laisser subsister l’étage supérieur de

l’édifice, le corps sacerdotal et le Souveraia Poatife à la tête du Conseil de Dieu.

C’est ce que Moise comprendra parfaitement, témoin sa soumission à Jethro, soumis lui>même aux Lamas de la Paradesa.

Il n’y a qu’une Puissance au Monde qui ait qualité suffisante pour courber sous sa main la ménagerie, la fosse aux bêtes des souverainetés royales ou populaires dans leurs ‘rapports internationaux.

U n’y a qu’une puissance au Monde qui a'it le droit de commander la Paix universelle, la Morale et la Justice intergouvemementales, à ceux qui, à la tête des nations, président non seulement leur vie intérieure, mais surtout leur vie de relations.

Il n’y a qu’une Puissance au Monde qui ait le droit d’enlever de son trône, de secouer dans les Cieux et d’écraser sur la Terre tout souverain, roi ou empereur, qui se permet, vis-à-vis d’un roi ou d’une nation voisine, les crimes qu’il châtie dans ses sujets : le vol et l’assassinat.

.Cette Puissance, c’est la Providence, Intelligence de l’Univers, représentée par l’intelligence religieuse de l’homme sacerdotal, et pouvant et devant châtier ainsi,, non seulement dans l’Ordre visible, mais surtout dans l’Ordre invisible, tout anarchiste d’en haut, tout félon, dont la responsabilité grandit avec le Pouvoir.

Cette Puissance supra -souveraine et souverainement pontificale. Ram en avait tellement senti l’indispensable nécessité, qu’abdiquant l’Empire qui lui avait servi d’es~ cabeau, il monta jusqu’à l’Âutel suprême, et appuyé sur la Conscience universelle des peuples, ceignit la tiare pour veiller à leur Paix publique, et pour qu’on y veillât après lui.

Pendant trois niille.cinq cents ans en effet, Enipereur, rois, vice-rois, restèrent dans leur rôle de souverains de Justice, le savant Arbitrage de Ram contint et limita tout arbitraire d’en haut, et les souverainetés elles-mêmes contenaient et limitaient tout arbitraire d’en bas.

Or cela eût été impossible sans les trois Pouvoirs sociaux qui constituent la Synarchie, sans le Conseil de Dieu, gardien du Droit public, solennellement mis sous la protection de la vivante Constitution de l’ünivers, comme toutes les sciences et comme tous les arts.

Cela eût été impossible sans le Conseil des Dieux, dont l’empire de Fo-lli ne sera que le reflet.

Cela eût été impossible enfin, sans le troisième Conseil l'eprésentant l’acquiescement religieux de rÉconoraie sociale à ses propres Principes de vie.

CHAPITRE VIII

SCHISME D’IRSHOÜ

Un peu avant le Kali-Youg, disent les livres sacrés des Brahmes, près de trenle-cinq siècles après Ram, un peu plus de trente-deux siècles avant Jésus-Christ, l’Empire universel du Bélier reçut, à son centre même, son premier germe de maladie et de dissolution.

La fonction du Kousha de l’Inde était devenue héréditaire, et la famille impériale fut alors en dissension, grâce à deux frères, dont on peut lire la légende exoté- rique dans les Pouranas, et, principalement, dans le Scanda-Pourana et dans le Brahmanda.

L’empereur Ougra venait de mourir, et son fils aîné, Tarak’hya, lui avait succédé.

Le fils cadet, Irshou, Régent des Provinces, était extrê- mement ambitieux, et ne pouvant atteindre le souverain Pouvoir par des voies légales et légitimes, il provoqua un schisme, afin de chercher un sceptre dans une révolution.

Après avoir formé son état-major des ambitieux et des mécontents des hautes classes, il suscita la désaffection et la révolte des classes inférieures des villes et des campagnes.

Tarak’hya» à la tête de toute Torganisation régulière de rEmj)ire, dut réprimer et expulser du pays cette révolution qui prendra dans THistoire divers noms, suivant les contrées.

Aux Indes, ce sera la guerre civile des Yonijas.

Sur toutes les côtes du golfe d’Oman, du golfe Persique et du golfe Arabique, ce sera le mouvement des Phéniciens, des Érythréens, des Rouges, à cause du drapeau de pourpre sur le fond duquel s’armoriait la Colombe ponceau, que l’impérial révolté avait prise pour blason de son étendard.

En Égypte, ce sera plus lard l’invasion des Hiksos, ou Irshouïstes ; et cette invasion donnera à ce pays les pharaons arbitraires, les despotes schismatiques, connus sous le nom de Rois Pasteurs.

En Assyrie, en Syrie, ces Yonijas de l’Inde fonderont tous les temples ioniens ou naturalistes, et susciteront partout des révoltes à tendance pseudo-républicaines, jusqu’au moment où ils pourront s’emparer du Pouvoir militaire, pour constituer le Césarisme flétri par Moïse sous le nom de Nemrod, la voie du tigre, le Cycle de l’arbitraire, de la Force primant le Droit.

En Syrie comme partout, ils écraseront l’ancienne Synarchie et ses pouvoirs trinitaires, pour multiplier à l’infini les pouvoirs personnels, monarchiques ou oligarchiques.

Et leur souvenir se perpétuera dans la mémoire des hommes sous différents noms : Iduméens, Pallantis, Philistins, etc., etc.

A l’ancien droit des gens de la Théocratie de l’Agneau, à l’ancienne hiérarchie des souverainetés de Justice de l’Empire du Bélier, ils opposeront une loi nouvelle, marquée du caractère de l’Anarchie publique.

Cette Loi sera celle du Taureau ; et en effet, le César

de Babylone opposera le Touran et les Touraniens dissociés de leur antique Alliance à l’Empire arbitral du Bélier, et à toutes ses divisions juridiques.

Ce Césarisme arbitraire ira plus loin encore, et s’alliant avec les Celtes d’Europe restés fidèles à l’ancienne Ijoi sanglante dû Taureau zodiacal, il portera la guerre jusque dans les colonies européennes de l’Empire du Bélier, ayant pour cœur et pour cerveau les temples de la Théocratie de l’Agneau.

Telle est la révolution universelle par laquelle,, jusqu’à nos jouj's, fut brisée l’ancienne hiérarchie de Pouvoirs sacerdotaux et juridiques, qui avait, pendant tant de siècles, donné au Monde la plus grande somme de Paix internationale, de liberté locale et de bonheur général dont il puisse jouir.

Avant d’entrer, au point de vue des sciences sociales, dans l’analyse des conséquences du schisme d’Irshou, je dois en faire toucher au lecteur les causes, non seulement telles que les livres exotériques de l’Asie nous les présentent, mais telles aussi que les connaissent les Savants religieux de ce Continent, qui, j’en suis sûr, ne me désavoueront pas.

Mais ici, je prie le lecteur de se souvenir qu’au moment de l’Histoire où se placent ces faits indéniables, l’ancien Monde, l’ancien Cycle fondé par Ram avait atteint un degré de culture scientifique peu ordinaire.

C’est pourquoi nous allons voir Irshou, avant de recourir aux armes, affirmer son opposition dans l’Intelligence pure et dans le domaine des Principes les plus transcendants.

Comme tous les schismatiques, tous les sectaires et tous les révolutionnaires du Monde, sauf de bien rares exceptions, Irshou fut un ambitieux, impuissant à re-

construire ce qu’il voulait détruire," pour s’y substituer.

Dans tin ordre autrement important, il ne fut, comme Luther, que le boute-feu plus ou moins conscient de l’immense incendie qu’alluma son étincelle.

La cause intellectuelle qui rendit possible ce sectaire, remonte plus haut que lui, et nous devons nous y arrêter quelque temps.

La quadruple hiérarchie de sciences léguée par les temples de la Race rouge au Sacerdoce de la Race noire et par ce dernier à la Théocratie de Ram, ramenait mathématiquement et géométriquement toutes les sciences et tous les arts à l’Unité divine, lod, Wodh ou Boudh.

Cette science de méthode, que je désignerai sous les noms d’ Arithmétique et de Morphologie qmlitalim, est la seule, en effet, qui permette à l’intelligence humaine de remonter de degré en degré tous les échelons de la Vérité, avec exactitude, et non pas dans le simple mirage imaginatif des fantaisies exotériques de la Théologie ou de la Métaphysique.

Or, si cette science de méthode n’était accessible que dêns les temples, l’art expérimental qui en résulte, et qui est lui-même mathématique et géométrique, était dans les mains de tout le monde.

Je ne nommerai point ici cet art, et je continuerai l’Histoire des causes du schisme d’Irshou, sans en soulever les voiles plus qu’il ne convient.

L’Unité divine représentée sous le nom de Wodh était considérée comme insaisissable dans son Essence, en dehors de la Synthèse des sciences.

Sa première manifestation, la seule qui fût biologiquement accessible à l'Ame et à l’Esprit humain, était

euvisagée comme une Dyade androgynique éternellement et indissolublement unie.

, Cette Dyade, cette Union manifestant l’inaccessible Unité, s’appelait dans les sanctuaires I-ÈVÊ, Iswara- -Pracriti, Osiris-Isis, etc., etc.

C’est Elle que Moïse tirera plus tard des sanctuaires d’Égypte et d’Éthiopie, et que le grand Prêtre hébraïque, une fois l’an, devant les prêtres seuls , prononçait à l’antique, en trois fois :

Ion, ÊVAoÊ>Iot)ÊVÊ;IÊVÊ.

Tel est le Dieu créateur. Père et Mère, de Moïse, dont les quatre lettres correspondaient , comme je l’ai dit,- aux quatre hiérarchies de sciences; dont la première lettre exprime le Principe Masculin universel ou l’Esprit de l’Univers ; et dont les trois autres lettres expriment le Principe Féminin universel ou l’Ame de l’Univers, la Vie.

Toute la suite des symboles numériques ou mathématiques, après la Monade et la Dyade, formaient la chaîne indiscontinue de l’Arithmologie qualitative, ayant ses équivalents qualitatifs dans le monde des formes hyperphysiques et, consécutivement, dans ce que nous nommons improprement la Géométrie, dont le vrai nom est Morphologie.

Je ne saurais ici entrer dans les détails de ces sciences perdues; mais elles n’étaient nullement méprisables, même et surtout pour les Savants les plus ambitieux de la Vérité.

Pour nous autres, Judéo-Chrétiens, cet aspect qualitatif des sciences mathématiques et géométriques est incontestable, puisque, en dehors de leur application à l’architeciure Sîqtrée et à toute la symbolique du culte,

nous lui devons encore certains termes théologiques, sans bases positives et sans explication possible, si ce n’est grâce à ces mêmes sciences.

En effet, nous faisons couramment usage encore des mots Unité de Dieu, Dualisme, Trinité ou Trinitarisme, etc., qui expriment tout autre chose que les quantités se rapportant à ces symboles numériques.

Ceci dit, j’insisterai particulièrement sur ce fait que la Divinité considérée comme créatrice de l’Univers n’était nullement envisagée sous l’aspect d’un Dualisme, c’est-à-dire de l’opposition de deux Principes adverses, ainsi que le fera bientôt le premier Zoroastre.

Iswara-Pracriti, Osiris-Isis, I-ÊVE, étaient, encore une fois, considérés comme une Dyade, comme l’indissoluble Union biologique à laquelle l’Univers doit son existence.

Toutes les sciences permettaient en effet de constater les deux aspects concordants, quoique inversement proportionnels, de la Vérité, l’un intelligible et descendant, d’où l’idée purement scientiüque de la Chute, l’autre sensible et ascendant, d’où la Perfectibilité s’élevant d’autant que la Perfection s’abaisse en elle.

Dans l’Empire indien, dans ses royaumes et dans ses colonies, les mondains quelque peu instruits n’avaient pas plus de doute sur ces Principes religieusement et scientifiquement démontrés, que les membres du Conseil des Dieux et que le Conseil de Dieu lui-même.

Tout homme et toute femme avaient également cette certitude, qui constituait, dans les Mystères , la grande et sainte autorisation du Mariage, l’illumination inté- rieure de la Vie d’en bas, avec sa porte de lumière ouverte sur la Vie d’en haut : Culte des Ancêtres et Génération, Vénération et Amour.

‘Tous savaient que, depuis l’Univers et les grands Êtres

cosmogoniques, jusqu’aux derniers des plus humbles des animaux et des végétaux sur cette Terre, toute existence résulte d’un double mouvement génésique et générateur, intelligible et sensible, spirituel et hyperphysique.

Jusque-là, aucune cause de schisme.

Mais Irshou, n’ayant pas parcouru les degrés supé- rieurs de l’Initiation, voulut, sans science et saris guide, aller au delà de ces données.

L’Unité, l’Universalité, la grande Union Créatrice, étant l’Éternel Masculin et l'Étcrnel Féminin, Esprit et Ame; Essence et Forme, Temps sans bornes et Espace illimité, le schismatique posa, en dehors des temples, les inlciv rogations suivantes : '

A qui appartient l’Excellence, la Primauté dans la Génération de l’Univers et dans toute vie et dans toutes choses hyperphysiques ou physiques?

Est-ce au Dieu mâle ou à la Nature féminine, à Iswara ou à Pacrili, à Osiris ou à Isis, à Ion ou à ÊVauÊ?

En tombant à genoux devant le plus grand Dieu qui nous soit accessible , en évoquant le feu du Ciel sur i’autel, faut-il dire d’abord notre Père ou notre Mère?

Le Nom Sacré, comment le sanctifier dans la Science et dans la Vie, à tous leurs degrés visibles et invisibles?

La concordance, l’union, l’harmonie inséparable des deux Principes biologiques, n’impliquent pas,, soit que l’Un ne puisse être supérieur à l’Autre, soit que l’Un n’ait pas été et ne soit pas plus accessible et plus directement bienfaisant que l’Autre pour les êtres existants, l’Homme y compris.

Dans ce doute, ajoutait le sectaire, pourquoi l’Homme aurait-il le pas sur la Femme j non dans la loi exoté- riquc, mais dans la loi ésotérique; non dans la vie ci

vile et ppli tique, mais dans la vie religieuse et sociale, à l’autel du foyer, à celui des temples, à l’autel suprême du Souverain Pontificat?

La Femme est-elle donc moins digne que l’Homme d’aimer, de comprendre, d’adorer, de célébrer l’Unité, l’Union de l’Esprit et de l’Ame universels, de l’Époux et de l’Épouse?

l)epuis quand, continuait Irshou dans ses paroles et dans ses écrits, la Divinité a-t-elle révélé, par quelque signe que ce soit, que les lèvres des femmes fussent indignes de la liturgie, leurs mains du calice «et du tabernacle, leurs genoux des marches saintes, leurs cœurs, leurs âmes, leurs esprits du Pontificat, leurs têtes de ia mitre et de la tiare?

Aucun sacerdote, nul fondateur de culte , n’a jamais osé formuler ouvertement une pareille proscription, et la question a toujours été suspendue, escamotée au profit de l’homme : pourquoi?

La Nature céleste, notre Mère, n’est-Elle pas indissolublement unie à Dieu, n’est-Elle pas jusqu’à l’Infini et jusqu’à l’Absolu indivisiblement associée à ses pensées vivantes, qui sont les germes spirituels de tous les Systèmes solaires?

Elle témoigne du contraire, en rendant ces pensées manifestes, et en leur prêtant force de Vie et d’Existence cosmogonique.

Pourquoi, alors, le Masculin et le Féminin ne seraientils pas égaux en droit religieux, et ne rendraient-ils pas également le même hommage sacramentel à ce qui les autorise du haut des Cieux?

Ainsi parlait et écrivait Irshou ; 'et les conservateui*s troublés, répondaient comme il suit à cet ambitieux révolutionnaire :

Si la Femme s’élève au Sacerdoce public , monterat-elle à l’autel du temple en même temps que l’Homme, offrira-t-elle son sacrifice à un autel différent?

Pourquoi soulever de semblables questions en dehors du Conseil des Dieux et du Conseil de Dieu?

Alors, on rappelait qu’en Europe, il y avait toujours des Druidesses, et qu’aux Indes, avant Ram, la Dynastie lunaire avait existé conjointement avec la Dynastie solaire, jusqu’à Daçaratha.

En Europfe, dans l’Instinct, en Asie, dans l’Intelligence et dans la Science pures, le problème avait donc été jadis, non seulement posé, mais résolu en faveur de l’égalité.

Je pourrais donner des preuves mathématiques de la science étonnante dans laquelle la résurrection de ce problème se posa de nouveau ; mais je me suis interdit de faire autre chose que d’entr’ouvrir le voile de la Tradition ésotérique assez, mais pas plus qu’il n’est nécessaire, pour éclairer les faits extérieurs

Comme ces interrogations avaient lieu en pleine opinion publique, parmi des milieux^ intellectuels et moraux absolument sincères dans leurs informations et dans leurs convictions, comme la Religion scientifique d’alors portait ses fruits de tolérance et de droiture universelles, la solution eût été facile, par la Science et par la Religion même, si l’intérêt d’Irshou n’avait pas été de tout brusquer.

Fut-il sincère, mais aveugle, ou joua-t-il un jeu ?

Toujours est-il qu’il prit brusquement parti, avec une passion d’autant plus dangereuse qu’elle était entraî- nante, pour l’excellence d’ÊVÊ, de Pracriti, d’Isis, de l’Élernel Féminin sur l’Éternel Masculin, de .la Nature sur Dieu, de l’Ame sur l’Esprit.

Il fît systématiquement dans la Science, ou plutôt dans l’Art dont j’ai parlé, et qui était entre les mains de tous, cc qu’en Europe, l’expérimentalisme ressuscite dans l’ordre des Sciences physiques depuis Bacon jusqu’à nos jours, sans parti pris, à côté, en dehors, mais à l’encontre de la théologie et du dogmatisme des Clercs.

Sans nier l’Ordre spirituel, qui était alors scientifiquement démontré, ni encore moins l’Ame du Monde dont les preuves étaient partout, il revendiqua comme plus directement bienfaisant pour les êtres vivants l’Ordre formel, le Féminin Universel, d’où sortent immé- diatement toutes les manifestations quelles qu’elles soient.

C’est la Mère, avant tout, qu’il faut invoquer, déclarat-il dans les assemblées.

C’est la Nature qui donne à tout, êtres et choses, un espace, un milieu de formation propre, une substance et une subsistance, l’Ame, le Corps, la Vie réelle, individualisée, la Loi de toute Vie et de toute chose.

Sans Elle que serait FUnivers et tous les Mondes infinis et tous les milliards d’êtres qui participent de sa Vie, depuis le Daïmôn souterrain jusqu’aux Dieux du Ciel supérieur.

Ce qu’ils seraient, le voici : une pensée occulte, en germe dans l’Esprit pur, une possibilité dans Iswara, mais nullement un acte réalisé par Pracrili.

Tout ne serait donc Rien ; et l’Univers n’existant pas, nulle prière d’être existant ne chercherait Celui qui ne serait jamais Père, n’étant pas Époux.

C’est donc à la Mère que nous devons tout d’abord la prière, puisque c’est à Elle que l’Univers tout entier doit d’exister, de vivre, de sentir, d’assentir.

Ram n’a-t-il pas dit autrefois : Le champ vaut plus

que la semence, la vierge que l’homme vierge, la femme que l’époux, la mère que dix mille pères ?

Il a dit vrai ; mais il faut en tirer les justes consé- quences.

Les deux premiers Conseils citèrent Irshou à leur tribunal; et le Pontife lui répondit ce qui suit :

Tu n’as rien dit qui ne soit connu de tout temps.

La science des Principes pas plus que celle des Origines, la méllhode intelligible et descendante, pas plus que la méthode sensible et ascendante, n’infirment le fond de tes paroles, quel que soit le sentiment qui les inspire.

Oui, l’Univers est le Fils vivant de l’Union par laquelle crée l’inaccessible Unité.

Oui, sur tous ses soleils embrasés d’un feu et d’une lumière qui ne sont pas seulement physiques, mais hyperphysiques, il célèbre à jamais cette Union éternelle des Deux qui ne font qu’Un.

Mais d’une majeure juste et de Principes vrais, un esprit égaré par une âme passionnée peut tirer des conclusions fausses.

Or la passion obscurcit ta pensée, quand tu veux que la prière monte d’abord à la Mère, à l’Ame universelle, à la Vie, puisque cette Puissance Créatrice de l’Univers est Père et Mère à la fois.

Pourquoi divises-tu l’indivisible, l’indissoluble Union de l’Esprit et de l’Ame universels, de Dieu et de la Nature ?

Pourquoi veux-tu qu’on prie l’Un avant l’Autre, quand leur Sagesse et leur Amour mutuels ne font de l’Un et de l’Autre qu’un seul et même Esprit de Vie et de

Tu as })esoin de venir encore et longtemps t’instruire et méditer parmi nous.

Tu as besoin de quelques années d’entraînement dans les sciences et dans les arts psychurgiques, grâce auxquels, du fond de nos cryptes sacrées, les yeux ouverts et en pleine possession de toi-méme, ton âme affranchie des liens du corps pourra remonter dans cette Ame universelle, et faisant usage de tous ses sens internes, voir, entendre et sentir les leçons des Dieux supérieurs, les enseignements directs des Esprits glorifiés.

Car ce n’est qu’au prix de cet immense ‘effort qu’on peut atteindre biologiquement l’Unité de la Vie et de la

• Car si l’on ne passe pas ainsi, dès cette existence, par la porte de la Mort, pour renaître à rUniverselle Vie cosmique, comment peut-on parler, avec expérience et justesse dans l’observation, des questions que tu soulèves si imprudemment !

Avant de te condamner nous voudrions te guérir; et tu en as grand besoin ; et nous le pouvons, si tu le veux de toute ton énergie.

J/Ame, pour réfléchir la Vie céleste et la divine Vérité, doit être calme dans sa triple sphère, dans ses hauteurs intellectuelles, dans son milieu passionnel, dans ses profondeurs instinctives.

Sinon, crains déporter au dehors la tempête qui t’agite en dedans, et de changer en discorde civile la Paix de cet Empire, tête du Dieu Social, réalisé par Ram sur cette Terre comme au Ciel.

Oui, la guerre est en moi, répondait Irshou; mais qu’y puis-je?

Si je me sens le fils de la Femme, avant de me sentir le fils de l’Homme, si mon cœur bat pour notre Mère vi-

sible dans les Cieux et sur la Terre, avant de battre pour notre Père invisible : qu’y pouvez-vous?

Je ne puis redresser mon vouloir, et vous ne le pouvez sans ma volonté : qu’y faire?

C’est au premier bienfait qu’est le premier amour.

Ce bienfait n’est pas le Principe, mais l’Origine; c’est la Naissance, la Vie.

Il vient à l’Enfant par la Femme, à l’Univers entier par cette Femme des femmes, la Nature.

Vous me direz qu’elles engendrent dans la douleur, rUne pour la* durée terrestre, l’Autre pour le Temps sans bornes.

Je le sais; mais une fourmi peut réparer l’injustice d’un éléphant; et cette douleur m’est une raison de les’ chérir mille fois davantage, et de vouloir mille fois plus éclatantes leur glorification et mon adoration.

Je ne veux pas manquer au respect que je vous dois ; mais pourquoi voulez-vous éluder devant le public la question qui se pose depuis si longtemps dans les intelligences et dans les âmes, dans les temples et dans les foyers?

Vous espérez l’attermoyer sans cesse, en vous appuyant toujours sur ce qui fut et sur ce qui est, faute, peut-être, d’être bien certains de ce qui doit être, et des moyens de vous concilier ce qui doit advenir.

Mais ce que votre science ne peut pas ou ne veut pas résoudre, mon amour en sait assez pour le vouloir et le pouvoir.

Je veux qu’aussi bien que les hommes, les femmes aient leur Sacerdoce à elles, la mitre, la tiare.

Je veux que la Nature, l’Ame de l’Univers, la Vie, ait ses .autels séparés desservis par un Sacerdoce féminin.

Suis-je impie, dites-le; suis-je injuste, osez l’exprimer publiquement!

J’en appellerai à tous, et ceux qui m’aiment me suivront.

Ah ! reprenaient les Pontifes, malheur aux peuples, si l’Amour seul les dirige; car la hainé se mettra sans recours parmi eux.

L’Amour est le feu cosmique lui-même, dont la Sagesse est la Lumière; et tu veux ôter cette Lumière du Gouvernement des Ames.

La Vérité et la Vie universelles habitent nos temples; la Science intégrale a, comme cette Vérité et comme cette Vie, quatre hiérarchies; le Nom ineffable à quatre lettres; et, de ces quatre, tu veux supprimer la Pre- Inière, que tu ne connais pas.

Écoute, et si tu peux être rappelé à la lumière, médite, après avoir entendu.

C’est pour éviter mille maux publics et privés que nous attermoyons ce que tu veux précipiter.

La Sagesse est lente, elle ne se manifeste par de nouveaux rites que si les mœurs l’exigent absolument.

La précipitation est une marque de folie, et l’Amour ni la passion n’en conjureront les dangers.

Ces dangers sont immenses, et attendre est un moindre mal que d’y courir.

Faut-il t’éclairer encore? Soit.

Du jour où tu auras divisé l’indivisible, dissous l’indissoluble, non en Lui-même : tu n’y peux rien; mais dans la pensée des ignorants; du jour où, grâce à toi, la Nature aura ses autels séparés, en opposition avec ceux de Dieu, avec un collège de prêtresses, en opposition avec le nôtre, l’Ordre social chancellera sur les bases de ses hiérarchies arbitrales, trente-cinq fois séculaires. .

Dans la Science comme dans la Vie, le Dieu social terrestre, l’antique Synthèse unitaire sera démembrée, et

un désordre épouvantable s’ensuivra ipifnanquablement dans les faits.

Profondément inégaux d’intelligence et de volonté, la plupart des hommes méconnaîtront les vérités qu’ils ne pourront atteindre, et que tu auras mises à la merci de l’opinion et des passions publiques.

Ils ne percevront comme vraies que les apparences que la sensation ou le sentiment offriront à leur seule raison; et ils deviendront le jouet des phénomènes, et ils s’éloigneront de nous qui, seuls, pourrions les rectifier, par la graduation lente des enseignements et des révélations.

Au-dessous de cette catégorie d’hommes rationnels, un plus grand nombre confondra immanquablement la Nature céleste avec la Nature terrestre; ils prendront l’effet pour la cause et se perdront dans un matérialisme irréel et sans fond.

Chez les premiers, la Volonté arbitraire se divisera sans cesse contre elle-même.

Chez les derniers , l’Instinct originel et sauvage de l’homme terrestre réapparaîtra tout entier.

Les uns mèneront les autres à leur perte, en commen- çant par l’assaut de l’Ordre social et intellectuel qui, seul, les maintient en paix; et sur ses débris, ils se dé- voreront vainement dans la compétition d’un Pouvoir impuissant, sans Autorité pour l’éclairer.

Prends garde, fils de la Femme!

Tu sais par ta propre famille combien la Paix est difficile, quand la jalousie et l’ambition peuvent se donner carrière.

Il en serait ainsi, non seulement sur la Terre, mais dans le Ciel que les Ames se font dès ici-bas à leur image, si, dans ces Ames, l’idée vivante de la Nature devenait veuve de celle de Dieu.

ün petit nombre d’homAies seulement peut s’élever jusqu’à la première lettre du Nom sacré, jusqu’à la quatrième hiérarchie de la Vie et de la Sciehce, et cela, par la force de leur méditation, par le pouvoir de l’observation et de l’expérience directes, quand les Puissances intelligentes du Ciel le veulent, quand la Divinité met son Esprit de Sagesse dans leur intelligence et dans leur science acquise.

Sais-tu ce que dit alors la Science complète, miroir de toute la Vie, image de toute la Vérité?

Le voilà : Synthèse, Union, Unité. ‘

Et, si cela est ainsi dans l’Intelligence totalement informée par la Science et par la Vie, dans les Noces •suprêmes de l’Époux et de l’Épouse célestes, c’est que cela est éternellement dans la totalité de la divine Sagesse et du divin Amour, sans lesquels, tu l’as dit. Tout ne serait Rien.

L’Ordre ascendant des individus et des faits physiques existants, est accessible aux sens ; et peu d’hommes pourtant comprennent cet ordre, qui constitue par en bas, la première hiérarchie des sciences.

. Tous, dans l’adoration de Pracriti séparée d’Iswara, n’entreverront, toutau plus, que cet Ordre physique, terrestre.

Pourtant, il n’est que l’escabeau de la totale Nature, dont la tête va jusqu’au haut des deux.

Telle est la vraie hauteur de la Mère divine, dont ils ne verront que les talons.

L’Ordre descendant du Père, de l’Esprit pur à travers les règnes cosmogoniques, à travers les Esprits cycliques de toute chair jusqu’aux individus physiques, est purement intelligible. V

Pas un homme sur dix mille ne peut aborder la hiérarchie de sèiences qui correspond à cet Ordre masculin.

ni le comprendre sans symljoles, fnITls d’un Art précis qu’autorise cette Science transcendante.

Ton culte voilera cet Ordre tout entiei*.

Alors, aucune Vérité universelle ne se fera jour dans l’Intelligence pure, aucun Principe dans la Science, aucune cause véritablement scientifique dans la Raison.

Car tu sais aussi bien que nous, que la Raison peut tirer des conséquences logiques d’un point de départ ▼rai ou faux, mais que jamais elle ne peut trouver, en elle-même et par elle seule, une Cause ni un Principe universels, si l’Intelligence ne les lui fournit.

Or, comment les lui fournira-t-elle, si, au sommet du Culte et de l’Université que tu veux créer, tu mets l’Amour avant la Sagesse, l’Ame avant l’Esprit, l’Épouse, avant l’Époux, la Nature céleste avant le Dieu du Ciel.

Toute science non phénoménale s’éteignant, toute initiation de l’Intelligence aux Principes cosmiques se fermant, toute pensée d’üniversalité se particularisant, nulle hiérarchie intelligible, nul gouvernement intelligent des Sociétés ne sera bientôt plus possible.

Toute élévation s’abaissera dans la commune médiocrité, toute dignité impersonnelle dans la personnalité et dans le matérialisme gouvernemental.

Dans le Souverain Pontife, on ne saura plus voir le Souverain Pontificat, dans le Prêtre le Sacerdoce, dans l’Empereur l’Arbitre des rois, dans le Roi l’Arbitre des vice-rois, dans le Vice-Roi l’Arbitre du Conseil économique des Anciens, dans le Conseil des Dieux la Magistrature de l’Initiation, dans le Conseil de Dieu l’Autorité de tout l’Enseignement à la fois, dans l’homme riche la Richesse publique.

Or, toutes ces choses, Pontificat, Sacerdoce, Royauté, Enseignement, Justice, Richesse, ne sont que des formes intelligibles, des organes invisibles, impersonnels, de ce

Corps spirituel éf vivant 4?s Sociétés que'tu vas tuer.

Dans 'l’Homme en fonction générale de Pontificat, de Sacerdoce, d’Empire, de Royauté, de Magistrature, de Richesse, les naturalistes ne verront plus que l’individu de chair et d’os revêtu d’oripeaux, dont le sens symbolique, dont la forme intelligible s’évanouira pour eux.

Au foyer, dans l’Ancêtre, dans les Grands-Parents, dans le Père, dans la Mère, dans le Frère aîné, on cessera de voir également l’adombration céleste des Fonctions impersonnelles de l’Ordre familial.

Un père sera un homme, comme toqs les autres hommes; une mère, une femme, comme toutes les autres femmes ; et l’enfant, secouant tout devoir réel, dicté par la Sagesse, revendiquera tous les droits fictifs de sa folie.

Les âmes des Ancêtres cesseront d’apparaître aux yeux, n’apparaissant plus dans les intelligences surbaissées.

Le passé ne contenant plus le présent, tout tombera vers l’avenir, pur néant, que l’homme réalise à son image; mais cet avenir redeviendra l’inconnu et l’imprévu.

Car, au lieu de déterminer les événements, au lieu de diriger scientifiquement le cours des choses sociales et individuelles, on en sera de plus en plus le jouet, grâce à l’ignorance, grâce à la rupture de l’Unité delà* Connaissance et de là Vie.

Dans la science divisée, l’Univers mourra, bu plutôt l’Esprit humain cessera de connaître l’Univers dans |a triple Vie, de sentir son Ame, d’assentir vitalement à son Esprit.

C’est à peine si le squelette inanimé de la Cosmogonie subsistera dans la Cosmographie et dans une conception, purement rationnelle* mécanique* mortuaire des phénomènes célestesi

L’éphémêre peosant doutera que l’ünivers soit un Être «rivant et intelligent, l’Être des êtres.

La Terre lui apparaîtra comme une machine engendrant, d’une manière inexplicable, la Vie pour la Mort, comme une matière brute d’où sortent et où rentrent des atomes uniquement en proie à des Forces brutales.

La biologie de ce Globe ne viendra plus de TUnivers; elle ne procédera plus divinement de haut en bas, ni des Principes, mais matériellement de bas en haut et des Origines.

De sorte gue toutes les notions s’éclairant d’une lueur fantasti(|ue, infernale, jailliront, non des sommets cé- lestes de l’Intelligence, mais de l’abîme démoniaque des Instincts.

Le Père immédiat de la Vie humaine sera le singe des forêts ; le Père de toute la Vie d’ici-bas sera l’infusoire reptiformc; la Mère sera la glu marine, la boue terrestre.

Et la chaîne des êtres s’élevant jusqu’à l’Homme le retiendra captif dans l’animalité, à l’envers de son âme, aliéné de son propre esprit, prisonnier de la Matière, ébauche incompréhensible à elle-même, placée aux limites de deux Mondes dont l’un n’existera plus, nmns'tre à moitié pensant sous l’excitation des choses visibles, idiot sans elles et en dehors d’elles, perfectible dirat-on, mais incapable d’aimer et de comprendre la Perfection.

Et' si nous voulions ici «nontrer les conséquences que ;ta folie entraînera dans l’Ordre invisible, peut-être le remords naîtrait-il en toi.

” L’homme crée son Ciel d’outre-tombe, dès cette vie, et selon l’énergie créatrice de sa vie.

• Actuellement, le Ciel des Ames de celte Terre est une Société divine, heureuse, harmonieuse, unie comme

l’État Social terrestre que Ram a fondé, et que nous conservons.

Mais que la hiérarchie des Pouvoirs arbitraux,' que le Règne actuel de la Synarchie trinitaire vienne à tomber en morceaux sous les coups de l’Anarchie, les Puissances terrestres, en s’opposant les unes aux autres, opposeront leurs Esprits collectifs, et les Dominations se dévoreront entre elles, dans le Ciel propre aux hommes de ce Globe comme sur cette Planète même.

Tu mettras donc l’Enfer dans l’Ordre invisible comme dans l’Ordre visible de ce Cycle humain, en donnant le pas aux passions individuelles sur les intelligences consciemment et sciemment ralliées à l’Ordre universel.

Mais quittons ce sujet, pour nous borner à la Terre seule.

Tel est l’Intellect enseignant, telle est la Société des hommes.

Telles sont les idées semées, tels sont aussi les faits moissonnés dans l’ordre ou dans le désordre social.

Les hommes à ton image seront forcément de troisième caste ontologique.

Le cercle de leur vie se bornera à la spéculation des phénomènes et des intérêts matériels.

Analystes par essence, ils seront incapables de toute Religion^ ou, ce qui revient au même, de toute Synthèse* intellectuelle ou sociale.

Anarchistes par manque de Synthèse, ils voudront pourtant dominer ce qu’ils ne sauront pas régir.

Aussi, écrasant la tête et le cœur de l’ancien Dieu Social, assoieront-ils leur sanglant arbitraire sur les ruines de notre arbitrage,' leur Anarchie gouvernementale, leurs Pouvoirs personnels sur les débris de nos trois Pouvoirs et de notre Synarchie sociale.

Ah! Irshou! Irshou! si tu avais comme nous la vue

directe <Ie l’esprit, tu pleurerais sur toi et sur .la Race d’hommes que ta pensée va procréer.

Tu lei veiTais tomber du Règne de la Providence dans tyrannie 'de la Fatalité, dans la division des volontés dirigeantes , dans la compétition et la manducation 'mutuelles, et devenir à la 'fois, d’un bout du Monde à l’autre, leurs bourreaux et leurs victimes.

. Ils ne comprendront plus la Liberté dans le sens physiologique et sain de nos Principes, où le bien de èhacun vient du bien de tous et du Souverain Bien.

Xa leur coitsistera à faire tomber le Ciel Social sur leur

tête, et à courir au hasard sous la pluie des fatalités évoquées par eux.

Pourquoi un Souverain Pontife au-dessus de nous? diront tes Pontifes.

Pourquoi un Empereur au-dessus de nous? diront tes Rois.

Pourquoi un Roi au-dessus de nous? diront tes Peuples. Pourquoi une Vérité au-dc.ssus de moi? dira l’ignorant ou le demi-savant.

Pourquoi un juge au-dessus de moi? dira le criminel. Et l’État Social, dissocié, opposera entre eux^ ses membres ensanglantés, enlrecboqués par ta fièvre insensée, dans des guerres et dans des révolutions sans fin.

Dans cette universelle maladie, chacun cherchera son bien dÉas le mal commun, les Pontifes aux dépens du Souverain Pontife, les Prêtres aux défïens des grands prêtres , l’Empereur aux dépens des trois Pouvoirs Synarchiques, les Rois aux dépens de l’Empereur, le dernier des ambitieux aux dépens des rois, les enfants aux .dépens des parents, chacun contre tous, tous contre chacun. ,

Ët^^l jour les peuples retombés dans toutes les divi

sions de la mort sociale, .gétnissaiil danfi la nuit de l’ignorance, sous le glaive des iniquités gouvernementales, sous les chaînes de l'esclavage militait, sous l’écrasement de toutes leurs ruines, n’ajouteront mêmé^ plus dé sens scientifique, d’intelligence organique, de signification vivante, à ces mots : Religion, Justice, Économie.

Ils maudiront toute Autorité confondue aveé le Pouvoir, ils perdront jusqu’au souvenir de l’ancienhe Sskgessé, de l'ancienne Alliance, de l’ancienne Paix untverselle, et se maudissant les uns les autres à travers leurs cultes, leurs gouvernements et toute leur vie pire que la mort, ils seront, dès ici-bas, dans l’Enfer présidé « par le Mal et gouverné par la Nuit.

Nous pourrions le frapper dès maintenant ; mais nous sommes l’Autorité et non le Pouvoir; et, si nous avons le devoir d éclairer ta pensée, nous ti'avons pas le droit “de préjuger tes actes, en attentant à ta liberté ou à ta vie.

Nous te convions à l’Ordre universel du Bélier, à la Paix universelle de l’Agneau.

, Sois libre d’y rester, ou d’en sortir par l’épée, en provoquant l’épée, en mettant la mort dans le Dieu Social.

Quant à nous, nous ne devancerons pas l’heure d’une innovation religieuse, que les mœurs ne réclament pas ; mais quand cette heure aura sonné, nous saurons faire avec sagesse, avec science et avec art, ce qui deyra être accompli.

J’ai tenu à faire parler directement dans toute leur force le Naturalisme d’Irshou et l’Unitarisme trinitairè’* et synthétique du Sacerdoce de Ram.

Ces mêmes que.stiohs reviennent se poser, à leur heure cyclique, dans toutes les Sociétés, depuis l’enfance

ides JSâceis hi{ij»aine4 jusque dans leur âge mûr, jusque dans leur vieillesse et leur renaissance ; et nulle Synthèse sociale^^iulle Religion positive ne peut les éviter.

' Intact depuis près de trente-six siècles, l’État Social de Ram n’était vulnérable que sur ce seul point : l’égalité religieuse des Sexes jusqu’à la tiare inclusivement.

Or, comme il était impossible de démontrer que Wnivers vivant ne fût pas le produit de l’Union vivante de deux Puissances, l’Une spirituelle, l’Autre passionnelle, il n'y avait aucune raison pour que les deux -Sexes ne fussent pqint égaux jusqu’au sommet de l’État Social lui-même, à moins que l’on ne prouvât scienlifiquemenl que, dans la génération des êtres humains, comme dans celle de l’Univers vivant, le Masculin eût une part, j)hysique, morale et intellectmdle plus considérable que le Féminin.

la Vérité parlait par la bouche des Pontifes répondant au Régent, quand ils disaient que l’Androgyne divin dont l’Adam-Ève des Cieux est l’image, est indivisible et indissoluble; mais c’était, au fond, donner gain de cause aux revendications intéressées du Prince impé- rial de l’Inde.

Au-dessus de la Dvade, les Brahmes et les Lamas auraient pu invoquer l’insondable Wodh.

Mais ce premier Principe encore plus inaccessible à la masse, ne saurait donner lieu à aucun culte exté- rieur; et, à cause de son inaccessibilité même, entraî- nerait invinciblement l’athéisme gouvernemental et individuel.

■' Pour que l’Unité de Dieu ne fasse pas tomber les Sociétés humaines dans l’athéisme gouvernemental et individuel, il faut que celles-ci soient assez scientifiquement éclairées pour ne pas sortir de la Synthèse des

sciences basées sur ce Principe, ou maintenue^ d^çs une ignorance suffisante pour ne jamais disculcrj^ eu dehors des Corps savants, cette Synthèse aboutissant à cette Unité.

Ces deux extrêmes sont presque aussi impossibles l’un que l’autre.

C’est pourquoi, au lieu de l’inaccessible Unité, nous veVrons Moïse lui-même poser au sommet de sa Cosmogonie l’antique Union biologique et créatrice, dans IÊVÊ.‘

Quant à Irsiiou, il ne fut pas sectaire pour avoir proclamé l’égalité absolue des deux Princijics Masculin et ^’éininin dans le Ciel comme sur la Terre, mais pour les avoir séparés, alors qu’ils sont indivisiblement et indissolublement unis, et pour avoir proclamé la suprématie de l’Un sur l’Autre.

A l’époque où j’écris ces lignes, le Judéo-Christianisme exotérique, tel que l’ont fait les talmudistes et les théologiens, subit les mômes assauts de la part des natyralistes, sectateurs inconscients d’irshou et des Yonijas de rinde.

Mais la Synthèse exotérique Judéo-Chrétienne n’est pas de taille à se défendre sans avoir recours à son ésoté- risme, prolongement rectiligne de la Religion scientifique de Ram.

Dans les premiers chapitres de ce livre, j’ai abordé à bras-le-corps ces difficultés, et prouvé qu’on pouvait aisément enlever toute la science moderne, tout l’Ionisme contemporain, et les vivifier dans le Ciel des Principes doriens, dont les Abramides et Moïse nous ont transmis la Tradition.

En dehors de cette voie, que les théologiens sachent

bien que, faute de comprendre résotérisme de Jésus et de Moïse, ils n’ont pas de science sociale, ni de science cosmogonique qui soient à l’épreuve de l’examen.

Qu’ils sachent bien, une fois pour toutes, que leurs informations et leurs enseignements sont purement primaires, et que, de ce fait, ils sont à la merci de la maîtrise des enseignements secondaire et supérieur.

Or, ces deux degrés, qui priment le troisième, appartiennent au monde laïque et à lui seul pour le mo-

Aussi, en donnant le même enseignement primaire à ses prêtres et à toute la hiérarchie sociale qu’au dernier des petits enfants, le Christianisme ainsi compris dissout-il forcément, abaisse-t-il inévitablement toute la* Chrétienté dans une attente enfantine de désir et d’amour vagues, qui ne peut avoir d'autre formule pratique que le progrès indéfini, que la révolution iiuliseontinue et sans but définitif, contre lesquels pourtant les cléricatures protestent de toutes leurs forces.

Le problème organique des Sociétés se pose toujours dans rintelligence pure, avant de se poser dans les faits.

C’est pourquoi, bien que n’écrivant mes livres qu’au seul point de vue des sciences sociales. Je suis obligé d’en demander la lumière aux sciences purement intellectuelles, qui peuvent seules les éclairer, et dont les Religions, Synthèses de ces dernières sciences, sont les témoignages.

Or, comme dans ces l’égions culminantes, d’où part la genèse des Sociétés, la Vérité est Une comme la Science même, ceux qui ont charge et responsabilité du Judéo- Chrjstianisme et de la Judéo-Chrétienté, devront pour l’atteindre passer par la voie que je leur ai tracée, car c’est celle des Abramides, de Moïse, de Jésus.

Et alors, la ’ reprise arbitrale de rEiiseigiiement universel à tous ses degrés leur redevenant accessible, l’Autorité et l’efficacité sociales leur seront du même coup rendues.

Bans la Mission des Souoeraim, dans celle des Ouvriers, j’ai fait un grand effort pour doter les Judéo-Chrétiens d’une méthode organique, en ce qui regarde l’IIistoire passée et la biologie actuelle de leur État Social.

Dans le présent livre, je pousse cet effort encore plus loin, en enlevant à la fois les Savants laïques et les Théologiens eux-mêmes dans la réalité de la Science et de la Religion intégrales, qui ne sont, dans leur Essence, qu’une seule et même chose, et en faisant respirer à 'pleins poumons au lecteur cet Esprit religieux et scientifique qui détermina la Vie de la Théocratie et de l’Empire universels de l’Agneau et du Bélier.

Nous allons voir que les conséquences du schisme d’irshou furent d’ouvrir la porte de l’avenir aux gouvernements personnels , en ébranlant les institutions qui les liaient entre eux à la Paix mutuelle, et qui les contraignaient au-dessous d’eux au respect des libertés publiques, garanties par les trois Pouvoirs

L’analogie avec la Chrétienté sautera aux yeux de ous ; et tous se souviendront, en lisant ce qui suivra, de la parole de Montesquieu : L'Europe périra par les hommes de guerre; car ainsi périt l’Asie.

Or, l’Anarchie n’est dans le Gouvernement Général de l’Europe, que parce qu’elle est dans rinlellect Judéo-

Qu’elle cesse dans ce dernier, et la fosse aux lions des gouvernements personnels, armés lesuns contre lesautres,

sera vite pacifiée par l’Aulorité distinguée du Pouvoir.

Mais pour que l’Anarchie cesse dans rintellect judéochrétien, il faut que les lacullés religieuses et civiles de rfinseigncinent public se réconcilient ; et il n’y a que la Vérité qui puisse les lier à la Paix; et la Vérité s’appelle dans l’Esprit de l’Homme la Science complète.

Si cette réconciliation n’a pas lieu, il faut s’attendre à voir les sciences physiques et naturelles entraîner une conclusion religieuse mi gemrh, comme je l’ai montré dans le premier chapitre de ce livre.

11 faut s’attendre à ce qu’un nouvel Irshou lève, tôt ou tard, en Europe, l’étendard sectaire qui va ensanglanter le Monde, depuis l’an 5200 avant J.-C,, et entraîner de déplorables conséquences gouvernementales et sociales,, tant dans le Gouvernement Général des Sociétés que dans leur organisme intérieur.

Le Régent, après avoir constitué la synthèse particulière de sciences et d’arts propres à l’Ionisme sous toutes ses formes, donna le signal de la révolte armée.

Après une sanglante guerre civile, il fut chassé de l’Empire indien par Tarak’hya.

11 avait répudié la couleur blanche des antiques Dwidjas, des Brahnies,des Lamas et de tout le Sacerdoce de l’Agneau, pour la couleur rouge qui deviendra la pourpre des Césars de Bahylone et de Rome.

Sur ses bannières, comme nous l’avons dit, la Colombe rouge remplaça l’Agneau et le Bélier, le Croissant de la Lune se substitua au Soleil, l’Yonah au Phallus, la Violette de Junon et la Rose de Vénus au Lotus et au Lis de Brahma, d’Osiris et de Jupiter.

Chassé des frontières de l’Empire métropolitain , il grossit ses armées d’un contingent énorme, que lui fournirent les Communes agricoles.

De là son nom qui, en sanscrit comme en égyptien, signifie le Régent des Pasteurs.

Je complète ici ce que j’ai dit, au sujet des noms divers qui furent donnés à ces sectaires, suivant les différents pays.

La Faculté plastique delà Nature s’appelant en sanscrit Yoni.en éthiopien et en égyptien sacres lonah, on nomma les novateurs, selon les dialectes, Yonijas, Yawanas, lonioï‘, Ioniens.

Comme hommes du drapeau et de la couleur rouges, on les nomma les Roux, Pinkshas, du celte Pink, qui signifie encore ponceau, et dont le mot Phénicien est la iraduction.

Idumcen signifie la même chose.

Comme appartenant pour la plupart aux Communes agricoles, on les nomma avec mépris provinciaux, paysans, pastours, pasteurs, Palli, de Palla, berger.

Ils relevèrent cette injure comme un titre de gloire.

En kaldéen, en arabe, en égyptien, elle devint Balli, et signifia tour à tour gouverneur, souverain, seigneur.

En Europe, la môme injure glorifiée a survécu dans les noms de Pallas, de Palais, de Bailli, de Palladium, de Palatin, etc.

En Asie Mineure, ce sobriquet fut porté par les Phili, les amis, les amants du Principe féminin, les Pallantis, les Philishtani, les bergers divins.

La Colombe rouge des armoiries et des symboles rituels donna son nom de couleur au Phénix, emblème de l’Ame et de la Vie universelles, brûlant d’amour et renaissant de ses cendres, blason sacré d’Io, d’Ionah, d’Aphrodite, d’Astarlé, de Vénus, de Milyddah, qu’on retrouve tout entier dans Milady, la Dame par excellence, la grande Déesse.

Re|>oussés par le Kousha, condamnés par le grand Lama de la Paradesa, Irshou et ses Ruraux eurent, hors des frontières de TKiiipire indien, des succès éclatants sur toutes les côtes du golfe d’Oman et du golfe Persique, dans toute l’Arabie, des bouches de TKiiphratc jusqu’à la Syrie, sur toutes les côtes de la Mer Rouge, à laquelle ils donnèrent leur nom.

Brisant l’antique alliance du Touran avec l’Kmpire du Bélier, ils s’allièrent aux Touraniens, et les appelèrent à leur secours, et ceux-ci vinrent en effet fondre par le Nord sur PIran, sur l’Arménie, sur la Plaksha, sur la Syrie et sur la Kaldée, soutenant ainsi l’effort militaire do la grande révolte du Sud.

11 n’est i»as indiffèrent de noter que le schisme féministe et naturaliste a laissé son empreinte indéniable jusque dans les langues des peuples qui l’ont épousé.

C’est ainsi que les anciens Scythes touraniens, frères des Talares, qui constitueront, bien des siècles après, l’invasion germaine, portent encore dans leur langage le sceau du schisme.

En effet, en allemand, le Soleil est devenu du genre féminin, la Lune du genre masculin, l’Amour féminin.

Ce renversement des attributs et des sexualités fut particulier aux Touranfens. aux Tatares, aux Mongols, ou du moins à toute l’émigration de ces derniers qui se porta vers la Chine.

11 est frappant dans les symboles du Y-King de Fo-Ili, sur lequel nous reviendrons.

D’autres divisions des Scythes Touraniens qui constitueront les Saxons, iront éteindre dans les langues celtoscandinaves d’Angleterre la sexualité symbolique des genres, et non seulement la Vie sera ainsi abaissée dans le Langage, mais chez les Angles eux-mêmes le futui

propre disparaîtra, comino on l’a judicieiiseinenl remarqué, ainsi que la distinction entre les temps du passé.

Mais ce n’est là qu’un des moindres inconvénients ultérieurs, qu’un des moindres symboles de la confusion d’idées et de faits qu’engendra le schisme d’Irshou chez les Tüuraniens.

Chez les Yonijas ou Phéniciens proprement dits, la Synthèse naturaliste des idées demeura au contraire assez nette dans ses symboles et dans toutes scs manifestations. ‘

Elle engendra partout une sorte de double langue, parallèle à celle des Orthodoxes.

• Aux Indes comme en Grèce , rionisme s<î plaça en Umles choses à coté du Dorisme; mais dans le langage, son caractère primordial consista avant tout à donner le pas au phonétisme sur l’idéographisine, aux formes analytiques sur les symboles synthétiques.

Pendant plusieurs siècles tons les temples de la Théocratie de l’Agneau, tous les rois de .Tustice de l’Ordre impérial du Bélier luttèrent contre la fortune grandissante de celte fédération, dont le Culte enthousiasmait partout les âmes plus passionnées que sages, les artistes, les jeunes gens, les femmes et jusqu’aux savants plus épris de l’Ordre .sensible que de l’Ordre intelligible.

Le peuple toujours plus ou moins à la merci des novateurs, écoutait facilement partout les suggestions des anarchistes lui promettant monts et merveilles.

Sur terre et sur mer, il y eut des combats gigantesques et sans cesse renouvelés, heurtant trois Continents à la fois, aux cris et aux chants mille fois répétés des bardes de tous les pays.

La vieille férocité militaire des Celtes d’Europe, la

vieille jalousie des Druides et des Dniidesses de l’Ordre du Taureau contre l’Empire du Bélier et contre la Théocratie de l’Agneau, ne manqua pas de profiler de la rupture de l’ancienne Alliance et de l’antique Paix.

Une poussée formidable eut lieu depuis l’Atlantique jusque sur le Kourou.

Les chefs militaires de la Varaha se précipitèrent sur les colonies de l’Ordre du Bélier, depuis le Danube oriental jusque dans le Caucase.

Ils se louèrent, eux et leurs troupes, aux Youijas maî- tres de l’Assyrie et de la Syrie, et renforcèrent encore le formidable appoint des Touraniens d’Asie.

Pendant ce temps, une autre poussée d’énergies fé- roces s’opérait encore du Nord au Sud de l’Europe suP toutes les Colonies méridionales : Portugal, Espagne, sud de la France actuelle, Italie, Grèce.

Des rudes étreintes d’une guerre sans cesse renaissante, des flots de sang ruisselant par les blessures de l’ancienne Alliance, sortaient cependant, en Orient, des chants, des harmonies, des créations architecturales nouvelles, tout un art, toute une deini-intellectualUé passionnée, entraînante, féminine.

Formée aux Indes dans l’état-major d’Irshou, celte École marqua toute sa création de ce cachet ionique, que les modernes ne reconnaissent plus aujourd’hui qu’à travers l’architecture.

Aux appels du Souverain Pontife de la Paradesa, tous les Pontifes régionaux du Monde encourageaient les Rois de Justice à la résistance, l’antique Sagesse à maîtriser ce-torrent de feu, ce déluge d’amour affolant toutes les intelligences et déchaînant tous les instincts.

La ligue des Orthodoxes se retrouve partout, s’affir-

niant dqns les noms de la couleur symboliquequi la distingue et dans mille autres emblèmes.

Ai’giens et Hellènes en Grèce, Albains en Italie, les Blancs luttent contre les Roux, l’étendard du Bélier s’oppose à la Colombe de pourpre.

Et pourtant, môme chez les Celtes schismatiques, le mot blanc demeura symbolique de l’ancienne Sagesse sacerdotale : toeis blanc , weise sage, wissen savoir, wfiite blanc, wit esprit, wise sage, Wudom Sagesse.

Jusqu’à l’ère chrétienne qui l’interrompit, celte lutte des deux Principes dissociés montre encorc’ses couleurs adverses.

‘ César et Pompée sont les représentants du dernier antagonisme des temples; le premier est ionien, le second dorien, le premier a la couleur rouge, le second la couleur blanche.

La famille de César, se rattachant aux Yonijas de Troie, se disait tille de Vénus, et Troie elle-même portait sur fond de pourpre la truie d’or, cet animal hiéroglyphique étant dédié, à cause de sa fécondité, à la Faculté plastique dç la Nature.

Nous verrons plus tard que Borne fut fondée par des schismatiques ralliés à l’Ordre arbitraire de Nemrod.

Toutes ses guerres furent, au fond, la continuation de celles du Césarisme assyrien.

Quand César eut commis le crime pour lequel il périt, quand il eut mis la tiare pontificale du Sacerdoce étrusque sur sa tète, il réunit les deux couleurs, que les Papes portent encore aujourd’hui.

Quant au Césarisme lui-même, quant à la conception du Gouvernement personnel des Sociétés, quant à la prédominance du Pouvoir arbitraire sur l’ancienne Con-

slitulioti Mbilvàle, gardienne des antiques libertés publiques, ç’est encore l’héritage du schisme tl’Irshou, qui régit actuellement l’Europe, sans qu’elle s’en doute.

Telle est la trajectoire complète du mouvement des Yonijas et de ses conséquences dans l’IIisloire.

Nous allons la reprendre dans le chapitre suivant, eu descendant plus lentement le cours des temps et des événements historiques.

Nous arrêterons ensuite raltcnlion du lecteur sur tous les efforts qiæ va faire le Conseil des Dieux pour réparer localement, dans chaque pays, les effroyables désordres que va y introduire l’Anarchie passionnelle, ou la Politique, grâce au renversement des anciennes Institutions, . qui reliaient entre eux les peuples socialement et intellectuellement.

CHAPITRE IX

SUITE DU SCHISME D’IRSHOU.

CHRISTNA. FO-HI. MTSTÈRES D’ISIS. ZOROASTRE.

Les Sociétés coinine les individus iiîiissetit et gniiidissent, déclinent et meurent, pour renaitre et revivre encore.

Elles subissent la loi des litres existants, soumis à la Durée et à l’Etendue.

Quand Irshou parut sur la scène du Monde, les pays que son schisme devait conquérir étaient plus ou moins travaillés par les causes de mort qui s’attaquent à toute Vie, même la mieux organisée.

Les controverses agitaient l’Empire du Bélier, depuis son centre jusque dans la dernière de ses Colonies.

Si CCS débats n’étaient pas sortis des deux ))remiers Conseils, ils eussent vite été terminés j)ar la Science même.

Mais des savants, des j)euseurs, des bardes, ils tombèrent dans le bavardage public des demi-savants, des demi-philosophes, des demi-littérateurs, en un mot chez les frelons inévitables de la ruche du travail intellectuel.

Comme toutes les Sociétés théocratiques, l’Inde a con- .servé intacts tous ses souvenirs.

H est impossible de ne pas reconnaître dans ses traités philosophiques les plus remarquables, dans les Darsanani, les résultats de l’agitation de la pensée laïque en dehors des temples, c’est-à-dire des universités antiques.

Le Védânta de Vyâsa, le Mimânsâ de Djaïniini, le Veiséshikà de Kanada, le Nyàya de Gotaina, le Yoga de Pantadgali, le Sànkhya de Kapila reflètent encore exactement les débats de celte époque et les phases par lesquelles l’intellectualitc exotérique a passé depuis, quoique surbaissée, en (irèce, à Rome, à Alexandrie, à Byzance, dans la scholastique, dans la littérature philosophique de la Chrétienté, depuis Scott jusqu’à Buchner et à Moleschots.

Parmi ces écoles et ces systèmes, qui éclipsent singulièrement ceux d’Europe, le Sânkya est très certainement la plus ancienne manifestation du Naturalisme et de rionisme opposés au Borisme.

'foule la hiérarchie des sciences divines, proprement dites, y est supprimée, avec une affectation manifeste de ne rien emprunter à la Tradition ni aux livres sacrés sur ce sujet radicalement banni.

, Même observation pour le Yoga, pour le Nyàya, pour le Veiséshikà.

C’est l’Ame du monde, c’est la Vio, c’est la triple Nature, c’est EVE enfin {)résidant tout entière et uniquement à ses trois hiérarchies de Sciences physiques, humaines, universelles, dans l’Ordre visible et dans l’Ordre invisible.

Le Mimànsà et le Védànta ne viendront que plus fard combler dans l’Esprit public l’ahime que l’Ionisme aura mis entre l’Esprit et l’Ame universels, entre Iswara et Pracriti, entre lod et Ê-Yau-Ê, entre la première liié- rarchie de l’antique Science et les trois autres.

C’est à cette paille philosophique de haute venue, mais

séparée par rionisnaédu froment scientifique du Dorisnie, que l’allumette d’Ijrshou mit le feu des passions civiles et politiques.

Mêmes symptômes dans l’Iran d’alors.

Dans le Varkhanat, disent les écrits sacrés des Persans, presque foutes les grandes villes furent, aussi, agitées par le bourdonnement des philôsoplies et la corruption des oisifs, avant d’être secouées par le schisme.

Merwse signala par ses controverses passionnées,' Niça par son rationalisme, Seystan par son esprit d’anarchie, Hérat par son luxe et sa misère.

Et quand vint le schisme, Ourva fut remplie de scandales, rilyrcanie de débauches effrénées.

L’Hébyreh, dit le Koush-Nameh, resta fidèle; ce fut la terre de la Loi pure.

Cette terre des Hébreux primitifs sera elle-même secouée plus tard par la révolution.

Ses principales familles, comme celles des léhoudim de l’Inde, des Bodhones orthodoxes de l’Arabie et de la Kaldée, seront chassées par les guerres civiles, rouleront avec les flots des Yonijas d’un pays à l’autre, gardant fidèlement leurs anciens souvenirs de plus en plus confus, à mesure qu’ils s’éloigneront des centres universitaires.

Mais, invinciblement tenaces dans leur entêtement, se refusant à toute doctrine nouvelle, elles se rendront ainsi odieuses à tous, aux sectateurs d’Irshou et aux fidèles des réformateurs religieux de l’Inde et de l’Iran, Christna, Zoroastre.

Quand le ver se met dans l’arbre, il y pullule, et son œuvre ne s’arrête plus.

Ainsi, dans l’Empire de Ram, après l’anarchie des

idées, celle des faits s’élait déjà ni|i||bstée avant Irshou.

D’Assyrie, dit Myrkhonde, à&m lB Rouzet-Essefa, les fidèles d’ A-Ram vinrent remettre l’ordre altéré par la corruption des grands et l’abâtardissement des princes.

En Égypte, plus de deux siècles avant Irshou, l’extrême prospérité avait déjà porté ses fruits de décadence.

Après la grande paix de la cinquième dynastie et de ses neuf rois memphites, les dissensions intestines avaient éclaté.

De plus, la gendarmerie internationale avait dû entrer en guerre pour lier des vice-rois et des rois turbulents à la Paix universelle de l’Empire du Bélier.

Les deux premiers Conseils faisaient les plus grands efforts pour maintenir ou rétablir la concorde sociale, au dedans parmi les erpads du troisième Conseil et leurs tribus de races diverses, au dehors parmi les peuples et les vice-rois du Nord et du Midi.

La Race noire n’avait jamais oublié son antique supré- matie; elle était, comme la Race rouge et comme la Jaune, attentive aux moindres signes de faiblesse des Celtes du Bélier.

Du reste, elle avait dans ses anciens hôtes, les Celtes bodhones de l’Arabie des Côtes d’Afrique, des Oasis et des Colonies méditerranéennes, des amis toujours prêts à lui donner un coup de main contre tout gouverneur, contre tout vice-roi, contre tout roi tendant à rendre arbitraires et personnels ses pouvoirs arbitraux et synarchiques.

De leur côté, les Touraniens d’Asie n’étaient pas plus faciles à maintenir dans l’antique Alliance, que les Celtes européens de Thor à contenir dans leur féroce jalousie contre l’Empire de Ram, et à limiter dans leurs entreprises contre ses Colonies européennes.

Grâce à toutes^i^ .difficultés , la sixième dynastie égyptienne avait débuté par une guerre civile, plusieurs siècles avant Irshou.

Au Sud , les vice-rois noirs et les Bodhones avaient poussé au trône Ati à Éléphanline, tandis qu’au Nord, le premier Conseil sacrait à Memphis, Téta, souverain conforme à la Tradition indo-celtique de Ménès.

Ati avait été tué par une révolte militaire, et Papi P' avait succédé à Têta.

Comme les noms étaient donnés aux souverains après leur initiation, celui de Papi I"" indique la reprise de la Tradition sacerdotale de la Paradesa et du Pa-zi-pa, comme nous allons le voir.

C’est alors, en effet, que le chef du Conseil de Dieu, Ouna, auditeur aulique, prit les rênes comme grand chancelier du Pharaon, et réorganisa la Synarchie, les services intérieurs, les assemblées du troisième Conseil, avec toutes les prérogatives économiques de ce dernier, administration locale, police régionale, année cantonale, perception des impôts.

Le Pontife égjptien. Surveillant ou Episcope des Prophètes, dt\)oua la politique des princes noirs, des haqs bodhones, et lia encore une fois à la paix la vieille turbulence du Khenterah et de scs quatre Nômes.

Au Nord, le grand chancelier défit en bataille rangée la ligue des Syriens et des Bodhones d’Arabie, des Aramous et des Ilérouschas, qui s’étaient jetés sur les mines du Sinaï.

En Égypte comme dans tout l’Empire de Bam, l’armée était au service de la Loi du Bélier et de la Paix de

Elle se composait de trois éléments distincts: l’état-

major (^cs temples et tout le CorpI savant des armes spéciales, rattachées au:|sàitctuaires ; les cadres réguliers, entretenus par les Communes, sous les ordres du troisième Conseil ; les levées en masse et les mercenaires intercalés, en temps de guefre, dans les cadres de l’armée régulière.

Ainsi appuyé sur Ouna, Papi, géant de neuf pieds, régna près d’un siècle , et atteignit l’àge de cent vingt ans.

Le chef du collège de Dieu le dépassa encore en longé- vité.

Il mit sur le trône Mérenra, lils de la reine Raoumeri Ànkhnas.

Il put ainsi consolider son œuvre réparatrice, avant d’aller se reposer à Abydos, et faire, dans l’Amenti, le grand voyage cosmique des Ames.

La vie de ce Surveillant des Prophètes de la grande Pyramide est résumée en cinquante lignes dans sa tombe.

. Quand Irshou secoua sa torche incendiaire dans les Indes, l’Égypte était de nouveau troublée.

A partir de la reine Nitaqrit, morte en 5500, les rois tendent à l’arbitraire; mais à peine sur le trône, ils sont cassés aux gages par les deux premiers Conseils appuyés sur le troisième.

En soixante-dix aus,ditManéthonjla septième dynastie compte soixante-dix rois.

En cent quarante-six ans, la huitième dynastie compte vingt-sept rois.

Nowerka, Nowerous, Ad, ne régnent que quelques années.

Le troisième Conseil du royaume est agité par l’oppo-

sition des chefs des différeotes races, Tamahous celtes, Rotennous rouges, Nahassoi%^pirs, Manous celtesindiens.

A trente lieues au si^d de Memphis, un parti militaire de tribus appartenant aifît Celtes de l’État-Major indien, envoyé partout, sous le nom d’Harakala, pour présider aux grands travaux d’utilité publique de l’Empire du Bélier, crée une ville, et fonde la neuvième et la dixième dynasties.

Bâtie dans une île du fleuve sacré, cette ville des ingénieurs ihilitaircs d’Harakala, dont les Grecs feront Héracléopolis , tenait tête à l’anarchie égyptienne, et essayait de la rappeler à la Synarchie du Bélier, quand le schisme d’Irshou et la guerre civile des Indes écla“ tèrent.

Dans l’antique Kaldée, le mélange des races n’avait pu être lié, comme partout, à la paix, que par les libres institutions de la Synarchie primitive.

C’est celte Loi du Bélier, c’est cette organisation sociale, que l’on retrouve encore, alors, déifiée sur les bords du Tigre et de l’Euphrate, sous le nom de Na-Ram-Sin.

A cette époque, le roi des Quatre Régions du Tigre et de l’Euphrate, le représentant du Kousha régnait à Hou, la Ville de Dieu, qui deviendra plus tard Babylone.

Les populations, comme le dit Bérose, avaient été, dès i’origine, extrêmement mêlées.

Les Communes, gouvernées par le troisième Conseil, se partageaient entre les Touraniens, antiques alliés de Ram, et les Aryas ou gens du Bélier, aussi appelés koushites ou impériaux.

Les premiers se désignaient sous le nom de montagnards forestiers, ou d’Accads, les seconds sous le nom de Communes agricoles ou de Soumirs.

. Le deuxième Conseil, aj-ant à sa tête son roi de Justice, sé confposait de ces éléments divers, dans lequel entraient encore les anciens Celtes bodhones.

Le premier Conseil ou Conseil de Dieu, le Sacerdoce -savant surtout, appartenait aux Celtes purs, témoin le nom de Kaldéens.

L’agitation intellectuelle qui travaillait les autres pays, se produisait dans les Quatre Régions comme partout, et le souverain impersonnel qui régnait sous le nom de Na-Ram-Sin, avait d’autant plus à faire pour empêcher CCS ferments de discorde de dégénérer "en anarchie politique, que les races étaient différentes, et avaient conservé, jusque dans la langue et dans les idées, jusque dans les rituels et dans le bas sacerdoce des tribus, leurs physionomies et leurs libertés propres.

Quand les philosophes exotériques eurent agité l’Inde, en opposant le Naturalisme au Déisme proprement dit, les villes du Tigre et de l’Cuphrate prirent parti pour ou contre.

C'est alors que, pour céder au courant des novateurs, et pour le concilier avec l’ancien Ordre de choses, les chefs des deux premiers Conseils mirent eu avant la double sexualité des Principes cosmogoniques, sous l’invocatioii desquels chacune des cités était placée.

. Dans Erech, dans Nipour, dans Eridou, dans Our, dans Larsa, dans Sippara, dans Ilou, dans Borsippa, dansCutha, dans Han, les Facultés féminines Ana,Davkina, Anounit, Xarpanit, Laz, furent adjointes aux Principes cosmogoniques mâles, Anou, Nouah, Sin, Samas, Mardouk, Nébo, ■Nergal, etc., etc.

L’agitation continuant, le Kousha de l’Inde resserra le -plus possible les Pouvoirs de la Royauté de Justice entre les mains des Celtes purs : de là, la dynastie d’Our.

Enfin, quand la guerre civilement éclaté dans l’Empire

métropolitain, quand Irshou fut rejeté par Tarali’hya des frontières de l’Indus, sa politique fit éclater partout les ferments de discorde, entre les doctrines et les ambitions rivales des races.

Sans revenir sur ce que j’ai dit dans le chapitre précé- dent, quant à la marche et à la fortune politique du schisme naturaliste, je laisserai la parole à Moïse, au sujet de la nouvelle Forme de gouvernement impérial qu’Irshou introduisit dans la vie de relations des peuples, en renversant, {tarlout où s’exerça son pouvoir, la libre et savante Synarchie de l’Agneau et du Bélier.

Voici, en partie, le sens hermétique des versets, dans lesquels le futur législateur des Hébreux caractérisera celte apparition du Césarisme dans le Monde : Bérœ-

W. Koush ialad œth Nirnerod houâ hehel li-heïôth ghi- Bor ba-Âretz.

' Houâ-haîah ghi-Bor tzaïr li-pheneî lÊYÊ : Ilal-khen iêamar khe Nirnerod ghi-Bor tzaïr li-pheneî lËVÊ.

« Koush dégénéra en Nirnerod qui essaya par la violence d’être Pôle Nord, dominateur sur la Terre.

« En lui le Pôle Nord, la Domination fut contraire à l’image de lËVÊ : d’où cette comparaison : comme Ni-» merod. Pôle dominateur. Adversaire de la Face de lÊVÊ. »

Voilà mot pour mot le sens idéographique du texte exotérique de Moïse.

Voilà comment il caractérise l’espèce de Gouvernement Général qui succéda à la Synarchie théocratique de l’Agneau, à l’Empire arbitral du Bélier.

Voici maintenant la traduction de ce sens idéografthique en langue

€ A l’Empire arbitral suceéda l’empire arbitraire, dont le nom caractéristique est la voie du tigre, Niraerod, le Césarisme.

« Ce type gouvernemental voulut dominer par la violence militaire l’État Social terrestre, comme le Pôle Nord domine sur la Planète.

« Dans ce type, le Pôle gouvernemental, le Pouvoir anarchique ou personnel s’opposa au Règne de Dieu, à l’Ordre Social qui est la Face réfléchie de lÊVÉ dans

c De là cet axiome des orthodoxes : Nimerod*, l’Arbitraire gouvernemental, le Pouvoir personnel et tout ce qui y a trait, est l’Opposé, l’Antipode du Règne de Dieu, l’Adversaire empêchant la Physionomie de lÊVK de se réfléchir dans l’État Social. »

Les trois hiérogrammes principaux de ces deux versets, sont Koush, Nimerod, ghi-Ror.

Dans Koush et dans Nimerod, le prêtre d’Osiris, l’Orthodoxe qui constituera le peuple hébreu pour lui faire porter à travers les siècles la Science cosmogonique des temples de l’Agneau et le mot d’ordre social de la Synarchie du Rélier, oppose, non deux hommes, mais deux types de Gouvernement Général.

L’un estl’Impérialat arbitral du Kousha de l’Inde, sacré par Ram, l’autre est l’Empire arbitraire d’Assyrie, tel que Ninus le constituera en fait, après qu’Irshou l’aura déterminé en principe.

Le premier qui signifie le Principe spirituel, igné, dont le Bélier était l’hiéroglyphe, est la Synarchie couronnée par le Lama dans un Empereur de Justice, dans un Magistrat suprême des rois et du Droit des Gens.

Le second, quia pour emblème le Taureau , hiéroglyphe de l’Eau, du Principe plastique, est l’Anarchie même, se

couronnant de ses propres moins dans un César d’iniquité, dans un despote qui suit la voie du tigre, qui foule aux pieds et lacère sous ses armes le Droit des Gens, les représentations régulières de ce Droit, TUnilé de la morale des gouvernants et des gouvernés, les peuples enfin et le triple organisme qui garantissait leur triple vie dans trois Pouvoirs sociaux.

Le premier, délégué de ces trois Pouvoirs sociaux, avait au-dessus de lui l’Autorité sociale par excellence, le Conseil de Dieu et le Conseil des Dieux ; aussi était-il le reflet organique delà face de ifiVÊ, Créateur de l’IInivers, c’est- à-dire le représentant du Gouvernement Général des Sociétés par la Sagesse et par la Science.

Le second foule aux pieds l’Autorité, écrase sous l’iniquité du Pouvoir personnel le Conseil de Dieu, le Conseil des Dieux; aussi est-il le Principe de la désorganisation sociale par la Politique arbitraire, c’est-à-dire exactement le Contraire du Règne de Dieu dans l’Humanité, et ne représente-t-il que le Gouvernement Général des Sociétés par la folie et par l’ignorance.

Voilà comment les Abramides, membres de l’ancien Conseil des Dieux en Kaldée, comment leur continuateur Moïse, membre du Conseil de Dieu en Égypte, stigmatiseront l’entrée en scène du Pouvoir sans Autorité.

C’est ainsi qu’ils imprimeront le symbole de Kaïn, la réprobation de Dieu sur la Politique dès ses débuts dans l’Histoire.

C’est ainsi qu’ils marqueront au front l’Anarchie couronnée, la Monarchie personnelle.

Sérieux lutteurs, ceux-là ! ils savent la force de l’Adversaire du Règne de Dieu, ils savent aussi le défaut de cuirasse de son faux droit à gouverner les hommes par

la force, à commencer par les Souverains eux-mêmes, premiers prisonniers de guerre d’un tel système.

C’est pourquoi ce ne sera pas au nom de la Politique qu’ils prendront par les cornes le Taureau ailé d’Assyrie.

Ce ne sera pas la criaillerie républicaine qu’ils opposeront à la marche des gouvernements dans la voie du tigre.

Tout tribun mène à César, toute forme politique à une autre.

Pauvres anarchistes de tous les temps, qui croient combattre le Césarisme, en lui opposant lés rhéteurs du forum !

Pauvres agneaux bêlants sous l’ongle d’acier de la Bête gouvernementale, qui est rAnarchic même trônant audessus de César, consé<(uence dont la cause est plus haut!

Les membres des deux premiers Conseils ne se mé- prirent jamais sur ces questions, ni sur l’impossibilité de les résoudre par la Politique seule.

Aussi employèrent-ils toujours des armes de précision et un verbe d’une portée efficace pour combattre le Mal et ressusciter le Bien.

Ces armes sont les sciences sociales ; ce verbe est l’Autorité religieuse de l’Enseignement universel, reconnue ou méconnue, pour le bonheur ou pour le malheur des peuples, à commencer parles Gouvernements et les Souverains.

Dix-sept siècles et demi avant Moïse, en 3150 av. J.-C. , un membre du Conseil des Dieux, Christna, s’était déjà manifesté dans les Indes.

Le Kousha avait profité, comme toujours, de la guerre civile des idées et des faits, pour rendre arbitraire l’Impérialat arbitral.

Voyant la Politique ensanglanter «a patrie, entrechoquer les Souras et les Asouras, les Pandous et les Kourous, -les Yonijas et les Lingayas, voyant, grâce à ce désordre, l’empereur se délier de scs serments vis-à-vis des deux Conseils, confisquer les libertés du troisième, et autoriser ainsi, sans s’en douter, tous les rois et tous les vice-rois, tous les gouverneurs de Provinces à se rendre indépendants de lui et à se jeter dans la révolution féodale, Christna s’en prit à la cause intellectuelle du mal

Quoique ifé j)armi les schismatiques, dans une famille royale passée aux Yonijas, il se rapprocha des Orthodoxes.

Son initiation le fit entrer dans le Conseil des Dieux, et il en sortit pour faire son témoignage social au dehors.

Ce témoignage se résume dans la magnifique Synthèse trinilaire qui a conservé jusqu’à nos jours, malgré toutes les dominations étrangères, l’intelleel, l’ànie, l’organisme, la foi, la loi, les mœurs qui constituent la Société indienne.

(-eux-là donc se trompent étrangement qui attribuent à la Religion la décadence des Sociétés, dont la cause, comme nous le prouverons sui’abondamment, ne se trouve jamais que dans la Politique.

Voilà cinq mille trente-quatre ans que la tête et le cœur de la Société indienne ont été préservés de la Politique par ce membre du Conseil des Dieux, et cela malgré tous les conquérants assyriens, égyptiens, macédoniens, touraniens, mongols, musulmans, anglais.

Même fait à relever, en ce qui regarde la Chine de Fo-Hi, depuis quatre mille huit cent trente-quatre ans.

Or, observez, au contraire, dans l’Histoire, dans le

grand laboratoire des expériences sociales du Genre Humain, le peu de viabilité des Sociétés, à partir du moment où la Politique seule les a gouvernées, et comparez.

La Kaldée ou plutôt l’Assyrie depuis Ninus, l’Iran depuis la même époque, l’Égypte depuis l’invasion des Hyksos, l’Asie Mineure depuis les républiques phéniciennes, la Grèce depuis la prédominance du troisième Conseil dans les Assemblées, Tltalie depuis la fondation de Rome par des membres anarchistes du troisième Conseil, à l’exclusion des deux autres : toutes ces expé- riences, tous ces faits seront autant d’enseignements.

Et quant à la Chrétienté tout entière, supposez, ce qui n’est pas impossible, que la Chine se résolve à suivre son exemple, à établir des impôts permanents, à émettre des emprunts d’État et à entretenir ainsi le dixième de sa population sous les armes, c’est-à-dire quarante-cinq millions d’hommes.

Continuez la supposition, et que cette armée de quarante-cinqmillionsd’hommes vienne submerger l’Europe, depuis le Caucase jusqu’à l’Atlantique.

Que restera-t-il, au bout d’un demi-siècle, delà pensée, de l’âme, du corps, de la foi, de la loi, des mœurs de la Chrétienté?

Absolument et radicalement rien ; car la force physiologique de l’organisme social et des institutions de la Chine aura tout englouti dans un esprit synthétique supérieur, notre science et notre industrie, comme toutes nos autres catégories dissociées.

Ceci dit, retournons à Christna.

Comme tous les réformateurs sortis du Conseil des Dieux, il prit la Société exotérique là où elle était.

On ensemence les champs suivant leur état actuel de réceptivité pour telle ou telle culture.

De là, la différence des Cultes, selon les différents pays que l’Anarchie sociale travaille de diverses manières.

Après avoir consacré la double sexualité des Principes cosmogoniques, Christna rappela qu’en toutes choses leur Union biologique manifeste l’inaccessible Unité par un troisième terme, la Triade ou Trimourti.

Je ne reviendrai pas sur l’enseignement intellectuel que j’ai mis dans la bouche des Brahmes répondant à Irshou . "

Ainsi parla Christna, en remédiant au schisme dualistique par la Trinité.

Après avoir refait l’éducation morale de la foule, répandu et commenté partout la divine Parole de Ram, appuyé ses enseignements paraboliques par les miracles de la Thérapeutique des temples, développé à l’infini dans un langage merveilleux le Principe de la Triade, de l’Unité harmonique. Principe tout aussi vrai, à sa place, que la Dyade, que la Monade, que toute la science qualitative des Nombres, (]hristna s’entendit avec les membres du Conseil de Dieu pour la réforme du symbolisme extérieur du Culte.

Il ressuscita fUiiiversilé et la Dynastie lunaires, donnant ainsi gain de cause aux Yonijas.

11 accepta même la substitution de riiiéroglyphe zodiacal du Taureau ou de la Yache, dont les sectateurs d’Irshou avaient marqué la nouvelle Loi.

Il pacifia ainsi le fanatisme des Touraniens d’Asie et des Druides européens de Thor.

Mais gardant en réserve, avec le Code de Manou, que la politique altérera au sujet des Castes, conservant dans les temples toute la Tradition sociale du Bélier, tout l’ésotérisme scientifique de l’Agneau, il mit au dehors,

comme symbole de sa nouvelle Alliance en Ram, le Soleil sur champ d’azur, l'Astre Médiateur qu’habitent les Ames glorifiées, la source de la Lumière, de la Vie et de la Paix de notre Ciel.

Il éloigna autant que possible les emblèmes isolés de 'l’Ionisme et du Dorisme, et ne les accepta que réunis, ce qui donna lieu dans tout le symbolisme à des Ordres ou Styles nouveaux, que les modernes ne distinguent plus qu’à travers l’archi lecture.

Il 'adopta principalement comme correspondance de l’homme d’en bas avec l’Homme du Ciel, 4’Omphale ou l’Ombilic, à cause du rôle prticulier du plexus solaire dans les sciences psychologiques et dans les arts psychurgiques, à cause des analogies de ce rôle avec la Lumière directe de l’Âme du Monde, Lumière invisible aux yeux physiques.

Sa Trinité représentant cette Ame universelle, symbolisant les trois hiérarchies de Sciences du Nom sacré de ÊVÊ, fut Brahma, Vichnou, Siva, Intellect, Verbe, Instinct, auxquels il adjoignit le Gaçti, la triple Faculté féminine, la triple Puissance conceptive, Sarasvati, Laksmi, Bhavahni, Intelligence, Sensibilité, Sensation.

De ces trois Personnes, il indiqua la Médiane, la Médiatrice à l’adoration des fidèles : Vichnou, Lasksmi.

Ayant ainsi ramené le culte public à l’Unité harmonique par la Trinité, purifié la raison et la morale de tout l’enseignement primaire, il remit du même coup en lumière la condition de l’ancienne Liberté, les trois Pouvoirs sociaux, l’ancien Arbitrage qui avait mérité à Ram, Jusque dans ses colonies européennes, le surnom religieux de Liber, le Libérateur, de Lyœus, celui qui délie.

Mais le Kousha, qui était devenu d’autant plus arbi

traire que ce triple arbitrage avait été plus méconnu, grâce à la guerre civile, sentit que, par la bouche de Christna, la Science, la Justice, l’Économie sociale, les trois Conseils en un mot, allaient le rappeler à son devoir et redresser au-dessus de son Pouvoir impérial le contrôle de l’Autorité pontificale.

C’est pourquoi il ne cessa de poursuivre et de persé- cuter Christna.

Un jour, cet homme divin s’était éloigné de ses disciples pour méditer et pour prier.

11 les avait laissés, ainsi que son élève préféré Ardjouna, et que les saintes femmes Nichdali et Sarasvati.

Un émissaire du tyran, Angada, le suivit à la tête d’une troupe d’archers, le fit lier aux branches d’im arbre et transpercer de flèches.

Mais cette sainte vie porta quand même scs divins fruits dans le Culte et dans la Société, non seulement des Indous, mais de tous les peuples du monde.

Dans l’Inde, sa sublime morale rappela les Ames à la Paix sociale par la Bonté, par la Vertu poussées jusqu’au renoncement absolu.

Voici quelques échos affaiblis de ses lumineux enseignements aux pauvres gens, devant lesquels il fit, comme Jésus, son témoignage.

L’arbre assailli d’un noir tourbillon de cailloux Se venge en répondant par une douce pluie De belles fleurs, de purs parfums, d’excellents fruits ; La coquille des mers, quand le plongeur la lue,

Lui répond en mettant des perles dans sa main ;

Le rocher que le pic du mineur frappe et brise, L’enrichit de rubis et l’orne de saphirs;

Le minerai que fond le feu de la coupelle,

Pleure, et des gouttes d’or restent quand il n’est plus.

L'homme seul^ à Seigneur!... mais, ô douce Sagesse,

Celui qui t’aime a beau se sentir détesté :

Ën vain la haine attaque et déchire sa vie ;

Jusque dans le supplice, il ne cesse d’aimer ;

Il bénit jusqu’au bras sanglant qui le torture,

Et meurt d'amour, pareil à Tarbre de Sandal Qui parfume en tombant le fer de la cognée.

Telle fut, dans l’Inde, la pure manifestation qui sortit du Conseil des dieux, pour remédier aux maux publics, pour purifier la morale et la raison communes.

Goînmc le réformateur était né dans la secte des Yonijas, d’où son nom de Go-Palla, Pasteur, il fut confondu par l’apothéose indienne avec le signe du Bouvier.

Son nom devint Cliristna, le Sacré, lézéus, le Sauveur ; voir le Bagava-Vedam et le Bagava-Ghita dans les Pouranas.

Nous verrous sa doctrine du Yerbe Solaire parcourir comme une traînée bienfaisante de lumière cultuelle et de chaleur sociale tous les anciens temples de l’Agneau secoués par le schisme.

En Perse, cette doctrine sera portée par le premier Zoroastre, en Chine par Fo-hi, quoique modifiée par le génie spécial de ces deux hommes et par la condition des milieux qu’ils auront à reconstituer.

En Égypte, la même doctrine inspirera le culte d’Horus, en Grèce celui de Phanès et d’Apollon.

Les temples grecs donneront egalement l’apothéose à Christna dans la constellation du Boolès, et le confondront souvent avec Ram lui-même dans la rénovation des Mystères de Bacchus et d’Iaô.

Enfin les Arabes le révéreront encore aujourd’hui dans leur ésotérisme cosmogonique, sous le nom de Muphridal-Rami, l’hiérophante ou le commentateur de Ram.

En 2950 av. J.-C., un autre membre du Conseil des

dieux, Fo-Hi, l’un des chefs de l’état-major indien/alla réformer la Société du Ïien-Hia sur les bords du lleuve auquel il donna le nom de sa couleur symbolique, Hoang-Ho, fleuve jaune.

Le nom de Fo-Hi est d’origine celtique; il signifie le Père-Vivant.

Inspirée du trinitarisme de Christna, sa Synthèse intellectuelle et sociale fut renfermée dans cinq livres hié- rographiques, sorte de mémorandum des initiations.

Ces livres étaient le Y-King, le Chu-King, le Chi^King, le Li-King, le’Yo-King.

Tous consistaient principalement en séries mathématiques ou morphologiques de Principes représentés par des hiérogrammes.

Le Y-King avait trait à la Cosmogonie, le Chu-King à l’Androgonie ou Science des Principes de l’État social.

Le Chi-King renfei-mait en trois cents théorèmes symboliques tout l’ésotérisme des autres connaissances intellectuelles, morales et physiques.

Le Li-King contenait les canons de l’csthélique sociale, les règles des cérémonies et de la hiérarchie des devoirs et des rapports humains.

Le Yo-Ring roulait sur la Science et sur l’Art d’analogie que les anciens appelaient Musique, et que les modernes ne comprennent plus qu’au point de vue purement sensoriel.

En tête du Y-King, l’ünité du Principe insondable, Tai-lki, l’üniversel, se manifestait par la üyade, Yn et Yang, dans la Triade, Pan-Kou.

Cette dernière renfermait les trois Règnes correspondant aux trois hiérarchies de Sciences du nom sacré d’ÊVÊ.

Le premier Règne, Tien-hoang, était PUnivers intelligible, le dernier, Ti-hoang, le Monde sensible, minéral,

végétal, animal; le médian, le Médiateur, Gin-hoang, était le Règne Homiual unissant les deux autres.

Fait à noter : ayant à réorganiser les Mongols et les Touraniens, Fo-Hi accepta leur transposition des sexualités, attribuant au Yn la passivité et le repos, au Yang l’activité et le mouvement.

Ce fait est à rapprocher de ce que j’ai dit au sujet du caractère touranien et tatare de la transposition des sexes dans les genres du Soleil et de la Lune, tels que les montre encore aujourd’hui la symbolique de la langue allemande.

C’est pourquoi les livres sanscrits caractérisent laChine par cette transposition même : Tchandra-Douïp, le pays de la Lune masculinisée, du Féminin devenu Masculin.

Il serait trop long d’expliquer ici l’importance capitale de ces symboles qui, du haut des quatre hiérarchies de sciences dont j’ai parlé si souvent, étendaient leurs progressions arithmologiques et morphologiques, spéciales, selon l’Ordre divin ou naturel, masculin ou féminin, jusqu'aux systèmes des Nombres, des Poids et des Mesures, l’Étalon monétaire y compris.

Le schisme d’Irshou avait, sous ce rapport comme sous tous les autres, confondu les anciennes méthodes ascendante et descendante, brisé la concordance du double aspect de la Science, rompu l’ancienne Synthèse, démembré l’ancienne Unité, dont la grande Pyramide avait été le gnomon pour tout l’Empire du Bélier.

C’est dans ce sens que Moïse dit. Genèse, ch. XI, v. 1 : t La Terre n’avait alors qu'un seul Verbe, qu’une seule Idéographie, n

A Babylone, la fameuse Tour ne fut autre chose qu’un essai manqué de Synthèse des sciences s’affirmant au dehors dans un nouveau gnomon.

On ne voulait pas revenir à la Loi du Bélier, et jamais les Corps savanls ne purent ramener à rUnité la Loi du Taureau.

Be là, la prétendue division des langues que les traductions exotériques prêtent à Moïse : Genèse, ch. XI, v. 7.

Or, dans le texte ésotérique de l’Orthodoxe qui sélectera les Hébreux, il ne s’agit imUement de langues phonétiques, ni du verbiage des bavards de Tépoque, mais de la Science sacrée et de l’Idéographie savante, depuis rAslroiiomie jusqu’à la Géodésie, depuis le Système cosmogoniijue jusqu’au Système métrique et jusqu’à l’Ëtalou monétaire.

Sur ce point comme sur tous les autres, rUniversalité de la Connaissance et de la Vie sociale des peuples, d’un bout de la Terre à l’autre, avait reçu du schisme un coup fatal.

C’est pourquoi les Pontifes indiens blâmèrent toujours Fo-Hi d’avoir fait au vulgaire, ù l’eiTeur des Touraniens, une concession aussi grave que le renversement des sexualités.

Le nom de Tchiiias (jue les Brahraes donnent encore, aux peuples organisés parce réformateur, signifie schismatiques.

Les Chinois eux-mêmes appellent leur propre pays Tien-Hia, la Société céleste ; mais le sacrifice annuel de l’empereur à Shangté est en effet celui du Taureau zodiacal, hiéroglyphe de l’Élément humide que dévore le Feu de l’autel.

Bans les temples grecs, le symbole de l’enlèvement d’Europe par le Taureau se rapportera aux mêmes faits.

Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit au sujet du Céleste Empire.

Comme un Monde dans un germe, il était contenu eu principe dans les Livres sacrés de Fo-Hi.

Les Kings, le Culte des Ancêtres, l’Autorité au Corps enseignant, toutes les fonctions publiques à l’examen, le Conseil des Dieux sous le nom de Lettrés, le Conseil des anciens avec ses libertés et ses pouvoii’s locaux, pas de Conseil de Dieu ou de Sacerdoce officiel, séparé du monde laïque : voilà tout l’organisme social que détermina Fo-IIi.

Insuffisante au Gouvernement Général du Monde, à la constitution sociale des rapports de Culte k Culte, d’État à État, de Nation à Nation, celte intellectualité secondaire, cette bourgeoisie de l’ancienne Synarchie, cette Drudliommie magistrale de l’ancienne Université des temples de l’Agneau, a néanmoins prouvé la force qu’elle avait empruntée à l’édifice complet de l’Empire du Bélier, à l’antique Trinité de ses Pouvoirs sociaux.

Faute d’un Conseil de Dieu, le Corps des Lettrés fut sans recours en appel supra-national contre les invasions, et, au dedans, il fut seul à soutenir sa lutte contre l’empire arbitraire.

Mais à l’honneur de ce Corps et à son éternelle gloire, ainsi qu’à celle de l’ancien Conseil des Dieux, dont il était la diminution, on le trouve pendant quatre mille ans, dressé comme une colonne de lumière contre tous les empereurs tendant à rendre leur Pouvoir personnel et à secouer la seule Autorité de l’Empire Chinois, celle de la Sagesse et de la Science gardées par le Corps enseignant.

A la tête du Sacré Collège, c’est Tching-Tang qui chassera du trône l’infâme Kié; c’est Wou-Vang qui soulèvera la conscience et les libertés publiques et déposera le tyran Tchiou.

Mais cette noble lutte des Lettrés ne sera pas sans pé-

rils, et, à maintes reprises, ils seront décimés et noyés dans le sang, comme le Conseil des Dieux de tous les autres pays , depuis les initiés de l’Inde jusqu’aux pythagoriciens de la grande Grèce, jusqu’aux gnostiques d’Alexandrie, en passant par le collège des Dieux d’Israël.

En Chine, la plus atroce persécution fut celle dont le misérable criminel Tsin-Che-Hoang affligea les Lettrés, leur arrachant non seulement la vie, mais l’âme, en faisant livrer aux flammes le Chu-King et le Chi-King.

Quel est celui des Corps constitués de l’Europe actuelle qui pourrait montrer, dans la défense de l’Autorité sociale contre le Pouvoir politique, des états de services comparables à ceux du Corps des Lettrés du Céleste Empire, inébranlables gardiens de la forte Constitution intellectuelle, morale et civile, que lui donna, dès le début, Fo-IIi, à laquelle il ne manque que de reprendre en bloc toutes nos sciences pour ressusciter à son antique esprit?

En Égj'pte, le ïrinitarisme de Chrislna eut également son influence bienfaisante dans la mise au dehors de la Trinité Osiris-Isis-IIorus.

Mais la politique des schismatiques, dès l’année 2703 av. J.-C., fit reléguer dans le plus profond des temples l’ancienne Synthèse, la première hiérarchie des sciences, Osiris enfin, dont Hérodote tremblera encore de prononcer le nom.

Alors fut répandue la légende exotérique du. démembrement d’O-Sir-Is, le Seigneur intellectuel, le Dieu de l’ancienne Alliance universitaire et universelle.

Tenant dans ses bras Horus avec son auréole solaire, la Déesse au croissant, Is-Is la double Intellectualité, la Nature hyperphysique et physique, fut elle-même recouverte avec toutes ses sciences et tous ses arts du voile

d’une d^btelAÎtiation: petits Mystères, grands Mystères.

€’est de cette époque que datent en effet l’épreuve muiâte et le serment appliqués à tous les degrés de l’Enseignement et de la Connaissance, à partir des études secondaires.

C’est de cette époque que date, en Égypte comme en Assyrie, la substitution de l’hiéroglyphe du Taureau à eelui du Bélier, dont les Pontifes orthodoxes gardèrent néanmoins l’image sur leurs crosses.

La Tradition dit que l’équinoxe du printemps tombait sur les premiers degrés du Taureau, quand les Mystères d’isis commencèrent.

Néanmoins la fête d’Osiris demeura fixée à Noël, c’est- à-dire à l’époque où le Bélier de Ram, quarante et un siècles avant, coïncidait avec le commencement de l’année astronomique.

La date de l’ouverture des Mystères d’Isis concorde elle-même avec les premiers relevés astronomiques du Corps des Lettrés Chinois.

Ils indiquent en effet l’Étoile polaire, Yeu-Tchu, le Pivot de la Droite, dans la Constellation du Dragon, Alpha.

Il y a donc près de quarante-six siècles que ces faits se sont passés.

, Le culte des Ancêtres renfermé dans le très ancien Livre des Morts, la retraite du Conseil de Dieu avec ses bibliothèques idéographiques dans le plus profond dé la Science ésotérique, celle du Conseil des Dieux dans le secret des Mystères d’Isis, sauvèrent l’existence intellectuelle et sociale de l’Égypte, c’est-à-dire l’Ame de sa vie nationale, jusqu’au moment où un roi orthodoxe, pré- paré dans les temples, put chasser les Hiksos.

. En vain, le déluge de l’invasion phénicienne .roula ses fiotn sur ce pays. , ; .

L'envahisseur ne domina pas; il fut dominé par la puissance des institutions, dont les deux premiers Con* seils, quoique courbant la tête, restèrent l’Esprit et l’Ame invisibles.

En vain, les rois pasteurs tendirent de toutes leurs forces au Césarisme pur, ils durent toujours compter avec l’opinion qui les dédaigna constamment, regardant passer leur Pouvoir illusoire, et n’admettant pas d’autre Autorité que la Religion.

Cette dernière, Enseignement de la Sagesse et de la Science du Monde visible et du Monde invisible, demeura insaisissable sous ses voiles, tout en cultivant dans le peuple le feu sacré de ses espérances par la pompe des cérémonies et la consolation des fêtes publiques.

Ainsi, grâce à ses deux Conseils, l’Égypte sauvegarda sa civilisation et conquit ses grossiers conquérants.

Ceux-ci , pour revêtir leur Pouvoir d’une ombre d’Autorité , . durent l’aller demander aux enseignements des sanctuaires; et, dès lors, ils se civilisèrent à leur tour, se soumirent à la Morale et à l’intellectualité dirigeantes, et n’exercèrent plus qu’un Césarisme mitigé.

Enfin, malgré neuf siècles et demi de domination, il’s furent chassés par Araos, tellement l’Ame nationale de l’Égypte avait été conservée par les Temples.

Un autre membre du Conseil des Dieux sortit également des Universités de l’Inde pour aller réformer le Varkhanat.

Son nom d’initiation, Zaratoushtra, avait été appliqué autrefois à toute une partie de l’enseignement ésoté- rique, dorien; et il signifiait la Révélation solaire.

HermippeetEudoxe désignent ainsi l’École sacerdotale de Ram, appelé lui-même, comme nous l’avons vu, le

Chef de là marche des Astres, c'est-à-dire des Collèges cosmogoniques et astronomiques.

Ces deux auteurs mentionnent, à ce propos, la date qui correspond à la fondation de l’Empire des Aryas, ou ‘d’Ariès, le Bélier.

C’est aussi l’époque indiquée par Platon.

Mais, après Christna, le premier rénovateur qui releva dans l’Iran cette école dorienne, vécut, dit Pline, environ deux mille quatre cent cinquante ans avant notre ère.

La“ Perse n’existait pas alors.

Contraction du nom deParadesa ou de Para thesa, cette dénomination ne fut donnée à une partie de l’ancien Varkhanat qu’en terme de mépris par les schismatiques Mongols et Touraniens.

C’est ainsi que, chez nous, les protestants traitent de papalins les fidèles du culte romain.

Voilà pourquoi Hérose, Pythagore, Suidas représenteront tour à tour comme Mède, Perse et Persomède le rénovateur de l’Initiation solaire qui nous occupe.

Mais ces noms ne correspondront pas à l’époque où ce grand homme fit son témoignage de réforme sociale.

C’est à Balk, en plein centre universitaire, au milieu de la rivalité des écoles déistes et naturalistes, doriennes et ioniennes, que s’exerça l’action de ce réorganisateur.

Dans la Synthèse ésotérique qui motiva sa réforme sociale, et dont le Zmd-Àvesla ne renferme que l’abrégé symbolique, souvent altéré, Zoroastre fit le contraire de Fo-Ili.

Il exagéra le radicalisme de son opposition au schisme.

Dans l’Inde, Christna, loin de nier la Dvarchie sexuelle

dans la Création biologique de l’Univers, l’avait scientifiquement résolue par la Trinité.

Yonijas et Lingajas, les deux partis qui agitaient l’Empire du Kousha, étaient assez éclairés, assez fondus

comme races par les vieilles institution^, pour que lôürs mobiles fussent avant tout intellectuels.

Ils pouvaient donc se rendre à la Vérité, pourvu qu’un homme de génie religieux la leur démontrât.

C’est ce que fit Christna.

En Chine, ayant affaire à une majorité de peuples Touraniens et Mongoliques qui avaient renversé l’ordre des idées attachées aux symboles sexuels, Fo-lli leur avait concédé celte erreur, pour les ramener au ïrinitarisme de Christna.

En Perse, Zoroastre, homme du Bélier, initié aryen et dorien, se trouvait face à face avec une poussée turbulente de Touraniens.

Ces derniers agitaient les temples, les universités, les discussions publiques.

Mais, loin de n’avoir que l’intelligence pure et le souci delà Vérité pour mobiles, ils débordaient de j)assions et d’appétits politiques.

Les Aryens, les anciens Celtes européens avaient eu partout le pas dans l’Empire et dans les temples, en dehors du Touran proprement dit.

Aussi, le schisme d’Irshou était-il depuis longtemps une bonne aubaine que les hommes du Taureau n'avaient eu garde de ne pas exploiter pour supplanter ceux du Bélier.

Naturalisme dans les temples, républicanisme en vue de dissocier les Aryas, puis césarisme militaire à leur propre profit : tel était le jeu des Touraniens pour se pousser dans les magnifiques royaumes et dans les belles colonies de l’antique Synarchie de l’A- gneau.

C’est pourquoi Zoroastre dut moins se préoccuper de Vérité absolue que d’ordre relatif.

C’est pourquoi il replia sa race sur un dorisme exa-

géré, plus inspiré certainement par des nécessités de défense nationale que par la Science elle-même.

Comme Christnaet comme Fo-Hi, il mit l’ünité divine hors de discussion, dans le plus profond mystère de 4’ésotérisme, sous le nom de Wôdh.

Sa guerre intellectuelle contre les Touraniens s’affirma surtout dans la Dyade, qui avait été la cause première de la division des esprits, et qui demeurait le prétexte transcendant de la politique anarchique et césarienne des envahisseurs.

C’est pourquoi, supprimant la sexualité f^inine dans la Dyade, Zoroastre présenta cette dernière, non comme rUnion biologique de deux Principes indivisibles, mais comme le Dualisme dynamique de deux Principes absolument contraires, l’un bon, l’autre mauvais, l’un iranien pour ainsi dire, l’autre touranicn.

Ces deux Principes, Ormuzd et Ariman, étaient, dans l’initiation ésotérique, arbitrés par un troisième terme, Mithras, représentant la Trinité médiatrice et la Médiation solaire.

Mais, influencé par les nécessités politiques du milieu qu’il réformait, .Zoroastre commit, en présentant ainsi la'Dyade au dehors sous une forme dualistique, la grave erreur que les deux premiers Conseils de l’Inde lui reprochèrent.

C’était transporter la notion du Mal hors de son domaine qui est le libre arbitre de l’Homme, sa faculté de s’inspirer d’en bas dans l’Instinct physique, et non d’en haut dans l’Intelligence.

L’antique Science dorienne envisageait la Chute comme une progression cosmogonique descendant de l’Être absolu jusqu’au Non Être, de l’Esprit pur jusqu’à la Substance divisible.

Dans cette notion scientifique, il n’y avait pas la moin-

<lre idée du Mal, mais au contraii'e, celle du Bien uni-‘ versel, allant porter la Vie à i’iniini, du plus grand Cycle jusqu’au moindre.

Cette progression descendante avait sa contre-partie dans la concordance de la série ionienne ou ascendante ■des existences, depuis celle de l’infusoire jusqu’à celle de l’homme individuel.

Ce «lernier, couronnant l’échelle des êtres visibles, remontait encore jusqu’au sommet des Cieux,par la faculté <iue lui donnent la Science et la Conscience de fôrnier ici-bas son 'corps de lumière astrale , pour éviter la •seconde mort, conserver son individualité et retourner jusqu'aux sources intelligibles de l’Être.

Une fois sa Synthèse intellectuelle faite sur ces bases sectaires, quant à la Dyade, Zoroastre e>i poussa les conséquences à l’extrême.

Il souleva ses adhérents contre les Touraniens, et la irévolte armée suivit ses prédications au dehors.

« Frappez avec fureur l’orgueilleux Toin'anien qtii •afflige et tourmente le Juste! Il fait le mal : hrisez-le ; il s’élève par la violetute : écrasez-le. «

Telles sont les passions de race qui se font jour dans le Zmd-Avesla, 50' hâ, 45' hâ.

Le résultat de la guerre fut la séparation absolue de l’Iran, autrefois partie intégrante de la confédération' du Varkhauat.

Malgré les justes blâmes que les Brahmes adressèrent il Zoroastre, au point de vue intellectuel, son dorisme même outré eut de grands résultats pour le Bien Général de rflumanité.

Comme son pays se trouvait sur la route qui mène à la possession des Indes , de l’Assyrie et de la Palestine, en réagissant ainsi contré la poussée touranienne, il assura l’existence de l’antique Civilisation, et la couvrit

pendant tout le temps où sa conservation fut nécessaire.

Grâce à lui, la prédominance de la Politique pure dans le gouvernement partiel de sa patrie et dans le Gouvernement Général du Monde fut contre-balancée par l’ancienne Synarchie.

En effet, il remit en vigueur l’Autorité intellectuelle et morale des deux premiers Conseils sous le nom de Maha-Wôdh, Mahabad, la grande Sagesse.

Le Pouvoir royal demeura soumis à cette Autorité jusqu’à l'a conquête de l’Iran par Ninus, et les peuples respirèrent d’autant, grâce aux libertés publiques et au Conseil des anciens, d’accord avec les deux autres.

Or, ces bons résultats eussent été impossibles, dans l’Inde sans Christna, en Chine sans Fo-Hi, en Égypte sans le Sacerdoce et les Mystères d’Isis, en Perse sans Zoroastre, partout sans les deux premiers Conseils de l’ancienne

Aussi verrons-nous le Despotisme essayer toujours d’anéantir, non seulement ces deux Conseils dressés devant lui, mais tous les monuments de la Science, tous les fantômes de l’Autorité divine, sur le cadavre seul dé laquelle l’Iniquité pourra régner avec la Politique pure.

Observez partout la marche des gouvernements purement politiques, depuis leur début jusqu’à l’anéantissement de l’ancienne Synarchie.

Que fait Ninus dans l’Iran? 11 décime les deux premiers Conseils, il anéantit le gouvernement de la Mahabad, il poursuit les livres sacrés, dépositaires de la Science cosmogonique et sociale.

Que fait, à Babylone, Nabon-Assar ? Il veut effacer tous les temps antérieurs, gratter les inscriptions, Briser

toutes les tables d’airain, fondre toutes les stèles, brûler toutes les bibliothèques.

11 faut absolument, dans la pensée de celte brute, que l’Ère des temps à venir date de sa mauvaise volonté.

Que fait, en Chine, lestupideTsin-Che-Hoang?Il défend sous peine de mort qu’on laisse subsister aucun livre, aucune colonne, aucune pierre gravée, antérieurs à sa misérable individualité; il extermine les Lettrés.

Que fait, à Rome, le Conseil d’anarchistes prud’hommes qui fonda la République? Il fait hypocritement disparaître les livres de <Numa, témoins de la Science étrusque et de l’Autorité des deux premiers Conseils de l’ancienne

Que font les Césars de Rome? Exactement la même chose que leurs prototypes de Kaldée.

Le droit romain est rempli de persécutions contre l’ancienne Science, contre les anciens Arts.

Depuis César jusqu’à Dioclétien, la politique romaine livre aux flammes les bibliothèques conservées par les deux premiers Conseils.

C’est César qui brûle la bibliothèque Ptolémaïque, c’est Dioclétien qui brûle celle du Sérapéuin de Memphis, et qui poursuit aussi la même ligne de conduite vis-à-vis des livres persans.

C’est Théodose enfin qui, après Constantin, se couvre du Christianisme pour anéantir tous les temples, gardiens de l’ancienne Science et de l’ancienne Tradition

Or, une fois qu’on tient ce fil secret de l’Histoire, il n’est plus permis de se méprendre sur ce fait que la Religion fut partout la sauvegarde de la Science, de la bonne organisation sociale et des libertés publiques.

Au contraire, la Politique fut, dès son origine, la

revendication anti-sociale de TAnarchie avec tontes seA conséquences : Ignorance gouvernementale , Iniquité dans les rapports sociaux, Fatalité substituée à l’ancienne- Liberté.

Après avoir montré dans ce chapitre les efforts que fU l’ancienne Synarchie pour combattre localement l’anar^ chie gouvernementale, nous allons assister dans lo cliapitre suivant à la réponse de cette dernière par l’organe du Césarisme assyrien.

Le remède sortira encore des deux premiers Conseils écrasés en Kaldée par l’arbitraire gouvernemental.

Nous nous arrêterons un moment sur l’exil volontaire d’un groupe d’Orthodoxes néo-Ramides connu sous le nom idéographique d’Abram.

CHAPITRE X

LE CÊSABISHE ASSYRIEN.

LES ORTHODOXES ABRAMIDES OD NÊO-RAHIDES.

En 2200 avant Jésus-Christ, un empereur radical, Ninus, avait paru.

Il inaugurait dans le Monde cette sorte d’Anarchie d’en haut, ce Pouvoir arbitraire, ce Gouvernement Géné- ral par la Force des armes, que Moïse flétrit sous l’hiérogramme de Nimerod, et qui, jusqu’aujourd’hui, régit encore l’ensemble de nos Sociétés.

Ninus, en Kaldaïque, Nin-Iah, progéniture de l’Etre absolu, symbolifia lui-même son orgueil dans le nom qu’il se donna.

Prototype de l’Absolutisme politique, il offrit aux peuples sa personne comme directement investie d’un droit divin à les soumettre par la force à sa volonté, sans se soumettre lui-même à une Autorité différente de son Pouvoir et supérieure à lui.

Cette Autorité, en effet, n’est pas dans les nuées, ni dans un ciel physique, quelconque, extérieur à l’Homme.

Elle est dans l’Ame et dans l’Esprit humains, partout ou la Science et la Sagesse y résident.

Elle est toujours dans l’Assemblée complète des Corps enseignants, religieux, civils et militaires.

Aussi, comme le dit Moïse, n’y a-t-il pas de plus exécrable blasphème que celui de l’anarchiste couronné, qui couvre son iniquité gouvernementale de l’hypocrisie d’un droit divin.

Le droit divin était alors dans les deux premiers Conseils de Kaldée, dans ceux de l’Inde et enfin dans le Souverain Pontife retiré avec ses collèges savants dans les montagnes de l’Himalaya.

Mais le premier soin du Despote fut de fouler aux pieds les deux Collèges pour se délivrer de l’Autorité qui, de par Dieu, avait le Droit de contrôler son Pouvoir

Dès lors, il put asservir impunément le troisième Conseil et, avec lui, étouffer les libertés publiques et pressurer jusqu’au sang l’Économie sociale, pour en tirer l’Impôt permanent, condition césarienne de l’Armée permanente.

De plus, suivant l’éternelle lactique des despotes, il arracha encore aux deux premiers Conseils leur droit de désigner aux fonctions publiques les lauréats de l’examen.

Et ainsi, le Pouvoir politique sans Autorité devint le plus grand agent de la corruption morale des peuples, le point de mire de toutes les ambitions anormales, de toutes les capitulations de conscience, de toutes les servitudes.

Alors, délivré de toute barrière intellectuelle et morale, Ninus gouverna despotiquement sa nation, et pratiqua vis-à-vis des autres nations et des autres gouvernements l’Iniquité internationale et intergouvemementale qui, depuis lui, et grâce à lui, régit jusqu’à présent la Vie de relations des Sociétés humaines.

Dans son propre pays, pour effacer jusqu’au souvenir de l’ancienne Synarchie théocratique, il supprima le nom

de Kaldée, et le remplaça par celui d’Assour, ri/nité du Seigneur.

Naturellement ce seigneur fut lui.

Il se déclara bien fils de Bâl, pour jouer sa comédie de droit divin devant les populations naïves.

Mais Dieu est un mot de quatre lettres, Bâl est un hié- rograrame de trois lettres; et si l’on n’y ajoute pas un sens absolument scientifique et ayant ses conséquences géométriques depuis la Théogonie jusqu’à la Science sociale inclusivement, on peut dire comme Shakspeare, de ces mots : words, words, words !

Or, nous avons vu quel sens Ram avait «ajouté au Nqnj Sacré de la Divinité. .

Elle était dans les temples la Synthèse de toutes les* Sciences divines, universelles, humaines et naturelles.

Du même coup, Elle était le Droit et la Loi, que les Romains, plagiaires des Étrusques, ne définiront pas autrement.

De plus, cette Sagesse, cette Science totale, ce Droit, cette Loi, avaient leurs représentants dans les deux premiers Conseils.

Donc laissons Ninus se dire le fils de Bâl, tantqu’il voudra.

Le nom de Bâl, tel qu’il l’entend, signifie l’Anarchie et le bon plaisir de Ninus.

C’est lui qui fit la tentative d’une Synthèse de la Loi du Taureau, dont le gnomon inachevé connu sous le nom de Tour de Babel, marqua l’imjpuissance.

Se croyant, par sa seule énergie et par la seule force de ses armées, appelé à relever l’Empire de Ram, il commença sa violente carrière par un déploiement militaire inouï jusqu’alors.

Profilant de l’ entêtement des Bodhones d’Arabie contre toutes les innovations que le schisme d’Irshou. avait iri.- troduites dans l’Jnde, il fit un traité d’alliance offensive et défensive avec leur roi, dont le nom, Âriéus, symbolifiait l’intransigeance avec la nouvelle Loi trinitaire de Ghristna.

Alors, il se rua à la tête de scs troupes sur l’Arménie, que gouvernait Barzancs, roi de Justice, justiciable du tribunal du Kousha.

11 saccagea les villes de ce pays, pour frapper de terreur les populations; et quand il fut vainqueur'des dernières résistances, il exigea de Barzanès un traité, par lequel ce roi s’engagea, coniinc Ariéus, à lui fournir tous ses hommes valides.

C’est alors qu’à la tète d’armées de plus en plus considérables, il SC rua encore sur la Médie, dont Pharnus était le roi de Justice.

Victorieux, il se saisit de la reine, de ses sept enfants et du roi lui-même, qu’il fit mettre en croix.

Il établit une de ses créatures comme satrape, et se précipita sur l’Iran.

, Cette clef dorieniie de l’Inde une fois arrachée par lui aux deux Conseils rétablis par Zoroastre, il enleva à ce malheureux pays son nom sacré, et lui donna celui de Perse.

Sa fureur jalouse de tout frein s’acharna sur l’Autorité que Zoroastre, dix siècles avant, avait rétablie et super, posée au Pouvoir royal.

C’estpourquoi il supprima la Maha-Wodh, c’est-à-dire l’Autorité des deux premiers Conseils sur le Pouvoir du foi de Justice.

' Transfoi'mant les Corps enseignants, religieux et civils, fiacramentèls et juridiques, en fonctionnaires publics, et, par conséquent, en instruments politiques, il installa

sîes vice-rois sous uu nom mensonger, afin de jouer encore devant les ignorants la comédie d’une apparente conformité au caractère synarchique des anciennes royautés.

En effet, ses Pishdadiens, prétendus Justiciers, ne furent que ses simples Exécuteurs.

Ils régnèrent jusqu’à Kaï-Kosrou, dont nous faisons Cyrus.

Alors, Ninus poussa par le Touran, sur le Kourou et sur la Varaha, ses armées grossies de mercenaires tôuraniens et de s»udards des Celtes européens de Thor.

Il se saisit ainsi des sanctuaires de PAgneau, à travers toutes les colonies du Bélier, et domina militairement les peuples, du Caucase aux Balkans, des Balkans aux Alpes liguriennes et à l’Espagne.

C’est alors qu’après l’écroulement de toutes les tiares et de toutes les couronnes, après la réduction en servitude militaire des peuples désarmés des institutions qui les protégeaient, un immense cri de douleur et de réprobation monta jusqu’au Souverain Pontife réfugié dans l’Himalaya.

Cette suprême Autorité sociale, bien qu’affaiblie,* n’hésita pas à rappeler à son devoir ce redoutable anarchiste.

Un blâme formidable retentit de l’Inde à l’Égypte et à l’Étrurie, à travers tous les sanctuaires de l’ancien Empire du Bélier.

Mais le crime suit de près l’arbitraire, et Ninus, loin de se courber sous la suprême Majesté de la Science et de la Conscience sociales, revint à la hâte en Assyrie, traî- nant avec lui les armées innombrables de ses alliés touraniens et européens, qu’il s’apprêta à jeter sur l’Inde.

La mort le prévint; elle saisit l’âme de ce meurtrier

des peuples, de ce premier conquérant politique, de ce premier empereur arbitraire, et la porta dans les balances de rÉlernelle Justice.

Tel est, après Irshou, le premier adversaire du Règne de Dieu sur la Terre, la première énergie sans Contrôle et sans Loi qui ait déprimé le Corps Spirituel de l’État Social, souillé le Gouvernement Général du Globe, éclipsé la Face, foulé aux pieds la Représentation théocratique de lÊVÊ.

Sa femme poursuivit ses desseins, mais avec une âme plus lumineuse.

Sémiramis était dcBactres.

La légende cxotérique dit qu’elle fut élevée par des colombes, ce qui signifie qu’elle était prêtresse d’un collège d’initiation féminine.

Le chef de ce collège s’appelait Simma, et il faisait partie de l’ésotérisme mithriaquc, où les femmes avaient gardé leurs Mystères ioniens.

Ce fut lui qui fît voir Sémiramis à Ménoiiès, grand chancelier de Ninus, qui l’épousa.

Ctésias et, après lui, Diodore de Sicile, ont conservé le souvenir du rôle considérable qu’elle joua dans la prise de Bactres.

L’armée de Nirius comptait près de deux millions de fantassins, plus de deux cent mille cavaliers, plus de dix mille chariots de guerre.

Néanmoins Bactres, défendue par le roi de Justice Oxyarte, résista jusqu’au moment où Sémiramis prit le commandement des troupes de siège.

C’est alors que transporté d'enthousiasme pour sa beauté, pour son courage, son génie et l’étendue de ses connaissances, Ninus voulut l’épouser, et offrit le divorce

àMénonês, avec sa propre fille, Sosane, pour épouse.

Ménonès se pendit, et Sémiramis devint impératrice d’Assyrie.

Avant de laisser Ninus aller rendre ses comptes au Dieu Social du Ciel et de la Terre, je tiens à dire sur son tombeau quelques paroles nécessaires.

Ce César fut très certainement un grand homme; mais cela ne suffit pas à faire le bonheur de l’Humanité, ni à la gouverner avec Sagesse et avec Science, par la simple raison que la Politique pure, monarchique ou républicaine, y est radicalement impuissante.

Au lieu d’être à la tête d’un empire arbitraire, supposez que Ninus ait été à la tête d’un empire arbitral, comme Magistrat suprême des rois de Justice, comme premier président de la Cour d’appel d’un Droit international précis, ses grandes qualités eussent reçu tout leur relief, et ses grands défauts, ses crimes même, n’eussent pas pu se produire.

Ayant au-dessus de lui à compter avec une Autorité véritable, appuyée elle-même sur la morale universelle des gouvernés, Ninus eût été un génie absolument bienfaisant, car il eût mis sa grandeur, non pas à faire sa propre volonté, mais à appliquer la Sagesse et la Science au Gouvernement Général du Monde comme à celui de sa patrie.

C’est pourquoi je répète ici ce que j’ai dit si souvent dans la Mismn des Souverains.

Dans des questions organiques de celte importance, s’en prendre à la personne des souverains, c’est manquer de Science comme de Sagesse.

Il faut faire comme les Abramides, comme Moïse, comme les deux premiers Conseils de tout l’Ancien Monde, il faut redresser la hiérarchie des fonctions, arra-

cher l’Autorité de la compromission du Pouvoir, et la remettre au-dessus de lui.

Ninus, avant sa campagne de l’Iran, avait voulu refaire une ville métropolitaine autour d’une Synthèse basée sur la Loi du Taureau.

C’est pourquoi, choisissant l’ancienne Ninive, il y avait appelé les Savants de toutes les nations, non pour contrôler son Pouvoir, mais pour exhausser sa grandeur, en lui obéissant dans ses desseins.

La Synthèse fut manquée, comme je l’ai dit, parce qu’on ne voulut pas revenir aux anciens Principes symboliquement représentés dans les proportions de la grande Pyramide.

Mais, au point de vue matériel, la Cité Césarienne fut conçue et réalisée dans des dimensions colossales.

Enfermée dans un quadrilatère oblong, elle avait quatre-vingt-sept kilomètres de tour, vingt-sept kilomètres de long sur seize de large.

Les murs étaient de cent pieds de haut, et trois chars de guerre pouvaient y passer de front.

Quinze cents tours crénelées, de deux cents pieds d'élévation, défendaient ces fortifications gigantesques, entourées de fossés inondables.

Quant à Sémiramis, après la mort de Ninus, elle gouverna absolument son empire avec un génie qu’aucun souverain personnel, mâle, n’a jamais surpassé.

Son nom symbolique signifie la Lumière intellectuelle de Ram, la Colombe intelligente du Bélier.

Elle essaya en effet, mais par la Politique, de conciliée les notions et de pacifier les sectes diverses de ses peuples. '

Gomme ionienne, elle était l’objet de l’enthousiaste

admiration des partisans de la Faculté Féminine, et elle portait en effet comme symbole, sur ses étendards, la fameuse Colombe des Mystères féminins.

Mais elle en changea la couleur pourpre pour la couleur blanche, donnant ainsi gain de cause à l’antique Orthodoxie.

Elle accepta meme le Trinitarisme de Christna, avec le nouveau symbole connu sous le nom de Bal-Iswara- Linga.

Les livres sacrés de l’Inde disent en effet que ce retour aux Principes fut accompli, à cette époque, sur les bords du Kamoud-Vati, l’Euphrate.

Pourtant, loin de soumettre pour cela sa puissance à celle de l’Empereur des Indes, l’impératrice d’Assyrie médita de l’asservir militairement.

Mais tout d’abord, elle voulut fonder sa gloire sur d’utiles créations ; et pour se concilier les Kaldéens, elle résolut de bâtir une ville plus colossale encore que Ninive, et choisit l’antique cité placée sous l’invocation d’Ilou, ou lion, que nous retrouverons dans Ilion.

A la tête des Corps savants, devenus ses fonctionnaires publics, elle fit appel aux architectes, aux ingénieurs «et aux artistes de tous les temples.

Elle employa une quantité incroyable de travailleurs de tous les pays, se chiffrant par plusieurs millions d’hommes.

Babylone s’éleva ainsi, sur des proportions astronomiques, révélant l’intention bien arrêtée d’en faire une ville métropolitaine, solaire.

La ville primitive était grande comme Londres ; mais ce n’était pas une dimension énorme.

Sous les Rula.s, sous les Noirs, sous les Aryas, la Terre avait vu mieux que cela.

Sémiramis étendit le périmètre de la première enceinte à trois éent soixante-cinq stades, c’est-à-dire, en morphométrie antique, à un Cycle, ou An symbolique lunisolaire, de soixante-huit kilomètres de tour.

L’élévation de cette enceinte était, dit Ctésias, de cinquante orgyes (mesure bachique), ou deux cent cinquante-huit pieds.

Sur le sommet, où plusieurs chars attelés pouvaient manœuvrer de front, des tours de défense se dressaient.

TeHe était la Nivit-Bel qu’enveloppait encore l’imgoul- Bel, deuxième enceinte quadrilatère de quatre-vingt-cinq kilomètres, haute de plus de cent quarante pieds, épaisse de soixante-quinze, flanquée de tours de trois cent quinze pieds et percée de cent portes.

Au centre de la double muraille trônait, à cheval sur l’Euphrate, la cité impériale avec sa tour gnomonique, ses observatoires, ses temples, ses palais colossaux, ses ponts d’un kilomètre et le fracas de sa marée humaine.

Quatre villes comme Londres auraient tenu à l’aise dans rimgoul-Bel.

Aristote comparera Babylone à un pays tout entier environné de murailles, plutôt qu’à une ville telle que la mesquinerie européenne les comprend.

Sur les palais impériaux, d’une hauteur de près de quatre cents pieds, les tours et les murailles étincelaient au soleil d’Orient avec leurs reliefs polychromes et leurs statues d’airain représentant des chasses allégoriques, des héros et des dieux.

Le palais de l’impératrice s’ouvrait par trois portes de bronze sur des chambres de même métal, par un mécanisme intérieur qui avertissait au loin.

Près de Babylone, elle avait fait creuser un lac de trentecinq pieds de profondeur, dallé comme une piscine, en briques rouges, lutées de macadam, et mesurant deux

cent vingt kilomètres de tour, cinquante-cinq kilqmètres ou près de quatorze lieues de coté.

Elle avait détourné le fleuve dans ce lac factice, pour faire pendant ce temps exécuter dans le lit de l’Euphrate un tunnel voûté de cinq mètres d’épaisseur, en briques revêtues d’asphalte bouillant.

Ce tunnel formait une galerie de quinze pieds de large et de douze pieds de haut, jusqu’à la naissance de l’arc de la voûte seulement.

En sept jours, les ingénieurs sacerdotaux avaient terminé ce travail, oû tout était calculé d’avance, selon la capacité du lac factice et le temps nécessaire à la rentrée de l’Euphrate dans son lit.

Au temps marqué, le fleuve roula sur la galerie souterraine, qui mettait en communication les deux forteresses, les deux palais impériaux du levant et du couchant.

Deux portes d’airain automatiques et à secret fermaient les bouches de ce tunnel ; elles existeront encore à l’époque de la conquête persane.

Ce n’est pas tout ce que j’aurais à dire de cette ville, si je n’étais limité par le sujet principal de ce livre.

Je voudrais pouvoir faire pénétrer le lecteur dans la vie de cette métropole colossale, dans ses palais, dans ses temples, dans ses laboratoires, dans ses observatoires.

Je voudrais montrer combien, môme brisée dans sa Synthèse, la Science était encore immense sous tous ses aspects.

Je voudrais pouvoir parler du côté ésotérique de cette Science poussée jusqu’à l’alchimie, jusqu’à la magie et jusqu’à la théurgie.

Mais il nous faut courir au plus pressé, c’est-à-dire au relevé des plans de l’Organisme social, alors méconnus par le Pouvoir personnel.

Téllç^ est la métropole où s’agitaient parmi les Savants orthodoxes,les questions qui font l’objet du présent livre.

Tel était le monde intellectuel et politique, d’où partiront les initiés néo-Kamides, connus sous le nom symbolique d’Abram, ennemis-nés des gouvernements purement politiques.

Or, je demande à tout lecteur de bonne foi, pour qui la Bible est autre chose qu’un gris-gris, qu’un fétiche,

‘ qu’une idole de mots incomplètement traduits, si, en présence d’un tel État social, Moïse se fût donné la peine de raconter l’histoire d’un vieux berger fuyant avec sa femme la ville d’Our en Kaldée.

Oui ou non, la Babylone de Sémiramis, telle que Gtésias, Glitarque, Hérodote, Aristote en parlent, oui ou non, cette métropole suppose-t-elle des Corps Savants, dont les ingénieurs égalent au moins les nôtres?

Alors est-il admissible que le mouvement des Orthodoxes abramides soit autre chose que le développement d’une doctrine scientifique et sociale?

Mais retournons à Sémiramis.

Je ne mentionnerai que pour mémoire les ponts colossaux qu’elle fit jeter sur le fleuve, sur des piles de douze en douze pieds; le ciment des piles sous les eaux; l’assujettissement des pierres par des crampons de fer; la forme prismatique des piles coupant les flots; les planchers en cèdre et en cyprès, de trente pieds de large, posés sur d’énormes madriers de bois de palmier; les quais colossaux de chaque côté de l’Euphrate ; le temple de Jupiter ou de Bélus avec son collège d’astronomes ; la statue gigantesque de Sémiramis à cheval, menaçant du javelot une panthère, symbole de l’Empire indien; celle de Ninus tuant d’un coup de lance un lion, symbole de l’Iran de Zoroastre, etc., etc. .

Un dernier mot ttù sujet des terrassés immenses^ connues sous le nom de jardins suspendus, et nous aurons décrit sommairement l’œuvre métropolitaine de Sémiramis.

Mais l’idée de l’Empire arbitral qui avait précédé son empire arbitraire, et qui en demeurait l’antique témoin et le juge toujours présent, hantait cette impériale anarchiste.

Aussi, sans provocation déclara-t-elle la guerre â Stabrobatès, alors Kousha.

Cette guerre avait été préparée de longue main.

Pendant trois ans, à mesureque la main-d’œuvre devenait moins nécessaire dans la capitale, Sémiramis avait fait appeler sous lesdrapeaux toutesles réserves deson empire.

De plus, elle avait lié par des traités toute la Confédé- ration des républiques phéniciennes, pour lui fournir sa marine de guerre, et changer en transports leurs navires marchands, en cas de surprise du côté du Golfe Persique.

De Phénicie, de Syrie, des îles de la Méditerranée, elle avait fait venir des ingénieurs maritimes pour lui construire une flotte destinée à la navigation des fleuves, et pour renforcer le corps des pontonniers.

Pour contre-balancer le formidable appoint que les élé- phants fournissaient à l’Empereur de l’Inde dans ses corps d’artillerie et d’équipages, elle avait fait construire d’énormes machines de guerre portées à dos de chameaux.

Au bout de la troisième année, trois millions de fantassins, cinq cent mille cavaliers, cent mille chars et machines de guerre, cent mille soldats montés sur des chameaux furent mobilisés et concentrés dans la Bactriane.

Stabrobatès réjwndit par une orfanisation de défense non moins formidafilb.

Son armée fut encore plus considérable, et, pour dé- fendre rindus, il eut jusqu’à quatre mille -bateaux dç bambous.

Alors, il envoya lire à Scmiraniis, par son ambassadeur, une lettre du Souverain Pontife, demandant à l’impératrice d’Assyrie de suspendre une injuste guerre, qu’aucune provocation n’avait motivée.

La veuve de Niiius répondit en faisant mettre à l’eau les barques de guerre, et le combat cômmença sur l’Indus.

La victoire chèrement disputée demeura à l’iniquité, qui s’empressa de l’attribuer, comme de nos jours, au Dieu des armées.

. L’empereur indien simula une fuite, pour provoquer le passage de l’Indus.

Un pont immense fut jeté sur le fleuve par les ingé- nieurs assyriens, et toute l’armée j)assa, Sémiramis en avant.

Soixante mille hommes restaient sur l’autre rive, pour garder la tête du pont contre toute surprise.

Stabrobatès se démasqua bientôt et livra bataille.

Après un massacre épouvantable, l’armée assyrienne fut mise en fuite, et le Kousha tenta de s’emparer luimême de Sémiramis.

Son cheval la sauva, et elle rejoignit scs troupes, qui •s’écrasaient, en repassant le pont de l’Indus.

, Alors, elle fit couper ce pont, qui -s’écroula sous -l’avant-garde de Stabrobatès.

Sur l’ordre du Souverain Pontife, ce dernier resta de l’autre côté du fleuve, dont le passage rendait impur, -depuis que les sectateurs d’Irshou en avaient été rejetés par les Orthodoxes.

Ainsi se comporlènent le.s deux typ^ d’empires, que Moïse«pposera sous les noms et de Nîmerod.

'le premier se borne à la d^nse de son territoire; le second essentiellement ^anquérani, arbitraire et brutal, êst cependant vain^>u.

te Kousha accorda à Sémiramis l’échange des prisonniers de guerre, et l’impératrice d’Assyrie revint à Bactres, ayant perdu les deux tiers de son armée, soit deux millions et demi d’hommes, dit Diodore de Sicile, auxquels il faut ajouter plusieurs milliards de francs.

Or, sans Iq? armes à feu et à foudre interdites par le code des Gentous, comme nous l’avons dit en parlant de la Science dans Y Antiquité, une pareille perte de vies serait absolument inexplicable et impossible, celles de nos guerres actuelles ne dépassant pas, en moyenne, sept pour cent.

Dans l’article du code que j’ai mentionné étaient prohibées les armes à feu et à foudre, tmnt plus de cent hommes à la fois.

La Science sauvait encore l’Inde; et n’ayant point attaqué, elle n’avait pas la responsabilité des maux que Sémiramis seule avait provoqués.

Après celte grande figure féminine, l’Anarchie césarienne fut représentée par des souverains sans foi ni loi, tels qu’Aralios, Armatristis et Belochus, qui gouvernèrent leurs propres sujets et les peuples qu’ils conquirent avec une politique de fer et de sang.

Encore une fois, les Nations crièrent vers le fantôme de l’antique Autorité.

Mais, pour en finir avec cette intervention suprême de la Science et de la Conscience, de la Sagesse et de la Justice, Bélochus fît lâchement assassiner Grand Lama, et, de ses mains sanglantes, il saisit la tiare et la mit sur

sa tête* comme le fera, près de deux mille ans énsuite^ Iules César; • .

Alors tous les sanctuaires prirent le deuil du Dieu Social, définitivement frappé, dans la personne de son plus haut représentant, par le Pouvoir personnel, incarnation et couronnement de toutes les iniquités.

Les Pontifes de la Thrace, de l’Étrurie, de l’Hespérie, ceux de l’Ibérie du Caucase, ceux de l’antique Hébyreh, les Tobbas de l’Arabie, tous en appelèrent à l’Éternel, et délièrent les rois et les vice-rois de la juridiction impé- riale de Babel, de la Cour d’appel du Carnage présidée par l’Assassinat et par le Vol, sceptre en main, tiare au front.

Mais, hélas ! délier ces rois et ces vice-rois, c’était les’ précipiter eux-mêmes dans la féodalité, dans le gouvernement personnel des hommes et des territoires, dans la compétition militaire, à moins de les relier au Tribunal de Justice du Kousha, à la Cour suprême de Dieu repré- senté par le Grand Lama.

Les Anaxes des Thraces, les Larthes des Étrusques, les iRhèghes des Vasques firent dans les anciennes colonies du Bélier ce que leurs collègues couronnés faisaient dans les métropoles.

Ils profitèrent de l’anarchie supra-gouvernementale pour affliger leurs propres pays d’un Pouvoir sans Contrdle, en supprimant, autant qu’ils le purent, les libertés et les Pouvoirs sociaux des trois Conseils.

Le despote de Babylonc leva contre eux des armées innombrables, que renforcèrent comme toujours les mercenaires touraniens et les Celtes européens de Thor.

' Il força les confédérations phéniciennes à lui fournir (oute leur marine ; et, pendant trois cents ans, la Terre et la Mer burent des flots de sang humain.

Le tiers de l’Asie centralisée parle Césarisme assyrien.

aidée par l’Europe du Nord, se rua sur l’Europe dp Siid.

Cette dernière n’avait pour alliés que c® quirestait des temples orthodoxes, en Égypte, en Éthiopie, en Arabie et chez les Bodhones d’Afrique.

Cette sanglante aurore de la présidence des rapports intergouvemementaux par la Force brutale, par le Destin physique, se signala par tous les fléaux à la fois.

Les armes prohibées furent arrachées des temples;

- Les forêts du Caucase, des Balkans, de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne furent incendiées, et les monts llespériens s’api)elèrcnt désormais Pyrénées, chairs en feu.

L’Ame de la Terre sembla s’émouvoir elle-même de la fureur des Esprits collectifs de l’IIomme et de l’anarchie soufflée par eux dans son atmosphère.

Comme lasse de patience et rassasiée d’iniquité, la vieille Mère déchaîna à son tour l’anarchie de ses pires périodes géologiques.

Le Feu central secoua au loin la frêle écorce du Globe; la Mer se souleva, et des déluges partiels, épouvantables, allèrent souffleter l’Altique, l’Asie Mineure et la< Tatarah.

Les Monts thessaliens vomirent leurs lacs.

Pendant sept ans l’Almosphèrc refusa ses pluies aux terres labourables.

L’Etna cracha dans l’Espace scs premières flammes*, et le sol ondulant comme une mer furieuse, engloutit des montagnes, des îles, des cités et dévora des peuples.

Depuis l’an 1930 av. J.-C., depuis le crime infernal de Bôlochus, l’État Social terrestre et la Planète elle-même, furent comme des possédés en proie à toutes les convulsions.

Là famine, la peste levèrent leurs têtes vengeresses dans cette effrayante tragédie.

Rivalisant de férocité avec les Césars de B^abel, les Celtes de Tltor, les descendants des vieux anthropophage d’Europe le ruèrent à leur tour sur les confédérations phéhiciennes et sur les débris des anciennes colonies.

Quand la Providence préside aux destinées des Peuples, dans les institutions qui Lui sont propres, depuis lesplus hauts sommets sociaux jusqu’aux derniers des foyers, l’Intelligence, la Sagesse, la Science sont pré- sBntes»partout.

Mais quand, à Sa place, sur ces instituions ruinées, trône leDestin évoquépar un Gouvernement Général arbitraire, la mauvaise volonté descend du tout à la moindre partie, du sommet à l’abimc qui, à son tour, renvoie aux cimes sociales tout ce que celles-ci ont provoqué. ,

Non seulement les rois s’opposaient à l’empire nouveau, «t, faute d’un contrôle supérieur, écrasaient les peuples, mais l’exemple funeste atteignait jusqu’aux derniers des pères de famille, et l’arbitraire grandissait partout.

Nulle collectivité humaine ne fut épargnée, les Indôs et la Chine pas plus que les autres.

Ici, Sahadeva, capitaine de bandits, tue le roi du Magadha et se saisit de sa couronne.

Là, un autre aventurier de l’épée, Bogh-Dhant, se déclare souverain de Sirinagour.

, Plus loin, un autre misérable assassine un centenaire, le vieux roi de Justice Nanda, et lui arrache sa couronne d’initié et son sceptre à tête de Bélier.

Je pourrais multiplier à l’infini les détails caractéris- -tiques de cette époque, mais à quoi bon?

Pour se débarrasser de ces temps mal connus, grâce à tjfon ignorance des Sociétés qui les avaient précédés^

renseigkement officiel de nos Universités les a bloqués dans un cabinet noir, sous le nom d’Ages héroïques.

Évidemment la chronologie des Septante, de saint Jérôme, d’Üsserius, est conforme à un pareil ignorantisme; mais l’Enseignement supérieur et ce que l’on est convenu d’appeler les hautes Études, rendent toutes ces capitulations de la conscience intellectuelle trop manifestes, pour qu’on puisse éviter plus longtemps la pure et simple Vérité. , ,

Qualifier ces temps d’anarchie épouvantable du beau nom d’Âges héroïques, c’est calomnier singulièrement les Universités religieuses de l’Antiquité, qui appliquaient le nom de Héros à une tout autre classe d’hommes qu’aux aventuriers et aux bandits poli-

L’Age dont il s’agit doit s'appeler, à proprement parler, celui de la Révolution féodale des Pouvoirs locaux contré l’Empire métropolitain d’Assyrie.

C’est à l’époque de Sémiramis qu’eut lieu, parmi les Orthodoxes kaldéens, le mouvement Abramidc ou néo-, Ramide dont nous allons nous occuper.

Il fut conforme à la réaction universelle des deux prej^miers Conseils contre la Politique pure.

Ici, nous devons recourir à Moïse.

Le chapitre XI de son Livre des Principes est, à proprement parler, le deuxième chapitre d’un second Livre,

d’une seconde Série consécutive à la Cosmogonie et mé- ' ritant lé nom d’Androgonie.

• Cette seconde Décade traite de la Constitution spiri- "tuelle de la Terre, et, par conséquent, des Principes occultes' de l’État Social tout entie,r.

Abram y est envisagé comme un Princijïe, comme uo .

Esprit spéeifi(|tie d’Organisation sociale, dont l'homme nommé Abraham ne fut que la représentation impersonnelle, comparable à l’Hiram des Templiers, à tous les symboles résumant l’Esprit d’un Corps collectif, d’un OMre religieux, militaire ou autre.

Voici ce que disent les traductions de la Genèse exoté-

« Thareli engendra Abram, Nachor, Aran. Aran engendra Lot et mourut avant Thareh, à Ur en Kaldée. Abram et Nachor prirent des femmes. Celle d’Abram s’appela Saraï , celle de Nachor Melkh , sœur de Jescha, ces deux dernières filles d’Aran. Thareh prit Abram, Lot, Saraï, et les fit sortir d’ür, pour aller en Khanaan. »

Si l’on s’arrêtait au sens e.xotérique, on se demanderait avec raison pourquoi Moïse, prêtre d’Osiris, s’est donné la peine de relater ce qui précède.

Mais, dans leur savant idéographisme, ces quelques, lignes révèlent un sens ésotérique tel, qu’il faudrait un livre entier pour les commenter.

Nous ne toucherons pas ici au côté géogonique proprement dit, et qui regarde certains Mystères relatifs à la constitution de l’Atmosphère physique et hyperphysique de notre Globe.

Nous nous tiendrons donc dans l’Androgonie pure et simple, et, là encore, nous resterons dans la moyenne de l’entendement européen actuel ; car, autrement, nous ne serions intelligibles que pour une centaine de Pundits, de Lamas, d’initiés thibétains, de Lettrés chinois et de Kabbalistes juifs.

Tout d’abord, il est à remarquer que, fidèle à la mathématique dorienne, , à l’arithmologie qualitative des temples, Moïse n’énonce jamais un Principe, soit céleste.

soit terrestre, sans noaimer immédiatement sa Trinité ou sa Triade constitutive. . '

11 présente ainsi l’Unité ou l’Universalité de ce Principe dans un Quaternaire ou dans une Tétrade : 1 +5.

S’agit-il du Dieu biologique, lod?

11 le définit lod-Ê-Vau-Ê.

S’agit-il de l’ünivers vivant, Adam-Ève?

11 le manifeste par trois termes, Kaïn-Abel-Selh .

S’agit-il enfin du Principe de Vie de notre Système solaire, Noah, Noé?

La Triade apparaît aussitôt, pour constituer avec cette Unité le Quaternaire habituel : Shem-Uham-Japhet.

S’agit-il enfin d’un Principe Social comme Thareh ?

11 se manifeste encore dans un triple mode d’existence : Abram-Nachor-Aran .

En ce qui regarde le but de ce livre, voici la signification moyenne des hicrograinmcs qui constituent le Quaternaire de Thareh :

Thareh est un Principe régulateur correspondant à Thor età Thorah.

11 indique, comme souvenir historique, le blason zodiacal des anciens Celtes européens et des Touraniens* d’Asie; comme référence astronomique, l’entrée du Soleil au Printemps dans le Signe du môme nom; comme moment de la Terre, l’époque où toute la Tradition dorienne fut occultée par ce Signe, symbole de l’empire schismatique assyrien.

En effet, lorsque les Études secondaires et supérieures furent réservées à l’Initiation sous le nom de Mystères, la Fête de la Génération universelle, coïncidant avec l’équinoxe du printemps, tombait sur les premiers degrés du Taureau.

Alors, les semences symboliques, les étalons sacrés, hiéroglyphes vivants, sortaient des temples, où l’on cou-

servait .avec une science parfaite tous les types de la Vie terrestre correspondant à la Vîe cosmique.

Un jour, les prophéties d’Hermès Trismégiste diront : ignorant notre Science èt notre Sagesse, l’avenir nous accusera d’avoir adoré les plantes et les animaux!

L’ignorance, en effet, doublée du fanatisme, n’a pas manqué de joindre cette injure à tant d’autres.

Alors encore, les emblèmes de la situation de la Terre et de son Système solaire dans l’Univers étaient exposés dans des fêtes de jour et de nuit, ce qui a fait dire également à l’ignorance qu’on adorait les Astres, tandis qu’en réalité c’était l’Esprit et l’Ame universels qu’on y saluait, ainsi que les Intelligences vivantes, issues de leur ineffable Union.

Quoi qu’il en soit, Thareh a, pour Triade constitutive de son nouveau Cycle, Abram, Nachor, Aran, dont voici le sens moyen.

Ab-Ram, signifie à la fois paternité et filiation de Ram, c’est-à-dire Rénovation de l’Organisme social du Bélier, fondée sur l’Intelleclualité scientifique de l’Agneau.

Naclior, signifie l’Arrêt du Mouvement.

- Aran, signifie Occultation du Feu générateur.

Ce dernier hiérogramme se complète dans Lot, qui exprime l’Enveloppement du Mystère, le Lut du Temple, le Ciment du Sanctuaire, le Serment de l’Initiation.

Ainsi le groupe d’Orthodoxes, qui avait accepté la Loi du Taureau dans l’espérance de la ramener à celle du Bélier, s’expatrie avec cette Synthèse scientifique et sociale, figurée dans Thareh.

Mais celle dernièfe a pour caractère d’être néo-Ramide, d’arrêter le mouvement de l’Anarchie, et de reconstituer l’Initiation dorieune, en replaçant dans le fond de l’ésotérisme la question des Sexualités.

De là les trois premiers versets du ch. XII de la Genèse,

dont les traductions laissent suffisamment entrevoir le sens moyen : Le Seigneur, idit ensuite à Abram Sortez de votre pays, de votre Parenté et de la Maison de votre Père (c’est-à-dire de la Loi et flu régime de Thareli^ et venez en la Terre que je vous révélerai. Je ferai sortir de vous un grand peuple... et tous les Peuples de la Terre seront bénis en vous.

Abram et Nachor prennent des Femmes, c’est-à-dire, en idéographie sacrée, des Ames de Vie, des Facultés créatrices, des Puissances géniques, des Intelligences organiques.

Abram, renouvellement delà constitution della-Raina, ou de Brama, a la même Femme : Saraï, réapparition de Saravasti.

Cet hiérogramme signifie Sphère-Rayon, Sa-Raï.

Ce qui indique que le mouvement abramide, venant d’un Cycle brisé, tend à sa reconstitution universelle dans la Science et dans l’Ordre social.

Nachor, l’arrêt du mouvement naturaliste, a pour Femme symbolique Melka, Fusion de la Terre, Mel-Ka, sœur de Jeska, la Vie ou le Salut de la Terre entière.

Ces définitions moyennes, bien qu’elles ne livrent pas’ la vigueur scientifique du sens transcendantal, vont nous permettre d’écarter les broussailles des détails, et de dresser d’en haut le plan de bataille des Abramidcs.

Ainsi, du Sacerdoce kaldéen déprimé parle gouvernement arbitraire, sort un mouvement d’initiation synthé- tique, encyclopédique, ayant pour but de sauver la Terre entière, de fusionner toutes ses divisions politiques, et de les ramener à l’Unité intellectuelle et sociale de l’ancienne Synarchie.

Enfin, comme les cultes et les gouvernements poli-

tiques aux prises surbaissent à la fois l’Autorité religieuse et rOrdre social, la conjuration néo-Ramide pose en Principe son Alliance avec la Vie et les classes économiques, en style hiéroglyphique, avec la terre de Khanaan.

Il est à remarquer que ce dernier hiérogramme exprime au point de vue androgonique, l’antique Emporium, ce que les Anglais appelleraient aujourd’hui le Stock- Exchange, le principe même de l’Emporocratie.

Modalité de Cham et de Kaïn, cet hiérogramme caractérise, en effet, l’Économie physique de l’Univers dans Kaïn, de notre Système solaire dans Cham, de notre Ulobe et de notre État Social planétaire dans Khanaan.

Au comparatif, enfin, ce mot s’applique, soit aux forces convertibles de l’Économie, soit aux individus qui les transactionnent; financiers, industriels, marchands, artisans.

Ainsi, dans sa Saraï, dans sa Sphère encyclopédique complète, que Moïse, les Prophètes et Jésus-Christ développeront plus lard, la conjuration abramide a calculé d’avance, avec une souveraine précision, par quels leviers 'l’Orbe des activités humaines pourrait être un jour ramené à une commune Mesure, à une Loi et à un Centre universels.

Sans dévoiler plus qu’il ne faut certaines profondeurs, j’indiquerai cependant que la science économique, à peine ébauchée aujourd’hui en Europe, était alors singulièrement développée.

Aussi, l’écrasement que le Césarisme kaldéen faisait subir aux Peuples, dans cet ordre comme dans tous, était-il l’objet d’une critique universelle.

C’est à qui cherchait à se soustraire à toutes les conditions anti-économiques des grandes centralisations poli-

tiquement et militairement opposées entre elles; et l’on se portait en masse, comme aujourd’hui vers l’Artiérique et l’Australie, sur les pays confédérés, dont le négoce, étant le principal souci, laissait libres les intelligences soucieuses d’autre chose.

Suites des impôts permanents et des guerres continuelles, la banqueroute et la famine étaient dans l’empire kaldéen, quand les Doriens abramides en sortirent, après la défaite de Sérairamis par le Kousha.

En Égypte,.rOrdre religieux dont il s’agit, prit langue parmi les Doriens de l’üniversité de Thèbes.

Il s’ouvrit même jusqu’à un certain point au Pharaon comme membre du Collège des Dieux, et lui laissa entrevoir la portée de son encyclopédie scientifique et

Mais le chef de l’Ordre ne présenta pas cette Synthèse comme sienne ; il la donna comme une œuvre, qu’il appuierait au besoin.

C’est ainsi qu’il faut entendre le chapitre XIl, de la Genèse, depuis le verset onzième jusqu’au vingtième.

Le sens exotérique des traducteurs fait d’Abram un singulier personnage.

Versets 14, 15: « Les Égyptiens virent que cette femme était très belle, et les premières personnes du pays en ayant donné avis à Pharaon, et l’ayant fort louée devant lui, elle fut enlevée et menée au palais du roi, J)

Heureusement que Saraï signifie Sphère-Rayon ou Encyclopédie, et Abram la Rénovation de la Loi du Bélier et de l’Intellectualité de l’Agneau.

Mais, si les Orthodoxes d’Égypte accueillirent bien la pensée rénovatrice de l’Ordre des Abramides, le Pharaon, averti par la police de l’Empire kaldéen, sut bientôt qu’il

s’agissait là d’un mouvement antipolitique et contraire à l’Anarchie du Pouvoir personnel.

De là les versets 18 et 19 du même chapitre, qu’il faut bien se garder de prendre dans leur aspect exotérique.

« Pharaon ayant fait venir Abram, lui dit : Pourquoi avez-vous agi avec moi de cette sorte? Que ne m’avezvous averti qu’elle était votre femme? Pourquoi avezvous dit qu’elle était votre sœur, pour me donner lieu de la prendre pour femme. Voilà donc votre femme que je vous rends présentement. Prenez la, et allezvous-en. »

11 est évident que, si le sens ésotérique que j’indique n’existait pas sous ces grossières traductions, ce qui pré- cède serait plus digne du théâtre du Palais-Royal que d’un Livre sacré de cette importance.

Pharaon sachant que la Réforme, qui l’avait d’abord séduit, était propre aux Abramides et non le fait de l’impératrice d’Assyrie, ne voulut pas se mettre sur les bras une guerre avec cette redoutable adversaire pour la simple satisfaction d’un groupe de mécontents, qui lui importaient peu.

D’ailleurs, même en Égypte, il craignait toute imprudence des Orthodoxes, car l’invasion deShalit approchait.

C’est pourquoi il expulsa l’Ordre des Abramides avec sa Femme symbolique, c’est-à-dire avec sa Réforme intellectuelle et sociale.

L’Ordre dirigea alors ses pas vers les confédérations emporocratiques de la Syrie.

Nous voyons ainsi, dans l’Histoire moderne, la pensée aller chercher dans les villes libres ou hanséatiques , dans les Flandres ou en Angleterre, une liberté incompatible avec les grands États militaires et les Gouvernements personnels, enferrés les uns dans les autres.

. L’antique Syrie, appartenant presque tout entière au

schisme des Yonijas, ne s’était pas néanmoins soumise à l’Empire d’Assyrie.

Elle était liée à lui par des traités ; mais, quoique, sa vassale, elle avait gardé son indépendance.

Le type des nations emporocratiques ou marchandes, est le même partout.

L’Emporium était le cœur de ces Sociétés; l’Université, c’est-à-dire le Temple, ne venait qu’en seconde ligne.

Le troisième Conseil, la Chambre des Communes, pour ainsi dire, gouvernait sous le nom de Sénat, avec un président, suffète ou tyran, exécuteur de la Loi de Thor.

C’était la démocratie bourgeoise des républiques de l’antiquité et de nos jours, avec une religion purement formaliste au dehors et réduite au dedans à un enseignement universitaire, naturaliste.

Pas de Conseil des Dieux, pas de Conseil de Dieu, en réalité.

Donc le troisième Conseil se trouvait à la merci du premier anarchiste venu, qui, pour se saisir d’une couronne, s’appuyait directement sur la démagogie.

Toute cette partie du Monde était prédestinée par sa situation géographique à être un vrai pays de Khanaan,’ la terre par excellence des échanges et des transactions économiques entre les trois Continents.

Les races y étaient mêlées comme les langues, où dominait le phénicien.

La prospérité y surabondait avec la liberté et la paix, à mesure que ces bienfaits s’éloignaient des grands États en guerre.

La guerre elle-même était un motif de négoce.

L’Asie Mineure était alors ce qu’elle redeviendra certainement ; une sorte d’Angleterre et de Hollande, une Suisse avec la mer en plus.

Sous ce rapport, comme sous bien d’autres, jamais la sphère et le rayon du Cycle abramide ne furent mieux orientés, ni la science kaldéenne qui les traça plus apparente à l’observation.

Dans l’Empire du Bélier, la Syrie, comme son nom l’indique, avait été déclarée terre du Seigneur, c’est- à-^ire neutralisée et soumise directement au Kousha et au Lama.

Le nom de Judée, que prendra plus tard la Palestine ou terre des Pallas, rappellera celte antique organisation théocratique.

Ce nom se retrouve, non seulement dans l’Inde, comme je l’ai dit, mais dans l’antique royaume de Siam, Judéa, qui relevait aussi directement du Lama de la Paradesa.

Au milieu du déluge de l’invasion ionienne, venue de l’Inde et du Touran, une seule ville était restée comme un îlot, avec une organisation conforme à l’ancien Ordre de choses.

C’était l’antique Salem, dont le nom signifie la Paix Universelle.

Temple du Dieu suprême sous le pontificat d’un initié, qui portait, outre la mitre, la couronne d’or des Arbitres royaux, outre les cornes du Bélier, les symboles de l’Agneau, trois Conseils Synarchiques : telle était l’orgar nisation de cette ville sainte.

Respectée des schismatiques, cette Synarchie royale et sacerdotale à la fois laissait libres tous les temples et tous les trônes secondaires de l’Asie Mineure.

Elle y représentait l’ancien Arbitrage, le grand Dieu scientifique et Social, gardant la Paix des Enseignements et des Pouvoirs.

Dans le Culte, les sacrifices étaient non sanglants, comme ceux des Initiés aux grands Mystères.

C’était la Communion du pain et du vin, telle qu’on la pratiquait dans tous les Sanctuaires orthodoxes.

Les grandes tempêtes politiques, qui heurtent et brisent les grands royaumes, avaient passé par-dessus les tours de cette ville, laissant intacte sa Synarchie primitive.

Comme une Suisse Orientale, l’Asie Mineure et la Syrie étaient d’autant mieux garanties que quatre royaumes se les seraient disputées, les armes à la main, aussitôt que l’un d’entre eux aurait voulu y planter son épée; et c’est ce qui va arriver.

Cependant mille ans d’anarchie entre les grandes directions de l’ancienne Société n’avaient pas été sans contre-coup, là comme partout ailleurs.

La Syrie subissait alors une crise intérieure, qu’Abram et ses initiés observèrent avec d’autant plus de soin , qu’ils en connaissaient les causes.

L’intrigue assyrienne, jetant le masque de la diplomatie, intervenait par les armes, bien qu’indirectement, dans les différends des cantons royaux de ces républiques phéniciennes.

Douze ans auparavant, un prince de Susiane, Kédor- Lahomer, créature de la politique assyrienne, avait assujetti les Sénats et leurs suffètes couronnés à son Pouvoir arbitraire.

C’était une violation déguisée de l’ancien pacte par lequel les divisions politiques du schisme ionien, empire d’Assyrie, républiques ou fédérations phéniciennes, s’étaient engagés à respecter leur indépendance mutuelle.

Mais que valent les traités politiques? L’histoire de l’Europe est là pour nous le dire.

En présence de cette violation d’anciens droits placés par les schismatiques eux-mêmes sous l’invocation de leur religion, le Melchisédec, le roi de Justice de Salem restait, comme Arbitre de l’ancien Ordre de choses, dans une attitude absolument neutre, attendant que les rois schismatiques eussent recours à lui.

Bérah, roi de Sodome, Birsçah, roi de Gomor, Scinab, roi d’Admah, Sçenneber, roi de Tséboïm, Tsohar, roi de Bélah, avaient pris les armes.

Renforcé par ses alliés de Scinhar, d’Ellasar et de Galilée, Kédor-Lahomer eut affaire à une révolte presque générale.

A Hasçtheroth-Karnaïm, à Han, à Kirjathaïm, à Paran, à Misçpat, à Hatsatsou-Thamar, il dut écraser successivement les armées de cette confédération.

Les Rephaïra, les Zouzim, les Emim, les Horéens, les Amorrhéens, les hommes des plaines, ceux des montagnes se levèrent contre l’arbitraire assyrien.

Enfin, en bataille rangée, les cinq rois de la Ligue de l’indépendance syrienne furent battus dans la vallée de Siddim par les quatre rois inféodés à la politique du Césarisme babylonien.

Pendant ce temps, un général du désert, ambitieux anarchiste, travaillant pour son propre compte, Shalit, mâtait l’Égypte et l’Orthodoxie thébaine, que les Abramides avaient averties.

Le chef de l’Affiliation dorienne était alors à la tête d’un collège de trois cent dix-huit initiés : voir la Genèse,

. ch. XIV, verset 14.

Retiré près de ses alliés, Mamré, Escol et Haner, neutre en apparence dans ces débats, comme le roi orthodoxe de Salem , il intervient tout à coup contre la ligue assyrienne.

L’Ordre reprend les armes à la main le trésor de

l’Association et certains livres ésotériques qui, sous le nom hiératique de Lot, avaient été saisis par lès vainqueurs.

C’est à ce moment que la Bible exotérique le montre en rapport ouvert avec les rois vaincus, et qu’apparait la grande figure de Melchisédec.

Jésus et le mouvement chrétien se référeront, vingtdeux siècles plus tard, à cette lumineuse Tradition, à cette Autorité antérieure et supérieure au Judaïsme dégénéré de son programme cyclique, et tombé dans le sectarisme et dans le particularisme d’un culte national ou politique.

Voici le texte, ou plutôt, la version ordinaire du texte, sauf deux mots dont je donnerai le sens :

« Dans la vallée royale, le Roi de Justice de Salem fait apporter le pain et le vin, car il était Pontife d’El- Hélion.

Il les bénit et dit : Béni soit le néo-Ramisme par El- Ilélion, par Dieu, Suprême Générateur Mâle, qui meut (kouneh) les deux et la Terre ! et béni soit Dieu, Suprême Générateur Mâle, qui a mis les contraires eri votre pouvoir,

Et l’Ordre des Abramides donna au roi de Justice la dlme du Tout. »

Ce peu de mots révèle bien des choses.

La position du chef de l’Ordre des Doriens de Kaldéc devant Melchisédec, roi de Justice selon l’ancieime Synarchie, est celle d’un initié devant un initiateur, d’un disciple devant un maitre, d’un membre du Conseil des Dieux devant un représentant du Conseil Su» prême de Dieu,

Tous deux sont Doriens, et se connaissent pour tels; car le roi invoque celui des noms sacrés qui signifie le Principe Générateur Suprême, l’Esprit mâle, Hel-Iôn, Principe de la Lumière hypcrphysique.

Sa Faculté féminine est lonah, l’Ame organique du Monde, dont la lumière physique est l’un des véhicules.

De plus, les deux Lingajas en présence communient sous les espèces non sanglantes, réservées à la plus haute Initiation et au plus haut Sacerdoce de la Religion de l’Agneau dans tous les sanctuaires de l’ancien Empire du Bélier.

Mais Abram reçoit, et Melchisédec donne cette Communion, ce qui entraîne comme conséquence rituelle et universitaire, une initiation dernière, une instruction supérieure d’ Abram par le Pontife-Roi de Salem et une transmission testamentaire de l'ancienne Synarchie scientifique et sociale.

Enfin, ce Roi de Justice n’a pas d’aïeux.

Sa tiare et sa couronne procèdent de l’antique Loi, de l’Initiation et de l’Examen, consacrés par le Pontife Suprême, le grand Lama réfugié alors dans i’Himalaya.

Abram remonte, comme nous l’avons vu, aü Collège des Dieux, et ainsi au Conseil de Dieu du Sacerdoce kaldéen, désigné par Moïse sous rhiérogranime Ar[)ha* Chesad.

11 paye à Melchisédec, au roi de Justice, la dime du Tout, la dîme du Cycle.

C’est que le Pontife de la ville de la Paix était encore le représentant de l’intégralité de l’ancienne Loi.

Au contraire, les deux premiers Conseils de la Kaldée n’étaient plus directement en rapport avec le Souverain Pontife.

Déprimés par le fonctionnarisme de l’empire d’Assyrie, ils ne représentaient plus l’ancienne Autorité,

dont la condition fondamentale était de subordonner le Pouvoir, et non d’être subordonnée par lui. . .

Belochus allait bientôt saisir la tiare dans le sang d’un Souverain Pontife.

Ainsi, pour reconstruire, par la suite des temps, l’ancienne Universalité intellectuelle et sociale, pour refaire le Cycle de l’Agneau et du Bélier, l’Ordre néo-Ramide élit domicile dans les pays libres de l’Emporocratie phé- nicienne, après avoir fait viser sa nouvelle Synthèse par les Orthodoxes d’Égypte qui virent qu’elle était très belle; Genèse, ch. XII, v. 14.

De plus, à la tête de ses trois cent dix-huit initiés, il prend parti pour les vaincus de la confédération syrienne, contre l’empire assyrien, il enlève aux alliés de ce dernier l’Initiation faussée par eux, et dont ils se servaient dans un but politique. ‘

Enfln, maître du trésor de son Ordre, qui lui avait été ravi, le chef de ce Collège d’Orthodoxes se soumet au représentant de l’antique Autorité, et en reçoit la consécration testamentaire.

Tel est le point de rattache qui relie à l’intellectualité scientilique et à la Doctrine sociale de l’ancienne Synarchie le mouvement néo-Ramide, qui déterminera par la suite la Constitution d’un peuple destiné à garder les cinquante Chapitres renfermant et cette Intellectualité et cette Doctrine sociale.

Dans le chapitre suivant, nous allons retourner dans l’Égypte, que Shalit vient d’envahir.

Nous suivrons de près le développement du mouve-

ment néo-Ramide parmi les Uoriens orthodoxes, gouvernés par des rois schismatiques.

Nous verrons enfin Moïse saisir magistralement les rênes de l’Ordre, et appeler à lui les Celtes bodhones, la vieille garde des Synarchistes, autour d’une Université royale de Dieu, Is-ra-El, contraction de Iswara-El.

CHAPITRE XI

L'ÊGTPTE. - LES ORTHODOXES. - MOÏSE.

Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de faire sentir ici au lecteur l’importance qu’avait la Science dorienne, que les Orthodoxes de Kaldée et d’Égypte voulaient sauver du naufrage de l’anarchie intellectuelle dans des livres testamentaires.

Comme cette Science est renfermée en partie dans les cinquante Chapitres de Moïse, il importe au premier chef de se bien persuader que ces livres furent écrits à la manière sacerdotale des Orthodoxes de Kaldée et d’Égypte.

La Science de la Parole écrite avait été poussée par eux, et, avant eux, par les Sanctuaires de la Paradesa et de l’Inde, jusqu’à ses Principes, jusqu’au point de contact, jusqu’à la chaîne des concordances et des correspondances du Langage avec ce que nos théologiens primaires appellent, sans trop le comprendre, le Verbe.

C’est de cette hauteur de l’antique Connaissance, que la Parole écrite tombait, comme une Ame de Vie sociale, toutes les fois qu’un savant de ces époques croyait devoir faire un témoignage de Maîtrise sacerdotale et royale, en refaisant une Société autour d’un Livre génique, ap-

proprié à tel ou tel milieu humain, à tel ou tel but particulier ou général.

C’est dans cet esprit que nous avons vu Zoroaslre écrire ses livres perdus, mais retrouvables.

C’est dans cette profondeur de Science que nous avons vu Fo-Hi rédiger ses Kings, Christna sa refonte des Védas.

C’est dans le même esprit enfin que Moïse, puisant à la double source de l’Encyclopcdie abramide de Kaldée et des bibliothèques hermétiques d’Égypte et d’Éthiopie, écrira un jour le Sépher.

Mais, de même qu’au bout d’un petit nombre de gé- nérations, la faculté physique de sécréter le lait, s’éteint, faute d’exercice, chez les femmes dont les mères n’ont point allaité, ainsi, dans la constitution hyperphysique de l’homme, peuvent s’atrophier, faute d’enseignement, non seulement des sciences, non seulement des séries entières de réalités et de vérités, mais jusqu’aux facultés de les assentir et de les concevoir, d’en jouir et de les procréer dans la Yie intellectuelle de notre Règne.

C’est ce qui est arrivé aux Juifs, et, par suite, à la Chrétienté entière, comme aux autres Communions exolériques, à mesure que la Science antique a dfi se revoiler, et cacher son Autorité aux yeux du Pouvoir politique qui la persécutait.

Tant que la Synarchie du Bélier avait duré, c’est-à-dire jusqu’au trente-deuxième siècle av. J.-C., la langue scientifique avait été, à peu de chose près, la même dans l’idéographie de tous les Sanctuaires confédérés.

De là le verset 1" du chapitre XI de la Genèse, que nous avons déjà cité.

Dans le même chapitre, la division de l’Entendement sur la Sexualité des Principes, engendre immédiatement la division de l’Idéographie à travers toutes les Sciences et tous les Arts.

. C’est à partir de ce moment que les Écoles , touraniennes et aryennes ou koushites, s’opposent sous les noms d’Âccad et de Kaldée.

Grâce au schisme, les langues vivantes ou féminines entrent dans les temples, et l’empirisme phonétique prend peu à peu le pas sur l’idéographisme scientifique.

Fo-Hi remédia de la manière la plus radicale à cette déviation de l’Entendement recteur et du Langage savant.

Mais, après lui, c’est Moïse qui, sans réforme idéographique aussi algébrique que celle de ce grand homme, prenant la langue sacrée toute faite dans les Sanctuaires orthodoxes de l’Égypte et de l’Éthiopie, la maniera avec le plus de génie.

Quelle était cette langue? L’Hébreu? Nullement.

Pour qu’une langue se constitue, il faut qu’un peuple vive, réuni en Corps de nation, lié par des Institutions communes, éclairé par une inlelleclualité et un enseignement spéciaux ou spécifiques.

C’est ainsi qu’une Espèce nationale détermine par la^ Vie, une langue à son image.

Or, il n’y avait pas, alors, de peuple hébreu.

11 y avait partout des Celtes bodhones, gardant un souvenir plus ou moins net de l’ancienne Synarchie arbitrale.

Partout, ou presque partout, pour se soustraire à l’arbitraire, aux recensements administratifs, à la conscription militaire, au cadastre, iis faisaient, autant que possible, la navette d’un pays à l’autre, se déclarant impé- riaux de l’ancien Empire, koushites, hommes des villes libres ou des contrées neutres.

Pour les Égyptiens, comme pour tous les autres Peuples

politiquemeat régis, c’étaient les Errants par excellence, les Bodhones, les Àpurus, ce qui signifie sans gîte, sans feu ou sans foyer : les Apfurus de l’Afrique actuelle ont la même origine.

Mais, en dehors et au-dessus de ces multitudes irré- ductibles à la Politique et à l’Arbitraire, se trouvaient d’autres classes d'hommes placées exactement dans la même situation.

Parmi ces dernières, se rangeaient tous les Orthodoxes du Conseil des Dieux ou du Conseil de Dieu protestant d’une manière tacite ou avérée contre la déviation du Gouvernement Général ou des gouvernements particuliers.

Ces derniers seuls, selon leur degré d’instruction ésotérique, pouvaient connaître, comprendre et écrire la langue sacrée, ou idéographique.

Mais les Bodhones parlaient les dialectes vulgaires de tous les peuples centralisés, chez lesquels ils vivaient de gré ou de force.

En Égypte, la langue vulgaire et phonétique était alors le phénicien.

. Celle des temples était morte, ramenée à des Principes idéographiques, aussi rigoureux que possible.

Cette langue ancienne était le résultat d’un des premiers mélanges de la Vie et de l’Intellectualité de la Race noire et de la Race blanche.

L’idéographisme de cet idiome sera tellement au-dessus de l’entendement du peuple que Moïse constituera, qu’il l’oubliera sans cesse, et qu’il faudra toujours le lui paraphraser en langage phonétique ou vulgaire.

Le Conseil de Dieu et celui des Dieux n’auront pas, jusqu’à l’établissement de la royauté juive, de plus grand souci que cette étude perpétuelle.

Même chose, lorsqu’après l’établissement de la royauté et son anéantissement par l’empire d’Assyrie, Ezra ou Esdras fera pour les Juifs une réforme analogue à celle de Fo-Hi, en instituant un Corps de Lettrés, remplaçant les deux premiers Conseils mutilés par les Rois.

Est-ce que les cinquante chapitres du Sépher auraient été si difficiles à entendre et à enseigner, s’ils avaient exprimé des idées de nature à être écrites dans une langue phonétique quelconque? Certainement non.

Le dernier étudiant de nos jours peut lire, en grec Homère, en latin Virgile, en arabe leKoran, dans foutes les langues du monde les pensées analytiques.

Il en est tout autrement des œuvres se rattachant à l’Ordre dorien, ainsi qu’aux Principes universels et. par conséquent, synthétiques, de cet Ordre de Vérités purement intelligibles.

C’est pourquoi, quand on leur lit Moïse, dit saint Paul, en parlant des Juifs non initiés, un voile reste sur leur entendement.

Or, il s’agit de reiilendement de l’auditeur ou du lecteur ignorant, et non de ce que Moïse a voulu faire entendre ; car il n’eût pas voilé hermétiquement sa penséé, sans laisser les moyens de la dévoiler, ce qui constituait dans toute l’Antiquité la Révélation.

Quel est donc cet Ordre dorien de l’antique Science, cette hauteur perdue de l’Intellectualité humaine et de son antique manifestation par l’Idéographisme?

Mettez sous les yeux d’un ignorant une équation d’astronomie, de physique, de mécanique, de chimie.

Ce sera lettre close, quoiqu’il lise analytiquement, quoiqu’il entende phonétiquement et rationnellement chaque signe isolé.

Un voile, là aussi, demeurera sur l’entendement de l’ignorant.

Il en est ainsi de tous les monuments sacrés de la hié- rarchie des Sciences doriennes et de l’Idéographie, c’est- à-dire de la Symbolique servant à les maniféster à travers les Arts, qui, tous, ne sont que des formes différentes d’üne même Parole, reflet d’un même Verbe.

Eh vain, les archéologues fouilleront la terre, les numismates remueront les médailles, les philologues analyseront les textes runiques, cunéiformes, protomèdes, zends, kaldéens, accadiens, sanscrits, hiéroglyphiques, phéniciens, étrusques ou moïsiaques, le voile demeurera quand même sur l’Entendement européen, tant que l’Esprit synthétique ne lui sera pas rendu, pour comprendre ces monuments de l’antique Synthèse.

Or, cette antique Synthèse nous tient, comme le mort tient le vif, comme le passé tient le présent, que ce dernier le sache ou non.

Le milliard ou deux d’atomes humains qui se renouvellent sans cesse sur la Planète, comme la poussière du tourbillon d’un souffle invisible, a un Esprit Général clerrière lui, qui l’agite, l’emporte et le mène.

Cet Esprit a toujours communiqué avec l’Humanité visible par des formes spirituelles, qui sont les Institutions sociales.

La première de ces formes est la Religion, la Synthèse par excellence.

C’est pourquoi les Sacerdoces judéo-chrétiens qui dorment depuis si longtemps sur les traductions des textes sacrés, enterreront néanmoins en chœur le dix-neuvième siècle comme les précédents, les archéologues, les philologues et les exégètes, comme ils ont enterré les encyclopédistes et tant d’autres morts illustres.

Comment faire comprendre, dans ce siècle d’analyse, l’importance et la réalité de l’antique Synthèse, dônt nos livres sacrés et nos cultes judéo-chrétiens sont le prolongement?

C’est surtout par ses témoignages sociaux qu’il est permis de la faire connaître, et mes Missions n’ont pas d’autre but.

L’un de ses moyens pour se reconnaître scientifiquement dans l’Univers et dans l’État Social avait été, comme je l’ai dit, la Mathématique et la Morphologie qualitatives.

De là, l’Idéographie.

Telle est en effet la seule méthode qui permette de garder, tout en la manifestant, la concordance de la Science et de la Vie, de l’Ordre intelligible et de l’Ordre sensible, de l’Occulte et du Phénomène, de l’Universel et du Particulier.

En dehors de cette méthode, on tombe forcément dans la fantaisie décorée des noms de métaphysique, de théologie, etc., etc.

Nos sciences actuelles, quel que soit leur développement, permettent à peine encore de réveiller la Vie des ’ Facultés synthétiques de l’Intelligence.

Nomenclatures de phénomènes et d’effets sensibles, dont la corrélation entre eux est encore à trouver par voie de Comparaison, elles ne renferment pas la dixième partie de la série correspondante des sciences antiques.

Mais l’antiquité savante avait été plus loin que la corrélation des phénomènes sensibles, plus loin que la convertibilité physique et chimique des forces, plus loin que l’équivalence des symboles typiques, des formes physiques ou hyperphysiques.

Les grands Mystères s’ouvraient sur tout un Ordre de

réalités et de vérités encore supérieures aux précé- dentes.

C’est alors qu’en possession de toutes ses Facultés orientées à l’image de l’Univers lui-même, l’Intelligence et l’Ame humaines voyaient, de haut en bas et en dedans, ce que le rationalisme sensoriel ne peut entrevoir que que de bas en haut et en dehors.

Encore une fois, c’est cette méthode descendante qui constitue l’Essence derintcllcctualité dorienne, le caractère propre de ses sciences et de ses témoignages, livres ou monuments idéographiques, quels qu’ils soient.

Je vais ici faire sentir au lecteur par des exemples directs l’importance de cet Ordre d’intellectualité, quand il se manifeste, ou de sa lacune quand il ne se manifeste plus.

Réunissez tous les architectes de la Judéo-Chrétienté, tous les sculpteurs, tous les peintres, et demandez-leur un témoignage de création qui leur soit propre, une œuvre aussi spécifique, eu son genre, que le Parthénon, que la grande Pyramide, que les temples de Philée,

' d’Abou-Sibel , de Dendera, d’Edfou, de Karnac, d’Ellora dans le Decan, de Copan dans le Guatemala, de Nagkon- Ouat ou d’Angkorthom dans le royaume de Siam.

Si au moyen âge, la Science synthétique, rayonnant encore du fond de ses anciennes Affiliations orientales, a pu doter la. Chrétienté des cathédrales appelées improprement gothiques, l’absence de cette même Science rendrait absolument impossible aujourd’hui tout témoignage équivalent, adéquat à notre époque.

C’est que l’Architecture est par excellence la Synthèse des Arts plastiques, et que cette Synthèse, ou Idéographie spéciale, est impossible sans la Science qui la motive.

Supposez néanmoins que tous les artistes précédents aient pu s’entendre intellectuellement pour doter la Judéo-Chrétienté d’un théâtre aussi spécifique pour notre temps que ceux de la Grèce pour le leur.

Ce vaisseau une fois construit, la Synthèse et le rapport exact des Arts plastiques une fois démontrés ainsi, réunissez tous les poètes, tous les musiciens, tous les chorégraphes, et joignez-y tous les penseurs de la Judéo- Chrétienté actuelle.

Demandez-leur alors d’utiliser ce vaisseau supposé, pour y manifester la Synthèse de leurs Arts respectifs, pour vous donner dans la vie actuelle, la résultante symbolique de notre État Social, l’équivalent enfin des tragédies sacrées de la Grèce et de l’Inde.

Eussiez-vous même le vaisseau, le monument synthé- tique, vous n’auriez pas, ni en poésie, ni en musique, ni en art dramatique ou tragique, de Synthèse concordante à y mettre.

Passons à un autre ordre de preuves ou d’épreuves.

Itéunissez tous les Corps savants de la Judéo-Chrétienté, et demandez-leur de vous donner, non pas certes une Cosmogonie, ni encore moins une Théogonie, mais une simple corrélation des sciences naturelles et physiques entre elles, ou des sciences morales et politiques dans leur Ordre propre.

Vous n’aurez pas ce témoignage.

Continuez la même expérience dans un ordre de faits, qui vous touchera encore plus directement.

Réunissez tous les hommes d’État de l’Europe actuelle, et demandez-leur d’organiser en Europe seulement, non pas l’antique Paix de l’Empire du Bélier et de la Théocratie de l’Agneau — nous n’en sommes pas là’ — mais

une simple réduction des armements et des budgets, une simple ébauche d’arbitrage permanent, substitué à la guerre, enfin un commencement d’État Social entre les Nations. Judéo-Chrétiennes.

Ils n’aboutiront qu’à la ruse et à la force, qu’à des coups de canon et qu’à des exactions financières plus épouvantables que jamais.

Où donc alors sont les Principes de toute Synthèse scientifique et sociale?

Dans les Livres sacrés et nulle part. ailleurs.

Toutes les impuissances dont nous venons de parler, en Art, en Science, en Sociologie, sont, elles aussi, des témoignages de la nécessité de la Tradition dorienne.

Or ni la Providence, ni ses représentants intellectuels, qui sont, pour les Judéo-Chrétiens, Moïse et Jésus, n’ont pu laisser au dépourvu les héritiers de leurs Testaments.

Mais, pour que la résurrection de l’Esprit enfermé sous la lettre s’accomplisse, il faut le vouloir et le prouver, en réunissant les catégories sociales, similaires, dans les trois Pouvoirs spéciaux, qui font l’objet du pré- sent livre et des précédents.

Pourquoi Orphée écrira-t-il sur le Verbe sacré un livre ésotérique, que citeront les Pères. de l’Église?

Pourquoi Platon écrira-t-il un traité exotérique sur la propriété ou la symbolique des noms ?

Pourquoi saint Jean, le disciple préféré, commencerat-il son Évangile par ces mots : Dans le Principe était le Verbe, etc., etc. ? ’

Des hommes de cette taille, ne parlent et u’ecrivent que pour agir, d’après un Principe sûr, et en vue d’une Fin certaine.

Saint Jean commencera son Évangile, en rappelant le

premier mot du Sépher de Moïse, Berœshilh, Arkê, Principe.

Ce n’est pas pour rien qu’il rappellera ainsi toute l’intellectualité dorienne dq Cycle de Ram, des Abramides et de Moïse.

Les livres de Moïse, dont Jésus tirera les conséquences sociales, sont, en effet, un monument d’hermétisme dorien, où l’idéographie se confond, à force de science, avec ce Génie universel de la Parole, qu’on nomme le Verbe.

Tout ce qui précède était indispensable pour faire sentir au lecteur l’importance du mouvement abramide, tel que Moïse le relatera dans son œuvre.

Dans ce qui va suivre, j’espère indiquer, autant que cela est nécessaire, que ce mouvement portait en lui cette intellectualité indispensable et indéniable.

J’en citerai bientôt quelques exemples.

Après les avoir lus, on se dira peut-être : Comment est-il possible que trois ordres de vérités et de réalités exprimées par un seul hiérogramme ne s’altèrent pas entre eux ?

J’irai au-devant de ce légitime souci, en rappelant que les cinquante Chapitres de Moïse, les vingt premiers sur- ‘ tout, roulent sur des Principes.

Non seulement cette manière d’écrire ne les confond pas dans leur mode propre; mais elle est la seule qui puisse les rendre intelligibles.

Un Principe est chose simple en soi.

On né le décompose pas par l’analyse ; on le prouve en synthétisant ce qui lui est identique.

Mais l’homme de chair ne peut rien concevoir de simple, sans le décomposer virtuellement, comme le prisme de notre atmosphère décompose le rayon blanc, l’unité sonore, etc., etc.

C’est que l’individu est triple en nous, et que le Ternaire est la seule Unité relative qui puisse s’y comprendre ou s’y réfracter.

Intellectuel, moral, instinctif, l’homme ne verra par la pensée un Principe qu’à travers sa propre constitution ramenée, à force de vertu et de science, à sa plus grande simplicité, à sa plus grande Unité, simplicité relative, Unité harmonique, encore une fois.

Selon la méthode des sciences divines ou doriennes, Moïse procède de haut en bas, du grave à l’aigu, de l’universel au particulier, de l’intelligible au sensible, de l’occulte au manifeste.

Mais, dans tous leurs modes, l’évolution des Principes est mathématiquement la même, de Cycle à Cycle, que le Cycle soit l’Univers entier ou un seul Système solaire, le Règne hominal de celte Planète ou les Constitutions successives de la Planète elle-même.

Je développerai encore l’exemple cité plus haut de Kaïn, Chain et Khanaan, avant d’entraîner le lecteur plus loin derrière le voile.

lliérogramme cosmogonique, Kaïn est le Principe du Temps opposé à celui de l’Kspace étliéré, Abel.

Voilà, sans voile, un des sens hiéroglyphiques.

Leur Père est l’Univers animé, inséparablement uni à sa Faculté d’animation : Adam-Ève.

Leur milieu est la Terre céleste de Platon, Adamah, la Substance universelle.

Mais qu’est-ce, en lui-même, que Kaïn?

Qu’est-ce, dans son Principe, que le Temps qui nous le rend sensible?

Dans sou Unité qualitative, c’est-à-dire dans son Universalité, dans son Essence vivante, puisqu’il s’agit de l’Univers vivant, qu’est-ce, encore une fois, que ce Prin-

cipe qui va bientôt accabler l’Espace, pour y faire apparaître autre chose?

Moïse conçoit le Temps comme la Cause de la Force centripète universelle.

11 dévore et transforme, et très certainement il est en lui-même quelque chose, dont la connaissance positive conduirait loin.

Moïse l’oppose à l’Espace éthéré. Cause de la Force centrifuge universelle.

Abel ainsi conçu est un Principe libérateur et spirituel par excellence.

Mais Moïse n’est pas dualiste, témoin Seth, troisième lils d’Âdam-Ève, né de l’accablement virtuel d’Abel par Kaïn.

Seth, qui participe de ses deux frères symboliques, signifie l’Espace pondéral, sidéral, double et sextuple, ce qui a une grande signilîcation dans la Mathématique qualitative.

Mais ces Principes ne sont pas matériels, encore une fois, car il s’agit ici de la biologie de l’Univers, ou de la Cosmogonie.

Descendons le triple Cycle dans lequel chacun de ces hiérogrammes exerce son action.

Dans l’ordre androgonique, Kaïn, Krônos, s’appellera le Centralisateur universel, le Couronné.

Abel accablé sera la Décentralisation.

Seth sera la Vie locale, établissant le rapport du Centre ù la Circonférence et réciproquement.

Descendons encore un degré, allons jusqu’à l’anthropomorphisme pur et simple.

Kaïn n’est plus qu’un simple Romulus accablant le premier Rémus, le type de tous les Khans, de tous les Khongs, de tous les Kaisers, de tous les Kings, de tous les Césars et de tous les rois.

Il subjugue h. Vie libref il fonde lai Cité ceiitpale,, il asservit les Collectivités disséminées, il les ramène à rUnité physique ou politique, par la Force.

Au lieu de l’üræus il porte une couronne de tours, au lieu de l’Orbs, le symbole de l’Urbs.

C’est toujours le même Principe dans un mode différent.

C’est toujours l’opposé du Principe de la restitution à rinfini par la Liberté.

Seth, là encore, tient le milieu, participe de l’Un et de l’Autre, et c’est en lui que s’effectue la conciliation possible de la Centralisation avec son Principe antagonique.

Vous retrouverez ces trois fils d’Adam expliqués hié- roglyphiquement dans toutes les Cosmogonies de la Terre.

Cela ne signifie pas, encore une fois, que Moïse a copié ses devanciers, mais qu’il y a une Constitution biologique du Cosmos, et qu’à certains moments de la Vie de l’Humanité, la Science correspondante doit être remise à jour, dans certaines vues de Synthèse présente ou future.

Quand il s’agit de Noali, Noë, le Principe biologique de notre Système solaire, Sem, Kam, Japhet, sont la léapparition, sur un autre plan et dans un autre ordre, du Quaternaire primordial.

Sem correspond à Abel, et signifie l’Espace éthéré, l’Esprit radiant de notre Tourbillon dans sa Zone zodiacale, dans ce que les Égyptiens appelaient le Ciel des Akhimous-Sekous .

Kam exprime l’Attraction, le Principe du Temps propre à notre Tourbillon, le Centre de son grand Cycle ou de sa grande Année.

Japhet exprime l’Espace occupé, avec sa gravitation

sidérale et intersidérale, sa division équilibrée, ou sa dualité sextuple.

Il correspond au Principe des Âkhimous-Ourdous.

Au sens moyen, Sem sera la Lumière même ou plutôt la Radiation de toute lumière intellectuelle, morale, physique.

Kam sera la Résorption de toute Chaleur.

Japhet sera la Division et l’Équilibre de toutes les Affinités locales, électives et électriques, entre un centre et une circonférence quelconque du Toiirbillon biologique de notre Système solaire.

Enfin, au point de vue anthropomorphique pur et simple, Sem signifiera un homme éclairé ou un homme jaune, Kam un homme du Feu ou de l’Équateur, Japhet un homme aux yeux bleus comme l’éclair ou tout simplement un blanc.

De même, en Géogonie, Khanaan exprimera, au superlatif ou à l’intellectuel pur, le Principe de l’Agrégation, de la Morphologie physique du Globe et de ses quatre Règnes, ainsi que leur rapport dynamique à leur Chaleur latente.

En Androgonie, ce sera le Principe de l’Économie des Sociétés, dans son rapport à leur Énergie intrinsèque.

Dans la symbolique du langage courant, khanaan n’exprimera plus qu’un simple marchand.

Cette manière de condenser la pensée par la science et l’art idéographiques et de peindre l’action des Principes depuis l’Ordre le plus universel jusqu’au plus particulier, depuis le plus intellectuel jusqu’au plus sensible, cette magie du langage humain, devenant le prisme parfait du Verbe divin, se soutient sans se dé- mentir à travers les cinquante Chapitres de Moïse.

On comprendra donc, je l’espère, qu’un homme de

chair et d’os ne sera relaté dans un tel livre que comme symbole du Principe qu’il représentera essentiellement, et en fonction duquel il agira.

Autrement, ce ne serait plus à un livre sacré de rOrdre dorique que nous aurions affaire, mais à une histoire plus ou moins légendaire, à un conte d’école primaire, écrit en langue phonétique, vulgaire.

Mais du même coup, tous les théologiens du Monde auraient beau faire intervenir sous la forme de toutes les colombes possibles, le Saint-Esprit, tel que leur matérialisme se l’imagine, une œuvre de ce genre cesserait d’être l’expression scientifique de la Yé"ité, et, dès lors, elle serait sans Vie, sans Puissance ique de Synthèse vis-à-vis des sciences humaine? urelles;

Dans le chapitre précédent, j’ai dit que le mouvement dorien des Abramides de Kaldée avait pour symbole féminin une encyclopédie scientifique, Sa-raï, sphèremiroir ou rayon, qui devient Sarah, c’est-à-dire le rayonnement recteur d’un Cycle.

Cette néo-Synthèse, qui parut belle aux Orthodoxes d’Égypte, ne pouvait pas ne point porter ombrage aux 'Pouvoirs politiques, soit qu’ils fussent schismatiques, soit qu’ils eussent profité du schisme pour s’affranchir plus ou moins de l’Autorité des deux premiers Conseils.

C’est pourquoi on trouve dans la Genèse, ch. XX, v. 16, ces paroles adressées à Sarah par Abi-Mélech, qui signifie le Principe du gouvernement militaire : « Vous aurez toujours un voile devant ceux avec qui vous serez, et souvenez-vous que vous avez été prise. »

C’est-à-dire : Vous êtes la Vérité, mais vous ne vous montrerez pas, car, autrement, comme vous êtes l’Autorité et que je suis le Pouvoir qui vous a prise et subju-

guée, vous remonteriez à votre rang dans l’Ordre social et je redescendrais au mien.

^Accoutumé maintenant à l’idéographisme dorien, le lecteur peut être entraîné plus loin dans certains de ses arcanes.

Moïse fera son témoignage écrit, en ayant sous les yeux cette encyclopédie kaldéenne et les innombrables livres sacrés des Orthodoxes, dans les Sanctuaires égyptiens et éthiopiens.

Sa nation, ou du moins celle qu’il constituera, sera une Université royale de Dieu, Is-ra-El, une sorte de Grande Pyramide mobilisée, et tout l’Ordre social y sera caractérisé dans le môme style hiérogrammatique, qu’il faut bien se garder de matérialiser, si l’on veut le comprendre.

Les généalogies des Principes exprimés par des hiérogrammes sont toutes écrites dans le même esprit.

En voici encore quelques preuves :

Âbram par Agar, produit Ismaël.

Ag-ar signifie Faculté centrale, angulaire, ignée, Isma-El, Principe fluidique d’expansion.

Par Sarah, c’est-à-dire par la Sphère de son Rayon, Abram génère Is-a-ac, Principe d’agrégation au Centre.

Enfin par Ké-Thorah, condensation de la Loi, fixation du rapport de l’Action circonférencielle à l’Action centrale, il génère six Principes :

1® lam-Ran, Puissance multiple du Son;

2® lek-San, Puissance divisible de la Lumière;

5® Mad-An, Divisibilité statique ou physique ;

4“ Mad'Ian, Divisibilité dynamique ou chimique ;

5® lès-Boch, Puissance silencieuse du Vide ;

6“ Sue, Ondulation, État radiant. Occultation ou Bestruction de la Matière.

Il est à remarquer que tous ces Principes qui énoncent autant d’ordres de réalités et de sciences, émanent de la môme Loi, Kéthorah, servante de Sara, consécutive de la Sphère-Rayon.

Cette Loi essentielle aux Mathématiques aussi bien qualitatives que quantitatives, se formule d’une manière connue : Tr = 3,i4iG.

Nous ne devons pas oublier que, plus de vingt siècles avant cette réforme intellectuelle des Doriens néo- Ramides, la grande Pyramide de Giseh avait été è^)nstruite d’après ces Principes par les Sacerdotes du Cycle de Ram.

Cette indéniable Quadrature du Cercle avait en effet pour but de perpétuer par ses proportions symboliques rUnité de l’ancienne Synthèse, sans parler ici de ses usages intérieurs.

En sanscrit, Pa-Rama, Py-Ramide exprimait le même symbole souverain pontifical de Ram.

Je continuerai à soulever un peu le voile de la Science dorienne.

Jacob-Israël a pour mère Rébecca.

Reb-ek-ka signifie Mouvement igné, Centre-Terre.

Elle est la fille de Bath-ou-El, Espace enveloppant, Vide ou Éthôr-Dieu.

. Voici les fils d’Is-a-ac, l’Action du Centre d’agrégation sur l’Angle ou Point central.

Je me bornerai à la filiation de Jacob.

la-Kob, Mouvement apparent sur le Centre occulte, Révolution sur la Base, Modulation sur la Tonique.

Par restriction, cet hiérogramme signifie encore Sub-

version et, par comparaison, substitution, sub-plantatiofi.

Je demande pardon pour tous mes néologismes passés, présents et à venir, mais, à des idées si nouvelles, quoique si anciennes, les mots équivalents manquent dans nos langues.

De Lia, la Ligue unitaire, l’Harmonie des Transitions, Jacob a six fils comme Abraham de Kethourah :

1° Ru-Ben, Voyants affiliés;

2® Sim-Eon, Olfactifs, Sensitifs fluidiques de l’Inté- rieur ;

5" Lev-I,- Associés d’amour ou de sympathie dans lod, le Dieu mâle, le Principe Dorien.

4® Jud-A, Mâles multiplicateurs du Centre ou du Principe, Décadaires de la Monade, Extenseurs de l’Angle universel ;

5“ Is-sach-Ar, Manifestants de l’Émigration du Feu ;

6" Zab-Ulon, Ordonnateurs de l’Élément Principe, de la Substance première.

La seconde femme féconde de Jacob est Rachel, la Rayonnante éthérée, et ses fils sont ;

Jo-Seph, la Consommation de la Lumière réfléchie, le Circuit magnétique, l’Enroulement de la Lune;

Ben-ja-min, la Succession des jours, la Numération par la Droite, en faisant face au Pôle Nord.

Bal-A, servante de Rachel, signifie le Soulèvement total de l’Unité, l’Exaltation de l’Angle universel.

Elle a pour fils Dan, le Triangle, le Jugement, le Zé- nith, et Neph-Thali, l’Éclat des Gloires, la Répartition des Grandeurs, la Distribution des Trophées.

Zelpha, suivante de Lia, conséquence de la Ligue

harmonique, signifie la Caverne béante, l’Ouverture de la Profondeur, le Bâillement du Dessous, la Voix du Silence, la Lueur des Ténèbres, l’Aspiration du Vide-

Elle est l’Orbe du Cône d’Ombre de la Terre, elle est èette Reine de l’Épouvante, qui, pourtant, sourira un jour.

Elle a deux fils, comme fiachel, son antithèse.

Le premier est Cad, l’Entrée et l’Envahissement, la Porte et la Portée, le Détroit et le Large, le Golfe et l’En^ gouffrement.

Le second, le fond ou le sommet du Cône, est Azher, le Seuil de la Maîtrise, le Socle de l’Apothéose, le Piédestal de la Volonté maîtrisante, l’Issue céleste de l’Ame victorieuse de la seconde Mort, l’Entrée apothéotique dans l’Akasa.

Dans les Mystères d’Éleusis et d’Isis, on appelait cette Issue la Couronne des Ailes.

Interprète des Mystères comme tous les poètes jusqu’à Père chrétienne, Horace dira encore, de cet effort céleste 'de l’Ame après la Mort première, ce beau vers, en parlant d’Hercule :

Enisus arces attigit igneas.

Son effort atteignit la Citadelle ignée.

Telle est la profondeur des livres de Moïse et de l’Encyclopédie Abramide ou néo-Ramide, qu’ils relatent., Appuyé en Égypte par les Orthodoxes, consacré à Salem par Melchisédec, condamné par le Pouvoir politique à ne pas se manifester, nous allons voir ce mouvement intellectuel et social, dont l’Ame voilée est la Synthèse des

Doriens, s’accuser dans Jacob-Israël* le supplanteur, et agir dans Joseph, en enserrant lo ou Isis.

Le schisme sera, en effet, étreint avec une telle puissance que les Rois pasteurs seront chassés. Moïse possible, puis présent.

La date de l’arrivée des Abramides en Égypte peut être

Elle coïncide avec l’invasion relatée par Manéthon.

Les terribles conséquences de l’empire personnel d’Assyrie avaient désaffection né tous les Yonijas, depuis rindus jusqu’à l’Arabie.

Leur poussée vers le Nord les accula en Syrie, et les força, de peur d’être pris entre deux feux, à se saisir de l’Égypte, et à s’en couvrir contre le nouvel empire.

La guerre fut terrible, et une partie de la population mâle de l’Égypte ayant été massacrée, l’autre fut réduite en esclavage.

Les Hykshos , ou Ilirshouïtes de celte invasion , se composaient de toutes les classes ouvrières des villes et des campagnes de l’empire assyrien.

Lasses de levées en masse, d’impôts écrasants, de chô- mages et de famines, d’arbitraire et de concussions, après s’ètre révoltées, elles s’étaient, comme toujours, données au premier dictateur venu, qui en avait fait son armée, pour fonder, lui aussi, son Pouvoir personnel.

Shalit, Salatis, Saïtis fut leur Napoléon, et entra en triomphe à Memphis, où il se fit sacrer comme un simple pharaon de droit divin.

Mais, craignant les Orthodoxes, il se fortifia contre eux dans la partie orientale du Delta.

Pour s’allier les Bodhones, il donna à son camp retranché, enveloppé d’énormes murailles, le nom d’Abaris.

C’est de là que, pendant dix-neuf ans, il gouverna l’Égypte conquise.

Son armée était de toutes provenances : Hykshos, Mentions, Satious, Arabes, Scythes touraniens, Khctas.

Selon leurs origines, ils étaient répartis dans des armes différentes, infanterie, cavalerie, balistique, etc.

Une sorte de convention, ou de traité extorqué par la force, avait neutralisé Thèbes, avec l’ombre d’une dynastie égyptienne ; et, pendant près de vingt ans, Shali. resta barricadé dans le Delta conire les revendications du Césarisme assyrien, que. les partisans du Lama, sous le nom d’Élamitcs, attaquaient lui-même avec vigueur

Ce ne fut que le cinquième successeur du premier pharaon des Hykshos, qui réunit l’Égypte sous sa domination, sous le nom d’Apapi II.

Mais l’Orthodoxie thébaine secoua bientôt le joug, et lui opposa une dix-septième dynastie.

Les rois pasteurs voulaient qu’il n’y eût à Thèbes qu’un régent, Hiq.

Les Orthodoxes voulaient un roi, Souten.

La guerre fut générale.

Les trois Conseils se réunirent cette fois, et parvinrent à soulever assez puissamment l’Égypte pour refouler les Yonijas jusqu’à Memphis, et môme leur arracher cette ville qu’ils prirent d’assaut.

Enfin, les Orthodoxes firent si bien, qu’en 1703 av. J.-C., ils déracinèrent du camp d’Abaris la conquête schismatique, la chassèrent jusqu’en Syrie, et la défirent définitivement à la bataille de Sharouhen.

C’est sous la conduite d’Amos, ou d’Ahmès I", que l’ancienne Synarchie prouva encore une fois sa force.

Cet élu des deux premiers Conseils fonda la dixhuitième dynastie.

Les Pasteurs avaient adopté, comme’ je l’ai* dit, l’écriture, les arts, la Religion des vaincus, ou du rrioins le' Trinitarisme Symbol ifié dans le nom d’Horus.

Joseph avait été ministre sous Kamen.

Faut-il voir en lui un homme portant simplement le nom de Joseph ou la représentation de l’avènement de la politique des Orthodoxes au ministère?

Il n’y a pas à hésiter, et ce nom qui signifie l’Enroulement d’Io, l’Enserrement du schisme, ne doit laisser aucun doute à ce sujet.

Joseph est le fils symbolique de Jacob -Israël, qui signifie lui-même la Révolution et la Substitution de l’Université royale de Dieu.

Il est soi-disant vendu comme esclave à Pédouphra.

Ce dernier hiérogramme signifie le Signe du Soleil, et ce soi-disant personnage était Chef des Satellites.

Joseph, qui n’est autre chose que l’Ordre abramide, dorien ou son chef à une certaine phase de son action, et forcé, en effet, de se soumettre, en apparence, à la politique des schismatiques ralliés au symbole trinitaire et solaire.

C’est pourquoi, dans son hiérogramme anthropomor^ phiquement expliqué, on nous le montre épousant Asnath', prêtresse, tille d’un prêtre de On, Héliopolis, ville du Sanctuaire du Soleil.

Comme les envahisseurs avaient pris les terres, la politique des Abramides consista à les faire retourner à la couronne thébaine, c’est-à-dire au deuxième Conseil, celui des Diéux ou des Lois.

Cela était facile, car, comme tous les gouvernements politiques, celui des Pasteurs conduisait l’Egypte à la ruine et à la famine.

Les Orthodoxes abusèrent, dit-on, de ce défaut de cui-r rasse, en ne livrant les grains d’ensemencement que

moyennan^bandon à la royauté thébaine d’une dtme de vingt pour cent sur les récoltes.

Mais, si l’on réfléchit à l’exception qui fut faite en faveur du Sacerdoce, on ne peut pas ne point voir dans cette manœuvre le jeu d’une politique extrêmement serrée, limitée dans ses moyens et obligée de faire flèche de tous , bois, pour s’armer contre l’envahisseur. '

Là, comme partout, l’Ordre des Abramides marche donc d’accord avec le Conseil de Dieu et le Conseil des Dieux.

Quand sa politique eut porté ses fruits sous Ahmès, 1 ’Amos des Grecs, l’Ordre des Doriens kaldéens demanda et nbtint une terre dans le Delta, au pays de Goschen.

Çc centre nouveau d’Orthodoxes connus sous l’hiérogramme de Jacob, ne put pas manquer de devenir l’un «des points de mire des Doriens fuyant partout les nou« "^Vélles juridictions des gouvernements politiques.

Là, comme à Karran, comme à Karialh-Arba, comme dans les terres de Moab et d’Ainmon, les Bodhones intransigeants, momentanément mêlés avec les schismatiques également révoltés, vinrent de partout se grouper; mais le peuple égyptien les confondait dans ses préventions avec le flot des envahisseurs, tandis qu’au contraire les membres des deux Conseils reconnaissaient l’Ordre des Abramides comme leur étant affilié.

Cette différence entre cet Ordre et les Hébreux explique les confusions dans lesquelles les historiens sont tombés,

Les prêtres égyptiens, depuis Manéthon jusqu’à ceux que vil Strabon, jusqu’à Ammonius Sacchas qui donna aux Chrétiens les rites solaires de la Communion, savaient ’ ,<jue Moïse était un des leurs ; et nous avons vu que la même assimilation est indéniable, en ce qui regarde les Abramides ou Doriens venus de Ealdée.

Quant aux familles très peu nombreuses, iSantonnées dans le. Val de Gessen autour d’un des couvents de l’Ordre, Manéthon ne les distingue pas des Hykshos, Josèphe, historien des Juift, non plus.

Mais leur ralliement autour de l’Ordre dorieu des Abramides, leur levée en masse longuement préparée, répondant à l’appel de Moïse, prêtre d’Osiris, ne permettent pas de voir en eux autre chose que des Dorions intransigeants, soit en face du schisme des Yonijas, soit à l’égard du trinitarisme solaire de Christna, de Milhras, d’Horus ou du Bâl-Iswara-Liiiga.

C’est donc bien à des Celtes bodhones orthodoxes que nous avons affaire dans ces Apurus, dans ces Hébreux, dans cette ruche de Communes se gouvernant par leurs propres arbitres, et devenant les Béni-Israël, les fils de l’Université royale du Dieu mâle. ‘

Depuis quatorze siècles, ces intraitables avaient déjà commencé à donner au Monde leur grand enseignement

L’antique Synarchie avait beau céder la scène de l’HiS- toire à l’Anarchie d’en haut, cette dernière avait beau substituer partout le gouvernement de la Force à cclyi^ de l’ancien Droit, l’Arbitraire à l’Arbitrage, le Pouvoir politique à l’Autorité intellectuelle des institutions universellement consenties, les vieux Celtes bodhones né courbaient la tète que pour la relever immédiate-

Leurs Kahals, ou Communes, l’élection de leur troisième Conseil jtar les pères et les mères de famille, l’arbitrage de tous leurs différends par leurs propres haqs ou régents du Conseil des anciens, tel était, depuis la rupture des Pouvoirs synarchiques, le minimum d’organisation sociale, auquel ils étaient réduits, et qui, pour-

tant, les a sauvés à travers toutes les crises générées de rHumanité, Jusqu’à nos jours.

Leurs chefs ou haqs ayant, grâce aux àbramides, leurs intelligences dans les deux premiers Conseils d’Égypte, se réclamant de l’ancienne Loi du Bélier, en leur qualité d’adhérents au mouvement néo-Ramide, obtinrent dans le Val de Gessen certaines libertés.

Ces dernières plaident singulièrement en faveur de la Constitution sociale de l’ancien Monde, et aucun gouvernement d’aujourd’hui ne serait assez intelligent ni assez fort pour en concéder de semblables.

Le fameux self-government apparaît là, accordé d’em blée dix-sept cents ans avant notre ère, à un petit peuple grand comme un de nos cantons, bien qu’il fût assimilé, par la Nation qui lui donnait l’hospitalité, aux anciens envahisseurs schismatiques.

Que les Alsaciens-Lorrains, que les Polonais du duché de Posen, du royaume de Pologne ou de la Galicie, que les Irlandais demandent une pareille faveur : jamais les gouvernements politiques qui les dominent, ne se sentiront assez d’Autorité intellectuelle et morale, assez de force sociale pour leur faire une pareille concession.

Il en serait tout autrement, du jour où la reconstitution des trois Pouvoirs aurait délivré les gouvernements politiques de leur impuissance si onéreuse à tous, si dangereuse pour eux.

Retournons dans le petit espace de terrain compris entre le Nil et le milieu de l’isthme de Suez.

La fertilité y était exceptionnelle.

Il y coulait des ruisseaux de lait et de miel! diront plus tard, avec reproche, Dathan et Abiron* révoltés contre Moïse, au désert.

Ti^és aveff* dédain par le peuple, avec bonté par les clvipsés égyptiens, groupés par familles fédérées en clans ou tribus, gouvernés par leurs propres zakens, on eût dit, à les voir, d’antiques Aidées de l’ancien Empire arbitral.

Ils n’étaient en rapport avec l’État proprement dit que par un Corps attaché au deuxième Conseil, celui des Scribes ou Schoterim d’Égypte.

Dans le Val la plupart de ces derniers appartenaient eux-mômes, aux plus instruits des Obérious.

Ils étaient initiés aux Mystères du temple d’Âmmon-Ra, celui de l’ancieime Loi ; ils s’entendaient avec les haqs ou zakens des kahals, au sujet de l’exécution du Code sacré : Contributions d’hommes pour les travaux publies ou pour les armes, impôts collectifs de la commune, en argent, redevances en blé ou en bétail, recensements des habitants, cadastre des terrains, pourvois en appel, etc.

La Chine, qui a conservé intacte toute la partie moyenne de l’antique Constitution sociale, nous montre aujourd’hui encore quel faible poids, environ deux francs annuels par homme, le gouvernement fait peser sur les gouvernés, quand la Sagesse et la Science y président a leur place.

Le seul assujettissement qui gênât à l’excès les communes hébraïques du Delta était le service des travaux jlublics, auquel chaque Nôme devait fournir son contintgent. ?

Depuis le choc des temples, puis des monarchies, , ce service était tombé des mains des deux premiers Conseils dans celles des rois, bien que les architectes, les ingé- nieurs, les hydrographes, comme tous les autres ilorps savjiats, appartinssent directement aux Sanctuaii^t^.

En Égypte, les pharaons avaient dû organiser militairement le travail des ponts et chaussées. :

C’est ainsi qu’ils avaient tracé les routes stratégiques, commandant la Syrie par Mageddo, en face du Liban, et une autre artère, de Mageddo à Karkémish, surveillant liJAssyrie et la Mésopotamie.

Des forts avec un système completde défense formaient chaîne, entre Mageddo etKadeshpour anneaux extrêmes.

Tel était le mors magistral que les Orthodoxes avaient fait mettre par leurs rois dans la bouche des Pouvoirs personnels, issus du schisme.

C’est grâce à ces travaux que Ramsès 1" avait dompté la ligue renaissante des schismatiques, de l’Euphrate et des monts Taurus à la mer.

C’est à l’aide de ce puissant système de défense que Séti I", en 1556 av. J.-C. avait achevé de rompre, en Syrie, Ja confédération des Naturalistes, dont Sapalel, roi des Khètes, était devenu à son tour le chef impérial.

Par Ramsès sur l’Oronte, par Sethi sous Kadesh, la confédération phénicienne sans cesse vaincue, se reformait sans cesse; sous Motour comme sous Sapalel, elle mordait sa terrible bride tenue à grand’peine par les 'garnisons égyptiennes de Gaza, d’Askalon, de Mageddo, de Kadesh.

Pendant ces rudes efforts, d’autres travaux gigantesques réclamaient un autre contingent de main- ■^d’œuvre.

\ Un canal joignait la Mer Rouge au Nil, des puits arté- sfens multipliaient la fertilité, une grande route commerciale, avec des postes militaires, s’ouvrait aux cara- * vahes de Radasieh, vis-à-vis d’Edfou et aux mines d’or du Gib-Vl-Akaky.

Pendant ce temps encore, la salle Hypostyle de Karnak était i^éparée, le grahd temple d’Abydos s’enrichissait de

nouvelles merveilles sculpturales, et la vallée des rois de grandioses monuments.

Sous Ramsès II l’anarchie intergouvemementale continua à exiger du pharaonnat une énergie attentive partout.

Travaillé par les séparatistes, par les Bodhones d’A^j rabie, par TÉlhiopie et le parti assyrien, le Soudan avait déchiré les traités.

, D’autre part, la ligue tourano-phcnicienne d’Asie et d’Europe menaçait le Delta.

Dans cette vaste confédération qui s’étendait depuis la mer Caspienne jusqu’au détroit de Gibraltar, entraient naturellement les Celtes européens de Thor, toujours prêts à quelque mauvais coup.

Ils allaient en Afrique grossir les rangs de leurs frères Libyens aux yeux bleus, aux cheveux blonds, et agitaient les vieilles colonies pélagiques, depuis Tripoli jusqu’au Maroc.

Grâce à la rupture de l’ancienne Loi internationale du Bélier, la Méditerranée était infestée de Vasques, de Ligures, de Sardes, d’Achéens, de Cycladiens, toujours prêts à se transformer en corsaires, et à donner fort à faire aux derniers représentants de l’ancien Ordre de choses, Égypte, Crète, Étrurie.

Tel était le cercle hostile que la politique des Khétas, des confins de l’Asie Mineure et de la Syriedu Nord, resserrait autour de l’Égypte, pour y étouffer la Maîtrise de l’ancienne Royauté de Justice internationalè.

Dans le Val de Gessen, la répercussion de tous ces désordres se faisait sentir sous forme de corvées pour les travaux publics et d’enrôlements pour les armées de terre et de mer.

Ramsès II frappa d’abord la ligue en Éthiopie.

- fuis, suivant Hérodote et Strabon, il la refoula, d’un

côté, jusqu'à l’Indus, avec une flotte de guerre de quatre cents voiles qui nettoya la Mer Rouge et le Golfe d’Oman, et donna toutes les Côtes de la première à l’Égypte, tandis qu’à l’Ouest, une autre armée poursuivait, jusqu’au centre de l’Afrique, les Libyens, les Bodhones et les Numides.

Ayant frappé ainsi les pieds et les ailes de la ligue, le Roi de Justice tint , la tète en respect, en renforçant les garnisons de Syrie, et en faisant deux expéditions triomphales jusqu’au nord de Beyrouth.

Ayant ainsi maté la coalition des féodaux, il profita de la paix pour continuer ses travaux de défense, de l’an 1415 à l’an 1401, peu de temps avant la naissance de

Les Apurus du Nord étaient tranquilles dans le Val de Gessen, où ils jouissaient de leur prospérité.

Ceux du Sud, les Arabes, agitaient constamment le Soüdan, l’Abyssinie et l’Éthiopie.

Turbulents, belliqueux, nomades, se déclarant koushites ou peuples de l’ancien Empire arbitral, pour échapper à toute juridiction nationale, ils harcelaient sans cesse les vice-rois des Nômes du Sud.

Épiant les moindres souffles lointains de guerre, rô- dant autour des mines de métaux précieux, avec leurs vieux amis les Noirs, iis étaient toujours sur le qui-vive.

Leur manière d’agir avait été la même vis-à-vis des Césars babyloniens et ninivites.

, Autrefois, en effet, ils avaient eu de Ram de grandes prérogatives; et, grâce à lui, étaient restés longtemps indépendants de toute autre juridiction arbitrale que celle du Kousha de l’Inde.

Mais ces temps étaient loin ; et c’était alors l’Égypte

qui faisait le dernier effort pour retarder récroulemetit définitif de l’ancien État Social, que le Césarisme assyrien avait précipité dans le répüblicanisrae d’une anarchie féodale sans frein.

C’est pourquoi Ramsès II, entre l’Égypte et l’Arabie, mit une nouvelle forteresse, Aanakhtou, ou Pa-Ram-Sès, rappelant ainsi, à la ligue des anarchistes internationaux, que l’antique Pa-zi-pa de la Paradesa avait encore un Roi de Justice internationale, fidèle à la Loi de Ram, après cinquante-trois siècles, et malgré seize siècles de révolutions et de guerres.

Ces formidables travaux étaient indispensables; mais les populations en souffraient, malgré la Sagesse de la Synarchie égyptienne; et, comme toujours, les mécontents, au lieu de se révolter contre les causes générales de ce mal particulier, murmuraient contre leur propre gouvernement.

Au moment où naissait Moïse, Ramsès II était encore obligé d’aller frapper la ligue au cœur et à la tête, en assiégeant la principale forteresse des Khétas.

Après deux rudes batailles, l’hydre fut encore une fois vaincue, quitte à renouer ses tronçons et à nécessiter,' pendant quinze ans, de perpétuels coups d’épée.

Les Celtes d’Europe, fidèles à la Loi zodiacale du Taureau, continuaient à prêter aux schismatiques leurs hordes belliqueuses, leurs barbares et turbulents mercenaires.

Alliés depuis seize siècles aux Ioniens de Syrie, aux Touraniens d’Asie, ils avaient échangé avec ces derniers les pires superstitions : magie noire, sacrifices sanglants des animaux et des hommes.

Partout, ils se ruaient sur les paisibles Synarchies de »Ram, en Espagne, en Gaule, en Étrurie, en Grèce, en

Maoédoinë, en Crimée, en Phrjgie, sur les èôtesVt êur les îles de la Méditerranée, en Afrique, impuissants â rien créer, incapables de s’allier pour autre chose que pour détruire, se déchirant ensuite entre eux, partout où ils avaient frappé les débris de l’ancien Ordre social.

Leurs confédérations méditerranéennes réunissaient sous un étrange drapeau le Taureau et la Colombe rouge ; elles s’appelaient Tourshâ.

Tour n’est autre que Thor.

Shâ désigne encore en arabe l’espèce de roucoulement appelant les troupeaux à l’abreuvoir.

Outre ce nom religieux, la cohue des anarchistes avait aussi des prétentions de juridiction internationale.

C’est pourquoi elle s’intitulait pompeusement Shardàn, la Puissance libre du Jugement, d’où Sardaigne, un de leurs centres.

Quinze ans, cette anarchie fédérale, à la lête de laquelle était le roi Motour, allié du Césarisme assyrien, continua à secouer la bride et le mors de Ramsès II.

Motour mourut, et son frère Khétasar revint à l’alliance conclue avec Séthi, le Séthos venu d’Étrurie, et Ramsès I".

L’alliance fut observée d’autant plus loyalement que le Pharaon épousa la fille du roi des Khétas, et ouvrit à son beau-père une royale hospitalité.

Si je suis entré dans les détails qui précèdent, c’est pour tenir ma promesse de redescendre pas à pas le cours des faits historiques, et d’y faire sentir et toucher les efforts colossaux du vieux Droit public du Bélier, de l’antique Théocratie universelle de l’Agneau pour soutenir sur la Terre les débris de l’ancien Règne de

' Il est impossible de ne pas voir, à travers l’expulsioff

des Dj^ast^^hismatiques de Thanis, à travers les agis* seQiênts des Pharaons orthodoxes depuis celte époque, l’exécution magisti'ale d’un retour à la Sagesse et à la Science de l’ancien Gouvernement Général.

Derrière ce plan qui s’affirme dans son exécution même, il y a l’ancienne Synarchie, l’ancienne Science sociale et ses gardiens, les Orthodoxes doriens du Conseil de Dieu et du Conseil des Dieux.

Concentrés en Égypte comme dans leur dernière forteresse, leur but était de désarmer partout la tête césarienne de l’anarchie intergouvemementale, en frappant les gouvernements absolus et arbitraires qui exploitaient le désordre universel, à l’encontre des antiques gouvernements arbitraux.

Après les Césars ninivites et babyloniens, c’étaient ceux des confédérations syriennes, touraniennes et européennes que les Temples orthodoxes neutralisaient ainsi par le bras des rois de Justice formés par eux.

Or, la conquête ne fut jamais le but, ni de ces temples, ni de ces rois.

Limiter l’anarchie intergouvemementale, les souverainetés arbitraires, les chocs des pouvoirs personnels, la rébellion consécutive et le recours aux armes des multitudes gorgées de criminels exemples, surmenées jusqu’à la ruine par des rois d’iniquité et des politiciens de hasard, contenir les aventuriers s’élevant par le désordre féodal à la couronne, brider l’invasion des Pouvoirs par des ambitieux sans foi ni loi, sans conscience ni science : tel était, dans ces temps troublés, le rôle magistral de la Synarchie égyptienne.

Mais, à ce jeu, de siècle en siècle, le Pharaon, le Premier Magistrat du Collège des Dieux, quelque admirable-

ment âSMCpié qu’il fût par l’Initiation, ne pouvait pas ne point emprunter aux nécessités d’une guerre perpétuelle une certaine allure de Césarisme. i-

Non que ces souverains fussent en rien comparables à ce que furent ou deviendront les Césars d’Assyrie ou de Rome, et toute la tourbe consécutive des ignares représentants de l’Anarchie couronnée sous le nom de Monarchie.

L’Égypte ne tomba jamais si bas dans le matérialisme du gouvernement personnel, tant que son âme vécut, dans ses deux premiers Conseils synarchiques, sa saine et forte vie religieuse et savante.

Son Sacerdoce, heureusement pour elle, n’clail point une simple école de morale primaire, imposant la soumission aux multitudes, et laissant les gouvernants sans autre Contrôle que leur bon plaisir et leur ignorance : loin de là.

S’il en eût été ainsi, l’Égypte, au lieu de durer dixhuit mille ans avant Ménès, et de fournir, depuis ce sacerdote arya, près de quarante dynasties royales, aurait vécu ce que vivent les Peuples et les Sociétés gouvernés, non par la Science, la .îustice et l’Économie, mais par l’ignorance, l’iniquité et le gaspillage.

Le secret de cette longévité, c’est encore une fois l’Autorité du Corps enseignant tout entier, la soumission du Pouvoir à celte Autorité, les emplois à l’Examen.

Loin d’être plus facile aux grands, l'Initiation était au contraire d’autant plus rude, à mesure que l’individu montait les degrés qui conduisent aux plus grandes responsabilités.

Quand Jésus-Christ dira combien il est difficile d’arriver à la Connaissance suprême, il soulignera toujours

que la simplicité du cœur et la simplification ded^esprit, dont le symbole est l’enfant, sont la condition fondamentale pour y parvenir.

Mais l’être né près du trône, est, par situation, tellement informé, tellement altéré dans ses développements possibles, que l’acquisition de l’ancienne Sagesse lui était plus difficile qu’au fils du dernier des mendiants.

C’est pourquoi les deux premiers Conseils enseignaient aussi sévèrement l’Art royal que l’Art sacerdotal, et redressaient par une formidable orthopédie intellectuelle et morale l’ontologie des princes dynastiques.

Et si l’on voit à certaines époques les rois se succéder au trône avec une telle rapidité, en Égypte, dans les Indes et ailleurs, c’est que la médiocrité ou la déviation gouvernementales n’étaient pas longtemps tolérées par les deux premiers Conseils, qui aimaient mieux entretenir à leurs frais la vie plus ou moins désordonnée d’un prince oisif, que de lui laisser au dehors une souveraineté qu’il n’avait pas en dedans.

En Égypte, comme aux fndes, comme dans tout l’ancien Empire de Ram, la vie locale, gouvernée par le troisième Conseil, était aussi libre que possible.

Mais les nécessités extérieures avaient néanmoins contraint le Conseil des Dieux et toute la magistrature à laisser le roi de Justice centraliser dans ses mains un grand* nombre de services.

Les mêmes causes avaient forcé également le Conseil de Dieu à sacrifier beaucoup de son Autorité aux Pouvoirs centralisés du Premier Magistrat.

Il en résultait, chez les vieux Orthodoxes, non seulef ment du Val de Gesseri, mais aussi de toute l’Égypte du

Sud, uù malaise général, une eertaine désaffection cou^ vant sous une prospérité très grande.

Gomme ses prédécesseurs, Ramsès II était contraint de surmener le travail, l’industrie, le commerce, en un mot d’être le centre d’une civilisation poûssée à l’excès.

L’Égypte était occupée à outrance, et tenait le Monde entier eu haleine, non seulement dans la guerre, mais dans la paix, car ses métiers absorbaient' les matières premières de trois Continents, dont les Phéniciens étaient les rouliers maritimes.

Comme dans nos capitales, les constructions étaient devenues une nécessité ruineuse d’Économie publique.

Le soldat rentré dans sort Nôme redevertait ouvrier, et il fallait occuper la masse des travailleurs ; et ce que nos politiciens nomment « le bâtiment », remplissait ce but.

A'Bubaste, à Abydos, à Memphis, on bâtissait et on rebâtissait, on embellissait les anciens temples.

A Louqsor, on finissait le monument d’Ameri-Hotep III.

A Karnak, on dressait le pylône trophéal rappelant la prise de Kadesh.

Spéos d’Ibsamboul, temples de Gournah, de Thànis, Ramesseum, obélisques, statues et monolithes gigantesques, tout se réparait, s’achevait ou s’édifiait dans une activité fiévreuse, impossible à arrêter sans danger.

Hors des temples, le pharaon se multipliait partout.

Magistrat suprême, chef du Conseil des Dieux, chef de l’Armée, chef des Corps savants, toujours fidèle à l’antique Tradition, grand pour son temps, immense pour le nôtre, il était forcé de porter sui* ses épaules un rôle d’un poids effrayant.

Il penchait, sous ce poids, vers le gouffre qui attire le Pouvoir à sa propre ruine, en l’inclinant à devenir personnel.

Dans lès temples où le Sacerdoce était chez lui, où

l’Autorité du Conseil de Dieu trônait enveloppée de-toutes les lumières de la Sagesse et de la Science* le roi n’était plus que le Premier des mémbres du Conseil des Dieux.

Il reprenait son vrai rang dans la véritable hié- rarchie.

Les deux genoux en terre, la tête nue, dépouillé de toute amie, il prenait pieusement le calice et le pain sacré que lui offrait le Grand Prêtre.

Aucun insigne de commandement ne se voyait sur sa personne.

Alors, il entendait d’autres leçons que le chatouillement des flatteries déguisées de Bossuet : Dim seul est grand, mes frères l

A son rang dans sa stalle, il écoutait la voix deo Prophètes accomplissant les rites sacrés, évoquant l’Ame vivante des Ancêtres, dictant leurs enseignements à leur royal auditeur, le reprenant du passé ou du présent, s’il y avait lieu, et lui traçant l’avenir, si sa réponse à leurs interrogations était insuffisante.

Dans les degrés inférieurs du Sacerdoce, vêtu dq lin blanc, portant l’éphod, un jeune prêtre d’Osiris, petit, l’air profondément doux, le front proéminent comme celui d’un bélier, assistait attentif, parmi les sacerdotes attachés à la Maison royale.

C’était Moïse, fils de la première princesse du sang.

Parmi les chœurs des initiés accourus de tous les pays pour s’instruire et prendre rang dans le Conseil des Dieux, on eût pu remarquer un autre homme également jeûné, portant longs ses hlonds cheveux, qui contrastaient avec la chevelure noire de Moïse.

Ce Nazaréen de race royale venait de Thrace ; c’était Orphée, fils d’une prêtresse d’Apollon.

La cérémonie s’achevait par l’offrande royale, faite selon fes rites.

Geignant l’Oréus et la mitre aui cornes de bélier, comme , premier Magistrat du Conseil des Dieux, le pharaon coupait avec une faucille d’or une gerbe de froment qu’il offrait par les mains du Pontife, en holocauste, à Isis.

Alors, une fois la bénédiction prononcée, le roi se relevait, et ses écuyers lui remettaient ses insignes et son casque militaire.

A la porte du temple, il remontait sur son pavois celtique, porte par douze erpads, généraux de son étatmajor.

Devant lui, douze jeunes lévites, sur des coussins brodés d’or, tenaient les insignes royaux, le sceptre des arbitres, à tête de Bélier, l’épée, l’arc, la masse d’armes, etc.

Parmi ces lévites se trouva longtemps Moïse, que nous reverrons tout à l’heure dans les processions sacrées, portant soit l’arche d’or, soit les tables ou les pains de ^ proposition, les calices ou l’encensoir.

En avant, marchaient les orchestres royaux, puis les chœurs innombrables avec leurs chefs d’attaque agitant leurs bâtons et marquant la mesure.

Puis venaient la Maison du Roi et les Collèges sacerdotaux, suivis des Initiés aux grands et aux petits Mystères.

La magnificence des vêtements égalait celle des céré- monies, depuis les Pontifes avec leur tiare blanche, leur pectoral et leur théologal resplendissant du feu des pierres symboliques, jusqu’aux dignitaires avec les décorations de l’Agneau, du Bélier, du Lion, du Lis, de

l’Abeille, suspendues comme la Toison d’Orà des chaînes massives, admirablement travaillées.

Enfin, les corporations fermaient la marche, avec leurs emblèmes et leurs bannières déployées.

Sous celte pompe, la Divinité de l’État social, la Sagesse et la Science, existaient encore dans une puissance incroyable pour les modernes.

Mais le Sacerdoce orthodoxe se sentait presque seul sur la Terre à défendre, avec des armes que la lutte même émoussait, l’antique Dieu Social contre l’envahissement de la médiocrité, contre la politique, contre le despolime d’en haut et d’en bas, contre le déchaînement des passions et des instincts hurlant autour du cercle magique des frontières de l’Égypte.

Le peuple était et croyait tout ce qu’il voulait ; car, hors (lu premier degré d’instruction professionnelle, hors de la morale primaire et de la psychurgie du Culte des Ancêtres, rien ne lui était imposé, bien que tout lui fût accessible, suivant sa volonté.

Toujours la même dans tous les temps, la multitude pouvait prendre les signes pour les choses signifiées, les symboles pour les Causes, les hiéroglyphes pour les Puissances cosmogoniques, les princes pour les Principes, les prêtres et le culte lui-même pour la Religion et la

Mais jusque chez les plus déshérités, l’enseignement moral et psychurgique était excellent, bien que les symboles n’en fussent pas scientifiquement expliqués.

Le bjaptisé et l’euchariste avaient sur la Vie visible et invisible des notions précises, quoique primaires.

Un rouleau sacré contenant une magnifique confession de foi, était pieusement gardé par l’adulte jusqu’à la

mort, et raccompagnait encore jusque dans la Vie d’outre-topibe, admirablement connue, révérée et secondée par les vivants de ces temples.

J’ai promis défaire assister le lecteur à une procession purement sacerdotale.

Il y va voir passer le Dieu Social porté solennellement dans les livres de l’Enseignement sacré.

En tête marche le Recteur des Mathématiciens.

Devant lui sont portés les attributs de la Musique et les livres d’Hermès traitant de l’Arithmologie et de la Morphologie quantitatives et qualitatives, des hymnes des Dieux suivant des modes arithmétiquement et géomé- triquement appropriés à leur sphère de Vie cosmogonique, et enfin des règles de la vie royale.

C’est toute cette partie de la Science qui fait l’objet de l’un des livres deFo-Hi, dont nous avons parlé.

Ensuite vient l’Horoscopé, grand Maître des Sciences généthliaques.

L’horloge et la palme le précèdent, ainsi que les livres renfermant la Cosmogonie biologique, la physiologie de notre Système solaire, au double point de vue hyperphysique et physique.

Après, vient le Scribe sacré, grand Maître de la Science et de l’Art hiérogrammatiques, de la Symbolique sous toutes ses formes.

La plume, la règle, l’encrier sont ses emblèmes.

Ses livres roulent sur les clefs des hiéroglyphes, la Cosmographie, la Géographie, les Cycles solaires, lunaires, planétaires, la Chorpgraphie, l’Hydrographie, les instruments de physique et de chimie, les règles positives des rites sacrés, des lieux appropriés, les Nombres, Poids et

Mesures, enfin l’esthétique du cérémonial dans tous ses

genres,

L’analogie avec les livres de Fo-Hi est encore ici évidente.

Puis, marche le grand Maître de Justice, avec ses symboles : la coudée figurant l’égalité devant la Loi, l’équité de la Loi elle-même ; le ealice ou la coupe figurant la participation du Conseil des Dieux à la grande Communion sacerdotale avec la Vie spirituelle de l’Univers, par l’Initiation à la Sagesse et à la Science intégrales.

Les livres roulent sur ce que les jurisconsultes de Rome, contrefacteurs de la Synarchie étrusque, appelleront la Science des choses divines et humaines, c’est-à-dire le Droit sacré et profane, le culte des Dieux, les sacrifices, la règle des assemblées judiciaires, etc., etc.

Enfin le Prophète clôt la marche.

Les lévites portent ses emblèmes : l’aiguière d’or, les pains de Communion.

Comme Pontife, il a en garde les dix livres sacerdotaux réservés à l’initiation suprême, et portés dans l’Arche sainte.

Je ne citerai que quatre de ces sciences : Théurgie, Magie, Thérapeutique sacrée, Alchimie.

Paris possède la statue d’un grand prêtre de Memphis, Phtah-Mer, qu’on peut voir au Louvre.

Sur cette statue sont écrits ces mots significatifs : « Il n’était rien qui fût voilé pour lui ; et il couvrait d’un voile l’essence de tout ce qu’il avait vu. »

Ainsi fera Moïse une fois prêtre d’Osiris.

Ainsi dut faire l’Ordre dorien des Abramides, en subissant la Thorah ou Loi du Taureau.

Genèse, ch. XX, v. 16 : « Vous aurez toujours un voile devant ceux avec qui vous serez. »

Voici un passage de Zosime, le Panppolitain, reproduit par Olympiodore, el extrêmement significatif, au sujet des sciences et des arts réservés au Sacerdoce, et particulièrement en cc qui regarde l’Argyi opée et la Chrysopée, c’est-à-dire la transmutation des métaux en argent et en or.

« Tout le royaume d’Égypte était sustenté par ces arts.

« Il n’élait permis qu’au plushautSacerdocedes’y livrer.

« Tout prêtre qui aurait commenté les écrits hermé- " tiques des Anciens eût été mis hors la Loi.

« 11 possédait la Science, mais ne la communiquait point.

« C’était une loi chez les Égyptiens de ne rien divul- « guer sur ce sujet, excepté aux fils des Uieux et, le cas « échéant, au prince héritier. »

Clément d’Alexandrie, d’après bien d’autres auteurs, dont Jamblique, confirme ces informations :

« Les prêtres ne divulguaient leurs Mystères qu’aux '< initiés dont la vertu et la sagesse exceptionnelles so (' révélaient par l’cixamen et [lar l’épreuve. »

Tollé était la Loi des Mystères que le schisme d’irshou ‘avait remise en vigueur chez les Orthodoxes.

De plus, à la suite de l’Empire babylonien, le Pouvoir politique des schismatiques fit une nouvelle obligation de cette mesure de prudence, comme nous l’avons vu à propos de la Saraï ou de la Synthèse des Sciences doriennes sauvegardée par l’Ordre des Abramides.

C’est pourquoi nous verrons la politique romaine, fille criminelle de l’Iniquité gouvernementale d’Assyrie, s’acharner, comme le misérable autocrate chinois qui fit brûler les livres de Fo-Hi et décimer le Corps des Lettrés, à noyer dans le sang les défenseurs et à dévorer dans les flammes les livres de l’ancienne Synthèse.

En Égypte, outre les quarante-deux volumes d’Hermès renfermant les Principes de cette Synthèse et de ce Dieu Social, et qu’on portait dans les cérémonies, comme nous venons de le voir, il y avait encore, dit Manéthon, près de trente-sept mille volumes roulant sur la Science sacrée.

C’est pourquoi les anarchistes Césars, héritiers des Prud’hommes anarchistes du Sénat de Rome, jaloux de l’antique Autorité, dont cette Sagesse et cette Science étaient l’Esprit et l’Ame, s’acharnèrent sur son corps renferme dans ces livres sacrés.

L’infâme Dioclétien fera marcher ses soldats, en Égypte, sur le Conseil des Dieux, sur le Conseil de Dieu, et, à travers des monceaux de cadavres, fera saisir et jeter au feu les livres sacerdotaux.

Parce que c’est là qu’était la source divine de l’Autorité sociale de l’Égypte et du Monde entier, parce que le Pouvoir personnel en rupture de ban sentait que jamais il ne pourrait jouir eu paix de son crime, ni gouverner les Nations sans Contrôle, tant qu’une Arche sainte renfermerait la Sagesse et la Science dont je parle.

De plus, quoique saignée à blanc par la Bête romaine, ' quoique épuisée d’exactions et de rançons, tant qu’un prêtre pouvait étudier la Science Sacrée et pratiquer certains arts dans les laboratoires des temples, l’Égypte, n’étant jamais pauvre, n’était jamais dépourvue du nerf de la résistance à l’iniquité par la guerre.

J’ai tenu à faire revivre dans l’esprit du lecteur le milieu dans lequel Moïse se développe, à ce grave moment de la Vie du Genre Humain.

Le Sacerdoce dans lequel il grandissait en Science et en Sagesse, sentait que, depuis seize siècles, l’antique

Unité croulait, malgré tous ses efforts infatigables , et que Tuniverselle déchéance entraînait comme un tourbillon l’Égypte elle-même dans la tempête de la Politique pure.

Les deux premiers Conseils avec leurs ramifications dans le Monde entier voyaient partout la force brutale éclipser l’ancien Droit, s’affirmer dans le despotisme des gouvernants, dans les révoltes des gouvernés, dans l’esclavage des pires périodes barbares remis en vigueur, grâce à des guerres internationales sans fin, remplaçant l’antique Arbitrage.

A travers tous les sanctuaires orthodoxes du Monde, représentant toutes nos Facultés enseignantes actuelles et toutes celles qui nous manquent, les Sages et les Savants égyptiens consacraient leurs derniers efforts à conserver encore à la Vérité des autels, à la Science des refuges, à la Civilisation des remparts, à la Liberté des asiles, au Règne du Dieu Social, des arches de salut sur les flots entrechoqués d’un déluge autrement redoutable pour l’Humanité que celui des Océans.

En Égypte, le pied de guerre n’éf/iit pas plus du goût des trois Conseils que du Peuple tout entier, ni que des Hébreux du Val de Gessen, que ce peuple suivra bientôt par millions au Désert.

L’organisation égyptienne était avant tout intellectuelle et intelligente, et elle répugnait à l’emploi de la force brutale, comme toutes les Sociétés issues de l’ancienne Synarchie, la Chine y comprise.

« On peut faire la guerre, disent les anciens livres classiques de l’art militaire chinois, mais avant d’en venir à cette extrémité, il faut être absolument certain qu’oii a le Bien général de l’Humanité pour prin-

cîpe, la Justide universelle pour but, l’Équité pour règle.

On né doit se déterminer à attenter à la vie d’une collectivité d'hommes, que pour conserver la Vie d’une plus grande collectivité ; et, seule, la nécessité d’assurer la tranquillité publique peut autoriser la Volonté dirigeante à troubler le repos d’une partie de celte Unité.

La guerre aux individus ne doit avoir pour mobile que le Bien général de l’Espèce.

Aussi ne faut-il vouloir que ce qui est dû, que parce qu’il est dû, ne l’exiger que comme il est dû, en pesant les mobiles nationaux eux-mêmes dans les balances du Droit universel de l’Humanité.

Il résulte de là que, seule, la Nécessité la plus iné- luctable doit faire sortir du fourreau l’épée du Chef de l’Armée.

Or, si l’on ne fait la guerre que par nécessité, et dans les conditions intellectuelles et morales que je viens d’indiquer, on aimera ceux mêmes contre qui l’on combat.

On saura s’arrêter au milieu des conquêtes les plus glorieusement entraînantes.

On devra même oublier ses propres intérêts natio- ■ naux pour rendre au peuple, tant vainqueur que vaincu , toutes les conditions de la tranquillité première et de la sainte Paix dont on jouissait auparavant. »

Quelques siècles plus tard les mêmes sentiments se trouvent exprimés par un des plus grands hommes de guerre de la Chine, Sun-Tsé, chef de l’état-major du Céleste Empire.

« Faire la guerre est chose mauvaise en soi.

Tant que la Providençe, présente dans l’intelligence

humaine, peut l’éviter, il n’y a jamais nécessité de l’entrepreïidre.

Les batailles, quelle qu’en soit l’issue, sont toujours funestes pour les vainqueurs tout les premiers.

Il ne faut les livrerque lorsqu’on ne peut plus faire la guerre autrement, avec les forces directes de la pensée et de la conscience.

Lorsqu’un souverain se sent animé par la colère ou par la vengeance, qu’il ne tire pas l’épée, qu’il ne mobilise pas de troupes.

Lorsqu’un général se sent dans le cœur les mômes sentiments, qu’il se garde de livrer bataille.

Car l’un et l’autre sont dans les ténèbres intérieures et il faut toute la sérénité de la lumière pour que l’intelligence et la conscience attirent sur leurs déterminations et sur leurs entreprises la bénédiction de l’Humanité et de la Divinité.

La guerre est, dans les rapports des Peuples, ce qu’une maladie aiguë est dans l’harmonie des organes du corps.

L’une demande autant de Sagesse et de Science que

Dans les maladies, il faut savoir le moment d’appliquer •les remèdes, le temps qui leur est nécessaire pour agir, celui où il faut reccueillir les effets de leur action.

Dans la guerre, il faut savoir le temps de la commencer, le temps de la pousser à fond, celui de la suspendre par un armistice, ou de la terminer par un traité.

Ne pas faire ces distinctions, ou, si ou les fait, ne pas les respecter, c’est se placer en dehors de la vie réelle, c’est vouloir tout perdre, c’est n’avoir point d’Humanité.

Si vous ave2 de l’Humanité, vous saurez, vous sentirez que tout affligé est respectable.

Vous a’ajouterez pas affliction sur affliction, douleur sur douleur, infortune sur infortune.

Dans la guerre, même en face de vous, vous ne devez pas voir d’ennemis.

Concluez donc quels doivent être vos sentiments pour vos propres gens, pour vos soldats, pour vos officiers. «

Je ne puis résister au plaisir de citer encore un de ces passages admirables des instructions morales de l’ancienne école d’état-inajor de l’Empire du Bélier, dont Fo-Ili lui-même fut membre.

En parlant de cet antique Empire, ses livres disent :

« Lorsque la nécessité ordonnait d’appuyer le Droit public par la sanction des armes, on mettait tous ses soins à ce que la guerre fût courte.

On en finissait rajudement, parce que personne n’avail intérêt à en prolonger le cours.

On combattait sans aucune animosité, parce qu’on ne marchait à la bataille que pour prêter force à la Loi lît au bon Ordre de l’Humanité entière.

Parfois même, quelques préparatifs qu’on eût faits, quelque favorable que fût l’occasion, on se dispensait de combaltre, si, parla persuasion ou par tout autre mobile direct, on pouvait engager les rois ou les peuples rebelles à rentrer dans la Loi.

Cette victoire était considérée comme la pins glorieuse, parce qu’elle était directe, sans la médiation des armes extérieures, parce qu’elle appartenait en propre à la Justice, et constituait un triomphe pour l’Humanité.

Voilà comment on se comportait autrefois, avant que d’entreprendre la guerre.

Il y avait une science et un art de s’y préparer, de la déclarer, de la commencer, de la terminer, de la conclure, et par conséquent de n’y mettre aucune passion.

Tout, au contraire, y respirait l’Esprit que nous; nommons rHumanité. »

Tel était, non seulement en Chine et en Égypte, mais dans tout l’ancien Monde, le divin Enseignement que les deux premiers Conseils donnaient à la guerre même.

Aussi n’avait-il fallu rien moins que toutes les fatalités politiques, déchaînées par Irshou, pour que l’Inde et l’É- gypte fissent au pouvoir militaire la large part que commandaient les circonstances.

Le pharaon était bien toujours dans son essence un roi de Justice, un Melchisédec, le Chef extérieur du Collège des Dieux ou des magistrats, mais le Chef de l’Armée l’emportait dans ce dernier sur l’Arbitre international.

Les trois ConseilsetlePeuple tout entier en souffraient, tout en se pliant à cette inéluctable nécessité.

Dans le fond de leurs Mystères, les Orthodoxes retrouvaient encore la lumière éblouissante du passé; mais, au dehors, ilssentaient l’empire des ténèbres gagner chaque jour plus de place.

Comment, en seize siècles, avait-on pu entamer à ce point le Gouvernement Général de la Sagesse, dft la Justice, de l’Économie universelles, la Synarchie, le trésor commun de l’Humanité, que le Génie uni à la Providence avait fait descendre du Ciel même?

Comment, reconquérir celte santé , cette harmonie, cette Unité du Corps spirituel du Genre Humain?

Là, gravée sur le granit, sur le porphyre et sur le basalte, n’avait-on pas la preuve que le Règne de Dieu avait existé, que les peuples en avaient formé ici-bas le divin Royaume, pendant trois mille six cents ans?

Ce qui fut, sera ; mais comment, dans combien de temps.

Le premier Lama, dont la grande t*yramide est le symbole astronomique et géogonique, le premier Souverain Pontife dont l’Ordre envoya l’antique Ménès, après le gouvernement de l’Égypte par le Conseil des Dieux, Ram, enfin, n’a-t-il pas promis, en mourant, de faire pour l’Humanité l’effort immense, le sacrifice inappréciable de s’arracher à la Vie bienheureuse, au Temple de la Cité Solaire, pour revenir, quand cela serait nécessaire, reprendre un vêtement de douleur dans le sein d’une femme et dans le corps vagissant d’un enfant?

Telles étaient les conversations des Orthodoxes dans le secret des Sanctuaires, et alors ils recouraient à la Science sacrée, et l’ineffable leur parlait.

Nous pouvons suivre par la pensée Moïse grandissant parmi ces Sages, montant avec eux les degrés du Sérapéum de Memphis, au fond d’une avenue de six cents sphinx, visitant les temples colossaux d’Esneh, de Denderah, de Tlièbes et se perdant dans l’ombre de leurs dédales pour aller boire à flots la Lumière des initiations.

Longtemps, parvenu à la série supérieure des Ensei- ' gnements, il appartint au temple d’Ammon-Ra.

De là, la légende relative aux prétendues cornes de Bélier qu’il portait.

Souvent son regard, après avoir embrassé les destinées passées, présentes et futures de la Terre, quittait les Cycles pour suivre avec attention ce qui se passait en Syrie et en Palestine et venait se reposer sur le paisible canton de Gessen.

Ces intraitables, ces indépendants l’attiraient.

Ces hommes de col raide, pour lesquels tout Pouvoir politique était un étranger, toute contrainte civile ou

administrative une usurpation, tout arbitraire une intolérable injustice, ces hommes lui plaisaient.

, En Égypte, comme partout, les nécessités extérieures, pesant sur le Pouvoir central, tendaient à séparer définitivement la Morale de la Politique, la Religion de la Loi proprement dite.

C’est là que gît la cause morbide la plus funeste, la plus mortelle qui puisse désorganiser tout Gouvernement, soit général, soit particulier.

Christna y avait remédié dans les Indes, Zoroastre dans la Bactriane, Fo-lli eji Chine, en soumettant absolument la Politique à la Morale, le Pouvoir à l’Autorité.

Mais les guerres continuelles de l’Empire assyrien avaient écrasé sous l’arbitraire l’œuvre de Zoroastre.

Les mêmes causes eussent atteint la Chine, sans son isolement de tout contact avec les grands empires, et elles tenaient l’Égypte enserrée dans un cercle de guerres devant aboutir à une is.sue fatale.

C’est pourquoi, en feuilletant au fond des temples l’encyclopédie hermétique, la Saraï des Doriens abra- • mides. Moïse, comme le lion, regardait au loin vers le Désert, et, au delà encore, vers les tours de Salem, la ville de la Paix, la Cité fidèle à la Loi du Royaume de

C’est pourquoi, en portant ses regards vers le Val de Gessen, il admirait ces opiniâtres, dédaignés, ignorants, entêtés comme nos Bretons actuels, mais respirant encore l’Unitarisme de l’ancien Cycle, ne voulant rien entendre à la Politique séparée de la Morale, à la Loi séparée de la Foi, mais fidèles à l’Enseignement et à l’Arbitrage de l’Assemblée des pères et des mères de famille, dédaignant l’offîcialisme, mais courbant la tête avec respect

devant leurs haqs et leurs zakens, saluant avec piété tout représentant de la Science et de la Sagesse.

Chaque joùr, le prêtre d’Osiris recevait et contrôlait les rapports des scribes envoyés en toqrnée dans le Delta.

Aucun Nôme d’Égypte n’était aussi récriminateur que ce petit coin de terre, aucun n’était plus ferré ni plus à cheval sur son droit, sur ses libertés locales, aucun plus récalcitrant à tout abus de pouvoir.

C’étaient des criailleries sans lin, d’autant plus que les Égj’pliens proprement dits n’aimaient pas les Apurus, que ces derniers esquivaient volontiers les corvées, et qu’alors les officiers de gendarmerie donnaient des ordres, que les sous-ofüciers traduisaient par des coups de bâton.

La même indépendance, le môme appel à l’égalité devant la Loi a toujours accompagné ces Bodliones, depuis l’Europe occidentale jusqu’aux Indes, depuis les Indes jusqu’en Algérie.

C’est pourquoi le jeune prêtre d’Osiris allait parfois contrôler lui-même les rapports des scribes, et, quand il revenait dans sa cellule, il restait longtemps songeur, son vaste front dans ses deux mains.

CHAPITRE XII

MOÏSE. — ORPHÉE. — L'EXODE

Un jour, Moïse était en tournée d’inspection.

Le Sacerdoce gardait encore tout le Contrôle des services centralisés dans les mains du roi.

Ceux des travaux publics avaient pour surveillants directs un vaste corps de gendarmerie relevant de la Garde de la Maison du Pharaon, dont faisait partie la fameuse légion de Phra.

Les gendarmes se bornaient au maintien de l’ordre ’ matériel entre les ouvriers des différentes races.

Les ingénieurs et les architectes des temples dirigeaient les travaux, et l’administration proprement dite appartenait aux scribes sacrés.

Terrassiers, tailleurs de pierre, briquetiers, charpentiers, forgerons, toutes les corporations étaient embrigadées par compagnies de deux cents hommes.

A la tête de chaque compagnie d’ouvriers était un capitaine de gendarmes.

Les questions ouvrières étaient, alors comme aujourd’hui, une grave affaire.

Les ^èves existaient comme maintenant, exploitées par les politiciens du dedans et surtout du dehors.

Comme l’exclusivisme national existait moins dans ces Sociétés que dans les nôtres, toutes les Races se mê- laient dans un État où les institutions portaient encore un caractère impersonnel.

Mais rinlronisation de la Politique pure dans le gouvernement césarien de l’Assyrie, dans les fédérations républicaines de la Syrie et de la Méditerranée, ainsi que dans la direction des peuples touraniens, ne négligeait aucune occasion de faire pièce à l’Égypte ni à l’Inde, à la Perse ni à la Tauride du Caucase, à la Grèce ni à l’Étrurie.

Aussi, susciter les questions de race entre ouvriers, accentuer leur opposition aux conditions de salaire de l’État, provoquer des grèves et des émigrations en masse pour inonder d’un coup l’Égj'pte de produits étrangers après en avoir fermé les usines et les ateliers, tel était, alors comme aujourd’hui, le vieux jeu dans lequel les hommes d’État ne craignaient pas de biseauter leurs cartes.

Le règlement de ces questions entrait dans les mobiles des guerres soutenues par l’Inde, puis par l’Égypte, et les traités de paix ne négligeaient point de leur accorder une grande attention.

Ces traités n’étaient point, comme de nos jours, l’œuvre d’une vaine diplomatie, mais des Corps savants spéciaux dans les questions des rapports de Culte à Culte, d’État à État, de Nation à Nation.

Dans l’ancien Arbitrage, dans l’ancienne Synarchie, tous ces rapports ramenés à leurs lois scientifiques et à leurs Principes sacrés avaient été minutieusement étudiés, mais la Thorah ou Loi du Taureau avait singuliè-

renient modifié l’antique Rama, la Loi du Bélier ou d’Âmmon.

Néanmoins, depuis Ahmès, l’Égypte avait remis la vieille Sagesse en vigueur.

Aussi, toutes ses guerres ii’avaient-elles pour but que de rétablir sans cesse les conditions de la Paix dans l’Esprit où sont écrits les livres chinois sur cette matière.

Les traités étaient l’œuvre du Sacerdoce, et la signature de la Paix y envisageait les questions suivantes :

Pas de conquêtes, indépendance du vaincu, alliance offensive et défensive avec lui, neutralisation des voies communes de terre et de mer, protection réciproque des caravanes et des flottes, du commerce et de l’industrie, tribunaux d’arbitres sacerdotaux, juridiques et économiques, renvoi des émigrants indemnes de toute peine, extradition des coupables, excepté hors des villes de refuge et de purification religieuse.

Ces traités solennellement consacrés étaient mis sous la garantie des Dieux représentés par les deux premiers Conseils des pays contractants.

C’est ainsi que Ramsès 1", Séti 1", Ramsès II, continuèrent le programme de leurs prédécesseurs.

Pendant la guerre, les prisonniers traités, non en es- • claves comme dans les républiques, mais en hommes libres, sous la surveillance de la gendarmerie, étaient employés aux travaux nationaux.

Mais la conclusion de la Paix entraînant la libération et l’échange des captifs, réduisait l’Égypte à sa propre main-d’œuvre suffisante, si les grèves ou l’émigration ne venaient pas la diminuer, à l’instigation de la politique des autres peuples.

Déjà, sous la conduite d’Inachus et de Cadmus, des exodes importanis avaient eu lieu.

Depuis que Ramsès II avait épousé la fille de Khétasar

roi des Rhètes, la Paix étant revenue, les vides de la main-d’œuvre avaient dû être comblés.

Le Delta, comme tous les Nômes, avait dû fournir son contingent de travailleurs, proportionnellement aux recensements que les Bodhones ont toujours eu particulièrement en horreur.

Aussi la ruche des petites Communes hébraïques bourdonnait-elle plus que jamais.

Rien n’était plus désagréable à un Hébreu que de quitter son foyer, son kahal, pour aller se mêler à des étrangers, se sentir mener par un autre commandement que celui de son zaken.

Pendant plusieurs mois, adieu la vie de famille, d’aldée et de tribu, la seule qu’aimassent ces pauvres gens.

Une fois embrigadés, en très petit nombre dans chaque compagnie de deux cents hommes, ils devenaient le point de mire de tous leurs camarades égyptiens.

La brimade allait son train, la revanche le sien, et la canne du gendarme donnait l’épilogue.

Or, comme le règne exceptionnellement prospère de Ramsès II dura soixante-sept ans, et que les travaux y •furent indiscontinus, la brique et le moellon devinrent pour le Val de Gessen une sorte de Bête de l’Apocalypse, et la fermentation des esprits fut aussi grande que les nécessités des travaux publics de l’Égypte.

Toutes les pyramides de ce pays pesèrent bientôt sur les épaules hébraïques.

Autant les Apurus s’étaient plu dans le Delta, tant que leurs habitudes familiales et communales y avaient été indemnes, autant ils se dégoûtèrent quand il leur fallut subir les exigences administratives, les corvées et les contraintes officielles, communes à tout le peuple égjptien.

Mais ce qui les exaspérait surtout, c’était de n’être pas commandés par leurs propres chefs.

Aujourd’hui encore, les peuples dont la libre et sage Constitution sociale porte le cachet puissant du Cycle de Ram, la marque divine de la Synarchie du Bélier, affectent une pareille répugnance au commandement direct de l’étranger.

Transportées loin de leur patrie, les associations chinoises obéissent comme un seul homme à la voix de leur propre chef élu par elles, si on le laisse les commander.

Alors il n’y a pas d’honnêteté absolue, de sobriété, de travail sans égal dont elles ne soient capables, et, nulle part ailleurs on ne trouvera plus d’intelligence, d’activité ni de probité.

Mais, sous le commandement direct d’un Européen, qui ne sait parler ni à leur esprit ni à leur âme le langage auquel ils sont accoutumés, les Chinois sont comme un navire sans capitaine, et leur bonne volonté cesse absolument.

Tels étaient les Hébreux, depuis les mines du Sinaï jusque sur les routes stratégiques, dans les bataillons ouvriers travaillant aux canaux, aux forts, aux temples, etc.

Ce n’est pas que l’administration ne fût point sage ni prévoyante, ni qu’elle ne distribuât pas fidèlement les vivres, les vêtements, les salaires, ni que les logements ne fussent point salubres.

Loin de là, l’Égypte était un modèle sous ce rapport comme sous bien d’autres, et depuis le scribe du temple jusqu’à l’homme au manteau qui était le médecin officiel, tous les contrôles étaient des plus minutieux.

Tous ces contrôles allaient jusqu’au Conseil de Dieu, jusqu’à la Commission suprême de ce Conseil.

Le Chef de cette dernière était Kabagu, en même temps conservateur des archives de la grande bibliothèque de Thèbes.

Moïse partait en inspection à son tour comme ses camarades d’initiation, Hora, Mérérnapu, Anana, scribes sacrés.

Il quittait alors les neuf prêtres savants attachés à la personne du roi, et Sethi-Ménephta, fils de Ramsès II, et la princesse royale, sa mère adoptive ou réelle.

On peut voir, dans le rapport écrit en langue démotique par le scribe Kanitzir à son supérieur Bakenptah, les Apurus, les Hébreux transportant des pierres sous les ordres du capitaine de gendarmes Ainénéman.

Le même document mentionne les distributions de vivres faites aux soldats et aux ouvriers embrigadés.

On reliait, en ce moment, Pélusium à Héliopolis par une chaîne de forts et de grandes places de guerre telles que Ramsès et Pachtum, près du canal d’eau douce qui joignait le Nil à la Mer Rouge, dans les positions qui s’appellent aujourd’hui Wadi-Turailat.

Pendant son inspection, Moïse vit un Égyptien maltraiter un Hébreu : Exode, ch. II, v. 11. La Loi religieuse faisait un devoir de défendre l’homme injustement attaqué.

En défendant l’Hébreu, Moïse tua l’Égyptien : Exode,

, Le prêtre d’Osiris s’était mis sur les bras la plus redoutable affaire qui pût lui arriver.

Sous les Pasteurs, il se fût justifié aisément; mais

sous les Ramsès, l’antique Loi avait repris toute sa vigueur.

Moïse enterra le cadavre dans le sable : Exode, ch. II,

Mais l’Hébreu qu’il avait sauvé, ne le reconnaissant pas comme de sa race, lui manqua de gratitude.

Le lendemain, en effet, voulant arrêter deux Apurus qui se battaient. Moïse s’entendit apostropher par eux de la manière suivante :

« Es-tu notre prince? Es-tu notre juge? Est-ce que tu veux nous tuer comme l’Égyptien d’hier? » {Exode, ch. II,

Avec la divulgation, la dénonciation pouvait venir, et la poursuite judiciaire commencer.

A la cour, le pharaon, pressentant le génie de Moïse, le craignait, à cause de son fils Sélhi Ménephta.

11 est nécessaire ici de rappeler au lecteur les habitudes juridiques de cette époque.

Dans toutes les Sociétés de la Race celtique, la vindicte publique n’appartenait point aux tribunaux, mais seulement aux plus proches parents de la victime.

Ces derniers se transformaient en accusateurs comme nos procureurs, et s’inscrivaient dès lors comme Goëls, vengeurs du sang.

La Justice, représentée par des membres du Conseil des Dieux, restait absolument neutre, purement arbitrale, comme dans les pays où subsiste encore aujourd’hui la Coutume néo-celtique, le Droit d’Odin.

Le Conseil des Dieux se contentait d’exiger la preuve du crime ou de l’innocence, et prononçait la sentence de condamnation ou d’acquittement.

L’Angleterre a conservé ces habitudes arbitrales.

Au contraire, sous ce rapport, le Code Napoléon, le

Droit romain, viennent en droite ligne de la Loi du Taureau, du schisme babylonien, de la séparation du Droit proprement dit d’avec l’Équité religieuse.

Une fois le verdict défavorable prononcé, son exécution appartenait aux Goëls.

On livrait le condamné aux parents de la victime, qui requéraient l’application des peines en usage, selon les lois et les rites du pays.

Le schisme d’Irshou, le despotisme inauguré par Ninus, les guerres de conquête, en déchaînant les passions et les instincts des Peuples et des Races, avaient partout éclipsé la Science et la Sagesse des lois de Ram.

Les crimes s’étant multipliés, les peines s’étaient d’autant plus aggravées que la Politique compliquait tous les rapports sociaux, sur des territoires où orthodoxes et schismatiques, vaincus et vainqueurs, conquis et conquérants se coudoyaient à chaque pas.

Loin des juridictions régulières, le talion correspondant à la loi de Lynch s’appliquait couramment, entraî- nant d’affreux abus.

Les deux premiers Conseils, partout où ils le pouvaient, s’efforçaient de modérer au loin ces représailles de familles et de tribus qui durent encore aujourd’hui.

Dans les pays orthodoxes, comme l’Égypte, le Conseil des Dieux conservait une prérogative importante : la conversion de la peine de mort en exil. ^

De son côté, le Conseil de Dieu en gardait une autre tout aussi solennelle : l’inviolabilité du fugitif dans les temples déclarés lieux de refuge.

Sous les mythes tragiques d’Euripide, de Sophocle et d’Eschyle, on peut voir combien, dans cette période faussement dite héroïque, l’influence des Assyriens, des Phéniciens, des Touraniens et des invasions de ces der-

niers schismatiques en Europe, avait surexcité les instincts au sujet des représailles.

Dans Hercule furieux, v. 732; dans Œdipe à Colone, V. 274; dans les Chocphores, v. 64; dans Electre, v. 360, 388, 392, ce n’est plus le large esprit de Ram, ni du Droit universel du Bélier, qui contient la famille, la commune et la tribu.

Il n’y a pas jusqu’aux Ordalies que le désordre général n’eût laissé réapparaître.

Ces vieilles épreuves se montrent dans la bouche du coryphée des gardes de VAntigmie de Sophocle :

Nous offrons d’empoigner des fers rougis aux flammes,

De marcher à travers des bûchers embrasés ;

Nous prenons tous les Dieux à témoin que ce crime N’a pas été commis ni médité par nous.

Ainsi s’éteignait dans ses colonies grecques l’Empire de Ram, à l’époque où le condisciple de Moïse, Orphée, partira d’Égypte pour aller relever les deux premiers Conseils et réinstituer le tribunal des Amphictyons.

C’est à son mouvement, c’est à sa mission qu’Euripide fait allusion dans Oreste, à partir du vers 511, à propos de la loi orphique, relative à la commutation de la peine de mort en exil :

Dans leur sage équité, nos aïeux ont voulu

Que l’homme qui s’était souillé Tàme d’un meurtre,

Put éviter les yeux vengeurs braqués sur lui,

Et fuir le talion en fuyant la patrie,

Eustathe de Constantinople, dans ses Commentaires sur l'Iliade, p. 609, rapporte que le meurtrier devait profiter de cette absence pour se faire purifier dans un temple et en rapporter une attestation de renaissance.

Les épreuves expiatoires, tant physiques que morales, étaient terribles.

Il fallait uné absolue volonté, de se redresser, pour pouvoir les endurer.

C’était du reste dans ce but que les thérapeutes de l’âme et du corps avaient calculé avec autant de Sagesse que de Science leurs rites et leurs cérémonies.

Ces lois existaient en Égypte dans leurs plus magistrales applications, et c’est là qu’Orphée s’en inspirait à ce moment même.

C’est pourquoi, Moïse s’exila dans la Haute Égypte, dans le pays de Madian, à l’ombre du Temple dont Jéthro était le grand Prêtre, le Raguel, Surveillant du Grand Dieu :

Bien que rédigé par Esdras sur d’anciens manuscrits, et n’offrant pas l’intérêt d’Orthodoxie dorienne des cinquante Chapitres de Moïse, l’Exode renferme cependant des Mystères importants, relatés à la manière kaldéenne, assyrienne ou Ma-Asshoure, qu’il ne faut pas confondre avec la seconde Massore.

C’est ainsi que l’histoire du puits, des sept filles du Raguel, venant abreuver les soi-disant troupeaux de leur père, et des sept prétendus pasteurs hostiles, repré- sente allégoriquement certains mystères de l’Initiation bien connus des anciens Kabbalistes.

Allez du fond du puits tirer la Vérité.

Ce vers montre que ces anciens Mystères ont passé dans nos langues, bien que leur antique réalité ne soit plus comprise ni expliquée.

Le nom de Moïse lui-même signifie le Baptisé, et sOh nom égyptien avant sa purification était Asarsiph.

Il est inutile de dire ici à quel ordre de faits cosmogo-

niqués et humains se rattachait alors le baptême ; et nous laisserons Moïse descendre dans le fameux puits des Pyramides pour aller chercher jusque dans la mort volontaire, jusque dans le tombeau, la mundificalion par l’eau, la purification par le feu, la vivification par l’air et par la terre, la résurrection dans le Dieu Vivant par l’Éther ou l’Akasa.

Le pays où il avait trouvé refuge, le temple où il allait recevoir sa suprême initiation était prédestiné à lui transmettre les plus vieilles Traditions.

Un collège d’Orthodoxes ramides se trouvait là :

Ses membres n’étaient point de Race celtique, ni n’appartenaient point aux Doriens de Kaldée comme les Abramides; ils étaient Éthiopiens de peau noire, de la même Race que les anciens maîtres de l’Asie et de l’Afrique avant Ram.

On retrouve encore cette Race, mais mélangée dans les Aryas de peau brune.

Leurs Sciences et leurs Traditions sacrées remontaient jusqu’aux premiers Cycles humains antérieurs à celui du Bélier, bien qu’ils eussent accepte la refonte des anciennes Traditions, la Loi marquée de cet hiéroglyphe zodiacal.

G’ctaient donc des Orthodoxes par excellence.

Anciens maîtres de l’Égypte jusqu’au Nil, les hommes de celte Race en seront encore les derniers défenseurs, et sacreront, comme pharaon, l’un des leurs, sous le nom significatif de Tharaka, troisième roi de la vingt-cinquième dynastie.

Ils affirmeront ainsi jusqu’en l’an 670 av. J.-C., leur opposition absolue à l’Empire schismatique d’Assyrie, et opposeront à son Nemrod, à son Assar-Haddon, le prince de leur sang, sous le même nom que l’antique Kousha,

Tharak’hya, qui avait rejeté au delà de l’Indus le prince régent, Irshou, et ses schismatiques sectateurs.

Parmi les livres que cite Moïse dans son Sépher, il en est qu’il connut dans le temple du Raguel : Générations d'Adam, Guerres de lÊVÊ, les Juges, les Prophéties, etc.

Ce fut là que Moïse, devenu l’époux de Séphora, fille du grand Prêtre Jéthro, prépara pendant de longues années toute son œuvre intellectuelle, toute son organisation

Ce fut là qu’il parvint aux dernières limites des sciences et des arts sacrés.

Vers ce petit coin de terre, un grand nombre d’Orthodoxes appartenant, soit aux néo-Ramides, soit à la Loi de Ram proprement dite, venaient en pèlerinage.

Ce lieu était également cher aux derniers débris de la Race rouge, ainsi qu’aux Celtes bodhones fidèles aux Traditions des Doriens.

Des tribus entières de ces derniers se rallièrent à Moïse sous le nom de Massouas, avant qu’il fit son mouvement, et bien que n’appartenant pas à l’Exode des Hébreux, elles joueront dans l’Histoire un grand rôle, en se jetant sur l’Égypte par les déserts et par le Delta.

Il est impossible, qu’en dehors de la filiation des Abramides. Moïse, dans sa généalogie symbolique, ne se rattache pas lui-même au Cycle du Bélier.

En effet, dans le vingt-cinquième verset du Veelleh- Shemoth, Moïse se dit fils intellectuel de Ram : « Or Am- Ram épousa lokabed, dont il eut Aaron et Moïse. »

Am-Ram est fils du soi-disant Lévi, qui signifie le Sacerdoce de tous les pays orthodoxes.

En égyptien primitif, comme en hébreu et en arabe, Am signifie origine, souche, famille, mère, métropole, règle^

En arabe, qetle raciiie eJfprime encoiHi l’action de servir de type et de modèle, de régler et de raéthodiser, •d’être ou d’avoir un principe ou une cause.

Donc, dans l’iiiérogramme d’Âm-Ram, Moïse lui-même signifie hermétiquement à qui peut le comprendre, qu’il est l’héritier de la Tradition théocratique et sociale de Ram par lo-ka-bed, c’est-à-dire par le sanctuaire d’Io ou d’isis.

Voici les éléments hiérogrammatiqucs de lo-ka-bed.

En idéographie égyptienne, lo exprime, au positif la lumière, au comparatif la doctrine, au superlatif l’intelligence manifestée.

La môme racine exprime en copte la Lune, en arabe le Soleil, les Arabes proprement dits, /î/s de la servante ou du Principe féminin disjoint, selon l’allégorie assez injurieuse des Orthodoxes, ayant, dans le schisme d’irshou, pris parti pour le renversement des attributs, comme les Touraniens, les Tatares et les Mongols.

De là, le croissant sur les étendards.

Ka exprime au propre un lieu, au figuré un rassemblement, à l’intellectuel pur, une condensation, une formation.

En arabe, ce signe indique encore l’action de rassembler autour de soi par un appel.

Bed, racine celtique du mot bodhone, sans lit, exprime au propre un lit, au figuré un isolement, à l’intellectuel pur une existence particulière.

En arabe, cette racine affecte encore la signification mixte de milieu.

. C’est donc parle moyen de la condensation de doctrines dont les temples d’isis étaient les Instituts, que Moïse a retrouvé la Tradition de Ram, et c’est ainsi que, semblable à l’Ordre des .Abramides, il se rattache à la règle, à la Loi pure du Bélier et de l’Agneau.

Manéthoii nous a déjà monti^ IÉ)}S^ «pjniaè doxe, -prêtre d’Osiris, et nous Savons qtvOsîfît sîgtiifie< le Seigneur intellectuel, et >est le même qu’Ammon*fia, la Loi du Bélier, que Dcva-Nahousha et Dio-Nysos, PÉsprit de Dieu, que Gian-Shyd, que Ram enfin.

' Je laisserai ici les prêtres égyptiens raconter euXn mêmes l’iiisloire de Moïse, telle qu’ils pouvaient la dire à des étrarig(us, surtout à des Romains. i

Quand Straboti visita l’Égypte avec Ælius Gallus qui en était le préfet, et avec Âlhénodore de Tarse, philosophe stoïcien, les prêtres d’Égypte lui dirent ce qui suit :

« Moïse était un prêtre d’Osiris, qui occupait une partie du pays méridional.

En dissidence avec le culte extérieur, il quitta le nome, suivi d’une foule d’hommes qui adoraient la Divinité à sa manière.

II professait que le symbolisme zoologique maintenait le peuple dans l'erreur, au sujet des choses divines; que le symbolisme andrologique des Libyens et des Grecs avait le même inconvénient; que si le Dieu Vivant se manifeste à travers l’Univers tout entier, c’est une raison pour ne pas le particulariser, en lui prêtant une des formes partielles du Cosmos.

Il ajoutait qu’on devait se borner à adorer l’ineffable dans un sanctuaire digne de Lui, environné d’un territoire consacré, mais dépourvu de toute image représentative, de tout signe et de tout attribut figuré.

Il recommandait que des hommes choisis dormissent la nuit dans le Temple, pour y recevoir les communications onéirocritiques ou autres intéressant, soit l’individu, soit la Société.

D’après Moïse, T homme de la Sagesse et de la Justice méritait seul cette faveur, et devait se tenir toujours

prêt à en ’ ré'cev* jp ^ ||f iHônfaiC toujours digne d’être hdnoré pa^ la^matfifestâtion de la Suprême Volouié.

Rien, dans Moïse, n’iridiquait l’intolérance.

Dieu et les seiences^qui se rattachent à son culte : ▼oilà quelle était sa force.

Un territoire neutre pour y fonder un temple, une Université de Dieu : voilà quel était son but.

11 proinottait d’instituer une Religion, une Synthèse sociale, sans exaction sacerdotale, sans fantaisies imaginatives sous prétexte de révélation, sans surcharge de formalisme, sans dévergondage de pratiques.

Moïse acquit un grand pouvoir sur l’opinion publique de CCS paràges. »

Jusqti’ici, ce qui précède se réfère à Moïse avant l’Exode.

Voici maintenant comment le Mosaïsnie a|)rès l’Exode est envisagé par les prêtres (rEgy})te qui parhuit à Strabon :

« Nombre de tribus limitrophes vinrent grossir ses sectateurs.

Ses Enseigueinents et ses Promesses les entraînèrent, et il réussit à créer un nouvel État d’une importance relative.

Ses successeurs se conformèrent à ses préceptes et marchèrent droit dans les voies de la Justice et de la vraie Religion ; mais pas pendant longtemps.

Bientôt cette Société dégénéra, et passa de l’ignorance à la superstition et au fanatisme. »

Cette appréciation des prêtres d’Égypte est loyale, mesurée et exacte; et ils ne pouvaient dire ni plus, ni

mieux à de curieux étrangers , s^^out à d’anarchistes romains, sans outrepasser leurs serments.

Continuateur des Abramides et des Orthodoxes doriens' du Monde entier, Moïse n’avait pas seulement pour but de fonder un nouveau Culte du Dieu Suprême, puisque, malgré le schisme et dans le fond de l’Initiation , la vraie Religion, la vraie Synthèse scientifique et sociale existait encore, en Égypte même, comme en Asie et en Europe.

11 importe peu, au fond, pour les Sages de tous les temps, que les individus adorent la Divinité sous des formes qui, exactes, ne peuvent être que le chefd’œuvre de l’Art et du Génie manifestant la Science, ou dans une absence de forme tout aussi loisible, mais plus dangereuse, puisqu’elle permet au plus grand nombre de matérialiser dans les jiensées ou dans les mots l’Esprit et l’Ame auxquels l’Univers doit la Vie, et que la Sagesse et la Science peuvent seules manifester.

Les membres du Conseil de Dieu et du Conseil des Dieux avaient d’autres visées, qui regardaient non pas seulement l’individu, mais les Corps collectifs que nous nommons Sociétés, orgaues eux-mêmes de l’Humanité.

Ainsi pensaient Christna, Fo-Hi, Zoroastre, les Abramides, les Orthodoxes égyptiens, et enfin Moïse luimême, membre du Conseil de Dieu, en Égypte.

Que le Cycle de Ram et sa Loi fussent dans leur souvenir, il est impossible de le nier.

Que la Loi universelle de ce Cycle fût brisée par le schisme d’irshou et par toutes ses conséquences politiques, cela est également indéniable,

Que le but de tous les Orthodoxes fût de tendre partout à remédier au Mal public et à ramener la rénovation du Rien général, c’est ce que le simple bon sens suffit à affirmer.

Dans l’Ordre Intellectuel, la Science des Principes, qui eonstitue à proprement parler la hiérarchie des connaissances dorieanes, correspondant à la première lettre du Nom sacré, cette Science, source de toute Synthèse possible, était, ou perdue pour le vulgaire, ou condamnée à demeurer voilée devant les Pouvoirs politiques affranchis de tout Contrôle et hostiles à l’antique Autorité.

Dans l’Ordre Social, universel, tant qu’à ses risques et périls un Peuple n’était pas constitué autour d’une Université purement dorienne, il était impossible que l’antique Science ramenât dans le Monde la préséance de l’Autorité sur le Pouvoir, l’organisme sain, national et international, de la Svnarchie avec ses trois Conseils arbitraux.

Les Orthodoxes du Monde entier savaient toutes ces choses.

Nous les avons vus se reconnaître en Égypte, en Syrie et en Palestine, quand les Abramides y vinrent faire leur mouvement.

Nous avons vu les fruits portés par ce mouvement profond en Égypte meme, où il amena l’expulsion des schismatiques par les Orthodoxes et l’application de l’ancienne Maîtrise de Justice internationale par les pharaons, qui, jusque dans leurs noms d’initiation, ne craignirent pas de se rattacher au Cycle de Ram, témoin les Ram-Sès.

Tous ces faits s’enchaînent comme une progression géométrique, et très certainement ils ne sont point le résultat du hasard.

Il suffisait d’un homme de génie synthétique, d’une âme et d’une intelligence directement unies à une Puissance cosmogonique, pour pousser en avant le Pro-

gramme intellectuel et social des Orthodoxes, et lui donner dans des vues universelles, une nation pour corps de résistance, un territoire propre pour point d’appui, un Conseil de Dieu et un Conseil des Dieux pour Puissance.

Or, il est impossible de douter que tel fut le but de Moïse, car c’est tout justement grâce au levier vivant qu’il va organiser, que l’Europe actuelle touche à la réalisation universelle du Principe et de la Fin que les Doriens de tous les temps ont assignés à la marche de

Je n’écris point ici, encore une fois, pour les théologiens primaires, ni pour leurs élèves.

Je n’écris pas non plus pour les iconoclastes athéologiques, plus dogmatiques, plus ignorantins et plus primaires encore.

J’écris pour ceux qui, informés par les Enseignements secondaire et supérieur de nos Universités, voient en Dieu autre chose qu’un mot, dans les religions autre chose que des idoles contradictoires, dans l’Histoire universelle autre chose qu’une chronologie nécrographique sans lois, sans causes, sans Principe comme sans Finalité.

C’est |>ourquoi je rappellerai ici ce qu’était l’Enseignement que Moïse reçut de ses maîtres égyptiens et éthiopiens, sans parler de l’Encyclopédie des Âbrarnides suffisamment indiquée dans le chapitre précédent.

C’est ce milieu intellectuel qu’il faut avoir présent à la pensée pour juger un homme de la taille de Moïse.

Je sais parfaitement que les théologiens primaires se dispensent de rien motiver, en faisant intervenir à tout propos l’arbitraire divin, tel qu’ils se l’imaginent, et

qu’ainsi, leur fantaisie accule l’Esprit humain . à un double suicide, soit qu’il rejette la Tradition religieuse, soit qu’il s’abdique suivant la formule i Credo quia abmrdum. Je crois cela, parce que e’est absurde.

Mais parmi les théologiens eux-mêmes, comme dans tout le reste des catégories enseignantes, il y a de nobles intelligences qui souffrent d’un pareil ignorantisme, et qui en sentent les désastreuses conséquences.

Je ne craindrai donc pas de dire, devant ceux-là, que la Divinité n’agit dans l’Humanité que par l’Humanité, et que cette dernière, reflet de la Première, a, pour moyen suprême de réceptivité du Divin, l’Intelligence, la Faculté supérieure de l’Ame humaine.

Or, la communication de la Divinité à l’Humanité par l’Intelligence s’appelle la Science et non autrement.

Mais ne possède pas qui veut la Science ramenée à ses Principes universels et divins.

Il y faut un tel exercice de toutes les P’acultés de l’Ame, un tel entrainement de l’organisme physiologique qui en est le support, qu’il est presque impossible de faire comprendre à des modernes ce que les Anciens entendaient par la possession de la Sagesse et de la Science, par la réintégration, dès ici-bas, de l’Homme dans le Règne de Dieu, comme le dira Pindare avec tous les initiés antiques.

Toute sorte de bois n’est pas propre à faire . un Mercure, toute sorte d’homme à faire un adepte de la Science intégrale.

Alors, comme aujourd’hui, le Génie était chose rare, quoique moins rare que de nos jours, car il avait, s’il le voulait, toutes les sources d’informations possibles, tous les moyens de s’orienter et de se reformer à l’image

II est vrai que le Génie échappe aux conditions ambiantes, aux pressions de l’antécédence, qu’il est, son nom l’indique, la force génésique individualisée, la Volonté première qui, semblable aux Puissances divines du Cosmos, crée et génère.

Djjns le Génie, l’homme est uni directement à la Puissance cosmogonique qui le constitue.

Les temps et les milieux motivent son apparition, mais ne donnent pas plus son explication ontologique que l’atavisme ni la race, l’hérédité ni la famille.

Shakspeare, Celte de la brumeuse Angleterre, a l’Ame créatrice d’un Oriental, la Vie intellectuelle, exubérante d’un Indien comme Valmik.

Byron, né sous le même climat, dans un temps et dans un milieu où l’on respirait par tous les pores le cant le plus atrophiant, a la libre allure d’un Hellène, l’Ame d’un poète grec de la grande époque, le lyrisme élégant d’un Pindare, la force d’un Eschyle, la couleur sobre et chaude d’un Sophocle.

Expliquer cela par l’atavisme ou le climat, et non par sa vraie cause, la réincarnation, c’est ne rien expliquer.

C’est par cette porte mystérieuse que l’imprévu et l’inconnu entrent en scène, et cette entrée n’est au fond qu’une rentrée.

Elle appartient tellement à des Lois cosmiques primant les lois terrestres, que les Milieux humains, quelque sagement organisés qu’ils soient, comme était l’Égypte, s’y opposent d’instinct, comme la règle à l’exception.

Ramsès haïssait Moïse; le Sacerdoce courbé sous un gouvernement presque personnel craignait ce jeune prêtre d’Osiris, cet être entier comme un Principe, comme une force de spécification impossible à dévier.

Tout, jusqu’au malheur qu’il eut de tuer un Égyptien

et d’être obligé de s’enfuir, semblait le repousser de terre, et le renvoyer dans l’Inconnu qu’il devait manifester.

Et il en est ainsi toujours.

Tous les organismes relatifs des Sociétés malades militent contre le thérapeute, comme une espèce contre un Règne, comme une chair qu’horripile l’approche d’un Esprit qui va l’animer ou l’éclairer.

Peine perdue : car s’agit-il des Temps? le Génie les surmonte; des Milieux? il les domine; de la Race? il la transforme; de la Famille? il en traverse une, et le plus souvent n’en a pas, car il est l’Ancêtre de toutes.

Parmi les hommes comme parmi les siens, il est l’étrange et l’étranger, le Mouvement chez l’Inertie, la Lumière chez l’Obscurité, la Force organique en proie à la Matière sociale, mais devant, mort ou vif, l’évertuer, la contraindre à la Vie, et lui remettre au front la marque de Dieu, la triple tiare ou la couronne de lumière.

Fléau quand il tient l’épée, bienfait quand il porte la palme de la Science et de la Sagesse, c’est l’Envoyé pour le châtiment des crimes ou pour la récompense des vertus et de l’espérance des Peuples.

Or, si la poussière humaine sur celte Terre y semble faire sa propre volonté, si elle a le droit et la liberté relative de s’y opposer à son propre bonheur et à sa propre réédification en un Corps divin, si, pareille au monstre du poème de Job, elle peut, sans le savoir, se vautrer dans les rayons de la Lumière et sur tous les dons du Ciel, il est, dans le Cosmos, d’autres Humanités auxquelles la Solidarité universelle fait un devoir d’intervenir, quand il est temps.

Ram, Christna, Fo-Hi, Zoroastre, Moïse, Orphée, sont 4’inconlestables interventions de cette Humanité divine : la Providence.

Moïse fut une de ces forces centrales sous lesquelles les ruines des institutions humaines s’entr’ouvrentpour s’écrouler, ou pour graviter en se réédifiant.

Mais de telles Ames sont des Puissances fatales ou providentielles : fatales, quand leur propre volonté ne les soumet pas à leur Principe céleste, qu’elles ignorent ; providentielles, quand il leur est donné de s’orienter d’une manière précise dans la Science et dans la Sagesse absolues, et de n’agir dès lors que d’après un Principe certain, avec des moyens appropriés et en vue d’une Fin immanquable.

Or, quoique surbaissés alors par la Politique, les temples antiques étaient, par excellence, destinés à cette orientation, que les Européens ne peuvent plus connaître qu’après la mort corpoi’elle.

A la force de l’Ame et de l’Intelligence, au Génie dans tous les ordres possibles, ils offraient toutes les preuves, toutes les expériences, toutes les manifestations, toutes les certitudes qui pouvaient mettre l’homme en possession de tous les rayons de la Science, de la Sagesse et de la Vérité.

Mais comme ces dernières se confondaient avec la Divinité même, et communiquaient à l’Initié quelquesunes de ses prérogatives, on exigeait, de la part du postulant, de telles épreuves intellectuelles et morales, un tel sacrifice, une telle oblation de sa vie, que si tous étaient appelés, il y avait peu d’hommes qui pussent s’élire ainsi.

Moïse fut un de ces Élus.

Il parvint à cette totalité de révélations graduées, à c« sommet de l’Angle suprême que les Sacerdotes appelaient rUniversel, TUnion divine, image de TUnité de Dieu, le grand Dieu Social sur la Terre même.

Les Sciences naturelles physiques étaient, comme je l’ai dit, les premières enseignées.

C’étaient les Petits Mystères de la grande Déesse, de l’Éternel -Féminin, d’Isis, l’épouse d’Osiris.

Les Sciences humaines venaient ensuite, et, par la pratique des Arts correspondants, on acquerrait les vertus dites héroïques.

C’étaient les Mystères d’IIorus, de Mithras ou d’Hermès le Triple, d’Apollon, le grand Médiateur, et la Psychurgie en était la clef.

Selon la valeur du postulant, cette initiation durait plus ou moins longtemps, quelquefois jusqu’à la mort.

Ce degré d’initiation donnait à l’impétrant le nom de Fils de l’Homme, les sciences précédentes lui ayant valu celui de Fils de la Femme.

Ensuite venaient les Sciences et les Arts cosmogoniques, et ces trois séries constituaient toute la révé- lation d’Isis, la Nature physique et hyperphysique , de l’ÊVÊ triple, réassociée à lod.

Cette dernière hiérarchie de Connaissances donnait le titre de Fils de la grande Déesse et rang dans le Conseil des Dieux.

Enfin venait la quatrième hiérarchie de Sciences et d’Arts, l’Ordre divin proprement dit, aboutissant par la

Théogbnie et par la Théurgie au suprême Mystère de

rUnité.

C’est alors que l’Épopte voyait tomber les derniers voiles de la Révélation, et était réintégré dans le Règne de Dieu, ayant acquis la Sagesse et les Vertus dites divines, avec le titre de Fils de Dieu.

La difficulté, les dangers des épreuves croissant à mesure qu’on gravissait la quadruple hiérarchie des révé- lations, faisaient que très peu d’hommes parvenaient à la troisième, un plus petit nombre encore à la quatrième, à la Droite ou première lettre du Nom divin.

Cette division en quatre parties, en quatre séries d’Enseignements se retrouve dans Pythagore,qui les traversa tous, après de nombreuses années, sous les noms de : Parazkeyê, Préparation, Katharsis, Purification, Téléiotôs, Perfection, et enfin Épiphanie, ou Vue d’en haut.

Je sais que cet Esprit de l’Enseignement et de la Science antiques, semblera aussi étrange aux théologiens qu’aux universitaires; mais il n’est pas en mon pouvoir de changer la Constitution intellectuelle de ces temps, qui n’admettaient pas que la Vérité que l’homme est susceptible d’acquérir pùt être enseignée autrement.

Les deux premiers Conseils ne commandaient à personne la Foi ; mais s’ils donnaient à tout homme le degré de Certitude que sa force mentale et morale lui permettait de conquérir, ils exigeaient de cette force toutes les garanties nécessaires à son propre développement comme à la Sainteté de la Vérité Vivante, dont ils avaient à défendre l’Existence dans l’Humanité même.

Jamais Dieu dans Son Essence, ni dans la Substance à

travers laquelle II se manifeste, n’était, abaissé jusqu'à l’homme individuel, car cela ne se peut pas.

Mais l’homme, selon la force ascensionnelle de son Esprit et de son Ame, de son Génie et de son Caractère, était mis en demeure, quand il l’avait désiré, de prendre lui-même son degré, de se relever, s’il le pouvait, jusqu’au sommet des Cieux, non d’une manière verbale ni imaginative, mais scientifique et réelle.

S’agissait-il des Sciences naturelles, physiques? Non seulement toutes celles que nous connaissons aujourd’hui étaient professées, mais toutes celles qui nous manquent étaient poussées jusqu’à la destructibilité de la Matière proprement dite, jusqu’à la transmutation, impossible sans cette destructibilité, enfin jusqu’à cette Substance homogène qui prime toutes les autres, et appartient en propre à ce que les Anciens appelaient les forces directes de l’Ame du Monde.

S’agissait-il des Sciences humaines? Non seulement la constitution, physique, mais hyperphysique de l’individu était démontrée, depuis l’Anatomie jusqu’à la Physiologie dans ses rapports avec la Vie du Cosmos, depuis la Psychologie jusqu’à la Psychurgie dans ses rapports avec l’Ame du Monde.

Vexistence de l’Ame organique, spiritualisée par l’Intelligence, formant dès ici-bas par la Science et par la Conscience son Corps de Lumière astrale qui devait l’enlever de Terre, comme sur un char élhéré, dira Platon, était également démontrée, puisque c’était sur cette démonstration positive, qu’était fondé le Culte non seulement des Morts, culte extrêmement savant, mais aussi des Ames glorifiées, des Génies médiateurs réintégrés dans la Divinité.

Or, les .Anciens étaient beaucoup trop positifs et beau-

coup^trd^ eOnsüÉîencieax pour pratiquer le Culte des Morts,- s’ilf n’avaient pas connu la Vie d’outre-tombe et ses différentes hiérarchies, et pour élever des autels aux Ames appartenant aux deux hiérarchies héroïque et divine, si ce culte eût été inutile à l’Humanité, et si la Communion avec ces Ames n’eût pas été pour eux certaine et expérimentalement démontrée.

S’agissait-il des Sciences cosmogoniques? L’Univers vivant, avec sa triple Vie d’intelligence Suprême, d’Ame Créatrice, de Forme Formatrice, était étudié et connu jusqu’à l’Unité relative de Son Organisme total; mais je ne soulèverai pas ce voile moïsiaquc.

Enfin, s’agissait -il des Sciences divines proprement dites? Les degrés qui conduisaient jusqu’à leur sommet, jusqu’à rUnion suprême de l’Ame avec l’Esprit pur à travers l’Univers, n’étaient pas moins scientifiques que les précédents.

La Tradition enseigne que Moïse et Orphée traversèrent toute l’Initiation.

Leurs noms mêmes leur furent donnes dans les temples, comme cela se pratiquait alors.

Orphée, comme Arpha, signifie Sauveur, Moïse, Sauvé par l’Eau ou par le Baptême; car il ne faut pas plus entendre matériellement l’histoire delà corbeille enduite de bitume que le prétendu poisson de Jonas qui n’est autre qu’une des mille formes d’Ionah ou de l’initiation féminine.

Comme Moïse, Orphée donna à l’adoration des Doriens de la Thrace le Dieu biologique ou cosmogonique, masculin et féminin :

Zeus arsên genelo, Zeus ambrotos epleto numphê

Jupiter est l’Époux et l’Épouse divimsi

C’esl bien au néo-Ramisme nbus avoits lafljaire dans le Dieu créateur ainsi présenté dang S<in indissoluble Union; et ce Zeus est bien identique à lÊVÊ, à Osiris-Isis, à Iswara-Pracriti, mais indivisiblement unis et non arbitrairement séparés, comme l’avait fait Irshou.

Les Cosmogonies d’Orphée et de Moïse, puisées aux mêmes sources, présentent également les plus frappantes analogies, jusque dans les hiérogrammes par lesquels elles caractérisent les Principes et les Facultés vivantes de l’Univers et de l’État social.

Leurs institutions fondamentales elles-mêmes, le rétablissement d’un Conseil de Dieu, autour d’une néo-Synthèse universitaire, d’un Conseil des Dieux ou des initiés laïques, faisant office de magistrats ou d’arbitres dans les Assemblées sanhédriniques ou amphictyoniques, furent réglées sur le môme type que l’ancienne Synarchie.

Pourtant l’œuvre religieuse et sociale de ces grands hommes fut aussi différente que leur individualité et que les peuples qu’ils organisèrent.

Dans Orphée, le Dorien fut épris divinement du Principe Féminin.

Il le comprit avec l’enthousiasme d’un artiste sans rival ; il le ressentit avec une sainte et irrésistible adoration ; il en témoigna dans la Vie intellectuelle, qu’il imprima aux sanctuaires de l’Hellade, par une impulsion magique, d’où sortirent dans une lumière éblouissante toutes les formes divines de l’Univers hyperphysique, tous les rayons de la Beauté manifestant la

Dans Moïse, au contraire, le naufragé du déluge social

de» Xohijas d’Icshou, l’homme de l’antique Autorité se reifressant tout entier devant le Pouvoir, fut un terrible adorateur du Principe Mâle.

11 le comprit avec une force mentale formidable, il le sentit avec une âme profonde comme le tombeau, âpre comme le désert ; il en témoigna dans une œuvre intellectuelle et sociale savante, nue, impénétrable et inextricable, inentamable comme la grande Pyramide de Giseh.

Tous deux buvant aux mêmes sources sacrées, y virent sans voile la même Déesse, la même Vérité, mais l’un dans l’Infini, dans sa Forme parfaite, l’autre dans l’Absolu, dans son Essence incommunicable.

Aussi, Orphée révéla-t-il à l’Europe, à travers les Génies dont sa doctrine fut l’Ame, la Beauté divine, ÊVÊ, la Vie sous tous ses aspects intellectuels; Moïse, à de très rares esprits, la Force toute-puissante de l’Être résorbant, dans son Principe, toute Vie par la Mort.

Si ces deux génies n’en eussent fait qu’un, le Cycle de Ram eût été renouvelé.

Cela ne fut pas, parce que la chasse aux symptômes locaux était seule possible alors contre la grande maladie politique, qui travaillait le Corps Social terrestre, et en opposait entre eux les membres dissociés.

Voici un aperçu des ouvrages d’Orphée, tous ésoté- riques, et dont il ne reste plus que des fragments dénaturés :

Théogonie, Génération symbolique des Principes; Cosmogonie, Constitution biologique de TUnivers; Le Verbe sacré; la Grammaire idéographique;

Mythologie, Eblhétique symbolique de l’Art, d’après l.a Science secrète, Les Mystères ;

Les Serments ;

Descente aux Enfers, la Vie après la Mort;

Les trois Victoires, sous Terre, dans rAtrnosphère, dans le Ciel;

Les Actions de grâce ;

Le Voile et le Filet des Ames ;

Les Coryban^es, Mystères terrestres ;

Bacchus, Mystères célestes ou de l’Esprit pur ;

Argon antiques, le Grand Œuvre hermétique ;

Argotiques, la Tradition blanche ou dorienne;

La Sphère, Système de TUnivers ;

Livres astronomiques;

Livres des Périodes dodécennales, des Modes ou des Cycles;

Livre des Mutations, Chimie et Alchimie ;

Jupiter et Junon, Biologie du Ciel et de la Terre ;

Bacchus et Cybèle, l’Ksprit et la Lumière, dans leurs rapports avec la Substance et la Matière ;

Botanique naturelle et magique ;

Les Pierres, minéralogie naturelle et magique ;

Anémoscopie, Science de l’Atmosphère ;

Les Tremblements de Terre.

Il y a encore bien des ouvrages d’Orphée mentionnés comme perdus, entre autres, sa magnifique réforme du Système Musical, tel que rcntcndaient les Anciens.

Orphée rendit une intelligence et une âme organiques à la turbulente et féroce anarchie des Celtes d’Europe qui, par le Nord, s’étaient rués sur les Sanctuaires des Colonies de Ram, Delphes entre autres.

Pour atteindre son but, il enduisit de miel la couj)e d’or renfermant l’austère breuvage de la Sagesse et de la Science sacrées, il saisit l’Ame par les ailes de l’Imagination.

Sans cette charmeresse, ses compatriotes légers et sanguinaires eussent repoussé la coupe divine, et persécuté de tout leur Pouvoir l’Autorité qui la leur pré- sentait, s’ils eussent senti tout d’abord l’amertume du

remède destiné à corriger leurs passions haineuses et leurs instincts brutaux.

Orphée fit jusqu’au sacrifice de sa vie la réforme salutaire qu’il avait à accomplir, et il agit comme il le devait, en prenant les Ames dans le voile et dans le filet d’or qu’il avait tramés si savamment.

Il fut, par la Science magique» de l’Art, le plus grand enchanteur et le civilisateur le plus accompli que la Terre ait connu.

Par cet homme divin, comme par une lyre bien montée et célestement touchée, les Temples se purifièrent de tous leurs désaccords de doctrines, les hommes et les femmes revinrent demander aux Mystères une culture physique, morale et intellectuelle, que le vulgaire avait profanée et déformée.

Je sais que les Béotiens et les Philistins du dix-neuvième siècle ont nié Orphée comme ils ont nié Moïse.

•Mais une Société ne se crée pas toute seule, ni par la seule volonté des individus.

Il y faut une Puissance de Spécification qui la détermine à l’origine, et cette Puissance s’appelle le Génie religieux ou synthétique.

La Vénus de Praxitèle suppose un sculpteur, la Grèce historique prouve Orphée, comme Israël, la Chrétienté et l’Islam prouvent Moïse, Jésus et Mahomet.

Sur tout le littoral de l’Europe méditerranéenne, l’époque qu’Orphée venait réanimer pour dix siècles, était le couchant et non l’aurore d’une Civilisation venue des Indes et de l’Égypte.

Mélange de celte, de phénicien, de zend et de sanscrit la langue dite grecque était déjà à son apogée de formation et de perfection.

La puissance des Lydiens allait, en tombant, transmettre le trident aux Rl^iens, rivaux des Phéniciens de Si don; et des flottes passaient, voiles déployées, entre les jambes de bronze de l’Apollon, qui commandait les deux ^ môles d’un des ports de Rhodes.

C’était à de terribles anarchistes, et non à de naïfs barbares qu’Orphée, contemporain d’Érecttthée, venait refaire une Synthèse intellectuelle et sociale.

Ces civilisés depuis longtemps corrompus, puis dissociés, ne savaient plus s’unir pour se défendre contre les Celtes schismatiques de l’Europe centrale et du Kourou, alliés des Touraniens et des Césars d’Assyrie.

Néanmoins, ils étaient encore en possession dans leurs temples de Sciences, dont la Synthèse se perdait, mais dont les incontestables applications feraient honneur à ' l’Europe actuelle.

Aujourd’hui, le Génie d’Orphée inspire encore toutes les manifestations de l’Art dans la Chrétienté, mais par voie d’imitation , sans vie propre, jusqu’à ce que la Science de l’Art ait été reconstitdée.

C’est ici le lieu de consigner une Vérité importante : ce n’est pas l’artiste qui fait l’Art, mais c’est lui qui le désorganise dans sa divine harmonie sociale, quand l’Art ne fait pas l’artiste.

Or pour que l’Art fasse l’artiste, il faut que la Science de l’Art existe, et cette dernière fait partie de là Religion ou de la Synthèse des Sciences.

C’est pourquoi, sans l’Initiation scientifique d’Orphée, jamais l’Art grec n’eût existé, et n’eût déterminé ses différentes réfractions dans l’atmosphère intellectuelle et morale de la Société chrétienne.

L’influence de ce génie religieux ne s’arrête pas là.

Elle'se fera sentir dans le C#istianisnie même, dès ses débuts, dans l’Évangile de saint Jean ; mais n’anticipons pas, et retournons à Moïse.

Il était âgé, de soixante ans, quand Ramsès II mourut.

Mais avant, des mains de ce roi, les rênes du gouvernement égyptien étaient passées dans celles d’un Souverain Pontife.

Les Ramsès étaient des Nazaréens, des initiés laïques, venus des temples d’Étrurie.

En Égypte même, les historiens grecs relatent qu’ils portèrent le nom de Larthcs, c’est-à-dire, en langue étrusque, l’équivalent du mot Melchisédec ou roi de Justice.

Quand Ramsès II eut suffisamment assuré la paix publique et extérieure de l’Égypte, il se retira dans la vie privée, et mit à la tête du gouvernement son quatrième fils, Khamouas,' Souverain Pontife.

Selon l’ancienne loi du Bélier, les troupes étaient licenciées, une fois la guerre terminée et les traités de paix signés.

Les états-majors rentraient alors parmi les autres Corps savants des temples; les bas officiers et les soldats retournaient dans leurs Nômes respectifs, et n’étaient plus assujettis qu’aux écoles de gymnastique, et, plusieurs fois par an, lors de certaines fêtes, aux grandes manœuvres ; les mercenaires étaient congédiés ou employés aux travaux publics, suivant le mode d’ernbrigadement que nous avons signalé.

L’Égypte, comme la Chine, comme l’Inde antique ,

comme l’ancien Iran, comme la Grèce et l’Italie de ces temps, était absolument éontraire au système des armées permanentes, tel que le Césarisme assyrien l’appliquait alors sous Asher-übalid, puis sous Bel-Nirari, puis sous Budil,qui se succédèrent au trône impérial des fédérations ioniennes, depuis l’avènement de Ramsès II jusqu’à la fin du règne de Ménephtah 1".

C’est pendant ce désarmement que la politique assyrienne déchaîna autour de l’Égypte les anciennes ligues, et en Égypte même, la révolution dont Moïse profita pour opérer son mouvement.

Du Delta jusqu’à l’Éthiopie, la fermentation recommença.

Il en était de même au dehors; et les anciennes coalitions prirent aux dents le mors formidable qui leur avait été mis.

Khamouas mourut treize siècles et demi environ avant notre ère, et désigna au trône son frère, Ménephtah, le treizième fils de Ramsès II.

Ce souverain était âgé de soixante ans, quand il prit le sceptre à tête de Bélier, et avant qu’il eût remis son armée sur le pied de guerre, l’Égypte fut envahie, au nord-ouest par Mermaiou, fils de Deïd, roi d’une colonie celto-phénicienne d’un royaume Libyen correspondant à la double régence de Tripoli et de Tunis.

Pendant ce temps encore, au nord-est, se faisait une poussée d’Akaïens, et les Césars assyriens, Budil, puis Vul Nirari 1", intriguaient comme toujours, pour soumettre à leur suzeraineté les confédérations ioniennes et les emporocraties phéniciennes de l’Asie Mineure et de la Syrie, que l’Égypte, par contre, et au nom de l’an-

cien Ordre de choses, devait, sous peine de mort, maintenir dans sa juridiction.

L’Inde ne jouait plus dans ces débats qu’un rôle indirect, d’abord par son Souverain Pontife, et ensuite par ses Ordres d’initiés militaires qui, sous le nom d’Héraclides, gouvernaient alors la Lydie, et avaient envoyé jusqu’en Italie l’expédition, ou plutôt l’immigration commandée par Tyrrhenus.

C’est pendant que Ménephtah remplissait ses forteresses vides , rassemblait autour des états-majors les corps réguliers de Nomes, et rappelait des travaux publics de Thèbes, d’Abydos, de Memphis et du Delta, les brigades ouvrières des mercenaires étrangers, que Moïse, appuyé sur tout un parti formidable du Sacerdoce égyptien, fit son fameux mouvement d’émigration, trop connu pour qu’il soit nécessaire d’y insister.

Pendant quelques années, Ménephtah P’ fut occupé par la guerre intérieure, qu’il soutint du reste avec la plus grande énergie, et qu’il termina, à la bataille de Paarishaps, par la sanglante défaite qu’il infligea à Mermaiou.

Les Âbramides avaient leurs intelligences partout, dans les temples orthodoxes, dans les palais des rois, dans les débris locaux des anciens Conseils.

Ils connaissaient le plan de Moïse; et ce dernier étant prêt depuis longtemps, ainsi que son vieux maître et son beau-père Jéthro avec tous scs alliés, l’entrée en acte fut décidée, d’accord avec tous les Doriens du Monde, intéressés à la réédification fd’une Synarchie purement dorienne.

Plusieurs millions d’hommes de toutes les races, de

toutes les classes, mais dont le noyau était constitué par les Apurus du Delta, dont l’État-Major était formé par des initiés doriens ou abramides, dont les généraux étaient des prêtres d’Osiris, dont le général en chef était Moïse et son initiateur lointain , le vieux Jéthro. toute cette armée de l’Exode s’ébranla, et fut emportée au Désert par l’Esprit formidable, que nous allons regarder la couler dans son moule social du haut des pyrées du Sinaï.

CHAPITRE XIII

CONSTITUTION STNARCHIQDE D’ISRAËL. CONSEIL DE DIEU. CONSEIL DES DIEUX. CONSEIL DES ANCIENS.

SCIENCE DE MOÏSE.

Il est aisé de voir, dans ÏExode comme dans la Genèse, à quel point Moïse était oppose à la monarchie politique, telle que l’avait faite le schisme d’irshou.

Exode, ch. XVIII, v. 10 : « La main du Seigneur s’élè- vera de son trône contre A-malek et le Seigneur lui fera la guerre dans la suite de toutes les Races. »

Évidemment ce verset n’aurait aucun sens, si A-malek représentait un homme et non le Principe même du Pouvoir militaire, couronné, sans subordination à celui de l’Autorité des Corps enseignants et juridiques.

C’est donc une Synarchie, un Gouvernement social, où régnent des Principes impersonnels, que Moïse va instituer autour du Livre de cinquante Chapitres, qu’il veut faire parvenir aux générations futures par l’intermédiaire d’un peuple organisé pour en être le gardien.

Ce Gouvernemen t synarchique a, pour première insti-

tution, le Conséil de Dieu, ou le Sacerdoce, représentant la totalité de l’Enseignement.

Ensuite vient le Conseil des Dieux ou des Initiés laïques, exerçant la Magistrature, le Pouvoir proprement dit.

Enfin dans chaque tribu, vient le Conseil des anciens, exerçant l’administration et la petite Magistrature locales.

Le tout est moulé dans une Constitution scientifique, rappelant, dans son ensemble et dans ses détails, le Système Dodécimal de l’Univers physique et hyperphysique.

Telle était alors, plus ou moins altérée, la Constitution savante des Tyriens, des Troyens, des Grecs, des Étruriens, etc., etc.

Ce fut Jéthro qui vint au Désert compléter auprès de Moïse son œuvre d’initiateur, selon l’Ordre de Kam.

Jusque-là, les Institutions étaient incomplètes, et se bornaient au Conseil de Dieu et aux douze Conseils des anciens.

Exode, ch. XVIII, v. 7 : « Moïse étant allé au-devant de « son beau-père, se baissa profondément devant lui.

Ibid., V. 12 : « Jéthro, beau-père de Moïse, offrit donc « à lÊYÊ des hosties ; et Aaron et tous les anciens d’Israël « vinrent rompre le pain avec lui devant lÊVÊ.

Ibid.,\. 13 : « Le lendemain. Moïse s’assit pour rendre « la Justice au peuple qui se présentait devant lui, depuis « le matin jusqu’au soir.

Ibid., V.17 : « Vous ne faites pas bien, répondit Jéthro.

Ibid., V. 19 : « Retenez ce que j’ai à vous dire, suivez « le conseil que j’ai à vous donner, et lÊVÊ sera avec « vous. Donnez-vous au peuple pour tout ce qui regarde tt le Conseil de Dieu, pour Lui exprimer les demandes « et les besoins du peuple.

Ibid., V. 20, « Et pour enseigner au peuple les céré- « monies,la manière d’honorer lÊVÊ, la méthode qu’ils « doivent observer et la règle de leurs actes.

Ibid., \. 21. : « Mais choisissez d’entre tout le peuple « des hommes éprouvés comme caractère, comme force « d’ûmc, comme craignant lÊVÊ, comme aimant la « Vérité, comme incorruptibles, et donnez-leur la Juri- « diction par mille, cent, cinquante et dix hommes.

Ibid., V. 22 : « Qu’ils soient occupés à rendre la Justice a au peuple en tous temps.

Ibid., V. 23 : « Si vous faites ce que je vous dis, vous « accomplirez le Commandement de Dieu, vous pourrez « suffire à réaliser les Ordres de son Règne; et tout ce « peuple retournera en paix chez lui.

Ibid., V. 24 ; « Moïse, ayant écouté son beau-père, fit « ce qu’il lui avait conseillé. »

Dans ce qui précède, les deux Conseils, celui de Dieu et celui des anciens, indiqués au verset 12, sont complétés par le troisième Pouvoir de l’antique Trinité sociale, connu du lecteur sous le nom de Conseil des Dieux.

Ce nom est dans trop de passages du W’eclle-Scbemoth, du W’aiera, du W’ajedabber, pour que je les cite tous, mais ouvrez n’importe quelle Bible traduite, celle de Lemaistre de Sacy, par exemple, et vous trouverez ce qui

Exode, ch. XXII, v. 28 : « Vous ne parlerez point mal « des Dieux, c’est-à-dire des Magistrats. »

Ainsi, la forme de gouvernement instituée par Moïse sur le conseil, sur l’ordre que lui donne son Initiateur Jéthro, au nom de lÊVÊ, est bien la Symrchk, c’est- à-dire trois Pouvoirs sociaux, dont aucun n’est poli-

En effet, le Conseil de Dieu formé par le Sacerdoce représente l’Autorité impersonnelle de la Science et de la Sagesse, témoin les lettres que le Grand Prêtre porte sur sa poitrine. Science, Yérité.

Ce temple mobile, gardant la Science dorienne, écrite et orale, délègue, par voie d’Examen et de Sélection, le Pouvoir de Justice à un Conseil d’initiés laïques, au nombre de soixante-dix, nombre que nous retrouvons dans l’Affiliation de Jacob, dans l’antique Université chinoise et jusque dans les soixante-dix affiliés que Jésus- Christ enverra dans le Monde.

Nombres, liv. XI, v. 16 : « Le Seigneur répondit à « Moïse : Assemblez-moi soixante-dix hommes des Sages « d’Israël, que vous saurez être les plus instruits, et me- « nez-les à l’entrée du Tabernacle de l’Alliance, où vous « les ferez demeurer avec vous.

Ibid., V. 17 : « Je descendrai là pour vous parler; je « prendrai de l'Esprit qui est en vous, et je leur en « inspirerai.

Ibid., V, 25 : « Alors le Seigneur étant descendu dans « la nuée, parla à Moïse, prit de l’Esprit qui était en lui, a et l’inspira à ces soixante-dix hommes, L'Esprit s'étant « donc reposé en eux, ils commencèrent à être Prophètes, « et continuèrent toujours depuis. »

Je crois ces citations suffisantes pour prouver au lecteur l’indestructible solidité sur laquelle s’appuie le présent livre, comme les deux qui l’ont précédé.

Encore une fois, c’est la Synarchie trinitaire, c’est le Gouvernement Social par excellence, que Moïse reconstitue, véritable premier Temple d’Israël, Temple d’intelligences, d’âmes et de volontés humaines, qui va durer

quatre siècles avant le temple de pierre -de Jérusalem, que l’exégèse protestante prend à tort pour le premier, bien que Jésus ne s’y soit jamais trompé.

La forme particulière que Moïse donna à son culte, à ses lois, aux détails de l’organisation de son peuple, ne regarde pas ce livre, et n’intéresse que d’une manière secondaire les Sciences sociales et TUniversalité du Genre Humain.

Mais il en est tout autrement du Type fondamental de son Gouvernement.

Pour oser redresser alors ce Type aussi significatif que l’ancienne Unité de Nombre, de Poids et de Mesure, il fallait toute l’Autorité de la Sagesse et de la Science inté- grales, dont j’ai si souvent parlé.

Gomme nous l’avons vu dans les processions sacerdotales de l’Égypte, le Dieu Social était présent sous cette forme scientifique dans le Livre sacré, pour lequel l’Arche d’or avait été bâtie sur le modèle de celles des Sanctuaires d’Égypte.

Aaron, prêtre d’Osiris comme son frère, en possédait les connaissances, exemple : son témoignage d’Alchimie, dans le veau d’or, que Moïse s’empressa de dissoudre avec le fameux Alchaest, car, sans cela, l’Œuvre n’eût pas été complète, comme signifiant une certaine Maîtrise aux Initiés égyptiens, présents parmi ces millions d’hommes.

Telle est la signification cachée de la prétendue adoration du veau d’or par des gens sortant d’un pays plus civilisé que les nôtres, et qui n’eussent pas adoré plus que les modernes une stupide statue ne signifiant rien.

La Tradition dit que ce Grand Œuvre lut commun à Marie, prêtresse d’isis, cl à Aaron, prêtre d’Osiris; et ce

Témoignage était celui de la troisième hiérarchie des sciences connues sous le nom d’ÊYÊ.

Nous allons assister maintenant à celui de Moïse, correspondant à la quatrième hiérarchie, à la première Lettre ou à la Droite du Nom Sacré.

J’ai dit que l’Arche du Témoignage construite pour recevoir le Feu Principe et le Livre, fut bâtie sur le modèle de celles des Sanctuaires égyptiens.

On peut confronter à ce sujet le chapitre XXV de l’Exode avec le Livre des Morts de l’ancienne Loi de Ram, ch. I, 1. 9, 10 : « Je suis le grand Principe de l’Œuvre « qui repose en l’Arche sacrée sur le Support. »

L’armature métallique d’or pur, qui garnit l’intérieur et l’extérieur de l’Arche, ainsi que les anneaux et les brancards, ne sont pas sans intérêt : Exode, ch. XXIV,

Les deux Chérubs d’or des versets 18, 19 et 20 sont également intéressants.

Mais ce qui ne l’est pas moins, c’est l’Orientation de cette Arche, en rapport avec des Forces physiques et hyperphysiques.

Exode, ch. L, v. 19. « Et ayant porté l’Arche dans le « Tabernacle, il suspendit le voile au devant pour ac- « complir le commandement du Seigneur.

Ibid., V. 20. « Il mit la table dans le Tabernacle du « Témoignage, du côté du Septentrion, hors du voile.

Ibid., V. 22. « Il mit aussi le chandelier dans le Taber- « nacle du Témoignage, du côté du Midi, vis-à-vis de la « table.

Ibid., V. 28. « Il posa aussi le bassin entre le Taber- « nacle du Témoignage et l’Autel, et le remplit d’eau.

Ibid., V. 29. « Moïse, Aaron et seâ fils y lavèrent leurs « mains et leurs pieds, v. 30, avant d’entrer dansle Ta- « bernacle de l’Alliance et de s’approcher de l’Autel,

« comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.

Ibid., V. 32. « Une nuée couvrit le Tabernacle du « Témoignage, et il fut rempli de la Gloire du Seigneur.

Ibid., V. 33. « Et Moïse ne pouvait entrer dans la tente a de l’Alliance, parce que la Nuée couvrait tout, et que « la Majesté du Seigneur éclatait de toute part, tout « étant couvert de cette nuée.

Ibid., V. 36. « La Nuée du Seigneur se reposait sur le « Tabernacle durant le jour, et la Flamme y paraissait a pendant la nuit, les tribus d’Israël la voyant de tous « les lieux de leur campement. »

Je suis pas à pas le Témoignage théurgique de Moïse, tel que toutes les Bibles le donnent.

Il s’agit d’une Alliance avec lÊVÊ, il s’agit de l’Union psychurgique et cosmogonique, contractée par un Initié et un Initiateur du plus haut grade avec l’Esprit et l’Ame de l’Univers.

Nous allons suivre dans ce Tabernacle les chefs du Conseil de Dieu, parmi lesquels Marie représentant la tête du Collège féminin.

Encore une fois, l’Alliance est personnelle à Moïse.

Lévüique, ch. XVI, v. 2 : « Dis à Aaron, ton frère, de « ne pas entrer en tout temps dans le Sanctuaire qui est « au dedans du voile, devant le propitiatoire qui couvre « l’Arche, de peur qu’il ne meure : car j’apparaîtrai sur « l’Oracle dans la Nuée. ,

Verset 4 : « Qu’il se revête de la tunique de lin ; qu’il « couvre ce qui doit être couvert avec un vêtement de « lin; qu’il se ceigne d’une ceinture de lin; qu’il mette

« sur sa tête une tiare de lin : ces vêlements sont saints, a et ü les prendra tous après s’être lavé.

Verset 12 : « Puis il saisira l’encensoir qu’il aurarem- « pli des charbons de l’Autel, et prenant avec la main a les parfums qui auront été composés pour servir d’en- « cens, il entrera au dedans du voile dans le Saint des « Saints.

Verset 15 : « Afin que, les parfums étant rais sur le « feu, leur vapeur et leur fumée s’épandent sur l’Oracle « qui est au-dessus du Témoignage, et qu’il ne meure a point.

Verset 17 : « Que nul homme ne soit dans le Taber- « nacle, quand le Pontife entrera dans le Saint des « Saints. »

Nombres, ch. IV, v. 19: « Prenez garde qu’il ne touche « au Saint des Saints, afin qu’il vive, et de peur qu’il « ne meure.

Verset 20 : « Que les autres ne jettent j)oint de regards (c curieux sur les choses qui sont dans le Sanctuaire, « avant qu’elles ne soient enveloppées; autrement ils « seront frappés de mort. »

Nombres, ch. XII : « Marie et Aaron parlèrent contre « Moïse au sujet de sa femme qui était éthiopienne.

Verset 2 : « Ils dirent : Le Seigneur n’a-t-il parlé que « par le seul Moïse? Ne nous a-t-il pas parlé comme à lui?

« Le Seigneur les entendit.

Verset 5 : « Moïse était le plus doux des hommes. »

Verset 4 : «Le Seigneur parla immédiatement à Moïse, « à Aaron et à Marie : Allez, vous trois, seuls, au Taber- « nacle de l’alliance.

« Ils y allèrent.

Verset 5: « Le Seigneur s’abaissa dans la colonne de « nuée, et se tenant à l’entrée du Tabernacle, 11 appela « Aaron et Marie.

« Ils s’avancèrent.

Verset 6 : « Il leur dit : S’il se trouve parmi vous un « Prophète du Seigneur, je lui apparaîtrai à travers une « vision, ou je lui parlerai à travers un songe.

Verset 7 : « Mais il n’en est pas de même de mon sorte viteur, de Moïse, mon plus, fidèle serviteur dans tout « mon Temple.

Verset 8 : « Je lui parle de bouche à bouche, et il a voit le Seigneur en pleine lumière, sans énigmes, sans « ligures.

Nombres, ch. XII, v. 10 : « La nuée se retira du Taber- « nacle; et Marie parut aussitôt toute blanche de lèpre « comme la neige.

Verset 13: « Alors Moïse cria au Seigneur et lui dit : « Mon Dieu, guérissez-la, je vous en supplie ! »

Il n’est aucun physicien, aucun médecin suffisamment instruit qui ne puisse reconnaître, aux caractères de l’avant-dernier verset, ce que l’on appelle la lèpre élec-

L’Électricité est là, mais simplement comme force intermédiaire dans notre Atmosphère ; et il y a, derrière, d’autres forces encore, enveloppant ce que les Indiens appellent l’Akasa, voile elle-même d’une concentration de l’Ame du Monde et de l’Esprit pur sur ce Tabernacle et sur ce Théurge.

Ce dernier eût été invinciblement dévoré par la Foudre, si son âme et son esprit avaient cessé un seul moment d’être de même Essence que l’Ame du Monde et que l’Esprit universel, avec lequel sa Sagesse et sa Science l’avaient directement allié.

Aucun commentaire n’est ici nécessaire, et il suffit de laisser parler toute Bible pour voir les Éléments terrestres

obéir à cette Alliance, et défendre l’œuvre intellectuelle et sociale de celui, que lÊVÊ avait jugé digne de son attention et de son amour.

Parmi ces éléments, je citerai le Feu-Principe, que nous retrouvons dans tout l’ancien culte dorien, depuis l’Étrurie jusqu’à rilébyreh,

Lèvitique, ch. X, v. 1 à 10 : « Alors Nadab et Abiu, lîls « d’Aaron, y mirent du feu et de l'encens dessus, et « ils offrirent devant le Seigneur wi feu étranger, ce qui « ne leur avait pas été commandé,

« Du même coup, le Feu sortit du Seigneur et les « dévora, et ils moururent devant le Seigneur,

« Moïse dit donc à Aaron : Voici ce que le Seigneur a « dit : Je serai sanctifié dans ceux qui m’approchent, et « je serai glorifié devant tout le peuple.

« Aaron, entendant ceci, se tut, et Moïse ayant appelé « Misaël et Elisaphan, fils d’Oziel, oncle d’Aaron, leur « dit : Otez vos frères de devant le Sanctuaire, et em- « portez-les hors du camp.

« Ils les prirent étendus, morts, comme ils étaient, « vêtus de leurs tuniques de lin, et ils les emportèrent, « selon qu’il leur avait été commandé.

« Alors Moïse dit à Aaron, et à Éléazar, et à Ithaniar, « ses autres fils :

« Gardez-vous de découvrir votre tête et d’eriir' ouvrir vos « vêtements, de peur que vous ne mouriez et que l’Em- « brasement du Seigneur ne gagne tout le peuple. Que « vos frères et que toute la maison d’Israël pleure l’Em- « brasement qui est venu du Seigneur.

<c Mais pour vous, ne sortez point des portes du Ta- « bernacle, vous péririez, parce que l’huile de Fonction « sainte a été répandue sur vous. »

Je n’ajouterai pas un mot d’interprétation à l’exposé de ces terribles Mystères,

Je me bornerai à souligner les versets 9 et 10 du même chapitre et du même livre.

a Le Seigneur dit aussi à Aaron : Vms ne boirez point,

« vous ni les vôtres, de vin, ni rien de ce qui est spiri- « tueux, quand vous entrerez dans le Tabernacle du Té- « moignage, de peur que vous ne soyez punis de mort, « parce que c’est une prescription absolue qui doit se « transmettre à toute votre descendance.

« Vous devez avoir la Science pour discerner entre « ce qui est saint ou profane. »

Jusqu’ici les Forces intellectuelles et morales de l’Univers, les Principes cosmogoniques, directement alliés à Moïse, agissent dans l’Arche et dans le Sanctuaire du Témoignage théurgique de celte Alliance.

Nous allons les voir exercer leur action ailleurs, avec une puissance dont Moïse est le médiateur, mais qu’il ne commande pas à son gré.

Rappelons-nous ce que les Livres chinois disent au sujet de la guerre, pour nous expliquer l’extraordinaire bataille qui va suivre.

Le but de Moïse et de Jéthro n’a pas été seulement de constituer une nationalité, mais de l’instituer à certaines fins universelles, approuvées par les Forces intelligentes du Cosmos et, comme le dit Moïse, par le Dieu des Esprits de toute chair, lOD, Époux de ÊVÈ.

Ceci est tellement vrai que le Seigneur lui dit, à un certain moment, qu’il lui donnera, au besoin, un autre peuple plus grand, plus fort, si cela est nécessaire. Pour transmettre à travers les Cycles à venir le Livre

scellé de la Science dorienne Principes, le peuple d’Hébreux, d’Égyptiens et d’Étbiopiens, dont le dixième environ représente six cent mille hommes bons à la guerre, cette foule enlevée et isolée au Désert comme sur un trépied fatidique, à la merci du Pygmalion qui lui souffle son Esprit, doit recevoir l’Animation synarchique, dans les Formes comme dans l’Essence de ses institutions, ou périr comme nation, en s’engloutissant dans le Genre Humain d’où elle sort.

C’est un cheval de sang que Moïse selle et bride, pour que l’Esprit invisible le monte, et le lance à fond de train à travers les cadavres des Sociétés en proie à l’Anarchie.

S’il regimbe, la Force terrible qui le maîtrise le serre jusqu’à l’étouffer; s’il s’abat, Elle l’enlève de terre en lui plantant ses éperons dans le ventre; s’il ne peut pas porter ce poids formidable d'un Dieu, il restera couché à terre, et un autre étalon plus vigoureux sera enfourché.

Mais ce peuple de six millions d’Orlhodoxes était fort et digne de l’appel qui lui avait été fait.

C’est pourquoi, de peur qu’il ne pérît tout entier, un parti considérable de rebelles va être frappé tout à l’heure.

Nombres, ch. XIV, on peut voir l’Anarchie démocratique tendre, comme toujours, à se donner un gouvernement purement politique, un Pouvoir sans Autorité.

Verset 3 : « Plût à Dieu que nous fussions morts en « Égypte! Plût à Dieu que nous mourions dans cette « solitude sans lin I

« A Dieu ne plaise que nous entrions dans ce pays de « Khanaan! Nous y périrons frappés par l’épée, et on y « fera prisonniers nos femmes et nos enfants! Ne vaut-il « pas mieux retourner en Égypte?

Verset 4 : « Ils se eçncertèrent donc’ et se dirent : « Nommons un Chef, et retournoijs en Égypte ! »

Ainsi parle toujours la démocratie réduite à son propre Conseil, qui était alors celui des anciens des tribus ; ainsi toujours elle conclut à couronner sa propre anarchie dans un Chef et à retourner dans la Terre de servitude.

Ori peut voir dans le même chapitre les chefs des deux premiers Conseils acculés au désespoir.

Mais les Puissances invisibles sont là.

a Comme tout le peuple poussant d’immenses cla- « meurs voulait les lapider, la Gloire dn Seigneur « parut aux yeux de toutes les tribus d’Israël sur le « Tabernacle de l’Alliance. »

Alors s’engage entre le Théurge et son Allié céleste une admirable et mystérieuse altercation, dans laquelle l’Humanité miséricordieuse parle parles lèvres de Moïse, médiateur de son peuple, et couvre ce dernier de ses supplications contre le poids terrible de la Suprême

Quelle est alors cette Volonté, au sujet du Gouvernement d’Israël?

La Synarchie avec ses trois Conseils arbitraux.

Quelle est l’opposition du peuple à cette Suprême

L’Anarchie politique, voulant se donner par acclamation un Chef à son image.

Ces enseignements formidables sont à rapprocher du passage de la Genèse relativement à Nemrod, du verset cité dans ce chapitre au sujet d’A-malek, et de tout ce qui s’accomplira plusieurs siècles plus tard, lors de l’établissement de la royauté politique, malgré l’opposi-

tion des deux premiers Conseils, qui seront noyés dans le sang.

L’Histoire universelle, reconstituée comme fond de tableau autour de cette solennelle tragédie du Désert, la commente comme des choeurs tels que Sophocle et Eschyle n’en ont jamais rêvés, et me dispense d’y rien ajouter.

La révolte ne se borna pas au troisième Conseil.

Le premier lui-même regimba terriblement contre la bride et contre le mors de son Maître.

Moïse, vieillard de quatre-vingts ans alors, petit, chétif, bègue, timide, avait à porter seul le poids de sa mission, dont lui seul connaissait entièrement le Principe et la Fin.

Je ne sais rien de plus tragique et de plus solennel dans l’Histoire du Monde que la situation de ce Grand Prêtre d’Osiris et de lEVE, n’ayant sur cette terre d’autre force directe que sa Sagesse et que sa Science, qui l’avaient, dès ici-bas, réintégré dans le Règne de Dieu.

Autour de lui, dans le premier Conseil comme dans le dernier, la révolte gronde, et souflle l’Anarchie à travers six millions d’âmes, dans cette formidable scène du Dé- sert, entre l’Égypte armée en arrière et les Confédérations hostiles de la Syrie en avant.

Le Seigneur lui avait bien dit. Nombres, ch. XII, v. 12 : « Ah! je les châtierai; je les abandonnerai à l’extermi- <c nation delà peste commune! Quant à loi, je t’établirai « chef d’un autre peuple, grand, plus fort que celui-ci. » En vain, à la prière du Théurge, son Allié céleste suspend cet arrêt.

Ibid., v. 20 : « Je leur ai pardonné, en réponse à ta « demande. »

La révolte grandit, l'orgueil sacerdotal des Orthodoxes

d’Égypte, des prêtres eux-mêmes, jette le masque, et se redresse tout entier devant ce vieillard sans défense humaine.

Nombres, ch. XVI, v. 1 à 50 : « Alors Coré, fils d’Isaar, « petit-fils de Caath, arrière-petit-fils de Lévi , et Dathan et « Abiron,fîls d’Eliab,etHon, fils de Pheleth des fils Ruben, « s’insurgèrent contre Moïse avec deux cent cinquante « hommes des beni-Israël, Principaux de la Synagogue.

•< Dans le temps des Assemblées, on les appelait par « leur nom.

« Ils se soulevèrent donc contre Moïse et contre Aaron, <t et leur dirent : Qu’il vous suffise que tout le peuple « soit orthodoxe, et que lÉVÊ soit avec eux.

€ Pourquoi vous élever sur le peuple du Seigneur?

« Ayant entendu, Moïse baisa la Terre.

« Il dit à Coré et à sa troupe : Demain matin, lEVE « révélera ceux qui sont à Lui.

« Que chacun prenne son encensoir, toi, Coré, et « toute ta troupe.

« Demain, ayant pris du feu, vous offrirez l’encens « devant le Seigneur; et celui-là sera saint que le Sei- « gneur aura choisi Lui-Même.

« Vous vous élevez beaucoup, enfants de. Lévi!

« Moïse envoya appeler Dathan et Abiron, fils d’Eliab.

« Nous n’irons pas, répondirent-ils. Qu’il vous suffise « de nous avoir enlevé d’une terre où coulaient des ruis- « seaux de lait et de miel, pour nous faire périr dans « le Désert, sans vouloir encore nous dominer. En vé- « rité, vous nous avez tenu parole! Vous nous avez mis « en possession d’une terre où coulent des ruisseaux de « lait et de miel! Vous nous donnez des charn})s et des « vignes, n’est-ce pas! et, par surcroît, vous voudriez « nous aveugler : nous n’irons pas.

« Moïse, envahi d’une grande indignation, dit à lÊVÊ : € N’ayèz point égard à leurs sacrifices. Vous savez que « Je n’ai jamais rien accepté d’eux, que je n’ai jamais « fait tort à aucun d’eux.

c II dit à Coré : Toi et ta troupe, présentez-vous de- « vant le Seigneur, d’un côté, et Aaron s’y présentera de

« Que chacun prenne ses encensoirs et y mette de € l’encens, offrant au Seigneur deux cent cinquante « encensoirs.

« Ainsi fut fait en présence de Moïse et d’ Aaron.

« Tout le peuple étant rassemblé, eux étant à l’entrée « du Tabernacle, la Gloire du Seigneur apparut à tous.

« Le Seigneur parla à Moïse et à Aaron : Séparez-vous « de cette assemblée, car je veux les frapper tous.

« Moïse et Aaron baisèrent la Terre, et dirent : Tout « Puissant ! Dieu des Esprits de toute chair ! Votre Indi- « gnation éclatera-t-Elle contre tous pour le péché d’un « seul?

« Le Seigneur dit à Moïse : Commande à tout le « peuple de s’éloigner des tentes de Coré, de Dathan, « d’Abiron.

« Lorsqu’il se fut retiré de tous les environs de leurs « tentes, Dathan et Abiron sortant se tinrent devant « l’entrée de leurs pavillons avec leurs femmes, leurs « enfants, et toute leur troupe.

« Alors Moïse dit : Vous allez reconnaître que c’est a le Seigneur qui m’a envoyé pour exécuter tout ce que « vous voyez et que ce n’est pas moi qui l’ai inventé « de mon chef. Si le Seigneur par un nouveau prodige « fait s’entr’ ouvrir la Terre et s’engloutir ceux-ci et « tout ce qui leur appartient, si, vivants, ils descendent « dans les lieux infernaux, sachez alors qu’ils ont bUs- « phémé contre le Seigneur.

c II cessait à peine de parler que la TeVre oscilla sous « leurs pieds.

< Elle s’ouvrit, et les dévora, eux, leurs tentes et tout < ce qui était à eux.

« Vivants, ils descendirent dans les lieux infernaux.

« La Terre les recouvrit, la Mort les effaça du milieu « du peuple.

« Tout Israël, qui était là, formant le cercle, s’enfuit « sous le cri des mourants, disant : la Terre va nous « engloutir aussi !

« En même temps, lÊVÊ émit le Feu, qui dévora les (t deux cent cinquante hommes qui offraient de l’encens.

« Le lendemain, toute la multitude des beni-Isracl « murmura contre Moïse et Aaron, disant: Vous avez tué « le peuple du Seigneur !

« La sédition se reformait; le tumulte grossissait.

« Moïse et Aaron coururent alors au Tabernacle a d’Alliance.

« A peine entrés, la Nuée les couvrit et la Gloire du « Seigneur apparut.

« Le Seigneur dit à Moïse : Retire-toi de cette multi- « tude, que je les efface tous à l’instant.

« Ils se prosternèrent alors contre terre.

« Moïse dit à Aaron : Prends ton encensoir, du fm « de r Autel, de l’encens dessus, cours au peuple, prie a pour lui : l’Embrasement jaillit du Trône de Dieu, « le fléau commence, il éclate déjà.

« Aaron obéit, courut au peuple, que le Feu em- « brasait déjà, pria pour le peuple, offrit l’encens.

« Debout parmi les morts et les vivants, il pria pour « le peuple : l’Embrasement s’arrêta.

« Quatorze mille sept cents hommes périrent, .sans « cotnpter ceux qui étaient morts dans la sédition de « Coré.

< Âaron revint trouver Moïse à l’entrée du Tabernacle « d’AIliance, quand la mort se fut arrêtée. »

Ou ce qui précède est un abominable mensonge, ou c’est l’expression d’un fait historique.

Examinons l’un ou l’autre cas, en commençant par le dernier.

Si c’est l’expression d’un fait historique, comme je le crois, que signifie-t-il?

Dans ce terrible drame, la volonté du Théurge, l’ontologie de Moïse fait Un avec le Règne céleste et avec sa Loi.

Dans ce Tabernacle, est un Témoignage d’Alliancc théurgique, mais entre qui? Entre lÊVÊ et le peuple d’Israël, comme les séditieux du Conseil de Dieu ont voulu le faire croire? Nullement.

L’Alliance existe entre lÊVÈ et Moïse même; mais comment?

Par la suprême Sagesse et la suprême Science de l’Épopte personnellement réintégré par l’Initiation dans le Règne de Dieu,

Que veut la Providence appelée par Moïse, du sommet de l’Initiation par la Sagesse et par la Science inté- grales?

Ouvrez le Livre.

Et il vous répondra avec toute l’Histoire du Genre Humain : la Synarchie.

Distinction de l’Autorité, du Pouvoir, de la Volonté populaire,

L’Autorité au Corps sacerdotal , c’est-à-dire, dans le style de cette époque, à la totalité du Corps enseignant.

Par conséquent, l’Autorité à la Science intégrale, avec ses quatre hiérarchies de sciences, toutes ramenées à

leurs Principes et à leur Principe intelligible ou spirituel.

Donc, soumission des Sciences politiques aux Sciences morales; donc, dans les rapports intergouvemementaux, comme dans ceux de métropole à colonies : Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qui vous soit fait.

Le Pouvoir proprement dit à qui? Aux hommes de la Justice, comme l’Autorité aux hommes de la Sagesse et de la Science intégrales.

Comment Moïse, comment tous les Orthodoxes du Monde, comment IKVE, comment le Dieu Social de TUnlvers et de la Terre, Père et Mère des Esprits et des Ames de toute chair, comprennent-ils le Pouvoir et son exercice, et dans quelles mains en placent-ils le sceptre?

Encore une fois, c’est la Justice qui doit tenir ce sceptre, et cette dernière est le premier rellet laïque de l’Autorité sacerdotale, de la totalité de l’Enseignement.

Le Collège des Dieux représente une seconde alliance avec la totalité du Corps enseignant.

Il reçoit l’Initiation, et le Code est ce qu’il doit être, le reflet juridique des Sciences intellectuelles et morales, ramenées à leurs Principes et à leur Principe.

Les anciens rois, jusqu’à Melchisédec, étaient des rois de Justice, et non des rois de Force militaire.

Sur ce point comme sur bien d’autres, la Bihle, même dans ses traductions, est d’accord avec tous les Livres sacrés du Genre Humain.

Enfin, où est le champ légitime d’action de la Volonté populaire, où gît son pouvoir légal?

Dans l’administration économique, locale.

Reflet de la grande Magistrature, elle a droit à la

petite Magistrature de ses intérêts immédiats, dont le deuxième Conseil est la Cour d’appel, dont le premier est la Cour de Cassation.

Comment se recrute ce troisième Pouvoir, d’où sprt-il, qui le nomme?

Il se recrute dans chaque tribu, dans chaque circonscription divisionnaire, il sort de la vie morale, locale, et c’est la Morale qui le nomme, par la voix indivise des foyers, où lÊVÊ est assis non seulement dans le père, mais aussi dans la mère de famille.

Oui ou non, est-ce là l’Économie du Monde antique et de la Synarchie moïsiaque au Désert, pendant l’Alliance directe de Moïse et de lÊVÊ?

Ouvrez l’Histoire du Monde, ouvrez la Bible.

Dieu et Moïse vous répondront, comme, plus tard. Dieu et Samuel, et l’Histoire du Monde antique vous répondra également, par toutes les voix de la Chine et du Japon, où, depuis la cabane du paysan jusqu’au palais de l’Empereur et du Mikado, la source vivante de Cette Économie s’appelle Père et Mère, c’est-à-dire lÊVÉ.

Or, si, parvenu jusqu’à ce point dans la lecture du livre que j’écris, vous ne sentez pas la Vérité vivante chauffer votre âme et votre poitrine de sa divine chaleur, à quoi sert l’enseignement de l’Histoire du Monde, à quoi vous sert cette Bible, si ce n’est à faire votre propre volonté déviée de la Vie intellectuelle et sociale.

Est-ce que j’invente ces choses?

N’est-ce pas la vie du Genre Humain tout entier qui vous les dit?

Je ne fais que reporter les Sciences sociales sur les autels de l’Humanité, où le Dieu Vivant Lui-Même a dé- claré Sa Volonté aux Sages et aux Savants qui se sont mis

en état de l’interroger avec la simplicité de cœur et d’esprit du dernier parmi les humbles, du plus petit parmi les enfants.

Or, pour sauver du déluge de toutes les anarchies un programme aussi simple, aussi sain, aussi vrai, il fallait que la plus haute Science, celle des Principes cosmogoniques, fût reconstituée, afin de permettre à ceux des siècles futurs qui seraient suffisamment éclairés, de ré- tablir partout rUnilé dans la Connaissance, comme dans la Vie.

C’est pourquoi ce Livre hermétique de cinquante chapitres est là, dans cette Arche.

Mais il est, dans l’ünivers comme dans l’Humanité, des forces de dissociation, qui doivent être conjurées et, au besoin, combattues.

C’est pourquoi ce Témoignage théurgique d’Alliance directe entre lÊVÊ et Moïse est là, enveloppant l’Arche et le Livre.

C’est pourquoi ce vieillard de quatre-vingts ans, faible, sans armes, sans Pouvoir, appuie son Autorité directement sur ce Témoignage théurgique, par lequel lÊYÊ, du fond d’un Sanctuaire approprié, commande à certaines lois et à certaines forces de la Terre, par des Lois et par des Forces qui n’appartiennent en propre qu’au Cosmos et qu’à Lui-Elle, le Dieu-Nature.

En faut-il d’autres preuves? Ouvrons le Livre.

Nous y verrons, depuis les Pyrées du Sinaï jusque dans le sein de la Terre elle-même, les forces planétaires obéir à l’Alliance du Théurge avec lÊVÊ, avec l’Ame et l’Esprit créateurs du Cosmos.

Deutéronome, ch. V, v. 1 à 26; c’est Moïse qui parle:

« Le Seigneur articula Ses Commandements d’une voix « puissante, devant vous tous, sur la montagne, du sein « du Peu.

€ Après que vous eûtes vu la montagne tout en Feu,

« vous m’envoyâtes les Juges de vos tribus et vos Anciens,

« et vous me dites : Le Seigneur, Notre Dieu, nous a fait « voir Sa Majesté et Sa Grandeur. Nous avons entendu « Sa Voix du milieu du Feu.

« Allons-nous donc mourir, serons-nous donc dévorés « par ce Grand Feu? Car si nous entendons encore la « Voix du Seigneur, notre Dieu, nous mourrons.

« Qu’est tout homme revêtu de chair, pour pouvoir « entendre la Voix du Dieu Vivant, parlant du sein du « Feu, comme nous l’avons entendue, sans en perdre la « vie?

Quel est ce Feu? est-ce le feu physique, est-ce son Principe, non seulement cosmogonique, mais théogonique et théurgiquement invoqué?

Les Traductions laissent entrevoir l’immense profondeur scientifique de ce Mystère dans ce qui suit.

Deutéronome, ch. IV, v. 36 :

« Du Haut du Ciel II vous a fait entendre Sa Voix pour « vous instruire; Il vous a fait voir Son Feu, un Feu « effroyable, et vous avez entendu Ses Paroles sortir du « sein de ce Feu. »

Ce Feu divin, cet Empyrée comme l’appelle Orphée, ce^ Feu de tous les anciens Orthodoxes, depuis les Ghiborim de l’Hébyreh jusqu’aux prêtres et aux nazaréens d’Étrurie comme Numa, ce Feu, dont parle le vers d’Hojace que j’ai cité à propos de certains Mystères de l’Encyclopédie# abramide. Moïse, nous dit d’où il vient.

Il vient du Haut du Ciel, il est le Feu propre du Prin-

cipe mâle ou de l’Esprit pur, lOD, il est Son Feu, et il a pour Àthanor l’Arche même.

Deutéronome, ch. XXUI, v. 1, 2’:

« Yoioi la bénédiction que Moïse le Théurge donna aux « enfants d’Israël, avant sa mort.

« 11 dit : Le Seigneur est venu du Sinaï ; Il S’est levé « sur vousde Seïr; Il a paru sur le montPharan, et des « millions de Saints avec Lui ; 11 portait en Sa Droite « la Loi du Feu. «

C’est donc bien le Chef des Puissances spirituelles du Cosmos, puisque des millions de Saints étaient avec Lui, parmi lesquels tous les antiques Orthodoxes.

Ce Chef portait en Sa Droite la Loi du Feu.

Or, dans rhicrogramme de lÊVE, écrit à l’égjptienne de droite à gauche, la droite est lod, le Principe Masculin, la gauche est Hé Vau-Hé, ÊVÊ, le Principe Féminin ; et ce Nom sacré était crié dans les Mystères de Ram, de Dio-nysos, de Bacchus : laô-Hévauhé ! et on le retrouve encore jusque dans le Y-king, jusque dans les écrits de Lao-tsée.

« Alors Moïse et Aaron entrèrent dans le Tabernacle du « Témoignage, et en étant ensuite sortis, ils bénirent « le peuple.

« En même temps, la Gloire du Seigneur apparut à tout *« le peuple assemblé, et un Feu sorti du Seigneur dévora « l’holocauste et les graisses qui étaient sur l’Autel. >

Quant à l’action exercée sur Moïse même par ce Feu Vivant, d’où lui parle lÊVÊ, elle n’est pas moins remarquable.

e Quand il eut achevé de leur parler, il revéita' son

€ Lorsqu’il entrait et (|u’il parlait avec lÊVE, il se € dévoilait jusqu’à ce qu’il sortît.

« Lorsque Moïse sortait, on voyait son visage émettre « des rayons; mais il le voilait de nouveau, chaque « fois qu’il leur avait parlé. »

Je ne veux pas multiplier outre mesure ces citations, ni les commenter plus qu’il ne convient.

Telle était la Puissance de la Sagesse et de la Science antiques, au sommet de l’Initiation dorienne, quand, chose rqre, l’Épopte se trouvait être un homme de génie, capanle de manifester la Divinité d’une manière convenable.

Supposons maintenant que tout ce qui précède, que tous ces récits bibliques aient été invenjtés à plaisir, après coup, par Esdras, et non relatés d’après d’anciens manuscrits, comme d’a])rès la Tradition orale, laissée par Moïse.

Comment est-il possible d’admettre qu’en pleine civilisation babylonienne, parmi des hommes aussi profonde* ment instruits des choses naturelles, humaines, universelles, divines, que les quatre hiérarchies de prêtres kaldécns, dont Daniel fut le Souverain Pontife, comment, est-ij: possible même de supposer que, devant un Collège des Dieux, devant soixanle-dix hommes, soixante-dix Lettrés juifs, Esdras eût pu inventer de pareilles choses, sans se voir huer?

Ma réponse est donc faite, et c’est bien à un fait historique, relaté d’une manière plus ou moins légeqdaire.

mais c’est à un théurgiques que nous

avon^afifâfire ici.

Povil|iloi ces faits ne se reproduiront-ils plus après la mort de Moïse?

Parce qu’encore une fois, l’Alliance était personnelle à Moïse, et je vais encore expliquer ce que cela signifie.

Moïse acquit sa Science et sa Sagesse dans les temples 4’Égypte et d’Éthiopie.

Il en consigna une partie dans sa Cosmogonie, dans son Androgonie, ainsi que dans les trois autres livres suivants. r

Ces cinq livres, écrits à l’égyptienne comme les prêtres doriens écrivaient, forment ce que les traducteurs ont appelé la Genèse et ses cinquante chapitres.

•Oui ou nofi, les prêtres du })lus haut grade maniaientils le langage d’une certaine manière qui leur était i^pre?

Je crois l’avoir déjà prouvé; mais, voici encore quelques témoignages à ce sujet.

Voici d’abord celui d’Hérodote, liv. II, ch. 36 :

• « Les Grecs, dit-il, écrivent leurs lettres et calculent de gauche à droite; les Égyptiens, au contraire, de droite à gauche.

Ceux-ci ont deux sortes d’écritures : l’une ap|telec sacrée, l’autre démotique ou vulgaire. »

Clément d’Alexandrie va plus loin, n’ayant pas de secret à garder.

Quand il parle des quarante-deux livres d’Hermès, ré- servé» au Sacerdoce, il déélare que dix de ces livres

étaient appelés’hiératiques, et étaient l’étude particulière

Voilà pour les livres hiératiques proprement dits; car il y en avait d’autres appelés hiérogljpliiqucs, qui rentraient dans le domaine des études du Scribe sacerdotal.

D’autres livres encore étaient écrits en symboles et faisaient partie des études, et étaient le propre de l’École dite des Mathématiques.

Voilà donc trois sortes de manières d’écrire, non seulement quant aux lettres, mais quant au génie même du langage : l’iliérogrammatique, rHiéroglyphique, la Symbolique.

Voir, pour ce qui précède, Slrom., liv. VI, p. 655, 654.

Toutes les antiques Universités avaient également un idéographisme inintelligible au profane.

Dans Eusèhe, Prép. éoang., liv. IX, ch. 9, Philon de Biblos rapporte que Sankoniathoii, Ionien, composa eu langue analytique sa Cosmogonie à l’aide de certains mémoires qu’il trouva dans les Temples, cl qui étaient écrits en lettres ammonéennes, inintelligibles au vulgaire.

Or, nous savons qu’Aramon est le symbole de la Loi du Bélier, ou de Ram.

Donc, l’ionien Sankoniathon avait dans les mains des ,, manuscrits doriens, écrits comme les prêtres orthodoxes écrivaient.

Mais il ne suffisait pas de les traduire en langue analytique, il fallait encore avoir la clef scientifique de leu# hiérogrammes.

Faut-il encore d’autres preuves?

Diogène Laërce, d’après Thrasyllus, nous dit que Dé- mocrite écrivit deux livres, dont l’un traitait de la langue sacrée des Babyloniens, l’autre de la langue hiératique des Orthodoxes de Méroë. {Vie de Démocrite, segma XLIX,

Héliodore^ liv. IV, confirme ce qui précède, au sujet des Égyptiens.

Théodoret dit la même chose au sujet des temples doriens de la Grèce.

Enfin, l’Egyptien Manéthon, dans Euûbe, édit. Scalig, Arasterd., 1658, p. G, déclare qu’il a tiré ses mémoires des colonnes qui étaient dans la terre de Sériad.

Il ajoute que ces colonnes avaient été gravées par Thoth, c’est-à-dire le Corps enseignant, avec des caractères hiéroglyphiques, mais dans la langue sacrée, c’est- à-dire hiérogrammatique.

Les bibliothèques de granit, de porphyre ou de basalte se retrouvent dans tout l’ancien Cycle, jusque chez les Chinois.

Toutes les expéditions savantes des rois de Justice du Cycle du Bélier en ont semé le Monde, depuis le fond de l’Orient jusqu’à Gibraltar.

Donc Moïse, prêtre d’Osiris-Isis, d’IÊVÉ, c’est-à-dire Epopte dorien des temples d’Égypte, ne si'paiant jamais le Principe Masculin du Principe Féminin , ni les Sciences de l’Ordre intelligible de celles de l’Ordre sensible, se conforma très certainement à la Loi, dont il avait reçu du Grand Prêtre Jéthro les suprêmes communications.

Après les témoignages qui précèdent, voici celui de Moïse lui-même ; « Vous serez toujours voilée. » — Genèse, citée plus haut; Nombres, ch. XII, v. 8, cité gjus haut.

Enfin, saint Paul, instruit dans la Tradition orale, fait allusion très clairement au voile savamment étendu par Moïse sur sa pensée. 2® Ép. am Corinth., ch. III, v, 13 ; « Nous ne faisons pas comme Moïse, qui se mettait « un voile sur le visage, marquant par là que les

« enfants d’Israël ne pouvaient souffrir la Lumière. »

Venet 14 : « Et ainsi leurs intelligences sont de- « meurées matérialisées et enlénébrées; car, jusqu’au- « jourd’hui même, lorsqu’ils lisent l’ancien Testament,

« ce voile demeure toujours sur leur cœur, sans être

Il u’est pas possible néanmoins que Moïse n’ait pas laissé une Initiation, une Tradition orale, et nous avons vu le contraire, quand il institua un Conseil des Dieux sur l’ordre de Jéthro.

Cependant, une fois Moïse mort, à mesure que le peuple prit les habitudes ioniennes des confédérations de l’Asie Mineure, il dut oublier de plus en plus les Principes de l’interprétation des Livres rnoïsiaques, pour mille raisons.

Celle du simple bon sens suffit à motiver que, éloignés de la source universitaire d’où l’idéographie moïsiaque était partie, les Corps savants Israélites durent forcément se rouiller, et aboutir à s’opposer entre eux, soit comme matérialistes de la lettre, soit comme spiritualistes de la Tradition orale, soit enfin comme symbolistes vagues, voulant concilier les deux extrêmes.

Mais la Science dorienne, en Égypte comme dans toutes les antiques Universités, était le couronnement précis de toutes les Sciences de la Nature, c’est-à-dire d’uae triple hiérarchie de connaissances physiques, humaines, cosmiques.

C’est pourquoi les degrés ascensionnels de la Science et de l’Initiation égyptiennes n’existant plus en Judée, les Principes supérieurs de la Cosmogonie de Moïse ne furent plus rattachés à leurs conséquences positives, à travers la Progression descendante de toutes les autres

Sciences, et, dès lors, le sens scientilique des écrits de Moïse se voila de plus en plus. .

Ceci est tellement vrai, qu’il faudra ratniosphère intellectuelle de rUniversité de Babylone pour qu’Esdras puisse rétablir le texte de Moïse en caractères kaldaï(iues, et en donner le sens moyen amalgamé au littéral.

Il me reste maintenant à prouver que, parmi les Sciences réservées de l’Initiation que reçut Moïse, se trouvaient celles que j’ai citées.

On a beaucoup parlé et beaucoup écrit sur les Sciences occultes : les uns, depuis dix siècles, n’y comprenant pas grand’chose, et en donnant une idée ridicule; les autres s’en vengeant par une ironie facile.

La vérité est qu’il n’y a pas de Sciences occultes, car ce qui est scientifique cesse d’ètre occulte, et ce qui est occulte cesse de l’ètre en devenant scientifique.

Mais il y a eu, à l’époque dont je parle, et qui remonte à des Cycles entiers de Civilisation, antérieurs à celui du Bélier, il y a eu, dis-je, des Sciences volontairement occultées par les Savants, à cause de leur importance même et du danger de les livrer, non seulement à la foule, mais à tout homme qui ne fût pas absolument inaccessible à tout mobile passionnel.

Parmi ces Sciences doublées d’Arts correspondants, voici quelques-unes de celles qui s’enseignaient dans les Mystères : la Théurgie, l’Astrologie, la Magie, l’Alchimie.

Je parle encore une fois de ce que ces Sciences étaient dans les antiques Initiations et non de ce qu’elles sont devenues, depuis le moyen âge, sauf quelques hommes éminents et extrêmement rares, entre les mains des fous, des charlatans, des escrocs et des niais fanatiques de toute nature, qui s’en sont occupés.

C’est à cette dernière classe de gens que la Loi des Mystères, dans toüte l’Antiquité, appliquait les peines, les châtiments terribles qu’on retrouve dans le Gode moïsiaque.

Dans le Cycle de Ram, puis dans toutes ses divisions religieuses, la pratique et même la recherche de ces Sciences étaient formellement interdites en dehors de l’Assemblée et du Contrôle des Corps savants.

Les misérables qui, dans un but personnel, sc livraient alans les ténèbres à la poursuite d’uu pouvoir plus ou moins chimérique j)ar cette voie, étaient traités souvent avec trop de rigueur, et les dévoiler eût suffi.

La Science, à un certain degré, a de plus en plus besoin de guides intellectuels et moraux, et elle devient de plus en plus inaccessible au vice et à l’erreur sous toutes leurs formes.

Ce sont ces âmes de ténèbres qui, à partir du schisme d’Ir&hou et principalement chez les Touraniens, ont produit ce renversement infernal et ignorantin de la Magie des Sanctuaires, et qui a mérité, sous le nom de magie noire, l’exécration du Genre Humain et les anathèmes des Religions.

Mais retournons aux véritables Sciences secrètes des Temples, dont l’Enseignement lumineux ne se donnait qu’à bon escient, et se recevait à genoux avec un cœur pur et un amour de l’Humànilé et de la Divinité allant jusqu’au sacrifice absolu de sa propre vie.

Il ne m’appartient pas plus de justifier ici ces Scieilcës iqüe de les attaquer.

J’expose quel était le Génie ihtellectuel de l’Antiquité, jè laisse chacuii libre d’en penser ce qu’il voudra ; mais je fais usage pbür moi-même de cette liberté, eh me

bornant à dire que la Religion n’a pas été le fruit de l’ignorance, qu’elle était au contraire la Synthèse de toutes les Sciences, allant de l’Ordre physique à l’Ordre spirituel et vice vcrsâ.

C’est parce qu’on savait, à n’en pouvoir douter, que, d’un bout à l’autre de l’Univers, l’Esprit est Un, la Nature Homogène, à travers la quadruple hiérarchie de leurs vivantes productions, que tout l’aspect qualificatif de la Science et de la Vie avait pu être exactement connu, et vérifier de haut en bas l’aspect quantitatif de la même Science et de la même Vie.

Que les quatre Sciences doublées d’Ârts correspondants précédemment citées, fussent enseignées et pratiquées dans les temples, c’est ce que disent ; Hermès, In Asclep., ch. IX; Jambl., de Myat. égypt., ch. XXX; Mairnon, Mor. Nevocli.. §2, ch. X; Origen. Contr. Cels., liv. I: Synés., de Insomn., p. 134 et suiv. ; Nicéph. Greg., Schol. in Synes., p. 360 et suiv.

Or Moïse, comme Épopte dorien, possédait toutes ces Sciences : la Bible, les Évangiles et les Pères de l’Église sont d’accord sur ce point.

Sans ces Sciences, sa puissance serait scientifiquement inexplicable, donc douteuse.

Étant donné le Génie religieux de l’Antiquité, l’explication graduée de tous les Mystères de l’Univers, depuis l’Ordre physique jusqu’à l’Ordre purement . intelligible, étant donné le double aspect ascendant et descendant de la Vie universelle et de la Connaissance intégrale, les livres et tous les témoignages de Moïse sont religieusement vrais, parce qu’ils étaient, parce qu’ils sont toujours scientifiquement exacts.

Après avoir fait au Désert son Témoignage Social, en

coQstUuant la Synarchie, autour de l’Arche qui renfermait son Témoignage Intellectuel, après avoir transmis oralement les Sciences Ihéogoriiques qu’il avait réservées, ainsi que les clefs necessaires pour que les plus dignes coin prissent les cinquante chapitres de son Livre hermétique, après avoir désigné comme son successeur Josué, son premier initié. Moïse s'endormit dans lÊVÊ, à l’âge de cent vingt ans.

11 est à remarquer que Josué était un initié laïque, ne faisant pas partie du Conseil de Dieu, mais de celui des Dieux.

11 n’appartient même pas à la tribu de Lévi, c’est- à-dire au Sacerdoce officiel, mais à une Iribu dont le nom hiérogrammatique désigne l’origine kaldéenne.

Nombres, ch. XllI, v. 9 : « De la tribu d’Éphraïni, « Osée, fils de Nuii. »

Comme toujours, dans ces temps, il reçut un nom d’initiation, Josué, Sauveur.

Voici le passage relatif à l’Initiation suprême de Josué par Moïse ;

Nombres, ch. XXVII, v. 15 à 23.

:« Moïse répondit au Seigneur : C 'Heu des, Esprits « de tous les hommes choisisse :me un homme « qui veille sur tout ce peuple

« Le Seigneur lui dit : Preu fils de Nun, cet

« homme en q.ni réside l’Esprit uo . agesse,etimposez- « lui. les mains.

« Présentez-le devant Éléazar, Grand Prêtre, et devant « tout le peuple.

« Donnez-lui vos instructions au sujet de tous, avec « une partie de votre gloire, afin que toutes les Assem- « blées des enfants d’Israël l’écoutent et lui obéissent.

« Quand il faudra entreprendre quelque chose, le

« Grand Prêtre Éléazar consultera le Seigneur; et,

« selon la réponse d’Eléazar, Josué sortira et marchera « le premier, puis tous les enfants d’Israël et le reste de « la multitude.

« Moïse fit donc ce que le Seigneur lui avait com- « mandé, et ayant pris Josué, il le présenta devant « le Grand Prêtre Éléazar, et devant l’Assemblée plé- « nière.

« Il lui imposa les mains sur la tête et lui déclara « ce que le Seigneur avait commandé. »

Les trois Pouvoirs sociaux de la Synarchie sont encore visibles ici : Éléazar, chef du Conseil de Dieu, représente l’Autorité de l’Enseignement; Josué, chef du Conseil des Dieux, représente le Pouvoir de la Justice, rellet laïque de la Sagesse, par l’Initiation.

Enfin, le peuple en assemblée plénière, avec les anciens des tribus à sa tête, représente le troisième Pouvoir, armé de sa petite magistrature locale.

Il est à remarquer aussi que Moïse, comme Epoptc égyptien, se retire de son œuvre, pour lui laisser vivre sa vie propre, qu’il demeure dans son Alliance directe et personnelle avec le Dieu intégral de tous les Orthodoxes dorions du Monde, voilant ce Dieu dans ses livres, afin qu’il ne fût révélé qu’au Genre Humain tout entier, quand il en serait temps.

« Deutéronome, ch. XXI, v. 18 : « Je Me cacherai, « Je couvrirai Ma B'ace. »

Avant de mourir. Moïse prédit à sa nation un Prophète aussi grand que lui.

« Deutéronome, ch. XVfll, v. 15 à 19 : « Le Seigneur, « \otreDieu, vous suscitera un Prophète semblable à « moi, de votre nation et d’entre vos frères : C’est lui

« que vous éôouterez, selon la demande que vous fîtes » au Seigneur, votre Dieu, près du mont Horeb.

« Tout le monde était assemblé : que je n’entende « plus le Seigneur, mon Dieu, et que ne voie plus ce « Feu effroyable de peur que je ne meure.

c< Et le Seigneur me dit : Tout ce que ce peuple vient <c de dire est juste. Je leur susciterai du milieu de « leurs frères un Prophète semblable à vous. Je lui raet- « Irai Mes Paroles dans la bouche, et il leur dira tout ce « que Je lui ordonnerai.

« Si quelqu’un ne veut pas entendre les Paroles que

ce Prophète prononcera en Mon Nom, ce sera Moi qui « en ferai justice. »

Il s’agit ici d’un Prophète semblable à Moïse, voyant le Seigneur face à face, lisant sans voile le Livre de cinquante chapitres enfermé dans l’Arche.

Ce Prophète dans la nation juive sera Jésus-Christ, exactement dans la même situation que l’Épopte égyptien, à côté du Sacerdoce officiel, du Conseil de Dieu, du Conseil des Dieux représenté par les scribes de la grande Synagogue, et enfin du Conseil des anciens de la tribu de Juda.

Les autres prophètes institués par Moïse même, membres des deux premiers Conseils, soit par voie de Nazaréat, comme dans tous les Temples orthodoxes du Monde d’alors, soit par Initiation dans l’âge mûr, ces Prophètes sont désignés par une mention moins spéciale, et caractérisés d’une manière différente.

Nombres, ch. XII, v. 6 à 8 : a Le Seigneur dit à Aarbn « et à Marie : Écoutez : S’il sé trouve parmi vous ün « prophète du Seigneur, je lui apparaîtrai en vision, ou « je liii parlerai eii songe.

« Mais il n’en est pas ainsi de mon serviteur Moïse, « qui est Mon Serviteur fidèle par* excellence dans toute « Ma Maison, car Je lui parle de bouche à bouche, et il « voit le Seigneur clairement et non sous des énigmes « et des figures. »

11 est indéniable que ces deux passages, celui du Deutéronome et celui des Nombres, que je répète ici à dessein, visent deux sortes de prophètes ; et il est également indéniable que le seul qui, historiquement, doive ré- pondre, par la suite des temps, aux conditions indiquées dans le Deutéronome, est Jésus-Christ.

De |)lus Moïse n’en désigne qu’Un Seul de ce genre.

Dans sa dernière prédication, le divin vieillard, du haut de la montagne d’Abarim, les yeux tournés vers la terre de Chanaan, dit encore à son peuple des choses que la rédaction babylonienne a pu altérer, faute d’un souvenir précis, mais parmi lesquelles se trouvent des passages importants.

Dans le chapitre XXXll du Deuléromme, l’ancien Cycle, l’ancienne Synarchie du Bélier est proposée comme modèle.

Verset 7, par exemple : « Prenez conseil des siècles an- « tiqws, considérez ce qui s’est passé dans la suite de « toutes les Races. «

Dans le chapitre XXXIII du même livre, soüs le symbole des hiérograrames des douze tribus. Moïse bénit tous les Peuples du Monde, tout Israël, toute l’Université royale de Dieu.

Deutéronome^ ch. XXXIV :

« Moïse monta donc de la plaine de Moab sur la « montagne de Nébo, au haut de Phasga, vis-à-vis de « Jéricho ; et le Seigneur lui fit voir de là tout le pays

« de Galaad jusqu’à Dan, tout Nephtali, toute la terre « d’Éphraïm et de Mapassé, tout le pays de Juda jusqu’à « la Mer occidentale, tout le côté du Midi, toute l’éten- « due de la campagne de Jéricho, qui est la ville des « Palmes, jusqu’à Ségor.

« Le Seigneur lui dit : « Voilà la terre poue laquelle « j’ai fait serment à Abram, à Isaac et à Jacob, leur « disant : je donnerai cette terre à votre postérité.

« Vous l’avez vue de vos yeux, mais vous n’y entrerez « point.

a Moïse, serviteur du Seigneur , mourut ainsi en ce « même lieu, dans le pays de Moab, par le commande- <( ment du Seigneur, qui l’ensevelit dans la vallée du <( pays de Moab, vis-à-vis de Phogor; et nul homme jus- « qu’aujourd’bui n’a connu le lieu où il a été enseveli.

« Il avait cent vingt ans lorsqu’il mourut : sa vue « n’était pas affaiblie, ses dents n’étaient point ébran- K lées.

« Les enfants d’Israël le pleurèrent dans la plaine de « Moab, pendant trente jours, au bout desquels le deuil « cessa.

« Il ne s’est plus élevé dans Israël de prophète sem- « blable à Moïse, à qui le Seigneur ait parlé face à face. »

J’ai voulu laisser la Bible rendre elle-même hommage à cet Épopte souverain.

Tous les Initiés antiques parvenus à son grade sont morts, sans que leur corps ait laissé plus de traces que le sien.

Jusqu’à Pythagore, jusqu’à Apollonius de Thyane, jusqu’à Jésus-Christ, nous verrons se reproduire le même fait mystérieux.

Désormais, grâce à l’effort surhumain de ce grand homme, les Principes d’organisation du Cosmos et de

l’État Social vont être enveloppés d’une garde d’honneur purement dorienne.

En vain la Politique sentira-t-elle le danger, en vain le Césarisme ninivite ou babylonien qui inaugura dans Ninus sa propre déification, sa prop.re apothéose, viendra-t-il déraciner de la Palestine ces douze tribus, en vain en jettera-t-il à tous les vents de l’Humanité dix, qui demeureront aussi introuvables qu’un grain de sable dans l’Océan.

Il en restera deux, et cela suffira.

En vain le Césarisme babylonien et persan appesantira-t-il son bras sur Juda et sur Benjamin, en vain le Césarisme macédonien entrera-t-il en maître dans le temple de pierre de Jérusalem.

Les cinquante Chapitres de Moïse seront fidèlement conservés, et cela suffit.

En vain l’Empire romain relèvera-t-il à son tour le Pouvoir d’iniquité flétri par Moïse sous le nom de Nemrod, en vain le Üoriaiiisme et l’Ionisme politiques prendront-ils la Judée pour champ de bataille, en vain le temple de Jérusalem sera-t-il détruit pour toujours parle Césarisme continuant à usurper l’apothéose, un homme aura rendu au Genre Humain tout entier l’Esprit Social, Universel, de l’ésotérisme moïsiaque, et cela suffit.

Cet homme divin, ce Fils de Dieu, aura beau être mis en croix comme un criminel, Nemrod, A-Malek, l’Anarchie couronnée se verra arracher l’Apothéose.

Les temples schismatiques ne pourront bientôt plus la décerner aux Nemrods occidentaux, et enfin rendue à l’Autorité, elle sera enlevée au plus haut des deux dans l’éblouissement des esprits et des âmes, qui désormais

ne l’accorderont plus jamais au Pouvoir sur cette Terre.

Telle est l’œuvre des véritables théocratcs issus des Temples doriens de l’ancien Cycle, œuvre bien différente, on le voit, de celle des Sacerdoces déviés de leur Mission par leur séparation d’avec les autres Corps enseignants, et par leur abaissement sous la main des Pouvoirs personnels.

Je prie le lecteur de se rappeler le passage de Moïse sur Nemrod , et de relire la page 50 du Cathéchisme à l'usage de toutes les Églises de l'empire français, Paris, imprimerie des frères 3fame, 1808, leçon VII.

Demande. — « Pourquoi sommes-nous tenus à tous « ces devoirs envers notre empereur?

Réponse. — « C’est parce que Dieu qui crée les em- « pires et les distribue selon sa volonté, en comblant « notre empereur de dons, soit dans la paix, soit dans « la guerre, l’a établi notre souverain et le ministre de « Sa Puissance, et Son Image sur la Terre. »

Les paroles que j’ai soulignées sont exactement le contraire de ce que dit Moïse et de ce que dira Jésus, dans Sa réponse si prudente à l’insidieuse question des Pharisiens : « Rendez à César ce qui est de César, à Dieu ce qui est de Dieu ».

Or, si l’on fait le compte exact de ce qui revient à Dieu dans le Gouvernement de l’Humanité, que reste-t-il pour César ?

Beaucoup, plus encore que lorsqu’il représente le couronnement de l’Anarchie.

Il lui reste la véritable Couronne, celle de Melchisédec et de tous les anciens rois de Justice du Cycle de Ram ;

il lui reste le véritable trône, celui du Conseil des Dieux ; il lui reste d’être la plus haute expression de la grande Magistrature laïque, le rellet glorieux de la Sagesse et de la Science, rincarnatiou vivante de rUnité de la Morale et de la Politique enfin réconciliées.

C’est ce que sentent vaguement les rois et les empereurs dignes de ce nom; mais, faute d’initiation et souvent d’initiative, ils ne savent comment travailler au Règne de Dieu.

C’esl ce que sentent instinctivement dans la simplicité de leur cœur les multitudes pour qui la monarchie représente encore un Principe d’ünité, pour qui elle est un reflet du Dieu qui règne dans les Cieux, de la Paternité et de la Maternité qui gouvernent chaque foyer sur la Terre.

Aussi faut-il toujours se souvenir de cette profonde parole de Jésus-Christ : « Pardon nez-lenr, Seigneur, car ils ne savent ce qu’ils font ».

Et ils font ce qu’ils croient être le Bien, et ce Bien est facile à réaliser, en replaçant la Science dans les Sanctuaires de la Religion, en l’econstitnant l’Autorité, en s’y soumettant, en faisant la Synarchie.

C’est pourquoi, à mesure que je retrace l’ilistoirc des Théocra tes sortis des débris de l’ancien Cycle pour guérir, soit localement, soit universellement, les maladies politiques de l’État Social terrestre, je me découvre pieusement, et je prie et j’adore la même Sagesse,, la même Science, le même Dieu céleste, le même Dieu Social qui habite parmi nous, et ne demande qu’à y régner pour le bonheur de l’Humanité entière.

CHAPITRE XIV

LA STNARCHIE D’ISRAËL. L’ANARCHIE DES PRUD’HOMMES DD TROISIÈME CONSEIL. LA MONARCHIE POLITIQUE.

Pendant deux siècles, la Synarchie moïsiaque se maintint, malgré les circonstances qui militaient contre elle.

Kn Syrie et en Palestine, l’éloignement de toute métropole dorienne tendait à faire perdre au (ionseil de Dieu la Tradition scientifique de Moïse.

Aussi le Conseil des Dieux, avec son président, sous le nom de Juge, eut-il à porter le poids, non seulement du Gouvernement proprement dit, mais de la tendance de l’Autorité à céder à la routine et à perdre sa savante initiative.

De sou coté, le troisième Conseil, celui des anciens, tondait perpétuellement à fusionner ses mœurs avec celtes des Fédérations ioniennes qui l’entouraient.

Dès lors, le but universel de Moïse et des Ortliodo.xes égyptiens, kaldéens et persans qui avaient soutenu son mouvement, fil place à des nécessités immédiates, nationales, de combat, pour ainsi dire, côntre la fusion rcli-

gieusé et sociale avec les* milieux ambiants, et, par conséquent, à un sectarisme religieux, à un particularisme politique, inévitables dans de telles conditions.

Cet esprit, qui se retrouve à Babylone, mais centuplé par les souiïVauces d’un patriotisme martyrisé, présidera depuis Esdras à la rédaction ou à la transcription des livres qui constituent la Bible.

C’est pourquoi, dans le chapitre précédent, j’ai distingué à plusieurs reprises l’Alliance personnelle de Moïse de l’alliance consécutive des Israélites, et à plus forte raison des Juifs, c’est-à-dire d’une seule tribu ou de deux, (}uand les dix auront été enlevées à Ninive et dispersées.

Tout ce qui est le propre de Moïse et de son Alliance personnelle appartient à la Beligion intégrale de l’Humanité.

Tout le reste lui sert de support secondaire, de moyen transitoire de transmission, et mérite, à cet égard, le respect de tout penseur.

Mais ce serait tomber dans une singulière idolâtrie, que d’accorder la même importance au cheval qu’au Cavalier, aux étapes du messager qu’au Message même.

La situation de la Synarcliie juive après Moïse n’était pas moins difficile au point de vue international qu’au point de vue local.

Pour les Orthodoxes d’Osiris, ce mouvement moïsiaque, comme celui d’Inachus et de Cadmus, était une sorte de colonisation égyptienne.

Anti-conquérants, les deux premiers Conseils d’Égypte virent toujours d’un bon œil ce rameau dorien, poussant en Palestine, tant qu’il ne prit pas pour tuteur l’empire schi.smatique d’Assyrie.

C’est justement pourquoi ce dernier fut toujours très

attentif à ce qui se passait (langue temple et dans la ville de Jérusalem, ainsi qu’à Samarie.

Toutes ces causes tant extérieures que locales imprimèrent à ce petit peuple un caractère forcé de méfiance, d'exclusivisme, de fanatisme.

Dans les grandes métropoles, autour d’une grande Université sacrée, d’un gi-and centre d’initiation, il n’y avait pas de fanatisme possible, la Science et la Ueligion ne faisant qu’Un, au vu et au su de tous.

Mais, là, au contact d’ioniens tendant à tout maté- rialiser, de Pouvoirs oligarchiques et monarchiques, déliés depuis longtemps de toute obédience à rancicnnc! Autorité, le Sacerdoce réduit à ses seules ressources manquait précisément d’exercice intellectuel , d’atmosphère scientifique, et devait par cela même s’éloigner petit à petit de l’idéographie moïsiaque.

Kvidemmeut cela n’eut pas lieu d’un seul coup, mais peu à jieu, comme les Prêtres d’Égypte le dirent à Slrabon.

Mais ce qui ne s’altéra ))as si vite parmi eux, ce fut la puissante impulsion morale, que leur Dorianisine intransigeant leur avait donnée et leur conservait.

Ces hommes des deux premiers Conseils, en devenant plus étroits, devenaient plus tenaces, comme une main qui se resserre sur un dépôt qu’il faut défendre, et que l’œil n’a plus le temps de considérer à loisir.

Les vues de l’Alliance directe et personnelle de Moïse avec la Providence se trouvaient ainsi remplies, puisque l’épée de sa Parole enfermée dans un triple fourreau était tenue par une poigne solide, jusqu’à ce que le Prophète, qu’il avait désigné comme devant être son égal, la tirât, et en dessinât, à la vue du Genre Humain tout entier, un cercle lumineux, appelant tous les peuples à la reconstitution du Cycle universel, du Royaume de Dieu.

Comme toujours, ce furent les intérêts immédiats, matériels, qui déclarèrent la guerre à ceux d’un Ordre plus élevé, et auloriscs par cela même à les contenir.

Mais les vrais révolutionnaires ne sont jamais dans lé peuple, et on les trouve toujours parmi ceux qui en exploitent la crédulité.

C’est pourquoi, un peu plus de douze cents ans avant Jésus-Christ, nous allons voir un aventurier essayer de se saisir du Pouvoir, en foulant aux pieds l’Autorité.

Celte époque était, du reste, un temps de commotions générales.

Troie venait de s’écrouler, sans que l’Kmpire métropolitain d’Assyrie, ni celui de l’Inde dont elle se réclamait, pussent lui porter secours.

Énée était déjà en Italie.

L’Égypte avait à repousser une invasion ionienne de Syrie, venue jusqu’à Thèbes; puis les rois de sa vingtième dynastie rendaient aux Syriens, dans leur pays même, coups pour coups.

C’est à la faveur de ces troubles qu’Abimélech leva son drapeau d’anarchiste réclamant la couronne, au préjudice des deux premiers Conseils.

Il en appela naturellement aux Prud’hommes de Sichem, dans le plébiscite suivant. Juges, ch. IX, v. 2 : « Lequel est le meilleur pour vous, d’être gouvernés par « le Conseil des soixante-dix, ou de n’avoir qu’un seul « homme qui vous gouverne ? »

Le j)euple de Sichem s’imposa volontairement pour une somme considérable, et Abimélech avec cet argent leva une armée de misérables et de vagabonds ; Ibid.,

Les soixante-dix furent égorgés : Ibid., ibid., v. 5.

Verset 6 : « Alors tous les habitants de Sichem s’étant « assemblés avec toutes les familles de la ville de Mello, « allèrent établir roi, Abimélech, près du chêne qui est « à Sichem. »

Mais pendant que ces faits s’accomplissent, le plus jeune des soixante-dix respire encore, Jonatham est vivant.

Il court, il monte sur les pierres sacrées, il a})pelle à à lui les habitants de Sichem, et faisant à la Svuarchie

moïsiaque un rempart de son corps et de sa vie, il tient le discours suivant, Jwÿcs, ch. IV, v. 8 à 16 :

a Les Arbres s’assemblèrent un jour pour s’élire un « roi, et ils dirent à l’Olivier : Soyez notre souve- « rain.

« L’Olivier leur répondit : Puis-je abandonner mon « suc et mon huile utiles aux Dieux et aux hoinmes, « pour aller m’établir au-dessus des Arbres?

« Les Arbres dirent ensuite au Figuier : Venez régner a sur nous.

« Le Figuier leur répondit : Je produis un suc très « doux, des fruits excellents; puis-je donc les abandon- « ner pour aller m’établir au-dessus des Arbres?

« Ils allèrent encore s’adresser à la Vigne et lui di- « rent : Venez prendre le sceptre sur nous.

« La Vigne leur répondit : Mon vin est la joie de Dieu « et des hommes ; puis-je l’abandonner pour aller m’é- « tablir au-dessus des Arbres?

« A la lin, l’Assemblée des Arbres dit au Buisson : « Venez et soyez notre roi.

« Le Buisson leur répondit : Si vous m’établissez vê- te ritablement pour roi, venez vous reposer sous mon « ombre; si vous ne le voulez pas, que le feu sorte du « Buisson, et qu’il dévore les Cèdres du Liban.

« Considérez’ donc maintenant, conclut Jonatham, si « vous avez fait une action juste et innocente, en cta- « blissant ainsi Abimélech pour votre prince.

<>< Mais si vous avez agi contre la totale Justice, que « le feu sorte d’Abiinclech, qu’il consume les habitants « de Sichem et de Mello, et qu’il dévore Abimelech. »

Telle fut, en Israël, la première tentative de la Politique {)ure, pour briser l’Organisme social, dicté par

Elle mérite toute notre attention.

C’est le troisième Conseil, c’est la volonté des prud’- hommes populaires qui cesse tout d’abord d’ètre synarchique, sous les excitations d’un anarchiste ambitieux.

Celui-ci, pour fouler aux pijds l’Autorilè qui se dresse entre lui et le Pouvoir personnel, emploie l’Appel au Peuple, et se fait plébisciter.

Par un coup d’État violent, il noie dans le sang le Pouvoir impersonnel, le Conseil des soixante-dix magistrats laïques, ayant à leur tête un grand Juge.

On ne saurait trop admii-er la force morale de l’antique Constitution moisiaque, qui, ne respirant plus que dans un seul homme, n’animant plus que le seul Jonatham, se dresse cependant avec une telle puissance devant le crime triomphant.

Tout le monde ))eut lire dans le livre des Juges la suite de cette histoire.

Ch. IX, V. 23 : « Le Seigneur envoya un esprit de « haine et d’aversion entre Abimélech et les habitants « de Sichem, qui commencèrent à le détester. »

C’est ainsi que .se termine toujours le pacte d’Anarchie par lequel un ambitieux exploite la crédulité d’un Peuple pour gouverner personnellement.

En trois ans, cette expérience fut faite, et Israël revint àla Synarcliie moisiaque.

Cette époque était, comme je l’ai dit, fort troublée.

Dans les Indes, les Aryas de l’Indo-Koush tendaient à immobiliser et à fermer sur elles-mêmes les anciennes classes ou castes, jusqu’alors perméables les unes aux autres, soit par voie d’exaltation des valeurs, de la base au sommet, soit par voie d’abaissement des non-valeurs, du sommet à la base de l’éditice social.

En Chine, la dynastie des Cbang allait s’éteindre cl faire place à celle des ïchéou.

Eu Assyrie, Samsi-Vul III allait arriver au trône, et compenser par d('S travaux publics considérables la dé- chéance du Césarisme Jiinivite.

Eu Égypte, comme dans les Indes, le Sacerdoce forcé depuis longtemps par le schisme à une politique de réaction, allait suppléer à l’impuissance des derniers Itamessides, véritables rois fainéants, dit Diodore.

Hamsès III avait jeté le dernier éclat de cette race de rois de Justice autrefois puissants, et qui, chose à nolei', avait été envoyée à l’Égypte par les deux premiers Conseils de l’Étrurie.

Jjes Ramsès, en effet, j>ortèrent le titre de Larthes.

Eu Grèce, la filiation indienne des Héraclides tentait encore une fois de ramener le Péloponèse à la stabilité des antiques institutions.

En Syrie, momentanément domptées par Ramsès III, les fédérations suscitées par les Khétas s’apprêtaient encore à secouer la maîtrise de l’Égypte.

Le Monde entier hésitait entre un passé qui n’était plus compris, et un avenir que la division des intelligences ne permettait plus de définir ni de préparer ouvertement.

Pendant près d’un siècle et demi, la Synarchie instituée par Moïse se maintint encore en équilibre.

Je ne saurais ici m’occuper de l’Histoire sainte proprement dite : sainte en effet, si, séparant la Politique nationale de la Ueligion ésotérique et de l’Organisme de Moïse, on observe les manifestations qui sortent comme des éclairs des deux premiers Conseils pour défendre le dépôt intellectuel et social, légué par l’Épopte du Sinaï.

Les procédés politiques, adoptés pour la conquête de la Palestine, ne peuvent pas plus être donnés comme modèles à des gouvernements, que ceux des Quirites romains pour susciter et exploiter à leur profit la division dos Sociétés italiennes.

Il faut, à partir de Josué, prendre en considération ce que dit le livre des Juges, ch. Il, v. 10 : « Il s’éleva des hommes qui ne connaissaient pas le Seigneur. »

Aussi n’y a-t-il pas d’erreur plus dangereuse, tant au point de vue religieux qu’au point de vue social, que de confondre l’Œuvre directe de Moïse avec la Politique consécutive du petit peuple qui lui servit de support.

Certes, de nobles enseignements sortiront des deux premiers Conseils aux prises avec la difficulté des circonstances.

Mais il faut savoir faire un triage très exact, du pur froment de l’Organisme moïsiaque d’avec la paille, qui va forcément prendre sa place, de l’ancien Programme universel d’avec le particularisme national, qui va se resserrer davantage sur lui-même, en étouffant du même coup J’Esprit sous la lettre.

Le titre de Peuple de Dieu n’appartient eu propre à aucune nation, mais à toute l’Humanité marchant au Régne de Dieu, témoin la Parole du Seigneur à Abraham,

Sepher, ch. XXII, v. 18 : « Toutes les Nations de la Terre seront bénies par Celui qui soi tira de vous. »

S’il appartient à Israël plus particulièrement, c’est dans un sens spécial et temporaire.

Sélecte par Moïse pour être le gardien de ses Livres doriens et de sa Constitution sociale, conforme à l’ancien Règne de Dieu, Israël mérite certainement, grâce au schisme d’Irshou et à ses suites politiques d’être appelé le peuple du Principe unitaire ou mâle-, mais ce mérite cesse de fait et de droit, aussitôt que les douze tribus ne gardent plus l’Alliance de leur Fondateur, ne pénètrent plus l’Esprit de ses Livres hermétiques, ne réalisent plus dans leur organisme social son Programme synarchique.

Or, la volonté des prud’hommes populaires, cantonnée dans le Conseil des anciens, tend perpétuellement à cette déchéance sous les incitations de la Politique pure.

Pour l’Égypte, pour l’Inde, pour l’Assyrie, pour la Perse, pour la Syrie, pour la Lydie, pour la Grèce, pour l’Étrurie, Israël ne pouvait être qu’un petit temple mobile de üoriens sans métropole propre.

Or, tous les États où le schisme ionien prédominait, devaient haïr forcément ces puritains, dont le Type d’organisation rappelait un Ordre de choses éminemment social, mais anti-politique.

Pour les Temples orthodoxes d’Égypte, au contraire, Israël n’était, et ne fut jamais qu’une des mille colonies, qu’un des mille rameaux, qu’ils avaient poussés dans le Monde entier.

La situation e’ùt été plus nette, si les deux premiers Conseils Israélites avaient pu se maintenir à un niveau de Science, tel que le nécessitait le rétablissement trioin-

phal de l’ancienne Universalité, que Moïse avait eue en vue.

Mais j'ai assez dit pourquoi cela ne fut pas.

Néanmoins le matérialisme littéral, le particularisme politique n’étouffèrent pas d’un seul coup l’Esprit scientifique et social de cette Universalité.

Cela est visible, quand Israël se trouve en rapport avec des temples se rattachant au üorianisine préinoï- siaque.

Cela est visible dans les Nombres, ch. XXII à XXIV, à propos du devin Balaam, qui, bien que n’appartenant pas à Israël, entend la Parole de Dieu, connaît la Doctrine du Très-Haut, voit, les yeux ouverts, les Visions du Tout-Puissant : ch. XXIV, v. 1(5.

Cela est visible encore dans Josué, lorsque, devant lui, un homme se dresse, l’épée nue à la main, sur le territoire de Jéricho, pour lui prêter appui.

« Es-tu des nôtres ou de nos ennemis? s’écrie Josué.

ic Ni l’un, ni l’aulre, répond l’homme; je suis un « prince dans la milice du Dieu Suprême, et, en ce « moment, je viens ici vous secourir.

« Josué se jette la face contre terre, et répond : Qu’or- « donne mon Seigneur à son serviteur?

Ote, lui répond l’homme, les souliers : le lieu où

tu es est sacré.

« Et Josué fit ce qui lui était commandé : Jomé,

Dans les Juges, ch. VI, le même fait se passe sous un chêne entre Gédéon et un Envoyé qui lui promet son appui, et lui prouve, par un prodige, qu’il est bien l’Ange de la Ligue orthodoxe et un Initié des plus hauts grades.

Il y avait donc bien là une entente secrète et générale des Doriens de tous les pays, sur laquelle le particula-

risiïie national, entraînant un sectarisme ‘ religieux de de plus eu plus étroit, étendit un .voile plus ou moins épais.

Et, )»lus ce voile s’épaissit sur l’Esprit scientilique el social de l’ancienne Alliance moïsiaque, plus, en même temps, Israël tendra à se servir à lui-même de métropole exclusive, se privant ainsi des antiques secours qui avaient aidé Moïse et sa nation, et qui auraient seuls permis à cette dernière d’atteindre sciemment et consciemment aux fins universelles, pour lesquelles le disciple de Jétliro l’avait constituée.

Dans ces circonstances, l’admirable Organisation nioisiaque trouva en elle-même une ressource, sur laquelle il est bon de s’arrêter.

Les Sacerdoces isolés sur eux-mêmes s’atrophient iné- vitablement, quand la Science et la Religion n’y sont point confondues, comme une seule el même Vérité sans cesse culiivée. ^

C’est pourquoi, conformément à l’Organisation synarchique de l’Égypte et de l’ancien Monde, Moïse avait constitué un Corps d’initiés laïques, sur l’avis de son vieux Maître.

C’est pourquoi, fidèle à l’ancienne doctrine dorienne, qui ne proscrivait nullement l’ionienne, mais la synthé- tisait, il avait, par l’Institution féminine des Aimas et du Nazaréat, sauvegardé la spontanéité et le secours qu’elle pouvait prêter à la routine sacerdotale.

Dans le Mo.saïsme primitif, l’Initiation féminine se laisse aisément entrevoir.

Elle est visible et indéniable dans Marie, en Religion sœur de Moïse et membre du Conseil de Dieu ; elle est également perceptible dans une foule de symboles, tels

que les sacrifices particuliers aux femmes, agneaux, colombes, tourterelles.

Tant que la Synarchie se maintient, l’égalité des Sexes dans les trois Conseils est encore indéniable.

Débora fut à la fois Prophétesse et Chef du Conseil des Dieux, ou grand Juge.

Les hommes avaient le Chêne pour arhre symbolique ; Débora tenait son tribunal d’arbitrage sous le Palmier.

.Ce fait, joint au rôle sacerdotal de Marie, la première des Aimas d’Israël, montre que, si Moïse prit parti contre l’Anarchie politique des Yonijas, il conserva néanmoins, sur la Terre comme dans le Ciel même, le vieux dogme de Ram sur l’Égalité et l’indissoluble Union du Masculin et du Féminin, dans l’État Social comme en lÊVÊ.

Nous retrouverons plus tard l’Initiation féminine dans une autre Marie vouant au Seigneur, par le Nazaréat, un enfant qui sera JHus-Christ.

A mesure que le Sacerdoce va tendre à la conservation d’un rôle purement officiel, la spontanéité de la défense de l’antique Mosaïsme surgira presque exclusivement du Nazaréat inséparable de l’Initiation féminine, et aussi du Conseil des Dieux recruté par la Sélection des adultes et par l’Examen.

Quand ce dernier sera décimé par de nouveaux Abimélechs, la Synarchie assassinée, ne pouvant plus se défendre par l’organe des deux premiers Conseils, d’une manière scientifique et régulière, inspirera encore les Voyants, les Prophètes réduits à une protestation plus ou moins mystique.

Cette classe d'hommes et de femmes jouait dans tous

les* temples antiques un rôle considérable, e.t il est nécessaire d’entrer ici dans quelques détails.

Chez les modernes , la Psychdrgie appliquée aux Sciences et aux Arts de la Divination, tels que l’Antiquité les comprenait, est à peu près lettre morte, pour mille raisons.

Les mêmes hommes qui, chez nous, frottés d’un vernis scion liiique extrêmement superficiel, professent le plus profond mépris pour les manifestations prophétiques des anciens Temples, sont presque toujours les plus superstitieux.

Ils ressemblent aux enfants qui font les fanfarons et crient dans les ténèbres, de peur de voir apparaître Croquemitaine ou un revenant quelconque.

Mais ils croient, plus qu’ils ne le disent, aux songes de leur femme, à ses pressentiments, et, s’ils sont malades, à la somnambule, à la tireuse de caries, à l’apothicaire, ou à l’eau de Lourdes, ce qui est à peu près la même chose, quand la maladi| affecte un caractère chronique et grave.

D’un autre côté, l’ignorantin biblique se comporte exactement de la même manière, quoiqu’en sens contraire : c’est la même superstition renversée.

Il ne suppose jamais que derrière les anciens Prophètes, il y avait l’Enseignement ésotérique des Temples.

Aussi, l’Histoire enregistre-t-elle, depuis l’établissement du protestantisme, des faits sanglants, aussi tragiques que ceux que les Réformés reprochent au Catholicisme romain.

Dans la guerre des paysans d’Allemagne, c’est le prophétisme agnostique qui a soufflé les épouvantables fureurs et les monstrueuses manifestations des énergumènes de l’anabaptisme.

C’est la même biblolâtrie agnostique qui, sous l’inci-

tation de missionnaires américains, a, dans Je siècle actuel, suscité, la Bible à la main, la révolte des Taë- pings, en Chine.

G’esl pour cette raison, comme pour bien d’autres, que les anciennes Universités interdisaient la pratique de tous les A.rls ésotériques en dcîbors de l’Initia-

Aussi le Prophétisme y était-il scientifiquenient compris et enseigné, car, si le don en vient de Dieu ou de la Nature hyperphysique, raison de plus pour le cultiver avec la Science et avec l’Art, dont il relève.

Sans cela, au lieu d’avoir de véritables Prophètes et de véritables Prophétesses, l’Antiquité n’aurait eu, comme les temps modernes, que de malheureux empiriques tournant au charlatanisme forcé, exploitant la superstition ou l’ignorance pul)lique, et méritant le peu de cré- dit qui s’attache à leur pratique.

Un fait extrêmement remarquable à noter, c’est que les temples de l’Asie qui, à l’heure actuelle, gardent encore la Tradition de l’ancienne Science, sont on ne l)eut ])lus sévères pour ces sortes de gens, et qu’ils n’admettent jamais dans leurs initiations, soit les somnambules, soit ce que les spirites d’Europe et d’Amérique appellent un médium.

La Faculté de Divination a, en effet, cela de très dangereux que, lorsqu’elle n’est pas une Porte de Lumière ouverte en haut sur le Monde divin, elle est une Bouche de Ténèbres béante en bas sur le Monde infernal, ou, si l’on veut, sur le lieu propre des Ames inférieures.

On a dit que la Faculté prophétique appartenait particulièrement à ce qu’on appelle faussement les Races sémitiques.

Rien n’est moins exact, et aucune des Facultés connues

ou inconnues de l’Ame n’est le propre d’une Race plus que d’une autre.

La tendance naturaliste actuelle,’ qui consiste à invoquer la Race pour expliquer ce qu’on ne comprend pas, mérite d’être rectifiée, et cela est facile.

Dans l’Humanité, la Race est aux Ames ce que, dans l’Ordre naturel, physique, le Chaini» est à la Semence : tout dépend de la Culture.

Donnez-moi des Lapons, des Palagons, des Nègres du Centre-Afrique; en moins d’un siècle d’éducation, je vous en ferai physiquement, intellectuellement, moralement, les égaux des Races les mieux cultivées.

Si les dons psychurgiques dont il s’agit ici, [)ouvaient être revendiqués par une Race plutôt quefjjar une autre, ce serait la Celtique qu’il faudrait mettre au premier rang.

C’est d’elle que les prétendus Sémites et les Aryas ont hérité.

C’est encore elle qui a jeté dans l’Amo chlouissante de Jeanne d’Arc son dernier <*t incontcstahle rayonnement de Prophétisme spontané, de Psychnrgic divine.

A l’heure actuelle, ce don n’est plus savamment cultivé que dans les Sanctuaires du Thibct, de l’ilimalaya et parmi ceux que les Chinois appellent les Montagnards.

Dans l’Antiquité, voici les noms des autem-s qui ont parlé de l’art sibyllin : Aristote, Plutarque, Pline, Marcianus Capella, Solin, Elien, Strabou, Varron, Ovide, Virgile, Propercc, Tibulle, Lucain, Juvénal, Chrysi|)pe, Névius, Pison, Apollodore, Erathostène, lléraclide de Pont, Pausanias, Ausone, Cicéron, Tile-Live, Elorus, Tacite, Suétone, Suidas, Eusèbe, Diodore de Sicile, Valère Maxime, Ammien Marcellin, Macrobe,

Cœliüs Rhodiginus, fienys d’Halicarnasse, Âalu-Gelle, Servius, saint Clément d’Alexandrie, saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroise, Justin, Lactance, Nicétas, Zonare, Euthymius Zigabenus, etc., etc. t Je ne cite ces auteurs que pour montrer TUniversalité de la Science divinatrice des temples.

Quant à cette dernière, mon but n’est pas plus de la justifier ni de la critiquer que la Théurgie, l’Astrologie, la Magie et l’Alchimie des Sanctuaires.

Je me borne à constater : voilà tout.

Le Voyant ou la Voyante purement passifs étaient toujours sous le contrôle immédiat du Sacerdoce.

Ceux qui, ali contraire, étaient scientifiquement et personnellement Maîtres de leurs Facultés psychurgiques, *'etqui pouvaient en faire le contrôle par tous les autres Arts fort nombreux du môme Ordre, constituaient à proprement parler les Prophètes et les Prophélesses.

Ram avait institué des Collèges sibyllins dans tous les Temples, dans toutes les Villes sacrées qui, en Asie et en Europe, portèrent, depuis lui, l’un de ses noms, celui de Nissa, par exemple, qui signifie en sanscrit l’Esprit.

En Égypte, chaque Pyramide avait son savant Prophète.

En Kaldée, môme cho.se dans la quadruple hiérarchie de Savants portant les noms de Kartumims, Aishaphims, Mekkashpirns, Khesadims.

Les principaux Collèges sibyllins d’alors étaient ceux de Vahr, d’Ammon, de Delphes, de Cumes, d’Érythrée, de Samos, de Cumes en Éolide, de Gergythas en Troade, d’Ancyre en Phrygie, de Tihyrte en Italie, de Ram ou de Roum en Asie, de Tauryn, l’ancienne Belgrade, et enfin des temples celtiques de la Varaha, depuis Bibracte,

jusqu’à l’ile de Seyn, depuis Lyii-Dyn, Londres, jus(^ü’aux temples de l’Irlande, de l’Écosse et de l’ile^ Man. •

Du temps de Tarquin l’Ancien, ’il y amit encore, en Etruric, neuf volumes de Prophéties sibyllines, dont les anarchistes prud’hommes de Rome brûlèrent six.

A Rome, l’hypocrisie politique des Quirites, pour faire un semblant de concession à l’ancienne Autorité, permit un Collège de deux, puis de dix et de quinze prêtres pour la garde et l’interprétation de ces livres.:

Conservés dans le temple de Jupiter Capitolin, ces manuscrits hiérogrammatiques, dont là clef idéographique était perdue, furent brûlés sous Sylla.

Alors, le semblant de Sacerdoce étrusque que les sé- nateurs avaient laissé subsister, envoya dans différents temples d’Asie et d’Afrique P. Gabinus, M. Octavius, L. Valérius, chercher d’autres livres généthliaques ou prophétiques.

Ce fait montre encore une fois l’ancienne Universalité religieuse et universitaire, que la Politique avait masquée.

Auguste fit enfermer dans deux cassettes les livres que le Souverain Pontife, César, hélas! avait choisis, et on les mit sous le socle d’une statue d’Apollon.

Sous Tibère, on en prit quelques-uns.

Sous Honorius, l’ignorance fanatique les fera brûler.

Les huit livres sybillins, parvenus jusqu’à nous, sont presque entièrement apocryphes.

Néanmoins, la belle psalmodie de la Prose des Morts invoque encore aujourd’hui la Sibylle à l’égal des Prophètes hébreux, et il n’y a pas de Catholique qui ne tressaille aux souvenirs funèbres qu’éveillent en lui ces mots : Teste David cmn Sihyllâ !

Quant au mot Sibylle, Servius le dit formé de Zéou boule, volonté, voix, avis de Zeus.

Les Doriens-et les Éoliens disaient, en effet, Zios pour Bios ou Thios.

Mais, sans rejeter cette étymologie, il est imp 9 ssible de ne pas voir qu’elle a ses racines dans des langues antérieures.

L’Égyptien moïsiaque traité avec les clefs voulues donne Shyb-Yl-Leh, Retour en Tourbillon à la Substance divine.

On ne peut pas mieux peindre le mouvement psychurgique dont il s’agit.

On sait par Pausanias que les anciens Hébreux avaient, ♦sous le nom de Shyba, une École prophétique, que les uns font venir des Collèges sibyllins de Babylone avec les Abramides, les autres de ceux d’Égypte avec Moïse.

Rois, liv. I, ch. IX : « Autrefois dans Israël, tous ceux « qui allaient consulter Dieu, s’entre-disaient : Venez, « allons au Voyant! car celui qui s’appelle aujourd’hui « Prophète, s’appelait alors le Voyant. »

C’est par ces Arts que, dans toute l’Antiquité, la porte des Générations, la rentrée en scène des Ames, était lumineuse, comme la porte du tombeau et le retour de ces mêmes Ames à la Vie cosmique.

C’est ainsi également que, dans l’Organisation moï- siaque, l’Initiation féminine, ionienne, et le Nazaréat, c’est-à-dire la consécration de l’enfant au service du Seigneur, ont entre eux une si étroite connexion.

Juges, ch. XIII, v. 5 : « Vous concevrez, et vous enfan- « terez un fils, sur la tête duquel le rasoir ne passera « pas. Il sera Nazaréen, consacré à Dieu dès son enfance « et dès le sein de la Mère. »

Il s’agit ici de la naissance de Samson.

Mais voici venir un autre fait, où la lumière secrète de l’Ionisme, en Israël, jette encore une plus grande clarté.

On y verra que nulle Faculté humaine, -quelle qu’elle soit, ne naît, ne croît, ne fleurit^ et ne fructifie, sans Sciençe et sans Art, pas plus dans ces temps qu’en aucun autre.

Rois, ch. I, V. 20 : « Anne conçut, et mit au monde « un fils qu’elle appela Samuel, parce qu’elle l’avait de- « mandé au Seigneur. »

Elle savait qui elle portait en elle, et son Essence éthérée était illuminée par l’Ame qu’elle incarnait, puisqu’elle donne à son fils ce nom de Sam-TJ-El, qui signifie Splendeur intérieure de Dieu.

A peine l’enfant est-il sevré, qu’elle court le j>orler au grand Prêtre lléli, et, connaissant son fils, elle le fait Nazaréen.

La Lumière dont son Ame pieuse a nourri celle de l’enfant, avant sa naissance, ne se tarit pas avec son lait.

Son Intelligence éblouie voit dans ce petit la Clarté prophétique, et, des lèvres maternelles, monte au Ciel un lier et doux cantique d’allégresse :

« Mon cœur a tressailli de joie dans le Seigneur, et mon Dieu m’a inondée de Sa Gloire, etc., etc. »

Et quel est ce Dieu qu’invoque cette Initiée israélileV

Elle le dit dans son beau cantique ;

« C’est le DIEU de la TOTALE CONNAISSANCE, c’est l’ESPRIT qui pénètre l’ESSENGE des PENSÉES. « Rois,

L’initiation de Samuel est clairement indiquée dans le ch. III du même livre, ainsi que la nécessité du secours de la double vue, pour soulever le voile de plus en plus épais de l’Hermétisme moïsiaque.

V. 1 : < Or, le jeune Samuel servait le Seigneur auprès « d’Héli, et la Parole du Seigneur était alors rare et

« précieuse; on ne connaissait plus guère de visions ni « de prophéties. »

V. 2 : « Les yeux d’Héli étaient obscurcis, et il ne « pouvait lire. »

V. 5 : « Samuel dormait dans le Temple du Seigneur, « près de l’Arche de Dieu. >

V. 7 : « Il ne connaissait point encore les Voies du « Seigneur, car jusqu’alors la Parole divine ne lui avait « point été révélée. »

Ce passage confirme la loyale exactitude de ce (juc les Prêtres égyptiens dirent à Strabon.

11 indique, en outre, à quel point les ciels scientifiques de l’idéographie moïsiaque se perdaient déjà.

Il montre enfin avec quel Art religieux les Facultés psychurgiques étaient entraînées, dès l’enfance des Nazaréens, parallèlement à la culture de leurs autres Facultés intellectuelles et morales.

Ainsi agissaient les anciens Temples, depuis le Thibet jusqu’à l’Égypte, depuis l’Égypte jusqu’à l’Étruric, d’où sortira un Nazaréen, pour aller porter, sous le nom de Numa, un peu de science dans l’anarchie politique des Quirites romains.

Nous voilà à près de quatre siècles de distance de

Samuel est devenu vieux, et, de nouveau, le troisième Conseil, celui de la Volonté populaire; réclame un roi, comme les autres nations : Rois, liv. I, ch. Vlll, v. 5.

Ici encore, l’attitude du Conseil des Dieux présidé par Samuel est aussi significative, dans la personne de ce Prophète, que dans celle de Jonatham, que dans celle de Moïse.

« La proposition du troisième Conseil déplut à Sa-

Il alla consulter le Seigneur, et la réponse divine est 011 ne peut plus remarquable.

Ecoute bien la voix de ce peuple et le fond de ce « qu’il te dit, car ce n’est pas toi, mais c’est Moi « qu’il rejette, afin que Je ne règne plus sur lui. »

C’est-à-dire : Ils ne veulent plus la Synarchie, qui est la forme du Gouvernement de Mon Règne dans l’Humanité; ils veulent l’Anarchie couronnée dans un souverain qui éclipse, comme Nemrod, Ma Face, Ma Représentation organique. Mon Signe trinitaire d’Alliance dans l’Etat Social.

Le Seigneur ajoute : « Écoute donc ce qu’ils te disent; « mais, auparavant, fais-leur bien comprendre et dé- « clare-leur quel sera le droit du roi. »

Alors, Samuel retourne vers le Conseil des anciens, et fait à la Volonté populaire la critique la plus sévère du droit de la Monarchie politique.

Tout le passage est à lire, et je n’en citerai que la conclusion, ibid., ibid, v. 18 :

« Vous crierez alors contre votre roi, qui aura pourtant « été votre élu ; et le Seigneur ne vous exaucera point, « parce que c’est vous-mêmes qui aurez voulu un roi. »

La fin du chapitre ajoute ce qui suit :

« Le peuple ne voulut point écouter les paroles de « Samuel.

« Non, lui dirent-ils, nous voulons avoir un roi qui « nous gouverne.

« Nous voulons être comme les autres nations ; Notre « roi nous jugera; il marchera à notre tête; ilcoiubat- « tra pour nous dans toutes nos guerres. »

Samuel court encore se plaindre au Seigneur, qui lui

fait cette réponse aussi simple et aussi concise que terrible, ibid., ibid., v. 22 :

« Fais ce qu’ils te demandent, donne-leur un roi qui « les gouverne ! »

Tels sont les lumineux Enseignements que la Synarchie moïsiaque a légués aux générations à venir; ils partent du Temple même, de la Divinité directement interrogée par les deux premiers Conseils,

Est-il possible de se méprendre sur le poids de cette Autorité suprême?

Est-il possible d’y méconnaître l’antique Tradition du Règne de Dieu, dont la Politique avait fait déchoir l’Humanité?

Est-il possible enfin, si l’on prend au sérieux soit la Religion universelle, soit la résurrection de l’ancien Cycle intellectuel et social par le Rayon abramide et moïsiaque, de ne pas s’incliner pieusement devant cette Loi du Règne de Dieu dans l’Humanité, si clairement formulée, si vaillamment proclamée par Moïse, par le Sacerdoce, par le Collège des Initiés, par tous les Prophètes, par tous les Nazaréens?

De même que les trois rayons de l’Arc d’ Alliance, les trois Pouvoirs sociaux réapparaissent toujours, comme signe de salut, aussitôt que la volonté des prud’hommes populaires s’enténèbre et appelle sur sa tête la foudre du faux Unitarisme politique, qu’elle évoque dans la personne d’un souverain.

Encore une fois, ce n’est pas la Souveraineté qui est condamnée par toute l’école dorienne du Monde entier, c’est le gouvernement de la Force, c’est l’Arbitraire, c’est le Pouvoir sans Contrôle après, sans Examen avant.

La vraie Monarchie est, au contraire, bénie; mais

quelle est-elle? C’est la Présidence du deuxième Conseil, c’est la Royauté de Justice formée par l’Initiation, soumise à l’Autorité de l’Enseignement.

Encore une fois, est-ce que j’invente ces choses, est-ce qu’à défaut de l’ïlistoire universelle, la Bible elle-même ne les crie pas à quiconque veut la lire, et y chercher les Enseignements du Dieu Vivant, du Dieu de la TOTALE CONNAISSANCE, comme le dit la mère de Samuel, du Dieu de la Science et de la Synthèse intégrales, comme le disaient et le diront toujours les Doriens de tous les temps?

Que fais-je donc dans celte Mission, qn’ai-je fait dans les deux Missions précédentes?

Œuvre de prophète? Nullement; mais œuvre de vérification scientifique de l’antique Esprit religieux, qui n’était tel, en Vérité, que parce qu’il était intégralement scientifique.

Je fais exactement, au point de vue des Sciences sociales, ce qu’accomplirait un ingénieur, en créant un pont destiné à réunir deux mondes séparés par un abîme.

Au lieu d’avoir Vitruve à la main, j’ai l’Histoire de l’Humanité tout entière sous les yeux, et je dis à tous les conservateurs comme à tous tes révolutionnaires de la Judéo-Chrétienté : Voici comment, dans la Vie des Sociétés, on a constitué leur Organisme pour y réaliser à la fois la plus grande somme possible de sagesse et de bonheur, d’autorité et de liberté, de science et de prospérité, de justice et de justesse.

Et si l’on ne comprend pas, après des démonstrations aussi sincèrement et universellement motivées, c’est que, d’un coté, les conservateurs veulent que la Monarchie continue à se perdre, et, que, de l’autre, les révolutionnaires veulent que jamais la véritable Démocratie ne s’édifie.

Ceci dit, je ne trouverai jamais en moi assez de reconnaissance, assez d’admiration pour ce mouvement des Abramides kaldcens, pour ce Témoignage Social de Moïse, pour ces deux premiers Conseils d’Israël, si droits, si entiers, même dans leur ignorance, si brutalement, mais si purement intransigeants devant cette Iniquité qui s’appelle la Politique.

Qu'on me montre, en effet, un autre peuple qui, en des circonstances aussi difficiles, ait été de taille à servir de support à une telle bataille de Principes.

Kt où sont, dans cet héroïque combat, les Principes ; est-ce du côté des princes; est-ce du côté des rois politiques, est-ce du côté de la volonté des prud’hommes populaires? Nullement.

Qui sont, dans cette solennelle démonstration, les révolutionnaires, les anarchistes?

Est-ce Dieu, par hasard?

Est-ce la Science, est-ce la Justice, est-ce l’Économie? Évidemment non.

Qui méconnaît, qui veut fouler aux pieds l’Alliance Synarchique du Sinaï, la Loi du Règne de Dieu sur la Terre comme au Ciel, le Signe trinitaire de celle Loi, les trois Pouvoirs sociaux par lesquels tout est Santé, hors desquels tout devient Maladie?

Encore une fois, ouvrons le Livre.

Nous venons de voir que c’est à contre-cœur que les deux premiers Conseils accordent au troisième un roi

Nous allons voir combien leurs prévisions vont être justifiées.

Pour conjurer autant que possible le fléau évoqué par le Conseil des anciens, Samuel cherche par la Divination une Ame.

Il la trouve dans un homme obscur, s/ms ambition, bon, et cette Ame vient à lui comme par hasard ; Rois,

C’est alors que le Prophète sacre Saül, et, pour limiter en lui la volonté arbitraire, s’efforce de l’éclairer en l’initiant. Ibid., ch. X.

Il se conforme en cela à la Tradition des anciens Temples orthodoxes; mais ceux-ci, mieux outillés, s’y prenaient de longue main.

Toute l’Economie de l’Investiture royale esta remarquer dans, ces chapitres.

Le Plébiscite n’a lieu qu’ensuite : ch. XI, v. 14, 15.

« Après cela Samuel dit au peuple : Venez, allons à K Galgala , et renouvelons l’élection du roi. Tout le « peuple alla donc à Galgala, et y reconnut Saül pour t< roi, en la Présence du Seigneur. »

Mais le Seigneur a déclaré plus haut que tout cela n’était pas Sa Volonté, mais celle du troisième Conseil.

Elle peuple lui-nième ditàSamuel, ch. XII, v. lî) : « Priez le Seigneur votre Dieu pour vos serviteui’s, afin « que nous ne mourions pas; car nous avons encore « ajouté ce péché à tous les autres que nous avons « faits, de deinandeiun roi qui nous gouverne. «

Le chef du Conseil des Dieux eut beau prier, il eut beau faire tout ce qui dépendait de lui, pour tempérer, autant que cela est possible, le vice radical de tout gouvernement politique, monarchique ou républicain.

La Divination sacrée eut beau désigner elle-même l’homme obscur, sans ambition, vertueux; la Science ésotérique eut beau l’initier, autant que cela était faisable en si peu de temps ; la Religion eut beau le sacrer, et la Volonté populaire le plébisciter; le Ciel et la Terre eurent beau se conjurer pour le rendre le moins imparfait po.s-

sible dans sa fonction royale : cette fonction elle-même fit d’un brave hemme un fou furieux.

Son premier geste fut, comme toujours, de fouler aux pieds sous son Pouvoir l’Autorité qui, l’ayant créé, avait le droit de le contrôler.

C’est pourquoi, afin de bien affirmer qu’il voulait être lui-même l’Autorité, il offrit des sacrifices au Seigneur, contre l’ordre du Conseil de Dieu : ch. XIII, v. 9, 10.

Nous avons vu comment la Synarchie divine se défendait, dans la personne de Moïse comme dans le moindre des Nazaréens.

Voici maintenant le vieux Samuel qui court à Saûl, voilà l’Autorité désarmée qui marche en belluaire au Pouvoir, auquel la sensation de la Force donne l’avanlgoût du despotisme et du sang.

Écoutons le vrai Roi selon le Seigneur; et qu’on ne s’y trompe pas, le vrai Roi synarchique n’est pas Saül, c’est Samuel.

Rois, liv. I, ch. XIII, v. 13, 14 : « Vous avez agi folle- « ment, vous n’avez pas gardé le Commandement que « vous aviez reçu du Seigneur voire Dieu.

cc Si vous n’aviez pas commis cette faute, le Seigneur « aurait maintenant affermi pour jamais votre règne sur « Israël. Mais votre règne ne subsistera pas à l’avenir. Le « Seigneur s’est pourvu d’un homme selon son amour. « Il lui a commandé d’être le chef de son peuple, parce « que vous n’avez point observé ce qu’il vous a ordonné. »

Voilà comment parla Samuel à cet anarchiste couronné.

Voilà les augustes Enseignements que l’Autorité donnait dans les temples d’Égypte au Pouvoir, qu’elle n’instituait par l’Enseignement que pour être le Représentant de l’Équité divine dans la Justice humaine.

Oh ! le mâle et beau langage que celui de pcs Ames, dans la Vie desquelles le Principe ne transigeait jamais devant le prince !

Quel exemple les tenants du premier Testament donnent aux héritiers du second!

Qu’on me montre, en Europe, depuis Constantin, depuis Théodose, une vue nette du Règne de Dieu dé- fendue ainsi par des Sacerdoces ou par des Corps constitués, quels qu’ils soient, contre la volonté arbitraire, soit des peuples, soit des rois.

Et cette mâle vigueur des Roriens orthodoxes n’est pas seulement le propre des deux premiers Conseils moï- siaques.

Toutes les divisions de l’ancien Empire de Rarn, où le schisme et la politique furent conjurés par des institutions marquées du pur cachet de l’antique Sagesse et de l’antique Science, montrent une semblable force morale, qui n’est elle-même que le résultat d’une certitude intellectuelle.

Oh! les sains et saints modèles! comme ils honorent l’Humanité ! quel repoussoir de Lumière ils font à la platitude universelle qu’engendrent les gouvernements purement politiques, les héritiers de Nemrod, avec tous leurs moyens de corruption publique : force, argent, disposition des places et des honneurs, etc., etc!

Jusqu’en Chine, j’aime à saluer dans le Corps des Lettrés cette vieille Constitution sociale et antipolitique, cet Esprit divin et humain à la fois de l’Autorité de l’Enseignement, de l’ünité de la Loi morale; et je me dé" couvre pieusement devant ces censeurs obligés par leur règle de faire périodiquement la leçon aux rois qu’ils ont formés.

Voilà ce que sont les Théocraties, quand elles sont véritables.

Voilà ce que. peut le Sacerdoce, quand la Religion y est scientifique et par conséquent réelle.

Parfois la papauté romaine a eu de ces nobles éclairs; mais qu’eût-cc été, que serait-ce encore, si, ref)oussant toute politique, elle se plantait, en pleine lumière, dans la Science et dans la Conscience intégrales de l’Europe et de rilumanité!

La grave question de l’hérédité monarchique ne pouvait pas ne pas trouver sa place dans l’expérience biblique.

A ce sujet, il est bon de dire que, non seulement l’adoption, mais la reconnaissance absolue des valeurs, jusqu’à l’héritage du trône, existait, dans les Sociétés antiques, pour contrebalancer les maladies de l’âme et de l’esprit qui s’attaquent spécialement aux familles souveraines.

Chaque corps constitué, aussi bien moral et spirituel que physique, a ses maladies spéciales.

L’hôpital a sa pourriture; les prisons et les bagnes ont la leur, et, depuis les lycées jusqu’à ce qu’on appelle le monde, depuis les ateliers jusqu’aux cours, aucun corps collectif n’est exempt de la putréfaction qui lui est propre.

C’est cette dernière qui engendre le rachitisme intellectuel et moral, et le danger, pour la Société tout entière, grandit d’autant plus en s’élevant et en trônant sur ses sommets.

C’est de là que partent tous les exemples.

S’ils sont bons, l’effet en est généralement bienfaisant ; s’ils sont mauvais, les conséquences en sont universellement funestes.

Jamais, dans les antiques Sociétés dont je parle, les deux premiers Conseils n’eussent toléré le désastreux

enseignement de princes dynastiques sans morale, sans souci des besoins intellectuels et sociaux de leurs temps, sans vergogne dans leurs passions* et dans leurs appétits déréglés de plaisir ou de pouvoir.

Lorsque ces déviations existaient dans une famille royale, les temples, dans leurs secrètes leçons, indiquaient au souverain l’âme qu’il devait adopter.

Ce fait eut lieu maintes fois en Egypte, et c’est ainsi que les Ramsès furent tirés de l’Etrurie, pour présider le Conseil des Dieux.

Ce fait est visible dans Numa envoyé à Rome par le Sacerdoce étrusque pour les mêmes motifs.

Ce même fait est facile à constater historiquement jusqu’en Chine, où l’Empereur lui-môme consulte les soixante-dix de l’ancienne Université pour le choix d'un fils par voie d’adoption.

En Israël, c’est le Conseil de Dieu lui-même qui parle à Samuel, et brise ainsi l’hérédité monarchique. Rois, L. I, ch. XVI, V. 1 : « Jusques à quand pleurerez-vous « Saül, puisque je l’ai rejeté et que je ne veux plus qu’il « règne sur Israël? Emplissez d’huile sainte votre corne, « et venez, afin que je vous envoie à Isaï de Bethléem, « car je me suis choisi un roi entre ses enfants. »

11 est à noter que ce fait se passe du vivant de Saül qui, bientôt, ne cesse plus de poursuivre David pour le faire périr.

Or, quel est ce David? le plus petit parmi les petits.

Tels sont les exemples de véritable démocratie que l’Asie de Ram, notre Ancêtre, a donnés au Monde

Nulle part ailleurs, la spontanéité n’a eu plus de place; nulle part ailleurs, si ce n’est en Égypte, les deux premiers Conseils de la Synarchie n’ont mis plus

de science, plus d’art, plus de soin, à chercher et à sé- lecter les valeurs humaines.

L’Europe a le culte de l’individualisme; l’Asie a eu et a encore celui de l’individualité.

Or, l’un croît en raison inverse de l’autre ; car l’individualisme et l’égoïsme ne sont au fond qu’une seule et même chose, tandis que l’individualité ne vaut qu’en raison des services publics qu’elle peut rendre.

Voilà pourquoi la Science secrète du premier Temple darde ses rayons attentifs sur le cœur d’un pauvre enfant, dont elle va faire un roi.

L’initiation de David est indiquée dans le ch. XXI du Premier Livre des Rois, commençant par ces mots : « Après « cela, David alla à Nobé, vers le grand Prêtre. »

^ On initie David, dès l’enfance, pour empêcher la;, Royauté de devenir personnelle, la Souveraineté de devenir anthropomorphique, le Pouvoir de devenir purement arbitraire et de scinder ainsi la Loi morale, conséquence de la Constitution intellectuelle du Règne

L’Anarchie riposte, dans Saûl, à cette Sagesse et à cette Science de la Synarchie moïsiaque.

Cette fois, c’est au Conseil de Dieu que s’en prend l’anarchiste couronné.

Rois, liv. I”, ch. XXII, v. 11 à It) : « Le roi envoya « chercher le grand Prêtre Achimelech, fils d’Achitob « avec tout le Corps sacerdotal, qui était à Nobé; et ils « vinrent tous trouver le roi.

« Alors Saûl dit à Achimelech : Ecoutez, fils d’Achitob.

« Achimelech lui répondit : J’écoute, sire.

« Saül : Pourquoi avez-vous conspiré contre moi,

K vous et le fils d’Isaï ? Pourquoi lui avez-vous donné le « pain sacré et l’épée? Pourquoi avez-vous tenu !è

a Conseil de Dieu, au sujet de cet homnw qui, jusqu’à ce présent, s’acharne à ma perte ? «

La question est nettement posée, au sujet de la fuite de David, tout en évitant le fond du sujet.

Ce fond, c’est l’hérédité monarchique, condamnée par les deux premiers Conseils, dont Samuel a été le vaillant porte-voix devant Saûl, qui n’a rien répliqué.

La réponse sacerdotale d’Âchimelech n’a pas l’accent du Verbe du prophète, le son d’airain ou d’or de l’Autorité de l’initié laïque.

Elle ne cède rien, quant au fond, qui n’est pas en jeu, en apparence du moins; elle est prudente; mais l’Autorité ne doit jamais être prudente, elle doit être Elle- ^ême, et cela suffit pour sa sécurité.

Voici la réponse du chef du Conseil de Dieu : « Cher- (c chez parmi vos serviteurs un homme dont la loyauté cc égale celle de David. 11 est votre gendre, il n’agit que cc sur vos ordres, et son Autorité garde votre maison, cc Est-ce d’aujourd’hui que date l’arrêt du Conseil de « Dieu à son sujet? Je n’ai en rien voulu faire quoi que « ce fût contre votre service personnel, et je prie le roi te de ne pas concevoir un soupçon si préjudiciable à cc ma personne et à toute la Maison de mon Père. Car, « en ce qui a trait à ce que vous formulez actuellement « contre David, votre serviteur n’en a jamais eu la « moindre connaissance. »

Samuel eut autrement parlé ; mais le grand Prêtre va payer cher sa prudence, sa faiblesse comme représentant de l’Autorité divine sur cette Terre et devant ce Pouvoir.

Saûl reprend : et Tu vas mourir, Achimelech, toi et « toute ta maison. »

Il dit ensuite aux archers qui rentouraient : cj'fiquchéz « en joue les prêtres du Seigneur, et tirez; car ils sont « d’intelligence avec David; ils savaient qu’il s’enfuyaij^ « et ne m’en ont point averti. » ^

Les officiers du roi refusent de porter la main sur le Conseil de Dieu.

Alors Saûl dit à Doëg, Idumcen, c’est-à-dire rouge>qu schismatique : « Saisis-toi de ces prêtres. »

« Et Doëg obéit, et tua, ce jour-là, (jualrc-vingt-cinq « prêtres qui portaient l’éphod de lin.

« Il se rendit ensuite à Nobé, la ville des prêtres, *et' « fit passer au fil de l’épée les hommes, les femmes, les « enfants et les petits enfants à la mamelle. »

Ainsi l’Anarchie couronnée noya dans le sang le Conseil de Dieu, comme elle avait égorgé le Conseil des Dieux, plus de deux cents ans auparavant.

Un lévite, Abiathar, fils du Pontife Achimelech, échappe à cet assassinat politique, comme autrefois Jonatham, et va rejoindre David, emportant avec lui l’éphod du grand Prêtre.

Telle fut la ruine du premier temple, du Temple Social, du Temple Vivant, dont les matériaux étaient des hommes et non des pierres, des institutions et non du bois et du métal.

Tel fut le mystère d’iniquité par lequel la Politique bourgeoise d’abord, monarchiste ensuite, anarchiste toujours, anéantit la Synarchie moïsiaque, l’image du Dieu Vivant dans l’État Social terrestre, le vrai Royaume résultant de l’Alliance directe et scientifique de Moïse avec le Règne de Dieu.

Quand Saiomon érigera son temple de. pierre, il ne ressuscitera pas, pour cela, le Vrai Temple.

, Au contraire, il attira sur Israël la foudre intérieure Je la ^évolution, le tonnerre extérieur de tous les Césarismes, ninivile, kaldéen, persan, macédonien, romain.

' Tant que la Synarcliie de Moïse prévalut, c’est-à-dire pendant plus de quatre cents ans, il n’y eut pas de temple de pierre.

Encore une fois, la raison en est que les Métropoles orthodoxes étaient ailleurs, témoin cet Égyptien qui, jifsque sous Saül, dit à David; i?ois, liv. I, ch. XXX, v. 15 : « Jurez-moi par le Nom de Dieu que vous ne me tuerez if point et que vous ne me livrerez point entre les « mains de mon maître. David le lyi jura. »

Cet Egyptien est un initié orthodoxe, puisqu’il invoque le plus grand des serments; celui du Nom de Dieu.

David, en jurant, prouve une fois de plus la conformité de l’Alliance universelle des Orthodoxes, dont Thobes était la métropole dans ces régions.

La Synarcliie moïsiaque, tant qu’elle dura, garda plus ou moins l’Esprit et les règles de cette Universalité dorienne.

Salomon lui-même ne grandira que comme nue sorte de vice-roi égyptien, et c'est à ce litre que, gendre du pharaon, il pourra bâtir son temple de pierre et étendre au loin sa puissance.

Mais, aussitôt que, se liant à sa force, il tentera de rompre celte Alliance, il provoquera jiar sa' politique purement nationale la séparation d’Israël d’avec Juda, l’intervention consécutive de l’Egypte qui se contentera de lier Juda à la paix, puis l’irruption du Césarisme schismatique d’Assyrie, qui anéantira Israël et écrasera Juda.

Trompeur est l’éclat que jettent les monarchies politiques parvenues à l’apogée de leur puissance.

Leur absorption des Pouvoirs publics enlève aux nations toute vie propre, toute ressource, lorsque le génie égaré par la Politique n’est plus là pour soutenir personnellement un édifice qui n’avait plus comme clef de voûte que la valeur et l’existence précaire d’un homme.

Cet homme est d’autant plus dangereux qu’il jette plus d’éclat, et que la personnalité aveuglant en lui l’intelligence, l’éloigne du vrai but des théocrales qui est de faire reposer la stabilité des peuples sur des institutions impersonnelles et non sur l’aléa des individus.

David fut une sorte de Henri IV biblique, foi'iné par une puissante école, qui manqua aux rois de France comme à tous ceux de la Chrétienté.

Élu du Conseil des Dieux qui ne voulait pas de l’héré- dité monarchique, il triompha du soulèvement d’Isboseth, fils de Saül, et enleva aux Jébuséens l’antique Salem qui devint sa capitale.

L’Arche y fut amenée en grande pompe, et cette fin du premier temple marqua le commencement de tous les dangers qu’Israël allait courir au point de vue du Gouvernement Général, comme peuple dorien, désormais responsable sur un territoire et dans un centre politique, affectant un caractère métropolitain.

CHAPITRE XV

PRISE DE JÉRUSALEM. SUITE DE LA MONARCHIE POLITIQUE.

SÉPARATION DES TRIBUS.

L’ANCIEN DROIT PUBLIC ET LE CÉSARISME ASSYRIEN.

RUINE D'ISRAËL.

C’était une grave affaire et un plus grave symbole encore, dans le Gouvernement Général du Monde antique, que la prise de Jérusalem.

Elle renfermait un temple du Dieu Suprême; lesJébuséensqui la peuplaient étaient des Doriens orthodoxes; et la ville elle-même était une des dernières cités saintes, conforme à l’ancienne Alliance universelle de l’Agneau, à l’ancien Droit public arbitral du Bélier.

Nous avons vu avec quel respect [)our cet ancien type international, l’Ordre des Abramides s’était incliné devant Melchisédec, roi de Justice, comme un initié devant un Initiateur.

Si nous avions en mains la pensée écrite d’Israël à ce sujet, au lieu de la seule Bible de Juda, nous trouverions certainement la prise de Jérusalem au nombre des causes de la scission des dix tribus.

Aussi, les Samaritains rejettent-ils toute la Bible de Juda, à l’exception des seuls livres de Moï.se.

La Synarchie sociale du législateur d’Israël eût res-

pecté, commc-les Abramides, les droits de la ville de la Paix, de son peuple et de son temj)le, et ne leur eût demande que l’Alliance fédérale qu’ils avaient accordée aux Orthodoxes kaldéens.

Mais la politique militaire de la maison royale de Juda n’hésita pas à fouler ces droits sacrés sous l’arbitraire de la force.

Déjà, malgré Israël, cette politique venait d’être iin- ■’ placable vis-à-vis de la famille de Saül, et particulièrement d’Isboseth.

Le cri de David, en recevant la tête coupée de ce prince, montre à quel point cette politique éclipsait l’Esprit Social de Moïse : Vive le Seigneur qui m’a délivré des dangei’s les j)lus pressants!

Mais, le second livre des Rois atténue immédiatement ces paroles dans les versets suivants, cb. IV, v. 10, II.

La réponse des Jébnséens à David, ibid., ch. V, v. 0, est celle d’un peuple sans défense, certain des droits de neutralité, que l’ancienne Autorité Itii avait conférés :

« Vous n’entrerez point ici que vous n’en ayez ôté les aveugles et les boiteux »

Ainsi, condamnée d’avance par les deux premiers Conseils, la politique monarchique de Juda faussait dans son esprit, non seulement la Synarchic moïsiaque, mais encore son ancien Prototype, dont elle foulait aux pieds les droits incontestables, enregistrés par Moïse lui-même dans scs livres.

Dès lors, cette même Anarchie couronnée, substituant l’arbitraire à l’Arbitrage, le faux droit de conquête à l’ancien Droit public, allait attirer sur Israël tout entier les fléaux qui s’attaquent d’autant plus à la responsabilité des individus et des Sociétés que ceux-ci ont été appelés à représenter un Principe plus élevé.

Cette politique de force, bien vue .du Césarisme assyrien, et pour cause, s’appuyait sur Hirain, roi schismatique et ionien de Tyr.

Nous allons voir maintenant pourquoi l’Orthodoxie thébaine n’intervenait pas dans une politique aussi dangereuse, non seulement pour Israël, mais pour la Balance internationale des Pouvoirs de l’Égypte, de l’Assyrie, de la Perse et des républiques européennes vouées à l’empire.

Depuis l’Exode, pendant plus de quatre cents ans, et tant que la Synarchie moïsiaque dure, cet attentat politique contre la Ville sainte n’a pas pu se commettre.

Les motifs en sautent aux yeux.

De grands troubles agitaient et paralysaient alors l’Égypte : c’est pourquoi ce mouvement si important fut bientôt un fait accompli, sans intervention métropolitaine.

Pendant que le troisième Conseil d’Israël se donnait des rois, le Sacerdoce thébain renversait les siens devenus incapables.

Des grands Prêtres de la Loi du Bélier, Pahor-Amoné, Phiué, Hcr-IIor écartaient du trône les Ramessides.

Piankhi, petit-lils du Pontife Her-Hor allait fonder dans le Delta la vingt-et-unième dynastie.

Les empereurs schismatiques d’Assyrie, Asher-Rubur, puis Asher-Nimati ne manquaient pas de profiter de ces circonstances difficiles, et, à leur instigation, un flot d’ioniens se répandait de Grèce en Asie Mineure, pendant qu’un déluge de Celtes roulait de l’Europe vers l’Asie.

L’empereur de la Chine Moo-Wang se portait vers l’Ouest pour parer à ce dernier mouvement, presque à la même époque où David, pour prévenir les Ioniens de Grèce, s’emparait de l’antique cité de la Paix, où l’Ordre

des Abramides avait fait hommage au roi de Justice Melchisédec.

Malgré tous ces troubles et toute cette anarchie dans le Gouvernement Général du Monde, la Science et l’Art jetaient encore ça et là de vifs éclats.

Dans l’Inde, sous l’influence militaire des Âryas, on refondait l’ancien Code connu sous le nom de Manou, la Loi.

En Europe, Hésiode, puis Homère, interprétaient, comme l’avaient fait Valmick et Vvasa, les traditions religieuses et historiques des temples.

Dans le Céleste Empire, la grammaire était illustrée par les travaux de Paout-Shé, et de beaux ouvrages sur la trigonométrie ravivaient le flambeau de l’ancienne Science.

David lui-même refondait dans ses belles poésies les antiques légendes des Bodhones avec les enseignements qu’il avait reçus dans le temple.

Plusieurs passages de ses œuvres portent un caractère ionien, qui s’accusera encore davantage dans celles de Salomon.

L’influence des nations voisines agissait d’une manière manifeste sur l’intellectualité et sur les mœurs d’Israël.

Tout le pays compris entre le Tigre et la mer Rouge subit l’action du roi prophète.

Ses troupes atteignaient le chiffre de treize cent mille hommes, huit cent mille représentant le contingent d’Israël, cinq cent mille celui de Juda : Bois, liv. II,

Ces chiffres donnent un total de population de treize millions d’hommes, si on les considère comme exprimant le dixième du tout.

Le présent livre se bornant à l’histoire des Institutions synarchiques, je ne mentionnerai que pour mémoire la défaite des Philistins, des Moabites* des Ammonites, etc., et je relèverai encore les derniers signes de vigueur par lesquels l’Autorité des deux premiers Conseils s’affirma devant le Pouvoir politique de David.

C’est d’abord Nathan, chef du Conseil des Dieux, qui reprend le roi de son crime contre Urie : Rois, liv. II, ch. XII.

L’épée divisera à jamais votre Maison, lui dit-il; et, en effet, la révolte d’Absalom ne tarde pas à éclater.

Comme tous les ambitieux, qui font de l’opposition jusqu’au jour où ils sont au pouvoir, ce dernier trouva aisément le point faible de la monarchie de son père.

David, comme roi, avait centralisé dans ses mains les pouvoirs de Justice du deuxième Conseil.

Absalom travailla facilement tous les membres du Conseil des anciens en leur représentant que les causes qu’ils portaient en appel devant son père demeuraient en souffrance.

a Et il ajoutait ; Oh! qui m’établira juge sur la « Terre, afin que tous ceux qui ont besoin d’un arbitre « viennent à moi, et que je les juge selon la Justice ! »

A ce sujet, on peut consulter le chapitre XV du livre cité plus haut.

Déjà la tendance qui amènera plus tard la séparation d’Israël d’avec Juda, se manifeste dans les motifs, qu’invoque si habilement le rebelle.

En effet, les millions d’hommes qui avaient suivi Moïse au Désert avaient reçu de lui des promesses formelles.

La plus importante, pour eux, était la Constitution synarchique de leur Société.

Cette forme de gouvernement social est la seule qui

offre un mélange équilibré de Centralisation et de Décentralisation, d’Autorité et de Liberté, sans que jamais l’Autorité et le Pouvoir puissent s’y confondre pour accabler les franchises locales.

La tribu de Juda trouvait un avantage trompeur, mais séduisant, dans une monarchie politique dont elle fournissait les rois.

Il n’en était pas de même des autres tribus, et Absalom ne faisait ainsi le bon apôtre à propos de la Justice, que parce qu’il était certain de répondre aux murmures et aux revendications d’Israël contre Juda.

Avec la centralisation des F’ouvoirs entre les mains de David, celle des forces militaires entraînait comme conséquence l’impôt permanent.

Aussi, après la Justice arbitrale, ce fut l’Économie locale des tribus qui eut à porter le poids des nécessités du destin monarchique.

C’est pourquoi, pendant trois ans, la famine pesa sur Israël.

Dès lors, la même démocratie bourgeoise qui avait jadis plébiscité Abimelech, qui avait encore, après plusieurs siècles d’intervalle, redemandé un roi politique pour se mettre à la mode des autres peuples, sentit, mais trop tard, non qu’elle avait fait une faute en ne gardant pas lidèlement l’antique Synarchie, — les hommes rationnels ne sentent jamais les causes de leurs maux, — mais que le gouvernement personnel de David était louitl.

Tel est le vrai point de départ de ce que les Juifs appelleront le schisme des dix tribus, et de ce que celles-ci appelaient le schisme de Juda.

Ce moment de l’histoire sainte est trop intéressant, trop gros de conséquences décisives, pour ne point s’y arrêter.

Le premier ministre de David, Âchitophel, est avec Absalom, ou plutôt avec Israël, dont le prétendant est l’instrument : ibid., ch. XV, v. 12.

Ibid., ibid., v, 15 : « Tout Israël suit Absalom de tout son cœur. »

Le Conseil de Dieu est avec David.

Le Conseil 'des Dieux, seul, joue son rôle d’Arbitre et de Contrôle indépendant.

Voir pour le premier point, ibid., ibid., v. 24, 25.

Ibid., ch. XVII, v. 15, 10 : L’opposition des deux armées d’Israël et de Juda, d’ Absalom et de David est trop connue pour y insister.

La défaite d’Israël laissa vingt mille morts sur le champ de bataille : ibid., ch. XVIII, v. 7.

Derrière ces faits, des idées organiques sont aiix prises, masquées par des individus transitoires.

Or, il est impossible de ne pas voir qu’lsraël tient pour l’antique Constitution moïsiaque, pendant que Juda est le tenant de la monarchie politique.

Mais Absalom est le mauvais instrument d’une bonne cause, tandis que David appuyé sur le Conseil de Dieu, qui incline déjà, grâce à la monai’chie, vers un fonctionnarisme officiel, est rinstrument vénérable d’une cause qui l’est moins que lui.

Quel éloge dans le reproche que celui que fait au vieux roi, après la mort de son fils, Joab, l’un de ses généraux : Vous aimez ceux qui vous haïssent!

Quel bel exemple encore, dans cette réponse à Abisaïe : Est-ce ici un jour à faire mourir un Israélite? Puis-je oublier que je deviens aujourd’hui roi d’Israël?

La scission entre Israël et Juda s’accuse néanmoins,

« Lorsque le roi passa le Jourdain, il fut accompagné

« par toute la tribu de Juda, et il ne s’en trouva que la « moitié du peuple d’Israël.

« Tous ceux d’Israël s’adressèrent donc en foule au roi, « et lui dirent : Pourquoi nos frères de Juda nous ont- « ils enlevé le roi, en lui faisant passer le Jourdain « avec sa maison et toute sa suite?

« Et tous ceux de Juda leur répondirent : C’est que le « roi nous est plus proche parent qu’à vous.

« D’ailleurs, quel sujet avez-vous de vous fâcher?

« Avons-nous vécu aux dépens du roi? nous a-t-on a séduits par des présents?

« Ceux d’Israël leur répondirent : Nous sommes, auprès « du roi, dix fois plus nombreux que vous, et David nous « appartient plus qu’à vous.

« Pourquoi nous avez-vous fait cette injure, pourquoi « n’avons-nous pas été avertis les premiers pour rame- « ner notre roi?

«Mais ceux de Juda répondirent encore plus durement « à ceux d’Israël. »

Je prie le lecteur de se souvenir ici qu’Israël repré- sente dix tribus sur douze, ou plutôt Thiérogramine de la totalité de l’Organisme moïsiaque : Is-ra-El, Intelligence royale de Dieu.

Le deuxième Conseil, en s’opposant à la monarchie politique, en avait prévu tous les dangers, et depuis Jonatham jusqu’à Samuel, quand il avait consulté à ce sujet le premier Conseil, celui de Dieu, il en avait reçu une réponse marquant du caractère d’un schisme l’établissement de cette forme de gouvernement dans Israël.

Le schisme vint donc de Juda, et non des dix tribus, caractérisées, comme majorité, du nom d’Israël.

Ces dix tribus, bien que vaincues, bien qu’opposées à la monarchie politique, portent néanmoins en triomphe

le vieux roi, le vénérable David, et ne se plaignent que d’une seule chose, c’est que Juda manque à l’antique Esprit des Orthodoxes, en voulant 'accaparer la monarchie, et en n’appelant pas toute l’Alliance moïsiaque autour du monarque.

Mais, dit la Bible, pourtant rédigée plus tard par Esdras : Ceux de Juda répondent encore plus durement à ceux d’Israël.

Pourquoi donc alors cette injustice historique, qui va être ajoutée à la cruauté du sort, et qui imprimera k ces dix loyales tribus la réprobation d’un schisme, dont la Bible des Juifs elle-même ne peut pas les montrer coupables?

Il y a, dans ce fait, des raisons très profondes.

Israël représentait le Mosaïsme ouvert, allié à tous les Temples orthodoxes du Monde, fidèle à la Constitution sociale de Moïse.

Juda représentait et représente encore un Mosaïsme fermé, un parti purement national, une secte exclusive à l’égard des Métropoles de l’Orthodoxie dorienne.

Tout ce qui précède éclate aux yeux, quand on lit la Bible, en y cherchant sincèrement la Vérité des Enseignements qui s’y dégagent des faits eux-mêmes, et quand on éclaire toute la Circonférence dans laquelle ces faits se passent, c’est-à-dire quand on reconstitue toute l’Histoire synchronique des autres peuples.

Après l’injure qu’ils avaient reçue, les Israélites se sé- parèrent de nouveau.

Un héraut, Séba, publia cette séparation à son de trompe : « Nous n’avons point de part avec David, ni « d’héritage avec le fils d’Isaï. Israël, retournez chacun « dans votre tabernacle. » Bm, liv. H, ch. XX, v. I.

La guerre fut pourtant empêchée par une prophétesse

Mais la politique de Juda avait décidément le pas sur l’antique Synarchie religieuse, et David était entouré d’une véritable cour, qui rendait impossible tout retour à l'ancienne Universalité intellectuelle, juridique et économique.

Joab était généralissime et ministre de la guerre, Banaïas commandait sous ses ordres, Aduram était ministre des finances, Josaphat était garde des sceaux, Siva était ministre de l’intérieur, Sadoc et Abiathar, prêtres, tenaient l’Instruction publique et] le culte, Ira était l’aumônier du roi.

Tous ces faits prouvent suffisamment que la monarchie politique centralisait dans ses mains les trois Pouvoirs sociaux que, sur l’Ordre de Dieu, Moïse avait si nettement distingués et spécialisés.

C’est alors que vint la famine dont j’ai parlé plus haut, et que David trempa ses mains dans la crucifixion des fils de Respha et de Michel.

Un des derniers actes politiques de David, acte bien simple et bien légitime en apparence, suscita contre lui ce qui restait d’énergie dans le deuxième Conseil.

Les Israélites avaient en horreur les dénombrements, et en voici la raison.

Depuis Ram, leurs ancêtres avaient reçu le droit, comme hommes du pays de Koush, comme impériaux, de ne relever d’aucune autre juridiction immédiate que de celle de leur propre tribu.

Dans tous les empires et dans tous les royaumes qu’ils avaient traversés depuis le schisme d’Irshou, ils avalent obtenu, par leurs zakens, que ces vieilles immunités leur fussent maintenues.

Si, sous Moïse, ils avaient accepté une Conslilution sociale, c’était tout justement parce qu’elle n’avait aucun caractère politique.

Or, le recensement fait directement par le gouvernement monarchique de David était un manquement absolu à cette loi et le symbole, le sceau, pour ainsi dire, du changement total de la Constitution,

C’était déjà une séparation de la loi civile d’avec la Loi religieuse, une scission dans les mœurs et dans la Morale qu’elles avaient consentie.

Etre soumises d’abord à l’Unitarisme de l’Enseignement religieux représenté par le Conseil de Dieu, à l’üniversalité d(; la Justice rc|)résentée par le Conseil des Dieux, à l’administration et à la juridiction locale de leurs Conseils des anciens, voilà cr. que les tribus avaient librement accepté au Désert.

Les naissances, les décès s’enregistraient dans le li(‘,u saint de la commune, où les anciens tenaient leur Conseil.

C’est pourquoi le recensement politique d(; David va faire se dresser un représentant de l’ancieunc .Syuarchie, Cad, prophète et voyant du roi cependant.

Quand Joab, ministre de la guerre, eut fait sa tournée dans les communes hébraïques et rapporté les chiffres que nous avons cités plus haut, le prophète, au nom de l’ancien Conseil des Dieux, fil dire au roi ce qui suit,

« Il vous est donné l’option de trois fléaux, la famine, « la déroute, la peste. »

11 est impossible de prendre ces paroles au pied de la lettre et non comme le résumé d’une foule de considé- rants sous entendus et militant contre la centralisation politique des anciens Pouvoirs sociaux dans la main de David.

La famine, parce que rÉconomie publique, méconnue, se venge toujours par la banqueroute du gouvernement des Sociétés par la Politique, c’est-à-dire par les passions individuelles ou collectives, écrasant sous leur Pouvoir empirique l’Autorité intellectuelle qui doit les régir scientiliquement.

La déroute, parce que le gouvernement militaire, déjà vaincu par cela seul qu’il est vainqueur, porte fatalement dans les plis de son drapeau la défaite, c’est-à-dire la réponse du Gouvernement Général du Monde à l’Anarchie de la Vie de relations des peuples.

La peste intellectuelle, morale et physique, parce que la Force triomphant des Pouvoirs publics en dedans, de la Justice internationale en dehors, méconnaît la Loi organique de Dieu dans l’Humanité, et que cet Organisme s’en venge tôt ou tard.

Mais, sans nous ap[»esanlir sur ces choses, nous devons observer encore, comment, à la mort de David, la grave question de l’hérédité monarchique va se poser et se résoudre.

Absalom, l’aîné des fils du roi, n’est plus; l’aîné de fait se trouve être Adonias.

Le Conseil de Dieu anéanti par Saül s’est reconstitué sur un plan tout différent de celui de Moïse.

Dans la Synarchie moïsiaque, ce Corps enseignant par excellence était l’Autorité , l’Arbitre suprême , l’Initiative intellectuelle en même temps que le Contrôle moral.

Sous David, Autorité, Arbitrage suprême. Initiative intellectuelle. Contrôle moral, toutes les prérogatives enfin du Conseil de Dieu, sont passés dans la main du Pouvoir politique du roi.

La véritable Théocratie a fait place à un sacerdoce

officiel, à un cléricalisme abaissé dans l’.engrenage du fonctionnarisme politique-

David, devenu vieux, n’avait plus de volonté propre, et la machine officielle marchait automatiquement , exploitée comme toujours par des politiciens intéressés à en jouer à leur profit.

Âdonias, sans que son père l’en reprit, dit la Bible, s’était posé en Prince héritier : Rois, liv. 111, ch. I,

Le prêtre Abiathar, le général Joab soutenaient son parti. Ibid., ibid., v. 7.

La cour représentée par le prelre Sadoc, par Banaïas, par Séméi, par lléi, était contre Adonias.

Les débris du Conseil des Dieux représentés par le prophète Nathan étaient également contraires à la légitimité monarchique, à la transmission de la couronne à l’aîné.

Ce fut Nathan qui suscita Bethsabée, mère de Salomon, contre Adonias, fils d’Haggith.

Salomon fut élu roi, et fit tuer son frère Adonias.

Le nouveau roi se trouvait dans une situation difficile, au point de vue de l’Équilibre international des Puissances.

L’appui d’Hiram était insuffisant pour lui permettre de consolider sans encombre l’œuvre politique de son père, depuis la conquête de Jérusalem.

L’Egypte sortant de sa crise intérieure commençait à reprendre sa vieille vigueur avec sa vingt et unième dynastie, qui la débarrassait des Ramessides abâ- tardis.

Les vieux Libyens qui, sous le nom de Massouhas, avaient adopté jadis la réforme moïsiaque, sans suivre

pour cela l’Kxode, apportaient avec leurs mercenaires un rude contingent au nouveau pharaon.

Ils avaient même tenté, comme Ninus, de réunir la tiare et la couronne, ce qui avait valu au fils de Bébaï le nom injurieux de Nimerod.

Le petit-fils du grand-prêtre Her-Hor, qui avait renversé ftamsès XI, régnait sous le nom de Piankhi, au Delta, appuyé sur San, Bubaste, Sais, Mcndès, Sebennytès, cités jalouses d’en finir avec l’anarchie publique.

Salomon visa juste, en s’appuyant sur Piankhi 1", dont il obtint la fille en mariage.

De ce fait, il fut uncrsortc de vice-roi égyptien, administrant la colonie Israélite de Palestine.

L’Égypte avait tout à gagner aussi bimi que Salomon à cette Alliance conforme à la Tradition dorienne et à la Loi internationale de l’ancien Cycle.

C’est ainsi que Salomon put jeter sur Israël le glorieux et dangereux éclat de sa monarchie politique.

Il fut le Louis XIV des douze tribus.

Il s’initia profondément, soit parmi les siens, soit au dehors, à la Science ésotérique des Temples, et l’intelligence fut en lui aussi puissante que la volonté.

Sa fonction lui fut inférieure, ayajit été créée par l’Anarchie, aux dépens du type éternel de l’Organisme sain de toute Société.

Mais, du même coup, elle en fut d’autant plus identifiée à la valeur personnelle de cet homme, sur qui seul, désormais, le Destin d’Israël repose.

Le principe monarchique poussa à l’extrême sous ce roi tous scs vices radicaux, quand il ne représente que le gouvernement de la Politique pure, quelque éclairé que soit l’homme qui en porte le fardeau.

Azarias succéda à Sadoc dans le département de l’In-

struction publique et du Culte; Elihoreph eut rint4- rieur, Ahia fut secrétaire d’État; Josaphal fut garde des sceaux ; Banaïas fut ministre dé là Guerre ; Azarias, fils du prophète Nathan, fut minfstre de la Maison du roi; Zabud,«|utre fils de Nathan, fut aumônier et conseiller privé; Ahisar fut grand maître de la cour; Adoniram fut ministre des finances.

Il était inévitable que, supprimant partout l’antique Synarchie, la monarchie politique établit des gouverneurs royaux à la tête de chaque tribu.

Voici, eu effet, le nom de ces douze préfets de la couronne : Ben-Hur, Ben-Decar, Ben-Hesed, Ben-Abinadab, Bana,Ben-Gaber, Ahinadab, Achimaas, Baana, Josaphat, Séméï, Gaber.

Si Moïse, quittant le Centre de la Lumière Céleste, était venu regarder ce que l’on avait fait de sa Synarchie, son doigt lumineux n’eùl pas manqué de montrer les conséquences terribles de cette Anarchie couronnée.

Du reste, les fruits du despotisme éclairé furent immédiatement ce qu’ils devaient être, réserve faite de cet avenir.

Il y a deux systèmes éternels par lesquels l’Anarchie couronnée peut se maintenir : la terreur, le plaisir.

Salomon choisit le second, ihid, ch. IV, v. 20 : « Le « peuple de Juda et d’Israël pullulait comme le sable de « la mer, mangeant, buvant, se réjouissant. »

Mangez, buvez, jouissez, pauvres gens!

Mais ce n’est pas pour cela que Moïse vous a sélectés en corps de nation.

L’Alliance formidable de l’Épopte d’Osiris avec la Loi du Règne de l’Éternel sur la Terre comme au Ciel, doit s’accomplir et s’accomplira, malgré ce repos et ce som* meil voluptueux sous ce mancenillier de la monarchie politique, à laquelle les Doriens abramides et Moïse lui-

même ont déclaré la guerre, à trg,vers toutes les Races.

Pendant que les ruines des deux premiers Conseils laissaient ainsi la .royauté mitigée par eux, bercer dans les sensations du bien-être national Israël oubliant le but universel de son fondateur, l’Anarchie intergouvemementale n’étant pas conjurée, continuait à suspendre au-dessus de toutes les Sociétés à la fois l’aléa terrible de la Force substituée à l’ancien Droit public.

Les historiens qui enfilent, comme les moutons de l'anurge, tous les ponts neufs de la nécrographie chronologique, ne se sont jamais douté qu’il y eût un Gouvernement Général, liant ainsi à la solidarité, soit du Mal, soit du Bien, tous les peuples de la Terre.

C’est cette lacune que j’ai tenu à combler dans la Mission des Souverains, en ce qui regarde les nations de l’Europe chrétienne.

C’est cette même lacune que je comble dans le présent livre, eu ce qui regarde l’Histoire du Monde civilisé pendant les dix mille ans qui ont précédé le Christianisme.

C’est cette lacune si importante dans la triple hiérarchie des Sciences humaines, universelles et divines, que tous les Initiés des anciens temples ont tous eu pour but de combler.

Que ce but fût celui des Abramides et de Moïse, cela est indéniable.

Que ce dernier ait laissé dans la Synarchie l’Instrument typique, la Norme organique, la Mesure et la Loi nationale et internationale de l’Accord des Sociétés en elles-mêmes et entre elles, c’est ce que tout lecteur sincère sait désormais à n’en pouvoir douter.

Ou le Gouvernement Général du Monde est synarchiquement institué, et alors c’est la Providence, c’est la

Vie intellectuelle et morale qui y préside; ou il ne Tést pas, et alors c’est le Destin „c’est la Force, c’est la Brutalité instinctive, systématiquement' et stupidement opposée à elle-même, qui trône, à la place de la Providence, au-dessus de toutes les Sociétés humaines à la fois.

C’est pourquoi peu m’importe l’éclat que jette en ce moment cette monarchie !

Cette gloire est celle d’un homme, elle ne remédie à rien; et je vois toujours les Esprits collectifs des peuples dissociés de l’antique Alliance providentielle, la haine dans l’âmc, altérés de sang, piôts à précipiter les Nations dans la guerre et dans la ruine.

Je vois encore, je vois toujours au-dessus de cette nation que berce une prospérité trompeuse, au-dessus de ces deux Conseils transformés en fonctionnaires royaux, au-dessus de ce souverain, quelque sage et quelque glorieux qu’il soit, je vois Nemrod, je vois l’Anarchie du Gouvernement Général du Monde, éclipsant, comme l’a dit Moïse dans son Sépher, la Face lumineuse de lÊVÊ, la Loi organique, universelle de Son Règne,

Et ce que je dis ici au sujet de Salomon et des prêtres qui sont autour de lui et sous lui, je le dis également des l'ois de ma patrie, je le dis de Louis XIV, de Richelieu et de Mazarin, se bornant à abaisser la Maison d’Autriche et à codifier l’Anarchie internationale dans le traité de Westphalie.

Et si j’étais Allemand au lieu d’être Français, je le crierais encore bien plus haut à ceux qui président aux destinées de l’Allemagne, aux dépens de la vie et de la propriété territoriale des autres pays : Pologne, Danemark, Autriche, petits États allemands, France.

Non, le Crime ne peut pas présider impunément au Gouvernement Général du Monde.

Non, de quelque habileté que l’iniquité internationale puisse s’envelopper pour préparer par la Ruse les attentats de la Force èt l’assouvissement des haines ou des appétits politiques, nulle conscience humaine, nulle religion intellectuelle ne peut s’incliner devant cette négation de l’Unité de la Morale, et par conséquent de la Vie universelle des peuples et de l’Esprit divin, source de cette Vie.

Mais à Dieu ne plaise que je compare la politique de Salomon avec celle des dictateurs de l’Europe chré- tienne.

Bien que les deux premiers Conseils fussent surbaissés sous son Pouvoir faussement unitaire, ils l’avaient cependant initié à une Sagesse véritable, qui tempéra ce que sa fonction anti-synarchique avait de mauvais.

Je ne rappellerai que pour mémoire l’érection du temple de pierre, l’alliance avec Hiram, le concours des Corps savants tyriens, égyptiens et kaldéens dans l’édification de ce monument national.

Dans le liv. III des Rois, ch.VIU,à partir du verset premier, on peut voir Salomon confondant en lui l’Autorité et le Pouvoir, remplir la fonction d’un véritable Souverain Pontife, à l’occasion de la dédicace du temple.

Trop instruit, néanmoins, pour méconnaître que l’ancienne Alliance moïsiaque était ouverte à tous les Orthodoxes du Monde, il exprime celle importante vérité dans sa prière, à partir du verset 41 du même chapitre et du même livre.

Je ne rappellerai aussi que pour mémoire la visite de la reine d’Abyssinie, désignée dans la Bible sous le nom de reine de Saba.

Le peuple que gouvernait cette femme appartenait à l’antique Orthodoxie dont Moïse témoigna.

La chronique d’Axoum renferme des détails intéressants à ce sujet.

Ménilek, fils de Salomon et de Makéda, reine de Saba, fut instruit à la cour du monarque Israélite, oint et couronné roi d’Éthiopie dans le temple de Jérusalem, et reçut, comme nom d’initié, celui du père de Salomon, Daoud, David.

Un fait curieux à noter, c’est qu’en revenant dans son pays avec Azarias, fils du grand Prêtre Sadoc et un docteur de la Loi donné par chaque tribu, Menilek-Daoud reconstitua dans son royaume la Synarchie moisiaque, dont la monarchie de Jérusalem s’éloignait.

Divisant son pays en douze provinces, ce sage Orthodoxe y réorganisa le troisième Conseil local, le deuxième Conseil des Juges suprêmes représenté encore aujourd’hui par les Umbares, et enfin le Conseil de Dieu avec son grand Prêtre, Azarias, sous le titre de Nébrit.

Ces faits remarquables, ainsi que la royauté et la ré- gence féminines, confirment tout ce que j’ai dit au sujet de l’esprit de Sagesse et de Science organiques qui inspirait les véritables Doriens de l’ancien Cycle.

L’initiation de Salomon à la Science ésotérique se laisse entrevoir dans ses livres : Sagesse, Cantique des cantiques ou Sir Hadrim, ainsi que dans les souvenirs qui restent de ses trois mille paraboles, de ses cinq mille hymnes, de son traité de botanique magique, de son livre sur la zoologie, etc., etc.

Le caractère ionien de ses œuvres sautç aux yeux, sans parler de la passionnalité volupteuse qu’elles respirent.

Malgré les préceptes de Moïse, Salomon, plus que David encore, s’adonna au sensualisme le plus échevelé, et imita

les vices des empereurs’'d’Assyrie, en intronisant le harem en plein Israël.

Sa vieillesse dissolue obscurcit l’éclat glorieux de son intelligence.

On ne peut pas méconnaître, en lisant l’histoire sommaire de ce grand roi, qu’il fut véritablement pénétré, au point de vue intellectuel, du Mosaïsme ouvert, tel que l’aimait Israël.

La communauté du Monothéisme ésotérique, de temple à temple, se montre encore jusque dans la réponse de l’ionien Hiram, roi de Tyr, ibid.jCh. V, v. 7 : Béni soit le Seigneur, etc.

Cette lettre témoigne de l’antique identité de l’Adén phénicien et de l’Adonaï biblique, de même que les paroles de Melchisédec et les écrits de Sankoniathon au sujet d’El-Iôn, de même que Moïse et la confession de foi des initiés au sujet du mot de passe de l’épreuve du Feu, dite du Buisson ardent : Je Suis Celui qui Suis, en égyptien démotique Nuk-Pu-Nuk.

Mais rUniversalisme, le Catholicisme savant de Salomon ne s’arrêtent pas là.

Les annales abyssiniennes en offrent un exemple.

Il brûlait, dit la Bible, de l’encens sur les hauts lieux.

C’est ainsi que, dégageant le fond des formes, ramenant à l’Unité, par une universelle tolérance, les Symboles et les Principes faussement opposés des divers cultes, il lit hommage chez les Sidoniens à Astarté, chez les Ammonites à Moloch, chez les Moabites à Kamos, auquel il éleva même un temple sur la montagne vis-à-vis de Jérusalem : Rois, liv. III, ch. H, v. 5, 7.

Le verset 8 montre que sa tolérance s’étendait au Polythéisme tout entier, admis par Moïse, du reste, au même titre scientifique que l’Unité ou l’Union Dieu.

En effet, Moïse ne fait intervenir dans r.Univers lÊVÉ, le Dieu-Nature, Masculin-Féminin, qu’au second chapitre de la Cosmogonie, v. 4.

Dans les trente-trois versets précédents, c’est la Pluralité polythéiste, Ælohim, Lui-les-Dieux,qui génère l’Essence des Êtres et des choses, avant leur génération en acte qui est l’œuvre de lÊVÊ-ÆLOHIM.

Or, comme tous les noms de Dieu, c’est-à-dire les hiérogrammes des Principes théogoniques, avaient leur raison d’être dans la Science antique. Salomon savait qu’il n’y a pas de faux Dieux, si ce n’est dans l’opposition des conceptions humaines relativement à ces mêmes Principes scientifiques, relativement à la valeur de chaque Symbole de la Mathématique et de la Morphologie qualitatives.

Mais cette Vérité n’était pas bonne à affirmer devant des sectaires ignorants, à moins que le Sacerdoce ne fût en état d’enseigner scientifiquement la Synthèse des Vérités.

Or, le Sacerdoce avait été décimé, et son propre maintien comme classe était son principal souci.

Quant à la nation, incapable, faute d’une Université suffisante, d’élever ses pensées jusqu’à l’Universalité des choses, elle fût tombée dans tous les anthropomorphismes particuliers de ses voisins, et eût perdu, avec son caractère distinctif, les textes moïsiaques qu’elle ne comprenait plus, et qu’elle avait néanmoins à conserver intacts pour les transmettre au Genre Humain tout entier.

C’est pourquoi le Conseil de Dieu, ou.du moins ce qui en restait, blâma Salomon, et suscita contre lui les dé- bris du deuxième Conseil représenté par le prophète Ahias.

^Ici, se place un grave événement, auquel préside ce même Ahias, le Silonite : la nouvelle séparation des dix tribus, la division d’Israël d’avec Juda, non seulement quant à la politique nationale et intérieure, mais surtout quant à la politique étrangère.

Petit-fils, par sa femme, de Her-Hor, pontife-roi de Thèbes, Salomon n’avait développé sa puissance qu’en faisant rayonner autour de lui le grand esprit de conciliation cher au Sacerdoce thébain et à ses disciples couronnés.

Pour tout l’Orient, il était le beau-fils du Pharaon ; sa Sagesse était un reflet des Lumières secrètes de la grande Pyramide, et, jusque dans son magnifique chant d’amour dédié à sa femme, l’Esprit de l’ésotérisme éclatait, et les Orientaux l’y cherchaient avec ravissement.

C’est sous cette auréole égyptienne qu’il put bâtir un temple orthodoxe à Salem.

Anti-conquérante, l’Égypte ne faisait la guerre que pour lier à la Paix, et si quelqu’un s’en chargeait pour elle, il était naturellement bienvenu.

L’Asie Mineure, prise entre cet ancien Droit public, si sagement représenté par les prêtres d’Osiris et d’Isis, et le faux droit de la Loi du Taureau, si brutalement exercé par les Césars schismatiques d’Assyrie, inclinait davantage vers la suzeraineté égyptienne.

C’est pourquoi Salomon rebâtit pour le compte de l’Égypte certaines places de guerre, parmi lesquelles Mageddo.

C’est pourquoi il continua la politique dorienne des Ramsès, en ramenant à son arbitrage et à sa suzeraineté locale la vieille confédération ionienne et touranienné dont les Battis, les Héthéens, étaient le foyer: /îow,liv.IlI,

C’est à ce titre enfin qu’il put faire. Jusque sur les

côtes du golfe Persique, des expéditions navales, avéfc Tyr, qui, en certains cas, devait mettre à la disposition de l’ancien Droit public, représenté par l’Égypte, ses flottes, dont elle dut plus tard le service, en cas de guerre, aux Césars de Ninive, de Babylone, puis de Suze.

Faute de cette connaissance de l’ancien Gouvernement Général, ou du moins de ce qui en subsistait comme principaux débris, Phistoire d’Israël et de Juda serait aussi inexplicable qu’une Planète sans Système solaire.

Or, nous touchons à l’heure où, par suite de l’anéantissement presque total des deux premiers Conseils par la royauté, par suite du sectarisme religieux et du particularisme politique qu’engendrent partout la conversion de la Théocratie en Pouvoir politique et la réduction du Sacerdoce en rouage clérical de la machine officielle et administrative des monarchies, ou des républiques, la direction d’Israël va vouloir forcément ériger en centre métropolitain son temple de pierre, tout en perdant son organisme et même son programme de Synarchie universelle.

Et non seulement cette direction déchue de son antique Sagesse, comme les prêtres égyptiens le dirent à Strabon, va vouloir graviter absolument sur elle-même, indépendamment des nécessités du Gouvernement Gé- néral du Monde, mais encore son égoïsme national s’érigeant en circonférence de ce même centre, se déifiant matériellement comme peuple de Dieu, arrêtera l’action divine à sa frontière, toutes les fois qu’elle n’y portera pas sa marque de fabrique politique.

Ce programme des sectaires de Juda était depuis longtemps le motif que les dix tribus invoquaient pour se séparer, et revendiquer l’antique programme d’Israël, le Mosaïsme ouvert.

4 Saloihon, tant qu’il fut jeune et fort, fut avant tout Israélite, dans le sens le plus intellectuel de ce mot.

C’est ainsi que sa sagesse maintint comme un centre solaiite l’union des douze tribus décorées du nom des Douze Puissances cosmogoniques qui président aux Signes du Zodiaque.

Mais , à mesure que le grand roi s’éteignait sous le poids des ans, le particularisme politique de Juda tendait à prédominer de nouveau tant à l’intérieur qu’au dehors.

L’initiative de la résistance à ce mouvement vint encore une fois du deuxième Conseil, témoin la présence du prophète Ahias près de Jéroboam et son excitation à la séparation des dix tribus.

Rois, liv. III, ch. XI, v. 30, 31 : « Ahias prenant le « manteau neuf qu’il avait sur lui, le coupa en douze « parts, et dit à Jéroboam : Prenez dix parts pour

Sous le vieux roi, comme sous la vieillesse de son père, les courtisans gouvernaient.

Jéroboam sachant qu’on voulait attenter à sa vie, recourut au suzerain de Salomon.

C’est pourquoi, ibid., ibid., v. 40, il s’enfuit en Égypte vers Sésac, roi de ce pays, et y demeura jusqu’à la mort de Salomon.

Il est évident que si, grâce au temple de Jérusalem, l’Égypte n’était plus la Métropole sacerdotale d’Israël, elle restait du moins la Métropole juridique, la Cour d’Appel des rois de Palestine et de Syrie.

Or, la présence du prophète Ahias près de Jéroboam ne permet pas de supposer que son Conseil ait été étranger à l’appel de ce prince au pharaon.

D’un autre côté, la vieillesse dissolue de Salomon, l’influence consécutive des particularistes de Juda ^jui

l’entouraient, l’avaient nécessairement mis é'n früR^ avcft^ la famille de son suzerain.

Ou vassale libre du gouvernement de l’Égypte orthodoxe, ou conquise de force par le Césarisme assyrien : tel était le dilemme que le Gouvernement Général du Monde posait forcément devant la direction de la Société Israélite.

C’est pourquoi nous allons voir encore une fois Israël s’opposer à Juda, l’Alliance religieuse Israélite à la politique juive, l’Esprit du Mosaïsme ouvert à celui du Judaïsme fermé.

Jéroboam est un Abramide égyptien, un Éphratien :

El c’est tout justement au sujet du fort de Mello bâti par Salomon qu’il s’oppose à ce roi : Ibid., ibid., v. 27.

Et il s’oppose parce qu’il est l’intendant général chargé des tributs de l’Égypte : Ibid., ibid., v. 28.

Et il a raison, car à peine Juda et l’Égypte seront-ils en antagonisme, que le Césarisme assyrien profitera de l’aubaine pour venir appliquer son inique droit de conquête à la Palestine, prendre Samarie et les dix tribus d’Israël, puis Jérusalem et Juda, afin d’anéantir l’Orthodoxie mosaïque et son double temple dorien.

Éclairons maintenant, en Égypte même, la figure et le rôle de Sésac.

Le Sésac biblique s’appelle en égyptien démotique Sheshonk, et fonde la vingt-deuxième dynastie.

Issu des Libyens massouhas ou mosaïstes, il descend de leur chef Bébaï nommé plus haut.

Son grand-père, surnommé Nimerod pour avoir voulu réujjir la tiare et le bâton de chef de l’armée, lui fit

é{>ouser la fille de Piankhi, la belle-sœur de Salomon.

k peine le fils de David est-il mort que la politique juives’affirme dans Boboam , à l’encontre de celle d’Ispiël, dont Sheshonk se prévaut pour venir relier Juda à sa suzeraineté.

Le pharaon prend d’assaut Jérusalem, prélève son tribut sur le temple, et revient en triomphe dans la Métropole dorienne, Thèbes , offrant au Dieu de l’ancienne Loi trente chefs juifs, parmi lesquels le roi de Juda Imda Hamalec.

Il fit graver cet acte sur les stèles du temple de Karnac ; et il est à remarquer que, conformément à l’ancien Droit public de l’Empire du Bélier et de la Théocratie de l’Agneau, il ne conquit pas Jérusalem, mais se borna à lier à la Paix les dissidents d’Israël, les Juifs proprement dits, dans la personne de leur roi et de ses conseils.

Il est également à remarquer que les Césars schismatiques d’Assyrie et de Perse agiront d’une manière toute différente.

Le caractère de leurs actes internationaux ne portera plus la marque impersonnelle, juridique, arbitrale, de l’ancien Gouvernement Général.

Ce ne sera plus la sanction armée des antiques royautés de Justice internationale qu’ils appliqueront.

Aussi brutaux dans leur Anarchie intergouvemementale que dans leur gouvernement militaire , ces Césars et ces rois du schisme donneront au Monde entier l’exécrable et désastreux exemple du vol et de l’assassinat internationaux, de la rupture absolue de la Morale avec la Politique, du Matérialisme enfin, ou plutôt de l’Animalisme présidant à la Vie de Relation et au Gouvernement public des Sociétés.

C’est que ces souverains nominaux ne seront plus de véritables rois ni de véritables empereurs.

Ils se comporteront en parvenus de la Forcé, appîi^ quant dans leurs rapports les uns avec les autres le stupide égoïsme radical qui arme le ^ras du voleur et de l’assassin.

Et ce qu’il y a de plus terrible, c’est qu’en agissant ainsi, ils ne croiront pas faire le mal, ils ne sauront pas, comme le leur dit Moïse , qu’ils éclipsent la Face de l’Éternel, la Représentation possible de son Règne dans

Bien au contraire, après chacun de leurs attentats contre le Dieu Social du Ciel et de la Terre, ils courront, musique en tête, au temple d’Isthar ou de Bâl, écouler les Te Deum, et glorifier leur prétendu Dieu des armées.

Encore une fois, il y a là une lacune colossale que des Institutions seules ont pu, et peuvent encore combler.

Pour combler cette lacune, ce n’èst pas le poignard d’Harmodius etd’Aristogiton,ni l’exécrable couteau d’un Brutus qu’il faut employer.

L’Anarchie démagogique est radicalement impuissante contre l’Anarchie couronnée; toutes deux se valent; l’une engendre l’autre ; et voilà plus de cinquante siècles qu’elles sont stupidement enferrées, sans pouvoir en linir, soit avec leurs ineptes républiques, soit avec leurs ineptes monarchies.

Non, le remède de la Politique n’est pas en ellemême.

Il faut lui arracher, pour la guérir, l’Autorité que son Pouvoir confond sous lui pour la perte de l’une et de

Pourquoi Sheshonk respecte-t-il la vie nationale et le territoire d’Israël, pourquoi pouvant démembrer ce

j^uple, l’assassinèr comme Corps de patios et lui voler son territoire, ne le fait-il cependant pas?

Parce qu’il restait en Égypte une Autorité encore vigoureuse, dont la Synthèse scientifique, dont la Religion formait suffisamment , par l’Initiation , l’intelligence et la conscience des rois, entre les mains desquels le Sacerdoce mettait le sceptre à tête de Bélier.

Pourquoi, au contraire, Salmanazar, après avoir pris Samarie, y tiendra-t-il garnison, et emmenera-t-il captives les dix tribus d’Israël anéanties depuis lui, sans qu’on en puisse retrouver les traces ?

Pourquoi Nabuchodonosor, ayant pris Jérusalem, en fera-t-il brûler le palais royal, détruire le temple, raser les murs, aveugler le roi, et traîner le peuple à Babylone ?

Parce que, depuis Ninus, le grand schisme, qui est la Politique elle-même, aura permis aux souverains d’écraser absolument l’Autorité sous leur Pouvoir, tant dans leur propre gouvernement que dans le Gouvernement Général du Monde.

Dès lors, le Sacerdoce surbaissé, transformé en un vain cléricalisme -officiel, ne saura même plus instruire ni éduquer de tels souverains; mais dès lors aussi, de telles monarchies ne seront pas viables, n’étant plus autorisées par Dieu dans la Science et dans la Conscience sacerdotales de l’Humanité divine.

Mais, dès lors aussi, les peuples ainsi régis par l’épée périront fatalement et rapidement sous l’épée, sans qu’un Gouvernement Général régulier puisse intervenir pour sauvegarder leur existence.

C’est pourquoi Ram, puis tous les Initiés de sa Religion scientifique ont toujours eu pour but de redresser l’Autorité au-dessus du Pouvoir dans leur propre patrie, en attendant que la Synarchie universelle pût elle-même

être redressée au-dessus de toutes les Sociétés humaine;, et y reconstituer l’antique Règne de Dieu’.

Tel était le but des Abramides,** tel était le but de Moïse et d’Israël, tel sera le but de Jésus-Christ.

Je passerai rapidement sur la dualité des couronnes en Juda et en Israël.

Où fut le schisme? Des deux côtés.

Il s’agit bien, dans le combat des Principes du Gouvernement du Monde à travers l’Histoire universelle, des statues que fit fondre Jéroboam !

Est-ce qu’il n’y avait pas des lions et des taureaux de métal dans le temple de Jérusalem ?

Est-ce que Juda était plus indemne qu’Israël de ce manque d’iconoclastie, dont il faudrait plutôt louer que blâmer les Sociétés?

Ibid., ibid., v. 23 : « Ils se firent des statues et des « bois profanes sur toutes les collines élevées. »

Le vrai schisme de part et d’autre ne fut pas là.

C’est dans l’anéantissement des deux premiers Conseils qu’il faut le chercher, et par suite, dans l’abaissement du Sacerdoce officiel, et enfin dans l’oubli de la Tradition ésotérique des livres renfermant la Science intellectuelle et le Programme social de Moïse.

Désormais, grâce à la Politique, les douze tribus opposées entre elles furent ce qu’est la Chrétienté depuis la dualité des églises et des empires d’Orient et d’Occident : une Maison divisée contre elle-même et, par consé- quent, destinée à périr.

Juda cherche des alliés contre Israël, et réciproquement.

Comme toujours, dans les circonstances difficiles de

h Société moïsiaque, le deuiftème Conseil est sur la brèuJjii représenté par les prophètes Élie et Élfsée.

éîes derniers remplissent leur mission, et font ce qu^ils peuvent à Samarie comme à Jérusalem, en Israël comme en Juda.

Jésus observera la même ligne de conduite pendant son action publique de trois ans, et, bien qu’appartenant à la race de David par Joseph, il n’en prêchera pas moins l’Évangile du Royaume aux Samaritains aussi bien qu’aux Juifs.

Quant au premier Conseil, il semble parfois disparaître dans cette tempête de révolutions et de guerres étrangères, où toutes les fautes et tous les crimes sont accumulés par des rois assassins.

Au vingt-deuxième chapitre du troisième livre des Rois, on voit néanmoins le Pontife Joïda et son Collèges sacerdotal essayer de former un bon souverain juif.

« Joas fit tout ce qui était juste devant le Seigneur, « tout le temps qu’il fut instruit par le Pontife Joïda. « Cependant, il n’abolit pas les hauts lieux : le peuple « y sacrifiait toujours et y offrait de l’encens. »

Il n’est pas indifférent de remarquer que ce même Joas fut obligé d’user de rigueur pour obtenir du Pontife et de son Collège l’entretien du temple de Jérusalem.

Rois, liv. IV, ch. XII, v. 7, 8, etc, : « Pourquoi ne faites- « vous pas les réparations du temple? N’en recevez-vous « donc plus l’argent, selon l’ordre de votre ministère?

« Rendez ce que vous avez reçu pour les réparations du (f temple. Et il fut défendu aux prêtres de recevoir l’ar- « gent du peuple et de réparer la Maison du Seigneur. »

Ce passage est trop significatif pour y insister.

Le Conseil de Dieu abaissé dans la Maison de Juda par la monarchie n’avait déjà plus l’Autorité requise pour la

la Société moîsiaque, le deüiâlèine Conseil est sur la brèjjji^i représenté par les prophètes Élie et Élfsée.

48es derniers remplissent leur mission, et font ce qu’ils peuvent à Samarie comme à Jérusalem, en Israël comme en Juda.

Jésus observera la même ligne de conduite pendant son action publique de trois ans, et, bien qu’appartenant à la race de David par Joseph, il n’en prêchera pas moins l’Évangile du Royaume aux Samaritains aussi bien qu’aux Juifs.

Quant au premier Conseil, il semble parfois disparaître dans cette tempête de révolutions et de guerres étrangères, où toutes les fautes et tous les crimes sont accumulés par des rois assassins.

Au vingt-deuxième chapitre du troisième livre des Rois, on voit néanmoins le Pontife Joïda et son Collèg<î sacerdotal essayer de former un bon souverain juif,

« Joas lit tout ce qui était juste devant le Seigneur, « tout le temps qu’il fut instruit par le Pontife Joïda. « Cependant, il n’abolit pas les hauts lieux : le peuple « y sacrifiait toujours et y offrait de l’encens. »

Il n’est pas indifférent de remarquer que ce même Joas fut obligé d’user de rigueur pour obtenir du Pontife et de son Collège l’entretien du temple de Jérusalem.

Rois, liv. IV, ch. Xll, v. 7,8, etc. : « Pourquoi ne faites- « vous pas les réparations du temple? N’en recevezvous « donc plus l’argent, selon l’ordre de votre ministère? « Rendez ce que vous avez reçu pour les réparations du « temple. Et il fut défendu aux prêtres de recevoir l’ar- « gent du peuple et de réparer la Maison du Seigneur. »

Ce passage est trop significatif pour y insister.

Le Conseil de Dieu abaissé dans la Maison de Juda par la monarchie n’avait déjà plus ÜÀutorité requise pour la

clonne par sa vigueur et commaWe le respect du Monde entien^

Ce n^st pourtant, dans la Chrétienté, qu’une étincelle isolée du Feu Sacré de la Théocratie du Siiiaï, de la grande Pyramide, de la Paradesa, brasier toujours brû- lant, toujours renaissant de ses cendres, malgré la Politique qui l’étouffe, toujours acharné à maîtriser l’hydre de l’Anarchie d’en haut.

Ils sommeillent souvent, hélas! les deux premiers Conseils, depuis qu’ils ont été saignés à blanc; mais leurs réveils n’en ont que plus de mérite, et ils ont la Souveraine Majesté de l’Esprit de l’Ancetre assassiné, se dressant tout à coup devant l’assassin.

Au moment où on la croit morte, elle revit, elle se lève, elle vient, et la voilà debout, la main haute, cette Autorité sainte, la première parmi les Puissances sociales, la seule qui puisse autoriser les autres, et sans laquelle elles ne sont plus.

Elle gonfle ces cœurs d’un chaste enthousiasme, elle trempe ces caractères dans une âpre et invincible fermeté.

Ce n’est qu’un éclair, soit; mais qu’il est bon de revoir cette lumière !

Plus de pacte asservissant, plus de cléricalisme politique, plus de viles transactions avec l’Iniquité gouvernementale, et l’on respire dans l’Histoire le souffle d’un Feu qui purifie.

Dans ces entendements enténébrés, le Dieu de la totale Connaissance, comme dit Anne, mère de Samuel, a beau s’être revoilé sous le triple sceau de l’hermétisme moï- siaque; du moins, à défaut de lumière, une pure chaleur emplit ces poitrines mâles.

Une fois réveillées, ces rudes âmes sont à Dieu tout entières, et elles cracheraient loin d’elles, à la face de

contrôler, et il en recevait les dures leçons, au lieu <Je

Ces motifs, dont les conséquences se l'évèlent ici, mais dont les causes s’enchainaient depuis longlcnips, ne sont certainement pas étrangers à la séparation des dix tribus spécialement attachées à rEnseignemeat des Prophètes.

Ainsi le temple de pierre périssait encore plus vite que le Temple de chair, d’âmes et d’intelligences, dont Moïse avait élevé les trois étages dans la Synarchie.

Bien plus, de terribles dangers éclataient devant les grands Prêtres qui, entrevoyant encore la lumière ésotérique des textes moïsiaques, voulaient eu témoigner.

Le Pontife Zacharie, fils de Joïda, rempli de l’Intèlligence de Dieu, est lapidé par le peuple dans le temple même, sur l’ordre du roi Joas : Annales, liv. II, ch. 20,

Les deux Anarchies, celle d’en bas et celle d’en haut, se donnaient la main pour jeter le suprême pavé à l’Autorité.

Pourtant cette dernière, en se redressant, retrouvait encore en elle-même les antiques armes de Moïse.

Après l’assassinat de Zacharie dans le temple, Azarias, la mitre au front, à la tête de quatre-vingts prêtres, frappe de la lèpre, au pied de l’autel, le roi de Juda, Osias,et le chasse du saint lieu : Annales, liv. II, ch. 26,

Un Hildebrand parlant en maître à tous les rois d’Europe à la fois, déracinant d’Allemagne, du milieu de ses années, un empereur tout-puissant, l’enlevant et le jetant à ses pieds avec la seule force directe de sou Autorité,

(«- l’ordre du roi Achaz en attendant son retour de « Damas.

« Lorsque le roi fut revenu, il vit cet autel et le ré- « véra.

a II transféra l’autel d’airain qui était devant le Sei- « gneur de devant l’entrée du temple; et il le mit à « cote de l’autel, vers le Septentrion.

« Le Pontife Urie fit selon tout ce que le roi Achaz K lui avait ordonné.

« Or, le roi Achaz fit ôter les socles ciselés et les cuves « d’airain qui étaient dessus; il fit aussi ôter la merde « dessus les taureaux d’airain qui la portaient, et la mit « sur le pavé du temple.

« 11 ôta aussi la couverture du Sabbat, qu’il avait bâtie « dans le temple; et, au lieu de l’entrée de dehors, par « où le roi passait du palais au temple, il eu fit une au « dedans, par où il venait secrètement, à cause du roi « des Assyriens. »

Je n’ai cité les passages précédents que pour montrer à quel prix fut achetée l’intervention du Césarisme schismatique, de l’Iniquité impériale d’Assyrie, que nous allons bientôt voir accabler Samarie et Israël.

Deux hommes sont ici en scène : Achaz, roi de Juda, subordonnant Urie, Pontife du temple de Jérusalem, à sa politique passionnelle, anti-intellectuelle et par conséquent anti-religieuse.

Mais, du même coup, cette politique porte les fruits de son mauvais principe.

Tout était symbole exact dans les cultes de cette époque.

C’est pourquoi le roi de Juda, se faisant volontairement le vassal du César schismatique d’Assyrie, s’empresse de faire disparaître, avant sa venue à Jérusalem, tout le Symbolisme de l’Orthodoxie moïsiaque.

Mais il va plus loin dans son obédience au schisme. •

Am. L. II, ch. 28, V. 24 : c Âchaz ayant donc pris tous cc les vases de la Maison de Dieu, et les ayant brisés, « ferma les portes du temple, et dressa des autels aux « idoles dans toutes les places de Jérusalem. »

11 est clair, je l’espère, que c’est bien au temple néo- Ramide, respecté par le pharaon Sésac, qu’en veut la Politique des empereurs assyriens.

Pourquoi? Le voici.

A ces symboles, tout œil exercé reconnaissait immé- diatement la Tradition dorieiuie de l’ancienne Science et de l’ancien Droit public de l’Agneau et du Bélier.

Par conséquent, on devinait facilement, à ces signes sacrés, une tendance consciente, ou non, à la Loi du Règne de Dieu, à la subordination libre des trois Pouvoirs Sociaux dans chaque Société, et au rappel des Relations internationales à l’antique Droit limitant et contrôlant l’emploi de la Force militaire.

Les Césars d’Assyrie savaient tout cela; les pharaons d’Kgypte également; mais les premiers étaient contraires au rétablissement d’un Gouvernement Général régulier, qui les eût subordonnés à une Autorité intellectuelle et morale, taudis que les rois d’Égypte étaient encore pénétrés par le Sacerdoce et par l’Initiation de cet Esprit religieux et scientilique à la fois.

Pendant qu’Achaz appelait à son secours le schisme politique d’Assyrie, Osée, roi d’Israël, envoyait des ambassadeurs au pharaon.

Malheureusement, il y en avait deux alors, et la guerre civile déchirait en ce moment l’Égypte.

Bocchoris, prince ambitieux du Delta, avait levé le drapeau contre Sabacon, le Sua de la Bible, qui le châtia sévèrement.

L’Éthiopien Sa-Bacon se rattachait à l’ancien Ordre de choses comme l’indique son nom ; effe répète ici que les noms n’étaient point patronymiques alors, mais personnels et donnés après l’Initiation.

11 est bien remarquable de voir Israël, toujours fidèle à l’antique Orthodoxie, se réclamer des pharaons doriens, tandis que Juda s’abrite sous le drapeau du schisme assyrien.

Les événements qui se passaient en Égypte ne devaient se terminer qu’en l’an 715 avant Jésus-Christ.

Salmanazar put donc mettre impunément le siège devant Samarie, après avoir ruiné le royaume de Syrie.

Le Chapitre XVII du quatrième livre des Rois enregistre sommairement la prise de Samarie, l’enlèvement d’Israël en Assyrie, puis la dispersion des dix tribus.

Pas un seul mot de regret n’est exprimé dans ce Chapitre pour cet épouvantable malheur, et non seulement le crime international du misérable bandit qui portait la couronne des Césars assyriens n’est pas l’objet du moindre blâme, mais ce sont les Israélites qui sont blâmés par les rédacteurs anonymes de ce Livre des Rois.

Voici le passage en question, depuis le verset 6 jusqu’au verset 8 :

a Or, la neuvième année du règne d’Osée, le roi des « Assyriens prit Samarie, transféra les Israélites au pays

des Assyriens, et les fit demeurer dans llala et dans « Habor, villes des Mèdes, près du fleuve de Gozan.

« Et cela arriva, parce que les enfants d’Israël avaient « péché contre le Seigneur leur Dieu, qui les avait tirés « de l’Égypte et de la puissance des pharaons, et qu’ils « adoraient des dieux étrangers. »

Non. Cela arriva parce que la Politique de Juda fit appel

à l’intervention du Césarisme pur, du schisme politiqwé d’A.ssyrie, contre Israël, c est-à-dire, non seulement contre les dix malheureuses tribus désormais assassinées, mais contre les Principes mêmes du Gouvernement Général du Monde, selon le Règne de Dieu éclipsé par le Nemrodisme.

Était-ce bien dans un pareil moment, et lorsque Achaz roi des Juifs, et le grand Prêtre de Jérusalem, llrie, venaient d’effacer du temple les insignes doriens de Moïse pour y substituer ceux du culte assyrien, était-ce bien le moment de jeter sur le tombeau des dix tribus celte pierre d’un anathème politique !

Hélas ! la Politique seule, en effet, est responsable de cet enténébrcment de l’intelligence par les passions civiles et les instincts particularistes, et il y a longtemps que la Divinité' elle-même s’est prononcée à ce sujet par ses représentants. Moïse, Jonatham, Samuel.

Dans cette bagarre politique, non seulement le sens scientifique des écrits de Moïse s’est perdu comme son programme social, mais le texte même des cinquante Chapitres de l’Epopte du Sinaï a disparu en Juda.

C’est par hasard que, sous Osias, roi de Jérusalem, un exemplaire avait été retrouvé.

Annales, liv. II, ch. 34, v. 14 : « Or, comme on Iranspor- « lait l’argent qui avait été porté au temple du Seigneur, « le Pontife Hclcias trouva un livre de la Loi du Seigneur « donné par les mains de Moïse. »

Mais comme le Conseil de Dieu abaissé sous la monarchie politique, retombé dans l’ignorance, grâce au sectarisme et au particularisme qui l’isolent des Universités métropolitaines, ne comprend plus rien, ni à la langue ni à l’idéographie moïsiaques, il a recours au peu de lumière qui reste dans le Conseil des Dieux, ou des Initiés laïques.

• C’est pourquoi, le même Pontile s’adresse à la section ionienne et féminine de l’ancien Conseil des Dieux, dans la personne de la prophétesse Olda. {Ibid.,ibid.,\. 22, .23.)

Les Juifs n’avaient donc aucun reproche à faire aux malheureux Israélites, sur lesquels ils avaient attiré le fléau du Césarisme assyrien, qui les frappera eux-mêmes cent trente-quatre ans plus tard.

D’ici là, suivons dans l’Empire ninivite ces dix tribus infortunées, et examinons attentivement les agissements du Pouvoir infernal, qui les noie à jamais, en ce moment, dans le Genre Humain tout entier.

N’oublions pas que, désormais, c’est toute l’Humanité qui remplace les dix tribus perdues, et qui est seule en état de relever un jour, en le reconstituant à travers tous ses membres, cet Israël anéanti par le Nemrodisrae, cette Majorité appelée par Moïse à la reconstitution universelle du Règne de Dieu.

CHAPITRE XVI

L’ANCIEN MONDE ET LE CESARISME. BIBLE ET TAR6UMS SAMARITAINS.

L’époque qui vit périr Sainarie et s’engloutir dans un irréparable naufrage les dix tribus d’Israël, fut une dos plus violentes qui aient déshonoré l’histoire du Gouvernement Général.

Entre les déhris des Sociétés soumises à l’ancien Droit public, tous les liens internationaux de temple à temple, de juridiction à juridiction, sont, ou brisés depuis longtemps par l’intrigue assyrienne, ou tellement affaiblis par les guerres étrangères et civiles, qu’aucune ligue eftieace n’en peut résulter pour abattre la Loi brutale du Taureau.

Avec la féodalité, fruit du schisme des Yonijas et de l’invalidation consécutive de la Loi du Bélier, les dominations politiques, se déliant peu à peu de tout Contrôle, se sont multipliées partout depuis vingt-cinq siècles, en écrasant du même coup la liberté, les Pouvoirs sociaux, la Synarchie locale.

Le Césarisme avait donc plus que jamais libre jeu, pour tenter follement de développer son principe jusqu’à 1 Universalité, en essayant de se saisir du Gouvernement

Général des Sociétés ainsi dissociées par la Politique.

Prés d’un siècle en arrière, l’Égypte, appuyée sur les anciens Orthodoxes iraniens, avait tenté un grand effort pour morceler l’Empire arbitraire de Babylone.

Elle avait réussi momentanément à réveiller, sous l’incitation des Sacerdotes et des Initiés, l’esprit des anciennes franchises locales; mais, moins scrupuleux qu’elle sur les moyens, le Césarisme, avec la dynastie des Béli- Taras, s’était poussé une autre tète, une autre couronne de tours, une autre capitale.

En effet , depuis le morcellement de l’empire babylonien en États de Médie, de Babylonie, de Susiane, etc.» depuis l’an 788, le sceptre de l’iniquité internationale avait été relevé par Ninive.

Le bourreau de Samarie, Salmanazar, fut immédiatement châtié de son crime.

Son propre général en chef, son tartan, profita de la régence, qui lui avait été confiée, pour déposséder son souverain, pour éliminer du trône les Béli-ïaras, pour mettre simplement la couronne sur sa propre tête, et se faire sacrer Roi des rois par un Sacerdoce depuis longtemps dépouillé de toute Autorité.

Cet usurpateur est connu dans l’Histoire sous le nom de Sargin, et il n’a pas manqué de se voir administrer, non seulement par son propre clergé, mais encore par les historiens, l’encens qu’on brûle généralement devant ces souverains d’iniquité, dès que leurs crimes internationaux triomphent et tendent à affliger l’üniversalité du Genre Humain.

Je ne jugerai Sargin que par ses propres déclarations gravées triomphalement avec une impudente jactance sur les briques qu’interrogent nos archéologues.

Toute la Politique de fourberie et de violence destruc-

Irice, que Rome érige alors en système, a son prototype dans ce Nemrodisme.

C’est, du reste, Sarginqui appuie’ en ce moment Rome fondée sur un Mystère d’iniquité, dont je soulèverai plus loin le voile ; et la loge de Pères Conscrits et de Quirites, qu’il pousse dans ses voies, ne fera, jusqu’au bout, que plagier, traits pour traits, son anarchie systématisée.

Plus de vingt-quatre royaumes petits ou grands durent subir les dévastations de cet absolutiste politique : Ëlam, Médie, Parlhie, Damas, Samarie, Gaza, Cilicie, Arpad, Simira, Karkar, Arménie, Van, Zikarta, Middis, Albanie du Caucase, Heptarchie royale de Cypre, Azoth, Commagène, Kaldée, Irak-Araby, Arabie proprement dite, Saba, Méroë, Égypte.

Ainsi, depuis la Méditerranée jusqu’aux peuples de la Mer Rouge et du Golfe Persiquc, depuis la Mer Caspienne jusqu’à la Mer Noire, cet usurpateur pesa sur une moitié des antiques Civilisations, et les gouverna, comme de tels hommes gouvernent.

A la place de tous ces royaumes, mettez une bourse pleine, à la place de Sargin mettez un brigand, à la place d’une partie considérable de l’Asie, de l’Afrique et de l’Euroj)e, mettez des voyageurs au coin d’un bois, la morale politique est exactement la même.

Seulement, le meurtrier vulgaire et privé atteint moins profondément l’Humanité dans son organisme vital, et attente moins hautement au Règne de Dieu et à ses Priu' cipes sociaux, que le meurtrier glorieux et public.

Et si l’on croit que j’exagère, je vais entrer dans les détails des crimes de Sargin.

Voyez-le opérer : c’est d’abord aux Orthodoxes fidèles a l’ancien Droit public qu’il s’attaque ; c’est aux gen-

d&rmes de l’ancien État Social du Bélier qu’il court sus, de peur qu’un Arbitrage quelconque ne vienne arrêter son arbitraire.

Dans les plaines de Kalou, c’est Khoumbanigas, roi d’Élam, qu’il défait.

C’est Damas, qu’il arrache à la Juridiction égyptienne.

C’est Samarie qu’il ruine, bouleversant les Institutions synarchiques , préposant ses soudards à ses dix divisions territoriales, traînant trente mille Israélites à Kalé , aujourd’hui Nimroud , sur les rives du Chaboras, et les exportant, pour leur arracher à jamais leur nationalité, dans des villes de Médie récemment conquises , et férocement gouvernées par ses lieutenants louraniens.

Son inique système de gouvernement par la Force ne s’arrêtait pas là; après avoir déraciné les populations de leur sol, il les remplaçait par des prisonniers de guerre arrachés à des pays lointains.

Il poursuivra ce plan criminel jusqu’en Europe; et en Palestine même, il peuple le désert qu’il vient de faire, en y jetant les malheureux des provinces du bas Tigre, dont il s’est emparé pendant sa campagne contre le roi d’Élam.

L’Inde, la Chine, l’Égypte, toutes les anciennes Directions synarchiques du Monde, réprouvaient, flétrissaient toute conquête politique.

Le Vaincu était, par cela même, l’Allié.

Ce n’était pas un Pouvoir d’iniquité qui le frappait, mais une main de Justice qui le réassociait à la Synarchie universelle, dont il avait méconnu les lois, et c’était un double tribunal international, juridique et sacerdotal, qui autorisait ce bras de Justice à agir ainsi fortement et doucement.

Tel est le parallèle constant de la double manière.

dont la Théocratie scientifique et sociale et l’Anarchie couronnée, ou l’Arbitraire politique, comprennent le Gouvernement Général des Sociétés.

L’Égypte, après avoir relié Israël aux Juridictions ré- gulières de l’ancien Empire, l’eût laissé libre, quoique tributaire, maître de son territoire, possesseur de son Corps et de sa Yie nationale.

Le Césarisme ninivite agit tout autrement : il prend le territoire, il prend la bourse, il prend la vie, et repeuplant d’éirangers la solitude qu’il vient de désoler, il la réduit en province directe, militairement occupée et gouvernée.

Puis c’est Hanon, roi de Gaza, c’est Schabak, souverain de l’Égypte, sur lesquels ce meurtrier public se rue avec scs troupes innombrables, que les vaincus de chaque campagne grossissent encore.

Partout, le faux Droit du Taureau ; partout, la passion, la folie politique de succéder à l’ancien Empire du Kousha, autrement que par l’Autorité de la Sagesse et de la Science, de la Justice et de l’Économie totales du Genre Humain; partout, cette Anarchie couronnée abat l’Humanité sous ses pieds, et nulle part elle ne la relève.

En Cilicic, je vois un pays décimé, des villes incendiées par dizaines, des hameaux saccagés par milliers, et c’est peu encore, car voici le roi, laoubid d’Ilamath, que des soldats écorchent tout vif sous les yeux du misérable vainqueur.

Tous les chefs des villes de ce malheureux royaume subissent le même sort, et ce bourreau, tuant et incendiant tout, dit lui-même, dans les inscriptions où il se glorifie : « J’ai fait de ces cités des lieux de désolation. »

Le tribut, voilà le noble mobile de ces guerres du Césarisme assyrien.

, Dans l’ancien Ordre de choses, l’acceptation du triimt par une Juridiction royale, ou par l’ancienne Cour iftipériale, n’était que lé symbole matériel du Droit qu’il conférait au tributaire, de participer à la Synarchie universelle et de se couvrir, en cas de besoin, contre tout attentat, du Glaive des Rois de Justice, de l’Épéc du Roi des Rois, et enfin de la Crosse du Souverain Pontife de la Paradesa.

Mais le tribut que poursuit le Césarisme assyrien dans toutes ses guerres, est loin d’étre le symbole de tous ces droits pour le vaincu.

Ce n’est même pas la rançon qu’impose le bandit au voyageur, puisqu’il n’accorde à la nation tributaire ni la liberté ni la vie.

L’histoire de cette époque offre de beaux exemples de résistance à ce Pouvoir révolutionnaire au premier chef.

En Arménie, c’est le roi ürsa qui s’unit à son collègue Ulousson de Van, et en reçoit vingt-deux places fortes pour défier les exigences de Sargin.

Le Nemrod prend la capitale Ikoulki, enlève les deux têtes de ligne, Ysibia et Armit, et livre aux flammes ces trois villes.

Il fait passer au fil de l’épée toute la garde du roi ürsa, enchaîner deux cent cinquante membres de la famille royale, enlever et incendier successivement cinquantecinq villes fortifiées, et il incorpore à son empire' les vingt-deux places de guerre données par Ulousson à ürsa.

Dans les mêmes régions, Mitatti, roi de Zikarta, ne veut pas payer de tribut.

Sargin lui pille vingt-trois villes ouvertes.

Sagadatti, roi du mont Middis, prend fait et câuse

)Our Mitàtli : Sargia bat son armée, s’empare de ce roi, ît Ife fait écorcher vif sous scs yeux.

Mais le vieil Ursa n’est pas mort; «il continue, au nom le l’ancien Droit public, sa résistance à l’infâme Loi du faureau; il appelle à lui tous les anciens rois de Justice, jt défiant son inique vainqueur jusque dans la défaite, l se tue, il se réfugie dans la mort plutôt que de se joumettre à lui.

Que vois-je encore? La Médie ravagée, la Parthie sac- îagée, la grande ville de Sourgadia emportée d’assaut, livrée aux flammes.

Et malgré moi, j’entends, à travers le Zcnd-Aveüa, la iirande voix du premier Zoroastre s’insurgeant contre le Gouvernement des Sociétés par la Force, et criant à ses fidèles : « Brisez avec fureur l’insolent Touranien qui 36 dresse sur vous par la violence! »

Hélas! c’est le Droit public qui est brisé, et qui va se morceler de plus en plus sous l’épée des empires arbitraires.

Pour le moment, c’est l’Albanie du Caucase que ravagent le fer et le feu.

Ce sont toutes les villes maritimes, toutes les emporocraties ioniennes de la mer Noire et de la Méditerranée orientale, qui doivent payer le tribut et fournir leurs flottfô pour de semblables revendications jusque dans l’Occident.

Je vois les sept rois de Cypre placés entre la ruine ou l’acquiescement, entre la mort ou la servitude.

Paphos résiste: elle est saccagée, et ses habitants enlevés sur des pontons sont jetés à Damas et acheminés de là vers des pays lointains, sous le bâton des brigadiers.

Le royaume d’ Azoth s’insurge sous trois rois successifs, Azouri,Akhimit,Iaman : ses villes sont prises, incendiées, ses temples pillés, ses palais, ses trésors volés.

; Je vois la femme, les ûl#, Ips filles du roi 'assassiné traînés en captivité; je vois la population, lamentable caravane, poussée à coups de lance vers le Tigre, ot remplacée par des prisonniers de guerre mèdes et parthes, avec un lieutenant pour gouverneur.

Que vois-je encore? car je veux venger Israël, je veux venger ces dix tribus à jamais perdues, et, pour les venger, je n’ai qu’à éclairer de loin et de haut leur vainqueur.

Voici le royaume de Méroë, la vieille ville sainte, l’antique cité sacerdotale, forcés de se soumettre à la loi de fer et de sang de l’empire schismatique.

Ici, une révolte de la Commagène est suivie d’une atroce répression.

Là, une querelle de succession au trône, en Albanie, est tranchée à coups de sabre, et un officier du César de Kalé est intronisé, et pèse sur cette malheureuse nation.

Je déplorerai moins la défaite de Mérodach-Baladan fils d’Jakin, roi de Kaldée, le Kinzirus du canon de Ptolémée.

Descendant des Césars schismatiques dè Dabylone, il va être frappé des armes que ses aïeux ont touri|i6es contre l’État Social terrestre, au lieu de les mettre à son service/

Indigné de la tyrannie de Sargin, il s’allie à Khoumbanigas, le vieux roi de Justice d’Élam, il appelle à lui les tribus nomades de l’Irak-Âraby.

Mais l’adversaire de lÊVÊ, l’antagoniste du Règne de •Dieu sur la Terre, le Césarisme enfin , représenté en ce moment par Sargin, les défait en bataille rangée sous les màirc de la forteresse Hisr-Iakin. ,

>Tiàre d’or, trône d’or, sceptre d’or, char d’argent, lé vJîemrod n’oublie rien dans la mention qu’il fait de la dépouille du roi kaldèen.

Il emjfiorte d’assaiit la forîWesse, en arrache Mérodact^i^ Baladan, la reine, leurs fils et leurs filles, fait main basse sur leurs trésors, incendie la ville’ et en fait sauter les fortifications par la mine.

DansBabylone enfin, dans l’ancien centre du Nemrodisme, d’où s’exilèrent les Abramides, Sargin, pour tout gouvernement, plante son épée, par le bras d’un gouverneur militaire, Naboupakidili.

En résumé, les faits démontrent une fois de plus la différence abolue de l’empire arbitraire d’avec l’Empire arbitral, du Gouvernement Général par la passion personnelle et par la force militaire d’avec celui de la Sagesse, de la Science, de la Justice, de l’Économie universelle des Sociétés.

Comme je l’ai tant de fois répété, le caractère de l’einpirc politique est avant tout l’Anarchie, l’absence de subordination du Pouvoir à l’xVutorité de l’Enseignement, par conséquent l’absence d’autorisation vis-à-vis des mœurs publiques et de leur morale commune, dont tin pareil gouvernemei^j méconnaît perpétuellement les lois dansses apports avec les Sociétés humaines, qu’il ne peut plus se sounrettre que par la violence.

Si l’on avait dit aux anciens des Assemblées communales qui, vingt-cinq siècles en arrière, avaient suivi le mouvement d’Irshou, que tel serait le résultat de leurs rêves de fausse liberté, de fausse égalité, de fausse fraternité naturalistes, ils ne l’auraient certainement pas crq.

Sans doute, l’ambitieux sectaire se garda bien de prê- ,8enter aux demi-lettrés et aux ignorants qu’il enti^îna tes vices radicaux de sa cause, tels qu’on les lui avait signalés dans les Sanctuaires de l’Inde.

C’est en se servant dtt iGtasque d’iîn bieô immédiat que

le, mal se saisit de l’assentinient peu réfléchi des multitudes,

L’Humanité est tellement bonne au fond, que jamais le Pouvoir politique n’a osé lui dire, pour la dominer: Je suis la folie, je suis l’iniquité, je suis la ruine ; je suis enfin le contraire de la Loi organique du Règne de Dieu, c’est-à-dire de la Synarchie.

Le nom d’Irshou signifie le Régent-Pasteur.

Le nom deRali, que portèrent longtemps les dictateurs des républiques et des fédérations ioniennes, depuis l’Indus jusqu’à la Mer Noire, rappelle également l’innocente bergerie du schisme féminin.

Tous bergers, ces loups, quand il s’agit de capter la confiance du troupeau ; tous bouchers, ces bergers, quand une fois le troupeau s’est donné.

Pour les populations naïves, quel programme simple et pur en apparence !

« Revenir à la Nature, au doux rêve chanté sur les pipeaux des poètes ioniens, prêché par les Irshou et les Jean- Jacques Rousseau de tous les temps !

Pourquoi ces trois Institutions synarchiques?

Pourquoi ce savant édifice universel? Pourquoi ces trois Pouvoirs sociaux, accessibles seulement à la valeur personnelle? Pourquoi ces hiérarchies?

La sainte Liberté, la sainte Égalité, la sainte Fraternité de l’Humanité primitive, peinte, pour les besoins de la cause, sous les couleurs les plus innocemment bucoliques, la Nature enfin n’y faisait pas tant de façons !

Sans ce Conseil de Dieu, il n’y aurait pas d’Examen!

L’élu du peuple pourrait atteindre à toutes les places, à tous les honneurs !

Sans ce Conseil des Dieux, les assemblées communales

ne seraient plus contrôlées; elles seraient ycritablerneat souveraines, et ce serait alors un vyai Paradis!

Quel spectacle admirable!

La Nature seule, sans représentation humaine, régnant du haut des Cieux sur cette universelle bergerie! Le troisième Conseil désormais seul sur la Terre élevant ses élus jusqu’aux Cieux !

Plus de tribunaux d’arbitres entre les nations, plus d’Empereur, plus de Souverain Pontife universel audessus de ces tribunaux! A quoi bon!

Le bonheur, l’abondance, la paix des Sociétés primitives vivant conformément à la bonne loi naturelle ! »

Voilà ce que les bonnes gens entendaient partout, depuis Irshou ; et alors, comme aujourd’hui, ils votaient, ils élisaient, ils plébiscitaient.... le Nemrodisme républicain ou monarchique, anarchiste toujours.

Partout, Tunivcrselle médiocrité tendait à la suppression de toute hiérarchie vraie, quitte à en subir ensuite de fausses.

Puis venait la conclusion habituelle de l’égoïsme local au sujet des Destinées générales du Monde : Chacun chez soi, chacun pour soi; et, par manière d’acquit, on ajoutait : Dieu pour tous.

Or, comme le démembrement de l’ancienne Intellectualité créait autant de Dieux que de clochers et que d’iniquités gouvernementales, ce dernier vœu tout, platonique ne s’adressait plus réellement au Dieu Social du Ciel et de la Terre, mais à l’Anarchie des fausses conceptions humaines au sujet des vrais Principes de l'ünivers et de l’État Social.

C’est ainsi que l’universelle naïveté des Édiles d’Orient chevauchant le balai de sa propre ignorance, croyait pou» voir se substituer au Conseil de Dieu, au Conseil des

Dieux, et changer impunément les glands en gourdes, les anciens Pouvoirs sociaux, arbitraux, en pouvoirs politiques, arbitraires.

Car rien n’est nouveau sous le Soleil ; rien ne marche en droite ligne, mais en cercle et en Cycles dans l’ünivers.

L’Indus, l’Euphrate, le .lourdain ont eu leurs prud’- hommes comme le Tibre et autres fleuves européens.

Et, un beau jour, ceux-ci ont vu avec étonnement leurs élus hissés par eux sur leur propre pavoi, non contents d’absorber les trois Pouvoirs sociaux dans l’unité de leur pouvoir politique, non contents de substituer l’empire de la force brutale à l’Impérialat arbitral duKouslia, non contents de poignarder le dernier repré- sentant l^de l’Autorité universelle dans la personne du Souverain Pontife, pousser l’outrecuidance de l’iniquité jusqu’à exiger des prud’hommes eux-mémes l’abandon de toutes leurs prérogatives, et l’impôt permanent, et l’armée permanente, et la ruine consécutive de l’économie locale.

Ah! tant qu’il ne s’agissait que de l’ancien Empereur arbitral, de l’ancien Souverain Pontife universel, prud’hommes d’applaudir à tous les coups portés, à toutes les incongruités de leur anarchiste élu et couronné.

Même enthousiasme encore quand, après avoir décimé les deux premiers Conseils, domestiqué le Sacerdoce et la Magistrature, le Césarisme nemrodique, pour n’avoir plus de Juge dans le Ciel, se fit lui-même déifier dans le temple d’Isthar et administrer l’Apothéose divine dans les sanctuaires de Bâl.

Même attitude encore, quand le Sacerdoce domestiqué alla jusqu’à faire de l’Absolu, sous le nom de Dieu des

armées, le complice et l’aide de camp fictif du Nemrodisme.

On se donnait bien quelques allures de critique plus ou moins indépendante, plus ou moins sceptique; mais l’élu couronné, ayant mis la main sur tous les moyens do corruption publique, nommant directement aux emplois et aux honneurs, récompensant pécuniairement les services rendus à son pouvoir personnel. Prud’homme sacrifiait ses velléités de censure à ses petits intérêts.

Mais il n’en fut pas de même, quand ces intérêts immédiats sombrèrent grâce à la folie, à l’iniquité et à la ruine qu’engendre tôt ou tard l’Anarchie politique, couronnée ou non.

Alors les prud’homies, les débris des troisièmes Conseils locaux profitèrent du renversement mutuel des souverains les uns par les autres pour passer de la naïveté à la férocité.

Us se lièrent entre eux sous forme d’oligarchies, asservissant le plus grand nombre, instituant l’esclavage civil, comme les Césars d’iniquité avaient institué la servitude militaire; et la médiocrité intellectuelle d’en bas ré- pondit à celle d’en haut, en lui rendant la monnaie de billon de la pièce d’or ou d’argent qui portait la marque du Taureau.

Elle répondit à la Politique par la Politique, à l’Anarchie par l’Anarchie, à la Monarchie sans Contrôle par la République sans Autorité, au gâchis militaire par le gâ- chis civil et militaire : Lacédémone, Athènes, Rome.

Seuls, les Sages des anciennes Universités connaissaient scientifiquementdes causes du mal, soit national, soit général, et y remédiaient autant que le leur permettaient les Pouvoirs politiquement absorbés qui, socialement, ne leur appartenaient plus.

C’est pourquoi les Abramides quittant la Kaldée, s’étaient entendus avec les Orthodoxes d’Égypte et de Palestine, avaient priï les armes en Syrie contre le Césarisme assyrien, et préparé l’expulsion des rois pasteurs par les rois templiers de Thèbes.

C’est pourquoi Moïse, prévoyant les suites diluviennes du Gouvernement Général des Sociétés par l’institution même de la folie, de l’iniquité et de la ruine, avait construit son Arche pour sauver de la dissolution des Ordres antiques les Principes de la biologie du Cosmos et de l’Étal social, le Type métrique, l’Étalon dorien de leur Organisme trinitaire, la Synarchie.

C’est pourquoi au-dessus des douze tribus grecques depuis longtemps dissociées, Orphée avait rétabli les conditions de la Synarchie dorienne : Conseil de Dieu et Autorité dans le Temple de Delphes, Conseil des Dieux et Pouvoir de Justice d’appel dans l’Assemblée des Amphictyons.

C’est pourquoi les Sages d’Israël avaient voulu maintenir l’Alliance ouverte de Moïse, s’appuyer contre le Cé- sarisme assyrien sur les débris de la royauté de Justice telle que les temples d’Égypte en gardaientencore la Tradition, comme Moïse lui-même s’était appuyé sur Jéthro.

C’est pourquoi enfin le troisième Conseil de Juda et la royauté politique de son choix coururent à leur propre ruine, comme Dathan et Abiron, en matérialisant à leur jirofit l’Alliance universelle et scientifique, intellectuelle et sociale, que Moïse avait faite personnellement avec le Dieu de la totale Connaissance, de la totale Justice, de la totale Économie du Ciel et de la Terre entière.

C’est pourquoi ce Dieu se voila ; car l’homme ne l’abaisse jamais jusqu’à lui ; mais il doit tendre par la Sagesse et par la Science à remonter assez haut dans l’Universalité des choses pour en reprendre conscience.

C’est pourquoi ce Dieu revoilé ne sera nullement çn jeu pas plus qu’en question, quand la politique des rois de Juda, s’alliant avec la folie, aVec l’iniquité, avec la ruine couronnée dans le Césarisme assyrien, recevra en récompense de cette forme de gouvernement, de cet Adversaire du Règne de Dieu sur la Terre, les fléaux qui sont la conséquence du faux Pouvoir et du faux Principe de l’Anarchie couronnée ou non.

Or, ce que Juda faisait depuis longtemps pour se soustraire à la suzerainetéde l’Égypte, en s’appuyant si inconsidérément sur les Césars assyriens, tous les mécontents de toutes les autres Sociétés le faisaient aussi pour se délier de toute subordination locale ou voisine, et donner libre cours à leurs passions et à leurs instincts poli-

C’est ainsi qu’en Italie, dans une vieille forteresse assyrienne, connue sous le nom de Bâl ou de Val-Entia (la force armée ou la forteresse de Bâl), une ville de proie, une néo-Babel d’Occident, Rome, enfin, s’élevait.

Obscure d’abord, moins grande qu’un de nos forts de Paris, ses débuts avaient été des plus mystérieux : les voici.

Une poignée de chefs de famille appartenant aux troisièmes Conseils de plusieurs peuples italiens sortirent de leurs Sociétés respectives pour différents motifs.

En rapport avec la politique assyrienne, ils se conjurèrent entre eux pour fonder une ville à son image, en se liant par des institutions communes, dans un but de domination.

La forme juridique de leur pacte, d’où sortirent la nationalité et l’État romains, fut essentiellement anarchique, et elle eut ce caractère nemrodique d’étre escla-

v^giste en dedans et asservissante au dehors, comme toutes les Sociétés où le troisième Conseil supplantait les deux autres.

Ce pacte oral d’abord, une fois juré entre eux contre l’Italie d’alors, fut la charte, le Doom’s day look de ce pouvoir oligarchique, pierre angulaire d’un empire futur.

Ce fut la loi fondamentale de tous ceux, égaux ou infé- rieurs, qui voulurent l’accepter, en entrant dans ce consortium, qui lui-même, pour se saisir d’une population sans droits propres, ouvrit un ban de refuge.

Le sacerdote étrusque, le quirite celte ou sabin, l’ingé- nieur samnite, l’architecte toscan entrèrent dans le consortium ; les criminels de n’importe quel pays, invoquant le droit d’asile, entrèrent dans le ban de refuge.

Tous furent également régis par un seul Pouvoir politique, ce qui est le caractère de l’Anarchie sociale.

Un petit territoire moins grand qu’un faubourg de nos villes fut bénévolement concédé à cette loge d’oligarehes, qui se garda bien de dire son but secret, par un peuple voisin, très florissant alors, dont Albe était la capitale, et auquel ces conspirateurs déclarèrent se soumettre entièrement, sans quoi ils n’auraient pas reçu cette concession.

Quittons pour un moment ces prud’hommes arborant le blason de la louve, et jetons un coup d’œil sur l’Italie synarchique et pastorale de ce temps.

C’était une colonie que tout l’ancien Monde avait contribué à fonder.

Beaucoup plus peuplée qu’aujourd’hui, couverte de villes par milliers, de petites villes ou de bourgs par centaines de mille, admirablement cultivée, la Péninsule regorgeait de richesses et jouissait de sa prospérité dans

une paix dans une liberté publique que Rome lui ravira peu à peu.

Son organisation fédérale gardait encore, quoique affaibli, le reflet de la Sagesse et de la Science passées.

Créée pour la véritable liberté et non pour l’asservissement des hommes, la Constitution de ces peuples était moins politique que religieuse et sociale, et, comme un orageux coucher de soleil, elle réfractait encore confusé- ment à l’Occident la lumière organique, qui avait autrefois illuminé et vivifié l’Orient.

Sur cet ensemble, confluent de tous les sangs, comme l’indique le mot sanscrit Itala, l’Inde, l’Égypte, l’Assyrie, la Phénicie, la Lydie, la Troade, la Tauride avaient essaimé, de siècle en siècle, leurs colonies, comme autrefois les Gian-ben-Gian, les Celtes, et, avant eux, les Atlantes, mais dans des temps où la haute Italie émergeait seule des mers à l’état d’îles.

Depuis la rupture de l’ancienne alliance pontificale et impériale de l’Agneau et du Bélier, depuis le choc mutuel des États orientaux, les colonies italiennes, comme celles de Grèce, avaient été tour à tour entraî- nées dans les orbites disjoints des diverses métropoles, puis s’en étaient affranchies plus ou moins complètement, formant autant de Sociétés, autant de royaumes ou de républiques, qu’il y avait autrefois de viceroyautés ou d’emporiums.

L’alliance des Yonijas, puis des Phéniciens avec les Celtes du Taureau, n’avait pas manqué, là comme en Crimée, comme dans le Caucase, comme en Grèce et en Espagne, de profiter de cette rupture des anciennes Institutions unitaires.

Mais, quoique brisées dans leur ensemble, quoique disjointes dans les sommets de leur édifice universel, ces

dernières conservaient encore leur influence, dans les parties.

Bien qu’indépendantes les unes des autres, ces Sociétés italiennes n’étaient nullement armées les unes contre les autres, et ne songeaient point à s’entre-dévorer.

Un pareil naturalisme érigé en Principe de Gouvernement Général eût soulevé la réprobation universelle, s’il eût été formulé ouvertement.

Gomme la Religion et la Science ne faisaient qu’un dans les temples, comme en dehors des temples, il n’y avait pas encore deux lois morales, une pour les gouvernements, l’autre pour les particuliers, tout le monde ré- prouvait ce qui se passait en Orient, comme les Yankees et les Australiens blâment les oppositions militaires des États d’Europe entre eux.

Mais personne ne soupçonnait qu’un crime public de cette nature pût, en Italie même, être médité dans l’ombre, poursuivi testamentairement , de siècle en siècle, réussir à asservir toutes les Sociétés de la Péninsule, remplacer par la férocité érigée en système, un ancien Droit public, très affaibli, mais qui était encore sous la sauvegarde de la Religion et des Mœurs, des Dieux et des Collectivités humaines.

Ces peuples libres, actifs, religieux, n’avaient entre eux aucune de ces barrières fatidiques, aucun de ces hérissements militaires, que Babylone , Ninive, puis Rome placèrent entre les nations.

Ils s’unissaient par les Principes auxquels ils consentaient en commun, dans les temples, dans la communion des initiés, dans des fêtes cosmogoniques populaires, les Fériés latines par exemple, dont les Romains plus tard se saisiront dans un but de domination poli-

Douze gi; 0 upes principaux se partageaient la Péninsule.

I

Le Celte, l’Arabe, l’Hébreu, le Sartserit donnent l’étymologie de leurs noms.

En commençant par l’Occident, on trouvait : les Étrusques, Etr-Osks , les Célestes peuples, ou Toscans, Tos-Kans, Science-Puissance, Puissance des Lettrés , de l’Arnus au Tibre ;

Les Latins, Lat-Ohne,les Réfugiés réunis, du Tibre au Liris;

Les Campaniens, les Kara-Pan, les Foyers de Pan, symbole de l’ancienne Universalité théocratique ; ils s’étendaient du Liris au Silarus ;

Les Lucaniens, Luc-An, les Lumineux Esprits, ou les Ames de Lumière; les Brutiens, les Continentaux, du Silarus à la mer et au Bradanus ;

Les Liguriens, Li-6ourou, les Maîtres maritimes, du Pô à la mer de Gênes, du Var à l’Apennin.

A l’Orient, c’étaient : les Apuliens, Ap-Olen, les Solaires, du Bradanus au Tiserno ;

Les Samnites, Sham-Na, Peuple delà Lumière nouvelle, du Tiserno au Vomanus et au Vulturne ;

Les Sabins, les hommes de Sa-Baz, du Ciel du Sud, du Samedi, du Sabbath, de Sabaoth, de Saturne, le Principe générateur ; ils s’étendaient entre l’Anio et le Mar, entre les Latins et les Ombriens;

Les Ombriens, Om-Bri, les Justiciers de Om, l’Aum indien, au nord des Sabins et des Samnites; ils s’étendaient jusqu’au Pô; sous l’ancien Cycle, venus de l’Inde avec l’expédition savante d’Harakala, ils avaient possédé toute riialie.

Ils étaient enclavés au Nord entre trois groupes de clans gaulois ou celtes ; Senonais, Cénomans, Vénètes, ou Celtes convertis à l’Ionisme phénicien.

, Famille avec le culte, de l’Ancêtre et des Sexes célestes au foyer, la, Tribu ou la Gens, avec son Conseil dés perés ou des ibères de famille, la Cité avec son Université sacerdotale, divisée en deux Collèges masculin et féminin, avec ses initiés laïques et ses nazaréens des deux sexes : tel était le fonds d’organisation synarchique sur lequel vivaient ces Sociétés.

Les schismes et leurs conséquences politiques et sociales avaient entamé ce riche capital d’organisation, multiplié et opposé les symboles, matérialisé les rites, singularisé plus ou moins les mœurs ; mais le fond, le cerveau et le cœur antiques étaient encore là, puissants et sains.

Il faudrait un volume spécial pour faire ici l’histoire détaillée des notions religieuses qui, sous mille noms, subsistaient encore, assez claires dans les temples, plus ou moins obscurcies au dehors.

L’Animation divine, la double Sexualité, en un mot la Physiologie de l’ünivers envisagé comme la grande Manifestation du Dieu caché , la Biologie de l’État Social considéré comme Dieu-Homme, comme Corps spirituel, divinisant ses moindres parties : telle était encore la Religion à travers tous les cultes, à travers tous les rites, depuis ceux des temples jusqu’à ceux des foyers.

Non seulement toutes les Fonctions organiques du Cosmos et de la Terre étaient pneore connues, distinguées, révérées à l’ombre des Autels; mais la Société ellemême en demeurait l’image assez claire, la concordance intellectuelle, le petit Cosmos, dira le grand vulgarisateur de Pythagore, Platon.

L’on ne s’étonnera donc pas de voir l’Italie de ce temps former autour du temple de Jupiter Latial un zodiaque symbolique divisé en douze grands cercles sociaux, comme l’Égypte, Israël, la Troade, la Lydie, la

Grèce, la Chine ques historiques

Dans l’antique esprit de la Théocratie de l’Agneau et de la Synarchie du Bélier, une Société était un Ciel sur Terre, un monde intelligible, réalisé dans un monde sensible; elle avait, non seulement son zodiaque, mais son septénaire d’analogies planétaires, de Principes généraux diatoniques, disaient tous les anciens Sages, avec sa norme d’accord parfait : ses trois Pouvoirs

Une partie des Kings de Fo-Hi ne roule que sur ces Principes, dont la Tradition se retrouvera encore dans Numa et dans Pythagore, dans Lao-tsée et dans Kongtsée.

C’est pourquoi Platon dit en divers endroits que la Musique, telle que les anciens temples l’entendaient, doit, comme Science, demeurer ésotérique, et à l’abri des opinions contradictoires du vulgaire.

Toute Société se fondait sur une Constitution comprise comme un mode, partant d’une tonique, qui repré- sentait elle-même symboliquement le Principe fondamental.

Dans l'ancien Ordre de choses, le point de départ, la tonique zodiacale avait été le Bélier, symbole du Feu Principe; dans l’ordre de choses contraire, qui résultait du schisme d’Irshou, la tonique des Sociétés naturalistes ou féminines avait été le Taureau, symbole zodiacal du Principe humide ou plastique.

Depuis, c’était le signe suivant, ou les Gémeaux, que les Sociétés nouvelles adoptaient comme point de départ de leur Constitution.

De là, les tables sacrées, dont la symbolique part de ce signe.

et l’Étrurie elle-mêine, à certaines épu-

De lât les mêmes Gémeaux présidant à la fondation des royaumes d’Arcadie, de Délos, des Sabins, etc.

. Rome, ou plutôt la loge des conspirateurs qui la fonde, empruntera, sous les noms de Romulus et de Rémus, les symboles fondamentaux de la Constitution des Sabins, comme on peut le voir dans Denys d’IIalicarnasse, liv. I,

Tels sont aussi les Dioscures égyptiens, les Pataiques des Phéniciens, les Naharvales des anciens Celtes, etc.

Tout sera d’emprunt, dans la fondation de la néo- Babel d’Occident : Religion, Législation, Constitution sociale des sociétaires.

La religion sera empruntée aux Étrusques, la législation aux Lois de Solon, la Constitution sociale aux troisièmes Conseils, aux tiers Ordres des anciennes Synarchies.

Au sujet de la Religion de ce temps, je ne prendrai qu’un exemple des plus terre à terre : l’Agriculture.

Les travaux agricoles étaient présidés par des ingé- nieurs templiers commandant, à cheval, les paysans embrigadés sous les ordres directs de leur Conseil local.

Le défrichement, le second et le troisième labour, le hersage, le sarclage à la houe, le second sarclage, la moisson, l’enlèvement des gerbes, la mise en grange, la sortie des grains, enfin toute la Série des opérations de la Science agronomique, étaient ramenés à leur vraie hauteur, intellectualisés, symbolifiés, divinisés.

Ce travail, comme toute œuvre sociale, avait son Esprit collectif, sa Science et son Art, connus sous le nom d’un Dieu particulier.

Personne ne méconnaissait la portée de cette généralisation, de cette sanctification scientifique, de cette festivité artistique du travail.

Le vulgaire pouvait prendre pour autant d’idoles

toutes les opérations précédemment nommées , et^i^ui s’appelaient, I-ÊVÊ ou I-Ove, ou lou-Évohé, avec les adjectifs vervactor, reparator, imporcitor, incitor, ofcorotor, occator, sarrilor, subruncineUor, mmor, convector, cmditor, promitor.

Même l’art d’amender et de fumer les terres était divinisé, ou systématisé dans la Synthèse des temples, sous le nom de Sterquilinius ou Stercilinius.

11 èn était ainsi de toutes les Sciences et de tous les Arts, depuis le sommet jusqu’à la base de leur quadruple hiérarchie, dont la somme constituait, comme nous l’avons dit, le Dieu Social, le Dieu de la totale Connaissance.

Mais malgré la tendance de la majorité des hommes à tout matérialiser, le dernier des paysans, des vignerons, des cordonniers ou des tailleurs de pierres avait son Intelligence protectrice dans sa Corporation, le Dieu de son travail dans la hiérarchie des activités divinisées.

II savait qu’il faisait œuvre divine et humaine à la fois, en nourrissant, en désaltérant, en chaussant ou en vêtissant le Dieu Social, qui lui avait donné, avec la connaissance, son propre gagne-pain.

Il se sentait, dans une pareille Société, animé et contenu de toutes parts par ce Dieu qu’il retrouvait présent sous mille noms, à tous les degrés de la Vie et de l’activité humaines.

En résumé, malgré de nombreuses causes de décadence, et bien qu’elle subît depuis longtemps le contrecoup des chocs des métropoles orientales, l’Italie fédé- rale de ce temps, jouissait encore des fruits de la Vie sociale, saine, que crée seule la Théocratie, quand la conspiration des Quirites de la Louve s’apprêta à la frapper systématiquement, peuple après peuple, et à l’asx

servir à celle vie infernale, à cette mort sociale qui s’appelle la Domination purement politique.

A Rome comme à Babylone, comme à Ninive, se levait, contre les derniers débris de l’État Social du Bélier et de l’Agneau, un Pouvoir sans Autorité.

Nous allons analyser ce Pouvoir.

Son caractère propre saute aux yeux, si on le mesure d’après l’Étalon synarchique.

Il est tertiaire ou de troisième classe ; c’est un troisième Conseil, c’est un tiers Ordre, c’est une Prud’- homie enfin qui veut fonder une Société à son image, et en être tout à la fois l’Autorité et le Pouvoir.

Le lecteur sait déjà à quoi s’en tenir sur cette expé- « rience qui est la marque du faux Unitarisme politique et le signe constant de l’Anarchie sociale.

Tous les peuples ioniens, depuis l’Indus jusqu’à la Phénicie, depuis celte dernière jusqu’à ses colonies d’Afrique et d’Europe, ont renouvelé tour à tour cette tentative qui les a fait passer de la république sans Principe à la monarchie sans Contrôle.

Les prud’hommes ou anciens des douze tribus de l’antique Israël ont voulu, eux aussi, suivre l’exemple des Ioniens, et nous venons de voir à quoi ils ont abouti.

Presque aux mêmes époques, les prud’hommes des douze tribus de l’Alliance synarchique, fondée par Orphée, ont agi, en Grèce, comme ceux d’Israël.

Après avoir eu, à Delphes, leur Conseil de Dieu, après avoir eu, dans les Assemblées amphictyoniques, leur Conseil des Dieux, les douze tiers Ordres locaux ont voulu peu à peu se donner directement un gouvernement local.

Du même coup, la Dodécarcbie a été brisée, vouée à s’entre-choquer dans des guerres perpétuelles, et, en ce

moment même, elle ne chasse les rois de son choix que pour tomber, d’ici à quelques siècles, sous le joug du Césarisme macédonien. •

A Rome, où la même expérience se renouvelle, les résultats seront identiques.

C’est donc bien une loi biologique des Sociétés qui s’offre expérimentalement à l’observation, et que la Science sociale doit définitivement enregistrer.

Seulement, le tiers Ordre qui fonde celte cité, sait ce qu'il veut et où il va.

Le nom symbolique qu’il donne à l’un de ses Dioscures en est une preuve : Rom-Ulus, c’est-à-dire le lîara de Babel, qui primitivement s’appelait Ylou.

C’est donc bien l’empire arbitraire qu’ils veulent atteindre aux dépens de toute l’Italie d’abord, du reste du Monde ensuite.

Leur blason le prouve encore, la Louve ou le Loup étant, comme le Sanglier, l’un des symboles de Mars.

Pouvoir sans Contrôle au dedans, guerre érigée en principe de vie de relations au dehors, voilà ce que veulent ces prud’hommes.

Écho de leur ésotérisme politique, Ovide en dévoile le fondement dans ses Fastes, liv. VI, 83 :

Populum digessît ab annîs

Romulus, in partes distribuHque duas.

Hæc dare concilium, pugnarc paratior ilia est; llæc ætas beilum suadet; et ilia gerit,

La loi de Romulus divisa, (Raprès l'âge,

Ses tenants en deux parts : Tune £ut le conseil Et Tautre l’action ; l’une tramait la guerre,

Et l’autre la faisait.

Ce qui signifie que les aînés des familles cosignataires du pacte fondamental étaient une Diplomatie militaire, dont les cadets formaient le Conseil de guerre.

Quant à la plèbe, elle était en dehors du pacte social ;

elle n’avait aucune part au gouvernement ; elle n’avait aucun autre' droit que celui que lui concédait le ban de refuge.

Le J’üuvoir exécutif de cette loge de diplomates et de soldais fut mis entre les mains de dix sénateurs élus, changés tous les cinquante jours, et présidés successivement par chacun des dis, pendant cinq jours.

Cela prouve que ces prud’lwwmcs se rendaient pleine justice, en n’ayant les uns dans les autres qu’une confiance médiocre, comme les politiciens de tous les temps.

Mais il fallait eu imposer à la population.

Aussi ces conjurés se donnèrenl-ils des allures pontilicales, pour se soumettre d’avance la Religion et l’Enseignement, l’Autorité et la Justice, et changer ces forces sociales on instruments de domination politique.

En effet, dès le début, ce tiers Ordre s’arrogea le droit de régler ce qui avait rapport à la Religion.

Il serait trop long d’énumérer ici tous les droits qu’il absorba, et je n’en citerai que quelques-uns, à cause de leur importance pour ces temps :

Droit d’offrir des Sacrifices, droit de Vestibule ou de Feu sacré, équivalent au droit de Chapelle des geutilshonunes de la féodalité, droit d’Augure, droit de recours aux Sibylles, di’oit d’armoiries.

Ils réussirent ainsi à s’entourer d’un grand prestige aux veux des malheureux, qui grossirent peu à peu la plèbe, mais l’Histoire ne doit pas être dupe de cette comédie, et il faut la ramener à ses exactes proportions.

Supposez que demain la municipalité de Landernau s’arroge tous les pouvoirs centralisés à Quimper.

Supposez qu’au triple point de vue gouvernemental,

juridique cl militaire, elle ne veuille plus relever que d’elle-même. ■

Supposez encore que, ne reconnaissant plus l’autorité de l’évêque du diocèse, elle lui renvoie curés et vicaires.

Elle pourra, pour en imposer aux populations, endosser les chasubles, s’ériger en chapitre, siéger dans les stalles de l’église, et faire chanter ses arrêtés au lutrin, avec accompagnement de serpent pour rehausser la majesté du tambour de ville.

C’est exaclemcul ce que üreut les Pères Conscrits, c’est-à-dire les cosignataires de la Prud’homie dont il s’agit; et les Gaulois, quand ils leur ont tiré la barbe, ont été, dans leur simple bon sens, plus judicieux que les plus graves historiens.

Voici maintenant comment ce Pouvoir d’iniquité se comportera vis-à-vis des juridictions centrales cl des temples métropolitains qui l’environnent eu Italie.

Comme le dit Ovide, le Sénat ourdira toutes les trames diplomali(iucs, et les cadets ou chevaliers perpétreront tous les mauvais coups ainsi calculés cl préparés de longue main.

Placée entre les Toscans, les Latins et les Sabins, comme Sociétés suzeraines, la conspiration des Pères Conscrits mènera de la manière suivante sa politique de fourberie et de brigandage à main armée, qu’elle enseignera ensuite à l’Europe entière, en la lui appliquant.

Ils commenceront par renlèveincnt des Sabines, et le feront suivre du sac d’Antemnes et de Crustumerium, dont ils trans{)OiToront les habitants à Rome, selon les us et coutumes du Nemrodisme asiatique.

Quand le roi de Cures viendra leur iniliger le châtiment qu’ils méritent et leur prendre le Capitole, les prud’hommes useront de ruse, ils plieront et associe-

ront à leur gouvernement les Sabins, dont les chefs auront la bonne foi de croire à la loyauté de cette association .

Mais à peine leur roi sera-t-il mort, que Rome se ruera sur Camère, lui enlèvera six mille habitants et lui prendra Fidène.

Véies, ville toscane, réclamera Fidène, qui fait partie de son territoire.

Très prospère, Véies renferme autant d’habitants qu’Athènes, et, dormant sur la foi des traités, elle n’a pas d’armée permanente.

Rome lui vole ses salines, sept bourgs, et lui offre son amitié avec une trêve de cent ans, pour la neutraliser.

Albe, capitale du Latium, sera prise d’une manière infâme.

Tullus Hostilius s’alliera d’abord à elle pour entraîner ses troupes au dehors, et, pendant ce temps, il se ruera sur cette métropole, l’investira, la prendra, en démolira les murailles jusqu’aux fondements.

Ce n’est pas tout ; le même roi romain, si un tel brigand mérite le nom de roi, fera écarteler le roi d’Albe, après l’avoir fait battre de verges, et il transportera la population métropolitaine à Rome.

Après ce coup, toutes les villes du Latium seront à la merci de la conspiration des prud’hommes.

Cette reproduction du Nemrodisme est loin de le valoir, même comme moralité.

Ce fut par une acclamation enthousiaste que se fonda l’empire arbitraire de Ninus et de Sémiramis.

Les Yonijas asiatiques d’un côté, les Touraniens de l’autre, y apportèrent l’adhésion de tous leurs tiers Ordres, et ce fut de cet assentiment de la volonté populaire que l’empire arbitraire s’éleva comme d’un pavoi.

De plus, dans sa prétention de succéder par la Politique au Kousha de l’Inde, cet empire se. donnait l’apparence d’un droit au tribut des royautés ou des oligarchies locales, comme fac-similé de l’ancienne Juridiction centrale, de l’ancienne Cour du Roi des rois.

A Rome, il en va tout autrement, et la fourberie, le brigandage armé n’ont même plus le masque d’un faux semblant de conformité à un Principe social, quel qu’il

Aussi, ne s’agit-il môme plus de tribut impérial comme mobile de guerre, mais purement et simplement de proie et de meurtre : c’est la bourse et la vie, sans l’ombre d’une illusion.

La Politique romaine, en calculant ses coups à l’avance, en suscitant toutes les difficullés et toutes les oppositions possibles parmi scs voisins, en se servant de tous les prétextes, même de la Religion, parvint, en quelques siècles, à asservir l’Italie, à la réduire à la ruine, à la barbarie, à l’esclavage domestique, à la servitude et à la solde militaires.

Mais ce succès n’eût pas été durable, si cette même Politique avait laissé subsister dans les métropoles religieuses de la Péninsule l’Autorité de l’Enseignement et les Annales des peuples, dont elle avait détruit les Sociétés.

C’est pourquoi, issu du tiers Ordre, le gouvernement romain dut forcément déclarer partout la guerre aux deux Premiers, en poursuivre partout l’anéantissement, depuis Albe jusqu’à Delphes, depuis le Temple celtique des Gaules jusqu’à celui de Thèbes, depuis Memphis jusqu’à Jérusalem.

Quant à la destruction systématique des monuments de l’ancienne Science et des Annales de l’ancien Monde,

déjà cité dans les Chapitres précédents des textes qui ne laissent pas de doute à ce sujet. »

Du reste, partout où le Pouvoir politique, exploitant directement la volonté populaire, se substitua a l’ancien ïrinitarismc social, ou tenta de le faire, sa conduite vis-à-vis de l’Autorité gardienne de l’ancienne Sagesse et de l’ancienne Science fut la même, comme je l’ai rapporté.

Avant que les consuls fissent détruire secrètement les livres de Numa, pour effacer jusqu’à la mémoire de la domination que les Etrusques avaient dû exercer sur rAnarchie romaine, nous avons vu Nabonassar pratiquer en Orient la même iconoclastie stupide, ordonner la destruction de toutes les inscriptions, de toutes les tables d’airain, de toutes les bibliothèques.

Même chose en Grèce, à l’égard des anciens monuments scientifiques et historiques rappelant la domination des Thraces, même chose en Occitanie, au sujet de l’ancienne inte’lectualité des Vasques, même chose aux Indes, même chose encore en Chine, où Tsin-ché-hoang institua la peine de mort contre quiconque garderait un livre ou un monument antérieur à son règne.

Ainsi se comporte la passion politique, délivrée de l’Autorité de l’Enseignement et sortie des véritables conditions du Pouvoir qui sont l’Initiation et l’exercice de la Justice.

C’est pourquoi la politique romaine a tellement fait la nuit sur ses propres origines et sur l’Histoire antérieure des peuples violentés par elle, qu’il est extrêmement difficile d’y démêler le faux du vrai, la légende fabriquée après coup de la réalité.

En remontant aux sources, on voit varier de près d’un siècle, sur la date de fondation de Rome, les auteurs que les historiens ont répétés : Ennius, Timée de Sicile, Por-

tins Caton, Quintus Fabius, Cencius, dont Varron a prjs la moyenne.

Mais c’est bien pis, quand les hisTtoriens cherchent un sens historique sous la légende des premiers siècles.

Céphalon de Gergithe, Gallias, Xénagore, Athcnis, Agalhon, Limbus, Galitas, Dioclès de Péparêthe entassent mille données contradictoires, que Festus et Denys d’ilalicarnasse cherchent vainement à débrouiller.

Encore une fois, il y allait de la vie si l’on avait dit le fin mot.

Cela est visible dans l’astrologue Tarutiiis, ami de Yarron.

Il dit en hiéroglyplies assez transparents (éclipses de Soleil et de Lune), l’absence des deux premiers Principes, des deux premiers Conseils dans la fondation do Home.

11 rappelle les deux anciennes Lois, celle d’Osiris ou de Ram, avec la date de .sa fête commémorative, Noël, puis celle de la fondation des Mystères se rapportant à l’entrée heliaque dans le Taureau; et il indique, en idéographie antique, l’occultation de ce double Droit; mais il s’abstient prudemment de commentaires.

Ce qui est certain, c’est que l’Étrurie, perçant à jour la conspiration des prud’hommes romains, lui imposa, tant qu’elle le put, des rois de Justice, des Nazaréens sortant, comme Numa, de ses initiations.

Les prud’hommes se soumirent, tant qu’ils ne purent faire autrement, car leur jactance dans le succès n’eut d’égale que leur fourberie dans la défaite.

De là, après Numa, Tullus Hostilius qui, cette fois, fut de leur choix.

De là, leur fureur contre les livres de Numa, qui, momentanément, avait remédié à leur anarchie.

Et, si l’on se demande commentune poignée d’hommes, un groupe de chefs de clans conspirant la domination

par la brutalité, put avoir raison des Sociétés ambiantes et de leurs métropoles, on trouvera dans la Mission des Souverains, Histoire du Gouvernement Général de la Chrétienté, comment et par quels moyens les gouvernements politiques tuent les États Sociaux.

Sans doute, en engloutissant les Sociétés ambiantes, Rome dut, jusqu’à un certain point, en absorber la Religion, les Lois et les Mœurs, mais à l’état de vaincues.

En Religion, les prud’hommes furent toujours profondément hypocrites, car ils ne laissèrent une place banale au culte officiel, qu’à la condition de ne jamais subir l’Autorité de l’Enseignement, et de ne jamais laisser cette dernière se rattacher l’exercice de la Justice et des Pouvoirs publics par l’Initiation et l’Examen.

Sans doute, plus qu’aucune autre ville peut-être, celle-ci verra défiler tous les formalismes, tous les rites et toute la confusion insipide de tous les symboles du

Mais les conditions de la véritable Religion Sociale ne sont point dans ces fantômes, que les prud’hommes romains n’envisagèrent jamais qu’au point de vue politique et pour tenir les masses sous leur dépendance.

Sans doute, Numa leur imposa pendant son règne l’Autorité d’un Conseil de Dieu, avec un Pontife, douze prêtres et des prêtresses, c’est-à-dire avec une Université dédoublée en deux Collèges masculin et féminin.

Mais le tiers Ordre qui avait fondé Rome s’empressa, après la mort de Numa, de subordonner à son Pouvoir cette même Autorité, de la stériliser, en l’isolant de tout rapport avec les métropoles, et en la réduisant à un formalisme, qu’ils rendirent d’autaiit plus théâtral qu’ils n’en voulaient point subir le fond.

A Rome comme à Athènes, la domination politique du

tiers Ordre rendit dérisoire la fonction souverain ponti*- fjcale, et s’il affecta de l’entourer d’honneurs extérieurs, s’il donna au Souverain Pontife le titre pompeux de Roi des Sacrifices, il lui reconnut tellement peu d’ Autorité que cette fonction se brigua comme celle des édiles.

Sans doute encore, Numa avait voulu que le Conseil de Dieu, par la voix de son chef, eût barre sur les décisions des Assemblées, et qu’il pût au besoin les dissoudre et former, comme dans les anciennes Synarchies, la grande Cour de cassation, le Contrôle suprême.

Mais tel n’élait pas le compte du Pouvoir anarchique (les prud’hommes, qui s’empressa de défaire ce qu’avait fait Numa et d’en anéantir les traces : Yalère Maxime, nul., liv. Xill, ch. 13.

Tel fut le mystère d’iniquité sur lequel Rome s’éleva.

Le sacrilège primordial, la subordination de l’Autorité au Pouvoir, la séparation de ce dernier d’avec sa source religieuse et scientifique, déchaîna tous les autres attentats, vis-à-vis de tous les débris métropolitains de l’ancien Monde, jusqu’à la consommation de celui-ci dans l’étreinte de la Force brutale, jusqu’à sa fusion dans cette coupelle nemrodique, véritable fournaise des instincts dominateurs, qui sera brisée, après que l’éclair de l’or pur, sortant de la gangue des cultes antiques, aura brillé dans Jésus-Christ.

J’insiste sur la grande iniquité fondamentale qui, érigée en principe de gouvernement, non seulement local, mais général, fut l’âme même de Rome et le feu infernal et dévorant des restes de l’ancien Monde, que le schisme, puis la politique des tiers Ordres, puis son fruit, le Nemrodisme babylonien et ninivile, avaient commencé à corrompre et à liquéfier.

• Et, en présence de cette évolution universelle des faits, derrière lesquels s-’accomplissent les Lois secrètes de l’État Social terrestre, je prie le lecteur attentif de se reporter au chapitre où j’ai indiqué la profondeur religieuse et scientifique du mouvement dorien des Âbramides, du mouvement dorien de Moïse.

Jésus-Christ pénétrera l’ésotérisme de ce double mouvement, il lui rendra la Vie, et accomplira son action décisive, non seulement sur ce qui restera de l’antique Israël, mais sur le Genre Humain, qu’il appellera tout entier à la reconstitution du Cycle de l’Agneau et du Bélier, à l’avènement du Règne de Dieu.

Comme l’histoire de la Grèce et de Rome est dans les mains de tous, je n’ai insisté sur les caractères distinctifs qui présidèrent à la fondation de cette dernière qu’afin de montrer comment, par la Politique pure, elle se rattache au Nemrodisrae asiatique, dont elle poussera les conséquences à l’extrême.

Nous pouvons maintenant retourner à Ninive et à Kalé, pour y rechercher ce qui reste des dix tribus, de cel Israël, dont le nom ne sera désormais qu’un souvenir.

C’est à tort, en effet, que les deux tribus de Juda et de Benjamin, ou, si l’on veut, le royaume de Jérusalem, se donneront ce nom.

A cette heure de l’Histoire, sept siècles avant Jésus- Christ, Israël a cessé d’exister.

En droit religieux, il ne peut plus être reconstitué qu’à travers la réédification du Règne de Dieu dans l’Humanité tout entière.

C’est donc l’Humanité qui est désormais, à l’état de matière première et de chaos, le seul Israël possible, jusqu’à ce que, du sein des antiques Religions partout

défigurées, partout déviées de leur rôle social, partouJt foulées aux pieds par les Pouvoirs politiques, un fils de Dieu, un nazaréen, dernier et suprême effort de Juda, Jésus, se lève, et prononce dans l’Ame enténébrée de tous les peuples, le Fiat Lux, qui remettra en mouvement les Principes de la Vie sociale et, par la suite, la Loi biologique et typique de son Organisme universel.

C’est en 725 que Salmanazar, ou plutôt Sargiu, avait pris Samarie, c’est en 720 qu’il avait dispersé les dix tribus en Médie et on Assyrie.

Que sont-elles devenues?

Sauf de très rares débris restés ou réintégrés à Samaric même, ces dix tribus sont demeurées introuvables.

Dos traces dans l’Inde, en Cliinc, en Perse; chez les Afghans, chez les Juifs d’Angleterre : voilà tout ce que les Ilots de l’Océan humain ont laissé entrevoir des épaves de ce grand naufrage.

Naplouse est à peu près la seule ville de Palestine qui renferme des Samaritains authentiques, et encore leur nombre diminue-t-il tellement, qu’ils auront bientôt disparu.

En Chine même, la petite colonie israélite de Ningpo n’existe plus, et celle d’IIonan est sur le point de s’éteindre.

En Égypte, en Crimée, à Constantinople, à Damas, à Jérusalem, dans deux petits villages près de Bagdad, s’il y a des Samaritains, ils n’existent plus comme tels, mais sont confondus avec les Karaïtes.

Je ne veux pas quitter ces victimes du Nemcodisme sans enregistrer ce que nous leur devons.

Le mouvement des Abramides aboutit dans Moïse à un

Livre ésotérique divisé en cinq parties, de dix chapitres chacune.

Voilà ce que l’Épbpte d’Osiris a voulu sauver du naufrage de l’ancienne Société juridique du Bélier, de l’ancienne Alliance universelle de l’Agneau, et voilà pourquoi il avait constitué une nation divisée en douze tribus, garde d’honneur de ses livres.

Dix de ces tribus sont tombées sur le champ de bataille des Pouvoirs de l’ancien Monde, et néanmoins le dépôt qui leur avait été confié nous a été fidèlement transmis par leurs débris, dans le texte et dans les caractères originels de Moïse.

Je dois donc à la mémoire d’Israël de placer ici un historique sommaire , relatant l’introduction parmi nous de la Bible Samaritaine et des Targums qui l’accompagnent.

Leur Loi écrite en caractères ibris selon les uns, phé- niciens selon les autres, est citée par les pères de l’Eglise : Origène, Num., Xlll, 1 ; saint Jérôme, Prol. reg., etc., etc.

Eusèbe de Césaréc observe que les Septante et les Targums samaritains s’accordent, contre le texte de la Bible de Juda,au sujet du nombre dos années du Déluge à Abraham.

Mais n’oublions jamais que les livres de Moïse sont hermétiques, écrits idéographiquement dans la langue morte des anciens Sacerdotes d’Osiris, et que les Nombres, tels qu’il les emploie, expriment toujours un sens ésotérique, soit qualitatif^ soit cyclique.

Cyrille d’Alexandrie parle de mots nombreux, supprimés dans le texte de la Loi de Juda, telle qu’Esdras la transcrira en caractères kaldaïques, et se trouvant dans le texte samaritain.

La même remarque est faite par Procope de Gaza : Genèse, IV, 8; Nombres, X, 9, 10; Deutéronome, I, 6, 1/

Diodore, le scholiaste grec et d’autres écrivains font les mêmes observations sur des passages encore plus nombreux.

Le Talmud poursuit contre les Samaritains la vieille querelle de famille si manifeste dans la Bible de Juda.

Il est assez singulier de le voir, par la plume d’Éliézcr ben Shimon, les accuser d’avoir falsifié leurPentateuquc, le texte Samarilain étant antérieur à la transcription kaldaïque d’Esdras, et les tourner en ridicule au sujet de leurs Targums sur le Deutéronome, les Targiims samaritains étant également antérieurs aux Tai’gums kaldaïques.

Gomme je l’ai dit au sujet de Thiérogramme d’Adam, les Traductions samaritaines donnent souvent une iiilei'prétalion plus voisine du sens ésotérique que les translations orales des Juifs, qui seront rédigées plus lard sous le nom de Targums.

Ce n’est qu’en 1616 que Pietro délia Voile, un des premiers philologues qui se soient occupés des inscriptions cunéiformes, introduisit un texte complet des Samaritains de Damas.

En 1623, ce livré fut donné par Achille Harlay de Sancy à la bibliothèque de l’Oratoire de Paris, et une analyse sommaire en fut faite par Morinus, dans sa pré- face de l’édition romaine des Septante.

Trois ans après, peu de temps avant la publication de la Polyglotte de Paris, Morinus, dans ses Exercüntiones ccdesiasticæ in utrumque Samaritanorum Pentateuchum, soutient doctement celte thèse que ce nouveau texte, qui diverge sur tant de points du texte massorétique, lui est infiniment supérieur.

Des controverses sans fin s’engagèrent à ce sujet, et on

en trouve les contextes résumés dans les travaux 3u remarquable exégète, Richard Simon, Père de l’O- ratoire.

Il n’est pas indifférent de remarquer ici que l’exégèse a commencé depuis les talmudistes et les Pères de l’Église, et qu’elle s’est particulièrement attachée au premier Testament.

Ce n’est que dans le siècle actuel que la passion politique s’est attaquée au second Testament, avec le sansgêne que l’on connaît, et a délaissé à peu près complètement le premier.

De 1620 à 1650, six copies plus ou moins complètes furent données par Ussher aux bibliothèques d’Angleterre, sauf une, qui, envoyée à de Dieu, disparut mystérieusement.

En 1621, la bibliothèque ambrosienne de Milan en reçut une autre.

Pei’csc s’en procura deux nouvelles, l’une donnée à la bibliothèque royale de Paris, l’autre àcelle des Barberini à Rome.

Ainsi le nombre des manuscrits samaritains s’éleva en Europe à seize.

Dans le siècle actuel, un exemplaire incomphd fut donné à la bibliothèque de Gotha, 6t une copie presque entière du Pentateuque, avec un ïargum, ou Version samaritaine, en colonnes parallèles, in-quarto, sur parchemin, fut apportée de Naplouse,par M. Grove en 1861.

Cet exemplaire se trouve dans la bibliothèque du Comte de Paris.

Je n’ai pas à épouser ici la querelle des Juifs contre les Israélites, mais, après avoir mentionné la divergence des Targnms samaritains d’avec les Targums dits kaldaïques, après avoir relaté que le texte samaritain lui-

même est antérieur au texte massorétique d’Esdras, je dois rappeler un fait important.

Les Israélites de Naplouse font iprécéder les exemplaires, qu’ils gardent pour leur usage, de l’inscription suivante, qu’ils disent fidèlement copiée, de siècle en siècle, sur le premier texte qu’ils reçurent, lors de l’érection des douze pierres druidiques de l’Alliance et du Serment des douze tribus.

Voici celte inscription :

« Moi, Asbisha fils de Pinéhas, fils d’Éléazar, fils « d’Aaron, le prêtre, que la grâce de lÊVÊ soit sur eux! « A Son honneur, j’ai écrit cette sainte Loi, à l’entrée « du Tabernacle du ïémoigiiagc sur le mont Garizim, « Beth El, dans la treizième année de la prise de poste session de la terre de Chanaan et de toutes scs fron- « tières. Gloire à 1 EVE ! >>

Nous allons retourner à Jérusalem, et assister à la ruine prochaine du royaume de Juda par le Césarisme assyrien.

Il n’est plus rien de sain dans ce peuple que gouvernent parfois les pires souverains politiques.

Le Sacerdoce, comme toujours, lorsque son Autorité est surbaissée par le Pouvoir, n’est plus qu’un vain fonctionnarisme cultuel.

Le seul débris de la Synarchie moïsiaque qui survive, et qui fasse aux livres mystérieux de son fondateur une garde universitaire, éclairée, et qui lui prête, malgré le Pouvoir monarchique, malgré rabaissement du Sacerdoce, malgré le matérialisme populaire, un restant de vie et de force socialês, se trouve dans le Corps des Initiés laïques, connus désormais sous le nom de Prophètes.

Ce sont eux qui conservent plus ou moins nette l’an-

Uque Tradiliofl orale, donnée par Éoïse mêmer et qÜ’îl faut bien se garder de confondre avec cette interprétation orale des textes moïsiaques qui, une fois rédigée, constituera les Targums et une grande partie du Talmud.

Ici se pose encore une question déjà résolue pourtant : Moïse a-t-il laissé une Tradition orale au Corps des Initiés laïques, au Pouvoir social caractérisé sous le nom de Conseil des Dieux, et d’où sortirent les Juges puis les Prophètes proprement dits?

Pic de la Mirandole répond affirmativement, et maints passages du Penlateuque lui donnent raison.

Exode, ch. XXYIII, v. 50 : « Vous graverez sur le ratio- « nal du jugement ces mots : Science et Vérité. Ils se- « ront sur la poitrine d’Aaron, quand il entrera devant « le Seigneur. »

Or nous savons suffisamment que la Science et la Vé- rité ne s’écrivaient qu’en langue idéographique, et ne s’enseignaient que par voie d’initiation, et sous ser-

Exode, ch. VU, v. 14 : « Le Seigneur dit à Moïse : Écri- « vez cela dans un livre, afin que ce soit un monument « pour l’avenir, et Faites-le comprendre à Josué. »

Il faut donc une clef orale pour que Josué puisse ouvrir l’hermétisme des écrits de Moïse, et en comprendre l’idéographie.

Ce passage est à rapprocher de l’inscription des textes samaritains citée plus haut, et nous montre le point de départ de la Tradition oi'ale.

Nombres, ch. XII, v. 8 : « Je parle à Moïse oralement; « il voit le Seigneur sans voile et non sous des figures « ni sous des énigmes. »

Ici , la distinction placée dans la bouche de Dieu

ipSme entfe la Science ésotérique et la ^Ure exôtérique n’a pas besoin de commentaires.

Exode, ch. XXXIV, v. 55 : « Moïse voilait son visage « toutes les fois qu’il parlait au peuple. »

En rapprochant ces deux versets, on en doit conclure que Moïse reçoit sans voile la Science divine, et qu’il la donne voilée au vulgaire, incapable de la comprendre directement, quand elle s’élève à une certaine hauteur.

Cette méthode est celle de tout le Sacerdoce antique depuis le schisme, et le verset qui précède est à rapprocher de l’inscription égyptienne du grand Prêtre égyptien, Ptah Mer, dont la statue est au Louvre.

De plus, il est impossible de ne pas reconnaître une Initiation orale, une transmission ésotérique, dans les versets 10 et 17 du chapitre XI des Nombres, que j’ai déjà cités, et qui commencent par ces mots : « Le Sei- « gneur répondit à Moïse : Assemblez -moi soixante- « dix hommes >3

Le verset 25 du même chapitre et du même livre montre, dans l’Initiation de ces soi.xante-dix, le premier Collège de laïques, gardien de la Tradition orale, la première institution des prophètes ; et je rappelle ici que ces soixante -dix portaient le meme nom que dans toutes les Communions anté-moïsiaques et anté-Abramides : Conseil des Dieux.

De plus, deux hiérogramraes ne manquent pas de donner la clef de ces institutions : Eldad, Affiliation divine, Medad, Règle de l’Affiliation.

Israël, ou les dix tribus maintenant perdues, avait été plus attaché à ce Conseil des Dieux qu’au Sacerdoce officiel, comme nous l’avons déjà signalé et prouvé.

Dans Juda et dans Benjamin, le contraire avait eu lieu, et nous avons montré que le Sacerdoce lui-même avait dû recourir à la Section ionienne du Collège des

Initiés laïques, à la prophétesse Holda, pour interpréter le Livré de Moïse que le hasard avait fait retrouver.

C’est donc dans les dépositaires de la Tradition orale que réside encore la seule étincelle de vie intellectuelle, procédant directement de Moïse.

Tout le reste est certainement intéressant, mais d’une manière secondaire, comme histoire d’un peuple particulier, d’un culte national, enfin d’une des mille expé- riences du Genre Humain tendant, depuis Irshou, à s’organiser par la Politique proprement dite, en réduisant la Religion et l’Enseignement à un formalisme administratif soumis à cette même Politique.

Quoi qu’on en ait dit, il n’y a pas de Religion ethnique.

Religion signifie Synthèse, et quand une Synthèse est une fois faite valablement, elle emprunte à la Science et à la Vérité leur caractère irréfragable qui est l’Universalité.

La Religion, dans cette acception scientifique, n’est et ne peut être qu’universelle, et les Universités ethniques ne peuvent que s’y conformer, sous peine d’être dans le faux.

Si les mêmes écrivains avaient parlé de Cultes ethniques, ils auraient eu raison, car les Cultes dépendent plus de l’Art que de la Science proprement dite et, à ce titre, chaque nation peut y apporter son inspiration particulière.

Moïse fut certainement dans la Religion universelle, par la Sagesse et par la Science, comme le sera Jésus, clairement annoncé par ce même Moïse.

Il en est tout autrement de son peuple, qui n’eut véritablement cette Religion qu’à l’état individuel, et parmi ceux de ses membres qui montèrent le plus haut dans la Connaissance et dans la Vertu.

Ceux-là furent, en effet, iine partie du peuple de Dieu, comme leurs égaux de toutes les autres Sociétés humaines.

Mais la nation elle-même ne fut point dans la Religion universelle, du jour où elle abjura sa Constitution sociale synarchique, pour tenter les aventures connues des gouvernements politiques.

Alors, elle fit sa propre volonté, et du même coup, son culte devint ethnique de même que sa vie, et il lui fallut forcément abaisser à son niveau, sous le sceptre de ses rois, le Conseil de Dieu et son intellectualité , autour de laquelle l’égoïsme national et l’ignorance grandissants établirent comme une sorte de muraille de la Chine.

Du même coup aussi, les Prophètes, les Initiés laïques ne purent plus manifester la Religion dans ce Culte politique et ethnique, qu’en faisant d’avance le sacrifice de leur propre vie ; et du même coup aussi les idées comme les institutions se matérialisant et se rétrécissant de plus en plus, réagirent à leur tour sur les Initiés laïques, et limitèrent forcément l’activité mentale des prophètes et leurs manifestations.

Le deuxième Conseil, que j’appellerai désormais le Collège des prophètes, vivait en Communauté dans des maisons spéciales.

Les membres de l’Ordre mangeaient en commun leur repas frugal, portaient un uniforme, et avaient des règles et des habitudes particulières : deuxième livre des Rois^ ch. XXII, 13 à 20 ; W., Chronique, ch. XXXIV,

A leur tête se trouvait un chef ou général d’Ordre, sous le nom de Père : c’est ainsi qu’Élie et Élisée, Israé- lites, sont nommés.

Leur nombre était considérable, ainsi que leurs Communautés* ‘

Quand Jézabel essaya de les exterminer entièrement, un certain Obadiah, seul, parvint à en sauver cent.

Bientôt après, la Bible fait mention d’abord d’une Communauté de cent, et ensuite de cinquante, tandis que huit cent cinquante prophètes de Baal apparaissent sur la scène, démontrant une fois de plus l’Universalité de ces institutions dans l’ancien Monde.

Dans leur conflit perpétuel avec la Politique se subordonnant l’Autorité sacerdotale, ces Corps organisés, ^disciplinés, porteurs de la Tradition orale de Moïse, défenseurs de son motd’Ordre social, méconnu, déployè- rent une force mentale, un esprit de dévouement, de résignation, de sacrifice, d’intrépidité, auquel j’ai déjà rendu hommage.

• Peu d’institutions similaires les ont égalés dans le reste de l’Humanité, aucune ne les a surpassés.

En ce qui regarde la prophétie au sujet de Jésus-Christ et l’avènement du Règne de Dieu par un Messie égal à Moïse, les Juifs ont beaucoup reproché, et reprochent encore aux Chrétiens d’avoir donné l’entorse aux paroles ‘•des Prophètes, et d’avoir forcé le sens de leurs écrits.

Je n’entrerai point dans cette querelle oiseuse de talmudistes à théologiens et mce vcrsâ; et je sais même que la Politique a tellement influé, depuis la royauté juive, sur les paroles et les écrits des prophètes, que Sf la Religion et la Science sociales peuvent y glaner çà et là quelque bon grain d’üniversalité, il y est assez rare, dans la masse de paille politique, dont elles n’ont point à s’embarrasser.

D’ailleurs, en ce qui regarde la venue du Christ et ta reprise directe par Lui de l’Intellectualité dü mouve-

ment des Abramides et de leur programme social universel, formulé par l’Épopte du Sinaï, Moïse suffit.

J’ai trop glorifié, non seulement le Conseil des Dieux et le Collège des Initiés et des Prophètes d’Israël, mais leurs collègues de toutes les autres Sociétés humaines jusqu’à la Chine, pour être suspecté d’irréligion, si j’insiste sur le caractère politique de la plus grande partie des écrits des prophètes.

Cette politique nationale, égoïste, sectaire, ethnique enfin, ne saurait faire partie de la Religion ni de la Science intégrales.

Elle a son utilité relative, sans doute, mais il importe de bien distinguer cette relativité.

Je n’en prendrai pour exemple que les pages éblouissantes de poésie, consacrées par Ézéchiel et par Isaïe à la ruine de Tyr par le Nemrodisme assyrien.

On croirait entendre Eschyle chatouillant les Grecs victorieux des Perses, en outrant les lamentations de la reine Atossa.

On dirait aussi des poètes chauvins des bords de la Seine ou de la Néva fulminant contre l’Empire emporocratique de Londres, contre les succès séculaires du Stock-Exchange et du Board of Trade qui sont le cœur des institutions anglaises, comme l’Emporium était le cœur de Tyr et de toutes les emporocraties phéniciennes.

Voici ces admirables pages, dont je veux essayer de rendre le mouvement rythmé et la couleur :

ÉZËCHIEL

La mère de Cadix et de Carthage, Tyr,

Abritait ses enfants sous des palais de marbre Et d’or, d’où s’élançaient des concerts infinis,

Volant sur les accords des harpes. L’hyacinthe,

La pourpre rayonnaient sur ses beaux vêtements. Les princes de Gédar sur ses places publiques Envoyaient leurs chevaux. D’Yémen, de lavan,

De Thubal, d’Ârménie, accouraient les esclaves. Myrrhe, jaspe, corail, rubis, manteaux de prix, Tapis, argent, étain, remplissaient ses murailles, Auxquelles les guerriers des pays Lydiens,

Persans, égyptiens, venaient de loin suspendre Leurs cuirasses d’argent et leurs boucliers d’or. Superbe sous les Cieux, sa zone était armée Par les fils d’Arouad, et sur ses tours marchaient Les fiers Djémédéens qui faisaient sentinelle,

Ët dont brillaient au loin les arcs et les carquois. Tous les pays du Monde ajoutaient une gloire A l’éclat rayonnant de la reine des mers.

Ses ports étaient gorgés de splendides navires ;

Ses vaisseaux étaient faits des sapins de Sanir; Pour leurs mâts, le Liban se dépouillait de cèdres ; Les rames s’incrustaient d’ivoire; les rameurs Étaient ses fils ayant des Sages pour pilotes,

El ses voiles couvraient au loin toutes les mers,

Et ses flottes touchaient jusqu’aux iles lointaines.

ISAÏE

Mais Tyr s’est réjouie en voyant l’infortune Frapper Jérusalem ; Tyr joyeuse s’est dit :

Sa ruine haussera ma grandeur colossale.

Tyr a cherché sa force en elle seulement.

Dans son propre génie et sa seule sagesse,

Et son cœur s’est gonflé d’orgueil en contemplant Sa beauté magnifique et sa fière opulence.

Mais en amoncelant richesses sur trésors,

Elle a multiplié dans ses vastes entrailles L’iniquité ! Sa force a défié le Ciel.

Son roi s’est exalté d’un fol enthousiasme ;

Il a dit : « Regardez, peuples ! je suis un Dieu ; Semblable au Tout-Puissant, je siège sur son trône, Et je dis à la mer : Tu subiras ma loi. »

ÊZÉCHIEL

Dieu dit : Voici. J’irai là, d’où sort l’aquilon.

Contre Tyr, je ferai surgir de Babylone Nabuchodonosor son roi, le Roi des rois.

Chevaux, chars, cavaliers, fantassins, multitudes Le suivront; et le fer, au lieu d’épis de blé.

Dans tes champs saccagés moissonnera les filles.

Il ceindra tes remparts de tortueux fossés ;

Il dressera des tours, et son infanterie Levant ses boucliers, viendra cogner tes murs .

Du fracas répété des machines de guerre.

Il détruira tes forts par le fer et le feu.

Alors il livrera tes trésors au pillage,

Tes entrepôts au sac, tes cargaisons au vent.

Il rasera tes murs, tes palais, tes délices.

Il déracinera tes pierres, et la mer Engloutira tes os de marbre et ta poussière.

Oui, je ferai de toi table rase, ô Cité!

Oui, je t’aplanirai comme une humble margelle Bonne à faire sécher le filet d’un pêcheur !

Tu serviras d’exemple effrayant, place vide.

Et les navigateurs te chercheront en vain.

ISAÎË

O flottes de Tharsis, hurlez : Tyr est tombée î Pas un dock n’est resté : l’on n’entre plus à Tyr.

Navires, Tyr est morte, et le bruit de sa chute Est allé consterner les enfants de Cythrim.

Désolez-vous, gardez un lugubre silence,

Habitants de cette île, où les vaisseaux de Tyr Chargeaient leurs vastes flancs de cargaisons sans nombre Et des grains de Sichor et des moissons du Nil !

Tyr, le marché du Monde, a vécu ! Tyr la grande, Métropole des flots, souveraine des mers,

La voilà qui rougit d’opprobre, et qui s’écrie:

(( C’est donc un rêve? Ainsi, je n’ai rien enfanté?

Où sont mes jeunes gens? Où sont mes jeunes filles?

Mes seins vides ont-ils allaité? J’ai rêvé ! »

L’Egypte, en apprenant la terrible nouvelle,

En sera consternée. Ah ! passez à Tharsis,

Poussez des hurlements, habitants de la côte ;

Venez voir ! est-ce là cette antique Cité

Que remplissaient les chants d’une folle allégresse ?

Les pieds de ses enfants ne la trouveront plus,

Ils s’en iront errants sur la terre étrangère.

Qui donc a pu tramer ce complot contre Tyr,

Contre Tyr qui prenait et donnait les couronnes.

Dont les marchands étaient les princes d’ici-bas.

Dont les vendeurs étaient les grands de cette Terre?

Qui donc a déchaîné sur elle ces fléaux ?

Peuple, c’est Jéhovah, c’est le Dieu des armées!

Il l’a fait pour fouler aux pieds tout cet orgueil.

Ce faste, il en a fait ce tas d’ignominies,

Pour en couvrir le front de ces dominateurs I

En résumé, serrez cette forme éblouissante, et pesez le fond : Isaïe dit : tue.l et Ézéchiel répond : assomme !

Sauvages accents de jalousie chananéenne, lyrisme puissant, libre, heureusement pour lui, des menottes de la rime, mais chauvinisme féroce, prophétie envieuse de elocher.

Ouvrez les livres indiens ou chinois de l’ancien Cycle, ouvrez les prophéties d’Hermès Trismégiste, vous n’y trouverez pas un seul moment d’abandon à une pareille passionnalité politique, à une semblable immoralité internationale.

Parce que les Universités métropolitaines conservaient l’Identité de la Religion et de la Science, le culte intellectuel du Vrai dans son Universalité, ce qui est le contraire du fanatisme, et ne permet pas l’injustice sous prétexte qu’elle est internationale.

Ce n'est pasTyr qu’il fallait blâmer, c’est ce misérable César assyrien, auquel Moïse a appliqué d’avance le fer rouge, dans le verset où il parle de Niraerod.

Quoi 1 c’est Jéhovah qui frappe Tyr?

Alors, que dire de la prise prochaine de Jérusalem ?

Y a-t-il donc deux poids et deux mesures dans l’Universalité des choses et dans les balances de l’éternelle Justice et de l’éternelle Sagesse?

Non. Si lÊVÊ avait été encore représenté dans l’État Social terrestre, si Sa Face, si la Loi organique de Son Règne n’avait pas été éclipsée par la conception assyrienne de l’Empire universel par la Force, Tyr pas plus que Jérusalem n’eût été touchée impunément, et ce n’est pas sur ces deux villes ni sur ces deux peuples que le bras de la Justice divine se fût appesanti, mais sur l’Anarchie couronnée, prétendant au Gouvernement du Monde par la Ruse et par la Violence.

Ainsi, même dans l’Ame des prophètes les plus doués^ la Vérité, dont le caractère est l’üniyersalité, se voilait, Elle et son Ciel total, Elle et Sa Luinière intégrale ; et l’esprit du Culte politique oubliait d’écouter dans l’Âl)- solu la Voix suprême de la Religion éternelle de l’Humanité.

Du reste, la Tradition dorienne de Moïse se perdait tellement, tant au point de vue de l’organisation sociale des Juifs, qu’à celui des Principes du Couvernement Général du Monde, que le roi Josias va fouler, comme à plaisir, sous ses pieds, l’occasion que l’ancienne Orthodoxie vient lui offrir d’échapper au Ncmrodisiue international.

Répondant à la ruse et aux coups de force du Césarisme assyrien en Syrie et en Palestine, le pharaon Néchao allait assiéger Karkémis sur l’Euphrate : Annalex,

D’apres l’ancien Droit des gens connu sous le nom de Loi du Rélier, institué par Ram, représenté jadis par l’Iinpérialat arbitral du Kousha, remis en vigueur dans l’aiilique Égypte par Mènes , l’individu témoin d’un meurtre était responsable de ne pas l’empêcher.

Mais comme la Morale était une et ramenée à ses Principes universels, celle des gouvernants, dans leurs rapports mutuels, ne différait pas de celle des gouvernés.

C’est pourquoi tout roi de Justice et, à son défaut, tout chef d’un Conseil des Dieux, devait, à la réquisition d’un Pontife ou d’un Conseil de Dieu, prêter main forte à lËVÊ, au grand Dieu Social du Ciel et de la Terre, en courant sus au monarque mécréant ou au gouvernement lélon qui, au mépris de la Loi du Bélier, attentait dans

101 but de conquête à la vie, à la liberté et à la propriété territoriale d’une nation quelconque.

Toutes les guerrfes de l’Inde antique , puis toutes celles de l’Égypte portèrent ce caractère de Morale et de Justice universelles, également indéniables dans les nobles souvenirs de l’état-major chinois que j’ai cités.

Voilà pourquoi, encore sur la brèche de cette ancienne Synarchie universelle , un pharaon est debout pour s’opposer à l’Iniquité internationale des Césars de Babylone, au Nemrodisme, comme dit Moïse.

Or, que fait Josias, roi de Jérusalem, au mépris de la Tradition abramide et moïsiaque et contrairement à ses propres intérêts comme à ceux du Dorianisme et de l’Orthodoxie dans le Monde entier?

Il marche contre Néchao !

Voici la réponse religieuse que le pharaon, roi de Justice de l’ancien Droit public, fit faire à .Tosias par ses ambassadeurs, Ibid , ibid., v. 21.

« Qu’avez-vous à démêler avec moi, roi de Juda? Est- « ce contre vous que je marche? Non. Je porte la guerre « à une Maison contre laquelle Dieu m’a commandé de « courir. Cessez donc de vous opposer au Conseil de « Dieu qui est avec moi. »

Celte remarquable réponse confirme une fois de plus l’Universalité de l’ancienne Religion de l’Agneau et de l’ancien Droit public du Bélier.

Elle montre dans le pharaon un roi de Justice internationale, auquel le Conseil de Dieu siégeant à Thèbes, mais en rapport avec tous les autres Conseils similaires de l’ancien Monde en ruines, ordonne de châtier un crime international, commis par un César d’iniquité.

Josias ne comprit pas, et fut blessé à mort à Mageddo.

Son successeur Joachaz, élu par le troisième Conseil,

fut déposé, à Jérusalem même, par le pharaon, qui sft borna à mettre à sa place Eliakim, frère du souverain détrôné.

Nabuchodonosor n’a pas eu, et n’aura pas cette modé- ration.

Il est vrai qu’il représente l’Anarcbie couronnée, l’Arbitraire de la Force, le Nemrodisme enfin, tandis que Nécliao tient un sceptre à tête de Bélier, et est encore un de ces rois de Justice que présidait jadis l’impérialat arbitral du Kousha.

Ce moment de l’Histoire du Monde constitue un nouveau point tournant, qu’il est important de signaler.

Les derniers Temples, les dernières Universités mé- tropolitaines qui défendaient encore l’ancien Droit public, étaient à bout de forces; car l’exemple terrible de l’Anarchie d’en haut et d’en bas ressuscitait partout toutes les barbaries, depuis vingt-six siècles.

Le Brahmanisme s’attachant surtout à sauver l’Inde de la peste commune, centralisait son action religieuse à Kanoj.

11 ne pesait plus guère dans les destinées du Monde au delà des rives de l’Indus, dont le passage rendait impur.

Les Aryas, ou du moins les descendants mixtes des Celtes de ce nom , inclinaient eux-mêmes à l’empire militaire, en appliquaient la Loi de force jusqu’au sud de Narbala, et surbaissaient sous leur Pouvoir l’antique Autorité.

L’Inde avait donc abdiqué de fait la couronne de l’Impérialat arbitral du Monde, caractérisé par Moïse sous le nom de Koush et par les écrivains sanscrits sous le nom de Kousha ou de Khansha.

Eu Égypte, le Sacerdoce thébain tenait bon avec une

fermeté, et une persévérance qui renaissaient toujours, malgré lès efforts ,de l’anarchie intérieure ou étrangère.

Mais, seul dans sa Zone de Juridiction internationale à défendre l’ancienne Loi, à mesure que les sectarismes et les particularismes politiques se multipliaient, il lui était de moins en moins loisible de former des rois de Justice et de leur faire exercer avec succès la Sanction militaire de leur Magistrature.

La Chine gravitant sur elle-même avait à défendre ses frontières contre la poussée des ïouraniens , qui roulaient tour à tour leurs flots sanglants de l’Europe sur l’Asie, du fond de l’Asie jusqu’à ce qui sera plus tard la Germanie.

Les empereurs chinois, toujours conformes à l’ancien Droit public, ne pouvaient lier à leur paix que leurs voisins immédiats.

J’en ai dit les raisons et je les résume ici.

N’ayant pas de Conseil de Dieu, l’organisme chinois ne pouvait plus écouter au dehors la double voix d’un Souverain Pontife, ni d’un Empereur universel, et joindre ainsi ses efforts d’une manière savante et, par conséquent, efficace, à l’Inde et à l’Egypte, pour nettoyer la Planète du Nemrodisme et de toutes ses iniquités intergouvernemen taies .

Ninive avait été la tête et le bras de la grande Immoralité césarienne, et ses anarchistes couronnés avaient porté le titre de Roi des rois.

Mais Babylone, sans rien changer au Nemrodisrae, sans modifier la guerre universelle que la Loi de Force du Taureau avait déclarée au Droit public de l’Agneau, avait poussé ses dictateurs à s’allier à la politique des

Pishdadiens mèdes, et avISi réussi- à arracher à Asherebelili le sceptre de fer de l’Impérialat arbitraire.

Le Despotisme babylonien pesait donc à son tour de tout son poids dans la balance des destinées du Monde.

Allié aux Touraniens, il les soudoyait partout, et les attirait de nouveau jusque sur l’Arménie.

Jusqu’en Italie, il soulevait les Prudhomies contre les Synarchies locales et contre la suzeraineté de l’Égypte.

Jusqu’en Irlande, la politique du schisme avait sa ville et ses alliés dans Tara et dans le roi celtique Olam- Odla.

Jusqu’en Arabie, l’esprit des antiques libertés locales avait été accablé sous celui du despotisme, et Kathan avait dû se réfugier au Sud, pour y former un royaume indépendant.

L’Égyj)te restait donc seule, fléchissant sous le poids des événements, mais soutenant encore comme la dernière colonne d’un temple le dernier fragment de l’ancien État Social terrestre, sur le fronton duquel Ram avait écrit : Règne de Dieu, Synarchie trinitaire, nationale et internationale.

Pendant que les rois de Juda, déchus de l’Intellectualité et du Programme universels des Abramides et de Moïse, faisaient cause commune avec le Nemrodisme qui allait les écraser, pendant que Néchao, sur l’ordre de l’ancien Conseil de Dieu du temple de Thèbes, opposait encore le bras d’un roi de Justice au faux Roi des rois, au César de l’universelle Iniquité, l’Esprit religieux de l’ancien Cycle suscitait, sUr différents points de la Terre, des Initiés laïques, des médiateurs bienfaisants aux maux grandissants du Genre Humain. .

Le dernier Bouddha prêchait à Gya.

Oojeih embrassait cette pure croyance, qui commén- •çait déjà à exercer son action purificatrice sur l’anarchie féroce 4«s Touraniens.

Ën Cfhine, Lao-Tsé se levait lumineux du fond de l’ésotéfjsmé de Fo-Ili ; en Grèce, Solon revenait plein de clarté de l’ombre des Sanctuaires égyptiens, et allait donner ses lois.

A Rome, Tarquin I", envoyé par les deux premiers Conseils de l’Étrurie, remédiait encore à l’anarchie des Quiriles de la Louve, et allait sauvegarder pour quelque temps les Synarebies italiennes de l’entrée en scène d’une ville de proie et d’une loi de force conforme à celle du Nemrodisme assyrien.

Mais, si l’Intelligence luttait partout contre le gouvernement local ou général du Pouvoir sans Autorité et sans Contrôle, celui-ci, né des passions ténébreuses et .des instincts féroces, n’ayant pas le scrupule des moyens, employait toutes les armes pour se saisir de la domination.

La Yie de relation des Sociétés humaines étant désormais gouvernée par les passions brutales, le destin de Nabuchodonosor l’emporta.

11 reprit Karkémis à Néchao, marcha sur la Syrie et sur la Palestine, arracha de nouveau ces malheureux |«tys à la Suzeraineté arbitrale de l’Égypte, et les écrasa enfin sous son Pouvoir arbitraire.

La prise de Jérusalem fut accompagnée d’indignès violences, d’infâmes atrocités.

Non seulement les murs furent rasés, non seulement temple et palais furent incendiés, non seulement on açteva les yeux au roi, mais encore le vol n’excepta aucun des objets du culte, et l’assassinat n’épargna même

pas, jusque dans le Sanctuaire, jusque dans le Saint des Saints, les enfants, les femmes, les vieillards, les infirmes qui avaient cherché un refuge qu’aucun tyran n’avait encore profané.

Après avoir fait assassiner, à Riblah, le grand Prêtre Seraya avec les soixante-dix, le César alla jusqu’à faire égorger devant lui, que dis-je? sous les yeux de leur propre père, les enfants de Sédécias, puis ordonna qu’on enfonçât le poignard sanglant dans les orbites de ce malheureux roi, avant de l’emmener enchaîné, avec son ■ infortunée nation captive, à Babylone, et de monter, en triomphateur de l’universelle Iniquité, les degrés du temple de Bâl, au bruit des Te Deum, des orchestres militaires et des chants de son sacerdoce asservi.

Tels furent, hélas! les inévitables résultats de la politique des rois de Juda, assez imprudents pour s’être alliés au Nemrodisme, à l’adversaire de lÊVÊ dans le Gouvernement Général du Monde.

Seule, l’Autorité des deux premiers Conseils, en demeurant à la hauteur de l’Intellecfualité et de l’Organisation sociale de Moïse, aurait pu prévenir ces épouvantables événements.

Seule, l’Alliance universelle des Temples doriens du Monde entier aurait pu arrêter le Taureau furieux, la Politique, le Pouvoir sans Autorité, le Césarisme ninivit* et babylonien. ^

Mais nous avons vu comment ce qui pouvait être ne fut pas.

Nous avons vu comment, grâce à la démagogie du troisième Conseil, la Synarchie moïsiaque fut anéantie par la monarchie politique.

Nous avons vu comment, du même coup, deux parti» nationaux déchirèrent les douze tribus, les enfiévrèrent

de passons locales, les empêchèrent de sauvegarder sur l’a Terre, par une Ligue dorlenne universelle, l’existence de l’antique Synarichie, qui, seule, eût pu prévaloir contre la Loi de Force du Césarisme, et couvrir du môme coup Israël et Juda du bouclier et du bras de Justice de l’ancien Droit public.

La gravité de ces enseignements historiques n’a plus besoin de nouveaux commentaires.

Tout s’y tient, tout s’y enchaîne avec la rigueur dés progressions arithmétiques et géométriques.

La succession des événements, éclairée ainsi par la lumière de l’Universalité doriennc, fait autorité à travers tous les temps, à travers tous les cultes, à travers tous les gouvernements, à travers toutes les Sociétés humaines, anneaux solidaires d’une môme chaîne que tient, soit en bas, dans l’Enfer, le Mal, c’est-à-dire l’ignorance et l’inconscience, soit en haut, dans le Ciel, le Bien, c’est-à-dire la Sagesse, la Science ramenée à FUnilé de ses Principes.

Nous allons maintenant suivre avec la môme piété

pour les infortunes humaines, le convoi funèbre de Juda àBabylone,comme nous avons suivi celui d’Israël à Ninive.

Mais, ô singulier retour des choses, nous verrons dans Babel le spectacle admirable de cette poignée de Juifs, de ces quelques communes celtiques, captives, désarmées, accablées sous le malheur, et pourtant retrouvant toute leur vitalité primitive dans leur tombeau impérial, s’y redressant, s’y tenant debout dans les bandelettes de leurs antiques institutions, et sans coup férir, victoriêuses de leur vainqueur, regardant périr et pourrir, dans son charnier, leur propre bourreau, le Césarisme babylonien qui, lui-même, avait frappé au cœur le Cé- sarisftje ninivite, assassin d’Israël et de ses dix tribus.

CHAPITRE XVII

LA CAPTIVITÉ. ESDRAS. LE RETOUR. LES TARGUMS. LE TALHUD.

De Moïse à Salomon, le premier Temple, le Temple social avait duré quatre siècles.

De Salomon à la captivité de Juda, le second temple, le temple de pierre, eut à peu près la même durée.

Il est à remarquer que le dernier roi de Juda s’appelait Mathanias, et que le César babylonien, qui, avant de l’accabler, l’avait intronisé sous le nom de Sédécias, avait voulu rappeler la royauté juive au rôle des anciens Sédek de Salem.

Ceux-ci, en effet, dans l’Empire de Kam, étaient non seulement Justiciers locaux, mais justiciables impériaux du Kousha de l’Inde.

Mais l’empire arbitraire, flétri par Moïse sous le nom de Nimerod, ne pouvait en rien remplacer l’Enapire arbitral, qu’il caractérise sous le nom de Koush.

Il pouvait tenter de lui arracher sa succession par la force et par la ruse, mais en vain.

Le Mal suscite le Mal, et s’oppose ainsi à lui-même jusqu’à l’anéantissement, et cette loi cosmogonique con-

stitue une partie de ce que les Grecs appelaient Nérpésis et de ce que nous nommons Destin.

Le Bien suscite lé, Bien, et s’accorde à lui -même jusqu’à la plénitude de Vie que renferme l’Univers entier, jusqu’à la Perfection de l’Esprit pur dont tout émane, et cette loi constitue une partie de ce que les Grecs appelaient Minerve, l’Intelligence, et de ce que nous nommons Providence.

Assassin international, l’empire babylonien se frappait en frappant.

De chaque blessure faite à la Providence et à sa Loi dans l’État Social terrestre sortaient ce que les Grecs appelaient les Furies, les Euménides, c’est-à-dire le choc en retour des Maux s’opposant entre eux.

La chute d’un tel Césarisme sous l’épée n’était qu’une question d’années d’avance nombrées.

La Perse, la Macédoine, Rome enfin allaient se lever et se tuer successivement à poursuivre cette chimère maté- rialiste : le rétablissement d’un Roi des rois par la Politique séparée de la Morale universelle.

Malheur aux vainqueurs dans une pareille tentative : tel est le cri des expériences enregistrées dans ce grand laboratoire qui s’appelle l’IIistoire de l’iluinanité.

Car une telle victoire n’est qu’apparente, et a pour conséquence immédiate la défaite en germe de la Société que surmène ainsi l’institution césarienne de la folie, de l’iniquité, de la ruine.

Heureux les vaincus dans ce combat du Mal contre le Bien, de la Politique contre la Loi organique des Sociétés !

En ce moment, je n’en veux pour témoins que les Juifs.

Délivrés de leur territoire, de leur capitale, de leur vie politique, de leur corps national, ils récupérèrent

tout entière dans le malheur leur vie sociale, leur âme ethnique, leur tradition organique. .

Gomme l’aigle de mer, ce petit’ peuple n’est jamais plus vivant qu’au milieu des tempêtes qui engloutissent les lourds navires.

11 y retrouve; ses ailes, il y reprend toutes ses mâles et souples énergies, toutes les vigueurs, toute l’armature de ses institutions originelles.

Et alors il s’enlève intelligemment sur les souffles de l’orage, pendant que les grands Corps politiques s’engouffrent en se heurtant bêtement les uns contre les autres.

Ce qui tuerait tout autre groupe humain revivifie celui-ci, en le réduisant à son type organique, originel.

Le Kahal, ou troisième Conseil, celui de l’Arbitrage des Communes par les anciens, n’ayant plus d’action politique à exercer, retrouva son vrai fonctionnement social.

Tout a été dit, écrit et publié contre cette institution, contre la solidarité juive dont elle est l’organe.

Depuis les ministres du Césarisme babylonien jusqu’à Cicéron, depuis le plaidoyer contre Verrès jusqu’aux livres français du chevalier des Mousseaux, jusqu’aux livres russes de Brafrnan passé du Talrnudisme au Protestantisme, les réquisitoires remis à jour selon les temps, ont répété les mêmes antiennes.

Impôt de la viande kochère, droits locaux d’asaka et de méropié, bérem ou malédiction contre les dissidents valable de commune à commune ; tel est le thème de Brafrnan, et il n’est pas nouveau.

Quanta moi, je prouve suffisamment dans mes œuvres mon dévouement absolu à l’universelle Vérité pour me souciev fort peu de ces querelles de famille chez Braf- •nan, d'oppresseurs, quand le procès aux Juifs part des défenseurs des gouvernements ou des cultes politiques.

Qui est-ce qui s'avise de blâmer les anciens Celtes d'avoir eu les institutions arbitrales que l’on retrouve encore, soit écrites, soit vivantes, depuis les lois de Bréhon jusqu’aux lois de Manou, depuis l’Irlande jusqu’à Gevlan?

Qui est-ce qui s’avise de trouver mauvais que l’Angleterre ait préservé chez elle cette sage organisation des franchises locales et la solidarité de ses membres hors du pays, alors que le Continent européen, gouverné par le Nemfodisme, a perdu grâce à cela non seulement ces mêmes organes de vie locale, depuis l’Aragon jusqu’à Novgorod, mais jusqu’au sens de l’association en dehors de l’État,

S’il plaît à des hommes de se laisser réduire à une locomotion de culs-de-jatte, est-ce une raison pour lapider ceux qui persévèrent à conserver leurs jambes?

Ce n’est donc pas des {)ierres, c’est une couronne de lauriers que la Science sociale doit poser sur le front des communes juives, quitte à la Politique à en penser ce qu’elle voudra.

Pendant que le troisième Conseil se reconstituait sur ses bases saines, l’Intellectualité juive se refaisait ellemême, bien ou mal, au contact des Universités et des bibliothèques de Babylone et des autres villes de Kaldée.

C’est pourquoi Esdras, scribe clérical, réorganisait une assemblée de soixante-dix Lettrés.

Pendant ce temps encore, parcourant toutes les échelles de l’Initiation kaldéenne, Daniel s’élevait jusqu’au Souverain Pontificat, non des Juifs seulement, mais de tout le Sacerdoce assyrien.

Ananias, Misaël, Azarias suivaient la même voie, sans monter aussi haut; et tous quatre recevaient dans les

Sanctuaires de Kaldée les noms d’initiation suivants : Baltassar, Sidrach, Misach, Âbdenago.

Daniel arrivait en outre au poste de chancelier de l’empire, et ses trois camarades d’initiation étaient préposés à l’intendance d’autant de provinces babyloniennes.

C’est dans Daniel lui-même, ch. Y, v. 7, qu’on trouve qu’il fut élevé au Pontificat des Kartumims, des Aishaphims, des Mekkasphiins, desKhésadiras, c’est-à-dire qu’il parvint, par l’examen au sommet de la quadruple hiérarchie des sciences et des degrés universitaires.

Mais quoique forte encore, cette Université était en pleine décadence.

Après Nabuchodonosor, Daniel garda son rang sous Ewil Merodach, sous Nergalessar, sous Baltassar, puis sous Darius le Mcdc, quand Bahylone fut conquise, et il fut membre du triumvirat ministériel qui gouvernait les cent vingt satrapies de l’empire : Ibid., ch. Yl, v. 1 à 3.

Il triompha de la fameuse conspiration des satrapes, et resta toujours grand dignitaire sous Darius et sous

Ce fut sous Darius, fils d’Assuérus, qu’il eut l’intelligence des années d’exil, et cela parles livres hiératiques :

Voilà des vaincus qui se portent certainement mieux que leurs vainqueurs, et ce n’est point un des moindres enseignements qu’offre le passage de cette poignée de communes celtiques à travers tous les empires politiques du monde.

Cette élévation de Daniel prouve une fois de plus tout ce que j’ai dit au sujet de l’Alliance secrète des Orthodoxes doriens, conservant dans le plus profond des Mystères le flambeau mourant de la Science ésotérique.

^ Je prie le lecteur de se reporter à la description de Babylone renfermée dans le chapitre X du présent livre.

Il s’agit d’une cité formidable, dans laquelle auraient tenu à l’aise quatre Londres, c’est-à-dire toutes les capitales de l’Europe, ou peu s’en faut.

Rome, même au temps de sa splendeur, ressemblera à une petite ville de province à côté de cette Métropole des empires violents.

C’est là que s’ourdissait, dans les palais impériaux hauts de quatre cents pieds, la trame politique qui couvrait le Monde entier de ses filets.

C’est là que les états-majors attiraient dans leurs cadres réguliers d’innombrables mercenaires, depuis l’Arabe jusqu’au Touranien, depuis le Mède jusqu’au Celte de la Scandinavie.

C’est là que, grâce à l’asservissement de la Syrie, les expéditions navales étaient commandées, comme les campagnes de terre, en suivant des yeux la carte du Monde et les Cycles, que l’Europe connaîtra sous le nom de Bérose.

C’est là qu’une police formidable tissait ses toiles d’araignée et les étendait à travers, tous les empires et tous les royaumes, tous les Temples et toutes les Universités.

C’est là enfin que Nabuchodonosor enfermé sous vingt portes de bronze dans son cabinet de travail, la tête dans ses deux mains, gouvernail par la Force une moitié de

Pendant ce temps, les Juifs arbitrés par leurs communes se gouvernaient et se jugeaient eux-mêmes, et se répandaient dans les diverses branches de l’activité sociale, où les portaient leurs aptitudes.

Comme dans l’Europe actuelle, l’Économie publique était puissante, quoique surrpenée èt méconnue par le Césarisme et par toutes sesconséquences budgétaires.

Les briques elles-mêmes sortent de terre aujourd’hui, pour raconter qu’il n’y a rien de nouveau sous le Soleil, et que tous nos systèmes de transactions, emprunts, banque, change, escompte, billets à ordre, etc., etc., étaient en vigueur dans ces Sociétés antiques.

De même aussi, les observatoires, les laboratoires, les bibliothèques des temples laisseraient peu de chose à désirer aux savants de nos Jours et leur ouvriraient sur la biologie du Cosmos de singuliers horizons depuis longtemps refermés.

Mais ce qui restait du Sacex'doce kaldéen s’enveloppait de telles précautions pour garder les abords de son ésotérisme contre les yeux d’Argus de la police impériale, que l’Initiation était loin d’être facile.

C’est pour le môme motif qu’à partir de Ninus, tous les Doriens, depuis le Thibet jusqu’à l’Egypte, depuis Saleni et l’antique Hébyreh jusqu’à Delphes, disaient cette phrase significative, après l’inspection des personnes qui assistaient aux Mystères : « Que ceux qui viennent de Babel s’éloignent! »

Cette phrase se retrouve à Delphes et à Eleusis : Ekas, ekm este, Bebêloï; que l’on traduit improprement par : Arrière aux jmofanes! car c’est profanateurs. politiques qu’il faut dire.

Laissons Daniel parmi ses livres et ses instruments d’astronomie, de physique et de chimie, dans la grande tour d’observatoire.

Laissons ses camarades d’initiation gravir avec Esdras et ses soixante-neuf Lettrés les marches de l’immense

Temple de Bel, où les antiques Kaldéens avaient leur Ifastitul.

Suivons, au point de vue des Sciences sociales, cette poignée de Juifs noyés comme un peu de sel dans la mer, à travers les millions d’hommes qui bourdonnent et battent de leurs flots ces boulevards, ces quais, ces ponts, ces places et ces jardins publics, et cette double enceinte énorme, la Nivit-Bel et l’Irngoul-Bel, du hau-^ desquelles les factionnaires et les curieux écoutent le fracas des chars et des chevaux, et regardent entrer et sortir par cent portes des fleuves humains, qu’entr’ouvrent, musique en tête, des régiments de cavalerie et d’infanterie.

En quelques années, la sage organisation des communes hébraïques leur rendait toute la force sociale que perdent inévitablement les peuples politiquement et administrativement gouvernés.

Impuissante à manœuvrer pour son propre compte un État même minuscule comme la Judée, cette vieille organisation communaliste est admirable, quand elle opère à travers les rouages mécaniques des grands empires qui l’engloutissent.

Grâce à son initiative dans une inertie générale, elle veille, quand tout le monde dort, elle veut, quand personne ne sait plus vouloir, elle peut, quand le Pouvoir frappe tout d’impuissance, à commencer par lui.

Elle joue à merveille de ces gros instruments politiques, qu elle ne saurait construire, mais dont la manivelle lui est familière, depuis près de dix mille ans aujourd’hui.

Avec des notions élémentaires, mais nettes, des idées peu nombreuses, mais pratiques, une éducation maternelle excellente, une instruction primaire, mais dont le

but est de développer la spontanéité, la commune juive grimpe aisément sur la tête de ces colosses impériaux, comme un Indou ou comme unGuètwe aux jambes grêles sur un lourd éléphant de Geylan.

La montagne vivante ne sent pas ce poids infinité- simal, mais elle en est comme animée.

Le nmnstre, à ce contact, comme à celui d’un esprit ^ d’une autre sphère, s’allège au contraire, et ses ressorts deviennent plus souples, moins brutalement tendus.

Tous les besoins de la grosse Bète administrative se trouvent devinés, caressés, repus jusqu’à la plénitude et jusqu’à l’éclatement.

Le budget, les finances, les travaux publics, toute l’Économie enfin centralisée par le Césarisme, plonge à pleine trompe dans l’épargne universelle, qui s’ouvre soudain comme par miracle et se laisse vider comme par enchantement.

Tous les abords des transactions, tous leurs conduits, tout leur système intestinal, toutes leurs issues maladroitement comprimées par le Pouvoir central, sont nettoyés, lubrifiés, drainés du haut en bas; et tout ce qui était latent est tiré au dehors; et sous cet engrais, la civilisation diffuse prend une poussée et une floraison incroyables.

Toutes les nécessités, pêle-mêle avec toutes les choses superflues, bonnes ou mauvaises, sont entraînées à se manifester, à se lever et à se multiplier dans tous les sens, comme une pâte travaillée, comme un moût pré- paré, où la présence d’un levain mène le train bachique de la fermentation.

On dirait que, pressés d’en finir, ces États vermoulus n’attendent que les Juifs pour se mettre en liquidation.

Sont-ils arrivés? le présent est un hôtel des ventes; tout le passé y est à l’encan; Abraham et Isaac achètent;

Jacob lient comme un sceptre le marteau du commissaire-priseur, et, par-dessus le marché, les vendus sont contents.

Allégés de leur archéologie, ces lourds empires marchent quelque temps d’une manière allègre, malgré l’anneau de fer du Césarisme qu’ils ont au nez.

Les Juifs opèrent, partout où ils passent, comme ce qu’on appelle en physique un courant d’induction.

Ils galvanisent les Sociétés usées dans leurs Principes

El cela ne se produit pas seulement dans les entrailles de la grande Bête politique, mais jusque dans ce qui lui reste de cervelle.

Depuis l’Économie jusqu’à la Pensée publiques, le courant différentiel rompt un peu cet ennui léthifère, qui naît partout de l’uniformité, ou, ce qui revient au même, de l’officialisme et du fonctionnarisme.

Un certain libéralisme se mêle comme un pipeau aux cantates de la servilité générale; et Babylone, comme d’autres villes, entend encore parler de droit commun et d’égalité devant la loi.

Par leur seule présence, les Juifs engloutis dans les Sociétés humaines que déprime l’arbitraire, sont utiles à la multitude opprimée.

Leur initiative remuante secoue tant bien que mal l’inertie des classes moyennes, et Prud’homme, finissant par emboîter le pas, ne s’arrête plus qu’il ne soit à lui tout seul le gouvernement, le Nemrod.

N’ayant pas monté la machine et ne la gouvernant pas, les Juifs ne sauraient être responsables lorsqu’elle éclate ou se détraque.

Il est encore heureux pour elle qu’ils soient là, satisfaisant des besoins étrangers qu’ils n’ont pas créés, mettant leur intelligence au service de l’hébétement, leur

association aux ordres d’une dissociation, leurs vertus domestiques à la disposition des vices d’une désorgantsation sociale.

C’est merveille de voir, de Cycle en Cycle, de siècle en siècle, dans la Kaldée d’Irshou, dans l’Égypte des Hiksos, dans la Babylone de Nabuchodonosor, dans l’empire des Césars romains, dans la Chrétienté de 1648 à nos jours, cet enseignement donné par l’infusoire au mastodonte, par la mousse ou par le lichen au baobab, par le gui au chêne, par la molécule sociale à ces grands Corps politiques fondés par et sur l’arbitraire, l’iniquité, le gaspillage et, avant tout, l’inintelligence.

Que la Bête féroce politique, après s’etre mordue ellemême, devienne enragée, et qu’affolée, ne sachant à qui s’en prendre, elle attribue son mal mortel à l’intiuirnent petit qui a su conserver son bien, libre à elle de manquer de justesse comme de justice : elle est malade.

Elle n’est pas nouvelle, cette anarchie gouvernementale que pique à son heure la tarentule antijudaïque, la sémitophobie.

Tenez, sans sortir de l’Asie, voilà un premier ministre, voilà Aman qui crie : Sus aux Juifs!

Tous les politiciens de tous les grands empires militaires, de toutes les royautés, de toutes les républiques d’iniquité ou de peu de justice, ont périodiquement réembouché cette vieille trompette fêlée, qui pourtant n’a jamais sonné que leur propre jugement dernier.

A certaines heures critiques des Sociétés écrasées par les faux Pouvoirs, le vieux démon de Thor, hantant l’un après l’autre tous les Nemrodismes de la Race blanche, a mis tous ses taureaux en rut contre la petite bête à bon

Quand, à force de folie gouvernementale, d’anarchie d’en haut, d’anarchie d’en bas, d’uniformité administrative, de fonctionnarisme, de gaspillage budgétaire, leur machine officielle, dont l’arbitraire est l’âme, se détraque, craque et va crever, Tanis, Ninive, Babel, Istakar, Tyr, Athènes, Rome, puis toutes nos capitales, depuis Moscou, Berlin et Vienne, et Paris aujourd’hui, et Londres demain, au lieu de faire leur meâ culpâ, au lieu de rétablir leurs Pouvoirs sociaux, font cette énorme découverte : Sus à Mardochée!

Et notez que ce sont des hommes éclairés qui poussent les premiers ce beau cri de ténèbres, jusqu’à ce que la foule stupide tue et spolie, anéantisse et vole, brûle et noie, comme de simples rois du moyen âge rançonnant, massacrant et exilant la juiverie.

Qu’il soit Aecadicn ou Égyptien des rois Pasteurs, Persan ou Macédonien, Grec ou Romain ou Chrétien de nom, partout et toujours, le politicien à bout d’inepties, impuissant par suite de Pouvoir, incapable d’inventer le moindre remède aux maux, qu’il a créés, trouve cependant cette truffe: l’anti-sémitisme; et il s’empresse de dire à son Midas ce secret de polichinelle : Les Juifs sont un État dans l’État.

Non; mais ils savent rester en état de conservation dans un État destructeur de toute organisation sociale, saine : voilà tout.

Si le politicien, auquel l’arbitraire suffit pour gouverner les peuples, ne professait pas pour la Science sociale le plus officiel des dédains, il eût observé les Juifs, et, dès lors, regardé comme concluante leur expérience d’un organisme, grâce auquel ils survivent depuis près de cinq mille ans aux milieux politiques qu’ils traversent.

Cet organisme rudimentaire, c’est la commune celtique primordiale, c’est l’arbitrage élémentaire dont ift ont emporté d’Europe la notion et la pratique, six siècles avant Kam, qui assit sur cette même base tout l’édifice grandiose de son Empire arbitral et de sa Synarchie théocratique.

Chez les peuples étrangers, les Juifs, comme les Guèbres et comme les Arabes, leurs frères, comme les Celtes bodhones, leurs aïeux, n’ont jamais formé un État , mais un arbitrage communal dans l’État arbitraire.

Or, la commune des anciens Celtes n’était pas celle de Paris; elle n’a jamais eu le moindre caractère politique; c’était la molécule sociale dans sa constitution réelle, et rien de plus.

Celte commune-là réglait scs propres affaires par dos arbitres, que désignaient les pères et les mères de famille, comme l’aidée dans les Indes, comme l’assemblée des Païtis dans l’ancien Iran, comme enfin le troisième Conseil dans tout l’Empire de Kam jusqu’au schisme d’irshou.

Voilà le grand secret delà vitalité sociale des Bodhones et des peuples du Cycle de l’Agneau et du Bélier restés debout, comme la Chine, comme les Juifs, comme les Parsis, etc.

En Assyrie comme dans nos grands États actuels, où la centralisation politique des anciens Pouvoirs sociaux a meurtri jusqu’à la moelle l’Organisme des Sociétés, n’êtrepas aussi malsain que le milieu politique, ambiant, était un crime.

Les Juifs le savaient bien, et voilà pourquoi l’élite intellectuelle de leur nation les couvre du bouclier de son organisation solidaire, et emporte d’assaut, à la force des

coudes et du cerveau, toutes les situations influentes, tous les postes en vedette.

Voilà pourquoi Daniel est Souverain Pontife de l’empire, puis grand chancelier, pourquoi Ânanias, Misaël, Azarias, sont gouverneurs d’autant de provinces babyloniennes.

Ce n’est pas tout : l’empire va être déplacé; l’élément touranieu représenté par la dynastie babylonienne va être renversé par la poussée militaire des Aryens et des Iraniens persans.

Voilà pourquoi, en Perse comme en Assyrie, à Suzc comme à Babylonc, l’alliance judaïque est à l’œuvre.

A’oilà pourquoi, à Suze, Hatach et llarbona sont attachés au palais, pourquoi Néhémie, membre du Conseil de Dieu, futur Pontife de Jérusalem, est grand échanson, grand maître de la Maison du roi, pourquoi, luttant de finesse avec Aman, le vieux Mardochée sera bientôt viceroi, pourquoi, dans sa tendre fleur de beauté, Esther, douce amorce souveraine, deviendra un jour l’impératrice Atossa.

Voilà pourquoi enfin, pendant que cette organisation, n’ayant pour toute force que son intelligence et sa solidarité, fait son jeu sur les destinées des deux États rivaux, Esdras, à Babylone même, d’accord avec Daniel dans la cité impériale, d'accord, à Suze dans la cité royale, avec Néhémie et Mardochée, forme un Collège de soixante-dix Lettrés, et prépare d’avance et à coup sûr toute la refonte scripturaire, toute la réforme de l’enseignement, toute la réorganisation pédagogique de sa nation pour le retour triomphal en Palestine.

Pendant que l’état-major social de Juda et de Benjamin, après s’être resserré sur lui-même, se déploie magistra; lemept à travers tous les sommets et toutes les directions

babyloniennes et persanes, sous ce bouclier d’intelligences et d’âmes associées dans un même esprit de préservation, toutes les hiérarchies inférieures des aptitudes s’élancent-elles aussi à la pacifique conquête de tous les biens de la vie matérielle.

La masse se retrouve, comme par le passé, phénicienne etemporocratiquc, et partout où se remue une commune juive, sa puissante initiative crée du même coup une sorte de StochExchange et de Board of Trade, une bourse, un marché, un Emporium en un mot, qui prête aux affaires la force de son initiative et de sa solidarité.

.\lors comme aujourd’Iiui, de pareilles armes si légitimes assuraient la victoire, qui, dans aucun ordre que ce soit, ne s’obtient jamais qu’à ce prix : activité, union.

La haute finance, à Babylone comrne dans l’Égypte antérieure, comme dans la Kaldée des Abraniides, trouva ses maîtres dans ces Juifs, humiliés de la veille, liiimiliateurs du lendemain.

Si ce livre n’avait pas pour but l’IIisloire du Gouvernement Général du Monde, je monlrei'ais, par les bibliothèques de briques, la victoire éclatante de ces vaincus sur leurs vainqueurs, et elle prouverait, une fois de plus, la force sociale de ces débris d’une Synarchie primitive dans des Sociétés pourtant toutes-puissantes alors, en apparence, mais désorganisées à fond par leurs gouvernements.

Mais je n’ai pas d’encens à brûler devant les triomphateurs de l’or, pour si légaux que soient leurs triomphes, et je ne ménagerai pas plus la Vérité à l’Anarchie économique qu’à sa cause, l’Anarchie politique.

J’enregistre ici la légitime revanche d’une poignée d’hommes spoliés par le Césarisme de leur territoire et deleurpxistence nationale, et je souligne l’Enseignement

de haute moralité qui s’en dégage, au phint de vue du Contrôle que les Sciences sociales ont le devoir d’exercer sur l’Empirisme politique.

L’Unité de la loi et de la foi, tel est le cœur des Sociétés théocratiques, même surbaissées, telle est la source de leur indomptable vitalité, tel est le secret de leur puissance sur leurs membres et de la solidarité indissoluble de ces derniers, quand, même après s’être fourvoyée dans les aventures de la Politique, l’Autorité enseignante reprend quelque peu conscience de sa force organique et de son devoir social.

C’est ce qui arriva pendant la Captivité.

C’est pourquoi, plus on persécutera les Juifs, plus on les repliera sur cette Ame de Yie peu lumineuse, mais d’autant plus résistante qu’on la tourmente davantage.

11 n’y aurait qu’un seul moyen de les faire sortir de leur réserve différentielle, avec l’adhésion même de leurs Corps enseignants, ce serait d’organiser la Synarchie, d’appliquer aux Sociétés déprimées par le Pouvoir l’Etalon dorien des Àbramides et de Moïse, la commune Mesure sociale, nationale et internationale, hors de laquelle il n’est aucune espèce de garantie de Sagesse, de Justice et d’Économie universelles, non seulement pour les Juifs, mais pour n’importe qui sur cette Terre.

Mais, sans sortir de la Captivité, entrez dans n’importe quelle famille juive de ce temps, et voyez comment les Sociétés théocratiques, rappelées, si momentanément que ce soit, àla Synarchie, par les enseignements du malheur, retrouvent leurs vertus, leurs traditions, l’assentiment des petits à la discipline qui les sauvegarde, le respe|t pour l’Autorité enseignante qui les dirige, leur Sôürais-

sion au Pouvoir des arbitres qui les jugent selon la Justice, inséparable pour eux de la Religion. ‘

Fidèle à son culte, qui est en même temps son école son tribunal, la Mère est toute à sa couvée sur ce sol hostile et dans ce nid tremblant à tous les vents d’orage des passions dominatrices.

Elle vit avec une concentration singulière, la pensée et l’âme sans cesse en éveil, l’œil et l’oreille toujours au guet, imprimant ainsi aux générations juives l’atavisme d’une vitalité mobile et calculatrice, active et réflective à la fois.

Elle sait que la spontanéité intellectuelle et morale, commandée par la puissance du calcul et de la circonspection, elle sait que l’initiative réfléchie, la volonté souple et forte, la ])ersévérance résignée et indomptable sont les seules armes qui assureront à ses enfants une chance de vaincre sur ce terrain inégal qui l’entoure.

Elle sait que l’Autorité enseignante du culte réserve à l’enfant devenu adolescent une instruction vivante, une éducation militante, et que, suppléant à sa maternité et la continuant, elle ne lâchera plus cette jeune Ame, une fois reconnue valable.

C’est pourquoi, comme elle enseigne à sa couvée l’amour du Père, elle lui apprend aussi le respect des Maîtres, qui seront ses juges et ses protecteurs, et la vé- nération des Savants qui, pour elle, comme pour Anne mère de Samuel, sont les rayons vivants du Dieu de la totale Connaissance.

A son tour, le Père rentre au logis, de sa campagne diurne à l’Emporium de la ville; et, tout à son pieux et cl^ste foyer, il prêche d’exemple l’économie, l’intelligence Æictiye, le sa,yoir-faire, le labeur incessant, la rési-

gnation, l’effort persévérant, que chaque jour renouvelle, ef que rien ne décourage.

Il raconte les obstacles, les déceptions, les humiliations dévorées en silence, l’appui des siens, et enfin le succès lentement calculé, poursuivi, obtenu.

Le Samedi, le chandelier à sept branches s’allume; la Maison s’orne pour une divine fête; elle va recevoir le Roi du Royaume éternel; elle s’emplit de clartés, de chants, de prières; et le Dieu Vivant, saintement glorifié dans ces humbles vies, change la demeure du vaincu et du captif en un Sanctuaire qu’illumine un pur triomphe moral, et où la vraie Liberté ouvre des ailes insaisissables jusqu’au plus haut des Cieux.

Le Père et la Mère, l’Époux et l’Épouse sont Un, comme lÊYÊ est Un ; l’Homme n’a obtenu la Femme qu’après de longues années d’attente religieuse et de douce servitude; et ils jouissent pieusement du Ciel même sur la Terre, de la Loi du Règne de Dieu.

Aussi l’Enfant ne passe pas entre les Deux, entre l’Autorité de la Mère et le Pouvoir du Père, et il ne règne pas au foyer par la division des parents, et la folie et l’égoïsme ne gouvernent pas les familles, au lieu et place de la Sagesse et de l’Amour.

Le Pouvoir de l’Époux met l’enfant à genoux devant l’Autorité maternelle; l’Amour et la Sagesse de l’Épouse le courbent doucement devant la Justice du Père; et, tous à la fois, se prosternent librement devant l’éternelle Sagesse et l’éternel Amour.

Telle est, dans son essence première, la Famille juive; telle était, dans toute l’antique Société de l’Agneau et du Bélier, la Famille telle que Ram l’avait constituée.

Mais pour oi;ganiser ainsi, du haut du Ciel de l’Entendement humain, la Famille terrestre à l’image de son Type céleste, il faut, soit un pur rayon divin comme celui des Abramides et de Moïse, soit la totalité de cette Religion universelle, de cette Synthèse de toutes les vérités de la Science et de la Vie, que Ram mit dans la tête de son Gouvernement Général.

Tous' les cultes de la Terre ne sont que les divisions politiques de ce faisceau de clartés, et le but suprême de la Sagesse et de la Science est de réassembler leurs rayons, comme Corps enseignants, dans une même Autorité de lumière, dans un même Soleil éclairant la Vie organique et la Vie de relation de toutes les Sociétés.

Or, s’il garde pieusement son Mosaïsme exotérique surbaissé, le Judaïsme, pour son malheur, depuis l’absorption des anciens Pouvoirs sociaux par le Pouvoir politique, a tout à fait perdu de vue ce but universel, et ne le soupçonne même plus.

Cette môme famille juive, encore puissante grâce au faible rayon cultuel qui l’éclaire, se dissoudra encore, aussitôt que la pression du malheur ne sera plus là pour rappeler les Corps enseignants à l’esprit voilé de l’antique Autorité.

Tout Organisme social est un Corps spirituel, appartenant à l’Ordre intelligible et, par conséquent, aux Sciences divines spéciales à cet Ordre.

En vain le matérialisme, que son idole soit la matière même, le marbre ou le bois sculpté, le métal coulé en. figures ou les lettres d’un livre, fût-ce une Bible, veut-il s’élever à la hauteur d’une Autorité réelle.

N’ayant plus, avec la Science ésotérique, la force de ^ l’Esprit, ni l’efficacité de la Vie, il n’est plus de taille à

autoriser, à subordonner, à contrôler le Pouvoir politique, et, même du sein d’un Culte, il devient lui-même ce Pouvoir.

Et du haut en bas, tout ressent son impuissance, depuis l’État jusqu’à la dernière des familles; et, par la multiplication des sectes, l’Anarchie descend et dissocie, jusque dans le dernier des foyers, le dernier coin de Ciel des idées et des sentiments divorcés des Principes universels, qui seuls les orientent et les éclairent.

Nous verrons bientôt le caractère primaire de l’œuvre d’ailleurs si utile d’Esdras; nous verrons ensuite les Juifs, avec leur territoire et leur temple de pierre redevenu leur centre politique et purement clérical, reprendre leurs errements anarchiques, la Famille, ce moule des caractères, se dévier encore comme le Pouvoir impuissant, les sectes, les formalismes, les partis, les fanatismes, puis les guerres civiles, ouvrir de nouveau la porte à l’invasion, au Gouvernement Général de la Force, à la mort nationale et à l’Enseignement terrible du malheur.

Puisse ce malheur, qui dure depuis plus de vingt siècles, contribuer à rendre les plus intelligents des Juifs attentifs à mes Missions.

Elles n’ont qu’un but, c’est de démontrer que, pour les Sociétés humaines comme pour les individus, il n’est pas de bien particulier d’assuré en dehors du Bien gé- néral de l’État Social terrestre tout entier.

C’est donc du redressement de la Loi de ce dernier par la Sagesse et par la Science que dépendent le salut et le bonheur de toute nation et de toute race, quelle qu’elle

Et, dans ce redressement, aucune n’est supérieure à aucune autre que par l’effort qu’elle fait de toute son

intelligence et de tout son cœur pour toutes les autres.

Mais n’anticipons point.

L’histrion couronné, Nabuchodonosor, a joué sou rôle brutal sur cette scène insipide du Gouvernement Général de la Force, et il est mort, ayant fatigué inutilement toutes les Sociétés ambiantes et épuisé la sienne jusqu’à la moelle des os.

Puisse l’Essence éternelle de toute Vie, qui rend à toute Ame ce qu’elle en a reçu, donner à celle-là plus de paix qu’elle n’en a donné à son temps!

Son (ils, Evvil-Mérodach, vint jouer, à son tour, l’impuissante comédie de son Pouvoir politique; puis ce fut Nergalassar, puis Baltassar.

Entrons dans la salle impériale du festin : voilà l’empereur en fête, narguant le roi de Perse, qui assiège en ce moment Babylone.

Au soleil de mille flambeaux, dans les scintillements de l’or et des pierres précieuses, dans le miroitement des dents blanches, des regards et des squi’ires, centre adulé des femmes et des grands de sa Cour et des ambassadeurs du Monde entier, ce tout-puissant d’ici -bas fléchit sous le poids de son impuissance.

Il a la nostalgie effrayante du Pouvoir sans Contrôle, et il est sombre, et il s’ennuie à périr, méprisant l’Humanité qui se courbe à ses pieds, et ne s’estimant pas luimême de marcher ainsi sur sa tête.

Inattentivc au bruit des orchestres, sa [)ensée est au tielà, et envie peut-être le sort du dernier des pâtres mangeant librement son pain noir.

Il n’écoute même pas ses aides de camp désespérés, qui viennent des tours battues par les machines de siège

11 ne sait même plus encourager de son exemple et de

sa reconnaissance ce dévouement militaire, d'autant plus admirable dans tous les temps, que les gouvernements, qu’il sert et couvre de son héroïsme et de sa vie, le mé- ritent moins.

Baltassar est un civilisé énervé; il ne croit plus au mal, il ne croit pas au bien; il se reproche le Nemrodisme, et n’abdique pas, n’ayant pas la foi ni le génie nécessaires, non seulement pour ramener l’Empire arbitral du Kousha, mais même pour défendre son empire

Daniel l’a averti, et il lui a vaguement promis quelque chose, dont il ne se souvient plus.

Soudain, le maître du Monde a pâli, il se lève, égaré, ses mains lâchent sa coupe d’or, et une sueur froide l’inonde, et il tremble de tous ses membres, et il retombe en arrière, les yeux cloués devant lui.

Là, sur cette muraille, du fond des temples lointains, la Magie sacrée fait apparaître une main fluidique sans corps.

Elle monte, elle descend, traçant de l’index, en caractères antiques, trois hiérogrammes mystérieux, relatant le Trinitarisme de Ram, la Loi d’ünité harmonique de l’État Social terrestre et de toute Société particulière : Manè ! Thécel ! Pharès !

Tel était en effet le cri symbolique de toutes les Sociétés dissociées entre elles et en elles-mêmes : Nombre! Poids! Mesure! ce qui, dans l’idéographie antique, signifiait le retour à l’ancien Système universel : Science, Justice, Économie.

Alors, pendant que le bélier bat les fortifications de sa métropole, Baltassar affolé envoie chercher Daniel, et

il l’implore, et sans doute, il promet de laisser rétablir au-dessus du Gouvernement Général du Monde l’Autorité de l’Enseignement universel; mais Irop tard.

Chaque heure de la nuit est marquée par autant de désastres.

C’est la Nivit-Bel qu’entr’ouvrent les brèches par lesquelles passent les armées de Darius le Mèdeet de Cyrus, c’est tout un pan de l’Imgoum-Bel qui s’écroule, et l’envahisseur se rapproche, broyant l’un après l’autre sous ses coups les régiments babyloniens et toute la garde impériale.

La lueur des incendies fait pâlir les flambeaux de la salle du trône.

Un éclair de courage jette Baltassar sur un poignard, et le sceptre de fer du Nemrodisme change de mains et de peuple à la fois, mais non d’impuissance finale.

La suite de l’IIistoire est trop connue pour que nous ne la descendions pas à grands coups d’aile.

Plus les temps ont été éloignés de l’époque actuelle, plus j’ai tenu à les éclairer d’une lumière intense, parce que c’est dans cette antiquité reculée qu’il faut chercher les Principes du Gouvernement Général du Monde, dans le Bien d’abord, tant que l’Autorité de la Sagesse et de la Science y présida, dans le Mal ensuite, quand la passion du Pouvoir eut foulé aux pieds et démembré cette Autorité.

De ces Principes, les conséquences précipitent jusqu’à nous leur trajectoire avec la rigueur géométrique d’un boulet de canon.

Le Monde tout entier subit et subira de plus en plus ces conséquences désastreuses de la rupture de l’ancienne Synarchie universelle.

Trois peuples cependant, ou plutôt trois intellectualités sociales distinctes, car c’est là ce qui constitue les nations et les races, .trois anneaux de l’ancien Cycle, ré- sisteront au choc de tous les Pouvoirs politiques des autres nations.

Ce sera d’abord l’Inde brahmanique, sauvegardée contre toute fusion avec ses conquérants par la réforme de Christna.

Ce sera ensuite la Chine de Fo-IIi, où, malgré ses tentatives, le Pouvoir restera jusqu’aujourd’hui soumis à l’Autorité de l’Enseignement, qui se subordonnera tous les envahisseurs.

Ce sera ensuite, non la Judée, mais les Juifs, et voici

Comme Judée, comme nation politique, ils périront frappés par leur sacrilège contre la Loi organique, du Règne de Dieu dans le Genre Humain, et qui consista à tourner le dos au Programme universel de Moïse et au Dorianisrae des Abramides, en s’alliant au Pouvoir césai'ien, né du schisme d’Irshou et connu dans l’ancien langage des temples sous le nom de f'ils de la Femme.

Voilà pourquoi ils perdront leur Existence politique ; mais, du même coup, retombant sur leur vieille Constitution sociale, ils demeureront indissolubles, comme le sont les Ghèbres en Asie.

Si ces Enseignements ne sont pas décisifs, il faut désespérer de toute possibilité d’arracher l’Histoire à son rôle de courtisane du succès politique, et de l’élever à celui d’une Muse de la Science sociale et religieuse.

Nous jetterons un coup d’œil rapide sur la fortune du Césarisme universel, dont le support est désormais la

Perse, en attendant la Grèce d’Alexandre et la Rome de Jules César. •

Opposant le Mal au Mal, la Grèce se hérisse en ce moment, quitte à en périr plus tard, de municipalités politiques, pour résister au droit de conquête de cette monarchie également politique.

La monarchie persane reprit entièrement la suite d’affaires du Roi des rois de Babylone, et se mit en campagne pour le noble motif d’exiger partout le tribut.

Ce furent d’abord les Lydiens qui payèrent, écrasés par les armes de Cyrus, en 548.

Puis ce fut le tour de Tyr et de Sidon, grâce à la prise de Babylone.

D’un autre côté, la même Économie de grand chemin fut pratiquée jusqu’aux rives del’Indus.

En 525, Cambyse, en sa qualité de Roi des rois, non de Justice, mais de Force, vint ravager l’Égypte, et lui prendre à la fois la bourse et la vie nationales.

En 512, ce fut le tour des Touraniens d’Asie, des Scythes d’Europe, et, bientôt, de la Grèce, se portant solidaire de l’indépendance de l’Ionie, et s’unissant sous l’action des Prêtres du Temple dorien de Delphes.

Les Juifs étaient forcément, ou de plein gré, avec les Césars persans, parmi leurs soldats, parmi leurs étatsmajors et même à la tète de leurs troupes.

Pendant ce temps, ils obtenaient les importantes concessions grâce auxquelles Esdras ramena une certaine partie de son peuple en Palestine.

Tous les efforts de la politique juive tendaient du reste, depuis plus d’un demi-siècle, à s’assurer ce point d’appui, comme auparavant celui des (iésars de Niuivc et de Babylone.

Tout aussi peu arbitral que son prédécesseur touranîen de Babel, le nouvel empire pseudo-iranien de Suze avait pourtant, en Perse même, à compter avec un parti clérical qui offre beaucoup de similitude avec celui de Jérusalem, et dont ITntellectualitc influera singulièrement désormais sur celle de la Judée : Anges et Messianisme.

Le dernier Zoroastre venait de résumer en bréviaires écourtés les débris des anciens Livres sacrés du premier chef d’Ordre de ce nom, débris dont l’ésotérisme était aussi peu compris alors que celui des écrits de Moïse.

Un fait analogue se passait en Chine pour les Kings, dont Confucius, un prud’homme de génie, donnait la moyenne morale, à la façon du bonhomme Franklin, tandis que Lao-tsée, esprit d’une plus haute envergure, en avait tiré les Principes de son École ésotérique.

En Perse, c’était le Pouvoir qui présidait à la liquidation des théologies précédentes, mais seulement, bien entendu, pour déblayer ses voies politiques.

Bu reste, il ne s’en acquittait pas j)lus mal que les cléricaturcs, qu’il avait surbaissées depuis si longtemps.

Be même que Darius, fils d’Hystape, s’était servi du dernier Zoroastre pour balayer tant bien que mal l’Entendement oblitéré de ses fonctionnaires cléricaux ou universitaires, de même Artaxercès se servit de l’élite des Lettrés Juifs pour réduire leur culte à son minimum d’efficacité sociale, universelle, et à son maximum d’obé- dience locale à ses vues politiques.

Tout cela fut très certainement discuté d’avance par l’empereur, non seulement avec Esther, non seulement avec les ministres impériaux de nationalité juive, Mafdochée, Néhémie, llatach et Harbona, mais aussi et sur-

tout avec ce qui restait du Corps des Mages, descendants des Hébreux primitifs de l’Hébyreh. • '

Il en résulta un remarquable édit du Roi des rois, seul témoignage qui, dans les livres d’Esdras et de Néhé- mie, intéresse la Religion et la Sociologie universelles, en exceptant cependant l’édit antérieur de Cyrus.

Gomme ces documents honorent jusqu’à un certain point l’empire politique, que j’ai eu, et que j’aurai si souvent à juger à de pires fruits, je me fais un devoir de les citer : voir Ezra,'VII, 12-26, pour l’édit d’Artaxercès, et Ibid., 1, 2, 5, 4, pour l’édit de Cyrus.

Le décret de Cyrus porte un singulier cachet dévot, particulier aux anarchistes césariens qui, sans Contrôle juridique, sans Autorité sacerdotale au-dessus d’eux, ont néanmoins la prétention de tenir d’un droit divin, sié- geant quelque part dans les nuées, les biens qu’ils doivent à la spoliation des territoires et au massacre des souverainetés qui les entourent.

Une Mme de Krüdner, orientale et juive, était certainement derrière ce décret que voici :

« lËVÉ, Dieu du Ciel, de qui je tiens tous les royaumes de la Terre, m’a ordonné de rebâtir Sa Maison à Jérusalem, en Juda. »

Ce texte prouve que la politique juive, peu soucieuse des autres temples doriens, témoin ceux de Thèhes et de Delphes, avait espéré subordonner mystiquement au sien rimpérialat persan, et qu’elle avait failli réussir, grâce à la velléité du bon Cyrus de se canoniser luimème, en faisant confirmer par les représentants dégé- nérés d’IÊVÊ son système de Gouvernement Généi’al par l’Arbitraire , grand antagoniste de la triple Loi du Règne

t Tout atitre est l’attitude^. d’Artaxercès plus ou moins travaillé contre les Juifs par les Samaritains.

Aussi règlc-t-il la question juive d’une manière peu sentimentale, et qui ne prêle le flanc à aucune confusion de Pouvoirs clérico-politiques.

« Artaxercès, Roi des rois, à Ezra, Cohen, maître scribe t< en la Loi du Dieu du Ciel, et comme suit :

a Ordre est donné par les présentes dans mon empire « que quiconque du peuple Israélite, des Cohénirn et « des Lévites, a la générosité de te suivre à Jérusalem, « ainsi soit-il. »

Ici, le ton est peu mystique, et le César y parle dans la pleine conscience de sa fonction terrestre, au lieu et place de la Loi de IfiVÊ, qu’il éclipse absolument.

Dans les derniers versets de l’édit, la subordination politique à ce Pouvoir Césari en s’impose comme un rou* lement de tambours.

« Par moi, Artaxercès, ordre est donné à tous les rece- « veurs impériaux, etc., etc.

« Quant à toi, Ezra, institue des fonctionnaires et des « juges..., et quiconque n’observera })as la loi de ton « culte et la loi impériale, qu’il en soit fait prompte « justice. »

C’est donc bien le parti clérical juif qui est autorisé à réorganiser en Palestine la nationalité politique, sous le couvert et avec l’appui du Césarisme persan.

Ces faits ont une extrême importance présente et à venir.

Ainsi, déracinée de Jérusalem, en 586, par l’empire arbitraire sur lequel son sectarisme l’avait induite à s’appuyer, la politique juive y était réimplantée, à force d’habileté, mais toujours subordonnée au Gouvernement

Général de la Force, cp qui est le contraire du rôle de l’Autorité universelle. , .

C’est donc le Nemrodisine qui va cbntinuer à présider fatidiquement la Vie de relation des Sociétés liumaines et à déprimer de tout son poids toute leur Vie organique, intellectuelle, juridique, économique.

Ce même Nemrodisine, continuant par l’Apothéose babylonienne à éclipser et à rendre nulle l’Autorité divine sur cette Terre, aura beau changer de masque de théâtre et de premier plan national ; il aura beau passer d’Asie on Europe, se dire fils de Jujiiter avec Alexandre, fils de Vénus et Souverain Pontife avec César, il sera toujours le Fils de la Femme séparée de l’Homme, comme disait l’ancienne idéographie, il sera toujours le grand schisme, l’Anarchie politique, couronnée ou non.

Et cela sera ainsi jusqu’au jour où, du fond de l’ésoté- risme dos Communautés laïques d’Israël, un vrai Prêtre, Jésus, le Christ, repoussant toutes les tentations du Satan politique, reprenant le Programme social du Mosaïsine ouvert, arrachera du Cœur, de l’Ame et de la Conscience des peuples celte môme Apothéose impériale, la lavera et la purifiera dans son sang, et l’emportera, pour la rendre directement à Dieu, dans les refuges inaccessibles de Son Règne.

Je vais maintenant suivre ici de très près la réforme cléricale qu’Esdras imposa au Judaïsme, sous le couvert et avec l’appui préalable du Césarisme persan.

Mais, pour éclairer cette réforme, il nous faut remonter à celle qui en fut le point de départ, cent soixantequatre ans auparavant.

J’ai relaté plus haut qu’à cette époque, on avait retrouvé par hasard un livre de la Loi donnée par Moïse,

ft’est-à-dire jin texte ^analogue, ^ cèi^K des Juifs depuis Esdfîis, mais à ceux des. Samaritains de Naplouse.

De cette découverte, était résultée une certaine ré- forme cultuelle et pédagogique, marquée d’un caractère purement primaire.

Tel est le véritable point de départ de l’œuvre d’Çsdras, et nous ne le quitterons pas, sans en tirer les justes conséquences.

Nous avons vu, à propos du môme fait, qu’llelcias, alors grand Prêtre, s’était adressé au scribe Shaphan et ^ son fils Ahikam, lesquels ne comprenant pas plus que lui le texte moïsiaque, avaient eu recours à la Section ionienne du Conseil des Dieux, ou de ce qui en restait.

Les Communautés laïques lui avaient indiqué la prophétesse Holda, qui avait rétabli tant bien que mal le sens exotérique.

Helcias et sou Collège clérical étaient partis de là pour accomplir une réforme purement formaliste et brutalement iconoclastiquc.

Le caractère primaire de cette dernière, plus cléricale que religieuse, plus politique que sociale, prouve peu en faveur de l’intellectualité et de la science d’Helcias et de tout son Sacerdoce surbaissé.

Mais elle démontre une fois de plus l’oubli total de l’idéographie moïsiaque par cette même cléricature, que la Politique a depuis longtemps fait déchoir de son grand et magnifique rôle de Conseil de Dieu et d’Autorité sociale.

Seules, certaines Communautés d’initiés laïques ou de Prophètes des deux Sexes gardaient donc, plus ou moins rotiillées, les clefs de l’hermétisme moïsiaque, et, pour leur propre sécurité, n’en livraient que le sens exotérique au Sacerdoce dégénéré en parti clérical.

Pour,que^lê lecrtejjr ;ie Tâche pas le fird’J^rîane que je lui ai déjà rpis entré les mains, je lui rappelle encore ipi que cet hermétisme, ainsi que la larfgue morte dans laquelle le législateur des llébreuxTavait incrusté, étaient tels que Moïse lui-mêrne devait livrer à Josué, au Chef de sop Conseil des Dieux, les clefs orales de ses écrits, sous peine qu’ils demeurassent lettre close. [Exode, ch. VII,

Aucun doute n’est donc plus possible au lecteur sur ce fait : l’hébreu, ou plutôt la langue des temples d’Osiris, telle que Moïse l’employa, est hermétiquement scellée, îdcographiquement écrite, et ne peut se comprendre sans clefs.

Le Sacerdoce, l’ancien Conseil de Dieu, devenu, grâce à la Polilique, une simple cléricature officielle, a-t-il, oui ou non, gardé ces clefs scientifiques, depuis l’ancantisscnient de l’Autorité par le Pouvoir, de la Synarchie par la Monarchie sans Contrôle, c’est-à-dire depuis Saul?

Le fait du grand Prêtre Ilelcias recourant à la prop hô- tesse Ilolda répond non à celte question, et cela, d’autant plus qu’il montre que ce Sacerdoce n’a pas su conserver le texte de la Loi.

Le Corps des Initiés laïques, l’ancien Conseil dos Dieux, tant de fois décimé par la Politique et réduit enfin par elle à se renfermer de plus en plus dans le mystère de ses Communautés, a-t-il mieux conservé ces clefs perdues par le Sacerdoce?

Le fait de la prophétesse llolda aidant Ilelcias à dé- brouiller le sens exotérique de la Loi, et à baser sur ce rétablissement sa réforme disciplinaire et primaire, ré- pond oui, jusqu’à un certain point.

Jusqu’à un certain point, car il y avait beaucoup de Communautés laïques.

l’ius elles étaient savantes, plus elles se tenaient

éloignées du Pouvoir paiitiqüe, c>^pri»i^^

ejt moins elles parlaient, sûres qu’èllés étaiçint- -de Courir, à la mort, sans produire le moindre bien^Social, tè Sæer* doce enténébré n’étant plus l’Ai|tprité mais le Pouvoir,, ou l’instrument de ce dernier- ’ * v v, :

Si ces Communautés laïques, débris studieux et savants de l’ancien Conseil des Dieux supplanté dans.soii Pouvoir de Justice par la Monarchie, avaient. cru possible d’agir efficacement, elles n’eûssent pas manqué de le faire? càr l’Histoire est là pour dire que la mort n’effrayait guère dé -tels hommes, depuis les soixante-dix tués par Abimélee jusqu’à Jésus-Christ. * -

Mais, ne l’oublions pas, le grand appui social de l’Université laïque, qui, seul, eût rendu son action efficace, Israël, ou, si l’on veut, les dix tribus ont cessé d’exister.

Et il n’y avait pas, pour les Communautés laïques dont je parle, à chercher cet appui dans le Sacerdoce de Juda : le fait précédent en est une indéniable preuve, car il montre à quel point la Politique avait influé sur ce dernier.

Cette analyse organique du jeu des vieilles institutions qui sous-tendent l’Histoire juive est indispensable, si on veut la comprendre, et tirer de la Bible un profit pour les Sciences sociales et pour la Religion du Règne .universel de Dieu.

Avec les Israélites des dix tribus, le bouclier vivant des prophètes et de la Tradition ésotérique a disparu; et il est bon de se souvenir que ces mêmes Israélites, à l’encontre des Juifs, représentaient le Mqsaïsme ouvert, l’Universalisme allié aux Temples métropolitains d’Égypte et d’ailleurs, comme nous l’avons tant de fois prouvé.

\ Ç’esK jjwsWiiMwi ce passé quelle cléricalisme de Juda .persécutera jusque dans le Talmud.

CJest ‘pourquoi si, depuis l’an 720, la prophétie ne meurt pas tout d’un coup, elle perd, en Juda, son caractère secial, *pour en revêtir un littéraire , qui n’était jauUement dans le goût de l'ancien Conseil des Dieux, et * qui conpive plus ou moins avec la politique intérieure et élraogère de Juda.

'Déjà, en 727, Michée, 3, 9, 12, avait pu flétrir la vénalité des prêtres, des prophètes et des juges de Juda.

On ne manquera pas d’avoir à la pensée les grandes et glorieuses figures d’Isaïe, de Jérémie, d’Ézéchiel, et je . vais répondre à cette légitime inquiétude.

Isaïe est un grand philosophe religieux, un éblouissant lyrique, un Sénèque doublé d’un Sophocle; mais son action sociale, presque entièrement limitée à la littérature, connive tout justement avec la mauvaise politique étrangère de son peuple, comme nous l’avons démontré.

Or, si cette politique manquait absolument de Principes de Morale universelle, elle manquait également d’Intellectualité universellement motivée, en ce qui regarde les conditions du Règne de Dieu sur la Terre d’alors, témoin les prophéties contre l’Alliance avec l’Égypte, ch. XXVIII à XXXIII.

C’est donc à la fois un admirable poète-prophète, mais aussi un politicien juif, qu’Isaïe, et non un prophète Israélite de la taille d’Élie et d’Élisée, ni, encore moins, de celle de tous leurs devanciers du deuxième Conseil.

Jérémie est un cohen juif, ou tout au moins unfîls de clerc; et il se rattache ainsi au parti clérical de la tribu de Benjamin englobée dans celle de Juda.

C’est de son temps, et sans lui, que la prophétesse

Holda^aide Helcias, le grand Prétrte/danâ sa réforma» discipjiinaire et primaire.

Ce fait prouvp quHl y avait des degrés dans l’üniversité ' laïque (les Prophètes, et que, derrière les orateurs et les» écrivains qui parcouraient les villes juives sous le eon-- trôle du parti clérical, il y avait, dans les CorhmunautfS laïques, des Savants, hommes et femmes, ne parlant pâs, n’écrivant pas, ne donnant ainsi aucune prise au Pouvoir, et se vouant à l’étude de l’ésotérisme moïsiaque dans une vie purement religieuse.

’ Ces Sages renfermés désormais dans le silence avaientils conservé leurs ramifications secrètes dans les Mystères des Temples orthodoxes d’Égypte et d’ailleurs, conformé- ment au Mosaïsme ouvert et à l’Universalisme d’Israël? t

Oui, et je n’en veux pour preuve que le fait suivant.

En 587, pendant le siège de Jérusalem par les Babylo- . niens, Jérémie est jeté en prison, puis dans un cul de basse fosse.

Or, c’est un Initié égyptien, Ebed Melech, qui vient le sauver.

C’est également une armée égyptienne qui fait momentanément lever le siège aux troupes assyriennes, après leur avoir infligé pendant la nuit des pertes énormes.

Jérémie appartient au parti clérical de Juda,et a prêché la soumission au Césarisme babylonien; mais sa déli^ vrance par Ebed Melech n’en prouve pas moins que si la politique juive l’oubliait, la Religion de l’Alliance universelle des Orthodoxes, autrefois chère à Israël et à ses dix tribus, ne l’était pas moins à ceux des Égyptiens qui avaient passé par l’épreuve du Buisson ardent.

Ici, pour éclairer l’avenir, je dois poser et résoudre une autre question.

Les ÇoBiiHunâultél d’iuitiés laïques, «eules gardIltaDe's gd^ormais de TÉsotérisme moïsiaque et de soi| Programme social univeiisel, étaient-elles liiqitées à la seule d>aîestiue? ‘ ^

' Sans recourir à d^utres preuves, si l’on interrogée la Bible de Juda, ellej répond formellement non, à cette question, et cela, à diverses époques, dont je ne citerai que trois :

Celle de Moïse et de son premier Temple, celle de Salomon ou du second temple, celle enfin de la ruine de ce second temple, le politique, qui est, si l’on veut, le premier temple de pierre.

k l’époque de l’exode et du Temple social, je ne veux pour preuve de l’existence de Communautés israélites, non seulement hors de Juda, mais hors del’lsraêl du Dé- sert, que tous les Éthiopiens ayant pour Métropolitain le beau-père et le Maître de Moïse, le Raguel Jéthro, sans parler des Égj'ptiens orthodoxes, restés en Égypte même.

A l’époque de Salomon, une fois la Synarchie moïsiaque oubliée en Juda, je ne veux pour preuve du même fait que la reconstitution de cette dernière dans une autre partie de l’ancienne Éthiopie, sous les auspices de la reine de Saba, maîtresse de ce même Salomon.

Enfin, à l’époque de la Captivité, je ne veux pour preuve du même fait, sans parler d’Israël essaimé aux quatre vents, depuis l’an 720, que l’émigration, en 586, de plusieurs Communautés juives, parties de Mitspah, et ré- fugiées en Égypte, antique asile des Prophètes d’Israël.

Ces disséminations de Communautés sont loin de s’arrêter là, puisqu’un grand nombre, non seulement d’Israélitls, mais de Juifs, resteront, même après la Captivité, en Assyrie, en Perse, dans les Indes, et, en Europe même, où, suivant la fortune maritime des Phéniciens, elles s’étendront jusqu’en Espagne et jusqu’en Gaule.

Mais les trois âûts bibliques précédents suffisent à éta<» blircec^t

La Tradition ésotérique, la garde du Programme social de Moïse avait des fidèles laïques, plus intimemeut unis aux Métropoles de l’ancien Monde que ne pourrait le faire supposer la politique sectaire du cléricalisme juif, fruit d’une intellectualité surbaissée.

Ce fait n’a pas moins d’importance pour les Israélites aiSuels que pour les Chrétiens.

Pour les Israélites, et j’entends par ce mot pour les Juifs véritablement moïsiaques et non pas seulement esdraïques et talmudistes : puisque ce fait est la garantie de la préservation possible du sens ésotérique des cinquante Chapitres de Moïse, et puisque, du même coup, il témoigne que, depuis les Communautés dont je parle, jusqu’aux Esséniens et aux Thérapeutes, depuis ceux-ci jusqu’aux Kabbalistes, et, par eux, jusqu’aux Templiers et à la Maçonnerie primitive, le Programme social de l’Épopte du Sinaï n’a pas cessé d’avoir, sous le bonnet du Savant, sous la cotte d’armes du Chevalier, sous la dalmatique de l’ancien Rose-Croix, de loyaux et solides gardiens.

Pour les Chrétiens, puisque «térisme de Moïse est la source pure de l’Int^ et de la Promesse de

leur culte, et, par consé Programme social trini-

taire de Son Divin Fo*^

11 n’est pas indif. ,uer d’avance qu’avant

de rayonner au dehoi jeur des masses popu-

laires, pendant trois an jn publique de Jésus fut, par Lui, préparée et calculée à coup sûr jusqu’S Sa trentième année, mais où? -

Dans le seul temple'^de Jérusalem, gardien clérical de la lettre morte?

Il répond Lui-Même que -des temples pareils se rebâ- tissent en trois jours.

Non, ce ne fut pas là : ce fut dans ces mêmes Communautés ésotériques, débris de l’ancien Conseil des Dieux, derniers asiles ouverts sur tous les Sanctuaires de l’Agneau et du Bélier, qui gardaient cet ÉVANGILE DU ROYAUME qui fit venir les Rois Mages à Bethléem, et prêcher Jésus, comme on peut le voir dans saint Matthieu.

Saint Matthieu, ch. IV, v. 23 : « Et Jésus parcourait toute a la Galilée, enseignant dans les Synagogues, prêchant « l’ÉVANGILE DU ROYAUME. »

Revenons maintenant à Esdras, que nous sommes sûrs de voir désormais en pleine lumière.

Appartientil à l’une de ces Communautés laïques? Non, mais au parti clérical de Juda, dont il est le premier politicien.

Il est maître scribe, comme dit Artaxercès dans son édit; il est prêtre, fils de Séraya.

Quoique docteur de la Loi, s’il entend et s’il écrit encore, comme langue morte, l’hébreu phonétique, extrêmement altéré et douteux, que Daniel lui-même écrivait très mal, par cela seul qu’il est prêtre, nous savons à n’en pouvoir douter qu’il n’est plus que le gardien de la lettre morte.

Aussi, ne nous y trompons pas : la grande Synagogue et ses soixante-dix, y compris Esdras, n’ont plus rien de l'antique Conseil des Dieux, ni du Conseil de Dieu.

Ce n’est* plus un Pouvoir Social, mais politique, que cette grande Assemblée de scribes et de pédagogues clé- , ricaux, fonctionnaires et juges du Césarisme persan.

Je n’en veux pour preuve que l’extinction absolue du Prophétisme, le seul Malachie excepté, à partir du troi-

sième léinple ou, si Ton veut, du secbnd temple de pierre*.

Cette Assemblée n’est pas un Conseil de Dieii, car les s j'nrboles certains de la Science ésotérique manqueront absolument au Sacerdoce à partir de ce temps, non seulement dans les Pouvoirs Sociaux et dans leur distinction si profondément accentuée par Moïse, mais aussi dans les choses mêmes du temple : Urim et Thumim, Shékimah; Présence réelle dans la Nuée, Feu sacre perpétuel, etc. , etc.

Du reste le Pontife Néhémie, ministre d’Àrtaxercès, ne viendra à Jérusalem, de 444 à 432, que comme gouverneur impérial, plutôt que comme grand Prêtre, et il s’empressera, après avoir réparé tant bien que mal le désordre local, de retourner à son poste de ministre.

Voici en quoi consista la réforme pédagogique et primaire d’Esdras.

Il changea les caractères primitifs de Moïse pour ceux des prêtres kaldéens avec la notation à l’assyrienne, qui constitue la première masshore.

Il confondit l’Autorité religieuse et la Direction politique, le Pouvoir juridique et civil, dans une seule Assemblée appelée grande Synagogue, assez analogue aux Conciles chrétiens, à partir du moment où la Théologie se doubla du Droit canon et du bràs ‘séculier.

Comme il arrive toujours, lorsque l’Intellectualité se surbaisse, le poids et le despotisme du formalisme augmentent.

Moïse n’avait exigé la lecture de la Loi devant le peuple que tous les septans, tellement, pour lui, la Religion était avant, tout sooiale.

Esdras l’ocigea tous le , sept jour$,'et il y ajouta celle

des livres des prophètes, sous le nom de ttàftaroth.

La lecture du texte s’appelait Mikra, la traduction du sens exotérique, telle que la prophétesse Holda l’avait indiqué plus d’un siècle avant, s’appelait Targum, et c’est là qu’il faut chercher la source des Targums écrits.

Ces translations d’abord orales se faisaient en idiome populaire, araméên.

Originellement (Mar Sutra, Sanh, XXI B), la loi était donnée à Israël en écriture ibri et en langue sacrée ; elle fut donnée, au temps d’Esdras, en écriture asshurith et en langue aramaïque.

Tous les décrets, toutes les communications de l’empire persan étaient adressés dans cette langue aux Juifs, dont le pays faisait partie de la satrapie syrienne.

Pendant les guerres syriennes, les oracles étaient re- çus par les grands Prêtres Johanan et Siraqn le Juste dans le Saint des Saints, en araméen.

Somme toute, le texte moïsiaque, de moins en moins compris dans son idéographie, se retire de plus en plus de la vie intellectuelle du temple, que remplace la pédagogie primaire, instituée par Esdras.

Néanmoins la préservation du texte, quoique transcrit en caractères nouveaux, est assurée, chez les Juifs comme chez les Samaritains, et cela suffit au but ultérieur et universel de Moïse.

Mais, en ce qui regarde le cléricalisme juif, à partir de cette époque plus que jamais, ce n’est pas l’Esprit de Moïse qui règne, c’est celui de ces théologiens scolastiques, réveillé par les Universités babyloniennes, mais singulièrement encombré par la poussière de la décadence de ces dernières.

A la place de l’égyptien moïsiaque, je sais qu’on afïèctëra de cultiver dans le temple un certain hébreu phoné- tique et cursif: Misanah,Boraithot Mechilta, Sifri,Sifra, anciens Midrashim, etc.

Mais le phonétisme lui-même éloignait de plus en plus du génie idéographique de Moïse cet hébreu, soit que les Cohenim affectassent de le parler, soit qu’ils s’évertuassent à l’écrire.

Telle est, jusqu’à nos jours, l’ornière dans laquelle se traîne et se perd la pensée juive, suite de la scolastique babylonienne , de la casuistique cléricale d’Esdras, à travers une littérature étiolée, sans sève, sans originalité et sans génie propre, sauf de très rares exceptions.

Même Gahen, dans son travail si méritant, au point de vue de l’érudition et de la somme d’efforts dépensés par lui dans sa traduction nouvelle de la Bible, n’aboutit qu’à une œuvre absolument stérile au point de vue de l’Esprit moïsiaque, ésotérique, qui seul pourrait et peut réconcilier cette même Bible avec la Science et avec la Religion intégrales du Genre Humain.

Aucune garantie, en effet, n’existe dans la position de ces points-voyelles et de ces accents toniques, qui accompagnent l’hébreu ou plutôt l’écriture assyrienne ; et il importe fort peu, soit à l’Esprit juif, soit à l’Esprit humain tout entier, que les hiérogrammes idéographiques de Moïse soient prononcés phonétiquement, surtout d’après les errements de langues absolument étrangères à la sienne : kaldaïque, araméen, syriaque, langue hellénistique, etc.

A quoi bon se battre les flancs et suer pour dire et écrire Mardechai au lieu de Mardochée, lérouschalaïme au lieu de Jérusalem, Yirmiahou au lieu de Jérémie, Jeschaïahou au lieu d’Isaïe, etc., etc.?

IjC moindre grain de mil feraitfmieux les affaires de Moïse et d’Israël tout entier.

De même qu’une des grandes causes de stagnation de rintellectualité européenne git dans le sectarisme historique des Universités commençant leurs enseignements à partir de la Grèce, et dans leur manie scolastique de faire écrire aux malheureux enfants le latin et le grec, au lieu de leur en faire comprendre le génie et les pensées ; de même aussi, les Universités cléricales, juives, ont piétiné sur place depuis Esdras, sans faire avancer l’accomplissement intellectuel et social de leur Promesse.

C’est Jésus et la Chrétienté qui y marchent pour elles malgré les directions cléricales et universitaires.

Je dois faire ici pour les œuvres des Conciles juifs ce que j’ai fait précédemment pour celles des Samaritains, et en donner un rapide historique.

Dans l’origine, les Soférim, ou politiciens cléricaux de la grande Synagogue d’Esdras, avaient décrété que les Targums, ou Traductions, ne seraient point écrits.

Pendant quelque temps, la tradition et l’explication désignées sous le nom de Targums furent faites par des membres de bonne volonté, sous certaines règles, qu’on trouve çà et là : Mishnah Meg ; Mass. Sofer, XI, 1 ; Maimon. Hilch. Tephill., XII ; Oracb. Ghaj., 145,1, 2.

Mais bientôt les salariés prirent la place des volontaires, et ne jouirent que d’un médiocre respect.

Aucune bénédiction, disait-on, ne peut résulter de leur lecture, puisque, par elle, ils gagnent de l’argent le jour du Sabbat.

On allait même jusqu’à leur imposer silence publiquement, avec peu de révérence.

<f il vaut mieux entendre le rebut des ^ges, e’est-à- ' « 'dire les prêcheurs ou Darshanim,quela psalmodie des « imbéciles, c’est-à-dire les lectures des Méturgemanim :

« Midr.Koh.,VII,5.

17.: « On écoute les Darshanim qui parlent « tout bas, et on n’entend pas les cris des Méturgema- « nim qui. vocifèrent comme des fous. »

Les premiers, en effet, remplacés plus tard parle Chacham ou Président d’ Académie, prononçaient tout bas le texte moïsiaque à l’oreille des seconds, qui en hurlaient ensuite la traduction et l’interprétation à la foule entière, en faisant monter et descendre la voix comme dans nos psalmodies.

Du reste, il est facile de comprendre que ce métier d’interprèle devait finir par être insoutenable, même avec salaire.

C’est sur lui que portait toute la responsabilité, tant vis-à-vis de l’enclume que vis-à-vis du marteau, tant devant la foule que devant les Darshanim ou le Chachani.

Les augures du texte moïsiaque n’en comprenant plus le sens ésotérique, faisaient retomber sur ces pauvres diables souvent en loques les vices d’une traduction, qu’ils auraient été bien embarrasses d’améliorer euxmêmes devant le public, et ce dernier, toujours peu généreux, ne manquait pas de témoigner son manque de considération à ces infortunés boucs émissaires.

Le Talmud, Kidd. 49, montre dans quel dilemme inextricable le malheureux qui interprétait la Loi se trouvait étranglé :

« Quiconque traduit un verset mot à mot est un « menteur, et quiconque y ajoute un seul mot est un « împiect un blasphémateur. »

Il fallait d{E»iic uif pressant besoin de gagner, le joürdù Sabbat, deux maigres Sélahim par leqture,pour se meUrë ainsi la corde au cou.

C’est pourquoi on se résolut à en finir, en couchant sur le papier tout le corps de la Loi oralement transmise depuis Esdras, et qu’il faut bien se garder de confondre avec la Transmission orale des Communautés laïques dont j’ai parlé, et qui n’est connue q^e partiellement sous le nom de Kabbale.

L’enseignement et l’interprétation de l’Écriture entremêlés dans les Targums s’appellent Darash.

L’encombrement de littérature casuistique et scolastique, qui depuis le retour de l’exil, remplaça la puissante intelleclualité des prophètes, et continua à se multiplier après la destruction du troisième temple, pendant dix siècles, est généralement comprise sous le nom de Midrash, Commentaire.

Les deux principales routes de cette forêt de papier s’appellent Hallachah, l’Allure, ou règle de la' marche, Haggadah, l’On Dit, ou la Légende.

C’est sous ce dernier chapitre que les Communautés ésotériques ont laissé transpirer un peu de leur Science : Kabbala, Shémata.

lies premiers recueils de l'Hallachah sont un mélange inextricable de droit civil et de droit canon, de politique nationale et de méthodisme individuel, de lois divines et humaines, enchevêtrées et se ramifiant dans des dé- tails infinis.

Cette œuvre, d’ailleurs intéressante à consulter à bien

des points de vue, évoque les noms fameux d’Hillel, d’Âkiba et de Simon, B. Gamaiiel.

Mais la rédaction Bnale est due à Juda Hannassi en 220 après Jésus-Christ.

Elle forme la Mishnah, de Shana, apprendre; et ses suppléments sont connus sous le nom de Toseftahs et de Boraïthas.

Antérieurs quant au fond, postérieurs comme écrits, sont les trois livres suivants :

Sifra ou Torath Kohanim, explication du Lévitique;

Sifri, explication des Nombres et du Deutéronome ;

Méchiltah, portion de l’Exode.

Les recteurs de la période Mishnaïque, après les Soferim d’Esdras, sont les Tannim, auxquels succédèrent les Âmoraïm.

Les controverses et les développements de la Mishnah par ces derniers forment la Gemara.ou le Complément,

Elle eut deux rédactions, celle de Palestine ou de Jérusalem, au milieu du quatrième siècle, et celle de Babylone, au cinquième siècle après Jésus-Christ.

La Mishnah et la Gemara réunies sont connues sous le nom de Talmud, continuation et conclusion de la ré- forme primaire d’Esdras.

Somme toute, le Talmud est une encyclopédie primaire de la vie intellectuelle, juridique et économique des Juifs, depuis qu’ils n’eurent plus de Conseil de Dieu, ni de Conseil des Dieux.

C’est le compendium de l’effort que ht leur pédagogie politique , semi-cléricale , sémi-laïqué, pour succéder

aux deux grandes directions nationales que je viens de nommer. , ,

Cette œuvre , dans laquelle les prud’hommes juifs . s’évertuaient à suppléer, dans le gouvernement des intelligences et des faits sociaux, à l’absence des anciens Prêtres et des anciens Prophètes, ressemble, toute proportion gardée, aux efforts similaires des Prud’homies de tout l’ancien Monde et du nôtre.

Ceci est tellement vrai, que, lorsqu’on*ne pouvait plus s’entendre, on recourait, comme dans les Conciles chré- tiens, au pire moyen d’élucider des questions scientifiques ou juridiques, au Suffrage.

Rien n’était plus contraire à la Sagesse de Moïse qui, laissant le Suffrage aux Assemblées locales, ne recrutait que par l’Examen les deux autres Conseils.

Voici un passage formel de VExode, XXIII, 2 : « Tu ne « suivras pas la multitude, car c’est mal.

« Dans une question indécise, tu ne feras pas pencher « la balance sous le poids du nombre. »

La seconde phrase commente la première, et le tout semble ne se prêter à aucune casuistique élastique.

Pourtant, les talmudistes ont trouvé le moyen de faire dire à cette injonction moïsiaque : « Il faut s’incliner devant la majorité. »

Or nous avons assez dit que Moïse n’admettait pas l'arbitraire d’un Pouvoir confus.

Les Pouvoirs sociaux qu’il avait institués étaiènt, au contraire, admirablement définis par les trois Ordres spéciaux de questions qu’ils avaient à régler.

Ainsi, de plus ep plus, par impuissance intellectuelle et sociale, les talmudistes abandonnant l’Autorité aux

majorités la nopient définitivement dans le. Pouvoir

. Us firent donc œuvre de troisième Classe sociale, et Aéanmoins gouvernèrent les intelligences et les faits, en usurpant les prérogatives des deux premières Classes disparues, mais sans remplacer leur double valeur spéciale.

Du reste, à partir de l’an 500 avant Jésus-Christ , ce fut la tendance générale.

Ce caractère pseudo-républicain a l’air libéral, mais en réalité, il conduit au pire des despotismes : celui des Oligarchies politiques.

Je dis au pire des despotismes, parce que les bévues et les fautes d’une telle direction sont sans recours et sans appel à une Autorité réelle, dont elle elîace le souvenir.

Le seul Arbitre suprême restait donc le Nemrodisme persan, macédonien, romain, byzantin, puis sa continuation dans le Gouvernement Général de la Chrétienté et du Monde entier.

Du reste, il faut tenir compte de la difficulté des circonstances et de l’embarras des Synagogues, les deux premiers Conseils n’existant plus, et le bras séculier de l’empire persan ne permettant pas de reconstituer un véritable Conseil des Dieux, en ayant recours aux Communautés laïques.

Aucune passion n’entre dans mes œuvres, et j’applique aux directions juives la Commune mesure sociale, i’Étalon dorien des Âbramides et de Moïse, grâce auquel ou peut et on doit déterminer avec certitude le

caractère oi^nîque de quelque Société que ce soit.

Un seul point important reste à indiquer,- celui qui regarde l’embarras des Synagogues et du Talmud au sujet de l’interprétation du texte de Moïse.

k partir d’Esdras, au lieu du triple aspect de l’hermé- tisme moïsiaque, dont J’ai parlé, les écoles cléricales en admirent quatre qui prouvent l’incertitude dans laquelle elles tombèrent.

De là le fameux mot persan. Paradis, épelé sans voyelles, P. R. D. S., clef de l’enseignement des Synagogues, qu’il ne faut pas confondre avec les clefs primitives transmises par Moïse à Josué et par celui-ci au Conseil laïque des Dieux.

Des quatre méthodes que désignent ces quatre lettres, la seule qui intéresse ici, est la dernière caractérisée par rS, Sod, le Secret, le Mystère.

Cette Science secrète avait très peu d’adeptes, par la bonne raison que les Communautés laïques exigeaient de très grandes garanties pour en ouvrir les arcanes.

De plus, ce que le Talmud en relate, donne moins la pensée de ces Communautés laïques que les on-dit de la Synagogue à ce sujet.

La Kabbale écrite proviendra de cette filière, et peu à peu tout le mot Paradis ne sera appliqué qu’à elle seule, en y comprenant la Création et le Chariot.

L’analogie avec les doctrines de l’Égypte, de la Perse, de la Kaldée a frappé tous ceux qui s’en sont occupés au point de vue de la Théodicée générale.

Je n’ajouterai ici qu’un mot à ce sujet, c’est que, dans les écoles gnostiques, le fameux mot Paradis indiquant la Science secrète, fut identifié au Christ glorieux, à l’ésotérisrae judéo-chrétien.

11 nous reste maintenant | à voir rapidement comment leTalmud conquit son droit de cité dans les Universités européennes.

Mais avant, il est bon d’apprécier ce livre et d’indiquer son utilité à bien des points de vue.

La Théologie comparée des Judéo-Chrétiens, des Musulmans et des Parsis, ne peut se dispenser d’y recourir.

Elle y trouvera un écho très confus, mais très précieux néanmoins, des civilisations égyptienne et surtout assyrienne, persane, syro-phénicienne et gréco-latine.

La Jurisprudence comparée devra y recourir pour les mêmes motifs, et couronner également cette étude fé- conde par le sommet de l’angle de comparaison : Coutume juridico-religieuse des Celtes, à l’Occident, Loi de Ram devenue Loi de Manou, à l’Orient, en confrontant cette dernière avec les Livres Chinois.

La Philologie comparée ne trouvera pas moins à glaner dans le Talmud, au point de vue des langues phoné- tiques, issues du schisme d’Irshou et mêlant leurs branches depuis les débris de l’empire babylonien jusque dans ceux de son successeur romano-byzantin.

La Médecine , l’Astronomie , les Mathématiques , les Sciences soi-disant occultes, trouveront aussi quelque miel à butiner dans ce vénérable grimoire.

Mais cette étude méthodiquement divisée demanderait au préalable un classement des matières, car tout cela est un peu comme un poème dans un encrier, comme un Monde dans un chaos primordial.

Je vais maintenant tenir ma promesse d’une notice relatant les vicissitudes du Talmud avant d’arriver dans nos Universités.

Quand les Conciles chrétiens, transformation de la

grande Synagogue, eurent fait à leur point de vue la même œuvre primaire, quand ils eurent ainsi amal^ gamé, à leur façon, leurs idées avec celles du Monde gréco-romain, ce fut une véritable querelle de frères à sœurs entre eux et les Synagogues.

Et quand Théodose fut venu armer du bras séculier les Prud’homies cléricales de la Chrétienté, la persé- cution ne manqua pas de poursuivre le Talmud, qui ne méritai! pourtant ni .cet excès d’honneur, ni cette indignité.

En 553, par exemple, le César Justinien, comme un simple Nabori-Assar, lança un décret d’interdiction contre le pauvre grimoire, sous forme de circulaire adressée au préfet Aréobindus : Novella 146, Péri-Ebraiôn.

Reprenant en mode de pédagogie primaire la suite d’affaires du Césarisme romain, l’Impérialat clérical des papes renchérit sur son rival byzantin.

Jusqu’à Clément VIII, et plus tard encore, ce fut un feu roulant d’excommunications.

Evêques, Empereurs, Rois, attentifs au bâton du Chef d’orchestre intellectuel de l’Occident, répondirent à son appel par un véritable tir convergent.

Bulle en tête, les anathèmes, les mandements, les édits, les décrets grêlèrent sur les Ghetti, et, sous ce couvert, les rois, très païens dans ce cas, ne manquèrent pas de presser jusqu’au sang l’éponge de l’épargne juive.

Au milieu de tout ce bruit, les moines, croyant sans doute que l’on criait sus à quelque sorcier formidable, couraient aux armes, et envoyaient des livres à la tête du nommé Talmud, comme Luther enverra son encrier au nez du Diable. »

Je n’exagère nullement, car voilà un brave capucin, Henri Seynensis, qui met lîf plume £^ü vent, et écrit dans un grimbire de controverse : Vt narrat Rabbiims Talmud, comme le dit le Rabbin Talmud I

Le sort du Talmud se trouve lié d’une manière inté- ressante à la naissance du Protestantisme.

Mais je ne dois pas omettre un fait datant de l’an 1 507, et qui honore la Papauté.

Liber damnabiln, avait écrit, en 128G, Honorius IV à l’archevêque de Cantorbéry, et, depuis, tous les politiciens de la théologie primaire de répéter : Liber damnabilis, damnabilior, damnabilmimm!

Pendant ce temps-là, aucun des persécuteurs ne s’était avisé de lire ce livre damné d’avance et par acte de Foi.

C’est alors, qu’en 1507, le pape Clément V, avant de condamner le Talmud, avait désiré savoir un peu ce qu’il contenait.

Mais aucun membre de son clergé n’ayant pu l’éclairer sur ce sujet, il avait dû ordonner la fondation, à Paris, à Salamanque, à Bologne et à Oxford, de trois chaires d’hébreu, de kaldéen et d’arabe.

C’était agir en Souverain Pontife; mais j’ai assez dit, dans la Mission des Souverains, comment la Politique invalida forcément l’auguste fonction du Souverain Pontificat.

Les Universités ne répondirent pas à l’initiative intelligente de Clément V; elles continuèrent à digérer leur latin de cuisine; et les persécutions contre le Talmud recommencèrent de plus belle.

Au début du seizième siècle vivait en Allemagne un certain ignoranliu fanatique nommé* Pfefferkorn, qui, sans doute pour justifier son nom, enfourcha plus que

jamais le dada du Talmud.en lui mettant du poivre sous

Muni de lettres de la princesse Kunégunde, sœur de l’empereur Maximilien, il vint trouver ce dernier à Pavie, et en obtint un décret de confiscation et de bûcher, sous réserve d’examen par une commission spéciale.

La confiscation eut lieu avec accompagnement obligatoire de persécution et de spoliation; mais ce ne fut pas au Talmud que le feu prit, ce fut au bonnet des universitaires de tous les pays.

Reuchlin, nommé président du Comité, était un honnête homme et un savant; et, quoique hon catholique, il savait l’hébreu rabbinique, ou plutôt le syriaque araraéen, mélangé de plusieurs langues.

Il venait de restaurer les études grecques en Allemagne, et il réclamait depuis longtemps une révision de la Vulgate sur le texte kaldéo-hébraïque : de là, guerre entre lui et Pfefferkorn.

Il répugnait au savant de prêter la main à la destruction d’un livre.

« Ce sont les Juifs qui l’ont écrit, criait l’igno- « rantin.

« Est-ce que Notre Seigneur Jésus-Christ n’était pas « Juif? répondait le docteur, est-ce que vous brûlez les « Evangiles?

« Pourquoi brûler ce souvenir des parents de Notre « Sauveur?

« Brûler! toujours brûler! vous n’avez que cela à la « bouche, vous autres!

« C’est un argument d’ivrogne : Bacchanten argu- « menti »

Le vaillant Reuuhlin ne manqua pas de se voir traité de Juif par tous les hiboux du monde ; mais il n’en per-

sévéra pas moins à lire et à traduire le Talraud, avant de le. condamner au feu.

Sa conclusion fut. celle de Clément V, et il demanda à l’empereur de fonder des chaires de Talmud, deux par Université.

Son rapport à Maximilien est curieux.

L’Empereur était grand amateur d’alchimie, et il n’y a pas longtemps que l’on conservait encore à Vienne des médailles d’or frappées en souvenir de certaines expé- riences.

« Supposez, Sire, qu’un idiot vienne demander à Votre « Majesté de livrer au bûcher les livres hermétiques : « Que répondrait-elle à un buffle et à un âne de cette « trempe? »

C’était ce qui s’appelle en escrime un coup droit, dont la bonne foi de l’Empereur se déclara touchée.

Mais le pauvre Reuchlin accumula ainsi sur sa tête tous les charbons ardents dont il sauvait le Talmud.

D’un bout de l’Europe à l’autre, professeurs et écoliers s’émurent, et ce fut une mêlée universelle de bonnets de théologiens et d’encriers en fureur.

Toutes les Universités du Continent et d’outre-Manclic mirent leur plume d’oie au vent, pour sauver, non le Capitole ni le Vatican, mais la bonne vieille théologie primaire et politicienne, celle de derrière les fagots, à laquelle Jacques Molé avait dit en mourant : Beala simpticitasi Heureuse simplicité I

Aussi la guerre des Talmudistes chrétiens au Talmud juif prit les proportions épiques d’un Lutrin colossal.

Enlever ce Lutrin des Ghetti, brûler ce Talmud : tel était le cri de ralliement des croisés ‘dé la férule et de l’écritoire.

Cinquante-sept Universités, la Faculté de Théologie de la Sorbonne en tête, prononcèrent contre lieuchlin leur fameuse condamnation.

Mais ce dernier, robuste Ajax, regarda tranquillement voler autour de lui les projectiles innombrables, tela sine ictu : pamphlets, journaux, caricatures, etc.

Cependant, Luther jetait son froc par-dessus les moulins et les blocs enfarinés de Sans-Souci, et un rude état-major venait se ranger aux côtés de Reuchlin : le duc Ulrich de Wûrtemberg, l’électeur Frédéric de Saxe, Ulrich de Huttcn, Franz de Sickingen, Érasme de Rotterdam, puis toute une armée, les Humanitaires, les Hôtes de Pallas Athcnê, les chevaliers du Saint-Esprit.

Comme on le voit, les Kabbalistes n’avaient pas perdu leur temps, malgré l’extermination de l’Ordre des Templiers.

Grâce à la politique espagnole du Saint-Siège, le Talmud devenait le prétexte de toutes les revendications de la liberté intellectuelle contre l’arbitraire dogmatique d’alors et contre la politique impériale résultant de cet

Puissent ces expériences historiques démontrer une fois de plus l’excellence du Programme social des Abramides, de Moïse, de Jésus : distinction absolue de l’Autorité et du Pouvoir, Contrôle de l’un par l’autre, remplacement de la Politique sans Principes par la Synarchie de trois Pouvoirs sociaux et spéciaux !

Puissent enfin tous les cultes judéo-chrétiens s’emparer de ce loyal programme intellectuel et social, redevenir ainsi la tête spirituelle des peuples et de toutes les Sociétés judéo-chrétiennes, et redresser dans Sa Majesté l’Autorité de la Science et de la Conscience universelles

au-dessus du Gouvernement Général de la Ruse et de la Violence!

L’avenir de la Religion judéo-chrétienne est là, et sans cet effort, elle continuera à périr, et, avec elle, la Judéo- Chrétienté.

Le rationalisme primaire du Talmud, fruit des Conciles juifs, opposé au dogmatisme également primaire des Conciles chrétiens, fut une massue dans la main deReuchlin, et il en frappa la routine universitaire, pendant que Luther s’attaquait à la réaction du Vatican contre le Concile de Constance.

C’est ainsi que le flambeau de la liberté laïque s’allume toujours au bûcher de l’arbitraire clérical, qu’il faut bien se garder de confondre avec le Principe de la Théocratie, car c’est exactement le coritraire.

Du fond de l’Italie même, on encourageait Reuchlin.

Ce n'est pas le Talmud que nous défendons en toi, c'est l'Église, criait Egidio de Viterbo au vieux docteur allemand : Non Talmud sed Ecclesiaml

La liberté eut gain de cause : le grimoire des Conciles juifs n’alla pas celte fois au bûclier, mais à l’impression, car la première édition complète en fut tirée à Venise,

Cette meme année, rassemblant autour de lui l’étatmajor de Reuchlin, Luther, à Wittemberg, brûlait, non le Talmud, mais la bulle du pape.

C’est ainsi que le Koran du protestantisme juif, datant d’Esdras, acquit, en Europe, son droit de cité universitaire dans le berceau du protestantisme chrétien, serviteur alors de la liberté, non des peuples, hélas! mais des gouvernements jaloux de tout Contrôle supranational.

Voir à ce sujet Mmion des Souverains, pages 180

La réaction césarienne n’en fut que plus violente contre le Talmud.

En 1553, prouvant qu’il n’en avait même pas lu le titre, malgré l’édition de 1520, Jules III appela ce malheureux livre Gemaroth Thalmud.

Paul IV en 1559, Pie V en 156G, Clément VIII en 1592 et en 1599, fulminèrent de nouveau.

Le Césarisme espagnol prenant la Papauté entre ses dominicains et ses jésuites d’Espagne, la contraignant à la réaction du Concile de Trente, faisait ainsi triompher, mais à quel prix ultérieur! sa politique de combat dans la discipline et dans la pédagogie primaire du clergé.

Pendant la seconde iiioilié du seizième siècle, le Talmud eut les honneurs d’une Jeanne d’Arc et d’un Grand Maître de T cmpliers.

Il fut brûlé six fois en place publique et par charretées.

Que de persécutions dans les Ghelti derrière ces autodafés!

Enfin, on finit j)ar où Clément V avait voulu commencer, et l’on se mit peu à peu à lire le Liber damnahilis.

L’édition de Bâle date de 1578 ; mais elle n’offre pas la garantie de celle de Venise, car elle fut faite sous l’æil d’un censeur armé, non seulemenl de ciseaux, mais d’un sans-gêne incroyable.

C’est ainsi que toutes les fois qu’il s’agissait de Rome, ce zélote ignorantin confondant la Rome des Césars avec celle des Papês, remplaçait son nom par ceux de Perse, d’Aram ou de Babel.

C’est ainsi encore que le mot Gentils a été remplacé aü hasard par ceuy d’Égyptiens, d’Araméens, d’Amalé- cites, d’Arabes et même de Nègres.

Mais quittons enfui ce sujet pour remonter à l’époque où le Neinrodisme persan occupait le Gouvernement Général du Monde.

CHAPITRE XVIII

L’EMPIRE PERSAN. LES SANCTUAIRES ET LES INITIÉS. LES GUERRES HÉDIQUES.

L’ANARCHIE HELLÉNIQUE. L’EMPIRE MACÉDONIEN. L’ASIE. LA JUDÉE SOUS LES GRECS. LE BOUDDHISME. LA CHINE.

Désormais, sans contrôle régulier, le Mal politique va continuer à tout dissocier et à s’opposer partout à luimême.

Le lourd Césarisme persan se brisera bientôt sur le hérissement des frêles municipalités grecques.

Celles-ci, à leur tour, formant dans leur ensemble une anarchie républicaine, verront, bientôt après, celte dernière passer de l’élat horizontal à l’état perpendiculaire, en se couronnant dans un empire macédonien d’abord, romain ensuite.

Tout se précipite vers une systématisation générale du Mal par lui-même.

Les lois, les mœurs, tout se régit, au gré des ambitions effrénées, au caprice des Pouvoirs jaloux de tout Contrôle et continuant à donner d’en haut l’exemple et l’autorisation de toutes les rébellions.

Pendant ce teûips, le Bien cherche à contre-balancer les maux que crée la Politique.

Il sort de ce qui reste des Temples, et opère, lui aussi, à travers les Enseignements, la Législation et les Mœurs publiques’, autant quelles Gouvernements le lui permettent.

D’un bout du Monde à l’autre, on fait la même œuvre qu’Esdras, on revient aux livres des anciennes Lois sacrées, perdus ou égarés dans la bagarre universelle.

Partout aussi, le sens des anciennes idéographies se perd, ou s’altère sous la multiplication des nouveaux symboles, car les Pouvoirs n’ont pas vainement abaissé et foulé aux pieds dans leurs sanglantes mêlées les Corps enseignants, les débris des deux premiers Conseils.

C’est donc une ère de destruction dans l’ordre politique et de reconstruction dans l’ordre intellectuel et moral.

On se hâte de monnayer les lingots de la Science ésoté- rique, et d’en livrer au dehors ce que la Loi des Mystères permet de soumettre à l’estampille du vulgaire, à la marque des gouvernements locaux, afin que l’ancien esprit reprenne cours, tout en s’abaissant de titre.

De même que le Sacerdoce juif a perdu le sens scientifique de ses textes, et a dû en emprunter l’acception primaire aux Communautés laïques, de même aussi le Brahmanisme s’est doucement endormi sur les Livres sacerdotaux; et voilà trois siècles que le sanscrit s’éteint et passe à l’état de langue morte.

Depuis onze cents ans, dans le berceau même de la Politique arbitraire, l’accadien est hors d’usage.

Depuis deux cents ans, Nabonassar, comme un simple anarchiste d’en haut, a brûlé, brisé, gratté, anéanti tous les monuments scientifiques des Kaldéens.

Cet idiot furieux, ivre de Pouvoir personnel, a absolument voulu établir une ère nouvelle* avec une sorte d’année à sa façon.

A l’heure de THistoire qui nous occupe l’écriture cunéiforme cesse, elle aussi, d’être comprise et usitéje.

En Grèce, il y a longtemps que les livres des 'Temples de la Thrace ont été brûlés par les politiciens, et les seuls débris qui en restent sont en Étrurie, en attendant que les hypocrites Pères Conscrits de Rome les fassent disparaître subrepticement, tout en jouant leur comédie de faux dévots.

A Delphes, les prêtres exhortent plus que jamais les Initiés à revenir aux hiérogrammes d’Orphée, à se péné- trer des Principes de sa Synthèse, et à en illuminer au dehors les manifestations de l’Art et de la philosophie vulgarisatrice.

En Chine, même caractère desefforts que font les Sages.

Les Rings oubliés sont de nouveau l’objet d’une ardente étude.

Forcés à une extrême circonspection, les Sacerdoces, plus saisissables dans leurs Temples que les Communautés et que les Initiés laïques, laissent agir ces derniers, ou les exhortent à l’action.

Les uns sauvent le texte môme des Livres saints, comme Esdras à Jérusalem, comme Tarquin à Rome, comme les prêtres en Égypte, avant, pendant et a])rès l’arrivée de Cambyse.

Les autres commentent l’cxotérisme en langue vulgaire, comme la grande Synagogue jusqu’à Simon le Juste, comme tous les chefs d’écoles dites, depuis ce jour, philosophiques, depuis l’Asie Mineure et les îles de rionic jusqu’en Chine et au Japon, où Sin-Mou accomplit la même œuvre que Lao-Tsée et l’école du ïao, que Kong-Tsée et son Académie qui va rédiger les Sséc- Chu.

Partout se réunissent des Conciles publics ou privés, analogues à la grande Synagogue.

Aux Indes, on s’assemble dans les cryptes des temples, oii transcrit .pour les laïques tout ce qu’il est permis de leur livrer sans manquer aux serments : fragments des Vedas, du Mahabarata, du Ramayana, etc.

En Perse, le dernier Zoroastre a également tiré de la poussière et sauvé de l’oubli l’ancien Zend-Avesta, dont il publie les abrégés tronqués, que nous connaissons sous les noms de Vendidad, Vispéred, Yecht-Sadès, Si- Rouzé, Boundehesh.

Mais l’œil de l’arbitraire impérial veille à ce que ces efforts ne ressuscitent pas l’antique Unité intellectuelle, de peur que l’Autorité ne se redresse au-dessus de lui.

De même tous les Pouvoirs usurpés dans le reste du Monde empêchent l’Alliance des temples de se refaire; et les uns frappent directement avec le glaive de la royauté, les autres, de différentes manières, sous le masque plus trompeur des tyrannies aristocratiques ou populaires.

En Perse, la Magophonie ou massacre des Mages a enlevé à leur Université toute espérance de reconstituer l’ancienne Synarchie de leurs douze tribus.

En Égypte, je dirai plus loin comment le Sacerdoce fut traité par Cambyse.

C’est pourquoi, partout où ils le peuvent, les Prêtres et les Sages se hâtent de faire leur œuvre réparatrice, en répandant les bienfaits de l’instruction et de l’éducation,

En 541 , le premier Concile bouddhiste se rassemble, et l’ère du néo-Iiamisme s’ouvre, comme autrefois celle des néo-Ramides.

Quatre-vingt-huit ans après, le deuxième Concile se réunit, et tend à un Sacerdoce complet, avec initiations ésotériques qui durent jusqu’à nos jours.

En Chine, les disciples de Kong-Tsée fondent leurs écoles publiques.

Comme leur maître, ils ramènent tout au simple bon sens et à l’intérêt bien entendu; ils relèvent le niveau moral des Lettrés, en abaissant l’antique intellectualité à une honnête moyenne de rationalisme et de philosophie populaires, qui subsistera jusqu’à nos temps.

Pendant que la vulgarisation accomplit ainsi son rôle utile, d’autres Sages, se distinguant des philosophes proprement dits, opèrent dans la hauteur et dans la profondeur de l’Esprit humain.

En ce qui regarde le Mosaïsme, nous avons déjà vu ce mouvement dans les Communautés laïques.

Partout également se fondent de véritables Ordres, disons le mot, des Sociétés secrètes, ou se rendant hermé- tiquement fermées à la police des Pouvoirs et à la servilité vénale de certains Sacerdoces.

Les Mystères réguliers ne sont plus sûrs.

L’immoralité gouvernementale souille de son venin les lieux et les choses les plus saints.

C’est pourquoi, dans le sud de l’Inde, on ne se communique plus certaines choses que dans certains endroits et sous certaines conditions.

C’est pourquoi on agit de môme chez les Birmans, chez les Ghèbres décimés, où la triple Initiation de Mithras est reprise sur de nouvelles bases.

C’est pourquoi, eu Chine, les adeptes du Tao se referment sur eux-mêmes.

En Grèce, en Ionie, dans les îles, l’activité des vulgarisateurs laïques ne s’arrête plus, à partir de l’an 600 .

Ce sont d’abord Solon, Thalès, Bias, Chilon, Pittacus, Clcobule, Anacharsis, Ésope.

Plutarque nous les montre s’inspirant et se réunissant Delphes.

Ils ressuscitent l’esprit orphique qui détermina la fondation des jeux jà certaines fins sociales.

Ils fondent des confréries, des écoles à double doctrine, Tune secrète et orale, l’autre vulgaire et livrée à l’écriture.

La Science est en dedans avec ses Principes fixes ; la philosophie est en dehors, et ne se présente plus que sous forme de discussion rationnelle, accommodée plus ou moins à l’opinion du vulgaire, et l’éclairant sans qu’il le sente trop.

A Samos, c’est Hcrmodamas qui ouvre aussi une école publique, où le Nazaréen Pythagore commencera son initiation.

En Italie, l’Étrurie avait formé d’autres Nazaréens, dont Numa, que les temples ont envoyé comme roi de Justice, pour donner un culte et des lois à l’anarchie des prud’hommes romains et à leur prétention d’être à eux tout seuls le sacerdoce en même temps que le gouvernement et l’attentat systématique aux anciens Sanctuaires et États métropolitains.

Sous Hcrmodamas, sous Thaïes, sous Phérécyde de Syros, sous Anaxiraandre, Pythagore adolescent, ayant épuisé toute la doctrine de ces maîtres, remonte à la source sainte où ils ont bu, et où Moïse lui-même a plongé jusqu’aux plus profonds des Mystères.

Muni de lettres pour le pharaon Aniasis, il fut admis aux redoutables épreuves de la Science sacrée, à Memphis, dans le temple de Neith-Isis.

Spn initiation dura vingt-deux ans sous le Pontificat du grand Prêtre Souchis.

Il parvint au plus haut grade du Sacerdoce, au moment même où l’infâme Cambyse envahit PÉgypte, s’acharna sur ses temples, saccagea ceux deThèbes et de Memphis,

détruisit avec fureur celui d’Hammon, pour effacer le souvenir de Ram et de l’ancienne Loi.

Quant au Sacerdoce, le bandit couronné le décima, exila ou transporta le reste, et le dispersa dans des pays lointains.

Avec une partie du Collège sacerdotal, Pythagorc fut conduit par une brigade persane à Babylone, où il dut forcément connaître le dernier Zoroastre et l’élite de la Captivité juive.

Son internement sous la surveillance de la police impériale dura douze ans, et il ne dut la liberté qu’à l’intervention de Démocède, médecin de Darius fils d’IIystapc.

Il n’alla à Samos, sa patrie, que pour y recueillir le dernier soupir de son premier maître, et emmener avec lui sa vieille mère.

Samos, comme les îles de Tlouic et comme l’Ionie asiatique elle-même, était alors écrasée par le Césarisme persan.

Temples, écoles, sciences, lettres, tout s’était éteint sous ce stupide despotisme; et Pythagorc évite de le subir de nouveau.

Partout où il passe, il va au Temple, au cerveau et au cœur de la Société antique.

Eu Crète, il est avec Épiménide dans les Sanctuaires du Jupiter Idéen.

A Elis, il est aux Jeux Olympiques.

A Delphes, on le voit parmi les Amphictyons.

Il confère longlemi)S avec les prêtres d’Apollon ; longhnnps il s’entretient avec la Pythie, qui était alors Théoclée.

A Eleusis, il préside les Mystères.

C’est ainsi qu’il porta au Sacerdoce et aux Amphictyons grecs les informations les plus précises au sujet des projets de la Politique impériale, et qu’il contribua à

organiser d’avance la résistance au Nemrodisme persan. . Si l’on considère que l’Égypte va bientôt tenter de s’affranchir, on né peut pas hésiter à accorder à la fratcrnité sacerdotale des anciens Temples un rôle capital en faveur de la liberté.

Pythagore se fixa ensuite à Crotone, dans la grande Grèce, et y fonda son Ordi#, Académie publique au dehors. Communauté laïque au dedans.

Cet Ordre et cette Académie furent doubles : Ijistitut d’hommes. Institut de femmes.

La sagesse, la science, l’éloquence, la beauté du Maître groupaient autour de lui tous les Lettrés de Locres, de Sybaris, de Métapontc et de Crotone.

On accourait de toutes les villes d’Italie et de Grèce pour suivre scs enseignements dans toutes les J)ranches de la Connaissance et de l’Art.

A soixante ans passés, l’Epopte de Memphis épousa une de ses disciples, Thcano, jeune fille d’une grande beauté, qui s’était prise d’une passion enthousiaste pour lui et pour son œuvre qu’elle dirigea après sa mort.

La règle de l’Ordre était celle des Temples d’Égyple.

La tenue était la tunique de lin blanc, celle de tout l’ancien Sacerdoce de Ram.

La triple adoration se faisait à l’aurore, à midi, au coucher du Soleil, accompagnée d’hymnes et de chœurs et suivie d’ablutions, d’exercices de gymnase et de danses comme dans les Communautés d’Israël.

L’Initiation à la Science ésotérique ainsi qu’aux Arts sacrés était lente; l’épreuve morale durait sept ans; les Mystères avaient comme partout quatre degrés mesurant les quatre hiérarchies de connaissances, dont nous avons si souvent parlé. .

La Communion se pratiquait, à certaines fêtes astro-

nomiques, sôus les mêmes espèces que les Orthodoxes : pas de sacrifices sanglants, pas de vin ni de.viande dans le régime ordinaire.

La Science secrète ne devait jamais être écrite.

On ne résumait qu’en vers, suivant les anciennes coutumes, la série des Enseignements ; et ces aphorismes exotériques suffisaient aux Initiés, qui y revoyaient immédiatement le fond sous la forme.

C’est ainsi que les Ven dorés nous ont été conservés : voir Fabre d’OIivet.

L’influence de l'Ordre sur l’opinion et sur les mœurs de la Grande Grèce fut bientôt tellement considérable que les anarchistes émissaires du Sénat romain ne manquè- rent pas de s’en alarmer.

Sybaris fut agitée par une révolution, et le peuple ameuté se rua sur les Pythagoriciens envoyés en ambassade et les massacra.

Crotone n’hésita pas à lever une armée de cent mille hommes commandée par Milon, son gouverneur, qui infligea une sanglante défaite aux démagogues de Sybaris.

Mais la faction domptée releva plus tard la tête, et vint agiter Crotone elle-même, sous la conduite d’un misé- rable nommé Cylon, que Pythagore avait chassé de son Institut.

Les bandits mirent le feu à la maison de Milon, pendant que le Maître s’y trouvait.

Il était alors aux dernières limites de la vie humaine, quand, suivant Diogène Laërce, il périt dans l’incendie.

Théanopritla tête de l’Ordre, et même après son mari, elle le conduisit magistralement.

Un de leurs trois fils fut le maître d’Empédocle; une de leurs filles, Damo, résista à toutes les offres d’argent,

et garda fidèlement certains Commentaires que son père lui avait coqfiés.

Comme les anciens prophètes hébreux, comme tous les autres Conseils des Dieux, l’Ordre fut plusieurs fois décimé et dispersé, d’abord à l’instigation des ignares politiciens, ensuite sous l’incitation du fanatisme ignorantin des premiers Chrétiens.

C’est ainsi que la belle et savante Hypathie, qui enseignait l’astronomie à Alexandrie, fut coupée en morceaux sous le vestibule de l’église chrétienne.

Sa tête, son tronc, ses membres sanglants furent traînés sur le pavé par une populace ivre de fanatisme, qui brûla sur la place publique ces restes lamentables.

Ceci se passait au milieu du cinquième siècle, sous le nouveau patriarche d’Égypte, Cyrille, qui venait de lâcher la même meute sur les Juifs, que ces misérables, indignes du nom chrétien, avaient volés et assassinés.

Néanmoins, l’Ordre pythagoricien subsista presque jusqu’à nos jours, ainsi que les Kabbalistes, quoique sous des formes extérieures parfois bien différentes.

Je ne veux citer ici qu’une des tentatives nombreuses de cet Ordre pour ramener le Gouvernement Général de la Sagesse et de la Science antiques.

Vers le milieu du quinzième siècle, à Constantinople, c’est un membre de l’Ordre, Gemitus Plétho, qui demande au chef de l’Église grecque une division de l’Enseignement chrétien en quatre hiérarchies de connaissances, et s’offre d’en donner les Principes.

Il propose ensuite une révision de la Constitution de ia Chrétienté.

Gennadius, qui était alors patriarche, moins soucieux de Principes et d’intérêts généraux que de bien boire, de

bien manger, de jouer aux cartes et aux dés et de dormir tranquille, ne manqua pas de répondre par la bonpe vieille théologie de derrière les fagots.

C’est pourquoi, au dessert, il rendit un anathème, et envoya au bûcher le mémoire de Plétho.

L’Ordre se dispersa alors dans les villes emporocraliques d’Italie, comme autrefois les Abramides en Kaldée ; et les Médicis nommèrent Plétho président de l’Acadé- mie que Cûme avait fondée à Florence.

Dans le présent siècle, une autre tentative eut lieu près de Napoléon 1", avant son départ pour la campagne de Russie.

Mais passons, et retournons dans l’ancien monde, où nous verrons l’Affiliation pythagoricienne jouer en Grèce un rôle capital qui a échappé aux historiens.

Je ne suis entré dans les détails précédents que pour montrer la longue portée des Communautés religieuses de l’Antiquité.

C’est par ces organisations que les Principes des Arts et des Sciences furent sauvés de la ruine des Temples et des atteintes du Pouvoir, soit monarchique soit républicain, mais également anarchique sous ces deux formes, et forcément funeste à l’Autorité, quand il n’en reçoit pas la vie intellectuelle et morale.

Tels étaient, à l’époque d’Esdras, les efforts des anciennes Universités religieuses et les fruits qu’elles mû- rissaient pour le présent et pour l’avenir.

Le Nemrodisme recommença son éternelle histoire.

Cyrus avait rançonné l’Asie depuis le Touran jusqu’à l’Empire indien, qu’il avait dépouillé des deux viceroyautés du Panji^ et du Sind, pour les convertir en une brutale satrapie.

Cambyse avait mis la main surrAfrique, ravagé l^gypte, ruiné les villes sacrées, et traité, comme on sait, Psammenit, fils d’Amasis.

Il n’est pas mauvais néanmoins d’observer de près la conduite de ce Roi des rois, selon l’Ordre de Nemrod.

Memphis livrée au pillage fut incendiée.

Tout ce qui rappelait la Religion égyptienne fut brisé, anéanti et foulé aux pieds.

Le Pharaon conduit devant Gambyse fut chargé de fers, placé sur un tertre autour duquel on fit ranger les prêtres, les principales familles el la Cour du roi.

On fit alors avancer la fille du Pharaon, vêtue de haillons et suivie de toutes ses filles d’honneur pareillement travesties.

Puis ce fut le Prince royal et les deux mille jeunes gens qui avaient été ses camarades d’initiation.

Tous, avant d’être immolés, avaient le mors à la bouche et le licol au cou.

Psammenit, à ce spectacle, refoulait ses sanglots ; mais il n’en fut pas maître, en apercevant dans cette foule lamentable un de ses plus intimes conseillers brutalement traîné par des soldats persans.

Gambyse était là, sur son trône, et il demanda au Pharaon pourquoi, maître de lui jusqu’alors, il ne l’était plus maintenant.

Voici la réponse du roi vaincu :

« Les malheurs de ma famille sont trop grands, et ce sont les miens; mais la vue de ce serviteur ainsi maltraité m’arrache des larmes de compassion. »

Non seulement l’Égypte, mais les oasis furent décimées et ravagées.

L’Éthiopie seule repoussa l’envahisseur.

Ce fut au retour de cette dernière campagne, véri-

table défaite pour lui, que Gambyse renouvela ses atrocités contre le Sacerdoce.

Jusqu’à Alexandre qui sera reçu comme un libérateur, l’Égypte se débattra perpétuellement contre le Césarisme persan, et l’occupera par des révoltes continuelles.

Ainsi périt le dernier rempart armé de la Loi du Bélier, le dernier Tabernacle puissant de la Théocratie de

Le motif des guerres du Nemrodisme a été suffisamment développé ici et il se résume en deux mots : Violence et Spoliation.

C’est pourquoi nous venons de voir Pythagore passer dans sa robe blanche de prêtre égyptien à travers tous les Sanctuaires de la Grèce, et y porter le mot d’ordre de la résistance.

Il ne restait plus que l’Europe à assassiner et à spolier, il ne restait plus que le petit temple dorien de Delphes à anéantir, pour que, seule, la Loi du Taureau et sa conséquence politique gouvernassent désormais la Vie de relation de toutes les Sociétés de la Terre.

Grâce à la conquête de l’Égypte, l’époque des guerres médiques clôt définitivement Père de Ram, faute de rois de Justice pour lutter, les armes à la main, contre le JNemrodisme.

Le crime du Césarisme est complet, et il ne reste plus eu Afrique, ni en Asie, d’antiques Sociétés à assassiner et à voler, sauf la Chine trop lointaine.

Désormais la Force prime le Droit sans conteste, si ce n’est son opposition à elle-même.

Pendant cinquante ans, le Césarisme persan s’acharna sur la Grèce pour ‘fermer ses temples et lui imposer le tribut : de 500 à 490, Darius, avec Datis, Artapherne,

Mardonius; de 480 à 479, Xerxès avec Mardonius; de 470 à *449, Artaxercès Longue-Main.

Tous mes lecteurs ont eu à subir sur les bancs universitaires la traversée de ce pont-neuf historique qui s’appelle les Guerres Médiques.

C’est à peu près là, sauf un ou deux siècles, que commence l’Histoire positive, professée dans les écoles.

Grâce aux écrits sacrés et aux enseignements des civilisations asiatiques et africaines, nous avons pu, le flambeau de la Vérité à la main, remonter et redescendre le cours des siècles, pendant plus de six mille deux cents ans avant cette date.

Armé de l’Étalon dorien de Ram, des Abramides et de Moïse, le lecteur attentif ne peut plus se tromper, et il ne sera plus le jouet de l’Histoire superficielle des évé- nements qui mérite plutôt le nom de nécrographie chronologique, incomplète, que celui d’une Science humaine, ramenée à des Principes fixes.

Les anciennes Universités sacrées n’enseignaient l’Histoire qu’à la lumière de ces derniers ; elles résumaient les siècles, les dynasties, la vie des souverains, en les pesant au poids du Bien ou du Mal social, dans l’ensemble de toutes les Sociétés confédérées sous le Droit public du Bélier et sous l’Enseignement intégral de l’Agneau.

C’est pourquoi, non seulement chez les peuples asiatiques et africains, mais chez les Grecs eux-mêmes, il y aurait une extrême attention et des découvertes certaines à faire, en interrogeant les principaux hiérogrammes de ce qu’on est convenu d’appeler la Mythologie comparée.

Chez nous, Judéo-Chrétiens, l’Histoire est une indé niable école d’immoralité politique.

Pas de Principes fixes, pas de Méthode universellement applicable, pas de fil d’Ariane et pas de flambeau dans ce charnier et dans ce labyrinthe de l’Anarchie

De sorte que, à l’âge où l’Ame et l’Intelligence sont à l’état naissant et impriment pour toujours en ellesmêmes, avec une énergie d’assimilation qu’elles n’auront jamais plus, ce que l’Enseignement leur livre en pâture, l’écolier et l’étudiant sont invités à se promener sur ce boulevard du crime universel, eu pleine nuit, et à s’en tirer comme ils peuvent, eux, leur conscience et leur vertu.

Mais, comme l’Histoire est, quand même, la seule École de la Politique, concluez, et ne vous étonnez pas que sous forme de dégoût d’abord,’d’ambition ensuite, d’ignorance toujours, la Révolution se généralise de plus en plus, en bas, comme en haut.

A propos de l’Histoire grecque, comme de l’Histoire romaine, le professeur universitaire ne manque presque jamais d’enfourcher le dada de la République; et, en ce qui regarde la belle résistance de la Grèce au Nemrodisme persan, il y a cependant des raisons supé- rieures, autrement importantes à signaler que cette superficie trompeuse, dont Athènes est la sirène.

Depuis dix-huit cents ans, la Judéo-Chrétienté d’Eul ope n’a pas eu besoin d’aller se promener dans l’Histoire ancienne, pour voir défiler une série indiscontinue de Darius et de Mardonius, de Datis et d’Artaphernes, de Xerxès et d’Artaxercès avec des mains longues à n’en pas finir, quand il s’agit de spolier le territoire et d’abaisser la souveraineté du voisin, sans parler du tribut.

De même, depuis le plus grand jusqu’au plus petit.

chacun des peuples judéo-chrétié'^ $ également produit ^ plus de Miltiades, plus de Léonidas, plus de Thémistooles, plus d’Euryhiades, plus d’Aristides, plus de Pausanias, plus de Xantippes, plus de Cimons, que jamais républiques grecques n’en bannirent.

Sans doute, la Grèce repoussant l’envahisseur offre un bel enseignement; mais la Perse vaincue n’en est pas moins digne d’intérêt, puisqu’elle reste l’Arbitre de la Grèce jusqu’à ce que, posant sa couronne impériale et le poids de son épée sur l’Anarchie des Sociétés grecques, Alexandre vienne, et s’empresse de démolir cette même Perse.

Sans doute, Tyr gémissant à travers Isaïe et Ézéchiel donne lieu à de très beaux vers ; mais Samarie et Jérusalem accablées par le même Pouvoir d’iniquité ne prêtent pas moins à réflexion.

Sans doute, le désespoir d’Atossa va fournir à Eschyle un beau lieu commun, quoique peu généreux; mais qui dira jamais le désespoir de la Grèce elle-même sous la main de fer du Nemrodisme romain?

L’Histoire politique est comme les programmes que l’on vend au théâtre ; mais on attend vainement le lever du rideau, et l’action réelle n’est pourtant pas sur ce papier.

Les poètes épiques, instruits dans les Temples, ont vu la Vérité de l’Histoire, avant que les historiens exotériques, à partir d’Hérodote, ne commençassent à bavarder, en dehors du monument sacré, comme les touristes d’outre-Manche devant les ruines du Monde entier.

Les Dieux qu’un Valmiki, qu’un Homère, qu’un Virgile même font planer au-dessus de ces crises du Gouvernement Général des peuples, qui s’appellent des batailles

représentent les Prîncipes en conflit, et touchent de très près à la véritable biologie de l’État Social terrestre et à la Synthèse des Sciences. ' ■ •

Plus haut encore, du fond de l’Initiation suprême, Moïse dit en deux mots toute la Loi de l’ilistoire avant et depuis Irshou :

« Nemrod a éclipsé Koush, la Force a succédé au Droit public, l’ânarchie couronnée, érigée en Empire, a voulu faire oublier la Synarchie universelle et l’Impérialal arbitral. »

Jésus, dans sa prière, verra mieux que les historiens ce même fond de toute l’Histoire, quand il dira : « Adveniât Ilegnum Tmm, fiat Voluntan Tua, simt in Cœlo et in Terrai »

Moïse regarde le Passé, Jésus l’Avenir; tous deux voient les faits à la lumière transcendentalement scientifique des Principes et des Fins du Règne de Dieu dans l’État social.

Certes, les héros grecs ont leur importance; mais ce n’est pas en eux qu’est leur raison d’être; c’est dans le moule social qui les fabrique encore, malgré la Politique anarchiste des Municipalités féodales de la Grèce et de leurs prud’hommes usurpateurs.

Ce moule social, c’est la Synarchie primitive d’Orphée.

Voilà pourquoi, témoin de l’écrasement de l’Égypte, victime du Césarisme persan, Pythagore va droit au centre et à la tête de la Grèce, quand il se rend au Temple doiûen de Delphes et à celui d’Olympie ou siégeait le Conseil des Amphictyons.

C’est, en effet, autour de cet axe de vie qu’Orphée, adoptant dans le» Sanctuaires égyptiens le Trinitarisme de Christna, avait reconstitué la Synarchie des douze

tribus de i’Hellade : Doride, Messénie, Phdbide, Locride, Béotie, Mégarie, Phliontide, Argolide, Achaïe, Elide, Arcadie; Ionie d’Athènes.

Conseil local des anciens, formant les Cours de première instance; Conseil général des Initiés laïques, connus sous le nom d’Amphictyons, et formant la Cour d’appel ; Conseil de Dieu, formant dans le Temple d’Apol* Ion delphien la Cour de cassation : telle était l’Hellade d’Orphée.

A partir de Delphes, son enseignement rayonnait à travers les autres Sanctuaires de Jupiter à Olyrnpie, de Minerve à Athènes, de Cérès à Eleusis, de Junon à Argos, de Bacchus à Thèbes, etc.

De plus, l’Éducation publique avait encore d’autres moyens d’action sociale dans les Assemblées que les Initiés présidaient sous le nom de jeux d’Apollon Pythien à Delphes, de Jupiter en Élide, d’Hercule en Argolide, sans parler des jeux olympiques, isthmiques, etc.

Voilà quelle était la véritable Grèce, c’est-à-dire l’État Social grec lui-même.

C’est au temple d’Apollon qu’on doit chercher l’Autorité, dans le Conseil des Amphictyons le Pouvoir de Justice de l’Hellade, dans ces deux Conseils, le secret de la Force intellectuelle et morale de la Grèce, la source d’où jaillirent toutes ses institutions civilisatrices, qu’il faut bien se garder de confondre avec les piètres empirismes politiques de ses républiques communales et de ses monarchies de canton.

Tel est enfin le moule social, vivant, dans lequel l’Esprit d’Orphée présent dans son œuvre frappa, par l’Initiation, les héros, les penseurs, les artistes, qui rayonnèrent son génie dans l’Humanité.

La Religion qui avait créé la Grèce, allait encore la

saüver, jusqu’à ce que la Politique la perdit à jamais. ,

A l’heure où Pythagore vint avertir tous les Initiés grecs, la Synarchie orphique était foulée aux pieds par une Anarchie générale.

La féodalité avait recommencé de plus belle, comme au pire temps des âges prétendus héroïques, multipliant, chez les Ioniens, les tyrannies municipales, les oligarchies d’argent aux dépens des démagogies pauvres, et, chez les Doriens, les aristocraties militaires féroces, les royautés de clocher.

Malgré Delphes, malgré les Ainphictyons, un couvent de prud’hommes n’ayant plus de Dorien que le nom, et qu’un Initié des temples d’Égypte, Lycurgue, avait essayé d’organiser, s’était dressé sur cette Anarchie générale avec une verge de fer et des lois de sang.

Comme Rome l’Italie, Sparte eût asservi toute la Grèce, et devancé l’Empire de’ Macédoine, quand Pythagore vint dans les Temples rappeler les principales divisions de l’Hellade à la nécessité de revenir au programme social d’Orphée.

Il était temps; car le Césarisme persan, après avoir accablé Tlonie asiatique, s’attaqua à tout ce qui, dans l’Europe orientale, rappelait l’ancien Empire dorique, du Caucase à la Thrace, à la Péonie et à la Macédoine, qu’il rendit tributaires.

C’était bien toujours la vieille guerre dé l’Anarchie césarienne aux débris juridiques de l’ancien Impérialal et de l’ancienne Théocratie, dont l’Autorité, dans toutes ces régions, était le Temple Solaire de Delphes.

Les Prêtres et les Initiés réussirent à étouffer, pour le moment, la rivalité politique des Doriens et des Ioniens.

Athènes futdigne de Sparte, et Pallasrépondità l’appel d’Apollon par Miltiade et Marathon.

LaThessalie, la Üpride, Thèbes, l’Argolide, l’Achaïe ne bougèrent pas.

La coïncidence du soulèvement de l’Égypte par les dé- bris du Sacerdoce avec la résistance des Temples de Delphes, d’Eleusis et de Minerve ne peut point échapper à l’observation.

Après avoir écrasé la révolte des Égyptiens, Xerxès roule sur l’Hellade un déluge de cinq millions d’hommes, moitié pour le c'ombat, moitié pour ses équipages de terre et de mer.

Comme autrefois le Césarisme assyrien, l’Empire persan rançonne toutes les emporocraties maritimes, et les force à lui fournir quatre mille cent sept navires de transport ou de guerre.

L’énumération que fait Hérodote des peuples qui composaient cette mer humaine, peut' faire juger du nombre des nations que le Nemrodisme tenait sous son joug, et dont il pressurait l’or et le sang : Persans, Bactrides, Saces, Mèdes, Cissiens, Hyrcaniens, Parthes, Korasmiens, Sogdiens, Gandariens, Dadices, Cassiens, Saranguéens, Pactyices, Ontiens, Myciens, Paricaniens, Assyriens, Ariens, Indiens, Arabes, Éthiopiens, Égyptiens, Paphlagoniens, Ligyens, Mathianiens, Mariandyniens, Syriens, Thraces, Cabaliens, Méoniens, Lasoniens, Milyens, Mosches, Tibaréniens, Macrons, Mosynæques, Mares.

La prédiction de la Pythie aux envoyés d’Athènes confirme ce que j’ai dit relativement au schisme féminin et à la politique césarienne qui en était résultée : « 0 di-. vine Salamine, .que tu seras funeste au Fils de la Femme! »

Ce Fils de la Femme c’est l’Empire arbitraire, actuellement persan.

Thémistocle, l’Initié, emporta en effet les Athéniens sur les flots à la victoire prédite par la voix sacrée.

Ce fut sous la même impulsion divine que les trois cents Doriens, Léonidas en tête, coururent aux Thermopyles, certains de se retrouver vivants après la mort qui les attendait.

On était à l’époque des Jeux olympiques et des fêtes d’Apollon Karnéen, qu’on n’interrompit même pas, malgré l’approche de l’invasion.

Un religieux enthousiasme embrasait l’Ame des Initiés, car ces Mystères n’étaient pas vains, depuis que Pythagore les réanimait.

Les historiens grecs rapportent aussi, au sujet du temple d’Apollon, des choses qu’il faut lire entre les lignes, étant donnés la loi religieuse et leurs serments.

Le Pontife de Delphes court au Temple.

L’armée persane s’approche, innombrable; elle va submerger la ville sainte, profaner, spolier, et détruire les Sanctuaires.

« Ne crains rien, tonne la voix du Dieu Solaire à son Pontife : Je me défendrai moi-même. »

Sur un mot d’ordre du Temple, la ville se vide, et devient muette comme un tombeau.

L’armée persane y entre, et les statues seules la regardent passer.

Quelques instants après, elle en ressort affolée de terreur, laissant les Sanctuaires intacts, et fuyant sans oser se retourner.

On peut voir, dans les historiens grecs, les flammes jaillir de terre, l’orage lancer des tonnerres innombra-

blés, le Parnasse ébranlé laisser rouler du haut de ses cimes des blocs de rocher; et je ne cite pas encore tout ce que je pourrais mentionner.

Miracles, diront les uns, mensonges, diront les autres, ni l’un ni l’autre, répondrai-je.

L’antique Science était encore là, dans ce Sacerdoce et dans ce Temple, avec l’antique Magie inséparable de TÉternelle Justice et de l’Éternelle Sagesse.

Ces merveilles que j’abrège, nous les avons vues sur le Sinaï ; et la source scientifique d’où elles sortent est la grande Initiation, qu’Orphée avait reçue en même temps que le législateur des Hébreux.

Et à l’heure où j’écris ces lignes, ces mêmes merveilles sont encore possibles, et la Science dont elles té- moignent existe encore dans les Sanctuaires de l’Asie : je n’en veux pour preuve, en ce qui regarde la psychurgie, que la lettre de l’Initié indien insérée dans le Gha pitre lY du présent Livre.

Ce fut le même Esprit qui enleva les Grecs à la hauteur de ces autres merveilles qui s’appellent Thermopyles, Salamine, Platée, Mycale.

Ce fut ce même Esprit qui, après les guerres médiques, apparut, comme une gloire aux mille rayons, éblouissant le présent et illuminant l’avenir.

Dans la Poésie lyrique, Anacréon, Pindare, Sapho, Corinne; dans la Poésie dramatique, Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane; dans la Musique, tous les précé- dents; dans l’Histoire, Hérodote, Thucydide, Xénophon; dans l’Éloquence, Démosthènes, Eschine; dans la Philosophie vulgarisatrice, Socrate, Platon, Aristote; dans la Médecine, Hippocrate; dans l’Architecture et dans la Sculpture, Phidias, Polyclète, Miron, JLysippe, Praxitèle; dans la Peinture, Zeuxis, Parrhasius, Apelle ; voilà tous

ces rayons flamboyants de la Gloire du Dieu du Temple Solaire, réinstitué par Orphée, réveillé par Pythagore.

Ne demandez pas à la Politique le secret de l’éclosion de ces génies.

Demandez-le à ces mères ; et elles vous montreront le Temple, car c’est là qu’était la Religion, seule Puissance créatrice, dans l’Ordre social, parce qu’Elle seule, avec la* Connaissance des Principes universels, possédait et possède la Science divine de la Vie, le plan réel de l’IInivers et celui de l’Ëtat Social de l’Homme.

Héritiers des philosophes grecs, ne vous y trompez pas, vous ne possédez que leur vulgarisation exotérique.

Mais ils étaient loin d’être irréligieux; et derrière leur vulgarisation, il y avait l’Initiation.

Vous aurez beau fonder des écoles laïques, athées, par opposition, je le sais, aux errements de la politique cléricale dans laquelle, depuis le Concile de Trente, vos Sacerdoces ont été compromis.

Vous n’engendrerez rien par cette voie, rien que la sté- rilité, rien que la médiocrité.

La Vie seule donne la Vie, et la politique de division ou d’opposition n’a jamais donné que la mort, surtout quand elle se subordonne l’Enseignement.

Vous instruirez mécaniquement la mémoire; vous l’encombrerez de tout ce que les sens peuvent soumettre à la raison ; mais c’est tout; vous n’atteindrez jamais l’Ame ; vous ne saurez jamais la cultiver; vous n’éveillerez jamais l’Intelligence; vous ne saurez jamais éduquer.

Vous aurez beau vous attaquer au moule de l’homme, après en avoir écrasé le germe dans sa fleur; vous aurez beau faire des lyc^s de femmes et attenter à la réserve de Dieu dans l’Humanité ; vous êtes la mort, et vous n’en-

gendrerezque la mort; vous êtes l’analyse et vous dé- truirez toute Vie sociale.

Sachez-le donc une fois pour toutes : ce qu’il y a de vrai dans celte Grèce, ce n’est pas la Politique; c’est l’Éducation religieuse; et c’est pour cela qu’elle vous a laissé un Testament vécu : la révélation du Beau, Splendeur vivante du Vrai.

C’est pourquoi, là où vous n’y voyez d’exemples à donner à la jeunesse que ceux des rhéteurs, des sophistes et des politiciens de l’Agora, j’y vois Pythagore, j’y vois Orphée, j’y vois les Temples, j’y vois la Synarchie primitive, la Loi sociale du Règne de Dieu, et je comprends, et je m’incline.

L’Hellade avait été constituée par Orphée d’une manière scientifique, conformément au Programme social de tous les anciens Temples.

Jusqu’à la guerre de Troie, elle avait gardé et observé religieusement ce Programme; mais ensuite le contrecoup de l’Anarchie politique et intergouvemementale de l’Asie l’avait atteinte comme l’Italie.

Alors, comme partout, les troisièmes Conseils avaient localement pris le pas sur les deux autres, dont ils s’étaient rendus indépendants, les uns, ceux des contrées agricoles, pour établir la domination de leur oligarchie oppressive, besautres, ceux des villes maritimes, poursuivre l’exemple des emporocraties phéniciennes.

L’Hellade étant ainsi fractionnée en autant de dominations locales et féodales que de villes, n’offrit plus que le spectacle d’une anarchie complète, vouée à une guerre civile perpétuelle.

Sur cel ensemble se détachèrent deux types opposés de gouvernement empirique ; Sparte ^t Athènes.

Les Spartiates furent une sorte d’Ordre militaire seinibarbare, appartenant à la réaction dorienne.la plus briitalement entêtée, grâce à une ignorance érigée en système.

Lycurgue organisa cet Ordre avec deux modèles dans la mémoire : la Crête et l’état-major égyptien d’Héracléopolis.

Il fit tout ce qu’il pouvait faire, étant donné le milieu dans lequel il opérait.

Mais en Égypte, l’état-major attaché aux Temples en cultivait forcément les Sciences et en subissait l’Autorité et l’Examen.

Au contraire, les Spartiates dédaignèrent, dés l’origine, toute science et, politiciens purement empiriques, ne comprirent jamais la Religion que comme un moyen de domination.

liOur organisation est trop connue pour que j’y insiste longuement.

Un sénat de trente vieillards ayant le droit de convoquer et de dissoudre les assemblées populaires; deux rois placés, cent trente ans après Lycurgue, sous la tutelle desÉphores; une sorte de communauté entre les membres de l’Ordre liés entre eux sous serment; au dessous, les inférieurs, les Ncodamodes, les Périèques, et enfin les Messéuiens et les Ililotes : tel est le caractère de cette Anarchie d’en haut, accablant des millions d’hommes sous l’arbitraire d’une poignée d’usurpateurs.

Possédant par la force l’intendance du Temple de Delphes, soit directement, soit médialement, ils s’en couvrirent, en le frappant d’impuissance, pour poursuivre un plan très arrêté de domination vis-à-vis des villes grecques.

A cet effet, ils s^’organisèrent de la manière suivante.

Se substituant au Conseil des Amphiclyons qui les eût

ftoyè liatt* k âjfoil ttottiittUb de VHettade, ils èlabUi'entt à' SjMSiTte même, u&e diète de leurs alliés; mais dans ces atiei&blèea, le sénat lacédèmonien ae relirait pour délibérer en secret.

Bê plus, à travers toutes les villes de la Grèce, et sous te eeuverl d'un Jterianlsme qui n’avait plus rien que de politique, ils flrent rayonner les fils d’une trame perfide- .Wienl ourdie, véritable Société secrète ou ïïètérie, qui, partout, avait l’air de n’ètre que locale.

ÀriStOlè nous a conservé la formule dû serment exigé des récipiendaires, toujours choisis parmi les usurpateurs qui avaient secoué le joug des Institutions unitaires de l’Hellade.

Voici une partie de ce serment : « te jure de com- <4 battre l’avènement du peuple au Pouvoir, et de lui « faire toute l’opposition qui dépendra de moi. »

Mais, même en cela, Sparte n’était pas plus sincère qu’en Religion, et elle ne se servait de celte sorte de IVanc-maçonneriè que pour diviser les villes grecques entre elles, en elles-mêmes, et en poursuivre la domlnaiten brutale, en y insiallanl ses llarmostes et ses soldats.

En effet, si l’Hellade avait recouvré son Unité trinilâire, les Xtnphictyons n’eussent pas manqué de rendre aux Laeenielis et aux îîessèniens tout ce que Sparte leur avait enlevé.

Passons maintenant au type gouvernemental, également empirique, mais diamétralement opposé à celui de Sparte.

A Athènes, ce fut aussi une aristocratie, mais d'argent, qui fonda la république, pour n'avoir plus l'ombre d'un Contrôle local, et dominer les Athéniens et les HétèqueS

â sa guise.

Quand Solon, initié aux îlyslères d'isis, en Egypte,

vint réorganiser Athènes, le despotisme des grands et des riches n’y connaissait pins de limites.

Le toux de l’intérêt était usuraîre,' et comme partout od la révolution et la féodalité avaient passé, le débiteur était réduit en esclavage.

Dracon avait été obligé, pour mâter cette Anarchie d’en haut, de recourir à une sévérité, qu’elle n’âvait pu tolérer.

Gylon avait essayé vainement de s’emparer d’une couronne.

Solon ne prit aucune de ces deux voies ; mais se saisis^nt de l’opinion, il s’en aida pour donner ses lois et sa constitution à une édilité devenue autonome et souveraine.

Diminution du taux de l’intérêt, liberté des esclaves pour dettes, indépendance de la personne des nouveaux débiteurs : tel fut tout d’abord le coup qu’il porta aux prud’hommes de rEmporiuin athénien.

U partagea ensuite le peuple en quatre classes, et exempta les pauvres de tout impôt.

Sénat de quatre cents membies proposant les lois â l’Assemblée du peuple, neuf archontes faisant exécuter ces lois, aréopage ou tribuiial suprême d’archontes sortis de charge, pouvoir censorial à ce dernier ; telle fut la Constitution de Solon.

U rendit le travail obligatoire, Athènes étant vouée par sa situation à i’Emporocratie comme Tyr et Sidon, et il exigea que l’esclave maltraité pût réclamer eu justice et vendu à un autre maître.

De plus, il arma le peuple par quartier, chacun ayant ses hoplites, sa cavalerie et son général.

Ces derniers étaient soumis à l’un des archontes qui gardait Voix prépondérante dans ce Conseil de guerre.

jbes généraux ne devaient rester qu’un an en fonction^ de peur tpi’ils ne tendissent à la dictature.

Gottie organisation est absolument empirique, et ses vicès nombreux doivent sauter aux yeux.

Néanmoins, La Bruyère s’écrie : « Quelle ville! quelles lois ! quelle police! » et son style va ainsi à cloche-pied pendant une page entière, d’exclamation en exclamations.

Mais Solon lui-même ne se faisait pas autant d’illusions Æur son œuvre, nous dit Plutarque.

On lui demandait si ses lois étaient les meilleures, et il répondit : oui, mais de toutes celles que les Athéniens pouvaient recevoir alors, ce qui est bien différent du point de vue de nos empiriques politiques.

Depuis longtemps, on ne pouvait remédier aux usurpations locales que par de l’empirisme, et dans le meilleur des cas, en éclairant ce dernier aussi sagement que possible : c’est ce que fit Solon.

Mais Sparte ne manqua pas d’avoir sa faction en permanence à Athènes, et Athènes elle-même était, comme tout gouvernement empirique, à la merci de tous les inconnus et de tous les imprévus du dedans ou du dehors.

Au dedans, les fonctions publiques, n’étant pas à l’Examen, furent à la brigue des particuliers et à la merci de l’opinion du plus grand nombre.

11 en résulta une poussée contre le fantôme de Contrôle que Solon, par l’aréopage, avait si sagement évoqué.

Athènes, comme toutes les démocraties empiriques, ne valut jamais que ce que valurent les hommes qui la dirigèrent, sans pouvoir l’organiser d’une manière sé- rieuse et durable.

Pisistrate lui-même ne put se maintenir qu’en faisant à la foule des concessions qui permirent à cette dernière de se livrer à la discrétion de la folie aussi bien que de

— fissia sagesse, 4^’un impur Alcibiade aussi bien que d’un pur Périclès.

Au dehors, Athènes, comme Sparte, devint la tête de trois ordres de Cités fédérées : Alliés, Sujets, Colonies.

Elle eut la sagesse de mettre tout d’abord le centre religieux de son empire à Délos, dans le temple d’Apollon,, comme Sparte avait la fourberie de se couvrir, à Delphes, du même Dieu.

Plus tard, le Sénat d’Athènes agit avec moins de prudence, en forçant les villes et les îles fédérées autour de son emporium à subir sa Juridiction immédiate, et à envoyer plaider leurs causes devant le tribunal de l’aréopage.

Quinze mille Athéniens avaient dix millions de tributaires ou de sujets.

Comme toutes les emporocraties, cette république n’avait donc pour ressort de sa puissance que le créditde l’opinion en dedans et en dehors.

De là, nécessité de montrer partout des escadres, et de se saisir des points stratégiques les plus importants, pour pouvoir défendre avec le moins de monde possible un Empire colonial, disséminé depuis la Chersonèse de Thrace dans toutes les îles et jusqu’en Italie, à Thurium.

Tels furent les deux pôles de l’empirisme qui empê- cha l’Hellade de recouvrer l’Unité savante de ses antiques Institutions.

Ces deux centres de fédérations rivales, l’une agricole et aristocratique dans le sens féodal de ce mot, l’autre industrieuse, commerçante et démocratique dans le sens des municipalités de notre moyen âge, donnèrent à toute

la Grèo» l’exemple, et, paivlear rivalité, la possibilité de lijgues similaires.

De sorte que Corinthe, Argos, Olynthe, Thèbes, etc., au lieu de se régler sur un type scientifique comme celui de la Synarchie d’Orphée, prirent tour à tour pour modèle ce double empirisme, qui se disputait l’Hellade, les armes à la main.

Dans cette Anarchie générale, les Institutions fonda- 'men taies furent forcément surbaissées, quand elles ne furent pas foulées aux piedé.

Certes, on continua d’avoir des jeux publics, d’invoquer de temps en temps l’ombre du Conseil des Àmphictyons, et d’inscrire en tête des traités de paix l’indé- pendance et le libre accès du Temple d’Apollon à Delphes et de celui de Jupiter à Olympie.

Mais sous ce formalisme, la véritable Religion sociale deVIIellade n’en était pas moins réduite à l’impuissance d’exercer son action et son Autorité sur un Corps de Justice armé d’un Droit public, auquel cette anarchie ne voulait pas accorder de force exécutive.

Sparte ne respectait même pas le droit d’asile dans ses propres Temples, témoin celui de Minerve Chalciœcos, où Pausanias fut muré par les Ephores et par sa propre mère, qui apporta la première pierre.

La même ville n’avait pas plus de respect pour les Temples de Delphes et d’Olympie, dont elle prenait perpétuellement le trésor pour soutenir ses ligues et ses guerres,

La même Prud’homie militaire n’hésitait pas à ravager Eleusis, de même qu’au début des guerres de Messénie, elle avait refusé de soumettre le crime d’un des siens au Conseil des Amphictyons. ,

Cet exemple gros de désastres était suivi partout.

Corçyre» dans m querelle evec Corinthe, offre en yain l’Arbitrage du Temple de Pelphes ; Corinthe refuse,

Alcibiade, si funeste à Athènes, fjit eondamné pour avoir parodié dans un festin les Mystères d'Eleusis et brisé les statues, d’Hermès avee la jeunegge dorée qu’il entraînait à sa suite,

C’est à ce sujet que l’IIiérophante, la grande Prétrease Théano, refusa d’obéir à l’injonction faite par le peuple, aux Eumolpides : Je ne sni» po* PrHmm pmr mmdire, mais pour bénir.

Deux ans plus tard, le même peuple, de nouveau à la merci du même homme, malgré ses trahisons et les dé- sastres de Sicile, impose au Sacerdoce de rétracter ses malédictions, ce que l’Hiérophante Théodore refuse.

Les Arcadiens n’ont pas plus de respect pour le Temple de Jupiter, à Olympie, et ils en prennent le trésor pour soudoyer des mercenaires.

Ils refusent de paraître devant le Conseil des AmphiO'- tyons, où ils sont cités par les Mantinéeiis.

Cette même Assemblée de Justice condamne en vain Sparte à une amende pour pvgir surpris, à Thèbes, la forteresse connue sous le nom de Cadmée, et y avoir installé garnison : Sparte garde la Cadmée,

Même indépendance des Phocidiens vis-à^vis du même Pouvoir désarmé.

Ces sacrilèges avaient tout simplement tué les Thra* cides, gardiens du Temple de Delphes,

Les Béotiens ont beau convoquer le grand Tribunal de l’Heliade pour statuer sur cet attentat ; Athènes et bacé«^ démone refusent.

Je pourrais multiplier beaucoup oes exemples, mais ceux qui précèdent,prouYent asse» que, si la Grèce fut perduei ce fut par sa propre anarchie, et pour n’avpir

pas 8«*t5onserver ni respecter l’Autorité et le Pouvoir de Justice qu’Orphée lui avait légués comme type d’organisation couronnant les Conseils locaux de ses villes.

Dans l’Hellade comme partout, ce furent ces troisièmes Conseils locaux qui, pour usurper des pouvoirs précaires, et, au fond, illusoires et funestes, brisèrent, avec la Synarchie, les seules conditions possibles de l’Organisme .social, scientifique et sain, vrai et durable.

On ne doit donc pas s’étonner du peu de documents qui restent sur Orphée, ni que son souvenir ait été éloigné des œuvres d’Hésiode et d’Homère.

La Communauté laïque de Pythagoriciens, fondée par Lysis ù Thèbes, n’aura pas les mêmes craintes, et, après avoir initié Pélopidas et Épaniinondas, elle initiera encore Philippe et Alexandre.

Mais, en attendant, n’ayant pas de Gouvernement Général conforme à la Sagesse et à la Science de ses Temples, la Grèce devait forcément en subir un, celui de l’Empirisme et du Nemrodisme persans.

En effet, l’Hellade victorieuse demeura pourtant arbitrée par les Césars de Suze, tant que la Macédoine, faute i’Initiés véritables, ne s’y opposa pas, en ressuscitant l’Autorité et le Pouvoir des Institutions primordiales.

Dès la fin des guerres médiques, les plus grands capitaines de la Grèce avaient entrevu à la lumière des épées la nécessité de profiter delà victoire, pour ne pas retomber par l’Anarchie à la merci des Ligues de cités, des guerres civiles, et, par suite, de l’étranger.

Tous les historiens judéo-chrétiens ont été dupes des passions politiques ou de la prudence forcée des écrivains grecs, au sujet de Pausaniês et de Thémistocle.

.Dans de tels hommes, pourquoi chercher les pires

nu>bües, et n’eo pas voir d’autres, plus conformeftà leur valeur?

Qui peut affirmer que, instruits,par l’expérience, ils ne voulaient pas ramener à l’ünité la Grèce entière, en s’appuyant sur l’Empire persan, pour forcer la main aux Pouvoirs usurpés de la double Municipalité de Sparte et d’Athènes, certains qu’après sa défaite, le Nemrodisme assyrien ne pourrait pas être tenté d’asservir l’Helade?

Pausanias voulait renverser les Éphores, affranchir les Hilotes, donner l’égalité civile aux Messéniens.

11 savait mieux que personne par quels moyens perfides le Sénat de Sparte empêchait la Grèce de s’unir.

11 y avait dans sa pensée tout ün plan supérieur à la politique férocement égoïste des membres du Sénat de Lacédémone.

11 est donc permis de prêter à Pausanias une vue plus généreuse et plus générale que celle des prud’hommes usurpateurs, qui le firent périr de faim dans le Temple de Minerve.

De même, pourquoi accepter sans réserve ce que dit Cornélius Népos, d’après tous les auteurs qui l’ont pré- cédé, lorsqu’il prétend queThémistocle voulait soumettre la Grèce au Roi des rois?

Banni par ses compatriotes, il fait comme Napoléon 1" vaincu par l’Europe, et se réfugie chez Artaxercès.

Mais plus généreux que l’Angleterre, celui-ci donne, en toute propriété, à ce noble ennemi, Magnésie, Lampsaque, Mynthe,

On voit d’autant mieux que l’on n’est pas dans ce qu’on regarde.

Pourquoi ne pas admettre que Thémistocle n’ait pas eu la même claire vue que Pausanias, au sujet de l’Anarchie générale de la Grèce et de la nécessité d’y mettre

un 4er^e, alors qu’elle ^tait victorieuse, et d’accord avec

le César vaincu?

Toujours est-il qUe ce qui ne s’est pas fait en bloc par ces deux hommes, au profit de l’Hellade, va se faire eu détail, h sop détriment et par ses politiciens. •

h’Empire persan va demeurer rarbilre de la rivalité des cités et des ligues de la Grèce tout entière.

• Par les raille moyens dont disposent les monarchies , politiques, et, à plus forte raison, un empire faisant fonction de Gouvernement Général, la Cour de Suze ne manquera pas d’opposer à elle-même l’Anarchie grecque, comme, dans l’Europe datant de 1648, tout gouvernement ayant la dictature de ]a force, emploie la ruse, pour diviser et opposer les États chrétiens entre eux et chez eux.

Eu effet, en 457, c’est Sparte qui tend la main à Artaxercès, Sparte qui a fait mourir Papsanias pour le même motif.

Et elle reçoit du Roi des rois de l’argent pour lever des troupes et envahir le territoire d’Athènes.

En 412, ce sont encore les mêmes prud’hommes Spartiates qui, sur le conseil d’Alcibiade, signent avec Tjasapherne un traité qui livre tous les Grecs d’Asie à Darius.

Eu 411, ce même Alcibiade loge dans le palais du même Tissapherne.

En 407, ce sont des députés athéniens que Pharnabaze conduit au Roi des rois, et queCyrus arrête.

En 407, encore, c’est Gallicralidas qui est h Sardes, tendant pour Sparte la main à Cyrus,qui lui fait attendre, un jour entier, une audience, qu’il lui refuse enfin.

A la même époque, dans l’armée de Gyrus, 11 y a quatorze mille Grecs, doqt Xénophon racontera l’higtoire.

En 393, c’est Cpnoq d’Atbènes qui s’entend avec rim

pire contre Sparte, et pour chasser ses Harmostea des villes grecques d’Asie et des îles,

La même année encore, par qui est présidé le Conseil de la ligue d’Athènes contre Sparte Par Pharuabaae, en Europe même, où il pousse à la guerre, fait couler l’or à flots, laisse sa flotte à Coinon, et donne à Athènes des sommes considérables pour relever scs Longs Murs,

En 392, aussitôt que la Cour de Suze voit qu’Alhènes refait son empire, clhi fait venir Conon à Sardes, où Trihace le met en prison.

C’est alors Sparte qui mendie, et Antalcidas esta Suze, où le Roi des rois lui dicte les bases de la paix connue sous le non» de ce Lacédémonien.

La même année, c’est Tribaze qui, sur l’ordre de sou Nemrod, convoque toutes les cités belligérantes, et dicte les conditions impériales : Abandon des Grecs d’Asie, destruction des ligues de cités.

Pour ce triste marché, Sparte garde la Messénie,

En 369, Ariobaze, satrape de l’Hellespont, veut sauver Sparte, et pour cause.

Et c’est lui qui fait ce que les prudhommes municipaux de la Grèce auraient dû faire, s’ils n’avaient pas usurpé les fonctions souveraines du Conseil des Amphictyons.

Il propose une réunion de tous les députés des divers États, et où cela? A Delphes!

Il y envoie Philiscos d’Âbydos avec tout l’argent né- cessaire pour acheter toute cette anarchie de politiciens.

Rien ne se conclut, grâce à Thèbes, où, derrière ÉpO’- rainondas, est le Collège de Pythagoriciens que Lysis y a transporté.

C’est pourquoi, son Sacerdoce en tête, Thèbes, après avoir brisé, à Leuctres et à Mantinée, l’épée des faux templiers de Sparte^ refuse d’abandonner Messène, qu’elle a rebâtie pour les tenir en échec.

Âlora, le Gésatrisme persan, sachant où est le grand ennemi de la Grèce, en Grèce même, fait lever des troupes à ses frais pour Lacédémone.

Alors aussi, le Gouvernement Général n’ayant pas changé d’axe, Pélopidas est envoyé par Thèbes au dictateur du Monde.

Alors enfin, à Suze, toute la Grèce est aux pieds du Roi des rois: Thèbes, Sparte, Athènes, l’Arcadie, Argos, l’Élide.

Est-ce que l’Europe de nos jours ne lèche pas également les bottes du représentant de la Force, quel qu’il

Artaxercès traitant à sa table toute cette députation, n’a d’égards, dans ce Congrès, que pour le seul homme qu’il ne puisse pas corrompre : Pélopidas.

Il ne signe de traité qu’avec lui, et c’est à lui qu’il remet de décider de la Grèce tout entière.

L’or persan dans leurs poches, les diplomates reviennent bredouilles, en faisant des calembourgs, en racontant des anecdotes sur les femmes de la Cour, en critiquant les modes, les toilettes, le luxe, la cuisine : on se

Concluons.

Il y a plusieurs manières d’étudier l’Histoire, l’une, élémentaire, énumère les faits, l’autre les compare dans un même temps et les additionne suivant les séries bien caractérisées qu’ils donnent de siècle en siècle.

Cettè seconde manière permet, en saisissant les "rapports synchroniques ou successifs de ces faits, d’en déter^ miner les lois, qui ne sont que l’expression formulée de ces mêmes rapports.

Enfin l’empirisme élémentaire de l’Histoire étant ainsi ramené aux conditions d’une Science exacte par cette

méthode comparative et législâtive, on doit monter encore d’un degré, et alors on est en pleine Religion intellectuelle, en pleine Synthèse scientifique de la •manière suivante.

Ces lois qui règlent soit l’ordre par l’ordre, soit le dé- sordre en l’opposant à lui-même, ne sont autre chose que l’expression rationnelle des Principes purement intelligibles de l’État Social terrestre dans son ensemble ou dans ses parties.

Et cela est ainsi, que ces Principes soient reconnus et appliqués scientifiquement par une Synarchie, ou qu’ils soient méconnus et violés empiriquement par la fantaisie anarchique des volontés dirigeantes, sans règle supérieure, fantaisie décorée du nom de Politique.

C’est ce que savaient parfaitement alors, sinon les Temples surbaissés par celte Politique et réduits à un rôle purement officiel, du moins les Communautés laïques, où se conservait la Tradition positive de la Synthèse des connaissances et de la Loi trinitaire du Règne de Dieu dans l’Humanité.

A Thèbes, Epaminondas avait été l’élève' de Lysis, et l’on peut examiner à la loupe ce héros : on n’y découvre pas une tache.

Dans sa maison et à son école, avait grandi et grandissait Philippe, qui va devenir roi de Macédoine, et entrer en Grèce par la porte légale des grandes Institutions que les Prud’homies locales ont depuis si longtemps foulées aux pieds pour se rendre souveraines, s’entredévorer ensuite, et subir, au lieu d’un Arbitrage magistral, la politique et la dictature du Césarisme persan.

Outre son Initiation pythagoricienne, Philippe reçut encore celle des*Mystères de Sainothrace.

Les historiens grecs aveient leurs misons potitt€|ttes, toesles, ï>our critiquer l'intervention de Philippe et d'Mexsndre dans l’HeUsde; mais ces raisons basées sur toutes les causes d'Ânarchie que je viens de signaler, ne sauraient pas plus être érigées en enseignements que cette Anarchie elle-même, sans ôter à l’Histoire toute valeur scientifique, toute portée sociale.

. fl y avait longtemps que l'anarchie grecque avait ouvert la porte à la Macédoine, et l’intromission de cette dernière valait bien au moins celle de la Cour de Suze.

Athènes n’avail-elle pas traité avec Perdiccas conüc Sparte, quand celte dernière avait rompu la trêve de trente ans?

N’avait-elle pas renouvelé ce traité un peu plus lard, et fortifié sa ligue d’une alliance avec Siialces, roi de Th race?

Perdiccas certainement Jouait double jeu, puisqu'il fournissait sous main mille Macédoniens aux Spartiates dans letir campagne contre l’Acaraanie.

Mais il y avait longtemps qu’en Grèce même, la P<di* tique et la Morale avaient divorcé, témoin les odieuses maximes d’iniquité internationale que va professer Athènes cUe-mèmc, à l’égard de Mélos, et sous l’influence délétère de l’impie Alcibiade.

V Les affaires se règlent selon l’équité, de pays à pays, « quand, de part et d’autre, la Nécessité le commande à « forces égales.

« ^non, la Puissance, étant du côté du plus grand « Pouvoir, commande à la faiblesse d’obéir.

« Les Dieux comme les hommes otominent par la « force.

« Nous n'avons pas fait celte loi : on l’a appliquée « avant nous, et nous en profilons. ‘

« A notre place, vous feriez la môme chose. »

k la bottiie heure! luais ne trouve* pas mauvais, alm^, de ue mériter que des gouvernemetits de Force, qutfid vous îhîles ainsi votre mauvaise voîoatè.

Ne trouve* pas mauvais, non plus, que ces gouverne* ments de Force se heurtent entre eux, dans la folio, dans l'iniquité et dans la ruine érigées ainsi en lois internationales.

Ne trouve* pas mauvais» non plus, de supporter toutes les conséquences de ces gouvernements, jusqu'aux trente tyrans y compris, jusqu'à l'asservissement au plus fort, jusqu’à la lie de cette coupe d'iniquité qui s’appelle l’Empirisme politique.

Mais si vous voulez sortir de cet enfer, je vous en défie bien, si vous ne reprenez pas la ïiOÎ scientifique des Sociétés dans leur Gouvernement tant général que particulier.

Les Abramîdes et tous les véritables Initiés vous crient qu'on ne peut délivrer les Étals et les peuples de cet Empirisme que par cette Eoi Irinîtaire des Sanctuaires de

Dans la conduite de Philippe de Macédoine, vis-à-vis de la Grèce, règne une correction indéniable.

Comme Êpamînondàs, mais avec des circonstances autrement favorables, puisqu'il pouvait prêter à l’ancien Droit public del’Heîlade la sanction d'une force considé- rable et indépendante, il sut être l’homme de toute la Grèce à la fois, quand, depuis longtemps, il n’ était plus possible aux hommes d'État des différentes villes que de pousser au démembrement de la Grèce par elle-même, en attendant l’ingérence armée du Nerarodisme persan.

^’&i trop critiqué, et avec juste raison, les vices radicaux de tous les gouvernements politiques et surtout de celui qui les arbitre tous par la Force et par la fiuse dans

i’Impérialat arbitraire, pour ne pas, et avec la même sincérité, rendre hommage à Philippe de Macédoine et à Â]||exandre, que là plupart des historiens ne manquent presque jamais d’attaquer comme de simples Démosthènes.

Mais je n’écris pas ce livre pour consolider les ponts neufs de l’Anarchie des Sociétés soit dans leur organisme intérieur, soit dans leurs rapports mutuels, soit dans leurs Enseignements primaires.

J’éclaire l’Histoire du Genre Humain, depuis plus de huit mille ans, d’une lumière qui ne transige avec aucune ombre.

Philippe et Alexandre représentent une fin de série, ,, celle du démembrement de la Synarchie orphique par les Prud’homies grecques, celle de tous . les manquements de ces dernières au savant Arbitrage de l’Épopte de Memphis par un Pouvoir central de Justice que recrutait l’Examen d’une Autorité enseignante.

Or, comment Philippe éclairé par l’Initiation entre-t-il en Grèce? Le voici.

En 372 les Amphictyons avaient condamné Sparte, comme je l’ai dit; et Sparte, étant gouvernée par un Pouvoir empirique, anarchiste vis-à-vis de l’ancienne Constitution de l’Hellade, s’était moqué de cette décision dépourvue de sanction armée.

Puis c’étaient les Phocidiens, qui avaient traité, de la manière sacrilège que j’ai relatée, non plus le grand Pouvoir de Justice de toute l’Hellade, mais l’Autorité même, à Delphes.

Athènes et Lacédémone avaient, à cette occasion, refusé de former la ligue commandée par le Conseil àmpbictyonique.

Onomachos, chef des Phocidieris, venait de voIeiP, sut les incitations de Sparte, le trésor du Temple, fruit des dons de toute la Grèce, pour résister, par la forcef 4 la dé- cision de son grand Conseil de Justice.

C’est alors que, en 553, Philippe marche sur cet anarchiste, et pour qu’on ne se méprenne pas sur le caractère de son intervention, il fait mettre aux casques de ses soldats le laurier d’Apollon.

Les Phocidiens sont châtiés; et, pour la première fois depuis longtemps, les gi'andes Institutions magistrales de l’Hellade entière ont une sanction armée, enfin !

En 546, Philippe franchit les Therniopyles, et convoque les Amphietyons qui jugent, cette fois, les Phocidiens, sans que ceux-ci puissent rire de la Majesté de l’ancieu Droit public de la Grèce.

Du même coup, le roi de Macédoine est nommé par acclamation président des jeux Pythiques, et il a les voix qu’il a su gagner aux dépens des peuples sacrilèges et anarchistes, dans le grand Conseil de l’ancien Gouvernement hellénique de l’Équité soumise elle-même au Contrôle de la Sagesse et de la Science sacerdotales.

La Religion venait de tuer la liberté, dira-t-on? C’est exactement le contraire.

Il y avait longtemps que la liberté politique s’était tuée elle-même par son irréligion sociale.

Il y avait longtemps que les Prud’homies locales avaient tué l’Hellade elle-même, et l’avaient démembréf pour entre-choquer ses débris sanglants dans une guerre civile sans fin.

Philippe savait, quels étaient les Principes de Vie sociale qui avaient déterminé la création de la SociéU

grecque ; et il ressuscitait cette Société, en prêtant sa fujrce à ces Principes organiques.

Si la “Grèce elle-même avait su conserver cette Vie sociale, jamais Philippe n’aurait pu intervenir pour la ressusciter.

Quant à Alexandre, c’est par la même porte magistrale qu’il apparaît, lui aussi, en Grèce.

Aux Thermopyles, il convoque les Amphictyons; à Corinthe, il rend à l’Hellade tout entière son Ame de vie qui enlève au-dessus des misérables rivalités de clochers ,s;l’Assemblée générale de toutes les villes grecques.

Et, sur cette Ame collective, luit l’Intelligence la plus hellénique qui fut jamais au service de l’Unité orphique, le Génie armé de la Grèce, qui va sillonner d’une traînée de lumière et de chaleur héroïques, la Terre enténébrée et glacée par un stupide Nemrodisme.

Alexandre, dit Plutarque, était allé très haut dans la Science ésotérique.

Comme son père assassine à quarante-sept ans, il connaissait très certainement le Programme social des anciens Temples et des Communautés d’initiés laïques.

Aussi, doit-on faire à ces deux hommes une place à part, à côté des grands pharaons égyptiens, car ils furent élevés dans un même esprit, les yeux tournés vers le le môme idéal dans le passé, vers la même espérance dans l’avenir.

Leurs fautes personnelles, leurs crimes même, n'enlèvent rien à ce fait qui demeure absolument acquis; et ces fautes et ces crimes regardent leur personnalité et non les Principes impersonnels de Gouvernement Général qui leur avaient été inculqués|)ar leurs maîtres, et dont leur gouvernement témoigne.

Que Démosthène se couronne de fleurs, en apprenant l’assassinat de Philippe, l’anarchie athénienne n'y gagne rien; le présent et l’avenir de la Grèbe et de la Jerre entière perdent immensément, grâce a ce crime.

Car ce père et ce fils réunis eussent rétabli l’Empire de Ram, l’un en reconstituant la Synarchie en Grèce et en ralliant toute l’Europe à son triple Arbitrage, l’autre en dessinant avec son épée le triple cercle universel de ce Gouvernement de lumière tout autour du Globe, comnle il le voulait.

Ici, je me contenterai de marquer le passage d’Alexandre et son attitude devant tous les Temples de la Terre, où son génie, en lui donnant la victoire, mettait à sa merci les peuples et leurs institutions maîtresses.

Sa conduite importe au plus haut point à cet égard; ces Temples étant autant d’Universités nationales et représentant, non l’ignorance et la superstition, comme on l’a dit, mais la Tradition écrite de la Sagesse et de la Science démembrées et opposées faussement à ellesmêmes par la Politique arbitraire.

Partout où cette dernière a couronne son anarchie dans un Césarisme, depuis Irshou, nous l’avons vue s’acharner sur les Temples, les détruire, en brûler les livres, en briser les monuments, en disperser les Sacerdoces.

Telle ne sera pas la conduite de l’élève d’Aristote, instruit, non seulement dans la doctrine exotérique de ce maître, mais dans sa science ésotérique, comme dans celle d’autres centres d’informations.

« Aristote qu roi Alexandre, salut.

« Vous m’avez écrit pour me reprocher d’avoir publié

« mes leçons acroamatiques. Elles sont, en effet, livrées « au public, mais non véritablement publiées, attendu «qu’elles demeurent inintelligibles pour ceux qui ne « reçoivent pas l’explication orale. »

Ceci dit, je ne rappellerai que pour mémoire qu’Aristote avait étudié à la lumière de la Tradition secrète près de deux cent cinquante constitutions empiriques des peuples, tant grecs que barbares.

. Rapprochant de ce fait ce que dit Plutarque, au sujet de l’Initiation d’Alexandre et des enseignements donnés à Philippe, à Thèbes, où Épaminondas avait été instruit par les Pythagoriciens, nous allons comprendre facilement ce qui va suivre.

A Troie, Alexandre sacrifie à Pallas.

Après le Granique, il envoie trois cents trophées à Athènes pour le Temple de Minerve.

A Éphèse, il rend hommage à Diane, et donne pour le Temple le tribut qu’exigeait la Perse.

A Tyr, il s’incline dans le Sanctuaire d’Hercule, à Jérusalem devant le grand-Prêlre Jadduah.

La même année, en Égypte, il est reçu comme un libé- rateur ; et, à travers les sables, il pousse jusqu’au Temple d’Ammon, pour aller s’agenouiller devant le Symbole zodiacal de l’antique Loi du Bélier, qui avait si longtemps présidé au Gouvernement Général des Peuples par la Science, par la Justice et par l’Économie.

Après Arbelles, il est à Babylone parmi les prêtres l^aldéens; il sacrifie à Bel; il relève les Temples détruits par Xerxès.

Quatre ans plus tard, à Nysa et au mont Mérou, il ré- vère avec les Sanyâsis et les Lamas bouddhistes les traces de Ram, son antique modèle, qui n’avait fondé l’Empire

arbitral que pour monter, par ce degré grandiose,’ jusqu’au Souverain Pontificat de toute la Terre-.

La politique grecque, si mesquine en Grèce même, grâce à sa méconnaissance du Programme social de l’Autorité de Delphes et du Pouvoir de Justice formé par l’Initiation, n’eût jamais pu oublier ses petites rancunes de villé à ville, déclassé à classe, son empirisme en un mot, et elle s’y fût noyée dans des ornières de boue et de sang, sous le talon du Césarisme persan.

Et si Alexandre enleva ainsi l’Hellade tout entière sur des ailes d’aigle, s’il l’emporta dans la lumière à travers les courants supérieurs de l’Universalité terrestre, c’est, encore une fois, qu’il avait bu à la grande source sacrée sur les sommets de la Connaissance.

Sans cela, il n’eût été qu’un Nemrod de plus, tandis que les historiens doivent inscrire sur sa tombe un point d’interrogation.

Sachant que les différents Dieux ne sont que les divers Symboles d’une seule et même Connaissance, ce jeune Roi des rois, en les saluant tous de son épée, signifiait que sa pensée les avait ramenés à l’Unité.

De plus, les Temples étant le centre de la Science et de l’Art, il en faisait surgir les architectes, les ingénieurs, les chefs des corporations et des associations agricoles, industrielles et commerciales.

Enfin, pour rendre la vie à l’Économie générale, saignée à blanc depuis des milliers d’années, il arrachait l’or stagnant dans les trésoreries putrides des satrapes et* des palais impériaux.

Non seulement son génie, mais les longues études de son père et les siennes propres lui indiquaient magistralement tous les points de la Terre où ce fleuve métal-

lique devait couler, galvaniser l’activité, rouvrir la circulation de la Vie entre les trois Continents.

C’est ainsi qu’il sema sa route d’Alexandries, comme Ram de Nysas, de Nices ou de Nicées.

Celle qu’il créa en Égypte montre comment il savait choisir, et pendant que Rome fusionnera les lambeaux sanglants des peuples dans une même boucherie militaire, dans une même pourriture officielle et administrative, Alexandrie fusionnant les pensées et les intérêts matériels ressuscitera ces grands morts à la vie intellectuelle qu’emportera comme un tourbillon l’Ame soufflée par Jésus-Christ au Corps social judéo-chré- tien.

Arrien a enregistré ce que la tradition conserva au sujet des projets d’Alexandre.

On y voit une pensée absolument cyclique et conforme à l’envergure de l’ancien Empire de Ram, qui étreignit doucement dans la lumière de la Sagesse et de la Paix universelles les deux Hémisphères de ce Globe.

Une flotte de mille navires était commandée à tous les chantiers de la Phénicie, moitié pour la Méditerranée, moitié pour la Mer Rouge, le Golfe persique et le tour de l’Afrique.

De plus, Héraclides, sur les bords de la Caspienne, présidait à la construction d’une autre escadre destinée à la conquête de l’empire néo-touranien des Huns.

Quinte-Curce et Diodore s’étonnent de voir Alexandre porter à Suze la pourpre, et, dans la Karmanie, paraître 'sur un char triomphal avec les symboles de Ram, de Dionysios, de Deva-Nahousha, de Bacchus.

Cependant, c’était le seul moyen de signifier aux uns qu’il était empereur par la force des armes, aux autres à quel type de Gouvernement Général il voulait ramener

l’Empire tombé grâce à Irshou, grâce à Ninus, danel’arbitraire et le matérialisme politiques.

On ne pouvait pas mieux parler aux yeux des* peuples qui connaissaient la valeur idéographique de ces symboles.

Sa générosité comme vainqueur, sa sagesse comme administrateur, sa fermeté terrible vis-à-vis de la résistance ou de la rébellion, son audace et son courage invincibles, son repentir éclatant en sanglots après ses violences, son initiation et son génie sont autant de garants qu’il eût été digne de lui-même et de son idéal supé- rieur, en exécutant magistralement ses projets colossaux.

Du haut de son Empire un tel souverain, modéré dans la fougue bouillante de ses passions d’homme de guerre par sa responsabilité comme organisateur et comme Empereur de Justice, eût reçu certainement l’inspiration divine, nécessaire pour conduire son œuvre jusqu’à la Synarchic universelle.

Il eût réassocié les Temples et les Universités du Monde entier en un Conseil suprême de Dieu, autour des Sanctuaires d’Ammon, de Salem et de Delphes.

Il eût rassemblé en une Cour de Justice internationale tous les gouvernants de la Terre, et, mandataire impérial du Droit public et de son Pouvoir, il l’eût soumis à la consécration de l’Autorité précédente.

Partout, il eût voulu le rétablissement des anciennes Assemblées locales et de leurs Pouvoirs économiques.

Partout enfin, il eût voulu que les fonctions dirigeantes ne pussent être accessibles que par l’Examen, sanction sociale de l’Autorité des Corps enseignants, seule garantie possible ^le l’ordre et de la liberté véritables.

> Mais il est dans ce Monde des pouvoirs d’iniquité qui n’abdiquent.pas facilement.

Gomment mourut Alexandre?

Un homme de cette trempe ne meurt pas de la fièvre, ep sept jours, devant une pareille œuvre qui n’est encore qu’ébauchée.

Raphaël ne meurt pas, quand, possédant la science du Pérugin, il a dans sa pensée et crayonne sur la toile les finéaments des chefs-d’œuvre auxquels il veut souffler l’exubérance de vie que féconde son génie.

Philippe avait été tué par le fer.

Alexandre mourut donc, à trente-trois ans, en 525 ; et il y en avait neuf depuis qu’il avait jeté un dernier regard sur la capitale de la Macédoine, sur son palais de Pella, aujourd’hui lénïdjé.

Avec lui s’envola l’espérance des Temples et des Communautés laïques de refaire magistralement de haut en bas un ordre réel à la place du désordre universel, que les schismes, les révolutions féodales et l’empire arbitraire avaient multiplié partout.

Désormais, les grandes Institutions sociales vont de plus en plus s’effacer en Europe, en Afrique et dans une partie de l’Asie, devant les institutions politiques issues de l’Anarchie.

Et la notion du Gouvernement Général du Monde et du gouvernement particulier des Sociétés d’après les Principes fixes déterminés par l’ancienne Science, va se voiler totalement.

Tout le monde a dans la mémoire le démembrement de l’empire éphémère d’Alexandre, sa> division d’abord en quatre royaumes, puis en trois, la désunion et la ri-

valité de cès derniers, ouvrant ainsi la porte à la politique et aux armes romaines.

En Macédoine, comme partout, les passions souveraines se disputèrent dans le sang, dans le meurtre et dans la guerre civile les lambeaux du royaume.

Fidèle à ses errements féodaux la Grèce recommença ses ligues, achéennes, étoliennes.

Quelques grandes individualités se détachent sur l’inanité des conceptions politiques, mais sans plan supé- rieur.

Les Ordres se taisent, et sous la tempête de l’arbitraire et de la guerre civile, les Temples se bornent au Culte, à la culture des individus, sans pouvoir exercer d’action pacificatrice sur les collectivités ni sur les gouvernants.

Du reste, à peine Philippe III a-t-il terminé la guerre des deux ligues, que Rome apparaît, sa politique étant de briser partout l’Unité des peuples, pour les absorber dans la sienne : Divide et impera.

L’Égypte sous les Lagides est moins écrasée qu’autrefoi s sous les Achéménides; mais l’individualisme européen y dissout davantage le sens moral, le sens social, l’esprit scientifique de ses vieilles Institutions.

L’intellectualité grecque gagne seule au contact sur cette vieille terre sacrée; elle brise ses étroites limites, et jette au vent les échos des lèvres mourantes d’isis.

Ptolémée Soter fonde le muséum et la bibliothèque d’Alexandrie.

Ptolémée II, Philadelphe, sur la demande des Juifs nombreux dans ce nouveau centre de transactions, attache son nom à la Version dite des Septante.

Ptolémée IX commence à heurter son empire contre celui des Séleucus; et les Romains ne manqueront pas

dès lors de profiter de cette opposition pour s’introduire en Égypte et en Asie Mineure.

En Syrie, la même forme de gouvernement arbitraire intronisée par les Séleucides est inaugurée par des guerres de généraux et des assassinats.

Mais cette partie de l’empire d’Alexandre se brise et se fractionne encore.

Antiochus P' perd la Galatie et la Bithynie.

Son successeur voit se fonder les royaumes indépendants de Parthie et de Bactriane.

Antiochus le Grand intervient contre les Romains et est battu aux Thermopyles et à Magnésie.

- Antiochus IV, Epiphane, sévit contre les Juifs, et toute la Syrie travaillée par la discorde, exploitée par les menées romaines, passera peu à peu sous la domination de la république occidentale.

Outre ces beaux débris de l’empire d’Alexandre , il faut encore mentionner Pergame , dont l’un des rois, Attale, s’alliera à Rome contre Philippe III de Macé- doine; dont un autre, Eumène II, soutiendra également la politique romaine contre Antiochus le Grand; dont un troisième Attale HI, laissera sa fortune à la Babel d’Occident.

C’est encore le royaume de Pont avec tous ses Mithridates, dont le septième tiendra si vaillamment tête à Sylla, à Lucullus et à Pompée, et léguera à Odin sa terrible vengeance.

C’est enfin le royaume d’Arménie ressuscitant, en 189, de tous ces morcellements, et dont le plus grand roi, Tigrane, sombrera dans l’héroïque naufrage de Mithridate.

J’allais oublier la Parthie érigée ^ royaume indé- pendant par Arsace, chef des Ârsacides, et qui, disputant

la Syrie aux Ptolémées, tiendra plus tard Crassus m échec.

Ainsi , grâce au fractionnement de l’empire d’A- lexandre, la tempête humaine, descendant de toutes ces dominations rivales, cntre-choque les peuples, et leur ôte toute solidarité intelligente, toute direction unitaire.

Ainsi l’anarchie des directions politiques se dévore, sans voir venir le cyclone de môme nature, dont la’ conspiration des prud’hommes de Rome contre le Genre Humain tout entier étend de plus en plus les cercles destructeurs.

Profitons dè l’interrègne impérial que la mort d’Alexandre laisse dans l’Histoire jusqu’à ce que César se lève, et tirons du passé des enseignements assez universels pour éclairer l’avenir.

Avec le disciple d’Aristote et de Philippe de Macédoine s’éclipsa la seule énergie assez initiée par la Tradition pour servir de levier politique à la Science sociale, appliquée au Gouvernement Général du Monde.

De rindus au Danube, du Caucase à l’Atlantique, les peuples sont plus que jamais à la merci de l’Empirisme, c’est-à-dire de la politique rationnelle, passionnelle, sans Contrôle, sans Autorité, sans Providence humainement présente ou écoutée.

Asservies par des pouvoirs de troisième Ordre issus de la brutalité du nombre des glaives ou des votes, les nations ne seront plus régies par des Principes scientifiques, ni par la Loi morale qui en découle, mais par la seule Force sous toutes ses formes, c’est-à-dire par la seule et unique Fatalité.

Aussi les racas démembrées sont-elles vouées sans recours à une mutuelle destruction, et quand, sous l’ac-

cablement de la guerre universelle, la défaite vilsndra, elle amènera la mort nationale, sans qu’aucun homme politique, qu’il s’appelle Macchabée, Aratus ou Philopœmen, puisse opérer la résurrection.

Cette dernière viendra pour tous dans un avenir lointain, mais d’où? des Étals en proie aux gouvernements personnels? des Cultes surbaissés par ces États? Non, du plus haut des Cieux d’où viennent les Âmes, et du plus profond des Mystères de l’Hermétisme moïsiaque.

L’ouragan qui brise les dominations politiques, laisse intactes les humbles Communautés laïques de Babylonie, de Judée et d’Égypte.

Mais les peuples vaincus doivent demeurer morts , en attendant une nouvelle Ame de Vie sociale, et le plus inique d’entre eux qui, glaive en main, se dressera sur le charnier de ses conquêtes, sera également sans recours politique contre l’Iniquité et l’Inintelligence de son propre gouvernement, et il mourra de sa propre pourriture.

Il sera précipité d’autant plus profondément dans les abîmes de la décadence et de la dissociation, que son faux Pouvoir originel sera monté plus haut de triomphe en triomphes, jusqu’à la couronne impériale des Ninus, jusqu’à la tiare pontificale des Bélochus.

De plus en plus, les Institutions sociales vont disparaître en Europe et dans une partie de l’Asie sous la sanglante étreinte et sous l’agitation des individus, comme des cadavres sous le fourmillement des vers.

Les institutions politiques qui les remplaceront pourront envahir et souiller l’Espace ; elles ne seront pas à rêpreuve de la Durée. »

Le Temps s’épuise en vains efforts contre les chefs

d'œuvi^s grandioses des véritables architectes sociaiix ; il se rit des baraques, des entrepreneurs politiques, et d’un frôlement de son aile il les renvoie au néant.

Dans le présent chapitre, je n’ai tenu à souligner particulièrement qu’un fait important, et que je résume.

L’Empirisme politique, grec, ne représente pas, comme les Enseignements universitaires le disent actuellement, un point de départ organique, mais une dissolution de’ Société par le triomphe éphémère de la Politique des troisièmes Conseils d’une Synarchie.

Or, s’il a été nécessaire d’éclairer d’une lumière extrêmement vive et précise et cette ancienne Société autrefois universelle, et la Politique qui l’a détruite, et les efforts locaux des Initiés pour refaire des Sociétés particulières sur le même type, il suffit maintenant de relever rapidement la marche générale des faits portant le caractère de la dissolution politique et de l’impuissance de l’Empirisme contre elle.

Le lecteur possède désormais les Principes, la Loi, la commune Mesure de l’Ordre social, et les détails précé- dents en sont la preuve définitive, ajoutée comme une somme sous l’addition successive des événements.

Avant de faire pour Rome ce quej’ai fait pour la Grèce, nous remonterons encore à l’époque du démembrement de l’empire d’Alexandre, et nous jetterons un dernier regard sur l’Asie.

Nous résumerons rapidement l’Histoire de Jérusalem depuis ce moment.

Si nous avons quitté des yeux le peuple juif pour suivre les expériences successives de la Perse et du roi de Macédoine dans le Gouvernement Général du Monde, c’est que nous avions dij d’avance au sujet de cette nation tout ce qu’il importait que le lecteur eût présent à la pensée :

La lettre sauvée par un Corps’* de Lettrés en méine temps directeur de la vie politique juive, sous le Contrôle du Césarisme persan, et enfin l’Esprit préservé dans l’ombre des Communautés laïques.

Par sa propre faute depuis son alliance avec les empereurs d’Assyrie et de Babylonie, la direction de la Société juive ne joue dans la marche générale des événements aucun rôle conforme, ni à la Science, ni au Programme 'social de son fondateur, ni à l’Initiation de ses devanciers, ni à la dignité d’un peuple choisi pour porter un tel mot d’ordre.

Elle n’est pas même, dans cette tempête universelle des peuples, un navire parmi les escadres aux prises, mais une barque arrimée au vaisseau amiral de l’Empire nemrodique, quel qu’il soit, et suivant sa fortune ou son naufrage jusqu’à ce qu’un nouveau peuple relève la couronne de l’Anarchie impériale.

Mais il est en Asie d’autres forces sociales sur lesquelles nous aurons à jeter aussi un dernier regard.

La première est le Bouddhisme, dont nous relèverons les efforts pendant les trois siècles qui précédèrent notre ère.

Il importe toujours que le lecteur ait bien présent à la pensée que tout culte est dans son essence un fait d’ordre sçientifique, qui a des conséquences sociales, similaires.

Sans le Bouddhisme, sans sa pacifique culture intellectuelle et morale, au lieu de n’avoir à subir que des invasions partielles de Tatares et de Musulmans, l’Europe serait aujourd’hui engloutie par l’Asie entière.

Après le Bouddhisme nous dirons quelques mots de la tlhine et de sa maîtrise çur les peuples mongoliques et touraniens de l’Orient.

Nous reviendronsw ensuite en Europe pour regarder Rome élever son empirisme à la hauteur d’un ftouvernement Général.

Du même coup il entrera en dissolution sociale, et entraînera dans sa mort morale toute une moitié du Genre Humain.

Mais sortant des Communautés laïques, juives, avec Jésus, l’Esprit VivautdesAbramides et de Moïse aura semé la renaissance avec le germe d’une nouvelle Vie sociale,” purifiant les individus jusqu'à nos jours, et devant ensuite ramener les institutions européennes à la Synarchie trinitaire.

La dogmatique des cultes devient d’autant plus oppressive qu’elle s’éloigne davantage de l’Esprit scientifique et synthétique du fondateur.

Esdras et Néhémie, et, avec eux, les prudhornmes lettrés de la grande Synagogue avaient entraîné par leur sévérité un nouveau schisme et ta reconstruction d’un Temple sur le Garizirn.

Sauf les querelles de Joiiatham et de Josiah se disputant le Souverain Pontificat, il y a peu de choses à relever jusqu’à la conquête d’Alexandre, et du reste, le lecteur peut recourir à n’importe quelle histoire sainte.

Les satrapes perses régirent la Palestine comme tout le reste de l’empire, divisant pour régner, éteignant le plus possible toute vie intellectuelle.

L’apparition du oonquérant toaccdonien fit à la direction juive l’effet d’une délivrance, et donna lieu à une

nouvelle preuve de l’IIniversalité doriennc de Temple à Temple.

' L’Hi^oire rapporte, en effet, qu’en voyant le Nom sacré, le divin Schéma gravé sur la lame d’or frontale et sur la tiare du grand Prêtre Jadduah, Alexandre s’inclina.

Parménion s’en étonna, ce qui prouve qu’il n’avait pas l’initiation de son maître, qui lui répondit ce qui

« Ce n’est pas devant l’homme que je me courbe; c’est « devant le Dieu qu’il représente. »

Puis Alexandre monta au Temple, et offrit son sacrifice suivant les rites que le grand Prêtre lui indiqua.

Avec la mort de l’empereur, Jérusalem, comme . tous les autres centres universitaires du Monde, perdit l’espoir de voir l’Ordre social se refaire d’après des Principes fixes, avec une loi internationale, offrant des garanties "d^ofiservance, de stabilité et de paix.

Les Lagides et les Seleucides surent bientôt se rendre plus odieux à la Palestine que tous les satrapes persans.

Il y avait du calme dans le despotisme asiatique, une fois que la tempête de la domination avait triomphé.

Après la perception du tribut, il dormait dans ses harems, et laissait vivre, tant qu’on ne le réveillait pas.

, Avec les Grecs, l’agitation du Nemrodisme européen fut perpétuelle, comme les guerres civiles d’autrefois.

Curieux, tracassiers dans les moindres détails, ils portèrent dans le gouvernement de l’Égypte, de la Babylonie, de la Bactriane et de la Syrie, leurs habitudes d’esprit soupçonneuses, inquiètes, procédurières, leur turbulence, leur indiscrétion, leur avidité insatiable, leurs mœurs cyniques. ^ ; -

Rien n’est despote coi^mcV Anarchiste au P^uvôir;

rien n’est Inique comme la Légalité de l’Arbitraire ; rien n’est lourd comme la soi-disant légèreté de la fantaisie, qüand elle chausse le cothurne de la scène hisvtorique, ou les bottes du gouvernement.

Pourtant, les généraux d’Alexandre se tinrent encore droit pendant quelque temps, grâce à l’habitude du harnais, grâce au pli de la discipline du Maître.

Mais quand le grognard perdit ce pli, le prud’homme seul resta, chancelant sous les fumées capiteuses de là toute-puissance et sous le poids de sa mauvaise volonté, couronne en tête, sceptre en main.

Les Lettrés se hâtaient sous cette pluie, avant la grêle, avant la foudre.

Sous les Ptolémée Soter et Philadelphe, sous Démé- trius de Phalère, ils rassemblèrent jusqu’à deux cent mille volumes dans la bibliothèque d’Alexandrie que brûlera César.

La Version grecque des Septante ne fut qu’unie dés raille demandes de ce genre adressées à tous les Temples.

Déjà, deux prêtres, l’un égyptien, l’autre kaldéen, Manéthon et Bérose, avaient sauvé du déluge politique des documents chronologiques précieux.

Ignorants l’Histoire réelle du Genre Humain, les Grecs étaient d’autant plus sectaires : c’est pourquoi les Prêtres et les Ordres laïques contribuaient à ce qu’on livrât au dehors tout ce que la Loi des Mystères permettait de faire lire.

Pendant ce temps, Simon le Juste et la Synagogue .complétaient l’œuvre commencée par Esdras.

jaloux de faire comme les Séleucides qui, imitant tous les Nabonassar passés et à venir, avaient institué en Syrie une nouvelle ère, les Athéniens faisaient graver les marbres dits de Paros.

(Transportés en Angleterre par le comte Thomas d’A- rundel, ils ont été donnés par son petit-fils à la bibliothèque de l’Académie d’Oxford.)

Ces marbres montrent une intention politique, manifeste, de donner le change sur le passé, et de résister au déluge d’antériorité des chronologies égyptiennes, babyloniennes, indiennes.

Pas un mot d’Orphée ni de l’antique Synarchie thrace : Athènes, toujours la Municipalité féodale d’Athènes, sauf quelques vieux hiérogrammes doriens, altérés, mal datés.

Du reste, n’ayant plus rien que de politique, les sectes de l’Ionisme et du Dorisme étaient d’autant plus envenimées, qu’il s’agissait moins de Religion.

Anarchistes sous un Pouvoir faible, anarchistes encore sous le Despotisme, mais alors intrigants, remuants, les Ioniens étaient puissants sous les Lagides et sous les Sé- leucides.

. Ils se vengeaient à belles dents de la discipline des faux templiers de Sparte, des vrais Initiés de la Thèbes d'Épaminondas et de Lysis, et de tous les Doriens du

L’Université laïque d’Alexandrie ne fut, du reste, fondée par eux, que pour faire pièce aux Sanctuaires de l'Égypte et à leur invincible volonté de ne pas livrer à la profanation les trésors de l’antique Science.

Parmi les trente ou quarante professeurs des Collèges dits de Sérapis et d’Isis, il ne devait jamais y avoir un seul Juif, ni un Dorien avéré, par la simple raison que le Programme social de ces derniers soumettait l’Éxé- culif au Judiciaire ét^xercice de ce Pouvoir à l’Autorité enseignante. ,

Les cours étaient publics et libres, en apparence;

mais cette liberté laïque était, alors comme de nos jours, un simple despotisme, car elle avait pour Contrôle le Pouvoir politique, grec.

C'est assez dire que toute la série des Sciences humaines, cosmogoniques, divines, ne pouvait pas être professée.

Peisithanatos fut cassé aux gages par les Ptolémée pour avoir voulu ramener le Polythéisme à sa vraie place, en le soumettant à l’ünité divine.

Du reste, des hommes savants illustrèrent ce professorat si difficile et forcément limité à l’exotérisme des sciences mathématiques, physiques, naturelles, ou au vain bavardage de la métaphysique et de la philosophie.

Les noms les plus marquants seront : Euclide, Aristille, Timocharis, Aristarque de Samos, Hipparque, Géminus, Théodose, Ménélaüs, Gtésibius, Héron.

Les mieux informés viennent des Temples et des Ordres comme Aristarque qui eut pour parrain d’initiation Philolaüs.

De leur côté, les Sanctuaires égyptiens formeront encore des hommes tels qu’Archimède, Eudoxe, et enfin Apollonius de Tyane, affilié pythagoricien qui visitera tous les Temples du Monde.

Jusqu’à Jésus-Christ, TUniversité d’.Mexandrie sera avant tout une œuvre de réaction laïque et politique de rionisme grec contre l’Enseignement universitaire et le Programme social des Ordres et des Temples.

Cette continuation de l’œuvre vulgarisatrice des écoles dites ioniennes est le point de départ de l’Empirisme scientiforme plutôt que scientifique, dont Bacon a si heureusement, malgré tout, relevé le drapeau en Occident.

Je me suis suffisamment exp)i|ué dans les premiers Chapitres de ce ^livre au sujèt au double aspect de la Science et de la Vérité pour n’y point revenir ici.

Je me bornerai donc à dire, en résumé, que la politique ionienne, agnostique quant aux Principes, et, par conséquent, anarchique dans le Gouvernement des Sociétés, ne fut, là comme partout, rien moins que tolé- rante, et ne permit de montrer et d’enseigner que l’ordre phénoménal qui constitue le squelette de l’ünivers.

Telle sera aussi la cause profonde de la persécution contre les Juifs d’Alexandrie sous Philopator et sous Épiphanes.

Quelque prudentes qu’eussent été la Synagogue et les Communautés dans la traduction grecque de l’Ancien Testament, les Ioniens, malgré l’altération des termes cycliques, voyaient bien à quoi se rattachait, et vers quel but tendait, au fond, le Mosaïsme, si hermétiquement scellé qu’il fût.

Fidèles à leurs serments, les Prêtres égyptiens refu saient de répondre sur ce sujet comme sur bien d’autres, et les dominateurs grecs obser^'aient partout les Juifs avec une impatiente inquiétude.

, Ce Dorianisme pur, cette Unité de l’Esprit religieux et de la Vie sociale, de la Morale et de la Loi civile, cette tenue rigide à l’écart des mœurs, des fêtes, des rites ioniens, irritaient ces anarchistes.

Ce fut encore bien pis après Antiochus dit le Grand, qui pillait les Temples, comme les Cambyse, les Sargin, et les Nabuchodonosor du vieux temps.

La spoliation du Temple de Jérusalem sous Seleucus Philopator ne pouvait pas manquer d’arriver, ainsi que la violation de la liberté religieuse par Antiochus dit l’illustre, on n’a jamais bien, su pourquoi.

. Que de persécutions, que de vols, que de crimes, que de victimes, quelle prévarication de tous les Pouvoirs n’a-t-il pas fallu pour amener l’explosion de la grande révolte juive!

C’est alors que Judas Macchabée se retira au Désert, et prépara son héroïque mouvement, .dont chacun a l’é- popée dans la mémoire.

Hélas! le Sacerdoce officiel, déprimé depuis si longtemps par les rois, joue un triste rôle dans ces sanglantes convulsions.

La tiare est à l’encan : le plus offrant l’achète, et on, la lui arrache encore pour la donner au surenchérisseur: Jason, Ménélaüs, Alcide.

On la mendie au vainqueur, quel qu’il soit; puis elle se purifie, en restant vacante pendant sept ans.

Toute direction sainte fait naufrage dans cette tempête.

Certes le peuple est grand autour de ses héros, mais en vain, car c’est de Politique qu’il s’agit.

Le voile se déchire encore une fois aux éclairs de la guerre civile et étrangère devant les yeux de la nation juive.

Encore une fois, le mur dogmatique et fictif qui les séparait du reste du Monde sous la pédagogie politique de leurs Lettrés, s’entr’ouvre à leurs regards, et, par toutes les brèches, c’est l’Anarchie générale, armée, qui lève, hideuse, cent têtes dévorantes, au lieu d’une, comme autrefois.

Jadis l’Unité du Gouvernement Général de la Force avait fait illusion aux Pontifes, aux Rois et aux Prophètes même, puis à toute la direction juive, Esdras y compris.

On avait cru trouver un refuge contre la tempête sous le mancenillier du Nemrodisme, un abri sous ce colosse d’iniquité si bien décrit par Daniel, corps de métal aux pieds d’argile. Anarchie couronnée des troisièmes Conseils primitifs.

Aujourd’hui, toutes les branches de l’arbre et le tronc lui-même tombaient en mille morceaiix.

La nlontagne n’étaïf plus qu'une avalanche de lourds djjbris, de durs rochers européens, cette fois, et chacun de ceux sous lesquels on se réfugiait contre la mort immédiate, l'ecélail la mort prochaine.

C’est ainsi que Macchabée fit alliance avec les Romains.

Tout se précipitait avec une rapidité vertigineuse : nous avons vu de quel sommet, trois mille ans en arrière.

Après les Principes du Bien social, universel, après leur Loi, nous avons historiquement dévoilé les causes du Mal et l’enchainement fatidique de leurs consé- quences.

Ces conséquences font l’objet de toute l’Histoire élé- mentaire, où le lecteur peut les trouver : laissons donc notre pensée passer, ailes ouvertes, sur le veut de la Justice divine.

A l’Occident, l’Anarchie romaine dresse la tête vers la couronne vacante des Neinrod ; elle déroule partout les anneaux de fer de ses légions; elle souffle au loin le venin de sa politique de division et d’anéantissement.

Quand la néo-Babel aura étreint et englouti toutes les Cités, tous les peuples de l’ancien Empire de Ninus, elle sé mordra elle-même, et en mourra empoisonnée, moralement, socialement.

Alors se vérifiera encore une fois toute la double pesée du passé.

Dans un des plateaux de la balance des faits seront l’Esprit social, voilé, la Synarchie éclipsée du Cycle de Ram, des Abramides et de Moïse, pur souvenir conservé par les Initiés laïques et par les Livres sacrés des Sanctuaires. I

Dans l’autre plateau, la Vie des peuples dissociés.

l’Anarchie triomphante des anciens tiers Ordres roulant de la république à l’empire, traînant l’cm^^ire de Ninive à Babylone, de Babel à Suzc, de Suze à la Pella des successeurs d’Alexandre, de Pella à la Rome des Qiûrites et des Césars.

Et, pour la dernière fois, le Salut social sortira des Nazaréens, des Communautés laïques et de la Science antique, renfermée dans les Livres sacrés et communiquée par l’Initiation.

Pour la dernière fois, le plus grand de tous les fils de Dieu affermira la vraie doctrine d’Israël, le Mosaïsme ouvert à tous les Cultes, à toutes les Sociétés, son Dieu, Celui de la totale Connaissance, Son Esprit, l’Esprit social, Sa Loi, la Syiiarchic trinitaire.

Et pour que l’on ne s’y méprenne pas, ce Fils de Dieu, dans Sa prière, dira : que Votre Volonté soit faite, que Votre Bègue arrive sur la Terre comme au Ciel !

Les Temples de l’Orient, comme certains Sanctuaires de l’Occident, connaissaient, priaient, attendaient l’Ame qui devait venir.

L’antique Science avait même désigné l’heure astronomique : conjonction de Saturne et de Jupiter dans le douzième signe du Zodiaque, observable et observée en Palestine par les Mages, l’an 747 de la fondation de Rome, et vérifiée par l’astronome Képler.

Mais n’anticipons point, etjetons un regard sur l’utilité sociale du Bouddhisme qui, aujourd’hui, penche comme tous les Cultes sous le fardeau de son bois mort, sous le faix de sa théologie surchargée et de ses formes exoté- riques, accumulées de siècle en siècle.

Tout le monde connaît, ou croit connaître, cette réaction religieuse et profondément démocratique contre le Brahmanisme vieilli, contre les Prud’homies militaires.

qui, depuis l’empereur Pradyotta, avaient pesé sur l’indé quand le dernier Bouddha parut.

En vue de Ceylan, on aperçoit de loin, en mer, sur un tourbillon de verdure, un cône noir qu’escaladent des forêts de palmiers.

C’est la grande île verdoyante, au ciel éblouissant, aux cités anté-diluviennes,ouDaçaratha, leRawhon noir, fut définitivement vaincu par notre grand Ancêtre occidental.

Ce cône sombre est l’ancien Pic de Ram, que les Musulmans ont débaptisé pour lui donner le nom d’Adam.

Là, s’ouvre un Temple cher à cinq cents millions de fidèles.

A l’heure où j’écris ces lignes, le grand Prêtre Sumangala est en môme temps Supérieur général de la Widyadya-Parivena de Colombo, grand séminaire bouddhiste.

C’est là que les bonzes viennent, môme du fond de la haute Asie, se reposer des labeurs du Sacerdoce officiel ; c’est là qu’ils font leurs grandes retraites, et qü’après s’être retrempés dans l’ésotérisme, ils repartent avec de nouvelles forces, pour les Indes, pour la Birmanie, pour l’antique Judéa du royaume de Siam, pour les grandes îles, pour le Japon, pour l’Annam et pour la Chine.

C’est très certainement à la pure diffusion morale et à la haute intellectualité de ce culte que l’Europe doit, comme je l’ai déjà dit, de n’avoir pas été engloutie par un milliard d’Asiatiques impitoyablement menés à la conquête du Monde par un Nemrod résumant tous les autres.

Aussi, lorsque les voyageurs occidentaux, l’esprit plein de toutes nos anarchies intellectuelles et de tous nos empirismes gréco-romains, déplorent le .respect des populations de l extrême Orient pour les Bonzes ou pour les

Brahnies, ils ne savent certainement pas la reconnaissance qu’ils doivent à ces Religieux.

Sakya-Mouni a été, comme tous les réformateurs sortis des anciens Ordres de l’Enseignement et de la Justice, un anti-nemrodiste par excellence, non qu’il fût contre aucun souverain, mais contre l’Anarchie couronnée, ce qui est bien différent.

Comme il n’y a pas deux poids et deux mesures dans la Vérité divine et dans la Science sociale, je n’hésite pa^ à rendre pieusement cct hommage à ce pur Bouddha, comme à tous les membres des deux premiers Conseils de tous les pays et de tous les temps.

Dans les derniers siècles qui précédèrent l’ère chré- tienne, l’activité des églises bouddhistes marchait à pas de géant de victoire en victoires, bravant la violence des gouvernements devenus personnels, la persécution des cultes surbaissés par la politique arbitraire, et ne répondant jamais à tous les coups que par des bienfaits intellectuels, moraux et sociaux.

En 340, le culte de Foë avait conquis l’antique Judéa et ouvert l’ère siamoise de T’A-Kodam.

En 330, pendant que le livre des Chroniques se rédigeait à Jérusalem, pendant que le Zend-Avesta était traduit en grec, et que les Mystères de Mithras pénétraient de nouveau en Europe, car ils y avaient été depuis longtemps en Crète, le Bouddhisme avait déjà conquis l’Inde.

11 y opérait sa grande action d’apaisement sur l’arae des individus, comme Christna avait agi sur l’Ame collective par les Universités des Temples, vingt-neuf siècles avant.

En 312, un autre Concile se réunissait, à l’époque où Manéthon, Béro^e et Mégasthène laissaient à l’Europe quelques chiffres de la réelle Antiquité.

En 242, il y avait encore un Synode, d’où des missions nombreuses rayonnèrent en Chine et dans le royaume de Pégou. .

Alors, les Brahràes se piquant de zèle, livrent au dehors de nouveaux fragments des Pouranas, du Ramayan et du Mahabarata.

Le Pâli, la langue féminine, datant du Schisme d’Irshou, cessait alors d’ctre vivante.

• En 122, le Bouddhisme joua un rôle extrêmement bienfaisant sur les Scythes touraniens.

En 120, en effet, ces conquérants renversent le royaume grec de Bactriane et marchent sur l’Inde, où ils eussent été certainement très redoutables comme despotes, sans le frein moral du Bouddhisme.

Le roi scythe, Kadfises, qui bâtit Kanikpour et gouverna depuis 76 une partie de l’Inde occidentale, était Bouddhiste, ainsi que Kaniska qui lui succéda.

Dans le Panjab oriental, en 59, Nager-Jouha convertit également le roi Milindpu.

A ja même époque, c’est par milliers que les missionnaires étaient envoyés à Java, dans l’Annam, en Chine.

Dans cet empire, la Sagesse de la Constitution sociale donnée par Fo-Hi avait déjà bravé l’expérience du temps depuis dix-sept siècles, et le Bouddhisme, par son action sur les individus, secondait celle des Lettrés sur l’État.

Mencius, en 360, avait magistralement développé et résumé la doctrine de Confucius qui devenait un agent de culture de plus en plus puissant, tandis que l’enseignement supérieur de Lao-Tsée l’efaisait, par le Tauïsme, l’ésotérisme de la grande Université.

Ces deux derniers courants forment, avec le Bouddhisme, le San-Kiao, ou le Trinitarisme doctrinal de la Chine actuelle.

Ce renouvellement de l’ancienne Constitution synarchique et démocratique de Fo-Hi, celte double rénovation des éléments et des formes de l’État Social chinbis et de l’Autorité de l’Enseignement, ramenait peu à peu à son rôle organique le Pouvoir, que les empereurs avaient essayé de rendre personnel.

La lutte fut vive, sanglante parfois, sous la dynastie des Tsin qui, à partir de l’an 258, ne compta heureusement que six souverains.

Ce fut le quatrième qui se montra le plus cruellement anarchiste vis-à-vis du Conseil des Lettrés, le plus iconoclaste à l’égard des livres et des monuments canoniques et historiques.

Sous son fils, la réaction contre l’arbitraire entraîna une division momentanée des provinces et des viceroyautés; mais la sage dynastie des Han y mit fin presque immédiatement.

Ses vingt-cinq empereurs secondèrent admirablement la rénovation intellectuelle et morale, et restaurèrent, dès le début, le Pouvoir magistral des temps passés.

Les Tsin avaient été avant tout des Imperators militaires, et, sous leur impulsion, le Céleste Empire avait visé à ramener toute l’Asie à son hégémonie.

Les armées s’étaient avancées jusqu’aux Indes; mais une poussée de l’État Social touranien de la grande Tatarie sur la grande muraille avait fait lâcher pied aux régiments chinois.

Les Han furent de nouveau des Empereurs de Justice, Rois des rois de la Chine et des pays soumis à sa suzeraineté.

Ils ne s’en montrèrent pas moins énergiques au point de vue militaire, tant sur terre que dans la police des mers infestées de pirates.

Depuis longtemps, la Chine, comme la Scandinavie et

comme les Islandais, visitait les différents Étais des Rouges d’Amérique, et gardait secrètes ces relations commêrcialqs.

En Asie, les Han continuèrent à s’opposer avec une extrême vigueur à la poussée des Scythes touraniens; que l’Europe connaîtra sous différents noms, et, entre autres, sous ceux de Tatares et de Huns.

Ce n’est que quatre-vingt-treize ans après Jésus-Christ, qü’aura lieu la destruction définitive de l’empire néotouranien de la grande Tatarie par les armées chinoises, qui pousseront leurs avant-postes jusqu’au Caucase oriental.

Déjà, de l’an 207 à l’an 126 avant Jésus-Christ, les Han avaient envoyé des reconnaissances dans la petiteBukarie et jusque sur les bords de la Caspienne.

De là, ils avaient noué des relations avec les pays occidentaux, comme le rapporte Ptolémée, pendant qu’à l’extrême Orient, ils soumettaient à leur suzeraineté le Tonkin et la Cochinchine.

En 126, des officiers d’état-major chinois parcouraient les pays voisins de la mer Caspienne, encourageant et guidant les généraux scylhes qui enlevèrent la Bactriane aux successeurs d’Alexandre.

Sauf l’Inde, sauf l’Assyrie, sauf l’Asie Mineure et l’empire des Huns, tout le Continent asiatique subissait donc la maîtrise ou la suzeraineté de l’Empire de Fo-Hi, un siècle avant l’ère chrétienne.

La conquête de l’Europe et particulièrement celle de la république romaine fut agitée dans les Conseils du Kouo-Tse-Kien ; mais la lutte définitive avec le royaume néo-touranien de la grande Tatarie fît abandonner ce projet.

Aucun Gouvernement Général n’existapi plus en Asie, la Chine tendait à en occuper la fonction.

Tous ces faits passés ont une extrême importance aü point de vue de l’avenir, et c’est pour cela que je les relate.

L’existence d’une nation juive est, en effet, tellement liée et subordonnée à celle d’un Gouvernement Général digne de ce nom que, pour que l’une soit possible, il faut que l’autre soit créée.

Aujourd’hui, un rétablissement des Juifs eu Palestiné aurait très certainement à compter avec des circonstances analogues aux précédentes, quoique modifiées par le temps, par le changement des milieux et par la balance générale des Puissances.

Comme par le passé, un royaume de Juda se trouverait de nouveau pris, corps et biens, dans l’engrenage de la Fatalité, dans les dents de fer de l’Animalisme qui président encore par la ruse et par la violence, par la diplomatie et par la guerre, la Vie de relation des Sociétés humaines de cette Terre.

Alors, comme autrefois, il y aurait à choisir entre deux voies, la voie instinctive et la voie intellectuelle, la politique et la religieuse, l’empirique et la scientifique.

La première conduirait certainement et en peu de temps au même résultat que toutes les expériences similaires, depuis l’alliance avec le Nemrodisme assyrien.

Telle est la tendance dangereuse vers laquelle la haute Maçonnerie, à l’époque du grand Frédéric, et avec son assentiment, voulait pousser la direction juive.

Ce fait est consigné tout au long dans une brochure devenue assez rare : Lettres sur les Juifs par le baron Jean- Paptiste Cloots, Berlin, 1783.

Dans la seconde* alternative, il n’y aurait pas à songer

à un rétablissement séj^ieux en Palestine avant .une modification synarchique du GouvernementGénéral, aujourd’hui présidé par l’Anarchie.

Alors, les Principes intellectuels et scientifiqùl'es sur lesquels reposent, et d’après lesquels ont été fondées Içs principales Sociétés de l’Asie, seraient à respecter avec l’attention que j’y apporte, et à la lumière de la même Loi.

En ce qui regarde l’Inde, la Chine, les Parsis, le fond synarchique est toujours vivace dans les pensées, toujours cher aux Sages de ces peuples.

Jamais ils ne bougeront sérieusement que pour prêter main-forte à une pareille cause, jamais ils ne mettront leur activité dans la balance des destinées du Genre Humain que pour la rénovation de l’antique Universalité..

J’ai assez prouvé que les Abramides, Moïse, puis Jésus, ont visé le même but, pour n’y pas revenir ici.

CHAPITRE XIX

ROME. SES INSTITUTIONS EMPIRIQUES. L’EMPIRE ROMAIN.

OISSOLQTION SOCIALE DE L'ANCIEN MONDE.

LES PROPHETES JUIFS ET LE GOUVERNEMENT GÉNÉRAL. ODIN. APOLLONIUS DE TTANE.

Pour le moment, nous allons observer avec une grande attention inlus et extra, le Nemrodisme romain, aussi mortel à la Judée et à toute Société humaine que son prototype de Ninive et de Babylone.

Mais avant, il nous faut rassembler sous la même bride, sous le même Contrôle social, appliqué à l’Histoire, tous ces chevaux emportés qui s’appellent les Pouvoirs politiques.

Il nous faut les ramener à l’allure de leur type primordial, vicieux, et ensuite, par comparaison positive et historique, à la marche normale des antiques Pouvoirs

Nous avons vu, depuis l’an 3200 jusqu’aü sixième siècle avant notre ère, se dérouler sous notre observation une expérience autrement imposante que celles de la Grèce et de Rome.

Succédant à un Gouvernement Général digne de ce nom, la révolution d’irshou épousée par les troisièmes

Conseils de l’Empire arbitral de l’Inde, n’a trïiversé la forme républicaine et fédérative, que pour devenir^ a|)pel possible, la proie du Nemrodisme, tant local que général.

Révolutions perpétuelles au dedans, guerres continuelles au dehors. Césarisme, seul arbitre anarchique de cette situation locale et générale, la Force sans Droit public au-dessus . d’elle , le Pouvoir sans Autorité au- •dessus de lui, toute la hiérarchie des emplois, des fonetions et des honneurs arrachés au Contrôle^ et à l’Examen, offertes en bas à l’assaut de la brigue, en haut à la merci de la Politique pure : telle est la conclusion de la grande expérience asiatique, dont Ninive, Babylone et Suze ont été tour à tour le théâtre.

La Terre vécut-elle mille milliards de Cycles, les mêmes causes y amèneront toujours les mêmes effets, dans n’importe quelle race, sur n’importe quel Continent.

C’est pourquoi nous pouvons voir en toute sécurité la toile de la tragédie historique se baisser sur l’Asie, se relever sur l’Europe, sans que l’Universalité de nos Principes et de notre Loi sociale ait à en craindre autre chose qu’une nouvelle et douloureuse confirmation.

Qu’ils siègent à Sparte, à Athènes ou à Rome, les troisièmes Conseils d’Europe rééditent la même série de phé- nomènes morbides, par cela seul que, féodaux vis-à-vis de l’ancienne Synarchie, ils se substituent aux deux premiers Pouvoirs sociaux, et les absorbent dans le leur devenu purement politique.

C’est cette série pathologique, rééditée depuis six ou sept siècles avant Jésus-Christ par l’Europe, qui, commençant l’Histoire positive, telle qu’OTe est professée dans nos Universités, est offerte en exemple aux Euro-

péans, d^uisle banc de l’école jusqu’au faüteuirminis* c|rie|, depuis le pupitre du lycéen ou du séminariste jusqu’au trôqe du roi, de l’empereur ou du chef de culte.

Mais, ail lieu d’enseigner ces funckes exemples en les éclairant par les bons qui les ont précédés, on laisse le voile tendu sur le vrai passé, on montre le faux.

Loin de prémunir contre la contagion de ce dernier, on le professe, au contraire, comme un type normal, comme une santé sociale, sans savoir que ce phénomène’ historique ne représente que la peste de l’indus d’irshou.

On inocule ainsi et indéfiniment cette dernière aux classes dirigeantes de ce Continent, et par elles, à la direction féroce, imprimée à l’État Social terrestre tout

Instruit désormais par tous les Savants et par tous les Sages de la réelle Antiquité, le lecteur sait, à n’en pouvoir douter, sur quel type sain se régler, pour juger si un peuple ou un ensemble de peuples sont régis conformément aux Principes et aux Lois de la Biologie sociale.

Il sait de plus, avec une certitude appuyée sur l’Histoire universelle depuis quatre-vingt-six siècles, à quel signe reconnaître toute maladie sociale, déterminée par la Politique, tant dans le Gouvernement Général des Sociétés que dans la direction d’une d’entre elles.

C’est beaucoup, si celle démonstration irréfutablé devient un enseignement pour les gouvernants.

Connaître le Mal, en le comparant aux conditions connues du Bien, c’est pouvoir le conjurer, tôt ou tard, à coup sûr, en évitant enfin par la Science l’ornière sanglante de l’Ëmmrisme et l’abîme qui est au bout.

Reprenons donc* à Rome, toute la trajectoire de cette

ornière depuis la Synarchie die Nuàia jusqu'à Jules César. , “

A force d’anarchie intérieure, à force d’attentats au dehors contre les Sociétés normales et les belles civilisations de l’Italie, les Quirites reçurent de ces dernières, - des rois, soit de Justice, soit de force : 741-510.

Le premier, Numa, Nazaréen des temples d’Élrurie, arracha à ces prud’hommes les Pouvoirs sociaux qu’ils avaient anéantis.

Il institua un Conseil de Dieu : Pontife, Augures, Flaniines. Féciaux, Saliens, Vestales, en un mot une Université sociale, une Autorité d’Enseignement, d’Examen et do Contrôle.

Il abolit les sacrifices sanglants et les idoles, et plaça dans son Université le Grand Dieu de tous les Temples réprésenté dans des Livres, qui renfermaient ce que les anciens Sanctuaires appelaient la Loi.

Les prud’hommes s’empresseront plus tard de brûler cette Synthèse scientifique, pour en annuler l’Examen, l’Autorité et le Contrôle sur leur misérable Politique.

Néanmoins, ils durent subir ce premier Pouvoir social, tant que le Nazaréen les gouverna.

Ils furent donc réduits par lui au rôle de deuxième Conseil, Assemblée et Pouvoir de Justice, qu’il présida comme arbitre royal.

Enfin, il arracha encore à l’oligarchie primitive le Pouvoir économique, qu’il organisa en Conseils, ou Comices locaux, avec Cour de première instance ayant pour juges des arbitres élus par le peuple, auquel il distribua les terres conquises.

Pour assurer ce partage contre la rapacité des Quirites, il le fit consacrer par le Sacerdpee.

Celui-ci éleva pour ce motif un temple à la Bonne Foi,

bénit la limite des champs, et (Jévoua aux Dieux infernaux quiconque en déplacerait les bqrries.

C’est de là que date la fête religieuse des Temimlia!

Enfin l’Initié royal assura aux plus pauvres la dignité et l’indépendance de leur Ordre, en les organisant en neuf corporations professionnelles, et en faisant sanctifier le travail par le premier Conseil.

Si j’ai relaté ces détails qui se trouvent dans tous les livres d’Histoire, c’est pour montrer l’identité du Programme social de la Science, depuis l’Italie jusqu’à la Grèce, à l’Égypte, à l’ancienne Perse, aux Indes et à la Chine.

Cette nouvelle confirmation démontrera une fois de plus au lecteur l’Unité de l’antique Enseignement et celle de l’application de la Science à l’organisation des Sociétés.

C’est donc ainsi que Numa reconstitua l’Ordre social, trinitaire, d’après les Principes universels des Sanctuaires de l’Agneau et du Bélier.

C’est ainsi que, par lui, la Science sacrée remédia encore une fois à l’Empirisme, fruit de l’Anarchie des tiers Ordres.

J’ai déjà parlé, à maintes reprises, de la Loi de Numa, Synthèse des Sciences qu’il reçut avec l’Initiation dans les Temples étrusques.

Elle ne fut pas moins bienfaisante au foyer que dans la Cité, et rien n’indique qu’il ait autorisé la continuation du Jus Quiritium, au contraire.

Ayant ramené la Vie organique de la Société romaine au Type et à la commune Mesure de la Loi du Règne de Dieu, Numa rappela à la même Santé la Vie de relation de cette ville.

Le Sacerdoce ^leva, sur sa demande, un Temple à Janus.

Cet hiérogramme, analogue à celui de Gian, exprimait rUniversalité de la Loi, non seulement dans le gouvernement de Rome, mais dans les rapports de cette ville avec l’Italie et avec le Monde entier.

Le Conseil de Dieu pouvait seul autoriser la guerre, en la faisant décider comme un procès par les Féciaux, interprètes du Droit des gens de l’Italie entière.

Aussi, pendant tout le règne de Numa, la Paix régna, *le Temple de Janus resta clos.

Ce roi de Justice atteignit aux dernières limites de la vie, et mourut après avoir régné quarante-trois ans.

Saluons en lui la dernière intervention historique de la Science sacrée dans le Gouvernement des peuples, et voyons ce que l’Empirisme anarchiste des prud’hommes va faire pour se dégager de cette sage Organisation et reprendre, aux dépens de tous, son droit de force à l’Iniquité gouvernementale au dedans comme au dehors.

La seule faute de Numa fut d’avoir consacré cette Prud’homie, au lieu de la noyer dans une majorité formidable d’initiés étrusques, rattachés aux Métropoles italiennes.

Dans ce temps comme dans tous, le Sacerdoce a beau bénir une Constitution originellement vicieuse et l’entourer d’institutions bonnes; si la racine du Mal subsiste, celui-ci étouffera le Bien.

Dans tous les temps, on aura beau arroser d’eau bé- nite un grain d’ivraie, on n’en fera jamais un grain de blé.

Les prud’hommes, se sentant les plus faibles alors visa-vis des Métropoles italiennes, firent les bons apôtres, et courbèrent la tête sous la main de Justice de Numa.

Mais, ce Sage une fois mort, ils poussèrent à sa place

un anarchiste et un ignorantin comme eux, après lui avoir fait, au préalable, jurer certaines promesses.

Ainsi régna Tullus Hostilius, qui s'empressa de subordonner l'Autorité à l’ancien Pouvoir d’iniquité, en livrant les fonctions sacerdotales du premier Conseil à ces mômes sénateurs, aux dépens des Temples étrusques et de leur Contrôle par l’Initiation et par l’Examen.

La Loi de Numa, la Synthèse renfermée dans ses Livres • hiérogrammatiques fut condamnée à l’oubli, avant de l’être aux flammes.

Le Pouvoir n’ayant plus de Contrôle scientifique, fut de nouveau livré à l’Empirisme politique, sous le contrôle de même nature d’une monarchie désormais pré- caire, puisqu’elle ne représentait plus que le Couronnement d’une Anarchie.

Le peuple n’eut également d’autre issue que cette voie anti-sociale, quand il voulut arracher aux prud’hommes sa part de Pouvoir politique.

Ces derniers, après avoir fait tuer l’Autorité par Tullus Hostilius, tueront successivement presque tous leurs rois, et ils ne feront la république que pour se dé- barrasser de l’ombre de Contrôle et d’Arbitrage que la royauté exerçait forcément sur eux pour le bien de tout le peuple.

Alors, autrement civilisé que ses maîtres, cet admirable peuple grossi par les vaincus des Sociétés italiennes, se trouvera face à face avec l’infâme Mystère d’iniquité de l’oligarchie des Quirites ; et il faudra à cette multitude trois siècles et demi pour reconquérir sur ce Pouvoir, non la Santé sociale que Numa avait scientifiquement rétablie de haut en bas et d’un coup, mais le dé- placement et la généralisation empirique de l’Anarchie des Pères Conscrits.

C’est ainsi que la république soi-disant aristocratique.

en réalité nomrodique, s’acheminera par la démocratie vers le Césarisme pur.

Le Pouvoir sans Autorité, telle est la carcasse, que le plus grand nombre devra disputer au moindre; et ce sera peine perdue, témoin le troisième larron Jules César.

► Dans cette guerre civile, érigée en système, dans ce dualisme politique, substitué à l’ancien Trinitarisme social, l’expérience ne montre à l’observation qu’un perpétuel manquement aux Principes et à la Loi du Règne

Par situation, par empirisme, la couronne, à partir de Tullus Hostilius, dut s’appuyer sur le peuple contre la Prud’homie sénatoriale.

Quand Tullus eut payé aux Quirites son don de joyeux avènement, en leur abandonnant les fonctions sacerdotales et l’existence du premier Conseil fondé par Numa, il sentit vaguement qu’il était à la merci des oligarques.

C’est pourquoi il s’établit sur le Cœlius, dans le quartier des pauvres, auxquels il distribua des terres.

Les prudhommes voyaient ce socialisme d’un mauvais œil ; néanmoins ils se résignèrent pendant quelque temps, en se rattrapant sur la politique étrangère.

Le roi eut la malencontreuse idée de leur céder sur ce point, comme il leur avait abandonné le Conseil de

Albe fut spoliée et anéantie; les Sabins et les Véïens furent traités comme l’on sait.

Pourtant, se sentant de moins en moins solide sur son trône, Tullus s’entoura des vaincus, qu’il craignait moins que les vainqueurs.

. La Civilisation italienne entrait dans Rome comme

prisonnière de guerre, et le roi en profita pour inonder d’Albains le Sénat, l’Ordre équestre, les Comices plé- béiens, les cadres de l’Armée.

Mais l’abandon de la Constitution synarchique de Numa laissait la barbarie demeurer l’essence même du pacte fori'lamental, sur lequel reposait cette Société.

Quand Tullus vit clairement le danger, il se voua à l’étude des Livres sacrés, et appela même la Divinité à son secours; mais trop tard.

11 pi'srit foudroyé, en 640, comme nous l’avons dit dans le chapitre IV.

L’Éfrurie envoya alors Ancus, puis Tarquin l’ancien, qui essayèrent de redresser l’Autorité religieuse : peine perdue, les fonctions sacerdotales ayant été accaparées par le Sénat.

Pour arbitrer le dualisme de ce dernier et du peuple, ces rois tentèrent de civiliser le premier, en moralisant le second par le travail.

A leur appel, les ingénieurs des Temples étrusques accourent à Home et l’embellissent : dessèchement du Forum, Cirque, Capitole, égouts souterrains, jeux publics, murailles, arts, luxe.

Tarquin ne s’arrêta pas là : cent plébéiens entrèrent dans le Sénat ; trois nouvelles centuries de chevaliers furent instituées.

Fureur des prud’hommes : ils en appellent au Culte qui est entre leurs mains, ils jouent leur comédie de faux dévots, témoin l’augure Attus Navius.

Fmfin, jetant le masque de la ruse hypocrite, ils recourent à l’assassinat; et Tarquin l’Ancien tombe, tué à coups de hache.

Après lui, l’Étrurie envoya un gouverneur militaire,

Mastarna, qui régna sous le nom latin de Servius Tullius.

11 cohtinua l’œuvre civilisatrice de ses devanciers, divisa le territoire en vingt-six tribus, le peuple en six classes, en cent quatre-vingt-treize centuries; il distribua enfin des terres aux plus pauvres.

Les prud’hommes du Sénat ne manquèrent pas de le faire assassiner : 534.

Cette fois, l’Étrurie envoya un véritable dictateur militaire, Tarquin le Superbe, qui gouverna la Prud’homie sénatoriale avec une verge de fer.

C’est alors que les Pères Conscrits, comme tous les révolutionnaires du monde, promirent au peuple monts et merveilles, et firent si bien, qu’ils renversèrent la royauté étrusque, en fermant au roi les portes de la

Telle est l’inique origine du trompe-l’œil, qui s’appelle la république romaine.

Les promesses faites au peuple par les conjurés de la Louve sont singulières : exécution des lois démocratiques de la royauté, pillage des biens de la couronne.

Le pillage fut accordé; mais la première partie du programme fut absolument refusée.

C’est ainsi que le dualisme social apparaît, nu, dans Rome, mais cette fois, sans arbitre même empirique.

Examinons donc l’Empirisme républicain, et jugeonsle, en laissant parler les faits.

Dans la Cité, dans la famille, dans la vie de relation de Rome avec l’Italie, voilà donc l’Anarchie gouvernementale, armée du Jus Quiritium, et nous allons en observer l’intellectualité et la moralité.,

^ Ce pacte s’adjuge, comme nous l’avons déjà dit, tous

les Pouvoirs à la fois: Sacerdoce, Magistrature, Propriété du sol; ce droit des Quirites signifie l’usurpation de tous les Droits.

. Ils sont à eux tout seuls l’Autorité, le Pouvoir, l’Économie publique, et ils légifèrent tout cela à la fois, ce qui est le caractère absolu de l’Anarchie d’en haut et du Naturalisme gouvernemental.

Au-dessous d’eux sont leurs clients, sans droits.

Au-dessous encore, la plèbe du ban de refuge, le peuplé proprement dit : Pas de puissance paternelle, pas de droit de tester ni d’adopter, d’intervenir dans aucune affaire ni dans aucune délibération.

Enfin, à la base, comme toujours dans ces sortes de Sociétés féodales et anarchistes, gémit et saigne l’csclà- vage domestique.

Le peuple, néanmoins, constitue l’armée; mais les terres qu’il conquiert appartiennent au Sénat.

Le peu de terrain concédé à la multitude, aux légionnaires, reste en friche pendant la guerre.

Or, cette dernière érigée en loi de la Vie de relation de ce peuple avec le Monde entier, est perpétuelle, et le force à laisser constamment ses champs en jachères.

De là une misère endémique pour le petit cultivateur, mais le Sénat y pourvoit, en prêtant à usure, .et en élevant le taux jusqu’à vingt pour cent.

De plus, comme il est législateur en même temps que banquier, il fait des lois de sang contre les débiteurs, jusqu’au droit de les couper en morceaux.

Si l’on compare les lois de Moïse ou de n’importe quel réformateur sorti des anciens Conseils des Dieux, if est impossible de ne pas être frappé de la différence profonde qui existe, à ce point de vue comme à tous, entre le gouvernement des Sociétés, soit par la Science, soit par l’Empirisme.

Gomme on le voit, le vrai Shylock, quoi qu’en ait dit Shakspeare, n’est pas né à Venise, ni de race juive; partdut, il, est issu de l’Anarchie politique et, par suite, économique des tiers Ordres.

Ainsi, unique Pouvoir, la Prud’homie romaine refuse tout Droit au peuple; État-Major, elle le fait tuer pour elle; Cour de Justice, elle le dépouille légalement de sa part de terre conquise; Banque usuraire, elle se paye au besoin de sa personne, en la vendant comme esclave ou en la coupant en morceaux; Cléricature enfin, elle s’impose dans tout cet attirail à l’adoration de ce même peuple, qu’elle mutile de toutes ces manières à la fois.

C’est l’Athéisme gouvernemental le plus complet qui ait jamais existé.

Au foyer, même Anarchie d’en haut : pouvoir personnel du père de famille, pouvoir absolu sur la femme, sur l’enfant, sur l’esclave.

En Orient, les gouvernements issus de l’Anarchie des tiers Ordres avaient, eux aussi, souillé la Loi du Règne de Dieu, en établissant le harem.

La Prud’homie romaine laisse encore moins de liberté à la femme dans son foyer que dans le harem oriental.

Le prud’hsmme est à lui tout seul la Maison, comme la Cité, comme l’État.

Époux, père, maître, il est à la fois l’Autorité, le Pouvoir, l’Économie domestiques sans appel, ce qui constitue l’Athéisme et l’Anarchie familiaux, au premier chef.

Seul, il accomplit les rites à l’autel des Lares et des Pénates, et, dans ces Sacra privata, l’épouse, la mère est désarmée de tout droit.

Le Prud’homme romain peut condamner à mort sa femme, tuer comme un chien son enfaqt difforme, vendre ceux qui sont bien constitués, et les assassiner par-

dessus et après le marché, quand la fantaisie lui en prend.

De plus, comme il est le seul chef, non de la.Comnlunauté, puisqu’il n’y en a pas, mais de la cellule familiale, son avarice sordide en tire économiquement tout ce que peuvent son Pouvoir et scs coups.

Aux champs, il est fermier et usinier; à la ville, il a ses ateliers sous son toit.

Sa femme et ses enfants sont ses contremaîtres; sfes ouvriers sont des esclaves; et ce négrier en chef a non seulement le droit de mort, mais le droit de torture.

Nulle intervention ne peut légalement accourir aux cris qui sortent de la maison de ce Nemrodin.

Épouse ou mère de famille, la femme romaine est toujours mineure, et cette iniquité la poursuit jusque dans la mort.

Alors même, l’infâme tutelle ne cesse pas, la mère n’ayant pu ni aliéner, ni léguer ses biens, fussent-ils héréditaires.

Tout est odieux dans ce Nemrodisme, jusqu’aux fian- çailles qu’il trouve le moyen de rendre iniques dans leur symbolisme.

La fiancée passe sous le joug d’une charrue; elle tombe, dit l’aimable Droit des Quirites, sous la main du mari, corps et biens, elle devient sa chose, m.

Ainsi, Religion, Justice, Économie, dans la Cité, dans la Famille, dans la Vie internationale, ces trois choses saintes sont dans la bouche de cette Prud’homie un abominable et perpétuel mensonge, puisqu’elle les absorbe joutes les trois, sans les réaliser pour autrui; elle les tue.

Voilà la Socjjété morbide que fondèrent ces faux bonshommes en rupture de Synarchie primitive.

Qu’y a-t-il à en adopter comme modèle? Absolument rien.

Ce Jm? Quiritium est l’instilulion même de l’Irréligion sociale, de l’Iniquité sociale, de la Ruine sociale; et le tout s’appelle un gouvernement purement poli-

La môme absence de Principes qui préside à la vie organique de celte cité, dirige sa vie de relation avec l’Italie d’abord, avec le Genre Humain ensuite.

En présence d’un pareil empirisme, la Science a pour devoir de classifier sa Constitution parmi les pires maladies aiguës des Collectivités humaines.

Cette maladie a pour caractère le plus monstrueux des égoïsmes, l’Animalisme radical.

La Collectivité du peuple romain, en présence de celte oligarchie, n’a qu’un droit, celui de toutes les insurrections; et il faut dire à sa louange qu’elle en use avec autant d’intelligence que d’énergie.

Mais que gagnera-t-elle à arracher à cette Prud’homie, lambeau par lambeau, les droits qu’elle s’était arrogés? La même maladie chronique, la même peste constitutionnelle, le même vice gouvernemental, généralisé.

Et quand le peuple en sera là, il n’y aura plus pour lui d’autre recours contre lui-même, d’autre puissance arbitrale que les légions et leur chef.

Alors le dernier mot de la Prud’homie romaine sera dit par César, qui donnera la même maladie au Monde entier, sous forme de néo-Nemrodisme revêtu de l’Apothéose divine, et provoquant du même coup tous les tonnerres des deux, toutes les colères de la Terre, toutes les invasions, tous les déluges humains.

Le Principe est morbide, la fin le sera également, et c’est toujours la peste d’irshou qui se propage et s’évolue.

Dès lors, la Science sociale, identique à la Science religieuse, doit avertir, du haut de la chaire civile ou clé- ricale, l’élève ou l’auditeur, quel qu’il soit, et leur dii’c, Moïse à la main : Nimcrod succéda à* Koush, etc., etc.

A Rome comme à Sparte, à Athènes comme à Bahylone, à Niiiive comme à Suze, la Constitution est originellement et fondamentalement vicieuse.

De plus ses modifications empiriques n’ont de valeur précise que relativement au Type sain des Sociétés, à la Loi scientifique du Règne de Dieu dans le Gouvernement tant général que particulier des peuples.

Ce Type, celte Loi, c’est encore et toujours la

L’Histoire universelle nous l’a montrée en application à partir du soixante -septième siècle jusqu’au trentedeuxième avant l'ère chrétienne.

De plus, à partir de cette dernière date, cette même Loi organique a été, sous nos yeux, reprise et observée par tous les fondateurs ou réformateurs de Sociétés, qui ont procédé scientifiquement et honnêtement, et non einpiriqucmcnt et criminellement.

Mais, dira-t-on, Aristote a étudié environ deux cent cinquante constitutions différentes, et vous n’en voyez qu’une bonne.

J’espère avoir prouvé que je ne l’ai pas vue dans la Lune ni dans les nuées, cette Synarchie, qu’ Aristote connaissait aussi bien que moi, quoiqu’il ne pût pas en parler ouvertement.

Si ce grand homme étudia tant de constitutions empiriques, c’est qu’on observe les maladies avant que de les soigner.

Il aurjait pu eu compter dix mille fois davantage, et pour la raison que voici ;

Il y a. dix mille manières d’être malade; il n’y en a qu’une de se bien porter.

Un Principe est ou il n’est pas ; et je défie qu’on me montre un Principe social, universel, se définissant dans une Loi positive du Règne de Dieu, autre que celle que j'ai signalée dans les Livres sacrés de tous les peuples et montrée en action dans leur Histoire.

En action, oui, même quand elle est violée, cette Loi, parce que la Vérité se venge toujours de l’Erreur, en abandonnant cette dernière à toutes scs conséquences morbides; car telle est la loi de la rectification : Fata volentem ducunt, nolentem trahunt. < La Loi de Dieu guide la bonne volonté; elle traîne la mauvaise. »

Je continuerai à éclairer de la môme lumière l’Histoire de l’État })olitiquc romain, qu’il ne faut pas confondre avec un État Social.

Le lecteur verra, par la succession même des faits, que je n’ài pas dit un mot de trop dans ce qui précède.

Je sais que lorsqu’on vise un but, on doit pointer l’arme plus haut que lui ; et souvent, pour enfoncer une vérité là où elle doit porter coup, on en fait un paradoxe.

Telle n’est nullement ma manière d’agir; et comme je donne toujours au lecteur dix dates et dix faits pour un, c’est lui-même qui peut se convaincre de la validité de l’Expérience historique et de la Loi que l’observation doit en tirer.

Je mets dans ce travail toute la force de ma conscience intellectuelle et morale, à laquelle j’impose de

ne jamais remonter à un Principe céleste, inlelligiblo, sans avoir aux pieds tous les boulets de fer dc’ia réalité historique et de tous ses faits contingents.

Si donc il y a de l'enthousiasme dans mes leuvi’es, c’est que la Vérité est divinement belle, digne d’amour, d’admiration, d’adoration.

L’aréopage d’Athènes a pu suspendre une condamnation, en voyant s’entr’ouvrir les voiles d’une Phryné : que ferait l’aéropage intellectuel auquel je m’adresse; eu contemplant nue la chaste Vérité, telle que je la prie, telle que j’essaie d’en faire entrevoir scientitiquement la divine réalité?

Quant à moi, je n’ai qu’un souci : la Déesse; et je vais continuer à la glorifier.

A Rome, l’intérêt de l’Histoire est dans l’opposition faite au Mal voulu par le Mal subi.

Le peuple, voilà le vengeur inconscient de Dieu et de sa Loi.

L’assaut du jilus grand nombre arrachant au moindre sa part dans ce gouvernement d’iniquité : voilà le grand enseignement de l’Histoire intérieure de Rome.

L’impuissance linale de ce peuple, une fois maître, lui aussi, de toutes ces fonctions publiques : voilà la vérilication du Principe et de la Loi criminellement outragés par le Pouvoir primordial.

La force armée, seule arbitre de l’Anarchie sociale, fruit de l’Anarchie intellectuelle de la Constitution , le Nemrodisme, enfin, donnant une tête aux légions pour écraser toutes ces anarchies sous son talon en les mettant toutes sous sa couronne et sous sa tiare : voilà, sur les bords du 'fibre, comme sur ceux du Tigre et de l’Euphrate, la confirmation définitive de la Loi violée et se vengeant, en abandonnant de telles Sociétés à la

systématisation sériaire du Mal {K)litiqùè par lui-même.

•^Car, que la fantaisie anarchiste le sache bien : rien dans rUnivers n’échappe à la systématisation de son •^ordre ou de son désordre, à quelque degré de la Vie que ce soit.

La pierre que l’enfant jette subit la triple Loi de la Pesanteur; et l’intention qu’il y a mise, si elle est mauvaise, frappe au dedans de lui-même la substance éthé- rée de son âme d’un mal positif, qui ne s’expurge à travers le corps, de vie en vies, qu’avec le temps, et selon des lois de douleur.

Ainsi, au dedans comme au dehors des volontés, les Forces intelligentes de l’Univers agissent, en systématisant tout, soit dans les êtres particuliers, soit dans les êtres collectifs.

L’homme individuel ou social n’a aucune puissance sur les Principes, que celle de leur ouvrir son intellect, d’y adhérer par la Science et par la Sagesse, ou de refermer ce même intellect sur sa rationalité sensorielle, et de se vouer dès lors à l’imprévu et à l’inconnu.

Mais cet imprévu et cet inconnu sont toujours dépendants des Principes violés, et se mesurent néanmoins par la même Science et par la même Sagesse, qui, à dé- faut du concours de l’Humanité d’ici-bas, agissent du haut de l’Univers et à travers la totalité de ses Cycles, auxquels n’échappe pas plus la mauvaise Volonté individuelle que collective.

J’ai dit précédemment que tout l’intérêt de l’Histoire romaine est dans l’assaut du plus grand nombre contre une oligarchie inique, dans la réaction du Mal subi contre le Mal voulu. ' '

Pour qu’on ne se méprenne pas sur ma pensée, j’ea< trerai dans quelques détails.

Si l’on envisage Une Société humaine, quelle, qu’elle soit, on y verra toujours le Bien intellectuel ou moral provenir, non seulement des Minorités, mais de l’Indivi-’ dualité se sélectant du milieu Commun.

Cette Sélection était le plus grand souci des anciens Ordres.

Depuis les découvertes les plus transcendantes de la Science jusqu’à la transformation ou à l’invention de n’importe quel instrument de travail, il n’eSt pas jde Bien acquis à une Collectivité, qui ne soit le résultat de • l’énergie mentale et morale de l’Individu.

Cette loi a pour corollaire la résistance des milieux empiriques à l’âme qui vient les doter d’un bienfait, quel qu’il soit, jusqu’à ce que ce dernier s’impose à l’ignorance parla nécessité du besoin.

Je n’ai donc pas prétendu faire, en ce qui regarde l’Histoire romaine,la justification du droit du nombre humain ;|ar ce droit n’est lui-même qu’un fait physique, et nullement un Principe scientifique d’Ordre social, ni Divin.

C’est pourquoi j’ai eu soin de dire qu’à Rome le peuple représentait le Mal subi, donc irresponsable, devant une oligarchie représentant le Mal voulu, donc absolument responsable.

Aussi le peuple ne perdra-t-il rien à l’Empire, l’oligarchie, tout.

Entre les deux Maux, la Justice éternelle ne peut pas hésiter, et n’hésite pas dans l’action mystérieuse et lente de ses Lois de douleur ou de bonheur.

Dans les Sociétés normales, la Minorité s’appelle la Sagesse et la Science, c’est-à-dire la part de Vérité con-

quis» et gardée stnt ^atte Terre par la Sélection deslnditidus; pour le Bien de tous.

Celle Autorité forme le Pouvoir suprême par l’Ensei- ^ement, et elle n’en ouvre la porte que par l’Examen.

Elle Se garde bien d’être ce Pouvoir, car elle ne serait plus Elle-même; elle l’autorise, elle le contrôle, elle le réforme et le purifie perpétuellement.

‘ Elle lui impose d’être la Justice pour tous au dedans et au dehors, et de veiller à l’Économie de toute la Vie collective.

’ Dans les Sociétés morbides , ou politiques, c’est exactement le contraire qui a lieu.

LaJdinorité n’est plus autorisée ; elle est autoritaire, ce qui est diamétralement le contraire.

: Elle se subordonne l’Autorité, et du même coup la tue.

Elle se soumet l’Enseignement, et, par conséquent, l’anéantit comme Pouvoir social.

Elle se passe de l’Examen des Corps savants, et se réduit ainsi à la critique de la multitude ignorante.

Elle monopolise sans Contrôle tout le bien-être possible, et suscite ainsi toutes le® " dications du malaise public.

Elle croit s’être armée voir d’autant plus

puissant qu’il n’est plus a enseigné, examiné,

contrôlé; mais dès lors, pa^i Trinitarisme scienti-

fique et social, elle est vo.^^v Jualisme empirique et politique, avec impuissance absolue de régir d’une manière durable la majorité numérique, qu’elle ne domine que par la ruse et par la force.

» C’est alors, et dans de telles Sociétés seulement, que < le droit naturel/ animal, de la majorité numérique est un triste et dangereux recours, le seul possible, au point

le vue naturaliste, contre le soi-di^lnit* droi^* de n^me , irigine, monopolisé par une Anarchie d’en haut. - ^ Cette dernière, n’étant plus qualitative, a pour dmirt brcé d’être abaissée et engloutie dans’ le nombre quan-* itatif.

La royauté retarda néanmoins cette crise et cette issue iualistique, qui lit de la vie politique de Rome une guerre civile perpétuelle.

Mais une fois la Monarchie tombée, regardez opérer ce gouvernement anti-social.

Nous venons de voir le crime sortir de l’Ame de ces anarchistes d’en haut, et assassiner les rois qui font obstacle au triomphe de leur mauvaise volonté.

Voyons maintenant comment, possesseurs sans Cop.- trôle de tous les monopoles sociaux qu’ils se sont adjugés, ils vont se comporter vis-à-vis du plus grand nombre.

A peine Tarquin le Superbe est-il mort, que la Prud’homie romaine, n’ayant plus à craindre de coups de sceptre sur la tête, foule le peuple aux pieds.

Pour soutenir la guerre des oligarques contre l’Étrurie, la plèbe avait combattu à ses propres frais," laissant ses terres sans culture, ses foyers sans pain.

Mais le prud’homme du Sénat est usurier, comme nous l’avons dit.

Il cumule le prêt sur gage avec le Sacerdoce, le vingt pour cent avec le gouvernement, la fourniture de l’armée avec la balance de Justice, la chaise curule avec la marmite de l’Harpagon de Plaute.

État, il prend le sang du soldat; chef d’atelier d’esclaves, il lui fournit vêtements, armes et subsistance, le tout à usure; banque, il prend sa terre; cour de justice, il s’adjuge le créancier en toute propriété, l’emprisonne, le vend, le lue, à son gré ; gouvernement, il exécute ses

jpropres lois secifètès, non publiées; culte, il a l’audace de mettre toutes ces infamies sous le couvert de la Reli> giotfï

Et il appelle le tout l’État et la Patrie.

' En 496, les plébéiens ripostent à tous ces mensonges avec autant de bon sens que d’à-propos : annulation des dettes ou pas d’enrôlements pour la guerre contre les ‘Latins.

Réponse des usuriers du Sénat : création de la dictature, c’est-à-dire d’une tyrannie à eux, cette fois.

Les consuls étaient soi-disant des magistrats ; le dictateur fut un simple exécuteur suspendant l’action de toutes les soi-disant lois.

Derrière le simple énoncé de ce fait, quel enfer d’iniquitél Que de cris dans les chaumières, que de larmes de désespoir, que d’opprimés, que de malheureux mourant de faim, pendant que le père de famille, vieux soldat balafré, vieux centurion mangé de cicatrices, est saisi au retour de ses campagnes, roué de coups, torturé, jeté dans d’infects cachots, vendu à l’encan hors de Rome I

En 495, les Shylocks du Sénat nomment un des leurs, Appius Claudius, consul, avec Servilius : deux recors féroces.

Bonne riposte du peuple : refus de marcher contre les Volsques, qui, eux, marchent sur Rome.

Promesses du consul Servilius, serment sur tous les Dieux dé l’athéisme gouvernemental : les braves plé- béiens marchent au combat, battent les Volsques, puis, au 'Retour, demandent l’exécution des promesses, l’exa- ^ men des plaintes, la liberté des débiteurs pendant cette révision.

Refus du consul Appius, refus 3u Sénat, qui répond

la multitude par la nomination d’un dictateur, Manins Yalérius.

Mais les Volsques, lesÉques, les Sabins s’arment; les Sociétés italiennes vont venir mettre enfin le pied sur cette inique Prud’homie et écraser ce nid de serpents.

Le Sénat fait renouveler par Manius les promesses, solennelles de Servilius, et quarante mille plébéiens battent l’ennemi.

Au retour encore, ces braves gens demandent l’exé- cution des serments de Manius : refus du Sénat.

C’est alors que le peuple se retire, dans la ville sur l’Aventin, hors des murs sur le Mont Sacré.

Les prud’hommes usuriers lui envoyèrent raconter des fables par Ménénius Agrippa : les membres sont le peuple, l’estomac est évidemment le Sénat.

La plèbe répondit avec autant d’intelligence que de dignité : abolition de l’esclavage pour dettes, radiation des dettes du débiteur insolvable, création d’un pouvoir politique, populaire, le tribunal, avec droit dç veto, à l’intérieur, sur l’exécution des arrêts consulaires.

Je demande pardon au lecteur pour tous ces détails fastidieux, mais, dans l’Histoire romaine, comme dans celle de tous les peuples précédents, je dois procéder avec la môme conscience, en tirant toujours la loi de la comparaison des faits.

Iæ Société romaine, fondée par et sur l’Anarchie d’un tiers Ordre, a donc bien pour Loi totale la guerre civile des intérêts, que les passions seules légifèrent et gouvernent.

Les rois distribuaient au moins au peuple une partie des terres conquises par lui. ‘ ,

La république rien; les prud’hommes gardent tout.

Seuls, ceux d’entre eux qui s’éloignent de ce Pouvoir, de cette arche infernale de la cité romaine, et qui mènent au combat ces laboureurs soldats, ont une vue plus droite et plus haute.

La guerre, comme le disent les livres de l’état-major chinois que j’ai cités, est une terrible maladie de l’État Social terrestre ; et elle témoigne toujours de la part des gouvernants d’une impuissance intellectuelle et morale.

Comme Mal voulu, elle entraîne une effroyable responsabilité pour ceux qui, comme les sénateurs romains, l’érigent en loi de la vie de relation d’un peuple, et elle prouve les vices fondamentaux de leur mauvaise

Comme mal subi par le soldat aux ordres du politicien, elle implique, au contraire, l’abandon de la volonté à une direction, le renoncement, le sacrifice, l’héroïsme, et, par suite, toute une série de belles et mâles vertus.

Aussi faut-il faire une différence entre cette Prud’homie romaine, rivée à sa chaise curule, et ses cadets ou chevaliers, dont elle gaspille le sang.

Ce dernier se purifie de la peste politique sur les champs de bataille, en se mêlant à celui du peuple.

C’est pourquoi Spurius Cassius consul, patricien, mais soldat et triomphateur, se dresse contre l’immonde avarice du Sénat.

Il demande à ces prud’hommes, en même temps fermiers généraux des terres de l’État, de payer leurs dîmes, de cesser de les empocher, de les consacrer à la solde des troupes et de distribuer une partie du domaine public aux plébéiens les plus pauvres.

lia Prud’homie sénatoriale courbe la Jtête; mais, en 486, quand les pouvoirs consulaires de Cassius expirent.

elle sème contre lui la calomnie, le fait saisir sous de faux prétextes, battre de verges,- décapiter.

Après le consul, c’est sa loi agraire qu’il s’agit d’enterrer.

A cet effet, on achète au rabais les voix des tribuns, dont on ne peut pas couper les têtes.

Ils sont laids, ces gouvernants-là; et voilà pourtant lé venin de vipère qu’on inocule à l’entendement européen, dès l’enfance, en propageant par l’enseignement la contagion d’un tel exemple, sans administrer le contrepoison.

Or l’antidote n’est certainement pas la guerre civile, perpétuelle, que les gouvernés de Rome font à leurs iniques gouvernants.

Certes, ce peuple est admirable d’héroïsme sur les champs de bataille, de sens pratique dans ses luttes du Forum contre l’abominable tiers Ordre, auquel il dispute à belles dents cet infernal Pouvoir.

Mais qu’il soit ce Pouvoir à son tour, ce même peuple : en changera-t-il l’essence radicalement vicieuse? Nulle-

Aussi, que Polybe loue, que Machiavel admire, que Montesquieu encense un pareil gouvernement : je le déplore pour ces hommes de talent ou de génie, qui méritaient certainement de s’élever au-dessus d’un tel Empirisme, et de le dominer scientifiquement du haut d’un Principe fixe, déterminant une Loi vraie.

Si de tels hommes, faute d'interroger assez profondé- ment la Tradition religieuse, ont pu se limiter à la superficie politique de l’Histoire et en manquer le fond social, à plus forte raison la majorité des penseurs et

des politiciens non seulement sceptiques, mais soidisant religieux.

‘Dans. l’état actuel des choses, en Europe, le Judéo- Chrétien suit communément les mêmes errements.

Il y a dans les casiers de sa cervelle trois ou quatre directions absolument différentes, parfois diamétralement opposées, et qui lui rendent impossible de discerner scientifiquement le Vrai du Faux, le Mal du Bien.

' L’Église lui enseigne une morale divine; l’Université lui dit qu’elle est naturelle; le Code civil lui apprend comment on louvoie entre les deux; la Politique comment on s’en passe; le Gouvernement Général de la Ruse et de la Violence lui ordonne, comme membre d’une Collectivité ou comme chef d’État, de faire exactement le contraire de la morale religieuse et de la morale civile et du Code, vis-à-vis de l’étranger pris en Corps de nations.

Dans une telle anarchie d’idées régulatrices, si l’on n’en débrouille intellectuellement le chaos, si l’on n’appelle la Science au secours pour en faire surgir l’Ordre social éternellement vrai, il est impossible de ramener rilistoire à ses Principes fixes et à sa Loi.

Or, qui se trompe? Est-ce la Religion éternelle, est-ce l’antique Synthèse des Sciences avec son plan de l’ünivers et de l’État Social terrestre, avec son souvenir, son espé- rance et sa Promesse synarchiques du Règne de Dieu?

Oui se trompe? est-ce le Dieu de PUnivers vivant et tous ceux qui l’ont connu, aimé, adoré, et qui ont glorifié Sa Loi?

Certainement non, et je l’ai assez prouvé par l’Histoire elle-même.

Or, cet Ordre social, cette Synarchie, cette Loi du Règne de ce Dieu, géométriquement démontrés dans cette Mnsion, sont absolument anti-empiriques pourquoi?

Parce que les Principes renfermés dans tous les Livres

sacrés, parce que les antiques Sociétés synarchiques, parce que les Promesses sociales de tous les fondateurs de Cultes viennent d'une Synthèse scientifique .

Ici, je dois rendre justice à Montesquieu qui a pressenti la Loi vraie.

Seulement, ne jugeant le Judéo-Christianisme que par son exotérisme, ne soupçonnant pas qu’il y eût, derrière ses enseignements primaires, une Tradition scientifique et sociale d’une autre portée, Montesquieu est resté captif des faits contingents, de l’Empirisme de l’Histoire élémentaire de ces derniers, du Naturalisme enfin dévorant l’Ordre humain pendant l’éclipse du Divin.

C’est pourquoi Montesquieu a vu les trois Pouvoirs, mais politiques, sans soupçonner qu’ils aient été et doivent être sociaux, pour être scientifiquement vrais.

Quant à Machiavel, plus artiste que savant, il a accepté entièrement l’immoralité de l’Empirisme historique, en se bornant, comme patriote italien, à indiquer la nécessité d’en tirer le meilleur parti possible.

Ses œuvres n’ont que cette portée restreinte.

Mais le Tout contient la Partie ; la Judéo-Chrétienté contient l’Italie; l’État Social terrestre contient l’Europe elle-même ; et, dans n’importe quel théâtre de faits spé- cifiques que ce soit, l’üniversel tient le Particulier.

C’est pourquoi, il faut scientifiquement dégager l’Absolu, pour assurer définitivement la vie du relatif, quel qu’il soit, et c’est ce qu’ont fait de tout temps les Sages que je glorifie ici.

La faute de Machiavel, sur ce point, a été également celle de tous les politiciens de tous les temps.

C’est toujours le même Prud’homisme et le même empirisme funestes, en définitive, quand, leur degré naturaliste une fols établi, on ne passe pas aux échelons

supériéurs, humains et divins, de la Science et de la Vie.

Dans son Discours sur la première décade, liv. I, Mach'iavel dit ce qui suit : je cite de mémoire, et je réponds du sens, non des mots.

« Le Christianisme enchaîne le libre arbitre, aveugle la raison, affaiblit et brise l’énergie individuelle.

En glorifiant la contemplation plus que l’action, en plaçant le souverain Bien dans le mépris de soi-même et des choses terrestres, il énerve les Sociétés, et tend à faire passer le Gouvernement du Monde aux mains des scélérats. »

Cette même thèse non corrigée, mais considérablement augmentée, est reprise de nos jours par un grand nombre d’écoles politiques : Pangermanisme, Panslavisme, etc., etc.

Que tous ces Egipans permettent au grand Pan celtique de faire entendre son bourdon de cathédrale au-dessus des cloches de leurs paroisses.

Ce Panceltisme, dont je viens de retracer dans ce livre l’auguste Histoire, est l’Ancêtre commun de toutes les divisions de la Race blanche; et c’est encore lui qui, par ma voix, les rappelle à l’Unité et à la Loi organique de son Temple Social.

Si le Panlatinisme de Machiavel avait eu une autre initiation que la Politique qui dissociait l’Italie, il n’eût formulé l’accusation précédente, ni contre le Catholicisme romain, ni contre le Christianisme, ni contre aucun des Cultes de la Terre.

Il eût vu, et il eût dit que la Religion issue d’une ancienne Synthèse scientifique doit exercer son action, non seulement par un Enseignement primaire sur les individus, mais surtout par un Enseignement et un Con-

trôle supérieurs sur l’ensemble de tous les gouvernements d’un État Social, quel qu’il soit.

Dans ce cas, plus l’Intellectualité du Culte est haute et pure, plus aussi les gouvernants sont contraints à la Paix mutuelle et au respect de la Vie des peuples.

Alors, et alors seulement, les Patries peuvent être garanties contre le Gouvernement Général de la Force, contre l’Arbitraire de la Politique et de son Empirism^e.

Autrement, si l’Autorité scientifique, dont je parle, n’existe pas au-dessus d’un pareil Pouvoir, on ne reconstruira jamais les nationalités dans leurs cadres respectifs, que pour les voir de nouveau dévorées par l’Anarchie d’un Gouvernement Général, naturaliste et nemrodique.

Confieriez-vous la conduite de vos trains de chemins de fer à des individus qui ne vous offriraient comme garantie que l’élection par le caprice d’un souverain, peuple, roi ou césar?

Non ; et pourtant vous confiez la construction et la direction de tous vos États à la fois à une sélection d’individus absolument empirique.

Le mécanicien et le chauffeur de locomotive répond à la juste exigence de l’Examen et du Contrôle, l’homme politique, l’homme d’Élat, le législateur, à celle de la fantaisie.

Ceci dit, retournons à Rome, la grande arche infernale de cette politique naturaliste empirique, nemrodique.

Ce sont encore des patriciens, mais soldats, les Fabius qui, venant de mêler leur sang à celui des plébéiens, réclament l’exécution de la loi agraire.

Que font les, usuriers de la chaise curule? Ils forcent toute la gens Fabia à l’exil.

Avec quelques milliers de clients, celle-ci reprend seule, à ses frais, laguerre aux Véiens.

Que farit le consul Ménénius, âme damnée du Sénat, qui, à la tête d’une armée, assiste à cette héroïque bataille?

Il reste l’arme au pied, et regarde massacrer par l’ennemi Cœso Fabius et tous les siens : 477,

,Le tribun Génucius reprend avec acharnement la question de la loi agraire.

Il est assassiné dans son lit : 473.

C’est alors que le centurion Volero prend la tête du mouvement populaire et de la guerre civile, s’empare du Capitole, et arrache de force au Sénat la loi Publilia.

Appius se chargea de la vengeance des prud’hommes, en emmenant l’armée à une certaine distance de Rome, où il la décima.

En 471, par son tribun Terentillus Arsa, le peuple demande enfin la révision de cette inique Constitution et une législation écrite au vu et au su de tous.

Indignation du Sénat, dont le chef réel est, alors, le faux bonhomme Cincinnalus.

Son fils, Céson, frappe un tribun, tue un plébéien, s’exile pour ne pas être décapité, va conspirer chez les Étrusques, et conduit un coup de main de leur part sur le Capitole, en 459.

. Le Sénat nomme consul, puis dictateur, le père de ce criminel, le chef acharné de la réaction.

J’abrège le récit de toutes les ruses, de tous les subterfuges, de toutes les iniquités occultes ou avérées, de toutes les corruptions mises en jeu par cette anarchiste Prud’homie.

C’est la Politique dans toute sa hideur.

Mais grâce à l’indomptable persévérance du peuple et de ses tribuns, la loi Terentilla passa enfin.

Le peuple triomphe : donc il faut déshonorer son œuvre.

Aussi les décemvirs chargés de reviser la Constitution, tous patriciens d’abord, puis quelques-uns plé- béiens, se comportent en abominables tyrans.

Honneur, liberté, vie, tout est à la merci de cette Terreur, prototype des errements de la Révolution fran- çaise.

C’est Valérius qu’on jette du haut de la roche Tarpéienne, c’est Dentatus qu’on assassine au camp.

Enfin l’armée intervient et balaye par sa menace cette oligarchie mixte de politiciens d’en haut et d’en bas, qui se tuent ou s’exilent.

C’est ainsi que la Lai des douze tables s’adjoignit au Jus Quiritium; mais, aussi empirique que ce dernier, elle ne remplaça pas la Loi scientifique et sociale de Numa.

L’Égalité civile était neanmoins conquise scripturairement, en attendant de nouvelles guerres civiles, pour forcer l’exécution de cette promesse.

En 445, le tribun Canuléius demande la légalité du mariage entre les deux ordres, le partage du consulat, l’égalité politique.

Fureur des prud’hommes, retrait du peuple en armes sur le Janicule, acceptation du Sénat.

Mais ce dernier, voyant que le peuple va entrer dans le consulat, s’empresse de démembrer cette fonction.

En 444, il couvre son Pouvoir par une nouvelle magistrature, celle des Censeurs ; il lui donne une part des fonctions consulaires, et renvoie le reste à celle des tribuns militaires.

Pendant quarante ans, ja ruse des prud’hommes ferme aux plébéiens l’accès de ce tribunat consulaire.

Je tiens à faire suivre pas à pas au lecteur tous les errements de ce type d’empirisme gouvernemental, vé- ritable bastille, qui deviendra la Sorbonne de la plupart des politiciens de la Judéo-Chrétienté.

■ . Toute bonté à l’égard du peuple était un crime de lése-Prud’homie.

Spurius Mælius, riche chevalier, a pitié des pauvres pendant une famine, et leur distribue des aumônes.

Le Sénat pousse à la dictature le vieux Gincinnatus qui cite Mælius, le fait assassiner, approuve et couvre l’assassin, Servius Ahala, maître de la cavalerie, fait raser la maison de Spurius et vendre ses biens.

Ën 414, un tribun consulaire, Posthumius, se mêle à une demande de distribution de terres : tué.

Après l’évacuation de Rome par les Gaulois, Manlius Capitolinus, patricien, sauveur du Capitole, a pitié de l’immense misère du peuple ; il se fait le patron des pauvres; il délivre de prison quatre cents débiteurs, en payant leurs créanciers.

Le Sénat le condamne secrètement à mort, et le fait assassiner : 385.

La lutte du Sénat contre les lois proposées par Licinius Stolon, tribun, est marquée du même caractère inique et féroce.

Force, ruse, corruption, dictature, appel à la sainteté de la Religion, achat des tribuns, rien ne manque dans ce duel, dans cette gperre civile perpétûelle.

Enfin, en 567, c’est encore tin soldat, Camille, élu dictateur pour la cinquiènie fois, qui presse de tout le poids de son épée sur le pouvoir sénatorial pour faire passer la loi populaire.

Mais la loi a beau passer, le Sénat l’escamote.

A mesure qu’une des fonctions gouvernementales est envahie par les plébéiens, il en invente une autre.

Après le Consulat, la dictature, après les tribuns militaires et les censeurs, la préture et l’cdilité curule.

De 564 à 343, en vingt et un ans, la Prud’homie romaine se couvrit quatorze fois de la dictature pour dominer les Comices par la terreur et enlever aux généraux plébéiens les honneurs du triomphe.

Ce gouvernement inique a, heureusement, affaire à un peuple, ou plutôt au confluent de plusieurs peuples italiens, auxquels les anciennes Synarchies péninsulaires avaient imprimé un sens du droit et de la liberté que rien ne put arrêter dans sa course.

En 537 la préture, en 326 le proconsulat, en 502 l’augurat et le pontificat, telles furent les étapes de l’assaut

de ces admirables gouvernés à ces gouvernants.

. Je me demande comment dans ce gouvernement de l’émeute en permanence, les auteurs que j’ai cités ont pu trouver une sage combinaison de royauté, d’aristocratie, de démocratie.

Nous* venons de voir l’empirisme d’un Pouvoir d’iniquité multiplier ses rouages, pour reprendre dans son engrenage le peuple, à mesure qu’il se saisit d’une des roues de l’infernale machine.

Rien n’est compliqué comme ce qui est faux, et je ne vois pas comment la complication de la guerre civile des classes, à Rome, peut, en quoi que ce soit, servir de modèle à des gouvernements dignesk de ce nom.

En trois cent vingt-sept ans, le fonds social de cet Etat politique est tellement usé, qu’il faut un Lycurgue pour le rajeunir : Caton.

Bijoux, voitures, parures des femmes, le luxe est incompatible avec l’existence de cette Société fausse.

11 signifie travail en bas, civilisation en haut ; c’est l’art qui pénètre, et avec lui c’est l’intelligence et la liberté qui ouvrent leurs ailes, et c’est la femme romaine qui commence à respirer sous le joug de la charrue nuptiale.

Caton représente bien dans sa plus grande pureté, le caractère originel de la Prud’homie romaine, d’autant plus autoritaire qu’elle a tué l’Autorité.

Rien d’intellectuel dans cet homme : science, art, civilisation, compréhension de la vie sociale, aucune lumière ne brille dans cette âme terne et dure.

Il a la vertu féroce, comme certains ivrognes ont le vin mauvais; et l’on dirait qu’il est obligé de se fustiger dans une perpétuelle colère pour ne pas être vicieux comme les camarades.

Mais ce ‘n’est pas sur lui que tombent les 'plus rudes coups, c’est sur eux.

Pour Caton, comme pour la plupart des stoïciens, le devoir est une misanthropie; c’est moins la loi lumi- TM^^e de Dieu que la contrainte obscurantiste de l,*hdmme.

Celte notion du devoir est fausse, comparée à celle ^es membres des deux premiers Ordres antiques, elle fait l’effet d’un automate à côté de son modèle vivant.

" Au fond, le devoir tel que l’entend Caton est l’exercice d’un faux droit, celui de l’ArKarchie des tiers Ordres impuissants à régir sans contrainte ce qu’ils veulent néanmoins dominer. . '

Le vrai devoir moral est le fruit savoureux de la certitude intellectuelle; c’est la chaleur d’une ^mière; c’est la bonté d’une vérité.

Rien de tel dans Caton : il ressemble au buisson de la fable juive des arbres ; il ne donne pas de fruits, mais des épines, et il menace du feu les cèdres de tous les Libans.

H y a du Père Duchêne dans ce dominateur.

Les Scipion, l’Africain, l’intelligence, le génie, la civilisation, l’élégance, tout cela offusque ce hibou d’une Minerve de ténèbres.

Ses lois sont bien celles d’un législateur primaire, de troisième classe, et elles témoignent d’un culte d’État qui a pour tiare un bonnet d’âne, et pour dogme l’agnosticisme.

L’Orchia limite le nombre des convives, compte les pièces d’or dépensées pour les festins; la Voconia s’attaque au luxe des femmes, et fouille dans leur secrétaire; la Fanuia px’a tique la môme inquisition jusque dans les cuisines et dans les gardemanger.

C’est bien le faux génie de l’oligarchie primitive des conjurés de la Louve.

Sérieux, il engendre un inquisiteur, et, quand il s’amuse, le cirque.

Certes, il y avait de grands abus que Caton essayq de combattre avec une réelle force de caractère ; mais ppuf détruire le Mal, les coups ne suffisent pas : il faut montrer le Bien; pour le montrer, il faut le connaître; pour le connaître, il faut l’apprendre à la grande École de l’Autorité enseignante et du Pouvoir de Justice, que la Prud’homie romaine a supprimé chez elle et veut anéantir partout.

Était-ce le Bien que de vouloir faire reculer à coups

de fourche la Société romaine vers sa tanière originelle?

En engloutissant l’Italie, Rome en absorbait la civilisation diffuse, et s’y dissolvait.

A de pareilles heures des Sociétés, on ne peut en régir la vie qu’en la synthétisant bien ou mal, scientifiquement ou empiriquement.

Caton ne sut faire ni l’un ni l’autre : l’empire seul fera, comme toujours, la synthèse empirique.

La Société des prud’hommes romains ne soutint jamais l’épreuve de la prospérité ni du luxe.

En 149 ses fausses vertus seront tellement pétrifiées dans ses vices originels que Calpurnius Pison sera obligé d’établir un tribunal permanent, rien que pour juger les concussionnaires.

En 144, ce n’est pas un, c’est trois tribunaux qu’il faudra, rien que pour expédier les, affaires de ce genre.

En 139, l’établissement du scrutin secret deviendra indispensable pour l’élection des magistrats, car tout s’achète, tout se corrompt, tout se brigue dans de pareils États politiques.

En 137, la même mesure devra être appliquée aux jugements publics.

Ainsi périt socialement l’Iniquité politique, dès qu’elle atteint le but triomphal qu’elle poursuit.

Ainsi périt cette Prud’homie, fondatrice d’une ville de proie, dés que la proie fut obtenue et dévorée.

Peuple, provinciaux, esclaves : voilà où en est encore l’unique intérêt de l’Histoire romaine.

Le peuple eut enfin une nouvelle tête dans Tibérius Gracchus, qui reprit la loi Licinia.

Fureur des riches; la loi passe néanmoins, mais au

prix d’une guerre civile, et, naturellement, Tibérius fut assassiné : 133.

Voilà pour le peuple : passons aux provinces.

Scipion Émilien veut l’égalité romaine pour les provinces de ritalie : assassiné dans son lit; pas d’enquête, pas de funérailles publiques ; 129.

La ville de Flégèles revendique le droit de cité : rasée.

Ainsi étaient traitées les provinces italiennes.

En 123, Gains Gracchus reprend les projets de son frère : loi agraire, fourniture gratuite des vêtements militaires aux soldats, colonies pour les pauvres, droit de cité pour les Latins, des juges pour les chevaliers concussionnaires, un contrôle sévère sur les gouverneurs des provinces lointaines.

Naturellement un programme aussi simple nécessita une guerre civile, et Gains Gracchus dutse tuer, pour ne pas être assassiné ou exécuté : 121.

Tel est cet idéal politique, ce modèle offert par l’Enseignement universitaire à rEntendemcnt des classes dirigeantes de la Judéo-Chrétienté.

Ai-je apprécié trop sévèrement l’iniquité fondamentale de ce gouvernement de troisième Ordre? L’arbre se juge aux fruits; et je viens de montrer au lecteur un nombre suffisant de ces derniers, pour qu’il vérifie ma classification de la graine.

Avec un pareil gouvernement, la révolte des esclaves, des pauvres de Rome, des Italiens, des provinciaux extrapéninsulaires, étftit inévitable : 103»8i.

De plus, ce gouvernement lui-même ne pouvait pas manquer de se faire justice en se poussant deux têtes pôur s’entre-dévorer : Marins, Sylla.

Je ne rappelle que pour mémoire le pontife Mucius Scevola égorgé sur le bûcher de Marins.

Il guérit ; Timbria s’empresse de le faire assassiner définitivement.

Du reste, en 103, le peuple fit, à l’égard du Pontificat, ôe que le Sénat avait fait sous Tullus llostilius à l’égard du Conseil de Dieu institué par Nuraa.

Il se l’adjugea comme toutes les autres fonctions politiquement absorbées par la Prud’homie primordiale, et la grande Prêtrise continua à avoir pour source l’élection populaire cette fois.

Mais un Pouvoir politique comme celui de l’État romain stérilise tous les organes sociaux, et un pareil Pontifical est pire que l’Athéisme avéré.

Du reste, dès qu’il a sa part des lambeaux de ce gouvernement, ce peuple cesse d’être à plaindre, et devient lui-même à blâmer.

En l’an 100, par exemple, c’est Saturnins, tribun, qui, aidé' du préteur Glautia, égorge son collègue Nonius parce qu’il est du parti du Sénat.

Ce dernier ne reste pas en retard de criminels procédés.

En 91, Drusus, tribun, essaye une réforme analogue à celle des GraCques : assassiné, pas d’enquête, annulation de ses lois.

Puis, ce sont les chevaliers qui se ruent sur les tribuns, l’épée à la main, et les forcent de poursuivre tous ceux qui veulent l’égalité romaine pour les Italiens.

Après la guerre civile dans Rome, c’est la guerre sociale en Italie : 90-88.

Chose curieuse, les huit peuples qui luttent pour l’indépendance, Picentins, Vestinfe, Marses, , Marrucins, Péligniens, Samnites, Lucaiüens, Apulicns, impriment ou gravent sur les médailles et sur les monnaies de leur confédération le symbole de leur desideratum.

Or, quel est ce symbole? Le Taureau écrasant la Louve.

On regrettait l’empire deNemrod!

Patience : la série de rAnarchie du tiers Ordre qui fonda Rome touche à sa conséquence dernière ; César est là, consul avec Rutilius, et s’il vient de se faire battre par Vettius Scato, il n’en sera pas toujours ainsi.

Rome, comme tous les États qui l’ont précédée dans les mêmes voies, couronnera définitivement son anarchie originelle du bandeau impérial des Ninus et de la tiare pontificale des Rélochus posés sur la tête de son meilleur chef d’armée.

Résumons définitivement celte nouvelle expérience offerte à l’observation par l’Histoire universelle.

A Rome comme à Ninive, à Babylone, en Perse, en Grèce, voici le caractère identique que l’expérimentalisme de la Politique pure permet de relever.

Se substituant aux trois Pouvoirs sociaux, les absorbant tous en lui, le tiers Ordre a essayé de fonder ou de régir à lui seul et par lui seul des Collectivités.

Toute la force sociale de ces dernières était empruntée aux institutions des deux premiers Ordres foulés aux pieds.

Et cette force sociale diminue d’autant plus dans toutes ces expériences successives que le Pouvoir usurpateur grandit et triomphe davantage.

Comment grandit-il? En développant l’Anarchie de son principe ou, plutôt de son origine, aux dépens de toute Autorité enseignante au-dessu% de lui, aux dépens

de la vie locale el de ses anciennes institutions, au-des-

so.us.

De plus, la loi qu’il impose est une prise de possession de droits par la Force, et n’offre plus le caractère magistral et vrai de l’universelle Équité déterminée et formée par la Sagesse et par la Science des anciens Corps enseignants.

. Au dedans comme au dehors de ces sortes d’États, la Loi n’est bien que la Force légiférée ; elle est donc anarchiste.

Du môme coup, par manque d’Autorité, elle autorise logiquement la perpétuité de la guerre civile et de la guerre étrangère, jusqu’à ce que les multitudes, au dedans et au dehors, se saisissent momentanément de cette même Loi pour en briser la Force, l’élargir, l’universaliser à leur mesure, sans pouvoir en modifier par ellesmêmes le vice fondamental.

Dès lors, la force de l’oligarchie civile ayant présidé à la fondation de ces États, se trouve, au bout de la série de ses évolutions, n’avoir d’autre arbitre possible de son anarchie .démocratiquement généralisée que l’Armée, dont elle s’est servie pour accabler au dehors l’existence des autres Collectivités.

Et c’est ainsi que ces sortes de Pouvoirs meurent sous la pointe de l’épée, dont ils ont tenu la garde pour navrer l’Humanité au mépris de la Religion, de la Justice el de l’Économie universelles.

C’est ainsi que le Césai’isme et le Nemrodisme se sont engendrés, s’engendrent et s’engendreront toujours , toutes les fois que les trois Pouvoirs sociaux seront confondus dans un seul Pouvoir politique.

Sans doute, dans l’analyse de ce dernier, on ne peut pas ne point trouver ce que Montesquieu y a si justement vu : l’Exécutif*, le Législatif, le Judiciaire.

Mais qu’est-ce que cela prouve ? C’est que l’Empirisme politique, dans son évolution gouvernementale, est obligé de faire mal sous la pression des événements, .sous les assauts de l’imprévu et de l’inconnu,, ce que la Science sociale des anciens premiers Ordres faisait bien et d’un seul coup.

Qu’est-ce que l’Exécutif de l’oligarchie romaine, depuis l’abolition de la royauté?

Il consiste, en dedans, à accabler le peuple et à l’empêcher, au moyen du Législatif et du Judiciaire, de se délivrer de cet accablement par l’égalité civile, juridique, politique.

Au dehors, ce même Exécutif exerce par les armes la même iniquité vis-à-vis des Sociétés italiennes, puis à l’égard de trois Continents.

Dans ces conditions, qu’cst-ce que le Législatif?

L’instrument de l’Exécutif ou celui de l’assaut que lui livrent les gouvernés du dedans ou du dehors.

A plus forte raison, le Judiciaire prend-il lui-même ce caractère de subordination à la Force, que celle-ci demeure entre les mains des gouvernants, ou qu’elle passe peu à peu, par des lois imposées sous le poids du plus grand nombre, entre les mains des gouvernés.

Au fond, ces trois Pouvoirs politiques n’en font qu’un dont la Force exécutive est le véritable caractère; et c’est bien d’ünitarisme physique, naturaliste, qu’il s’agit dans de pareils gouvernements, donc d’Anarchie sociale au premier chef.

Observons pour la dernière fois les inconvénients de ce faux Unitarisme ; voyons en quoi il est insuffisant à se définir lui-même par trois pouvoirs politiques, et en quoi les trois Poyvoirs sociaux, qu’il lèse et méconnaît, se vengent par leur absence, en l’abandonnant définit!-

vement à la merci de la force militaire, centralisée dans uné seule main.

'Cet Uçitarisme est instinctif, passionnel, rationnel si l’on veut, quand il a formulé sa loi ; mais, les Collectivités, pas plus que les individus, ne suppriment impunément en eux le gouvernement et l’Autorité de l’intelligence pure pour mettre des griffes et des dents à sa place, même avec une raison léonine.

Si celte Autorité n’existe pas dans un Corps enseignant, si elle n’est pas reconnue comme arbitre suprême par le Pouvoir dirigeant, ce dernier ne peut pas la remplacer, et il reste décapité.

Dès lors, tout ce qu’il veut empêcher à son profit se réalise à ses dépens, parce que, dans de telles conditions, le plus grand nombre a le droit naturel pour lui, et ce droit n’est autre que la Force collective qui dispute la Législation à l’Exécutif légiférant, à lui tout seul, sa propre force oligarchique.

Mais à quoi aboutit elle-même la Majorité numérique quand, imposant la Loi de sa propre Force, elle se saisit enfin de ce gouvernement naturaliste, de cet Unitarisme inhumain, vainement défini en trois pouvoirs politiques qui ne sont qu’un Exécutif masqué, qu’une Anarchie initiale d’en haut se couvrant d’expédients?

La Démocratie abouti t fatalemen t au même Empirisme, sans possibilité de s’édifier elle-même, ni de sortir du cercle vicieux de cette Anarchie constitutive.

Dès lors, disputées par deux classes, toutes les fonctions publiques, n’étant pas soumises à l’Examen d’une Autorité enseignante, le sont forcément à la brigue passionnelle, à toutes les corruptions qui en résultent, et elles perdent du même coup tout caractère social, qu’elles soient sacerdotales, législatives ou exécutives. •

Et c’est ainsi que s’opère politiquement la dissociation légale d’un État. • _ • .

Dès lors aussi, l’Économie publique appartient forcé- ment au monopole, et perd ainsi toute possibilité de se rectifier elle-même scientifiquement et juridiquement.

Par la brigue, de tels États se ruinent moralement, par le monopole, matériellement.

Mais alors l’anarchie originelle passe de l’état constitutionnel à l’état aigu, et elle éclate sous forme de parti’s en guerre, sous forme de classes en conflit, richesse d’un côté, misère de l’autre.

Or, dans la série logique de ces progressions, si l’on ne sort du cercle vicieux déterminé par le centre politique initial, le Césarisme peut seul arbitrer ces crises dernières par l’arbitraire de la Force.

C’est ainsi qu’en toutes choses la fin est la preuve du commencement.

C’est ainsi que le faux Unitarisme masqué par trois pouvoirs politiques, qui ne sont que la définition de l’Empirisme de la Force, périt, conquis comme la Grèce, ou conquérant comme Rome.

C’est ainsi que s’opère la généi-alisation de ‘son particularisme initial; c’est ainsi qu’il génère, bon gré, mal gré, le fruit impérial renfermé en germe dans le Nemrodisme de sa graine.

Pourquoi? Parce que cela est ainsi, dura lex, sed lex; parce que tel est toujours et partout le Destin qui préside à l’évolution du Pouvoir sans Autorité.

Mais, dira-t-on, mieux vaut passer par là que de ne point exister; mieux vaut exister physiquement que de n’avoir point vécu.

Sans doute, mais dans l’ordre humain comme dans tous la Nature physique est un point de départ et non

d’arrivée; c’est une origine qui n’a pour fin que la mort, à moins qu’çn ne cherche et qu’on n’atteigne ailleurs lelPrincipe réel, la lyoi vraie, la Fin universelle de la Vie, que l’Instinct et la Raison seuls ne voient et ne trouvent jamais.

Or, il arrive une heure dans l’évolution des États politiques où l’on ne peut pas n’exister qu’avec des pouvoirs physiques, passionnels, rationnels; et plus les Civilisations se développent, plus elles nécessitent, en bas et en haut, la présence et les conditions des gouvernements intellectuels.

Car il arrive aussi une heure où les Collectivités comme les individus préfèrent la mort à la maladie, et se déchirent dans la fièvre, en attendant que l’étranger les achève par le démembrement.

Cette heure a sonné dans le glas funèbre de tous les empires nemrodiques, en pleine dissolution sociale, aussitôt que leur faux Unitarisme a été triomphant, aussitôt qu’un César en a dit le dernier mot, en résorbant tous les faux pouvoirs politiques dans la vérité de leur origine, dans l’Exécutif de la Force année.

Pourquoi'.' Parce qu’on ne viole pas impunément la loi trinitaire de Dieu; parce que ce grand Principe social et cette suprême Autorité créent seuls les Sociétés, et peuvent seuls les conserver par l’observance de cette Loi.

Ce Dieu n’est pas dans les nuées; il est latent dans l’Humanité même, et il faut l’y rendre socialement manifeste dans l’Ordre qui lui est propre et au rang qui lui convient.

Cet Ordre est le premier des trois ; c’est la tête de l’État Social, quel qu’il soit, et nul pouvoir politique ne se la subordonne, sans cesser d’être autorisé, sans se

priver de tout recours contre la série mathématiquement certaine de ses aventures empirique^. '

Ce Dieu n’est pas métaphysique, ni abstrait, puisqûe c’est celui de la totale Connaissance ; c’est du Dieu vivant qu’il s’agit ici : il s’appelle, dans l’Humanité, Sagesse et Science ; et il se délinit et se manifeste socialement par une Assemblée plénière de tous les Corps enseignant^ religieux, civils, militaires.

11 n’y a rien de [dus positif et de moins mystique que ce Dieu Social dans tous les temps, sous toutes les latitudes, sur quelque Terre et dans quelques Cieux que ce

Tel est le véritable premier Pouvoir dans le gouvernement de rUnivers, de l’État Social terrestre, ou de n’importe quelle Société particulière.

Or, ce premier Ordre est bien différent, on le voit, du premier pouvoir des politiciens, l’Exécutif.

C’est un cerveau complet, avec le rayonnement de toutes ses Facultés enseignantes ; ce n’est pas un poing armé d’un glaive ; mais, du même coup, c’est l’indiscutable Autorité.

C’est ce premier Ordre social et celui-là seul, qui crée sainement et conserve sûrement les deux autres, non d’une manière empirique ni naturaliste, mais dans l’Ame même d’une Collectivité, avec science, avec conscience, c’est-à-dire, dans la Vie vraie et pour la vraie Yie de

C’est ce premier Ordre seul qui peut armer le second, le Juridique, d’une Loi bonne pour tous , parce que savamment étudiée par l’élite réelle et dans l’intérêt de tous, d’où dépend celui de chacun, cette Loi subordonne la Légalité à l’Équité, l’Exécutif au Jugement, la Politique intérieure et étrangère à la Morale.

De même, cette grande Autorité enseignante, marquant

par FExamen le niveau dynamométrique du Savoir et de

la Yertu de tous les Individus, leur ouvre toutes les fonc-

tiôns et ,leur livre tous les honneurs publics, correspondants au degré de ce niveau.

C’est alors que le second Pouvoir, dans lequel l’Exé- cutif est subordonné au Juridique, arbitre équitablement les tiers Ordres, les Pouvoirs locaux, les Assemblées cantonales et provinciales, recrutées elles-mêmes par l’élection, non des individus, mais des foyers, puis de leurs délégués communaux.

C’est ainsi enfin que le troisième Pouvoir social, représentant dans son ensemble la totalité de la vie économique, est couvert dans ses libertés publiques par le Pouvoir juridique, auquel appartient l’Exécutif, et par celui de la totalité des Corps enseignants, auquel revient l’Autorité.

C’est de cette Autorité que part toute autorisation, toute sélection de valeurs individuelles, toute initiative réfléchie de réformes demandées, mises à l’étude et scientifiquement opérées.

Cette initiative est, par situation et par qualité fonctionnelle, Itoujours à la tête de l’Esprit et du Mouvement de la Vie collective, et cela, sans danger, tandis qu’au contraire, dans les États purement politiques, le Pouvoir unitaire est forcément rétroactif en présence de toute poussée empirique vers une réforme, parce qu’il est intellectuellement impuissant comme Autorité initiale et initiatrice.

J’ai assez montré cette Synarchie présidant au Gouvernement Général des Sociétés depuis Ram ; j’ai assez prouvé au lecteur que tous les véritables fondateurs ou réformateurs de Collectivités avaient toujours repris ce Programme simple comme tout ce qui est vrai.

On ne peut taxer de chimère cette Loi trinitaire, puisque tout le passé réel de rilum.anité la proclame et la prouve par la durée comparée des Etats Sbciaux, que nous mesurerons plus loin.

Tout le monde a la Bible entre les mains, et peut y voir que c’est ainsi que Moïse organisa son peuple; et la Chine, elle aussi, n’est point une île d’Utopie, et son existence plus jeune aujourd’hui que jamais prouve la force et la Vérité de cette même Loi.

Bien différente des empires nemrodiques, qui n’arrivent à l’apogée de leur puissance politique que pour s’engouffrer dans leur propre impuissance sociale et se voir effacer du Livre de Vie par des conquérants similaires, la Chine a conquis tous ses envahisseurs armés : tous se sont soumis à la validité de ses Institutions.

C’est par un tel gouvernement que l’Égypte a subsisté pendant des dizaines de mille ans; et nul gouvernement autre que celui-là ne fera revivre ce pays, auquel sa situation géographique, son fleuve, son agriculture, son économie font une loi et une nécessité d’un premier Pouvoir social, purement scientifique.

Sous ce rapport, la Chrétienté, en Europe, en 'Amérique dans toutes ses colonies, est acculée forcément, soit à une guerre civile des classes, soit à une transformation pacifique de ses gouvernements monarchiques ou républicains dans le sens qu’indiquent mes œuvres.

Et cela, parce que les Sciences appliquées à l’industrie font de toutes nos Sociétés autant d’Égyptes judéochrétiennes, réclamant l’application de la Connaissance à un gouvernement intellectuel, au dedans de chacune d’elles, et à un Gouvernement Général, similaire, au dessus de toutes.

Telle est la vérification historique, par le passé et dans le présent, de laf'validité de la Tradition religieuse, eti

pour nous, Judéo-Chrétiens, de la Promesse ideutfque de Moïse et de Jésus-Christ,.

iTelle est la Loi de ce Règne de Dieu, en Esprit et en Vérité, c’est-à dire scientifiquementet positivement dé- fini.

Revenons une dernière fois à l’expérience de l’État romain en dehors de ce Règne et de sa Loi, et montrons dans le vif ce que sont devenus les Pouvoirs sociaux, sur la ruine desquels s’est édifie ce Pouvoir politique de troisième Ordre. ’

A Rome, la Science et l’Art ont été dès l’origine repoussés, ainsi que l’Autorité des Corps enseignants, c’est-à-dire des Institutions de premier Ordre des Mé- tropoles étrusques.

Du meme coup, tuée dans son Essence, la Religion n’a été admise que comme Culte, c’est-à-dire comme forme politique, devenant un instrument de gouvernement, le pire de tous.

Les hommes qui exerçaient le Pouvoir se sont revêtus . des simulacres illusoires du Culte, et ce dernier lui- ' même, ense confondant avec l’Empirisme dirigeant, a perdu toute puissance intellectuelle et toute action sociale.

Au dehors, en Italie, en Euroi)e, en Égypte, on A^ie, la conséquence de ce sacrilège marche à la ruine de toute métropole, de toute Université synthétique, de toute Autorité religieuse ou enseignante.

Aussi, dès l’an 180 avant Jésus-Christ, voit-on le censeur Lépidus, prince du Sénat et grand Pontife, voler le trésor sacré pour ses besoins privés.

Aussi voit-on la conquête introduire dans Rome les inconvénients de tous les Cultes, sans aucun des avantages de la Religion. ,

C’est p|ir milliers qu’on fait tomber sous la hache les’ affiliés des vains Mystères de Bacchus dégénérés en assemblées de débauche, grâce au matérialisnrc gouvernemental, à l’ignorance et à la brutalité dirigeantes.

C’est par milliers aussi que, dans leurs px'oprcs foyers, les gouvernants de Rome égorgent leurs femmes pour les mêmes motifs; mais à qui la faute [tremière de ces mœurs?

On ne moralise pas la vie en l’écrasant, mais en l’éclais rant; et la Lumière intellectuelle, comme son symbole physique, a pour loi de venir d’en haut, d’une Autorité supérieure à tout Pouvoir, la racine pour tous, quoique graduée suivant l’aptitude de chacun

Dans toute l’Italie, le Sénat poursuit une véritable inquisition, et pei’sécule le fer à la main ces assemblées bachiques, derrière les fêtes desquelles s’agitaient des questions plus sérieuses que les historiens n’ont osé le dire, et que l’orgie extérieure ne le disait.

Mais ces gouvernants eux-mêmes ne donnaient-ils pas depuis longtemps l’exemple de toutes les orgies san- (’îl^Btes de la Force?

^Oft^n’a jamais que les Cultes que l’on méritç,eton ne prend jamais de la Religion éternelle que selon la réceptivité qu’on lui offre.

Gomment les mœurs romaines auraient-elles pu correspondre à l’antique Sagesse, à l’antique Science, à l’Art divin et à la culture exquise des Sanctuaires que la Politique romaine avait foulés aux pieds dès l’origine, et qu’elle devait, sous peine de ne pas être, réduire partout à l’inefficacité intellectuelle et sociale?

Si les oracles se taisent, si les Temples sont déserts, si un Lucien en raille les Mythes, après qu’un Carnéade en a méconnu l’origine scientifique, à qui s’en prendre?

Voilà trente-d&ux siècles que le vent de la révolution

souffla, élève les tiers Ordres sur l'égorgement dés (leux premiers. .

• Dans de pareilles conditions, il ne faut s’étonner que d’une chose, c’est que la Science et l’Art antiques n’aient pas péri plus tôt ni plus complètement, et que les Cultes ne soient pas retournés au fétichisme des anthropophages originels. ' ’

A mesure que l’Anarchie gouvernementale enserre dans ses légions toutes les autres Sociétés, elle en engloutit tous les Dieux, tous les symboles, tous les mythes-, mais à quoi bon?

Séparé, par la volonté du vulgaire, de l’IInité divine primordiale, le Polythéisme était déjà une cause d’erreur morale et de décadence intellectuelle, à plus forte raison, tous ces vains simulacres de brocanteurs dont Rome encombre son Panthéon, sans y attacher l’idée univers!- taire qui les avait motivés.

Le Panthéon romain n’est rien moins qu’une Synthèse religieuse, c’est une liquidation sociale, par expropriation des débris symboliques des deux premiers Ordres et de la dissociation de l’Empire de Ram dans le .Monde entier par la Politique infernale du troisième.

Sans doute, la ville de proie se remplit peu à peu de tous ses prisonniers de guerre, rois ou héros dans la prison mamertine. Dieux dans le Panthéon, prêtres gaulois, grecs, égyptiens, syriens, persans, dans les palais des empereurs ou des grands.

Mais que demande la Société romaine aux rois et aux héros? d’être mortg ; aux Dieux? d’être inefficaces.

Que demande-t-elle aux prêtres, aux Corps savants ou à ce qui en reste ?

L’Enseignement de l’antique Sagesse et de l’antique Science? Nullement mais des phénoAiènes, des horo-

s«opes, des prédietiona par les tarots, des évocations, des prodiges. ,

Or, les vaincus qui se soumettaient à de pareille^ demandes, ne pouvaient être, savants ique des prévaricateurs, ignorants que des charlatans.

C’est fipurquoi Rome assassinera les Sacerdoces réels, depuis la Gaule, jusqu’à l’Égyplc, à la Judée et à la Perse.

Où 4fôt l’homme de Science ches les Romains, où est. le professeur, le médecin, l’ingénieur, l’architecte, etc.? i l’ohibre inviolable des temples, au premier rang, au pied des autels des Dieux ? Nullement, mais parmi lesesclâvesdela maison.

Aû^r.uon seulement César sera grand Pontife, mais, après thapsus, les politiciens romains, qui se sont adjugé les fonctions sacerdotales, lui voteront l’Apothéose hé- roïque, après Munda l’Apothéose divine ; puis sa statue sera mise dans le temple de Quirinus avec un Collège de deWrvants portant son nom, les prêtres juliens.

Je prie le lecteur de se rappeler le verset de Moïse et sa définition du Nemrodismo.

C’est toujours la même chose monsirueuse, engendrée par la même origine antisociale ; l’Iiiiquilé gouvernementale, le Pouvoir sans Autorité, l’Agnosticisme dirigeant, l’Anarchie au premier chef.

Passons maintenant au troisième Pouvoir social forcé- ment lésé ethniquement méconnu par le Pouvoir poli-

Voyons ce que devient l’Économie locale sous le poids de ces dominations empiriques, vouées au monopole des biene, comme à la brigue des fonctions et à tous les expédients de la Politique sans Principes.

Rùs l’origine/ Rome est agnostjque'et iconoclaste

iomme Sparte reçoit tous les Âi:ts, tous les Métiers des Sociétés f^jilérieures de l’Ilalie et principalemeM de

Nnma appelle à 'lui des Maîtres, des Compagnons et des Apprentis, dont il rattache les corporations au Temple; mais, après lui, adieu cette sainteté du travail, guerre à l’Autorité enseignante du temple, à tout Contrôle ■sur les grands, à. tout patronage sur les petits.

• Après les rois, ce sont des esclaves (jui formeront, la m'ain-d’ œuvre dans l’atelier ou dans la forme du gouvernant revêtu des oripeaux cultuels du Sacerdoce qu’il a supplanté.

Le travail est noté d’infamie; il est proclamé ignoble par ces usurpateurs de troisième Classe et de tîei^S Ordre; et c’est sur ce nouveau sacrilège que le monopole romain fonde une Économie à l’image de son athéisme et de son anarchie.

Interrogez au contraire, à ce sujet, l’Égypte et tous les Initiateurs sociaux, sortis de ses deux premiers Ordres’: Moïse, Orphée, Solon, Pvthagorc.

Interrogez les Initiés de l’Inde d’avant Pradyotta : Christna? le premier Zoroastre, Po-Hi, puis leurs rénovateurs, le dernier Bouddha, Sakya-Mouni, le second Zoroastre, Lao-tsée, Kong-tsée.

Tous sanctifient le travail, tous ennoblissent l’ouvrier des villes ou des champs, tous veulent que l’Autorité enseignante l’encourage et que le Pouvoir le protège. '* t

Pour tous, le plus humble des efforts dans l’activité collective est une note bénie dans un divin concert.

Dans les Enseignements de ces Sages, la Terre rend amour pour amour au dernier des laboureurs, la' Çité au plus obscur des artisans.

Dans ces Gouvernements qu’éclairent les,Prip|^cipes» 1# Ciel social tout entier donne un baii^ de lutuiére au

plus obscur des' 'fraraux, à la pllil-'-cftUeusc’des main

En Judéé, même sainteté, même siuiétîficafion du travail, à la ville, aux champs, dans* les Communautés (les Thérapeutes, des Ksséuiens, des Nazaréens.

Marie tissera le voile du tem{)lo, J(>sus poussera le rabof, saint Paul fera des filets de pêcheur, saintJcaii des pierres précieuses et de l’or pour les pauvres, dit la'' Tradition.

Écoulons maintenant Salluste au sujet de Uoiue et de ses gouvernants de troisième Ordre :

« Grands d’un côlé, peuple de l’autre, entre les deux « la ^république écartelée, la liberté agonisante. L’iu- « trigue des grands l’emporte. Trésors, provinces, fonc- « lions, honneurs, richcss(;s du Monde entier, ils ont « tout. Sans unité, sans force, le ])('uplccst impuissant, K décimé par la guerre, mangé par la pauvreté. Pendant « qu’au loin combat le légionnaire, le riche exproprie « ses enfants. Domination, cupidité, ces deux passions « insatiables tirent tout acca[»arer, tout profaner, jusqu’à « ce qu’elles en vinssent à se dévorer elles-mêmes. » Écoutons Âppicn :

« La forte race italienne, usée, ajipauvrie, périt dé- « voréc par la misère, jiar les impôts et par la guerre. « Survit-il à ces fléaux, riiomme libre cherche en vain « du travail sur un territoire monopolisé [lar les riches.

Pas (Je labeur et pas de pain pour lui; sur la terre « d’autrui, les esclaves fout tout. »

Il 'en est de même à la ville : chaque maison riche, cbaijue temple, a scs corps de métiers desservis par des esôlatqs italiens ou étrangers.

.Al^isi étaient monopolisés non seulement les faux ip«Uvoiçi8' politiques, mais toutela Vie économique, le ’Cravail» d’agrÎÉîfillure, l’industrie,, et, avant tout, les

finances, fruit de fa spoliation des Temples et des Cités deda Péninsule et du Monde an fief.

' Le coramerce était aux njaias des affranchis et des étrangers, principalement deS (Jrecs, des Syriens et des

Juifs.

A l’époque de César, les finances allaient s’engloutir dans deux mille mains, pendant que trois cent vingt mille citoyens sur quatre cent cinquante mille vivaient, a Rome même, de la mendicité.

Pourtant, depuis la seconde guerre punique, le Sénat renfermait plus de plébéiens que de patriciens.

Culte officiel. Pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, la soi-di.sant démocratie républicaine avait conquis toutes les situations de la soi-disant aristocratie.

D’où vient donc que, loin de diminuer, le monopole et l’anarchie économiques s’étaieiit généralisés, et, avec eux, les maux publics?

C’est que la Constitution originelle d’un État est une Raison première, une Ontologie qui attire et assimile à sa Vérité ou à ses erreurs, à ses Vertus ou à ses vices fondamentaux ceux qui envahissent ses Pouvoirs, que ces dernièrs soient réels, sociaux, accessibles par l’Examen, où qu’ils soient ticlifs,politiques, et livrés à l’assaut de la brigue électorale des partis et des classes.

Le suffrage est impuissant à améliorer les Institutions, si elles sont empiriques et politiques.

Les élus ne peuvent que s’y soumettre ou s’en dé- mettre; et, dans les deux cas, les électeurs n’eu sont pas plus avancés.

Ainsi Rome n’atteignait le triomphe politique qu’au prix de la ruine sociale.

Mais la misère et la décomposition de son peuple ne ^ont rien, si on les compare au sort des nations vaincues. »

Qui dira jamais les iniquités^^u l^emrodisirie romain, roulant^e rAtlantique à TEul^lirale sa -lourde domination qu’aucun Principe intelleqtüel n’éclivire, qu’aucune AÛ- lorité enseignante n’instruit, ({u’aucun Contrôle moral n’adoucit?

Sa victoire militaire affirme et généralise partout sa profonde impuissance et sa corruption sociales.

L’État romain détruit au dehors tout Principe de Vie collective, il ne laisse subsister que des formes vaines, légales si l’on veut; mais la Force légiférée, eu séparant le Droit de l’Équité, usurpe en vain le masque de la Justice.

Celle-ci, comme la Heligion, n’est jamais impunément subordonnée au Pouvoir exécutif, et si elle contraint les gouvernés, elle n’en laisse pas moins les gouvernants sans autre foi, sans autre loi que l’Athéismê et l’Iniquité (l’eu haut.

Restent la Morale et les Mœurs ' individuelles des hommes revêtus des fonctions juibliques; recours bien ])récaire pour les gemvernés.

11 importe peu que l’atome social dévie, que l’individu eirc, puisque les Institutions, molécules familiales, puis communales, cantonales, provinciales, et eiilin l’Etat, sont là pour le contenir, le contraindre à l’assimilation générale, ou le désassirniler en le rejetant de leur Corps spirituel et de sa vie.

Mais il est au contraire d’une suprême importance <iue la Loi morale et sa cause, l’Autorité de tout l’Enseignement intellectuel, gouvernent de haut en bas, d’accord avec la Conscience publique, toutes les fonctions gouvernementales.

Sinon la maladie d’en haut atteint d’un seul coup toutes les parties, sans autre remède que la mort et la transfiguration djjns une Synthèse nouvelle, si un homme divin en donne le Principe.

TouH’empire romaiii^ fut pourri, à Jieine fondé, par 'fes vicés racticaux de sa Coiistitutiou centrale.

Partout, comme je l’ai dit, le premier Pouvoir social, l’Autorité enseignante des Temples fut anéantie, et on n’en laissa subsister que l’illusion des fêtes et des céré- monies cultuelles.

Aussi, toute l’Ëconomie locale des provinces subit le jnême sort qu’en Italie, et la Terre en demeura peu à peu stérilisée pour les mêmes causes.

Il faudra les Ordres ebrétiens, reprenant la suite de leurs devanciers, mais avec un Enseignement primaire, rebelle à toute autre Intclleclualité, pour relever le travail des villes et des champs ruiné par le Nemrodisme romain.

Des légions, un gouverneur militaire, armé de tous les Pouvoirs, un questeur chargé d’une prétendue administration des finances, puis toute une tourbe de fonctionnaires exacleurs, de fermiers des impéts, d’immondes publicains suçant l’or jusqu’au sang: voilà Rome conquérante, étendue comme un vampire sur le cadavre des Sociétés conquises.

Tout le monde a présent à la mémoire les exactions de ce gouvernement, en Sicile, en Espagne, en Gaule, en Grèce, en Egypte, en Judée, etc., etc.

Un gouverneur voulait-il s’enrichir? il pillait les villes alliées; et si l’on réclamait au Sénat, il recommençait avec plus de violence.

S’il craignait son rappel, il prétextait des révoltes,

.qifil soulevait au besoin ; si la population ne tombait pas dati^ le piège, il prenait d’autres masques, celui de la Religion, par exemple.

iS faisait des vœux consistant en couronnes d’or, on jeux sacrés, en construction de temples, et naturellement la réquisition à main armée faisait main basse

non seulement sur le trésor des^Sûhctuaires et des-^ifles, mais sur la bourse du dernier des vaincus. ",

Les soldats imitaient les chefs; et si la province n’était point suffisamment grasse à leur gré, ils réclamaient leur congé.

Si telle était la conduite du Pouvoir militaire, que dire des exactions des publicains!

Organisés par compagnies comme les sociétés industrielles de nos jours, ils payaient, d’un seul coup, à Rome, l’impôt de toute une province, moyennant quoi la ferme de ses contributions leur était adjugée, aux enchères.

Alors, avec une nuée de fonctionnaires, d’agents, d’esclaves, ces industriels, pour la plupart affranchis, se répandaient sur le Monde entier, et faisaient suer au pays conquis jusqu’à six cents pour cent au delà de la somme duc.

Le gouverneur était-il récalcitrant? On l’enveloppait jusqu’à Rome même d’un réseau d’intrigues sans lin, et on le forçait à fermer les yeux.

Ainsi les trois Pouvoirs sociaux, l’Enseignement, la Justice, l’Économie se trouvaient à la merci de l’ignorance, de l’iniquité, de la ruine, résumées dans le seul et môme Empirisme d’un Pouvoir politique, ayant la Force pour unique Principe.

Derrière l’évolution dhin pareil État s’accomplissent des Lois secrètes qui n’appartiennent plus seulement à la hiérarchie des Sciences humaines, ni à l’observa.tion des expériences historiques, mais aux Sciences diyiÿies et à l’Intelligence pure.

Si le lecteur v^t bien se rappeler les enseignements donnés parles Brahmes à Irshou, il ne peut pas manquer

d’en voir la vérification dans toute la i^ie des £aits dé-

chaînés par ce sectaire'.

Or, c’est en touchant à l’un des Principes des Sciences divines, sans connaissance et avec passion, que le Régent des Provinces de l'Inde a déchaîné le Naturalisme, don! l’empire romain n’est, en ce moment, que la conséquence antisociale.

. Mais il offre ceci de remarquable, qu’étant placé à l’extrémité de la chaîne de toutes ces conséquences politiques, il les résorbe toutes dans TUnité de sa Domina-

Le Mal a donc bien pour loi de s’opposer à lui-même jusqu’à l’anéantissement.

Voilà près d’un demi-milliard d’hommes étreints dans rUnité physique du néo-NemrOdismc romain, et ce dernier ne sait absolument pas comment faire pour régir ce qu’il domine par la violence.

Dès son début, ce Pouvoir a agi d’une manière fatale, sans savoir où il allait, n’ayant d’autre but que do tuer pour dévorer.

A son .apogée, il a soulevé des faits généraux dont il n’a ni l’intelligence ni la mesure, et il va quand môme jusqu’au bout, jusqu’au haut des séries de son empirisme, dans l’inconnu, dans l’imprévu, en véritable halluciné de la Matière, et reproduisant néanmoins, étape par étape, depuis le renversement des rois jusqu’à la république, depuis celle-ci jusqu’à la couronne impé- riale et jusqu’à la tiare, toutes les phases similaires des expériences accomplies plusieurs milliers d’années auparavant.

Il y a donc à considérer dans celte identité de phénomènes autre chose que du hasard et que de la volonté

humaine, dans le .sens ordinaire etsfantaisiste de cc

mot.

Dans cet enchaînement des actes des individus se succédant à l’exercice d’un Pouvoir radicalement vicieux, il y a non seulement la manifestation visible de ce dernier, mais celle d’une Puissance, à laquelle il correspond, et qui le mène jusqu’au bout de sa logique inconsciente pour lui, mais non pour elle.

Je pourrais nommer cette Puissance, car elle a son biérogramme dans tous les anciens Livres sacrés et, entre autres, dans ceux de Moïse.

Les Egyptiens la classaient parmi ce qu’ils appelaient les Géants, les Forces propres de la Terre matérielle ; d’après les Kaldéens et les Mages, Daniel l’a qualifiée d’anti-Dieu et d’anti-Clirist.

Elle était visible parfois pour ceux qui voient, les yeux ouverts, les visions du Tout-Puissant, dit la Bible.

Sur plus d’un point de la Terre, on a sculpté sa ligure symbolique jusque dans des montagnes.

Un lecteur attentif trouvera son vrai nom dans un des Chapitres de ce livre.

C’est celte Puissance qui, évoquée par les anarchistes du tiers Ordre qui fonda Rome, fit de leur ‘Pouvoir son instrument, son âme damnée, sa raison existante, collective, y assimila les Générations naissantes, les Âmes des Morts de cette Collectivité, et les mena de destructions en destructions à tout ce que ces oligarches ne voulaient pas, ne savaient pas, ne prévoyaient pas, jusqu’à l’Apothéose impériale, jusqu’à la consommation.du Mystère de leur Iniquité primordiale, jusqu’à la déification du Nemrodisme, jusqu’à l’anti-Dieu, jusqu’à l’anti-Christ.

Ce fut le renouvellement dernier du grand sacrilège primordial de Ninive et de Babel.

Moïse qui J, avec les deux premiers Ordres antiques, avait déclaré la guerre à ce Goirvernement tant général

que particulier, avait eu des motifs plus graves qu’on ne

peut le supposer; et voici l’un de ces motifs.

Une fois que l’Homme a imprégné de sa volonté certains éléments de l’Ordre invisible, quand il a conçu, voulu, créé non seulement un Pouvoir visible, mais, sans le savoir, un Être potentiel, occulte, évoqué, se manifestant par des Institutions, ce dernier ne meurt pas salis avoir vécu, et, s’il est instinctif et passionnel, il vit en détruisant.

Il combat et dévore dans l’Ordre invisible comme dans le visible, les autres Etres collectifs de cette Terre; il s’abreuve du sang, il se nourrit de la chair de leurs membres, il aspire les énergies ignées de ce Globe et des régions inférieures de son Atmosphère, il les respire et il les inspire dans les Instincts dominateurs du Pouvoir qu’il hante et des individus qui l’occupent.

Voilà pourquoi, à Rome, les actes politiques de ce dernier sont, dans la Vie de relation de cet Etat, une série indiscontinue de massacres militaires, et, dans sa Vie organique, une chaîne indiscontinuée d’assassinats politicjues.

Or, s’il est relativement facile de créer ou de susciter des Puissances instinctives, des Dominations destructrices, il est presque impossible de les effacer de la Biologie de la Terre et de sa Substance primitive, à moins d’un déluge.

Dans l’Ordre invisible comme dans le visible, rien ne se perd, et la Substance première d’un Astre quelconque garde imprimés en elle, dans sa Lumière secrète, jusqu’au mouvement d’une Volonté, jusqu’à la radiation d’une Passion, jusqu’à l’image d’une Pensée:

Une fois l’Espace terrestre occupé, le Temps terrestre

une fois saisi, rien ne peut plus être rattrapé, rétrogressé ni détruit, et, si rHomrae a. souillé la Lumière intérieure, les Vivants et les Morts eu sont infestés, et les derniers rejettent sur les premiers celte souillure.

Dans le domaine du Mal, dans la sphère d’action de l’Instinct que ne gouvernent ni la Conscience ni l’Intelligence, le pouvoir créateur de l’IIomme sur cette Terre ne dépasse pas certaines régions de son Atmosphère; mais il peut en modifier singulièrement la Constitutién et la Substance hyperphysiques.

Du môme coup, la Voie ascendante et descendante des Ames, la Mort et la Génération en sont terriblement affectées.

Voilà pourquoi, depuis l’an 5200, les deux premiers Ordres antiques se sont refermés sur eux-mêmes, afin que toute communication de l’Humanité terrestre avec l’Humanité céleste ne fût pas interrompue par le tourbillou pestilentiel de l’Anarchie des tiers Ordres, par la substitution de la Passionnalité politique à la Sagesse et à la Science.

Voilà pourquoi les Sociétés synarchiques ont entouré de prescriptions et de contrôles sévères leurs frontières et les abords de cette Science et de cette Sagesse dans leurs Universités : Inde, Égypte, Israël de Moïse, etc.

Mais , malgré tout , et surtout depuis le crime de Bélochus, l’ascendant de la Domination instinctive s’est levé comme un cyclone emportant à travers quatre empires successifs toutes les Sociétés antiques dans son tourbillon destructeur, jusqu’à l’anéantissement de tous les Pouvoirs politiques des tiers Ordres, dans un seul, celui du Nemrodisme romain.

Or, à l’heure du Monde, dont il s’agit, quel effort

surhumain ne faudra-t-ii pas pour quitter l’Humanité oéleiste, pour venir du haut des Cieux, par la Voie éthérée de» âmes, sur cette Terre souillée, pour s’y retrouver dans la Pureté céleste, dans la Sagesse, dans la Science de rÉsotérisrae antique, dans l’Identité de l’Ordre divin, malgré tout ce désordre politique.

Quel effort plus gigantesque encore ne faudra -til pas à cette Ame unie à l’Esprit pur des Cieux pour y reftnonter après avoir purifié la Vie visible et invisible, en créant à nouveau dans l’Enfer de cette dissociation naturaliste, le Dieu social, le Christ, la Puissance céleste, occulte, d’une Collectivité nouvelle, marchant à la réintégration de la Loi du Règne de Dieu dans tout l’Etat Social terrestre.

Quelle Épopte effacera dans la Substance première de ce Globe, au nom de l’Esprit pur et par Lui, au nom de rilumanilé céleste cl par Elle, l’immense souillure ignée de celte Domination instinctive et passionnelle, déifiée dans ce Nemrodisme?

Quel Dieu, quel homme résumant en lui consciemment tout le Divin latent de celte Humanité, toute la Science de ce Divin; osera concevoir celte pensée, la réaliser en Principe dans l’invisible, et s’identifier au point de la vivre, de la rendre manifeste en Lui, quitte à ce qu’il faille laisser l’Espace, le Temps et toute la Biologie terrestre faire après Lui leur œuvre d’assimilation et de développement.

Car il ne s’agit rien moins que de l’impossible, que de l’accomplissement pour tout le Genre Humain de son rachat de cette damnation politique par l’accomplissement intégral du Programme ésotérique des Âbramides et de Moïse , dont la direction juive elle-même a perdu l’Esprit depuis si longtemps, pour se mettre à la remorque du Gouvernement Général de l’Iniquité.

Arracher à ce dernier la tiare, rapotbéose, l’aulodéification, créer au-dessus de lui le Christ, la ïéte céleste d’un nouveau Corps social, puis d*un nouveau Couvernement Général, celui de la Science, de la* Justice, de l’Économie universelles de cette Ilumandé : qui osera concevoir cette pensée — folle pour la déraison d’ici-bas, à force de Sagesse absolue, — qui donc, l’ayant conçue, pourra la réaliser?

C’est là le fond du grand Mystère social que tous les Temples connaissaient.

Tous les Livres sacrés du Monde étaient d’accord sur ce point, et même, avec eu.\, les auteurs soi-disant profanes.

Eschyle, le Dorien, avait failli se faire tuer par les Ioniens pour avoir parlé ouvertement sur ce sujet : voir le Promélhée enchaîné et YOrestie.

Les Kabbalistes ont soupçonné ce Mystère ; les Ordres laïques, Israélites, dans lesquels se transforma celui des Prophètes, l’ont connu ; mais depuis la royauté politique, depuis son alliance avec le Nemrodisme, la direction cléricale, la pédagogie primaire de Juda, n’avait pas assez de science pour comprendre les écrits hermétiques d(i Moïse, pour sc tigurer le Messie autrement que comme un Nenirod juif, un Ilarcochébas triomphant.

Et pourtant, sans Jésus -Christ, pas un Juif n’existerait, comme tel, aujourd’hui : rionismé grec de l’Université laïque et politique d’Alexandrie, le Naturalisme romain, contraignant tous les Temples à naturaliser en lui leurs Dieux, le Nemrodisme déifié de nouveau depuis Jules César, n’auraient laissé subsister ni une synagogue, ni un texte hébreu ou kaldaïque de Moïse.

Plus de cent faits historiques prouvent ce que je viens d’avancer. ^

Ici» je ne saurais askz rendre hommage aux prophètes juifs, quand s’isolant "ênrin des expédients politiques de leur nationalité, ils,» s’enlèvent en pleine Religion universelle, bien au-dessus de leur culte ethnique, dans les grands courants du mouvement abramide, dans la grande lumière scientifique de résotérisme égyptien de Moïse.

Que le culte ethnique fut, pour eux, à certaines heures de clairvoyance, un obstacle à la Religion Universelle, l’ombre locale s’opposant à la grande Lumière, cela résulte invinciblement d’une multitude de passages dont je vais citer quelqües-uns.

SAMUEL

Est-ce que le Seigneur a besoin d’holocaustes?

Entendre Sa Parole est le plus grand de tous ;

L’accomplir est le seul sacrifice qu'il aime.

ZACHARIE

Ces jeûnes, J’en ferai des fêtes ;

Je changerai ces sombres jours En temps de danses et de joies ;

Je veux la Vérité, la Paix,

Le divin Bonheur dans les Ames.

OSÉE

Que ferai-je, Éphraïm? que ferai-je, ô Juda?

En vous, la Charité s’est plus vite envolée Que la vapeur de l’aube et le brouillard des nuits. Pourtant, Mes Jugements luiront dans les ténèbres ; La Vérité verra son jour, et vous saurez Que Je veux l’indulgence et non le sacrifice,

La Connaissance et non l’holocauste sanglant.

j^JSAÏE

Que Me font vos sacriffcesî

Jusqu’à qlfend M’offrirez-vous Tous ces sanglants holocaustes D’agneaux, de boucs, de taureaux?

Je déteste cette graisse,

J’ai tout ce sang en horreur.

A quoi bon venir au Temple?

Croyez-vous donc M’apaiser En Me montrant vos mains pleines De dons qui ne Mc sont rien ?

Est-ce qu’en foulant ces pierres Vous espérez M’attendrir?

Loin de Moi ces pains azymes ;

Qu’on M’épargne cet encens :

Je les hais ! Je hais vos fêtes,

Vos jeûnes et vos sabbats ;

Je hais vos néoménies;

Je suis écœuré de vous.

Je détournerai la tete,

Quand vous lèverez les mains.

Lavez le sang qui les souille;

D’ici là, ne priez pas :

Je ne veux plus vous entendre.

Lavez, la>ez ce sang, purifiez vos cœurs,

Éclairez vos Esprits, sanctifiez vos Ames,

Otez-eii votre ivraie, et semez-y Mon Grain.

Aimez le Bien, cessez d’adorer l’Injustice,

Délivrez l’opprimé, protégez l’orphelin.

Exaucez les soupirs de la veuve éplorée,

Alors, venez à Moi, priez : J’écouterai.

Après ces rudes leçons données par la Religion au culte officiel, de tous les temps et de toutes les Sociétés, voici de belles échappées lumineuses sur le Mosaïsme ouvert, sur le véritable Israélitisme et sur son but universel.

ISAÏE

Brille, Jérusalem, resplendis. La Lumière Descend de Dieu ; Sa Gloire enfin s’étend sur toi.

Les tiftèbres eu vain gouvernent les Puissances :

Au-dessus, sceptre en main, le Seigneur d'Israël Redressera Son Arc rayonnant sur ta tête.

À Sa Clarté, les rois verront ; les nations Lironf leur voie aux feux du SyjÉi|||le céleste Et dans ceux de. ton cœur* à la fin radieux.

Alors, par millions, les flots des caravanes Viendrpnt rendre la vie à tes murs désolés.

De Madian, d’Épha, de Saba, l’or, la myrrhe,

Monteront, saluant rAvènement divin.

Oh ! quel est ce grand bruit d'ailes tourbillonnantes,

Battant l'azur? Esprits, Colombes, accourez I Jérusalem, debout! Ouvre toutes tes portes,

Ne les referme plus jamais, ni jour, ni nuit ;

Car tous mourront, s’ils n’ont la Loi du divin Règne.

Entrez tous, rois, entrer, vous toutes, nations !

C’est bien de Mosaïsme ouvert, d’Israélitisme, de Religion sociale, universelle, qu’il s’agit ici.

Voici, du reste, un essor encore plus haut, une envolée encore plus puissante, mesurant du fond des Gieux un horizon et un avenir encore plus vastes.

iSAïii;

Verbes des nations, vous ne ferez plus qu’lJn,

Et, ‘dans votre Union, resplendira Ma Gloire.

J'enverrai parmi vous Mon Signe lumineux,

Et ceux qui le verront, courront au loin le dire Aux peuples de Tarsis, de Moscli et de Thobol,

Aux nations de Phud, de Lud, d’iavan, aux îles,

Aux pays du Couchant qui n’ont pas entendu Mon Nom mystérieux, ni vu luire Ma Face.

Ainsi rayonnera Ma Lumière en tous sens.

Alors, sur tous les points de la Terre habitée,

Je vous susciterai des frères. Ils viendront M’apporter dans leurs bras tous les peuples du Monde,

Au bruit des chants, des chœurs, des orchestres sacrés, Dans Ma Ville brillante et belle comme un Temple ;

Et Je Me choisirai dans tout le Genre Humain Une élite d'esprits qui deviendront les Prêtres De Ma Terre nouvelle et de Mes nouveaux Cieux.

C’est bien de la reconstitution de l’Unité de l'État social terrestre qu’il s’agit dans cette adqnrable prophétie, et c’est bien afhsi que Jésus, dira : « Cgmme'Je . suis Un avec Mon Père, que tout soit consomme dans l’Unité. »

Cette dernière doit avoir, selon le Prophète, pour point culminant de réalisation sur cette Terre, le redressement absolu de l’Autorité enseignante parmi tous les peuples et son couronnement dans un Conseil suprême de Dieu, sélecté des Assemblées similaires de toutes les nations.

Ce but est bien celui des Abramides, de Moïse, des Initiés de tous les Sanctuaires antiques, c’est l’Israélitisine, c’est l’anti-Nemrodisme, c’est le redressement (les trois Ordres, dont le premier, le Conseil de Dieu, représente le Gouvernement Général de la Sagesse appuyé sur une Synthèse de la quadruple hiérarchie des Sciences :

Vorbes des nations, vous ne ferez plus qu’Un,

Et dans votre Union resplendira Ma Gloire.

Qui parle ainsi par les lèvres du Prophète et dans sa pensée? C’est lÊVÊ, et j’ai assez dit la signification ésotérique de cet hiérogramrae du DIEU DE LA TOTALE

Mais comment s’accompliront ces choses? Par un Nemrod juit? par un Barcochébas triomphant? par un conquérant politique, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne?

Allons donc! Comment le croire désormais, après la vérification historique que je viens de faire des Principes de la Science antique et de l’application de leur Loi sociale, Irinilaire, aux faits morbides de la Politique depuis N inus jusqu’aux Césars?

Non. La finayté de ces Principes, la virtualité de cette Loi seront remises en mouvement et en action par une

Ame qui leur rendra la Vie, et cette Ame n*aura rien de commun aveo le fils de la Femme, avec le grand schisme, avec le satanique Te.ntateur de la Montagne, avec la Politique enfin.

Et cette Ame, c'est bien celle de Notre-Seigneur Jésus-

ISÂÏK

Un bourgeon sortira du vieux tronc de Jessé,

Une fleur de sa tige ; un Esprit de lumière Viendra du Dieu Vivant mettre sur ses rameaux Sagesse, Intelligence, Amour, Piété, Science.

Il ne régnera pas selon l’extérieur,

Il ne jugera pas selon la Loi vulgaire ;

Son Droit sera celui des pauvres, des petits;

Son Verbe embrasera la Terre, et, sous Son Souffle, La Foi ressuscitant, veiTa la Vérité Ressaisir la Balance et la Main de Justice.

Puis vient un désarmement suivi d’une Alliance symbolique des Puissances jusqu’alors anarchistes entre elles :

La Louve, l’empire romain et tous ses débris;

L’Agneau, tout le néo-Lamisme avec ses cinq cents millions de Bouddhistes;

Le Léopard, avec les deux cents millions d’hommes de l’empire indien ;

La Chèvre, tous les peuples gréco-slaves; •

La Lionne, tous les anciens peuples iraniens gravitant autour de la Perse actuelle ;

Le Taureau, toutes les Sociétés de l’ancien schisme touranien,’ depuis la Chine jusqu’aux Allemands, jusqu’aux Anglo-Saxons de John Bull, Jean Taureau, jusqu’aux Arabes qui portent le symbole du schisme avec le croissant de la Lune sur leurs élend|rds;

L’Ours, les peuples de l’extrême Nor(it

Le Bœuf, hiéroglyphe de l’Égjpte;

Les Vipères, emblèmes de tous les anciens jouîtes, dônt les Prêtres s’appelaient Vipères ou Serpents, depuis lès forêts de l’ancienne Varaha jusque dans les îles des mers du Sud.

C’est dans ce sens, du reste, que Jésus dira : Race de Vipères; et non dans l’acceplion injurieuse que l’on croit.

ISilE

On verra paître alors la Louve avec FAgneau,

Le Léopard avec la Chèvre, la Lionne

Avec le Taureau, TOurs avec le Bœuf. I/enfanl

Sourira sans danger sur le nid des Vipères;

Car la Terre, en ces temps, connaîtra le Seigneur ; Car alors, ô Jessé, sortira de ta tige Le Hameau d*or qui doit guider les nations Vers raccomplissement des Promesses sacrées.

Le lieu où l’Ame du Messie prendra corps dans Jésus est exactement désigné :

UtCHÉË

Bethléem, maison d’Éphrata,

La plus petite parmi toutes :

Le Roi d'israêi sort de toi.

bans l’ivresse de la Lumière divine, par la même Loi qui fait s’enlever les oiseaux voyageurs dans les courants supérieurs de l’Atmosphère, et les conduit, à des milliers de lieues, droit à leur nid, les Prophètes voient les évé- nements à venir, et leur discernement est parfois d’une surprenante exactitude.

C’est ainsi qwtest dépeint Jésus qpfant, puis homme.

ISAÏE

Je Le Vois grandissant dans la Clarté de Dieu^

Sans gloire, sans éclat, comme une humble racine Reverdissant d’un sol desséché. Je Le vois Uoinn^e : il soutTre pour nous; 11 gémit sous nos fautes. Je Le vois douloureux, désespéré, blessé,

Saignant pour nos péchés, perdant toutes Ses forces Pour nos crimes. J’ai vu les coups qui Le frappaient Nous guérir et nous rendre une nouvelle Vie.

Dieu L’a laissé porter notre expiation ;

Et, comme la brebis, 11 marche au sacrifice.

11 est, comme l’agneau, muet sons le couteau,

Et nos iniquités Le tuent.

Quand la Voie ascendante et descendante des Ames aura été ainsi purifiée, quand Jésus aura réalisé le Christ, le nouvel Esprit collectif, le nouveau Dieu Social emportant l’Intelligence humaine vers son Principe, alors l’Apothéose de l’Instinct sera renversée, la déification de l’Anarchie des tiers ordres par le Nemrodisme sera précipitée.

A la place du faux Dieu social, créé par le Naturalisme plus de trente siècles en arrière, se dressera au-dessus de tous un homme en croix, et l’orgie de tous les instincts aura à porter le cilice, à se changer en pureté individuelle, et la Vie terrestre sera en deuil dans l’attente de la réalisation des Promesses de tous les Temples.

Ce règne du Christ douloureux dure jusqu’à présent, et subsistera jusqu’à ce que le Programme social des Ahramides, de Moïse et de Jésus soit compris en Esprit et en Vérité, c’est-à-dire scientifiquement, et réalisé avec art.

Ce sont les Chrétiens et non les Juifs qui, depuis dixhuit cents ans crucifient Jésus-Christ.

Car, ressuscité, le Divin Maître, depuis Sa Mort et Sa ftésurrection, n’est 4)lus réellement en ‘eroix, n’est plus

le Christ Douloureux, mais Glorieux, et II ne demande qu’à apparaître tel dans tout l’État Social terrestre, dont Il est le Chef, et dont noiis sommes les meinbres*vivants.

Opposition mutuelle des Cultes, des États, ‘des Peuples : voilà encore l’anti-Christ et l’anti-Dieu qui maintiennent parmi nous la Crucifixion du Christ Douloureux, et s’opposent à l’Avénement du Christ Glorieux.

C’est donc le Nemrodisme qui règne encore dans Je Gouvernement Général de cette Terre, c’est le Naturalisme, c’est l’Anarchie portant la couronne de la Bête.

Mais ce Nemrodisme, depuis dix-huit cents ans, n’est plus Dieu et ne peut plus se déifier par l’Apothéose: telle est la première victoire immense due à Jésus-Christ, sans laquelle Son apparition glorieuse dans la reconstitution trinitaire de Ses membres ne pourrait pas être accomplie sur cette Terre et par Lui du sein de la Divinité avec laquelle II est Un.

C’est très certainement ce second Avènement que le Prophète a en vue, lorsqu’il parle à Jérusalem de la manière suivante :

ISAÏK

Lorsque les temps viendront, tu seras exaucée.

Je serai le salut, Je serai le Sauveur.

Des peuples asservis je briserai les chaînes,

Et Je mettrai le jour dans leur plus sombre nuit. J'apaiserai leur soif et leur faim de justice,

De TEst à TOuest, du Nord au Sud. Ils s'écrieront : Cieux, réjouissez-vous; Terre, sois en liesse. Chantez l'hymne, chantez le divin hosannah!

C'est lÊVÊ Père et Mère, lÊVÊ qui nous visite.

Une mère peut-elle oublier ses enfants?

Lève, ô Jérusalem, les yeux I Toutes les races Se rassemblent et vont à toi, t'enveloppant Du voile nuptial que ceint la fiancée.

Elles saht les bijoux vivants de t§ splendeur ;

Kl tu diras : Qui donc m’a faite si féconde.

Moi, la veuve! Qui donc a peuplé mon désert?

Et le Seigne.ur répond : J’ai révélé Mon Signe;

Sur les chefs des États, j*ai fait fuire Ma Loi.

Mes sujets, Mes enfants sont toutes les patries. J’habite Ma famille immense : la voilà,

Cherchant Mon souvenir en baisant la poussière.

Et recevant de Moi tout ce que J’ai promis.

, Serrez cette poésie des prophètes qui, cette fois, domine la Politique terrestre de toute la hauteur des Principes sacrés ; exprimez l’Esprit renfermé dans la lettre de cette grandiose Épiphanie; ouvrez les tabernacles de cet Art mystérieux, et tirez-en la coupe de la Science divine ; Que dit cette Science vous tendant cette coupe d’or à travers ces mains pures et du fond de l’ésotérisme de tous les Sanctuaires de l’Agneau?

Aux cultes ethniques : « Prenez garde, vous masquez « la Religion universelle, la Synthèse scientifique et so- « ciale du passé et de l’avenir ; vous compliquez tout, « vous opposez tout, et pourtant tout est simple, tout est

A la Judée: « Tu ne retrouveras la Vie que par un « homme qui ne sera pas roi selon les hommes, mais « selon Dieu.

Cl Cet homme naîtra à Bethléem, et il rendra la Vie a morale et spirituelle aux Vivants et aux Morts de cette « Terre; il reconstituera par son sacrifice la santé de « tout l’État Social terrestre, et ce n’est que dans cette « dernière que tu retrouveras la tienne. »

A Jérusalem : t Je suis le Dieu Vivant de toute la Terre « et de tous les deux, le Dieu de toute la Science, de « toute la Justice, de toute l’Economie, de toutes les Soie ciétés à la fois ; et ce n’est que dans leur Union que Je « puis manifester Ma Gloire, parce qu’éjant Universel Je « ne puis réfléchir la .splendeur de Ma . Face que dans

« l’Universalité des hommes de votre Terre, par un Gou- « verneraent Général conforme à ma Loi. »,

A tous les peuples : « Le Gouvernement Général Hes . « tiers Ordres a éclipsé le Mien ; le Nemrodlsme déifié est « l’Adversaire de la Loi universelle de moà Règne.

« Qui se lèvera parmi vous pour lui arracher TApo- « théose, et Me la rapporter purifiée?

« Vous reconnaîtrez à ce signe Mon Fils, le premier « né d'entre vous tous; et du même coup Celui-là sera

votre Christ, et, du haut des Cicux, Il présidera la réali- « sation successive de toutes Mes Promesses. »

.le ne me sens pas le droit de parler plus ouvertement de ces divins Mystères de l’ésotérisme dorien des Abrarnides, de Moïse et de Jésus qui va bientôt venir.

Ce que je viens de dire suffira aux Ames capables de ressentir toute l’intellectuelle réalité de ce mouvement néo-Ramide, commencé deux mille ans avant l’époque qui nous occupe.

Dans ce Chapitre, Je n’ai pas voulu laisser le Nemrodisme romain, l’Empirisme gouvernemental consommer son suprême sacrilège sans montrer, dans ces ténèbres de l’Instinct pur, la projection du rayon intellectuel de l’ésotérisme abramide et moïsiaque.

Il tourne sur son centre, ce rayon d'or, malgré la direction juive depuis l’établissement de la royauté ; il tend, lui aussi à un Cycle, et, grâce à Jésus, il va sortir enfin du culte ethnique de Jérusalem, pour entraîner dans sa gravitation les cadavres sociaux de l’ancien Monde, mais, cette fois, autour d’un Principe de Vie, de résurrection, et non de mort et d’anéantissement.

Pour le monjent, laissons encore au plus haut des Cieux, dans le sein du Dieu des Esj^rits de toute chair.

l’Ame qui va en redescendre, pour arracher et redresser l’Autorité divine, foulée' aux pieds par le Pouvoir césarie'n des. tiers Ordres.

Rentrons (fans les ténèbres; regardons cette Domination romaine porter tous les fruits de mort de sa graine, tous les venins de sa semence anarchique, toutes les conséquences de son Naturalisme originel.

Tous les cultes sont sous ses pieds et pas de Religion au-dessus de sa tête.

Toutes les coutumes empiriques d’une fausse aristocratie, d’une fausse démocratie, y usurpent la place de la Justice ; et le Droit y est encore à naître.

Toutes les déclamations des censeurs, des philosophes stoïciens, des poètes de tout genre, bourdonnent comme des abeilles sur ce cadavre social ; et, néanmoins, pas de Mœurs.

Ni Foi, ni Loi, ni Mœurs, dignes de ce nom : voilà le résultat de sept siècles de vie dépensée en guerres contre le Genre Humain.

L’Orgueil, l’Avarice, la Luxure, la Colère, la Gourmandise, l’Envie, la Paresse ; voilà les Dieux, voilà les Lois, voilà les Mœurs du Nemrodisme, à Rome comme à Ninive, comme à Babel, comme à Suze.

Il est Dieu cet Orgueil.

César est non seulement Souverain Pontife après Lé- piàe, mais Héros glorifié, puis il a ses autels et ses prêtres, comme je l’ai dit.

Antoine souille les uns après les autres tous les purs Symboles de la Cosmogonie d’Orphée.

A Ephèsé, il se montre en Bacchus, menant une orgie de Ménades, de Pans et de Satyres. ,

A Athènes, le voilà en Hercule, demandant la main de

Minerve, que les Athéniens lui accordent; mais ce singulier fiancé de la Sagesse a soin de réclamer une dot»et de ne pas consommer l’union.

Voici venir sur le Cydnus, entourée de nymphes et de néréides, Cléopâtre en Vénus, dans une barque d’or, aux voiles de pourpre, aux rames d’argent.

Elle s’avance à la rencontre de ce même prud’homme en délire travesti encore en Bacchus, et, d’un coup de son éventail, la déesse change en porc ce sanglier de Mars.

Plus tard, le même Antoine s’exhibera en Osiris à Alexandrie, et souillera ainsi de sa présence les Collèges de Scrapis et d’isis.

A Syracuse, Pompée, lui aussi, se montre aux populations dans le costume de Neptune, un voile d’azur sur le dos, un trident à la main, et il se fait rendre les honneurs dus à l’époux de Thétis.

Elle est déesse, depuis longtemps, l’Avarice du tiers Ordre romain.

Dès l’origine, cette Prud’honne eu a été le sacré collège, et tout l’or du Monde s’est englouti •peu à peu dans ses mains crochues.

En Gaule, Caligula perdant aux dés condamnera à mort les plus riches habitants de la province, et dira à son partenaire : Tu te trompes; c’est moi qui viens de gagner cent millions.

Or, avant l’empire, nous avons vu la Prud’homie romaine offrir à notre observation une série indiscontinue de Caligulas, toutes les fois qu’il s’agissait d’enlever au peuple les terres conquises par lui, ou de s’approprier les territoires, les cités, les revenus et les trésors des Temples des autres nations.

Elle est déesse, cette Luxure.

.La prédiction faite par les Brahmes à Irshou est réalisée ici jusqu’à la fange du Naturalisme d’efi bas.

Néron, Yitellius, Commode, Hélagabal, Messaline, Agrippine, .Sabine, apparaissez, pourceaux et truies de la Vénus inférieure.

Mais avant ces coryphées de la volupté sans amour, de l’animalisme furieux, avant ces impériaux en rut comme des fauves, l’orgie stigmatisée par Plaute a commencé depuis longtemps.

Elle est déesse, cette Colère.

Elle s’appelle la guerre érigée, dès l’origine, en loi de la Vie de relation de cette Prud’homie avec son peuple, avec l’Italie, avec tout le reste de l’Humanité.

Voilà des siècles qu’elle souffle la rage au cœur de toute Vie collective, et qu’elle éteint les cris des vaincus dans les sanglots du désespoir et dans les râles de l’agonie.

Elle est déesse, cette Gourmandise.

Elle nourrit de chair humaine les murènes et les anguilles ; elle dépense dans un dîner le revenu d’une province entière.

Sous Auguste, Apicus enseigne à la gueule et à l’estomac l’art de manger toujours.

Pétrone nous montre le banquet de Trimalcion ; mais que de banquets, que de Trimalcions de l’Atlantique à l’Euphrate !

Elle est déesse, cette Envie.

Car l’Orgueil, l’Avarice, la LuxUre, la Gourmandise, la Colère envient tout.

C’est la concupiscence de tous les sens à la fois.

C’est rinstinct igné brûlant l’Homme tou^ entier jusqu’à la moelle, dévorant tout de&yeujc, et criant : Ënûore et toujours r* • ,

Dans ces fausses Sociétés, l’origine du Pouvoir venant de la Béte humaine, de l’Instinct dominateur, l’Égalité est en bas, dans l’appétit physique, et l’Envie y voit rouge.

Elle est déesse, cette Paresse. •

Du pain, des jeux : voilà ce que ce peuple souverain demande au Dieu de cette terre sacrilège, au Nemrodisme déifié.

Et, pour compléter le symbolisme de ce Gouvernement Général de la Force, de cette Domination inférieure de l’Instinct, voici le cirque avec ses cent mille spectateurs, voilà les fauves rugissants.

Ils sont là par milliers et les gladiateurs par dizaines de mille, et l’on tue parfois pendant quatre mois de suite.

Sur ces gradins, voilà le peuple romain qui s’amuse sous le dôme de son beau ciel bleu et sous les incitations de son Esprit infernal, invisible.

Jusque dans la paix , ce dernier veut dévorer de la chair et boire du sang humains à travers la gueule et les entrailles des bêtes féroces, et jouir des dernières palpitations de la Vie sous les étreintes de la Mort.

11 est là, cet Esprit, il rutile dans cette animalité rugissante, il emplit de terreur et de plaisir cette humanité surbaissée, il jouit dans les battements de ces artères, il souffle ses feux infernaux dans toutes ces Ames possédées, il lance ses éclairs démoniaques à travers tous ces yeux flamboyants, dardés sur cette arène, dévorant toutes ces trépidations sanglantes.

Telle est la fin du schisme d’Irshou et du Naturalisme opposé au Déisme. .

Quelques siècles plus tard, tout cela sera rentré dans le jiéant.

.La cagoule cachera ces fronts, la robe dès moines et des nonnes pes nudités.

Tout l’appareil d’un culte funèbre viendra, la croix du Christ douloureux à la main, asservir les Instincts, faire porler à la Vie physique le deuil de tous ses crimes, l’humiliation de tous ses triomphes, l’expiation de tous scs sacrilèges.

La Mort régnera mortifiant toute Intelligence, toute Ame, toute chair; l’ancienne Terre disparaîtra sous un linceul, les anciens Cieux sous un voile funéraire, sans que la Terre nouvelle et les nouveaux cieux d’Isaïe émergent encore de cette Nuit douloureuse et féconde.

Pendant des siècles, l’Humanité sera mise au tombeau dans tout l’Empire des Césars, et, à la place de ces derniers, les Papes feront régner l’Agnosticisme de l’Esprit, là où trônait celui de la Matière.

On tombera d’un excès dans l’autre, dira-t-on ; oui, mais derrière cette alternance des Contraires, il y a une Loi d’Opposition; et il faut passer par là, pour arriver encore à la Loi d’Équilibre, à l’accord de l’Esprit avec la Vie, d’Iod avec ÊVÊ.

Du reste, il ne s’agissait pas seulement d’apaiser les Instincts dans l’empire des Césars, car ils s’y dissolvaient d’eux-mêmes dans l’Anarchie morale et sociale d’une civilisation impuissante et corrompue.

Mais Rome avait tenu trop longtemps l’épée dont elle frappait les débris de l’ancien empire assyrien, pour ne pas susciter toutes les énergies physiques des peuples opposés à cette forme de gouvernement.

Sans le Christianisme, sans la forme qu’il revêtit dans sa première phase, qui dure encore, jamais ces farouches adve^aires du Nemrodisme romain n’atiraient pu se

ibudre dans un même État Social, recueiuir sous les ruines du passé les Testaments des Temples et des Sociétés disparues, adopter des Mœurs codimunes, se pénétrer d’une même raison, marcher enfin dans une môme lumière à la réalisation d’un même jprogramme.

Avant Jésus, l’anti-Nemrodisme s’était déjà levé dans un homme marqué du sceau, non de l’Autorité divine, toujours désarmée, mais de celui du Pouvoir de la Volonté rebelle à tout joug humain, faisant arme de tout pour s’y dérober, au nom de Dieu.

Gel homme était un Celte Scandinave, Frighe, fils de Fridulf.

Il avait voué à la Domination romaine une haine implacable.

Jeune, il avait parcouru l’Orient, subi l’Initiation des Mystères de Milhras, combattu avec Milhridate contre les Romains, assisté ce héros à ses derniers moments, recueilli son dernier soupir, son dernier cri en faveur de la liberté contre le despotisme militaire de Rome.

Procédant comme les anciens réformateurs, Frighe, avant d’entrer en action, avait fait une Synthèse de l’ancien Corps des Sciences druidiques, amalgamées avec la double doctrine des Mages.

En tête de ce néo Celtisme, il avait mis la grande Unité des anciens Austréens et des Bouddhistes d’avant Sakya- Mouni : Whôd, qui deviendra, suivant les dialectes, Whodan, Odin, Goth, Got, God.

Ce nom lui sera donné ainsi qu’à ses fidèles, du Tanaïs à l’Atlantique : Goths, Visigoths, Ostrogoths, suivant les régions, car, encore une fois, la théorie des races est absolument fausse, et ce sont les idées seules qui groupent les .hommes et constituent, par la suite, les

races, si Ton veut, niais intellectuellement et non physi* quement.

Aussi, dans ces noms, ne faut-il voir que des qualilicatifs ayant une signification théodoxique, comme dans ceux de Catholiques, d’Orthodoxes, de Protestants, de Juifs, d’Israélites.

Car, au point de vue naturaliste, je défie qu’on me montre une race pure, excepté celles qui ont été produites par une sélection, en tête de laquelle on trouvera toujours un fait religieux : Juifs, Ghèbres, Celtes brahmines, etc.

Sans doute, à l’origine des Continents, et quand un groupe humain vient couronner la série ascendante de tous les êtres inférieurs, apparaît une race continentale.

Mais, à partir de ce moment, les idées et les migrations commencent à la modifier, et la théorie de la race, en tant que naturaliste, s’en va ainsi en lambeaux,,

Ceci dit, continuons à signaler à grands traits l’œuvre sociale d’Odin.

Tous les pays que nous connaissons aujourd’hui sous les noms de Pologne, de Russie, d’Allemagne, de Danemark, de Sjiède et de Norvège, d’Angleterre, de France du Nord, étaient déjà occupés par des mélanges infinis de peuples ou de tribus.

Le flot des temps les avait roulés les uns sur les autres, de l’Ouest à l’Est d’abord, de l’Asie sur l’Europe ensuite et enfin dans toutes les directions et dans tous les sens.

Rebelles au Nemrodisme assyrien, tout en lui fournissant des troupes aqxjjiaires, ces peuples étaient également hostiles à sa résurrection romaine.

Pdin leur rendit une Ame collective, un programme commun, dans lequel entrait la destruction du néo-Nemrodisme européen.

l)e plus, par sa Synthèse religieux, il les réanima ' d’un même esprit, qui peut se résumer en deux mots : Liberté sur la Terre, Dieu seul mâitre' dans Içs Cieux.

I Doctrine de combat, mais non de paix, d’opposition ’à l’erreur, mais non de Vérité, car pour l’Homme, Dieu est avant tout dans l’Homme même par la Connaissance et par l’Enseignement.

Ces Déistes vagues, opposés partout à l’Ionisme, se relièrent entre eux par voie d’initiation autour des priur cipaux monuments druidiques de l’Europe.

L’État Social d’Odin rappela l’ancienne Synarchie par certains côtés : Conseil de Dieu, Conseil des héros justiciers. Conseil local des anciens.

Mais, le militarisme y usurpant la place de la Justice, vouait à la division et à la mort l'œuvre de Frighe.

Le centre politique de cette Société néo-celtique fut Odinsée, en Fionie.

De là, les rois militaires, consacrés par Odin, et qu’il nomma ses fils, furent les suivants : Suarlami qui, avec ses Yaraighes occidentaux, régna sur les Lachs de Pologne et de Russie, Baldeg sur la Westphalie, Sigdeg sur la Saxe, Sighé sur la Franconie, Sciold sur le Danemark, Ynghé sur la Suède, Sæmunghé sur la Norvège, etc.

Le centre religieux fut fondé par Odin à Sigtuna, aujourd’hui Stockholm.

Douze pontifes formaient le suprême Conseil de Dieu, et tout l’ancien Druidisme jusqu’à l’Armorique, jusqu’à l’Islande, venait puiser dans ce centre sa doctrine théosophique et son code de Coutumes.

C’est de là que date le Droit, q^^. nous connaissons sous divers noms, entre autres sous celui de Couiume mrmmde^ toujours jaloux de sauvegarder la Liberté locale et celle des individus, tandis que le Droit romain qui va naître, ,Jr partir d’Auguste, s’attachera surtout à

' formolèr l!^galité tSîvile et sob rappel à la Communauté impersonnelle et centrale de l’État.

C’est de ^elte source que dériVe le bel édifice des libertés anglaises, de même qu’au point de vue mythologique, c’est' de la Capitale de la Suède que l’Allemagne recevra toutes ses légendes.

L’Edda, le Kalevala, les poèmes d’Ossian, quelques traditions recueillies par Shakspeare voilà, avec les belles prophéties de la Voluspa et quelques chants de Scaldes Scandinaves ce qui nous reste aujourd’hui du mélange qu’Odin fit de l’ancien culte celtique avec la doctrine des Mystères de Mithras.

C’est de cet empire, où toutes les vertus héroïques que Rome va perdre, seront ressuscitées, où le sens social sera redressé en antagonisme avec la Civilisation diffuse du Sud, c’est de ce centre que partira la, destruction successive de toutes les divisions du Nemrodisme romain.

Ainsi le sang nouveau sera physiquement injecté dans les veines du cadavre impérial, pendant que l’Ame nouvelle et l’Esprit nouveau lui seront insufflés par le Messie de la Judée expirante.

Aucun autre fait important n’est à signaler après Odin, si ce n’est le passage d’Apollonius de Tyane à travers tous les Temples du Monde, son effort pour ramener à rUnité divine les Sacerdoces dégénérés des Sanctuaires gréco-latins, son témoignage d’initié auprès des empereurs romaines pour les pousser à des mesures d’utilité publique, et .s|uvegarder autant que possible les Ordres pythagoricien&> et Israélites, égj'ptiens et asia-

A Ninive, à Athènes, à Éorin^e, à Rome, partout où la corruption débordait, on vcqt passer cet Epopte, à son

retour des templès de l'Inde, de k Perse dé l’É^ple.

n corrige les mœurs, il prêche k réformé, il accomplit ce qu’on est convenu d’appeler dés mirades. Yespasién le conuàitra à Memphis. •

Sachant son but intèllectuel et social, Domitien le per-' sécutera, mais en vain, car rhèmmé de Dieu échapi^pera par un prodige familier aux Initiés des Sanctuaires actuels de l’Asie. ' ;

Il sera le témoin de tout le mouvement originel du Christianisme, et quelqües traces de son adhésion sè retrouvent dans les Évangiles.

Apollonius attèindra la longévité la plus extrêmè, et laissera longtemps ün souvenir profond de la bienfaisance de ses efforts pour greffer rèsotêrismé des anciens Ordres sur le Monde nouveau qu’il aura vu naître.

Alexandre Sévère aura, dans son oratoirè, son portrait entre ceux du Christ, d’Orphée et de Ram.

Vopiscus, dans sa Vite d'AuréUen parlera avec vénération de ce grand Pythagoricien.

Jusqu’au cinquième siècle, les Chrétiens garderont encore un profond respect pour Apollonius.

Dans sa lettre à Léon, Sidoine Apollinaire, évêque’ d’Auvergne, fera le plus grand éloge de ce dernier représentant visible de l’ancienne Fraternité universitaire des Temples doriens.

Mais, à mesure que l’enseignement de l’Église Subira la loi politique des majorités par l’élection, il prendra de plus en plus le caractère primaire ef sèctaire du despotisme des tiers Ordres, d’où les autres Facultés universitaires ont eu tant de peine à se dégager depuis Bacon.

Aussi ne faut-il pas s’étonner je trouver, au sujet' d’Apollonius, des inepties de cegenre

« Tandis* que Paul prêchait avec éclat le nom dé' Jé- sus-Çhristv L'Enfim* voulait opposer up ^riVàli etci < étc:^ »

le trouve cette appréciation, au aujét’ de VÉpôpte qui nous occupe, sous la plume ignorantine d’un abbé Bé- raùlt.

' Apollonius ne fut pas plus un démon que la Science si longtemps persécutée par l’enseignement primaire de l’Église n’était et n’est Satan lui-même avec l’arsenal de son prétendu Enfer.

Ce grand homme fut un des derniers. représentants marquants des deuxièmes Conseils des Ordres antiques.

11 ressuscita la Fraternité de tous les Cultes doriens, mourants, pendant que les empereurs forcés empiriquement par leurs fonctions mêmes à arbitrer la Vie civile, allaient avec l’aide des jurisconsultes légiférer l’Égalité de tous devant la loi.

Ces efforts avaient aussi bien leur raison d’être que celui d’Odin, motivant dans tout le Nord de l’Europe la revendication des Libertés locales.

Mais qu’est-ce que la Liberté, qu’est-ce que l’Égalité, qu’est-ce même que la Fraternité humaines en dehors de l’Autorité divine et des Principes cosmogoniques et

Comment ces termes contradictoires représentés par des mondes dissociés et antagonistes pourront-ils se réunir?

Les Prophètes hébreux nous l’ont dit plus haut, et l’avenir les confirmera bientôt.

La Loi de cette Union trinitaire n’est pas plus une chimère dans l’avenir que dans le passé.

Dans le passé, nous l’avons vue rassembler dans un même Corps spirituel presque toute l’Humanité sous un Conseil suprême de Dieu.

Depuis le grand schisme qui donna naissance aux gouvernements personnels, nous avons*¥U le même pro-^

gràmme repHs par tous les réformateurs sociaux q(ui ont procédé scientifiquement.

De ce fait témoignent Tlnde dé Christna, }a Chine àe Fo-Hi, l’Iran du premier Zoroastre, l’Égypte de* la loi d’isis couvrant l’ésotérisme d’Osiris, l’Ordre des Abramides aboutissant à l’Israël de Moïse, la Grèce des Thracides d’Orphée et enfin le mouvement de Sakya-Mouni.

. .Dans ee Type social, c’est la Sagesse et la Science divi- ‘ nisées, ramenées au Principe premier, universel, qui président au Gouvernement des Sociétés.

Par cela même, c’est la Justice qui commande, et forme à son image le Pouvoir exécutif.

Enfin c’est l’Économie locale qui, grâce à ces deux premiers Pouvoirs sociaux, est juridiquement mise en possession de ses libertés par le second, de tous les Enseignements qui lui sont nécessaires par le premier.

Ainsi, Autorité, Pouvoir de Justice, Pouvoirs économiqueslocaux, tête, cœur, membres, tout a son organisme spécial dans ce Type d’Organisation générale.

Rien n’est politiquement confondu ; tout est diiférentié sous trois chefs et sur trois plans distincts; et ainsi tout concorde, tout concourt, tout consent, comme Ip dit Hippocrate en définissant la Vie et la Santé.

Ce Type de Société est vivant, sain, libre dans le vrai sens du mot.

Conditions de l’Autorité : Sagesse, Science, Examens hiérarchiques, jusqu'à la tiare.

Conditions du Pouvoir proprement dit à tous les degrés de l’État : les mêmes que précédemment, jusqu’à la couronne.

Conditions des Pouvoirs locaux : Sagesse des prud’- hommes, à leur degré, élection de ces derniers par les foyers, par les familles et non par les seuls individus mâles. »

Dés ïorê, pas de tyrannie possible; à moins qu’olle ne vienne du dehors, ou qu’une révolution n’essaye de ehangép’ la Constitution intérieure, mais eh vain.

L’Inde a repoussé ses révolutionnaires de son territoire ; l’Égypte également; là Chine les a tous ramenés à sa Sagesse priràitive.

La conquête seule pouvait et peut détruire de tels peuples, si les conquérants sont assez fous comme les Grecs, assez criminels, comme lés Romains, pour attenter à de pareilles Institutions. '

Pas d’esclavage domestique dans de semblables Socié- tés, les seules vraiment démocratiques.

Si vous l’y voyez, comme en Égypte, c’est qu’un Nemrod l’y a importé dans la personne d’un Shalit, au mépris de la Loi intérieure et du Droit des gens.

Si vous voyez des pariahs et des castes immobiles, imperméables aux valeurs, comme aux Indes, c’est que, profitant de la révolution d’Irshou et de ses conséquences, l’empereur a dénaturé son Pouvoir de Justice, et s’est ; dérobé à l’Autorité de l’Enseignement, depuis Pradyotta-

Quant au foyer, interrogez tous les monuments sacrés des Sociétés synarchiques, Égypte, Inde brahmanique, Indo-Koush, Iran de Ram, puis du premier Zoroastre, Chine, Japon, Israël de Moïse : égalité de la femme, mansuétude à Peftfant, protection au serviteur.

Du haut en bas, puisque la Providence règne avec l’Intelligence, la Bonté est obligatoire, et elle descend jusqu’à Panimàl, jusqu’à là plante, jusqu’aux éléments;

J’ai assez décrit toute la dépression que le schisme natu^ ràliste et son fruit, l’Anarchie des tiers Ordres couronnée par lè^^ernrodisme, ont fait subrràuetté Biolngie.sociale, saine et éxâëtementviîaieu .:: ; d . . - - ;

J’ai assez prouvé par les Prophètes, après l’avoir dé»

montré dans THistoire d’Israël réencadrée dans celle de tous les autres peuples, que cetteantique Loi du Régfte de Dieu était le Programme social de l’avenir! , *,

J’ai assez indiqué à l’avance l’immense effort nécessaire, pour lancer de nouveau dans cette vcrie l’Humanité déchue de cette santé depuis trente-deux siècles.

Ici, avant de quitter l’empire romain, je tiens à rappeler la distinction que j’ai faite entre le Mal voulu et le Mal subi.

Le Mal voulu par les Pouvoirs politiques est subi par tous les faibles : le peuple, la femme, l’enfant, l’esclave, le vaincu.

Ce sont tout justement ceux-là que Jésus-Christ va ap-, peler à Lui, et ce sont ceux-là qui accourront en. foule autour de ses Apôtres, et emporteront comme un flot irrésistible toutes les classes dirigeantes du Monde antique dans la purification morale individuelle, qui marquera la première phase du Christianisme.

Pourquoi Jésus n’agira-t-Il pas comme Odin, comme Apollonius de Tyane?

Parce qu’il aura jugé la Terre de son temps du haut du Principe premier de l’Univers.

Parce qu’il saura que la Force est aussi impuissante que l’action des Cultes surbaissés, dans la néo-Genèse sociale dont il s’agit.

Parce qu’enfîn POrdre, selon lè Nemrodisme, la Pblitique avec les trois pouvoirs qu’y a vus Montesquieu, ne sont que la Systématisation du désordre et de ÜAnarchie

Coiiiuiissaat 4 fond tout Pésotérisme tnaïsiaque^ Jésus aura sous les yeuxle passage de la Genèse, que nous avons cité,' relativement, à NeUirédj.et II saura que ce type de Gouvernément-OÀiéralestfaux^ - l

Faux, tout Souverain Pontife et tout Sacerdoce qui sùbit ce faux Ordre empirique, au lieu de le contrôler et de le i^ectiéèr sciQntifiqüement.

Àüssi Jésus se fera-t-11 baptiser et consacrer, non par le grand Prêtre du Temple de Jérusalem, mais par un pauvre ermite des Communautés laïques d’Israël : saint Jean-Baptiste.

Faux, ce Césarisme, faux cet empire arbitraire, fausse la loi de sa conquête.

Aussi Jésus dira-t-Il : « Qui frappe avec l’épée périra par l’épée *.

Aussi Jésus préchera-t-11 dans les Synagogues l’antique Évangile du Royaume et du Règne de Dieu, le Programme social, trinitaire, des Melchisédec, des Abramides, de

Faux, ce père de famille transformé en Nemrod domestique vis-à-vis de la femme, vis-à-vis de l’enfant, vis-à-vis du serviteur devenu l’esclave.

Aussi Jésus appellera-t-11 à Lui, la femme, l’enfant, l’esclave, tous les malheureux, tous les opprimés, tous les désespérés, tous ceux qui souffrent de la fausse loi des faux pouvoirs.

Fausse, cette Économie monopolisée par ce Nemrodisme et par la race d’affranchis et de laquais officiels qui dévorent la Judée et toutes les autres provinces conquises.

Aussi Jésus exaltera-t-Il lés pauvres, et leur ouvrira-t-H à deux battants les portes du Royaume à venir, en disant aux riches combien l’entrée leur en sera difficile.

Ce qui signifie que l’Examen existe toujouts là-haut, en attendant qu’il revive içi bas, comme condition dne gué nm de l’exercice de tout Pouvoir,

Ah 1 si ce Ghrist-là n’est qu’un doux çt naïf visionnaire, comme l’ont dit led rationalistes agnostiques, les érudits

fantaisistes, qu’eût-ll donc ajouté comme précision et comme énergie divine à tous Ses coups contre le Mal, s’il avait tenu dans ses mains, au lieu d’un roseaii, les foudres vengeresses d’un Jéhovah?

ha force physique d’un Milon de Crotone «'affirme en assommant un taureau d’un coup de poing, celle d’un Samson en brisant sous la tension de ses muscles les cordes nouées autour de son front, ou en renversant sous l’étreinte de ses bras les colonnes d’un temple.

Mais à quelle force comparer la puissance mentale de ce divin Galiléen, qui S’arme pendant trente ans dans le Mystère de l’ésotérisme moïsiaque, dans Sa Communion directe avec la Divinité, et en sort assez formidable pour être doux comme une femme, sûr de Lui comme un Dieu, viser en trois ans l’ancien Monde à tous ses défauts de cuirasse, l’atteindre à mort, et revivifier ce cadavre en lui soufflant l’Ame antique d’uni Univers nouveau !

Dans le Chapitre suivant je conduirai le lecteur en Judée, à Jérusalem ; je lui ferai lire clairement tous les signes historiques de la Société juive de ce temps, pénétrer toutes ses catégories, depuis le monde officiel,* toujours déprimé par la Politique, toujours inféodé bon gré mal gré au Nemrodisme divinisé, toujours aveugle à l’Esprit de Moïse et des Abramides sur ce point comme sur bien d’autres.

Puis nous entrerons pieusement dans le Temple, à l’ombre duquel vit Marie, dans les Communautés laïques des Nazaréens, des Esséniens de Palestine et de Kaldée, dans celles des Thérapeutes d’Égypte et dans leurs ramifications avec les Ordres et les Sanctuaires de

Je montrerai comment Marie, comment Jésus reprendront par l’Initiation la grande Tradition des Abramides

«t de M(>ïse, et je dévoilerai à ce sujet certaines projfônd.eura ésotériques, peu connues.

: » Jïp.us verA>ns naîtrè le Christianisme, nous écouterons la pensée secrète de son divin Fondateur sur les trois phases de son action: Purification morpile des individus, Reètification intellectuelle des gouvernements par l’Esprit scientifique, vivant, de la Promesse, Restauration enfin de la .Synarchie universelle, de VAdveniai Regmm

CHAPITRE XX

JÉSUS. MARIE. LES PARTIS POLITIQUES.

LE JUDAÏSME ET LE MOSAÏSME OUVERT. LES ORDRES LAÏQUES. VIE PUBLIQUE DE JÉSUS, SA SCIENCE, SES MIRACLES,

SA PROMESSE, SA MORT, SA RÉSURRECTION.

LE CHRISTIANISME DES APOTRES EST L’ISRAÉLITISME MESSUNIQUE.

LE CHRIST CRUCIFIÉ EST LE CHRIST GLORIEUX.

LA LOI DE SA PROMESSE SOCIALE EST LA STNARCHIE.

Ce chapitre était terminé, et j'allais l'envoyer à l'imprimerie, quand je fus pris d’un grand trouble d’âme, dont voici quelques raisons.

Depuis des siècles la vie et la mort du Christ, Ses enseignements, Son Évangile sont l’objet d’une guerre ardente entre les talmudlhtes et les théologiens.

Depuis près d’un demi-siècle, c’est entre les exégètes naturalistes et la dogmatique des clercs que cette querelle passionnée a été reprisé, au nom de l’érudition et de l’Histoire élémentaires.

Derrière les combattants, toutes les anarchies universitaires et politiques se pressent sous des drapeaux divers, se fusillent de polémiques, se bombardent de controverses.

Pour moi, sur;ce terrain sacré, je vois tout autre chose qu’un champ ne-bataille. , ■

J’y vois la Paix annoncée par les Prophètes, et je ne dois, pas alimenter la guerre par une nouvelle Vie de Jéms étudiée, ’-cette fois, au point de vue ésotérique et à la clarté des Principès.

Sans doute , il m’est pénible de brûler mon travail, mais je sens avec trop de force la nécessité de cet holocauste pour ne pas m’y résigner joyeusement.

Ce livre est le protocole de la Paix du Monde, et, tôt ou tard, il la déterminera invinciblement d’un bout de la Terre à l’autre, en démontrant scientifiquement la Loi sociale de cette Paix.

Aurais-je écrit cette mission et les deux précédentes, si je n’étais pas à la fois Universaliste et Chrétien?

Certainement non.

J’ai donc rendu déjà mon témoignage à Jésus-Christ, et ce Chapitre ne ferait qu’enfoncer l’épée sur la terre sainte, où je ne dois déposer qu’un rameau d’olivier.

C’est à un Israélite que je lègue le soin de combler cette lacune de cent et quelques pages.

C’est à lui de venger Jésus de Ses détracteurs et aussi, hélas! d’un grand nombre de Ses défenseurs; c’est à lui de glorifier le Christ dans la lumière scientifique et dans la Vérité sociale où j’ai glorifié Moïse.

C’est à lui de toucher aux plaies de sa nation crucifiée, elle aussi, depuis près de vingt-cinq siècles par le Nemrodisme, et qui n’a d’espérance de résurrection possible, en Palestine, que dans et par l’accomplissement des Promesses de Jésus-Christ.

Je lui ai d’avance indiqué les causes des maux de sa patrie avec une précision mathématique, ne laissant place à aucune équivoque, à aucune confusion entre les choses politiques et l’Ordre religieux et social.

Que le noble esprit que j’appelle, et qui viendra, mé- dite mes œuvres : une grande lumière se fera en lui, et

en sortira pour le bien des siens, de toute la Judéo- Chrétienté, puis de toute l’Humanité.

Il verra Jésus dans Son éblouissante splendeur, et le Christ Glorieux lui apparaîtra dans ce Christ Dcfuloureux, comme la Fin dans le Principe, comme la moisson dans le froment.

Alors, il retrouvera Israël dans le Genre Humain, sa Promesse dans celle de Jésus-Christ, sa Loi sociale dans la Synarchie trinitaire.

Que le Dieu de la totale Connaissance inspire cet homme, et bénisse en lui tous les siens, membres du Christ au même titre que tous les hommes de cette Terre!

Amen !

CHAPITRE XXI

DE CÉSAR A LA DESTRUCTION DE JËRUSALEII.

DE LA DISPERSION DES JUIFS A LEUR RECONSTITUTION POSSIBLE EN PALESTINE.

Mauvais ou bons, politiques ou sociaux, les Pouvoirs collectifs suivent une marche aussi inéluctable que celle des Corps célestes.

A identité de cause, identité d’effets dans le Bien ou dans le Mal.

L’Empire romain devait se comporter vis-à-vis de la Judée comme son prototype babylonien et pis encore.

Jésus-Christ le savait, et II agit en conséquence pour le Salut Social de Sa Nation et du Monde entier.

Acharné partout à la ruine des institutions qui rappelaiént l’Autorité et le Pouvoir de Justice des deux premiers Ordres antiques, l’Empirisme gouvernemental de Rome était-il plus tolérant pour les individus doriens que pour leurs États?

On l’a dit, et pourtant rien n’est moins motivé.

Effort des Jurisconsultes de toutes les civilisations vaincues, ce que les modernes nomment le Droit romain était à naître. ’

Mais même quand il sera rédigé sous le contrôle des Césars orientaux, combien ne s’éloignera-t-il pas encore de l’Équité!

Combien de fois ne portera-t-il pas d’autre caractère que celui de la Force légiférée!

Les Juifs le sauront bientôt; comme individus, ils n’auront pas plus à se louer du Césarisme exercé par des Polythéistes que de la même fonction non corrigée, mais occupée plus tard par de soi-disant Chrétiens.

Les communautés hébraïques étaient nombreuses en Italie et à Rome même.

Leur Synagogue et leur cimetière occupaient l’emplacement actuel du Vatican : Vassius, de Magnit. Rom. vet.,

En Égypte seulement, on comptait un million de Juifs ; en Europe leur nombre était au moins égal avant la Dispersion.

Dans les contrées qui avaient été leur berceau plus de soixante-dix siècles en arrière, dans le sud de la Gaule et en Espagne, les Juifs avaient de nombreux établissements, bien avant la ruine de Jérusalem par Titus.

En Gaule, Marseille et Lyon renfermaient leurs entrepôts les plus considérables.

En Espagne surtout, ils avaient suivi la fortune des emporocraties des Phéniciens, des Sidoniens, des Lydiens, des Tyriens, puis des Carthaginois, à Tarracone, à Lucena, à Gordoue, à Saragosse, à Tolède, à Maqueda, à Ëscaluna, à Jopes, à Àceca, à Sagunte : Memorùu de la real Academta, 1799, et surtout Francesco Martinez : Memoria sobre la primera venida de los Judios en Espaüa; Âbravanel, Arias Mont^nus, etc. ' ,

Quand viendra l’avalanche des divisionnaires de l’empire néo-celtique, fondé par Odin, les Àlains, les Suèves, les Vandales, les Visigoths roulant sur celte partie de l’Empire romain, y trouveront des communau- • tés juives, prospères, actives, adonnées à l’agriculture, au commerce, à l’industrie, à la navigation : Lex Visi-

En dehors de l’Italie, de la Gaule et de l’Espagne, les disséminations hébraïques étaient encor» nombreuses en Europe.

En Allemagne, à Trêves et à Cologne principalement, leurs établissements étaient considérables : Âmmien Marcellin, liv. XXV, ch. V; Cod. l'héod., liv. XVI, tit. VIU,

De la Bohême à la Pologne, depuis les rives du Danube jusqu’à celles de la mer Noire, partout où le Nemrodisme romain avait des ennemis, il ne manquait pas de pa> triotes juifs pour faire cause commune avec eux : Villalpand in Ezech., t. II, ch. LVIII, p. 543.

Plus tard, tout un royaume judéo-scythiqye s’étendra du fleuve Oural au Don, au Dnieper, à la mer Noire, au Bab-el-Arab, au Derbend et au Djordjon.

Vers le milieu du huitième siècle, les rabbins de l’antique Bosporus, Kertsch, auront, en effet, converti le Ghagan Boulan, roi des Ghazars : Massoudi, Traité du Chazar; Mémoires de T Académie de Pétersbourg, VIII,

En Asie, les ruches juives n’auront pas une action moins vivace ni moins vivifiante qu’en Europe; en Syrie, en Perse, en Babylonie, en Arabie principalement.

L’empil% aatiromaih, ayant pour capitale i^anliiqüe ville, ionienne de Thadmoor, plus coniiue sous lë iiom dé Palihyre.etqui jettera bientôt un si brillant éclat soüs Odertath.-puis sous sa veuve, Zénobie, devra en grande , partie ëa rénovation intellectuelle, sa vigueur autonome, aux communautés juives d’Arabie.

Zaïnab sera une princesse mozarabique» voulant la rénovation de l’ancienne Universalité universitaire.

Be là son appel aux Sages des différents Temples, des Ordres, des Synagogues ou des Eglises : l’évêque d’Antioche, Paul de Samosate, Longin, etc.

Avant l’ére musulmane, au sud de l’Arabie, un royaume judéo-hymiaritique sera assez puissant pour disputer un moment les Ismaélites à la voix et à l’action entraînantes du Prophète de la Mekke.

Le mouvement intellectuel et social de Mohammed à la fin du sixième siècle sera déterminé et secondé tout d’abord par l’esprit ardent, par la vitalité puissante des communautés hébraïques de l’Hedjaz, du Chaïbar, de l’Yémen.

Les Benou-Kainoukaa, les Benou-Nadhir, les Chaïbarites se lèveront comme un seul homme et monteront à cheval au premier appel du prophète d’Allah; mais bientôt ils s’apercevront qu’il tend à une pédagogie et à un État Social distincts, et ils s’opposeront.

Apj’ès de rudes combats, l’Islam les rejettera de l’Arabie sur l’Irak, sur la Syrie, puis l’alliance des intérêts et des origines se renouera pour le bien delà civilisation future.

Elle se signera avec du sang sur les champs de bataille de l’Asie et de l’Afrique, où le Nemrodisme persan et celui de l’empiré romano-byzànlin expieront leurs victoires passées par des défaites sans relèvement : Perse, Pales^ tine, Syrie, Égypte.

En souvenir de cette fraternité d’armes, les chefs dés Croyants aideront les Juifs à reconstituer dans l’Irak toute une organisation, toute’ unè direction centrales de leurs communautés disséminées dans le Mo’nde.

Quel exemple pour les dominateurs de* l’avenir, quel contraste avec les Nemrods du passé !

'f iius détruira le temple ; Adrien s’acharnera à la ruine du Sanhédrin; ïhéodose anéantira le patriarchat; tq,utc la Chrétienté, hélas ! traitera les Juifs comme jamais les Nabuchodonosor et les Sargin ne l’ont fait; et les Arabes musulmans, quc^ous taxons d’infidèles et de fanatiques, se comporteront au contraire en véritables disciples de Jésus-Christ, en synarchistes du passé et de l’avenir.

Osman avec le Resch Galouta, avec l’Exilarchat, rendra à toutes les assemblées juives de la Terre l’illusion d’un gouvernement libre, une sorte de royauté de l’Exil.

Ali, en créant pour ces infortunés le Caonat, leur rendra en outre l’équivalent du Sanhédrin, une Acadé- mie et une Cour de Cassation doublée d’un Conseil d’Etat.

Ce sont bien là les nobles enfants des anciens Bodhônes, des alliés et des défenseurs de la Syiiarchie trinitaire de Kam, de la Théocratie de l'Agneau, de TErnpire arbitral du Bélier, de la Promesse des néo-lîamidcs.

Du haut des deux Jésus-Christ les verra abriter sous leur pavillon sa race écrasée par le Neiiirodisine, et il les bénira dans les rayons vivants du Dieu de la totale

C’est, en effet, des écoles arabes de l’Orient que partira le réveil de la Science antique; c’est là que les Sages des Ordres et des Temples anéantis par le Nemrodisme assyrien, persan, grec et romain, viendront apporter quelques richesses de leur vieux trésor; c’est de là que

lés Chrétiens de la Crucifixion recevront par les khalifats d’Espagne, le premier baiser de lumière de la Chré- tienté future*,, celle de la Glorification.

En Orient, côte à côte avec les Universités arabes, les Académies juives de Soura, de Poumbadita et de Nahardea rivaliseront d’ardeur dans cette résurrection de l’Esprit humain, seule image sociale de l’Esprit divin.

La dispersion des communautés juives antérieurement à la ruine de Jérusalem, aura donc, en ce qui regarde la Chrétienté, des résultats d’une immense portée.

Elle assurera partout, comme autant de racines éparses, la greffe du Christianisme, de l’Israélitisme messianique dans toutes les provinces romaines, et la reprise sporadique du Judaïsme lui-même en terre chré- tienne, en Israël nouveau.

De plus, les communautés juives d’Arabie et de Babylonie, en déterminant, par la suite, le Musulmanisme, décriront l’autre côté de la circonférence du Cycle abramide et moïsiaque.

De sorte que l’un des hémisphères redeviendra lumineux, pendant que l’autre s’enténébrera, et que le premier communiquera peu à peu au dernier sa clarté intellectuelle, quand l’Unification des Mœurs de l’Europe sera accomplie par les deux empires cléricaux d’Ocient et d’Occident.

Non Chrétiens, mais identifiés directement à l’action sociale de Jésus-Christ, les Juifs ne repousseront le Christianisme de la Crucifixion que pour servir inconsciemment de médiateurs intellectuels à celui de la Glorification ou de la Promesse, en portant sous la Croix la Vie, là où son action redeviendra opportune.

Ce n’est certainement pas le hasard 'qui d’en haut

systématisera aussi savamment l’accomplissement du programme des Abramides, de Moïse et de Jésus-Christ, malgré l’inconscience des trois Sociétés hjCimaines qui auront pour clef de voûte intellectuelle, en arrière des temps une même Cosmogonie, et en avant l’édificatio'n, la réalisation définitive d’une même Promesse du Règne

La scission entre le Judaïsme et le Christianisme naissant devait être, puisqu’elle fut; et elle aura les utiles résultats que je viens de signaler, en faveur du but social voulu par le Christ Glorieux du sein du Dieu de la totale Connaissance, qui avait recueilli l’Ame du Christ Douloureux.

Jusqu’à nos jours le Christianisme formulé par les hommes, restera à l’état de nébuleuse intellectuelle et sociale, tendant néanmoins à un Système solaire complet et à la Loi qui mesure le rapport de tout Principe central à son action circonférencielle.

C’est que les Mondes ne se bâtissent, ni ne s’organisent pas d’un seul coup du sein d’un chaos, ni sans une immense systématisation hiérarchique d’énergies, pas plus dans l’Humanité de cette Terre que dans aucune des régions de la Vie du Cosmos.

Pour produire sur une Planète une vision des Cieux, des jours qu’un Soleil illumine, des nuits qu’éclairent des Lunes et l’Assemblée immense des Constellations, pour faire descendre sur une Terre l’Équilibre des Lois nécessaires à la manifestation du quadruple Règne de la Vie, dont l’Humanité est la Couronne visible, dont la Divinité est la Gloire invisible, il faut tous les efforts cosmogoniques, que mesurent à peiné tous les millions et tous les milliards d’années terrestres de la Maha-Youg et de la Kalpa..

Quelle bataille divine de l’Intelligence et de l’Ame universelles et de toutes leurs Légions d’Esprits célestes ne faut-il Ijas à travers les efforts des Collectivités humaines, pour qu’un Cycle de Sociétés s’unifie, s’harmonise, revienne par la Science à la Conscience de la même Divinité , et trouve enfin sa Paix dans la Loi du Règne de Dieu, dans la Synarchie trinitaire !

Après une chute de trente-deux siècles du haut des cimes lumineuses de cette Paix dans les abîmes d’une guerre générale, n’est-ce pas un miracle qu’en dix-huit siècles à peine toutes les anarchies du passé aient été suffisamment résorbées pour qu’on pnisse remonter sur les .sommets où la Connaissance et la Religion ne font qu’ün, pour que le plan divin de l’État Social terrestre réapparaisse nettement à l’iritelligence pure au point d’être de nouveau scientifiquement démontré à la Raison?

Comment voir ces choses sans glorifier à genoux ce divin Crucifié, dont la Gloire rayonne dans la Vérification même de sa Promesse?

Comment comprendre, sans pardonner à tous ceux qui n’ont pas su, ou qui ne savent pas encore ce qu’ils font?

J’évoque tellement en moi l’Ame religieuse des Sociétés humaines, depuis plus de huit mille ans qu’embrasse le présent livre, que j’en respire l’Esprit comme de Pair vicié ou pur, selon les temps et les régions.

Je ne puis plus juger, je ne puis que bénir à partir de Jésus-Christ, les méchants comme les bons.

Y a-t-il donc vraiment des méchants dans une Humanité capable d’engendrer ainsi la sensation, le sentiment, l’assentiment de ta Divinité, l’Identité de Dieu dans un tel Homme, et cela, du fond même du ^gouffre où la

guerre et la révolution avaient précipité et anéanti l’Ordre social selon Dieu? , .

Ah ! qu’on ne me parle pas ici de (juerelle’s de talmudistes , de théologiens, d’exégètes !

Arrière ou silence, profanes et profanateurs! Qu’on me laisse en paix comprendre, sentir, adorer Quelqu’un qui est là, près de moi, invisible, Sa lumière dans ma pensée, Sa chaleur dans mon cœur. Sa céleste harmonie dans mon âme tout entière. Sa paix dans ma vie.

Hélas! comment va-t-on interpréter Ta Pensée, «7 mon divin Maître!

On va la déchirer, dès le début, comme Ton vêtement : Antioche la voudra syrienne et juive, Alexandrie la voudra grecque, Rome et Byzance la voudront autoritaire et césarienne ; et pourtant Fille est Universelle, Elle appelle au Règne de Dieu l’IIuinanité entière, tous ses Cultes, toutes scs Universités, tous ses Gouvernements, toutes ses Patries.

Il y a plusieurs demeures dans la Maison de Mon Père, disais-Tu, et Tu les bénissais toutes.

Mais, au Ihm de la chanter en chœur. Ta divine symphonie intellectuelle, morale, sociale, ces Eglises vont hurler des anathèmes, se persécuter, se noyer dans le sang.

Au lieu de Ta Synarchie universelle, ce sera encore l’Anarchie sous d’autres formes; au lieu de Ta Religion éternelle, des Cultes politiques s’y oj)posant; au lieu de Ta divine Autorité, toujours le Nemrodisrne présidant le conflit des usurpations des tiers Ordres sur la défaite des deux premiers.

Là encore les cultes ethniques, asservis à la Politique, vont se mettre en travers de Ta Religion et de Ta Synarchie universelles, comme autrefois celui de Jérusalem on travers de celles de Moïse. ♦

Et plus que Jamais, hélas! seront à l’ordre du Jour Tes divines leçons et celles de Samuel, de Zacharie, d’Osée, d’Isaïe aux bléricatures de tous les temps.

. E pur simmvelÈl pourtant, aujourd’hui, la Chrétienté touche au but de son divin Fondateur, au rétablissement du triple Pouvoir social, universel, de la Science, de la .Tusticc, de l’Économie.

Qui osera dire que cette issue lumineuse n’est pas celle du Christ, qu’elle n’est pas chrétienne, catholique, orthodoxe, dans l’universelle acception de ces mots?

Qui osera dire aussi que les Juifs n’y auront pas travaillé avec et pour les Chrétiens de la Crucifixion, et au prix d’un martyre plus long et plus terrible que le leur sous les empereurs romains?

Sous ces derniers, les Juifs furent aussi victimés que les Chrétiens.

Tibère, Caligula, Claude, Néron n’ont pas été plus tolérants à Rome que Vespasien et Titus en Judée.

- Ce dernier fut digne d’un Nabuchodonosor et d’un Sargin :*voir Josephe de Bell. Jud.

Près de deux millions de Juifs périrent sous l’épée, dans les flammes ou dans les supplices; le reste fut vendu à l’encan sur les marchés d’esclaves, dispersé, écrasé de taxes.

La nation Juive était encore une fois assassinée par le Nemrodisme, et cela était inévitable, et cela serait encore ainsi dans l’avenir, si le Programme Social des Abramides, de Moïse, du Christ, n’était pas universellement accompli.

Frappée dans son Corps national, la Judée fut sauvée dans son Ame religieuse.

En perdant ses Instincts politiques,* «elle retrouva son

Intelligence sociale; en mourant à son Ethnicité, elle ressuscita à TUniversalité de sa mission. ,

Le Destin avec sa systématisation d’en bas faisait par la Force ce que la Providence, depuis’ Moïse jusqu’à Jésus, avait demandé d’en haut à la bonne volonté du peuple juif et surtout de ses Pouvoirs responsables.

Il emportait au large dans la tempête les anciens Synarchistes duSinaï et du Désert sur l’Océan des événements humains, dont la Politique les avait fictivennftit isolés, mais non garantis, depuis l’abaissement des deux premiers Ordres sous la volonté du troisième et sous l’Anarchie couronnée des rois ,

Séparé depuis ce temps de la Vie des antiques Institutions juives, l’Esprit, quoique invisible, rentrait en scène, et, bon gré, mal gré, il fallait s’unir au sort de la Société terrestre tout entière, en épousant, à défaut du Christianisme, Jésus-Christ dans la fortune sociale de Son Fait, la Chrétienté, et en amenant celle-ci au port.

Ce voyage au long cours, à travers les ouragans et les cyclones politiques, vers la Terre nouvelle et vers les nouveaux Cieux d’Isaïe, lés Juifs devaient le faire avec les Chrétiens, à fond de cale d’abord, sur le pont ensuite, sur le banc de quart enfin.

Cette union d’abord forcée, aujourd’hui volontaire, servait les Principes célestes et les Finalités terrestres de Moïse et de Jésus, et c’est pour cela qu’elle devait se faire et qu’elle s’est faite dans la Crucifixion pour la Glorifica-

Les Juifs, pendant dix-sept siècles, vont porter en Europe la Croix des Chrétiens, non verbalement mais réellement, et travailler avec eux, sans le savoir, à l’Avè- nement du Règne du Christ Glorieux, dont la Loi trinitaire les délivrera à jamais du Nemrodisme.

Dans ce qui va suivre, je n’ai pas l’intention de faire l’Histoire du peuple juif depuis la Dispersion.

En France,' en Allemagne, en Angleterre, des hommes de talent ont, parcouru cette voie tracée par les documents innombrables des rabbins et par les quinze volumes de Basiiage : Hütoirc des Juifs depuis Jésus-Christ jusqu’à présent.

Ce qui m’importe, c’est, dans cette phase d’événements comme dans les précédentes, de dégager de toute compromission politique la Vérité sociale, inséparable de la Science religieuse.

C’est le Nemrodisme qui crucifiera les Juifs dans la Chrétienté, après avoir crucifié Jésus en Judée.

Ce n’est nullement le Christianisme qui, dans celte longue tragédie, sei’a le bourreau du Judaïsme, comme on l’a dit, et comme on ne manquera pas de le redire.

L’Histoire élémentaire à la main, je vais, encore une fois, démontrer cette vérité, puis nous marcherons à grands pas vers un résumé définitif de toutes ces preuves sui’abondantes.

Après la destruction de Jérusalem, l’Empirisme politique, romain, ne fut pas plus clément pour les communautés juives qu’il ne l’avait été pour la Judée.

Il continua à faire les délices du Cenre Humain, à la façon des tiers Ordres ioniens et de leur Anarchie naturaliste, couronnée depuis Irshou.

Domitien ne manqua pas d’alourdir la condition faite à tous les Doriens vaincus : Suétone, in Domit., S 12 ; Leg. 7. Cud. de Jud., Diocass., Hist. rom.

Augmentation des taxes, perquisitions, inquisition sur la personne des circoncis, peine de mort.édictée contre

tout Polythéiste se convertissant au Dorianisme, juif ou* autre, même cruauté à l’égard des convertisseurs, confiscation des biens des suppliciés’: telle est,.t;eUe fois*, la guerre civile faite, au dedans de l’empire, par l’^narcKie d’en haut aux représentants de l’antique Sÿnarchie. '

On peut voir dans l’IIistoire romaine de ’Diocassius la série de toutes ces iniquités.

Le même fanatisme politique, le même athéisme gouvernemental massacre pêle-mêle Juifs et Chrétiens. ,

Sous Nerva, si la fureur des persécuteurs s’arrête ou diminue en Italie, elle n’cn recommence que de plus belle en Orient.

Fidèles des églises où des synagogues, c’est par milliers que les tenants des deux Testaments sont vendus au marché et dispersés aux quatre vents pour combattre dans l’arène comme gladiateurs ou servir de jouet et de pAture aux bêtes fauves dans les jeux publics.

En vain, alors comme autrefois, les Juifs les plus remarquables essayent-ils de gagner la faveur des Nemrod s et d’adoucir leur fureur.

En vain le rabbin Josué, attaché à la cour de Trajan. travaille-t-il de tout son pouvoir en faveur de ses coreligionnaires.

Barcochébas se lève bientôt, et la cruauté des Romains recommence son œuvre d’extermination sous Adrien.

Ce Nemrod naturaliste ne manqua pas d’employer les pierres du temple de Jérusalem à la construction d’un cirque, de mettre des statues de Vénus et d’autres Dieux sur l’emplacement du Saint des Saints et sur le liet» même où Notre Seigneur Jésus-Christ avait été crucifié et mis au tombeau.

Enfin pour bien signifier définitivement que la guerre du Nemrodisme au Monde entier avait pour mobile principal l’cipposition de l’Ionisme au Dorisrae, il lit

mettre sur la porte de Jérusalem qui regardait du côté de Bethléem l’image d’une Traie, antique symbole des Yohijas de Troie, dont la famille de César se réclamait co'mme .origine.

Il se passé sous la direction romaine, à l’égard des Juifs, ce qui' s’est accompli sous les Assyriens, les Persans, les Grecs, et ce qui se renouvellera toujours tôt ou tard, tant que la Constitution des États ne sera pas rectifiée conformément à la Loi synarchique.

L’accession des fonctions publiques et de la plus haute n’étant point soumise aux exigences scientifiques de l’Examen, tout dépendait et tout dépendra constamment de la valeur aléatoire des hommes occupant sans Contrôle le Pouvoir souverain.

Aussi ne faut-il pas se faire illusion, si l’on voit Antonin le Pieux, Marc Aurèle, Sévère, rendre aux Juifs une partie de leurs droits de citoyens romains, les protéger et leur ouvrir de nouveau toutes les charges publiques.

C’est cette sécurité trompeuse dont je tiens à souligner les dangers dans tous les temps; car, après ces princes éclairés, voici venir les Décius, les Valérien, les Dioclétien, et la persécution recommence,

De même, quand le Christianisme va déchoir de sa dignité de Religion Sociale pour devenir un Culte politique soumis à la direction de l’État, le régime qui sera infligé aux Juifs, doit, comme toute conséquence, être ramené par la Science sociale à sa vraie cause : le Nemrodisme,

Il y a trois choses bien distinctes à discerner dans les Origines du Christianisme : son Principe religieux et sa Finalité sociale universelle, la forme qu’il prit dans les milieux intellectuels et moraux qu’il évertua, et enfin

la Constitution semi-cultuelle, semi-politique, qui fiia le mouvement chrétien dans les cadres réguliers de l’empire romain, comme de la poudre dqus une mine.

En ce qui regarde la première chose que j’ai mise' audessus de toute discussion, au point de brûler le Chapitre précédent, le présent livre l’éclaire tellement de toute la Tradition du passé, qu’elle en est universellement définie jusque dans l’avenir le plus lointain des Sociétés de cette Terre.

En ce qui regarde la seconde chose, il y a également deux divisions de questions à y faire : la part de Religion sociale que renfermeront les formes dont les différents milieux intellectuels et moraux revêtiront le Christianisme, et l’adventicité, la relativité plus ou moins temporaire de ces formes elle-mêmes.

Dans la première division rentrent les deux Testaments de Moïse et de Jésus, leur ésotérisme aussi bien que leur exotérisme, leur Promesse, les Pouvoirs spirituels, théurgiques, transmis par Jésus aux Apôtres et par ceux-ci à leurs successeurs.

Je me suis déjà prononcé sur ce sujet qui touche à la Vérité scientifique, absolue, que j’ai partout glorifiée, et que je glorifie ici.

Dans la seconde division rentre ce que l’intellectualilé des différents milieux pénétrés par le Christianisme bii prêta, d’une manière plus ou moins arbitraire, plus ou moins empirique.

Enfin, en ce qui regarde la troisième des choses distinguées plus haut, la Constitution semi-cultuelle, serai- ■ politique qui fixa le mouvement chrétien dans les cadres

dè l’empire romain, il y a à tenir compte de ce qui

Les provinces de l'empire visaient à la décentralisation, l’em^pire romain lui-même à la centralisation sur deux axes’, sur deux centres, Alexandrie, centre académique avec une intelïeetualité d’emprunt, celle de la décadence hellénique et de tout son exotérisme décoré du nom de philosophie, Rome, puis Byzance comme centre politique de la double domination latino-grecque.

Dès le deuxième siècle, se saisissant comme prétexte du quatrième Évangile, l’intellectualité métaphysicienne des philosophes d’Alexandrie enroba et arrêta dans ses formes grecques le mouvement de l’Esprit Vivant du Judéo-Christianisme et de son Programme social.

Justin martyr, Théophile d’Antioche, Irénée, Tertulien. Clément d’Alexandrie, Cypricn, Origène, Denys d’Antioche, Denys de Rome, s(îrvirent cette arrivée pré- maturée à une dogmatique fixe, où le néo-Platonisme et la Version des Septante se substituaient à la Tradition et au texte moïsiaques.

Sous la pression des événements politiques, sous le poids de la nécessité d’un compromis avec la direction romano-byzantine de l’empire, cette dogmatique servit ensuite de prétexte à l’arrêt impérial d'un mouvement social, dorien, qui tendait, consciemment ou non, à la Synarchie universelle.

Dès lors, les Communautés non latines et non grecques purent prévoir que la centralisation de toute la dynamie du mouvement chrétien allait passer à l’état statique sous le Contrôle du Césarisme, avec son assentiment et à son profit, mais aux dépens des Promësses ' sociales de l’Ancien Testament et du Nouveau.

Parmi les nombreux interprètes de ce sentiment plus

OU moins bien formulé furent, à Rome même, PraxéâS', Théodate, Artémon, puis, en Orient, Bérylle, Sabellius, et enfin Paul de Samosate. ’ ’ ;

Au point de vue intellectuel, se défendant contre - l’hellénisme vague par un hellénisme * plus préfeis, quoique également exotérique, ils opposaient généralement Arislote à Platon, les Sciences à la Métaphysique, l’étude et l’interprétation du second et du premier Testaments à l’obéissance passive de la foi, à la dogmatique alexandrine.

Mais, dans son rôle si difficile à jouer vis-à-vis de l’empire, la généralité des évêques ne pouvait pas manquer de tendre au compromis, au concordat pour ainsi dire avec le Nemrodisme, avec son empirisme politique, avec son ionisme social.

C’est pourquoi Paul de Samosate fut écrasé par les épiscopats de Palestine, d’Égyf)te, d’Asie Mineure, par Hélénus de Tarse, par Nicomas d’icônium, par Théotecnos de Gésarée, par les deux frères Grégoire et Athénodore évêques du Pont, malgré la médiation de Denys et de Firmillien de Cappadoce.

Sous cette défaite, il y a autre chose que des querelles de doctrines, sur la validité scientifique desquelles il ne me convient pas de me prononcer ici.

Il y a en jeu Tinfluence décisive du Césarisme romain sur la direction hiérarchique des communautés chrétiennes, au profit du Nemrodisme politique, aux dépens de l’Esprit universel et de la Vie locale, sociale, des provinces chrétiennes, se réclamant de Tüniversalité des Principes et des Fins du Christianisme contre l’Arbitraire de la Domination latino-grecque.

Ainsi fut rompue la chaîne d’union possible entre le

Judaïsme et le Christianisme, dont les Ëbionites, les Nazaréens, les Judéo-Chrétiens du Jourdain, de la Syrie

et de la Bab^lonie, «étaient les anneaux indiqués.

Ën ce qui regarde bien des revendications à venir, déshonorées du nom de schismes, et qui seront impérialement réglées par voie de rejet violent de la part de la direction ecclésiale gréco-latine, leur raison sera inteHectuellement et socialement la même.

C’est toujours l’Etude de la Science que l’on opposera à la Foi commandée, l’Arbitrage à la Domination : Arius, Eunomius, Aétius, Neslorius, etc., etc.

Tpus ces hommes seront des Judéo-Chrétiens de Syrie, s’opposant au Gréco-Latinisme de la Dogmatique fixe et du Concordat, qui aura soumis la direction de l’Église à celle de l’Empire.

Les peuples d’Odin ne manqueront pas de suivre l’Arianisme, et d’y revenir encore un jour par Luther.

C’est pourquoi Constantin, souverain Pontife polythéiste de son Empire, prend la direction de l’Église officielle et de ses Conciles, au point de vue purement politique et à l’encontre des questions plus ou moins intellectuelles et sociales soulevées par Donatus , Arius, etc., etc.

Ces raisons politiques dégagent la Religion chrétienne de toute responsabilité dans les persécutions qui se commettront sous son couvert, à l’égard non seulement des Juifs, mais de tous les Cultes et aussi des Chrétiens qui tenteront, par la suite, de ressusciter l’Esprit d’Examen et, par lui, les conditions de la Science et de la Vérification de la Foi passionnelle par la Certitude intellectuelle.

La Cléricature gréco-latine, je me hâte de le dire, cé- dait, en se rapprochant du Poutoir, à une attraction presque insurmontable.

Il faut être Jésus pour repousser sur la montagne l’Esprit de vertige de la Domination; il faut s’initier aux plus profonds Mystères de la Sagesse et de la Sciencè des choses divines et humaines, pour savoir qu’on perd les conditions de l’Autorité sociale en acquérant celles du Pouvoir politique, et qu’on ne possède ce dernier qu’au prix d’en être possédé.

C’est ce qui arriva au Cléricalisme politique, chrétien, qu’^il ne faut pas confondre avec la Religion chrétienne, ni avec le caractère apostolique et évangélique de ^on Clergé.

Mais, hélas! il en demeura, depuis Constantin, sans Autorité sur le Neinrodisme, sans puissance sur ses Institutions.

Il ne put que le subir pour essayer vainement de le supplanter et le subir encore, sans pouvoir jamais le modifier pour le subordonner, ni même savoir que cela pût et dût être fait par la Science et non par l’Empirisme, par l’Enseignement et non par la Domination, par l’Examen et non par la Force.

C’est là le point important que la plupart des critiques ont pressenti, sans en faire néanmoins le discernement ni le relevé exacts.

C’est également là que git l’Angle d’opposition des deux impérialats cléricaux de Rome et de Byzance, auxquels la dogmatique servira encore de prétexte dans le conflit de deux ethnicités voulant également le Pouvoir et la Domination sur la hiérarchie impériale des Clergés latins et grecs, et, par suite, sur les fidèles conquis ou à conquérir.

Personne n’a raison et personne n’a tort dans de pareilles questions, où ^Agnosticisme engendre fôrcément l’Inconseieùce. • »

Du inoins, le tort ne commence que là où la possession dü Pouvoir tue en germe l’Autorité, en recîiurant à l’in- ,fblérance brutale vis-à-vis des gouvernés, et en n'exer- çant plus d’apostolat enseignant sur les gouvernants.^

<1 Dans toute sphère de manifestation possible, le Centre a raison et la Circonférence n’a pas tort ; mais où est la Loi qui peut seule exprimer et régir leurs rapports? Là est la vraie question à poser et à résoudre j>ar le Diamètre.

C’est justement ce droit du Diamètre complet, réel, à travers toute l’IIniversalité de l’Esprit et de la Vie de, l’Humanité antérieure, ambiante, future, qu’une dogmatique agnostique, hâtive, bâclée sous la pression d’un gouvernement et d’une politique nemrodiques, ne s’est pas mise à même d’admettre scientifiquement, et dut remplacer par une solution empirique toute faite : le Césarisme.

Ce fait n’enlève rien à l’œuvre réellement évangélique, ni même apostolique de la Catéchisation des Clergés, chrétiens sur les individus, et ainsi de l’ünificatioifdes Mœurs de la Chrétienté, mais restreint forcément à ce premier degré primaire l’Enseignement évangélique et ’la Mission apostolique qui, chez les Apôtres, montait, par Jésus et par Moïse, jusqu’au sommet de la Connais-» sance et du Gouvernement Général selon Dieu.

De plus, comme le Monde romano-grec, l’Église enseignante n’ayant plus de degrés différentiels d’Enseignements, aura beau avoir une hiérarchie de pouvoirs ecclésiastiques, parallèle à celle des circonscriptions

a^fflinisUîafciyeB de l’Empire, ces derniers me pourroiit ê|re Judiciinres, soumis à ui^Exécutif-légiféraDl : le

|j(! sorte que leur hiérarchie, n’étâht p^s gradirèe {►ar l’Examen eftlon le degré de Connaissance, n’aüi» qumn cai^tère disciplinaire, d’essence impériale, empïriqm^ nullement théodoxique, ni théocratique.

-L’Égilise militante, dans sa totalité, autrement dit l’Étatr Socjal chrétien, demeurera donc un. itnmeiise . Forum des Ames, un tiers Ordre colossal, catéchisé et purifié quant aux individus, non réédifié quant aux institutions collectives, organiques, toujours ioniennes et ‘ . empiriqdes, ni quant à son Gouvernement Général, touj V jours naturaliste et nemrodique, toujours subordonpiM i’Ordre judiciaire à l’Exécutif, l’Ordre enseignant et Son ^utprité au Pouvoir politique.

«.♦Dans de telles conditions, l’Anarchie des gouvernants est aussi inévitable que celle des gouvernés : Diarchie des clérieatures gréco-latines, diarchie des empires d’Orient et d’Occident, antagonisme de la cléricature et de l’empire d’Occident, révolution féodale, érection des dynasties féodales à l’encontre de l’une et de l’autre, déchirement de l’impérialat clérical d’Occident en autant d’églises n^onales à têtes purement politiques, Gouvernement Général purement anarchique depuis 1648, révolution .universelle des gouvernés depuis 1793.

y J’ai fait complètement cette histoire du GouverilÊilient Général de la Chrétienté dans la Mmion des Souverains. t J|è^:ai plus à m’occuper ici que de la Mission des Juifs â partir de la Dispersion.

Son caractère sera précisément le contraire du Césarisme de Rome et de Byzance; il sera éminemment gnoslique en ce quj regarde l’Esprit, libérateur en ce qui a

trait h la Vie^ la Chrétienté,, et, faitliiMi remarqaable, l’action influenünlle €es TalmudilÉs'^ét des Kabba*: listes sur l’Evjrope lie commencera qilb, lorsque l^Ciiité n^prale et rÇiiseighement primaire des jpeuples de ce Codtineat' auront été asSuiés par le double empîre ecclé- smstique dé Home et de Byzance, et lorsi|u’un Eaeei-' gnement secondaire redeviendra nécessaire

11 n’y aura pas de hasard dans celte action solidaire da Moïse et de Jésus-Christ, à travers leurs tenants 'nominaux et vers leurs Finalités réelles.

^us la Morale évangélique, vérifiée par le réveil de toutes les autres Facultés enseignantes, tendra à se convertir en 'Esprit Vivant et en Opinion publique, plus te sort des Juifs et des Chrétiens gouvernés sera allégé

Mais nous sommes loin de ce moment, et il faudra bien des siècles pour y arriver.

Aussi, ne peut-ou pas comparer la Captivité de Babyloné avec les malheurs de la dispersion, car ces derniers grandiront dans une mesure aussi effrayante que, % tèraps de FExil.

^^;^râce au mol d’ordre qu’ils portent inconsciemment,'* les Juifs sont dans l’Histoire du Gouvernement Général du Monde*^ ce que le baromètre est dans l’Atmosphère.

Leur accablement est l’indication certaine de l’Agnosticisme, de l’Empirisme et du Nemrodisflîe dirigeants, et il présage le même sort., à tous les gouvernés,

C’est pourquoi on ne doit pas-4tre surprix de voir, à partir de Constantin et surtout de Théodose, les Conciles provinciaux s’engager peu à peu dans la* voie de l’întp* lérance bi^utale propre aux tiers^Ordres, agnostiques et

anafchisles de fous ks temps : k pressio# nemrodiciue augmente. ’ ^

Là, encore, restait le recours au fiouverneratfnt Géné- ral, empereurs d’abord, papes ensuite.

' lÉis la Aême origine élective et politique amène^a forcément le même jeü de hasard.

Plus l’Eippereur et plus le Pape seront instruits, plus les, Juifs trouveront d’appui et de sécurité momentanés.

ISÏais, comme l’instruction n’est nullement la coaditii^ fondamentale du Pouvoir suprême non seulement dans l’Empire, mais dans l’Eglise cléricale, moulée sur la hiérarchie de ses cadres, ce ne sera qu’une heurçuse >- chance, si les Juifs l’y rencontrent.

Aussi, après la tolérance de Julien, vient l’inlolcrance de Jovien ; après la bienveillance de Valence et de Maxime, vfèht-la malveillance de Valentinien et de Théodose.

On chasse de la légalité les Juifs, pour les soumettre au régime du bon plaisir.

On les exclut des charges publiques; on leur interdit

bâtir des Synagogues. .

Monorius ajoute à ces iniquités l’exclusipn de tout emploi public, financier ou militaire.

" .Valentinien lll essaie, par tous les moyens possibles, 'de les Convertir, et l’on sait ce que cela veut dire dans de pareilles conditions politiques.

Toutes ces iniquités nemrodiques passeront peu à peu d*Orient en Occident, à mesure que les divisions de l’ancienne Société néo-celtique d’Odin quitteront l’Arianîl'me pour le Culte officiel de l’Empire romain, qu’il ne faut pas plus confondre avec la Religion catholique, que la‘'Papauté gouvernementale avec le souverain Pputi- ücat: '

En Italie, les rois golhs, ariens, furent tolérants, el

s’inJl^uposèrent «atre les Juifs* et le Césarisme agnostique des cléricalures de Rome, de Ravenne, de Gênes, de Milan J ^théodoric. ■' ■'

Même* tolérance en Gaule et en Espagne non seulement de*la;PaHî4eis conquérants ariens, &is aussi du clergé, tant que la centralisation romano-impériale des pouvoirs locaux ne s’y fit pas trop sentir.

Les populations christianisées demandent aussi bien JU* bénédiction des produits de la terre au rabbin qu’au cnré^j'

4-es évêques mêmes vont parfois , célébrer Ja Pâ^ue

îf&ltfî de Clermont, Sidoine Apollinaire, homme insli*uit et par conséquent tolérant, leur montre une bienveillance très grande. (Boissi, Dissert., t. II, p. 2')^ fj’ivêque d’Arles agit de même, et les communautés hébraïques pleurent sa mort, et suivent, avec les Chré- tiens, son convoi funèbre en chantant des liymnes sa- À'ées- {Ibid, ibid.)

Ces faits se passent à la fin du cinquième siècle, et ils «aputrënt quel était le sentiment évangélique des Églises provinciales.

C’était le Christianisme qui tendait ainsi à s’évoluer; c’était le Catholicisme intellectuel, l’Orthodoxie morale, qui, fidèles à la doctrine de Moïse et de Jésus, marchaient à leur Loi sociale, à la Synarchîe, et auraient forcément conduit à une fusion le Mosaïsme ouvert et le Mosaïsme fermé, le Judaïsme et l’Israélitisme messianique des Chrétiens.

. En Espagne, même remarque à faire à propos non seulement de l’église laïque, mais du clergé, jusqu’à Constantin. , „ ,, <

Le premier Concile d’Elvire, qui comptait pourtant près d’une vingtaine d’évêque» et’ d’une *quarantâine de presbeutes, ne touche aucunennyit à réalité civHê, , à la liberté religieûi^ ni à la fraternité des' p^ulalians judéo-chrétiennes. • ^ .

Les choses changent d’aspect à l’arrivée d’Osius, évêque de Cordoue, ami des théologiens courtisans de Constantin.

Aussi le Concile d’Elvire, celui de 320, souffla vis-à-vis dès Juif^’inégalité, l’asservissement, la haine.

%es Yisigoths ariens, antilatins, enrayèrent celte tendance pendant plus d’un siècle dans toute l’étendué de leul’empire jusqu’en Afrique.

Mais dès que, avec Recarred, ils quittèrent l’ariai^^sine pour se soumettre à la direction impériale de l’Église, les exclusions prononcées jadis par le Nemrodisme laïque de Rome et de Byzance contre les Juifs recommencèreiy|j pour ne plus s’arrêter ; 589, Concile de Tolède.

Cela signifie-t-il que la doctrine arienne est plus ypie^ que la catholique?

Pas le moins du monde, mais qu’elle est l”cxprcsslon politique de la décentralisation européenne, asiatique ou africaine, s’opposant à la centralisation latinogrecque des anciens Césars romano-byzantins. ^

Je n’indique ces faits que pour montrer leur véritable caractère qui est celui d’une domination politique, ethnique et césarienne, se poursuivant dans la direction de l’Église cléricale, à son insu.

Dès lors, recommença pour les Juifs et aussi pour les gouvernés chrétiens, quoique avec des conséquences un peu moins dures à ces derniers, l’aléa du plus ou moins de tolérance individuelle des souverains.

Ai’Orient, Hcraclius, à l’Occident Sisebut se signalèrent par un égal despotisme : le baptême ou l’exil, à rOuest; la conversion ou la mort, à l’Est.

Quelques évêques sentirent plusou moins nettement qp’on glissait sur une pente peu religieuse : Isidore de

Mais en 655, au Concile de Tolède présidé parce prince de l’Église, si remarquable pourtant, on n’en renouvela pai^. moins à l’égard des Juifs les lois iniques de Recartêd.

Pendant ce temps, le rayon abramide et moïsiaque décrivait avec Mohammed l’autre hémisphère de son Cycfé, et les communautés juives de toute la Terre allaient retrouver en Babylonie l’organisme central dont j’ai parlé.

Les Juifs secondèrent vaillamment leurs allies mahométans dans la conquête de l’Espagne : Kaula-al-Yeboudi, général juif sous Tarik, puis révolté contre xVlhorr et mis à mort.

Cette prise d’armes contre l’Islam en Espagne coïncidait en Orient avec celle des anli -Talmudistes ou Karaïtes, sous Serene, puis sous Âbou-Isa.

' Leur successeur, neveu de l’exilarque Salomon, faillit faire triompher ce, mouvement antirabbanite à la mort de son oncle : 762.

Les deux Gaonim des académies talmudistes de Soura et Poumbadita l’empêchèrent d’arriver à la royauté de l’exil, et, suivi de ses partisans, il alla bâtir un temple à Jérusalem.

Il fut le véritable rénovateur du Earaïsme, transformation lui-même de l’ancien Israélitisme des Samaritains, n’admettant que l’Écriture (mikra), dans son texte original, sans la Tradition esdraïque, que Maimonide lui-même déckrera étrangère à l’ancieipaè'

Je dirai plus tard quelques mots sur certaine^ affiliations des Unitaires actuels de l’Orient, qui datent de la môme époque et se rallachenl àj’antique fraternité ésotérique.

Jusqu’au onzième siècle, la direction des communautés talmudistes demeura au Gaonat de l’Irak, puis* elle passa aux académies d’Espagne, et ce fut alors que commença véritablement leur rôle de médiatrices eqitre la Science orientale et l’Europe chrétienne.

Il est à remarquer que la décadence des Académies de Soura, de Nahardea et de Poumbadila coïncide avec celle du Khalifat de Bagdad et de ses Universités.

Iæ solidarité des Juifs avec les États Sociaux déterminés par le mouvement des Âbramides et de Moïse a cependant ce caractère différent dans l’Islam et dans la Chrétienté que, libérés par l’un, ils vont être libé- rateurs de l’autre.

Ce furent en effet les Universités arabes de Bagdad, de Bassorab, de Samarcande, de Damas, du Caire, de Kairouan, de Fez, de Grenade, de Gordoue qui stimulè- rent les Lettrés juifs de l’Irak à l’Espagne.

Tout le monde a dans la mémoire les noms arabes d’Al-Kendi, d’Al-Farabi, d’AI-Gazali, d’Ibn-Sîna, d’Ibn- Badja, d’Ibn-Tofaïl, d'Ibn-Roschd, qui représentent l’élite de la scolastique musulmane du neuvième au douzième ' siècle.

Du onzième au quatorzième siècle, l’Europe reçut d’eux ce premier ébranlement intellectuel par l’intermédiaire des Savants juifs, Ibn-Gebirol, Maïfnonide, Lévi-ben-Gerson de Bagnols, Moïse-ben-Josué de Narbonne et mille autres.

Mais ce quï est plus important «encore que cette ba-

taille autour des livres d’Aristote et de Platon, c’est le yévdîl de l’esprit scientifique.

Débriig de la troisième hiérarchie des connaissances des anciens Ordres syriens, égyptiens, persans, indiens, ainsi que des*au leurs grecs traduits par les lettrés juifs ou nesloriens de Palestine et de Syrie, un corps de sciences exotériques se formait dès le huitième siècle dans les académies arabes de Bagdad et de Ray.

Mathématiques, physique, chimie, astronomie, mécanique, anatomie, physiologie, médecine, presque toutes les Facultés enseignantes en plein développement aujourd’hui; avaient, au huitième et au neuvième siècles, des chaînes et des professeurs remarquables : Geber, Rhasès, Aben-Guefith, Masoudi, Edrisi, etc., etc.

C’était tout un enseignement secondaire qui émergeait des ruines des antiques Universités sacerdotales, presque anéanties par les quatre empires iiemrodiques du passé.

De plus, un Enseignement acroamatique, obscur dans ses manifestations, mais assez lumineux en dedans, renaissait de différentes sources d’ésotérisme, les unes persanes, les autres syriennes, juives ou indo-arabes. 'iBn ce qui regarde les Juifs, ils possédaient dans le Sepher ietzirah, dans le Zohar et dans la Merkaba un écho plus ou moins net de l’ancienne Kabbale antiesdraïque, mais suffisant néanmoins pour conduire à de belles découvertes, si l’intelligence est assez scientifiqueiîient informée du plan du dédale : voir la Kabbale, par M. Ad. Franck, de l’Institut.

C’est ainsi que, dix siècles avant Newton, Galilée et Harvey, le savant juif pouvait, s’il le voulait, connaître l’attraction universelle, la gravitation terrestre, l’anatomie non seulement du système sanguin, mais de tout l’appareil n^B^^lt'éérébro-spiual. * •

Car tout cela se trouve avec bien d’autres choses encore dans les Livres que je viens de citer, et qui ne sont eux-mêmes qu’un souvenir confus, souveal altéré , du sens ésotérique des œuvres de Moïse.’

Bientôt ces deux degrés d’enseignement sccondaire'et supérieur se constitueront vaguement en Europe comme en Asie et en Afrique.

Après l’Espagne, ce sera la France méridionale, puis ritalie, l’Allemagne, l’Angleterre, la Hollande, qui recevront par l’intermédiaire des Lettrés et des Savantsjuifs, les traductions et les commentaires des Livres arabes ou rabbiniques.

Ce sont les médecins juifs surtout, véritables enevelopédistes pour la plupart qui, de Roger Bacon à Pic de la Mirandole, donneront l’impulsion à l’esprit scientifique chez les Chrétiens les plus éclairés.

Les écoles de Montpellier, de Salerne, les académies dé Padoue, de Gênes, de Naples, d’Amalfi, de Bénévent, d’Ascoli seront fondées par des Juifs.

De même, la propagation de la découverte de l’imprimerie sera faite par des Juifs, eu Portugal et en Italie ; les Gerson, les Soncini, les Bomberg, les Abraham üsqué, etc., etc.

La belle aurore de la civilisation qui s’ouvrira au midi de la France et qui ressuscitera des cendres des bûchers pour devenir en Italie le lever de Soleil de la Renaissânee sera l’œuvre des Savants et des Lettrés juifs. ^

Ils ne créeront pas la vie, ils la transmettront, êt cela suffit pour que leur mission soit bien remplie.

Depuis Ferragus, traducteur d’Aben Gesta, et médecin de Charlemagne, jusqu’à Nostradamus avec ses grimoires Kaldéeins, jusqu’à Montalte, médecin de Marie de Mé- dicis, jusqu’à Samuel Bernard^, le, Rothschild de la

cour de Louis XIV, sous des formes différentes, ici sous l’armure du chevalier, là sous le froc du moine, plus loin, dans la; tour d’un donjon, au milieu des cornues et de§ alambics, partout comme fraternité de peuple à peuple, ils seront forcément, des semeurs d’idées et de sentiments gros 'd’avenir.

. Ainsi les oiseaux voyageurs repeuplent les ruines de toute une vie végétale, empruntée à des forêts lointaines.

Le réveil de l’Esprit diffus dans la Chrétienté eut trois étapes, du néo-platonicisme de Jean Scott Érigéne à la Réforme, en passant par une réédition chrétienne de la scolastique juive et arabe ; de la Réforme à l’Encyclopédie.et à la Révolution française; de celle-ci à nos jours.

Dans la première étape, ce sont les écrits d’Ibn- Gebirol et de Maimonide qui éveillentlesGuillaumed’Auvergne, les Albert le Grand, les Thomas d’Aquin, les ‘Duns Scot, etc., etc.

L’instruction secondaire et même, par la Kabbale, un petit rayon d’instruction supérieure se fait jour dans Tagnosticismc primaire de la cléricature et de certains Ordres de chevalerie.

Là encore, comme autrefois à Alexandrie, on suivra les erremenlsdes Pères Conscrits, on légiférera, on décré- tera, on dogmatisera avant l’heure, pour gouverner plus despotiquement que jamais l’Esprit qui ouvre ses ailes ^ par suite la Vie qu’il veut libérer.

Toujours subordonnée sans le savoir à son organisme impérial, la Papauté croira faire œuvre de Souverain Pontificat dans la Chrétienté, en signifiant violemment, comme dit Béranger :

défense à Dieu

. D^;faire^, miracle en ce lieu.

L’émancipation n’en sera qae plus for le, et cette fois* ce ne sera plus le sage de»ideratum des Conciles dé Constance et de Bâle qui en sortira, mais la Réforme.

Beau nom, mais est-ce bien réformer un État Social que d’y soumettre partout l’Église à l’État, l’Autorité au Pouvoir, et de n’avoir même plus fombre d’un Arbitre au-dessus d’une république d’États et de Pouvoirs rivaux ?

C’est retourner à l’Ânarcbic féodale de la Grèce et, à la légalité du Gouvernement Général de l’Anti-Dieu et de l’Anti-Christ, au Nemrodisme démasqué.

C’est pourquoi j’ai qualifié la Réforme du nom d’étape : il y a encore loin de là au Règne de Dieu et du Christ Glorieux.

Dans ce relai de poste, ce furent encore des Juifs qui sellèrent les chevaux, que les coups du double empire de Rome et de Madrid firent partir à fond de train, mais pas du côté que l’on voulait.

Reuchlin, qui ouvrit les barrières sur le terrain purement universitaire, le vrai, était un adepte des Kabbalistes et des uéo-Pythagoriciens : de Verbo mij-ifico, Bâle, 1494; de Ârte Cabbalistica , Ilaguenau, 1517.

Luther, Calvin, Mélanchton, Zwingle, Conrad rabbinisaient à qui mieux mieux, tout en sc montrant plus ou moins hostiles au Judaïsme.

Ainsi, chose curieuse, c’étaient des Talmudistes juifs que procédaient les Karaïles chrétiens, et leur retour à l’étude des Testaments, à l’encontre du Talmudisme théologique des Pères et des Conciles gréco-romains.

A ce propos, il y a deux dogmes de Luther qui ne sont pas sans intéx6t. , .

L’un dit : Tout hoinmè doué d’un jugement sain est interprète né de l’Écriture.

É’autre : Ije texte hébreu seul fait foi.

ÎJonC'le jugement sain ne suffit pas : il faut encore la Connaissance du texte hébreu et de son triple sens.

• Or, la Connaissance de l’Hermétisme des Livres de Moïse et même des Prophètes est-elle possible, d’une part sans la Tradition ante-esdraïque, d’autre part sans la, vérification de la Vérité du sens des textes égjptiens de Moïse, par toutes les Facultés enseignantes qu’inté- ressent et sa cosmogonie et sa constitution sociale? Évidemment non. Donc le cléricalisme protestant n’est qu’une étape devant aboutir, comme toutes les pédagogies cultuelles, épiscopales ou presbytériennes, à prendre rang, à sa place, dans une Assemblée universitaire, nationale au dedans de chaque pays, universelle au-dessus de tous.

Leibnitz marcha vers cette solution d’une manière ‘plus ou moins consciente quant au sentiment, mais erronée quant à l’intelligence, en essayant de jeter un pont métaphysique entre les églises.

C’était reprendre l’œuvre dogmatique des Alexandrins, là où il ne s’agit que d’Architecture sociale, précise, et nullement d’idéologie.

C’est l’Autorité des Corps enseignants qu’il faut rétablir, et, pour y arriver, c’est l’Organe même qu’il faut redresser dans sa totalité, à son rang de premier Pouvoir social.

,, Quant à ce qu’il formulera, c’est son affaire : l’on ne doit pas légiférer pour lui, pas plus une théodicée qu’une théorie des atomes.

On doit créer le cadre du Pouvoir social de la totalité de toutes les Facultés enseignantes sans exception, cha- . cune avec sa voix. ^

Puis, il faut laisser la Yie sa définir librement dans' cet Organe, en formulant elle-même son Esprit synthétique, et en le résumant périodiquement comme *un

Malgré sa méprise do rouvrir la porte au' dogmatisme d’une seule faculté enseignante, Leibnitz lî’cn reste pas moins une pure et puissante intelligence échauffée de. tous les sentiments généreux.

Comme Ueuclilin, ce fut encore à un centre de Kabbalistes et de Pythagoriciens qu’il dut l’orieiUalion de son mouvement intellectuel.

Fonlenelle relate, en effet, qu’il reçut, à Nuremberg, une initiation qui modilia profondément ses idées.

Avant Leibnitz, les savants talmudisles ne furent pas sans influence sur Descartes pendant son séjour en Hollande, ni la Kabbale sur Spinosa.

A cette époque, la Chrélienlé avait depuis longtemps reçu sa commotion spirituelle et vitale de la fraternité universelle des Savants juifs et chrétiens, non des plus connus, mais surtout des obscurs, adonnés à la recherche de l’antique Sagesse.

Or, en Europe et dans l’atmosphère chrétienne, l’Esprit se fait Yie rapidement.

Aussi, sous les faits apparents, il s’en passait de latents, dont les historiens ne tiennent pas compte, et qui sont pourtant les mobiles des premiers.

Depuis le commencement du treizième siècle, la direction générale de la Chrétienté solidarisait contre elle les intérêts des gouvernés. •'

L’Inquisition caractérise d’un mot le Régime gouvernemental et le malaise qui en résulta pour l’Esprit et pour la Yie publics jusqu’à Luther.

Les croisades contFe.Jfô Orientaux avaient tué plusieurs millions de Chrétiens, et servi de prétexte à l’égorgement et à la sl)oliation dè près d’un demi-milli6n de, Juifs.

•Lès croisades contre la Chrétienté ne furent pas moins meurtrières 'pour les Chrétiens et les Juifs à la fois.

. Tous, emportés sur le même navire au même but, en subissaient la direction agnostique.

, Les seuls centres chrétiens de réflexion et d’étude, où l’on s’occupât scientifiquement de la réforme de cette dernière, étaient : l’Ordre des Templiers et celui des Architectes pythagoriciens et kabbalistes, qui constituaient la Maçonnerie primitive et donnèrent naissance au style gothique.

Tous deux se ramifiaient à travers la Chrétienté jusque dans l’Orient musulman.

Tous deux, contraires aux gouvernements empiriques, avaient pour but le rétablissement de la Synarchie, et voulaient s’appuyer sur le souverain Pontifical, en le délivrant des errements de l’ancien Césarisme romain pour le placer à la tète de toutes les réformes.

Le Programme social de l’un et de l’autre concordait, et les trois grades symboliques le disent assez clairement, sans qu’il soit nécessaire d’être ici plus explicite qu’eux.

Jusqu’en 1172, les grades des Templiers primitifs étaient : Chevalier, Écuyer, Frère lai, et rappelaient les trois degrés, ou Triumvirat de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem fondé par des commerçants judéo-chrétiens d’Amalfî.

L’anéantissement de l’Ordre du Temple ne fut que nominalement l’œuvre de Clément V, réellement elle fut

conçue et exécutée par Philippe. le Bel, qui créa ce pape" (Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux), sous certaines conditions, doht l’une était celle qui nous occupe ici.

Le but de Philippe le Bel fut double ; gôuvernemwit personnel, argent.

Ses agents, poussés par lui dans l’Ordre même pour, le décrier, furent Gérard Habé et Benoit Montluc.

Leur séparation éclatante du Temple fut le preniiçr acte de la tragédie, 1505.

Pour fermer à jamais la bouche de ses agents, le roi les fit supplicier; puis, l’arrestation des Templiers commença dans toute la France, le 13 octobre 1307.

Le 22 mars 1512, la bulle de Clément V, qui devait atteindre l’Ordre dans toute l’Europe, fut rédigée eu consistoire secret, à Vienne, en Dauphiné, sous la pression de Philippe le Bel.

Le 11 mars 1514, après sept ans de fers, Jacques Molay, Guy, Péralde et Menoncourt furent brûlés vifs.

Voici la dernière prière de Jacques Molay : « Sei- « gneur, permets-nous de rélléchir sur les tourments « que l’iniquité et la cruauté nous fout endurer; par- « donne, ô mon Dieu, les calomnies qui onf amené la « destruction de l’Ordre dont Ta Providence m’avait « établi le chef; permets qu’un jour le Monde détrompé « connaisse mieux ceux qui s’efforçaient de vivre pour « Toi.

« Nous espérons de Ta Bonté la récompense des tourci menls et de la mort que nous souffrons, pour jouir de « Ta Divine Présence dans le séjour des Bienheureux. »

Voici l’adresse du Grand-Maître à la foule; l’exactitude des prédictions montre que les sciences de l’antique Israël n’étaient point totalement perdues :

« Vous qui ijous voyez prêts à périr dans les flammes,

« VOUS jugerez de ' notre innocence. Je somme le pape « Clément V dans quarante jours, Philippe le Bel dans « ün an, à« comparaître devant le légitime et terrible '«•Trônp de Dieu, pour l’cndre compte du sang qu’ils ont « . injustement et méchamment versé ! »

, Les débris de l’Ordre furent, dans la haute société européenne, ce que les Juifs étaient, depuis la dispersion, dites agents puissants de civilisation et de progrès.

Comme l’affiliation des Hermétistes Judéo-Chrétiens, ils coopérèrent activement à la libération de l’Esprit général et de la Vie publique.

Je montrerai plus loin comment on essaya de relier la 'tradition de l’Ordre du Temple à celle de la Maçonnerie : le trait d’union fut Fénelon, l’évéque de Cambrai.

L’ancienne Maçonnerie architecturale avait aussi trois Ordres symboliques : Apprentis, Compagnons, Maîtres, et elle unissait par une triple chaîne de solidarité les Corps de Métiers, d’Arls et de Sciences, sous le sceau de l’Initiation, depuis le quatrième siècle.

C’est à cette affiliation, dont Anlhèmes de ïralles et Isidore de Milet furent les rénovateurs, que les différents genres d’architecture de la Chrétienté et de l’Islam doivent leur origine.

Et si ces types varièrent suivant les temps et les milieux, c’est que les Savants pythagoriciens qui les, dessinèrent, employèrent la Morphologie qualitative, conformément à la Symbolique des Nombres et des Formes aujourd’hui perdue.

En 1648, pendant que se signait le traité de Westphalie, Ashmole transformait en Angleterre l’ancienne "Universalité maçonnique, et instituait, à proprement parler, la Maçonnerie moderne, avec le but, cette fois.

de remuer et d’unir, d’un bout de la Terre à l’autre, non des pierres, mais des hommes, .et de réédifier, non les temples matériels, mais les Institutions humaines. , •

Telle était du moins la fin que se proposaient, derrière Ashmole, les Kabbalistes judéo-chrétiens anpnymes, désignés sous le nom de Supérieurs inconnus.

La Symbolique d’Ashmolc fut hébraïque quant aux hiérogrammes, ternaire quant aux grades, ternie encore, comme les trois couronnes de la tiare des Papes, quant au Signe universel, le Triangle des trois Ordres antiques avec le Schéma divin au milieu.

En 1717, les trois rituels d’Ashmolc étaient rédigés, la grande Loge de Londres était fondée, et datait ses aotes de l’an 5717 de la création du Monde, selon les Cycles égyptiens et hiérogrammatiques de Moïse, qu’il faut envisager comme ceux de la Malia-Youg et de la Kalpa.

Malheureusement, en 1720, on brûlait les archives de la Maçonnerie architecturale : ce fait est extrêmement regrettable au point de vue de la solidarité des temps et des classes.

Tout le Socialisme, bien nommé, quand il désigne la solidarité des ouvriers entre eux, mais qu’on devrait appeler l’anti-Socialisme quand, à l’instigation des politiciens, il oppose le travail des mains à tous les autres, et vise à s’emparer de l’État pour gouverner à son profit les Sociétés modernes, tout le Socialisme, dis-je, ne doit sa direction séparatiste, depuis plus d’un demi-siècle, qu’à la méprise, heureusement réparable, d’Ashmole.

Ashmole, et plus tardRamsay, ont certainement eu un but louable, et leur œuvre a été utile à la Civilisation à bien des points de vue.

Mais ils ont eu plus de souci de l’Empirisme politique

que de la Sciquee sociale, et bien .que la Synarchie fût

dans tous les Symboles 'qui leur ont été commis par les Kabbalistes, ils les opt jusqu’à ce jour laissés, à ce point de vue, à l’état de lettre morte.

Or c’est tou} justement dans cet Ordre social, trinitaire, que se trouve la Loi d’Alliance universelle que les Abraniides, Moïse, Jésus-Christ et les Hermélistes Judéo-Chré- tiens ont eu pour type, ces derniers principalement, à partir de l’an 1480.

'C’est en effet de ce moment que date la découverte du tombeau d’Adoniram à Sagunte, et de son inscription en caractères hébreux (Villalpand, t. II, p. 644).

Quoi qu’il en soit, un puissant instrument de réforme et de fraternité judéo-chrétiennes était remis à neuf, bien qu’incomplet, quant à ce qui regarde la Loi organique des Sociétés et la Science dont les Supérieurs inconnus ne donnèrent que des hiérogramines.

Il suffit d’examiner attentivement la Maçonnerie dans les livresque tout le monde peut se procurer à n’importe quelle bibliothèque, pour voir cependant l’indication très nette d’un Ordre social, trinitaire, dans tous les Symboles fondamentaux.

Je tiens à faire ici cette remarque nécessaire, en ajoutant que le salut de l’Europe entière est partout dans la soumission de la Politique au rétablissement de cette Loi du Règne de Dieu conservée par la Tradition et dé- montrée en plein Soleil par les Sciences historiques et sociales, comme je le fais dans le 'présent volume.

fi’est pour ce motif que toutes les affiliations savantes, depuis les débris de celle de Rosenkreuz, jusqu’aux 'Académies fondées autrefois par les deux Yan Helmont, par Paracelse, par J.-B. Porta, etc., etc., les épaves de l’Ordre du Temple, les centres d’étude, qui sous mille noms et sous mille formes, tentaient de gref-

fer de nouveau l’Arbre de la Coc naissance sur celui de la ’ Vie, prêtèrent immédiatement leur concours à l'œuvre d’Âshmole.

En 1728, Ramsay, né à Ayr, en Ecosse, fit, au point de vue catholique, ce qu’Aslimole avait fait'au point de vue judéo-chrétien, protestant; il fonda son rite à troisgrades.

De même qu’il y a des Kabbalistes derrière Ashmole, il y a derrière Ramsay, la tradition plus ou moins directe des Templiers, dans Fénelon et dans l’abbé Terrasson.

Si l’Histoire positive ne le prouvait pas, le Livre de Ramsay, Cyrus rapproché du Télémaque et du Séthos, le prouverait suffisamment.

Du reste, ce fut après sa conversion par Fénelon que Ramsay devint précepteur du prince de Turenne.

Voici maintenant quelques dates intéressantes.

En 1721, 15 octobre, la loge de l’Amitié et de la Fraternité est fondée à Dunkerque sous la présidence du duc de Montaigu.

En 1729, il y a trois loges à Paris, puis quatre qui s’unissent en 1736 sous le grand Maître comte d’Harnouesler, en l’absence de lord Derwent-Waters : Ramsay était présent comme orateur.

lande, — 1730, la Hollande, — 1756, l’Allemagne, — 1757, Hambourg, — 1739, la Silésie, maçonnerie évangélique des frères Moraves, — 1738, grande Ma’itrisft du duc d’Antin à Paris, — 1743, celle du comte de Clermont, — 1742, la Stricte Observance en Allemagir^,; voilà quelques-uns des premiers jalons de l’édifice ma- çQnnique«

En voici quelques autres : 1756, Maçonnerie catholique

' ëe Bohême, initiation .dti maréchal de lîicfaelieu,* — 1747, chapitre primordial des Rose-croix jacobites d’Alrras, dont de Lagneau et Robespierre, le père du Conventionnel, — 1754, rite des Élus Gohens de Martinéz Paschalis, — 1743, rite des Martinistes du marquis de Saint-Martin.

. Quelques-uns de ces noms et de ceux qui vont suivre indiquent quel empressement les Ihéosophes et les s§vanfshermétistes apportèrent à servir une cquse, qu’ils croyaient sociale, et que malheureusement, comme toujours, la Politique va faire dévier, faute d’un plan de réformes scientifiques et non empiriques.

En effet, voici encore des noms qui n’ont point besoin de commentaires; 1766, illuminisme de Weishaupt, du comte de Saint-Germain, de Cazote, de Schrœpffer, — 1 767 , lesFrères Africains, autorisés par Frédéric le Grand, enrichis de précieux documents par le prince Lichtenstein de Vienne, — 1768, rite des Illuminés d’Avignon fondé par le révérend Père bénédictin Pernety, alchimiste et hermétisie, — 1769, loge des Neuf Sœurs, Lalande, Helvétius, Court de Gebeliu, Franklin, Voltaire, etc. — 1771, remplacement du duc de Clermont par le duc de Chartres, — 1772, nationalisation de la Maçonnerie, à- Paris, sous le nom de Grand Orient de France, avec le duc de Chartres comme grand Maître et le duc de Luxembourg comme Administrateur général.

Je ne veux pas multiplier outre mesure ces citations, et je me bornerai aux suivantes : 1773, rite desPhilalèthes. Court de Gébelin, vicomte de Tavannes, prince de Hesse, — 1774, Grand Orient des Pays-Bas,’duc deBouillon grand Maître, prince de Guéménée, duc de Rohan, duc de Montbazon, — 1782, à Lyon, les chevaliers bieiifaisants,dits chevaliers du Christ, du Temple de Salomon,

du Skint Sépulcre, avec le duc de Brunswick pour grancî Maître, etc., etc.

Où va-t-on? Depuis le premier jusqu’au dprnicfr, sauf quelques savants Irès rares, personne n’eùt certainement été capable de le dire.

Comme Société de secours mutuels entre individus, la' Maçonnerie restera claire, comme gouvernée par la Politique empirique et naturaliste des États, non. •

Pourtant une immense poussée de libération entraînait vaguement toutes les intelligences et tous les cœurs généreux.

De quoi n’eût pas été capable une pareille impulsion, si la Politique ne s’en était pas mêlée, et si, non à huis clos, mais à Ciel ouvert, on eût arboré le Programme de la Synarchie sociale et de la Loi du Règne de Dieu!

Quoi qu’il en soit, dès la seconde moitié du dix-huitième siècle, on cesse de s’entendre, et la direction politique de chaque pays tire à soi.

C’est pourquoi les Sages inconnus, qui étaient derrière Âshmole et Ramsay,' disparaissent et avec eyx le Plan du grand Architecte : ne pouvant rien empêcher, ils ne veulent, devant Dieu, prendre aucune responsabilité de ce qui devait advenir.

Dès le Convent des Gaules, tenu à Lyon en 1778, on cherche en vain les Supérieurs inconnus, et l’on rit quand le duc de Brunswick se vante de les avoir dans sa poche.

Certes, de grands progrès vont s’effectuer, mais la Loi nemrodique, démasquée dans le Gouvernement Général de la Chrétienté, depuis le traité de 1648, ne sera même pas mise en qvjestion. ^

Les iiCttrés, les Savants naturalistes et autres,* les membres des différents cultes chrétiens, les souverains, .tout l’état-iôajor de la Société Européenne, appartenant à toutes des branches de la Maçonnerie devenue partout nationale, passeront à côté de son but universel, identique au Programme social du Mosaïsme, du Christia- ■ nisme et avant eux de tous les Temples de l’Agneau où se conservait la Loi du Bélier.

• Aussi, malgré tous les progrès ultérieurs dons chaque nation, leur ensemble sera de plus en plus précipité vers la banqueroute, vers la révolution sociale, par la guerre qui demeurera de plus en plus, avec la ruse diplomatique, la Loi publique de la folie, de l’iniquité, de la ruine dans l’Europe chrétienne comme autrefois dans l’Asie d’Irshou.

Il en résultera ce qui suit : le groupement du plus grand nombre, représentant le Mal économique subi, et, visant comme à Rome à s’opposer au Mal voulu.

A l’Empirisme laïque des classes dirigeantes, celui des travailleurs manuels visera à se substituer, comme les premières se sont substituées à l’Empire clérical.

L’État, voilà quel sera encore le but illusoire des politiciens socialistes, quitte à aboutira la même impuissance finale qu’à Rome.

Dans la légalité de l’Anarchie armée du Gouvernement Général de l’Europe, tel qu’il existe depuis le traité de Weslphalie, je ne vois pas ce qu’on peut opposer, en droit, à la poussée des majorités numériques, voulant partout se saisir du gouvernement des nations.

Les politiciens socialistes ne font pas mystère de ce but, ceux des classes dirigeantes de leurs craintes et de leur volonté d’opposer la force à la force.

Quant à moi, je ne suis ni dans run«ni dans l’autre

de'oes camps; j’enregistre la Loi de leur Paix sociale^ et je la prouve scientifiquement à ce double Empirisme, en antagonisme, et faisant, sans le savoir, le jeu du Nemrodisme plus que jamais.

I.e Prolétariat de Paris, la Justice de Londres, la’Scntineîle de Verviers, le Précurseur de Genève, le Soziai- Demokrat de Zurich-Berlin-Leipzig, V Arbeiter-Chronik de Budapest, le Recht Voor Allen de la Haye, YAvanti de Borne, la Revista social de Barcelone, ÏOperario de Porfo- Lisbonne ne tiendront sans doute pas plus de compte de mes travaux que les organes de la Politique des divers gouvernements européens; mais le lecteur doit bien comprendre que c’est tout autre chose qu’un succès person nel que je poursuis. ’

J’ai eu soin de distinguer ci-dessus l’organisation de la solidarité des classes ouvrières du but de leurs politiciens pour la plupart non ouvriers.

Ces derniers ne réuniront jamais plus d’intelligences, plus de cœurs droits et puissants, plus de générosité, plus de moyens intellectuels, moraux et matériels que les politiciens qui dirigèrent la Maçonnerie depuis la seconde moitié du dernier siècle.

Or, si les premiers n’ont pas su modifier la Loi publique européenne, en abroger le Nemrodisme, etdélivrer ainsi, à l’intérieur, toutes les nations des obstacles les plus sérieux qui s’opposent entre elles, et par suite en elles, . au gouvernement de la Science, de la Justice et de l’Économie, il est impossible d’attendre des derniers autre chose qu’une impuissance encore plus grande.

Ils ne seraient les maîtres empiriques d’un État que pour liguer contre lui tous les États rivaux, le faire écraser et démembrer.

De plus, si, par impossible, un mouvement général, comparable à œlui de 1848, mettait aux mains des politiciens sociîdlstcs plusieurs États assez puissants pour

résister ensemble à une coalition, ce serait encore et

plijs que jamais la guerre et le Nemrodisrae, pour beaucoup de motifs, dont voici l’un.

L’universelle solidarité de toutes les Sociétés de la Terre est désormais dégagée, sans qu’il soit possible de s’y opposer.

il n'y a plus nulle part d’économie nationale ni même continentale, qui puisse se refermer entièrement sur elle-même.

Nous avons déjà, nous. Européens, à eompler très sé- rieiK^ement, au seul point de vue agricole, avec la production de l’Amérique et de l’Australie aujourd’hui, de l’Afrique et de l’Asie i)lus tard.

De plus, au point <le vue industriel, des déj)laccments de toutes les principales industries de notre Continent aux sources des matières premières sont également à prévoir.

De sorte que l’avènement des politiciens socialistes au gouvernement des différents États, accompagné d’au moins autant de troubles nationaux et internationaux que la Révolution française, coïnciderait précisément à une période des fastes de l’Europe où le chômage des travaux des champs et des villes forcerait touthomme d’État à pousser à un militarisme à outrance, pour demander à la conquête une vie que l’économie intérieure aurait cessé de garantir.

Tel est l’avenir inévitable des Sociétés européennes, si l’Empirisme continue à présider à leur Gouvernement tant général que particulier.

Or^ ieSifilasses les plus éclairées apportent enéoré dans cet Empirisme funeste une somme très considérable de prudence et de modération impuissantes à conjurer les maux à venir, mais louvoyant tant bien que. mal Sur , le choix des maux immédiats, il en sei’ait tout autrement si, en l'absence des Maîtres, les Apprentis venaient à remplacer les Compagnons.

J’ai tenu, dans ce qui précède, à montrer l’çnchaîneraent des réveils successifs de l’Esprit puldic, européen, dont les Juifs ont été les premiers évocateurs.

Sans la rectification synarchique de nos Sociétés, ces mômes Juifs, malgré leurs réels bienfaits, seraienltrès certainement les premières victimes, le jour où toutes les conséquences du Nemrodisme européen aboutiraient à une crise finale, non seulement économique, mais forcément politique.

Alors comme dans l’Empire romain, comme dans sa continuation cléricale jusqu’à la Réforme, il n’y aurait en jeu que des passions et des instincts, et les plus innocents payeraient pour les coupables.

Acculés par les événements et par le malaise des masses à de brusques mesures, les gouvernements seraient les premiers à proclamer partout le droit à la banqueroute, l’annulation des emprunts d’État, tandis que, de leur côté, dans la mêlée sanglante des révolutions et des guerres européennes, les peuples conqué- rants et victorieux se payeraient des frais de la guerre, et referaient leur fortune ruinée, en hypothéquant les provinces les plus riches des peuples vaincus.

Or, les nationalités si péniblement constituées depuis des siècles, en se voyant ainsi démembrées militairement et éconopaiquement, prendraient très certainement

les effets pour les causes^ et écouteraient les pires suggestions du désespoir.

Certes, il y a eu de réels progrès civils accomplis depuis' plusieufs siècles dans la Constitution intérieure des États et dans toutes les branches de l’activité humaine.

. Mais le point culminant de toutes les antiques anarchies sociales, le sommet de l’Angle occupé depuis quatre mille ans bientôt par le Gouvernement Général des Sociétés selon l’Ordre de Nemrod, rend indispensable la coordination simple et savante de tous ces progrès d’après la Loi éternelle que j’indique et que je prouve.

Si l’on n’a pas la Sagesse de le faire, on tombera d’un pluS haut sommet de civilisation dans un abîme social plus profond encore que tous ceux que j’ai éclairés dans ce livre.

Pour le moment, après avoir indiqué le rôle libérateur des Juifs vis-à-vis de l’Esprit public et, par suite, à l’égard de la Vie sociale, européenne, je montrerai à grands traits la réaction bienfaisante qui en est résultée vis-à-vis des Juifs eux-rnômes, et qui les a voués définitivement celte fois, et de plein gré, à travailler consciemment au but universel que Moïse et Jésus-Christ ont désigné dans leur même Promesse.

J’ai laissé de côté la vie des communautés juives pour ne m’attacher qu’à la mission intellectuelle de leurs Lettrés dans la Chrétienté.

Toutes les mesures prises contre elles par le Nemrodisme rornano-byzanlin, et passées peu à peu dans le Gouvernement Général de l’Europe, puis de ses Divisions nationales ne servirent qu’à conserver ce qu’on aurait voulu détruire.

La dissémination, la privation d’existence politique,

l’absence de Corps national, délivra les Juifs de toute responsabilité gouvernementale.

Ils triomphèrent de lout, eil se résignant à tout, en subissant tout, en opposant la douteur à îa forpe, la foi et l’espérance à tous les fléaux. ’ •* ,

En les frappant de mort civile et sociale*, on les replia sur leur propre vie, on la concentra dans l’organisme rudimentaire que nous avons décrit et mis en lumière pendant la Captivité de Babylone.

Sous le poids d’un accablement universel, sans droit commun, pariahs pour tous, propriété directe du monarque, comme un champ de rapport ou comme un troupeau de bêtes à laine, condamnés à vivre dans des quartiers séparés, à porter une marque infamante, *à ne se livrer à aucun métier, réduits à l’usure ou à voyager de villes en villes comme maquignons ou comme colporteurs, ces infortunés, non seulement ne se démoralisaient pas, mais ils ne se découragèrent jamais.

Comme Antée touchant la Terre, ils revivaient sous l’étreinte de la Mort, en s’appuyant sur leurs souvenirs et en rentrant dans le cercle étroit où la Politique des gouvernants chrétiens les enfermait.

Chez la masse, tout échange moral avec les nations chrétiennes cessa pendant près de douze siècles.

La diffusion des Connaissances, la fusion de Mœurs intellectuelles que les Kabbalistes opérèrent peu à peu entre eux et les Chrétiens instruits, laissa le plus grand nombre dans son immobilité, dans son isolement, et la renaissance des études ne pénétra presque pas dans les Ghetti.

Elle en était sortie à l’état de source et, devenue fleuve, elle roulait scs bruits au loin.

» Pendant des siècles, l’immense majorité des familles juives, repoussées du monde des vivants, mises au tombeau parmi toutes les nations du Christ Douloureux ne comiurept ces dernières que pour mourir encore aussitôt que, comme Lazare, elles se sentaient ressusciter.

.Avant les Croisades, la situation des Juifs dans la tombe (le leurs Ghetti était déterminée comme celle du prisonnier dans sa cellule.

A partir des Croisades, la fureur du fanatisme détruisit jusqu’à celte triste garantie : on se rua sur ces prisons pour en égorger les malheureu.x habitants.

Tout l’Occident, toute l’Allemagne, accablèrent des plus affreux traitements les communautés juives.

Celles qui survécurent s’enfuirent en Silésie, en Moravie, en Pologne.

Après les Croisades, les accusations les plus absurdes devanq^rejit le meurtre et la spoliation.

\Jies massacres périodiques recommencèrent en Suisse et s’étendirent, à différentes reprises, jusqu’aux frontières de Pologne, à l’Est, jusqu’aux Pyrénées, à l’Ouest.

Ils ne cessèrent qu’au temps de la Réforme; et, même alors, ils furent parfois renouvelés.

Asservis socialement, rejetés de toute Société commune, chassés à mainte reprise d’Espagne, d’Italie, de France et d’Angleterre, les Juifs roulaient partout comme des épaves battues par les flots et les vents.

D’Espagne, ils furent définitivement rejetés par Ferdinand et se répandirent alors en Portugal, en Afrique, en Turquie et en Hollande.

D’Angleterre, ils furent bannis en 1290, et ne furent réadmis qu’à l’époque de Cromwell.

Après la victoire des Pays-Bas contre le Nemrodisme de Philippe H, ces États leur accordèrent asile et leur reconnurent immédiatement des droits. ••

Jus<|u’â 1$ fin du siècle dernier, ‘dans là plupart des nations européennes, droits municipaux^ propriété foncière, commerce, agriculture, prdiessoraX l’excliAion continua, pire que dans tous les empires nemyodiqués du passé. • ^

Même dans les plus viles occupations qu’on leur lai,ssait, on écrasait encore ces out-laws de taxes, de patentes, de droits de protection, etc.

Voici quelle était presque partout leur organisation.

Dix Juifs rassemblés formaient une congrégation, dont les membres choisissaient librement leurs chefs cl leurs arbitres, sans tenir compte de l’hérédité ni du rang,

ta Synagogue était le premier soin, car c’est de là*que partaient le Culte, rEnseignemeat et la Justice; puis venaient les institutions charitables, la solidarité des familles et des communautés. .

Los écoles, l’instruction de l’eufancc, dc'i^‘»ctotegcence, celle de l’âge mûr, comprenant toutes les études talmudiques et rabbiniques : tels étaient les objets dont se préoccupait la congrégation.

C’est dans celte atmosphère commune que le Juif retrouvait partout la liberté, l’égalité et la frâlernité qui lui étaient refusées au dehors.

La famille était son autre refuge : le seuil de la porte une fois franchi, le pariah se l'ctrouvail roi, membre d’une race antique, portant un mot d’Ordre social supé- rieur à celui de toutes les autres nations.

Sous une persécution de dix-sept siècles, la force des liens et des affections de famille avait acquis une intensité dont rien ne peut donner l’idée.

De là, des vertus constamment prêtes aux efforts les plus héroïques, aux sacrifices les plus sublimes.

• Privés de vie politique, ;ils l’étaient aussi lies vices qtii en découlent, et le Talmud, en enlaçant tous les actes possibles de inexistence, coopérait aussi à soustraire lès

Juifs à I9 corruptioa du siècle.

tl maintenait parmi eux la tempérance et la cliasteté; il.leur inspirait l’horreur du vol, de la rapine, de la colère, de la violence, de la brutalité et du meurtre, sous quelque forme que ce fût.

Si les Juifs montrèrent moins de conscience, en ce qui regarde la propriété, il faut s’en prendre aux conditions terribles que les milieux leur avaient faites en les réduisant à la ruse, à la tromperie, à l’agio, aux armes des opprimés.

LMsolcment, l’exclusion, la répudiation, en rendant leur fusion impossible, concoururent à les préserver et à remplir le but que s’était proposé Esdras à Babylone, puis les talmudistes.

La miftutie même du Talmud fut utile à ce point de

En remplissant la vie des congrégations, en l’enlaçant dans mille liens, elle l’occupa, elle l’excita ; elle lui donna une force raisonnée de cohésion et de résistance qui repoussa et défia toutes les causes extérieures conjurées contre la vie juive.

Sous quelque forme que ce soit, le Nemrodisme ne peut donc rien sur les races ou sur les individus qur ^leat véritablement lui résister.

Les Juifs ont survécu à tous les Nemrodismes, et, sur toutes les ruines successives causées par ce rnême Gouvernement Général et entraînant peu à peu colles de tous les gouvernements particuliers, ils sont encore debout, pilus vivaces que jamais, témoins des siècles, sur le seuil de l’Ère nouvelle qui permet d’entrevoir, la véritable.

Finalité du moiivemcnt des Al>ramiàes, de Moïse et dtf Christ Glorieux.

Comme le Talmud pour les Juifs, lu théologie .plaloni- ^ cienne des Pères a eu sa raison d’être pour les Chré- tiens. •

De même que l’on ne donne pas aux malades ni aux enfants la nourriture qui convient aux hommes sains, de même aussi les civilisés corrompus de l’Empire romain, puis tous les peuples semi-barbares de l’Europe ont eu besoin de cet Enseignement primaire et de cette nuit agnostique pendant longtemps.

Quand cette phase éducatrice, nécessaire, a été terrainée, quand le Monde laïque tendant à sa majofité, unifié dans ses Mœurs d’un bout de la Chrétienté à l’autre, a été digue de se refaire empiriquement un esprit secondaire et une Vie civile plus précise, il a déÇjhiré' peii à peu ses lisières, jeté son bourrelet, et dil^dicu à sa première école, quitte à se montrer ingrat envers scs instituteurs primaires.

Ce qui s’opérait dans le monde laïque chrétien vis- à-vis de l’Église impériale d’Occident, s’est effectué progressivement dans les communautés juives vis4-vis des talmudistes.

A mesure que les Juifs ont reçu du perfectionnement deJai^oliscicnce et de l’Esprit public des Chrétiens, les ^uits de Cité, les liens de Vie commune qui leur avaient

été arrachés pendant dix-sept siècles, il s’est fait qn eux une lumière nouvelle.

Ils se sont donc bien libérés eux-mêmes, comme intermédiaires intellectuels entre l’Orient et l’Occident, en travaillant à la libération de l’Esprit public des Chré- tiens.

En continuant dans cette noble voie, au lieu de s‘eh->

dormir sur leurs lauriers, ils ne sauveront pas que 1^ Chrétiens de4ous les périls qui les menacent. '

ba*querellé entre les évêques d’Occident et le ^tllsarisme clérical de la Cour de Rome, en amenant la Ré- forme au seizième siècle, conduisit à la nationalisation des églises, sans pouvoir régler la question si importante de leurs rapports sociaux et religieux entre elles.

Le souverain IpCal prit la place du Pape à la tête des églises nationales, déterminées par le Protestantisme, le Pouvoir ethnique se subordonna en dedans les représentants de l’Autorilc, et lui-même demeura, comme membre de T'Assemblée des Puissances européennes, sans l’ombre d’un Contrôle, d’un Arbitrage, d’une Autorité au-dessus de lui, ce qui est le caractère du Nemrodisme, moins l’Apothéose.

C’était un progrès intérieur, dans l’Organisthe de chaque nation, que le triomphe de la ligue des peuples du Nord et de la France contre le despotisme dogmaticopolilique du double empire latin de Rome et de Madrid.

Mais si, celte étape de l’Histuire européenne devait demeurer telle que la Constitution diplomatique de 1648 Ta faite jusqu’à présent, ce serait un désastre au point de vue de l’Organisme Général de la Chrétienté.

Quant à la Réforme elle-même, à son caractère d’abord doctrinal s’opposa encore le mouvement empirique de la scepticisme scientifique, scepticisme anarchiste, philosophie de liquidation de la formule hellénique du Christianisme telle qu’ Alexandrie l’avait faite. Encyclopédie, Voltaire, puis la vérification par l’Etude éxotérique à ses divers degrés, de la Genèse, de Moïse et de la Bible toute entière. ,

• Tous ces facteurs l'éuflis, funestes à Texotérisine dff ^)us les cultes ou à leurs formules U'ansitoircs, forcent fa Religion sociale à s’en dégager par la Science mèfne,

il résulte de tout ce qui précède un ‘immense labeur préparatoire, une division complète du travail de TEsprit humain, une Analyse universelle des élémeittS de la Connaissance, appelant une conclusion, une Synthèsp; mais en attendant celle dernière, la direclion de nos Sociétés reste empirique et, comme telle, régie par le Nemrodisme qu’elle n’a pas su abroger.

De plus, l’application des Sciences mathématiques, physiques et naturelles a entraîné le dévcloppemfent empirique de toute l’Économie des Sociétés chrétiennes, similaire de peuple à peuple, et y produisant des consé- quences semblables qui, par la politique non des masses ouvrièTes mais de leurs meneurs non ouvriers, conduisent à la nécessité d’envisager scicntiliquemcnl pour la première fois toute l’Organisation du Monde judéo-

Chez les Juifs, la Politique n’étant point e‘p jeu sous préte.\te de Religion, il n’y a pas ou de controverses de doctrines.

Le débat s’est limité à rantagouisme des exigences du Talmud avec celles de la libération civile et sociale des membres des communautés hébraïques, rentrant peu à peu dans toutes les conditions de la Vie ambrante»- *;•

A la fin du siècle dernier, le perfectionnement de la Conscience et de l’Esprit publics dans la Chrétienté fit tomber une à une les pierres de la muraille qui entourait les communautés juives.

Plus les Êtajs tendirent à devenir impersonnels, plus

les Juifs furent appelés à se mêler et à se confondre dans la Vie commune.

Ils perdirent des droits illusoires, comme Juifs, pour ac'quérif des devoirs nouveaux, comme membres civils de nos nationalités.

< En France4776-1790, en Allemagne 1781, dans l’Amé- rique du Nord 1785, en Hollande 1796 : telles furent les dates de la nouvelle Ère judéo-chrétienne, celle du Christ Glorieux et de la réalisation des Promesses sociales.

En Prusse, quelques droits municipaux assez importants furent concédés en 1812, puis retirés.

En Danemark, des droits plus étendus furent accordés,

Èn Westphalic et en Italie, rinüuence delà législation française ne survécut pas à l’empire de Napoléon.

Jusqu’en 1856, Ilesse-Cassel était le seul endroit d’Allemagne où les Juifs fussent sur le même pied que les autres communautés.

Dans les autres États allemands, l’échelle des droits demeura extrêmement variée.

En Bavière et en Autriche, les Juifs curent encore à subir un rqgime d’exception.

Eu Pologne et en Russie, ils restèrent jusqu’à nos jours, à peu de chose près, dans les conditions où ils étaient au Moyen âge.

Dans l’Islam, aucun changement n’est intervenu à leur égard, depuis l’extinction de la civilisation arabe.

Mais si leur progrès dans la Vie civile a dépendu de la marche lente de celui des nationalités chrétiennes, il n’en a pas été de même de leur succès dans la Vie séciale.

Celui-ci, ne dépendant que d’eux seuls, les a trouvés préparés par la rude, école du malheur,., par le long

entrainement de leur éducation de famille et de leur instruction pratique.

Aussi, à peine les barrières se sont-eïles ouverte,s devant eux, que d’un bout à l’auhe de la Chrétienté, dans toutes les branches possibles d’activité, ils se sont lancés comme des chevaux de course ef sont arrives des premiers, presque partout et presque à tout.

Mais, bientôt aussi, la Synagogue s’est trouvée vis-à- vis de ses fidèles exactement dans la même situation que l’Église romaine devant ses anciens gouvernés et que le Protestantisme ofticiel vis-à-vis de ses ouailles.

Ni la Synagogue, ni l’Église pédagogique n’avaieni prévu ce Monde nouveau, et ne surent comment concilier leurs rôles de nourrices intellectuelles et morales avec la croissance de leurs élèves, avec les exigences d( leur nouvelle vie.

Dans la Synagogue comme dans l’Église, la culture intellectuelle, fixée plus de quatorze siècles auparavant, fit bientôt l’effet d’un coche, là où un chemin de fer était nécessaire.

Partout, le développement des Facultés et, des Enseignements des Universités laïques, le déployement successif de toutes les activités de la vie contemporaine et des exigences qu’elles entraînent, forcèrent les laïques, soit à l’irréligion, soit à une religiosité individuelle, vague, mais séparant plus ou moins nettement l’idée religieuse elle-même de la formule des talmudistes et des théologiens.

Le feu ne prit pas tout d’un coup aux anciens grimoires, il couva longtemps, sans engendrer autre chose que de la fumée.

On se sentait de plus en plus incommodé, sans savoii

Un Pouvoir qui dure depuis quinze siècles lie peut pas apparaître brusquement aux yeux comme un çmpêchemel^t.

ïrop *de justes motifs, trop de nobles sentiments concourent à lui conserver le respect de ceux qui le subissent, pour que la main ose le profaner, en le brisant Immédiatement comme un joug.

Aussi voulut-on mettre tout d’abord la doctrine hors do cause, et ne poser qu’une question, celle de Tindé- pendance individuelle.

ba controverse commença, il y a un peu plus d’un demi-siècle.

Moïse n’était nullement en jeu, soit en ce qui regarde sa lleligion, soit en ce qui concerne l’organisation de son Temple Social, qui ne prescrivait aucune forme de Culte soit public, soit privé.

Les Principes restaient donc en réserve, l’Essence de la Loi demeurait donc incontestée.

L’attaque portait sur l’œuvre d’Esdras et sur sa conséquence, le Talmud.

En vingJ;-trois siècles, la vérification positive des Prophètes et de Jésus se faisait au profit des Âbramides, de Moïse, et du fait social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la Chrétienté, mais à l’encontre du particularisme politique et cultuel, dont la Captivité de Babylone et tous les maux successifs de la nation juive avaient été les conséquences.

Dès lors, on saisit vaguement la différence profonde entre la Religion et le Culte, entre l’Essence de la Loi Divine et la superfétation relative des formes et des coutumqg déterminées par la Politique nationale et plus ou moins arbitrairement légiférées.

Du même coup, on s’attaqua au caractère plus ou

moins obligatoire de l’œuvre d’Esdras el des prescriptions talmudiques, consécutives.

Du sein des Universités laïques, heureusement asse.z neutres à toute question de dogme Juif ou ohrétién, l’Histoire el l’Éxégèse sortirent et entrèrent eri jeu pour démontrer que la Mischna et la Gem'ara n’étaient pas plus la Tradition orale de Moïse que la dogmatique des Pères Alexandrins n’était la Promesse Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ. •

Le Talmud apparut alors comme la formule d’un Pouvoir longtemps nécessaire, mais sans Autorité, si ce n’est quand il est d’accord avec le texte hébreu de

Mais là, comme dans le Karaïsme protestant, restait la dernière question du Sphynx : l’interprétation de ce texte hermétique, écrit à l’égyptienne.

Cette question n’a qu’un arbitre possible qui puisse la résoudre : l’Assemblée de tous les Corps enseignants.

Pourtant, il y a autre chose dans Moïse que ses Livres de Science proprement dite; il y a son code, qu’il ne faut pas confondre avec son type de tlonstilution

La réponse ne pouvait pas manquer de sauter aux yeux : Ce code lui-même a été relatif à la nation qui en était rôbjet, el non à des individus disséminés parmi toutes les nations de la Terre.

Alors, les Juifs comme les Chrétiens voyant tout ce qu’ils avaient pris pour la Religion Éternelle s’évanouir à l’épreuve du Temps, se demandèrent avec effroi ce qui leur restait.-

Les uns, n’éclairant pas leur foi d’une Science suflisante crurent^que tout était perdp, et se rejetèrent par

peur dans la conservation mortuaire des formes du

Iæs autres prenant pour la Science elle-même l’échafaüdagewdes Connaissances actuelles sans en comprendre rJÉdifice passé ni Jutur, voyant les formes de leur foi condamnées par les exigences de la Vie ambiante et par celles d’un examen raisonné, se laissèrent aller soit au doute, soit à un philosophisme diffus, soit à l’irréligion pure et simple.

Et pourtant, ce qui reste au feu dévorant de l’épreuve du Temps, ce qui demeure dans la coupelle de l’Expé- l’ience des Siècles, c’est ce qui devait survivre atout : d’abord l’esprit transcendentalement scientifique des livres kaldéo- égyptien s de Moïse et des paraboles de Jésus, ensuite la Promesse religieuse et sociale des Abramides, de Moïse, de Jésus, puis un type de Gouvernement Général, particularisé en Israël depuis la sortie d’Égypte jusqu’à l’érection de la royauté : la Synarchie.

Or, qu’on ne se méprenne pas sur ma pensée : la Synarchie n’est point un culte; c’est la Loi Scientifique de l’Organisme des Sociétés, telle que l’ont dégagée les Sages de l’Antiquité, à une, époque où la Science et la Religion n’étaient qu’üne Seule et Même Vérité.

Du reste toute vérité et toute erreur se prouvent mathématiquement en ce bas Monde, comme là-haut. Dieu merci 1

La Synarchie Sociale comme l’Anarchie politique, ré- publicaine ou monarchique, impériaJe ou royale, ont leur poids , leur mesure, leur nombre dans la balance de la Science humaine et de la Vérité divkie.

Je prie le lecteur de faire «tie extrême attention aux chiffres qui vont suivre.

Nous, allons mesurer et peser la Force biologique eflâ Durée des Sociétés synarchiques et de celfes qui ne .le sont pas, et nous comparerons mathématiquement les unes et les autres.

Nous prendrons d’abord pour premier point de comparaison le plus grand des Pouvoirs sociaux de l’ancien Monde, l’Enseignement qui, par l’Examen, donnait à chacun le niveau de sa valeur propre dans les degrés correspondants à la hiérarchie des fonctions publiques, la royauté y comprise.

A la tête de ce Corps se trouvait, en figypte, le Souverain Pontificat recruté lui-même par l’Examen.

Les chiffres ayant été authentiquement relevés dans ce pays, et remontant avant le Cycle de Dam, je les prendrai de préférence à ceux des Souverains Pontifes universels de la Paradesa.

Puis, nous mettrons en parallèle la Papauté, se recrutant, comme les tiers Ordres de l’ancienne Synarchie, par l’Élection et non par l’Examen, n’ayant jusqu’à ce jour aucune puissance légale d’initiation, ni de Contrôle vis-à-vis des gouvernements, grâee au caractère politique de ses origines électorales, grâce aussi au caractère primaire ou non défini de ses Enseignements.

Arrivons au fait : Hérodote a vu dans les Temples d’Égypte une salle: réservée aux statues des Souverains Pontifes, depuis onze mille ans.

Il en a compté environ trois cents, qu’on n’avait cer-

tainement pas sculptés exprès pour lui, ce qui donne une moyenne de quarante ans par chaque Pontificat.

Voilà ce (pie dure la Fonction Souverain-Pontificale, quand «eUe est la "tête des Corps enseignants -: onze raille ans.

• Dans ces conditions, voilà ce que dure chaque Pontificat, quand représentant le Dieu dé la totale Connaissance, il est l’Autorité même sur cette Terre, et applique \a^ commune mesure de l’Examen à toute prétention, que ce soit celle au dernier ou au premier des emplois publics.

Pourquoi? Parce que la Vérité Sociale est aussi la

sécurité.

Passons à Rome, depuis la papauté de Sirice jusqu’à celle de Pie IX, avec lequel finit le Pouvoir temporel, et recommence virtuellement la possibilité de l’Autorité suprême du Souverain Pontificat scientifique.

Quinze siècles ont donné deux cent seize papes, parmi lesquels je ne fais entrer aucun antipape.

La moyenne de chaque papauté a donc été de six ans.

Après cette double méthode d’observation et d’expé- rience, l’une positive et élémentaire, l’autre comparative, montons encore d’un degré, allons de la Loi au Principe.

La Religion est la Synthèse de toutes les Vérités professées par tous les Corps enseignants d’un État Social donné.

Dans ces conditions elle dure onze mille ans, et elle est en sécurité, étant l’Autorité par l’Enseignement gradué et par l’Examen.

Quand elle ne représente pas la totalité de tous les Corps enseignants d’une Société donnée, elle végète

treize siècles sous l’Anarchie des Pouvoirs politiques, et s’y noie.

Car la spoliation de l’indépendance tefriloriale'des papes par la Politique est bien une fin de série ; et je do’is^ dire ici que, dans tout l’Empire du Bélier,* tous les. Collèges sacerdotaux et universitaires avaient leur territoire indépendant.

La comparaison est donc entièrement valable, quant à la t’onction dont il s’agit, et la différence de longévité en faveur de la Synarchie est de quatre-vingt-dix-sept siècles, en remontant jusque dans l’ancien Empire des Noirs, jusque dans l’Égypte des Éthiopiens et même des Âuslréens rouges.

Quant à la durée moyenne de chaque Pontificat, 13 balance en faveur de l’Organisme synarchique est de trentequatre ans.

Pourquoi? parce qu’il n’y a pas de troubles politiques, qui renversent ou assassinent les Pontifes, parce qu’enfiu la Science intégrale permet à la Vie humaine d’atteindre à ses plus extrcincs limites.

Voilà donc la dépression biologique que subit l’exercice de cette auguste Fonction, quand elle devient politique, quand elle a pour source l’Élection et non l’Examen scientifique et pour but le Pouvoir et non l’Autorité.

Comme moyen terme entre le Pontificat égyptien et la Papauté romaine, on peut prendre la même Fonction depuis Aaron, en Israël d’abord, en Juda ensuite, jusqu’à la destruction définitive du temple de pierre : quatorze siècles environ, quatre-vingt-six grands Prêtres, seize ans d’exercice en moyenne pour chacun d’eux, vingt-quatre ans de moins qu’en Egypte.

L’abaissement de la moyenne est dû à la seule pré- dominance, fie la Politique.

< Nous appliqueront la même méthode au second Pouvoir dè la Synarchie et à sa Fonction suprême résumée dans l’Impérialat arbitral, Conseil d’État des rois, Cour de Justice du Droit’des gens.

Çn contrôlant la chronologie des Brahmes d’aujourd’hui par celle que leurs devanciers ont montrée à Mé- gasthènes, il y a près de vingt-deux siècles, on peut vérifier les chiffres suivants, que donnent Pline et Diodore.

Depuis Ram jusqu’à Alexandre, l’ambassadeur de Séleucus a eu sous les yeux une série de cent cinquantetrois Kouslias, ou Empereurs de Justice, représentant une durée totale de six mille quatre cent trente-deux ans, ce qui donne une moyenne de près de quarante et un ans de règne pour chacun d’eux.

Voilà ce que dure la Fonction impériale, quand elle est la tête de tous les Corps de Justice recrutés par l’Examen, et lorsque, par l’Initiation aux plus hautes Sciences, elle reçoit de la Vie tout ce que celle-ci peut donner à rilomrae individuel : six mille quatre cent trente-deux ans.

Voilà également ce que dure l’exercice individuel de ce Pouvoir social et non politique, quand il est revêtu par un Conseil général de l’Enseignement et par l’Examen d’un reflet réel d’ Autorité, d’accord avec la Morale universelle des peuples : quarante et un an.

Prenons maintenant comme point de comparaison n’importe quel empire non synarchique.

Commençons par l’empire assyrien, conformément à l’ordre des Temps et à ce que dit Moïse : Nemrod succéda à Koush.

L’Ëdifice du Nemrodisme assyrien, àNinive, dure quatorze siècles, quarante rois régnant en moyenne trentecinq ans. * .

Balance en faveur de l’Empire, synârchique, cinquante" siècles pour la longévité du Pouvoir même, six anè pour l’exercice de ce Pouvoir par chaque souvera’m.

C’est encore une longue durée; mais les réseryes biologiques ne s’abaissent pas d’un seul coup d’ans un Gor^ps social, solidement constitué, quand la maladie l’envahit,: Nemrod succédait à Koush.

Le Corps spirituel de la Synarchie de Ram était trop puissant dans son Organisme universel pour s’épuispr si vile, dès la première attaque politique; la Science intégrale de la Vie était encore trop lumineuse pour s’éteindre au premier coup de vent et laisser s’abaisser beaucoup la longévité des Initiés; mais continuons.

Le Nemrodisme impérial dura, à Babylone, deux cent neuf ans : dix-huit Césars de 747 à 538, douze ans de règne pour chacun d’eux : la maladie politique augmente.

Passons à l’Empire persan qui succéda au précédent dans le Gouvernement Général du Monde par la Force.

A partir de Cyrus jusqu’à Darius, il dure ‘deux cents ans : treize empereurs: moyenne de durée de chaque règne : seize ans.

Cause d’élévation de cette moyenne sur les douze ans de régne du Nemrodisme babylonien : pas de grand État voisin, fondé sur une anarchie similaire.

La Chine de Fo-Hi, les Indes de Christna étaient encore synarchistes, anti-conquérantes._

Continuons la même opération à Pella, en Macédoine, centre de l’interrègne impérial depuis la mort d’Alexandre jusqu’à l’inv,àSion des Romains : un siècle et demi pour

'la fonction royale, vingt souverains, sept ans pour la moyenne des règnes : maladie politique, aiguë.

Taisons la même preuve par l’empire d’Orient revivifié pourtant par le Christianisme, quant à la Morale de Catome indifiduel.

' Un peu plus éclairé, mais par la lumière diffuse des philosophes, puis par l’Enseignement primaire des Clercs, l’empire d’Orient, d’Ârcadius à Constantin XI, donne dix siècles et demi, quatre-vingt-dix empereurs, onze ans de règne en moyenne : vingt-neuf ans de moins que les empereurs de Justice de l’Ordre synarchique du Bélier.

Voyons maintenant l’Empire romain, de César à Théodose, sans compter les trente tyrans.

Cette colossale baraque politique dure à Rome quatre cent vingt-quatre ans, et chaque Nemrod y loge, en moyenne, pendant six années.

La mort subite y pleut par les toits, la révolution y souffle par les portes, et les orages de la guerre y entrent perpétuellement par les fenêtres.

Nous allons observer la même expérience dans l’Europe centrale, dans le saint empire romain, cette fois.

De Charlemagne à Rodolphe de Hapsbourg, la durée de ce monument politique est de quatre cent soixantetreize ans, et le bail moyen de chaque kaiser est de quatorze ans : soit vingt-six-ans de moins que le règne des Koushas.

On le voit mathématiquement : le Christianisme a exercé sur les individus une action d’Enseignement primaire; mais sur les Institutions politiques, telles qu’elles existent depuis la révolution gouvernementale caracté-

risée sous le nom de Nemrod, le Culte judéo-chrétien n’a pas appliqué son propre Programme trinitaire, 'social et synarchique.

Car encore une fois l’élévation de .ces chiffres ou Icuf abaissement signifient Science et Paix dans le premier cas, empirisme, guerre et révolutions dansée second.

Après les Sacerdoces et les Empires, prenons pour expérience la royauté française, la plus stable et la plus magistrale parmi celles de tous les États dits chré- tiens.

De Pharamond à Louis XVI, treize siècles et demi donnent quatre-vingt-quatre rois; seize ans de règne en moyenne : soit vingt-quatre ans de moins que chaque Kousha de l’Inde.

Tel est l’enscignementde l’expérience dûment observée dans l’Histoire considérée comme un Cercle spécial de phénomènes motivant une Science, une Méthode, une Mesure typique, et par suite, une Loi vraie.

En ce qui regarde les Juifs, voici pour eux la portéc de cet enseignement mathématique.

Sous te Gouvernement Général de la Synarcliie, peuples ou individus vivent longtemps, l’exercice des Fonctions est aussi durable qu’elles -mêmes, parce que la Science intégrale et toutes ses applications possibles sont la seule et unique préoccupation des gouvernements.

Alors l’Architecture de l’État Social terrestre est l’œuvre d’une vraie Maîtrise, dont la force se 4)rouve par des bienfaits et par leur durée.

Alors la direction des Sociétés humaines dans leur Vie organique et dans leur Vie de relation appartient à la

"Science qui, dans sa totalité, ne fait qu’Un avec la Religion, et celle-ci, ayant la Vérité scientifique pour Principe, a pour iFin unique le Bonheur et la Paix de l’Humahké, pqur Stoyen de gouvernement la Loi organique du Régne de Diéu.

Voilà pourquoi, dans l’Empire juridique du Bélier, dans la Théocratie scientifique de l’Agneau, les Celtes bodhones Ibériens, Hébreux ou Arabes, .ont été si hfureux qu’ils n’ont pas même eu d’Histoire.

Quand, à Tappel d’Irshou, les Apprentis ioniens de rindus, ont voulu se substituer aux Compagnons et aux Maîtres, en renversant le régime du Tout à l’Examen, en brisant l’Alliance universelle de la Loi sociale dorieiine, quand ils ont mis leur Taui'eau furieux au lieu et place de l’Agneau ou du Bélier zodiacal, ils n’ont pu et ils n’ont su que démolir indéfiniment l’Architecture sociale, le Gouvernement Général de la Loi du Règne de Dieu sur la Terre.

De là des tuiles de toute nature pleuvant sur la tête de tous les gouvernants du Monde, abrégeant la durée des Institutions et de leurs représentants.

C’est alors que l’Ordre des néo-Ramides a été fondé pour garder dans cet universel écroulement les Principes de l’antique Science, et sauvegarder dans l’avenir la réédification du Règne de Dieu et de sa Loi.

Les Apurus ont encore vécu pendant plus de quatre cents ans assez heureux, sous l’abri de la vieille Synarcbie égyptienne, si minée qu’elle fut par le Césarisme assyrien et par le schisme des Yonijas.

Quand Moïse constitua ses Celtes bodhones en Corps de nation sur le même type social que l’Égypte, ce ne fut point le moins du monde pour faire seulement leur bonheur comme peuple, mais pour ramener les conditions du bonheur de l’Humanité entière, * .

Il continua ainsi l’œuvre anti-nemrodiquc de rOi*dre néo-ramide d’Abram, et la poussa vers .son 'but* social universel , en travers de la révolution d^frsliou el* du Nemrodisme.

Alors, à quoi la nation juive a-t-elle dû 'de subsister?* A sa propre force politique ? Nullement. '

Elle a dû la possibilité de son établissement et de sa vie en Palestine à l’alliance de l’Égj’pte synarchisle et antagoniste au Nemrodisme ninivite et babylonien. .

Aussitôt que Mitzraïm, dernier bras de Justice de l’ancien Droit des gens, se brise à force de résister seul au Nemrodisme, la nation juive meurt politiquement, comme avant elle Israël , grâce à la même Cause universelle et sous le coup des mêmes conséquences. •

Le Gouvernement Général de l’anti-Dieu et de l’anti- Christ , de l’anti-Science et de l’anti-Synarchie ; voilà cette Cause.

Mais cette baraque universelle, image architecturale de la mauvaise volonté des tiers Ordres, a pour loi de sc détruire elle-même, aussitôt qu’elle sc voit en peinture dans un établissement rival.

Dès lors, la direction juive depuis Esdras peut faire son petit jeu politique, précaire, sur les démolitions mutuelles des empires, et s’abriter sous le Nemrodisme persan contre le babylonien, pour végéter encore quelques siècles.

C’est habile et de bonne guerre ; mais qu’est-ce que l’habileté? L’empirisme de l’impuissance.

La baraque nemrodique de Perse tombe sur la babylonienne, la grecque des successeurs ^l’Alexandre sur la persane, la romaine sur la grecque, et la Société juive, comme tant d’autres reste écrasée sous le tout.

Mais Jésus reprend directement la Tradition scientifique et sociale de Moïse, des néo-ramides et enfin des

^gouvernements de Justice dont l’ordre de Melchisédec était lé dernier débris en Palestine.

Ge n’est pas habile, c’est invinciblement et divinement fort, juste et yrai.

En s’identifiant ainsi avec le Principe dorien, en dehors de toute politique, Jésus en redresse l’Autorité audessus de tous les Nemrodismes passés, présents et futurs, et, dans Sa divine Personne, cette ineffable Autorité demeure en croix, jusqu’à nos jours, et jusqu’à ce qu’il plaise au Gouvernement Général selon Nemrod de glorifier ce Christ, ce Dieu Social ressuscité, et de l’accomplir dans la Loi de son Règne sur la Terre comme aux Cieux.

Ce Dieu Social n’est pas plus obscur dans la bouche de Jésus que dans celle des Prophètes ; il est la Voie, la Vérité, la Vie des Sociétés aussi bien que des individus ; c’est le Dieu de la Totale Connaissance; c’est lEVE- ICZÜS lEVE-SAUVEÜR , hiérogramme de la quadruple hiérarchie des Sciences divines, cosmogoniques, humaines, naturelles, c’est-à-dire de tout l’Esprit et de toute la Vie de l’IInivers entier.

C’est donc bien l’Autorité éternelle, réclamant Sa Place, Son Droit, Sa Loi dans le Gouvernement Général de cetle Tehe, et disant au Nemrodisme : Va-t’en.

C’est l’Architectedal’üniversattendantquelesApprenlis cessent de gouverner pour détruire, et apprennent enfin à devenir, soit des Compagnons, soit des Maîtres, à rebâtir le Temple Humain d’un Pôle à l’autre, afin que la Loi biologique des Sociétés soit rétablie pour leur longévité et leur bonheur, et gouverne du plus haut des Cieux, leur Vie organique^et leur Vie de relation.

Concluons au sujet de la biologie comparée des gouvernements sociaux et des gouvernements politiques.

Issus de l’anarchie des Prud’homies locales, ces derniers ont pour caractère fondamental d’êtr,e empiriques.

d’avoir pour origine de formaUQii et'pour moyeu de eoniservation la force du nombre des glaives ou desr^ultrages, la ruse et la corruption des Mœurs par la dispositionMes offices et des honneurs. . ’ , • ’ ,

De plus, étant saiis Contrôle universellement agréé par les Mœurs,’ ils sont sans recours contre la poussée dçs partis, des multitudes, et, au dehors, contre rimrnoralilé armée de tout Pouvoir similaire au leur.

Les institutions y sont faibles, car de tels gouveryements n’étant pas autorisés, sont sans Autorité véritable, n’étant pas enseignés sont sans direction suffisante, et, politiques avant tout, sont impuissants à restaurer l’Ordre Social, créé par la Iteligion et détruit par eux.

Voilà pourquoi, sous un Gouvernement Générai* de celte nature, l’ensemble des Sociétés offre le caractère inintelligent, inique et ruineux d’une arène de gladiateurs.

C’est le Naturalisme physique, tatoué de Symboles mensongers; c’est toujours l’évolution du schisme d’irshou.

Le champ de la compétition étant ainsi ouvert aux passions et aux instincts, la hiérarchie sociale, faussée, étant ainsi livrée à l’assaut du savoir-faire et ixon à l’Kxamen du Savoir, la Durée fait la preuve, et celte preuve est un sérieux enseignement pour les gouvernants et po’ur les gouvernés.

Mais, sans doute, sur les bords de tous les tleuves d’Europe, l’incorrigible raison contingente rééditera encore ce qu’elle a murmuré le long des bambous de l’indus, il y a près de cinquante et un siècles aujourd’hui.

Qu’importe la Durée, pourvu qu’on ail l’Espace, dirat-on?

Ou n’a plus l’Espacé» c’est-à-dire la liberté de gouverner eniptrif^ueriientî'

Car d’un côté, lesSciénces appliquées talonnent l’Em- , pii'isme politique, au nom de l’Économie tant locale que générale.

. D’un àutre*côté, Tesclavage établi par les anciennes Prud’homies révolutionnaires, n’existant plus, grâce au Christianisme, c’est la force d’en i>as qui va rentrer et rentrç en sC|ôqie; c’est le nombre quantitatif qui tient partout^ soit le fusil, soit le bulletin de vote, soit les deux à la fois.

il en résulte un autre ordre d’expériences, que la France offre à Pobservatiou depuis 1789 : l’instabilité de plus en plus grande de tout gouvernement politique, quel qu’il soit : c’est la Fin des fins de l’Empirisme.

A partir de l’engloutissement des semblants de Pouvoirs sociaux dans les États généraux, plus que jamais le faux Unitarisme, plus que jamais la Politique s’est enfoncée comme à plaisir dans toutes les ornières de l’Empirisme babylonien et latin.

Richelieu avait commencé sous Louis XIII, la révolution de 1789 a inauguré l’èrc des excès dans cette voie, et voilà l’Allemagne qui nous y rend des points depuis

Or, pour continuer à laisser parler les chiffres, où en sommes-nous en France, en 1884?

Ce ne sont plus seulement les hommes qui passent comme des ombres vaines sur la scène d’un Pouvoir impuissant, ce sont les formes des gouvernements politiques, toutes et tous, les uns après les autres.

Monarchie réelle de Louis XVI, monarchie constitutionnelle 1789-1792, république oligarchique, ré- publique soi-disant démocratique et en réalité bour-

geoise, puis militaire 1792-lti04* empire de la, force’ 1804-1814, monarchies diplomatlco-cléricaleè .1814- 1830, puis contitutionnelle encore 1830-1848, répu; hlique des philosophes 1848-1832, empire cmporoci*a- , tique ou des intérêts matériels 1852-1871, république de la liquidation au dehors et au dedans 1871-? ; voilà douze variétés de gouvernements politiques, érigées sui’ le même vice fondamental de construction, sur la môme pierre angulaire de l’Empirisme, et épuisés en quatncvingt-cinq ans. ■ '

Cela fait une moyenne de sept années de longévité, non plus seulement pour les souverains, cette fois, mais pour les bâtiments qui abritent les Prud’homies contre le déluge du Suffrage universel et de la Force numérique des multitudes.

Le fond social, quant aux institutions, s’épuise et s’épuisera de plus en plus dans cette voie gouvernementale, ouverte depuis près de quarante et un siècles par Ninus.

Ce fond, que la Religion seule de Moïse et de Jésus a créé à nouveau pour nous, Judéo-Chrétiens^ doit donc se dégager de la lettre morte, pour remettre -son Esprit organique eu concordance positive âvec toute la Science, avec toute la Vie présente et à venir de la Judéo-Cbré- timité.

C’est donç ou de la Chrétienté crucifiée par le Nemrodisme ou de la Loi du Christ glorieux qu’il s’agit.

Les Juifs ont tout à perdre par l’une, tout, jusqu’à l’espoir de leur résurrection nationale en Palestine,.et ils ont tout à gagner dans l’alternative contraire.

C’est pourquoi, après avoir montré dans mes Missions précédentes [îf possibilité de la Sÿnarchie appliquée au

Gouvernement tant général que particulier des Sociétés européennes, j’ai tenu, dans le présent Livre, à prduver que l’Esprit renfermé sous la lettre des deux ïestamçnts autorise et commande scientifiquement à leurs tenants une pareille conclusion historique.

, De plus j’ai démontré irréfutablement, et dans la mesure où je devais le faire, que cet Esprit, d’accord avec l’Universalité antérieure et ambiante du Genre Humain, était, et est scientifique au premier chef, c’est-à-dire concordant avec la Vérité synthétique en haut, avec toutes les vérités analytiques en bas.

Ainsi la réserve ésotérique judéo-chrétienne répond au}t besoins vitaux de l’état intellectuel et social de la Judéo-Chrétienté; ainsi l’Esprit scientifiquement religieux, c’est-à-dire synthétique, peut rentrer dans la Vie de notre État Social, en lui rendant la Constitution harmonique, trinitaire, voulue par ses Fondateurs.

De plus cette Synarchie universelle est dans le souvenir et dans l’espérance de tous les anciens peuples asiatiques et africains.

Indiens, Parsis, Arabes, Syriens, Cophtes, Fellahs, Abyssins, Chinois, Japonais, Annamites, Siamois, etc., tous seront prêts à seconder l’Europe, quand ils la verront modifier dans ce sens son régime colonial, et aider les antiques nationalités de l’Asie et de l’Afrique à se refaire, au lieu de les diviser par la ruse et de les écraser par la violence, pour les exploiter.

Les Unitaires qui attendent cet Avènement de la Loi universelle du Règne de Dieu se comptent par près d’un milliard d’âmes sur cette Planète, à l’heure ou j’écris ces lignes, et puisqu’il s’agit ici des Juifs, je me bornerai à ce qui les touche de plus près en Asie mineure.

Le Liban renferme,^ à l’heure actuelle» près de cènt

mille Unitaires, dont résotéWsfti'c sc ramifie aveo celui de tous les Cultes de l’Inde, de la Perse et‘ de la Chine.

Je veux parler des Druses, et si j’insiste sur un point de leur doctrine, qui tient lui-même ^ certatines vues intéressantes du Koran sur l’avenir, ce n’est nullement âu point de vue théologique, mais parce que ce* dernier n’est jamais, chez l’Oriental, qu’une synthèse de ses concept tiens cycliques, de ses souvenances ou de ses espérances sociales.

Le chef spirituel des Druses, au moment où j’écris ces lignes, est un homme jeune encore, extrêmement brun, au front puissant, aux yeux très doux, à la physionomie avenante et aimable.

Sa sagacité et sa sainteté, ainsi que sa science particulière, méritent la vénération que tous ses compatriotes ont pour lui.

L’Angleterre s’est bien gardée de ne pas se mettre dans les bonnes grâces du jeune chef, et y a employé l’habileté ordinaire de ses consuls généraux.

De plus, la concession du chemin de fer de l’Euphrate, entre les mains d’un grand financier d’outre- Rhin, l’entrée des Russes à Merw, forment. autour de l’Asie Mineure un cercle dîplomatico-militaîre qui ne manquerait pas de devenir une souricière pleine de popdre à canon, si les Juifs se laissaient prendre par l’appât d’un nouveau royaume de Juda, avant l’heure.

L’Oriental, beaucoup plus fin que l’Européen ne le suppose, fera son jeu sur la rivalité des États de notre Continent et sur la politique diplomatico-militaire de cette rivalité en Asie et en Afrique, ^ moins qu’elle ne cesse, au profit de la Synarchie.

Quoiqu’il en soit, les Druses ont, sur un avenir relativement prochain, des données ésotériques qui ne manquent pas* d’intérêt. •

, Le simple Initié, ou Ukkùl, ne connaît peut-être pas le fin mot, mais les voiles du Mystère n’existent certainement plus pour l’adepte des hauts grades, pour celui que les Sages du .Liban appellent l’üwhahid.

'Les lecteurs' savent sans doute qu’Eben Saba était un Juif mêlé trSs activement au mouvement doctrinal de l’Islamisme, pendant le premier siècle de l’Hégire.

Il fut un de ceux qui contribuèrent le plus à greffer l’ésotérisme sur le culte de Mohammed.

Tel est le premier point de départ de différentes sectes, dont celle des Druses fut un résultat.

Dans leur idolâtrie pour la Bible exotérique, certains protestants agnostiques, animés des meilleures intentions, voudraient voir s’accomplir au pas de course et même à la vapeur ce qu’ils croient être les prédictions des prophètes hébreux.

Tout le monde sait que, selon Ézéchiel, les princes de Mosch et de Tobol doivent conquérir l’Asie, et livrer depuis le Caucase jusqu’à la Palestine, depuis le Liban jusqu’à l’Himalaya, des combats formidables.

On a cru t^counaître Moscou et Tobolsk,dans les noms ci-dessus.* '

Mais ce que l’on ne sait pas aussi généralement, c.’est que les Druses ont des prédictions analogues, se résumant en une bataille apocalyptique entre la Chré- tienté, Russes en tête, l’Islam avec les Indes anglaises en avant.

C’est sous les nfurs de La Mekke que la collision finale doit se dénouer, d’une manière très inattendue.

Les Cnitaristes du monde entier, depuis l’Occident européen et américain jusqu’à la Chine, à l’Inde et à Ceylan, décideraient tout à coup la querelle par l’arrivée

d’une armée formidable, et imposeraient la Paix universelle et sa Loi. ’ ’

11 est bon de dire que les Musulmans ont, dans le Korftn,^ cerlaines prophéties analogues. ' .

Dans le quarante-troisième Chapitre intitulé Les Ornements d’or, Mohammed dit : « Lui, Jésus, sera le signe « de l’Avènement de la dernière heure, n’en doute

Cet avènement joue un grand rôle dans l’ésotérisme islamite, dans ce qu’on nomme, en Orient, le Tawil et le Bœtin, le Sens caché et le Dedans de tous les Livres sacrés, le Koran y compris.

Or, il y a un compte sérieux à tenir d’autres Chapitres de ce dernier, très commentés, au sujet de l’avenir.

Dans le quatrième, par exemple, celui qui a pour titre Les Femmes, on lit ce qui suit :

« Les Juifs n’ont pas tenu compte de l’Alliance; ils « n’ont pas cru aux Signes de Dieu ; ils ont massacré les « Prophètes contre la Justice; ils ont dit : nos cœurs ne « sont pas circoncis.

« C’est pourquoi ils n’ont pas cru en Jésus^ c’est pour- « quoi ils ont avancé de* grandes calomnies contre « Marie; c’est pourquoi ils ont dit : Nous avons mis « à mort le Christ Jésus, le Fils de Marie, l’Apôtre de

« Et pourtant, en réalité, ils ne L’ont pas tué : Dieu « L’a repris Vivant en Lui. »

C’est ce même Christ qui, selon Mohammed, doit réapparaître, et régner à Jérusalem, pou? y réaliser l’Avènement du Règne de toutes les Promesses.

Mais, disent les Musulmans, ce ne sera pas sans de terribles guerres : Massacre des Juifs par l’Islam, batailles de (lOg et dft Magog, de la Russie.et de la Chine jusqu’en

Palestine, l’Angleterre vaincue aux Indes, ayant déchaîné le Céleste Enjpire sur son rival moscovite.

A la fin, èelon les Tàwiiistes, les Unitaires ou Mouâ- ha'dins .l’emporteront, à la prière de Jésus, et la Paix

sei'a fondée sur la Loi du Règne de Dieu.

‘ Je pourrais multiplier les prophéties de ce genre qui abondent dans l’ésotérisme de bien d’autres sectes, depuis l’Égypte et le Sinaï, jusqu’aux Chrétiens de saint Jean, qui se ramifient dans les Parsis et dans les autres affiliations de l’extrême Orient.

Ce qui précède suffit à démontrer qu’un royaume juif ren'contrerait en Palestine, non seulement l’engrenage carnassier des États européens entre eux, non seulement la rivalité de tous les cultes politiques de la Chrétienté, mais un dogmatisme des peuples orientaux, non chrétiens, et tendant néanmoins à tirer du Christianisme des conclusions antijudaïques, plus radicales que celles des Chrétiens eux-mêmes.

Resteraient, comme appoints, les Maronites, Juifs et Phéniciens d’origine, disent-ils, quoique excellents Chrétiens. • «

Mais ils ne brèlerônt pas une cartouche avant le partage de la 'furquie et la prise de Constantinople par des Puissances soi-disant chrétiennes, mais non synarchistes, leur offrant encore moins de garantie d’indépendance que les Turcs.

Ainsi, par la force même des choses, ils ne combattront avec les vingt-cinq ou trente mille hommes qu’ils peuvent mettre en ligne, que pour sauvegarder celte indépendance et leur autonomie.

Les Druses, si caressés par les consuls généraux anglais, pour l’importance de certains points'de leur terri-

toire et pour les quelques dizaines* de mille hommes qu’ils peuvent armer, ne seront pas moins avisés que les Maronites.

Resteraient donc, outre ces derniers, les Unitaristes'ou Mouâhadins musulmans, babistes ou wahâbites, dépuis l’Afrique jusqu’à l’Indoustan, d’accord avec .le fonds synarchique des peuples de l’ancienne Asie : Indiens', Siamois, Parsis, ïhibétains. Chinois, Japonais.

Hais ils auront le bon sens de n’intervenir qu’à, la fin , du conflit des Puissances européennes et musulmanes.

Resterait encore, en Europe et en Amérique, l’appoint des sectes millénaristes, qui attendent, elles aussi, un avènement personnel du Christ.

Mais ces dernières n’arriveraient certainement qu’après la bataille et avec la Croix Rouge, pour enterrer les morts et chanter le De Profundis.

Car la politique de l’Angleterre et des États-Unis, emporocratique avant tout, donnera bien quelques dollars ou quelques livres sterling, mais ne risquera Jamais un cuirassé ni un régiment que dans des guerres d’intérêt matériel et purement égoïstes.

La reconstitution tranquille et 'garantie d’une nationalité juive en Palestine nécessite donc la fin du Nemrodisme en Europe.

En Europe, parce que les Juifs n’ont que la Chrétiejité et son Continent métropolitain comme Alliance scientifique, donc religieuse, à conclure par la Synarebie dans le présent et pour l’avenir. .

Il s’agit donc, pour assurer la securité de cet avenir, soit sur notre Continent soit sur les autres, non seulement de Droit commun pour les Juifs, en Europe, mais.de Droit public, réel, pour les Européens,

'chose impossible sans .un Gouvernement Général, synàrchique", conforme au Programme social des Abramides, de îfoïse et de la Médiation trinitaire deJésuS' Ôlirist. .

G’ost donc toujours le même problème universel d’un État Social terrestre, anarchique ou synarchique, qui se pose, depuis trente-deux siècles aujourd’hui, devant le particularisme cultuel et social de la Direction et de l’4Uiance israélite ou juive.

Mais cette fois, ce n’esl plus seulement le problème qui est universel, ce sont ses éléments qui sont de nouveau universalisés d’un Pôle à l’autre, par les rapports matériels des peuples, qui entraîneront forcément une conclusion morale et intellectuelle, similaire.

La solution est donc plus facile et plus proche que jamais, en la prenant là où elle est, et où je l’ai montrée et démontrée à satiété.

Je ne m’occuperai ici que de son cadre, en aidant le lecteur à mesurer avec l’Étalon dorien la Judéo-Chré- tienté actuelle, comme toutes les Sociétés humaines, dont nous avons vérifié la srnté ou les maladies organiques à la lumière de la même Loi.

Science, Justice, Économie : voilà les trois Pouvoirs sociaux qui constituent le Mètre social de Ram, des Abramides, de Moïse et de la Promesse de Jésus-

Ces trois Pouvoirs sociaux n’ont aucune part au Gouvernement Général ode notre Contiiixent et par suite de la Terre entière.

Ce Gouvernement Général est purement politique et diplomatico-militaire.

C’est la ruse et la violence qui en constituënt l’essence ;

c’est donc le Nemrodisme tout entier, moins l’Apo-

C’est donc le Naturalisme, le Schisme’des Yodijas d’Irshou, qui prévalent encore au lieu et place.du Gouvernement Général selon Dieu, et s’opposent, coniiriejclit Moïse, à sa reconstitution. •

Cette opposition est-elle volontaire, ou est-elle le ré- sultat de l’ignorance? C’est ce que mon témoignage intellectuel dans ce livre et dans la Mmion den Souverajm fera irrésistiblement connaître! tôt ou tard.

Dans le premier cas, mes œuvres démasqueront les mauvaises volontés gouvernementales, et seront pour les bonnes un invincible point d’appui.

Ce Gouvernement Général de l’anti-Christ, de l’Snti- Dieu, ceux qui l’exercent et y président dans la Vie de relation des États entre eux, n’en sont nullement responsables, s’ils pèchent par ignorance.

Mais ils vont le devenir absolument, à partir de la publication de ce livre, qui éclaire et motive, du sommet de la Science et de la Religion à la fois, l’œuvrc! précé- dente, la Mission des Souverains.

La totalité des Cultes «t des Universités d’Europe, toute la Sagesse des uns, toute là Science des autres, Représentent seules l’Autorité, le premier Pouvoir social de notre Continent.

Où est celte Autorité, où est ce premier Pouvoir social dans le Gouvernement Général qui préside à la Vie de relation de nos patries?

Ils y brillent par leur absence,» et conséquemment rien ne peut être autorisé excepté l’Anarchie d’en bas par l’Anarchie d’en haut.

Iæ second Pouvoir social est^ d’un bout à l’autre de

l’Europe, toutes les magistratures de nos patries, toute la part.d’Équité scientifique que renferment leurs Godes pluè ou moihs empiriques.

Où est ce second Pouvoir social dans le Gouvernement Général de notre Continent, où est-il dans les Assemblées qpi en sont les institutions maîtresses, dans les Congrès européens, dont tout dictateur ayant en main la force et le succès des armes est le seul arbitre arbitraire.

ba réponse est inutile, et le lecteur lui-même la fera : la Justice est absente comme la Science, le second Pouvoir social comme le premier, qui est la seule et unique Autorité sur cette Terre.

Lè troisième Pouvoir social est l’Économie, et elle se définit dans la Vie de chacun de nos peuples sous les cinq chefs suivants : Finances, Industrie, Agriculture, Commerce, Main-d’œuvre.

Où est ce troisième Pouvoir social dans le Gouvernement Général de la Totalité de nos Patries?

Il n’est même pas représenté dans leur Vie organique, par une Institution synthétique, par une Chambre économique, .à plus forte raison dans leur Vie de relation.

C’est donc bien le Nemrodisme, le Naturalisme physique, l’Empirisme des tiers Ordres depuis Irshou, l’Anarchie au premier chef enfin, qui président aji Gouvernement Général de notre Continent et de ses Colonies, depuis le traité de 1648 principalement.

Il en résulte la guerre à l’état endémique, même pendant la paix, et al résulte aussi de la même folie et de la même iniquité la ruine économique.

Dans la Mission des Souverains, j’ai fait, suivant la Méthode dorienne, de haut en bas, de l’üniversel au Particulier; tout le relevé des conséquenebs qui s’en-

chaînent à cette première Cause* révolutionnaire, et, plongent de ce sommet jusque dans les abîmés sociaux de toutes nos Patries. . ' ,

Je n’y reviendrai donc pas ici ; n\ais je l’ésumerai,eh quelques mots la Mission des Juifs depuis trente-.deux''

siècles, avant d’arriver aux conclusions du présent livre.

Moïse n’a institué un peuple que pour servir des Principes et des Fins universels, tant dans l’Esprit gé- néral que dans la Vie sociale du Genre humain.

En ce qui regarde l’Esprit général, il a voulu sauver des Temples d’Égypte les livres de Science les plus importants, la Cosmogonie principalement, seule Synthèse possible de toute la hiérarchie des Sciences humaines et naturelles.

Outre leur caractère égj'ptien et kaldéen, ses œuvres hermétiques portent la marque des plus antiques Universités doriennes, où la Science et la Religion ne faisaient qu’En, où le Dieu Suprême était positivement délini dans l’Humanité sous le Nom de Dieu de la totale

En ce qui regarde la Vie de l’Etat , Social terrestre, comme en ce qui a trait à son Esprit univefsel, Moïse a repris le Programme des néo-raraides, essentiellement anti-nemrodique et ayant pour Loi scientifique la Synàrchie.

C’est cette même Loi qu’il a appliquée dans la Constitution sociale de son peuple, symbole particulier de son but cyclique.

Pendant quatre cents et quelques années que ce peuple a été assez sage pour se maintenir dans celte Loi, il a été heureux, et aucun désastre ne l’a atteint.

A partir dq la royauté cl de la subordination des trois

JPouvoirs sociaux à ce Pouvoir politique, l’Autorité s’est abaissée,' la Science s’ est voilée, et, dans sa Vie de re- . lation comnoé dans sà Vie organique, la direction d’Israël tl perdu peu' à peu. la notion des Principes et des Fins ' universels que Moïse et les Abrainides avaient eu en vue.

Le Gouvernement Général du Monde selo’n l’Ordre de Nemrod est demeuré intact, et en croyant pouvoir s’appuyer sur lui, la direction juive a fait anéantir Israël, et n’a retardé son propre démembrement que de quelques siècles.

Dès lors, c’est le second Ordre de l’ancienne Synarchie mo'isiaque, qui, par les communautés laïques des Prophètes, a maintenu la Tradition de la Connaissance et celle de la Constitution sociale du Genre Humain, conformément aux Principes scientifiques de Moïse et à la Loi trinitaire qui en découle.

Quand le triomphe du néo-Nemrodisme romain est arrivé jusqu’à la déification des Césars, Jésus-Christ a résumé en Lui toute la Science de Moïse et des Prophètes, avant de faire Son témoignage messianique de trois ans.

Il n’avait pas à formuler la Science, puisqu’elle était renfermée, quant aux Principes, dans les cinq Livres hiérogrammatiques de Moïse, et puisque la Loi des Mystères établie dans toutes les Universités sacerdotales du Monde, quelques siècles après Irshou, était encore en pleine vigueur.,

Jésus-Christ, conformément à la règle des anciennes Initiations divisées en séries d’Enseignements et d’Examcns, a appelé l’Humanité tout entière à ce que tous les Temples nommaient la Préparation, la<^Purifieation,

la Perfection, non seulement . de IMndividü) mais de • l’État Social terrestre tout entier. • •

De plus, Il a indiqué l’Esprit caché sous Fa Lettré des textes de Moïse, établi, comme tous le§ prophètes, la dii-* férence ‘entre le culte ethnique et la Religion uniyer- ' selle, indiqué enfin dans Sa Prière et dans 3a Promesse le rétablissement à venir du Règne de Dieu dans l’IIurna-- uité, et par conséquent de Sa Loi scientifique dans Iç Gouvernement Général des peuples.

C’est ainsi que l’Israëlitisme a été reconstitué dans et pour l’Humanité entière, dont les douze tribus de Moïse ont été le symbolisme premier.

A partir de ce moment, l’Autorité sur cette Terre a «té redressée, crucifiée, en face du Nemrodisme et par lui, on la Personne de Jésus-Christ, le dernier des fils de Dieu de l’ancien Monde, le Premier et l’Unique du nôtre.

Cette crucifixion dure encore, mais il est à remarquer que depuis Jésus-Christ, d’aucun point de la Terre que ce soit, un Missionnaire des deux premiers Ordres anli- • ques n’a accompli de témoignage comme Fils de Dieu, dans le sens qu’attachaient à ce mot les anciennes Universités. ,

L’apothéose de Jésus, sa déification, non seulement intellectuelle et spirituelle, mais matérielle, a arraché polir toujours les attributs divins aux nemrodistes qui les avaient usurpés, depuis Ninus et surtout depuis Bélochus.

Et cela a eu lieu précisément au moment; où la nation juive venait d’étre démembrée par çe même Gouvernement Général, contre lequel avait été dirigé le mouvement intellectuel et social des Abramides et de Moïse.

Ces derniers ont fixé le centre de ce mouvement ; Jésus-Christ e» a déployé le rayon et décrit la circon-

rérençe : ûne moitié /du Genre Humain est renfeimiée désormàis dans ce Cycle judéo-chrétien, dontMohaiiimed a généré le ^second hémisphèr.e.

A. pa'rtir de ce moment, les Juils dispersés à* travers toutes les nations encore gouvernées par le Nemrodisme Jusqu’à''nos jours, ont été sous la Loi de la Crucifixion, après s’être identifié à celle des crucificateurs de l’Autorité sur cette Terre, depuis leur alliance avec le Césarisme ninivite. '

Ils ont été le sel et le ferment de la Vie chez les peuples chrétiens, et ils y denaeureftl absoldment irresponsables du Mal dans le Gouvernement -Gcnéual de ces pejiples, que ce Mal soit voulu avec ou Sans connaissance de cause.

Les résultats de la Mission des Juifs identifiée à celle dé Jésus-Christ depuis la ruine de J||rusaleni sont immenses, universels, et j’en rappellerai ici quelques-uns,

Dans l’ordre intellectuel, toutes nos Universités sont redevables aux Talmudistes et aux Kabbalistes, comme nous l’avons prouvé ^ns ce Chapitre.

Dans l’ordre moral, la puissance actuelle de l’Opinion publique doit sa foixe à la laïcisatimi de l’Esprit chré- tien des/J^y^^es et aussi, dans*; une grande mesure, au soufflé profondément démoenttique des communes juives et à l’institution de la Franc-Maçonnerie derrière laquelle j’ai indiqüé fînlluence des Kabbalistes,

Dans l’ordre matériel, la Chrétienté européenne est redevable aux communes juives *de presque tous ses progrès économiques.

C’est grâce aux patientes et puissantes énergies couvées pendant plus de quinzç siècles dans les familles hétwaï- ques, c’est grâce à l’antique entrainemeni, phénicien des

Juifs et à leur maîtrise des leviers de i’Emporocratie que l’Europe doit en grande partie sa.puissaçce da-ns cet ordre de faits. J ’ * ’ .

Si, malgré le Nemrodisme, nos Étal% subsistent encore , économiquement, s’ils trouvent Je moyen d’équilibrer tant bien que mal leur budget, c’est grâcô à Venteiite exceptionnelle que les Juifs ont des finances, depuis près de trois mille ans, c’est grâce aux emprunts d’État, dont ils sont les premiers souscripteurs, et qui, sans eux, sans leur action puissante, n’auraient pas pu s’effectuer.

De même, dîfrrîèro la mise* en train de toutes les industries qui nécessitent des groupements de Collectivités, en faisant le relevé de toutes les compagnies industrielles actuelles, on trouve que lés trois quarts sont dues à l’initiative juive.

Depuis l’invention de l’imprimerie jusqq’à celle des chemins de fer, oii trouve partout l’activité solidaire des Juifs poussant à la l’ouc de tous progrès, et s’ils n’inventent pas, ils adaptent à la Vie les créations de l’Esprit.

Le monde du travail manuel letif est donc redevable aussi bien que celui des travaux de l’intelligqnce appliquée à une branche quelcomjue de l’industrie.’

Ce sont là de réeft servipes qui, au tripHpçrint de vüo intellectuel, moral et matériel, sont paralfëîèset identiques au Principe sefentifique et à la Fin sociale que Mo’isc et Jésus-Christ ont eu en^ue

Ces services ont valu aux Jîîusr un relèvement aussi grand qu’avait été leur abaissement; mais c’est ici que le danger commence pour eux. ».

Forcément émancipés du Talmud, les plus puissants parmi eux, les plus nombreux aussi, excepté en Pologne et en Russie,, eommencent à s’identifier de nouveau,

comnieàiiabylone, avec la direction générale des Sociétés chrétiennes., .

. Ils y perdent leurs vertus antiques, ils y gagnent nos vices moderqes, etia fantasmagorie de notre*çiviiisation leur masque, comme à nos gouvernants, causes de ruine qui trâvaillent notre État Social.

Déjà même, l’ignorance ou la passion rééditent contre eux, contre leur puissance, contre leurs succès le vieux thème d’Aman vis-à-vis de Mardochée et de ses coreligionnaires.

Grâce à mille causes, la Société juive telle qu’Esdras l’avait reconstituée, telle que le Talmud l’avait conservée jusqu’au commencement de ce siècle, n’existe plus et ne peut plus exister.

Les Juifs civilisés sont des Judéo-Chrétiens de fait, c’est-à-dire membres de la Judéo-Chrétienté, son Esprit dans la tête, sa Morale dans l’âme, ses intérêts dans ’ toute leur vie.

Il faut donc que celle-ci soit non seulement libérée du Moyen âge et de tous ses reliquats : elle l’est de fait, si l’on^envisage la puissance irrésistible de la Force morale et de l’Opinion' publique du Monde

Mais après la libération, on ne peut en assurer les bienfaits qu’en les constituant socialement, de peur qu’étant à la merci des mêmes Causes générales de destruction que toutes les Sociétés humaines depuis près de cinq mille ans, ces mêmes Causes, dont la première est le Gouvernement Général du Monde selon l’Ordre de Nerarod, n’amènent inévitablement les mêmes effets désastreux.

La noüvelle*Ère conforme à l’Intellectualité voilée du Cycle des Abraraides, .de Moïse et du Christ Glorieux, est

partout préparée, mais elle n'^est nulle part organique-' ment instituée.

C’est la JiOi de cet Organisme queq’ai eu pour but'de^ vérifier sçî^tifiquement et historiquement dans ce livrée, et comme les Juifs sont les témoins des «siècles, c’eçt devant eux fife j’ai voulu faire cette vérification.

Dans le Chapitre suivant, dans le résumé de cette œuvre, nous en condenserons tout l’esprit; et nous cou cluerons.

Ici, je tiens à dire encore une fois que la Synarehie des, trois Pouvoirs sociaux est une Loi purement et simplement scientifique, comme le leclteur a pu s’en conva?incre dans toutes les démonstrations précédentes.

Comme telle, elle peut et doit servir de Mètre à tous les gouvernants, quelle que soit la forme politique desgouvernements,

Un empereur nemrodique, en redressant son peuple d’après ce type, redeviendra forcément un roi de Justice, le chef couronné de toute l’Assemhlée des Corps juridiques de sa patrie. ,

Les Empereurs chinois remplisseftt cette dernière condition depuis plus de quatre mille ans.

Un roi absolu, en se conformant à la même rectification scientifique, redeviendra du même coup Roi de Justice, comme l’ont été les Pharaons égyptiens depuis Ménès jusqu’à l’invasion des Hyksos.

Dans les pays où la monarchie consytutionnelle existe, lorsque la démonstration de l’insuffisance de cette forme de gouvernement politique sera faite par la pression des questions sociales, méconnues, la rectification synarchique, la transformation de la dualité des Chambres

‘politiques en trois Conseils sociaux s’opérera encore assez facilement.

Ce monatque et les délégjiés de la nation devront alors f^ire proposer cette réforme par les Cultes, les Universités, les Corps juridiques, les Corporations économiques, si directement intéressés à la Synarchie, et "possédant une puissance invincible, pour incliner à leur bonne volonté les politiciens qui tenteraient de mettre lejir mauvaise èn travers.

Dans les républiques, cette réforme est plus difficile, parce que l’Esprit public diffus, armé du Suffrage universel, y est en masse moins informé et moins actif que les gouvernants dans les monarchies.

Le Souverain étant le Peuple tout entier, est divisé contre lui-même par des opinions et des partis, dont l’éducation est difficile, parce qu’ils opposent entre eux leur passion du Pouvoir et leurs instincts dominateurs.

On peut éclairer et convaincre, soit un seul homme, soit une sélection suffisamment instruite d’individus; mais quand le plus grand nombre est accoutumé à prendre son Pouvoir électoral pour une Autorité, quand, par cela seul qu’il est de fait souverain, il s’entend formuler sa propre ignorance par ceux qui attendent tout de lui, comme dans les monarchies on attend tout du monarque, il n’est pas facile d’arriver à l’intelligence et à la conscience réelles d’une nation.

L’écrasement des Pouvoirs sociaux par les pouvoirs politiques y saute d’autant moins aux yeux que tout le monde semble avojr part â ces derniers, et, pour appliquer la Réforme synarchique, il faut attendre l’heure où les crises sociales, inévitables, mettent à nu les plaies et nécessitent deS' décisions.

J’indiquerai dans les conclusions qui vont suivre com-

ment, en ce qui regarde la France* la Synarc,Vie peut’ y être réalisée, en s’appuyant sur le. Suffrage Universel, pour remettre la Nalion en possèssion de se% trois Pouvoirs sociaux.

CONCLUSIONS

Dans la Mission des Souverains, j’ai dressé en [)l«ine Chrétienté le Gnomon de la Synaicliic, d’une manière purement dorienne, n’expliquant le Principe que par les conséquences de sa violation.

J’ai pu ainsi écrire l’Histoire du Gouvernement Général de notre Continent avec une véritable méthode scientifique, en faire le contrôle mathématiquement exact, relever ses anarchies culminantes ou secondaires point par point, plan par plan, et démontrer la nécessité de les faire cesser par une rectification géoinétrique des rapports internationaux.

Dans la Mission des Juifs, j’ai dressé le même Gnomon à travers tout l’Esprit et toute la Vie de l’Humanité depuis près de neuf mille ans.

Cette fois, j’ai employé la double méthode dorienne et ionienne, que les anciens Sages n’oppdsaient jamais, mais vérifiaient l’une par l’autre, ppur tout ramener à l’Unité de la Loi, soit dans la Science, soit dans la Vie.

Je crois avoir fait cette double vérification d’une manière aussi rigoureuse, quant au Principe, que dé- monstrative, quant aux Faits.

Comme le précéctent, Je présent Livre n’est destiné qu’à un ^'petit nombre de lecteurs.

C’est la qualité, non k quantité, qui importe.

' Parmi les Cultes,, parmi les Universités, ce ne sont ni ies fidèles ni les élèves que je veux éclairer, car ce soin appartient aux prêtres, aux rabbins, aux pasteurs, aux professeurs. ,

C’est l’élite enseignante que je veux rapprocher dans une même vue d’üniversalité, sur un même plan de Synthèse, dans un môme but de Réforme.

Je crois que chacun doit demeurer dans le culte où il est né, et rapprochement ne signifie nullement dans ma pensée confusion ni fusion.

4ans un orchestre, l’Harmonie n’existe que parce que les parties et les instruments sont différents.

Jusqu’à présent on a fabriqué les instruments, et chacun d’eux s’accorde isolément de son mieux ; m^is on ignore la Symphonie divine que l’on a à jouer ensemble.

Je viens de la reconstituer, en rétablissant l’antique basse fondamentale, qui a déterminé la possibilité de l’Harmonie présente et future.

J’indiquq'la somme, le total de Science et de Religion synthétiques dont la Judéo-Chrétienté est susceptible, et je ne lui fais entendre les accords du passé que pour en ramener l'Alliance et TUnité dans le présent et dans l’avenir.

Quant aux classes civiles et surtout aux partis politiques, je n’y cherche pas davantage l’applaudissement de la multitude, mais l’assentiment d’une élite à une même Orientation, *à une même Maîtrise savante.

L’expérience historique dont celte œuvre est le vèrbê, réclame des gouvernants plus de Liberté q:ue les radi-

caax, plus d’ Autorité que les conservateurs, plus d’Égalité que la Démocratie, plus d’ Aristocratie personnellê qué la Légitimité, plus de Fraternité que le Socialisme, plus de Hiérarchie vraie que les défenseurs. politiques du Tnône

A la lumière de l’osotérisme de Moïse et de Jésus, j’ai vérifié tous nos progrès intellectuels et civils, et, loin de les redouter, j’affirme qu’il faut en étudier, en pré- parer, en accomplir bien davantage.

N’ayez donc pas peur, hommes de peu de foi.

C’est en avant et non en arrière qu’il faut marcher, pour rejoindre dans la Vie sociale l’Esprit scientifique de vos deux Testaments, sa Loi trinitaire et la Paix de sa

Sans Science synthétique , sans Loi organique, sans Ciel fixe, sans boussole orientée, vous pourriez craindre la marche en avant.

C’est pourquoi j’ai vérifié pour vous la Loi du Règne de Dieu par la Science, et réciproquement.

Moïsiaque et Chrétien , j’ai déroulé devant vos yeux près de quatre-vingt-dix siècles du Livre de Vie écrit historiquement par votre Race européenne sous tous les deux de cette Terre. ,

Votre Judéo - Christianisme exntérique en a scientifiquement grandi d’autant; et cessant d’être exclusif, il renferme enfin dans son Universalité, dans son Catholicisme intégral, tout le passé, tout le présent, tout l’avenir intellectuel et social de l’Humanité.

Cessez donc de rêver l’impossible, un recul du mouvement judéo-chrétien, soit vers leTalmud, soit vers la Dogmatique alexandrine, soit vers la primitive Église, soit vers les errements empiriques des États.

Des hommes comme Moïse et Jésus, en remontant par la Science ^«t par l’Inspiration jusqu’au plus haut som-

met de l'Esprit et d6 la .Vie, ont vu des horizons sans borne, ‘un'avenir sans limite, ils en ont créé lé Principe,

‘ et nous ont <îommis le Hievoir d’en pousser sans cesse eO avant tdùtés lesconséquences, au lieu de vouloir les

fefréner. '

• C’est pour mieux sauvegarder l’avenir et le mieux préparer, que j’ai respecté davantage tout le Vrai des États Sociaux antérieurs au nôtre.

J’en ai respiré et accepté tout l’Esprit, embrassé et possédé toute la Vie, toute la hauteur, toute la profon- . deur, toute la largeur.

Sursum cordai enfants de Moïse, Surmm cordai enfants de Jésus-Christ, car tout ce qui vous a été promis vous sera donné par la Connaissance et par la Vie, si vous savez aimer et vouloir le Règne de Dieu dans l’Humanité.

J’ai plongé à corps perdu dans l’Océan du Temps écoulé, et j’en remonte avec la coupe des Promesses sacrées, resplendissante de tous les rayons de la Sagesse et de la Science divines de ceux qui nous en ont faits légataires.

Buvez-y donc à plein bord tout l’Esprit de la Science présente et future : il est de^même Essence que cette Sagesse et que cette Science antiques, et, de plus en plus, les deux , se vérifiant l’un l’autre , ne feront qu’ün.

Du sein de l’Universalité antérieure des faits, des enseignements, des âges, des milieux humains, je suis rentré dans la Judéo-Chrétienté, plus Moïsiaque, plus Chrétien, plus Européen, plus Français que jamais.

Je suis d’autant plus épris de Science, de Civilisation, de Perfectibilité, de Progrès, de Mouvement, que j’ai . salué plus pieusement et avec plus de certitude mathé- matique l’Absolu Vivant, la fixité de ses Principes éler-

neù dans l’ünivers, dans l’État Social, et que j’aiassocié avec plus de respect ma voix au choeur tous les Synarchistes antiques, à tous leurs enseignement^ proférés ou secrets. ,• ' • , •

Tous ont glorifié le même Dieu dans la même* Syn^ thèse de Connaissances, dans la même Loj sociale, recevant la même Lumière à travers le même prisme, quitte à en distribuer diversement les rayons, suivant la réceptivité variable des milieux humains.

Je suis d’autant plus passionné de. Religion et d’Ordre social, de Synthèse, d’Harmonie, de Perfection dès cette Terre, que je n’ai reculé devant aucune audace de la volonté ni de la pensée, dont la liberté absolue est la condition de développement et de fixité par assentgnent conscient.

L’amour de la Science donne la science du divin .\mour, et Psyché sut aimer en allumant sa lampe, l’Amour ne le sut pas et ne fut que physique, en ayant peur de la céleste Lumière, et en s’envolant.

De vérification en vérifications, de clarté en clartés, j’ai éclairé jusqu’au fond de l’âme tous le.s Temples de toutes les Sociétés, j’ai voulu soulever tous les voiles, j’ai osé braver la folie ou la mort en sondant tous les lHystères, et, plus que jamais, j’adore avec une invincible certitude le même Esprit, la même Vie, la même Loi de leur Union sur la Terré comme aux deux, dans l’Étal Social comme dans l’Univers.

Plus l’intelligence humaine s’ouvre, déploie son en^ vergure, monte et embrasse scientifiquement de plui vastes horizons, plus l’Esprit divin y resplendit, et s’y fai Vie, en unissant en elle tout ce qu’il y trouve divisé, e! en lui montrant l’Unité de toutes choses.

. Cela est ainsi, non 'seulement pour les individus, mais pour lefe (ibllectiyités intellectuelles et sociales.

Lat,Splendedr de Dieu -dans l’Humanité se mesure à ri'ntensité de la Sagesse et de la Science humaines, à la Puissance et à' l’Autorité sociale des Corps enseignants, à l’Union des esprits, à la paix des cœurs, au bonheur des peuples. ’

Tandis que la direction empirique des États s’en éloigne, les U*iversilés et les Cultes, la Civilisation et les Mœurs se rapprochent de cet apogée radieux, de ce que , l’ésotérisme hermétique des Abramides et de Moïse appelle l’Éclat des Gloires, la Répartition des Trophées.

Popr le montrer à ceux qui ont la responsabilité des enseignements et le devoir de redevenir l’Autorité sociale, j’ai dû examiner profondément leurs yeux, en abattre les cataractes, et ma pensée, qui n’est qu’amour, a dû se faire acier, et ne pas trembler d’opérer pour guérir.

Ce sont les Corps enseignants, et non les politiciens, qui, dans l’antiquité la plus profonde, ont scientifiquement dégagé .Cette Loi du Règne de Dieu, cette Constitution trinitaire, ces trois-^Pouvoirs sociaux, cette condition sine qm non du Gouvernement Général de la Sagesse, de la Justice, de la prospérité. •

Cette Loi, cette Constitütiofl^rîfiittdre, ces trois Ordres sociaux, je ne les ai pointffnvéntés, car on n’invente jamais rien, je n’ai fait qü^'tes vérifier ; et c’est encore aux Universités antiques et modernes que je rends hommage et gloire de cette lumière, dont la jouissance me vient d’elles.

. Indes, Iran, Thibet, Égypte antique, Chine, Japon,' Israël de Moïse, Hellade d’Orphée, Rome de Numa, Judée

des prophètes et de Jésus-Chris.t : voilà les témoins de la Vérité de ce Livre et de la Loi sociale qu’il a vérifiée dâns le passé, testateur de tous les Principes enbours d’aetion et d’accomplissement dans le présent et houi* l’aveoir.

La Judéo-Chrétienté actuelle, sa Raison,’ sa SforaJe pifbliques, frappant d’immoralité tcnite Politique radicale, soit monarchique, soit républicaine, sa nostalgie inconsciente de la même Loi sociale, trinitaire, s’affirmant, à travers tous ses progrès, à travers toutes ses Facultés perfectibles travaillées d’en haut par la Perfection : voilà les premiersrésultats vivants du mouvement de Moïse et de Jésus-Christ.

Jusqu’à présent, celte vérification de l’Esprit religieux par le mouvement diffus de la Vie n’a fait que préparer le divin Règne, la Constitution sociale, universelle, que ses fondateurs ont eu en vue.

Toute genèse a son Septénaire de Jours cosmogoniques, et nous en sommes au septième Jour de la genèse judéo-chrétienne.

Üe môme qu’il faut que l’atmosphère soit purifiée pour que le Soleil y resplendisse aux yeux, de même il faut que l’intelligence ouvre toutes^ grandes ses facultés scientifiquement informées, pour que le «Christ Glorieux puisse s’unir à elles. >,

Comme les PyréeS Æéur^tques du Sinaï, comme les flammes delà Pentecôte, le Jîfdéo-Christianisme a purifié d’un feu moral irrésistible d'Océan des Ames individuelles, il l’a fécondé de son Esprit, il l’a animé de sa Vie et de son mouvement invincibles, et c’est beaucoup.

Mais, si l’exotérisme humain du Judéo-Christianisme sembla le limiter à cetteaction morale, primaire, si importante déjà, son ésotérisme divin ne s’arrête pas là

en PriBcijpe, et doit, ^ en Acte, embraser et illuminer du même Esprit to.us les degrés de Fa Vie collective, du haut en bfls.de tout le Corps social judéo-chrétien, et, par la Rènowitiorï organique de ce dernier, ramener à la Loi du Règnte de Dieii, la Vie de relation de tous les peuples de la Terré. . .

• A aucune époque des fastes de l’Humanité, tfn ensemble. de Sociétés inlèllectuellement et moralement uni/iées n’a offert le spectacle consolant d’une Culture individuelle de la Raison et du Sens, moral plus puissante que la Judéo-Chrétienté d’aujourd’hui.

Et de si belles prémices d’une moisson plus belle encore iraient s’anéantir dans la fosse commune des empires arbitraires, grâce au Nemrodisme en haut, grâce au Naturalisme révolutionnaire d’Irshou en bas, grâce à l’Empirisme politique partout^

Quoi! le miracle moral opéré sur les individus ne monterait pas intellectuellement deux degrés de plus, pour s’accomplir dans les Institutions qui doivent régir la Vie organique des peuples, puis le Gouvernement Gé- néral qui en préside la Vie de relation?

Quoi! la Loi anarchiste du Taureau subsisterait triomphante après quarante-six siècles d’expériences mortelles à tout ordre social?

Elle ne serait pas enfin remplacée par la \m synarchique de l’Agneau, gravée, depuis dix-neuf siècles bientôt, dans tous nos cœurs, et qui, jusqu’à Moïse, a fait ses preuves de vie, en donnant plus de quatre mille ans de bonheur, d’Ordre; de Liberté et de Paix au Genre Humain tout entier?

Qu’attendent donc ces prêtres de l’Agneau, qu’attendent donc ces souverains chrétiensr, qu’attendent donc ces gouvernements et ces peuplés, dont tous les membres individuels portent le divin Signp^ et dont le

Corps total pourtant, subit encore* la marque du: Signe infernal et de la Béte?

Ils ont peur d’tin fantôme : l’avenir; (fain esprit : le progrès; d’une folle, qu’un peu de .Vérité,’ de Justice *et de Bonté rendrait sage : larévolution. * ’ ' •

Et, grâce à cette peur, l’Europe recuje de dix-lîuit siècles, jusqu’en plein Nemrodisme romain, que dis-je! de trente et de quarante siècles, jusqu’en plein empirisme babylonien et ninivite!

J’espère avoir rassuré, ces craintes, qui ne proviennent que d’une profonde ignorance religieuse et sociale.

Pour le faire, j’ai dû parler haut et fort, en prêtant aux faits le verbe enseignant qui leur convient. ,

La plupart des lecteurs sont désormais Convaincus, je l’espère; la plupart aussi demanderont : Que faire?

Je vais m’efforcer de répondre à cette légitime interrogation d’une manière aussi claire et aussi terre à terre que possible.

Ni conservateurs, ni destructeurs, mais alliés du Créateur, nous, Synarchistes, conformémqnt à la Promesse des néo-ramides, de Moïse et de Jésus-Christ, voulons TAvènement de la Loi sociale du Règne de Dieu 'sur la Terre comme au Ciel.

Nous le voulons par et avec tout ce qui existe actuellement dans l’Esprit et dans la Vie de toutes les Sociétés Judéo-Chrétiennes.

Science, Justice, Économie : Voilà en trois mots toute la Loi du Règne divin, toute sa constitution, dont il faut rétablir les trois Pouvoirs et les trois Ordres sociaux.

Voilà ce que les Testateurs de nos deux Testaments attendent de /tous.

. Ainsi peuvent et ttoivent être abrogées, en Europe, la Loi du Nelhroâisme présidant la Vje de relation des ËtatjS, — d^as chaqjje pays, la. révolution minant sa Vie organique par en ‘bas, cpmme le Nemrodisrac par en haut.

Tout Judéo-Chrétien pris individuellement, veut-il,

oui ou non, qelte Loi sociale du Règne de Dieu, aussi sldiplement, aussi nettement définie : Science, Justice, Économie? '

Oui; j’affirme que du Pape au dernier des prêtres de n’importe quel culte, des Supérieurs inconnus aux deruiers des francs-maçons, du religieux jusqu’à l’athée, tout homme qui pense souhaite cela.

J’affinne que, du premier des Savants de nos Universités Jusqu’au dernier des ignorants, tout homme comprend ou peut comprendre et désirer cela.

J’affirme que, depuis les empereurs, les rois et les présidents de républiques jusqu’aux derniers des juges de paix, depuis les membres les plus réactionnaires des parlements jusqu’aux nlveleurs révolutionnaires les plus radicaux, tous sentent de même sur ce point.

J’affirme enfin que, depuis le plus informé des économistes, depuis le plus raOiné des ploutocrales, jusqu’ au plus a^gnostique et au plus iconoclaste des, socialistes, il ne peut pas y avoir de division sur cette question ainsi posée dans sa pure et simple vérité.

Qu’il se lève, où qu’il soit, quel qu’il soit, celui qui' dira : Je veux l’ignorance, je veux l’iniquité, je veux la

On lui indiquera la route d’un hôpital de fous.

Ces trois points fondamentaux une fois acquis, examinons'comment cl par qui les Pouvoirs sociaux de la Science,, de la Justice et de l’Économie peuvent être dressés en. trois Ordres. .

Le premier Ordre appartieal à fous les Corps enseignants réunis, mais il faut les réunir. ..

Le second appartient à tous tes Corps .iûtidiqueSî rassemblés, mais il faut les rassembler.'

Letroisième appartient à tous les Corps économiques rapprochés les uns des autres, mais il f&ut Iqs rapprocher.

Qui rapprochera, qui rassemblera, qui réunira dans ces trois Ordres leurs éléments sociaux, respectifs, aujourd’hui divisés, opposés, déprimés par le Pouvoir

Qui? Ce même Pouvoir politique, s’il veut se transformer pour dureiv et abroger la Révolution en lui retirant toute cause morale, toute autorisatioti.

Et il le voudra, parce que la Raison, la Morale el l’Opinion publiques judéo-chrétiennes, le voudront de plus en plus, et on les bravera de moins en moins impunément.

Cette Raison, cette Morale, cette Opinion publiques, voudront de plus en plus cela , avec une volonté invincible, parce que ces conquêtes du Judéo-Christianisme laïque ne sont pas encore constituées à l’État de Pouvoirs sociaux, et il faut qq’elles le soient. •

Il le faut, pour que l’Einpirislne, le Nemrodisrac, le Naturalisme politiques n’en ruinent pas les bienfaits, et par suite, la Judéo-Chrétienté.

La Lumière produit la \ie, et cette Lumière est faite, en ce qui regarde la nécessité de la subordination de l’Empirisme politique à la Science, la Justice, à l’Économie.

Il faut donc en organiser les trois Pouvoirs sociaux -par le pouvoir politique existant, quel qu’il soit, où qu’il

soit,! eu s’appuyant sur les éléments des trois Ordres,

(ju’il faut ^S’approcher et constituer sur leurs plans spé

ciaux. . ’

Icii’le. prendrai pour pôint de départ la France, la pre- . mière d^s nations jodéo-chrétiennes, la moins idolâtre (ie ,1a' lettre des deux Testaments, mais la plus et la mieux vivifiée «par leur Esprit.

’ Oui, quoi qu’en disent les politiciens du passé, les pié- tistes du dehors, cette Patrie est toujours la fille aînée non, de l’Église des clercs, mais de l’État Social du

Que les autres travaillent autant pour le Bien général de toutes, qu’elles soient aussi chrétiennes, non pas seulement le dimanche, mais tous les Jours de la semaine, qu’elles mettent en acte le Christianisme, et qu’elles le traduisent en opinion publique aussi vivante, et elles vaudront la France.

Je connais ma patrie jusqu’au fond de sa pensée, qu’aucune doctrine sectaire ne doit prétendre formuler, je la connais jusqu’au fond de son âme, de son cœur, de ses énergies vivaces pour le Vrai, le Juste, le Bien universels et absolus.

Les sectes, les partis, les classes dissociées ne feront jamais rien d’un pareil peuple,, et, sous leurs gouvernements successifs, il aura l’air de sommeiller et de s’abdiquer lui-même.

Pourquoi? Parce qu’au fond il est antisectaire, antipartiçulariste, et qu’il faut à sa Vie collective la Constitution sociale qui répond au caractère universaliste de son Esprit. ‘

La France est cathoUqué dans le senS profondément religieux, scientifique, synthétique, lintiseclaire et ’ antipofitique de ce rnot : C’est Totit oii avec çÜé.

<Sa iliiévohition même est du Cathdlicisme(/eivtl, sqn

Encyclopédie même est du Cailiolfcisme rationnel, sat Langue est un inslrument d’universelle précisjfon, et lorsqu’elle s’affirme dans la Science, c’e'st encpfe eu mettant son Esprit en rapport avec toute la Terre, et^eu déterminant pour tous les peuples du Monde l’Unité.dê Mesure, de Poids et de Nombre.

C’est pourquoi j’affirme que la Synarchie, qui n’est que la même Unité harmonique, trinitaire, la même Loi appliquée à la Constitution sociale des peuple?, est la jvinsée profonde de la France, sa passion consciente ou non, et qu’elle est la condition de son redressement dans la plénitude de sa propre hauteur, le Mètre de son Esprit dans sa propre Vie.

C’est une chose bien simple que l’Unité harmonique* et trinitaire de Nombre, de Poids et de Mesure, et c’est en brisant cette Unité de peuple à peuple, que le Schisme d’Irshou, le Naturalisme physique, l’Empirisme et le Nemrodisme ont commencé.

C’est une chose bien simple que le rapport de la circonférence du cercle à son centre et que la Loi trinitaire de TC : tout aussi simple est la Synarchie.

Le Mètre et la Balance, entre les mains de Lavoisier, ont mis fin à l’Empirisme scientiforme ; la Synarchie qiettra également fin à l’Empirisme politique.

Mais, comme c’est une Loi scientifiquement exacte, il ne faut pas ruser avec elle, il faut l’appliquer savamment et exactement, ou ne pas s’en mêler.

Qui appliquera cette Loi à la réforme organique et à la Corisfitution sociale de la France ?

wîe n^indiquerai ici que la facilité de la transition de tout gqnyiîrnement politique à oâ ordre social, afin de bien iprouvçc que iâ Synéchie, Loi purement sociale,

Se prête à la réctificatia» de n’importe quel gouvernement politique,.

On’ commencera par la faire plébisciter, en Principe, puisqu’on ■ France le Souverain e.st la Nation entière, ârpiée du Suffrage universel.

Ce plébiscite adoptera à une immense majorité le Principe de cette Réforme, car le Vrai, le Juste, le Bien nettement formulés sont toujours compris par ce tpays.

^la Nation veut la Constitution des trois Pouvoirs sociaux suivants : Enseignement, Justice, Économie ; elle veut de plus que toute fonction publique, quelle qu’elle soit, ait pour condition l’Examen par l’Autorité enseignante.

Telle pourrait être la formule du plébiscite.

' Dans ce but, la Nation donnerait pleins pouvoirs politiques au gouvernement existant pour modifier le régime parlementaire dans ce sens, et cela avec le concours des deux Chambres.

Je souligne ce dernier point parce que, dans l’état actuel de l’Europe, il est de toute importance de consolider notre gouvernement et de ne l’exposer à aucune tempête intérieure.

Le délai dé ce plein pouvoÿ* serait lixé à x années, et la période constituante serait alors déclarée close, la Constitution nouvelle en vigueur.

Jusqu’au délai fixé, la Constitution actuelle serait maintenue, ainsi que les deux Chambres.

Outre leur fonctionnement actuel, les deux Parlements en adopteraient un nouveau, en ce qui regarde le travail constituant.

Tous deux réunis se diviseraient ensuite en trois Commissioiis formées de la manière suivante :

Les sénateurs et les députés appartenant professioiinellement soit à l’un des Cultes judéo-chrétiens, soit à

i’üniversité, soit aux Académies, soif aux Écoles spéciales? de l’État, soit aux dignitaires de la Frapc-Maçonnei ie, formeraient la Commission constituante dé* la première

Chambre à venir. .• ’ • ,

IjCS sénateurs et les députés appartenant à la magistrature assise ou debout, ou diplômés del’École de Droit, formeraient la Commission constituante de la secondé Chambre à venir.

Les sénateurs et les députés appartenant à l’une (Jes sections économiques, Finances, Industrie, Agriculture, Commerce, Main-d’œuvre, formeraient la Commission constituante de la troisième Chambre à venir.

Les catégories professionnelles de sénateurs et de dé- putés échappant à la classification des trois Ordres, y seraient néanmoins rattachées par assimilation aussi * approximative que possible, afin de ne léser aucun droit acquis.

De plus, n’importe qui pourrait se présenter comme consultant dans l’une de ces Commissions spéciales, quitte à en être exclu comme incapable.

Le point important serait que les trois plans spéciaux d’études et de travaux fussent créés.

Leur spécialité môme coiji manderait l’Ordre et y amè- nerait l’Unité par la moyenne de.s vues sur un même ensemble de questions.

‘Pendant ce temps, les Conseils généraux auraient à ré- diger trois ordres de cahiers départementaux renfermant leurs vœux.

Ces cahiers seraient envoyés aux trois Commissions spéciales.

Voilà comment la réforme synarchique peut dé- buter, et je n’èxposerai ici que ces débuts, pour bien montrer au lecteur à quel point ils sont faciles et pratiques. ,

‘ La France est la Palestine de l’Europe actuelle; mais elle ne. périra que si elle le veut.

Or; .ici, qtt*on le sache partout: mon patriotisme fait ümavec lé Catholicisme intégral de toute la .Tudéo-Chré- tiçnté.

C’est l’Esprit vivant de cette dernière, que j’affirme èn lui, et non le chauvinisme ; c’est l’existence de toutes les nationalités judéo-chrétiennes dont je prêche la sauvegarde, en commençant par celle de ma patrie, qui a partout combattu pour ce Principe de Vie.

Mais il faut qu’on sache partout ce que la France veut, quelle somme, quel total de réformes il lui convient d’écrire sous l’addition de ses expériences poli-

Sous les formules contradictoires de ses partis, je crois et j’affirme que la conclusion synthétique des expériences de ma patrie est la Synarchie, la Loi du Règne de Üieu, l’Avènement Social de la Promesse du Christ Glorieux.

Mais plus ce but est vrai, plus il est juste et excellent, plus il est celui de tous les peuples judéocbrétiens, plus aussi il doit être voulu et poursuivi savamment, «sagement, et nop passionnément ni naïve-

11 peut se faire qu’un jour, qui n’est peut être pas éloigné, le Nemrodisme de la Constitution générale de l’Europe nous propose »a paix, un semblant de désarmement, pour tirer à lui l’échelle de la guerre, dormir d’un œil sur ses positions, en usurper d’autres à son heure, et fouler plus que jamais aux pieds la Loi sociale du Judéo-Christianisme, l’Esprit et la Vie publics de la Judéo-Chrétienté.

C’est pourquoi il faut qiîe l’ÜHivei’s jEfnliersache çe que la France veut : elle veut pour le Momîe CTilier la vraie Paix, sous certaines conditions, et'jion là fausse,' sans conditions ; elle veut la Paix gociale*, universelle! ot . garantie du Chris!; elle ne veut pas la^i^aix dh ü^emnodisme.

C’est pourquoi j’ai dit, à la conl'érénce de’Bruxelles, en octobre 1882, aux amis de la Paix de toutes les patries européennes, que ses Législateurs internationaux ne peuvent pas être les dictateurs politiques de l’Kufope, ni les hommes de guerre, ni les diplomates, mais les hommes de Religion et de Science, les Jurisconsultes, les mandataii'es et les représentants de l’Économie européenne. ^

De plus, j’ai prié mes amis d’Angleterre et de France de ne rien tenter vis-à-vis dos grandes Puissances toujours forcém(mt belligérajites entre elles, même en temps de paix, et seules contractantes dans les Traités géné- raux, ce qui est une iniquité et un danger pour l’Europe entière.

J’ai demandé qu’on fit chaque année une campagne d’évangélisation parmi les petites Puissances, véritable Sénat de la Paix européenne, et qu’on «.leur prêchât l’Union défensive entre efles : Belgique, Hollande, Daneraarck, Suède, au nord, — Roumanie, Serbie, Bulgarie, ^Æonténégro, Grèce, en Orient, — Suisse, Espagne, Portugal, en Occident.

Après un commencement immédiat d’exécution par une dépêche au bourgmestre d’Amsterdam au sujet d’une conférence pour Tannée 1885, cetle ligne de conduite n’a pas été suivie.

C’est pourquoi, sans cesser de leur garder toute ma sympathie, j’ai décliné par écrit à mes amis de Londres

et de Paris toute participation active et toute responsabilité dans les sociétés de la Paix.

La.Synarohie est la seule méthode et le seul moyen d’organiser partout les sociélés de la Paix, non en petites églises, mais en cathédrales.

fille est aussi le seul moyen de fhnder la Paix sociale à l’intérieur et de la constituer non seulement entr^ les nations judéo-chrétiennes d’Europe, puis d’Amérique, mais entre toutes les Sociétés de la Terre, par une réforme, soit du régime colonial, soit de la Vie de relation des peuples sur cette même base.

Mais plus cette Loi trinitaire de la Paix est vraie, juste et excellente, moins elle demande de naïveté et de sentimentalisme enfantin, et plus elle exige de science, de méthode et d’organisation.

La Vérité, la Justice, la Bonté sont ce qu’il y a de moins naïf au monde.

L'Erreur est naïve, l’Iniquité est naïve, la Brutalité est naïve, l’Animalité est naïve, la Bête est naïve, le Mal est le dernier des naïfs.

Les vrais ppïfs sont ceux qui taxeront de naïveté la Constitution sociale des trois Pouvoirs ordonnés et coordonnés de la Science, de la Justice et de l’Économie.

Aussi, bien qu’on la déclare la moins politique du’ Monde, parce qu’elle est vraie, juste et bonne, la France sera souverainement habile, en formulant par la Synarchie, la constitution régulière de sa Vérité, de sa Justice et de sa Bonté.

Mais quand on verft le Bien, il faut s’opposer au Mal, ou se tenir prêt à s’en défendre.

Ayons donc toujours en vue que si, comme Judéo-Chré- tien, tout homme, du haut en bas des hiérarchies de nos

Sociétés, porte en lui le divin, Signe, il en est tout autrement de l’arrangement des fonctions générales qu'ils exercent.

Le Gouvernemeni lienerai de l’Eiirope porte eiicore'la . marque de la Bête dévorante de Ninive etiîe BaBylqne; et la Loi du Taureau carnivore, gouvernant les peuples ‘par la Force brutale, ne (fédéra qu’à toute la Forc’e intellectuelle, morale et économique des Nations judéo-chré- tiennes.

D’ici là, moins que toute autre nation, la France ne doit s’oublier, et cela pour le Bien, pour l’Fjsprit et pour la Vie de toutes.

Mais, dira-t-on, si le dictateur de l’Europe, aqjourd’hui le prince de Bismarck, demain tout autre, voulaR le désarmement, s’il étreignait dans ce but sous la main de fer de sa dictature armée les gouvernements européens, s’il arrivait à imposer triomphalement le poids de sa volonté doublée de la force militaire triomphante à tous les Chefs des États judéo-chrétiens, quel inconvénient y verriez-vous?

Aucun, s’il signe d’avance, et s’il fait contre-signer par toutes les familles souveraines, au vu ‘.et au su de la Judéo-Chrétienté, les propositions suivantes :

La Paix du Christ m peut pas être l'œuvre des diplomates, ni des hommes dff guerre, ni des grandes puissances belligé- rantes seulement.

En Europe et en France, ceux-ci doivent demeurer à leur place, celles-là dans leur garde respective, pendant gue la Paix judéo-chrétienne se constituera par les hommes de toutes les Puissances sans exception, gui seuls, ont gualité professionnelle pour cela.

„ Ceft hommes de la P(m se rangent en trois Ordres : Primo, les délégués' dignitaires de tous les Cultes judéo-chrétiens, la Fraïu^Maçonmrie y comprise, les délégués dignitaires de toutes lés Universités ^européennes ; secundo, les délégués dignitaires de tous les Tribunaux européens; tertio, les délé- gués de tous les Syndicats économiques d’Europe.

,€e Congrès européen, divisé en trots Commissions,choisira pour lieu de ses délibérations la capitale dune petite Puissance aussi centrale que possible.

It serait désirable que te Congrès s’ouvrît solervnellemenl dans une Cathédrale, et que tous les prêtres de tous les Cultes judéo-chrétiens dissent ensemble « Notre Père », pendant que les cloches de toutes les églises d'Europe sonneraient à la fois pour appeler tous les peuples à la même Bénédiction, à la même Glorification.

L’ assistance duCongrès dirait avec les prêtres: QUE VOTRE RÈGNE ARRIVE, QUE VOTRE VOLONTÉ SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AUX CIEUX. — AMEN.

{Mais cette manifestation n’est pas indispensable, et .si elle soulève la moindre division, on peut s’en passer.)

L’ouverture des travaux sera solennellement annoncée, et les délibérations seront transmises in-extenso par le té- légraphe, chaque soir des jours de réunion, pour être publiées dans tous les pays.

Toute question litigieuse telle que la reconstitution de la Pologne, l’ Alsace-Lorraine, etc., sera remise à la décision de cette Assemblée plénière de toutes les Nationalités judéo-chrétiennes, sans aucune exception, chacune ayant voix égales, c’est-à-dire trois voix, une par Conseil.

Puis le Droit public européen sera constitué comme Gouvernement Général subordonnant T Exécutif de la Force, avec trois Pouvoirs sociaux, permanents, et une sanction armée des petites Puissances soldées à cet effet par l’Europe entière.

Akrrs le désarmement de% grandes Puissmue? pourra commencer, jusqu’au minimum nécessaire tant vi leur police intérieure qu’à leur régime colonial. ‘ ^ , •

Les Ecoles de guerre subsisteront tout eniièr.es, Ainsi <que^ les États-Majors, comme partie intégrante des" Corps enseignants.

Si le Dictateur, les familles souveraines et les Citefs des^ Étals judéo-chrétiens de l’Europe signent d’avance ces conditions, la Paix sera réelle, fondée par les hommes qui ont qualité pour le faire, et garanlite par un Gouvernement Général conforme à l’Esprit du Judéo-Christianisme et aux besoins de la Vie de toute la Judéo-Chrétienté.

Sinon, il n’y aura pas de Paix, il n’y aura rien de fondé que l’assurance d’une recrudescence de Kem\’odisme, tôt ou tard.

S’il y avait un dictateur européen, assez chrétien pour signer les conditions précédemment soulignées, si, se faisant l’interprète de la Science et de la Religion, de la Morale et de la Justice, non seulement de sa nation, mais de toutes les nations de la Terre, il était assez insspiré de Dieu pour garantir ces quelques lignes, si les familles impériales et royales, ainsi que les chefs des divers gouvernemenis judéo-chrétiens, les contre-signaient.lejir Paix en ce Monde et outre-tomhe leur serait assurée, comme la Paix de tous les peuples dans cette Vie et sur celte Terre.

Tous auraient conquis la plus vraie, la plus juste, laplus grande des gloires, dont le Dieu de la totale Connaissance ait jamais couronné le Genre Humain.

Alors, le Gouvernement Général du Taureau d’Assyrie aurait vécu, et celui de l’Agneau commencerait.

Alors, lesSouverains seraient des Rois de Justice soumis à l’Autorité des Corps enseignants, exerçant la plus haute magistrature des Corps juridiques, veillant en bons Pasteurs dé' peuples sur les libertés, sur la Paix de toutes les, nations de •!’, Europe , de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique.

Et pleins de l’Esprit du Christ, ils aideraient partout la Vie, au lieu de l’accabler.

Alors enfin les causes de la Révolution d’en bas seraient abrogées par la disparition de la Révolution et de l’Anarchie d’en haut, et toute ambition serait remise dans la voie droite par l’Autorité enseignante et initiatrice, par le régime du Tout à l’Examen, par la réalisation sage, méthodique, douce, de la Synarchie au dedans de chaque pays et entre tous.

C’est après cette Glorification sociale du Christ, que la résurrection des antiques Nationalités africaines et asiatiques devrait être opérée, Jérusalem rebâtie dans une splendeur éblouissante, avec \ le concours de tous les Peuples judéo-chrétiens, le Royaume des Juifs reconstitué, en l’étendant jusqu’aux embouchures de l’Euphrate.

Si la loi de Dieu défend le meurtre et le vol, elle défend par conséquent le duel, la guerre, la spoliation des territoires.

La Loi du Christ ordonne encore bien davantage, et je viens de montrer que le but du Cycle des Abramides, de Moïse et de Jésus est possible à atteindre, et que non seulement il est idéalement vrai, juste et excellent, mais qu’il correspond au point de civilisation que nous avons atteint, et qu’il en est la seule conclusion pratique.

J’ai fini mon œuvre; j’ai dégagé ma responsabilité vis-à-vis du Dieu du Ciel et de la Terre, vis-à-vis dii Christ, le Dieu Social dont tous les hommes senties m.eiflibres : celle de tous les gouvernants ’europèeus va comr’ mencér. ’

Toute la partie ésotérique, dont j’ai parlé dans la pré- face, est réservée, ,en lieux sûrs, et sera donnée à la première Chambre de la Synarchie européenne.

C’est là, et seulement là, dans les Facultés de l’Fnseignement supérieur, que toute la Science antique, renfermée dans les Livres de Moïse et dans d’autres, doit s’unir à la Science moderne.

C’est là que doit s’opérer le rétablissement de la quadruple hiérarchie de Sciences, qui correspond aux quatre lettres du Nom divin.

C’est là, et je parle ici pour les Asiatiques comme pour les Européens, que les secrets scientifiques les plus importants, et qu’il serait dangereux de livrer à la foule, doivent être déposés, et devenir, pour tous les peuples de la Terre, l’objet d’un Enseignement Supérieur sous le sceau et sous la garantie de l’Initia-

Toute autre voie est illusoire, si ce n’est funeste, car toute lumière doit partir d’en haut.

En ce qui me regarde, je ne fais ni ne veux faire partie d’aucune Société secrète, ni d’aucune petite église que ce soit, car j’en crois le temps absolument passé, et la Synarchie en elle-même est une œ,uvre de plein Soleil et d’intégralité cyclique.

Aussi, je n’ai assuré la réserve, dont je parle, à la première Chambre européenne de la Synarchie, que parce que c’est à cette Autorité sociale, seule, qu’il convient de la posséder, d’en jouir et de la faire fructifier pour la gloire de Djeu et pour le Bien de l’Humanité.

' Pour le ^ême motif, je me borne, à travers toute cette jUiuion comme dans les précédentes, aux éléments indisj)eü&ables de la Constitution des trois Pouvoirs Synarchiques et à la nécèssité de ses cadres, parce que, s’il faut à la Vie ses formes organiques, spéciales, fixes et biologiquement concordantes, on ne doit pas la légiférer a priori, mais seulement l’aider ainsi à manifester son propre Esprit vivant.

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Mission des Juifs. Paris, 1884. Hermetic Cloud, https://hermeticcloud.com/library/saint-yves-mission-des-juifs/. Public-domain text reproduced in full; markup only.

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